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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>&#201;lis&#233;e Reclus - Du protestantisme &#224; l'anarchisme </title>
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		<dc:date>2025-10-10T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Sarrazin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/9802661803_7c35ecb4be_o_copie-9ca92.jpg?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905) est n&#233; dans une famille protestante. Pas n'importe quelle famille, pas n'importe quels protestants. Des protestants de la vall&#233;e de la Dordogne, la Vall&#233;e, t&#244;t convertis au calvinisme. Lors de sa chevauch&#233;e de 1622, Louis XIII reconquit une &#224; une leurs petites places fortes : de Lamothe-Landerron, il ne resta ni une maison debout ni un habitant en vie, les survivants s'&#233;tant donn&#233; la mort plut&#244;t que de se rendre. A Bergerac, le roi pla&#231;a une garnison : les h&#233;r&#233;tiques &#224; la discr&#233;tion des troupes. Effray&#233;e par l'exemple, Sainte-Foy-la-Grande se soumit : on n'y trouva que cinq catholiques, l'&#233;glise d&#233;molie, r&#233;duite &#224; un m&#232;tre de ma&#231;onnerie au-dessus du sol. Partout, dans chaque village, des temples florissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pers&#233;cution larv&#233;e, puis la r&#233;vocation de l'&#233;dit de Nantes en 1685 &#244;t&#232;rent aux protestants jusqu'&#224; leur existence l&#233;gale, non leur existence r&#233;elle. Ils continu&#232;rent &#224; se marier entre eux, &#224; lire la Bible, &#224; rejoindre d&#232;s qu'ils le pouvaient les pr&#233;dicateurs ambulants dans les assembl&#233;es au &#171; D&#233;sert &#187;. Il y en eut une de fameuse pr&#232;s de Sainte-Foy en 1735.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours d'assembl&#233;es de ce genre que les pasteurs b&#233;nissaient les unions. Ainsi en fut-il de celle de Jacques Reclus et d'&#201;lisabeth Jarry &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pr&#233;tendus mari&#233;s pour avoir re&#231;u la pr&#233;tendue b&#233;n&#233;diction du pr&#233;tendu ministre P&#233;lissier (...) pr&#233;tendu mariage d&#233;clar&#233; concubinage par arr&#234;t du Parlement de Bordeaux du 21 mai 1749.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Jacques Reclus, tonnelier au Fleix, est l'arri&#232;re-grand-p&#232;re d'&#201;lis&#233;e Reclus. Grande le&#231;on. Faute d'un &#233;tat civil protestant, les enfants sont d&#233;clar&#233;s au cur&#233; de la paroisse. Le pr&#234;tre, pour ces enfants n&#233;s hors mariage, &lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait utiliser les formules &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils (fille) naturelle) et ill&#233;gitime, fils (fille) ill&#233;gitime et b&#226;tard(e).&lt;/q&gt; Le cur&#233; du Fleix, humanis&#233; par le nombre important de parpaillots dans sa paroisse, se contente de la mention &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils ou fille&lt;/q&gt; sans adjectif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une tradition de r&#233;sistance familiale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements lointains qui t&#233;moignent d'un attachement farouche &#224; la libert&#233; de conscience, comment ne pas les rapprocher du deuxi&#232;me &#171; mariage &#187; d'Elis&#233;e avec Fanny Lherminez en 1869 puis, apr&#232;s la mort de Fanny, avec Ermance Gonini en 1875 ? Ces unions furent c&#233;l&#233;br&#233;es devant les amis et parents, sans qu'aucun repr&#233;sentant de la loi ou du culte ne soit admis. Comment ne pas les relier encore au mariage des deux filles d'&#201;lis&#233;e, Jeannie et Magali, que leur p&#232;re d&#233;clara unies &#224; leurs &#233;poux par simple consentement mutuel ? L&#224;, encore, la pr&#233;sence d'une centaine d'amis et de connaissances dans le salon de l'h&#244;tel des Ambassadeurs atteste l'existence r&#233;elle de l'engagement. Ces mariages hors norme, c&#233;l&#233;br&#233;s en 1882, d&#233;clench&#232;rent un petit scandale. &#201;lis&#233;e Reclus fut r&#233;put&#233; p&#232;re indigne ayant pouss&#233; ses enfants &#224; la d&#233;bauche. Certaines personnes &#233;lev&#233;es dans des milieux conservateurs le jugeaient ainsi encore un si&#232;cle plus tard ! Certes, la d&#233;marche d'&#201;lis&#233;e est celle d'un libre-penseur et d'un anarchiste mais elle s'appuie consciemment ou non sur l'attitude de l'irr&#233;ductible anc&#234;tre. Pour l'&#233;tat civil, &#201;lis&#233;e s'appelait Jacques comme lui. Le refus de l'ob&#233;issance aux lois comme tradition familiale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons une g&#233;n&#233;ration. Un autre Jacques Reclus appara&#238;t. N&#233; en 1796, il aura toute latitude pour pratiquer la religion de ses p&#232;res. La famille s'est un peu enrichie : les fils, Jacques et Jean, feront des &#233;tudes, suivront les cours de th&#233;ologie &#224; la Facult&#233; protestante de Montauban. Jean sera enseignant, Jacques pasteur. Au sortir de ses &#233;tudes, il entre comme biblioth&#233;caire chez le duc Decazes (famille libournaise, nous restons dans la Vall&#233;e), puis il est attach&#233; &#224; la paroisse de Montcaret dont il pr&#233;sidera sous peu le consistoire. Il r&#233;side &#224; La Roche-Chalais o&#249; il se marie, s'alliant ainsi &#224; une famille plus prestigieuse mais tout aussi fid&#232;le &#224; la religion que la sienne : les Trigant. Les Trigant sont nombreux, influents, plus ou moins apparent&#233;s &#224; la noblesse, subdivis&#233;s en un grand nombre de familles : Trigant-Beaumont, Trigant-Geneste, etc. Socialement, c'est un beau saut pour le fils d'un aubergiste, le petit-fils d'un tonnelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; ensuite professeur au coll&#232;ge protestant de Sainte-Foy-la-Grande, ville o&#249; son beau-fr&#232;re Chaucherie est notaire. Puis se pr&#233;sente le tournant... A Sainte-Foy, Reclus rencontre le pasteur pr&#233;dicant Henriquet qui est suisse, qui apporte &#224; cette &#233;glise fran&#231;aise, m&#233;ritante mais un peu endormie, le souffle d'une R&#233;forme toujours renouvel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux dires d'&#201;lis&#233;e lui-m&#234;me, voici que le pasteur ne supporte plus son &#233;tat de notable. Lui qui, dans sa foi exalt&#233;e, se veut le porteur de l'enseignement du Christ &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui n'avait pas m&#234;me une pierre o&#249; reposer sa t&#234;te&lt;/q&gt; vivrait dans le confort d'une petite vie m&#233;diocre ? Impossible quand on a derri&#232;re soi l'exemple des martyrs de Lamothe-Landerron, des pasteurs immol&#233;s sur le b&#251;cher, des fid&#232;les envoy&#233;s aux gal&#232;res. Si nous suivons le r&#233;cit qu'a fait son fils de ces &#233;v&#233;nements, apr&#232;s bien des d&#233;bats int&#233;rieurs et au scandale de son entourage, il d&#233;cide de r&#233;pondre &#224; l'appel d'une communaut&#233; libre de Cast&#233;tarbe, pr&#232;s d'Orthez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au scandale de son entourage car il avait d&#233;j&#224; trois enfants, sa femme en attendait un quatri&#232;me et il allait vers la pr&#233;carit&#233; : la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; libre autonomie&lt;/q&gt; des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;glises form&#233;es par le groupe des convertis, en dehors de l'&#201;tat et des consistoires&lt;/q&gt; (les termes sont d'&#201;lis&#233;e) le pla&#231;ait hors des limites du concordat, lui faisait perdre le traitement de ministre du culte qui lui revenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il perdait la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle mais il gagnait, dans un futur qu'il ne soup&#231;onnait pas, l'admiration du plus rebelle de ses fils qui &#233;crit en 1904 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On le vit, grave, &#233;touffant ses larmes, cong&#233;dier ses fid&#232;les, ses amis, monter &#224; cheval avec son fils &#201;lie camp&#233; devant lui et partir dans la direction du Midi, en compagnie d'un beau paysan de six pieds, le superbe Bessouat, venu pour lui apporter l'invitation des chr&#233;tiens d'Orthez et de Cast&#233;tarbe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part, cette rupture dramatique, ce voyage de cinquante lieues vers l'inconnu, on sent qu'ils font partie de la mythologie fondatrice des Reclus, que tous, tous les onze Reclus, s'en sont nourris ; &#201;lis&#233;e peut-&#234;tre plus que les autres. N&#233;anmoins pour l'accepter, il lui aura fallu toute une vie. Le texte o&#249; il magnifie le geste du pasteur, &#201;lis&#233;e l'&#233;crit en 1904, entre la mort d'&#201;lie et la sienne. Le p&#232;re a disparu depuis longtemps, le fils peut disposer de sa m&#233;moire, l'int&#233;grer &#224; ses propres valeurs. Il n'est pas possible de d&#233;m&#234;ler ce qu'&#201;lis&#233;e doit &#224; son p&#232;re, ce que le portrait du p&#232;re doit au regard du fils, &#224; la vision libertaire du fils qui transfigure le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien de la vie, &#201;lis&#233;e s'est toujours pos&#233; en insurg&#233; face &#224; son p&#232;re. Ils se sont peu vus : au moment du grand d&#233;part, fin 1831, &#201;lis&#233;e n'a pas 2 ans. Il est confi&#233; &#224; ses grands-parents maternels &#224; La Roche-Chalais et y restera jusqu'&#224; la maladie, puis la mort du grand-p&#232;re en 1838. Des quelques ann&#233;es pass&#233;es sous le toit paternel, il retiendra le souvenir des sermons hallucinants du dimanche, des r&#233;primandes outr&#233;es pour la moindre peccadille, l'effroi non nomm&#233; mais r&#233;el devant le fanatisme du pasteur : cet homme craignait de tomber dans le p&#233;ch&#233;, voyait s'allumer les feux de l'enfer, ne cessait de se mortifier et de mortifier les siens pour pr&#233;server la vie &#233;ternelle. La famille s'accroissait tous les dix-huit mois d'une unit&#233; o&#249; le pasteur voyait une &#226;me &#224; sauver et la m&#232;re, apparemment, une bouche de plus &#224; nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce parce que ces enfants trop nombreux constituaient une masse difficile &#224; r&#233;duire, est-ce pour des raisons pratiques ? On ne cessait de les ventiler entre les grands-parents, la s&#339;ur de Sainte-Foy, plus tard les a&#238;n&#233;s recevant les plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'&#233;cole des fr&#232;res moraves &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; &#224; la maison en 1838, &#201;lis&#233;e en repart en 1842. Succ&#233;dant &#224; son fr&#232;re &#201;lie, il va passer deux ans au coll&#232;ge des fr&#232;res moraves &#224; Neuwied, pr&#232;s de Cologne, puis il pr&#233;pare le baccalaur&#233;at &#224; Sainte-Foy, suit les cours de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban, retourne chez les fr&#232;res moraves comme r&#233;p&#233;titeur, les quitte, s'inscrit &#224; l'universit&#233; de Berlin. Exil&#233; apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1851, il vit en Angleterre, puis en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'&#201;lis&#233;e Reclus de cette &#233;poque, on peut penser qu'il &#233;tait un jeune homme difficile &#224; vivre. Passons sur le garnement qu'il avait &#233;t&#233;, tyrannisant ses fr&#232;res et s&#339;urs qui, par ailleurs, l'adoraient. Mais, au cours de ses vagabondages, il se lasse vite des gens qu'il fr&#233;quente ; les mesquins le d&#233;go&#251;tent, les c&#339;urs purs l'ennuient parce que leur horizon est &#233;troit. Il a dit lui-m&#234;me que dans sa jeunesse il &#233;tait facilement port&#233; au m&#233;pris : les valeurs de son p&#232;re qu'il avait int&#233;rioris&#233;es, le m&#233;pris de l'argent, des honneurs, de l'opinion commune, l'&#233;cartaient des uns ; la revendication vitale de sa personnalit&#233; encore en devenir le poussait &#224; fuir tout ce qui pouvait ressembler &#224; un pi&#232;ge : la camaraderie facile, l'intimit&#233; avec les &#234;tres. Dans sa correspondance, il ne parle jamais des femmes. On peut supposer qu'il &#233;tait sur ses gardes : la crainte du p&#233;ch&#233; pesait encore sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Am&#233;rique qu'il s'en est d&#233;barrass&#233; : la nature g&#233;n&#233;reuse, exub&#233;rante, prodigue de beaut&#233;s l'exalte. Il ne peut y avoir rien de mal &#224; s'abandonner &#224; la vie v&#233;g&#233;tative. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On cesse de vivre par la pens&#233;e,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, et ne sent plus que la volupt&#233; de voir.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait d&#233;clar&#233; &#224; son fr&#232;re, dans un grand mouvement d'&#233;loquence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis que j'ai vu les vagues dor&#233;es des tropiques, depuis que j'ai vu les oiseaux-mouches voler au milieu des lataniers, j'ai fait un paquet des hardes du vieil homme et je les ai jet&#233;es dans le Mississippi.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture totale d'avec l'enfance se fera un peu plus tard, en Colombie. Le pasteur lui a &#233;crit pour lui reprocher de ne jamais s'adresser &#224; lui dans sa correspondance. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je garde le silence, si je pr&#233;f&#232;re l'exil au conflit, c'est que je ne pourrai jamais te dire les seuls mots que tu attends de moi ; je ne pourrai jamais te dire que je sens, que je pense, que je prie avec toi.&lt;/q&gt; Tel est le sens tr&#232;s clair de sa lettre, il refuse la religion du p&#232;re, il s'abstrait de sa pr&#233;sence, il sera lui-m&#234;me et seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les p&#233;r&#233;grinations d'&#201;lis&#233;e, celle qui le conduit &#224; Neuwied m&#233;rite le plus d'&#233;claircissements. Le coll&#232;ge de Neuwied, pr&#232;s de Cologne, est tenu par les fr&#232;res moraves. Le pasteur Reclus appartenait &#224; l'&#233;glise m&#233;thodiste, laquelle avait des liens avec les fr&#232;res. Qui &#233;taient-ils ? En partie les h&#233;ritiers de Jean Hus, l'h&#233;r&#233;tique tch&#232;que br&#251;l&#233; &#224; Constance en 1415. N'acceptant d'autre autorit&#233; que l'&#233;criture sainte, ils formaient des communaut&#233;s d'hommes et de femmes vou&#233;es les unes &#224; l'enseignement, les autres &#224; l'&#233;vang&#233;lisation. Le qui&#233;tisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; impr&#233;gnait leur pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pasteur, qui ne connaissait aucun obstacle quand la foi &#233;tait en jeu, voulut que ses enfants fussent form&#233;s &#224; la pure doctrine. Il conduisit donc les deux a&#238;n&#233;s, Suzanne et &#201;lie, &#224; Neuwied. Suzanne reviendra assez vite. &#201;lie y restera deux ans. &#201;lis&#233;e lui succ&#233;dera. &#201;trange d&#233;cision qui plonge les enfants dans un milieu inconnu, &#224; mille deux cents kilom&#232;tres de chez eux, alors qu'on est encore au temps des diligences. A Neuwied, l'enseignement &#233;tait donn&#233; en allemand &#224; des &#233;l&#232;ves qui appartenaient &#224; de pieuses familles allemandes, anglaises, parfois hollandaises. Rude &#233;cole pour les enfants Reclus qui ne parlaient que le fran&#231;ais ! Il y gagn&#232;rent une bonne connaissance des langues, l'aptitude &#224; en apprendre de nouvelles et y li&#232;rent des amiti&#233;s durables, surtout &#201;lie. Enfin, ils acquirent un sens aigu du cosmopolitisme : partout chez eux, toujours curieux du dehors, pr&#234;ts &#224; fraterniser avec quiconque partageait leurs id&#233;es, sans souci de nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur les fr&#232;res moraves, leur id&#233;al de saintet&#233;, leur s&#233;paration du monde, leur vie communautaire et encore leurs &#233;tablissements dispers&#233;s par toute la terre. Reportons-nous au projet d&#233;velopp&#233; par &#201;lis&#233;e Reclus au congr&#232;s de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, tenu &#224; Berne en septembre 1868. Congr&#232;s marqu&#233; par la puissante pr&#233;sence de Bakounine. On y discute du f&#233;d&#233;ralisme, en proposant les mod&#232;les de la Suisse et des &#201;tats-Unis. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; dit Elis&#233;e&lt;/span&gt;, nous limiter aux &#201;tats-Unis d'Europe ? Ce qu'il nous faut, c'est la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale de la terre enti&#232;re. &lt;/q&gt; Et il d&#233;veloppe le projet de fonder la soci&#233;t&#233; nouvelle sur l'association : des associations qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se formeront et se d&#233;formeront par une cons&#233;quence voulue de la volont&#233; des associ&#233;s, se d&#233;pla&#231;ant avec le travail, tant&#244;t pour &#233;difier un faubourg de ville, tant&#244;t pour construire une ligne de chemin de fer, m&#234;me pour &#233;migrer comme le font certaines associations de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans cette proposition qui recueillit 37 voix pour, 77 contre, l'horreur d'&#201;lis&#233;e Reclus pour les fronti&#232;res, son amour de l'ind&#233;pendance, m&#234;me au sein de l'union communautaire. Est-ce trop se risquer que d'y voir une r&#233;miniscence inconsciente du mode d'action des premiers fr&#232;res moraves, mobiles, unis dans leur passion pour la foi, divers dans leurs activit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il les a plus tard rejet&#233;s, condamnant leur bigoterie, leurs niaises pr&#233;occupations des petites choses. Mais leur exemple l'avait frapp&#233; puisqu'il est revenu chez eux aux alentours de sa vingti&#232;me ann&#233;e et que n'en a-t-il dit de beau dans son juv&#233;nile enthousiasme ! Il avait trouv&#233; un mod&#232;le de vie, un cadre... pour un temps tr&#232;s court, trois mois seulement. Les fr&#232;res eux-m&#234;mes l'ont encourag&#233; &#224; reprendre ses &#233;tudes. On pourrait croire que tous cherchent &#224; se d&#233;barrasser de cet encombrant jeune homme : il avait &#233;t&#233; renvoy&#233; en 1849 de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban ; son s&#233;jour chez son oncle Chaucherie &#224; Sainte-Foy semble avoir &#233;t&#233; orageux ; quant &#224; la famille, on a vu que la dispersion &#233;tait la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; donc &#224; Berlin, suivant les cours du fameux g&#233;ographe Ritter. Notons que la science g&#233;ographique &#233;merge &#224; peine et qu'elle est encore balbutiante en France. Il a enfin trouv&#233; sa voie ! Il est en train de r&#233;aliser ce qu'il avait en t&#234;te, son r&#233;el projet d'avenir. Pour preuve, la lettre qu'il &#233;crit &#224; sa m&#232;re pour relater son voyage de Cologne &#224; Berlin : c'est une superbe le&#231;on de g&#233;ographie, description du terrain, du relief, des cours d'eau, de la v&#233;g&#233;tation... Pas un mot de pi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ses parents ont-ils pu s'imaginer qu'&#224; Berlin il s'inscrirait en th&#233;ologie ? Comment croire qu'on le coulerait un jour dans le moule m&#233;thodiste ? Il est tr&#232;s physique : quoique petit, il a des performances d'athl&#232;te. Il est impulsif : &#233;mu par la d&#233;couverte de la mer qu'il n'a jamais vue, il se jette dans les bras de son fr&#232;re et le mord &#224; l'&#233;paule. Quant &#224; l'humilit&#233;, il n'en a pas trace : personne ne discute avec lui, on le laisse &#224; ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la m&#232;re, toute fleurie de bonnes intentions, lui &#233;crit pour le f&#233;liciter du choix glorieux qu'il a fait. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Point du tout, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;pond-il&lt;/span&gt;, je ne veux, ni ne peux ni ne dois &#234;tre pasteur.&lt;/q&gt; Dans un texte superbement &#233;loquent (il n'a pr&#234;ch&#233; qu'une fois &#224; Montauban mais il en fut enivr&#233;), il d&#233;veloppe sa pens&#233;e : il se refuse &#224; intervenir dans les c&#339;urs. Son p&#232;re poussait au mysticisme des jeunes filles &#224; la t&#234;te faible ; il n'en a rien dit mais on sait que ces manipulations lui r&#233;pugnaient. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chacun, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; doit &#234;tre son propre roi et son propre pasteur.&lt;/q&gt; Il se r&#233;f&#232;re aux Saintes &#201;critures : doivent &#234;tre abaiss&#233;s tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ceux qui s'&#233;rigent au-dessus des autres, en ma&#238;tres et en proph&#232;tes.&lt;/q&gt; Le p&#232;re n'a rien &#224; r&#233;pondre : son propre enseignement se retrouve en son fils. Il est pris au pi&#232;ge de sa grande &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de sugg&#233;rer que le protestantisme m&#232;ne &#224; l'anarchisme. Weber a bien montr&#233; que pour un bon protestant la fortune est per&#231;ue comme une r&#233;compense divine allant au juste et au vertueux. Mais la lecture serr&#233;e des proph&#232;tes, de l'&#201;vangile, la tradition du libre examen pr&#233;parent le terrain dans une &#226;me enti&#232;re qui va au bout de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage de la tol&#233;rance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut passer sous silence la relation d'&#201;lis&#233;e Reclus avec sa m&#232;re : il l'aimait, la respectait, la plaignait. Le pasteur, confiant en la Providence, avait la t&#233;m&#233;rit&#233; des &#233;lus. Non content de l'arracher &#224; son milieu, &#224; sa vie confortable, il ne craignit pas de rendre sa femme dix-sept fois m&#232;re : trois fausses couches, un b&#233;b&#233; mort au bout de quelques jours, deux filles disparues, l'une &#224; 20, l'autre &#224; 8 ans. Restent six filles et cinq gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#233;tait croyante mais plus du c&#244;t&#233; de Marthe que de celui de Marie, plus active que contemplative. Pour nourrir la nich&#233;e, elle ouvrit une &#233;cole &#224; Cast&#233;tarbe, plus tard &#224; Orthez, un pensionnat o&#249; la bourgeoisie protestante pla&#231;ait ses filles afin qu'elles devinssent des &#233;pouses et des m&#232;res accomplies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte quotidienne de la m&#232;re, &#201;lis&#233;e n'a fait que l'entrevoir. Ce qui n'a pu lui &#233;chapper, c'est la diplomatie maternelle pour &#233;viter les affrontements, d&#233;vier les heurts. Elle a r&#233;ellement converti son mari &#224; la tol&#233;rance, si l'on pense que les cinq fils sont tous devenus libres-penseurs, que parmi les filles un certain nombre a suivi et que cependant la famille est rest&#233;e unie. Unie m&#234;me apr&#232;s la Commune, apr&#232;s l'exil des deux a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaillant exemple maternel de fid&#233;lit&#233; dans la conciliation, on en per&#231;oit un &#233;cho dans &#201;lis&#233;e disant &#224; sa s&#339;ur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ces missionnaires, ces pasteurs m&#233;thodistes qui enseignent la justification par la foi et d'autres sottises, nous devons les aimer et les respecter&lt;/q&gt; ; nous le retrouvons dans la correspondance suivie qu'il entretient avec Richard Heath, chr&#233;tien envers et contre tous, auquel il finit par &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le socialisme n'est pas, comme vous le dites, issu de l'&#201;vangile : l'un et l'autre sont issus de la philosophie occidentale.&lt;/q&gt; Quand il en est &#224; affirmer cela, Reclus est un homme &#226;g&#233; qui a pris de la hauteur par rapport au d&#233;bat. Pour en arriver &#224; ce point, il lui faudra courir le monde, rencontrer force individus, se colleter avec maintes difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons-le en pleine jeunesse, &#224; 25 ans. Il est en Colombie, alors appel&#233;e Nouvelle-Grenade&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Apr&#232;s un s&#233;jour (enchanteur) &#224; Sainte-Marthe, il s'est &#233;tabli &#224; Riohacha, un territoire mis&#233;rable, oubli&#233; de tous, o&#249; se d&#233;veloppe une minuscule soci&#233;t&#233;. Reclus approuve et admire la fa&#231;on dont ces isol&#233;s s'organisent, hors des lois, hors de la religion &#233;tablie. Ils trouvent en eux-m&#234;mes les v&#233;ritables r&#232;gles de la vie en commun : l'entraide, la tol&#233;rance mutuelle. Les couples ne se soucient ni de b&#233;n&#233;diction ni d'engagement l&#233;gal. Chacun para&#238;t suivre sa fantaisie et cependant la collectivit&#233; fonctionne. C'est une le&#231;on d'anarchisme sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est rentr&#233; pauvre et malade de Colombie mais riche d'exp&#233;rience. Engag&#233; par Hachette, il voyagera pour r&#233;diger des guides (les fameux Guides bleus) et des articles. Il continuera &#224; regarder, &#224; r&#233;fl&#233;chir. Il sera m&#251;r en 1865, &#224; Florence, pour rencontrer Bakounine...&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (Arch. d&#233;p. de la Gironde).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un &#233;tat continuel de qui&#233;tude et d'union avec Dieu, o&#249; l'&#226;me devient indiff&#233;rente aux &#339;uvres et m&#234;me &#224; son propre salut (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe&lt;/i&gt;, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&lt;i&gt;&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, Paris, 1985 (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les fr&#232;res Reclus et Bakounine </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
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		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
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		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est en novembre 1864 que Bakounine, rentrant de Su&#232;de et rejoignant Florence, s&#233;journe &#224; Londres, puis passe quelques jours &#224; Paris. Il a commenc&#233; &#224; fonder une soci&#233;t&#233; secr&#232;te, dont le nom variera mais qui est essentiellement connue en tant que Fraternit&#233; internationale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-jacques-reclus-+" rel="tag"&gt;Jacques Reclus&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH103/1200px-les_freres_reclus_par_nadar_1889_original-87083.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est en novembre 1864 que Bakounine, rentrant de Su&#232;de et rejoignant Florence, s&#233;journe &#224; Londres, puis passe quelques jours &#224; Paris. Il a commenc&#233; &#224; fonder une soci&#233;t&#233; secr&#232;te, dont le nom variera mais qui est essentiellement connue en tant que Fraternit&#233; internationale. Le but de cette organisation &#233;tait de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;rallier les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires de tous les pays pour former une alliance vraiment sainte de la Libert&#233; contre la Sainte-Alliance de toutes les tyrannies en Europe : religieuse, politique, bureaucratique et financi&#232;re...&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre-programme envoy&#233; &#224; Per Auguste Sohlman (1824-1874) et publi&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Pendant ses voyages, Bakounine essaye de recruter des membres pour cette Fraternit&#233;. C'est ainsi qu'il contacte d'abord &#201;lie Reclus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pratiquement tout ce que l'on sait des relations entre les fr&#232;res Reclus et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, muni d'une lettre d'introduction de Herzen, et qu'il est pr&#233;sent&#233; &#224; &#201;lis&#233;e, &#224; quelques amis polonais et &#224; d'autres connaissances des deux fr&#232;res, et qu'il les fait membres de la Fraternit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bakounine arrive &#224; Paris le 6 novembre et y reste jusqu'au 10. Mais (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus revoit Bakounine &#224; Florence au printemps 1865, lors de son voyage en Sicile pour observer l'&#233;ruption de l'Etna. C'est &#224; cette occasion qu'il rencontre des &#171; fr&#232;res &#187; italiens et en apprend plus sur le fonctionnement et les activit&#233;s (ou le manque d'activit&#233; !) de la Fraternit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur son voyage, il a publi&#233; des articles dans la Revue des Deux Mondes, t. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Par ailleurs, les fr&#232;res Reclus sont parmi les premiers adh&#233;rents de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, ainsi que Bakounine qui est pr&#233;sent au congr&#232;s de fondation &#224; Gen&#232;ve en septembre 1867. C'est lui qui propose &#201;lie Reclus comme r&#233;dacteur des &#201;tats-Unis d'Europe, le projet de journal de la Ligue. &#201;lis&#233;e participe, avec Bakounine, au deuxi&#232;me congr&#232;s, tenu &#224; Berne en septembre 1868, et il en rend compte &#224; &#201;lie dans une longue lettre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance, t. I (1911), pp. 279-288.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#201;lis&#233;e y propose, dans un discours remarquable, quelque chose qui fit rire bon nombre de d&#233;l&#233;gu&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La suppression de toutes les fronti&#232;res, l'abolition de tous les &#201;tats, la libert&#233; de tous les peuples et, apr&#232;s la destruction du vieil &#233;difice, l'organisation des &#201;tats-Unis d'Europe sous le principe de la libre association.&lt;/q&gt; Il sera, avec entre autres Aristide Rey et Albert Richard, parmi les dix-huit d&#233;l&#233;gu&#233;s qui signeront la &lt;i&gt;Protestation collective des membres dissidents du congr&#232;s&lt;/i&gt;, &#233;crite par Bakounine, et qui marque la fondation de l'Alliance internationale de la d&#233;mocratie socialiste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. par exemple, pour le Programme, James Guillaume, L'Internationale. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La Fraternit&#233; devient alors une sorte de soci&#233;t&#233; secr&#232;te qui a pour but de &#171; superviser &#187;, de &#171; guider &#187; l'Alliance publique et ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'automne 1868, &#201;lie Reclus se rend en Espagne et y reste pendant quelques mois, en compagnie d'Aristide Rey et de Fanelli. Ce dernier, charg&#233; par Bakounine d'&#233;tablir les premi&#232;res sections de l'Internationale &#224; Madrid et &#224; Barcelone, influence profond&#233;ment ce milieu qui devint le noyau du mouvement anarchiste espagnol. &#201;lie Reclus consid&#233;ra la fa&#231;on de proc&#233;der de Bakounine et de Fanelli comme une trahison, non seulement envers lui mais aussi par rapport &#224; tous ses contacts et amis r&#233;publicains espagnols que Fanelli exploita aussi rigoureusement que secr&#232;tement pour atteindre ses buts r&#233;volutionnaires. De plus, il n'&#233;tait pas d'accord avec les proc&#233;d&#233;s qui remettaient en question et tentaient de discr&#233;diter tous les politiciens, y compris donc ses amis f&#233;d&#233;ralistes. En cons&#233;quence, il rompt d'avec Bakounine et quitte (ainsi qu'&#201;lis&#233;e, semble-t-il par solidarit&#233;) la Fraternit&#233;. Bakounine d&#233;missionnera &#233;galement, apr&#232;s un congr&#232;s de l'organisation &#224; Gen&#232;ve, le 26 janvier 1869, en disant qu'il a &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;cid&#233; de sortir du directoire centrale de la Fraternit&#233; internationale aussi bien que du bureau central et de toutes les affaires publiques de l'Alliance, et de ne prendre aucune part, ni directe ni indirecte, dans les affaires de ces soci&#233;t&#233;s jusqu'au prochain congr&#232;s&lt;/q&gt;. Peu de temps apr&#232;s, la Fraternit&#233; internationale est d&#233;clar&#233;e dissoute dans une circulaire non dat&#233;e, qui indique comme motifs les incidents survenus pendant le voyage effectu&#233; en Espagne par Fanelli, &#201;lie Reclus et Aristide Rey&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Max Nettlau, Michael Bakunin (1896-1900), pp. 277-279.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lie ne put jamais pardonner &#224; Bakounine ce comportement, une attitude que Nettlau analysa plus tard en disant que &lt;/q&gt;l'Italien ne comprenait pas (cette loyaut&#233; absolue), qui faisait rire le Russe, mais que le Fran&#231;ais envisage d'une fa&#231;on diff&#233;rente &#8212; c'&#233;tait du moins le point de vue d'&#201;lie Reclus. Mais &#233;tant devenu membre du groupe r&#233;volutionnaire de Bakounine en 1864, il avait d'abord des obligation envers celui-ci et il aurait pu quitter le groupe &#8212; c'&#233;tait l'avis de Bakounine. &#201;lis&#233;e pensait comme son fr&#232;re. Pour lui, c'&#233;tait dans son caract&#232;re, il ne pouvait pas (faire) autrement, cela ne se discutait pas. Mais, avec &#201;lie, on aurait pu et d&#251; discuter cela&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Lebenschronik (manuscrit in&#233;dit, IIHS, Amsterdam), vol. V, p. 157.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Peu apr&#232;s, Bakounine attaque s&#233;v&#232;rement, dans &lt;i&gt;l'&#201;galit&#233;&lt;/i&gt; de Gen&#232;ve, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Andr&#233; L&#233;o, amie proche des Reclus et par cons&#233;quent soutenue par eux, qui croit &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;encore &#224; la r&#233;conciliation de la bourgeoisie avec le prol&#233;tariat&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/bakounine___revolut_russe____._nadar__1820-1910__btv1b10535699q_1_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH696/bakounine___revolut_russe____._nadar__1820-1910__btv1b10535699q_1_copie-19e9b.jpg?1774729989' width='500' height='696' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Bakounine, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Bakounine commenta plus tard cet &#233;pisode et en profita pour d&#233;crire les fr&#232;res Reclus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On voit que M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Andr&#233; L&#233;o n'est point une f&#233;roce r&#233;volutionnaire. Elle est sinc&#232;rement, elle est religieusement d&#233;mocrate, et comme telle elle r&#234;ve des conversions, et des unions impossibles. Elle croit encore &#224; la r&#233;conciliation de la bourgeoisie avec le prol&#233;tariat. (...) Je la connais (...) ensuite et surtout comme amie (...) des deux fr&#232;res Reclus, deux savants et en m&#234;me temps les hommes les plus modestes, les plus nobles, les plus d&#233;sint&#233;ress&#233;s, les plus purs, les plus religieusement d&#233;vou&#233;s &#224; leurs principes que j'aie rencontr&#233;s dans ma vie. Si Mazzini les avait connus comme moi, il se serait convaincu peut-&#234;tre qu'on peut &#234;tre profond&#233;ment religieux, tout en professant l'ath&#233;isme. Ce sont par excellence des hommes de devoir, et ils ont rempli leur devoir jusqu'au bout. Ils ont servi tous les deux la Commune. J'ignore ce qu'il est advenu de l'a&#238;n&#233;, mais je sais que le second se trouve dans les pontons de Brest, avec des milliers de gardes nationaux prisonniers comme lui, et qu'il soutient par son intelligence toujours sereine, par son amour sans bornes et par sa force morale admirable. Unis dans les principes, nous nous sommes s&#233;par&#233;s tr&#232;s souvent, presque toujours, sur la question de la r&#233;alisation des principes. Eux aussi, comme leur amie, croyaient, il y a deux (ans) au moins, &#224; la possibilit&#233; de concilier les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie avec les l&#233;gitimes revendications du prol&#233;tariat. Eux aussi croyaient, comme Mazzini, que le prol&#233;tariat devait donner la main &#224; la bourgeoisie radicale pour une r&#233;volution exclusivement politique d'abord, pour arriver ensuite avec l'aide de cette m&#234;me bourgeoisie &#224; des r&#233;formes &#233;conomiques et sociales.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Bakounine, vol. 1, t. 1, p. 245. Fragment de la deuxi&#232;me partie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus et sa femme arrivent &#224; Lugano en avril 1872 et s'install&#232;rent en mai de cette ann&#233;e dans la r&#233;gion, &#224; Pazzallo. Il rencontre Bakounine &#224; Locarno le 11 avril ; le 13, celui-ci lui envoie une lettre et, le 18, lui rend visite accompagn&#233; par Giuseppe Fanelli. &#201;lis&#233;e d&#233;crit ainsi l'entrevue &#224; son fr&#232;re, dans une lettre dat&#233;e du 29 avril 1872 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tu me demandes des d&#233;tails sur la visite de Michel et de Beppo. Ils sont rest&#233;s tout un jour et, par cons&#233;quent, il me serait impossible de r&#233;sumer tout ce que nous avons dit. Ils ont &#233;t&#233; fort raisonnables. Michel avait pour moi des c&#226;lineries d'ami bienveillant.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance, t. ll, pp. 101-103 [102]. Beppo est Giuseppe Fanal.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que Bakounine lui fit des visites amicales &#224; Zurich, le 27 juillet 1872 &#8211; c'est &#224; cette occasion que Paul Reclus le rencontre &#8211; et en octobre, &#201;lie demeurera s&#233;v&#232;re et presque hostile envers celui dont il disait pis que pendre &#224; James Guillaume car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;on ne traite pas les hommes comme des marionnettes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une communication verbale &#224; Nettlau. Dans L'Internationale, vol. 2 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#201;lis&#233;e voit de nouveau Bakounine les 17 et 18 d&#233;cembre et ce dernier en rend compte ainsi &#224; Pindy, le 11 janvier 1873 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) &#201;lis&#233;e Reclus qui est venu me voir, il y a trois ou quatre semaines, et avec lequel nous nous entendons de mieux en mieux. C'est un homme mod&#232;le celui-ci, si pur, si noble, si simple et modeste, si oublieux de soi-m&#234;me. Il n'a peut-&#234;tre pas tout le diable au corps d&#233;sirable, mais c'est une affaire de temp&#233;rament et la plus belle fille ne peut donner que ce qu'elle a.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Michael Bakunin (1896-1900), note 1429.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils rest&#232;rent en contact &#233;pistolaires jusqu'&#224; la mort de Bakounine le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1876 et c'est &#201;lis&#233;e qui trouva dans la masse des brouillons et fragments in&#233;dits celui sur &lt;i&gt;La Commune de Paris et l'id&#233;e de l'&#201;tat &lt;/i&gt; (1878) et cet autre auquel il donna le titre de &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat&lt;/i&gt;, qui fut &#8212; dans la version de Reclus &#8212; le texte le plus traduit et le plus r&#233;pandu de Bakounine (1882). C'est encore &#201;lis&#233;e qui, &#224; partir de 1891, aide Nettlau &#224; rassembler les mat&#233;riaux pour sa biographie fondamentale de Bakounine et qui lui confie les documents qui serviront &#224; la publication de ses &lt;i&gt;&#338;uvres &lt;/i&gt; (et &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Heiner Becker &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre-programme envoy&#233; &#224; Per Auguste Sohlman (1824-1874) et publi&#233; par Michel Mervaud, in &lt;i&gt;Bakounine. Combats et d&#233;bats&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#233;tudes slaves, 1979, pp. 185-226 [185].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pratiquement tout ce que l'on sait des relations entre les fr&#232;res Reclus et Bakounine nous est parvenu gr&#226;ce &#224; Max Nettlau ; il a aussi publi&#233; ou au moins utilis&#233; tous les documents qu'on conna&#238;t &#224; ce sujet, d'abord dans sa grande biographie de Bakounine (1896-1900), puis dans les suppl&#233;ments manuscrits &#224; cette biographie (qui furent utilis&#233;s et en partie reproduits par James Guillaume dans ses &lt;i&gt;Souvenirs&lt;/i&gt;), mais aussi dans des notes &#233;crites pour Louise Dumesnil, en partie reproduites dans la &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; (t. ll, Paris, Librairie Schleicher Fr&#232;res, 1911, pp. 164-171) et, plus tard, dans un article publi&#233; par lshill, dans &lt;i&gt;Elis&#233;e and Elie Reclus in memoriam&lt;/i&gt; (1927), et dans deux articles publi&#233;s en 1929-1930 dans &lt;i&gt;Revista Blanca &lt;/i&gt; de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bakounine arrive &#224; Paris le 6 novembre et y reste jusqu'au 10. Mais peut-&#234;tre avait-il d&#233;j&#224; fait la connaissance des Reclus ou au moins d'&#201;lie en 1862, comme Nettlau le remarque des ann&#233;es plus tard en relisant les notes de la conversation qu'il avait eue avec &#201;lie Reclus le 18 janvier 1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur son voyage, il a publi&#233; des articles dans &lt;i&gt;la Revue des Deux Mondes&lt;/i&gt;, t. 58 (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1865), pp. 110-138, &#171; Le mont Etna et l'&#233;ruption de 1865 &#187;, et dans le &lt;i&gt;Tour du monde&lt;/i&gt;, t. VIII (1865), pp. 353-416.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I (1911), pp. 279-288.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. par exemple, pour le &lt;i&gt;Programme&lt;/i&gt;, James Guillaume,&lt;i&gt; L'Internationale. Documents et souvenirs&lt;/i&gt;, Paris, Soci&#233;t&#233; nouvelle de librairie et d'&#233;dition, 1905 (r&#233;impr. Paris, &#233;ditions G&#233;rard Lebovici/&#233;ditions Ivrea, 1985), pp. 132-133.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin&lt;/i&gt; (1896-1900), pp. 277-279.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Lebenschronik &lt;/i&gt; (manuscrit in&#233;dit, IIHS, Amsterdam), vol. V, p. 157.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Archives Bakounine&lt;/i&gt;, vol. 1, t. 1, p. 245. Fragment de la deuxi&#232;me partie de &#171; La Th&#233;ologie politique de Mazzini &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. ll, pp. 101-103 [102]. Beppo est Giuseppe Fanal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s une communication verbale &#224; Nettlau. Dans&lt;i&gt; L'Internationale&lt;/i&gt;, vol. 2 (1902), pp. 278-279, Guillaume en dit s&#232;chement : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous convers&#226;mes tout de suite comme de vieux amis ; les petites divergences de tactique qui avaient exist&#233; en 1869, lors du conflit avec M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Andr&#233; L&#233;o, (...) &#233;taient bien oubli&#233;es : la guerre et la Commune avaient pass&#233; par l&#224;-dessus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin&lt;/i&gt; (1896-1900), note 1429.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Elis&#233;e Reclus - G&#233;ographe ou &#233;cologue ? Anarchiste ou &#233;cologiste ?</title>
		<link>https://partage-noir.fr/elisee-reclus-geographe-ou-ecologue-anarchiste-ou-ecologiste</link>
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		<dc:date>2025-07-04T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Pelletier </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus &#233;tait-il un &#233;cologiste avant l'heure ? Quelle &#233;tait sa pens&#233;e en ce domaine et que peut-on retirer actuellement de l'h&#233;ritage reclusien ? Sa vision dialectique des relations science-nature ne doit-elle pas nous inspirer ? Progr&#232;s technologiques, oui... mais attention au &#171; gouvernement des savants &#187; ! Action de l'homme sur la nature, oui... mais gare &#224; la fa&#231;on d'agir ! Notre libert&#233;, dans nos rapports avec la Terre, ne consiste-t-elle pas &#224; en reconna&#238;tre les lois pour y (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/sans_titre-1-23-4dd37.jpg?1774743928' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus &#233;tait-il un &#233;cologiste avant l'heure ? Quelle &#233;tait sa pens&#233;e en ce domaine et que peut-on retirer actuellement de l'h&#233;ritage reclusien ? Sa vision dialectique des relations science-nature ne doit-elle pas nous inspirer ? Progr&#232;s technologiques, oui... mais attention au &#171; gouvernement des savants &#187; ! Action de l'homme sur la nature, oui... mais gare &#224; la fa&#231;on d'agir ! Notre libert&#233;, dans nos rapports avec la Terre, ne consiste-t-elle pas &#224; en reconna&#238;tre les lois pour y conformer notre existence ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;IL est tentant, lorsque l'on est adepte d'une id&#233;ologie et que, par ailleurs, on &#233;tudie un grand personnage du pass&#233; que l'on admire et que l'on voudrait bien r&#233;trospectivement attirer &#224; sa cause, de lui attribuer des positions qu'il n'a pas forc&#233;ment eu malgr&#233; certaines ressemblances. Outre le fait que ce genre de manipulation est malhonn&#234;te d'un point de vue scientifique, cela ne fait qu'augmenter la confusion sur les plans id&#233;ologique et militant, &#224; une &#233;poque o&#249; le recul significatif du marxisme laissait pourtant entrevoir un red&#233;veloppement r&#233;ellement libertaire du sens critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce travers-l&#224; que, par exemple, n'&#233;chappe malheureusement pas John Clark dans son dernier ouvrage consacr&#233; &#224; Elis&#233;e Reclus, et qui nous int&#233;resse plus particuli&#232;rement puisqu'il est largement centr&#233; sur la question &#233;cologique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Clark John P., La pens&#233;e sociale d'Elis&#233;e Reclus, g&#233;ographe anarchiste, ACL, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malgr&#233; le travail que cet universitaire am&#233;ricain a fourni, riche en informations ou en pistes de r&#233;flexion, son propos est entrav&#233; de toute une scorie d'&#171; ismes &#187; contemporains anachroniquement affubl&#233;s &#224; Reclus : holisme, bio-r&#233;gionalisme, anthropocentrisme, &#233;cologisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce n'est pas la premi&#232;re tentative d'attribuer une paternit&#233; &#233;cologiste &#224; Elis&#233;e Reclus. Mais l&#224; o&#249; Yves Lacoste et B&#233;atrice Giblin avan&#231;aient avec prudence, en maniant la forme interrogative, certains tentent donc la r&#233;cup&#233;ration pure et simple&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Outre John Clark, voir l'article de Jean-Paul Del&#233;age dans Ecologie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La question reste donc pos&#233;e : peut-on consid&#233;rer Elis&#233;e Reclus comme un &#233;cologue et non plus comme un g&#233;ographe ? Ou comme un &#233;cologiste avant l'heure ? Cette question est-elle finalement pertinente et que peut-on retirer de l'h&#233;ritage reclusien ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;G&#233;ographie, &#233;cologie, m&#233;sologie &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le mot lui-m&#234;me d'&#233;cologie pose probl&#232;me. Le terme et la discipline ont &#233;t&#233; fond&#233;s par Ernst Haeckel (1834-1919), un contemporain de Reclus, sur des bases scientifiques et id&#233;ologiques pr&#233;cises. Rappelons que Haeckel d&#233;finissait en 1866 l'&#233;cologie comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la totalit&#233; de la science des relations de l'organisme avec l'environnement, comprenant, au sens large, toutes les conditions d'existence&lt;/q&gt;, puis pr&#233;cisait en 1868 qu'elle &#233;tait la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;distribution g&#233;ographique des organismes&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce qu'on a appel&#233; &#233;conomie de la nature&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Acot Pascal, Histoire de l'&#233;cologie, PUF, Paris, 1988. Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Haeckel &#233;tait membre &#233;minent de la Ligue moniste en Allemagne, qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tentait de reconstruire l'unit&#233; du monde en affirmant l'unicit&#233; de statut de l'inerte et du vivant, des plantes, des animaux et des soci&#233;t&#233;s humaines&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Del&#233;age Jean-Paul, &#171; De l'univers infini au monde clos &#187;, G&#233;opolitique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : pr&#233;mices, on le voit, des d&#233;rives mystico-holistiques de l'&#233;cologie profonde&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur Haeckel, son interpr&#233;tation du darwinisme, son anticl&#233;ricalisme et ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reclus connaissait-il Haeckel et l'&#233;cologie ? Il fait r&#233;f&#233;rence &#224; Haeckel dans le premier chapitre du livre I de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt; &#224; propos des origines de l'homme et des &#171; races humaines &#187;. Ailleurs, il critique fortement Haeckel : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et maintenant, je vous le demande, pourquoi ne d&#233;cidez-vous pas vous-m&#234;me s'il est vrai &#8212; oui ou non &#8212; que dans tout organisme la cellule ob&#233;it &#224; ses affinit&#233;s ? Vous n'avez pas besoin, pour vous faire une opinion, d'opposer naturaliste &#224; naturaliste (Haeckel &#224; de Lanessan). Tous sont d'accord au fond, quels que soient les sophismes qu'ils mettent en avant pour justifier les in&#233;galit&#233;s dont ils profitent, car d'ordinaire chacun professe la moralit&#233; de son int&#233;r&#234;t. Un professeur qui fait partie, comme Haeckel, de la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;garde du corps&lt;/q&gt; des Hohenzollern, ou bien un autre professeur qui veut soumettre les hommes &#224; la domination des savants, comme Huxley, peuvent, tant qu'il leur plaira, opposer la t&#234;te au ventre, le fluide nerveux &#224; la lymphe ; ils sont bien tenus de d&#233;clarer aussi que la cellule, comparable &#224; l'homme dans la soci&#233;t&#233;, s'associe et se dissocie sans cesse (...)&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de juin 1888 d'Elis&#233;e Reclus &#224; Renard, auteur d'un &#171; Essai sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Reclus &#233;voque le naturalisme, il ne mentionne pas l'&#233;cologie. Le terme &#233;tait-il trop neuf ? Pas assez connu, encore impr&#233;cis ? Il est en tout cas pour le moins int&#233;ressant que Reclus pr&#233;f&#232;re se r&#233;f&#233;rer dans le m&#234;me chapitre &#224; un autre n&#233;ologisme de l'&#233;poque, celui de &#171; m&#233;sologie &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'in&#233;galit&#233; des traits plan&#233;taires a fait la diversit&#233; de l'histoire humaine et chacun de ces traits a d&#233;termin&#233; son &#233;v&#233;nement correspondant au milieu de l'infinie vari&#233;t&#233; des choses (...).Tel est le principe fondamental de la m&#233;sologie ou &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;science des milieux&lt;/q&gt;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Homme et la Terre, &#233;d. or., p. 35.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce terme de m&#233;sologie est pendant longtemps tomb&#233; en compl&#232;te d&#233;su&#233;tude, en attendant d'&#234;tre r&#233;cemment exhum&#233; et d&#233;poussi&#233;r&#233; par le g&#233;ographe Augustin Berque dans une perspective qui d&#233;passe de fa&#231;on critique le naturalisme et l'&#233;cologie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Berque Augustin, Le sauvage et l'artifice. Les Japonais devant la nature, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Si Reclus &#233;voque plut&#244;t la m&#233;sologie que l'&#233;cologie, cela semble assez logique. Le terme de &#171; milieu &#187; (pour &#171; m&#233;so &#187;) est en effet l'un de ses pr&#233;f&#233;r&#233;s, de m&#234;me que pour les g&#233;ographes de son &#233;poque ou des g&#233;n&#233;rations suivantes. Reclus l'emploie tr&#232;s souvent, sans jamais utiliser celui d'environnement dans le sens &#233;cog&#233;ographique que nous lui connaissons actuellement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le g&#233;ographe russe V.A. Anuchin estime que Reclus fut le premier &#224; utiliser (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Environnement d&#233;notant une position ext&#233;rieure ou externe, &#171; milieu &#187; semble &#233;pist&#233;mologiquement et ontologiquement plus appropri&#233; pour Reclus comme combinaison de l'homme et de la nature, comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;harmonie secr&#232;te&lt;/q&gt; entre les deux. Pour autant, m&#233;sologie ne se confond pas, selon lui, avec la g&#233;ographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut supposer que Reclus, esprit curieux, grand scientifique &#224; l'aff&#251;t des innovations intellectuelles et dot&#233; d'un vaste r&#233;seau d'informateurs, pouvait difficilement m&#233;conna&#238;tre le terme d'&#233;cologie. Si l'on part du postulat qu'il connaissait Haeckel et l'&#233;cologie, il faut donc prendre en compte le fait qu'il ne les a pas utilis&#233;s dans sa d&#233;marche scientifique et politique, et analyser pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/kupka-homme-terre-elisee-reclus-51_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH456/kupka-homme-terre-elisee-reclus-51_1-d08ad.jpg?1774743928' width='500' height='456' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Kupka r&#233;alis&#233; pour &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h2&gt;M&#233;sologie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Louis-Adolphe Bertillon (1821-1883), l'un des fondateurs de l'&#233;cole d'anthropologie de Paris (...), est le cr&#233;ateur du terme &#171; m&#233;sologie &#187;, ou science du milieu, qu'il d&#233;finissait comme l'&#233;tude des relations r&#233;ciproques de l'organisme et de son environnement. Il prenait en consid&#233;ration non seulement les agents physiques, mais &#233;galement ce que nous appellerions aujourd'hui la culture : les rapports sociaux, l'&#233;ducation, les lois, les moeurs &#8212; toutes influences qui, &#224; leur tour, sont en partie soumises au conditionnement du milieu physique. (...) Le terme de m&#233;sologie a aujourd'hui disparu de notre vocabulaire. Cette dis-parition traduit l'&#233;chec du projet scientifique de Bertillon : la m&#233;sologie s'est d'un c&#244;t&#233; restreinte et transform&#233;e en &#171; &#233;cologie &#187;, d'un autre c&#244;t&#233; fourvoy&#233;e dans les th&#233;ories du d&#233;terminisme g&#233;ographique. L'&#233;cologie (...) n'h&#233;rite en effet qu'une partie du projet de la m&#233;sologie puisqu'elle ne prend en compte, au sens strict, que les aspects physiques du milieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Augustin Berque &lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le sauvage et l'artifice. Les Japonais devant la nature, Gallimard, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;thologie d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire ou l'&#233;cologie de Haeckel devaient para&#238;tre trop naturalistes &#224; Reclus, trop orient&#233;es dans un sens et oublieuses de la dynamique humaine, trop &#233;loign&#233;es de sa position que l'on qualifierait actuellement d'&#171; anthropocentrique &#187; mais qu'il nommait tout simplement &#171; sociale &#187;. Elis&#233;e Reclus est en effet l'un des premiers utilisateurs, sinon le cr&#233;ateur du terme de &#171; g&#233;ographie sociale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dunbar Gary S., &#171; Early occurrences of the term &#034;social geography&#034; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;i&gt;L'Homme et la Terre &lt;/i&gt; devait m&#234;me s'intituler initialement &lt;i&gt;L'Homme, g&#233;ographie sociale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. lettre d'Elis&#233;e Reclus du 5 juin 1895 &#224; la maison Hachette, au d&#233;part (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on veut &#233;viter les confusions, il faut bien distinguer deux choses au pr&#233;alable : d'une part, l'&#233;cologie &#8212; discipline scientifique, caract&#233;ris&#233;e par son objet, sa m&#233;thode, ses r&#233;sultats &#8212; et, d'autre part, l'&#233;cologisme &#8212; mouvement id&#233;ologique et politique qui s'appuie, &#224; tort ou &#224; raison, sur la discipline scientifique de l'&#233;cologie pour valider sinon imposer son propre message. L'amalgame entre les deux champs, qui s'assimile &#224; ce qu'on appelle tout bonnement le scientisme, n'est pas neutre, bien entendu. Il entend valider intellectuellement et l&#233;gitimer socioculturellement une d&#233;marche qui deviendrait &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; exempte de critique, puisque scientifique, et confite d'in&#233;luctabilit&#233;, le chemin trac&#233; &#233;tant le bon et le seul. Cette d&#233;marche messianique n'est d'ailleurs pas sans rappeler les avatars du mat&#233;rialisme dialectique historique du marxisme qui &#233;tait sens&#233; tracer implacablement la voie de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion sur l'&#233;cologie (qu'elle soit affubl&#233;e des vocables de &#171; sociale &#187; ou de &#171; politique &#187;) est &#224; rejeter sous peine de nouveaux errements, si l'on ne veut pas abandonner le sens critique &#224; une &#233;poque o&#249; tout ce qui est &#171; &#233;colo &#187; ou &#171; vert &#187; est politiquement correct et emprunt d'un pr&#233;jug&#233; automatiquement favorable, qui, sous ce couvert, permet bien des prises de position contestables&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pelletier Philippe, L'imposture &#233;cologiste, 1993, Montpellier, GIP-Reclus, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'&#233;tude de la pens&#233;e scientifique de Reclus par rapport aux questions &#233;cologiques et &#233;cologistes, contemporaines ou non, doit donc se garder de tout d&#233;rapage anachronique, de toute r&#233;appropriation abusive, dans un sens ou dans un autre, de toute r&#233;trospection manipulatoire. Il faut d'abord la consid&#233;rer en rapport avec son temps, avec les id&#233;es et les probl&#233;matiques de son &#233;poque. Cela ne signifie pas qu'il n'y ait pas des filiations possibles jusqu'&#224; nos jours, ou des constats pr&#233;curseurs, mais il faut se montrer tr&#232;s prudent avant de leur attribuer telle ou telle terminologie contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre danger &#224; &#233;viter : momifier la pens&#233;e de Reclus, l'imaginer fig&#233;e d&#232;s le d&#233;part. La pens&#233;e anarchiste et g&#233;ographique de Reclus n'est pas statique, elle &#233;volue&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Leunis Eric et Neyts Jean-Marie, &#171; La formation de la pens&#233;e anarchiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L&#224; encore, en relation avec son &#233;poque. Il est donc risqu&#233; de consid&#233;rer les premiers textes de Reclus &#8212; comme &lt;i&gt;Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe&lt;/i&gt;, de 1858, et &lt;i&gt;Fragment d'un voyage &#224; la Nouvelle-Orl&#233;ans&lt;/i&gt;, de 1860 &#8212; comme des &#233;crits impr&#233;gn&#233;s d'anarchisme, alors que les id&#233;es anarchistes &#233;taient en pleine &#233;laboration. Ce que fait pourtant John Clark. Certes, en 1851, dans son fameux texte de Montauban, &#171; D&#233;veloppement de la libert&#233; dans le monde &#187;, Reclus exprime des positions anarchistes et il utilise m&#234;me le mot &#171; anarchie &#187; dans une expression devenue fameuse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'anarchie, la plus haute expression de l'ordre. &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Mesnil Jacques, Elis&#233;e Reclus, &#233;d. du Semeur, 1928, pp. 20-21. Max (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa g&#233;ographie, au d&#233;part tr&#232;s inspir&#233;e par le naturalisme et par l'h&#233;ritage de Karl Ritter (1779-1859) ou d'Alexander von Humboldt (1769-1859), jamais par l'&#233;cologie de Haeckel, va progressivement trouver sa voie propre et culminer dans son dernier ouvrage &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, dont on dit souvent, et &#224; juste raison, qu'il repr&#233;sente la synth&#232;se la plus aboutie et la plus libre de sa pens&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le contrat pass&#233; avec Hachette pour la Nouvelle G&#233;ographie universelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On note ainsi chez Reclus une &#233;volution sensible sur des th&#232;mes comme le d&#233;terminisme et le possibilisme g&#233;ographique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vandermotten Christian, &#171; La pens&#233;e d'Elis&#233;e Reclus et la g&#233;ographie de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, ou encore la colonisation&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolai Henri, &#171; Elis&#233;e Reclus et l'Afrique &#187;, Revue belge de g&#233;ographie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les constantes et les r&#233;currences qui l'emportent permettent de d&#233;gager plusieurs positions &#233;pist&#233;mologiques fondamentales chez Reclus, m&#234;me si cela n'est pas toujours facile. En effet, son style &#8212; lyrique &#8212; et la nature des ouvrages en question &#8212; d'abord descriptifs, car destin&#233;s &#224; un large public &#8212; entra&#238;ne une certaine dilution des propos th&#233;oriques. C'est un choix et aussi le reflet d'une &#233;poque o&#249; la discipline g&#233;ographique &#233;tait tr&#232;s r&#233;tive &#224; la th&#233;orisation. Reclus lui-m&#234;me n'aimait pas toujours s'y risquer&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce que remarque par exemple la g&#233;ographe Marie-Claire Robic : Mais la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cela oblige donc &#224; un travail de fourmi, &#224; piocher de-ci de-l&#224; les id&#233;es et &#224; les r&#233;unir, au risque d'&#234;tre arbitraire. Heureusement, plusieurs grands passages au d&#233;but ou au fil des textes r&#233;sument la position de Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si toute g&#233;n&#233;ralisation est difficile, elle n'est pas impossible. Reclus lui-m&#234;me, &#224; propos de la diversit&#233; et de la richesse des paysages, conclut qu'on peut trouver des traits semblables et des explications communes d'un bout &#224; l'autre de la Terre. En fait, l'analyse reclusienne qui m&#233;lange histoire, sociologie (ces deux termes &#233;tant utilis&#233;s par Reclus), anthropologie ou g&#233;opolitique (ceux-l&#224; ne le sont pas), est bien &#171; synth&#233;tique &#187;, comme le remarquent Robic ou Stoddart, ou encore &#171; globale &#187;, comme l'&#233;crit B&#233;atrice Giblin avec une l&#233;gitime prudence&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Global &#187; et non &#171; holistic &#187; dans la notice biographique sur Reclus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La qualifier d'&#171; holistique &#187;, comme le font Clark ou Galois (celui-ci &#224; propos de Reclus et de Kropotkine), est donc inutile ou abusif, et revient &#224; brouiller les pistes en employant anachroniquement un vocable &#224; la fois connot&#233; et discutable&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le holisme est une conception globale des faits ainsi qu'un refus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, certains aspects de la pens&#233;e de Reclus sont scientifiquement contestables. C'est le cas d'une tendance &#224; l'organicisme mais, l&#224; comme ailleurs, il faut &#234;tre prudent. Si Reclus multiplie les allusions organiques sur les soci&#233;t&#233;s ou les villes, il s'agit moins d'une revendication organiciste au sens strict que d'une m&#233;thode litt&#233;raire reposant sur l'analogie, la comparaison et la m&#233;taphore. Depuis, la plupart des scientifiques &#233;chaud&#233;s par plusieurs d&#233;rives (fascistes, staliniennes) demeurent tr&#232;s prudents dans l'utilisation des m&#233;taphores organicistes. Cela n'emp&#234;che pourtant pas certains d'&#233;voquer l'expression organiciste mais tr&#232;s ambigu&#235; d'&#171; ordre naturel &#187; &#224; propos de l'id&#233;al reclusien. C'est le cas de Marie Fleming qui l'utilise comme titre d'un de ses articles o&#249; elle se contente d'&#233;voquer le concept au d&#233;but de son propos, sans d'ailleurs citer le texte o&#249; Reclus l'utiliserait, et laisse sous-entendre par la suite que toute la d&#233;marche de Reclus vise &#224; restaurer ce fameux &#171; ordre naturel &#187;. Cela peut contenter certains &#233;cologistes, mais ce n'est gu&#232;re s&#233;rieux sur le plan scientifique et manipulatoire sur le plan politique. Compte tenu du fait que les &#233;crits de Fleming sur Reclus ont pendant longtemps constitu&#233; l'une des rares sources accessibles sur Reclus dans le monde anglo-saxon, on devine les cons&#233;quences que cela peut avoir dans un milieu o&#249; la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;deep ecology&lt;/q&gt; a le vent en poupe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fleming Marie, &#171; Life, liberty and the pursuit of a natural order - The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres aspects de la pens&#233;e reclusienne sont d&#233;pass&#233;s, sinon tr&#232;s dat&#233;s. Son utilisation du terme de &#171; races humaines &#187; et les commentaires qu'il d&#233;veloppe &#224; ce propos refl&#232;tent le retard de la science sur cette question, alors que tous les &#233;crits de Reclus sont exempts de racisme, ce que souligne fort bien Pierre Kropotkine dans sa n&#233;crologie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kropotkine Pierre, &#171; Obituary - Elis&#233;e Reclus &#187;, Geographical Journal, 1905, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le savant du jour n'est que l'ignorant du lendemain &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus est un scientifique qui ne crache pas dans la soupe et qui estime que la science est susceptible d'apporter d'immenses bienfaits &#224; l'humanit&#233;. Il consacre des pages enti&#232;res &#224; louer les apports de la science&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment dans L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique et dans le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il termine son &#339;uvre et sa vie par un long chapitre final dans&lt;i&gt; L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, dense et fondamental, qui est sobrement et symptomatiquement intitul&#233; &#171; Le Progr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/kupka-homme-terre-elisee-reclus-57_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH453/kupka-homme-terre-elisee-reclus-57_1-17ddc.jpg?1774743928' width='500' height='453' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Kupka r&#233;alis&#233; pour &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue l'&#233;loigne &#224; tout jamais des tenants de l'&#233;cologie profonde qui rejettent dans un amalgame confus tout ce qui est science, progr&#232;s et technologie. Pour autant, Reclus n'est pas dupe. Il sait que la science en soi n'est rien, et qu'elle d&#233;pend des hommes, c'est-&#224;-dire &#224; la fois des scientifiques et de la soci&#233;t&#233;. Commentant le sombre mais juste pronostic de Bakounine sur &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le gouvernement des savants&lt;/q&gt;, Elis&#233;e Reclus, avec Carlo Cafiero, mettait excellemment les choses au point : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D'avance, ne pourrions-nous pas au contraire pr&#233;voir chez ces nouveaux ma&#238;tres [pr&#233;tendus savants] les m&#234;mes folies et les m&#234;mes crimes que chez les ma&#238;tres d'autrefois et ceux du temps pr&#233;sent ? D'abord, la science n'est pas : elle se fait. Le savant du jour n'est que l'ignorant du lendemain.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reclus Elis&#233;e et Cafiero Carlo, avertissement de la premi&#232;re &#233;dition de Dieu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quelques phrases incisives, Reclus nous alerte sur le danger des nouveaux gourous qui ne se maintiendront au pouvoir qu'au pr&#233;tendu nom de la science, mais qui, en fait, devront &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;maintenir les masses dans l'ignorance&lt;/q&gt;, et, simultan&#233;ment, il d&#233;fend l'essence m&#234;me de la science : le questionnement permanent, la remise en cause, l'humilit&#233; intellectuelle et les potentialit&#233;s immenses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Reclus fait preuve d'un certain t&#233;l&#233;ologisme scientiste en se montrant r&#233;solument optimiste sur les capacit&#233;s de la science &#224; tracer &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; un chemin &#224; l'&#233;mancipation et, notamment, &#224; lever l'hypoth&#232;que religieuse qui constitue une impasse pour l'humanit&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pelletier Philippe, &#171; Elis&#233;e Reclus au-del&#224; de la mode &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il partage ainsi une position de son temps, tr&#232;s importante chez les anarchistes en particulier. Mais &#233;tait-ce absurde de soutenir cet espoir puisque les anarchistes, se dissociant des marxistes, font aussi reposer la critique du capitalisme sur une critique de l'&#201;tat, c'est-&#224;-dire sur une critique de la religion qui non seulement l&#233;gitime cet &#201;tat mais en constitue l'essence comme l'a remarquablement analys&#233; Bakounine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait tout &#224; fait envisageable et logique de consid&#233;rer que le d&#233;veloppement scientifique, qui se d&#233;gageait non sans mal du bourbier m&#233;taphysique et obscurantiste, allait tout naturellement et progressivement faire reculer la religion, et donc l'&#201;tat. C'&#233;tait malheureusement sous-estimer le sentiment religieux, dont Reclus lui-m&#234;me, de formation protestante, n'est pas exempt dans ses consid&#233;rations sur la nature ou sur l'amour universel. Le d&#233;bat reste ouvert sur cette question de la permanence du mysticisme malgr&#233; le d&#233;veloppement de la science, mais les &#233;cologistes qui s'&#233;garent dans des d&#233;lires exotico-mystiques sur les religions naturelles, sur le bouddhisme ou le tao&#239;sme ne nous apportent gu&#232;re d'analyses convaincantes...&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Clark, qui n'a d&#233;cid&#233;ment peur de rien, n'h&#233;site pas &#224; tenter une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes encore, Reclus, qui est pour le progr&#232;s, montre un certain optimisme &#233;volutionniste. Mais c'est une apparence et, d'ailleurs, il raisonne plus &#224; long terme qu'&#224; court terme (ce qui est moins vrai pour l'&#233;ch&#233;ance r&#233;volutionnaire que, comme d'autres, anarchistes ou non, il imagine proche). Reclus n'a pas du progr&#232;s une vision &#233;troite ou lin&#233;aire. Il soutient l'id&#233;e d'une combinaison dynamique de progr&#232;s et de r&#233;gr&#232;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est dans L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique (1892) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe, inspir&#233; du philosophe italien Vico (1744-1803)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qu'il cite, mais qu'il estime incomplet, cf. L'Homme et la Terre, tome VI, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, n'est pas sans rappeler la dialectique s&#233;rielle de Proudhon (1809-1865), m&#234;me si Reclus ne se r&#233;f&#232;re pratiquement jamais &#224; celui-ci&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sinon pas du tout, Les rapports Proudhon-Reclus n'ont pas fait l'objet, &#224; ma (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En fait, Reclus h&#233;site entre une dialectique de type h&#233;g&#233;lien, qui transite par un Bakounine (1814-1876) qui l'a fortement inspir&#233; avant Kropotkine, et une dialectique s&#233;rielle&lt;i&gt; sui generis&lt;/i&gt;. On retrouve cette ambivalence &#224; propos du d&#233;terminisme g&#233;ographique. Reclus m&#233;lange en effet quelques d&#233;terminismes physiques implicites, ou certaines tendances au possibilisme, avec des propos qui l'&#233;loignent franchement du d&#233;terminisme vulgaire, alors tr&#232;s &#224; la mode. C'est ce rejet du d&#233;terminisme qui l'emporte chez lui, mais Reclus laisse la question plus ouverte qu'on ne le pense g&#233;n&#233;ralement. H&#233;ritant du discours scientiste et naturaliste, il est &#224; la recherche de lois qui soient non seulement explicatives mais aussi prospectives &#8212; presque d&#233;terminantes ou, tout du moins, porteuses d'un d&#233;terminisme bien compris et ma&#238;tris&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Homme a ses lois comme la Terre. (...) L'homme qui contemple et scrute cet univers assiste &#224; l'&#339;uvre immense de la cr&#233;ation incessante qui commence toujours et ne finit jamais, et, participant lui-m&#234;me par l'ampleur de la compr&#233;hension &#224; l'&#233;ternit&#233; des choses, il peut arriver, comme Newton, comme Darwin, &#224; les r&#233;sumer d'un mot. (...) Le d&#233;veloppement de l'homme est-il en harmonie parfaite avec les lois de la Terre ? Comment change-t-il sous les mille influences du milieu changeant ? Les vibrations sont-elles simultan&#233;es et de si&#232;cle en si&#232;cle modifient-elles incessamment leurs accords ?&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conclusion de la Nouvelle G&#233;ographie universelle, vol. XVI.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En posant la question, Reclus y r&#233;pond donc pour le moment... par l'interrogative. C'est dire la force de sa dialectique d'instabilit&#233;-stabilit&#233; permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de sa vie et de son &#339;uvre, dans la pr&#233;face de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, Elis&#233;e Reclus esquisse une r&#233;ponse, non sans prudence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Certes je savais d'avance que nulle recherche ne me ferait d&#233;couvrir cette loi d'un progr&#232;s humain dont le mirage s&#233;duisant s'agite sans cesse &#224; notre horizon, et qui nous fuit et se dissipe pour se reformer encore. (...) Non, mais nous pouvons reconna&#238;tre le lien intime qui rattache la succession des faits humains &#224; l'action des forces telluriques : il nous est permis de poursuivre dans le temps chaque p&#233;riode de la vie des peuples correspondant au changement des milieux, d'observer l'action combin&#233;e de la Nature et de l'Homme lui-m&#234;me r&#233;agissant sur la Terre qui l'a form&#233;. (...) La &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;lutte des classes&lt;/q&gt;, la recherche de l'&#233;quilibre et la d&#233;cision souveraine de l'individu, tels sont les trois ordres de faits que nous r&#233;v&#232;le l'&#233;tude de la g&#233;ographie sociale et qui, dans le chaos des choses, se montrent assez constants pour qu'on puisse leur donner le nom de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;lois&lt;/q&gt;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;face de L'Homme et la Terre. Correspond &#233;galement aux citations suivantes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette citation r&#233;sume parfaitement les conclusions de Reclus. Il rappelle le postulat de la th&#233;orie socialiste &#8212;l'existence de la lutte des classes &#8212;, tout en l'appliquant &#224; la g&#233;ographie : on retrouve partout cette lutte, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec l'infinie diversit&#233; que d&#233;terminent les sites, les climats et l'&#233;cheveau de plus en plus entrem&#234;l&#233; des &#233;v&#233;nements&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour Yves Lacoste, il s'agit d'un emprunt &#224; Marx, d'o&#249; les guillemets mis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Partout, dans ses &#233;crits, Reclus fait allusion &#224; la division du &#171; corps social &#187; en deux entit&#233;s oppos&#233;es. Ce constat l'&#233;loigne, une fois encore, de la grande majorit&#233; des &#233;cologistes contemporains, pour ne pas dire la quasi-totalit&#233;, &#224; mesure que les partis verts s'int&#232;grent dans l'appareil d'&#201;tat, pour qui la lutte des classes para&#238;t trop ringarde&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Clark, d&#233;cid&#233;ment peu &#224; l'aise avec le socialisme, se montre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de &#171; recherche de l'&#233;quilibre &#187;, qui fait &#233;cho &#224; la th&#233;orie &#233;volutionniste de Darwin et &#224; &#171; l'aide mutuelle &#187; de Kropotkine comme facteur de l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s, n'a pas toujours &#233;t&#233; bien comprise. Pour le g&#233;ographe Christian Vandermotten, elle &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;est mue par un souffle id&#233;aliste. Les progr&#232;s moraux sont en derni&#232;re analyse le moteur des choses&lt;/q&gt; selon Reclus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit.&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Certes, les positions reclusiennes sont impr&#233;gn&#233;es d'imp&#233;ratifs moraux. Mieux encore, l'&#233;mancipation des individus et des classes sociales ne peut s'op&#233;rer, au-del&#224; des solidarit&#233;s concr&#232;tes exprim&#233;es dans la lutte des classes, sans un projet social sup&#233;rieur, id&#233;al, qui permet d'outrepasser les divisions impos&#233;es par le syst&#232;me actuel&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les implications politiques de cette position sont claires. C'est, entre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la &#171; loi &#187; reclusienne n'est pas incompatible avec la lutte des classes, ph&#233;nom&#232;ne dynamique, car la recherche de l'&#233;quilibre n'est pas statique puisqu'elle est &#171; recherche &#187;, donc attente. Elle ne se limite pas non plus &#224; la sph&#232;re soci&#233;tale et elle s'applique &#224; l'ensemble du milieu physique. Reclus pr&#233;figure ce qu'on appelle aujourd'hui les ph&#233;nom&#232;nes de bio-stasie-rhexistasie, les structures dissipatives, les th&#233;ories des bifurcations et des catastrophes. Cette &#171; recherche de l'&#233;quilibre &#187; rappelle encore la pens&#233;e &#171; id&#233;or&#233;aliste &#187; de Proudhon, comme la d&#233;nomme le philosophe Yves Roucaute&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roucaute Yves, &#171; Proudhon Pierre-Joseph, 1809-1865 &#187;, Dictionnaire des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;cision souveraine de l'individu&lt;/q&gt; est d'une tonalit&#233; profond&#233;ment anarchiste mais n'en demeure pas moins valide scientifiquement. L'acquis des sciences sociales est l&#224; pour nous le rappeler. Reclus pr&#233;cise que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;c'est dans la personne humaine, &#233;l&#233;ment primaire de la soci&#233;t&#233;, qu'il faut chercher le choc impulsif du milieu, destin&#233; &#224; traduire en actions volontaires pour r&#233;pandre les id&#233;es et participer aux &#339;uvres qui modifieront l'allure des nations&lt;/q&gt;. Cette phrase r&#233;sume bien, elle encore, la position de Reclus que l'on peut anachroniquement qualifier d'&#171; anthropocentrique &#187;, et qui le distingue des &#233;cologistes contemporains &#171; biocentriques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une vision dynamique, non f&#233;tichiste et non conservatrice de la nature &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, l'&#234;tre humain est ins&#233;parable de la nature puisqu'il en est issu. Mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la nature prenant conscience d'elle-m&#234;me&lt;/q&gt;, comme le rappelle l'&#233;pigramme de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;. Autrement dit, ce n'est plus la nature, c'est d&#233;j&#224; l'humanit&#233;. C'est m&#234;me la civilisation ou, plus exactement, la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;demi-civilisation puisqu'elle ne profite point &#224; tous&lt;/q&gt;. C'est enfin l'humanit&#233; prenant conscience d'elle-m&#234;me, comme le dit Reclus &#224; la fin de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/l_homme_et_la_terre_hommenature_01.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH439/l_homme_et_la_terre_hommenature_01-17d3a.png?1774743928' width='500' height='439' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Kupka r&#233;alis&#233; pour &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233; modifie constamment son environnement, cet environnement transform&#233; exerce &#224; son tour une influence sur elle, et ainsi de suite. Reclus n'a donc pas une vision statique, conservatrice et f&#233;tichiste de la nature. Il parle de milieu-espace et de milieu-temps ainsi que de dynamique, une terminologie qui nous parait famili&#232;re mais qui ne l'&#233;tait pas &#224; une &#233;poque o&#249; dominait le d&#233;terminisme physique et naturaliste. De l&#224; d&#233;coulent plusieurs positions de Reclus qui se situent &#224; l'oppos&#233; des conceptions biocentristes, bior&#233;gionalistes, malthusiennes, conservatrices ou antisp&#233;cistes des adeptes de l'&#233;cologie profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;g&#233;tarien, Reclus &#233;prouve de la compassion pour les animaux comme pour les plantes. Mais il ne doute pas de la n&#233;cessit&#233; pour l'&#234;tre humain de les utiliser, voire de les consommer. Il la consid&#232;re en tous les cas comme un facteur de progr&#232;s et, d'apr&#232;s lui, si l'homme n'est pas rest&#233; un bip&#232;de sauvage parmi les quadrup&#232;des, il le doit aux animaux qui ont facilit&#233; sa lutte pour l'existence en l'obligeant &#224; les combattre ou en s'alliant avec eux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Homme et la Terre, tome I, livre I, ou encore le long passage du tome VI, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce qu'il faut &#233;viter, c'est la souffrance. Ce qu'il faut rechercher, c'est le d&#233;veloppement mutuel et de chacun. Il rejette les massacres d'animaux (phoques, bisons...). Il est favorable aux conventions de protection floristique et faunistique, et aux parcs nationaux, m&#234;me s'il ne fantasme pas sur leurs r&#233;sultats. Ind&#233;niablement, c'est le passage qui, dans son &#339;uvre, est le plus proche des positions &#233;cologistes contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Am&#233;nageur conscient de l'environnement, connaisseur des civilisations pass&#233;es qui se sont an&#233;anties pour avoir malmen&#233; leur milieu, Reclus alerte &#224; maintes reprises sur le danger que repr&#233;sente pour l'humanit&#233; &#8212; et pas seulement pour la nature elle-m&#234;me, ce qui l'&#233;loigne d'une position &#171; biocentrique &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Clark est r&#233;duit &#224; en convenir, non sans embarras : Reclus semble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; les diverses destructions de la nature. Il r&#233;pugne aux destructions inutiles, inutiles pour la nature car elles menacent son &#233;quilibre instable, inutiles pour l'homme car elles ruinent son propre milieu, d&#233;gradent sa sensibilit&#233;, attaquent son sens &#233;thique. Les g&#233;ographes Lacoste et Giblin, ou encore John Clark, ont relev&#233; une s&#233;rie de destructions &#171; &#233;cologiques &#187; d&#233;nonc&#233;es avec justesse par Reclus : celle des for&#234;ts (parfois qualifi&#233;es d'&#171; imb&#233;ciles &#187;), le d&#233;boisement des Alpes, l'&#233;rosion des sols, l'avanc&#233;e des dunes, la fragilit&#233; des marais, etc.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giblin B&#233;atrice, &#171; Reclus : un &#233;cologiste avant l'heure ? &#187;, H&#233;rodote n&#176;22, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/kupka-homme-terre-elisee-reclus-40_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH440/kupka-homme-terre-elisee-reclus-40_1-1cde7.jpg?1774743928' width='500' height='440' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Kupka r&#233;alis&#233; pour &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La position de Reclus est donc claire. L'action de l'homme n'est pas n&#233;faste en soi, sa logique n'est pas seulement morale mais aussi sociale. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle peut embellir la Terre, mais elle peut aussi l'enlaidir ; suivant l'&#233;tat social et les m&#339;urs de chaque peuple, elle contribue tant&#244;t &#224; d&#233;grader la nature, tant&#244;t &#224; la transfigurer.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Terre, tome II, p. 748.&#034; id=&#034;nh3-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Ainsi, il ne conteste pas la n&#233;cessit&#233; de l'am&#233;nagement navigable de la Loire, par exemple, mais la fa&#231;on dont celui-ci est r&#233;alis&#233; par l'&#201;tat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Homme et la Terre, tome VI, chapitre VII, &#171; L'&#201;tat moderne &#187;, p. 480 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Reclus, l'occupation du milieu n'est donc pas fonction du nombre des hommes mais de la qualit&#233; de leur am&#233;nagement. De concert avec Kropotkine qui partageait la m&#234;me id&#233;e pour les m&#234;mes raisons, il est donc logiquement hostile &#224; toute position strictement malthusienne, sachant, de surcro&#238;t, que le malthusianisme est un faux pr&#233;texte avanc&#233; par la classe dirigeante pour &#233;viter de partager &#233;galitairement les richesses. Dans un long passage de &lt;i&gt;L'Evolution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique&lt;/i&gt;, Reclus se livre &#224; un s&#233;v&#232;re r&#233;quisitoire contre Malthus. Il estime que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la Terre est assez vaste pour nous porter tous en son sein, elle est assez riche pour nous faire vivre dans l'aisance&lt;/q&gt; et il stigmatise &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tout l'art actuel de la r&#233;partition, telle qu'elle est livr&#233;e au caprice individuel et &#224; la concurrence effr&#233;n&#233;e des sp&#233;culateurs.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reclus Elis&#233;e, L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique (1880). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; L'argumentation de Reclus s'appuie doublement sur un souci moral-social (la joie pour tous d'avoir des enfants, l'hypocrisie et la mesquinerie des riches) et sur une d&#233;monstration scientifique. Ailleurs, avec l'aide de son secr&#233;taire Sensine, il se livre en effet &#224; un calcul portant sur les surfaces, les terres et les richesses qui lui permet de conclure : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons &#233;tendre la solidarit&#233; &#224; tous les hommes, sachant d'une mani&#232;re positive, gr&#226;ce &#224; la g&#233;ographie et &#224; la statistique, que les ressources de la Terre sont amplement suffisantes pour que tous aient &#224; manger. Cette loi pr&#233;tendue d'apr&#232;s laquelle les hommes doivent s'entre-manger n'est pas justifi&#233;e par l'observation. C'est au nom de la science que nous pouvons dire au savant Malthus qu'il s'est tromp&#233;. Notre travail de tous les jours multiplie les pains et tous seront rassasi&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de 1884 d'Elis&#233;e Reclus &#224; Richard Heath, cit&#233;e par Reclus Paul, op, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; II d&#233;veloppe &#233;galement ce propos dans un long passage de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt; sur le peuplement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tome V, livre I, chapitre I.&#034; id=&#034;nh3-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, Elis&#233;e Reclus n'a pas concr&#232;tement imagin&#233; les cons&#233;quences de la formidable explosion d&#233;mographique du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Pourtant, il en a estim&#233; le chiffre possible, et ses pr&#233;misses politiques ou scientifiques demeurent justes. Il remarquait d&#233;j&#224; que les milieux les plus denses du globe ne sont pas forc&#233;ment les plus pauvres (Europe rh&#233;nane, Asie des moussons, hauts plateaux africains), m&#234;me pour les r&#233;gions rurales. Le probl&#232;me ne vient pas d'une erreur des techniques ou de la science mais d'une mauvaise utilisation de celles-ci, par le capitalisme, et d'un gaspillage, d'o&#249; n'est d'ailleurs pas exclue une perte du sens moral et civique. Pour Reclus, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il n'existe point de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;bonnes terre&lt;/q&gt; jadis : toutes ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es par l'homme, dont la puissance cr&#233;atrice, loin d'avoir diminu&#233;, s'est au contraire accrue dans d'&#233;normes proportions.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une position socialiste &#224; vrai dire classique (cf. Proudhon, Marx, etc.), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour les adorateurs de la &#171; plan&#232;te Gaia &#187; pr&#233;tendument g&#233;n&#233;reuse, fertile et intouchable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position reclusienne heurte &#233;videmment de plein fouet les &#233;cologistes malthusiens de tout bord qui pr&#233;f&#232;rent s'en prendre aux cons&#233;quences plut&#244;t qu'aux causes. John Clark, par exemple, avoue son incompr&#233;hension, en regrettant que Reclus ne f&#251;t pas &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;assez perspicace pour anticiper sur le v&#233;ritable fl&#233;au actuel (sic), &#224; mesure (...) qu'une population humaine en forte croissance approche maintenant ces six milliards qu'il consid&#233;rait comme la limite plausible, m&#234;me &#224; son &#233;poque optimiste.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 45.&#034; id=&#034;nh3-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Clark oublie aussi que Reclus donnait des chiffres encore plus &#233;lev&#233;s (16 milliards d'hommes pour la seule bande &#233;quatoriale !). Il reste brusquement silencieux sur la position de Murray Bookchin, qu'ailleurs il cite pourtant abondamment, qui a quand m&#234;me, dans un &#233;lan de lucidit&#233;, attir&#233; l'attention sur les ambigu&#239;t&#233;s du malthusianisme dans un texte &#8212; est-ce un hasard ? &#8212; qui est malheureusement peu diffus&#233; par les bookchinistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bookchin Murray, &#171; The population myth &#187;, Kick it over n&#176; 29, &#233;t&#233; 1992, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter enfin, sur le plan des implications politiques de cette question, que Reclus regrettait que certains anarchistes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gaspillent leur &#233;nergie&lt;/q&gt; dans le n&#233;o-malthusianisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Nettlau Max dans Geschichte der Anarchie V, p. 243, et dans Elis&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Reclus contre toutes les fronti&#232;res &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La nature &#233;tant en d&#233;finitive un milieu changeant, la population un espace mouvant, les fronti&#232;res sont donc des obstacles totalement artificielles. C'est d'ailleurs &#224; partir de la question du peuplement, et donc de la libert&#233; de circuler et d'habiter librement, que Reclus aborde la fameuse question des &#171; fronti&#232;res naturelles &#187; et qu'il en dresse un f&#233;roce r&#233;quisitoire dans &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de son &#339;uvre fourmille d'ailleurs d'explications quant &#224; l'absurdit&#233; des fronti&#232;res, y compris celles qui sont &#171; dites naturelles &#187;. Selon Reclus, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toutes ces fronti&#232;res ne sont que des lignes artificielles impos&#233;es par la violence, la guerre, l'astuce des rois et sanctionn&#233;es par la couardise des peuples. (...) Quant aux fronti&#232;res dites naturelles, celles qui reposent sur le relief du sol, on les comprend &#224; la rigueur : mais m&#234;me elles n'ont pas plus que les pr&#233;c&#233;dentes le droit de former obstacle entre les populations, et n'ont pas non plus le droit de servir de fondement &#224; l'organisation de la soci&#233;t&#233;. Il n'y a pas de fronti&#232;re naturelle ; l'Oc&#233;an m&#234;me ne s&#233;pare plus les pays&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Compte rendu du discours d'Elis&#233;e Reclus au Congr&#232;s de la paix, en 1868, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette question, John Clark atteint probablement le summum de la confusion et de l'incompr&#233;hension, non seulement de l'&#339;uvre de Reclus mais aussi de certaines notions &lt;i&gt;&lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;&lt;/i&gt; connues. Pour Clark, en effet, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'il n'est pas &#233;tonnant que Reclus soit hostile aux cr&#233;ations territoriales de l'&#201;tat, il est surprenant qu'il ait rejet&#233; la notion significative de fronti&#232;res &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;naturelles&lt;/q&gt;, concept fondamental d'un point de vue bior&#233;gional&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 80.&#034; id=&#034;nh3-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme tant d'autres, John Clark joue ici dangereusement avec le feu. Sait-il, oublie-t-il que la notion de &#171; fronti&#232;res naturelles &#187; h&#233;rit&#233;e du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle fut une machine de guerre qui servit aux jacobins fran&#231;ais, &#224; Danton puis &#224; Napol&#233;on pour justifier leur avanc&#233;e jusqu'au Rhin, &#171; fleuve fronti&#232;re &#187;, et qu'inversement les pan-germanistes allemands l'ont utilis&#233;e &#224; leur tour dans leurs conqu&#234;tes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bior&#233;gionalisme, variante de l'&#233;cologie profonde, qui pr&#244;ne les &#171; fronti&#232;res naturelles &#187; n'est qu'une nouvelle fumisterie propice &#224; de nouvelles guerres... Apr&#232;s un demi-si&#232;cle de carnages pour la &#171; ligne bleue des Vosges &#187; ou le &#171; Lebensraum &#187; des Sud&#232;tes, voir les efforts de g&#233;n&#233;rations de g&#233;ographes, de sociologues ou d'anthropologues qui ont pris conscience de ce danger et l'ont d&#233;nonc&#233; menac&#233;s par des tartuferies pseudo-scientifiques, cela laisse r&#234;veur et rageur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que beaucoup ont gard&#233; &#224; l'esprit apr&#232;s avoir lu Reclus &#8212; et l&#224;, pour une fois, je serais d'accord avec John Clark (mais pas avec les m&#234;mes conclusions !) c'est son amour pour la nature, la sensation de libert&#233;, d'harmonie et de pl&#233;nitude qu'il &#233;prouve pour elle et par elle. Ce sentiment transpara&#238;t dans ses lyriques descriptions de paysages ou dans son go&#251;t pour la marche &#224; pied et la randonn&#233;e (notamment en montagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette sensibilit&#233; pour la nature n'est pas l'apanage de Reclus, comme le remarque &#224; juste titre B&#233;atrice Giblin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., p. 110.&#034; id=&#034;nh3-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. De nombreux g&#233;ographes, surtout &#224; cette &#233;poque et pendant la premi&#232;re moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, se sont &#233;panch&#233;s dans le lyrisme, l'ode &#224; la nature et aux paysages. Chez Reclus, on peut y voir l'h&#233;ritage de Ritter et, surtout, de von Humboldt&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nozawa Hideki, &#171; Le sentiment de la nature chez Elis&#233;e Reclus &#187;, Cosmology, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On peut ajouter que l'amour de la nature, le bucolisme, l'attrait des paysages ou encore l'appel de la montagne, tout cela n'est pas non plus &#224; l'heure actuelle l'apanage des &#233;cologistes, &#224; moins de vouloir annexer unilat&#233;ralement hommes et id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; de Reclus fut d'avoir fait vibrer et ressentir une sensibilit&#233; tr&#232;s forte, acquise d&#232;s son plus jeune &#226;ge, et d'avoir articul&#233; son lyrique amour de la nature avec une vision toute scientifique. De fait, cette double combinaison, de m&#234;me que la constante oscillation entre une tendance naturaliste et une tendance sociologique, cet &#233;quilibre instable sur le fil du rasoir d'une dialectique des contraires imbriqu&#233;s, ont pu s&#233;duire le plus grand nombre mais, dans le m&#234;me temps, favoriser diverses interpr&#233;tations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les naturalistes &#8212; et les &#233;cologistes contemporains &#8212; voient d'abord la nature chez Reclus, les sociologues d'abord la soci&#233;t&#233;, et ainsi de suite. Certains anarchistes, fascin&#233;s par le savoir de Reclus et &#233;blouis par ses descriptions, l'ont mis sur un pinacle, d'autres se sont livr&#233;s au culte de la nature, perdant de vue et s'&#233;loignant du mouvement ouvrier. Tout le monde y trouve peut-&#234;tre son compte mais perturbe se faisant l'homog&#233;n&#233;it&#233;, fragile, instable certes, mais dynamique et somme toute coh&#233;rente de la pens&#233;e reclusienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps la science a &#233;volu&#233;. Il ne s'agit donc pas de r&#233;cup&#233;rer dans un sens ou dans un autre tel ou tel h&#233;ritage de Reclus, mais de prolonger son fil conducteur, son &#233;tat d'esprit, sa vision. Car en d&#233;finitive, toutes ces descriptions, toutes ces analyses, tout ce savoir, &#224; quoi doit-il servir ? Reclus reconna&#238;t le poids de la nature dans l'humanit&#233;, mais il souligne que cela ne doit pas &#234;tre un obstacle. De la m&#234;me fa&#231;on que Bakounine clamait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nulle r&#233;bellion contre la nature n'est possible&lt;/q&gt;, il constatait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'homme, cet &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#234;tre raisonnable&lt;/q&gt; qui aime tant &#224; vanter son libre arbitre, ne peut n&#233;anmoins se rendre ind&#233;pendant des climats et des conditions physiques de la contr&#233;e qu'il habite. Notre libert&#233;, dans nos rapports avec la Terre, consiste &#224; en reconna&#238;tre les lois pour y conformer notre existence.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Terre, tome ll, p. 622. Cette r&#233;flexion sur le libre arbitre signale au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc la facette environnementaliste du projet libertaire de Reclus. Car cette conformit&#233; &#224; la nature n'est pas passive, ni oppressive, ni subie. Reclus ajoute quelques lignes plus loin que, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;apr&#232;s avoir &#233;t&#233; longtemps pour le globe de simples produits &#224; peine conscients, nous devenons des agents de plus en plus actifs dans son histoire&lt;/q&gt;. Apr&#232;s avoir expos&#233; ses trois lois, Reclus conclut sur ce qu'il faut faire et sur le r&#244;le de la g&#233;ographie, notre &#171; savoir-penser l'espace &#187; contemporain : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est d&#233;j&#224; beaucoup de les conna&#238;tre et de pouvoir diriger d'apr&#232;s elles sa propre conduite et sa part d'action dans la g&#233;rance commune de la soci&#233;t&#233;, en harmonie avec les influences du milieu, connues et scrut&#233;es d&#233;sormais. C'est l'observation de la Terre qui nous explique les &#233;v&#233;nements de l'Histoire, et celle-ci nous ram&#232;ne &#224; son tour vers une &#233;tude plus approfondie de la plan&#232;te, vers une solidarit&#233; plus consciente de notre individu, &#224; la fois petit et si grand, avec l'immense univers.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Homme et la Terre, fin de la pr&#233;face.&#034; id=&#034;nh3-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Clark John P., &lt;i&gt;La pens&#233;e sociale d'Elis&#233;e Reclus, g&#233;ographe anarchiste&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1996, 146 pp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Outre John Clark, voir l'article de Jean-Paul Del&#233;age dans&lt;i&gt; Ecologie politique&lt;/i&gt; n&#176;3-4, octobre 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Acot Pascal, &lt;i&gt;Histoire de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, PUF, Paris, 1988. Cf. &#233;galement Del&#233;age Jean-Paul, &lt;i&gt;Une histoire de l'&#233;cologie&lt;/i&gt;, Le Seuil Points-Sciences, Paris 1994 ; Drouin Jean-Marc,&lt;i&gt; L'&#233;cologie et son histoire&lt;/i&gt;, Champs-Flammarion, Paris, 1993, 222 pp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Del&#233;age Jean-Paul, &#171; De l'univers infini au monde clos &#187;, &lt;i&gt;G&#233;opolitique &lt;/i&gt; n&#176;40, 1992, pp. 16-20, et &#171; L'&#233;cologie, science de l'homme et de son environnement &#187;, in&lt;i&gt; Les paradoxes de l'environnement. Responsabilit&#233; des scientifiques, pouvoir des citoyens&lt;/i&gt;, Albin Miche !, Paris, 1994), 178 pp., pp. 23-32 ; Raffin Jean-Pierre, &#171; De l'&#233;cologie scientifique &#224; l'&#233;cologie politique &#187;, &lt;i&gt;Le d&#233;fi &#233;cologiste&lt;/i&gt;, L'Harmattan, Paris, 1993, 192 pp., pp. 27-40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur Haeckel, son interpr&#233;tation du darwinisme, son anticl&#233;ricalisme et ses positions sociales r&#233;actionnaires, cf. Tort P., &lt;i&gt;La pens&#233;e hi&#233;rarchique et l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Aubier, Paris, 1983, pp. 267-328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de juin 1888 d'Elis&#233;e Reclus &#224; Renard, auteur d'un &#171; Essai sur le socialisme &#187;. Cit&#233;e par Reclus Paul, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187; (1939), r&#233;&#233;dit&#233;e in &lt;i&gt;Les fr&#232;res Elie &amp; Elis&#233;e Reclus ou du Protestantisme &#224; l'anarchisme&lt;/i&gt;, Les Amis d'Elis&#233;e Reclus, Paris, 1964, 212 pp., p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, &#233;d. or., p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Berque Augustin,&lt;i&gt; Le sauvage et l'artifice. Les Japonais devant la nature&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1986, 316 pp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le g&#233;ographe russe V.A. Anuchin estime que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Reclus fut le premier &#224; utiliser le terme d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;environnement g&#233;ographique&lt;/q&gt;, dans le sens de conditions du d&#233;veloppement social qui entourent l'homme.&lt;/q&gt; Anuchin est probablement victime de traductions en cha&#238;ne (russe, plus anglais) car si l'on se reporte au texte original de Reclus en fran&#231;ais qu'il donne comme preuve, Reclus parle bien de &#171; milieu &#187; et non d'&#171; environnement g&#233;ographique &#187;. Anuchin VA.,&lt;i&gt; Theoritical problems of geography&lt;/i&gt;, Ohio State UP, Columbus, 1977, 332 pp., p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-_2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le sauvage et l'artifice. Les Japonais devant la nature&lt;/i&gt;, Gallimard, Paris, 1986, 316 pp. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cf &#233;galement, du m&#234;me auteur, &lt;i&gt;M&#233;diance. De milieux en paysages&lt;/i&gt;, Montpellier, 1990, GIP-Reclus, 166 pp,, pp. 29-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dunbar Gary S., &#171; Early occurrences of the term &#034;social geography&#034; &#187;, &lt;i&gt;Scottish geographical magazine&lt;/i&gt;, avril 1977, vol. 93, pp. 15-20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. lettre d'Elis&#233;e Reclus du 5 juin 1895 &#224; la maison Hachette, au d&#233;part pressentie pour l'&#233;dition, in &lt;i&gt;Reclus Paul&lt;/i&gt;, op. cit., p. 145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pelletier Philippe,&lt;i&gt; L'imposture &#233;cologiste&lt;/i&gt;, 1993, Montpellier, GIP-Reclus, &#171; G&#233;ographiques &#187;, 210 pp.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Leunis Eric et Neyts Jean-Marie, &#171; La formation de la pens&#233;e anarchiste d'Elis&#233;e Reclus &#187;,&lt;i&gt; Revue belge de g&#233;ographie&lt;/i&gt;, 110-1, 1985, pp. 139-151.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Mesnil Jacques, &lt;i&gt;Elis&#233;e Reclus&lt;/i&gt;, &#233;d. du Semeur, 1928, pp. 20-21. Max Nettlau rel&#232;ve &#224; ce propos que Reclus est un pr&#233;curseur dans l'emploi positif du mot &#171; anarchie &#187;, alors m&#234;me que Proudhon qui l'avait lanc&#233; en 1840 ne l'&#233;crit pas souvent, ou de fa&#231;on contradictoire. Mais pr&#233;cis&#233;ment pour cette raison, il importe de souligner que l'anarchisme restait encore mal d&#233;fini th&#233;oriquement et organisationnellement en 1851. Cf. Nettlau Max, &#171; Elis&#233;e Reclus, ses id&#233;es et son &#339;uvre &#187;, in &lt;i&gt;Science... et conscience, Elie et Elis&#233;e Reclus&lt;/i&gt;, &#233;d. du Semeur, 1928, p. 28 ; ou encore &lt;i&gt;Histoire de l'anarchie&lt;/i&gt;, Paris, Artefact, 1986, 306 pp., pp. 79-80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le contrat pass&#233; avec Hachette pour la &lt;i&gt;Nouvelle G&#233;ographie universelle &lt;/i&gt; emp&#234;chait Reclus d'y exprimer trop ouvertement ses options id&#233;ologiques et politiques, Ce n'est plus le cas de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre &lt;/i&gt; o&#249;, dans la postface dat&#233;e du 15 septembre 1908 du dernier volume, Paul Reclus (1858-1941), le neveu du g&#233;ographe, stipule qu'Elis&#233;e Reclus y a cherch&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; affirmer l'unit&#233; de ses vues de savant et d'anarchiste&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vandermotten Christian, &#171; La pens&#233;e d'Elis&#233;e Reclus et la g&#233;ographie de la Belgique en son temps &#187;, &lt;i&gt;Revue belge de g&#233;ographie&lt;/i&gt;, 110-1, 1985, pp. 71-94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicolai Henri, &#171; Elis&#233;e Reclus et l'Afrique &#187;,&lt;i&gt; Revue belge de g&#233;ographie&lt;/i&gt;, 110-1, 1985, pp. 95-107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce que remarque par exemple la g&#233;ographe Marie-Claire Robic : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais la perspective reste synth&#233;tique et, par principe encore plus que pour des raisons d'insuffisante science, exclusive de toute g&#233;n&#233;ralisation.&lt;/q&gt; Robic Marie-Claire, &#171; G&#233;ographie et &#233;cologie v&#233;g&#233;tale : le tournant de la Belle Epoque &#187;, &lt;i&gt;Du milieu &#224; l'environnement&lt;/i&gt;, M.-C. Robic. &#233;d., 1992, Paris, &lt;i&gt;Economica&lt;/i&gt;, pp. 125-165, p. 129. De m&#234;me, le g&#233;ographe britannique David Stoddart estime que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la m&#233;thode de Reclus, comme celle de Ritter, est finalement comparative et synth&#233;tique mais ni &#233;volutionnaire ni analytique, et son mode d'expos&#233;, surtout dans &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Homme et la Terre&lt;/span&gt; fut plus narratif-historique que fonctionnel par association.&lt;/q&gt; Stoddart D.R., &#171; Humas geographer : the enigma of Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;Progress in Human Geography&lt;/i&gt;, vol. 5, n&#176; 1, 1981, pp. 119-124, p. 122.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Global &#187; et non &#171; holistic &#187; dans la notice biographique sur Reclus publi&#233;e en anglais par B&#233;atrice Giblin dans &lt;i&gt;Geographers - bibliographical studies&lt;/i&gt;, Freeman &amp; Pinchemel &#233;ds., 1981, vol. 3, pp. 125-132, p. 128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le holisme est une conception globale des faits ainsi qu'un refus d'explication unilat&#233;rale de leur causalit&#233;. Mais c'est aussi un fourre-tout qui v&#233;hicule des principes organicistes et naturalistes ambigus. La notion holistique de &#171; communaut&#233; organique &#187; peut ainsi trouver de dangereuses applications sur le terrain socio-politique (s&#233;gr&#233;gation ethnique, division de la classe ouvri&#232;re, conservatisme naturel et social...).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fleming Marie, &#171; Life, liberty and the pursuit of a natural order - The anarchism of Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;Social anarchism&lt;/i&gt;, 1981, vol. 2, 1, pp. 19-35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kropotkine Pierre, &#171; Obituary - Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;Geographical Journal&lt;/i&gt;, 1905, vol. 26, pp. 337-343, p. 341.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Notamment dans &lt;i&gt;L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique&lt;/i&gt; et dans le tome VI, chapitre X, de&lt;i&gt; L'Homme et la Terre &lt;/i&gt; qui comporte un titre &#233;loquent : &#171; La religion et la science &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Reclus Elis&#233;e et Cafiero Carlo, avertissement de la premi&#232;re &#233;dition de&lt;i&gt; Dieu et l'&#201;tat &lt;/i&gt; de Michel Bakounine (1882), Fresnes-Antony, Volont&#233; Anarchiste n&#176;38-39, 1992, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pelletier Philippe, &#171; Elis&#233;e Reclus au-del&#224; de la mode &#187;, &lt;i&gt;Le Monde libertaire&lt;/i&gt;, n&#176;619, du 15 mai 1986, pp. 6-7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;John Clark, qui n'a d&#233;cid&#233;ment peur de rien, n'h&#233;site pas &#224; tenter une &#233;ni&#232;me r&#233;cup&#233;ration de Reclus en affirmant (op. cit., p. 65) : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Peut-&#234;tre Reclus voit-il les affinit&#233;s entre sa propre critique de la propri&#233;t&#233; et de la domination, sa croyance en l'amour universel, et les enseignements bouddhistes fondamentaux de renoncement et de compassion.&lt;/q&gt; Nous, avons vu, en effet. comment la propri&#233;t&#233; et la domination avaient disparu des pays qui se sont convertis au bouddhisme ! John Clark, toujours en verve, omet bien entendu tout ce qui pourrait desservir le crypto-bouddhisme de Reclus. Ainsi cette anecdote rapport&#233;e par Han Ryner : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Gardons-nous de pousser Elis&#233;e Reclus plus loin qu'il ne veut aller, jusqu'au point o&#249; nous allons nous-m&#234;me. Un correspondant tolsto&#239;en lui rappelle la l&#233;gende de Bouddha se laissant manger pour apaiser la faim d'un malheureux tigre. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je comprends cet apologue, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;pond-il&lt;/span&gt;. Mais les bouddhistes ne nous racontent pas si, voyant un jour un tigre se pr&#233;cipiter sur un enfant pour le d&#233;vorer, il laissa faire aussi. Pour moi, je crois que, ce jour-l&#224;. Bouddha tua le tigre&lt;/q&gt;.&lt;/q&gt; Ryner Han, &#171; Elis&#233;e Reclus et le probl&#232;me de la violence &#187;,1928, &#233;d. du Semeur, op. cit, p. 16. Le &#171; correspondant tolsto&#239;en &#187; est Richard Heath, l'extrait de la lettre de Reclus de 1893 est &#233;galement cit&#233; par Paul Reclus (op. cit., p.151). Ou encore d'Elis&#233;e Reclus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Voyez ce que les bouddhistes ont fait du Bouddha, ce que les chr&#233;tiens ont fait du Christ, &#224; supposer que l'un et l'autre aient v&#233;cu, ce qui importe peu d'ailleurs, car l'un et l'autre ne sont pour nous que des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;voix&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;, dans une autre lettre adress&#233;e &#224; Heath en 1884.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est dans&lt;i&gt; L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique &lt;/i&gt; (1892) qu'Elis&#233;e Reclus exprime le plus nettement et le plus compl&#232;tement cette id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qu'il cite, mais qu'il estime incomplet, cf. &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, tome VI, chap. XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sinon pas du tout, Les rapports Proudhon-Reclus n'ont pas fait l'objet, &#224; ma connaissance, d'une &#233;tude particuli&#232;re et pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Conclusion de la Nouvelle G&#233;ographie universelle, vol. XVI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pr&#233;face de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;. Correspond &#233;galement aux citations suivantes de Reclus, sauf contre-indications.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour Yves Lacoste, il s'agit d'un emprunt &#224; Marx, d'o&#249; les guillemets mis par Reclus. Mais cette hypoth&#232;se est doublement contestable. Reclus, tout d'abord, ne cite pas express&#233;ment Marx &#224; ce propos. Ensuite, toute r&#233;f&#233;rence &#224; la &#171; lutte des classes &#187; n'est pas obligatoirement marxiste ni &#171; marxienne &#187;. Cf Lacoste Yves, &#171; G&#233;ographicit&#233; et g&#233;opolitique : Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote &lt;/i&gt; n&#176; 22, 1981, pp. 14-55, p. 23. R&#233;&#233;dit&#233; dans Paysages politiques (1990), Le livre de poche, essais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;John Clark, d&#233;cid&#233;ment peu &#224; l'aise avec le socialisme, se montre extr&#234;mement discret sur cette position de Reclus. Sa vision des clivages sociaux semble uniquement li&#233;e au despotisme de l'&#201;tat. r&#233;duite &#224; la citoyennet&#233; et sans lien avec le mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les implications politiques de cette position sont claires. C'est, entre autres choses, l&#224;-dessus que se s&#233;parent marxistes et anarchistes. Ce qui ne signifie pas la renonciation &#224; la lutte des classes et aux organisations de classes. C'est Errico Malatesta (1853-1932) qui est all&#233; le plus loin &#224; ce propos, en soulignant que le syndicalisme r&#233;volutionnaire ne pouvait se suffire &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Roucaute Yves, &#171; Proudhon Pierre-Joseph, 1809-1865 &#187;, &lt;i&gt;Dictionnaire des philosophes&lt;/i&gt;, Denis Huisman &#233;d., 1984, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, tome I, livre I, ou encore le long passage du tome VI, chapitre VIII, intitul&#233; &#171; La culture et la propri&#233;t&#233; &#187;, o&#249; son propos &#233;volue significativement des animaux &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du sol, en passant par les parcs nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;John Clark est r&#233;duit &#224; en convenir, non sans embarras : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Reclus semble plut&#244;t &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;anthropocentrique&lt;/q&gt;, particuli&#232;rement lorsqu'il met l'accent sur les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;conqu&#234;tes&lt;/q&gt; n&#233;cessaires au progr&#232;s humain.&lt;/q&gt; Ce qui ne l'emp&#234;che pas, quelques lignes plus loin, et contre la v&#233;rit&#233;, d'affirmer que Reclus est pass&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'un point de vue centr&#233; sur les humains &#224; une perspective centr&#233;e sur la Terre. &lt;/q&gt; A l'appui de son propos, il ne s'en r&#233;f&#232;re pas &#224; quelques morceaux choisis de Reclus (il aurait du mal puisque la pr&#233;face et la conclusion de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre &lt;/i&gt; vont dans le sens contraire !) mais &#224; un certain Edward Rothen qui sugg&#232;re que Reclus &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; trouvait stupide de d&#233;nier une &#226;mes aux animaux, aux plantes (...)&lt;/q&gt;, comme si l'&#171; &#226;me &#187; avait un sens pour Reclus, ath&#233;e et agnostique ! Par ailleurs, Clark oublie que Reclus lui-m&#234;me n'a pas toujours employ&#233; le mot de &#171; conqu&#234;te &#187;, et qu'il le critique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les adaptations diverses des peuples, toujours compliqu&#233;es de luttes et de combats, ne doivent pourtant pas &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme le r&#233;sultat d'une guerre contre la nature ou contre d'autres hommes. Presque toujours en parfaite ignorance du vrai sens de la vie, nous parlons volontiers du progr&#232;s comme &#233;tant d&#251; &#224; la conqu&#234;te violente. (...) En langage ordinaire, on emploie les mots de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;lutte&lt;/q&gt;, de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;victoire&lt;/q&gt; et de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;triomphe&lt;/q&gt; comme s'il &#233;tait possible d'utiliser une autre voie que celle de la nature pour arriver &#224; modifier les formes ext&#233;rieures : il faut savoir s'accommoder &#224; ses ph&#233;nom&#232;nes, s'allier intimement &#224; ses &#233;nergies.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, t. I, p. 112.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Giblin B&#233;atrice, &#171; Reclus : un &#233;cologiste avant l'heure ? &#187;, &lt;i&gt;H&#233;rodote &lt;/i&gt; n&#176;22, 1981, pp. 107-118 ; Lacoste Yves, ibid., op. cit. ; Clark John, op. cit, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Terre, tome II, p. 748.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, tome VI, chapitre VII, &#171; L'&#201;tat moderne &#187;, p. 480 (r&#233;&#233;dition Fayard).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Reclus Elis&#233;e, &lt;i&gt;L'&#233;volution, la r&#233;volution et l'id&#233;al anarchique&lt;/i&gt; (1880). Paris, Stock+, r&#233;&#233;dition 1979, 210 pp., pp. 93-100.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de 1884 d'Elis&#233;e Reclus &#224; Richard Heath, cit&#233;e par Reclus Paul, op, cit., p. 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tome V, livre I, chapitre I.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Une position socialiste &#224; vrai dire classique (cf. Proudhon, Marx, etc.), &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, conclusion du tome V, livre IV, chapitre 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit., p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bookchin Murray, &#171; The population myth &#187;,&lt;i&gt; Kick it over&lt;/i&gt; n&#176; 29, &#233;t&#233; 1992, pp. 20-27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Nettlau Max dans &lt;i&gt;Geschichte der Anarchie &lt;/i&gt; V, p. 243, et dans &lt;i&gt;Elis&#233;e Reclus&lt;/i&gt; (1928), p. 331.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Compte rendu du discours d'Elis&#233;e Reclus au Congr&#232;s de la paix, en 1868, rapport&#233; par Max Nettlau et cit&#233; par Paul Reclus (op. cit., pp. 56-57).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit., p. 80.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit., p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nozawa Hideki, &#171; Le sentiment de la nature chez Elis&#233;e Reclus &#187;,&lt;i&gt; Cosmology, epistemology and the history of geography&lt;/i&gt;, Nozawa Hideki &#233;d., 1986, Fukuoka, Ky&#251;sh&#251; University, 84 pp., pp. 51-61 ; Olwig Kenneth Robert, &#171; Historical geography and the society/nature &#034;problematic&#034; : the perspective of J.F. Schouw, G.P. Marsh and, E. Reclus &#187;, &lt;i&gt;Journal of Historical Geography&lt;/i&gt;, 6,1, 1980, pp. 29-45 ; Mikesell Marvin W., &#171; Observations on the writings of Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;Geography&lt;/i&gt;, 44, 1959, pp. 221-226 ; Dunbar Gary S., &lt;i&gt;Elis&#233;e Reclus : historian of nature&lt;/i&gt;, Connecticut, 1978, Hamden, Archon, 194 pp. ; Geddes Patrick, &#171; A great geographer : Elis&#233;e Reclus &#187;, &lt;i&gt;Geographical Journal&lt;/i&gt;, 26, 1905, pp. 337-343.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Terre&lt;/i&gt;, tome ll, p. 622. Cette r&#233;flexion sur le libre arbitre signale au passage la position antirousseauiste de Reclus. Car celui-ci, contrairement &#224; ce qu'avancent par exemple Giblin ou Clark, ne se situe pas dans le cadre de la pens&#233;e de Jean-Jacques, de m&#234;me que la quasi-totalit&#233; des th&#233;oriciens de l'anarchisme, malgr&#233;, une fois de plus, ce qu'on pr&#233;tend habituellement. Bakounine, par exemple, critique farouchement cette notion de libre arbitre sur un plan sociologique car, d'apr&#232;s lui, quelle est la marge de libre arbitre selon qu'on est pauvre ou riche ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, fin de la pr&#233;face.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Jean-Pierre-Michel &#171; Elie &#187; Reclus</title>
		<link>https://partage-noir.fr/jean-pierre-michel-elie-reclus</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J'&#233;tais &#233;tonn&#233; de ne pas &#234;tre mort, de ne pas m'&#234;tre endormi en m&#234;me temps que lui, &#233;crit Elis&#233;e Reclus &#224; une amie quelques mois apr&#232;s la mort de celui qui fut son compagnon le plus proche pendant toute sa vie, son fr&#232;re a&#238;n&#233; , Jean-Pierre-Michel Reclus est n&#233; le 16 juin 1827 &#224; Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-jacques-reclus-+" rel="tag"&gt;Jacques Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-paul-reclus-163-+" rel="tag"&gt;Paul Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1289-7889d.jpg?1774697011' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais &#233;tonn&#233; de ne pas &#234;tre mort, de ne pas m'&#234;tre endormi en m&#234;me temps que lui&lt;/q&gt;, &#233;crit Elis&#233;e Reclus &#224; une amie quelques mois apr&#232;s la mort de celui qui fut son compagnon le plus proche pendant toute sa vie, son fr&#232;re a&#238;n&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 15 septembre 1904, &#224; Antonine de G&#233;rando, Correspondance, t. III, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Jean-Pierre-Michel Reclus est n&#233; le 16 juin 1827&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est bien sa date de naissance d'apr&#232;s l'&#233;tat civil ; il est pourtant &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#224; Sainte-Foy-la-Grande en Dordogne. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On le connut toujours sous le nom d'Elie, d&#251; &#224; son parrain, parent &#233;loign&#233; de la famille et personnage fort consid&#233;r&#233;, chez lequel le pasteur Reclus avait &#233;t&#233; biblioth&#233;caire&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Elie Reclus 1827-1904, s.l. n.d. [Paris, L'Emancipatrice, mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, bien qu'en famille on l'appelle normalement Michel (comme Jacques pour Elis&#233;e...). Il est &#233;lev&#233;, jusqu'&#224; l'&#226;ge de 12 ans, &#224; Sainte-Foy-la-Grande et &#224; Cast&#233;tarbe, une petite commune voisine ; puis, en 1839, on l'envoie avec sa s&#339;ur Suzanne &#224; Neuwied sur le Rhin, dans une communaut&#233; des fr&#232;res moraves. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les jeunes gens de diverses nationalit&#233;s (...) lui rendirent un autre service inconscient, plus &#233;minent encore ; ils pr&#233;cis&#232;rent sa personnalit&#233;. A cette &#233;poque, trente ans ne s'&#233;taient pas encore &#233;coul&#233;s depuis les guerres napol&#233;oniennes, et les haines nationales persistaient avec une t&#233;nacit&#233; dont on ne peut se faire de nos jours aucune id&#233;e, m&#234;me dans les pays ravag&#233;s par la guerre franco-allemande. Malgr&#233; la douceur, le charme naturel, la bont&#233; native d'Elie, on le ha&#239;ssait comme Fran&#231;ais : c'&#233;tait le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;damned Frenchrnan&lt;/q&gt;, le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;French frog&lt;/q&gt; ou &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;froggie&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;der franz&#246;sische Schweinigel&lt;/q&gt;, tout cela agr&#233;ment&#233; &#224; l'occasion de taloches et de horions.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 12-13 [p. 165].&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; C'est pourtant au contact de ce milieu compos&#233; de nationalit&#233;s diverses qu'il attribue plus tard ses convictions r&#233;publicaines et libertaires, avec une profonde sympathie pour le &#171; communisme &#187; (celui des premiers chr&#233;tiens, par exemple, mais surtout pas celui des marxistes et du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rentre en France plus de trois ans apr&#232;s, en 1842, et parfait son &#233;ducation au coll&#232;ge d'Orthez, puis &#224; celui de Sainte-Foy-la-Grande. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chr&#233;tien de volont&#233;, sans l'&#234;tre d'&#233;lan naturel&lt;/q&gt; (Elis&#233;e Reclus), Elie commence en 1847 ses &#233;tudes de th&#233;ologie, d'abord &#224; Gen&#232;ve. Il y reste un an : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce fut la nuit de sa vie. Dans son existence ult&#233;rieure, il se refusait d'ordinaire &#224; en parler : le seul nom de Gen&#232;ve le mettait en &#233;moi.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 16 [p, 168].&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; A partir du printemps 1848, il poursuit ses &#233;tudes (rejoint bient&#244;t par son fr&#232;re Elis&#233;e) &#224; la facult&#233; de th&#233;ologie protestante de Montauban. Avec deux amis, ils vivent et &#233;tudient &#224; la campagne. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La joie de vivre dans la nature poussa m&#234;me les amis &#224; un voyage qui, dans cette &#233;poque ant&#233;rieure aux chemins de fer, &#233;tait relativement lointain : un beau jour, apr&#232;s une brusque d&#233;cision, ils partirent pour aller voir la M&#233;diterran&#233;e, ne sachant trop o&#249; ils l'aborderaient.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 19-20 [pp. 171-172].&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Un voyage qui les impressionna tellement qu'Elie en parlait encore sur son lit de mort &#224; Elis&#233;e, lui rappelant que, quand ils virent la mer, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;du haut de la colline de la Clape, tu en &#233;tais tellement impressionn&#233; que tu me mordis l'&#233;paule jusqu'au sang&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, &#171; A few recollections on the brothers Elie and Elis&#233;e Reclus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le voyage, r&#233;alis&#233; autour du 13 juin 1849, montrait, semble-t-il, une telle ind&#233;pendance que les autorit&#233;s universitaires, par le biais du doyen, leur transmirent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;officiellement le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;consilium abeundi&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et les expuls&#232;rent de l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1765 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1-12.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH175/sans_titre-1-12-f7baa-31659.jpg?1774707690' width='150' height='175' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Elie Reclus par Nadar&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'Elis&#233;e se d&#233;cide &#224; quitter la France, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;solution d'Elie fut prise aussit&#244;t. Peu attrist&#233; de quitter une ville dont l'atmosph&#232;re &#233;tait fort bourgeoise, pauvrement intellectuelle, il d&#233;cida d'aller continuer ses &#233;tudes &#224; l'universit&#233; de Strasbourg, o&#249; il se sentait attir&#233; par la renomm&#233;e d'hommes tel que Reuss&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Elie Reclus, p. 20 [p. 173].&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il y termine ses &#233;tudes de th&#233;ologie et soutient sa th&#232;se, un &lt;i&gt;Examen religieux et philosophique du principe de l'autorit&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#233;sum&#233; a &#233;t&#233; imprim&#233; &#224; Strasbourg, lmpr. de P.A. Dannbach, 1851, 36 pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Muni de son parchemin, d&#251;ment paraph&#233;, Elie r&#233;digea simplement sa lettre de d&#233;mission d&#233;finitive, de renoncement &#224; tout emploi futur. C'&#233;tait d&#233;buter par un coup de ma&#238;tre dans la carri&#232;re pour laquelle Elie avait pris cette devise : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et surtout, mon ami, surtout garde-toi bien de r&#233;ussir !&lt;/q&gt;&lt;/span&gt;, devise dont tant de jeunes ambitieux ne comprendraient pas le sens.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, op. cit.. pp. 21-22 [p. 174].&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage de la vie &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il rentre &#224; Orthez, o&#249;, au moment du coup d'&#201;tat de Louis Bonaparte (2 d&#233;cembre 1851), sa conduite &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fut tr&#232;s ferme (...). Dictant les termes d'un appel aux r&#233;publicains, &#233;loquent et net, il proposa d'aller aussit&#244;t l'imprimer de gr&#233; ou de force et de battre ville et campagne pour grouper &#224; l'h&#244;tel de ville toutes les forces de r&#233;sistance (...). Le lendemain matin &#224; la premi&#232;re heure, (Elie et ses amis) se trouv&#232;rent seuls &#224; l'attaque de l'h&#244;tel de ville&lt;/q&gt;. L'arrestation, qui aurait d&#251; &#234;tre la cons&#233;quence de cette tentative et dont M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Reclus fut discr&#232;tement avertie par le maire, servit &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour h&#226;ter l'ex&#233;cution du projet des deux fr&#232;res, qui &#233;tait d'aller s'&#233;tablir en Angleterre pour y continuer leur apprentissage de la vie et leurs &#233;tudes sociologiques &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 23-24 [pp, 175-176].&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils arrivent &#224; Londres le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1852, et Elie y reste jusqu'en 1855, s&#233;jour parfois interrompu par des visites &#224; Huntingdon et &#224; Dublin. Apr&#232;s &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelques mois de dure mis&#232;re&lt;/q&gt;, il trouve un poste de pr&#233;cepteur des enfants d'une famille aristocratique (lord et lady Sparrow), exp&#233;rience gu&#232;re heureuse car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il ne daigna jamais conna&#238;tre les titres par lesquels il convenait de s'adresser &#224; ses &#233;l&#232;ves&lt;/q&gt;, et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la noble famille crut devoir, apr&#232;s une expression de regrets cordiale, se priver des services du jeune professeur fran&#231;ais. La deuxi&#232;me exp&#233;rience fut plus heureuse. Introduit dans une famille irlandaise de m&#339;urs plus libres [la famille Fairfield] Elie eut, pendant quelques ann&#233;es, &#224; Dublin et &#224; Londres, &#224; conduire les &#233;tudes de quatre jeunes gens qui lui firent certainement honneur&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 25 [p. 177].&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/eugene_coeurderoy-a832f-66cae.jpg?1774707690' width='150' height='186' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Ernest Coeurderoy&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, Elie est, pendant cette p&#233;riode, beaucoup plus en relation avec la communaut&#233; des exil&#233;s &#224; Londres, et surtout ceux de gauche, qu'Elis&#233;e. Il conna&#238;t bien en outre Ernest C&#339;urderoy et c'est lui qui fait conna&#238;tre &#224; son fr&#232;re ce milieu ; ce qui permettra &#224; celui-ci d'informer bient&#244;t l'a&#238;n&#233;, absent de Londres, de tout ce qui s'y passe. Une lettre d'Elis&#233;e nous renseigne quelque peu sur leurs attitudes et pr&#233;occupations &#224; cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis les cours hom&#233;opathiques et je m'aper&#231;ois que, de m&#234;me que nous sommes les seules Swedenborgiens de Londres, de m&#234;me aussi nous en sommes les seuls hom&#233;opathes. L'opposition qui s'abaisse jusqu'&#224; &#233;lire son pourfendeur Cavaignac me ferait croire que nous sommes aussi les seuls socialistes.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres d'Elis&#233;e &#224; Elie Reclus, Londres, 2 et 8 mars 1852, Correspondance, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1855, Elie rentre en France o&#249; un ami, l'avocat saint-simonien Ch. Lemonnier, lui procure un emploi au Cr&#233;dit mobilier, un organisme &#224; ce point exemplaire de bien des institutions et cr&#233;ations issues du mouvement ouvrier organis&#233; qu'on ne peut s'emp&#234;cher de reproduire la description admirable qu'Elis&#233;e en fait dans sa biographie d'Elie : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette institution financi&#232;re avait de tr&#232;s hautes pr&#233;tentions. Les deux fr&#232;res, Isaac et Emile Pereire, qui la dirigeaient, se consid&#233;raient comme &#233;tant les continuateurs pratiques du socialisme saint-simonien. (...) La banque du Cr&#233;dit mobilier parcourut dans sa carri&#232;re une courbe analogue &#224; celle des autres banques : le capital n'y fut associ&#233; au travail que pour l'exploiter de son mieux. Elie saisit la premi&#232;re occasion pour s'en retirer et reprendre la libert&#233; de ses mouvements.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit., pp. 25-26 [p. 178], en partie aussi dans Correspondance, t. I, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; A la m&#234;me occasion, Elis&#233;e s'exprime aussi sur les id&#233;es d'Elie qu'on ne peut autrement identifier, faute de publications &#224; cette &#233;poque et &#224; cause de la perte de presque toutes ses archives : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On a dit d'Elie qu'il avait appartenu &#224; l'&#233;cole fouri&#233;riste ; cette assertion est inexacte, mais on comprend que des amis s'y soient tromp&#233;s, tant Elie avait &#233;tudi&#233; les &#339;uvres de Fourier avec enthousiasme, tant il &#233;tait vers&#233; dans les travaux des utopistes r&#233;volutionnaires, tant il connaissait bien les diverses tentatives de phalanst&#232;res.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid. Le fils de Paul Reclus, Jacques, m'a pr&#233;cis&#233; qu'un jour dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La &#171; petite commune libertaire &#187; s'agrandit &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 1856, il &#233;pouse sa cousine No&#233;mi Reclus, une des filles de Jean Reclus (1789-1869), le fr&#232;re a&#238;n&#233; du pasteur Jacques Reclus. (Leur premier fils, Paul, est n&#233; en mai 1858, un deuxi&#232;me, Andr&#233;, en 1861.) C'est bien s&#251;r chez eux qu'Elis&#233;e s'installe quand il rentre &#224; Paris en ao&#251;t 1857, commen&#231;ant ainsi le premier noyau de ce que Nettlau a appel&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une petite commune libertaire&lt;/q&gt;. Leur s&#339;ur Louise &#233;crira plus tard que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les principales difficult&#233;s de l'installation d'Elis&#233;e &#224; Paris &#233;taient (...) vaincues, (...) gr&#226;ce aussi, il faut le dire, &#224; sa cohabitation avec Elie, assur&#233; du gagne-pain par une modeste place dans le secr&#233;tariat du Cr&#233;dit mobilier. Elis&#233;e pouvait donc se marier sans appr&#233;hensions du lendemain (...). Ce mariage ne rompit pas l'union des deux fr&#232;res, qui se born&#232;rent &#224; prendre un plus vaste appartement et continu&#232;rent leur vie de famille&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance, t. I (1911), pp. 183-184.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elie participe souvent aux travaux d'Elis&#233;e et, en 1860, c'est au cours d'un tel voyage d'&#233;tude &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'arriva au fr&#232;re a&#238;n&#233; un f&#226;cheux accident. Il fit une chute dangereuse sur une pente du glacier Noir, dans le massif du Pelvoux. Heureusement retenu par une saillie du roc, Elie fut relev&#233; vivant. Sa main droite, cruellement meurtrie, resta paralys&#233;e pendant de longues ann&#233;es&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 209, note, Au sujet de ce voyage, cf. Elis&#233;e Reclus, &#171; Excursions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1862, I. Pereire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;voulut se l'attacher comme secr&#233;taire particulier. D'employ&#233;, il serait alors devenu complice des agissements de la banque&lt;/q&gt; ; il refusa et quitta son emploi&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme pour d'autres p&#233;riodes de sa vie, la chronologie n'est pas claire ; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elie avait pr&#233;c&#233;demment trouv&#233; un travail accessoire qui devint alors sa principale occupation : depuis le printemps 1858, il contribuait par des articles &#224; &lt;i&gt;la Revue germanique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une collaboration qu'il continuera presque jusqu'&#224; la fin de la revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et, pendant quelque temps, y travailla comme secr&#233;taire de la r&#233;daction. Il esp&#232;re aussi pouvoir cr&#233;er un journal qui devait para&#238;tre &#224; Chamb&#233;ry mais qui ne se r&#233;alisa pas. A partir de 1860, il &#233;crit pour plusieurs journaux fran&#231;ais et devient, entre 1861 et 1863, le correspondant de&lt;i&gt; la Revue de l'ouest de Saint Louis en Missouri &lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;Russkoe Slovo&lt;/i&gt;) (Saint-P&#233;tersbourg).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH163/sans_titre-3-7-b0770-3fff3.jpg?1774707690' width='150' height='163' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&#201;mile Acollas&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Aux alentours de 1860, les deux fr&#232;res fr&#233;quentent un temps des groupes blanquistes, puis rendent visite &#224; Proudhon, sans se lier &#224; lui &#224; cause de son entourage, et c'est &#224; cette &#233;poque qu'ils commencent &#224; participer plus ou moins r&#233;guli&#232;rement &#224; des r&#233;unions et discussions chez Emile Acollas et chez Charles Fauvety&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emile Acollas (1826-1891), juriste, qui s'est particuli&#232;rement distingu&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans leur propre appartement se r&#233;unissent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;au moins une fois par semaine, [une] quantit&#233; d'amis r&#233;publicains, de socialistes, de r&#233;volutionnaires &#233;trangers exil&#233;s &#224; Paris&lt;/q&gt;. C'est chez Fauvety qu'ils font la connaissance d'Alfred Dumesnil, gendre de Michelet, avec lequel ils se lient d'amiti&#233; et, en 1862, lorsqu'il cherche une institutrice pour ses deux filles, ils lui proposent les services de leur s&#339;ur Louise (qu'il &#233;pousera en 1871 en secondes noces). Ainsi se cr&#233;e une situation dont tout le monde profite, car Dumesnil leur propose bient&#244;t d'habiter chez lui, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dans la vieille et pittoresque maison de Vasc&#339;uil, dont la tourelle &#224; sept pans domine un incomparable jardin, un vivier, la rivi&#232;re sinueuse Acrevon, glissant bruyamment entre les fortes racines des h&#234;tres et des aulnes, puis un vaste horizon de prairies jusqu'au village, et, par-del&#224; le village, sur les longues pentes des collines et la grande for&#234;t sombre&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Elie Reclus, p. 27 [p. 179].&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elis&#233;e l'explique ainsi &#224; sa belle-s&#339;ur No&#233;mi un peu angoiss&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il ne s'agit point de nous s&#233;parer, de nous d&#233;membrer, comme tu le dis, mais au contraire de fortifier, de consolider notre famille en lui donnant un point d'appui qu'elle n'avait pas. Bien que nous n'ayons certainement pas &#224; nous plaindre de la destin&#233;e, nous &#233;tions sans cesse expos&#233;s aux chances et aux aventures de cette vie de Paris o&#249;, co&#251;te que co&#251;te, il faut pour r&#233;sister &#234;tre dispos et bien portant. Maintenant, gr&#226;ce &#224; notre excellent ami Dumesnil, nous pourrons tenter de nous soustraire &#224; ce grand impr&#233;vu de Paris pour doubler nos forces en nous associant et cela dans un lieu o&#249; nos enfants trouveront &#224; la fois sous nos yeux la sant&#233; physique et l'instruction. Provisoirement chacun pourra vaquer &#224; ses affaires loin du &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;home&lt;/span&gt;. L'un pourra s'occuper de son journal &#224; Paris, l'autre de sa g&#233;ographie dans les Alpes, mais nous ne serons pas plus d&#233;membr&#233;s que nous ne le sommes aujourd'hui. C'est toujours vers le but commun que tendront nos efforts.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance, t. 1. pp. 230-231.&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224;, &#224; Vasc&#339;uil, qu'Elie &#233;crit dans les ann&#233;es 1860 une grande partie de sa production litt&#233;raire. Dans des souvenirs personnels, son fils Paul d&#233;crit bien sa fa&#231;on de proc&#233;der : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Jusqu'&#224; l'&#226;ge de 50 ans, [il] travaillait debout. Il se servait d'une sorte de table inclin&#233;e, avec un dispositif sp&#233;cial pour l'encrier et autres accessoires ; un pot de colle, par exemple, lui &#233;tait essentiel, parce qu'il fabriquait lui-m&#234;me une quantit&#233; de cartonnages, de boites, pour classer ses notes et ses liasses de papiers. Il composait lentement ; le travail manuel lui donnait le temps de r&#233;fl&#233;chir ; il gommait, recommen&#231;ait le texte, le jetait au panier et n'&#233;tait jamais satisfait de la forme. Tr&#232;s souvent ma m&#232;re intervenait et copiait l'article pour pouvoir l'exp&#233;dier et faire bouillir la marmite.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Fr&#232;res, pp. 185-186. Participait au travail d'Elie, outre sa femme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1771 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/m_elie_reclus____photographie____atelier_nadar_btv1b53229372d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/m_elie_reclus____photographie____atelier_nadar_btv1b53229372d-43ec1-f62b2.jpg?1774707690' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Elie Reclus par Nadar&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1863, il est avec le gendre de Cabet, J.-P. Beluze, un des principaux fondateurs de la Soci&#233;t&#233; du cr&#233;dit au travail et signe ses statuts en tant que secr&#233;taire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. J.-P. Beluze, Les Associations cons&#233;quences du progr&#232;s. Cr&#233;dit au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La soci&#233;t&#233; avait pour but &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de cr&#233;diter les associations actuellement existantes, d'aider &#224; la formation de nouvelles associations de production, de consommation ou de cr&#233;dit, d'aider au d&#233;veloppement des principes de solidarit&#233; et de mutualit&#233;, afin de rendre le cr&#233;dit accessible aux travailleurs fonctionnant dans toutes les branches de l'activit&#233; humaine : agriculture, industrie, commerce, enseignement, sciences et arts, lesquels travailleurs se cautionneront mutuellement, soit en s'associant, soit en se solidarisant les uns avec les autres&lt;/q&gt; ; c'est-&#224;-dire de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;contribuer de toutes les mani&#232;res &#224; faciliter les relations entre la bourgeoisie r&#233;publicaine de bonne volont&#233; et le monde des travailleurs&lt;/q&gt; (Paul Reclus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elis&#233;e Reclus se joint aux efforts de son fr&#232;re, et c'est souvent lui qui s'occupe des besoins quotidiens quand Elie est absent de Paris pour recruter des adh&#233;rents ou &#224; Vascoeuil pour &#233;crire. Mais la soci&#233;t&#233; ne dure pas tr&#232;s longtemps et s'effondre en 1869, non seulement &#224; cause de l'inexp&#233;rience et de la na&#239;vet&#233; de ses protagonistes, mais aussi, comme c'est souvent le cas, du fait de la malhonn&#234;tet&#233; d'un employ&#233;, laissant ses fondateurs (et surtout Beluze) avec des dettes importantes. Son fils Paul, certainement profond&#233;ment impressionn&#233; par ces &#233;v&#233;nements, &#233;crira plus de soixante-dix ann&#233;es plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce fut un gros chagrin pour Elie, il se trouva frapp&#233; en plein c&#339;ur. Son amour pour la chose publique, ni son d&#233;vouement n'en furent diminu&#233;s, mais &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;son esprit, son langage rest&#232;rent impr&#233;gn&#233;s d'une m&#233;lancolie constante, temp&#233;r&#233;e n&#233;anmoins par une bienveillante ironie&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; (Elis&#233;e).&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, Les Fr&#232;res, op. cit., p. 48.&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de la propagande, Elie s'occupe pendant plusieurs ann&#233;es des principaux organes de la coop&#233;ration en France : il r&#233;dige (et g&#232;re aussi la plupart du temps) une revue dont le titre annonce bien son programme : &lt;i&gt;l'Association. Bulletin international des soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives&lt;/i&gt;, et participe &#224; &lt;i&gt;la Coop&#233;ration&lt;/i&gt;, qui lui succ&#233;da, ainsi qu'aux almanachs qui les accompagnent. En m&#234;me temps, il collabore &#224; &lt;i&gt;la Rive gauche&lt;/i&gt; (1865-1866).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ces ann&#233;es, sa participation aux revues russes publi&#233;es par G.E. Blagosv&#234;tlov se r&#233;gularise et il devient correspondant r&#233;gulier du &lt;i&gt;Mysl'&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Pens&#233;e&lt;/i&gt;, plus tard &lt;i&gt;Dielo &lt;/i&gt; [Travail]). En octobre 1867, il est propos&#233; par Gustav Vogt, Elis&#233;e et leur ami commun Alfred Naquet (et puis aussi par Bakounine), comme directeur fran&#231;ais du journal officiel de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, &lt;i&gt;les &#201;tats-Unis d'Europe&lt;/i&gt; (en concurrence d'ailleurs avec Charles-Louis Chassin, qui pr&#233;pare d&#233;j&#224; la publication de&lt;i&gt; la D&#233;mocratie&lt;/i&gt;, &#224; laquelle collabor&#232;rent Elie et Elis&#233;e Reclus, aussi bien que Bakounine)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf , pour cet &#233;pisode, Correspondance, t. I, pp. 262-274.&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A cette &#233;poque, il esp&#232;re aussi pouvoir publier un journal quotidien &#224; Saint-Etienne. Dans ses projets, il est pourtant pour une fois frein&#233; par Elis&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il n'est pas bien s&#251;r que le gros de la bataille doive se transf&#233;rer de sit&#244;t en France, et que l'&#232;re des discussions philosophiques sur la libert&#233; f&#233;d&#233;rative et r&#233;publicaine doive finir par suite de ce grand imbroglio d'Italie. Nous sommes trop port&#233;s &#224; nous figurer que le grand jour est arriv&#233; et cela m&#234;me nous fait commettre des fautes qui le retardent.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 267.&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/grupfanelli.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/grupfanelli-caaeb-54477.jpg?1774707690' width='150' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Fernando Garrido, Aristide Rey, &#201;lie Reclus et Giuseppe Fanelli. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#233;pare &#233;galement une des rares publications communes avec Elis&#233;e, l'introduction &#224; la deuxi&#232;me &#233;dition du &lt;i&gt;Dictionnaire des communes de France &lt;/i&gt; dont il r&#233;dige la partie statistique. Avec, entre autres, sa femme Marthe-No&#233;mi, son fr&#232;re Paul, et Andr&#233; L&#233;o, on le retrouve parmi les signataires des statuts de la Soci&#233;t&#233; de revendication des droits de la femme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Versailles, Impr. Cerf, 1869, 15 pp. ; Elis&#233;e parle d&#233;j&#224; du Manifeste du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il semble qu'en 1868, il ait &#233;t&#233; pr&#233;sent au congr&#232;s de Bruxelles de l'AIT bien qu'auparavant il ne parait pas s'&#234;tre int&#233;ress&#233; aux affaires de l'Internationale, peut-&#234;tre &#224; cause des divergences avec Tolain, longtemps la figure pr&#233;dominante de la section de Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la lettre d'Elis&#233;e qui lui pr&#233;sente Beno&#238;t Malon et lui explique des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est cette m&#234;me ann&#233;e que le &lt;i&gt;Times &lt;/i&gt; de Londres publie ses &#171; Lettres de France &#187; et qu'il &#233;crit ses&lt;i&gt; Physionomies v&#233;g&#233;tales&lt;/i&gt;. Vers la fin de l'ann&#233;e, il part en voyage en Espagne r&#233;volutionnaire avec son ami Aristide Rey et avec Giuseppe Fanelli dont les activit&#233;s vont provoquer la rupture entre Elie et Bakounine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'octobre 1868 jusqu'&#224; janvier ou d&#233;but f&#233;vrier 1869 ,-cf. les lettres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un brancardier... directeur de la Biblioth&#232;que nationale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la guerre franco-allemande, il r&#233;agit d'abord et surtout en patriote fran&#231;ais et l'on peut supposer qu'il n'&#233;tait pas &#233;loign&#233; de la position d'Elis&#233;e qui r&#233;clame une &#171; guerre &#224; outrance &#187;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le 4 septembre, Elie &#233;tait &#224; Paris et se m&#234;lait &#224; la foule ardente des r&#233;publicains ; il eut la joie d'&#234;tre de ceux qui prirent une part active au refoulement des troupes mass&#233;es sur la place de la Concorde, &#224; la destruction des postes qui d&#233;fendaient le jardin et le palais des Tuileries, &#224; la dispersion des personnages officiels qui s'&#233;taient aventur&#233;s dans les salles du Corps l&#233;gislatif ou aux alentours, et qui, voyant la tournure des choses, cherchaient &#224; s'enfuir inaper&#231;us.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Elie Reclus, op. cit., p. 181.&#034; id=&#034;nh4-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Handicap&#233; par la blessure de sa main droite, il ne peut participer &#224; la Garde nationale et s'associe &#224; Andr&#233; Lef&#232;vre pour faire partie de ceux qui tri&#232;rent et pr&#233;par&#232;rent en vue de leur publication les documents trouv&#233;s aux Tuileries&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Papiers et correspondance de la famille imp&#233;riale. Papiers trouv&#233;s aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il collabore alors &#224;&lt;i&gt; la R&#233;publique des travailleurs &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organe de l'Association internationale (sections des Batignolles et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et, le 25 mars 1871, il signe, avec ses fr&#232;res Elis&#233;e et Paul, et F.D. Leblanc, un &lt;i&gt;Appel au peuple de Paris &lt;/i&gt; qui d&#233;plore les dissentiments qui se sont &#233;lev&#233;s &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;entre les r&#233;publicains qui suivent le Comit&#233; central (...) et les r&#233;publicains qui suivent la d&#233;putation et les mairies. On s'est mutuellement reproch&#233; d'&#234;tre sorti de la l&#233;galit&#233; qu'il est pourtant impossible d'observer en pleine r&#233;volution. Quel que soit le bien fond&#233; ou l'exag&#233;ration des r&#233;criminations r&#233;ciproques, nous ne voulons pas d'une lutte terrible et fatale, nous ne voulons pas que notre R&#233;publique se noie dans le sang des r&#233;publicains. (...) Citoyens, au scrutin !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;In le Cri du peuple (Paris), n&#176; 25, 26 mars 1871, p. 2, col. 3.&#034; id=&#034;nh4-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/vaillantjeune-a29cc-ce684.jpg?1774707690' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&#201;douard Vaillant &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Commune, il sert comme brancardier de la Garde nationale et fait aussi partie d'une commission charg&#233;e de la r&#233;organisation de l'enseignement primaire. Le 29 avril 1871, il est nomm&#233; directeur de la Biblioth&#232;que nationale par Edouard Vaillant (sur proposition d'Aristide Rey, alors son secr&#233;taire), et il entre en fonction le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour tout ce qui se rapporte &#224; cette p&#233;riode, on peut se r&#233;f&#233;rer &#224; son (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pendant la r&#233;pression de la Commune, il est cach&#233; et sauv&#233; (avec sa femme et son fils Paul) par des amis s&#251;rs (les familles Kneip et Schmahl, le professeur Fran&#231;ois Huet et sa s&#339;ur). Il r&#233;dige son &lt;i&gt;Journal de la Commune&lt;/i&gt; (qui conna&#238;tra une publication posthume), et ne quitte Paris qu'au d&#233;but de septembre lorsqu'il se rend, avec les faux papiers d'un Italien, d'abord en Italie, puis en Suisse, o&#249; il se fixe &#224; Zurich ; il y restera, &#224; part quelques voyages, jusqu'en 1877. Pour sa participation &#224; la Commune, il est condamn&#233;, le 6 octobre 1875, par contumace &#224; la d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e. Ses exp&#233;riences des ann&#233;es 1860 et pendant la Commune semblent l'avoir d&#233;sillusionn&#233; quelque peu, et c'est &#224; partir de cette &#233;poque qu'il &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se trouva en dehors du mouvement socialiste, et ses travaux le dirigeaient de plus en plus vers l'ethnologie et de l&#224; vers l'histoire des religions. Son nom est rarement rencontr&#233; dor&#233;navant dans la presse socialiste avanc&#233;e, bien que ses id&#233;es n'aient en rien chang&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, &#171; Extraits des souvenirs personnels sur Elle et Elis&#233;e Reclus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A l'exception de ses travaux pour la revue russe &lt;i&gt;Dielo&lt;/i&gt;, qui restent le principal gagne-pain de la famille, il collabore r&#233;guli&#232;rement au cours de ces ann&#233;es &#224;&lt;i&gt; la Gironde &lt;/i&gt; de Bordeaux dans laquelle paraissent entre autres ses &#171; Lettres allemandes &#187; et ses &#171; Lettres d'un cosmopolite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1876 ou 1877, sa collaboration au &lt;i&gt;Dielo &lt;/i&gt; s'arr&#234;te et il se rend aux &#201;tats-Unis pour tenter d'y trouver un autre employeur et pour visiter les communaut&#233;s des shakers et celle d'Oneida. Il y rencontre, entre autres, l'anarchiste individualiste Benjamin Tucker et collabore &#224; sa &lt;i&gt;Radical Review&lt;/i&gt;. En 1877, il s'installe &#224; Londres. Amnisti&#233; le 11 mars 1879, il rentre &#224; Paris peu de temps apr&#232;s et trouve un emploi de biblioth&#233;caire aux &#233;ditions Hachette, &#233;diteur de la &lt;i&gt;G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt; de son fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 1870, il &#233;crit pour, entre autres, &lt;i&gt;le Travailleur, l'Almanach de la Commune, la Nouvelle Revue&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Cornhill Magazine&lt;/i&gt; ; &#224; partir des ann&#233;es 1880, il collabore &#224; l'&lt;i&gt;Encyclopaedia Britannica&lt;/i&gt;, &#224; la &lt;i&gt;Naci&#243;n &lt;/i&gt; de Buenos Aires, &#224; &lt;i&gt;la Revue internationale de science&lt;/i&gt;, &#224; des publications d'anthropologie, et puis surtout &#224;&lt;i&gt; la Soci&#233;t&#233; nouvelle&lt;/i&gt; que le jeune colinsiste belge Fernand Brouez avait fond&#233;e en 1884 et qui devint assez rapidement une revue &#224; caract&#232;re plut&#244;t libertaire (apr&#232;s la mort pr&#233;matur&#233;e de Brouez, elle fut continu&#233;e par Augustin Hamon sous le titre &lt;i&gt;l'Humanit&#233; nouvelle&lt;/i&gt;). En 1885, para&#238;t le premier de ses livres publi&#233;s en fran&#231;ais, &lt;i&gt;Les Primitifs&lt;/i&gt;, suivi en 1894 par L&lt;i&gt;e Primitif d'Australie&lt;/i&gt;. Au sujet de ses travaux sur la mentalit&#233; du primitif, son ami et biographe De Greef critiquait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une certaine tendance &#224; id&#233;aliser les formes primitives de la vie par opposition &#224; celles plus complexes et parfois troubles de la civilisation moderne&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. De Greef, &#171; Eloge d'Elie Reclus &#187; pp 30-31.&#034; id=&#034;nh4-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'ethnologie et la mythologie faisaient pour lui partie de la psychologie collective de l'esp&#232;ce humaine (dont l'anthropologie serait une anatomie et la d&#233;mographie une physiologie en grand).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'attentat de Vaillant, la police cherchera en vain son fils Paul qu'elle croit impliqu&#233; dans l'affaire et se vengera sur le p&#232;re ; le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1894, son appartement est perquisitionn&#233; et il &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fut tra&#238;n&#233; au d&#233;p&#244;t, d&#233;pouill&#233; de ses v&#234;tements, mesur&#233; &#224; l'anthropom&#233;trie de l'animal Bertillon... Il en avait assez. Il quitta la France&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kropotkine dans la n&#233;crologie d'Elie, publi&#233;e anonymement dans les Temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans une lettre au &lt;i&gt;Temps&lt;/i&gt;, il avait d'ailleurs d&#233;clar&#233; aux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pourvoyeurs de la prison&lt;/q&gt;, le 16 d&#233;cembre 1893 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'approuve hautement mon fils pour ce que je sais de sa conduite, et pour ce que j'en ignore, j'ai confiance en lui.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Intransigeant (Paris), 18 d&#233;c. 1893. Pour l'arrestation, cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se rend &#224; Bruxelles, o&#249; il rejoint son fr&#232;re Elis&#233;e, et accepte une chaire de mythologie compar&#233;e &#224; l'Universit&#233; nouvelle. Au cours des dix ann&#233;es suivantes, il y donne &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une centaine de le&#231;ons toutes originales sur la mythologie&lt;/q&gt; ; son dernier cours aura lieu le 9 d&#233;cembre 1903. Atteint d'une grippe infectieuse qui provoqua une paralysie progressive, il d&#233;c&#232;de &#224; Ixelles (Bruxelles) le 11 f&#233;vrier 1904.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre du 15 septembre 1904, &#224; Antonine de G&#233;rando, &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. III, p. 283.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est bien sa date de naissance d'apr&#232;s l'&#233;tat civil ; il est pourtant &#224; noter que des membres de la famille ou des amis proches donnent des informations diff&#233;rentes : Elis&#233;e, par exemple, dans sa petite biographie d'Elie, indique le 11 juin 1827, tandis que dans fa biobibliographie d'Elle pr&#233;par&#233;e par son fils Paul et publi&#233;e par Ishill, et dans la biographie de Guillaume De Greef, on trouve le 17 juin 1827.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Elie Reclus 1827-1904&lt;/i&gt;, s.l. n.d. [Paris, L'Emancipatrice, mai 1905], p. 5 ; r&#233;impr. aussi dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Elie &amp; Elis&#233;e Reclus&lt;/i&gt;, pp. 157-184 [p. 157].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., pp. 12-13 [p. 165].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 16 [p, 168].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 19-20 [pp. 171-172].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &#171; A few recollections on the brothers Elie and Elis&#233;e Reclus &#187;, dans lshill (1927), pp. 1-25 [pp. 24-25] ; trad. de l'anglais (le passage n'est pas inclus dans les extraits de ses souvenirs publi&#233;s dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Elle &amp; Elis&#233;e Reclus&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Elie Reclus&lt;/i&gt;, p. 20 [p. 173].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le r&#233;sum&#233; a &#233;t&#233; imprim&#233; &#224; Strasbourg, lmpr. de P.A. Dannbach, 1851, 36 pp. Le manuscrit, plus complet, se trouvait encore dans les papiers d'Elie que Nettlau a pu utiliser en 1929 et constituait un in&#233;dit qu'il aurait voulu voir publi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, op. cit.. pp. 21-22 [p. 174].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., pp. 23-24 [pp, 175-176].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 25 [p. 177].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres d'Elis&#233;e &#224; Elie Reclus, Londres, 2 et 8 mars 1852, &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I, pp. 50-53. Comme Nettlau le souligne discr&#232;tement, Elie connaissait &#224; cette p&#233;riode certainement mieux qu'Elis&#233;e la gauche radicale et les quelques anarchistes existants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Op. cit., pp. 25-26 [p. 178], en partie aussi dans &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I, p. 228. Cf. &#233;galement J. Pereire, &lt;i&gt;Le&#231;ons sur l'industrie et les finances&lt;/i&gt; (...) suivies d'un &lt;i&gt;Projet de banque&lt;/i&gt;, Paris, au &lt;i&gt;Globe&lt;/i&gt;, 1832 ; A. Crampon, &lt;i&gt;La Finance saint-simonienne &#224; son d&#233;clin&lt;/i&gt;, Paris, 1867 (tir&#233;-&#224;-part de&lt;i&gt; la Gazette de France&lt;/i&gt;, 16 sept, 1867).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid. Le fils de Paul Reclus, Jacques, m'a pr&#233;cis&#233; qu'un jour dans les ann&#233;es 60, apr&#232;s une brouille entre les deux fr&#232;res, son fr&#232;re Michel avait disparu avec plusieurs caisses de manuscrits et documents. ll semblait s'agir de ce que Nettlau avait pu utiliser partiellement en 1928, c'est-&#224;-dire une fraction des archives d'Elis&#233;e Reclus, d'Elie Reclus et de Paul Reclus. Paul Reclus avait, juste avant la guerre en 1939, pr&#233;par&#233; l'envoi de la plupart des archives de son p&#232;re &#224; l'Institut d'histoire sociale d'Amsterdam. Au moment o&#249; je r&#233;dige cet article, cet institut vient de recevoir un microfilm du fonds Reclus de l'ancien Institut du marxisme-l&#233;ninisme de Moscou qui contient une masse &#233;norme de manuscrits et documents d'Elie Reclus, dont le manuscrit de &lt;i&gt;La Commune au jour le jour&lt;/i&gt;, et plus de 11 000 pages manuscrites de ses correspondances pour des revues et des journaux en Russie (1860-1876).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I (1911), pp. 183-184.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 209, note, Au sujet de ce voyage, cf. Elis&#233;e Reclus, &#171; Excursions dans le Dauphin&#233; &#187;, dans &lt;i&gt;le Tour du monde&lt;/i&gt;, 1860.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme pour d'autres p&#233;riodes de sa vie, la chronologie n'est pas claire ; la date (1858) que donne son fils Paul doit &#234;tre fausse ; cf. &#233;galement Elis&#233;e &#224; sa m&#232;re (s.d., mais de 1862 ; &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;. t. I, pp. 216-217) : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il est probable qu'Elie va passer du bureau du contentieux &#224; celui des chemins de fer autrichiens o&#249; il aura moins de fatigue, de meilleurs appointements et un chef de bureau beaucoup plus agr&#233;able. Ce changement aura probablement lieu au mois d'ao&#251;t (...). &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Une collaboration qu'il continuera presque jusqu'&#224; la fin de la revue survenue en 1868. Une grande partie des articles d'Elie Reclus ont &#233;t&#233; publi&#233;s dans les divers journaux et revues sous des pseudonymes, surtout Bonhomme Simplice, Croque-Notes, Jacques Lefr&#234;ne, Michel Trigant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emile Acollas (1826-1891), juriste, qui s'est particuli&#232;rement distingu&#233; par ses travaux sur le droit de l'autonomie de l'individu. Charles Fauvety (7813-1894), fouri&#233;riste, puis &#171; socialiste religieux &#187;, a publi&#233; plusieurs revues.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Elie Reclus&lt;/i&gt;, p. 27 [p. 179].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. 1. pp. 230-231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Fr&#232;res&lt;/i&gt;, pp. 185-186. Participait au travail d'Elie, outre sa femme No&#233;mi, sa s&#339;ur Lo&#239;s qui corrigeait presque tous ses articles importants et ses livres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. J.-P. Beluze, &lt;i&gt;Les Associations cons&#233;quences du progr&#232;s. Cr&#233;dit au travail&lt;/i&gt;, Paris, chez l'auteur, janvier 1863 ; &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Soci&#233;t&#233; du cr&#233;dit au travail ?&lt;/i&gt;, ibid., 1863.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &lt;i&gt;Les Fr&#232;res&lt;/i&gt;, op. cit., p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf , pour cet &#233;pisode, &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I, pp. 262-274.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 267.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Versailles, Impr. Cerf, 1869, 15 pp. ; Elis&#233;e parle d&#233;j&#224; du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Manifeste du droit des femmes&lt;/span&gt;... que nous n'avons pas encore eu le temps de vous copier&lt;/q&gt;, dans une lettre de 1866, Correspondance, t. I, p. 261.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. la lettre d'Elis&#233;e qui lui pr&#233;sente Beno&#238;t Malon et lui explique des d&#233;tails historiques de l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'octobre 1868 jusqu'&#224; janvier ou d&#233;but f&#233;vrier 1869 ,-cf. les lettres d'Elis&#233;e &#224; ce sujet, &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. I, pp. 292-295, 303-319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, Elie Reclus, op. cit., p. 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; Papiers et correspondance de la famille imp&#233;riale. Papiers trouv&#233;s aux Tuileries - Pi&#232;ces trouv&#233;es aux Tuileries&lt;/i&gt;, Paris, Imprimerie nationale, t. I (fasc. 1-16), 1870, 560 pp. + 20 fac-sim. ; t. II (fasc. 17-24), 1870-1871, 228 pp. Ces archives furent en grande partie br&#251;l&#233;es lors de l'incendie des Tuileries en mai 1871.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Organe de l'Association internationale (sections des Batignolles et des Ternes), Paris, n&#176; 1 au n&#176; 8 janvier-4 f&#233;vrier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;In &lt;i&gt;le Cri du peuple&lt;/i&gt; (Paris), n&#176; 25, 26 mars 1871, p. 2, col. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour tout ce qui se rapporte &#224; cette p&#233;riode, on peut se r&#233;f&#233;rer &#224; son journal publi&#233; sous le titre &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/la_commune_de_paris_au_jour_le_jour_-_1871_-_19_mars-28_mai.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Commune de Paris au jour le jour - 1871 - 19 mars-28 mai&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, Paris, Librairie C. Reinvvalcl-Schleicher Fr&#232;res, 1908 ; d'abord (incomplet) dans&lt;i&gt; l'Insurg&#233; &lt;/i&gt; (Li&#232;ge), &#224; partir du 11 nov. 1905, sous le titre &#171; Le Journal d'Elle Reclus pendant la Commune &#187;. Sur son travail &#224; la BN, cf. Henri Dubief, &#171; L'Administration de la Biblioth&#232;que nationale pendant la Commune &#187;&lt;i&gt;, le Mouvement social&lt;/i&gt; (Paris), n&#176;37, oct.-d&#233;c. 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &#171; Extraits des souvenirs personnels sur Elle et Elis&#233;e Reclus &#187;, dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res&lt;/i&gt;, pp. 185-192 [p. 190] ; ses souvenirs sont publi&#233;s int&#233;gralement en anglais dans le recueil de Joseph Ishill.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. De Greef, &#171; Eloge d'Elie Reclus &#187; pp 30-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kropotkine dans la n&#233;crologie d'Elie, publi&#233;e anonymement dans &lt;i&gt;les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, 19 f&#233;vr. 1904.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Intransigeant &lt;/i&gt; (Paris), 18 d&#233;c. 1893. Pour l'arrestation, cf. &lt;i&gt;l'Intransigeant&lt;/i&gt;, 3 janv. 1894 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'a-t-on &#224; reprocher &#224; ce travailleur, &#224; cet honn&#234;te citoyen ? Il est anarchiste. Mais a-t-il jamais profess&#233; la propagande par le fait ? Non. C'est la philosophie qui l'a conduit &#224; l'anarchie th&#233;orique, id&#233;ale. L'acte du gouvernement est bien criminel, mais il est encore plus stupide.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jacques Reclus</title>
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		<dc:creator>Jean-Jacques Gandini</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jacques Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien.&lt;/p&gt;

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/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-jacques-reclus-+" rel="tag"&gt;Jacques Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1284-0ef73.jpg?1774710893' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit-neveu d'Elis&#233;e (NdR : fils de Paul Reclus), Jacques Reclus (1894-1984) a lui aussi fait sien l'id&#233;al libertaire. N&#233; &#224; Paris le 3 f&#233;vrier 1894, il passe son enfance en Ecosse, puis en Belgique, o&#249; il entreprend des &#233;tudes de sciences &#233;conomiques. De retour &#224; Paris, il continue celles-ci tout en se vouant au piano et se destine &#224; une carri&#232;re de musicien. Il se retrouve ainsi en 1912 &#224; Montargis, o&#249; il donne des cours de solf&#232;ge &#224; une cinquantaine de jeunes Chinois internes au lyc&#233;e, premier contact avec ce monde chinois qui va orienter tout le cours de sa vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1918, un &#233;clat d'obus re&#231;u &#224; la main droite pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale va mettre fin &#224; ses d&#233;buts prometteurs de pianiste professionnel et il se lance dans le journalisme syndical. D&#232;s cette &#233;poque, il est connu dans les milieux libertaires, non seulement par son nom mais surtout pour ses activit&#233;s. Il collabore &#224; &lt;i&gt;la Clairi&#232;re &lt;/i&gt; (1917) et &#224; &lt;i&gt;la Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;, devenue&lt;i&gt; la Bataille&lt;/i&gt; (1914-1916). A partir de janvier 1920, il devient g&#233;rant des&lt;i&gt; Temps nouveaux&lt;/i&gt;. Il collabore &#233;galement &#224; la revue du docteur Pierrot, &lt;a href=&#034;https://archivesautonomies.org/spip.php?rubrique643&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, et au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; quotidien. Sous son impulsion, en 1923, se constitue le Groupement de d&#233;fense des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. Ce collectif &#233;dita la brochure &lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Union sovi&#233;tique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Jacques Reclus vit avec Christiaan Cornelissen et sa femme Lilly Rupertus et feront m&#233;nage &#224; trois pendant quelques ann&#233;es. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les ann&#233;es 20, Lilly et mon p&#232;re auront &#224; s'occuper pendant un certain temps de Pierra, fille de Sacha et petite-fille de Pierre Kropotkine.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH227/li_shizeng-3fec0-66dc4.jpg?1774743929' width='150' height='227' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Li Shizeng &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, il entre en contact avec un jeune Chinois du nom de Wu Kegang venu en France dans le cadre du mouvement Travail-Etude initi&#233; par l'anarchiste Li Shizeng&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J-J. Gandini, Aux sources de la R&#233;volution chinoise, ACL, Lyon, 1986.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Wu lui fait part de la cr&#233;ation &#224; Shanghai, &#224; la fin de l'ann&#233;e 1927, de l'Universit&#233; du Travail, con&#231;ue sur le mod&#232;le kropotkinien consistant &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;transformer les &#233;coles en champs et en usines, et les usines et les champs en &#233;coles&lt;/q&gt;, et o&#249; la combinaison travail-&#233;tude doit permettre l'av&#232;nement d'un nouveau type d'individu, annonciateur de la soci&#233;t&#233; anarchiste &#224; venir&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enthousiaste, Jacques Reclus part y enseigner le fran&#231;ais. Il arrive en mai, en compagnie de son ami l'avocat Pascal Mugnier, expuls&#233; d'Indochine. Jacques Reclus d&#233;nonce aussit&#244;t la corruption des fonctionnaires fran&#231;ais. Rapidement, l'exp&#233;rience universitaire va tourner court, le gouvernement de Tchang Ka&#239;-chek proc&#233;dant d&#232;s 1930 &#224; une coupe claire dans les cr&#233;dits de fonctionnement pour cause de &#171; subversion &#187;. Il d&#233;cide alors de rester en Chine. Apr&#232;s Shanghai, ce sera Nankin, puis Kunming, capitale du Yunnan limitrophe du Vietnam o&#249; le surprendra la Seconde Guerre mondiale. Sa maison va devenir un lieu de rendez-vous de la France libre (Pierre Boulle, L&#233;on Jank&#233;l&#233;vitch...), alors que la p&#233;ninsule indochinoise est sous la botte de Vichy.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-9.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH387/sans_titre-2-9-5199d.jpg?1774743929' width='500' height='387' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jacques Reclus chez lui, &#224; P&#233;kin en novembre 1933. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il regagne ensuite P&#233;kin en 1945 et y enseignera jusqu'en 1952. La violente campagne anti-&#233;trangers, accus&#233;s d'&#234;tre des espions &#224; la solde de l'imp&#233;rialisme, alors d&#233;clench&#233;e par le parti communiste au pouvoir depuis 1949, va l'obliger &#224; quitter le pays dans les 48 heures, laissant derri&#232;re lui sa fille &#226;g&#233;e de 12 ans. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#233;j&#224; en 1944, puis en 1948, nous &#233;tions venus en France. La seconde fois, nous sommes rest&#233;s une ann&#233;e durant laquelle je suis all&#233;e &#224; l'&#233;cole. J'avais environ 8 ans. J'ai beaucoup souffert des moqueries des autres enfants. Aussi, en 1952, lorsque mes parents ont d&#233;cid&#233; de retourner &#224; nouveau en France, j'ai refus&#233; de les suivre. La propagande anti-&#233;trangers du moment sonnait juste &#224; mes oreilles. Les autorit&#233;s n'ont pas accept&#233; que mon p&#232;re reste avec moi. Je me suis retrouv&#233;e tout naturellement chez ma tante, jusqu'en 1979 o&#249; j'ai pu rejoindre mes parents.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, son &#233;pouse, Huang Shuyi, devient professeur aux Langues orientales &#224; Paris. Lui travaille d'abord comme correcteur, puis devient r&#233;dacteur de la revue bibliographique de sinologie (&lt;i&gt;EPHE&lt;/i&gt;), enfin enseignant &#224; Paris-VII. Il continue ses activit&#233;s d'auteur (&lt;i&gt;La R&#233;volte des Taiping&lt;/i&gt;, Le Pavillon Roger-Maria &#233;diteur, 1972) et de traducteur (&lt;i&gt;L'Innocent du village aux roseaux&lt;/i&gt;, de Li Tch'ien Ki-ying, Aubier-Montaigne, 1984) jusqu'&#224; son dernier souffle. Jacques Reclus, c'est bien &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;cet &#233;ternel jeune homme amoureux de la nature dont la puret&#233; anarchiste a r&#233;sist&#233; &#224; quatre-vingt-dix ans d'aventures, de joies et de d&#233;ceptions&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, Lib&#233;ration du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien du 17 septembre 1997 de Didier Roy avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J-J. Gandini, &lt;i&gt;Aux sources de la R&#233;volution chinoise&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1986.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-J. Gandini, &#171; L'Anarchisme, face cach&#233;e de la R&#233;volution chinoise &#187;, in &lt;i&gt;Chine fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;, ACL, Lyon, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Magali Reclus, fille de Jacques Reclus, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article n&#233;crologique de Marie Holzman, &#171; La Fin des Reclus &#187;, &lt;i&gt;Lib&#233;ration &lt;/i&gt; du 15 mai 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#233;on Metchnikoff </title>
		<link>https://partage-noir.fr/leon-metchnikoff</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/leon-metchnikoff</guid>
		<dc:date>2024-05-29T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Peter Jud </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;on Metchnikoff</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L&#233;on Metchnikoff fut l'un des meilleurs amis d'Elis&#233;e Reclus, pendant quelque temps un de ses plus proches collaborateurs, des ann&#233;es durant son secr&#233;taire ; il &#233;tait de plus g&#233;ographe, ethnologue et anarchiste... mais qui conna&#238;t encore son nom ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le chef-d'oeuvre de Metchnikoff, La Civilisation et les grands fleuves historiques (1889), on trouve une longue pr&#233;face d'Elis&#233;e Reclus, &#224; la fois introduction et n&#233;crologie de l'auteur qui disparut avant la publication. Citons alors de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-leon-metchnikoff-145-+" rel="tag"&gt;L&#233;on Metchnikoff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1076-0038d.png?1774743929' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Metchnikoff fut l'un des meilleurs amis d'Elis&#233;e Reclus, pendant quelque temps un de ses plus proches collaborateurs, des ann&#233;es durant son secr&#233;taire ; il &#233;tait de plus g&#233;ographe, ethnologue et anarchiste... mais qui conna&#238;t encore son nom ?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La vie et l'&#339;uvre de Metchnikoff ont &#233;t&#233; trait&#233;s &#224; fond pour la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le chef-d'&#339;uvre de Metchnikoff, &lt;i&gt;La Civilisation et les grands fleuves historiques &lt;/i&gt; (1889), on trouve une longue pr&#233;face d'Elis&#233;e Reclus, &#224; la fois introduction et n&#233;crologie de l'auteur qui disparut avant la publication. Citons alors de cette pr&#233;face :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quelque temps avant sa mort, L&#233;on Metchnikoff me confia le manuscrit de cet ouvrage, en me priant d'en revoir le texte et d'en surveiller l'impression. J'acceptai, d'autant plus d&#233;sireux d'accomplir cette t&#226;che que je connaissais la haute valeur du livre de mon ami. J'esp&#233;rais pouvoir ainsi r&#233;parer dans la mesure de mes forces les torts de la destin&#233;e, car elle fut injuste envers Metchnikoff, comme elle l'est d'ailleurs presque toujours envers ceux qui ne demandent pas le succ&#232;s &#224; l'intrigue. (...) &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quoique n&#233; &#224; P&#233;tersbourg, au mois de mai 1838&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 30 mai d'apr&#232;s le calendrier gr&#233;gorien ; d'apr&#232;s le calendrier julien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, L&#233;on Metchnikoff &#233;tait d'origine m&#233;ridionale. Son p&#232;re, propri&#233;taire dans le gouvernement de Charkov, et sa m&#232;re, de naissance isra&#233;lite, appartenaient &#224; des familles petites-russiennes (...). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malade d&#232;s sa premi&#232;re enfance, L&#233;on ne put supporter le rude climat du nord, et en 1851 ses parents durent le mener &#224; Charkov pour lui faire continuer ses &#233;tudes en de meilleures conditions. Il se r&#233;tablit en effet, et le premier usage qu'il voulut faire de ses forces, &#224; l'&#226;ge de 16 ans, fut de s'&#233;chapper pour aller en Crim&#233;e prendre part &#224; la d&#233;fense de S&#233;bastopol ; toutefois, arr&#234;t&#233; en route, il fut reconduit de force &#224; son coll&#232;ge. Peu apr&#232;s, il entrait &#224; l'universit&#233; comme &#233;tudiant en m&#233;decine ; mais, &#224; cette &#233;poque, les grandes &#233;coles russes &#233;taient aussi des champs de bataille entre des agents despotiques et tracassiers et les &#233;tudiants avides de libert&#233;. Sept mois ne s'&#233;taient pas encore &#233;coul&#233;s que L&#233;on Metchnikoff &#233;tait expuls&#233; de l'universit&#233; de Charkov. Il retourna &#224; P&#233;tersbourg et fr&#233;quenta l'Acad&#233;mie de m&#233;decine, puis les cours de la Facult&#233; de physique et de math&#233;matique, ceux de l'Acad&#233;mie des arts et enfin l'institut des langues orientales. Ainsi, en tr&#232;s peu d'ann&#233;es, L&#233;on Metchnikoff se livra successivement aux &#233;tudes les plus diverses. L'esprit de r&#233;volte contre un r&#233;gime universitaire oppressif et mesquin eut peut-&#234;tre une certaine part dans ces divers changements ; mais le principal mobile chez ce jeune homme ardent, dou&#233; d'une imagination et d'une m&#233;moire des plus heureuses, c'&#233;tait l'avidit&#233; de voir et de savoir. Puis vinrent l'&#232;re des voyages et la lutte pour l'existence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un interm&#233;diaire aux dons multiples &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1858, il avait &#224; peine atteint sa vingti&#232;me ann&#233;e qu'il fut choisi comme interpr&#232;te de la mission diplomatique envoy&#233;e aux lieux saints sous la direction de Mansouroff. Il visita Constantinople, le mont Athos, J&#233;rusalem ; mais bient&#244;t, &#224; la suite d'un duel et d'une conduite peu respectueuse envers ses chefs, il dut quitter son poste d'interpr&#232;te ; il entra comme agent dans une soci&#233;t&#233; de navigation et de commerce. Apr&#232;s avoir s&#233;journ&#233; d'abord &#224; Be&#239;rout [Beyrouth, Liban], il se rendit &#224; Galatz [Galati, Roumanie], mais il ne resta que peu de temps dans cette ville d'affaires, o&#249; tout contrariait sa nature, et sans passe-port, presque sans ressources, il partit pour Venise afin de continuer ses &#233;tudes de peinture, celles que pendant toute sa vie il poursuivit avec le plus de passion, avec des enthousiasmes m&#234;l&#233;s de d&#233;sespoir. L&#224; encore, son imp&#233;tueux caract&#232;re, prompt au sacrifice, ne lui permit pas de rester. (...) Comment n'aurait-il pas essay&#233; de prendre part &#224; l'&#233;mancipation de l'Italie et de s'associer avec d'autres jeunes hommes, amoureux de libert&#233;, pour aller rejoindre l'arm&#233;e de Garibaldi ? Soup&#231;onn&#233;, puis traqu&#233; par la police autrichienne, il r&#233;ussit &#224; la d&#233;pister et s'enfuit pour Livourne, o&#249; il entra dans le d&#233;tachement de Milbitz. Apr&#232;s de nombreuses p&#233;rip&#233;ties, il atteignait enfin l'Italie m&#233;ridionale et combattait dans les Calabres, puis sur le Vulturne, o&#249; il fut gri&#232;vement bless&#233; par l'explosion d'une mine. Couvert de contusions et de plaies (...), il fut emport&#233; &#224; l'h&#244;pital de Naples o&#249; des camarades d&#233;vou&#233;s, entre autres le bon et grand Alexandre Dumas, le soign&#232;rent avec d&#233;vouement et l'arrach&#232;rent &#224; la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les ann&#233;es suivantes, &#224; Naples, &#224; Livourne, &#224; Florence, &#224; Gen&#232;ve, furent en grande partie consacr&#233;es par L&#233;on Metchnikoff &#224; la propagande politique et sociale. Gr&#226;ce &#224; ses connaissances vari&#233;es et surtout &#224; sa pratique des dix principales langues de l'Europe, il &#233;tait devenu l'interm&#233;diaire naturel entre les hommes &#233;minents des partis r&#233;volutionnaires, patriotes ou socialistes, tels que Garibaldi, Herzen, Bakounine ; il eut &#224; remplir des missions p&#233;rilleuses en Italie et en Espagne : lorsque l'on faisait appel &#224; son d&#233;vouement, il &#233;tait toujours pr&#234;t. Malgr&#233; la maladie, il semblait ne pas conna&#238;tre la fatigue : la fi&#232;vre m&#234;me l'aidait &#224; travailler davantage ; discours, conf&#233;rences, lettres, articles de journaux et de revues en diverses langues, son &#339;uvre de propagande &#233;tait incessante. Il fut surtout le collaborateur z&#233;l&#233; des deux fameux journaux de la Russie, le &lt;i&gt;Kolokol &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Cloche&lt;/i&gt;) de Herzen et le &lt;i&gt;Sovr&#233;m&#233;nik &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Actualit&#233;&lt;/i&gt;) de Tchernichevsky. En m&#234;me temps, il fallait vivre, et il subvenait &#224; son existence par des articles que publiaient les revues russes sur divers sujets scientifiques. Mais les ciseaux de la censure guettaient tous les articles publi&#233;s, sous son nom ou sous des pseudonymes. Un travail &#233;tait-il supprim&#233;, il en envoyait aussit&#244;t un autre. Telle &#233;tait sa puissance de travail que, ayant &#224; &#233;crire un m&#233;moire en trois parties, il dut envoyer successivement plusieurs articles pour &lt;br class='autobr' /&gt;
remplacer ceux qui furent supprim&#233;s par la censure, et pourtant aucun arr&#234;t n'eut lieu dans la publication. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH224/img-2-small580-435ea-e21ed.jpg?1774743930' width='150' height='224' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; L&#233;on Metchnikoff habill&#233; en samoura&#239;.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#171; Malgr&#233; ce labeur acharn&#233;, il lui &#233;tait devenu graduellement impossible de lutter contre la mis&#232;re. Il prit une r&#233;solution prompte, celle d'&#233;tudier le chinois et le japonais pour aller professer dans une grande &#233;cole de l'Extr&#234;me-Orient. C'&#233;tait en 1873, et d&#232;s le commencement de l'ann&#233;e 1874, il partait pour Yeddo [Tokyo], invit&#233; par le ministre de l'Instruction publique &#224; r&#233;organiser une &#233;cole russe fond&#233;e pour les &#233;tudiants japonais. L'institution prosp&#233;ra &#224; souhait, les &#233;l&#232;ves accoururent en grand nombre pour s'initier aux m&#233;thodes scientifiques de l'Occident enseign&#233;es dans leur propre langue. La part de Metchnikoff fut une des plus grandes dans le travail de cette pl&#233;iade d'instituteurs qui vinrent d'Europe et d'Am&#233;rique et qui (...) ont accompli une &#339;uvre prodigieuse, unique jusqu'ici dans l'histoire de l'humanit&#233; ; ils ont annex&#233; toute une nation de quarante millions d'hommes &#224; une civilisation nouvelle, et cela non par la conqu&#234;te, mais par le simple enseignement, par l'&#233;clat de la v&#233;rit&#233; d&#233;montr&#233;e sur les livres et le tableau noir, Metchnikoff se d&#233;vouait avec enthousiasme &#224; cette propagande admirable (...) ; mais l'an&#233;mie, la maladie japonaise par excellence, ne lui permit plus de continuer son &#339;uvre, et il dut retourner en Europe. revint par la voie des &#238;les Sandwich [Hawaii], de San Francisco et de New York, apportant avec lui le manuscrit de son beau livre, &lt;i&gt;L'Empire japonais&lt;/i&gt;, illustr&#233; de ses propres dessins originaux et bizarres, bien con&#231;us dans le g&#233;nie de la nation qu'il d&#233;crivait. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/img-4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/img-4-40344-61722.jpg?1774743930' width='150' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est peu de temps apr&#232;s son retour du Japon que j'eus le bonheur de faire la connaissance de L&#233;on Metchnikoff et qu'il voulut bien accepter de me pr&#234;ter son appui, surtout en me fournissant de pr&#233;cieux documents sur la Chine et le Japon, contr&#233;es dont je tentais alors la description dans ma &lt;i&gt;Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;. Les ann&#233;es suivantes [&#224; Clarens, aux bords du lac L&#233;man], il continua de me seconder par des recherches dans les ouvrages dont la langue m'&#233;tait inconnue, par la r&#233;daction de notes et de m&#233;moires sur des questions sp&#233;ciales qui l'int&#233;ressaient, enfin par la lecture et l'annotation des &#233;preuves et la manutention des livres et manuscrits. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1883, le conseil d'&#201;tat de Neuch&#226;tel lui offrit &#224; l'Acad&#233;mie la place de professeur de statistique et de g&#233;ographie compar&#233;e qu'il accepta et qu'il remplit avec l'enthousiasme pour la science apport&#233; par lui &#224; tous ses travaux. Dans cette nouvelle situation, il ne fut pas difficile &#224; un homme de sa valeur morale de conqu&#233;rir la cordiale sympathie de ses coll&#232;gues et des &#233;tudiants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais c'est aux d&#233;pens de sa vie qu'il menait de front deux s&#233;ries d'&#233;tudes avec le m&#234;me &#233;lan fi&#233;vreux, avec le m&#234;me m&#233;pris des aises et de la sant&#233;. La maladie fit des progr&#232;s rapides. Un cong&#233; pris pendant l'hiver de 1887 ne fut gu&#232;re pour lui qu'une &lt;br class='autobr' /&gt;
occasion de donner une autre forme &#224; son labeur de recherches et de collaboration ; lorsqu'il revint &#224; Clarens, les m&#233;decins avaient perdu l'espoir de le sauver, et il s'&#233;teignit le 30 juin 1888, apr&#232;s de longues souffrances, interrompues par les r&#233;voltes de ce z&#232;le d&#233;vorant pour le travail qu'il n'avait jamais pu satisfaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mort de mon ami ne m'a point s&#233;par&#233; de lui. C'est par l'affection non interrompue, par la solidarit&#233; qui s'&#233;tend d'une existence &#224; l'autre que se fait la continuit&#233; de la vie par-del&#224; le tombeau. Les morts n'ont pas cess&#233; de vivre quand des amis ont gard&#233; leur m&#233;moire toujours pr&#233;sente et suivent les entretiens commenc&#233;s. Toujours sous le charme du regard et du sourire que l'on dit &#233;teints d&#233;sormais tout en en jouissant encore, les vivants ont en eux plus que l'image du mort et l'&#233;cho de sa parole ; ils ont h&#233;rit&#233; d'une &#233;tincelle de cette vie qui semblait achev&#233;e et m&#234;lent &#224; leur propre intelligence quelque chose de la pens&#233;e de celui qui n'est plus. L'existence continue ainsi d'&#233;voluer, d'un homme &#224; tous les autres hommes, par l'interm&#233;diaire de ceux qui l'ont aim&#233;. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, &#171; Pr&#233;face &#187;, dans L&#233;on Metchnikoff, La Civilisation et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'intertitre est de la r&#233;daction (NdR). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La vie et l'&#339;uvre de Metchnikoff ont &#233;t&#233; trait&#233;s &#224; fond pour la premi&#232;re fois dans Peter Jud, &lt;i&gt;L&#233;on Metchnikoff &lt;/i&gt; (Lev ll'ic Mecnikov)&lt;i&gt;, 1838-1888. Ein rus-sischer Geograph in der Schweiz (L.M. Un g&#233;ographe russe en Suisse)&lt;/i&gt;, Zurich, Oriole-Verlag, 1995 (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 30 mai d'apr&#232;s le calendrier gr&#233;gorien ; d'apr&#232;s le calendrier julien utilis&#233; alors en Russie le 18 mai 1838.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, &#171; Pr&#233;face &#187;, dans L&#233;on Metchnikoff, &lt;i&gt;La Civilisation et les grands fleuves historiques&lt;/i&gt;, Paris, Hachette, 1889, pp. V-XII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Paul Reclus</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<dc:subject>Paul Reclus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-paul-reclus-163-+" rel="tag"&gt;Paul Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1105-5a175.png?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le membre de sa famille le plus proche d'Elis&#233;e Reclus, apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233; Elie, fut sans nul doute son neveu Paul, n&#233; le 25 mai 1858 &#224; Neuilly-sur-Seine. Elis&#233;e semble avoir consid&#233;r&#233; le fils a&#238;n&#233; d'Elie et de No&#233;mi Reclus (avec lesquels il vivait en communaut&#233;) comme son propre enfant, du moins c'est l'impression que l'on a quand on lit ses lettres &#224; d'autres parents. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous allons bien ici. Notre b&#233;b&#233; se d&#233;veloppe en intelligence et en force, son gazouillis qui n'est pas encore devenu langage nous r&#233;jouit le c&#339;ur, il remplit la maison de mouvement et parfois de tapage. Nous l'aimons beaucoup, mais nous t&#226;chons de ne pas le g&#226;ter, j'esp&#232;re que nous r&#233;ussirons.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Bient&#244;t se manifesta un trait de caract&#232;re que Max Nettlau, l'historien du mouvement anarchiste, biographe d'Elis&#233;e et ami de Paul pendant quarante ans, d&#233;plorait encore bien plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Une chose nous chagrine : il est peureux&lt;/q&gt; &#8212; et longtemps il fut connu dans la famille comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit peureux&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus a lui-m&#234;me bien d&#233;crit le milieu o&#249; il grandit jusqu'&#224; la Commune : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec leurs enfants, le m&#233;nage des deux fr&#232;res Reclus se composait de huit personnes. Jusqu'en 1867, il habita la r&#233;gion nord-ouest de Paris. Mais &#224; cette date, il se transporta sur la rive gauche et prit un appartement plus grand car le plus jeune des fr&#232;res Reclus, Paul, n&#233; en 1847, venait faire ses &#233;tudes de m&#233;decine &#224; Paris et il &#233;tait d&#233;cid&#233; que les trois fr&#232;res feraient m&#233;nage commun. Leur appartement (...) &#233;tait un centre d'attraction, au moins une fois par semaine, pour quantit&#233; d'amis r&#233;publicains, de socialistes, de r&#233;volutionnaires &#233;trangers exil&#233;s &#224; Paris par suite des &#233;v&#233;nements europ&#233;ens des d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes. Tous les lundis soir le petit salon s'emplissait d'amis parisiens, ceux dont les noms se rencontrent dans la correspondance, tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;moc-soc&lt;/q&gt;, selon le sobriquet de l'&#233;poque, coop&#233;rateurs, f&#233;ministes. Puis on y rencontrait des &#233;migr&#233;s russes, polonais, italiens, espagnols. Enfin des &#233;l&#233;ments amen&#233;s par la g&#233;ographie, savants ou explorateurs de passage.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les semaines qui suivent la r&#233;pression de la Commune, il reste d'abord avec ses parents qui se cachent, puis est envoy&#233; &#224; Vasc&#339;uil chez sa tante Louise et la famille Dumesnil (son fr&#232;re Andr&#233; n'avait pas quitt&#233; la province depuis le d&#233;but de la guerre franco-allemande). A partir de la fin de 1871, il vit &#224; Zurich, ville que son p&#232;re avait choisie comme lieu d'exil essentiellement pour l'&#233;ducation de son fils a&#238;n&#233; qui, tr&#232;s t&#244;t, montre un int&#233;r&#234;t pour les math&#233;matiques et la technologie. Il y rencontre entre autres Bakounine en 1872. Il rentre &#224; Paris en 1877 pour &#233;tudier &#224; l'Ecole centrale des arts et manufactures, d'o&#249; il sort ing&#233;nieur en 1880. Apr&#232;s une ann&#233;e de service militaire, il occupe plusieurs postes d'ing&#233;nieur dans des usines en province, d'abord dans la production de parapluies, et sera &#224; plusieurs reprises forc&#233; de quitter son emploi pour avoir soutenu et couvert des ouvriers gr&#233;vistes, &#171; expropriateurs &#187; ou &#171; saboteurs &#187;. Il collabore d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1880 au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;Terre et Libert&#233;&lt;/i&gt; (Paris, 1884-1885), &#224; &lt;i&gt;la R&#233;volte &lt;/i&gt; et &#224; bien d'autres organes anarchistes de l'&#233;poque&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un homme trop confiant &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH228/reclus-dee5b_copie-ffeb8-8d01d.jpg?1774696071' width='150' height='228' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Paul Reclus
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photo anthropom&#233;trique Alphonse Bertillon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1885, il &#233;pouse Marguerite Wapler et de ce mariage naissent quatre enfants, deux filles mortes en bas &#226;ge et deux fils (Michel et Jacques). Revenu &#224; Paris en 1889, il sera le tr&#233;sorier d'une souscription qui a pour but l'achat d'une presse (et c'est &#224; son nom que le local de l'imprimerie de &lt;i&gt;la R&#233;volte&lt;/i&gt; fut lou&#233;), puis d'une autre pour venir en aide aux familles des prisonniers anarchistes. Il est &#233;galement charg&#233; de faire imprimer des brochures de propagande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La seule qui parut par mes soins fut &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Ordre par l'anarchie&lt;/span&gt;, reproduction d'articles de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la R&#233;volte&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Reclus, son caract&#232;re et sa fa&#231;on d'agir dans le milieu libertaire de cette &#233;poque sont bien d&#233;crits par deux de ses amis. De son c&#244;t&#233;, Jean Grave le caract&#233;rise ainsi dans ses souvenirs : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s l'arrestation de nos amis, je jugeai que Cabot [compositeur d'imprimerie anarchiste soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre un mouchard] devenait trop dangereux. Je demandai &#224; Paul Reclus son appui pour remercier l'ind&#233;sirable. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai eu des centaines d'hommes sous mes ordres, me r&#233;pondit-il, je n'ai jamais renvoy&#233; personne.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; La tol&#233;rance est une belle chose, et honore ceux qui la pratiquent. Mais lorsque &#231;a devient dangereux pour les autres, dans un mouvement traqu&#233; comme &#233;tait le n&#244;tre, cela s'appelle de la b&#234;tise. &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, r&#233;pliquai-je. Gardez Cabot, et l'imprimerie, moi j'irai faire [faire] le journal o&#249; je n'aurai aucune responsabilit&#233; de ce genre.&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; (...) L'imprimerie fut, plus tard, transport&#233;e &#224; Bruxelles. Elle servit &#224; &#233;diter la s&#233;rie de brochures connues sous le nom de Biblioth&#232;que des &#171; Temps nouveaux &#187;. C'&#233;tait Elis&#233;e Reclus qui &#233;tait cens&#233; s'en occuper. Mais, avec sa trop grande confiance habituelle et son inaptitude &#224; bien appr&#233;cier les hommes, il l'avait plac&#233;e au nom d'un individu qui finit par la vendre pour son propre compte.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quarante ans de propagande anarchiste, Flammarion (Paris), 1973, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Nettlau, lui, fait sa connaissance lorsque, de juin &#224; d&#233;cembre 1891, lors de la d&#233;tention de Grave &#224; Sainte-P&#233;lagie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il s'occupe de la r&#233;daction de&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le jeune homme ne trouva pas mon adresse (abonnement). Il me permit de prendre tout un paquet d'&#233;changes. Je payais 10,50 F (abonnement) et donnais 2 F pour la propagande ; j'ai aussi achet&#233; des brochures. J'ai demand&#233; si Elis&#233;e Reclus &#233;tait &#224; Paris &#8212; il habite S&#232;vres et c'&#233;tait son neveu, Paul Reclus. Cela m'&#233;tonna beaucoup et m'expliqua son caract&#232;re franc et ouvert, le manque de suspicion coutumi&#232;re envers un &#233;tranger et l'antagonisme de classe envers quelqu'un qui n'est pas ouvrier. J'ai parl&#233; de ma biographie de Bakounine &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Freiheit)&lt;/span&gt; ; il m'a dit qu'il l'avait lu. Il me donna l'adresse &#224; S&#232;vres. C'&#233;tait le vendredi de l'exp&#233;dition [du journal], et un autre [camarade] arriva avec un pot de colle. P. R. est compl&#232;tement inexp&#233;riment&#233; dans ces affaires, il fait des paquets de tr&#232;s mauvaise qualit&#233;. Nous avons parl&#233; en anglais.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les discussions sur les moyens de lutte contre le syst&#232;me bourgeois et comment se rapprocher d'une soci&#233;t&#233; libre, Paul Reclus est partisan de la reprise individuelle et d&#233;fend la &#171; propagande par le fait &#187;, une position tr&#232;s &#224; la mode dans le mouvement anarchiste de cette &#233;poque, et s&#233;v&#232;rement critiqu&#233;e par Kropotkine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1892, il quitte Paris pour diriger les travaux d'une usine en construction &#224; Nancy, un emploi qu'il perd quelques mois plus tard car, parmi les quelques 400 ouvriers, il a aussi employ&#233; des anarchistes. Au cours des premiers mois de 1893, il est contraint, &#224; cause &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des chagrins de famille et [de] la faiblesse de [sa] sant&#233;... [de] cesser toute relation anarchique ou autre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 d&#233;cembre 1893, Vaillant jette sa petite bombe dans la Chambre des d&#233;put&#233;s ; or, le m&#234;me jour, il avait envoy&#233; une lettre &#224; Paul Reclus, accompagn&#233;e d'un r&#233;cit de sa vie pendant les derni&#232;res semaines avant l'attentat et quelques pi&#232;ces en vers. Le 13 d&#233;cembre, le domicile de Paul Reclus est perquisitionn&#233; par huit agents de police. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais souffrant ; ce r&#233;veil soudain et l'&#233;motion me caus&#232;rent une syncope tandis que je passais &#224; la h&#226;te mes v&#234;tements. Excessive &#233;tait alors la faiblesse de mon syst&#232;me nerveux.&lt;/q&gt; Dans ces circonstances, comme il l'expliqua plus tard &#224; Nettlau, sa famille d&#233;cide qu'il est plus prudent qu'il quitte la France, entre autres parce qu'on le juge incapable de mentir et trop honn&#234;te pour pouvoir faire face &#224; un juge d'instruction sans r&#233;v&#233;ler trop de d&#233;tails sur le mouvement et sur des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se rend d'abord &#224; Bruxelles, pourvu du passeport de son ami Georges Guyon dont il a modifi&#233; le nom en Guyou, et quelques semaines plus tard &#224; Londres o&#249; il sera h&#233;berg&#233; pendant plusieurs mois par la famille Cobden-Sanderson. Il ne rentre en France (&#224; part quelques visites clandestines) qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelque temps, il v&#233;cut &#224; Londres (Acton) dans une sorte de petite communaut&#233; anarchiste, avec Varlaam Tcherkesov, Bernhard Kampffmeyer, et le pionnier de l'aviation, le Suisse allemand Otto Lilienthal. A partir de 1895, il trouve un emploi &#224; Edinbourg, en Ecosse, tandis que sa famille reste avec des amis &#224; Dartmouth, dans le Devonshire. Plus tard, il trouve un emploi d'instituteur &#224; Paisley, pr&#232;s de Glasgow. Il se rend cependant r&#233;guli&#232;rement &#224; Londres, pour voir des amis, lors des visites de son oncle Elis&#233;e, ou pour participer &#224; des r&#233;unions ou congr&#232;s ouvriers (comme, par exemple, le Congr&#232;s socialiste international de Londres de juillet 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1903, il s'installe avec sa famille &#224; Ixelles (Bruxelles) pour aider son oncle &#224; la r&#233;daction de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;, et c'est lui qui en assure la publication (1905-1908). A partir de 1908, il travaille comme professeur dans un lyc&#233;e de Bruxelles, emploi qu'il doit quitter en 1913 apr&#232;s avoir (ce n'&#233;tait pas la premi&#232;re fois d'ailleurs) visit&#233; Kropotkine avec un groupe d'&#233;l&#232;ves pendant un voyage scolaire. Il rentre en France en 1914, autoris&#233; par Clemenceau, gr&#226;ce &#224; l'intervention de Nadar. Pendant la guerre, il signe, un des premiers avec Kropotkine, le &lt;i&gt;Manifeste des seize&lt;/i&gt; qui prend le parti des Alli&#233;s contre l'Allemagne et l'Autriche. En 1919, il se fixe avec sa femme &#224; Domme en Dordogne, o&#249; Patrick Geddes avait mis &#224; sa disposition une maison et une tour m&#233;di&#233;vale. Pendant toutes ces ann&#233;es, il avait continu&#233; &#224; collaborer &#224; la presse anarchiste et, en 1925, il fonde avec Marc Pierrot &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;, qui para&#238;tra jusqu'en 1939. Il publie aussi, en 1925, une version abr&#233;g&#233;e du troisi&#232;me volume de la &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; d'Elis&#233;e Reclus, pr&#233;par&#233; par Louise Dumesnil. C'est lui, avec l'aide de Max Nettlau, qui rassembla la plupart des articles et mat&#233;riaux pour le grand livre sur son p&#232;re et son oncle que Joseph Ishill publia en 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de sa femme (16 ao&#251;t 1927 ; elle &#233;tait n&#233;e le 14 juillet 1859), il invite Nettlau pour consulter les archives de son p&#232;re et ce qu'il d&#233;tient encore des archives d'Elis&#233;e Reclus pour la biographie de son oncle&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Nettlau s'y rend en juin 1928 en revenant de Barcelone, et ensuite &#233;tablit le contact entre Paul Reclus et la famille Montseny-Urales (Federico Urales, Soledad Gustavo, et leur fille Federica Montseny) qui deviennent bient&#244;t des amis. Paul Reclus passa alors r&#233;guli&#232;rement ses vacances chez eux les ann&#233;es suivantes, ils publi&#232;rent des articles et des in&#233;dits de son p&#232;re dans leur revue (&lt;i&gt;Revista Blanca&lt;/i&gt;) et c'est chez lui, &#224; Montpellier et &#224; Domme, qu'ils trouv&#232;rent refuge en 1939 apr&#232;s la victoire de Franco, En 1931, il publie (avec son ami Georges Guyon et A. Perpillou) une version abr&#233;g&#233;e et remani&#233;e de &lt;i&gt;L'Homme et la Terre&lt;/i&gt;. Il continue d'assurer, avec son ami le plus proche au cours de ces ann&#233;es, le docteur Marc Pierrot, la publication de &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt; jusqu'en 1939, et fait partie de plusieurs organismes de secours au mouvement anarchiste espagnol pendant la guerre civile (dont SIA, Secours internationale antifasciste). Il d&#233;c&#232;de &#224; Montpellier le 19 janvier 1941.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;199&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH342/les_freres_reclus__par_nadar__1889__original-e53d2.jpg?1774743930' width='500' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Les fr&#232;res Reclus, par Nadar, 1889, original. De gauche &#224; droite, Paul Reclus (1847-1914), &#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905), &#201;lie Reclus (1827-1904), On&#233;sime Reclus (1837-1916), Armand Reclus (1843-1927). &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus &#224; sa m&#232;re, Paris, le 7 novembre 1859, Correspondance, t. 1, pp. 203-204. Cf, aussi, entre autres, pp. 190, 206-207, 212, 215.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres d'Elis&#233;e Reclus de 1859 et de 1861, op. cit., pp. 207 et 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul Reclus, &#171; Biographie d'Elis&#233;e Reclus &#187;, dans &lt;i&gt;Les Fr&#232;res Elie et Elis&#233;e Reclus &lt;/i&gt; (1963), pp. 11-156 [p- 58].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ses articles ont &#233;t&#233; pour la plupart publi&#233;s anonymement et sont difficiles &#224; retrouver ou &#224; identifier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, Flammarion (Paris), 1973, pp. 214-215. L'&#233;pisode se situe en avril ou mai 1890 ; les personnes arr&#234;t&#233;es sont Francesco Saverio Merlino et Paraskev Stoianoff (1870-1940), l'ami d'Elis&#233;e Reclus.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'article &#171; Viande &#224; mitraille &#187; de &#171; N'importe qui &#187; (pseudonyme de l'individualiste Michel Antoine, [1858-1929)), publi&#233; dans&lt;i&gt; la R&#233;volte&lt;/i&gt; en mai 1891.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vendredi, 4 d&#233;c. 1891 ; Max Nettlau, &#171; Notes st&#233;nographiques &#187; transcrites en 1938, pp. 904-905 (trad. de l'allemand) [IISG, Amsterdam].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;|Au sujet de ses id&#233;es, cf. Paul Reclus, &#171; Synth&#232;se d'un individu &#187;, dans &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (Paris), 14 &#187; ann&#233;e, 156, avril 1938, pp. 1-5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les archives d'Elis&#233;e Reclus furent, apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, class&#233;es par sa s&#339;ur Louise Dumesnil qui pr&#233;para aussi pour publication les trois volumes de sa &lt;i&gt;Correspondance &lt;/i&gt; (1911, 1925). Elle semble en avoir d&#233;pos&#233; une partie juste avant sa mort en 1917 &#224; la Biblioth&#232;que nationale ; ce qui restait fut envoy&#233; par la petite-fille d'Elis&#233;e Reclus, Jeannie Collin, &#224; Montpellier sans jamais y arriver : le transporteur a affirm&#233; plus tard que tout avait &#233;t&#233; perdu &#224; cause des &#233;v&#233;nements &#8212; dans une r&#233;gion qui, pourtant, n'&#233;tait pas touch&#233;e par la guerre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Charles Perron </title>
		<link>https://partage-noir.fr/charles-perron</link>
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		<dc:date>2024-02-22T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Peter Jud </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Perron</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Max Nettlau</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On peut affirmer sans exag&#233;rer qu'il y a eu dans l'entourage d'Elis&#233;e Reclus des gens que seul le contact avec le grand penseur et g&#233;ographe a fait acc&#233;der &#224; une certaine notori&#233;t&#233;, soit parce qu'ils ont re&#231;u de Reclus une stimulation qui les a men&#233;s &#224; une activit&#233; personnelle f&#233;conde, soit parce qu'ils ont travaill&#233; avec lui &#224; une cer&#173;taine phase de leur vie. Cela vaut &#224; mon avis particuli&#232;rement pour Charles Perron, le cartographe de La Nouvelle G&#233;ographie universelle, &#339;uvre principale de Reclus. C'est par son travail pour cet ouvrage que ce peintre sur &#233;mail et retoucheur pho&#173;tographe a pu devenir Perron le car&#173;tographe qui, au cours des longues ann&#233;es de gen&#232;se de cette grande &#339;uvre, s'est fait un nom en tant qu'illustrateur cartographique en Suisse occidentale, mais aussi en France, et par l&#224; m&#234;me a pu poser les bases de son travail personnel ult&#233;&#173;rieur.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-charles-perron-346-+" rel="tag"&gt;Charles Perron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-max-nettlau-+" rel="tag"&gt;Max Nettlau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH111/fig-_1_copie-c4c8d.jpg?1774737502' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut affirmer sans exag&#233;rer qu'il y a eu dans l'entourage d'Elis&#233;e Reclus des gens que seul le contact avec le grand penseur et g&#233;ographe a fait acc&#233;der &#224; une certaine notori&#233;t&#233;, soit parce qu'ils ont re&#231;u de Reclus une stimulation qui les a men&#233;s &#224; une activit&#233; personnelle f&#233;conde, soit parce qu'ils ont travaill&#233; avec lui &#224; une cer&#173;taine phase de leur vie. Cela vaut &#224; mon avis particuli&#232;rement pour Charles Perron, le cartographe de &lt;i&gt;La Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;, &#339;uvre principale de Reclus. C'est par son travail pour cet ouvrage que ce peintre sur &#233;mail et retoucheur pho&#173;tographe a pu devenir Perron le car&#173;tographe qui, au cours des longues ann&#233;es de gen&#232;se de cette grande &#339;uvre, s'est fait un nom en tant qu'illustrateur cartographique en Suisse occidentale, mais aussi en France, et par l&#224; m&#234;me a pu poser les bases de son travail personnel ult&#233;&#173;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles-Eug&#232;ne Perron descendait d'une famille savoyarde &#233;migr&#233;e en Suisse au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Il est n&#233; le 6 d&#233;cembre 1837 &#224; Petit-Saconnex, un faubourg de Gen&#232;ve, d'un p&#232;re peintre sur &#233;mail, futur directeur d'h&#244;pital. On ne sait presque rien de sa jeunesse, &#224; part qu'il voulait apparemment rece&#173;voir une formation d'artiste, puisqu'il fr&#233;quentait les &#233;coles d'art de Gen&#232;ve et suivait des cours chez le peintre Bar&#173;th&#233;l&#233;my Benn.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3ddd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH172/sans_titre-3ddd-efaf3-6700c.jpg?1774719943' width='150' height='172' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gen&#232;ve, sapeur pompier. &lt;br&gt;Charles Perron vers 1860&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Vers l'&#226;ge de 20 ans, Perron quitta Gen&#232;ve et se rendit pour cinq ans en Russie. D'apr&#232;s ses propres mots, son activit&#233; dans l'empire des tsars consis&#173;tait &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;confectionner des portraits sur &#233;mail&lt;/q&gt;. Il est probable qu'il a acquis pendant cette p&#233;riode une bonne connaissance de la situation politique et sociale de la Russie tsariste, peut-&#234;tre est-il m&#234;me entr&#233; en contact avec les jeunes apologistes du nihilisme. Pour les ann&#233;es qui ont suivi le s&#233;jour en Russie, Perron lui-m&#234;me donne les indications suivantes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1862, il publia &#224; Gen&#232;ve, avec [son p&#232;re] Georges, un album de 15 planches colo&#173;ri&#233;es sous le titre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Arm&#233;e suisse, types militaires&lt;/span&gt;, dessin&#233;s par Ch. Perron, qui eut du succ&#232;s et fut suivi de plusieurs planches d&#233;tach&#233;es. Puis il se rendit &#224; La Chaux-de-Fonds (Jura suisse) et peignit des &#233;maux pour la fabrique. A son retour &#224; Gen&#232;ve, il ouvrit un atelier qui fonctionna jus&#173;qu'en 1870, et passa ensuite deux hivers &#224; Menton, faisant de la retouche de photographies.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schweizerisches K&#252;nstler-Lexikon, Bd. Il (H-R), Frauenfeld (Suisse), 1908.&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son retour de Russie, Per&#173;ron &#233;tait en contact avec des cercles socialistes de Gen&#232;ve. Au sein de l'Association internationale des tra&#173;vailleurs, il devint un adh&#233;rent actif de la section de Gen&#232;ve. Dans la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 60, il &#233;tait assez intimement li&#233; &#224; Michel Bakou&#173;nine, qui r&#233;sida d'abord pr&#232;s de Vevey, au bord du lac L&#233;man sup&#233;rieur, puis &#224; Gen&#232;ve&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il nous est rest&#233; une photographie de l'ann&#233;e 1866, montrant Bakounine et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En tant que r&#233;dacteur de diverses publications (&lt;i&gt;l'Egalit&#233;, le Tra&#173;vailleur&lt;/i&gt; par exemple), Perron a particip&#233; activement &#224; la diffusion des id&#233;es socialistes. C'est probablement dans le cadre de son activit&#233; de journaliste qu'en d&#233;cembre 1869, lors d'un s&#233;jour &#224; Paris, il fit la connaissance de Reclus qui avait &#224; cette &#233;poque donn&#233; son accord &#224; &lt;i&gt;l'Egalit&#233;&lt;/i&gt; pour une future col&#173;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Membre de l'Internationale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est de 1868 que date l'int&#233;ressant manuscrit &lt;i&gt;De l'obligation en mati&#232;re d'instruction&lt;/i&gt;, qui montre que Perron &#8211; pour le renouveau social qu'il appe&#173;lait de ses v&#339;ux &#8211; s'occupait alors intens&#233;ment de questions d'obligation scolaire et d'enseignement. Il y soutint l'opinion que l'ignorance des hommes est la source de tous les maux, la rai&#173;son des guerres, du paup&#233;risme et de tous les pr&#233;jug&#233;s, qu'elle engendre le d&#233;sordre social et il en tira la cons&#233;&#173;quence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Ordre social, c'est l'ins&#173;truction compl&#232;te de tous.&lt;/q&gt; Seule une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;instruction scientifique&lt;/q&gt; donn&#233;e &#224; chacun pouvait selon lui faire dispa&#173;ra&#238;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'exploitation sous toutes ses formes, politique, religieuse, financi&#232;re, etc.&lt;/q&gt; C'est pourquoi l'instruction des enfants devait &#234;tre gratuite ; et &#234;tre garantie par une indemnit&#233; vers&#233;e par l'&#201;tat aux parents pour la dur&#233;e de la formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le remarque Max Nettlau, Perron s'est d&#233;tach&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 70 de l'Internationale avec un scepticisme croissant, sans toutefois renoncer &#224; ses id&#233;es. Nettlau &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sans la liaison avec Reclus, n&#233;e en 1874 de la r&#233;alisation de cartes pour &lt;i&gt;La Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;, et qui dura plusieurs ann&#233;es, il ne se serait plus distingu&#233; dans l'Interna&#173;tionale, ce qu'il fit par exemple habile&#173;ment au Congr&#232;s de Berne en octobre 1876. Je ne mets pas en cause sa bonne foi, ni la joie que lui procurait ce regain d'activit&#233;, mais c'&#233;tait sa fa&#231;on d'&#234;tre : il recevait les id&#233;es profondes de Reclus avec autant de scepticisme que celles de Bakounine et &#233;tait persuad&#233; qu'il &#233;tait plus intelligent et plus &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pratique&lt;/q&gt; qu'eux et tous les autres. Beaucoup de ceux qui le connaissaient bien avaient une telle impression. C'est seulement dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie qu'il est devenu plus souple, qu'il a reconnu la bont&#233; de certains, en particulier de Bakounine, &#224; son &#233;gard, et a pu regret&#173;ter de les avoir quelquefois offens&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Elis&#233;e Reclus, Anarchist und Gelehr&#173;ter (1830-1905), Berlin, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Nettlau transmet aussi le jugement de Pierre Kropotkine qui mettait Perron &#8211; mais aussi Brousse, Bernard, Costa, Joukovsky, Lefran&#231;ais &#8211; au nombre de ceux qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;critiquent, critiquent et cri&#173;tiquent encore, sans rien faire.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Anarchisten und Sozialrevolutionare : Die historische (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, une lettre dat&#233;e de 1893 de Reclus &#224; Perron est r&#233;v&#233;&#173;latrice : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vous trouvez qu'il manque un cheveu &#224; la mari&#233;e ! Comment ? Vous pr&#233;voyez la r&#233;volution anarchiste, et vous vous plaignez qu'elle ne soit pas ceci et cela ! Ce sera d&#233;j&#224; beaucoup que nous fassions un pas en avant, et je voudrais bien &#234;tre s&#251;r comme vous que nous sommes en l'an I de la r&#233;volu&#173;tion.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Correspondance, t. III, Paris, 1925, p. 134.&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut sans risque d'erreur sup&#173;poser que le radicalisme id&#233;ologique et politique de Reclus et de Kropotkine s'est heurt&#233; &#224; un refus chez Perron, et l'a peut-&#234;tre m&#234;me effray&#233;. Perron avait la pr&#233;tention de repr&#233;senter des points de vue plus r&#233;alistes que ses deux amis que, dans une lettre de 1905 &#224; James Guillaume, il juge ainsi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C&#339;urs vaillants ! Qu'est-ce que &#231;a peut faire si &#224; la grandeur et &#224; l'utilit&#233; incontestable de leur propagande s'est m&#234;l&#233; un brin de r&#234;verie exalt&#233;e. Ils n'en sont pas moins dignes. Est-ce les d&#233;crier que de le constater ?&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Die erste Bl&#252;tezeit der Anarchie : 1886-1894 (Geschichte der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations entre Reclus et Per&#173;ron ont &#233;t&#233; en outre d&#233;termin&#233;es par l'antagonisme de leurs caract&#232;res. Reclus &#233;tait expansif, Perron circons&#173;pect et un peu opini&#226;tre, et c'est pour&#173;quoi m&#234;me apr&#232;s des d&#233;cennies de col&#173;laboration professionnelle intense, ils n'ont pu &#233;tablir de relation qui aille au-del&#224; du &#171; vous &#187; formel, comme le met en lumi&#232;re la lettre ci-dessus de Reclus, dat&#233;e de 1893. Il semble que ce soit surtout Perron qui ait main&#173;tenu cette r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4741 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-23.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH180/sans_titre-2-23-73e99-ed84a.jpg?1774719943' width='150' height='180' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Charles Perron&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La collaboration professionnelle d&#233;j&#224; mentionn&#233;e entre Reclus et Perron commen&#231;a en 1874, lorsque Reclus quitta le Tessin et s'installa au bord du lac L&#233;man. Elle appara&#238;t nettement dans le volume II, paru en 1877, de &lt;i&gt;La Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt; consa&#173;cr&#233; &#224; &#171; La France &#187;. C'est pour ce volume que Perron, cartographe auto&#173;didacte, a dessin&#233; ses premi&#232;res cartes (rien ne laisse supposer qu'il ait jamais &#233;bauch&#233; de cartes avant cette date). Cependant seules quelques cartes de la fin du volume sont de sa main, la plupart portent les signatures de plu&#173;sieurs cartographes attitr&#233;s de la mai&#173;son Hachette. Les tomes suivants de&lt;i&gt; La Nouvelle G&#233;ographie universelle &lt;/i&gt; contiennent toutefois une proportion croissante de cartes r&#233;alis&#233;es par lui. A partir du tome VI, &#171; L'Asie russe &#187; (1881), toutes les cartes en noir et blanc et, &#224; partir du tome X, &#171; L'Afrique septentrionale &#187; (1885), toutes les cartes en couleurs &#233;galement portent sa signature. Ainsi, progressivement, gr&#226;ce &#224; sa technique de travail, il a r&#233;ussi &#224; se rendre ma&#238;tre de sa t&#226;che. Quand celle-ci prend fin en 1893, a &#233;t&#233; constitu&#233; au total un remarquable recueil cartographique d'environ 2 800 cartes noir et blanc ins&#233;r&#233;es au texte et d'une cinquantaine de cartes en cou&#173;leurs de diff&#233;rents formats.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/1883-petrovsk-detail-map-lasie-anterieure-by-perron-bpl-10106-eb6c6e.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH351/1883-petrovsk-detail-map-lasie-anterieure-by-perron-bpl-10106-eb6c6e-4f9f0.png?1774743930' width='500' height='351' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;1883 - L'Asie Ant&#233;rieure par Charles Perron &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La contribution de Perron &#224; &lt;i&gt;La Nou&#173;velle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt; est remar&#173;quable, d'un c&#244;t&#233; par le tr&#232;s grand nombre de cartes, ce qui t&#233;moigne de la pers&#233;v&#233;rance de leur auteur, et de l'autre par le caract&#232;re homog&#232;ne, tr&#232;s concret et donc fonctionnel de ces cartes. Ce ne sont pas des chefs-d'&#339;uvres du genre. L'objectif poursuivi n'a jamais &#233;t&#233; d'ailleurs une qualit&#233; cartographique hors pair, ce qui transpara&#238;t imm&#233;diatement quand on consid&#232;re l'id&#233;e-force de l'&#339;uvre. Le projet de Reclus &#233;tait de composer une g&#233;ographie d'un genre concret et vivant sans pr&#233;c&#233;dent &#224; l'&#233;poque, en pourvoyant largement l'ouvrage de cartes et d'illustrations. Mais le texte, qui gr&#226;ce au style magistral de Reclus est d&#233;j&#224; remarquablement vivant et concret, repr&#233;sentait l'essentiel, et les illustrations y &#233;taient subordonn&#233;es. Le proc&#233;d&#233; suivi pour la fabrication des cartes souligne ces affirmations : la correspondance entre Reclus et Perron &#8211; Reclus habitait pendant toute cette p&#233;riode au bord du lac L&#233;man sup&#233;rieur et Perron &#224; Gen&#232;ve &#8211; permet de conclure que Reclus dirigeait fermement, par exemple en d&#233;cidant lui-m&#234;me du choix des cartes, des parties de territoires &#224; repr&#233;senter et de l'orthographe des noms. Perron am&#233;liorait les &#233;bauches d'apr&#232;s les corrections de Reclus, avant que celui-ci les transmette &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'ach&#232;vement de&lt;i&gt; La Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;, commen&#231;a pour Perron une phase de cr&#233;ation en majorit&#233; autonome. Tout d'abord, entre autres, il eut la charge du recueil de cartes que Reclus avait constitu&#233; au cours de son s&#233;jour en Suisse pour son &#339;uvre principale et qu'il avait confi&#233; &#224; Perron apr&#232;s son d&#233;part du pays. Perron r&#233;ussit, apr&#232;s quelques difficult&#233;s, &#224; remettre cette collection de presque 7 000 pi&#232;ces &#224; la Biblioth&#232;que publique et universitaire de Gen&#232;ve, o&#249; elle forma le noyau d'un atlas en projet. Au bout de quelques ann&#233;es, Perron se vit confier la fonction de conservateur du D&#233;p&#244;t des cartes de la ville de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pr&#233;curseur de la cartographie a&#233;rienne &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui repr&#233;sente son champ d'activit&#233; le plus important a &#233;t&#233;, &#224; la fin de sa vie, une m&#233;thode qu'il a appel&#233;e &#171; cartographie nouvelle &#187;. En bref, &#224; partir d'une grande maquette en pl&#226;tre de la Suisse tout enti&#232;re qu'il avait fabriqu&#233;e, Perron faisait r&#233;aliser des photographies qu'il utilisait comme base de cartes. A son avis, elles &#233;taient in&#233;galables dans la repr&#233;sentation des diff&#233;rences d'altitude &#224; la surface terrestre, c'est-&#224;-dire dans la repr&#233;sentation des montagnes et des vall&#233;es. Il les appelait des vues de l'espace et elles furent les &#171; anc&#234;tres &#187; des photos par satellite actuelles. La maquette elle-m&#234;me a re&#231;u le Grand Prix de l'Exposition universelle &#224; Paris en 1900.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les derni&#232;res ann&#233;es de leur vie, il semble que Perron et Reclus n'aient plus eu que de rares contacts. Il est int&#233;ressant de mentionner qu'en 1898, Reclus a propos&#233; &#224; Perron un poste &#224; l'Institut g&#233;ographique de l'Universit&#233; nouvelle de Bruxelles et, en effet, son nom figure dans la liste des cours au semestre correspondant, mais Perron ne les a jamais assur&#233;s. Pour lui, &#224; cette &#233;poque, il &#233;tait impensable de quitter Gen&#232;ve. Charles Perron est mort le 7 mars 1909, &#224; l'&#226;ge de 72 ans, d'une mauvaise grippe qui l'emporta en une seule journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trad. de l'allemand : C.R. &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les intertitres sont de la r&#233;daction (NdR). &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schweizerisches K&#252;nstler-Lexikon, Bd. Il (H-R), Frauenfeld (Suisse), 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il nous est rest&#233; une photographie de l'ann&#233;e 1866, montrant Bakounine et quatre internationa&#173;listes, dont Charles Perron (voir ci-dessus). Le clich&#233; est imprim&#233; dans Victor Dave, &#171; Michel Bakounine et Karl Marx &#187;, &lt;i&gt;l'Humanit&#233; nouvelle&lt;/i&gt;, 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e, n&#176; 23 (mars 1900), p. 280 ; ainsi que dans Albert Fran&#231;ois, &#171; Michel Bakounine et la philosophie de l'anarchie &#187;, &lt;i&gt;Revue de l'Universit&#233; de Bruxelles&lt;/i&gt;, tome V (1899-1900), p. 46 (et aussi comme &#233;dition sp&#233;ciale, Bruxelles, 1900).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Elis&#233;e Reclus, Anarchist und Gelehr&#173;ter (1830-1905)&lt;/i&gt;, Berlin, 1928, p. 192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Anarchisten und Sozialrevolutionare : Die historische Entwicklung des Anarchismus in den Jahren 1880-1886&lt;/i&gt; (Geschichte der Anarchie, Bd. III), Berlin, 1931, p. 402.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Correspondance&lt;/i&gt;, t. III, Paris, 1925, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Die erste Bl&#252;tezeit der Anarchie : 1886-1894 &lt;/i&gt; (Geschichte der Anarchie, Bd. IV), Vaduz (Liechstenstein), 1981, p. 472&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sent article repose presque exclusivement sur mon &#233;tude &lt;i&gt;Elis&#233;e Reclus und Charles Perron, Sch&#246;pfer der Nouvelle G&#233;ographie universelle&lt;/i&gt;, Zurich, 1987. C'est pourquoi les sources ne sont indiqu&#233;es que pour les citations litt&#233;rales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel </title>
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		<dc:date>2022-12-17T23:32:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au mois de mars 1872, apr&#232;s un emprisonnement de onze mois et demi, Elis&#233;e Reclus arrive en Suisse. Ce second exil durera jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1890 et lui permet, entre autres, de retrouver ou de rencontrer les anarchistes les plus connus de l'&#233;poque : James Guillaume, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/arton1247-38ce4.jpg?1774726712' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/james_guillaume_painting.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH246/james_guillaume_painting-3ebea-eaecf.png?1774694273' width='150' height='246' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;James Guillaume&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mars 1872, apr&#232;s un emprisonnement de onze mois et demi, Elis&#233;e Reclus arrive en Suisse. Ce second exil durera jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1890 et lui permet, entre autres, de retrouver ou de rencontrer les anarchistes les plus connus de l'&#233;poque : James Guillaume, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel. L'Histoire a h&#233;las quelque peu oubli&#233; ce dernier, alors qu'il se d&#233;pensa sans compter pour le mouvement ouvrier et le d&#233;veloppement des id&#233;es anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel na&#238;t en 1844 &#224; Sonvillier dans le val de Saint-Imier (canton de Berne), en Suisse. Son p&#232;re, radical lib&#233;ral, participe activement aux luttes politiques de 1847-1848. Il est patron d'un petit atelier de gravure sur montres. Dans les montagnes neuch&#226;teloises et le val de Saint-Imier, toute la population des bourgades travaille alors dans l'horlogerie. Vers 1860, La Chaux-de-Fonds compte 5 500 ouvriers horlogers pour 18 000 habitants, Le Locle 3 000 ouvriers pour 8 500 habitants et le seul district de Courtelary (val de Saint-Imier) plus de 6 000 ouvriers&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres cit&#233;s par Marianne Enckell, La F&#233;d&#233;ration jurassienne, &#233;d. Canevas, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est parmi tous ces ouvriers que se cr&#233;eront les sections de l'Internationale, qui deviendront ensuite celles de la F&#233;d&#233;ration jurassienne. Dans l'atelier paternel, le jeune Schwitzgu&#233;bel apprend le m&#233;tier de graveur et se forme aux id&#233;es progressistes de son p&#232;re. En 1864, il fait son service militaire et en sort avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Pendant ce temps, &#224; Londres (le 28 septembre), se cr&#233;e l'Association internationale des travailleurs. R&#233;pondant aux besoins pr&#233;cis de g&#233;n&#233;raliser et d'unifier les mouvements spontan&#233;s de la classe ouvri&#232;re, sa t&#226;che n'est pas d'imposer un sch&#233;ma politique quel qu'il soit mais d'organiser les forces du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/meuron-ea042-e8060.png?1774743930' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Constant Meuron (1866)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res sections de la Suisse romande datent de 1865 et 1866. Celle de La Chaux-de-Fonds, fond&#233;e par Pierre Coullery, compte entre quatre cents et cinq cents adh&#233;rents. Puis vinrent en 1866 celles de Boncourt (f&#233;vrier), de Bienne, de Sonvillier (mars), de Saint-Imier et de Porrentruy (avril), de Neuch&#226;tel (ao&#251;t), du Locle (cr&#233;&#233;e par Constant Meuron et James Guillaume). D&#232;s le mois de mars, Schwitzgu&#233;bel adh&#232;re &#224; celle de Sonvillier pour y d&#233;ployer une intense activit&#233; et continuer son &#233;volution id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du premier congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de l'International qui eut lieu &#224; Gen&#232;ve en septembre 1866, o&#249; il repr&#233;senta la section de Sonvillier, jusqu'au dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration jurassienne tenu &#224; La Chaux-de-Fonds en 1880, Schwitzgu&#233;bel fut presque toujours pr&#233;sent. En janvier 1869, &#224; la constitution de la F&#233;d&#233;ration romande, il repr&#233;sente la section de Courtelary. En septembre de la m&#234;me ann&#233;e, il vote en faveur de la propri&#233;t&#233; collective au quatri&#232;me congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de l'Internationale &#224; B&#226;le. L'ann&#233;e 1870 sera marqu&#233;e par la g&#233;n&#233;ralisation des conflits au sein de la F&#233;d&#233;ration romande entre les tenants et les opposants au collectivisme. Ceux qui veulent tout et tout de suite, et ceux qui souhaitent composer avec la politique traditionnelle et la bourgeoisie. Pour sa part, d&#232;s septembre 1869, Schwitzgu&#233;bel adh&#232;re &#224; la section de Gen&#232;ve de l'Alliance&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, &#171; Biographie de Bakounine &#187; cit&#233; par J. Guillaume, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et fait siennes les conceptions de Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;182&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/premier_congres_de_l_alliance_internationale_a_geneve_en_1866_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/premier_congres_de_l_alliance_internationale_a_geneve_en_1866_copie-1eff1.jpg?1774743931' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Participants au premier congr&#232;s de l'Alliance Internationale des Travailleurs &#224; Gen&#232;ve du 3 au 8 septembre 1866 &#224; la brasserie Treiber. La photographie est issue d'un &lt;a href=&#034;https://bge-geneve.ch/iconographie/oeuvre/icon-m-2004-090&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;photomontage&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour sauver des communards &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les montagnes jurassiennes, l'&#233;cho de la Commune de Paris retentit. En mai 1871, des comit&#233;s de secours aux r&#233;fugi&#233;s de la Commune se constituent et, fin juin, Charles Perron se procure un certain nombre de passeports suisses pour les communards qui se cachent &#224; Paris, demandant &#224; James Guillaume de les faire parvenir &#224; destination. Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se chargera de cette tache et les apportera &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Pauline P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James Guillaume relate ainsi l'exp&#233;dition : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le signalement port&#233; sur ce passeport pouvait s'appliquer &#224; peu pr&#232;s &#224; Schwitzgu&#233;bel, sauf sur un point. Il disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;barbe naissante&lt;/q&gt;, et Adh&#233;mar, qui joignait &#224; sa qualit&#233; d'ouvrier graveur celle de sous-lieutenant dans un bataillon, de la milice, avait d&#233;j&#224; une assez forte moustache. Notre ami aurait fait bien volontiers le sacrifice de cet ornement, mais cela n'e&#251;t pas fait l'affaire car le signalement n'&#233;tait pas celui d'un jeune homme ras&#233;. Le seul parti &#224; prendre &#233;tait d'essayer, par d'habiles coups de ciseaux, de ramener la moustache &#224; des dimensions telles qu'elle p&#251;t &#234;tre, &#224; la rigueur, qualifi&#233;e de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;naissante&lt;/q&gt;. Ma femme mit toute la dext&#233;rit&#233; possible &#224; cette op&#233;ration &#224; laquelle Adh&#233;mar se pr&#234;ta avec cette gaiet&#233; bonne enfant qui &#233;tait un trait essentiel de son caract&#232;re ; et le r&#233;sultat fut, &#224; l'unanimit&#233;, d&#233;clar&#233; acceptable. Schwitzgu&#233;bel partit, nous laissant fort inquiets, et bien impatients de recevoir la nouvelle de son arriv&#233;e &#224; bon port.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son retour, mission accomplie, il se remet &#224; l'ouvrage car cette fin d'ann&#233;e voit la naissance d'une nouvelle f&#233;d&#233;ration en r&#233;action aux r&#233;solutions de la conf&#233;rence de Londres en septembre du Conseil g&#233;n&#233;ral qui, suivant les v&#339;ux de Marx, souhaite transformer l'Internationale en parti de la classe ouvri&#232;re. Conform&#233;ment &#224; la conception marxiste de la r&#233;volution, le prol&#233;tariat doit se doter d'une organisation politique pour renverser le syst&#232;me bourgeois par la prise du pouvoir &#233;tatique. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des sections de La Chaux-de-Fonds, du Locle, de Neuch&#226;tel, de Moutier et du district de Courtelary, r&#233;unis &#224; Sonvillier le 12 novembre 1871, d&#233;cident de constituer une nouvelle f&#233;d&#233;ration qui prend le nom de F&#233;d&#233;ration jurassienne. A toutes les f&#233;d&#233;rations de l'Internationale, les jurassiens envoient une circulaire les incitant &#224; r&#233;agir contre l'attitude dictatorial du Conseil g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de La Haye, en septembre 1872, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel et James Guillaume sont mandat&#233;s pour d&#233;fendre les principes de l'autonomie et du f&#233;d&#233;ralisme. A la demande de Marx, une commission d'enqu&#234;te sur l'Alliance voit le jour. Lors de la derni&#232;re s&#233;ance, le rapporteur de cette commission demande l'exclusion de Bakounine, de Guillaume et de Schwitzgu&#233;bel pour cr&#233;ation de soci&#233;t&#233; secr&#232;te. Le congr&#232;s accepte celles de Bakounine et de Guillaume, et refuse d'exclure Schwitzgu&#233;bel qui protesta contre cette discrimination. A ce m&#234;me congr&#232;s les partisans de Marx transf&#232;rent le si&#232;ge de l'Internationale &#224; New York, et ce jusqu'en 1876, date &#224; laquelle le Conseil g&#233;n&#233;ral prononce sa dissolution, &#224; la conf&#233;rence de Philadelphie, constatant l'&#233;chec de l'Internationale marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en octobre 1872, &#224; Saint-Imier, sur l'initiative de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, les f&#233;d&#233;rations antiautoritaires en opposition avec le Conseil g&#233;n&#233;ral et refusant les d&#233;cisions du congr&#232;s de La Haye fondent l'Internationale antiautoritaire, poursuivant ainsi la t&#226;che entam&#233;e mais cette fois sans autorit&#233; centrale. Schwitzgu&#233;bel, Guillaume, Spichiger seront les chevilles ouvri&#232;res de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, avec le soutien de nouveaux membres tels qu'Elis&#233;e Reclus et, plus tard, Pierre Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plein de gaiet&#233;, de vivacit&#233; et de clairvoyance... &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/adhemar_schwitzguebel-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH247/adhemar_schwitzguebel-2-e28cf-1edca.jpg?1774695982' width='150' height='247' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel &lt;br&gt;(1875)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1873, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se marie avec une jeune ouvri&#232;re franc-comtoise, avec laquelle il aura pas moins de neuf enfants. Malgr&#233; d'importantes difficult&#233;s pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il continue son activit&#233; de propagandiste, alliant la parole &#224; l'&#233;crit, et publie nombre d'articles dans la presse de l'Internationale, brochures d'&#233;tudes &#233;conomiques ou sayn&#232;tes didactiques&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Textes rassembl&#233;s dans Quelques &#233;crits, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, &#233;d. P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1876, &#224; l'enterrement de Bakounine, Schwitzgu&#233;bel, Joukovsky, Guillaume et Reclus prononcent tour &#224; tour un discours. De mois d'angoisse en ann&#233;e de mis&#232;re, ayant du mal &#224; se faire embaucher, il est forc&#233; de quitter Sonvillier pour Bienne avec toute sa famille en 1889.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale ayant cess&#233; d'exister dans les ann&#233;es 1880, &#224; son arriv&#233;e &#224; Bienne, il reprend son activit&#233; en cr&#233;ant quelques associations ouvri&#232;res. Avec d'autres, il fonde la F&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re horlog&#232;re qui dispara&#238;tra apr&#232;s les gr&#232;ves de 1895. En 1894, il finit par accepter un poste de permanent du mouvement syndical. Mais, us&#233; avant l'&#226;ge et atteint d'un cancer &#224; l'estomac, il meurt &#224; Bienne le 23 juillet 1895, &#226;g&#233; de 51 ans. Pierre Kropotkine, qui le rencontra en 1872, en trace dans ses M&#233;moires, le portrait suivant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &#233;tait le type de ces horlogers de langue fran&#231;aise, pleins de gaiet&#233;, de vivacit&#233; et de clairvoyance, qu'on rencontre dans le Jura bernois. Graveur en montres de son m&#233;tier, il ne songea jamais &#224; quitter le travail manuel, et, toujours content et actif il fit vivre sa nombreuse famille pendant les plus mauvaises p&#233;riodes o&#249; le m&#233;tier allait mal et o&#249; les gains &#233;taient mis&#233;rables. Il avait une aptitude merveilleuse &#224; d&#233;m&#234;ler un probl&#232;me difficile de politique ou d'&#233;conomie, qu'il exposait, apr&#232;s y avoir longtemps r&#233;fl&#233;chi, au point de vue de l'ouvrier, sans lui rien enlever de sa profondeur et de son importance. Il &#233;tait connu au loin &#224; la ronde dans les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;montagnes&lt;/q&gt; et il &#233;tait le favori des ouvriers de tous les pays.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiffres cit&#233;s par Marianne Enckell, &lt;i&gt;La F&#233;d&#233;ration jurassienne&lt;/i&gt;, &#233;d. Canevas, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &#171; Biographie de Bakounine &#187; cit&#233; par J. Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, documents et souvenirs&lt;/i&gt;, &#233;d. Grounauer, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Textes rassembl&#233;s dans &lt;i&gt;Quelques &#233;crits&lt;/i&gt;, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, &#233;d. P.-V. Stock, 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nadar</title>
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		<dc:date>2022-06-24T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Bedos</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Gaspard-F&#233;lix Tournachon n'est pas encore Nadar lorsqu'il na&#238;t le 6 avril 1820 &#224; Paris, au sein d'une famille d'imprimeurs lyonnais. Vingt-trois ann&#233;es s&#233;parent ses parents qui ne se marieront qu'en 1826, apr&#232;s la naissance d'un second fils, Adrien. Il fr&#233;quente plusieurs pensionnats et coll&#232;ges &#224; Paris jusqu'en 1836, mais la faillite de l'entreprise familiale et la maladie obligent son p&#232;re &#224; se retirer &#224; Lyon. Victor Tournachon y meurt, &#226;g&#233; de 66 ans, le 8 ao&#251;t 1837. Plus tard, Nadar aimera &#224; parler des &#233;tudes de m&#233;decine qu'il aurait faites dans cette ville.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1117-7ac1b.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gaspard-F&#233;lix Tournachon n'est pas encore Nadar lorsqu'il na&#238;t le 6 avril 1820 &#224; Paris, au sein d'une famille d'imprimeurs lyonnais. Vingt-trois ann&#233;es s&#233;parent ses parents qui ne se marieront qu'en 1826, apr&#232;s la naissance d'un second fils, Adrien. Il fr&#233;quente plusieurs pensionnats et coll&#232;ges &#224; Paris jusqu'en 1836, mais la faillite de l'entreprise familiale et la maladie obligent son p&#232;re &#224; se retirer &#224; Lyon. Victor Tournachon y meurt, &#226;g&#233; de 66 ans, le 8 ao&#251;t 1837. Plus tard, Nadar aimera &#224; parler des &#233;tudes de m&#233;decine qu'il aurait faites dans cette ville. Mais, d&#232;s 1837 ou 1838, se retrouvant soutien de famille, il cherche ailleurs sa subsistance. Et court ainsi les piges dans plusieurs petits journaux lyonnais, puis &#224; Paris. Il fera ses premi&#232;res armes de journaliste dans la critique th&#233;&#226;trale. Puis, avec R Millaud, il fonde &lt;i&gt;le N&#233;gociateur&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; l'Audience&lt;/i&gt;, journal judiciaire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;o&#249; l'on a pouss&#233; si loin le culte de l'horrible et du cadavre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1839, il quitte&lt;i&gt; l'Audience&lt;/i&gt; et lance une publication assez luxueuse, &lt;i&gt;le Livre d'or&lt;/i&gt;, qui se r&#233;v&#233;lera un &#233;chec commercial. C'est dans une r&#233;union d'amis intimes, pr&#233;figurant la &#171; boh&#232;me &#187;, o&#249; l'on s'amuse &#224; coller la terminaison &#171; dar &#187; &#224; tous les mots d'une phrase, que na&#238;tra son pseudonyme : Tournachon deviendra &#171; Tour-nadar &#187;, puis simplement &#171; Nadar &#187;. En 1842, il commence &#224; signer ses articles de ce nom d'emprunt et trouve enfin une place plus stable au &lt;i&gt;Commerce&lt;/i&gt;, journal politique d'opposition. La fr&#233;quentation de la Chambre et des parlementaires le conduit &#224; entrer en 1844 au secr&#233;tariat du d&#233;put&#233; d'Elbeuf. Mais Nadar s'int&#233;resse &#224; beaucoup de choses : il publie un feuilleton, place quelques croquis dans les journaux... et combine les deux activit&#233;s dans un canard satirique, &lt;i&gt;le Corsaire-Satan&lt;/i&gt;. Il collabore de plus en plus, en tant que caricaturiste, &#224; des journaux humoristiques : &lt;i&gt;la Silhouette&lt;/i&gt;, de 1846 &#224; 1848 ; puis&lt;i&gt; le Voleur&lt;/i&gt;, et enfin la cons&#233;cration avec&lt;i&gt; le Charivari&lt;/i&gt;. Le style des dessins de Nadar est tr&#232;s particulier, et Banville a pu &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Jusqu'en 1852, il improvisa un tas d'&#233;tonnants chefs-d'&#339;uvre bizarres, absurdes, fous, na&#239;fs, effront&#233;s, charmants...&lt;/q&gt; Plus ironique, Gavarni s'exclamait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ah ! nous sommes perdus, voil&#224; Nadar qui a appris &#224; dessiner !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'aventure polonaise &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses professions de foi r&#233;publicaine et un socialisme inspir&#233; par Lamenais et P. Leroux, il ne participe pas aux &#233;v&#233;nements de la r&#233;volution de 1848. Mais Nadar a besoin d'action et va se lancer dans une rocambolesque exp&#233;dition. Pour appuyer les efforts de lib&#233;ration des Polonais, des volontaires fran&#231;ais et des immigr&#233;s constituent un corps exp&#233;ditionnaire qui gagne la fronti&#232;re et... se fait arr&#234;ter par l'arm&#233;e prussienne dans les premiers jours de mai. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; intern&#233;s en Saxe, ils seront lib&#233;r&#233;s et pourront regagner la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d&#233;courag&#233;, Nadar fera ses offres de service au gouvernement provisoire qui l'enverra en juillet espionner en Prusse les troupes russes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re. Apr&#232;s avoir parcouru l'Allemagne comme vrai-faux dessinateur ; il regagne Paris d&#233;but septembre. Cette fois, il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;couvert mais les r&#233;sultats de sa mission ne semblent gu&#232;re probants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hetzel fait appel &#224; son talent de caricaturiste pour &lt;i&gt;la Revue cornique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; l'usage des gens s&#233;rieux&lt;/i&gt; qu'il vient de lancer en ce mois de novembre 1848. Il s'agit de stigmatiser les erreurs du r&#233;gime et de contrer un personnage qui devient de plus en plus envahissant : Louis-Napol&#233;on Bonaparte. Nadar y cr&#233;e un personnage, type m&#234;me de l'&#233;ternel opportuniste, Monsieur R&#233;ac, h&#233;las toujours bien vivant &#224; notre &#233;poque. Mais la revue ne dure qu'un an, &#233;touff&#233;e par la censure. En mai 1849, il entre au &lt;i&gt;Journal pour rire&lt;/i&gt; de Charles Philipon o&#249; il continue ses charges antibonapartistes. Mais sa signature est devenue c&#233;l&#232;bre, il publie de nombreux recueils de dessins et ne suffit plus &#224; la t&#226;che, surtout que M. Nadar n'a jamais aim&#233; les &#171; travaux forc&#233;s &#187;. Ainsi na&#238;t l'&#171; atelier Nadar &#187;, avec ses dessinateurs employ&#233;s &#224; effectuer des croquis ou &#224; fignoler l'ex&#233;cution. Souvent, malgr&#233; tout, comme le &#171; patron &#187; aime par trop &#171; papillonner &#187;, les caricatures sont livr&#233;es au dernier moment avec tous les pr&#233;textes imaginables pour expliquer le retard. Mais notre homme a des id&#233;es, beaucoup d'id&#233;es, et il songe &#224; regrouper tous les dessins de gens illustres que son &#171; usine &#187; a sortis : ce sera, en mars 1854, le &lt;i&gt;Panth&#233;on Nadar&lt;/i&gt;. C'est un succ&#232;s, et l'on se pr&#233;cipite pour s'arracher l'&#233;norme lithographie qui s'&#233;tale aux devantures des libraires.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/nadar_s_pantheon__1854.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/nadar_s_pantheon__1854-56853.jpg?1774743931' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser le &lt;i&gt;Panth&#233;on&lt;/i&gt;, Nadar s'est parfois servi de photographies et a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; r&#233;aliser des clich&#233;s. Il installe un atelier au 113, rue Saint-Lazare et, au cours des ann&#233;es suivantes, va effectuer les portraits de ses amis. Et les amis de Nadar s'appellent Vigny, Th&#233;ophile Gauthier, Michelet, George Sand, Dumas, Nerval... Un &#233;pisode douloureux pour Nadar sera le proc&#232;s qui l'opposera &#224; son fr&#232;re Adrien. En effet, g&#233;n&#233;reux, il l'avait associ&#233; &#224; son affaire, mais la jalousie du cadet conduisit &#224; la rupture, puis &#224; la concurrence d&#233;loyale. Dans les ann&#233;es 60, Nadar devient le photographe officiel... de l'opposition. Tous les ennemis de l'Empire le fr&#233;quentent, ainsi que les &#233;crivains, les peintres, les artistes. Nadar &#233;tait c&#233;l&#232;bre, ses portraits photographiques inscrivent son nom pour la post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/autoportrait_tournant_nadar_c_1865.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH566/autoportrait_tournant_nadar_c_1865-c85bd.jpg?1774743931' width='500' height='566' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nadar, s&#233;rie Autoportrait &#171; tournant &#187; (vers 1865)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#233;j&#224;, autre chose le passionne : pourquoi ne pas photographier en l'air, de la nacelle d'un ballon ? Une fois r&#233;solus les probl&#232;mes techniques que pose la prise de vue&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lui doit, outre l'id&#233;e et la r&#233;alisation de la photographie a&#233;rienne, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le virus d'Icare l'ayant atteint, il s'int&#233;resse au vol et surtout au plus lourd que l'air. En 1863, il participe &#224; la fondation d'une soci&#233;t&#233; d'encouragement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jules Verne, qui fit partie de la soci&#233;t&#233;, s'en souviendra pour &#233;crire Robur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et &#224; la publication d'un manifeste concernant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'autolocomotion a&#233;rienne&lt;/q&gt;, puis c'est la parution de la revue &lt;i&gt;A&#233;ronaute &lt;/i&gt; et, en 1865, &lt;i&gt;Le Droit au vol&lt;/i&gt;. Sous ce titre quelque peu provocateur, Nadar tente de d&#233;montrer que, pour ma&#238;triser la dirigeabilit&#233; d'un appareil, il est n&#233;cessaire que celui-ci soit plus lourd que l'air. Lui et ses compagnons se ruin&#232;rent pour une id&#233;e en avance sur leur temps car il faudra attendre un quart de si&#232;cle avant que Cl&#233;ment Ader leur donne raison en s'&#233;levant sur &lt;i&gt;L'Eole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ballons du Si&#232;ge &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/felix_nadar_in_a_balloon__late_1860s_photographer_felix_nadar__4559203377_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH239/felix_nadar_in_a_balloon__late_1860s_photographer_felix_nadar__4559203377_-043c3-9f861.jpg?1774696200' width='150' height='239' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juillet 1870, le gouvernement imp&#233;rial d&#233;clare la guerre &#224; la Prusse. Conflit qui se conclut par la capitulation de Napol&#233;on III &#224; Sedan le 2 septembre, provoquant la chute de l'Empire. Mais Paris, qui a proclam&#233; la R&#233;publique, veut continuer la lutte et c'est le si&#232;ge de la capitale. D&#232;s juillet-ao&#251;t, des a&#233;ronautes confirm&#233;s avaient propos&#233; en vain leurs services pour observer les mouvements et les d&#233;fenses de l'ennemi. Nadar profitera de la proclamation de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sa&lt;/q&gt; r&#233;publique pour installer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;r&#233;volutionnairement&lt;/q&gt; (sans demander de permission) sa compagnie d'a&#233;rostiers et deux ballons place Saint-Pierre, &#224; Montmartre. C'est &#224; cette occasion qu'il rencontre Elis&#233;e Reclus car celui-ci lui propose ses services : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je crois que je pourrai vous &#234;tre utile. A l'avantage d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus lourd que l'air&lt;/q&gt;, je joins celui d'&#234;tre g&#233;ographe et un peu m&#233;t&#233;orologiste. En outre, j'ai de la volont&#233;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Correspondance, tome II, Schleicher fr&#232;res, 1911.&#034; id=&#034;nh10-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Malgr&#233; les &#233;v&#233;nements, l'exil et la distance qui les s&#233;parent, les deux hommes continueront toute leur vie &#224; s'appr&#233;cier et &#224; correspondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la Compagnie des a&#233;rostiers militaires, sous la direction de Nadar, Dartois et Duruof, apr&#232;s l'observation des troupes ennemies, organise la poste a&#233;rienne afin que Paris reste en contact avec la province malgr&#233; le si&#232;ge organis&#233; par les Prussiens. &#201;trangement, Nadar ne participera pas &#224; la Commune de Paris. La peur des risques (il en prendra pourtant de nombreux pour aider les communards vaincus), la maladie qui l'&#233;puise moralement et physiquement ou, plus certainement, la conscience que la Commune vient trop tard et m&#232;ne droit au massacre peuvent expliquer son attitude. Bien que surveill&#233; par les versaillais et menac&#233; d'arrestation, il h&#233;berge un temps F&#233;lix Pyat, sauve le g&#233;n&#233;ral Bergeret, rend visite aux amis incarc&#233;r&#233;s, apporte son t&#233;moignage lors des proc&#232;s (&#201;lis&#233;e Reclus) et intervient de multiple fois aupr&#232;s de Thiers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadar, &#224; l'image de la France de l'&#233;poque, se retrouve apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements ruin&#233;. Il reprend son activit&#233; de photographe pour assurer son gagne-pain, celui de sa femme et de son fils, Paul. Il &#233;crit &#233;galement, chroniques et ouvrages, qui sont des fragments de souvenirs. Lorsqu'en 1887, sa femme est frapp&#233;e d'h&#233;mipl&#233;gie, il se retire avec elle &#224; S&#233;nart et confie son atelier &#224; son fils. A 67 ans, Nadar aurait bien m&#233;rit&#233; de vivre tranquillement sa retraite. Mais les affaires vont mal, Paul conna&#238;t de graves difficult&#233;s financi&#232;res et souffre de sa situation de simple g&#233;rant. Son p&#232;re finit par lui laisser la direction de l'entreprise et doit reprendre ses activit&#233;s de photographe.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH216/eliseereclusnadar-224c0-b80e2.jpg?1774696200' width='150' height='216' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Elis&#233;e Reclus, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe &#224; Marseille en 1897 et, gr&#226;ce &#224; son &#233;nergie retrouv&#233;e, conna&#238;t de nouveau la prosp&#233;rit&#233;. En 1900, la cession de son atelier lui procure une rente qui lui permet de vivre convenablement. Cette m&#234;me ann&#233;e a lieu une r&#233;trospective de son &#339;uvre &#224; l'occasion de l'Exposition universelle. Sa femme d&#233;c&#233;dera en 1909 et lui le 21 mars 1910, &#224; l'&#226;ge respectable de 90 ans, apr&#232;s avoir eu le temps de f&#233;liciter Bl&#233;riot pour sa travers&#233;e de la Manche en avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Commune de Paris, le socialisme de Nadar a &#233;volu&#233; progressivement vers l'anarchisme ; il apporte r&#233;guli&#232;rement son soutien &#224; Jean Grave lorsque celui-ci rencontre des difficult&#233;s en tant que g&#233;rant de &lt;i&gt;la R&#233;volte&lt;/i&gt; et n'h&#233;site pas &#224; affirmer qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec l'&#226;me la plus haute qui soit pour moi, avec mon si grand et cher &#201;lis&#233;e (Reclus), j'en suis finalement venu &#224; l'acratie pure et simple, qui m'appara&#238;t comme l'unique v&#233;rit&#233; de demain&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de Nadar &#224; L&#233;on Daudet, 27 juillet 1893, cit&#233;e par Roger Greaves, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On lui doit, outre l'id&#233;e et la r&#233;alisation de la photographie a&#233;rienne, le premier clich&#233; en lumi&#232;re artificielle, les premiers reportages photo dans les &#233;gouts et les catacombes de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jules Verne, qui fit partie de la soci&#233;t&#233;, s'en souviendra pour &#233;crire &lt;i&gt;Robur le Conqu&#233;rant &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;De la Terre &#224; la Lune&lt;/i&gt; dont le nom du h&#233;ros, Michel Arden, est l'anagramme de Nadar. Les illustrateurs de l'&#233;dition Hetzel lui avaient m&#234;me donn&#233; ses propres traits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, Correspondance, tome II, Schleicher fr&#232;res, 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de Nadar &#224; L&#233;on Daudet, 27 juillet 1893, cit&#233;e par Roger Greaves, &lt;i&gt;Nadar ou le paradoxe vital&lt;/i&gt;, &#233;d. Flammarion, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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