<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://partage-noir.fr/spip.php?id_mot=58&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un &#201;tat est bien pr&#232;s de sa ruine, toutes les fois qu'on y voit l'extr&#234;me indigence assise &#224; c&#244;t&#233; de l'extr&#234;me opulence. &#187;</title>
		<link>https://partage-noir.fr/un-etat-est-bien-pres-de-sa-ruine-toutes-les-fois-qu-on-y-voit-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/un-etat-est-bien-pres-de-sa-ruine-toutes-les-fois-qu-on-y-voit-l</guid>
		<dc:date>2022-03-20T23:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution Fran&#231;aise (1789)</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-theophile-leclerc-dit-leclerc-d-oze-58-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-francaise-1789-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution Fran&#231;aise (1789)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1049-0bbbb.png?1774739240' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze</title>
		<link>https://partage-noir.fr/theophile-leclerc-dit-leclerc-d-oze</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/theophile-leclerc-dit-leclerc-d-oze</guid>
		<dc:date>2019-06-11T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En France, la politisation de la R&#233;volution fran&#231;aise est telle qu'il n'existe pas de livres sur les militants radicaux tels que les Enrag&#233;s (ou tr&#232;s peu, ceux de Dommanget &#233;tant l'exception). A l'inverse, les &#233;tudes sont nombreuses &#224; l'&#233;tranger sur Jacques Roux, Jean-Fran&#231;ois Varlet ou d'autres. L'explication est simple. Dans notre pays, la R&#233;volution est une arme id&#233;ologique et les historiens mettent en avant les factions qui justifient leur propre conception du pouvoir : les girondins (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-leclerc-l-ami-du-peuple-" rel="directory"&gt;Leclerc - L'Ami du Peuple &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-theophile-leclerc-dit-leclerc-d-oze-58-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton82-f9420.png?1774726871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, la politisation de la R&#233;volution fran&#231;aise est telle qu'il n'existe pas de livres sur les militants radicaux tels que les Enrag&#233;s (ou tr&#232;s peu, ceux de Dommanget &#233;tant l'exception). A l'inverse, les &#233;tudes sont nombreuses &#224; l'&#233;tranger sur Jacques Roux, Jean-Fran&#231;ois Varlet ou d'autres. L'explication est simple. Dans notre pays, la R&#233;volution est une arme id&#233;ologique et les historiens mettent en avant les factions qui justifient leur propre conception du pouvoir : les girondins pour les r&#233;publicains mod&#233;r&#233;s, les chouans pour l'extr&#234;me droite, Robespierre et les jacobins pour les marxistes. Les Enrag&#233;s, quant &#224; eux, ne se pos&#232;rent pas en hommes de pouvoir. Leur d&#233;sint&#233;ressement est manifeste et condamne les gouvernants. Il n'est pas de notre propos d'inventer de pr&#233;tendus &#171; anarchistes &#187; en 1789, mais il nous para&#238;t int&#233;ressant de rem&#233;morer d'authentiques militants populaires. Au moment o&#249; l'on c&#233;l&#232;bre le souvenir de la R&#233;volution, n'est-il pas symptomatique qu'il ne reste rien des revendications des sans-culottes ? C'est que le r&#233;gime actuel, comme celui de 1789, s'accommode mal de la dignit&#233; des pauvres, quels que soient les principes proclam&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc est encore moins chanceux que ses amis Roux et Varlet puisqu'il n'existe aucune &#233;tude sp&#233;cifique sur lui, m&#234;me &#224; l'&#233;tranger. Le livre de R.B. Ros&#233; (&lt;i&gt;The Enrag&#233;s, socialists of the French R&#233;volution ?&lt;/i&gt;), paru en 1965 &#224; Londres, est &#233;puis&#233;. Mentionnons aussi la th&#232;se in&#233;dite de l'Am&#233;ricain M. Slavin (&lt;i&gt;Left of the mountain : the Enrag&#233;s&lt;/i&gt;, Western Reserve University, s.d.) et l'on aura vite fait le tour. Par contre, Leclerc est fr&#233;quemment cit&#233; dans les histoires g&#233;n&#233;rales de la R&#233;volution qui ne peuvent taire son r&#244;le, m&#234;me si elles le traitent en quelques lignes. C'est pourquoi il faut rappeler ici quelques &#233;l&#233;ments biographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;ophile Leclerc, dit Leclerc d'Oze, est n&#233; en 1771 &#224; Montbrison. Son p&#232;re &#233;tait ing&#233;nieur des Ponts-et-Chauss&#233;es. En 1790, le jeune Leclerc s'embarque pour la Martinique. L&#224;, il se joint aux r&#233;volutionnaires locaux et combat &#224; leurs c&#244;t&#233;s jusqu'en 1791. Arr&#234;t&#233;, il est ensuite renvoy&#233; en France. Sans ressources, le jeune Leclerc est aid&#233; par les patriotes de Lorient jusqu'&#224; ce qu'il s'engage dans l'arm&#233;e. Il accomplit une mission secr&#232;te sur le Rhin (probablement de l'espionnage), en territoire ennemi. Il doit s'enfuir pr&#233;cipitamment et il soup&#231;onnera longtemps le maire de Strasbourg de l'avoir d&#233;nonc&#233;. Leclerc travaille ensuite dans les h&#244;pitaux militaires. A la fin de l'ann&#233;e 1792, il se rend &#224; Lyon o&#249; il se lie avec les r&#233;volutionnaires locaux, notamment Chalier. Dans cette ville la lutte est particuli&#232;rement f&#233;roce. Les grands industriels sont li&#233;s aux royalistes, la mis&#232;re est extr&#234;me. Les Canuts sont les plus engag&#233;s dans le combat sans-culotte (sans se soucier toujours des autres ouvriers d'ailleurs). C'est un des rares cas o&#249; l'on peut parler de lutte des classes dans le sens moderne du terme. Les Canuts demandent la cr&#233;ation d'une arm&#233;e r&#233;volutionnaire pour r&#233;quisitionner les denr&#233;es et Leclerc est envoy&#233; &#224; Paris en mai 1793 pour d&#233;fendre la cause lyonnaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la capitale, Leclerc re&#231;oit un accueil tr&#232;s froid aussi bien &#224; la Commune qu'&#224; la Convention, o&#249; il critique l'action des repr&#233;sentants du gouvernement dans la r&#233;gion lyonnaise. Cette position lui vaut une agression dans la rue, due &#224; des adversaires politiques. Cependant, Leclerc a de la chance de se trouver &#224; Paris &#224; ce moment-l&#224;. Le 29 mai, Chalier, qui venait de tenter un coup de force &#224; l'H&#244;tel de ville avec les ouvriers, est renvers&#233; par les royalistes. Ceux-ci savent jouer habilement des tendances anti-centralistes. Ainsi le th&#233;oricien utopiste L'Ange, aux antipodes de leur doctrine, appuie n&#233;anmoins l'insurrection. Chalier est ex&#233;cut&#233; peu de temps apr&#232;s et la Convention envoie des troupes pour r&#233;duire la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Leclerc, il devient membre de la commission des Postes de Paris le 31 mai. Il fr&#233;quente la jeune actrice Claire Lacombe qui m&#232;ne le club des femmes r&#233;publicaines r&#233;volutionnaires. Le club ne s&#233;pare pas la lutte f&#233;ministe (alors scandaleuse) de positions sociales. Les militantes jouent un r&#244;le actif dans les insurrections du 31 mai et du 2 juin 1793. La premi&#232;re est une pouss&#233;e populaire men&#233;e par l'Enrag&#233; Varlet qui vise l'&#233;puration de la Convention et des mesures &#233;conomiques. Elle est sabot&#233;e puis r&#233;cup&#233;r&#233;e par les jacobins qui la transforment en un remaniement du pouvoir. Les girondins sont &#233;limin&#233;s et les montagnards (d&#233;put&#233;s proches des jacobins) prennent leur place. N&#233;anmoins, la menace populaire et les d&#233;faites militaires m&#232;nent &#224; la dictature jacobine de Salut public. Pour Robespierre, il s'agit d'utiliser la force populaire pour remettre l'&#201;tat d'aplomb. La campagne des Enrag&#233;s &#224; laquelle participe Leclerc est g&#234;nante car elle rappelle que le peuple s'insurge surtout parce qu'il a faim. Lorsque Jacques Roux lit &#224; la tribune de l'Assembl&#233;e une p&#233;tition &#233;crite avec Leclerc et Varlet (25 juin 1793), il fait scandale. On l'expulse sous les cris des d&#233;put&#233;s. Dans ce que Mathiez a appel&#233; le &#171; Manifeste des Enrag&#233;s &#187;, Roux lan&#231;ait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La libert&#233; n'est qu'un vain fant&#244;me quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impun&#233;ment.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de positions ne pouvait que choquer les leaders jacobins. Ceux-ci &#233;taient pour la plupart au-dessus du besoin et ne comprenaient pas cet int&#233;r&#234;t pour de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ch&#233;tives marchandises&lt;/q&gt;. Le 30 juin, des jacobins se portent en masse au club des Cordeliers (fief des Enrag&#233;s) et les font exclure. Quant &#224; Marat, il donne le coup de gr&#226;ce en les attaquant, dans son journal &lt;i&gt;Le publiciste de la R&#233;publique fran&#231;aise&lt;/i&gt; (4 juillet 1793). Il multiplie les insultes orduri&#232;res contre Jacques Roux et ses &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;complices&lt;/q&gt; : Varlet &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'intrigant sans cervelle&lt;/q&gt; et le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;petit Leclerc&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fripon tr&#232;s adroit&lt;/q&gt;, qu'il accuse d'&#234;tre pay&#233; par les royalistes et d'avoir provoqu&#233; les d&#233;sordres de Lyon. Cela ne manque pas de piquant quand on conna&#238;t les risques courus par Leclerc sur le front. Et s'il &#233;tait rest&#233; &#224; Lyon, nul doute qu'il aurait connu le sort tragique de Chalier. il est vrai que Marat ne reculait pas devant certaines bassesses pour pol&#233;miquer. Jacques Roux ne put obtenir un rectificatif avant le 13 juillet, date &#224; laquelle Marat fut assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;motion populaire est immense et il devient un h&#233;ros bien que ses positions &#233;conomiques aient, &#233;t&#233; tr&#232;s mod&#233;r&#233;es. Les Enrag&#233;s exploitent son souvenir. Roux, qui cherchait depuis longtemps &#224; lancer un journal, reprend le titre de la publication de Marat : &lt;i&gt;Le Publiciste de la R&#233;publique fran&#231;aise&lt;/i&gt;, avec en sous-titre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par l'ombre de Marat&lt;/q&gt;. Leclerc est encore plus audacieux, il appelle sa feuille &lt;i&gt;L'Ami du peuple&lt;/i&gt;, titre avec lequel Marat d&#233;buta ; mais la r&#233;cup&#233;ration s'arr&#234;te l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'&#233;t&#233; 1793, la propagande des Enrag&#233;s conna&#238;t un vif succ&#232;s dans le peuple. Le rapport d'un indicateur de police (Latour-Lamontagne) du 13 septembre apprend qu'on s'arrache la feuille de Leclerc. Cela entra&#238;ne une v&#233;ritable surench&#232;re politique. L'opportuniste H&#233;bert radicalise son P&#232;re Duchesne pour se mettre au diapason. Malheureusement, les Enrag&#233;s ne profiteront pas longtemps de ce succ&#232;s. Ils persistent &#224; lutter en ordre dispers&#233; et sont des proies faciles pour le r&#233;gime jacobin qui se met en place. Celui-ci est agac&#233; par la propagande des femmes r&#233;volutionnaires d'autant qu'on y voit l'influence des Enrag&#233;s. Il est vrai que Leclerc vit maintenant avec Pauline L&#233;on, une des animatrices du club des femmes r&#233;volutionnaires. Quant &#224; Roux, il soutient activement leur action mais celle-ci est totalement ind&#233;pendante. Les Enrag&#233;s se singularisent seulement en l'approuvant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 4 et 5 septembre, une manifestation de salari&#233;s se dirige vers la Convention qui est envahie pacifiquement. Les d&#233;put&#233;s se r&#233;signent &#224; prendre des mesures &#233;conomiques mais elles seront traduites en termes d'&#201;tat. On veille &#224; ce que le contr&#244;le populaire sur les mesures soit &#233;vit&#233;. Le 5 septembre, Jacques Roux est arr&#234;t&#233;. Dans &lt;i&gt;L'Ami du Peuple&lt;/i&gt; du 8 septembre, sentant son tour arriver, Leclerc &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Je ne pr&#233;tends jeter ici aucune d&#233;faveur sur le citoyen que je viens de nommer ; il n'appartient qu'aux l&#226;ches et aux esclaves de juger ou de mordre, d'apr&#232;s l'avis ou le commandement des hommes publics ou des ma&#238;tres mais je d&#233;clare au public que je n'ai jamais eu avec Jacques Roux de relations ni directes ni indirectes, que depuis le premier juin, je n'ai vu pendant une heure au plus que deux fois ce citoyen, que j'ai rencontr&#233; par hasard dans une maison o&#249; il va quelquefois et o&#249; je me trouve souvent. Voil&#224; la v&#233;rit&#233; tout enti&#232;re quant &#224; cette inculpation.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On r&#233;duit la p&#233;riodicit&#233; des assembl&#233;es populaires. En compensation, on attribue une indemnit&#233; pour les militants n&#233;cessiteux chaque fois qu'ils si&#233;geront &#224; leur section. Cette solde fut tr&#232;s mal accueillie et les b&#233;n&#233;ficiaires recevront le surnom m&#233;prisant de &#171; quarante sols &#187;. La r&#233;duction des assembl&#233;es provoque des remous. Varlet joue un grand r&#244;le dans l'agitation. Il est arr&#234;t&#233; &#224; son tour le 18 septembre. Quant &#224; Leclerc, il juge plus prudent d'interrompre la publication de sa feuille. Les jacobins ont l'habilet&#233; d'envoyer Catherine Marat d&#233;fendre &#224; la barre de l'Assembl&#233;e la m&#233;moire de son mari : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je vous d&#233;nonce en particulier deux hommes, Jacques Roux et le nomm&#233; Leclerc, qui pr&#233;tendent continuer ses feuilles patriotiques et faire parler son ombre pour outrager sa m&#233;moire et tromper le peuple (...)&lt;/q&gt;. Le club des femmes r&#233;volutionnaires est ferm&#233; et la r&#233;pression s'abat sur Claire Lacombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;pous&#233; Pauline L&#233;on le 18 novembre 1793, Leclerc s'enr&#244;le dans l'arm&#233;e et il est mut&#233; &#224; La F&#232;re. Ce d&#233;part ressemble assez &#224; une fuite. Pauline L&#233;on l'y rejoint peu apr&#232;s. Le 3 avril, ils sont arr&#234;t&#233;s tous les deux et enferm&#233;s au Luxembourg bien qu'il n'y ait aucun motif d'accusation. Peu apr&#232;s la chute de Robespierre, Pauline L&#233;on &#233;crit aux autorit&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Citoyens repr&#233;sentants ; depuis huit jours mon mari est au secret pour avoir (...) recueilli les faits contre les complices du tyran Robespierre qui devaient nous &#233;gorger&lt;/q&gt; (5 ao&#251;t 1794). Ils furent lib&#233;r&#233;s le 19 ao&#251;t 1794, on perd ensuite leur trace. Kropotkine s'est tromp&#233; en faisant &#171; mourir &#187; Leclerc avec les h&#233;bertistes en mars 1794 (il s'agissait en fait d'Hubert-Leclerc, un obscur fonctionnaire de la faction). Cette disparition est assez myst&#233;rieuse et m&#234;me si le couple s'est rang&#233;, une &#233;tude approfondie permettrait certainement d'en retrouver la trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette brochure nous voulons surtout montrer un aspect de la pens&#233;e des Enrag&#233;s. Ceux-ci ne furent pas des th&#233;oriciens, des intellectuels aux projets pr&#233;&#233;tablis. Leurs &#233;crits sont tr&#232;s en de&#231;&#224; des positions d'un Dolivier (&lt;i&gt;Essai sur la justice primitive&lt;/i&gt;) ou d'un Fran&#231;ois-Joseph L'Ange et des autres pr&#233;curseurs du socialisme. Mais les textes des Enrag&#233;s refl&#232;tent le sentiment des masses populaires durant les ann&#233;es 1792-1794, du moins dans les villes. Seul Varlet semble avoir cogit&#233; depuis longtemps son projet de mandat imp&#233;ratif, mais pour le reste : taxation des denr&#233;es, action directe, souverainet&#233; populaire, ils le th&#233;orisent au fur et &#224; mesure des &#233;v&#233;nements. Ils traduisent une radicalisation du mouvement sans-culotte pour r&#233;pondre &#224; la crise &#233;conomique m&#234;me si leurs positions devancent toujours de quelques mois ce qui devient une revendication collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action des sans-culottes se d&#233;roule principalement dans la con-sommation. Leclerc &#233;crit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les subsistances appartiennent &#224; tout le monde&lt;/q&gt;. Les Enrag&#233;s pr&#244;nent la taxation des denr&#233;es et n'h&#233;sitent pas &#224; cautionner la prise au tas. Cela ne veut pas dire qu'ils sont d&#233;pourvus d'un sens de classe comme l'ont &#233;crit certains marxistes qui d&#233;finissent ce sentiment uniquement par rapport &#224; la production. Il existe bel et bien une diff&#233;rence entre eux, les &#171; pauvres &#187;, salari&#233;s et petits artisans et les autres, les &#171; riches &#187;. Pour les plus durs des sans-culottes, la R&#233;publique doit combattre les nouveaux aristocrates, ceux qui sp&#233;culent, qui vivent du commerce, bref tous ceux qui tirent leurs revenus d'autre chose qu'un travail r&#233;el. Le sans-culotte tol&#232;re certains riches dans sa section (pas beaucoup) &#224; condition que l'origine de leurs revenus lui paraisse l&#233;gitime. Il exclut imm&#233;diatement les rentiers et surtout celui qui se comporte comme un riche. La haine de classe n'est pas loin et c'est contre les &#171; &#233;go&#239;stes &#187; que les sans-culottes veulent tourner la Terreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne nous voilons pas la face, les Enrag&#233;s &#233;taient violents tout comme le sans-culotte moyen. Une militante de section raconte na&#239;vement son admiration pour Jacques Roux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans la section des Gravilliers, il nous parlait de la t&#234;te de Louis Capet ; il nous repr&#233;sentait cette t&#234;te roulant sur l'&#233;chafaud et cette id&#233;e nous r&#233;jouissait&lt;/q&gt;. De son c&#244;t&#233;, Varlet veut bien abolir la peine de mort sauf pour les d&#233;put&#233;s qui trahiraient leur mandat ; alors l'&#233;gorgement sur les bancs m&#234;me de l'assembl&#233;e ne lui fait pas peur. Quant &#224; Leclerc, on ressent une impression p&#233;nible en lisant des analyses sur les sp&#233;culateurs qui se terminent &#224; chaque paragraphe par des &#171; &#224; la guillotine ! &#187;. Mais il ne faut pas faire d'amalgame : la violence populaire est distincte de la Terreur jacobine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est due est &#224; l'exasp&#233;ration de mis&#233;reux d&#233;cupl&#233;e par la violence v&#233;cue au quotidien. On ne reverra plus ce genre de comportement des foules en 1848 et en 1871 parce que la violence a diminu&#233; chez l'homme de la rue dans nos soci&#233;t&#233;s (quoi qu'en dise le discours s&#233;curitaire). Nulle trace au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle de carnages comme les massacres de septembre 1792 dans les prisons (qui ne choquent gu&#232;re pendant la R&#233;volution, sauf par la mani&#232;re). Imaginons, avec les m&#339;urs frustres de l'&#233;poque, la r&#233;action que provoque une disette chez des hommes en armes. Une journ&#233;e de travail de 9 ou 10 heures et des queues devant les boulangeries qui commencent parfois &#224; 3 ou 4 heures du matin ! L&#224; o&#249; la terreur gouvernementale est un moyen pour des intellectuels de remettre d'aplomb l'&#201;tat et d'imposer leurs id&#233;es, la terreur populaire n'est qu'un cri de rage qui doit cesser une fois qu'on aura fait le m&#233;nage, c'est-&#224;-dire tr&#232;s vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment les Enrag&#233;s et les sans-culottes &#233;taient bien na&#239;fs de croire qu'on chasse le riche comme on &#233;crase une mouche, mais &#224; d&#233;faut de les excuser, on comprend mieux leur attitude. L'&#201;tat, lui, ne s'est pas amend&#233; depuis la r&#233;volution : il est toujours pr&#234;t &#224; tous les carnages comme le prouve ce sinistre XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D&#233;j&#224; en 1793, les Enrag&#233;s s'oppos&#232;rent &#224; la tyrannie qu'imposait la violence institutionnalis&#233;e. Leclerc s'&#233;cria que cent mille guillotines ne l'emp&#234;cheraient pas de dire au peuple la v&#233;rit&#233;. Dire qu'il a &#233;t&#233; bien imprudent par ses appels &#224; la violence ne doit pas mener &#224; tous les amalgames comme le font tant d'historiens peu scrupuleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut affirmer qu'&#224; cette &#233;poque, il n'aurait pas agi ainsi, surtout lorsqu'on se croit si pr&#232;s du but ; vivre en &#233;gaux et dans la dignit&#233; &#233;tait une r&#233;ponse &#224; la crise &#233;conomique. Que faisons-nous actuellement dans une nouvelle crise ? Avons-nous dans chaque quartier des rassemblements de gens modestes qui cherchent &#224; am&#233;liorer leur sort ? Non, c'est la passivit&#233; qui ne nous permet pas de jouer aux donneurs de le&#231;ons. Tout au plus pouvons-nous essayer de comprendre la mentalit&#233; r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque. C'est l&#224; l'int&#233;r&#234;t de rassembler les articles de Leclerc qui sont une sorte de t&#233;moignage. Dans &lt;i&gt;L'Ami du Peuple&lt;/i&gt;, version Enrag&#233;s, il y a des cris de rage. Sans doute ce vacarme nous inqui&#232;te-t-il car l'&#233;poque &#233;tait brutale, mais il faut lire ces pages car la potion n'est pas trop forte pour sortir nos contemporains de leur torpeur !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
