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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Luttes syndicales aux USA : la bataille de Homestead (1892)</title>
		<link>https://partage-noir.fr/luttes-syndicales-aux-usa-la-bataille-de-homestead-1892</link>
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		<dc:date>2023-05-31T23:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Susan Asch</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>IWW</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre de S&#233;cession des ann&#233;es 1860-65 aux &#201;tats-Unis, l'abolition de l'esclavage sur les plantations du Sud est acquise. Durant les d&#233;cennies qui suivent, l'industrialisation des &#201;tats du Nord se poursuit &#224; un rythme vertigineux gr&#226;ce aux avanc&#233;es techniques de la r&#233;volution industrielle, mais surtout, en raison de la surexploitation d'une main-d'&#339;uvre corv&#233;able travaillant g&#233;n&#233;ralement douze heures par jour, sept jours par semaine. Tandis qu'une poign&#233;e de millionnai&#173;res, tels Rockefeller, Morgan et Carnegie, r&#232;gnent sur des empires industriels et financiers, les ouvriers qualifi&#233;s s'organisent en syndicats. Voici le r&#233;cit d'un de ces grands combats de la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Il se d&#233;roule dans un petit bourg, non loin de Pittsburgh, en Pennsylvanie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-gavroche-no4-5-juin-septembre-1982-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;4/5 - Juin-Septembre 1982&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-etats-unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1397-d5819.jpg?1774794339' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre de S&#233;cession des ann&#233;es 1860-65 aux &#201;tats-Unis, l'abolition de l'esclavage sur les plantations du Sud est acquise. Durant les d&#233;cennies qui suivent, l'industrialisation des &#201;tats du Nord se poursuit &#224; un rythme vertigineux gr&#226;ce aux avanc&#233;es techniques de la r&#233;volution industrielle, mais surtout, en raison de la surexploitation d'une main-d'&#339;uvre corv&#233;able travaillant g&#233;n&#233;ralement douze heures par jour, sept jours par semaine. Tandis qu'une poign&#233;e de millionnai&#173;res, tels Rockefeller, Morgan et Carnegie, r&#232;gnent sur des empires industriels et financiers, les ouvriers qualifi&#233;s s'organisent en syndicats. Voici le r&#233;cit d'un de ces grands combats de la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Il se d&#233;roule dans un petit bourg, non loin de Pittsburgh, en Pennsylvanie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Devant l'aci&#233;rie de Homestead, &#224; l'aube d'une journ&#233;e d'&#233;t&#233;, en 1892, s'affrontent la branche locale du Syndicat de l'American Federation of Labor (AFL) et le Trust Carnegie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pas de syndicalistes dans l'aci&#233;&#173;rie !&lt;/q&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 5 juillet 1892, 300 pinkertons&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Membres d'une milice priv&#233;e engag&#233;e par les patrons (l'agence Pinkerton, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#224; la solde du Trust Car&#173;negie se cachent au fond des cales de deux immenses barges. Ils se diri&#173;gent dans la p&#233;nombre vers les quais de l'aci&#233;rie de Homestead. Le direc&#173;teur de l'entreprise, Henry Clay Frick, les avait embauch&#233;s afin de briser la gr&#232;ve des 800 ouvriers qualifi&#233;s affi&#173;li&#233;s au syndicat AFL. Les 3 000 autres ouvriers de l'aci&#233;rie, &#233;tant des immi&#173;gr&#233;s r&#233;cents, venus de l'Europe cen&#173;trale, n'ayant pas les qualifications requises pour adh&#233;rer au syndicat, ne font pas gr&#232;ve, mais soutiennent leurs camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coiff&#233;s d'un chapeau rabattu, v&#234;tus d'une chemise &#224; boutons m&#233;talli&#173;ques, d'un pantalon bleu fonc&#233; ray&#233; sur les c&#244;t&#233;s, ces milices patronales se recrutaient parmi les ch&#244;meurs, les anciens combattants de la guerre de S&#233;cession, les policiers ou les d&#233;linquants, transform&#233;s en briseurs de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les barges s'appro&#173;chaient de l'aci&#233;rie de Homestead, les ouvriers s'appr&#234;taient &#224; les recevoir. Mais ils ne pouvaient pas savoir que leur sort avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; au mois d'avril 1892, lorsque le grand patron Andrew Carnegie avait laiss&#233; des ins&#173;tructions &#224; Henry Clay Frick &#224; la veille de son d&#233;part en cong&#233; annuel vers son &#201;cosse natale. Les instructions &#233;taient claires : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#201;tant donn&#233; que la grande majorit&#233; de nos employ&#233;s n'appartiennent pas au syndicat, nous avons d&#233;cid&#233; que la minorit&#233; doit se plier &#224; la majorit&#233;. L'aci&#233;rie ne doit pas abriter de syndicalistes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction avait mal accept&#233; l'ac&#173;cord conclu trois ann&#233;es auparavant et qui devait expirer le 30 juin. Les syndicalistes y avaient gagn&#233; la jour&#173;n&#233;e de huit heures, ainsi que des salaires variant de 35 &#224; 70 dollars par semaine. L'accord conclu ne concer&#173;nait pas les ouvriers non-syndiqu&#233;s, si bien que les ouvriers non-qualifi&#233;s de l'aci&#233;rie de Homestead devaient tou&#173;jours travailler douze heures par jour, sept jours par semaine, six mois pen&#173;dant la journ&#233;e, six mois la nuit. Ils ne gagnaient que 14 cents de l'heure, ce qui leur faisait environ 10 dollars par semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'expiration du contrat, Frick vou&#173;lait revenir &#224; la situation ant&#233;rieure : la journ&#233;e de douze heures pour tous, ainsi qu'une r&#233;duction des salaires. Il s'agissait de garantir la rentabilit&#233; des capitaux face &#224; la concurrence des autres aci&#233;ries non syndicalis&#233;es de la r&#233;gion, o&#249; les co&#251;ts de production &#233;taient moindres. Il insistait pour que le syndicat accepte ses conditions avant le 24 juin. Entre-temps, il avait fait construire autour de l'aci&#233;rie un mur long de 5 km, surmont&#233; de fils de fer barbel&#233;s. Il avait pris &#233;galement contact avec l'agence Pinkerton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 23 juin, Frick rencontra les syndi&#173;calistes. Le syndicat avait l'intention de demander une augmentation de salaires, mais Frick annon&#231;a une r&#233;duction, en raison de la concurren&#173;ce. &#192; la fin de la journ&#233;e, Frick avait conc&#233;d&#233; un maximum de 23 dollars par tonne, au lieu des 22 qu'il avait initialement pr&#233;vus. Les syndicalistes &#233;taient pr&#234;ts &#224; descendre &#224; 24, par rapport au prix en vigueur de 25. Ce d&#233;saccord devait servir de pr&#233;texte pour rompre les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juin, Frick fermait deux ateliers importants de l'aci&#233;rie : la fabri&#173;cation des plaques de blindage et le haut-fourneau. Des centaines d'ou&#173;vriers se retrouvaient lock-out&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Treize heures d'affrontement avec les milices priv&#233;es&lt;/q&gt;&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/homestead_riot_harpers_3c26046v.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/homestead_riot_harpers_3c26046v-b552c-8be54.png?1774794340' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Des agents Pinkerton apr&#232;s leur reddition pendant la gr&#232;ve de Homestead.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La nuit du 5 juillet 1892, tous les ouvriers syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s, qualifi&#233;s et non-qualifi&#233;s, am&#233;ricains n&#233;s et immigr&#233;s, se rassembl&#232;rent devant la &#171; forteresse Frick &#187; et vot&#232;&#173;rent la gr&#232;ve. La foule en col&#232;re pendit l'effigie du patron et celle du contre&#173;ma&#238;tre, &#224; la lueur des lampes, aux cris de &#171; justice ! &#187;. En riposte, le licencie&#173;ment des gr&#233;vistes fut aussit&#244;t annon&#173;c&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube du 6 juillet 1892, le piquet de gr&#232;ve attendait de pied ferme les &#171; pinkertons &#187;. La foule mena&#231;ante essaya sans succ&#232;s de les convaincre de faire demi-tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;l&#233;e qui s'ensuivit, des coups de feu claqu&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bataille dura treize heures. Cha&#173;que fois que les &#171; pinkertons &#187; es&#173;sayaient de d&#233;barquer, ils &#233;taient repouss&#233;s par les ouvriers. Coups de fusils, de revolvers, vol&#233;es de pierres et cris stridents remplirent l'air, du petit matin jusqu'&#224; la fin de l'apr&#232;s-&#173;midi. Le sang coula des deux c&#244;t&#233;s avant que, s'avouant vaincus, les &#171; pinkertons &#187; hissent le drapeau blanc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;134&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/homestead-strike-zinn-education-project.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH269/homestead-strike-zinn-education-project-e26ac.jpg?1774794340' width='500' height='269' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Des gr&#233;vistes tirent, &#224; l'aide d'un canon et de feux d'artifice rest&#233;s des c&#233;l&#233;brations du 4 juillet, sur les barges des pinkertons.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers avaient gagn&#233; une pre&#173;mi&#232;re bataille, mais &#224; quel prix ! Offi&#173;ciellement, on d&#233;nombrait plus de soixante bless&#233;s et seize morts : sept &#171; pinkertons &#187; et neuf gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les &#171; pinkertons &#187; traver&#173;saient Homestead, d&#233;sarm&#233;s par les gr&#233;vistes auxquels ils s'&#233;taient ren&#173;dus, la foule en col&#232;re d&#233;borda le service d'ordre syndical. Hommes, femmes et enfants se jet&#232;rent sur les prisonniers, les insultant et les rouant de coups. Dans l'opinion publique, les avis &#233;taient ainsi partag&#233;s ; tandis qu'un pasteur protestant de Boston exultait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les ouvriers ont rencontr&#233; et vaincu les mercenaires du Capital, et nous remercions Dieu pour leur victoire&lt;/q&gt;, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; du len&#173;demain publiait dans son &#233;ditorial &#171; Effusion de sang &#224; Homestead &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Aucun &#201;tat ne peut permettre &#224; ses citoyens de se rendre justice eux-&#173;m&#234;mes... seraient-ils en &#233;tat de l&#233;gi&#173;time d&#233;fense.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;center&gt; &lt;strong&gt;&#171; Papa a &#233;t&#233; tu&#233; par les hommes de Pinkerton &#187; &lt;/strong&gt; &lt;br&gt;
Homestead, Pennsylvanie (1892) &lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Il n'y a pas tr&#232;s longtemps dans une ville de Pennsylvanie &lt;br class='autobr' /&gt;
Les hommes firent gr&#232;ve pour s'opposer &#224; une r&#233;duction de paye &lt;br class='autobr' /&gt;
Leur employeur millionnaire, par un geste philanthropique, &lt;br class='autobr' /&gt;
Les a lock-out&#233;s de l'aci&#233;rie, jusqu'&#224; ce qu'ils ob&#233;issent, affam&#233;s, &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils combattaient pour le droit de vivre l&#224; o&#249; leur travail &#233;tait si dur&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais avant la tomb&#233;e de la nuit, certains furent abattus, &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, ce sort triste et amer endeuille les c&#339;urs en pleurs, &lt;br class='autobr' /&gt;
Que Dieu leur vienne en secours pour surmonter ce coup dur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Que Dieu les aide ce soir &#224; l'heure de leur malheur &lt;br class='autobr' /&gt;
En pri&#232;res pour celui qu'ils ne reverront plus &lt;br class='autobr' /&gt;
Ecoute les plaintes mornes des pauvres orphelins &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Papa a &#233;t&#233; tu&#233; par les hommes de Pinkerton &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous, les politiciens bavards, qui vantez les cr&#233;dos de la propri&#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Partez &#224; Homestead et taisez les larmes des orphelins &lt;br class='autobr' /&gt;
En prot&#233;geant le riche, vous encouragez son avarice, &lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que ses ouvriers, c'est comme des b&#234;tes qu'ils meurent &lt;br class='autobr' /&gt;
La libert&#233; de la cit&#233; &#233;cossaise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carnegie et Pinkerton sont d'origine &#233;cossaise.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; au lointain &lt;br class='autobr' /&gt;
Est assur&#233;e au millionnaire mondain &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais alors qu'en Am&#233;rique libre ses droits sont prot&#233;g&#233;s &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses ouvriers n'ont que la libert&#233; de crever.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refrain &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Que Dieu les aide ce soir... &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quant au patronat, le directeur des aci&#233;ries, Frick, d&#233;clara &#224; la presse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette &#233;meute tranche d&#233;finitivement une question, &#224; savoir que l'aci&#233;rie de Homestead ne reconna&#238;tra jamais plus aucun syndicat.&lt;/q&gt; &#192; l'annonce de cette menace, le monde syndical am&#233;&#173;ricain manifesta son soutien aux gr&#233;&#173;vistes lock-out&#233;s. Des centaines de t&#233;l&#233;grammes de soutien furent exp&#233;&#173;di&#233;s. &#192; Pittsburgh, on demanda au conseil municipal de rejeter un don de la fondation Carnegie, destin&#233; &#224; construire une biblioth&#232;que publique, puisque le million de dollars ainsi offert serait tach&#233; du sang des ouvriers de Homestead.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Washington, les s&#233;nateurs d&#233;non&#173;c&#232;rent l'emploi des milices priv&#233;es arm&#233;es, mais au si&#232;ge du gouverne&#173;ment de l'&#201;tat de Pennsylvanie, le gouverneur Robert E. Pattison d&#233;cida qu'il fallait &#224; tout prix r&#233;tablir l'ordre. Le 10 juillet, il envoya 8 000 hommes de la garde nationale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que l'Italie est belle !&lt;/q&gt; (Carnegie) &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de Homestead par la garde nationale dura cinq mois, au cours desquels Frick remit l'aci&#233;rie en marche &#224; l'aide des &#171; scabs &#187; (les jau&#173;nes), dont la garde nationale prot&#233;&#173;geait le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 juillet, le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; d&#233;crivait ainsi la situation : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La ville est compl&#232;tement investie... il n'y a pas un centim&#232;tre carr&#233; qui ne soit pas prot&#233;g&#233; par l'artillerie ou l'infanterie. Sur la colline donnant sur l'aci&#233;rie, il y a un poste de garde &#224; partir duquel les sentinelles et les &#233;claireurs font leurs patrouilles. Chaque soldat porte un fusil charg&#233;. Autour de leurs mains, ils portent des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;poings am&#233;ricains&lt;/q&gt;. Aujourd'hui, des hommes n'apparte&#173;nant pas au syndicat ont p&#233;n&#233;tr&#233;s subrepticement &#224; l'int&#233;rieur de l'aci&#233;&#173;rie, deux par deux, sous la protection des soldats. Le soir, les tireurs d'&#233;lite sont post&#233;s juste au-dessus des loge&#173;ments des ouvriers immigr&#233;s les plus compromis...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de l'&#233;tat de si&#232;ge, il n'y avait qu'une centaine de jaunes dans l'aci&#233;rie. Ils avaient &#233;t&#233; embauch&#233;s parmi des ch&#244;meurs non-syndicalis&#173;tes et avaient &#233;t&#233; oblig&#233;s de signer des &#171; yellow dog contracts &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#171; yellow dog contract &#187; (litt&#233;ralement un contrat de chien jaune) &#233;tait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour briser l'unit&#233; des gr&#233;vistes, Frick afficha une notice disant qu'il accepterait d'em&#173;baucher les ouvriers qui en feraient la demande avant le 21 juillet. Mais les gr&#233;vistes tenaient toujours ferme. D'autres gr&#232;ves de solidarit&#233; &#233;clat&#232;&#173;rent parmi les autres aci&#233;ries du Trust Carnegie : une semaine de gr&#232;ve &#224; Duquesne, quatre mois &#224; Beaver Falls. Ce qui n'emp&#234;cha pas les jaunes d'af&#173;fluer &#224; Homestead, puisqu'il y en eut presque 2 000. Les gr&#233;vistes furent expuls&#233;s de leurs logements de fonc&#173;tion. Les recours en justice, tr&#232;s co&#251;&#173;teux, n'aboutirent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#233;nement inattendu d&#233;tourna l'attention de l'opinion publique. Le 23 juillet, un anarchiste, Alexander Berk&#173;man, tenta d'assassiner le directeur Frick. Il surgit dans son bureau, tira deux coups de feu et le poignarda avec une lime. La presse se d&#233;cha&#238;na, assimilant syndicalisme et &#171; terrorisme &#187;. Le 25 juillet, l'&#233;ditorial du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, &#171; Travail et Anarchie &#187;, soutenait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) quoi que les gr&#233;vistes de Homestead ne puissent en aucun cas &#234;tre tenu responsables de l'acte commis par un anarchiste irresponsa&#173;ble &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[Berkman]&lt;/span&gt;, ils avaient tout de m&#234;me encourag&#233; indirectement cer&#173;taines conceptions anarchistes dont un tel acte est souvent la cons&#233;quen&#173;ce... Lorsqu'ils s'&#233;taient heurt&#233;s &#224; la milice de Pinkerton, tirant pour emp&#234;&#173;cher le d&#233;barquement, ils avaient donn&#233; un exemple de violence (!) contraire &#224; la loi . (...) Il ne s'agit pas de savoir si les revendications &#233;taient justes, ou bien si l'entreprise avait eu raison de recourir &#224; la milice, mais au contraire, il faut se demander si une entreprise peut g&#233;rer ses affaires librement et si la libert&#233; des travail&#173;leurs non gr&#233;vistes &#233;tait respect&#233;e. Autrement dit, si (...) les droits indivi&#173;duels garantis par la loi seraient res&#173;pect&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1ghkkkhg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH398/sans_titre-1ghkkkhg-b2674-00dfa.jpg?1774794340' width='500' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Alexandre Berkman tente d'ex&#233;cuter Frick pour venger les ouvriers assassin&#233;s. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le directeur convalescent tira parti du soutien que lui apportait la presse. Frick redoubla ses avertissements au syndicat, d&#233;clarant publiquement qu'il ne le reconna&#238;trait jamais, quoi qu'il advienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, l'AFL avait col&#173;lect&#233; 11 000 dollars pour secourir les gr&#233;vistes. Un syndicat concurrent, les &#171; Knights of Labor &#187; (Chevaliers du Travail), distribuait des tracts et envoyait les b&#233;n&#233;fices des &#171; pique&#173;-niques &#187; de solidarit&#233;, organis&#233;s au profit des habitants de Homestead. Des commer&#231;ants de Pittsburgh fournirent nourriture et v&#234;tements gratis. Les &#201;glises protestantes &#233;taient divi&#173;s&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;R&#201;VOLUTION INDUSTRIELLE ET SELF MADE MEN &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la seconde moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'Am&#233;rique agricole et rurale devient l'Am&#233;rique industrielle et urbaine. De 1876 &#224; 1898, les exportations des pro&#173;duits manufactur&#233;s et agro-alimentai&#173;res vers l'Europe augmentent &#224; un rythme soutenu jusqu'&#224; ce qu'ils d&#233;passent le niveau des importations. L'essor industriel des grandes villes du Nord est favoris&#233; par l'abondance des mati&#232;res premi&#232;res, l'acc&#232;s facile aux moyens de transports fluvial et ferro&#173;viaire, la proximit&#233; des ressources hydro-&#233;lectriques, ainsi que la possibi&#173;lit&#233; d'embaucher de la main-d'&#339;uvre &#224; bon march&#233; constamment renouvel&#233;e par l'arriv&#233;e massive des immigr&#233;s europ&#233;ens. De 1880 &#224; 1890, il y a effec&#173;tivement 5 millions d'immigr&#233;s (pour 50 millions d'habitants environ), qui arrivent d'Europe centrale et m&#233;ridio&#173;nale, ce qui repr&#233;sente un accroisse&#173;ment de la population immigr&#233;e de 43% pendant la d&#233;cennie en question. A partir de 1893, la balance commerciale des &#201;tats-Unis vis-&#224;-vis de l'Europe pr&#233;sente un solde positif.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/andrew_carnegie__three-quarter_length_portrait__seated__facing_slightly_left__1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH175/andrew_carnegie__three-quarter_length_portrait__seated__facing_slightly_left__1913-c98da-b61d7.jpg?1774794340' width='150' height='175' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'acier et le fer, la production quadruple au cours du der&#173;nier quart du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Le principal b&#233;n&#233;ficiaire de ce boom spectaculaire est l'homme d'affaires &#233;cossais An&#173;drew Carnegie. Sa famille s'&#233;tait instal&#173;l&#233;e &#224; Pittsburgh, o&#249; il fit tous les m&#233;tiers : gar&#231;on de bobinoir, coursier, op&#233;rateur t&#233;l&#233;graphiste, puis supervi&#173;seur de chemin de fer. Au cours de la guerre civile, il est charg&#233; de l'organisa&#173;tion du t&#233;l&#233;graphe militaire pour les troupes du Nord. Il parvient &#224; s'immis&#173;cer dans le monde des affaires par le biais des achats en bourse. &#192; partir de 1873, il d&#233;veloppe ses aci&#233;ries gr&#226;ce aux tarifs protectionnistes en vigueur, et au monopole qu'il d&#233;tient sur les mati&#232;res premi&#232;res locales. Il fera for&#173;tune pendant les ann&#233;es quatre-vingt&#173;-dix, produisant 25 &#224; 30 % de l'acier am&#233;ricain. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1901, il c&#232;de son entreprise &#224; l'US Steel du banquier J.P. Morgan pour 250 millions de dollars, (soit envi&#173;ron 1,5 milliard de francs-or), pour se consacrer enti&#232;rement au m&#233;c&#233;nat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dent la gr&#232;ve de Homestead, cette aci&#233;rie de Carne&#173;gie produisit &#224; peu pr&#232;s 4 millions de dollars de b&#233;n&#233;fices nets. N&#233;anmoins, de telles fortunes ne sont pas rares : 71 % de la richesse am&#233;ricaine sont d&#233;te&#173;nus par 9 % des Am&#233;ricains en 1893, selon le bureau de recensement f&#233;d&#233;&#173;ral.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'approche de l'hiver, 300 gr&#233;vis&#173;tes avaient accept&#233; les conditions de Frick ; les autres n'en pouvaient plus. Apr&#232;s cinq mois de gr&#232;ve, les ouvriers immigr&#233;s non-qualifi&#233;s d&#233;cid&#232;rent de reprendre le travail. Quelques jours plus tard, les syndicalistes abandon&#173;n&#232;rent la lutte. Le 20 novembre 1892, la gr&#232;ve bris&#233;e, l'&#233;tat de si&#232;ge fut lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, Frick envoya &#224; Carne&#173;gie un t&#233;l&#233;gramme dans lequel il ren&#173;dait compte de sa victoire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;sc&gt;GR&#200;VE OFFICIELLEMENT TERMIN&#201;E HIER. NOTRE VICTOIRE D&#201;SORMAIS COMPL&#200;TE ET ASSEZ SATISFAISANTE. NE PENSONS PLUS VOIR DE TELS PROBL&#200;MES SE REPRODUIRE. NOUS AVIONS &#192; DON&#173;NER UNE LE&#199;ON &#192; NOS EMPLOY&#201;S ET NOUS LEUR EN AVONS DONN&#201; UNE QU'ILS N'OUBLIERONT JAMAIS.&lt;/sc&gt; &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De sa r&#233;sidence italienne, Carnegie r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;sc&gt;F&#201;LICITATONS &#192; TOUS. LA VIE REPREND DE NOUVEAU. QUE L'ITALIE EST BELLE !&lt;/sc&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que l'aci&#233;rie de Homestead &#233;tait remise en marche, Frick faisait ses comptes. En d&#233;pit de la gr&#232;ve, il comptabilisa 4 millions de dollars de b&#233;n&#233;fices nets. Des espions de l'a&#173;gence de Pinkerton travaillaient d&#233;&#173;sormais en permanence dans l'en&#173;ceinte de l'aci&#233;rie. La journ&#233;e de douze heures, sept jours par semaine, &#233;tait r&#233;instaur&#233;e. Les tarifs horaires &#233;taient r&#233;duits, le syndicat interdit. Tout ouvrier soup&#231;onn&#233; de syndica&#173;lisme &#233;tait licenci&#233; sur-le-champ. La plupart des gr&#233;vistes ne retrouv&#232;rent jamais leurs emplois &#8212;ni &#224; Homes&#173;tead, ni ailleurs. Ils furent inscrits sur la liste noire. Le syndicat perdit la moiti&#233; de ses adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres aci&#233;ries suivirent l'exem&#173;ple de Carnegie et refus&#232;rent de n&#233;go&#173;cier avec le syndicat. La m&#233;canisation des aci&#233;ries, des techniques moder&#173;nes permirent au Trust de remplacer les ouvriers qualifi&#233;s par des non-&#173;qualifi&#233;s, moins chers, donc plus ren&#173;tables. Lorsque quelques ann&#233;es plus tard, Charles M. Schwab acc&#233;da &#224; la direction des aci&#233;ries Carnegie, il confia : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis ce jour-l&#224; (la fin de la gr&#232;ve de Homestead), je n'ai jamais tol&#233;r&#233; de syndicat dans mes aci&#233;ries. Nous formons nos propres syndicats. Nous organisons des groupes de 300 hommes et leurs repr&#233;sentants se r&#233;unissent chaque semaine... Nous discutons avec eux, mais nous ne votons jamais. Je ne me mettrais jamais dans une position o&#249; les tra&#173;vailleurs donneraient des ordres &#224; la direction.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#233;vistes avaient perdu la bataille de Homestead ; 60 % des ouvriers, qualifi&#233;s ou non, quitt&#232;rent leurs mis&#233;rables taudis. Et pourtant, ils avaient fait une exp&#233;rience d'une valeur inestimable qui allait marquer l'histoire des luttes syndicales &#224; tra&#173;vers les &#201;tats-Unis. Eug&#232;ne V. Debs, fondateur du syndicat lndustrial Wor&#173;kers of the World (IWW)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat le plus radical, pr&#244;nant la lutte des classes. Debs &#233;tait l'un des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; en 1905, tira une le&#231;on des &#233;v&#233;nements, &#233;crivant qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;elle &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[la bataille de Homestead]&lt;/span&gt; avait permis de rendre solidaires les ouvriers et qu'elle devait &#233;veiller tous les travailleurs am&#233;ricains au sens des dangers dont ils &#233;taient menac&#233;s&lt;/q&gt;. En fondant l'IWW, il se proposait de r&#233;unir, dans une m&#234;me organisation, les ouvriers qualifi&#233;s et non qualifi&#233;s, citoyens et immigr&#233;s, afin &#171; d'abattre le capital &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;LES SYNDICATS AM&#201;RICAINS &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les syndicats aux &#201;tats-Unis n'avaient aucun statut l&#233;gal. Ils &#233;taient assimil&#233;s &#224; des &#171; conspirations crimi&#173;nelles relevant du droit commun &#187;. En 1842, les cordonniers de Boston avaient &#233;t&#233; condamn&#233;s par les tribu&#173;naux, parce qu'ils avaient voulu faire reconna&#238;tre le syndicat de la fabrique par leur employeur. Ce n'est qu'&#224; partir de 1866 que les syndicats s'organisent &#224; d&#233;couvert. La premi&#232;re revendication du National Labor Union, fond&#233; par William Sylvis en 1866 (affili&#233; &#224; la Pre&#173;mi&#232;re Internationale), fut la journ&#233;e de huit heures. En 1877, les grandes gr&#232;&#173;ves des cheminots aboutissent &#224; une insurrection qu'on surnomma &#171; la pe&#173;tite Commune de Paris &#187;, mais l'inter&#173;vention de la Garde Nationale de Penn&#173;sylvanie mit fin &#224; deux jours d'&#233;meu&#173;tes. En 1878, le premier syndicat natio&#173;nal s'organisa par industrie. Ce sont les Knights of Labor (Chevaliers du Travail) d'inspiration libertaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'American Federation of Labor (AFL) fut fond&#233;e en 1886. Elle se d&#233;ve&#173;loppa parmi les corps de m&#233;tiers, puis&#173;qu'elle insistait sur l'autonomie de cha&#173;que section locale. Elle exigeait une cotisation de chacun de ses membres pour financer les gr&#232;ves. Les syndicats de la m&#233;tallurgie repr&#233;sentaient ainsi 24 000 ouvriers qualifi&#233;s en 1891 et ils comptaient parmi les plus puissantes de l'AFL. Ils n'accept&#232;rent des ouvriers non-qualifi&#233;s qu'en 1919. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ditorialiste du &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; tira la m&#234;me conclusion : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Capital d&#233;tient toujours un avantage &#233;norme sur le Travail... le Capital peut com&#173;penser ses pertes en augmentant la productivit&#233;, tandis que le Travail souffre de la concurrence... Le Capital n'a pas &#224; craindre que d'autres le remplacent. Jusqu'&#224; ce que le Travail devienne plus organis&#233; et solidaire, il ne pourra vaincre.&lt;/q&gt; De semblables r&#233;actions furent exprim&#233;s &#224; travers le pays et jusqu'au Congr&#232;s de Washing&#173;ton, o&#249; le s&#233;nateur d&#233;mocrate Palmer pr&#233;dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la soci&#233;t&#233; devrait fixer des limites convenables &#224; la libert&#233; d'ac&#173;tion des employeurs&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les organi&#173;sations syndicales devraient recevoir la m&#234;me protection que celle fournie au Capital&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra encore plus de trente ans pour que le droit syndical soit recon&#173;nu. Le &#171; Wagner Act &#187; de 1935, appuy&#233; par le pr&#233;sident d&#233;mocrate Roosevelt, reconna&#238;tra enfin les droits syndicaux aux travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Membres d'une milice priv&#233;e engag&#233;e par les patrons (l'agence Pinkerton, fond&#233;e par le c&#233;l&#232;bre d&#233;tective).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Carnegie et Pinkerton sont d'origine &#233;cossaise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un &#171; yellow dog contract &#187; (litt&#233;ralement un contrat de chien jaune) &#233;tait une promesse exi&#173;g&#233;e de l'ouvrier pour qu'il ne se syndique pas tant qu'il travaillerait dans l'entreprise en ques&#173;tion. Ces contrats demeur&#232;rent l&#233;gaux jusque dans les ann&#233;es 1930.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Syndicat le plus radical, pr&#244;nant la lutte des classes. Debs &#233;tait l'un des fondateurs du parti socialiste am&#233;ricain. Il fut condamn&#233; &#224; 10 ans de prison pour antimilitarisme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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