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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Sixi&#232;me partie</title>
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		<dc:date>2026-04-20T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SIXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas non plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/llllllllllll-e3b3a.jpg?1776722462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SIXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas non plus attendre des partis communistes une v&#233;ritable lutte contre la guerre et le militarisme. Qu'il n'en soit pas ainsi dans le pays o&#249; ce parti d&#233;tient le pouvoir gouvernemental va de soi, puisqu'il n'a pas pu &#233;chapper aux cons&#233;quences qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement l'existence d'un &#201;tat national centralis&#233;. Car celui qui veut l'&#201;tat veut l'&#201;tat national, et celui qui veut l'&#201;tat national veut la guerre &#8212; m&#234;me dans le cas o&#249;, selon l'id&#233;al de L&#233;on Trotski, ces &#201;tats seraient unis de l'Oural jusqu'&#224; l'oc&#233;an Atlantique. Ce que le P.C. veut r&#233;aliser n'est en effet rien d'autre que l'id&#233;al &#233;tatique social-d&#233;mocrate et marxiste, mais par des moyens putschistes et blanquistes (et non bakouninistes !). D'autant plus que les P.C. des diff&#233;rents pays &#8212; toute la Troisi&#232;me Internationale&#8212; ne sont qu'un instrument entre les mains des dirigeants de l'&#201;tat sovi&#233;tique national et capitaliste. Ce fut la dictature centralis&#233;e du parti et la dictature de l'&#201;tat qui d&#233;truisirent les premiers germes d'une v&#233;ritable auto-&#233;mancipation prol&#233;tarienne, qui s'&#233;taient manifest&#233;s dans les conseils. Le d&#233;cret par lequel fut institu&#233;e l'arm&#233;e rouge (par opposition aux arm&#233;es de volontaires qui, soutenues par la lutte des partisans, avaient d&#233;fendu la r&#233;volution russe contre les attaques contre-r&#233;volutionnaires) ne fut pas le salut, mais la destruction de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position th&#233;orique du Parti communiste concernant la guerre fut formul&#233;e de mani&#232;re courte et concise par L&#233;nine (dans l'instruction qu'il r&#233;digea pour la d&#233;l&#233;gation russe au congr&#232;s mondial pour la paix de La Haye, que Zinoviev, qui la publia, qualifie de &#171; grand texte &#187; !) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Le boycott de la guerre est une formule idiote. Les communistes doivent participer &#224; toute guerre r&#233;actionnaire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste actuel ne peut et ne veut pas lutter contre le militarisme, parce qu'il veut utiliser les m&#233;thodes les plus militaristes et les plus violentes pour atteindre son objectif : la conqu&#234;te du pouvoir politique (qui pour lui est synonyme de r&#233;volution sociale). Il ne veut pas d&#233;truire les moyens de production de la mort, tout l'appareil militaire, mais veut les &lt;strong&gt;arracher &lt;/strong&gt; &#224; la bourgeoisie. Cela signifie que, dans l'usage de ses moyens de violence, il ne peut naturellement pas &#234;tre en retrait par rapport &#224; ceux de l'imp&#233;rialisme. Dans sa brochure &#171; Les moyens de lutte de la r&#233;volution sociale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Henriette Roland Holst avait d&#233;j&#224; soulign&#233; ce point et d&#233;montr&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable que le socialisme r&#233;volutionnaire doit surmonter l'id&#233;e qu'il peut atteindre son objectif par tous les moyens, quels qu'ils soient ; ces m&#233;thodes conduisent tout autant &#224; la ruine du socialisme r&#233;volutionnaire et condamnent n&#233;cessairement la r&#233;volution sociale &#224; l'&#233;chec, tout comme l'erreur des r&#233;formistes qui pensaient que l'extension et la perfection de leurs organisations m&#232;neraient le prol&#233;tariat &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute organisation militaire devient in&#233;vitablement un instrument qui menace ou porte atteinte &#224; la libert&#233; des masses. C'est pourquoi il ne faut pas seulement lutter avec toutes nos forces contre le militarisme, mais contre toute organisation militaire. Il ne peut y avoir de lib&#233;ration pour le prol&#233;tariat tant qu'il ne se d&#233;tache pas enti&#232;rement de la croyance que la violence arm&#233;e est un moyen capable de conduire les masses populaires &#224; la victoire. La brochure reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; d'une tactique r&#233;volutionnaire et antimilitariste dans la lutte des classes, r&#233;fute la politique que le gouvernement sovi&#233;tique a men&#233;e depuis 1919 et rejette la tactique actuelle du P.C.. Le P.C. actuel n'a &#233;galement plus rien de commun avec la Ligue spartakiste, ni avec ses anciens dirigeants. &#192; propos de l'instauration du socialisme par le pouvoir dictatorial d'un gouvernement, Rosa Luxemburg d&#233;clare, dans son discours-programme au congr&#232;s fondateur du P.C. allemand : &#171; Le socialisme ne se fait pas et ne peut se faire par d&#233;crets, m&#234;me s'ils &#233;manent d'un gouvernement socialiste, aussi parfait soit-il. Le socialisme doit &#234;tre fait par les masses, par chaque prol&#233;taire. C'est l&#224; o&#249; ils sont riv&#233;s &#224; la cha&#238;ne du capitalisme que la cha&#238;ne doit &#234;tre rompue&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon son programme, &#171; La Ligue spartakiste n'est pas un parti qui veuille parvenir au pouvoir en passant par-dessus la classe ouvri&#232;re ou en se servant de la masse des ouvriers. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle bri&#232;vement ce point pour d&#233;montrer qu'ici encore, les tactiques r&#233;volutionnaires et antimilitaristes, la lutte constante contre la guerre, sont indissociables des moyens de lutte de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a prouv&#233; que le chemin que le prol&#233;tariat a pris n'&#233;tait pas la voie de sa lib&#233;ration, ni de la lib&#233;ration de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre issue que les organisations &lt;strong&gt;&#233;conomiques &lt;/strong&gt; de lutte, que l'&lt;strong&gt;auto-organisation&lt;/strong&gt;, que la lutte des classes r&#233;volutionnaire internationale. Il n'y a pas non plus d'autre moyen de lutter contre la guerre. Nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de l'&#201;tat qui d&#233;p&#233;rira sous le joug d'une dictature sans pr&#233;c&#233;dent ; nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de la libert&#233; qui peut &#234;tre atteinte par le despotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre n&#233;cessairement l'&#339;uvre de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. &#187; : ni de l'&#201;tat, ni du parlement, ni d'aucun parti politique. Elle ne peut non plus se lib&#233;rer autrement que par elle-m&#234;me du fl&#233;au qui la menace de destruction : la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui veut vraiment lutter contre la guerre doit vouloir une transformation radicale de l'ensemble de ce syst&#232;me social : &#171; en un mot, il faut accepter la r&#233;volution sociale dans toutes ses cons&#233;quences &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1914 marqua la faillite du socialisme officiel. Mais ce n'&#233;tait pas le pire. Des millions de personnes moururent pour un leurre ; ce n'&#233;tait pas le pire non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#251;t 1914, le journal su&#233;dois &lt;i&gt;Brand &lt;/i&gt; publia un manifeste anarchiste affirmant que l'on avait d&#233;j&#224; entendu mille fois comment cette guerre aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e, et concluant par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; Un jour, les travailleurs du monde entier se rel&#232;veront du sang et des larmes ; une fois encore, nous nous rel&#232;verons du chaos engendr&#233; par la politique de violence, et nous garderons une exp&#233;rience ch&#232;rement acquise, tir&#233;e des abysses de l'enfer &#8211; une exp&#233;rience, camarades, qui nous exhorte &#224; lutter avec une force redoubl&#233;e contre ce syst&#232;me capitaliste criminel, cause premi&#232;re et ultime de ce d&#233;sastre mondial. Puissions-nous alors d&#233;montrer ce que nous avons appris, et que le sang n'ait pas &#233;t&#233; vers&#233; en vain.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pire, c'est l'incompr&#233;hensible, le plus terrible de la guerre. Voil&#224; o&#249; nous en sommes aujourd'hui. Demain, peut-&#234;tre, l'enfer se d&#233;cha&#238;nera-t-il encore. On criera &#171; &#192; bas la guerre &#187; et on protestera contre la &#171; honte pour la civilisation &#187;, puis tout le monde se mettra en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herzen&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a un jour prononc&#233; ces paroles proph&#233;tiques : &#171; Vous n'avez pas voulu du socialisme, eh bien vous aurez la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie que la classe ouvri&#232;re emprunte aujourd'hui est celle d'une nouvelle guerre et d'une nouvelle chute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De revolutionaire Brussel-Rotterdam, 1918 &#187;, on retrouve les m&#234;mes id&#233;es expos&#233;es concernant le &#171; nouveau socialisme &#187;. Aucun autre ouvrage ne d&#233;montre aussi bien la d&#233;g&#233;n&#233;rescence compl&#232;te du bolchevisme depuis 1918, ni aucun autre livre qui, d'un point de vue r&#233;volutionnaire, n'offre une critique aussi d&#233;molissante des tactiques des partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue spartakiste) &#187;, 31 d&#233;cembre 1918 &#8211; 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1919.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti Communiste allemand).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du socialisme libertaire et un des inspirateurs du climat politique ayant conduit &#224; l'abolition du servage en 1861. Exil&#233; en europe, il lutte contre le r&#233;gime tsariste par ses &#233;crits. Avec Nikola&#239; Ogarev, il &#233;dite les journaux libertaires &lt;i&gt;L'&#201;toile polaire &lt;/i&gt; et&lt;i&gt; La Cloche&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Kolokol&lt;/i&gt;) o&#249; &#233;crivait souvent Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Cinqui&#232;me partie</title>
		<link>https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-cinquieme-partie</link>
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		<dc:date>2026-04-19T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/mmmm-e655c.jpg?1776636216' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s na&#239;f. D'autant plus que Kautsky lui-m&#234;me estime que (m&#234;me si elle n'&#233;tait donc pas un instrument de guerre), on ne peut rendre responsable de cet &#233;chec ni l'Internationale, ni sa direction, ni ses organisations. &#171; Si aucune d'entre elles n'a pu emp&#234;cher son gouvernement de participer &#224; la guerre, cela tient d'une part au fait que le prol&#233;tariat ne disposait pas encore d'une force suffisante, d'autre part au fait que de grandes masses du prol&#233;tariat se sont laiss&#233;es entra&#238;ner par la fi&#232;vre de la guerre. Et on ne peut tout de m&#234;me pas rendre l'Internationale, ni sa direction, ni son organisation responsables de la faiblesse et du manque d'ind&#233;pendance du prol&#233;tariat dans certains pays. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, op. cit., p.3.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Donc, selon Kautsky, &#233;tant donn&#233; que la force des partis socialistes dans les pays qui ont d&#233;clench&#233; la guerre &#233;tait surestim&#233;e, ce n'est pas la faute de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut appr&#233;cier &#224; sa juste valeur l'argument de la faiblesse du prol&#233;tariat si on se rappelle que Karl Kautsky, dans la m&#234;me brochure, fait remarquer que la social-d&#233;mocratie allemande, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle &#233;tait si grande, parce qu'elle &#233;tait plus que tout autre parti socialiste un parti de masse, fut pendant la guerre domin&#233;e par un fort sentiment national, ce qui la conduisit &#224; se ranger enti&#232;rement derri&#232;re le gouvernement imp&#233;rial. Et, selon Eduard Bernstein, la diff&#233;rence d'attitude entre la social-d&#233;mocratie russe et la social-d&#233;mocratie allemande lors du vote des cr&#233;dits de guerre s'explique par l'in&#233;galit&#233; de taille et d'influence des partis socialistes. Plus le parti est grand et plus son influence parlementaire est importante, plus grande est la responsabilit&#233; dans le cours des &#233;v&#233;nements ! Ce que l'on peut attendre de ce parti lorsqu'il sera encore plus grand et plus puissant &#8212; et que, par cons&#233;quent, sa responsabilit&#233; sera encore plus grande &#8212; est encore plus clair !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reproche en outre au prol&#233;tariat son manque d'ind&#233;pendance, et cela de la part du th&#233;oricien du parti qui, pendant un demi-si&#232;cle, avait lui-m&#234;me &#233;duqu&#233; ce prol&#233;tariat dans une discipline militariste, qui avait &#233;touff&#233; dans l'&#339;uf toute initiative individuelle, toute action autonome et, par l&#224; m&#234;me, toute amorce de capacit&#233; cr&#233;atrice ; et il lui reprochait son attitude nationaliste, alors que pendant un demi-si&#232;cle on l'avait impr&#233;gn&#233;, sous la menace constante du danger russe, de la n&#233;cessit&#233; de sa capacit&#233; de d&#233;fense et de la d&#233;fense de la patrie. La tentative de Karl Kautsky de d&#233;charger de cette mani&#232;re la tactique de l'Internationale et de ses partis nationaux est trop flagrante pour ne pas dire trop l&#226;che. Alors qu'il reproche au prol&#233;tariat son ivresse nationale de guerre, il voit lui-m&#234;me la manifestation la plus &#233;vidente de &#171; l'importance que le prol&#233;tariat a d&#233;j&#224; acquise &#187; dans le fait que les ministres (de la guerre) de France et de Belgique &#233;taient socialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si on reprochait &#224; un enfant n&#233; de parents syphilitiques son retard mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Internationale, apr&#232;s la guerre, quand elle se r&#233;unit &#224; Hambourg, prit certes la r&#233;solution que la le&#231;on de la guerre &#233;tait que l'internationale ouvri&#232;re socialiste ne devait pas seulement &#234;tre un instrument en temps de paix, mais aussi pendant la guerre. Cela signifie avant tout que &#171; ce que nous avons v&#233;cu autrefois ne doit jamais se r&#233;p&#233;ter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion des socialistes majoritaires allemands, selon laquelle, &#224; l'heure du danger, il faut d&#233;fendre la patrie en toutes circonstances, rend impossible toute politique internationale. C'est pourquoi Karl Kautsky propose : n'accorder des cr&#233;dits au gouvernement &lt;strong&gt;que lorsqu'on est certain qu'il ne s'agit que d'une guerre de d&#233;fense et non d'une guerre offensive&lt;/strong&gt;. Que l'on ne puisse pas rejeter la soi-disant guerre de d&#233;fense constitue l'opinion g&#233;n&#233;rale de la Deuxi&#232;me Internationale. Et cela alors m&#234;me que, du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate, on affirme qu'au moment d'une d&#233;claration de guerre, il est absolument impossible de juger s'il s'agit d'une guerre d'attaque ou de d&#233;fense. &#171; &#192; un tel moment, &#233;crit Eduard Bernstein, la crise entre les &#201;tats impliqu&#233;s atteint un tel point, et les informations sur ce qui se passe de part et d'autre des fronti&#232;res sont si incompl&#232;tes, unilat&#233;rales et tendancieuses, qu'une vision claire devient impossible. La voix objective du prol&#233;tariat est &#233;touff&#233;e par le nationalisme. Dans la nature actuelle des armements, d&#233;terminer qui a commenc&#233; les pr&#233;paratifs hostiles, voire qui a franchi la fronti&#232;re en premier, est la chose la plus difficile du monde. &lt;strong&gt;On ne peut juger si la guerre est offensive ou d&#233;fensive&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Eduard Bernstein, Die Internationale der Arbeiterklasse und der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On ne peut pas dire plus explicitement que, puisque le gouvernement d&#233;tient les moyens, toute guerre peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme &#171; d&#233;fensive &#187;, et que la position de l'Internationale concernant la guerre de d&#233;fense revient essentiellement &#224; d&#233;fendre toute guerre. Dans la pratique, cela revient &#224; dire que &#171; toute politique internationale impossible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on ne puisse pas d&#233;terminer le caract&#232;re de la guerre au moment o&#249; elle &#233;clate constitue pour Eduard Bernstein une raison suppl&#233;mentaire de rejeter tout moyen pour emp&#234;cher son d&#233;clenchement, puisqu'on ne saurait alors &#171; si la gr&#232;ve contre la guerre ne signifierait pas une gr&#232;ve contre un pays se trouvant dans une situation de l&#233;gitime d&#233;fense &#187;. &#192; cela s'ajoute encore le fait que l'&#233;tat de guerre proclam&#233; en un tel moment peut r&#233;primer toute tentative de propagande et d'organisation de gr&#232;ves contre la guerre. Entre-temps, les organisations ouvri&#232;res ont, en de tels jours, bien d'autres soucis que d'organiser des gr&#232;ves de masse. Elles ont d&#233;j&#224; tellement &#224; faire avec l'assistance &#224; ceux qui sont d&#233;j&#224; au ch&#244;mage qu'elles ne peuvent songer &#224; appeler d'autres travailleurs &#224; cesser le travail. Seules des organisations &#171; sauvages &#187;, qui ne se pr&#233;occupent pas de leurs ch&#244;meurs, pourraient faire une chose pareille. &#171; Il est d'ailleurs significatif que, pr&#233;cis&#233;ment dans les pays en guerre o&#249; les ouvriers &#233;taient bien organis&#233;s sur le plan syndical, une tentative s&#233;rieuse dans ce sens n'ait m&#234;me pas &#233;t&#233; envisag&#233;e. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.4,5.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Exactement. On apprend, &#224; travers cet expos&#233; de Bernstein, quels sont les arguments par lesquels on combat la propagande pour emp&#234;cher la guerre par l'action directe. Pour de ne pas augmenter le ch&#244;mage, on pr&#233;cipite la classe ouvri&#232;re dans une lutte qui constitue un attentat contre sa vie et un attentat contre le socialisme. &#192; un ch&#244;mage national, on pr&#233;f&#232;re un massacre international qui co&#251;ta la vie &#224; des millions de prol&#233;taires dans l'int&#233;r&#234;t de leurs oppresseurs et qui entra&#238;na une mis&#232;re si insupportable que le prol&#233;tariat a fini par se soulever, m&#234;me &lt;strong&gt;contre la volont&#233; de ces dirigeants&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et a renvers&#233; le syst&#232;me dominant &#8212;sans toutefois porter atteinte &#224; sa puissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit pas oublier, dans tout cela, une chose : Eduard Bernstein ne conteste pas (et cela n'a jamais &#233;t&#233; contest&#233; du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate) : &lt;strong&gt;qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans tous les pays pourrait emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre&lt;/strong&gt;. Et combien plus juste encore appara&#238;t maintenant l'observation de Domela Nieuwenhuis d&#233;j&#224; en 1901 ! : si, en 1891, on avait eu le courage de prendre la d&#233;cision de r&#233;pondre &#224; une d&#233;claration de guerre par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et si on avait men&#233; une forte propagande pour cette id&#233;e, on serait, dix ans plus tard, beaucoup plus avanc&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, Eduard Bernstein estime que la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 a prouv&#233; que c'&#233;tait irr&#233;alisable (et ceci alors m&#234;me qu'on ne l'avait &#171; m&#234;me pas envisag&#233; &#187; !) et que, par cons&#233;quent, cette id&#233;e ne serait probablement plus prise en consid&#233;ration comme point de de l'ordre du jour lors de futurs congr&#232;s ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite devait malheureusement le confirmer. Quand, au congr&#232;s international de la paix, r&#233;uni &#224; La Haye en 1922 par la F&#233;d&#233;ration syndicale internationale (F.S.I.), l'Association internationale antimilitariste (A.I.A.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui repr&#233;sentait un grand nombre d'organisations antimilitaristes r&#233;volutionnaires et d'organisations ouvri&#232;res r&#233;volutionnaires, souleva cette question, on lui donna &#224; peine l'occasion de d&#233;fendre sa proposition et celle-ci fut rejet&#233;e sans discussion&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La r&#233;solution propos&#233;e se terminait ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution adopt&#233;e au congr&#232;s de la premi&#232;re Internationale de 1868, conform&#233;ment aux propositions de Domela Nieuwenhuis en 1891 et 1893, et &#224; celle de Keir Hardie &#224; Copenhague en 1910, le congr&#232;s appelle la classe ouvri&#232;re &#224; rendre la guerre impossible &lt;strong&gt;en rompant la solidarit&#233; avec la classe dominante&lt;/strong&gt; et en emp&#234;chant toute &#233;ventuelle guerre par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et le refus g&#233;n&#233;ral du service militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s d&#233;clare qu'il est du devoir de tous ceux qui adoptent cette conception de s'engager, &lt;strong&gt;avec ou sans l'autorisation des dirigeants de leurs organisations&lt;/strong&gt;, dans les pays concern&#233;s, imm&#233;diatement et sans condition, dans la gr&#232;ve et le refus du service militaire contre toute mobilisation, sans s'attarder sur les chances de gagner ou de perdre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s appelle toutes les organisations d'ouvriers socialistes &#224; se pr&#233;parer et &#224; se tenir pr&#234;tes, sur les plans moral, technique et organisationnel, &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et au refus massif du service militaire, et &#224; chercher &#224; transformer, le cas &#233;ch&#233;ant, une guerre qui aurait malgr&#233; tout &#233;clat&#233; &lt;strong&gt;en r&#233;volution sociale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky,&lt;i&gt; Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, op. cit., p.3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Eduard Bernstein, &lt;i&gt;Die Internationale der Arbeiterklasse und der europaische Krieg&lt;/i&gt;, p.4,5, 18, 22, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.4,5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, dirigeant du SPD, d&#233;clara : Je suis reconnaissant d'avoir la confirmation qu'Ebert et moi ne sommes pas coupables de la r&#233;volution de novembre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du troisi&#232;me Congr&#232;s international antimilitariste &#224; La Haye en 1921. Compos&#233;e d'organisations r&#233;volutionnaires antimilitaristes, elle vise &#224; combattre le militarisme &#224; l'&#233;chelle internationale afin de rendre impossibles la guerre et l'oppression des travailleurs. Elle pr&#244;ne la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'objection de conscience de masse pour pr&#233;venir la guerre ; elle milite pour l'arr&#234;t imm&#233;diat de la production de tous les biens de guerre, etc.,etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans le protocole officiel, bien qu'elles aient &#233;t&#233; soumises au Bureau du Congr&#232;s en allemand, en fran&#231;ais et en anglais, selon la proc&#233;dure habituelle ! La d&#233;l&#233;gation de l'A.I.A. n'a pas eu la possibilit&#233; ni de d&#233;fendre ces r&#233;solutions au Congr&#232;s, ni de contester les r&#233;solutions officielles. Le secr&#233;taire Edo Fimmen avait pourtant promis, personnellement et par &#233;crit, d'inclure une br&#232;ve d&#233;claration dans le proc&#232;s-verbal du Congr&#232;s afin d'exposer la position de l'A.I.A.. Or, &#224; la publication du protocole, cette d&#233;claration &#233;tait absente ! Cf. brochure &#171; B.I.A. &#187;, &#201;dition du B. I. A., Bilthoven, p.15-16 et 38-39 ; &#171; Action directe : Les antimilitaristes d'action au Congr&#232;s de la paix de la F.S.I., 10-15 d&#233;cembre 1922 &#187;, par B. de Ligt. (D&#233;p&#244;t de brochures de l'A.I.A. 1924).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Quatri&#232;me partie</title>
		<link>https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-quatrieme-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-quatrieme-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-18T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 ao&#251;t, Haase d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/4-2-b1645.jpg?1776549706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, Haase&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son avenir libre(!), l'enjeu est de taille, voire crucial, en cas de victoire du despotisme russe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout cela ne correspondait ni &#224; l'esprit des congr&#232;s internationaux ni au discours des r&#233;solutions nationales du parti (&#224; moins que l'on ne veuille pas consid&#233;rer les cr&#233;dits de guerre comme une d&#233;pense militariste), on pouvait cependant affirmer &#224; juste titre, comme nous l'avons vu, que la social-d&#233;mocratie n'avait pas chang&#233; d'attitude sur le plan des principes, qu'elle n'avait pas trahi ses principes, mais qu'elle &#233;tait rest&#233;e fid&#232;le &#224; sa tradition. Ceux qui attendaient trop des r&#233;solutions internationales en faveur de la paix avaient oubli&#233; que August Bebel avait encore soulign&#233; tr&#232;s clairement cette tradition en 1913 : &#171; Nous devons tenir compte du fait que l'Allemagne pourrait &#234;tre attaqu&#233;e. Une telle attaque conduirait &#224; une guerre mondiale et nous placerait devant la question de la survie. C'est pourquoi mobiliser jusqu'au dernier homme n'est pas seulement n&#233;cessaire : c'en est la cons&#233;quence in&#233;vitable. La social-d&#233;mocratie est le premier grand parti politique qui ait clairement compris cela et qui, pour cette raison, exige dans son programme l'armement du peuple, l'&#233;ducation du peuple &#224; la d&#233;fense g&#233;n&#233;rale. &#187; Dans une brochure officielle du parti, la social-d&#233;mocratie va encore plus loin : &#171; Elle ne veut pas seulement l'armement du peuple du point de vue physique et technique. La patrie ne se d&#233;fend pas seulement avec des fusils, des canons, des sabres, des poings solides et des jambes rapides. Il faut aussi certaines qualit&#233;s spirituelles et morales du peuple, et la social-d&#233;mocratie veut &#233;galement renforcer ces qualit&#233;s spirituelles du peuple. [&#8230;] Ces qualit&#233;s spirituelles et morales sont le r&#233;sultat du sentiment de solidarit&#233; fond&#233; sur la v&#233;ritable libert&#233; et l'&#233;galit&#233; de tous ceux qui appartiennent &#224; un m&#234;me peuple. &#187; !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre citation &#224; ce sujet serait superflue. C'est ce qu'&#233;crivait le parti dans le programme duquel on peut lire : &#171; Le nombre des prol&#233;taires ne cesse d'augmenter [&#8230;] L'opposition entre exploiteurs et exploit&#233;s devient toujours plus aigu&#235;, la lutte de classes entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat toujours plus &#226;pre, est une lutte qui divise la soci&#233;t&#233; moderne en deux camps ennemis&#8230; &#187; Les autres actions de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale furent conformes &#224; ces d&#233;clarations par lesquelles on renon&#231;ait &#224; la &#171; lutte de classes &#187; r&#233;volutionnaire proclam&#233;e depuis un demi-si&#232;cle et o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait l'int&#233;r&#234;t national du capital &#8212; les int&#233;r&#234;ts capitalistes de la nation &#8212; aux int&#233;r&#234;ts les plus &#233;l&#233;mentaires de la classe ouvri&#232;re. &#192; cet &#233;gard aussi, il est juste de dire qu'elle poursuivait sa tradition dont elle n'&#233;tait pas en rupture. Ce qui &#233;tait nouveau, c'est seulement que cela apparaissait d&#233;sormais au grand jour, de fa&#231;on &#233;vidente et incontestable pour tout le monde. Je ne m'&#233;tendrai pas davantage ici sur les paroles et les actes des partis de l'Internationale, depuis l'approbation des cr&#233;dits de guerre jusqu'&#224; la signature de la paix de Versailles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour finir, je me contenterai &#224; examiner encore une &#171; justification &#187; officielle qui est si caract&#233;ristique du v&#233;ritable caract&#232;re du parti que de plus amples explications seraient ici inutiles. La cause de la guerre est d'ordre &#233;conomique &#8212; c'est ce qu'ils affirment dans ce texte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Die Kriegspolitik der Partei (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; et le but des ennemis est la destruction &#233;conomique de l'Allemagne, ce qui aurait pour cons&#233;quence un ch&#244;mage massif. Les salaires baisseraient. Et le courage de lutter contre l'oppression et la mis&#232;re diminuerait &#233;galement. Les fondements sur lesquels s'est construit l'&#233;difice orgueilleux du mouvement ouvrier allemand s'effondreraient : les puissantes organisations politiques et syndicales, fruits de longues ann&#233;es de travail d'organisation, le dense r&#233;seau de secr&#233;tariats politiques, etc., &#171; tout cela, qui constitue le contenu de notre mouvement. Car la force de ce mouvement et ses succ&#232;s reposent sur l'essor &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re allemande. Le mouvement lui-m&#234;me est n&#233; gr&#226;ce &#224; la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique de l'Allemagne. C'est tout cela que l'Entente veut d&#233;truire. C'est comme si l'on retirait les fondations d'un b&#226;timent : tout s'&#233;croulerait. D&#233;fendre la patrie menac&#233;e signifie donc : d&#233;fendre le socialisme allemand. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme comme ombre, comme reflet, seulement comme produit du capitalisme ! Peut-on l'exprimer plus clairement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Karl Kautsky d&#233;clarait que &#171; l'&#233;volution de l'industrie moderne conduit n&#233;cessairement au socialisme &#187; et que, une fois le pouvoir politique conquis, le socialisme en d&#233;coulerait pour ainsi dire de lui-m&#234;me, si Karl Renner parlait encore d'utiliser &#171; l'&#201;tat comme levier &#187; pour le socialisme, Heinrich Cunow&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pousse la logique plus loin et identifie &#171; l'&#201;tat d&#233;velopp&#233; &#187; avec le socialisme lui-m&#234;me. Le socialisme signifie : organisation et administration ! Dans ce contexte, l'on comprend que ce dernier d&#233;clare qu'il est ridicule de vouloir s'opposer &#224; l'imp&#233;rialisme, puisque celui-ci constitue une &#233;tape n&#233;cessaire sur la voie du d&#233;veloppement capitaliste menant au socialisme ! De cette mani&#232;re, on en vint aussi &#224; consid&#233;rer la guerre comme une &#233;tape n&#233;cessaire du chemin capitaliste vers le socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, pronon&#231;a au Reichstag une d&#233;claration qui justifiait le vote des cr&#233;dits de guerre par les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom Bezirksvorstand der Provinz Brandenburg&lt;/i&gt;, Vorwarts, Berlin, 1915, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article classique &#171; La reconstruction de l'Internationale &#187; : &lt;strong&gt;&#171; &#192; quel moment de l'histoire mondiale a-t-on vu pareille chose ? [&#8230;] Marx, Engels, Lassalle, Liebknecht, Bebel et Singer ont &#233;duqu&#233; le prol&#233;tariat pour que M. Hindenburg puisse le mener &#224; la bataille. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Die Kriegspolitik der Partei&lt;/i&gt; (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti social-d&#233;mocrate autrichien (SDAP). Apr&#232;s la chute de l'empire en 1918, il devint le premier chancelier de la nouvelle r&#233;publique autrichienne. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il devint le premier pr&#233;sident de la Deuxi&#232;me R&#233;publique d'Autriche (1945-1950). Heinrich Cunow (1862-1936) &#233;tait un th&#233;oricien marxiste et pr&#233;sident du SPD (1917-1919).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Troisi&#232;me partie</title>
		<link>https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-troisieme-partie</link>
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		<dc:date>2026-04-17T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

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&lt;p&gt;TROISI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes parlementaires. Elle a donc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2fffff-824fc.jpg?1776463413' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes &lt;strong&gt;parlementaires&lt;/strong&gt;. Elle a donc quitt&#233; le chemin de la premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on trouvait peu ou pas de socialisme anarchiste et antiparlementaire en Allemagne, il &#233;tait d'autant plus r&#233;pandu dans d'autres pays, principalement de langues romanes. Le socialisme allemand a &#233;t&#233; proclam&#233; seule forme officielle de socialisme. Le parti allemand est devenu un mod&#232;le pour tous les autres pays ; aucun autre pays n'&#233;tait capable d'organiser une arm&#233;e de travailleurs aussi disciplin&#233;e. Son succ&#232;s &#233;lectoral &#224; lui seul l'a plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'Internationale. La litt&#233;rature marxiste &#233;tait allemande, Marx et Engels &#233;tant &#233;troitement li&#233;s au d&#233;veloppement du parti allemand. Les th&#233;oriciens marxistes ult&#233;rieurs &#233;taient &#233;galement allemands. Ce n'est pas un hasard si le v&#233;ritable c&#339;ur du marxisme trouva sa pleine expression en Allemagne : &lt;strong&gt;le socialisme marxiste &#233;tait un socialisme d'&#201;tat&lt;/strong&gt;. C'&#233;tait un &lt;strong&gt;socialisme prussien&lt;/strong&gt;. Par essence, ce socialisme &#233;tait autoritaire et centralisateur, antir&#233;volutionnaire et militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oswald Spengler, qui consid&#232;re la chute de la Prusse comme la fin du monde et qui est davantage &lt;strong&gt;linguiste &lt;/strong&gt; que &lt;strong&gt;sociologue&lt;/strong&gt;, a dress&#233; un portrait objectif et pertinent du socialisme. Dans une brochure&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oswald Spengler Prussianisme et socialisme, trad. H. Brunet, lithographie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; int&#233;ressante o&#249; il comprend bien &#171; l'esprit prussien &#187;, mais rien du socialisme, il montre &#224; quel point le socialisme moderne a pris une tournure fatale en Allemagne. Spengler, qui a observ&#233; ce socialisme allemand et consid&#233;rait une organisation de masse centralis&#233;e prussienne avec une administration militariste comme l'essence m&#234;me du socialisme, a d&#233;clar&#233; sans h&#233;sitation que le prussianisme &#233;tait le seul socialisme par excellence ! C'&#233;tait Fr&#233;d&#233;ric-Guillaume I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et non Marx qui &#233;tait le premier socialiste conscient ! &#171; L'arm&#233;e prussienne, la fonction publique prussienne, le prol&#233;tariat de Bebel &#187; sont les produits de la pens&#233;e prussienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le socialisme est, d'un point de vue purement technique, le principe de la fonction publique &#187;. Voil&#224; Spengler en tant que socialiste ! Spengler caract&#233;rise avec tout autant de pr&#233;cision l'essence de l'&#201;tat : &#171; L'histoire des &#201;tats est l'histoire des guerres. La guerre est la forme &#233;ternelle de l'existence humaine sup&#233;rieure et les &#201;tats existent pour la guerre ; ils expriment la volont&#233; de guerre &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'y a pas grand-chose &#224; ajouter ici. Voici comment un nationaliste confirme les th&#233;ories de tous les antimilitaristes coh&#233;rents qui, bien entendu, ne consid&#232;rent pas la guerre comme la forme la plus &#233;lev&#233;e, mais comme la forme la plus basse et la plus barbare de l'existence humaine : c'est cette disposition permanente &#224; la guerre, cette &#171; oppression permanente &#224; l'int&#233;rieur et guerre permanente &#224; l'ext&#233;rieur &#187; (Bakounine), l'&#201;tat, qui doit &#234;tre combattu si l'on veut lutter contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte &#233;tait loin d'&#234;tre celle &#224; laquelle on pouvait s'attendre de la part de ce qui se d&#233;veloppait comme la social-d&#233;mocratie allemande. On tournait en rond : on d&#233;clarait que &#171; la premi&#232;re condition n&#233;cessaire &#224; toute &#233;mancipation des travailleurs &#233;tait la paix &#187; et en m&#234;me temps &#171; que la guerre, triste produit des rapports &#233;conomiques actuels, ne dispara&#238;trait que lorsque le mode de production capitaliste serait remplac&#233; par l'&#233;mancipation du travail et le triomphe international du socialisme &#187;. Mais on d&#233;clarait aussi que la paix &#233;tait la condition premi&#232;re et n&#233;cessaire de cette &#233;mancipation... En 1867, comme nous l'avons vu, De Paepe avait d&#233;j&#224; compris qu'il s'agissait d'un raisonnement fatal et, en 1868, &#224; Bruxelles, on a indiqu&#233; la seule mani&#232;re de briser ce cercle vicieux. C'est ainsi que Domela Nieuwenhuis a d&#251; &#224; nouveau poser la question en 1891 : et si la guerre &#233;clatait quand m&#234;me ? La r&#233;solution allemande, d&#233;fendue par Liebknecht, affirmait que seul le socialisme pouvait mettre fin au militarisme et garantir la paix entre les nations, et que la responsabilit&#233; d'une catastrophe de guerre incombait enti&#232;rement &#224; la classe dirigeante. Domela Nieuwenhuis, quant &#224; lui, d&#233;fendait une r&#233;solution n&#233;erlandaise qui finissait par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant qu'aucun gouvernement ne saurait invoquer comme excuse qu'il a &#233;t&#233; provoqu&#233;, attendu que la guerre est le r&#233;sultat de la volont&#233; internationale du capitalisme ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s international ouvrier socialiste de Bruxelles d&#233;clare que les socialistes de tous les pays r&#233;pondront &#224; une proposition de guerre par un appel au peuple pour proclamer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si, comme l'a dit Domela Nieuwenhuis, les mots &#171; social &#187; et &#171; social-d&#233;mocratie &#187; &#233;taient remplac&#233;s par &#171; chr&#233;tien &#187; et &#171; christianisme &#187; dans la r&#233;solution allemande, alors l'Arm&#233;e du Salut, tout comme le Pape, pourrait l'accepter&#8230; Le chauvinisme est un danger pour tout notre mouvement socialiste. Les socialistes doivent tous agir &#224; l'unanimit&#233; en cas de guerre. Autrement, au signal donn&#233;, les nations se contenteraient de marcher et de s'entre-d&#233;chirer. Le chauvinisme est la raison pour laquelle nous faisons une distinction entre guerres offensives et d&#233;fensives. Je rejette cette distinction. Il est bien connu que les diplomates ont l'art de faire passer toute guerre pour offensive ou d&#233;fensive, selon leurs int&#233;r&#234;ts. Quant &#224; notre attitude en cas de guerre, il n'y a qu'une seule voie : la r&#233;sistance passive&#8230; De notre point de vue, la guerre civile du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie est pr&#233;f&#233;rable &#224; une guerre entre nations. Quand les gouvernements d&#233;clarent la guerre, c'est une r&#233;volution. Et nous avons, &#224; notre tour, le droit de r&#233;pondre par une r&#233;volution, en exhortant le peuple &#224; refuser de prendre les armes. Le peuple ne veut pas la guerre...&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Liebknecht protesta : &#171; La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est qu'une pitoyable formule ! Si nous proclamions une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la bourgeoisie se moquerait de nous&#8230; Lib&#233;rons-nous de cette formule ! L'activit&#233; la plus r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat est de porter le prol&#233;tariat au pouvoir par l'organisation. &#187;&#8230; Domela Nieuwenhuis ignorait &#224; l'&#233;poque, comme il le raconte dans ses m&#233;moires, que sa proposition &#233;tait conforme aux positions de l'Internationale de 1868 &#224; Bruxelles. Deux ans plus tard, au congr&#232;s suivant &#224; Zurich en 1893, il invoqua &#224; juste titre la r&#233;solution du congr&#232;s de Bruxelles. De nouveau, il proposa de d&#233;cider que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Les travailleurs socialistes des pays impliqu&#233;s r&#233;pondront &#224; une d&#233;claration de guerre des gouvernements en refusant la conscription, par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notamment dans tous les secteurs de l'industrie li&#233;s &#224; la guerre, et en appelant les femmes &#224; retenir leurs maris et leurs fils.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus remarquable est que l'id&#233;e que j'ai d&#233;fendue en 1891 n'a pas seulement &#233;t&#233; d&#233;battue &#224; Bruxelles en 1868, mais m&#234;me adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. On m'a trait&#233; d'imb&#233;cile de r&#233;volutionnaire et de fou. Je partage cette honte avec Longuet, qui a formul&#233; cette proposition, avec C&#233;sar De Paepe, et m&#234;me avec l'ensemble du congr&#232;s [...] Est-ce un progr&#232;s ou une r&#233;gression que de revenir sur 1868 en 1891 ? [...] Mais alors ce sera la guerre civile ? Soit ! nous pr&#233;f&#233;rons la guerre civile, qui nous permettra d'&#233;craser le capitalisme qui est le v&#233;ritable ennemi, au lieu de lutter contre nos fr&#232;res, les prol&#233;taires &#233;trangers. [...] Quant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que nous pr&#233;conisons, &#224; c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve militaire, elle doit s'&#233;tendre en premi&#232;re ligne aux employ&#233;s de chemins de fer et du t&#233;l&#233;graphe [...] ils ont tout le pouvoir de faire gr&#232;ve, de rendre toute guerre impossible &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme on le sait, ne fois encore, sa proposition fut rejet&#233;e. Le repr&#233;sentant australien, Sceusa, d&#233;clara : &#171; Je ne comprends pas comment on peut encore ordonner &#224; des fr&#232;res de s'entre-tuer. Si l'on m'ordonnait de commettre un tel meurtre, je serais le premier &#224; abattre celui qui me l'aurait donn&#233;. &#187; Outre l'Australie, seules la Norv&#232;ge et la France vot&#232;rent en faveur de la r&#233;solution n&#233;erlandaise. La grande majorit&#233; &#233;tait favorable &#224; la proposition allemande. On pensait que la gr&#232;ve contre la guerre d&#233;sarmerait d'abord les nations culturelles(!) et que l'Europe occidentale serait alors livr&#233;e aux Cosaques. Le seul moyen de lutter efficacement contre la guerre serait d'impr&#233;gner les masses d'id&#233;es socialistes, afin que les ouvriers entrent d&#233;j&#224; dans les casernes en tant que socialistes. En enr&#244;lant de plus en plus de recrues socialistes, le militarisme allait s'autod&#233;truire. Il ne serait ainsi plus un bastion du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un concept qu'Engels a d&#233;j&#224; expos&#233; dans son &lt;i&gt;Anti-D&#252;hring &lt;/i&gt; : l'arm&#233;e est la raison d'&#234;tre premi&#232;re de l'&#201;tat, elle est devenue son but en soi. Les nations n'existent que pour fournir des soldats. Le militarisme domine et d&#233;vore toute l'Europe. Mais ce militarisme porte en lui les germes de sa propre chute ; en apprenant &#224; toute une nation &#224; manier les armes, il finira par imposer sa volont&#233; au pouvoir dominant&#8230; La machine abandonne ses ma&#238;tres ; le militarisme succombe &#224; la dialectique de son propre d&#233;veloppement. Or, la dialectique historico-mat&#233;rialiste de Marx et Engels ne s'est pas av&#233;r&#233;e r&#233;gie par une n&#233;cessit&#233; historique ! De m&#234;me que le capitalisme n'a pas succomb&#233; &#224; sa propre dialectique, la dissolution du militarisme ne s'est pas produite par cette &#171; d&#233;cadence &#187; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conceptions correspondaient tout &#224; fait &#224; la tactique de la social-d&#233;mocratie allemande, qui n'avait nullement l'intention de combattre le militarisme de mani&#232;re cons&#233;quente. On ne s'attaquait qu'&#224; la forme du militarisme. Et lorsqu'on rejetait le budget militaire, ce n'&#233;tait que parce qu'on s'opposait &#224; ce syst&#232;me militariste. Le programme du parti pr&#233;voyait en effet aussi &#171; d'armer le peuple &#187; ; au lieu de l'arm&#233;e permanente, on voulait une arm&#233;e populaire. En un mot, on voulait d&#233;mocratiser l'arm&#233;e, en combattre les exc&#232;s &#8212; c'est d'ailleurs &#224; cela que s'occupait principalement la fraction social-d&#233;mocrate au Reichstag &#8212; et, si possible, am&#233;liorer le syst&#232;me. Ainsi, Bebel exigeait par exemple au Reichstag d'autres uniformes, &#171; afin que, lors d'une prochaine guerre, des dizaines de milliers de nos propres camarades ne soient pas inutilement conduits &#224; l'abattoir par l'incomp&#233;tence de nos autorit&#233;s militaires &#187;. C'&#233;tait en cela que consistait la lutte contre le militarisme. Les d&#233;clarations de Schippel&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; lors du congr&#232;s du parti &#224; Hambourg en 1897 sont typiques de l'attitude du SPD. Elles ont &#233;t&#233; confirm&#233;es, contre l'opposition, par Auer, Bebel et Liebknecht. En r&#233;ponse aux critiques concernant l'attitude du groupe parlementaire par rapport aux nouveaux canons que demandait le le gouvernement, Schippel d&#233;clara : &#171; Nous n'avons pas donn&#233; notre accord pour le recrutement de soldats, mais ils sont l&#224;, c'est un fait. Les propositions pour cr&#233;er une milice et &#224; abolir toutes les arm&#233;es permanentes n'ont pas la majorit&#233;, et ne l'auront pas dans un avenir proche. C'est un fait qui nous d&#233;pla&#238;t, mais dont nous devons tenir compte. Devrions-nous maintenant, parce que les partis bourgeois ne nous donnent pas satisfaction &#224; cet &#233;gard, exposer les travailleurs allemands, pour ainsi dire &#224; titre de punition, au risque de devoir payer de leur sang la folie de leurs adversaires ? Ce serait absurde et contraire aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. &#187; &#171; Nous sommes par principe oppos&#233;s &#224; la guerre, note Auer, mais nous ne pouvons l'emp&#234;cher, nous devons compter avec l'&#233;ventualit&#233; qu'une guerre &#233;clate contre notre volont&#233;. Nous ne pouvons faire de cette question (l'autorisation ou non de fabriquer de nouveaux canons) le point de d&#233;part de notre lutte contre le militarisme. &#187; L'opposition a fait remarquer &#224; juste titre que, suivant ce raisonnement, il faudrait renforcer la flotte et &#233;quiper l'arm&#233;e allemande des armes les plus modernes. Alors que le slogan est &#171; pas un homme, ni un centime pour ce syst&#232;me &#187;, le parti est d&#233;sormais m&#234;me favorable aux canons. &#171; La guerre, qu'elle soit contre la France ou la Russie, est en r&#233;alit&#233; contre les travailleurs, et nous devons nous y opposer. Quiconque renforce la puissance militaire renforce la lutte contre le prol&#233;tariat, et nous devons rejeter cela. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'opposition &#233;tait vaine. L'opinion exprim&#233;e par Schippel &#233;tait celle qui pr&#233;valait au sein du parti. Et cela, alors que le militarisme, comme dans pratiquement aucun autre pays, montrait quelle arme puissante il &#233;tait entre les mains des dirigeants, quelle menace il repr&#233;sentait de tout point de vue pour la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re ; alors que le charlatan, l'empereur Guillaume, avait ouvertement reconnu la nature de ce militarisme : &#171; Ce n'est pas un ennemi &#233;tranger, mais un ennemi int&#233;rieur qu'il faudra combattre, et contre celui-ci aussi, notre puissante arm&#233;e nous prot&#232;ge, avec l'aide de Dieu ! &#187; &#192; la suite de cette journ&#233;e du parti &#224; Hambourg, la presse nationaliste &#233;crivait de mani&#232;re tr&#232;s significative : &#171; Il est vraiment rassurant de savoir que la direction de la social-d&#233;mocratie est entre les mains de tels hommes. &#187; Et &#224; chaque congr&#232;s du parti o&#249; la question du militarisme &#233;tait &#224; l'ordre du jour, on d&#233;clarait, sous le slogan &#171; pas un homme, pas un centime &#187;, que si l'Allemagne &#233;tait &#171; attaqu&#233;e &#187;, il d&#233;fendrait la patrie avec ferveur et ne serait pas en reste par rapport aux partis bourgeois. Ce que le parti voulait combattre, c'&#233;tait l'entra&#238;nement inutile, les mauvais traitements inflig&#233;s aux soldats, le monopole de la caste des officiers, etc. Il se d&#233;fendait vivement contre le reproche que la social-d&#233;mocratie sapait la discipline dans l'arm&#233;e ; apr&#232;s tout, le parti exigeait lui aussi la discipline ! Et il votait m&#234;me pour les imp&#244;ts qui servaient &#224; financer la guerre, car ces imp&#244;ts &#233;taient directs, pesaient principalement sur la classe poss&#233;dante et &#233;taient donc dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat. (Tout comme aujourd'hui, les dirigeants socialistes et les syndicalistes d&#233;cident de construire des navires de guerre et les approuvent, car ce serait dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat, avec l'argument que cela permettrait de lutter contre le ch&#244;mage ! Ceci confirme &#224; quel point Max Nettlau, quand il affirmait d&#233;j&#224; en 1897 que le prol&#233;tariat ne se lib&#233;rera pas de l'esclavage du travail tant que les travailleurs ne se sentiront pas responsables du travail qu'ils accomplissent, avait raison)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le parti vota pour cette d&#233;pense de guerre d&#233;guis&#233;e, bien que lors des congr&#232;s, il avait d&#233;cid&#233; de ne rien approuver du syst&#232;me militariste existant ; bien que cela soit contraire aux d&#233;cisions du congr&#232;s international des socialistes &#224; Paris (1900), o&#249; il avait &#233;t&#233; clairement et tr&#232;s concr&#232;tement d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; que les repr&#233;sentants socialistes dans tous les parlements sont tenus de voter sans condition contre toute d&#233;pense li&#233;e au militarisme, au marinisme ou aux exp&#233;ditions coloniales.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compr&#233;hensible que le d&#233;veloppement de cet &#171; antimilitarisme &#187; allemand ait suscit&#233; une certaine m&#233;fiance. Mais les positions du parti allemand devinrent progressivement un principe directeur pour tous les partis de l'Internationale. Et c'&#233;tait in&#233;vitable, car partout la voie de la Premi&#232;re Internationale, qui misait tout sur la lutte &#233;conomique, fut abandonn&#233;e au profit de la recherche d'une influence politique au sein de l'&#201;tat national militariste. Ils ne voulaient m&#234;me plus combattre le militarisme ; de m&#234;me qu'ils ne voulaient plus abolir l'&#201;tat mais le r&#233;former, on voulait &#171; d&#233;mocratiser &#187; le militarisme. Alors qu'en 1900 il &#233;tait d&#233;cid&#233; de s'opposer &#224; toutes les exp&#233;ditions coloniales, en 1907 &#224; Stuttgart, Bernstein d&#233;clarait : &#171; Une certaine tutelle des peuples cultiv&#233;s sur les peuples non cultiv&#233;s est une n&#233;cessit&#233;. [...] En tout cas, il vaut mieux que le Congo soit gouvern&#233; par un parlement(!) auquel la classe ouvri&#232;re envoie ses repr&#233;sentants, plut&#244;t que d'&#234;tre exploit&#233; par une entreprise purement capitaliste &#187; ! Avec la pr&#233;sence de repr&#233;sentants ouvriers au Parlement, l'exploitation &#233;tait de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme moins grave que l'exploitation des esclaves blancs et noirs par le capitalisme en l'absence de Parlement et de repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re. Finalement, dans l'int&#233;r&#234;t du capitalisme, des socialistes sont m&#234;me devenus ministres de la Guerre, apparemment avec la m&#234;me motivation : il valait mieux faire la guerre avec des socialistes au gouvernement plut&#244;t que de laisser la guerre elle-m&#234;me &#234;tre une entreprise purement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui se produisit en Allemagne apr&#232;s la soi-disant r&#233;volution d&#233;passa toutes les attentes, atteignant finalement son point culminant quand le gouvernement, avec ses ministres social-d&#233;mocrates, envoya les bidasses r&#233;actionnaires &#8212; musique en t&#234;te et ba&#239;onnette au canon &#8212;expulser des minist&#232;res le gouvernement parlementaire socialiste de Saxe, le d&#233;clara d&#233;chu et renvoya le Landtag (parlement r&#233;gional). Enfin, c'&#233;tait grotesque ! Il serait toutefois trop long d'entrer ici davantage dans les d&#233;tails.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Stuttgart en 1907, cette attitude nationaliste s'affichait d&#233;j&#224; ouvertement. Bebel d&#233;clara sans ambages : &#171; Tant que les relations entre &#201;tats n'auront pas fondamentalement chang&#233;, nous, sociaux-d&#233;mocrates, nous ne pouvons pas nous passer enti&#232;rement des armements militaires. &#187; La majorit&#233; de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise proposa d'adopter une r&#233;solution qui pr&#233;voit que, pour pr&#233;venir la guerre, &#171; une action internationale de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre provoqu&#233;e par tous les moyens, depuis l'intervention parlementaire et l'agitation publique jusqu'aux gr&#232;ves et soul&#232;vements de masse. &#187; Cette proposition fut d&#233;fendue avec ferveur par Vaillant et Jaur&#232;s. Les mots de Vaillant sont rest&#233;s c&#233;l&#232;bres : &#171; Plut&#244;t l'insurrection que la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est pr&#233;cis&#233;ment sur cette question des moyens pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre que l'opposition la plus v&#233;h&#233;mente s'&#233;leva du c&#244;t&#233; allemand : &#171; Il faut s'opposer &#224; cette r&#233;solution avec la plus grande fermet&#233; et la d&#233;clarer totalement inacceptable ! &#187; Une fois de plus, ils parlaient de fanatisme anarchiste. Cette r&#233;solution fut rejet&#233;e non seulement pour des raisons tactiques, mais surtout pour des raisons de principe. Ils ne pouvaient s'engager sur des moyens pr&#233;cis. &#171; Nous ne pouvons permettre que des m&#233;thodes de lutte nous soient impos&#233;es, qui pourraient s'av&#233;rer d&#233;sastreuses pour la vie du parti et, dans certaines circonstances, m&#234;me pour son existence m&#234;me. &#187; La r&#233;solution allemande fut finalement adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. Il y &#233;tait indiqu&#233; qu'en cas de menace de guerre, les classes ouvri&#232;res et leurs repr&#233;sentants parlementaires, appuy&#233;s par les efforts concert&#233;s du bureau international, devraient tout faire pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre en employant les moyens qu'ils jugent les plus efficaces. Si la guerre &#233;clate n&#233;anmoins, chacun devrait de tout faire pour y mettre fin au plus vite et de s'efforcer de toutes ses forces d'utiliser la crise politique et &#233;conomique qu'elle engendre pour mobiliser le peuple et ainsi acc&#233;l&#233;rer la chute de la domination des classes capitaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;VIIe Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Selon la r&#233;solution, la d&#233;mocratisation de l'arm&#233;e constitue une v&#233;ritable garantie contre la guerre ; le remplacement de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re par une arm&#233;e populaire rendrait impossibles les guerres offensives. Cependant, les Anglais et les Am&#233;ricains rejet&#232;rent l'exigence d'un armement g&#233;n&#233;ralis&#233; du peuple et ne voulaient pas l'expansion du militarisme dans leurs pays ; ils estimaient que cette r&#233;solution ne combattait en rien les tendances militaristes. Le repr&#233;sentant suisse fit aussi remarquer qu'une arm&#233;e de milice existait d&#233;j&#224; dans son pays, mais qu'elle &#233;tait tout aussi structur&#233;e par les classes sociales. Quand Kautsky pr&#233;tend que l'Internationale s'est concentr&#233;e sur la pr&#233;vention de la guerre et &#171; a &#224; peine envisag&#233; la position qu'elle devrait adopter si un conflit &#233;clatait &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, Vienne, 1920, p.5.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, - c'est un mensonge d&#233;lib&#233;r&#233;. Nous avons constat&#233; qu'il est r&#233;guli&#232;rement soulign&#233; lors des congr&#232;s internationaux que les r&#233;solutions de paix ne constituent pas encore une garantie suffisante pour &#233;viter tout conflit. Des propositions visant &#224; emp&#234;cher ce d&#233;clenchement de la guerre furent soulev&#233;es &#224; plusieurs reprises, et furent &#224; chaque fois qualifi&#233;es de fanatisme anarchiste &#8212; toujours farouchement contest&#233;es par le camp allemand comme &#171; inacceptables &#187; &#8212; et finalement rejet&#233;es par l'ensemble du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s suivant &#224; Copenhague en 1910, la position &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre fut longuement d&#233;battue. Kautsky, pr&#233;sent &#224; Copenhague, ne pouvait ignorer ces discussions. Cette fois, c'est Keir Hardie, du Parti travailliste ind&#233;pendant, qui non seulement appela &#224; une lutte antimilitariste coh&#233;rente, mais d&#233;clara &#233;galement qu'il &#233;tait absolument essentiel de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment sa position et de d&#233;lib&#233;rer sur les moyens d'emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre, m&#234;me si les gouvernements capitalistes la d&#233;claraient. Cette position que Keir Hardie proposait d'adopter devait &#234;tre, en m&#234;me temps, le moyen de rendre la guerre impossible. Selon Keir Hardie, &#171; nous combattons non seulement la guerre, mais aussi le militarisme. [...] Militarisme et libert&#233; sont en opposition irr&#233;ductible, et parce que nous aimons la libert&#233;, nous combattons le militarisme. Aussi, nous nous r&#233;jouissons de ce que les camarades scandinaves ont si brillamment engag&#233; la lutte pour le d&#233;sarmement. Nous nous en r&#233;jouissons parce qu'ils ont revendiqu&#233; non seulement une diminution des charges, mais encore le d&#233;sarmement imm&#233;diat et complet du pays. L'histoire de l'humanit&#233; commencera une nouvelle page glorieuse quand le premier pays d&#233;sarmera enti&#232;rement et jettera bas toutes les armes. [&#8230;] La r&#233;solution de Stuttgart constituait un progr&#232;s sur celle d'Amsterdam et, &#224; Copenhague, nous voulons faire un nouveau pas en avant. [&#8230;] Nous voulons simplement montrer aux travailleurs de tous les pays que, s'ils r&#233;unissent leurs forces &#233;conomiques, la puissance de la classe ouvri&#232;re suffit &#224; rendre les guerres impossibles. [...] La seule gr&#232;ve de l'industrie &#224; laquelle j'ai appartenu un jour, celle des mineurs, suffirait pour emp&#234;cher la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La proposition Keir Hardie-Vaillant &#233;tait la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Entre tous les moyens &#224; employer pour pr&#233;venir et emp&#234;cher la guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s consid&#232;re comme particuli&#232;rement efficace :&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re, surtout dans les industries qui fournissent &#224; la guerre ses instruments (armes, munitions, transports, etc.), ainsi que l'agitation et l'action populaires sous leurs formes les plus actives.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s, en revanche, a renouvel&#233; les d&#233;cisions prises &#224; Stuttgart et d&#233;cid&#233; de soumettre la proposition Keir Hardie-Vaillant au bureau socialiste, car le congr&#232;s &#233;tait en fait d'avis qu'il ne fallait parler que du d&#233;sarmement et des tribunaux d'arbitrage, et non des moyens d'emp&#234;cher une guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition visant &#224; lutter efficacement contre la guerre &#233;tait toujours inacceptable. C'est pourquoi l'attitude &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre ne fut pas &#171; examin&#233;e &#187; plus en d&#233;tail et toutes les propositions qui, comme nous l'avons vu, de 1891 &#224; 1910, visaient &#224; d&#233;finir cette attitude, une attitude coh&#233;rente avec l'esprit des r&#233;solutions et aux int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat, furent rejet&#233;es. Le bureau devait rendre compte de la proposition lors du congr&#232;s suivant, &#224; B&#226;le en 1912. Comme ce congr&#232;s &#233;tait certes oppos&#233; &#224; la guerre, mais qu'il avait &#233;t&#233; convoqu&#233; en tant que congr&#232;s extraordinaire, cette question ne fut apparemment pas &#233;t&#233; abord&#233;e ! En revanche, de grandes manifestations ont eu lieu et un manifeste pour la paix fut r&#233;dig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s fut un &#233;v&#233;nement marquant, non seulement dans l'histoire de l'Internationale ouvri&#232;re, mais aussi dans l'histoire de la civilisation humaine ! Les d&#233;cisions de Stuttgart et de Copenhague furent &#224; nouveau confirm&#233;es. Sous des acclamations longues et enthousiastes, Jaur&#232;s d&#233;clara : &#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &#187; Et pour la derni&#232;re fois, Keir Hardie appela le prol&#233;tariat international &#224; ne pas h&#233;siter &#224; utiliser sa deuxi&#232;me grande arme &#233;conomique : la gr&#232;ve mondiale r&#233;volutionnaire contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s au cours duquel le Bureau socialiste international (B.S.I.) devait pr&#233;senter un rapport sur son examen de la proposition de Keir Hardie n'eut finalement pas lieu. Quelques semaines avant que l'on ne reparle de paix, la guerre &#233;clata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'apoth&#233;ose de la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le grand jour du socialisme prussien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oswald Spengler &lt;i&gt;Prussianisme et socialisme&lt;/i&gt;, trad. H. Brunet, lithographie de l'&#201;cole d'application de l'artillerie, 1927 (Munich, 1920), p. 32, 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en 1922(!), de d&#233;clarer que la forme la plus &#233;lev&#233;e de l'humanit&#233; ce sont les tranch&#233;es, les gaz toxiques, les bombardements de cath&#233;drales, le torpillage du paquebot &lt;i&gt;Lusitania&lt;/i&gt;, les blocus qui causent la famine, les bombardements, etc., etc. !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 au 23 ao&#251;t 1891, Imprimerie D&#233;sir&#233; Brism&#233;e, 1893, p.66. Apr&#232;s le Congr&#232;s, Liebknecht, porte-parole des combattants, &#233;crivit &#171; sans formule &#187; (&lt;i&gt;Neue Zeit&lt;/i&gt;, IX : 49, p. 835) : &#171; La seule dissonance est apparue lors de la discussion de la question militaire, ce qui est caract&#233;ristique d'un membre d'une nation qui n'y portait aucun int&#233;r&#234;t et qui pouvait l'envisager du point de vue de &#8220;Pays de Cocagne&#8221; en toute s&#233;r&#233;nit&#233;. La proposition de refus de conscription, sous pr&#233;texte qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait insuffisante pour le programme de &#8220;Pays de Cocagne&#8221;, n'a pu na&#238;tre que dans l'esprit d'un fanatique qui, par chance, n'a connu le militarisme que de loin. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Pays de Cocagne &#187; social-d&#233;mocrate, en revanche, n'est apparu qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, dans &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, N&#176; 28, 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en octobre 1923 (&#171; Reichsexekution &#187;), au cours de laquelle l'arm&#233;e allemande destitua le gouvernement r&#233;gional socialiste SPD-KPD (parti communiste) et dissout le parlement saxon. Cet &#233;pisode illustre les tensions entre la social-d&#233;mocratie au pouvoir et les courants plus radicalement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de d&#233;clencher une guerre mondiale, un manifeste parut dans Le Socialiste, qui concluait ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La grandeur du socialisme r&#233;side dans le fait que, dans son action, quel que soit son motif, il englobe tous ses objectifs, et que son action contre la guerre co&#239;ncide avec son action pour la lib&#233;ration du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne devons pas h&#233;siter, et d&#232;s cet instant, nous devons voir ce que nous pouvons faire. Et si le prol&#233;tariat international et national ne r&#233;pondait pas suffisamment &#224; notre appel et &#233;tait incapable de se d&#233;fendre, de d&#233;fendre sa vie, ses revendications, sa lib&#233;ration, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notre devoir d'agir et de ne reculer devant rien pour le sauver, conjurer le danger et emp&#234;cher la guerre ne serait que plus n&#233;faste. Il n'y a pas de plus grand bien que la paix, la paix internationale. Il n'y a rien qui ne soit pr&#233;f&#233;rable &#224; la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux vaut la r&#233;bellion que la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;VII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, Vienne, 1920, p.5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., p.319-320, 322-323&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Deuxi&#232;me partie</title>
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		<dc:date>2026-04-16T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_ll-fcabc.jpg?1776376866' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute libert&#233; politique n'est qu'une illusion trompeuse. Elle d&#233;clara que cette lib&#233;ration n'&#233;tait pas un probl&#232;me national, mais international, et appelait donc les travailleurs &#224; la lutte et &#224; la solidarit&#233; internationales. Conform&#233;ment aux propos de Marx dans son &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt; de 1848, les travailleurs n'avaient pas d'autre patrie que la grande f&#233;d&#233;ration des travailleurs du monde entier. Il est clair que cela a engendr&#233; une position pacifiste, tr&#232;s diff&#233;rente de l'approche des socialistes patriotiques de l'&#233;poque. La question de la guerre &#233;tait largement d&#233;battue au sein de l'Internationale, notamment quand la question luxembourgeoise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; la remit sur le devant de la sc&#232;ne. Diverses sections de l'Internationale protest&#232;rent contre la guerre imminente. Par exemple, le 28 avril 1867, la section de Locle appelait les ouvriers &#171; &#224; s'unir &#224; elle pour fl&#233;trir une lutte qui ne pourrait &#234;tre que fatale au travail et &#224; la libert&#233;. [&#8230;] Aujourd'hui, toute guerre entre les peuples europ&#233;ens n'est plus une guerre nationale, c'est une guerre civile. &#187; Nous verrons comment Marx lui-m&#234;me reniera bient&#244;t les principes qu'il avait lui-m&#234;me formul&#233;s. D&#233;j&#224; le 7 juin 1866 il &#233;crivait avec m&#233;pris &#224; Engels : &#171; Chez les &#233;tudiants de Paris, la clique proudhonienne (&lt;i&gt;Le Courrier fran&#231;ais&lt;/i&gt;) pr&#234;che la paix, d&#233;clare que la guerre est d&#233;pass&#233;e, que les nationalit&#233;s sont un non-sens, s'en prend &#224; Bismarck et &#224; Garibaldi, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et le 20 juin : &#171; De plus, les repr&#233;sentants de la &#8220;Jeune France&#8221; s'accordent &#224; dire que toutes les nationalit&#233;s et nations elles-m&#234;mes ne sont que des pr&#233;jug&#233;s d&#233;pass&#233;s. Un stirn&#233;risme proudhonis&#233; ; dissoudre tout en petits &#8220;groupes&#8221; ou &#8220;communes&#8221;, qui forment &#224; leur tour une &#8220;association&#8221;, mais sans &#201;tat. &#187; En 1867, le deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale eut lieu &#224; Lausanne. Concernant la guerre, le constat fut fait que seul un nouvel ordre social, un ordre o&#249; la soci&#233;t&#233; ne serait plus divis&#233;e en deux classes, l'une exploit&#233;e par l'autre, pourrait garantir la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de la paix comme d'une &#171; condition premi&#232;re &#187; et de la suppression de l'exploitation comme d'une cons&#233;quence, on mettait la charrue avant les b&#339;ufs, remarque le Belge C&#233;sar De Paepe. Une r&#233;solution fut adopt&#233;e qui constate &#224; nouveau &#171; que pour arriver &#224; supprimer la guerre, il ne suffit pas d'abolir les arm&#233;es, mais qu'il faut encore modifier l'organisation sociale. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) Cette r&#233;solution fut pr&#233;sent&#233;e par une d&#233;l&#233;gation, dont James Guillaume faisait partie, au congr&#232;s pour la paix qui s'est tint peu apr&#232;s &#224; Gen&#232;ve. Ce congr&#232;s &#233;tait convoqu&#233; par des r&#233;publicains et d&#233;mocrates radicaux de l'&#233;poque en Europe. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents 26 des 64 d&#233;l&#233;gu&#233;s du congr&#232;s de Lausanne, qui esp&#233;raient orienter les d&#233;bats vers une direction r&#233;volutionnaire et antimilitariste. La section parisienne de l'Internationale d&#233;l&#233;gua les m&#234;mes membres qu'au Congr&#232;s de Lausanne. Dupont, d&#233;l&#233;gu&#233; international &#224; Londres, exposa la position pacifiste de l'Internationale et s'opposa fermement &#224; tout pacifisme bourgeois : &#171; Croyez-vous, citoyens, que lorsque ces arm&#233;es permanentes seront dissoutes et transform&#233;es en milices nationales, nous aurons la paix perp&#233;tuelle ? Non, citoyens, la r&#233;volution de juin 1848 est l&#224; pour r&#233;pondre... Pour &#233;tablir la paix perp&#233;tuelle, il faut an&#233;antir les lois qui oppriment le travail, tous les privil&#232;ges, et faire de tous les citoyens une seule classe de travailleurs. En un mot, accepter la r&#233;volution sociale avec toutes ses cons&#233;quences. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.146-147.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue rencontra une forte opposition de la part des &#233;l&#233;ments bourgeois au congr&#232;s, tout comme le discours de Bakounine, qui attaquait le mal &#224; la racine. Son discours, qui s'attaquait &#224; l'&#201;tat comme cause de la guerre, &#233;tait sans doute le plus coh&#233;rent et l'un des meilleurs qui furent &#233;crits ou prononc&#233;s contre la guerre &#224; cette &#233;poque. Bakounine &#233;tait venu de Naples &#224; Gen&#232;ve, o&#249; il esp&#233;rait trouver une occasion favorable pour diffuser ses id&#233;es. Depuis quelques ann&#233;es, Bakounine avait rassembl&#233; autour de lui des r&#233;volutionnaires qui s'&#233;taient organis&#233;s en une association connue sous le nom de &#171; Fraternit&#233; internationale &#187; ; cette association reposait principalement sur les affinit&#233;s entre ses membres. Son programme &#233;tait le programme r&#233;volutionnaire-socialiste bakouninien : ath&#233;e, socialiste et f&#233;d&#233;raliste. Il esp&#233;rait introduire ce programme dans la Ligue de la libert&#233; et de la paix (fond&#233;e lors du congr&#232;s de Gen&#232;ve). Ses discours aux deux congr&#232;s de Gen&#232;ve et de Berne contenaient l'essentiel de toutes ses id&#233;es, qu'il propageait depuis 1868 au sein de l'Internationale ; un condens&#233; de ses id&#233;es principales sur les probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques, religieux et nationaux. Pour lui, la condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233; et &#224; la paix &#233;tait la destruction de l'&#201;tat centralis&#233;, bureaucratique et donc militariste, et son remplacement par l'union de f&#233;d&#233;rations libres. &#171; La paix universelle, conclut-il son discours &#224; Gen&#232;ve, sera impossible tant qu'existeront les &#201;tats centralis&#233;s actuels. Nous devons donc d&#233;sirer leur dissolution, afin que, sur les ruines de ces unit&#233;s violentes, organis&#233;es du haut en bas par voie d'autorit&#233; et de conqu&#234;te, se forment des unit&#233;s libres, par la libre f&#233;d&#233;ration des communes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Ligue Internationale fut, en un sens, celle de la lutte entre la majorit&#233; de la bourgeoisie lib&#233;rale et radicale et la minorit&#233; des socialistes r&#233;volutionnaires. Lorsque, sur la question &#233;conomique, principal sujet du Congr&#232;s de Berne, l'&#233;galit&#233;, non seulement politique mais aussi &#233;conomique, fut revendiqu&#233;e, il devint &#233;vident qu'une fusion n'&#233;tait plus possible. Bakounine et ses amis firent s&#233;cession. Il proposa d'adh&#233;rer collectivement &#224; l'Internationale. On fonda cependant l'Alliance de la d&#233;mocratie sociale (ce &#224; quoi Bakounine s'opposait, car elle risquait d'entrer en concurrence ind&#233;sirable avec l'Internationale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Max Nettlau, Michael Bakunin. Eine Biografie. Londres, 1896 1900, Vol. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Le programme de l'Internationale fut g&#233;n&#233;ralement accept&#233;, et ses sections furent rapidement r&#233;int&#233;gr&#233;es &#224; l'Internationale apr&#232;s la dissolution de cette derni&#232;re. Borkheim, ami de Marx (et sur ses instructions), d&#233;clara au Congr&#232;s de Gen&#232;ve que, pour garantir la paix en Europe, tous les &#201;tats europ&#233;ens devaient d&#233;clarer la guerre &#224; la Russie ! Nous verrons comment ce spectre russe de Marx et de la social-d&#233;mocratie allemande a servi, sans cesse, de pr&#233;texte, durant le demi-si&#232;cle suivant &#8211; jusqu'&#224; la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 &#8211; pour justifier leur politique militariste et imp&#233;rialiste. &#171; Il ne faut pas rire &#187;, observait Domela Nieuwenhuis &#224; Zurich en 1893, en d&#233;fense de la r&#233;solution n&#233;erlandaise, &#171; quand la Russie est qualifi&#233;e de foyer d'horreur et de barbarie ; comme si l'Allemagne &#233;tait un foyer de civilisation et de douceur ! La France peut adresser la m&#234;me accusation &#224; l'Allemagne, car elle est une r&#233;publique. O&#249; cela nous m&#232;nera quand les socialistes commenceront &#224; prof&#233;rer de telles accusations contre d'autres nations ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me congr&#232;s de la Premi&#232;re Internationale, &#224; Bruxelles en 1868, la position du parti sur la question de la guerre fut pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finie. Une longue discussion eut lieu, &#224; laquelle participa notamment De Paepe. &#171; La guerre est un mal &#233;vident pour nous tous. Mais outre notre &#233;ternelle protestation, on nous demande que nous t&#226;chions d'intervenir pratiquement pour sa suppression. Pour cela il y a deux m&#233;thodes : la premi&#232;re, c'est de s'attaquer directement &#224; la guerre par le refus du service militaire (Applaudissements) ou, ce qui revient au m&#234;me, puisque les arm&#233;es ont besoin de consommer, par le refus du travail. La seconde n'intervient pas directement ; c'est en r&#233;solvant la question sociale elle-m&#234;me qu'elle pr&#233;tend arriver &#224; la suppression de la guerre : telle est la m&#233;thode que, par son d&#233;veloppement, l'Internationale est destin&#233;e &#224; faire triompher. (Bravos.) En employant la premi&#232;re mani&#232;re, c'est sans cesse &#224; recommencer. La seconde, seule, d&#233;truit le mal dans sa source m&#234;me. On a cherch&#233; &#224; attribuer la cause de la guerre &#224; des individualit&#233;s ; c'est une erreur : les rois, les empereurs, ne sont que des accidents, des instruments. La seule vraie cause de la guerre est dans nos institutions sociales. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, Le Livre bleu de l'Internationale, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, une r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e &lt;strong&gt;&#224; l'unanimit&#233; &lt;/strong&gt; : la cause premi&#232;re et permanente de la guerre est d'ordre &#233;conomique. Mais une deuxi&#232;me cause, et pas moins importante, est l'arbitraire, &#171; qui r&#233;sulte de la centralisation et du despotisme &#187;. Aujourd'hui encore, les peuples peuvent donc r&#233;duire le nombre de guerres en s'opposant &#224; ceux qui les provoquent ou les d&#233;clarent. Les classes ouvri&#232;res disposent d'un moyen concret d'y parvenir imm&#233;diatement : puisque le corps social ne saurait survivre &#224; un arr&#234;t de la production, il suffit que les producteurs cessent de produire pour rendre impossibles les desseins des gouvernements despotiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Congr&#232;s de l'Association internationale des travailleurs, r&#233;uni &#224; Bruxelles, d&#233;clare protester avec la plus grande &#233;nergie contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il invite toutes les Sections de l'Association, chacune dans leurs pays respectifs, ainsi que toutes les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res et tous les groupes d'ouvriers quels qu'ils soient, &#224; agir avec la plus grande activit&#233; pour emp&#234;cher une guerre de peuple &#224; peuple, qui aujourd'hui ne pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme une guerre civile, parce que faite entre ceux qui produisent, elle ne serait qu'une lutte entre fr&#232;res et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s recommande surtout aux travailleurs de cesser tout travail dans le cas o&#249; une guerre viendrait &#224; &#233;clater dans leurs pays respectifs. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, qui n'avait jamais assist&#233; aux congr&#232;s, &#233;crivit aussit&#244;t &#224; Engels au sujet de &#171; l'absurdit&#233; belge de faire gr&#232;ve contre la guerre &#187;. La social-d&#233;mocratie allemande et la Deuxi&#232;me Internationale, qu'il dominait, allaient &#233;galement suivre leur grand ma&#238;tre sur ce point et, selon les propres termes d'Auer, d&#233;clarer que &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; &#233;tait une &#171; absurdit&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Lorsque, deux ans plus tard, en 1870, la guerre qui mena&#231;ait depuis longtemps entre la France et l'Allemagne &#233;clata, Marx d&#233;clara au nom du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'Internationale : &#171; Du c&#244;t&#233; allemand, cette guerre est une guerre d&#233;fensive. &#187; Il justifiait ainsi la guerre du c&#244;t&#233; allemand, contredisant ses propos du &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste &lt;/i&gt; selon lesquels on ne peut prendre aux travailleurs ce qu'ils ne poss&#232;dent pas, et en totale contradiction avec les d&#233;cisions de Bruxelles, qui affirmaient que toute guerre devait &#234;tre rejet&#233;e, car elle ne pouvait &#234;tre qu'une &#171; guerre civile &#187;. Avec l'introduction du terme &#171; guerre d&#233;fensive &#187;, toute lutte coh&#233;rente contre la guerre fut d&#233;pouill&#233;e de ses fondements ; d&#232;s lors, toutes les tactiques antimilitaristes coh&#233;rentes furent et continuent d'&#234;tre sabot&#233;es par les marxistes, et toutes les politiques imp&#233;rialistes furent d&#233;fendues ! Cette affirmation de Marx se comprend ais&#233;ment si on tient compte qu'il voulait la victoire de la Prusse-Allemagne. Pour lui, une victoire de Bismarck &#233;quivalait &#224; une victoire pour son socialisme d'&#201;tat prussien. L'&#233;mergence d'un &#201;tat allemand &#8211; m&#234;me imp&#233;rialiste &#8211; constituerait la premi&#232;re &#233;tape vers l'&#171; &#201;tat populaire &#187;. Bismarck fait un travail &#224; la t&#226;che pour nous, &#233;crit Marx &#224; Engels le 20 juillet : &#171; Les Fran&#231;ais ont besoin d'un coup dur. Si les Prussiens l'emportent, la centralisation du pouvoir d'&#201;tat favorisera la centralisation de la classe ouvri&#232;re allemande. De plus, la domination allemande d&#233;placera le centre de gravit&#233; du mouvement ouvrier d'Europe occidentale de la France vers l'Allemagne [&#8230;] Sa domination (de la classe ouvri&#232;re allemande) sur la sc&#232;ne mondiale signifierait simultan&#233;ment la domination de notre th&#233;orie sur celle de Proudhon, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Correspondance Marx-Engels.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;loges de &#171; la fraternit&#233; des ouvriers &#187;, de Marx dans son discours au Conseil g&#233;n&#233;ral du 23 juillet, relevaient donc davantage d'une discussion philosophique : &#171; Tandis que la France et l'Allemagne officielles se livrent &#224; une lutte fratricide, les ouvriers s'envoient des messages de paix et d'amiti&#233;. Ce grand fait, sans pr&#233;c&#233;dent dans le pass&#233;, ouvre la perspective d'un avenir radieux. &#187; Mais toutes ces proclamations n'ont &#233;videmment que peu de sens si, en m&#234;me temps, il faut &#171; d&#233;fendre &#187; la patrie en danger&#8230; Un socialiste &#233;crivait dans le journal Volksstaat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Qu'arriverait-il si tous les ouvriers de France et d'Allemagne cessaient le travail d'un commun accord &#224; un jour donn&#233;, et opposaient ainsi &#224; la guerre une gr&#232;ve internationale ? Je suis persuad&#233; que dans ce cas la guerre serait termin&#233;e en quelques jours, sans m&#234;me que le sang ait coul&#233;. Car de m&#234;me que la guerre rend impossible le travail r&#233;mun&#233;rateur, de m&#234;me la cessation du travail rendrait la guerre impossible. &#187; Ce point de vue &#233;tait en accord avec la r&#233;solution de 1868 et constituait un moyen plus s&#251;r d'&#233;viter la guerre que les proclamations mutuelles de fraternit&#233;. Si cette proposition avait &#233;t&#233; mise en pratique, elle aurait ouvert davantage de perspectives pour un &#171; avenir radieux &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section parisienne de l'Internationale resta &#233;galement fid&#232;le aux d&#233;cisions de Bruxelles. Dans son appel du 12 juillet 1870, elle protesta avec force contre la guerre : &#171; la destruction syst&#233;matique du genre humain &#187;, &#171; la guerre ne fait qu'attiser les instincts sauvages et la haine nationale &#187;, &#171; c'est un pr&#233;texte pour les gouvernements afin de supprimer la libert&#233; publique &#187;, &#171; n'&#233;coutez pas ces provocations insens&#233;es, car une guerre entre nous serait une guerre fratricide &#187;, &#171; nos divisions n'aboutiraient qu'&#224; un triomphe complet du despotisme des deux c&#244;t&#233;s du Rhin &#187;. Lors de la conscription en France au d&#233;but de 1870, ce sont les femmes de Lyon, dont Virginie Barbet, qui diffus&#232;rent le &lt;i&gt;Manifeste des femmes lyonnaises adh&#233;rentes &#224; l'Internationale &lt;/i&gt; que l'on peut consid&#233;rer comme l'un des premiers manifestes d'objection de conscience. Elles y appelaient &#224; l'objection de conscience directe : &#171; C'est par&lt;i&gt; un acte r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, celui de refuser la conscription, qu'il faut protester, et non par d'inutiles r&#233;clamations. [&#8230;] Nous nous disons civilis&#233;s et &#233;mancip&#233;s, erreur ! nous sommes encore que des mis&#233;rables esclaves, et ce qu'il y a de plus triste, non seulement mat&#233;riellement, mais encore moralement, puisque, sans nous r&#233;volter, nous subissons la condition qui nous est faite. nous nous soumettons sans nous r&#233;volter &#224; la situation dans laquelle nous sommes plac&#233;s [...] Une occasion se pr&#233;sente &#224; nous de donner l'exemple de la dignit&#233; humaine, ne la laissez pas passer [&#8230;] et vous aurez bien m&#233;rit&#233; la r&#233;volution. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe, E. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale qu'une tactique antimilitariste coh&#233;rente, et donc toujours antinationaliste, &#233;tait inh&#233;rente &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de la Premi&#232;re Internationale. Il va de soi &#224; partir de la constatation que la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re n'est pas un probl&#232;me national, mais international. Et on peut dire qu'elle a conserv&#233; ce caract&#232;re partout o&#249; elle n'a pas substitu&#233; la lutte &#233;lectorale &#224; la lutte de classe r&#233;volutionnaire. C'est la conception de l'&#201;tat de Marx qui l'a mis en contradiction avec la voie qu'il avait lui-m&#234;me emprunt&#233;e et l'a conduit &#224; l'abandonner ; et, intimement li&#233;e &#224; cette contradiction, la politique parlementaire passait de plus en plus au premier plan, avec laquelle une politique antinationale et antimilitariste cons&#233;quente n'est pas conciliable. Seule l'Internationale anti-autoritaire (bakouniniste), qui a continu&#233; d'exister apr&#232;s la scission des &#233;l&#233;ments marxistes en 1872, a pu continu&#233; dans cette voie. Elle a pu poursuivre cette tradition antimilitariste parce qu'elle rejetait par principe toute politique parlementaire, parce qu'elle ne voulait pas conqu&#233;rir un &#201;tat centralis&#233; pour instaurer le socialisme, mais consid&#233;rait comme premi&#232;re t&#226;che des travailleurs de d&#233;truire l'&#201;tat ; et parce qu'elle n'attendait aucun autre salut que celui de &lt;strong&gt;l'organisation &#233;conomique&lt;/strong&gt; des travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique des partis sociaux-d&#233;mocrates nationaux, qui ont poursuivi les id&#233;es marxistes de la Premi&#232;re Internationale, a finalement conduit l&#224; o&#249; elle ne pouvait que conduire : &#224; ao&#251;t 1914. Le parti social-d&#233;mocrate et, dans une moindre mesure, les syndicats qu'il influen&#231;ait s'&#233;taient tellement int&#233;gr&#233;s dans l'ensemble du syst&#232;me de l'&#201;tat capitaliste, &#233;taient devenus &#224; un tel degr&#233; partie int&#233;grante de cet &#201;tat, que toute leur tactique &#171; socialiste &#187;, qui ne visait qu'&#224; accro&#238;tre leur influence dans cet &#201;tat, rendait absolument impossible qu'il puisse un jour se trouver soudainement en opposition de principe avec lui. C'&#233;tait, on ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez, une cons&#233;quence in&#233;vitable. Quiconque pense pouvoir combattre la tactique de ces r&#233;solutions internationales de paix et de la politique nationale de guerre sans combattre l'ensemble de la politique nationale socialiste met la charrue avant les b&#339;ufs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (notamment la crise de 1867) dans un contexte de tensions europ&#233;ennes o&#249; le territoire du Luxembourg devenait un point strat&#233;gique entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1866/06/km18660607.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. I, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.146-147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin. Eine Biografie&lt;/i&gt;. Londres, 1896 1900, Vol. 11, chapitres. 31, 32, 33 ; Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, P.-V. Stock.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;Le Livre bleu de l'Internationale&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1871, p.173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, op. cit., p.183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Correspondance Marx-Engels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. II, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1872, p.277-278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Premi&#232;re partie</title>
		<link>https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</link>
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		<dc:date>2026-04-15T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_1-8ef67.jpg?1776290579' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMI&#200;RE PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation de nos opinions th&#233;oriques. Nous n'avons rien &#224; regretter, rien &#224; revoir. Nos points de vue, que nous avions avant la guerre, ont &#233;t&#233; confirm&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Die Internationalitat und der Krieg, p.6.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Les points de vue qui ont &#233;t&#233; confirm&#233;s et qui sont encore d&#233;fendus aujourd'hui peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les causes de la guerre r&#233;sident dans le syst&#232;me social capitaliste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la guerre est en contradiction absolue avec tous les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; augmenter l'influence sur les gouvernements des &#201;tats capitalistes est le principal moyen de lutter contre le danger de guerre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et dans toutes ses variations, la d&#233;claration cat&#233;gorique &#233;tait : tant que les causes existent et que le syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'homme et la lutte des classes qui en r&#233;sulte persistent, il serait vraiment utopique d'esp&#233;rer une paix universelle. Certains points de vue n'ont pas &#233;t&#233; confirm&#233;s non plus (par exemple que &#171; le Parti Socialiste et le prol&#233;tariat organis&#233;s sont les seules forces efficaces de la paix internationale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). De plus, ces derniers temps, il s'est av&#233;r&#233; que m&#234;me les gouvernements soi-disant socialistes, qui ne repr&#233;sentent apr&#232;s tout que des int&#233;r&#234;ts capitalistes ou capitalistes d'&#201;tat, ne r&#233;duisent en rien le risque de guerre. Comme le syst&#232;me capitaliste n'a toujours pas &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre, il faut, selon ces conceptions marxistes, s'attendre &#224; juste titre &#224; de nouvelles guerres mondiales. Cette conception est d'ailleurs confirm&#233;e quotidiennement par les faits de la politique internationale. On sait comment, depuis Versailles, tant les conflits que les armements, qui m&#232;nent in&#233;vitablement &#224; une nouvelle guerre, ne cessent de s'intensifier ; on sait avec quels moyens de destruction barbares, chimiques et techniques, l'humanit&#233; tout enti&#232;re est menac&#233;e. La bourgeoisie le confirme. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a rien d'&#233;tonnant de dire que ce que nous avons v&#233;cu et ce que nous allons vivre bient&#244;t sera, d'un point de vue technique, comparable &#224; la guerre mondiale, elle-m&#234;me comparable &#224; la guerre de 1870, et qu'il ne doit plus jamais arriver. Mais avant la guerre aussi, on disait que ce qui s'&#233;tait pass&#233; ne devait plus jamais arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale &#187;, la social-d&#233;mocratie de tous les pays, n'a rien appris, n'a rien &#224; regretter et rien &#224; revoir. C'est vrai. Si les r&#233;solutions de paix avant la guerre se sont r&#233;v&#233;l&#233;es &#234;tre des mots creux, les &#171; plus jamais &#187; actuels sont tout simplement trompeurs. &#192; chaque protestation contre la guerre et le militarisme, &#224; chaque r&#233;solution pour la paix, on pose la question suivante : que ferez-vous si la guerre &#233;clate demain ? Jusqu'en 1914, on a &#233;vit&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'&#233;vite &#224; nouveau aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Kautsky a d&#233;j&#224; donn&#233; la r&#233;ponse : il n'y a rien &#224; revoir. Le socialisme international n'&#233;tait pas en faillite ; ce n'&#233;tait pas un effondrement, c'&#233;tait une confirmation ; une confirmation de toute la tactique social-d&#233;mocrate. C'&#233;tait juste que le socialisme s'est d&#233;masqu&#233;. C'&#233;tait une confirmation de tout ce que les anarchistes avaient pr&#233;dit depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre a r&#233;v&#233;l&#233; la nature profonde du capitalisme, ainsi que ce qui &#233;tait latent en temps de paix et l'a fait &#233;clater au grand jour de mani&#232;re horrible (et la paix n'&#233;tait qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens), le v&#233;ritable caract&#232;re de ce qu'on appelait le socialisme a &#233;galement &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; pendant et apr&#232;s la guerre. Le socialisme a lui aussi d&#251; montrer son vrai visage, et l&#224;, les programmes et les r&#233;solutions n'ont servi &#224; rien. Et il a jet&#233; le masque. La &#171; trahison &#187; d&#233;coulait naturellement de son caract&#232;re m&#234;me, de son id&#233;ologie, de sa tactique. C'&#233;tait une cons&#233;quence in&#233;vitable. Nous examinerons bri&#232;vement la question du militarisme dans le mouvement ouvrier au cours du dernier demi-si&#232;cle et verrons que cette question est li&#233;e et d&#233;termin&#233;e par les moyens de lutte pour l'&#233;mancipation &#233;conomique du prol&#233;tariat en g&#233;n&#233;ral. C'est l'&#233;chec de toute l'id&#233;ologie et la tactique de ces moyens de lutte sociaux-d&#233;mocrates et marxistes qui a &#233;t&#233; confirm&#233; d&#232;s le d&#233;but de la guerre et de plus en plus depuis lors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Die Internationalitat und der Krieg&lt;/i&gt;, p.6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 septembre 1910, compte rendu analytique publi&#233; par le secr&#233;tariat du Bureau socialiste international, p.60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Introduction</title>
		<link>https://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-introduction</link>
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		<dc:date>2026-04-15T10:13:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2-5a208.jpg?1776248067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, 14-9-1925.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me les conditions d'un risque de guerre permanent, il n'est plus n&#233;cessaire d'attendre le d&#233;clenchement de la prochaine guerre mondiale pour comprendre ce que signifie le combat et l'antimilitarisme social-d&#233;mocrates. Du moins si la guerre elle-m&#234;me ne nous l'avait pas d&#233;j&#224; appris. Mais les journaux nous font oublier, et comme c'est imprim&#233; noir sur blanc, on croit &#224; la tromperie d'aujourd'hui et non plus &#224; celle d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, le proc&#232;s Ebert&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a montr&#233; avec une franchise surprenante comment, pendant la guerre, le socialisme et les travailleurs furent trahis par les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates. Il constitue une illustration remarquable du texte qui suit cette introduction. Avec les deux proc&#232;s sociaux-d&#233;mocrates qui suivirent &#8212; ceux d'Auer et de Barmat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; ce parti et ce syst&#232;me partisan furent &#233;clair&#233;s d'une mani&#232;re plus cr&#251;e que par la critique la plus violente que l'on puisse imaginer. Il fut d&#233;montr&#233; comment l'embourgeoisement de ce parti, comment le parlementarisme et le minist&#233;rialisme aboutissent finalement &#8212; et ne peuvent qu'aboutir &#8212; &#224; la corruption et &#224; la trahison. D'un parti qui sortirait indemne de ces trois proc&#232;s, on peut dire, en paraphrasant Karl Kraus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Le parti qui dig&#232;re cela a un bon estomac ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasez l'inf&#226;me !?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte original.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Qu'on n'oublie pas que cette classe ouvri&#232;re qui, en l'occurrence, devrait pourtant s'insurger, a &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e pendant un demi-si&#232;cle au social-d&#233;mocratisme sous un Empire prussien. Certes, cette corruption ne touche pas seulement le parti allemand, mais elle s'&#233;tend aussi au-del&#224; des fronti&#232;res hollandaises et impr&#232;gne toute la Deuxi&#232;me Internationale, dite socialiste. Car il ne s'agit pas des personnes, mais du syst&#232;me. Et ce syst&#232;me se manifeste en Allemagne sous la forme de trahison politique sournoise, de r&#233;action brutale, de corruption. Il se manifeste autrement ailleurs. Ces Ebert et Scheidemann, ces Noske et Auer, ces Bauer et Heilmann, ils s'appellent ailleurs Macdonald et Vandervelde, Renaudel et Boncour&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils incarnent ce que Kropotkine indiquait : &#171; Le socialisme ne peut &#234;tre r&#233;formiste. S'il cesse d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, il tombe aux mains de la r&#233;action. &#187; Car lorsque le gouvernement &#171; antimilitariste &#187;, &#171; socialiste &#187; de Macdonald&#8212; qui poursuit la politique imp&#233;rialiste du gouvernement conservateur, pour ensuite en laisser la gestion au m&#234;me gouvernement et la voir continuer sur le m&#234;me pied &#8212; construit des navires de guerre et d&#233;veloppe l'aviation, cela n'a rien &#224; voir avec le socialisme et la paix ; c'est au contraire une pr&#233;paration capitaliste &#224; la guerre, donc une r&#233;action. Quand, en Autriche, l'adversaire le plus acharn&#233; de l'abolition de l'arm&#233;e professionnelle c'est la social-d&#233;mocratie et qu'elle appelle les &#171; jeunes ch&#244;meurs(!) sociaux-d&#233;mocrates &#187; &#224; s'engager dans l'arm&#233;e, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette arm&#233;e est un instrument docile d'un g&#233;n&#233;ral fasciste, c'est de la r&#233;action, et en plus inf&#226;me. Quand les sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais soutiennent la guerre coloniale imp&#233;rialiste et votent les cr&#233;dits de guerre, c'est l&#224; encore de la r&#233;action, qui d&#233;voile toute la phras&#233;ologie antimilitariste et met en lumi&#232;re le v&#233;ritable caract&#232;re de cette lutte contre la guerre, social-patriotique. Dans cette guerre au Maroc, comme dans toute guerre pr&#233;par&#233;e par le gouvernement Poincar&#233;, provoqu&#233;e par un g&#233;n&#233;ral fasciste et men&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t du capital bancaire fran&#231;ais, il s'agit de d&#233;bouch&#233;s et d'&#171; exploration &#187;, c'est-&#224;-dire d'exploitation &#8212; sous pr&#233;texte que la culture fran&#231;aise est en danger et que la civilisation occidentale doit &#234;tre d&#233;fendue contre les barbares &#8212; avec des chars, des escadrons d'avions et des gaz toxiques. Pour la &#233;ni&#232;me fois, il s'est av&#233;r&#233; que ce parti pr&#233;f&#232;re l'int&#233;r&#234;t national et capitaliste &#224; l'int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire du prol&#233;tariat, blanc ou &#171; de couleur &#187;. Cette image s'est renouvel&#233;e lors du congr&#232;s de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale tenu r&#233;cemment &#224; Marseille, qui rejoint les consid&#233;rations qui suivent et les confirme encore une fois avec &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut attendre de cette Internationale des ministres et de Barmat ni qu'elle combatte la guerre, ni qu'elle l'emp&#234;che. Elle ne peut pas emp&#234;cher la guerre, car elle est elle-m&#234;me une composante essentielle du capitalisme bourgeois qui, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#224; juste titre &#224; Marseille, est la cause principale de la guerre. Certes, Hilferding&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a combattu le slogan &#171; Le capitalisme, c'est la guerre, le socialisme, c'est la paix &#187; en le qualifiant d'obsol&#232;te. Non pas qu'il ait enfin reconnu ouvertement (ce qui est &#233;vident et le devient chaque jour davantage) que ce socialisme social-d&#233;mocrate n'assure en aucun cas la paix, mais il voulait d&#233;fendre la th&#232;se que le capitalisme, lorsqu'il est g&#233;r&#233; par des ministres socialistes, ne signifie pas n&#233;cessairement la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme serait la paix ? Oui, mais pas le &#171; socialisme qui veut conqu&#233;rir l'&#201;tat &#187;. Car &#224; mesure qu'il progresse sur la &#171; voie du pouvoir &#187;, c'est le socialisme qui est conquis par l'&#201;tat et les paroles pr&#233;monitoires de Domela Nieuwenhuis, qui servent de devise &#224; ces r&#233;flexions, se confirment :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La victoire de la social-d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
sera la destruction du socialisme.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paris, 14-9-1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Ebert, membre du parti socio-d&#233;mocrate (SPD) devient pr&#233;sident de la R&#233;publique de Weimar (1919&#8211;1925). Il est accus&#233; par des milieux nationalistes d'avoir particip&#233; &#224; une gr&#232;ve pendant la guerre (1918) et donc d'avoir &#171; trahi la patrie &#187; et contribu&#233; &#224; la d&#233;faite allemande. Ebert poursuit en justice pour diffamation. Le tribunal reconna&#238;t que les accusations de haute trahison sont fausses, mais admet officiellement qu'il a particip&#233; &#224; une gr&#232;ve politique pendant la guerre. Pour la gauche r&#233;volutionnaire, le proc&#232;s r&#233;v&#232;le surtout la collaboration du SPD non seulement avec l'ordre imp&#233;rial et militaire, mais aussi avec l'arm&#233;e contre les r&#233;volutionnaires (notamment lors de l'&#233;crasement des spartakistes en 1919). Le proc&#232;s devient donc une arme pol&#233;mique contre la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un dirigeant du SPD en Bavi&#232;re. Pendant la R&#233;volution allemande de 1918&#8211;1919, la Bavi&#232;re conna&#238;t l'insurrection de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re). Le SPD bavarois, dont Auer fait partie, participe &#224; la r&#233;pression du mouvement r&#233;volutionnaire avec l'aide des corps francs (Freikorps). Le proc&#232;s autour d'Auer concerne son r&#244;le politique et ses responsabilit&#233;s dans la r&#233;pression et &#233;videmment les luttes internes au mouvement ouvrier. Auer devient un symbole de la social-d&#233;mocratie qui r&#233;prime les r&#233;volutionnaires au nom de l'ordre. L'&#171; affaire Barmat &#187; (1924&#8211;1925), quant &#224; elle, concerne un gros scandale financier de la R&#233;publique de Weimar. Les fr&#232;res Julius Barmat &#233;taient des hommes d'affaires li&#233;s &#224; des milieux du SPD qui ont obtenu des pr&#234;ts publics et des faveurs administratives gr&#226;ce au soutien des socialistes. La faillite de leur entreprise, au-del&#224; de la corruption et du favoritisme r&#233;v&#232;le surtout les collusions entre milieux d'affaires et social-d&#233;mocrates. La gauche r&#233;volutionnaire d&#233;nonce alors l'embourgeoisement du SPD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume satirique contre le militarisme, la presse et l'hypocrisie politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens accus&#233;s de trahison et de r&#233;formisme. En Allemagne, Philipp Scheidemann (dirigeant du SPD qui a proclam&#233; la r&#233;publique en 1918 et symbolise la voie parlementaire), Gustav Noske (ministre SPD qui a r&#233;prim&#233; violemment les r&#233;volutionnaires spartakistes en 1919), Otto Bauer (th&#233;oricien marxiste, d&#233;riv&#233; vers un r&#233;formisme &#233;tatique) et Friedrich Heilmann (dirigeant SPD associ&#233; &#224; l'appareil parlementaire). Au Royaume-Uni : Ramsay MacDonald (premier ministre travailliste qui a maintenu la politique imp&#233;riale britannique - marine, armement). En Belgique, &#201;mile Vandervelde (figure majeure du socialisme belge, ministre pendant la guerre et partisan de l'Union sacr&#233;e) et en France, Pierre Renaudel (socialiste r&#233;formiste, favorable &#224; la d&#233;fense nationale), Joseph Paul-Boncour (politicien socialiste devenu ministre, favorable aux alliances militaires) et Raymond Poincar&#233; (pr&#233;sident puis chef du gouvernement fran&#231;ais, associ&#233; &#224; une politique nationaliste).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du SPD et th&#233;oricien du capitalisme financier. Dans&lt;i&gt; Le Capital financier&lt;/i&gt;, il a analys&#233; la fusion du capital industriel et du capital bancaire, la concentration et la cartellisation des entreprises, le r&#244;le croissant des banques dans le contr&#244;le de l'&#233;conomie et le lien entre capital financier et imp&#233;rialisme (dont L&#233;nine s'est largement &#171; inspir&#233; &#187; pour &lt;i&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/i&gt;). Ministre des Finances de la R&#233;publique de Weimar (1923 puis 1928-1929) et partisan d'une transformation socialiste par voie parlementaire, Hilferding a int&#233;gr&#233; l'&#201;tat bourgeois au lieu de le renverser, exer&#231;ant &#233;videmment une politique r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ricardo Mella, un anarchiste galicien </title>
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		<dc:date>2026-04-08T09:08:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claudio Rodr&#237;guez Fer</dc:creator>


		<dc:subject>Ricardo Mella</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ricardo Mella Cea (Vigo, 23 avril 1861-7 ao&#251;t 1925), humaniste, grand intellectuel et militant libertaire, est consid&#233;r&#233; comme l'un des plus importants th&#233;oriciens de l'anarchisme en Espagne.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-calendrier-du-cira-2018-" rel="directory"&gt;Calendrier du CIRA 2018&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-ricardo-mella-+" rel="tag"&gt;Ricardo Mella&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/1b85a46f-330c-47e2-84b0-dcf55c292882_16-9-discover-aspect-ratio_default_0_copie-c8b7a.jpg?1775639384' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ricardo Mella Cea (Vigo, 23 avril 1861-7 ao&#251;t 1925), humaniste, grand intellectuel et militant libertaire, est consid&#233;r&#233; comme l'un des plus importants th&#233;oriciens de l'anarchisme en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils d'un r&#233;publicain f&#233;d&#233;ral adepte de l'id&#233;ologie de Pi i Margall, il acquiert une solide formation en fran&#231;ais, anglais et italien. Tr&#232;s jeune, il adh&#232;re au Parti r&#233;publicain d&#233;mocratique f&#233;d&#233;ral, dont il devient, plus tard, secr&#233;taire. Il d&#233;bute comme journaliste critique au journal &lt;i&gt;La Verdad.&lt;/i&gt; Mais il est rapidement d&#233;nonc&#233; pour ses articles, jug&#233; et exil&#233; &#224; Madrid. En 1881, il cr&#233;e &#224; Vigo le journal &lt;i&gt;La Propaganda&lt;/i&gt;, f&#233;d&#233;raliste et ouvri&#233;riste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, il conna&#238;t l'&#233;diteur anarchiste de &lt;i&gt;La Revista Social&lt;/i&gt;, Juan Serrano Oteiza. Il se marie &#224; Madrid avec la fille de l'&#233;diteur, Esperanza Serrano Rivera, avec laquelle il a douze enfants. D&#232;s lors, il collabore &#224; la r&#233;daction de&lt;i&gt; La Revista social &lt;/i&gt; ainsi qu'&#224; de nombreuses publications anarchistes en Espagne. Il traduit en espagnol &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#201;tatisme et anarchie &lt;/i&gt; de Bakounine, &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt; de Malatesta et La science moderne et l'anarchisme de Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tudie la topographie qu'il exerce ensuite en Andalousie. L&#224;, il cr&#233;e des journaux tels que &lt;i&gt;La Solidaridad &lt;/i&gt; en 1888. Il s'engage dans la lutte paysanne contre le latifundio, rejetant toute forme de violence.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/montjuicexecucions1897.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/montjuicexecucions1897-f4780.jpg?1775639384' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1895, il revient &#224; Vigo o&#249; il donne refuge &#224; Josep Prat qui fuit la r&#233;pression de Barcelone apr&#232;s le proc&#232;s de Montjuic. En 1897, il s'installe &#224; Pontevedra o&#249; il participe &#224; l'installation du chemin de fer. L&#224;, il condamne les ex&#233;cutions des anarchistes de Montjuic &#224; travers ses articles. Il d&#233;nonce aussi la situation des paysans galiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une p&#233;riode dans les Asturies, il revient &#224; Vigo en 1909. Il abandonne son militantisme et devient directeur d'une entreprise de construction des tramways &#233;lectriques de la ville. Pourtant, en 1911, il repr&#233;sente les Asturies au premier congr&#232;s de la Conf&#233;d&#233;ration nationale du travail, dont les principes fondamentaux refl&#232;tent ses propres th&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour de son enterrement, tous les tramways de Vigo s'arr&#234;tent pour lui rendre hommage. Il est enterr&#233; au cimeti&#232;re de Pereir&#243;, dans un mausol&#233;e du sculpteur galicien Asorey et construit gr&#226;ce &#224; une souscription populaire. Une grande avenue de Vigo a port&#233; son nom jusqu'&#224; l'arriv&#233;e du franquisme. Une nouvelle rue et un lyc&#233;e public portent son nom depuis le retour de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6270 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH689/sans_titre-2-33-b3d4f.jpg?1775639384' width='500' height='689' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Urania Mella &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sa fille Urania est arr&#234;t&#233;e et emprisonn&#233;e lors du soul&#232;vement fasciste de 1936. Son gendre, Humberto Solleiro, dirigeant dans le secteur des tramways, est fusill&#233;. Son fils Ricardo, a &#233;t&#233; un important militant socialiste dans la zone r&#233;publicaine durant la guerre civile et a d&#251; s'exiler en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Mella est l'auteur de nombreux ouvrages et articles pour lesquels il re&#231;ut divers prix en Espagne et aussi dans le monde. Il &#233;crivit pour des journaux aux &#201;tats-Unis et en Argentine. Ses &#233;crits ont &#233;t&#233; traduits en italien, n&#233;erlandais, portugais, anglais et fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ses articles ont &#233;t&#233; regroup&#233;s dans des publications. Ils sont le reflet de sa pens&#233;e sociale, de ses principes sur l'&#233;ducation libertaire et de ses tactiques de lutte r&#233;volutionnaire. Mella a laiss&#233; aussi des textes sur l'amour, la philosophie, la morale et la litt&#233;rature. Il rendit hommage &#224; Pi i Margall et &#224; Anselmo Lorenzo &#224; travers ses textes. Il a &#233;galement &#233;crit une r&#233;ponse au livre de Lombroso dans son ouvrage &lt;i&gt;Lombroso et les anarchistes&lt;/i&gt; (1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Gaston Leval : &#171; Ouvrier chapelier, il devint ing&#233;nieur par ses propres efforts. En possession d'une vaste culture, il a &#233;t&#233; le th&#233;oricien le plus marquant de l'anarchisme en Espagne. Esprit rigoureusement logique et scientifique, de conception ample et d'originalit&#233; vigoureuse, il peut, si nous excluons Proudhon, &#234;tre plac&#233; &#224; c&#244;t&#233; des meilleurs th&#233;oriciens anarchistes fran&#231;ais. Il joint &#224; cela un style souvent magnifique qui n'est jamais que la cons&#233;quence de la force de sa pens&#233;e. Ses &#233;crits sont toujours brefs et d&#233;cisifs. Sa r&#233;plique au livre de Lombroso, &lt;i&gt;Les anarchistes&lt;/i&gt;, est d'une valeur pol&#233;miste incomparable &#187;. &lt;i&gt;L'Id&#233;e anarchiste&lt;/i&gt;, n&#186; 1, 18 mars 1924.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Claudio Rodr&#237;guez Fer, traduit du galicien par Mar&#237;a Lopo &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [3]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/en-marge-des-lois-laiques-3</link>
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		<dc:date>2026-03-31T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/dd-2-d0700.jpg?1774933213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Socialisme des imb&#233;ciles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place. Et le terme de motivation, du point de vue de la psychologie contemporaine, signifie justement un mouvement de tension et de dissociation assez confus en ses causes, car il im&#173;plique des motifs conscients et des mobiles incons&#173;cients, qu'il d&#233;pend plus de l'affectivit&#233; que de l'intelligence. L'antis&#233;mitisme mobilise une cohue au sein de laquelle s'estompent les oppositions de classes et les divergences doctrinales ou id&#233;ologi&#173;ques. Il ne se situa pas toujours &#224; droite. &lt;i&gt;Voltaire&lt;/i&gt;, au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et &lt;i&gt;Michelet&lt;/i&gt;, au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, us&#232;rent du terme &#171; juif &#187; dans une intention p&#233;jorative. Le Jean Christophe de Romain Rolland fulminait, en son style fougueux, contre les artistes et les esth&#232;tes juifs. Des socialistes... antis&#233;mites r&#233;&#233;dit&#232;rent, en 1898, une brochure sur la &#171; question juive &#187;, &#233;crite en 1847, par Karl Marx qui comptait cependant des rabbins dans son ascendance (il est vrai que son p&#232;re &#233;tait converti au protestantisme). F. Engels qualifiait sans doute l'antis&#233;mitisme de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;socialisme des imb&#233;ciles&lt;/q&gt;. Mais c'est admettre implicitement que l'on peut &#234;tre socialiste, antis&#233;mite et... im&#173;b&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;cida &#8211; Karl Marx peut-&#234;tre ? &#8211; que les juifs &#233;taient &#224; l'origine du capitalisme. La puissance insolite des Rothschild qui, sur le plan financier, gouvernaient les places : Francfort, Londres, Paris, Milan et Vienne, a entretenu cette l&#233;gende. En r&#233;alit&#233;, aussi bien au Moyen Age et au d&#233;but des Temps Modernes, qu'au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'absence des juifs &#8211; ainsi que l'ont d&#233;montr&#233; les historiens Henri Pirenne et Henri See &#8211; n'aurait nullement emp&#234;ch&#233;, ou ralenti, la formation et le d&#233;veloppement des fortunes commerciales, des capitaux industriels et des tr&#233;sors de la finance internationale. L'importance prise par la famille Rothschild tient essentiellement &#224; leur intervention dans la politique des &#201;tats. Ils ont favoris&#233; la victoire de l'Angleterre sur Napol&#233;on, le placement des emprunts fran&#231;ais, le payement de l'indemnit&#233; de guerre impos&#233;e &#224; la France par l'Allemagne en 1871, le financement de grands tra&#173;vaux publics dans les pays europ&#233;ens &#8211; jouant un r&#244;le analogue &#224; celui des Fugger qui assur&#232;rent l'&#233;lection de Charles Quint, empereur d'Allemagne, au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'autre part, des juifs exclus de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et f&#233;odale s'adapt&#232;rent plus vite que les autres au maniement de la propri&#233;t&#233; mobili&#232;re, au fonctionnement du syst&#232;me capita&#173;liste. Des usuriers juifs provoqu&#232;rent quelque scan&#173;dale en Alsace, pendant les guerres de la R&#233;volution et de l'Empire. Il fallut en 1808 annuler par d&#233;cret leurs cr&#233;ances sur les paysans alsaciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la R&#233;volution industrielle en Angleterre et en France n&#233;cessita l'investissement de capitaux consid&#233;rables qui provenaient 1&#176;) des b&#233;n&#233;fices commerciaux r&#233;alis&#233;s au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle surtout en Grande-Bretagne ; 2&#176;) des capitaux immobilis&#233;s dans l'achat d'offices royaux lib&#233;r&#233;s en France par la suppression de la v&#233;nalit&#233; des charges ; 3&#176;) aussi des profits exorbitants de l'exploitation des pays conquis et vassaux, des dotations des g&#233;n&#233;raux, mar&#233;chaux et grands fonctionnaires, des b&#233;n&#233;fices des fournis&#173;seurs militaires, accumul&#233;s sous l'Empire. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans cette gen&#232;se du capita&#173;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antis&#233;mites r&#233;actionnaires, parce que Karl Marx &#233;tait juif, attribu&#232;rent aux juifs la cr&#233;ation de l'Internationale &#8211; ce qui est doublement absurde. La formation intellectuelle de Karl Marx s'est accom&#173;plie dans les universit&#233;s allemandes, et sa doctrine m&#251;rit au contact du capitalisme, du chartisme et du travaillisme britanniques. Bertrand Russell attri&#173;bue ses&lt;i&gt; &#171; mauvais c&#244;t&#233;s &#187; &#224; ses origines juives : son autoritarisme, son intol&#233;rance, la malignit&#233; de ses pol&#233;miques. &lt;/i&gt; Au reste, Bertrand Russell en incrimine surtout l'atmosph&#232;re des universit&#233;s allemandes, et les humiliations subies par le jeune &#233;tudiant juif. Quant &#224; la Premi&#232;re Internationale, elle naquit d'une initiative des ouvriers parisiens et londoniens. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans la gen&#232;se de l'Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous avons d&#233;cel&#233; une sorte d'anti&#173;s&#233;mitisme visc&#233;ral et presque inconscient chez des militants libertaires et syndicalistes r&#233;volutionnaires. C'est qu'ils pouvaient s'irriter de la &#171; savantasserie &#187; outrecuidante et pr&#233;tentieuse de docteurs en marxis&#173;me &#8211; juifs en majorit&#233; &#8211; qui venaient des univer&#173;sit&#233;s allemandes ou de Pologne ou de Russie o&#249; ils avaient grandi dans une atmosph&#232;re de jalousie et de m&#233;pris... m&#233;pris artificiel de fils d'une aristocratie d&#233;cadente et d'une bourgeoisie corrompue par la richesse, qui ne pardonnaient pas &#224; leurs contem&#173;porains juifs des aptitudes intellectuelles, dues &lt;i&gt;non &#224; des caract&#232;res ethniques mais &#224; une vie errante et p&#233;rilleuse&lt;/i&gt;. Ces militants ouvriers r&#233;agissaient comme le Jean Christophe de Romain Rolland.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH748/sans_titre-4dd-94661.jpg?1774933213' width='500' height='748' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Felix Vallotton - &lt;i&gt;Le cri de Paris&lt;/i&gt;, 23 janvier 1898&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ils furent &#233;videmment et tout naturellement drey&#173;fusistes pour la plupart, non par sympathie pour un officier juif, mais parce que leur bon sens les garan&#173;tissait contre la d&#233;magogie antis&#233;mite, comme elle les avait garantis contre la d&#233;magogie boulangiste. Pierre Monatte, qui fut parmi nous le plus s&#251;r d&#233;fen&#173;seur de l'h&#233;ritage de Fernand Pelloutier, le plus fid&#232;le gardien de l'esprit syndicaliste r&#233;volutionnaire, me confiait, que r&#233;p&#233;titeur dans un coll&#232;ge d'Arras, il y provoqua un petit scandale public en se pro&#173;menant dans les couloirs avec le num&#233;ro de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, portant sur toute la premi&#232;re page, le &#171; J'accuse &#187; d'Emile Zola, manifestation tonitruante du parti dreyfusiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien et r&#233;actions cl&#233;ricales &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme avait-il atteint le corps enseignant primaire ? C'est peu probable. Il semble au contraire qu'il ait quelque peu alt&#233;r&#233; la foi patriotique, jaco&#173;bine et revancharde des humbles ex&#233;cutants des lois la&#239;ques. Les jeunes instituteurs, &#224; qui on venait d'imposer l'obligation militaire, &#224; leur sortie de l'Ecole Normale, ayant souffert de la grossi&#232;re stupi&#173;dit&#233; des sous-officiers, devaient ressentir comme un outrage &#224; leurs convictions r&#233;publicaines, l'esprit de clan d'officiers sup&#233;rieurs et g&#233;n&#233;raux capables de justifier, par des mensonges et des falsifications, la condamnation et la d&#233;gradation d'un officier ind&#233;&#173;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ignoraient sans doute les sentiments inavoua&#173;bles motiv&#233;s par de sordides rivalit&#233;s, car jusqu'en 1939, le nombre d'instituteurs d'origine juive fut presque n&#233;gligeable, alors qu'en 1894, on comptait d&#233;j&#224; de nombreux professeurs du secondaire et du sup&#233;rieur, pas mal d'avocats et de m&#233;decins appar&#173;tenant &#224; la race d&#233;test&#233;e. L'universit&#233;, d'ailleurs, dans sa grande majorit&#233; s'engagea dans le rassem&#173;blement dreyfusiste. Les outrances de l'antis&#233;mitis&#173;me, comme les monstrueuses op&#233;rations de l'hitl&#233;&#173;risme, en Allemagne de 1933 &#224; 1939, en France de 1940 &#224; 1944, furent jug&#233;es &#171; impensables &#187; par pres&#173;que tous les universitaires, &#224; l'exception de quelques intellectuels... en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Affaire Dreyfus pouvait se produire dans une p&#233;riode de. stabilit&#233;. En tous temps, une erreur judi&#173;ciaire est possible. Mais souvent, elle ne touche que l'entourage imm&#233;diat de la victime. Elle peut m&#234;me s'accomplir et se perp&#233;tuer dans le silence de l'indif&#173;f&#233;rence ou de la contrainte. Elle prend place, dans les r&#233;gimes autoritaires ou totalitaires, dans la bana&#173;lit&#233; quotidienne de l'arbitraire syst&#233;matique. Lors&#173;que r&#232;gne une libert&#233; relative, il suffit que la victime ou le pr&#233;sum&#233; coupable soit socialement ou politi&#173;quement repr&#233;sentatif pour qu'une campagne natio&#173;nale s'engage pour ou contre le h&#233;ros de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Affaire Dreyfus &#233;tonne par l'intensit&#233; et la dur&#233;e des d&#233;marches et des agitations. Il para&#238;t normal que l'on ait oppos&#233; le Droit &#224; l'arbitraire, l'impartialit&#233; &#233;quitable au parti pris injuste, la v&#233;rit&#233; aux &#171; mensonges triomphants qui passent &#187;. Mais c'est l&#224; une attitude intellectuelle qui ne touche gu&#232;re le grand public. Il fallait donc que les juges de Dreyfus agissent comme l'apprenti sorcier dont un geste banal lib&#232;re des forces explosives compri&#173;m&#233;es sur un espace minuscule. Ce ne fut pas une v&#233;ritable R&#233;volution, car il aurait fallu une volont&#233; consciente de changement. Mais ce fut une crise, une rupture d'&#233;quilibre, la d&#233;monstration &#233;clatante de l'&#233;ternel conflit entre l'ordre et le mouvement. Ce ne fut pas une R&#233;volution, mais une contre-r&#233;volu&#173;tion, au moins &#224; l'origine. Ce furent les r&#233;actionnai&#173;res &#8211; au sens plein du terme &#8211; qui prirent l'initia&#173;tive des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est symptomatique que l'Affaire ait &#233;clat&#233; en 1894, alors que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1893, le minist&#232;re Casimir P&#233;rier constitu&#233; sous le signe de &#171; l'esprit nouveau &#187;..., &lt;i&gt;entendait mettre fin &#224; la grande offen&#173;sive la&#239;que et profiter du &#171; Ralliement &#187; &#224; la R&#233;pu&#173;blique conservatrice, ordonn&#233;e par le Pape L&#233;on XIII dans son encyclique du 16 f&#233;vrier 1892. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, l'encyclique &#171; Rerunz novarum &#187; du 15 mai 1891 avait condamn&#233; en termes &#233;nergiques les abus du capitalisme triomphant. Que les grands industriels catholiques aient ignor&#233; ou m&#233;pris&#233; cet appel &#224; leur conscience chr&#233;tienne, que les &#233;v&#234;ques n'aient gu&#232;re favoris&#233; la diffusion des th&#232;mes pon&#173;tificaux, cela t&#233;moignait de leur &#171; immobilisme &#187;... de leur volont&#233; de r&#233;sister aux revendications ouvri&#232;res, que la sollicitude de L&#233;on XIII pouvait encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;nonciation des mis&#232;res ouvri&#232;res au nom de la charit&#233; chr&#233;tienne, le ralliement &#224; la R&#233;publique (voulue par la majorit&#233; du peuple fran&#173;&#231;ais), le groupement des travailleurs sous le patro&#173;nage de l'Eglise, c'&#233;tait l'application d'une politique pr&#233;voyante qui n'avait pas d'autre but que de pr&#233;&#173;venir &lt;i&gt;les effets de l'organisation syndicale sur le terrain de classe et du d&#233;veloppement de l'enseigne&#173;ment populaire engag&#233; par les lois la&#239;ques de Jules Ferry. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme chr&#233;tien a conquis aujourd'hui droit de cit&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Tra&#173;vailleurs (C.F.D.T.) se s&#233;parant de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Travailleurs chr&#233;tiens (C.F.T.C.) recon&#173;na&#238;t la n&#233;cessit&#233; de la lutte des classes et son action d&#233;passe souvent par sa vigueur et sa clart&#233; celle de la C.G.T.-F.O., m&#234;me celle de la C.G.T. colonis&#233;e par les communistes. Le syndicat g&#233;n&#233;ral de l'Education nationale qui fut &#224; la pointe de 1a C.F.D.T. a d&#233;fendu l'Ecole la&#239;que, la d&#233;mocratisation de l'enseignement avec une remarquable constance &#8211; et n'a plus rien de commun avec les d&#233;fenseurs d'un corporatisme sordide que nous combattions &#226;prement avant la derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; dans les derni&#232;res ann&#233;es du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des travaill&#233;urs chr&#233;tiens retrouvaient leurs cama&#173;rades syndicalistes dans la revendication et la gr&#232;ve. Le groupement &#224; cette &#233;poque, sous le signe du paternalisme chr&#233;tien, ne fut gu&#232;re appr&#233;ci&#233; par la classe ouvri&#232;re, assez indiff&#233;rente &#224; l'&#233;gard .de l'Egli&#173;se, m&#234;me ceux de ses membres qui se soumettaient aux pratiques du culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les intentions des promoteurs, dont l'esprit de charit&#233; valait par sa sinc&#233;rit&#233;, ne s'opposaient pas aux vieilles traditions de l'Eglise. Albert de Mun, le pr&#233;dicateur le plus &#233;loquent de l'appel au peuple, au nom du Saint-P&#232;re, s'&#233;levait contre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme, n&#233;gation de l'autorit&#233; de Dieu, autant que contre le lib&#233;ralisme capitaliste&lt;/q&gt;. Il souhaitait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le retour aux corporations de l'Ancien R&#233;gime, unissant les ma&#238;tres et les compagnons&lt;/q&gt;. Pr&#233;sident de la conf&#233;rence de Saint-Vincent-de-Paul, il fl&#233;tris&#173;sait les doctrines qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;flattent les ouvriers dans leurs passions et leur orgueil, consommaient la ruine de la Patrie et du Monde. Il fallait sauver le peuple et h&#226;ter le r&#232;gne de Dieu dans l'atelier r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage assez objectif, &#233;crit en 1932 par E. Barbier : &lt;i&gt;Histoire du capitalisme lib&#233;ral et du capitalisme social&lt;/i&gt;, on lit une appr&#233;ciation s&#233;v&#232;re et exacte sur le recrutement des premiers syndicats chr&#233;tiens o&#249; l'on rencontrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des attard&#233;s de l'industrie, des cancres de l'usine, braves gens au demeurant et d'une pi&#233;t&#233; ext&#233;rieure suffisante... ou des employ&#233;s des librairies cl&#233;ricales, des bedeaux en rupture de hallebarde, des sacristains retrait&#233;s, des concierges des communaut&#233;s, des gar&#231;ons de bureaux des annexes...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casimir P&#233;rier qui, en 1894, apr&#232;s l'assassinat de Sadi Carnot, fut &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique, incarnait&lt;i&gt; l'esprit nouveau&lt;/i&gt;, s'affirmant sans doute par r&#233;action contre les attentats anarchistes. Rappelons qu'il d&#251;t d&#233;missionner au bout de six mois, compro&#173;mis par ses liens avec le grand capitalisme industriel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [2]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/en-marge-des-lois-laiques-2</link>
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		<dc:date>2026-03-29T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Certes, aujourd'hui, l'Affaire n'excite plus que la curiosit&#233; d'historiens professionnels ou amateurs. La trag&#233;die de l'extermination des Juifs par les nazis, l'existence d'un Etat isra&#233;lien suffisamment redou&#173;table ont quelque peu modifi&#233; les donn&#233;es du pro&#173;bl&#232;me juif. Il reste &#224; interpr&#233;ter objectivement les bouleversements provoqu&#233;s par l'affaire et ses pro&#173;longements politiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-la-revolution-proletarienne-no666-juin-1981-" rel="directory"&gt;La R&#233;volution Prol&#233;tarienne N&#176;666 &#8211; Juin 1981&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-19-b3a04.jpg?1774861274' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On excusera le d&#233;sordre de ces notes dans les&#173;quelles nous avons tent&#233; de placer l'application des lois la&#239;ques dans leur contexte historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Responsabilit&#233;s de la presse dans l'Affaire Dreyfus &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Certes, aujourd'hui, l'Affaire n'excite plus que la curiosit&#233; d'historiens professionnels ou amateurs. La trag&#233;die de l'extermination des Juifs par les nazis, l'existence d'un &#201;tat isra&#233;lien suffisamment redou&#173;table ont quelque peu modifi&#233; les donn&#233;es du pro&#173;bl&#232;me juif. Il reste &#224; interpr&#233;ter objectivement les bouleversements provoqu&#233;s par l'affaire et ses pro&#173;longements politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, la chronologie peut nous &#233;clairer. C'est la fin en triste fait divers de l'aventure boulangiste : le g&#233;n&#233;ral &#171; Revanche &#187; se suicida le 30 septembre 1891, &#224; Bruxelles, sur la tombe de son &#233;g&#233;rie : Madame de Bonnemain. C'est aussi la liquidation du scandale de Panama. En 1888, la Compagnie avait d&#233;pos&#233; son bilan et l'on apprenait, en juin 1892, que la presse avait touch&#233; &lt;i&gt;24 millions&lt;/i&gt;, soit environ &lt;i&gt;1 milliard 152 millions de francs 1981 ou 115 mil&#173;liards 200 millions d'anciens francs&lt;/i&gt; &#8211; et cela dans une seule distribution.&lt;i&gt; Le Gaulois&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Temps&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;le Figaro &lt;/i&gt; en t&#234;te de ce palmar&#232;s de la corruption. On n'avait pas oubli&#233; le scandale de l'&lt;i&gt;Union G&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, grande banque d'affaires comptant dans son conseil les plus grands noms de l'aristocratie l&#233;gitimiste et catholique qui, fond&#233;e en 1878 pour enlever aux Rothschild leur pouvoir discr&#233;tionnaire &#224; la Bourse, avait ferm&#233; ses guichets en 1882. L'antis&#233;mitisme s'alimentait de la haine des grands serviteurs du tr&#244;ne et de l'autel aux app&#233;tits contrari&#233;s, et des &#233;pargnants que leur enthousiasme pour la bonne cause avait ruin&#233;s et humili&#233;s. Il fallait se venger des juifs rendus responsables de cette faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande presse se roulait dans les plis du dra&#173;peau tricolore pour se nettoyer de la boue de Pana&#173;ma. La trahison d'un capitaine juif !... on ne pouvait trouver de formule publicitaire plus all&#233;chante. Patrice Boussel impute &#224; la presse toute la respon&#173;sabilit&#233; de la &#171; fabrication &#187; de l'Affaire. Il est difficile de croire &#224; une sorte de g&#233;n&#233;ration spon&#173;tan&#233;e. Mais on demeure confondu par la richesse de l'imagination feuilletonesque. Il semble impossible que nos p&#232;res et grands-p&#232;res aient pu supporter des affabulations aussi grossi&#232;res et aussi grotesques, des mensonges aussi pu&#233;rils, des calomnies aussi &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a parl&#233; de la bonne foi des journalistes abus&#233;s, clamant leur haine du &#171; tra&#238;tre &#187; Dreyfus. Mais, lorsque &lt;i&gt;le Figaro&lt;/i&gt; publia, le 28 novembre 1897, des lettres du commandant Esterhazy&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le commandant Esterhazy a avou&#233; &#234;tre l'auteur du fameux bordereau, pi&#232;ce (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, contenant des phrases aussi r&#233;v&#233;latrices que celles-ci : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis absolument convaincu que ce peuple (le peuple fran&#173;&#231;ais) ne vaut pas la cartouche pour le tuer... si on venait me dire que je serais tu&#233; demain comme capitaine des uhlans en sabrant des Fran&#231;ais, je serais certainement parfaitement heureux. Je ne ferais pas de mal &#224; un chien mais je ferais tuer cent mille Fran&#231;ais avec plaisir... Comme tout cela ferait triste figure dans un rouge soleil de bataille, dans Paris pris d'assaut et livr&#233; au pillage de cent mille soldats ivres...&lt;/q&gt;. La presse patriote, ne pou&#173;vant douter de l'authenticit&#233; de ces lettres (dont &lt;i&gt;le Figaro &lt;/i&gt; publia le lendemain la reproduction photo&#173;graphique &#8211; ce qui prouva d'ailleurs l'identit&#233; de l'&#233;criture du commandant et de celle du fameux bordereau imput&#233; &#224; Dreyfus) jugea cette publication attristante pour les amis de Dreyfus, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ils doivent &#234;tre aux abois... pour publier ces lettres &#233;crites par le commandant &#224; une heure d'exasp&#233;ration.&lt;/q&gt;. Et lorsque celui qui regrettait de ne pas &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;capitaine des uhlans&lt;/q&gt; fut acquitt&#233; par un conseil de guerre, h&#226;tivement constitu&#233;, ce fut accueilli par les d&#233;li&#173;rantes acclamations d'un public &#233;difi&#233; par la presse... patriote&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce scandaleux acquittement qui poussa Emile Zola &#224; composer le fameux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle aberration de l'opinion publique n'est &#233;videmment pas invraisemblable aujourd'hui. Elle reste cependant exceptionnelle. Ce que l'on a appel&#233; &#171; le bourrage de cr&#226;nes &#187;, pratiqu&#233; par la presse pendant la guerre de 1914-1918 n'a pas d&#233;pass&#233; ce niveau. Et on peut se f&#233;liciter que, si faibles qu'elles soient, des minorit&#233;s aient pu se faire entendre aussi bien au d&#233;but de l'Affaire Dreyfus que pendant la Grande Guerre, malgr&#233; la censure. Les images de la presse sous des r&#233;gimes totalitaires suffisent pour justifier une distinction qualitative plus que quan&#173;titative. M&#234;me, sous l'occupation, la presse autoris&#233;e parce que pro-hitl&#233;rienne, n'a jamais atteint la per&#173;fection dans l'ignominie de la presse allemande apr&#232;s la synchronisation nazie et de la presse sovi&#233;tique pendant les proc&#232;s de Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant la crise de l'Affaire Dreyfus, les vio&#173;lences de la &lt;i&gt;Libre Parole&lt;/i&gt; d'Edouard Drumont, de &lt;i&gt;L'Intransigeant &lt;/i&gt; d'Henry Rochefort &#233;veill&#232;rent tout naturellement le doute chez des esprits libres, et les outrances caricaturales de la presse cl&#233;ricale r&#233;veil&#173;l&#232;rent la vigilance des libres penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les premiers dreyfusistes &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;76&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1-32.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH372/sans_titre-1-32-b0312.jpg?1774861274' width='500' height='372' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ao&#251;t 1899 - Jean Jaur&#232;s et Bernard Lazare lors du proc&#232;s Dreyfus &#224; Rennes.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but, deux des hommes politiques fran&#231;ais qui incarn&#232;rent la bataille pour la r&#233;vision du pro&#173;c&#232;s Dreyfus, &lt;i&gt;Georges Clemenceau&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jean Jaur&#232;s&lt;/i&gt; ne doutaient pas de la culpabilit&#233; du capitaine. Il n'est peut-&#234;tre pas inutile de souligner que celui qui prit l'initiative de la premi&#232;re manifestation dreyfusiste : Bernard Lazare, avait profess&#233; des &lt;i&gt;opinions anar&#173;chistes&lt;/i&gt;... ce qui sans doute le rendait ind&#233;pendant &#224; l'&#233;gard des partis et des entreprises &#233;lectorales. Juif alsacien, libre-penseur &#8211; dont Charles P&#233;guy (pas encore d&#233;voy&#233; par la fr&#233;n&#233;sie nationaliste) tra&#231;a, en de fort belles pages, une haute et noble figure &#8211; il s'orienta apr&#232;s l'Affaire vers une sorte de sionisme explicable et d&#233;concertant &#224; la fois. Sa brochure publi&#233;e &#224; Bruxelles en 1895 : &lt;i&gt;Une erreur judiciaire &#8211; La v&#233;rit&#233; sur l'affaire Dreyfus&lt;/i&gt; avait s&#233;duit des universitaires honn&#234;tes par la rigueur de sa d&#233;mons&#173;tration. (Notons en passant qu'&#233;crivain et po&#232;te, Bernard Lazare appartenait &#224; l'&#233;cole symboliste, dite aussi d&#233;cadente qui ne s'accordait gu&#232;re avec le naturalisme d'Emile Zola).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est peut-&#234;tre pas inutile non plus de rappeler qu'&lt;i&gt;Alfred Dreyfus&lt;/i&gt;, comme &lt;i&gt;Scheurer-Kestner&lt;/i&gt;, vice&#173;pr&#233;sident du S&#233;nat, l'un des premier dreyfusistes (d'ailleurs protestant) &#233;taient &#233;galement Alsaciens. Or, qu'ils soient juifs, protestants, catholiques ou ath&#233;es, les Alsaciens n&#233;s avant 1870, qui avaient opt&#233; pour la France en 1871, manifestaient presque tous un patriotisme intransigeant, ombrageux et revan&#173;chard. Je puis incidemment invoquer un t&#233;moignage familial. Mon grand-p&#232;re maternel, soldat de l'Em&#173;pire pendant sept ans, m&#233;daill&#233; de la campagne du Mexique, engag&#233; volontaire en 1871, jugeait sacril&#232;ge la moindre plaisanterie antimilitariste. Mon grand-&#173;p&#232;re paternel avait perdu deux de ses fils en pleine jeunesse. En ao&#251;t 1914 (lors de la stupide offensive alsacienne d&#233;clench&#233;e pendant que les troupes alle&#173;mandes s'engageaient massivement vers Charleroi), il d&#233;clarait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi faut-il que Ferdinand et Lucien&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; (ses deux fils) &lt;/span&gt;soient morts. Ils seraient entr&#233;s les premiers dans Mulhouse.&lt;/q&gt; J'ajoute que l'option pour la France ne les avait pas enrichis. Le premier, porteur de journaux, &#224; 70 ans, mourut de congestion un matin de 1910. Le second, qui avait d&#251; se loger avec ses six enfants dans un taudis de la rue Oberkampf, ne quitta l'atelier que pour sur&#173;vivre, paralys&#233;, pendant pr&#232;s de dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes et les marxistes demeur&#232;rent d'abord &#8211; et tout naturellement &#8211; des spectateurs ironiques de cette m&#234;l&#233;e. Un capitaine &#8211; m&#234;me juif &#8211; li&#233; &#224; des capitalistes, aurait trahi la France capitaliste et militariste. Quelle rigolade ! &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le youpin Dreyfus, galonnard, patriote jusqu'au bout des orteils, gratte-papier au Minist&#232;re de la Guerre, ma&#173;quignonnait des secrets de polichinelle, qu'on garde pr&#233;cieusement dans cette sale bo&#238;te...&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;La Sociale&lt;/i&gt; des 20-27 septembre 1896).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, revue anarchiste, reconnais&#173;sait qu'il n'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;rien de plus r&#233;pugnant qu'un tra&#238;tre et son acte&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais il est plaisant de voir les simagr&#233;es de tous ces fantoches se ruant avec achar&#173;nement sur Dreyfus, dont le seul tort est de s'&#234;tre laiss&#233; prendre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Petite R&#233;publique&lt;/i&gt;, dans laquelle Jaur&#232;s devait publier plus tard une s&#233;rie d'articles dreyfusistes sous le titre &#171; Les Preuves &#187;, ouvrait ses colonnes &#224; l'avocat Alexandre Zeva&#232;s, socialiste, guesdiste, d&#233;&#173;fenseur en 1918 de l'assassin de Jaur&#232;s, puis bio&#173;graphe du tribun socialiste &#8211; qui se d&#233;shonora une premi&#232;re fois en insultant, le 10 novembre 1896, Bernard Lazare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce distingu&#233; repr&#233;sentant du high life anarchiste, l'un des plus fid&#232;les admirateurs de Sa Majest&#233; Rothschild vient de publier en Belgique une brochure tapageuse... nouvelle man&#339;uvre dans la campagne sournoise engag&#233;e par les journaux de la finance et de la juiverie pour faire douter l'opi&#173;nion de la culpabilit&#233; du tra&#238;tre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, journal r&#233;dig&#233; par Emile Pouget, l'un des r&#233;dacteurs de la Charte d'Amiens de 1906 (charte de la C.G.T.), anarchiste et syndi&#173;caliste, &#233;crivait encore, le 21-28 novembre 1897 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; ... qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tam&#173;ponne le coquillard ! j'ai beau reluquer sur toutes les coutures, je ne trouve en lui que l'officier.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;R. H.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;(&#224; suivre)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le commandant Esterhazy a avou&#233; &#234;tre l'auteur du fameux bordereau, pi&#232;ce essentielle de l'accusation contre Dreyfus. Les m&#233;moires posthumes de l'attach&#233; militaire allemand de l'&#233;poque, Schwartkopen &#8211; publi&#233;es apr&#232;s la guerre de 1914-1918 &#8211; ne laissent aucun doute sur son r&#244;le d'espion au service de l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est ce scandaleux acquittement qui poussa Emile Zola &#224; composer le fameux &#171; J'accuse &#187;, publi&#233; sur toute la premi&#232;re page de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, le journal de Clemenceau.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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