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		<title>Fernand Pelloutier (1867-1901) - Brochure</title>
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		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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		<title>[12] Fernand Pelloutier (1867-1901) - Pelloutier &#233;crivain</title>
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		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Pelloutier &#233;tait d'une souche bourgeoise, il &#233;tait un intellectuel. Mais de quelle esp&#232;ce rare d'intellectuels ! Sa pens&#233;e, son amour de la justice, l'avaient conduit dans les rangs du peuple ; il en a v&#233;cu toute la vie douloureuse : il s'est fait naturaliser prol&#233;taire ; il est devenu ouvrier, prenant le composteur pour composer l'&lt;i&gt;Ouvrier des Deux Mondes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton432-b8812.jpg?1774693386' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pelloutier &#233;tait d'une souche bourgeoise, il &#233;tait un intellectuel. Mais de quelle esp&#232;ce rare d'intellectuels ! Sa pens&#233;e, son amour de la justice, l'avaient conduit dans les rangs du peuple ; il en a v&#233;cu toute la vie douloureuse : il s'est fait naturaliser prol&#233;taire ; il est devenu ouvrier, prenant le composteur pour composer l'&lt;i&gt;Ouvrier des Deux Mondes&lt;/i&gt;. S'il se m&#234;la aux travailleurs, ce ne fut ni pour les conduire, ni pour les diriger, mais pour lutter avec eux &#224; l'&#233;mancipation commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, sans pr&#233;tention, Pelloutier fit profiter les autres de son savoir. S'il avait go&#251;t d'&#233;crire, s'il avait coquetterie de forme, &#233;l&#233;gance de style, ce ne fut jamais pour dire des insignifiances ou parler de choses inutiles. Toujours sa plume fut servante fid&#232;le de sa pens&#233;e, comme celle-ci l'&#233;tait de ses id&#233;es et de ses convictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien des id&#233;es essentielles de Pelloutier n'est &#224; rejeter aujourd'hui. Au contraire, on les comprend de mieux en mieux et, dans certaines grandes f&#233;d&#233;rations &#224; tactique r&#233;volutionnaire, comme celles du B&#226;timent et des M&#233;taux, on tend de plus en plus &#224; les mettre en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a, pour s'en convaincre, qu'&#224; lire les magnifiques &lt;i&gt;Annuaires du B&#226;timent &lt;/i&gt; (celui de 1910 et celui de 1911). Il n'y a qu'&#224; suivre le travail colossal de documentation du camarade Merrheim sur les man&#339;uvres patronales, sur les b&#233;n&#233;fices de nos ma&#238;tres. Tout ce qu'on peut regretter, c'est que Pelloutier ne soit plus l&#224; pour poursuivre et amplifier un tel travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pelloutier est rest&#233; la b&#234;te noire des guesdistes ; qui ne lui pardonnent pas d'avoir travaill&#233; avec succ&#232;s &#224; rendre l'organisation syndicale ind&#233;pendante des partis politiques et d'avoir montr&#233; aux anarchistes qu'ils pouvaient garder leurs aspirations et participer &#224; l'&#339;uvre des syndicats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons que toute la fonction sociale se r&#233;duise &#224; la satisfaction de nos besoins ; l'union corporative le veut aussi, c'est son but, et, de plus, elle s'affranchit de la croyance en la n&#233;cessit&#233; des gouvernements ; nous voulons l'entente libre des hommes ; l'union corporative (elle le discerne mieux chaque jour) ne peut &#234;tre qu'&#224; condition de bannir de son sein toute autorit&#233; et toute contrainte ; nous voulons que l'&#233;mancipation du peuple soit l'&#339;uvre du peuple lui-m&#234;me ; l'union corporative le veut encore ; de plus en plus, on y sent la n&#233;cessit&#233;, on y &#233;prouve le besoin de g&#233;rer soi-m&#234;me ses int&#233;r&#234;ts ; le go&#251;t de l'ind&#233;pendance et l'app&#233;tit de la r&#233;volte y germent ; on y r&#234;ve des ateliers libres, o&#249; l'autorit&#233; aurait fait place au sentiment personnel du devoir ; on y &#233;met, sur le r&#244;le des travailleurs dans une soci&#233;t&#233; harmonique, des indications d'une largeur d'esprit &#233;tonnante et fournies par les travailleurs m&#234;mes. Bref, les ouvriers, apr&#232;s s'&#234;tre crus si longtemps condamn&#233;s au r&#244;le d'outil, veulent devenir des intelligences pour &#234;tre en m&#234;me temps les inventeurs et les cr&#233;ateurs de leurs &#339;uvres.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'ils &#233;largissent donc le champ d'&#233;tude ouvert ainsi devant eux. Que, comprenant qu'ils ont entre leurs mains toute la vie sociale, ils s'habituent &#224; ne puiser qu'en eux l'obligation du devoir, &#224; d&#233;tester et briser toute autorit&#233; &#233;trang&#232;re. C'est leur r&#244;le, c'est aussi le but de l'anarchie !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;tester et briser toute autorit&#233; &#233;trang&#232;re, ne vouloir ni &#234;tre command&#233; ni commander, avoir souci de sa dignit&#233; personnelle et faire peu de cas des flagorneurs int&#233;ress&#233;s du peuple et des conseillers ignorants, pr&#233;tentieux et n&#233;fastes de la classe ouvri&#232;re, c'est &#224; quoi nous nous appliquons. Si l'ouvrier, quelque jour, est dupe de quelqu'un, c'est qu'il ne nous aura pas entendu ou ne nous aura pas compris et qu'il sera encore tomb&#233; sous l'influence de gens qui ne sont moralement ni mat&#233;riellement de sa classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez longtemps, le peuple fut l'instrument des r&#233;volutions politiques oui servirent &#224; d'autres qu'&#224; lui-m&#234;me. S'il veut ne plus l'&#234;tre, qu'il lise et qu'il connaisse l'&#339;uvre de Pelloutier, ce travailleur acharn&#233;, ce militant d&#233;sint&#233;ress&#233;. Il y puisera du r&#233;confort et de la foi dans les destin&#233;es de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les gens que g&#232;ne une propagande comme celle de Fernand Pelloutier parmi les masses ouvri&#232;res penseront que ce pr&#233;curseur est un de ces morts qu'il faut qu'on tue. Mais nous n'aurons pas de peine &#224; le faire vivre en imitant sa vie, en continuant son &#339;uvre. N'est-ce pas le plus bel hommage que nous puissions rendre &#224; sa m&#233;moire ? N'est-ce pas le plus &#233;mu souvenir d'admiration que nous puissions donner &#224; son &#339;uvre ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[11] Fernand Pelloutier (1867-1901) - Pelloutier &#233;crivain </title>
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		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je ne m'explique pas qu'aucun camarade disposant de loisirs, ayant l'habitude de fouiller dans les biblioth&#232;ques, ne soit attach&#233; &#224; rechercher par quel laborieux effort de pens&#233;e Pelloutier r&#233;ussit &#224; se d&#233;gager du radicalisme, puis du socialisme politique, pour arriver au socialisme &#233;conomique, au syndicalisme.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton425-1b1b5.jpg?1774693387' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pelloutier &#233;crivain &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'explique pas qu'aucun camarade disposant de loisirs, ayant l'habitude de fouiller dans les biblioth&#232;ques, ne soit attach&#233; &#224; rechercher par quel laborieux effort de pens&#233;e Pelloutier r&#233;ussit &#224; se d&#233;gager du radicalisme, puis du socialisme politique, pour arriver au socialisme &#233;conomique, au syndicalisme. Il y a l&#224; une belle &#233;tude pour ceux de nos camarades intellectuels qui veulent se rendre utiles. Suivre l'&#233;volution de la pens&#233;e de Pelloulier et montrer la part qu'il prit &#224; l'action ouvri&#232;re, serait montrer un c&#244;t&#233; important du mouvement des id&#233;es dans les dix derni&#232;res ann&#233;es du si&#232;cle pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas cette &#233;tude que je veux aborder ici. Je n'ai pas le temps de fouiller dans les journaux de l'&#233;poque et de rechercher tous les articles &#233;crits par notre ami. Je suis donc oblig&#233; de m'en tenir &#224; ses deux livres et aux brochures que j'ai eu le bonheur de conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier livre de Fernand Pelloutier, le seul qu'il eut vraiment la joie de voir imprimer, fut la &lt;i&gt;Vie ouvri&#232;re en France&lt;/i&gt;, &#233;crit en collaboration avec son fr&#232;re Maurice. Il contient une masse de documents sur la situation des ouvriers fran&#231;ais de l'&#233;poque salaires, conditions d'existence, longueur de la journ&#233;e de travail, exploitation des femmes et des enfants. &#338;uvre non pas de, statistique pure, mais encore d'explication, de recherche des causes. Les deux fr&#232;res y travaillaient depuis 1893. Le livre parut en 1900 : cependant, on peut trouver dans la collection de l'&lt;i&gt;Ouvrier des Deux Mondes&lt;/i&gt; (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier 1807-juillet 1899) une premi&#232;re r&#233;daction des principaux chapitres du livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus de dix ans que le travail a &#233;t&#233; publi&#233; ; s'il avait v&#233;cu, Pelloutier n'aurait pas manqu&#233; de tenir ces renseignements &#224; jour. Mais tel quel, l'ouvrage est pr&#233;cieux. En dix ans, la condition des ouvriers n'a pas tellement chang&#233; et c'est avec profit que l'on relira aujourd'hui ce que notre ami &#233;crivait sur la mortalit&#233; professionnelle, sur le rench&#233;rissement de l'alimentation, des loyers, sur la r&#233;duction des heures de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, parue apr&#232;s sa mort, elle est encore de beaucoup la meilleure histoire des efforts de la classe ouvri&#232;re depuis la Commune pour se donner une organisation autonome, pour se forger des armes et des organisations capables d'opposer &#224; la concentration des forces patronales la concentration des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre ouvrage de Pelloutier reste &#224; publier, c'est le recueil des &#233;tudes importante qu'il &#233;crivit de droite et de gauche dans de revues, dans des journaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les projets de son fr&#232;re Maurice, ce nouveau livre posthume aurait compris notamment des chapitres sur les lois ouvri&#232;res, sur la guerre, l'union libre, l'art, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, etc. On voit que c'aurait &#233;t&#233; de v&#233;ritables &#171; m&#233;langes d'histoire et de critique sociale &#187;, titre sous lequel ce livre devait para&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas encore paru. Para&#238;tra-t-il bient&#244;t ? Nous le souhaitons vivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me souviens aussi que Pelloutier m'avait dit poss&#233;der sur certains hommes politiques, dont il pressentait l'&#233;volution, des dossiers particuliers qui ne seraient point sans actualit&#233;, j'en suis s&#251;r. Briand avait-il le sien ? Je ne sais. En tout cas, Pelloutier, sur la fin de ses jours, avait senti le gaillard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1894, avec H. Girard, il publiait une brochure : &lt;i&gt;Qu'est-ce que la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ?&lt;/i&gt; En 1895, il donnait aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; une remarquable s&#233;rie d'articles. En juin 1895, il produisait, au congr&#232;s de N&#238;mes de la F&#233;d&#233;ration des Bourses, deux rapports, dont l'un, tout en affirmant les th&#233;ories libertaires, professe que le succ&#232;s de la R&#233;volution n&#233;cessite temporairement la concentration des forces ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1896, l'&lt;i&gt;Art social&lt;/i&gt; publie de lui deux brochures : l'&lt;i&gt;Art et la R&#233;volte&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;l'Organisation corporative et l'Anarchie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1897, enfin, qu'il fonde&lt;i&gt; l'Ouvrier des Deux Mondes&lt;/i&gt;, revue mensuelle d'&#233;conomie sociale, qui devait devenir, apr&#232;s le congr&#232;s de Toulouse (septembre 1897), l'organe de la F&#233;d&#233;ration d&#232;s Bourses, et dispara&#238;tre en juillet 1899, malgr&#233; ses efforts tenaces. L'&lt;i&gt;Ouvrier des Deux Mondes&lt;/i&gt; est, sans contredit, le p&#232;re de notre &lt;i&gt;Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; et si nous avons connu moins de difficult&#233;s, cela tient, sans aucun doute &#224; ce que Pelloutier avait indiqu&#233;, voil&#224;, dix ans, ce que devait &#234;tre une revue pour les militants ouvriers et &#224; ce que, aussi, le mouvement syndicaliste, dont Pelloutier n'a connu que les peines du d&#233;frichement, a fait du chemin depuis. Monatte ne me contredira pas, lui qui a choisi cette phrase de la &lt;i&gt;Lettre aux anarchistes &lt;/i&gt; de Pelloutier comme devise de la &lt;i&gt;Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons poursuivre plus activement, plus m&#233;thodiquement et plus obstin&#233;ment que jamais l'&#339;uvre d'administration morale, administrative et technique n&#233;cessaire pour rendre viable une soci&#233;t&#233; d'hommes libres.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class=&#034;spip_document_423 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende&#034; data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:1600px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-423 &#034; data-id=&#034;5bc5e3a10bf4ec62f1228bcfe687f72f&#034; src=&#034;IMG/mp3/fernand_pelloutier_-_lettre_aux_anarchistes.mp3&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:692}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Fernand Pelloutier : Lettre aux anarchistes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;a href=&#034;http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pelloutier-fernand-lettre-aux-anarchistes-2.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Litt&#233;rature audio&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;div class=&#034;base64javascript142191669469e1872b628e33.99905841&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzcyNzk1ODQwJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3NzI3OTU4NDAnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
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		<title>[10] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La Verrerie Ouvri&#232;re</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bien m&#233;chante &#233;galement fut l'accusation, bien coupable le soup&#231;on port&#233; contre Pelloutier au congr&#232;s de Paris, en 1900, pour lui le dernier des congr&#232;s, celui auquel il voulait absolument assister.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-fernand-pelloutier-1867-1901-" rel="directory"&gt;Fernand Pelloutier (1867-1901)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-georges-yvetot-+" rel="tag"&gt;Georges Yvetot &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton431-1686d.jpg?1774703300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bien m&#233;chante &#233;galement fut l'accusation, bien coupable le soup&#231;on port&#233; contre Pelloutier au congr&#232;s de Paris, en 1900, pour lui le dernier des congr&#232;s, celui auquel il voulait absolument assister. Ah ! ceux qui se rappellent Pelloutier &#224; la tribune de la salle Bondy, se d&#233;fendant contre les insinuations venues de diff&#233;rents c&#244;t&#233;s et dont ceux qui les port&#232;rent &#224; la discussion ne furent pas les plus coupables, doivent r&#233;fl&#233;chir sur la valeur des calomnies lanc&#233;es aujourd'hui encore contre d'autres militants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut l'avoir vu, ce moribond au front large, aux yeux humides sous les verres du binocle, brillant de fi&#232;vre, arr&#234;t&#233; &#224; chaque pas par l'essoufflement, &#224; chaque mot par la toux, ne pouvant dire &#224; voix basse plus de quatre paroles sans absorber le morceau de glace que je lui pr&#233;parais pour retarder l'h&#233;morragie redout&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants qui assistaient &#224; ce congr&#232;s de 1900 savent dans quel silence d'anxi&#233;t&#233;, de piti&#233;, de curiosit&#233; et d'admiration nous &#233;coutions ce pauvre ami, se d&#233;fendant une derni&#232;re fois contre des adversaires qui ne lui pardonnaient pas de rester le m&#234;me et d'en mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissons le compte rendu de ce congr&#232;s des Bourses de 1900 (pp. 87 &#224; 91) nous donner une juste id&#233;e de cette discussion. On verra ainsi quel homme &#233;tait Pelloutier et comment, vivant de la vie ouvri&#232;re, il avait au moins le droit de croire qu'on ne devait pas suspecter sa vie, mettre en doute sa conviction, soup&#231;onner sa sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_370 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;100&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/pdf/viiie_congres_national_des_bourses__._congres_national_bpt6k241303p.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 12.9 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH724/viiie_congres_national_des_bourses__._congres_national_bpt6k241303p_1-1e287.jpg?1774703300' width='500' height='724' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;VIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s national des bourses du travail de France et des colonies, Paris, 5-8 septembre 1900
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LYON. &#8212; Je d&#233;sirerais dire quelques mots concernant l&#224; situation du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, qu'il vaudrait mieux &#233;claircir tout de suite. Les deux questions sont li&#233;es. Si nous sommes r&#233;unis aujourd'hui, c'est pour avoir des renseignements pr&#233;cis. On nous a dit, &#224; Lyon, que le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral appartenait &#224; l'Office du Travail, qu'il avait 1 800 francs, et on m'a donn&#233; mandat de dire que les deux situations &#233;taient incompatibles, qu'il fallait que le secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Bourses poss&#232;de ses coud&#233;es absolument franches et qu'il ne pouvait appartenir &#224; aucune administration, &#224; part le travail qu'il pourrait faire ailleurs, de comptabilit&#233; et toute autre chose. Lyon pr&#233;tend que les situations ne peuvent pas aller ensemble. Nous ne sommes pas tr&#232;s bien renseign&#233;s sur le travail du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, et voici ce que j'ai dit quand la question a &#233;t&#233; pos&#233;e. Le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral touche 100 francs par mois du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral, qui ne peuvent pas le faire vivre, et alors le secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des Bourses pourra-t-il vivre en s'arrangeant d'un autre c&#244;t&#233; ? On m'a r&#233;pondu : si le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral n'est pas assez pay&#233;, qu'il trouve une situation de 1 800 francs ailleurs et on pourra trouver pour le Comit&#233; f&#233;d&#233;ral un autre camarade &#224; Paris, qui pourra, par demi-journ&#233;e et pour 1 200 francs, faire le travail du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Protestations.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On a dit &#224; Lyon qu'on voulait savoir ce qui se passait, car on est tr&#232;s grincheux sur ces questions. Je ne parle pas contre le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, c'est une question de principe purement et simplement au point de vue f&#233;d&#233;ral ; il s'agirait d'un autre que lui, la question serait la m&#234;me. &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je vous prierai de nous donner les renseignements que nous n'avons pas et que nous devons nous donner r&#233;ciproquement. Nous ne discutons pas de parti pris ; j'estime qu'entre militants nous n'avons pas &#224; faire de discours, mais nous avons &#224; nous dire franchement ce que nous savons. Lorsque nous avons cr&#233;&#233; des Syndicats au point de vue politique, faisant de l'action contre le gouvernement, contre les capitalistes, nous nous sommes m&#233;fi&#233;s justement de ceux qui sont entr&#233;s dans nos rangs... (je laisse la situation du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral de c&#244;t&#233;) pour faire des rapports &#224; diff&#233;rents gouvernements. A Lyon, nous avons un proc&#232;s sur le dos de 84 syndicats, assign&#233;s par un employ&#233; de la Bourse que nous avons chass&#233; il y a trois ans. &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En somme, on a jet&#233; un peu la suspicion &#224; Lyon sur le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, je me suis &#233;lev&#233; contre cette tendance, connaissant les opinions philosophiques du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral. Personnellement, j'ai confiance en lui, mais malgr&#233; cela on m'a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Nous te donnons pour mission d'avoir dei renseignements et d'indiquer notre mani&#232;re de voir. &lt;/span&gt;&lt;/q&gt; A Lyon, nous sommes pay&#233;s pour &#234;tre m&#233;fiants, il n'y a pas un endroit o&#249; les syndicats soient tant traqu&#233;s par la police et o&#249; on ait eu tant de reproches &#224; faire m&#234;me &#224; des militants. Le Comit&#233; ex&#233;cutif de Lyon m'a dit jeudi dernier : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Dis au secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral qu'il faut qu'il choisisse entre les deux situations, car autrement, &#224; Lyon, cela pourrait diviser les syndicats. Il faut qu'il trouve un moyen de rester &#224; la F&#233;d&#233;ration des Bourses &#8212; vous voyez qu'on n'est pas contre lui &#8212; et s'il trouve un autre travail &#224; c&#244;t&#233; pour parfaire son salaire, qu'il le prenne, mais qu'il ne reste pas &#224; l'Office du Travail qui para&#238;t &#234;tre un service trop gouvernemental.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Maintenant, le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral nous fournira les renseignements dont nous avons besoin... Je dois dire que malheureusement ce sont m&#234;me des coll&#232;gues de Paris qui ont montr&#233; le plus d'acrimonie contre le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral que je d&#233;fendais.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Lorsqu'on a un camarade qui, au point de vue politique n'est pas de votre opinion, il ne s'agit pas de d&#233;blat&#233;rer contre lui, c'est ce qu'entre militants nous devrions &#233;viter. Nous devons nous soutenir entre nous et ne pas dire du mal les uns des autres, surtout quand nous nous connaissons et que nous appartenons &#224; la m&#234;me localit&#233; ! (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Applaudissements.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je consid&#232;re, ainsi que tous les camarades de Lyon, qu'&#224; quelque &#233;cole politique que nous appartenions, lorsque nous sommes dans le domaine &#233;conomique, nous luttons tous pour l'affranchissement humain et nous devons rester unis. Mais Lyon, sur la question que j'ai indiqu&#233;e, se montre tr&#232;s strict et d&#233;sire des explications sur la situation du camarade Pelloutier. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;N&#206;ME &#8212; Il faudrait envisager cette question avec le plus d'ind&#233;pendance possible... Lyon nous a dit quelque chose qui nous fait un peu deviner d'o&#249; peut provenir sa proposition, quand il a dit : ce sont des camarades de Paris qui justement &#233;taient &#224; Lyon, qui nous ont mis-au courant de ce qui se passait. Rien que cela doit nous faire &#224; peu pr&#232;s comprendre ce dont il s'agit.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ensuite, on reproche au camarade Pelloutier d'avoir accept&#233; une autre fonction, mais le Comit&#233; f&#233;d&#233;ral des Bourses du Travail n'avait qu'&#224; assurer &#224; son secr&#233;taire de quoi vivre et alors il aurait eu le droit de lui reprocher d'avoir pris une telle place. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Applaudissements, bruit.)&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE SECR&#201;TAIRE F&#201;D&#201;RAL &#8212; En prenant la parole, je d&#233;clare tout de suite que je n'entends pas me placer sur le terrain de l'indulgence, comme vient de le faire le camarade de Nimes. Je donnerai la preuve qu'&#224; aucun point de vue, ni par le genre de travail auquel je suis astreint &#224; l'Office du Travail, ni par mon ind&#233;pendance, qui est assez connue, je n'ai manqu&#233; &#224; aucun de mes devoirs de r&#233;volutionnaire, en acceptant cette situation.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je commence par expliquer ce que c'est que l'Office du Travail, car on parait l'ignorer totalement ; j'avoue que moi-m&#234;me avant d'y &#234;tre, je ne savais pas trop ce que c'&#233;tait ; aujourd'hui, je le sais mieux, et je vais vous l'expliquer.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A l'Office du Travail on n'est pas employ&#233; du Minist&#232;re du Commerce, on est enqu&#234;teur temporaire, c'est-&#224;-dire que vous &#234;tes charg&#233; d'une mission et que votre nomination par le Ministre doit &#234;tre renouvel&#233;e tous les trois mois, de sorte que tous les trois mois l'on peut dire au Directeur de l'Office du Travail : Vous vous passerez des services de monsieur un tel, et il est &#233;vident que le jour o&#249; le minist&#232;re actuel sera chang&#233;, le ministre suivant r&#233;alisera la crainte que j'indique.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quel est le but de l'Office du Travail ? C'est d'abord d'&#233;diter un &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Bulletin&lt;/span&gt; de l'Office... Il est tendancieux, nous sommes d'accord, et n'a pas pour but d'&#234;tre utile aux organisations ouvri&#232;res, bien qu'il ait cette pr&#233;tention, mais, en d&#233;finitive, aucune appr&#233;ciation politique, aucune th&#233;orie n'y est &#233;mise, il n'y a que des chiffres et des renseignements statistiques ; c'est un travail que nous pourrions faire, nous, tout aussi bien que l'Office du Travail, que nous aurions d&#251; m&#234;me faire depuis longtemps.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En second lieu, l'Office du Travail a pour mission de publier chaque ann&#233;e un volume intitul&#233; &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Statistique des gr&#232;ves et des recours &#224; l'arbitrage pendant l'ann&#233;e&lt;/span&gt; ; cette statistique des gr&#232;ves, ce sont les chiffres qui concernent les gr&#232;ves, &#224; savoir le nombre d'ouvriers gr&#233;vistes, etc., plus les proc&#232;s-verbaux des comit&#233;s d'arbitrage qui ont eu lieu devant le juge de paix, &#224; la demande soit des ouvriers, soit des patrons.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Enfin, le troisi&#232;me but de l'Office du Travail, c'est de publier des monographies d'associations ouvri&#232;res, et toutes les Bourses du Travail, je crois, sont en possession du premier volume qui a paru l'ann&#233;e derni&#232;re, intitul&#233; : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Les Associations ouvri&#232;res&lt;/span&gt;, dans lequel figurent la monographie des Travailleurs du Livre et quelques autres. Cet ouvrage doit &#234;tre continu&#233; et c'est surtout &#224; lui que je suis occup&#233; ainsi qu'a la statistique des gr&#232;ves.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En tout cas, vous constatez tout de suite que le genre de travail que je suis charg&#233; de faire ne peut soulever aucune d&#233;fiance de la part des organisations ouvri&#232;re, c'est le m&#234;me exactement que celui que j'ai fait pour moi pendant quelques ann&#233;es, et que je viens de publier sous le titre : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La Vie ouvri&#232;re&lt;/span&gt;, pas autre chose, c'est du document pur.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Maintenant, je suis entr&#233; &#224; l'Office du Travail dans des circonstances bien malheureuses pour moi ; l'ann&#233;e derni&#232;re, j'&#233;tais atteint d'une h&#233;morragie. J'&#233;tais couch&#233; et presque mourant. C'est alors qu'un ami commun, Georges Sorel, le publiciste bien connu, alla trouver Jaur&#232;s et lui dit : Ne pourriez-vous pas trouver une situation &#224; Pelloutier ?... Le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Journal du Peuple&lt;/span&gt; venait de tomber, j'&#233;tais sans situation, tr&#232;s gravement malade ; il fallait me tirer d'embarras. Jaur&#232;s alla trouver Millerand et on me donna cette place d'enqu&#234;teur, place nouvelle, car &#224; l'Office du Travail, l&#233;galement, il ne peut, y avoir que deux enqu&#234;teurs permanents, les autres ne sont que temporaires.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je le r&#233;p&#232;te, vous voyez que la situation que j'occupe dans cet Office du Travail ne peut soulever aucune suspicion.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ajoute que je ne croyais pas que mes opinions, qui sont connues, et les services que j'ai rendus et que je suis pr&#234;t &#224; rendre, puissent permettre le moindre soup&#231;on, sauf &#224; ceux qui, depuis des ann&#233;es, m'ont toujours combattu, parce que j'ai, autant que possible, cherch&#233; &#224; maintenir toujours la F&#233;d&#233;ration sur le terrain &#233;conomique. Je croyais qu'apr&#232;s avoir donn&#233; les preuves que j'ai donn&#233;es, on ne soul&#232;verait pas de questions contre moi... Remarquez qu'il y a, au Comit&#233; f&#233;d&#233;ral, des camarades appartenant &#224; toutes les &#233;coles, allemanistes, blanquistes... Je me trompe : il n'y a plus de guesdistes, et c'est peut-&#234;tre &#224; eux que faisait allusion tout &#224; l'heure le camarade de Lyon...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LYON. &#8212; Non, ce ne sont pas eux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE SECR&#201;TAIRE F&#201;D&#201;RAL. &#8212; Eh bien ! les blanquistes n'ont jamais fait la moindre observation, cependant, ils ne sont pas suspects de minist&#233;rialisme. Ils auraient &#233;t&#233; les premiers, s'ils avaient cru que cette situation f&#251;t dangereuse, &#224; me prier de me retirer, comme secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration ; ils ne l'ont pas fait. Depuis que je suis &#224; cet Office, j'ai fourni la preuve que je suis rest&#233;, non pas antiminist&#233;riel, car je suis anarchiste, mais antigouvernemental, comme je l'ai toujours &#233;t&#233; ; le rapport et l'ordre du jour contre le projet de loi Waldeck-Rousseau sur les syndicats professionnels, c'est moi qui en suis l'auteur ; de m&#234;me pour la r&#233;solution adopt&#233;e contre le projet Guieysse sur les retraites ouvri&#232;res. Je combattrai encore demain toutes propositions &#233;man&#233;es du gouvernement qui me para&#238;tront entra&#238;ner les travailleurs sur la voie du parlementarisme.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je demande donc au congr&#232;s de me continuer sa confiance, non pas seulement d'une fa&#231;on vague, mais en disant que le pass&#233; que j'ai garanti l'avenir et que jusqu'&#224; ce que j'aie failli &#8212; car tout homme peut faillir &#8212; la F&#233;d&#233;ration me maintient sa confiance. (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Applaudissements.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LYON. &#8212; Ce que je retiens, c'est que vous n'&#234;tes pas permanent...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE SECR&#201;TAIRE F&#201;D&#201;RAL. &#8212; Les enqu&#234;teurs de l'Office n'ont m&#234;me pas de bureau.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LYON. &#8212; Les renseignements que nous avions &#233;taient faux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE SECR&#201;TAIRE F&#201;D&#201;RAL. &#8212; J'ajoute quelque-mots. C'est que ma nomination a paru pendant que j'&#233;tais encore malade. Je ne l'ai connue que trois semaines apr&#232;s qu'elle &#233;tait sign&#233;e. J'ai seulement vu une fois le citoyen Millerand pour le remercier. Mais je r&#233;p&#232;te que nous n'avons pas de bureau au minist&#232;re.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;PARIS. &#8212; Je suis &#224; Paris d&#233;l&#233;gu&#233; de la Bourse de Carcassonne ; Carcassonne m'avait demand&#233; d'aller chercher des volumes pour sa biblioth&#232;que au minist&#232;re ; j'ai demand&#233; le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, on m'a r&#233;pondu : Nous ne le connaissons pas, nous ne l'avons jamais vu... Cela explique sa situation.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LYON. &#8212; Devant les explications du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, je retire ma d&#233;claration. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE PR&#201;SIDENT. &#8212; La discussion est close, dans ces conditions. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE MANS. &#8212; Il me semble que le secr&#233;taire du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral se trouve dans la m&#234;me situation qu'un secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Bourse du Travail, c'est-&#224;-dire que tous ses actes, toutes les op&#233;rations qu'il doit assurer aupr&#232;s des organisations qu'il repr&#233;sente, doivent &#234;tre contr&#244;l&#233;s par tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Bourses du Travail qui forment ce Conseil f&#233;d&#233;ral, comme le Conseil d'administration d'une Bourse du Travail contr&#244;le tous les actes du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Or, je demande s'il y a des Bourses du Travail qui, par l'interm&#233;diaire de leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s, aient transmis des plaintes concernant les nouvelles fonctions &#8212; si on peut appeler cela fonctions &#8212; du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;PARIS. &#8212; Non. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;LE MANS. &#8212; Je regrette donc qu'une discussion ait &#233;t&#233; soulev&#233;e &#224; l'instigation de citoyens qui ne sont peut-&#234;tre m&#234;me pas attach&#233;s &#224; une Bourse du Travail et qui, dans certains milieux, en province, ont pr&#233;sent&#233; la situation du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral sous un jour qui n'est pas le vrai. (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Applaudissements.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;CLERMONT. &#8212; &#201;tant donn&#233;es les explications fournies par le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral sur la question pressante de notre camarade de Lyon, et la d&#233;claration de celui-ci qu'il se trouve satisfait, je demande que le Congr&#232;s vote des f&#233;licitations au secr&#233;taire et lui maintienne sa confiance. (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Approbation.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; LE PR&#201;SIDENT. &#8212; J'ai re&#231;u l'ordre du jour suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s, apr&#232;s avoir entendu les d&#233;clarations du secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral, lui maintient sa confiance et d&#233;clare que la situation qu'il occupe &#224; l'Office du Travail n'est pas incompatible avec ses fonctions de secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ALBI. &#8212; Je me rallie &#224; la proposition de Clermont.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; N&#206;MES. &#8212; En principe, dans nos Congr&#232;s, nous ne devons pas nous donner les uns aux autres de l'eau b&#233;nite ; je suis contre tout vote de f&#233;licitations. A la suite de la question pos&#233;e par le camarade de Lyon, le secr&#233;taire f&#233;d&#233;ral nous a fait des d&#233;clarations ; nous devons nous d&#233;clarer satisfaits ; c'est le plus beau vote de confiance que nous puissions lui adresser. (&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Approbation.&lt;/span&gt;)&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>[09] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La Verrerie Ouvri&#232;re</title>
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		<dc:date>2020-04-05T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est lors de la fondation de la Verrerie ouvri&#232;re que j'ai commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter Pelloutier. Comme repr&#233;sentant d'une petite coop&#233;rative du quartier o&#249; j'habite, je fis partie du comit&#233; d'initiative et ensuite du comit&#233; d'action de la Verrerie ouvri&#232;re d'Albi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton430-b986b.jpg?1774703300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA VERRERIE OUVRI&#200;RE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est lors de la fondation de la Verrerie ouvri&#232;re que j'ai commenc&#233; &#224; fr&#233;quenter Pelloutier. Comme repr&#233;sentant d'une petite coop&#233;rative du quartier o&#249; j'habite, je fis partie du comit&#233; d'initiative et ensuite du comit&#233; d'action de la Verrerie ouvri&#232;re d'Albi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de souvenirs plut&#244;t douloureux il y aurait &#224; rappeler sur elle et sur son comit&#233; d'action !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant lu plusieurs articles de Pelloutier, je lui vouai de suite une sympathie r&#233;elle, qui devint une amiti&#233; solide quand j'eus le bonheur de le mieux conna&#238;tre et de l'appr&#233;cier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un soir, j'arrivai assez tard, vers les 10 heures, au comit&#233; d'action. D&#232;s l'entr&#233;e, j'eus l'impression que la discussion &#233;tait chaude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Enfin, demandait Pelloutier au citoyen Hamelin, vous avez bien &#233;crit &#224; Albi : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Surveillez nos anarchistes, nous surveillons les n&#244;tres&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Oui, r&#233;pondit cyniquement ce politicien...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien, m'&#233;criai-je &#224; la face de mon confr&#232;re Hamelin, que je ne connaissais que depuis ma participation &#224; la m&#234;me &#339;uvre, dans ce cas, vous &#234;tes un mouchard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, jouant l'indignation, suppliant qu'on le retienne &#8212; pour qu'il ne me tue pas sans doute &#8212; il s'avan&#231;a vers moi tout rouge : Ah ! r&#233;p&#232;te-le ? r&#233;p&#232;te-le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je r&#233;p&#233;tai : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si mouchard te vexe, tu as fait &#339;uvre de policier !...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L&#224;-dessus, m&#234;l&#233;e g&#233;n&#233;rale. Mon confr&#232;re Hamelin, qui voulait me frapper, n'y r&#233;ussit pas et, peut-&#234;tre par moi, peut-&#234;tre par d'autres, il fut bouscul&#233; et s'en fut s'asseoir sur les genoux de notre confr&#232;re Mangeot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pendant ce temps, je re&#231;us un s&#233;rieux coup de poing d'un ami d'Hamelin, un costaud, qui tint pendant un temps assez court sa place dans le Parti et dans la Coop&#233;ration, d'o&#249; il s'est retir&#233; apr&#232;s fortune faite, dit-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaillant qui, pendant qu'on me s&#233;parait d'Hamelin, avait appliqu&#233; sans danger un m&#244;le coup de poing sur ma pauvre face de militant ch&#233;tif mais hargneux, s'appelait le citoyen Raymond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Physiquement, c'est tout ce que j'ai souffert pour mon ami Pelloutier. Au moral, j'eus souvent l'atroce tourment de le voir d'abord manquant de tout, rue des Deux-Ponts, et plus tard couch&#233;, presque mourant, sous les arbres des Bruy&#232;res-de-S&#232;vres. Il y &#233;tait soign&#233; par le d&#233;vouement admirable de sa compagne, second&#233; dans ses travaux par son fr&#232;re Maurice, entour&#233; de l'affection impuissante d'amis qui, comme moi, ne pouvaient rien ou qui, comme Georges Sorel, ne pouvaient qu'interc&#233;der au-pr&#232;s de leurs amis plus puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est Georges Sorel, en effet, qui essaya de tirer Pelloutier du gros embarras o&#249; l'avait mis la d&#233;confiture du &lt;i&gt;Journal du Peuple&lt;/i&gt;, o&#249;, tous les collaborateurs ne furent pas r&#233;guli&#232;rement Pay&#233;s... et pour cause : la chute de ce journal &#233;tait proche !... Mais le boulanger pr&#233;sentait et repr&#233;sentait sa note... Et ce n'&#233;tait pas les appointements de son fr&#232;re, employ&#233; &#224; l'H&#244;tel-de-Ville, ayant des charges de famille, qui pouvaient y suffire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir vu et connu la situation &#8212; fi&#232;rement cach&#233;e &#8212; de Pelloutier, dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, il faut l'avoir vu travailler &#224; la traduction de rapports techniques en anglais, tout en se soignant ; il faut l'avoir vu r&#233;diger, composer, corriger et exp&#233;dier &#224; l'imprimerie son &lt;i&gt;Ouvrier des Deux-Mondes&lt;/i&gt;, pour savoir quel courage sto&#239;que &#233;tait celui de ce militant, qui n'aurait eu qu'un mot &#224; dire, une d&#233;marche &#224; faire, pour obtenir aisance et tranquillit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Pelloutier avait jadis fr&#233;quent&#233; la sinistre crapule de Saint-Nazaire, il en &#233;tait vraiment le contre-pied ; incapable de la moindre bassesse, incapable de s'approprier le travail et le m&#233;rite des autres, incapable de d&#233;guiser ses haines et de d&#233;mentir ses convictions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[08] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La F&#233;d&#233;ration des Bourses</title>
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		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet homme constamment souffrant poss&#233;dait un vrai temp&#233;rament de combat ; ce qu'il croyait utile au mouvement, il le disait, il le faisait, sans craindre les criailleries et les calomnies.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-fernand-pelloutier-1867-1901-" rel="directory"&gt;Fernand Pelloutier (1867-1901)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton424-3b33f.jpg?1774703300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet homme constamment souffrant poss&#233;dait un vrai temp&#233;rament de combat ; ce qu'il croyait utile au mouvement, il le disait, il le faisait, sans craindre les criailleries et les calomnies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose curieuse, les hommes qui l'ont le plus attaqu&#233; ont g&#233;n&#233;ralement fait une dr&#244;le de fin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L185xH251/fff70_ans_derniere_version_apres-_midi-compressed-35a0c.jpg?1774703300' width='185' height='251' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Absalon Lagailse&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les premiers secr&#233;taires de la Conf&#233;d&#233;ration, Lagailse et Copigneaux, furent les plus acharn&#233;s de ses adversaires. Au comit&#233; d'action de la Verrerie ouvri&#232;re, il batailla &#226;prement contre les bateleurs et les profiteurs du coop&#233;ratisme. Mais il n'est pas de pol&#233;mique qui l'ait plus affect&#233; que celle qui s'engagea vers la fin de sa vie autour de son acceptation d'une place d'enqu&#234;teur &#224; l'Office du Travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retra&#231;ons &#224; grands traits ces diverses pol&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrais citer textuellement les discussions passionn&#233;es, m&#233;chantes, du congr&#232;s de Rennes. Ce serait peut-&#234;tre trop long. Abr&#233;ger &#224; ma fantaisie, para&#238;trait suspect. Empruntons, voulez-vous, au livre d'un bourgeois le r&#233;sum&#233; des discussions entre Pelloutier et Lagailse. Voici ce que d&#233;clare L&#233;on de Seilhac&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Congr&#232;s ouvriers, par L&#233;on de Seilhac, pp. 86 et 87.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral de Rennes, qui succ&#233;da imm&#233;diatement au congr&#232;s des Bourses, d&#233;buta par un rapport violent et rempli d'acrimonie du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Conf&#233;d&#233;ration, M. Lagailse, contre le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration des Bourses, M. Pelloutier, et les autres membres du comit&#233; de cette F&#233;d&#233;ration.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ceux-l&#224; &#233;taient nettement trait&#233;s d'anarchistes ; M. Lagailse leur reprochait &#8212; non sans raison &#8212; leur m&#233;pris de l'action politique. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Plus d'un organisateur de syndicat, &lt;/span&gt;&#233;crivait-il dans son rapport&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;, en arrive &#224; nier l'action politique, ne pensant pas que, si son avis pr&#233;dominait, le prol&#233;tariat resterait d&#233;sarm&#233; devant le capitalisme ma&#238;tre du pouvoir, SUR LE CHAMP DE BATAILLE OU IL IMPORTE LE PLUS DE VAINCRE, car c'est l&#224; qu'il conquerra son &#233;mancipation.&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L185xH260/delesalle_paul-0f0b7.jpg?1774703300' width='185' height='260' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Delesalle&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'&#233;tait la lutte ouverte entre les socialistes de la Conf&#233;d&#233;ration et les anarchistes de la F&#233;d&#233;ration. Cette lutte ne devait prendre fin que par l'entr&#233;e victorieuse des anarchistes des Bourses au Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral. Cela ne devait pas tarder. D&#233;j&#224;, M. Delesalle, collaborateur aux &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Temps Nouveaux&lt;/span&gt; de Jean Grave, avait r&#233;ussi &#224; se faire nommer secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de la Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pelloutier, au dire de M. Lagailse, aurait redout&#233; l'accaparement de toutes les organisations cotisantes par la Conf&#233;d&#233;ration et vu dans ce fait un grave danger polir son traitement. Si toutes ces organisations &#233;taient accept&#233;es isol&#233;ment par la Conf&#233;d&#233;ration et y passaient avec armes et bagages, la F&#233;d&#233;ration des Bourses n'avait plus de raison d'exister et les gros &#233;moluments du secr&#233;taire (100 francs par mois) ne pourraient &#234;tre pay&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les s&#233;ances de la Conf&#233;d&#233;ration ne r&#233;unissaient que trois ou quatre membres. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Voyez cette GUEUSERIE, &lt;/span&gt;dit M. Lagailse.&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; Voyant qu'on n'avait pu se faire MAITRE dans la place, les d&#233;l&#233;gu&#233;s de la F&#233;d&#233;ration des Bourses ne viennent plus aux s&#233;ances du Comit&#233; conf&#233;d&#233;ral. &lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et, &#224; la suite, M. Lagailse adresse &#224; Pelloutier les am&#233;nit&#233;s les plus choisies. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Citoyen Pelloutier, vous avez menti !... Depuis le jour o&#249; toutes vos salet&#233;s ont &#233;t&#233; mises &#224; d&#233;couvert, vous auriez d&#251; vous terrer !...&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salet&#233;s dont il s'agit dans la bouche d'un Lagailse, on se doute ce qu'elles purent &#234;tre de la part de Pelloutier. En tout cas, Pelloutier ne se terra jamais. On sait ce qu'il fut ; on sait ce qu'il devint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'en pourrait pas dire autant de ce fameux Lagailse, employ&#233; de chemin de fer aux bons appointements, qui se trouvait toujours en d&#233;l&#233;gation pour le syndicat, qui se trouvait dans tous les congr&#232;s avec des permissions r&#233;guli&#232;res jamais contest&#233;es, qui fut ouvertement secr&#233;taire de la &lt;i&gt;CGT f&#339;tus&lt;/i&gt;. Mais ce Lagailse disparut subitement et compl&#232;tement en 1898, au lendemain de l'essai de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale des chemins de fer, soup&#231;onn&#233; unanimement d'avoir &#233;t&#233; l'homme qui informa le Ministre de l'Int&#233;rieur du lancement de l'ordre de gr&#232;ve et de la clef des adresses. Pourtant, personne ne put absolument prouver que Lagailse fut le tra&#238;tre qui vendit ses fr&#232;res. Gu&#233;rard, lui-m&#234;me, alors r&#233;put&#233; r&#233;volutionnaire, ne pronon&#231;a jamais son nom ; pourtant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'histoire du syndicalisme de la fin du si&#232;cle dernier et du commencement de celui-ci nous dira peut-&#234;tre la v&#233;rit&#233; l&#224;-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L185xH279/copineaux-0baff.jpg?1774703301' width='185' height='279' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Maurice Copigneaux&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Copigneaux succ&#233;da &#224; Lagailse, dont il &#233;tait l'adjoint, comme secr&#233;taire de la Conf&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De celui-l&#224;, employ&#233; de la Ville, on n'entend plus parler. Mais on sait quels gages de mod&#233;ration, de sagesse, il donna &#224; ses patrons et quelles salet&#233;s il d&#233;versa sur les r&#233;volutionnaires de la Bourse du Travail. Il fut comme la pr&#233;face de l'&#339;uvre de Lajarrige. Mais Pelloutier &#233;tait mort au moment o&#249; ce personnage commen&#231;a &#224; prendre l'importance n&#233;faste qui lui valut de monter en grade dans la hi&#233;rarchie des employ&#233;s de M. de Selves. N'en parlons plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Congr&#232;s ouvriers&lt;/i&gt;, par L&#233;on de Seilhac, pp. 86 et 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[07] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La F&#233;d&#233;ration des Bourses</title>
		<link>https://partage-noir.fr/fernand-pelloutier-1867-1901-07</link>
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		<dc:date>2020-04-03T22:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il n'est peut-&#234;tre pas inutile, en passant, de d&#233;truire une l&#233;gende certain militant, beau parleur, ayant longtemps fabriqu&#233; des cours sur les id&#233;es des autres, se donne, peut-&#234;tre de bonne foi, comme le p&#232;re de l'Unit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton423-643c9.jpg?1774703301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est peut-&#234;tre pas inutile, en passant, de d&#233;truire une l&#233;gende certain militant, beau parleur, ayant longtemps fabriqu&#233; des cours sur les id&#233;es des autres, se donne, peut-&#234;tre de bonne foi, comme le p&#232;re de l'Unit&#233; ouvri&#232;re. C'est &#224; Pelloutier encore qu'on doit attribuer l'Unit&#233; Ouvri&#232;re. En effet, sans discours &#233;tudi&#233; et sans tableau noir &#233;pateur, tr&#232;s simplement, Fernand Pelloutier avait su d&#233;finir la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A la base, le syndicat, d'o&#249; part toute d&#233;cision ; puis, d'un autre c&#244;t&#233;, l'Union des syndicats du m&#234;me m&#233;tier ou des m&#233;tiers similaires ; les diverses unions se f&#233;d&#233;rant en un conseil national corporatif ; d'autre part, les syndicats de toutes les professions group&#233;es localement dans les Bourses du Travail, et l'ensemble de ces Bourses ou Unions de syndicats divers constituant la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail avec son comit&#233; f&#233;d&#233;ral compos&#233; des repr&#233;sentants de ces Bourses ; au sommet ; enfin, l'Union du Conseil corporatif et celui des Bourses du Travail, c'est-&#224;-dire la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, dira-t-on, pourquoi cette Unit&#233; ne se fit-elle pas plus t&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne se fit pas plus t&#244;t, parce que la F&#233;d&#233;ration des Bourses, jalouse de son autonomie, fi&#232;re de son unit&#233;, de ses r&#233;sultats, ne se souciait gu&#232;re d'absorber une organisation faible, d&#233;bile, inexistante ou de para&#238;tre se faire absorber par elle. Elle ne se fit pas, parce que les militants de la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail fant&#244;me &#233;taient des centralistes &#224; outrance, et, pour la plupart, des parlementaires en attente d'emploi, tandis que la F&#233;d&#233;ration des Bourses &#233;tait compos&#233;e de d&#233;l&#233;gu&#233;s de Bourses du Travail qui appartenaient &#224; toutes les fractions politiques, mais qui &#233;taient n&#233;anmoins absolument d'avis de ne s'occuper que de questions &#233;conomiques. C'est pourquoi les libertaires qui &#233;taient au Comit&#233; des Bourses firent assez bon m&#233;nage avec leurs camarades affili&#233;s aux divers partis socialistes. O&#249; pr&#233;domine le souci de la lutte et de l'organisation purement syndicales se taisent les haines et les partis-pris politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, quand la CGT fut unifi&#233;e par ses deux sections actuelles, c'est que des hommes nouveaux avaient infus&#233; une tactique et des id&#233;es nouvelles &#224; la Conf&#233;d&#233;ration impuissante d'antan. C'est aussi qu'un accord tacite s'&#233;tait &#233;tabli entre les militants des deux organisations qui, ayant m&#234;mes principes f&#233;d&#233;ralistes, m&#234;me m&#233;pris de la politique et m&#234;me d&#233;dain des influences &#233;trang&#232;res &#224; l'action ouvri&#232;re, devaient fatalement s'entendre et s'unir. Cela avec d'autant plus de facilit&#233; que le m&#234;me esprit engendrait les m&#234;mes r&#233;sultats la Conf&#233;d&#233;ration maintenant existait. Elle repr&#233;sentait r&#233;ellement quelque chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce qui fit l'Unit&#233; Ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au pr&#233;tendu p&#232;re de cette Unit&#233; Ouvri&#232;re, je suis f&#226;ch&#233; de lui d&#233;plaire, mais il servit tout juste &#224; encourager l'ambition de ceux qui voulaient d&#233;consid&#233;rer, abaisser un peu l'influence de la F&#233;d&#233;ration des Bourses en lui donnant un r&#244;le secondaire. Si Pelloutier e&#251;t &#233;t&#233; l&#224;, il n'en e&#251;t pas &#233;t&#233; ainsi. D'ailleurs, je connais des personnalit&#233;s qui, devant lui, seraient peut-&#234;tre rest&#233;es dans l'ombre. Je dois reconna&#238;tre que ce n'est pas moi qui pouvais &#224; cette &#233;poque pr&#233;tendre le remplacer en cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, plut&#244;t que de voir ajourner une fois de plus son g&#233;nial (!) projet, le pr&#233;tendu p&#232;re de l'Unit&#233; Ouvri&#232;re accepta tout ce que de plus intelligents lui impos&#232;rent comme conditions &#224; la Commission d&#233;sign&#233;e pour &#233;laborer le projet d&#233;finitif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la F&#233;d&#233;ration des Bourses, devenant Section des Bourses, n'aurait plus de congr&#232;s, mais de simples conf&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que le secr&#233;taire de la Section des F&#233;d&#233;rations deviendrait le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail, tandis que le secr&#233;taire de la Section des Bourses para&#238;trait ainsi l'inf&#233;rieur du g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; fut donc le souci de l&#233;gitime &#233;galit&#233; dans ce soin de hi&#233;rarchiser les fonctionnaires des deux sections qui devaient &#234;tre les deux moiti&#233;s, &#233;gales valeurs, d'un tout ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le sent, il y avait chez quelques militants, en m&#234;me temps que le besoin de profiter de l'occasion qui se pr&#233;sentait de sortir de l'ombre cette Conf&#233;d&#233;ration qui voulait vivre et s'&#233;panouir, un sentiment d'orgueil qui les rendait illogiques et injustes envers cette F&#233;d&#233;ration des Bourses qu'ils eussent d&#251; mettre sur un pied d'absolue &#233;galit&#233;, &#233;galit&#233; qu'elle a su conqu&#233;rir depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au titre de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, ni Griffuelhes, ni Jouhaux n'ont fait cas de fa&#231;on imb&#233;cile et vaniteuse de cette faute contre l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il le dire, il y eut aussi chez quelques militants qui &#233;labor&#232;rent les statuts de l'Unit&#233; Ouvri&#232;re, le malin plaisir de rouler dans sa vanit&#233; l'orgueilleux qui les rasa admirablement de ses discours sur l'Unit&#233; et qui ne s'aper&#231;ut m&#234;me pas combien il &#233;tait jou&#233;. N'esp&#233;rait-il pas, d'ailleurs, &#234;tre un jour ce secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral ? Ne pensait-il pas que cela lui revenait de droit ? Et ne devait-il pas, n'importe comment, men&#233; par les oies, arriver &#224; ce Capitole, d'o&#249; la roche Tarp&#233;ienne &#233;tait si proche !... N'insistons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'elle-m&#234;me, j'en suis persuad&#233;, la CGT en l'un de ses Congr&#232;s ou l'une de ses conf&#233;rences prochaines, effacera de son histoire ces b&#234;tises hi&#233;rarchiques qui ne s'harmonisent gu&#232;re avec ses principes d'&#233;galit&#233;. Peut-&#234;tre m&#234;me cela sera-t-il l'occasion de proclamer une sorte d'anonymat des fonctionnaires conf&#233;d&#233;raux. Peut-&#234;tre d&#233;cidera-t-on que secr&#233;taires, tr&#233;soriers et adjoints ont &#233;gale utilit&#233; et n'ont d'importance que par la CGT, et, en cons&#233;quence, proclamera-t-on que tout ce qui sera fait, tout ce qui &#233;manera de l'un ou de tous sera &#233;galement sign&#233; le Bureau conf&#233;d&#233;ral. Une seule chose est &#224; revendiquer par les membres du Bureau, c'est la responsabilit&#233; quand il y a des risques de perdre sa libert&#233; au de recevoir des coups. Mais le Bureau tout entier y doit avoir aussi sa part. Voil&#224; l'&#233;galit&#233; que nous vaudront les petites fautes commises lors de la constitution de la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi, j'en suis certain, que Pelloutier e&#251;t compris l'Unit&#233; Ouvri&#232;re, l'e&#251;t accept&#233;e, l'e&#251;t d&#233;fendue, si comme nous il l'avait vue possible et utile comme il est ind&#233;niable qu'elle l'est aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moins d'&#234;tre ignorant, aveugle ou de mauvaise foi, qui donc pourrait dire que la section des Bourses est diminu&#233;e dans la Conf&#233;d&#233;ration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ose dire que la section des Bourses est, pour longtemps encore, indispensable &#224; la Conf&#233;d&#233;ration !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue syndical pr&#233;sent, elle com-pense par son esprit f&#233;d&#233;raliste, la centralisation obligatoire de certaines f&#233;d&#233;rations, en lutte constante avec un patronat organis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vouloir dissoudre serait insens&#233; elle rena&#238;trait d'elle-m&#234;me tant elle s'impose !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela semble nous &#233;loigner de la personnalit&#233; de Pelloutier. Pourtant, c'est au contraire pour arriver &#224; dire que Pelloutier se serait r&#233;joui de voir la section des Bourses remplissant son r&#244;le d'organisation, d'&#233;ducation et d'action comme il l'avait souhait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que la section des Bourses a des d&#233;tracteurs. Je sais qu'il en est m&#234;me &#8212; oh ! de tr&#232;s rares ! &#8212; qui r&#233;clament sa suppression. Mais cela n'a aucune importance. Pelloutier n'eut-il pas des d&#233;tracteurs ?... Il eut m&#234;me des insulteurs. N&#233;anmoins, la F&#233;d&#233;ration des Bourses v&#233;cut et prosp&#233;ra comme la section des Bourses vit et prosp&#232;re par et pour la Conf&#233;d&#233;ration, malgr&#233; ses d&#233;tracteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, nous pourrions d&#233;montrer que si ce ne sont plus les m&#234;mes hommes qui s'acharnent apr&#232;s une telle &#339;uvre, ce sont les m&#234;mes pauvres id&#233;es, le m&#234;me esprit r&#233;trograde ou le m&#234;me triste parti-pris politique qui s'&#233;talent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[06] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La F&#233;d&#233;ration des Bourses</title>
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		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme l'a dit Pelloutier, la F&#233;d&#233;ration des Syndicats n'avait pas de programme. Rien chez elle ne pouvait vraiment int&#233;resser les syndicats. En dehors de ses Congr&#232;s auxquels assistaient les syndicats parce qu'il n'y en avait pas d'autres, la F&#233;d&#233;ration ne donnait aucun signe de vie. La F&#233;d&#233;ration des Bourses, au contraire, pr&#233;senta de suite une vitalit&#233; remarquable. Reposant sur le principe f&#233;d&#233;raliste et s'interdisant toute action politique, elle offrait tous les &#233;l&#233;ments d'action utile. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton429-61251.jpg?1774693387' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme l'a dit Pelloutier, la F&#233;d&#233;ration des Syndicats n'avait pas de programme. Rien chez elle ne pouvait vraiment int&#233;resser les syndicats. En dehors de ses Congr&#232;s auxquels assistaient les syndicats parce qu'il n'y en avait pas d'autres, la F&#233;d&#233;ration ne donnait aucun signe de vie. La F&#233;d&#233;ration des Bourses, au contraire, pr&#233;senta de suite une vitalit&#233; remarquable. Reposant sur le principe f&#233;d&#233;raliste et s'interdisant toute action politique, elle offrait tous les &#233;l&#233;ments d'action utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi prosp&#233;ra-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle prosp&#233;ra gr&#226;ce au souffle qui l'animait : je veux dire gr&#226;ce &#224; l'initiative de Fernand Pelloutier qui, d'abord pour rien, ensuite pour 25 francs par mois, puis pour 50 francs et enfin pour 100 francs par mois, fournit pour elle un travail m&#233;thodique et acharn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son d&#233;but, en 1892, la F&#233;d&#233;ration comprenait 14 Bourses du Travail. Sous l'impulsion de son secr&#233;taire, aussi bien que sous celle des &#233;v&#233;nements, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en m&#234;me temps que s'&#233;laborait le pacte f&#233;d&#233;ratif qui allait, deux ans plus tard (Congr&#232;s de Nantes, 1894), d&#233;terminer la rupture totale et d&#233;finitive entre le Parti socialiste &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;politique&lt;/span&gt; et l'organisation socialiste &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;conomique&lt;/span&gt;, les Bourses se d&#233;clar&#232;rent r&#233;solues (d&#233;claration qui n'est point rest&#233;e platonique) &#224; repousser, sous quelque forme qu'elle se d&#233;guis&#226;t l'ing&#233;rence dans leur administration des autorit&#233;s gouvernementales et communales&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire des Bourses du Travail, p. 76.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Alors, les Bourses du Travail se multiplient : 34 en 1895 avec 606 syndicats, 46 en 1896 avec 362 syndicats, 51 en 1898 avec 947 syndicats, 57 en 1900 avec 1 065 syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui aida beaucoup &#224; la propagande des Bourses du Travail, ce fut, sous le minist&#232;re Dupuy, la fermeture brutale de la Bourse du Travail de Paris et les multiples tracasseries et vexations inflig&#233;es aux Bourses du Travail de province. Dans le rapport du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral au Congr&#232;s de N&#238;mes, Pelloutier signalait quelques abus de pouvoir contre les Bourses &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;diminution de subvention et menace de fermeture &#224; Lyon ; bl&#226;me s&#233;v&#232;re parce que la Bourse du Travail de Perpignan acquiert pour sa biblioth&#232;que les &#339;uvres de Beno&#238;t Malon. Ce rapport serait interminable, ajoutait-il, s'il fallait signaler tous les pi&#232;ges tendus, toutes les violences inflig&#233;es aux Bourses&lt;/q&gt;. On le voit, de ce c&#244;t&#233;, les difficult&#233;s d&#233;j&#224; ne manquaient pas. Depuis, elles n'ont fait que cro&#238;tre et multiplier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux organisations centrales tenaient leurs Congr&#232;s distinctement. Elles avaient aussi une vue bien diff&#233;rente sur la plupart des questions. Ainsi la F&#233;d&#233;ration des Bourses ne s'occupait nullement des revendications parlementaires, question bien ch&#232;re &#224; la F&#233;d&#233;ration des Syndicats. En revanche, la F&#233;d&#233;ration des Syndicats &#233;tait avec acharnement contre l'id&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, dont les militants de la F&#233;d&#233;ration des Bourses &#233;taient presque tous partisans et dont Pelloutier fut l'un des premiers et des plus persuasifs ap&#244;tres. Certains se plaisent &#224; rappeler que Pelloutier connut Briand et qu'ensemble ils bataill&#232;rent pour l'id&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. En effet, l'ambitieux avocat de Saint-Nazaire, qui avait eu d&#233;j&#224; l'occasion de se servir de lui, d'exploiter ses qualit&#233;s de pol&#233;miste, sut s'adapter &#224; cette id&#233;e de Pelloutier et en devenir aussit&#244;t le plus &#233;loquent propagateur. Mais si Fernand Pelloutier voyait en l'id&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ce que nous ne cessons d'y voir nous-m&#234;mes, syndicalistes r&#233;volutionnaires convaincus : le moyen d'affranchissement par excellence, le cynique arriviste &#8212; il l'avoua publiquement plus tard &#8212; n'y vit jamais qu'un moyen avantageux pour lui de combattre et de ruiner l'influence du Parti Ouvrier Fran&#231;ais parmi la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fernand Pelloutier dans les milieux syndicaux, Aristide Briand dans les milieux politiques des divers partis socialistes, firent pour cette id&#233;e de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale une propagande suivie qui porta ses fruits, puisque, aujourd'hui m&#234;me, malgr&#233; l'apostasie de Briand, le monde ouvrier qui s'enthousiasme encore et qui n'a pas perdu l'espoir d'une transformation &#233;conomique, voit dans la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale la premi&#232;re phase, le premier acte de la R&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur la discussion de cette id&#233;e au Congr&#232;s de Nantes 1894, sixi&#232;me et dernier Congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration des Syndicats, que mourut cette organisation plus politique que syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutons M. L&#233;on de Seilhac, qui n'est pourtant pas des n&#244;tres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Syndicats avait v&#233;cu. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La jeune F&#233;d&#233;ration des Bourses sortait de l'ombre et prenait la place de sa vieille rivale d&#233;chue. C'est alors que se manifesta celui qui devait porter la F&#233;d&#233;ration des Bourses &#224; son apog&#233;e et qui r&#233;alisa le r&#234;ve de l'Union ouvri&#232;re par la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des Bourses restait donc la seule organisation vivante. Il n'y avait plus qu'elle comme organisme central des forces ouvri&#232;res en France, jusqu'au jour o&#249;, &#224; son tour, une autre organisation centrale essaierait de la supplanter. Celle-ci devait prendre le nom de Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail, sans l'&#234;tre aucunement. Elle ne devait le devenir vraiment que par l'application statutaire mais tardive des d&#233;cisions du Congr&#232;s de Toulouse (1897), plusieurs ann&#233;es apr&#232;s, &#8212; une fois Pelloutier disparu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, p. 76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[05] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La F&#233;d&#233;ration des Bourses</title>
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		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au Congr&#232;s de Marseille (1879) fut constitu&#233; le Parti ouvrier avec un double programme politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton428-d79dc.jpg?1774693386' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Congr&#232;s de Marseille (1879) fut constitu&#233; le Parti ouvrier avec un double programme politique et &#233;conomique. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce programme &#233;manant d'hommes intelligents et instruits &#233;tait, dit Pelloutier, d'une simplicit&#233; peu commune il &#233;tait m&#234;me d'une antiquit&#233; respectable, la plupart de ses articles ayant d&#233;j&#224; fait la fortune des diverses fractions r&#233;publicaines qui, tour &#224; tour, et depuis 1848, avaient brigu&#233; le pouvoir.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme sa r&#233;alisation &#233;tait subordonn&#233;e &#224; la prise du pouvoir politique et que pour cela il fallait un grand nombre de voix socialistes, il n'y avait plus qu'&#224; organiser le prol&#233;tariat en Parti politique distinct, &lt;i&gt;parti de classe&lt;/i&gt;, dont tous ceux qui &lt;i&gt;ne sont pas&lt;/i&gt; la classe du prol&#233;tariat deviendraient les chefs et les &#233;lus. C'&#233;tait simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On con&#231;oit qu'un tel programme ait ouvert carri&#232;re &#224; tous les astucieux, &#224; tous les ambitieux, &#224; tous les bons bagouts, leaders des tr&#233;teaux populaires. Mais, bien entendu, la division se mit parmi ces dirigeants ; ils tir&#232;rent chacun de leur c&#244;t&#233;, entra&#238;nant leurs fid&#232;les et constitu&#232;rent ainsi autant de partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut donc en France, &#224; cette &#233;poque, plusieurs partis socialistes ou, pour mieux dire, un Parti socialiste divis&#233; en plusieurs sectes distinctes et antagonistes. Ce furent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; r&#233;volutionnaire central ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti ouvrier socialiste r&#233;volutionnaire ; &lt;br class='autobr' /&gt;
La F&#233;d&#233;ration des travailleurs socialistes de France ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le Parti ouvrier fran&#231;ais ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les socialistes ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les membres ouvriers de ces diff&#233;rents partis qui essay&#232;rent, chacun pour leur secte, d'accaparer l'organisation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les hommes de bonne foi de ces partis en changeaient continuellement. Ils changeaient de secte, allant toujours vers le clan qui leur paraissait le plus r&#233;volutionnaire, d'o&#249; ils sortaient encore pour s'adonner enfin &#224; l'unique action &#233;conomique. Ils laissaient ainsi place nette aux petits bourgeois se sentant des aptitudes pour duper les masses, masses encore trop aveugles et trop confiantes pour qu'elles ne pussent aider &#224; r&#233;aliser le r&#234;ve int&#233;ress&#233; de ces petits bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, l'intrusion d'&#233;l&#233;ments socialistes au sein de l'organisation syndicale si timide, si mutualiste, si l&#233;galiste et ayant une certaine croyance &#224; l'entente possible du Capital et du Travail ; eut une heureuse influence, mais ce fut &#224; condition qu'&#224; son tour l'&#233;l&#233;ment politique dispar&#251;t du syndicalisme naissant, du mouvement ouvrier renaissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui eut lieu, lentement d'abord, puis rapidement le jour o&#249; naquit la F&#233;d&#233;ration des Bourses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop soucieux des questions &#233;lectorales, les socialistes se pr&#233;occupaient peu des &#233;v&#233;nements ouvriers et des progr&#232;s lents, mais constants, du syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis leur Congr&#232;s de Saint-&#201;tienne (1882) les socialistes, divis&#233;s jusqu'&#224; l'&#233;miettement r&#233;v&#233;laient leur impuissance r&#233;formatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, vers 1886, quelques hommes, membres du Parti et membres d'associations ouvri&#232;res, comprirent que les syndicats constituaient tout de m&#234;me une force qu'il &#233;tait pu&#233;ril de d&#233;daigner. Ils r&#234;v&#232;rent de constituer une vaste association nationale groupant tous les syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La F&#233;d&#233;ration des Syndicats et Groupes corporatifs ouvriers de France&lt;/q&gt; fut cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette filiale du &lt;i&gt;Parti Ouvrier Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, cette organisation syndicale de recrutement d'&#233;lecteurs socialistes, n'avait ni les bases ni les principes &#233;conomiques n&#233;cessaires &#224; la vitalit&#233; d'une organisation corporative. Elle &#233;tait vou&#233;e &#224; la dissolution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, un peu partout, se cr&#233;aient des Bourses de Travail. Si je n'avais crainte d'allonger d&#233;mesur&#233;ment cette &#233;tude, je r&#233;sumerais les chapitres o&#249; Fernand Pelloutier d&#233;crit cette naissance des Bourses du Travail et proclame l'espoir qu'il met en elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis persuad&#233; pourtant que s'il e&#251;t v&#233;cu, Pelloutier e&#251;t vu, comme nous, l'inconv&#233;nient et le danger de ces Bourses du Travail subventionn&#233;es et toujours sous la menace d'&#234;tre ferm&#233;es aux moindres vell&#233;it&#233;s de propagande virile et d'action &#233;nergique. Comme nous, il en e&#251;t souhait&#233; la transformation en Unions locales ou, d&#233;partementales. Il n'e&#251;t consid&#233;r&#233;, ainsi que nous le faisons, les Bourses du Travail que comme de simples immeubles devant bient&#244;t faire place &#224; de v&#233;ritables Maisons du Peuple, ind&#233;pendantes, &#233;difi&#233;es par le prol&#233;tariat lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bourses du Travail naissant partout, le besoin se fit naturellement sentir bient&#244;t de les relier entre elles. L'ann&#233;e m&#234;me o&#249; naissait la Bourse du Travail de Paris, la F&#233;d&#233;ration des Bourses se constituait. C'est la Bourse du Travail de Paris qui en patronna l'id&#233;e et la soumit au Congr&#232;s de Saint-&#201;tienne, qui l'adopta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait en 1892. Voici donc deux organisations centrales, s'opposant l'une &#224; l'autre la F&#233;d&#233;ration des Syndicats et la F&#233;d&#233;ration des Bourses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[04] Fernand Pelloutier (1867-1901) - La F&#233;d&#233;ration des Bourses</title>
		<link>https://partage-noir.fr/fernand-pelloutier-1867-1901-04</link>
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		<dc:date>2020-03-31T22:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Yvetot</dc:creator>


		<dc:subject>Fernand Pelloutier</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>CGT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Mais pour comprendre l'importance de la tache accomplie par Pelloutier, il faut se rappeler quelles luttes se poursuivaient entre les militants des diff&#233;rentes &#233;coles socialistes se disputant la direction du mouvement ouvrier avant qu'exist&#226;t la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail de France. Pelloutier, dans son &lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, nous en donne une id&#233;e.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cgt-+" rel="tag"&gt;CGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton427-93dbd.jpg?1774693964' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais pour comprendre l'importance de la t&#226;che accomplie par Pelloutier, il faut se rappeler quelles luttes se poursuivaient entre les militants des diff&#233;rentes &#233;coles socialistes se disputant la direction du mouvement ouvrier avant qu'exist&#226;t la F&#233;d&#233;ration des Bourses du Travail de France. Pelloutier, dans son &lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, nous en donne une id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1876 que se tint &#224; Paris le premier Congr&#232;s ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La classe ouvri&#232;re &#233;tait encore &#233;puis&#233;e de la saign&#233;e de la guerre et de la Commune. L'esprit qui animait les ouvriers d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; ce Congr&#232;s &#233;tait loin de l'esprit de l'Internationale et de celui de notre CGT ! Qu'on en juge Le rapport qui fut adopt&#233; sur la repr&#233;sentation directe du prol&#233;tariat au Parlement disait entre autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Montrons aux classes dirigeantes que nous saurons trouver parmi nous des citoyens capables de d&#233;fendre, par la parole ou par la plume, au sein du Parlement ; les int&#233;r&#234;ts des travailleurs, comme ils sauraient au besoin d&#233;fendre par les armes la R&#233;publique si elle &#233;tait en p&#233;ril, la patrie si elle &#233;tait en danger.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous arriverons ainsi, soyez-en convaincus, citoyens, &#224; &#233;tablir sur des bases in&#233;branlables le seul .gouvernement digne de la France : la R&#233;publique d&#233;mocratique et sociale !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de rapprocher de la d&#233;claration des Bourses du Travail au Premier Mai 1896 cette d&#233;claration unanimement approuv&#233;e par le Congr&#232;s de 1876 pour se faire une id&#233;e du chemin parcouru en vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retra&#231;ons rapidement les luttes qui durent &#234;tre engag&#233;es au sein m&#234;me de la classe ouvri&#232;re pour marquer une si forte diff&#233;rence d'id&#233;es, tant sur les revendications ouvri&#232;res que sur les moyens &#224; employer pour les faire aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les deux ann&#233;es d'intervalle (1876-1878) s&#233;parant le Congr&#232;s de Paris du Congr&#232;s de Lyon, les syndicats se multipli&#232;rent ; et comme la propagande qu'y faisaient les ouvriers intelligents, tout active qu'elle f&#251;t, &#233;tait silencieuse et n'&#233;veillait point l'attention publique ; comme, d'autre part, les &#233;v&#233;nements politiques absorbaient toute l'attention des &#171; sph&#232;res officielles &#187;, ainsi qu'on disait alors, les id&#233;es socialistes all&#232;rent se propageant de jour en jour, jusqu'au second Congr&#232;s ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A ce moment, quelques hommes qui avaient jou&#233; un r&#244;le dans l'Internationale, mais qui, n'ayant pris au mouvement communaliste qu'une part effac&#233;e, avaient &#233;chapp&#233; &#224; la r&#233;pression, tentaient d'organiser, en dehors des chambres syndicales, un parti socialiste. De ces hommes, qui s'appelaient Guesde, Lafargue, Chabert, Paulard, Deynaud, certains &#233;taient en relations de famille ou d'amiti&#233; avec Karl Marx, Engels et les d&#233;bris du conseil de l'Internationale, dispers&#233;s apr&#232;s le congr&#232;s de La Haye (1872). La propagande qu'ils avaient faite pendant les mois pr&#233;c&#233;dents avait port&#233; de tels fruits qu'ils avaient pu manifester l'intention de tenir &#224; Paris, pendant l'Exposition, un congr&#232;s socialiste international. Ce projet &#233;tait pr&#233;matur&#233;, et les protecteurs du congr&#232;s furent poursuivis en police correctionnelle.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est alors que leurs amis, malgr&#233; l'aversion que professaient les socialistes r&#233;volutionnaires pour les ouvriers syndiqu&#233;s, song&#232;rent &#224; profiter de la tenue du congr&#232;s mutuelliste de Lyon pour cat&#233;chiser les travailleurs qui devaient s'y rendre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Leur petit nombre, il est vrai, les emp&#234;cha de modifier le caract&#232;re du congr&#232;s ; mais ils firent d'int&#233;ressantes d&#233;clarations sur lesquelles il est n&#233;cessaire de s'appesantir pour montrer d'abord quelles th&#233;ories professaient &#224; cette &#233;poque les collectivistes... (qui, depuis...) et, en second lieu, pour faire comprendre les &#233;v&#233;nements qui allaient creuser un infranchissable foss&#233; entre les partisans de la conqu&#234;te du pouvoir et les partisans de l'action &#233;conomique et corporative&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire des Bourses du Travail, pp. 44 et 45.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Pelloutier cite le discours de Calvinhac, parlant de l'&#201;tat et s'exprimant ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ah ! apprenons &#224; nous passer de cet &#233;l&#233;ment &#224; l'&#233;gal de la bourgeoisie, dont le gouvernementalisme est un id&#233;al. Il est notre ennemi. Dans nos affaires il ne peut arriver que pour r&#233;glementer, et soyez s&#251;rs que la r&#233;glementation, il la fera toujours au profit des dirigeants. Demandons seulement la libert&#233; compl&#232;te, et nous trouverons la r&#233;alisation de nos r&#234;ves quand nous serons d&#233;cid&#233;s &#224; faire nos affaires nous-m&#234;mes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Histoire des Bourses du Travail, pp. 47 et 48.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est plus le langage du Congr&#232;s de 1876, &#233;voqu&#233; plus haut. H&#233;las ! ce ne fut m&#234;me pas longtemps le langage des hommes qui le tinrent &#224; cette &#233;poque devant les travailleurs, dont ils devaient, quelques ann&#233;es plus tard, solliciter les suffrages, mendier les voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre beau discours fut celui de Ballivet, des m&#233;caniciens de Lyon, contre la participation des travailleurs aux luttes &#233;lectorales&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., pp. 46 et 47. La Vie Ouvri&#232;re a reproduit in extenso le discours de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pendant que ces r&#233;volutionnaires obscurs du groupe collectiviste faisaient de telles d&#233;clarations contre l'&#201;tat, la conqu&#234;te du Pouvoir et la Participation aux luttes &#233;lectorales, les chefs du Parti socialiste naissant avaient d&#233;j&#224; modifi&#233; leurs principes et leur tactique en sens contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, pp. 44 et 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Histoire des Bourses du Travail&lt;/i&gt;, pp. 47 et 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., pp. 46 et 47. La &lt;i&gt;Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt; a reproduit in extenso le discours de Ballivet dans son num&#233;ro du 5 mai 1910.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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