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		<title>Voline : Conditions essentielles - Chapitre II</title>
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		<dc:subject>Voline</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Nous avons constat&#233; que :&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176;) la premi&#232;re condition essentielle pour que la r&#233;volution l'emporte, est le soutien, la sympathie ou, au moins, une neutralit&#233; favorable &#8212; ou, encore, la d&#233;moralisation rapide &#8212; d'une importante partie de l'arm&#233;e du pays ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176;) si cette condition se r&#233;alise et la r&#233;volution l'emporte, le premier probl&#232;me &#224; r&#233;soudre est : que faire avec l'arm&#233;e existante ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-terre-libre-no45-28-janvier-1938-" rel="directory"&gt;Terre Libre N&#176;45 &#8211; 28 Janvier 1938&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-voline-+" rel="tag"&gt;Voline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-terre-libre-410-+" rel="tag"&gt;Terre Libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/voline2_copieff-f718c.jpg?1774728417' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous avons constat&#233; que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) la premi&#232;re condition essentielle pour que la r&#233;volution l'emporte, est le soutien, la sympathie ou, au moins, une neutralit&#233; favorable &#8212; ou, encore, la d&#233;moralisation rapide &#8212; d'une importante partie de l'arm&#233;e du pays ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) si cette condition se r&#233;alise et la r&#233;volution l'emporte, le premier probl&#232;me &#224; r&#233;soudre est : que faire avec l'arm&#233;e existante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de continuer, je demande au lecteur de ne pas s'accrocher &#224; la question de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale (effleur&#233;e au chap. I) afin de ne pas nous &#233;loigner du sujet principal et &#233;viter les exc&#232;s de la th&#233;or&#233;tisation. En effet, on le verra, cette question reste, dans notre &#233;tude &lt;i&gt;concr&#232;te&lt;/i&gt;, tout &#224; fait &#224; c&#244;t&#233;. On peut th&#233;or&#233;tiser tant qu'on veut sur la valeur d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Supposons m&#234;me --- nous avons dit que c'&#233;tait &lt;i&gt;possible &lt;/i&gt; &#8212; qu'en fin de comptes, et malgr&#233; une r&#233;sistance farouche de l'&#201;tat et de l'arm&#233;e, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, comme telle, triomphe. Nous pouvons supposer aussi &#8212; et c'est encore &lt;i&gt;possible &lt;/i&gt; &#8212; que la temp&#234;te r&#233;volutionnaire secoue simultan&#233;ment plus d'un pays ; que cette temp&#234;te, d&#233;cha&#238;n&#233;e un peu partout, brise, elle, l'arm&#233;e lanc&#233;e contre la r&#233;volution ; que des forces r&#233;volutionnaires, victorieuses dans un pays voisin, viennent &#224; la rescousse de la r&#233;volution et portent &#224; cette arm&#233;e le coup de gr&#226;ce, etc. Tout ceci est fort possible. Mais, notre t&#226;che est de &#171; voir &#187; et d'&#233;tablir ce qui est &lt;i&gt;certain&lt;/i&gt;. Or, dans &lt;i&gt;tous &lt;/i&gt; les cas, deux points restent in&#233;branlablement acquis : 1&#176;) la condition essentielle de la victoire &#8212; l'arm&#233;e ne r&#233;siste plus et passe &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; &#224; la disposition de la r&#233;volution ; et 2&#176;) la question in&#233;vitable au lendemain de la victoire &#8212; que faire avec cette arm&#233;e ? Il serait vraiment superflu de discutailler sur les possibilit&#233;s de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ou d'autres facteurs &#233;ventuels puisque, &lt;i&gt;de toute fa&#231;on&lt;/i&gt;, on arrive aux m&#234;mes points essentiels et concrets. Ce sont &lt;i&gt;ces deux points r&#233;els qu'il faut nettement d&#233;gager du reste&lt;/i&gt; (c'est-&#224;-dire de la fa&#231;on dont l'arm&#233;e sera gagn&#233;e &#224; la r&#233;volution). Eux seuls sont certains, indiscutables. Le reste est al&#233;atoire, incertain, variable, discutable...&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034; style=&#034;padding-botton: 25px;&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;J'ai invit&#233; le lecteur &#224; retenir ces deux constatations. C'est que, pour continuer d'une fa&#231;on concr&#232;te, en pleine connaissance de cause, l'analyse du probl&#232;me de l'arm&#233;e (et, en m&#234;me temps, de la violence et de la dictature), je dois abandonner momentan&#233;ment le terrain &#171; militaire &#187; et passer &#224; la &lt;i&gt;deuxi&#232;me condition essentielle du v&#233;ritable triomphe de la r&#233;volution sociale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me condition s'impose imm&#233;diatement apr&#232;s la victoire. Elle est absolument indispensable pour assurer &lt;i&gt;la bonne continuation et l'ach&#232;vement &lt;/i&gt; de la r&#233;volution commenc&#233;e autrement dit, pour que cette derni&#232;re devienne la v&#233;ritable, la triomphale, la d&#233;finitive r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute grande r&#233;volution (1789, 1917, 1936&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par 1936, j'entends la r&#233;volution espagnole. Certains camarades pr&#233;tendent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), il existe, imm&#233;diatement apr&#232;s la premi&#232;re victoire, une p&#233;riode exceptionnelle (dans la soci&#233;t&#233; actuelle), &#224; peine croyable, &#233;blouissante &#224; un tel point que, g&#233;n&#233;ralement, les millions de gens qui, pourtant, la vivent, en restent comme aveugl&#233;s et n'en parlent plus jamais, apr&#232;s l'avoir v&#233;cue. Comme s'ils ne s'en &#233;taient pas aper&#231;u... Comme si la trop vive lumi&#232;re de ces jours extraordinaires avait l&#233;s&#233; ou br&#251;l&#233; leur m&#233;moire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cependant, cette p&#233;riode est, au fond, tr&#232;s simple, tr&#232;s normale. (C'est, peut-&#234;tre, pour cela qu'on ne l'appr&#233;cie pas assez). Et surtout, elle est&lt;i&gt; le vrai nerf, l'&#226;me m&#234;me de la r&#233;volution sociale.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de la p&#233;riode qui &#8212; je viens de le dire succ&#232;de imm&#233;diatement &#224; la premi&#232;re victoire de la r&#233;volution et o&#249; la libert&#233; du peuple est &lt;i&gt;enti&#232;re&lt;/i&gt;. Toute force coercitive de l'&#201;tat &#8212; gouvernement, arm&#233;e &#224; son service, police, magistrature, etc. &#8212; s'&#233;tant effondr&#233;e, toute violence ayant cess&#233;, le peuple travailleur, l'immense majorit&#233; de la population, se sent, enfin, libre de tous ses mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de l&lt;i&gt;a p&#233;riode de la Libert&#233;. &lt;/i&gt; Ce sont ces jours, ces semaines, parfois ces mois magnifiques o&#249; les masses laborieuses ne voient plus aucun obstacle se dresser devant leur libre activit&#233;. Les travailleurs peuvent, enfin, respirer &#224; pleins poumons l'air pur de la libert&#233; humaine parfaite, sans menace, sans danger, sans contrainte du ma&#238;tre. Leurs cha&#238;nes sont tomb&#233;es. Les rues, les places, les routes, les champs, les usines, les &#233;difices publics, sont &#224; eux. Tout est &#224; eux. lis n'ont qu'&#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En examinant r&#233;trospectivement les grandes r&#233;volutions, les historiens y trouvent tout ce qu'ils veulent : les uns en relatent les faits &#171; objectivement &#187;, presque sans commentaires ; d'autres, des sympathisants, en &#233;num&#232;rent les conqu&#234;tes et mesurent le progr&#232;s r&#233;alis&#233; ; d'autres encore, hostiles, en &#233;voquent &#171; avec horreur &#187; les exc&#232;s, les &#171; atrocit&#233;s &#187; ; certains se mettent &#224; philosopher et cherchent &#224; &#233;tablir les &#171; lois immuables des r&#233;volutions &#187; : bond exag&#233;r&#233; en avant, incapacit&#233; constructive, recul...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#8212; chose &#233;trange ! &#8212; jamais on ne souligne assez cette toute premi&#232;re et lumineuse conqu&#234;te de toute r&#233;volution, conqu&#234;te indispensable &#224; sa continuation, &#224; son d&#233;veloppement :&lt;i&gt; la pleine libert&#233; d'action sociale des masses.&lt;/i&gt; Et pourtant, c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; le ph&#233;nom&#232;ne le plus remarquable, le plus grandiose de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On cite, on glorifie d'autres conqu&#234;tes, d'ordre mat&#233;riel ou politique. On s'enthousiasme sur certains avantages imm&#233;diats, acquis par les masses laborieuses : d&#233;mocratisation ou m&#234;me &#171; prol&#233;tarisation &#187; des pouvoirs ; augmentation des salaires ; diminution des heures de travail ; r&#233;organisation de la production ; essais de collectivisation, etc. Mais on omet de sp&#233;cifier que toutes ces conqu&#234;tes peuvent &#234;tre d&#233;figur&#233;es, retir&#233;es, bris&#233;es, supprim&#233;es un jour (voir, entre autres, la r&#233;volution russe) &lt;i&gt;si, pour une raison quelconque, la libert&#233; est de nouveau abolie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quelle libert&#233;, exactement, s'agit-il ? Car (et c'est encore un ph&#233;nom&#232;ne curieux) nombreux sont ceux qui ne comprennent pas &#8212; ou ne veulent pas comprendre &#8212; la vraie pens&#233;e anarchiste. On nous reproche de pr&#234;cher utopiquement et d&#233;magogiquement la libert&#233; &#171; absolue &#187; ou, encore, &#171; la libert&#233; pour chacun de faire tout ce qu'il veut &#187;... Et on nous assure que la premi&#232;re est irr&#233;alisable (&#171; il n'y a pas de libert&#233; absolue &#187;) et la seconde, insens&#233;e. D'accord, mais... nous ne pr&#234;chons ni l'une ni l'autre. Notre id&#233;e est (surtout &#224; l'heure actuelle) tout &#224; fait normale et tr&#232;s simple. Il s'agit, pour tous ceux qui travaillent, d'avoir &#224; leur disposition tout ce qu'il leur faut pour leur travail : la terre, les machines, les usines, etc., et de pouvoir organiser un travail sain, humain, comme ils l'entendront. Et, pour atteindre ce but, les travailleurs doivent avoir, avant tout, la libert&#233; enti&#232;re de &lt;i&gt;chercher &lt;/i&gt; (de se concerter, de discuter, d'&#233;couter tout conseil, etc.), &lt;i&gt;d'essayer &lt;/i&gt; (de prendre telle ou telle voie, de suivre tel ou tel conseil, d'employer tel ou tel moyen, etc.), de &lt;i&gt;s'organiser &lt;/i&gt; comme bon leur semblera et d'agir : de d&#233;truire, de construire, de faire, de d&#233;faire, de refaire, de se tromper et de corriger l'erreur, etc., sans aucune entrave, intervention hostile, opposition ou imposture. C'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serait-ce irr&#233;alisable ? Allons donc !... Ceux qui croient sinc&#232;rement que les masses laborieuses n'arriveraient pas &#224; s'en tirer seules, n'auront qu'&#224; les aider, tous, d'une fa&#231;on d&#233;sint&#233;ress&#233;e. Les masses en r&#233;volution accueillent toujours avec enthousiasme toute aide d&#233;sint&#233;ress&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, c'est&lt;i&gt; cette libert&#233;, pr&#233;cis&#233;ment&lt;/i&gt;, que les masses conqui&#232;rent toujours, en premier lieu, dans toute grande r&#233;volution. Sans soldats (l'arm&#233;e ne s'oppose plus &#224; la r&#233;volution), le gouvernement n'existe pas ; sans soldats ni gouvernement, la bourgeoisie n'a plus de pouvoir. Sans soldats, sans gouvernement et sans bourgeoisie au pouvoir, les &#034;capitaux&#034; (terres, machines, usines, etc.) peuvent, facilement et normalement, &#234;tre mis en exploitation par les travailleurs organis&#233;s, apr&#232;s une p&#233;riode de recherches, d'efforts et d'essais. La libert&#233; du lendemain de la r&#233;volution consiste, pr&#233;cis&#233;ment, en ce que toute cette activit&#233; devient &lt;i&gt;possible&lt;/i&gt;. Quelle p&#233;riode magnifique, sublime, de la vraie libert&#233; humaine !...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(A suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par 1936, j'entends la r&#233;volution espagnole. Certains camarades pr&#233;tendent aujourd'hui qu'en 1936, il n'y a pas eu r&#233;volution en Espagne : il y a eu guerre. On peut pr&#233;tendre que la r&#233;volution de juillet 1936, provoqu&#233;e par le putsch fasciste, ait d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e en une guerre. Mais on ne peut nier qu'une partie de l'Espagne a commenc&#233;, en juillet 1936, une tr&#232;s belle, tr&#232;s profonde et tr&#232;s puissante r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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