Les premiers résultats sont somme toute modestes. Mais bientôt l’action est prise en main par le secrétaire de la Fédération des Bourses, Georges Yvetot, qui devient, après l’unité syndicale, le n°2 de la CGT. L’auteur du Nouveau Manuel du soldat —qui paraît en 1902 et évoque, bien sûr, le « Sou » dans sa conclusion— va dès lors consacrer des efforts incessants à donner vie et réalité à l’institution.
Sans attendre, il adresse à chacune des Bourses 500 lettres à faire parvenir aux soldats (…)
Articles les plus récents
-
Antimilitarisme et syndicalisme : « Le Sou du soldat » (1900-1914) [2]
24 janvier 2022, par Michel Auvray
-
Antimilitarisme et syndicalisme : « Le Sou du soldat » (1900-1914) [1]
23 janvier 2022, par Michel Auvray
Petite somme d’argent envoyée, plusieurs fois l’an, aux syndiqués encasernés, le « Sou du soldat » témoigna, au début du siècle, d’une volonté ouvrière de maintenir le contact avec les travailleurs sous l’uniforme. Simple pratique d’une élémentaire solidarité ? Moyen de propagande antimilitariste ? Et, en ce cas, de quelle efficacité ?
L’institution est originale et méconnue. Les mandats étaient souvent accompagnés de lettres virulentes et les gouvernants y virent l’occasion de faire condamner une vingtaine de dirigeants de la CGT, de faire même dissoudre des syndicats d’instituteurs. Né d’une analyse lucide des fonctions de l’armée, le « Sou du soldat » marqua, en quelque sorte, l’apogée du syndicalisme révolutionnaire, avant que l’Union sacrée ne vienne militariser les corps et les esprits. -
[BD] La grève des boutonniers de l’Oise
22 janvier 2022, par MLT,
OLT
Andeville, le 3 mars 1909, « pour résister à la concurrence » les salaires sont amputés du tiers par le patronat.
Au soir les quatre grandes fabriques du village sont en grève. Le mouvement s’étend dans le canton, surtout à Méru, en une semaine.
Convoquées à Méru par le préfet de l’Oise, les négociations du 27 mars sont bloquées par l’intransigeance patronale.
Exaspérés, les grévistes vandalisent plusieurs habitations de patrons. Le lendemain, une vingtaine de personnes, dont des femmes, sont grièvement blessées par les gendarmes.
Le gouvernement Clemenceau envoie l’armée. Une trentaine de pelotons sont répartis dans le canton. Le futur maréchal de France, Joffre, vient superviser cette « campagne de Méru ».
Accusés de troubles et sabotages des syndicalistes sont arrêtés. La brutalité de la répression transforme ce mouvement revendicatif local en conflit national.
Les dirigeants de la CGT viennent soutenir les grévistes. Six mille personnes assistent au meeting où Niel, secrétaire général de la CGT, prend la parole.
Le 23 avril, la majorité des patrons accepte de revenir au tarif pratiqué à Andeville en 1908. À Méru, 3 000 personnes participent au meeting du 1er Mai.
La grève se termine avec les dernières résistances patronales : le 4 mai à Méru, le 20 mai à Andeville et le 10 juin pour les 107 derniers grévistes.
La grève a duré trois bons mois, pendant lesquels la plus parfaite harmonie n’a cessé de régner parmi les ouvriers. Et ce furent des spectacles impressionnants que ces longues théories d’hommes et de femmes, bravant toutes les intempéries pour aller là où une leçon s’imposait, afin de faire comprendre aux patrons les plus féroces qu’il y a des limites à tout. Souvent on se plaint de l’influence déprimante des femmes. Chez nous, elles se sont toujours montrées les plus énergiques et les plus ardentes. On peut même dire qu’elles furent une des causes importantes de la victoire.
Jean-Baptiste Platel, secrétaire du syndicat des boutonniers La Vie ouvrière, n°7, 5 janvier 1910Retrouvez tous les articles de J.-P. Platel sur ce conflit à cette adresse : http://www.la-presse-anarchiste.net/article897
-
Interview de Nikolas Tchorbadieff
20 janvier 2022, par Sylvain Boulouque
— « Itinéraire » : Quand as-tu rencontré Voline pour la première fois ?
-- Nikolas Tchorbadieff : En 1924, j’ai fait sa connaissance chez mon ami Samuel Schwartzbard [1]. Voline faisait partie des premières vagues d’immigration. Il s’exprimait dans un français exceptionnel, avec un très léger accent. C’était une personnalité très cultivée et un excellent orateur. Immédiatement, il a fait une propagande extraordinaire en effectuant des conférences. Celles-ci étaient souvent (…) -
Victorine Brocher (1839-1921)
19 janvier 2022, par Heiner Michael Becker
Victorine Malenfant dont on connaît les Souvenirs d’une morte vivante, sortirait d’une famille républicaine. Son père, né en octobre 1817 à Happonvilliers près de Chartres (Eure-et-Loir), était le fils cadet de bourgeois assez riches ; il fut élevé au séminaire de Chartres jusqu’à l’âge de dix-neuf ans.
-
Ricardo Flores Magón est mort
18 janvier 2022, par W.C. Owen
Comme nos camarades de Fédération Anarchiste Mexicaine, au cours de l’année 2022 nous allons commémorer le centenaire de la mort de Ricardo Flores Magón. Nous commençons par cet article de W.C. Owen extrait de « Ricardo Flores Magón », revue « Itinéraire - Une vie, une pensée » n° 9-10 (1992) [PDF].
-
1906 : La question des huit heures
12 janvier 2022, par Michel Auvray
La Bourse du Travail de Paris s’orne d’une immense banderole rouge : « A partir du 1er mai 1906, nous ne travaillerons que 8 heures par jour ».
-
Naissance de Francisco Ferrer le 10 janvier 1859
10 janvier 2022, par OLT
Issu de la bourgeoisie catholique espagnole, Francisco Ferrer devient libre penseur. Il fonde en août 1901 l’École moderne de Barcelone. Il sera secondé par sa compagne Soledad de Villafranca. Cette école, mixte, propose une nouvelle pédagogie proche des idées libertaires et tente de soustraire l’enfant à l’influence de l’Église.
-
[BD] Autriche 1918-1938 : Des Conseils à l’Anschluss [1]
9 janvier 2022, par OLT,
Yves B.
1918. L’Autriche-Hongrie, symbolisée par l’aigle à deux têtes, disparaît. L’empire s’écroule avec la défaite de son armée ridiculisée.
-
En 1918, l’Autriche prise de fièvre sociale : « Vive les conseils ouvriers ! » [2]
8 janvier 2022, par Roland Briard
Seconde partie de l’article de Roland Briard sur les Conseils Ouvriers autrichiens de 1918 est extrait du n°27 d’Agora (été 1985).
PARTAGE NOIR