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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Ao&#251;t 1914 : Le suicide de l'Internationale</title>
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		<dc:date>2025-11-11T09:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Roux</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Conscients de l'imminence d'une guerre de grande ampleur, les diff&#233;rents mouvements ouvriers europ&#233;ens r&#233;unis dans la Deuxi&#232;me Internationale, r&#233;solument pacifistes, furent pourtant incapables, non seulement d'emp&#234;cher la Premi&#232;re Guerre mondiale, mais m&#234;me de s'y opposer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-gavroche-no147-juillet-aout-septembre-2006-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;147 - Juillet-Ao&#251;t-Septembre 2006&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1242-19a61.jpg?1774751062' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Conscients de l'imminence d'une guerre de grande ampleur, les diff&#233;rents mouvements ouvriers europ&#233;ens r&#233;unis dans la Deuxi&#232;me Internationale, r&#233;solument pacifistes, furent pourtant incapables, non seulement d'emp&#234;cher la Premi&#232;re Guerre mondiale, mais m&#234;me de s'y opposer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Premi&#232;re Guerre mondiale demeure jusqu'&#224; aujourd'hui l'&#233;v&#233;nement g&#233;opolitique majeur de l'histoire moderne. Elle a provoqu&#233; la disparition de trois empires s&#233;culaires (russe, turc, austro-hongrois), la ruine des pays bellig&#233;rants d'Europe occidentale (Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Belgique), et la d&#233;vastation de l'Europe de l'Est&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Serbie, par exemple, aurait perdu 37 % de ses mobilis&#233;s !&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les gouvernements europ&#233;ens avaient pens&#233; r&#233;gler la question du leadership entre les puissances maritimes et coloniales qu'&#233;taient la France et le Royaume-Uni d'une part, et l'Allemagne, puissance continentale montante, d'autre part. Mais une fois le dernier obus tir&#233;, c'est toute la hi&#233;rarchie mondiale qui apparut boulevers&#233;e : la guerre avait propuls&#233; les &#201;tats-Unis au rang de premi&#232;re puissance &#233;conomique et militaire, tandis que les empires coloniaux amor&#231;aient un d&#233;clin irr&#233;versible et qu'&#233;mergeait l'Empire du soleil levant. Dans le sillage du conflit apparurent les fascismes et, au terme d'une guerre civile de trois ans, l'immense &#201;tat sovi&#233;tique dont la destin&#233;e fut ensuite au c&#339;ur de tous les conflits &#224; travers la plan&#232;te pendant trois g&#233;n&#233;rations. Enfin la &#171; Grande guerre &#187; a engendr&#233; le second conflit mondial, vingt ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conflagration de 1914-1918 n'a pas seulement dynamit&#233; l'ordre international au prix de 10 millions de morts. Elle a aussi bris&#233; un r&#234;ve, celui des militants internationalistes du d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle : voir les exploit&#233;s de tous les pays s'unir pour imposer la paix, d&#233;sarmer les &#201;tats et aboutir &#224; une transformation sociale radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis socialistes membres de l'Internationale reconstitu&#233;e en 1889 partageaient un m&#234;me projet politique, du moins dans les textes. En 1896, au congr&#232;s de Londres, ils s'&#233;taient fix&#233; pour but de transformer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'ordre capitaliste de propri&#233;t&#233; et de production en un ordre socialiste de production et de propri&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;solution du Congr&#232;s de Londres en 1896. Cit&#233; par Wolfgang Abendroth, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; [...]&lt;/q&gt;. Sur le choix des moyens, l'Internationale s'&#233;tait d&#233;finitivement rang&#233;e &#224; l'avis d&#233;fendu vingt-cinq ans plus t&#244;t par Marx contre Bakounine. Les organisations adh&#233;rentes, concluait la r&#233;solution prise &#224; Londres, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;doivent admettre la participation &#224; la l&#233;gislation et au travail parlementaire. Les anarchistes sont donc exclus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt; Obtenir de l'&#201;tat une l&#233;gislation sociale et acc&#233;der au pouvoir par la voie &#233;lectorale devint la ligne de conduite du mouvement ouvrier dans tous les pays, &#224; l'exception notable de l'Espagne et de quelques poches de r&#233;sistance, principalement en France, en Italie et aux Pays-Bas&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ne mentionner que les plus importantes. Ailleurs (&#201;tats-Unis, Su&#232;de, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins de quinze ans apr&#232;s la fondation de la Deuxi&#232;me Internationale, la strat&#233;gie de prise du pouvoir par les urnes semblait sur le point de r&#233;ussir. En Allemagne, l&#224; o&#249; Karl Marx avait pr&#233;dit que se d&#233;ciderait la victoire de la classe ouvri&#232;re, le parti social-d&#233;mocrate allemand (SPD) avec plus d'un million de membres, quatre fois plus d'&#233;lecteurs (34 % des suffrages exprim&#233;s), 110 d&#233;put&#233;s au Reichstag et deux millions et demi de salari&#233;s adh&#233;rents aux syndicats sociaux-d&#233;mocrates (ADGB), pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la premi&#232;re force politique du pays. Dans tous les autres pays d'Europe occidentale, la mont&#233;e en puissance des partis socialistes l&#233;galistes et internationalistes paraissait irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la menace d'un conflit g&#233;n&#233;ralis&#233; grandissait en m&#234;me temps : armes et munitions s'accumulaient dans les arsenaux tandis que les alliances militaires contraignantes enserraient peu &#224; peu tous les &#201;tats dans un r&#233;seau inextricable d'engagements guerriers.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'INTERNATIONALE CONFUSE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie &#224; appliquer pour faire barrage &#224; la guerre devint rapidement un sujet central des congr&#232;s de la Deuxi&#232;me Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1914, la majorit&#233; des opinions publiques ne voulait pas la guerre. La perspective d'un affrontement entre le mouvement ouvrier internationalement organis&#233; et les gouvernements des &#201;tats bellicistes aurait donc pu &#234;tre consid&#233;r&#233;e par les leaders de l'Internationale comme une occasion id&#233;ale de parvenir &#224; leurs fins. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale internationale pouvait non seulement emp&#234;cher la mobilisation, mais peut-&#234;tre provoquer le grand basculement vers cette transformation sociale &#224; laquelle tous les partis socialistes pr&#233;tendaient aspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il fallait commencer par prendre le risque de l'ill&#233;galit&#233; et de la confrontation violente avec les forces &#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les programmes du mouvement ouvrier europ&#233;en depuis 1848, celui de la Deuxi&#232;me Internationale reprenait &#224; son compte la derni&#232;re phrase du Manifeste communiste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&lt;/q&gt; En th&#233;orie cela supposait que la solidarit&#233; de classe prenait le pas sur la solidarit&#233; nationale. La guerre entre &#201;tats repr&#233;sentait par cons&#233;quent le mal absolu pour le mouvement ouvrier et l'Internationale, sous peine de se renier, avait le devoir de s'y opposer de toutes ses forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la lutte contre la guerre fut abord&#233; concr&#232;tement pour la premi&#232;re fois en 1907, au congr&#232;s de Stuttgart. La d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise, soutenue par Rosa Luxemburg, proposa, en cas de mobilisation, d'appeler &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#224; l'insurrection. Devant l'opposition des repr&#233;sentants du SPD allemand, qui parlaient de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pieuse utopie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Miguel, La Grande guerre, Fayard, Paris, 1983, p. 83.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, le congr&#232;s chargea L&#233;nine, Martov et Rosa Luxemburg de r&#233;diger une r&#233;solution consensuelle. La motion vot&#233;e resta floue sur l'essentiel : les classes ouvri&#232;res et leurs repr&#233;sentants, disait-elle, devaient &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tout mettre en &#339;uvre pour emp&#234;cher, par les moyens qui leur para&#238;tront les plus efficaces, que la guerre n'&#233;clate&lt;/q&gt;. Mais quels moyens ? Ceux-ci, poursuivait le texte, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;varient naturellement selon l'acuit&#233; de la lutte des classes et la situation politique g&#233;n&#233;rale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wolfgang Abendroth, op. cit., p. 72.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat reprit aux congr&#232;s de Copenhague (1910) puis de B&#226;le (1912), sans que soit arr&#234;t&#233;e une position plus pr&#233;cise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pendant ce temps, les incidents guerriers se multiplient : crise d'Agadir en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la veille de la guerre, l'Internationale se trouvait donc toujours incapable de proposer un mot d'ordre clair &#224; ses millions de militants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA GR&#200;VE G&#201;N&#201;RALE CONDITIONNELLE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La petite fraction libertaire du mouvement ouvrier fran&#231;ais conservait en 1914 quelques bastions, notamment syndicaux. La CGT, encore fortement marqu&#233;e par le syndicalisme r&#233;volutionnaire, avait elle aussi r&#233;fl&#233;chi &#224; la fa&#231;on de s'opposer &#224; la guerre, et opt&#233; depuis 1908 pour la &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire &#187;. Les f&#233;d&#233;rations les plus influenc&#233;es par l'anarcho-syndicalisme envisageaient m&#234;me ouvertement des actions de sabotage des voies ferr&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Miguel, Ibid.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la CGT ne disposait pas de forces suffisantes pour s'engager seule dans la bataille. De plus, sa r&#233;solution de 1908 comportait une dangereuse restriction. La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;tait envisag&#233;e que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;du point de vue international&lt;/q&gt;, ce qui excluait pour un mouvement national de se lancer unilat&#233;ralement dans l'action avec l'espoir d'y entra&#238;ner les autres. Cette position revenait en outre &#224; laisser reposer toutes les responsabilit&#233;s sur les organisations ouvri&#232;res du pays le premier touch&#233; par l'ordre de mobilisation, et &#224; s'en remettre &#224; leur d&#233;termination pour affronter la r&#233;pression. Qu'elles plient devant le danger et tous les ralliements aux &#171; Unions sacr&#233;es &#187; nationales se trouveraient instantan&#233;ment l&#233;gitim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premiers jours du mois de juillet 1914, il parut &#233;vident que la politique autrichienne vis-&#224;-vis de la Serbie menait &#224; l'affrontement et que les Empires centraux d&#233;clareraient la guerre les premiers. Les partis et les syndicats ouvriers autrichien et allemand allaient donc se retrouver en premi&#232;re ligne. Cinq semaines s'&#233;coul&#232;rent entre l'attentat de Sarajevo et l'ordre de mobilisation g&#233;n&#233;rale, ce qui aurait laiss&#233; le temps &#224; l'Internationale d'organiser la riposte. Elle n'en fit rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le mouvement ouvrier allemand f&#251;t le premier &#224; devoir choisir entre la gr&#232;ve et la guerre aurait pu sembler rassurant. Non seulement le SPD, totalement h&#233;g&#233;monique au sein de la gauche, repr&#233;sentait plus du tiers des suffrages exprim&#233;s lors des derni&#232;res consultations &#233;lectorales &#8212; et l'immense majorit&#233; des votes de la classe ouvri&#232;re &#8212;, mais la puissance de son organisation en faisait un v&#233;ritable contre-pouvoir institutionnel : dans chaque grande ville allemande le parti &#233;ditait un journal et g&#233;rait, directement ou par l'interm&#233;diaire des syndicats, des coop&#233;ratives de consommation, des associations sportives, culturelles, ainsi que de multiples caisses d'entraide et des structures sociales de toutes sortes. Si la gr&#232;ve pouvait r&#233;ussir quelque part, il semblait que ce f&#251;t en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne n'aurait pourtant d&#251; s'y tromper. Si la social-d&#233;mocratie allemande n'avait jamais voulu envisager de recourir &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, c'est qu'elle en &#233;tait incapable, et depuis longtemps. Bien que le SPD ait r&#233;guli&#232;rement condamn&#233; le r&#233;formisme dans ses congr&#232;s, sa strat&#233;gie &#233;lectoraliste l'avait naturellement amen&#233;, de m&#234;me que les syndicats allemands, &#224; s'ins&#233;rer dans le syst&#232;me &#233;conomique et politique du Reich. Une bureaucratie pl&#233;thorique d'&#233;lus et de permanents salari&#233;s dont l'objectif n'&#233;tait plus d&#233;sormais de transformer la soci&#233;t&#233;, mais plut&#244;t de g&#233;rer au mieux leur rente de situation, faisait carri&#232;re dans le Parti et dans ses organisations. Ainsi, lors des grandes gr&#232;ves des mineurs, en 1889 et 1905, non seulement les syndicats avaient &#233;t&#233; compl&#232;tement d&#233;pass&#233;s par le mouvement revendicatif, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; exclus de son d&#233;clenchement, mais ils s'&#233;taient m&#234;me employ&#233;s de toutes leurs forces &#224; le freiner. Au total, la social-d&#233;mocratie avait obtenu depuis vingt ans des am&#233;liorations consid&#233;rables pour la classe ouvri&#232;re allemande, et pour son propre appareil des privil&#232;ges substantiels, mais elle s'&#233;tait par l&#224; m&#234;me ind&#233;fectiblement li&#233;e au syst&#232;me capitaliste. Elle regardait &#224; pr&#233;sent toute perspective de bouleversement de l'ordre &#233;tabli comme une menace contre ses int&#233;r&#234;ts. La revanche posthume de Bakounine avait un go&#251;t amer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VOTE UNANIME &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tandis que des manifestations pacifistes parcouraient les rues des villes d'Allemagne et d'Autriche, le gouvernement allemand tint &#224; s'assurer que les socialistes ne lui feraient pas d&#233;faut au moment crucial. Depuis des semaines, la propagande imp&#233;riale martelait que la Triple Entente, en encerclant le Reich, s'appr&#234;tait &#224; l'an&#233;antir ; que les hordes slaves d&#233;ferleraient bient&#244;t sur la plaine germanique ; que la France revancharde ne r&#234;vait que de reprendre l'Alsace-Lorraine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi portant le service militaire &#224; trois ans en France, vot&#233;e le 7 ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; que l'Angleterre n'aurait de cesse qu'elle ne soit d&#233;barrass&#233;e de la concurrence &#233;conomique de l'Allemagne... C'&#233;tait donc une guerre d&#233;fensive que l'Empire des Hohenzollern s'appr&#234;tait &#224; d&#233;clencher&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Mann lui-m&#234;me justifiera la guerre d'agression pr&#233;ventive.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Une guerre pour la survie du peuple allemand. Seuls des tra&#238;tres pouvaient imaginer de s'y opposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appareil social-d&#233;mocrate ne demandait qu'&#224; se laisser convaincre. Le 29 juillet, le chancelier Bethmann-Hollweg rencontra le dirigeant socialiste S&#252;dekum qui l'assura qu'il n'y aurait pas de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Le 31 juillet, la majorit&#233; du groupe parlementaire &#233;tait r&#233;solue &#224; voter les cr&#233;dits militaires. Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; ao&#251;t, le gouvernement allemand (comme le gouvernement fran&#231;ais) d&#233;cr&#233;ta la mobilisation g&#233;n&#233;rale. Or, chacun le savait, la mobilisation c'&#233;tait la guerre, car la r&#233;quisition des infrastructures et de l'ensemble des moyens humains et mat&#233;riels d'un pays interdisait tout retour en arri&#232;re. Le lendemain, les syndicats donn&#232;rent l'ordre de cesser les gr&#232;ves qui avaient malgr&#233; tout &#233;clat&#233; de fa&#231;on spontan&#233;e &#224; travers l'Allemagne. Le 3 ao&#251;t, le Reich d&#233;clarait la guerre &#224; la France (il l'avait d&#233;clar&#233;e &#224; la Russie l'avant-veille) et les d&#233;put&#233;s du SPD d&#233;cidaient de se rallier au gouvernement par 78 voix contre 14. La gauche du Parti rentra dans le rang le jour suivant, l'ensemble des parlementaires sociaux-d&#233;mocrates rejoignant ainsi la droite pour voter &#224; l'unanimit&#233; les cr&#233;dits de guerre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Liebknecht sera n&#233;anmoins le premier parlementaire europ&#233;en &#224; s'&#233;lever (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LE MOD&#200;LE ALLEMAND &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En France aussi les manifestations pacifistes s'&#233;taient multipli&#233;es &#224; la fin du mois de juillet. Les gendarmes avaient charg&#233; la foule dans plusieurs villes et la tension montait de jour en jour. Mais la capitulation imm&#233;diate de la social-d&#233;mocratie allemande prit totalement au d&#233;pourvu les socialistes fran&#231;ais, les pla&#231;ant de surcro&#238;t dans une situation intenable. Deux semaines plus t&#244;t, le 16 juillet, Jean Jaur&#232;s avait fait adopter par le congr&#232;s extraordinaire de la SFIO, contre Jules Guesde, une motion pr&#233;conisant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re simultan&#233;ment et internationalement organis&#233;e&lt;/q&gt;. Peine perdue, puisque le parti allemand se soumettait. Apprenant le 31 juillet que les socialistes allemands allaient voter les cr&#233;dits de guerre, Jaur&#232;s renon&#231;a &#224; la gr&#232;ve et la CGT approuva sa position. Le leader socialiste commen&#231;a aussit&#244;t &#224; r&#233;diger un appel &#224; manifester pour la paix, &#224; para&#238;tre dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; du lendemain. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Manifester, c'est bien, mais que faut-il faire si on nous ordonne de rejoindre les casernes ?&lt;/q&gt; demandaient les militants. Jaur&#232;s n'eut pas &#224; r&#233;pondre. Le soir m&#234;me il &#233;tait assassin&#233;. Deux jours plus tard la Section fran&#231;aise de l'Internationale ouvri&#232;re, consid&#233;rant que la patrie, attaqu&#233;e, se trouvait en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense, se rallia &#224; la guerre. La CGT lui embo&#238;ta le pas le 3 ao&#251;t alors que les troupes allemandes entraient en Belgique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y eut ni r&#233;volte, ni insurrections : tout juste quelques manifestations dans le nord de la France, et un petit maquis d'insoumis libertaires dans la r&#233;gion de Saint-&#201;tienne qui tiendront quelques jours avant que les gendarmes ne les capturent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Jacques Becker, cit&#233; par Pierre Miguel : La grande guerre. op. cit. p. 24.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le gouvernement attendait 300 000 d&#233;fections, on en compta 30 000 &#224; peine, des asociaux pour la plupart. L'anarchiste Louis Lecoin, qui avait appel&#233; &#224; tuer les officiers lors de la mobilisation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Maitron, Le mouvement anarchiste en France, Tome I, Librairie Fran&#231;ois (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; purgeait une peine de cinq ans de prison depuis novembre 1912. Une poign&#233;e de militants pacifistes s'enfuit en Angleterre, en Suisse ou en Espagne. Aucun train ne d&#233;railla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Internationale s'&#233;tait dissoute entre-temps sans que personne ne s'en &#233;meuve. L'internationalisme surv&#233;cut de fa&#231;on inattendue &#224; la trahison des organisations du mouvement ouvrier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les partis socialistes allemand et fran&#231;ais ne revinrent jamais sur leur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans les tranch&#233;es, de part et d'autre des premi&#232;res lignes, bien plus souvent que l'histoire officielle n'a voulu le reconna&#238;tre, les soldats fraternis&#232;rent. Ces hommes n'&#233;taient pas des militants politiques, des intellectuels, ni m&#234;me des ouvriers, mais presque toujours de simples paysans que l'absurdit&#233; de la guerre avait fini par convaincre que leurs vrais ennemis n'&#233;taient pas en face d'eux, mais derri&#232;re eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antipatriotisme des sans-grades, que des t&#233;moins comme Raymond Escholier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raymond Escholier, Le sel de la terre, Malf&#232;re, Paris, 1926.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ou Jean Norton Cru&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean-Norton Cru, T&#233;moins. Essai d'analyse et de critique des souvenirs de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ont si bien d&#233;crit, disparut apr&#232;s la &#171; victoire &#187; sous le grand voile pudique que vainqueurs et vaincus jet&#232;rent pr&#233;cipitamment sur le combat douteux qui s'&#233;tait livr&#233; dans les tranch&#233;es entre soldats et officiers. &#192; partir de 1923, les partis socialistes et les partis communistes se livr&#232;rent une lutte sans merci. L'Internationale ouvri&#232;re socialiste rassemblant les partis r&#233;formistes n'avait plus d'Internationale que le nom, la social-d&#233;mocratie limitant d&#233;sormais ses ambitions &#224; la bonne gestion du capitalisme. Quant &#224; l'Internationale communiste, vite cantonn&#233;e &#224; la d&#233;fense du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;socialisme dans un seul pays&lt;/q&gt;, elle s'illustra par une justification inconditionnelle des crimes du r&#233;gime stalinien et par la pers&#233;cution acharn&#233;e de ses d&#233;nonciateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais une organisation internationale de masse pla&#231;ant la solidarit&#233; des opprim&#233;s au-dessus des int&#233;r&#234;ts nationaux ne fut reconstitu&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Serbie, par exemple, aurait perdu 37 % de ses mobilis&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;solution du Congr&#232;s de Londres en 1896. Cit&#233; par Wolfgang Abendroth, &lt;i&gt;Histoire du mouvement ouvrier en Europe&lt;/i&gt;, [Librairie Fran&#231;ois Maspero, 1967] &#201;ditions La D&#233;couverte &amp; Syros, Paris, 2002, p. 56.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour ne mentionner que les plus importantes. Ailleurs (&#201;tats-Unis, Su&#232;de, pays d'&#233;migration espagnole...) les id&#233;es anti-autoritaires eurent parfois une influence profonde sur le mouvement ouvrier, mais nulle part, sauf en Espagne (et en Am&#233;rique latine jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 20), le mouvement libertaire ne parvint &#224; constituer des organisations de masse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Miguel, &lt;i&gt;La Grande guerre&lt;/i&gt;, Fayard, Paris, 1983, p. 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Wolfgang Abendroth, op. cit., p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pendant ce temps, les incidents guerriers se multiplient : crise d'Agadir en 1911, guerre dans les Balkans en 1912.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Miguel, Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La loi portant le service militaire &#224; trois ans en France, vot&#233;e le 7 ao&#251;t 1913 apr&#232;s une longue campagne hostile de la gauche, visait &#224; r&#233;tablir l'&#233;quilibre entre les effectifs des arm&#233;es d'active allemande (sup&#233;rieurs de 168 000 hommes) et fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Thomas Mann lui-m&#234;me justifiera la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;guerre d'agression pr&#233;ventive&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Liebknecht sera n&#233;anmoins le premier parlementaire europ&#233;en &#224; s'&#233;lever ouvertement contre la poursuite de la guerre dans sa d&#233;claration au Reichstag contre le vote des cr&#233;dits de guerre le 2 d&#233;cembre 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Jacques Becker, cit&#233; par Pierre Miguel : &lt;i&gt;La grande guerre&lt;/i&gt;. op. cit. p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Maitron, &lt;i&gt;Le mouvement anarchiste en France&lt;/i&gt;, Tome I, Librairie Fran&#231;ois Masp&#233;ro, Paris, 1975,p. 375.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les partis socialistes allemand et fran&#231;ais ne revinrent jamais sur leur position : en septembre 1915 &#224; Zimmerwald, pr&#232;s de Berne, une conf&#233;rence pour la paix rassembla des d&#233;l&#233;gu&#233;s de plusieurs pays &#224; l'appel des partis socialistes suisse et italien. Ni la SFIO ni le SPD, solidaires de leurs gouvernements respectifs, n'envoy&#232;rent de repr&#233;sentants. La CGT mandata une d&#233;l&#233;gation, emmen&#233;e par Alphonse Merrheim et Albert Bourderon pour d&#233;fendre le principe d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;paix blanche&lt;/q&gt;. Une seconde conf&#233;rence se r&#233;unit l'ann&#233;e suivante &#224; Kienthal, en pleine bataille de Verdun. Cette fois, trois d&#233;put&#233;s socialistes fran&#231;ais &#233;taient pr&#233;sents, mais sans l'aval de leur parti.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Raymond Escholier, &lt;i&gt;Le sel de la terre&lt;/i&gt;, Malf&#232;re, Paris, 1926.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean-Norton Cru, &lt;i&gt;T&#233;moins&lt;/i&gt;. Essai d'analyse et de critique des souvenirs de combattants &#233;dit&#233;s en France de 1915 &#224; 1928, Paris, Les Etincelles, 1929. R&#233;&#233;d. Presses Universitaires de Nancy, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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