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Biófilo Panclasta : un aventurier anarchiste colombien

Biófilo Panclasta (troisième de la gauche, et également de face dans la bulle en bas à droite) expose sa pensée depuis la prison (1911).

samedi 17 janvier 2026, par Pablo Calaverada (CC by-nc-sa)

Vicente Lizcano, plus connu sous le nom de Biófilo Panclasta, est né le 26 octobre 1879. Étudiant à l’École normale, il publie un petit journal fait à la main dans lequel il s’oppose à la réélection de Miguel Antonio Caro. Il est alors renvoyé de l’école et c’est à partir de cette date que va commencer sa vie vagabonde. Attiré par les idéaux du libéralisme, il décide de s’exiler au Venezuela. Dans ce pays, il fonde une école. En 1898, il s’engage dans les rangs de la Révolution restauratrice de Cipriano Castro dont il devient le secrétaire particulier. Il essaye alors, sans beaucoup de succès, de rappeler au nouveau dictateur les idéaux politiques, sociaux et culturels du libéralisme.

C’est en 1904 qu’il adopte le pseudonyme de Biófilo Panclasta. « Biófilo » signifie en grec « qui aime la vie » (bios = vivant ; philos = qui aime) et « Panclasta » signifie « brise tout » (pan = tout et klasta = celui qui casse ou détruit).

La même année, il offre ses services à la Colombie alors que les États-Unis venaient d’envahir la région qui deviendra le Panama. Mais, accusé de conspiration, il part pour aider l’Équateur qui projetait à cette époque une guerre contre le Pérou.

En 1906, il découvre l’Argentine et son puissant mouvement anarchiste. Délégué de la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine), il participe au Congrès anarchiste d’Amsterdam (1907).

Il visite à cette époque plusieurs pays d’Europe : France, Espagne, Grande-Bretagne, Suisse, Italie, Belgique et Pays-Bas. Au cours de ce périple, il aurait rencontré de nombreux révolutionnaires : Pierre Kropotkine, Lénine, E. Armand, Maxime Gorki…

En 1908, le président colombien Rafael Reyes demande son extradition au gouvernement espagnol. Au lieu de débarquer à Puerto Colombia, il arrive au Panama. L’asile politique ne lui est pas accordé et les autorités locales le remettent à celles de Colombie.

Considéré comme un perturbateur de l’ordre public, il connaît plusieurs prisons. En 1910, il écrit Datos autobiográficos (Repères autobiographiques). Il est finalement expulsé de Colombie et passe d’un pays à l’autre.

Il retourne au Venezuela en 1914. Il y passera sept années en prison où il subira de mauvais traitements. Son arrestation était l’œuvre de proches du nouveau président Juan Vicente Gómez qui avait renversé Cipriano Castro, l’ami de Biófilo.

En 1923, il peut rejoindre Barcelone. En tant que délégué de l’Association anarchiste mexicaine, il participe à un congrès anarchiste. Il y propose l’assassinat simultané de têtes couronnées, de religieux et de présidents de la République à travers le monde.

L’année suivante, on le retrouve à São Paulo où il organise une grève dans les plantations de café. Le gouvernement le déporte au nord du Brésil où se trouvait un camp d’internement pour prisonniers politiques. Il réussit à s’enfuir et arrive à Cayenne en Guyane française. Pris en charge par la Ligue des droits de l’homme, il séjourne à la Martinique.

En 1928, il fonde à Bogota le Centre d’union et d’action révolutionnaire dont le slogan était « Révolutionnaires de tous bords, unissez-vous ! » Il écrit des articles dans diverses revues du pays et publie un livre de mémoires Mis prisiones, mis destierros y mi vida (Mes prisons, mes exils et ma vie).

En 1934, il rencontre Julia Ruiz, une ancienne nonne reconvertie en voyante anticléricale. Il se consacre avec elle à la divination et à la chiromancie.

Il a une fin de vie difficile : sa compagne meurt, il sombre dans l’alcool, il tente de se suicider et meurt dans un asile de vieillards de Pamplona le 1er mars 1942 à soixante-trois ans.

Dans les années 2000, un groupe anarcho-punk argentin lui rendit hommage en prenant le nom de « Biófilo Panclasta ».

Voir en ligne : Calendrier du Cira de Marseille 2018 - L’anarchisme autour du monde


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