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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Paul Brousse (1844-1912)</title>
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		<dc:creator>Aristide Delannoy, Victor M&#233;ric - Flax</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Aristide Delannoy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avant que d'entreprendre la biographie du citoyen Brousse, le lecteur nous permettra de lui faire part de notre embarras. Le citoyen Brousse, on le sait, vient d'&#234;tre exclu du Parti socialiste par la F&#233;d&#233;ration de la Seine. Si le citoyen Brousse n'avait pas &#233;t&#233; exclu, nous n'aurions pas le droit de le critiquer sous peine de boycottage. Mais le citoyen Brousse ayant &#233;t&#233; exclu, nous avons te droit d'en dire tout le mal que nous en pensons et m&#234;me celui que nous ne pensons pas ; pas un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-les-hommes-du-jour-no39-du-17-octobre-1908-paul-brousse-" rel="directory"&gt;Les Hommes du Jour n&#176;39 du 17 octobre 1908 - Paul Brousse&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-victor-meric-+" rel="tag"&gt;Victor M&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-131-+" rel="tag"&gt;Aristide Delannoy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/paul_brousse_hommes_du_jour_copie-6f3fa.jpg?1774706651' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avant que d'entreprendre la biographie du citoyen Brousse, le lecteur nous permettra de lui faire part de notre embarras. Le citoyen Brousse, on le sait, vient d'&#234;tre exclu du Parti socialiste par la F&#233;d&#233;ration de la Seine. Si le citoyen Brousse n'avait pas &#233;t&#233; exclu, nous n'aurions pas le droit de le critiquer sous peine de boycottage. Mais le citoyen Brousse ayant &#233;t&#233; exclu, nous avons te droit d'en dire tout le mal que nous en pensons et m&#234;me celui que nous ne pensons pas ; pas un socialiste ne s'avisera de protester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; l'heure o&#249; para&#238;tront ces lignes, la situation du citoyen Brousse sera peut-&#234;tre modifi&#233;e. Peut-&#234;tre aura-t-il fait appel au congr&#232;s de Toulouse de la sentence qui vient de le frapper et peut-&#234;tre le congr&#232;s de Toulouse l'ayant r&#233;int&#233;gr&#233; dans le Parti, il ne nous sera plus possible de formuler nos critiques. Ou si ayant d&#233;j&#224; termin&#233; notre biographie, nous avons d&#233;coch&#233; quelques m&#233;chancet&#233;s au citoyen Brousse, nous deviendrons simplement un diffamateur et un vil calomniateur. De sorte que le probl&#232;me est tr&#232;s difficile &#224; r&#233;soudre. Devons-nous dire du mal du citoyen Brousse ou ne le devons-nous pas ? Tout cela d&#233;pend de la situation que le citoyen Brousse occupera vis-&#224;-vis du Parti. Mais n'ayant pas le don de proph&#233;tie, nous ne pouvons conna&#238;tre de sa situation future. Donc que faire ? S'abstenir ? Ne dire ni bien ni mal du citoyen Brousse ? C'est sans doute le parti le plus sage et c'est celui auquel nous nous arr&#234;terons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/paul_brousse_hommes_du_jour-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH189/paul_brousse_hommes_du_jour-2-3686d-46e60.jpg?1774777556' width='150' height='189' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Brousse. &lt;br&gt;Dessin d'A. Delannoy&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pourtant rien ne nous emp&#234;chera de souligner les contradictions qui fleurissent la carri&#232;re du citoyen Brousse. Unifi&#233; ou non, le citoyen Brousse n'en a pas moins d&#233;but&#233; &#8212; comme tant d'autres &#8212; dans le r&#233;volutionnarisme le plus intransigeant pour aboutir au r&#233;formisme le plus p&#226;le. Il a &#233;volu&#233; dira-t-on. Certes, si l'on consid&#232;re les &#233;volutions savantes auxquelles il s'est complu. Mais son droit d'&#233;volution doit-il aller jusqu'&#224; poursuivre et fl&#233;trir les disciples que son action d'autrefois a suscit&#233;s ? Telle est la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez souvent, nous entendons parler avec un m&#233;pris superbe des petits jeunes gens de la nouvelle &#233;cole. Ceux qui affichent ce m&#233;pris ne sont plus de petits jeunes gens. Ils ont vieilli. Mais il fut une &#233;poque o&#249; ils &#233;taient plus ardents encore et o&#249; ils faisaient davantage figure d'&#233;nergum&#232;nes que ceux qu'ils d&#233;noncent aujourd'hui. Peut-&#234;tre un jour, les petits jeunes gens que nous sommes atteindront-ils &#224; la sagesse. Mais, pour eux, la supr&#234;me sagesse sera surtout de se souvenir et, apr&#232;s avoir reni&#233; le pass&#233;, de ne pas se montrer implacables envers les nouveaux venus coupables seulement de reprendre les errements (?) d'autrefois.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen Brousse, grand chef des possibilistes, comptait, aux environs de 1871-1879, parmi les plus farouches disciples de Bakounine et signait, de concert avec Jules Guesde, autre r&#233;volutionnaire assagi, de violents manifestes contre Karl Marx, ce bon Dieu de l'&#233;glise socialiste. Le citoyen Brousse, expuls&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
d'Espagne o&#249; il avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; mort pour excitation au r&#233;gicide, dirigeait et r&#233;digeait un journal l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt;, o&#249; il &#233;crivait des choses dans ce go&#251;t : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ignorons quels proc&#233;d&#233;s plus certains l'avenir tient en r&#233;serve. Mais il pourrait bien se faire que ceux qui croient fermement qu'on peut DANS UNE POITRINE ROYALE OUVRIR UNE ROUTE. A LA R&#201;VOLUTION, fissent bon march&#233; d&#233;sormais du salut de l'entourage ! Que pour se trouver enfin, seuls, face &#224; face avec un porte-couronne, ils marchassent &#224; lui, au travers de la tourbe des courtisans, secou&#233;e, dispers&#233;e, ROMPUE AU BRUIT ET A LA LUEUR DES BOMBES.&lt;/q&gt; (1878).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le citoyen Brousse, par arr&#234;t&#233; du 4 mars 1879, &#233;tait mis en &#233;tat d'accusation et renvoy&#233; devant les Assises f&#233;d&#233;rales (Suisse), comme s'&#233;tant rendu coupable &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'actes contraires au droit des gens, en publiant, soit comme auteur, soit comme &#233;diteur, un grand nombre d'articles qui ont paru dans le journal l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Avant-Garde&lt;/span&gt;, et qui rev&#234;tent un caract&#232;re d&#233;lictueux.&lt;/q&gt; Ces articles, nous allons en donner quelques extraits, particuli&#232;rement savoureux. Le citoyen Brousse nous pardonnent, lui qui est l'homme des petits papiers.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Num&#233;ro 3, page I :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exp&#233;rience a parl&#233; ! LOIN DE NOUS LA VOIE PACIFIQUE ET L&#201;GALE ! A NOUS LA VOIE VIOLENTE QUI A FAIT SES PREUVES ! Laissons les radicaux &#224; leur radotage pacifique, ALLONS AUX FUSILS SUSPENDUS AUX MURS DE NOS MANSARDES, mais si nous les &#233;paulons, ne les laissons se refroidir et s'&#233;teindre que lorsque nous pourrons faire r&#233;sonner leurs crosses, non seulement sur le sol d'une r&#233;publique, mais encore sur un sol qui soit la propri&#233;t&#233; collective du paysan et de l'ouvrier.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me num&#233;ro, page 3 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour tous les r&#233;publicains s&#233;rieux, la clef de la situation est ces deux mots, qui sont deux actes la COMNUNE par l'INSURRECTION.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Num&#233;ro 12, page 2 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir discut&#233; l'utilit&#233; de l'assassinat politique et tout sp&#233;cialement celle de l'assassinat du mar&#233;chal de Mac-Mahon, le citoyen Brousse d&#233;clare :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... se soumettre, se d&#233;mettre... &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;ou &#234;tre descendu&lt;/span&gt;. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A Sedan, les Prussiens ont descendu le mar&#233;chal de son grand cheval de bataille. Maintenant son second cheval de bataille est le septennat, pourquoi n'essaierait-on pas &#224; Paris une seconde &#233;dition mieux r&#233;ussie ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comment, nous dira-t-on, vous nous pr&#234;chez l'assassinat politique ? Certainement quand l'assassinat d'un homme pr&#233;vient celui d'un millier d'autres ; r&#233;solument, quand on peut, en frappant un soldat stupide, faire triompher une cause, en &#233;vitant de sanglantes h&#233;catombes pr&#233;vues.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En principe, nous sommes contre l'assassinat politique. Mais si, dans un cas sp&#233;cial, il peut &#234;tre utile, nous savons regarder en face, et froidement, celte &#233;ventualit&#233;...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On remarquera que si l'un des petits jeunes gens de la nouvelle &#233;cole s'avisait d'&#233;crire le dixi&#232;me de ce qu'&#233;crivait le citoyen Brousse, il serait imm&#233;diatement poursuivi et jet&#233; en prison par cet citoyen Clemenceau.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Continuons :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son num&#233;ro 27, l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt;, discutant l'utilit&#233; de la tentative d'assassinat de H&#339;del, dit entr'autres choses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne saurions appeler insens&#233; l'homme qui veut d&#233;boulonner un empereur, fut-ce celui d'Allemagne, pas plus qu'en France nous n'avons trait&#233; de fous Orsini et Fieschi ; il y a ensuite des formes homicides que nous ne bl&#226;mons, que nous approuvons m&#244;me : LE R&#201;GICIDE, LA VENGEANCE DE L'OUVRIER CONTRE LE PATRON, sont pour nous dans ce cas. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son num&#233;ro 28, l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt; publiait sous le titre :&#171; H&#339;del, Nobiling et la propagande par le fait &#187;, un article o&#249; il &#233;tait dit que la propagande socialiste th&#233;orique ne suffit pas &#224; amener les masses &#224; la compr&#233;hension de leurs vrais int&#233;r&#234;ts et qu'il faut &#224; c&#244;t&#233; de la th&#233;orie de &#171; l'acte &#187;, c'est-&#224;-dire la r&#233;volte en fait, la Commune de Paris, par exemple, ou la machine infernale de Fieschi, ou la bombe d'Orsini, ou les pistolets de H&#339;del et de Nobiling.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, disait l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un jeune homme qui, pendant douze heures, a senti au niveau de son &#233;paule la main de son contremaitre, voil&#224; un homme qui pendant douze heures a risqu&#233; ses membres en les sentant fr&#244;ler par les rouages de la machine, un homme dont l'attention a su &#234;tre sans cesse en &#233;veil et les muscles sans cesse en mouvement ; il rentre chez lui, que pensez-vous qu'il d&#233;sire ? Des brochures, des journaux, des gros livres ? Oh ! que non pas ! Ce qu'il veut, ce sont quelques instants de joie, en famille, quelques heures de repos au foyer. Beaucoup m&#234;me n'aspirent qu'&#224; deux choses : la soupe et le lit, nourriture et sommeil. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Eh bien ! Fieschi tire sur un roi sa machine infernale ; Orsini s&#232;me de bombes la route d'un empereur ; H&#339;del tire et manque ; Nobiling tire et blesse. Un point d'interrogation se dresse imm&#233;diatement partout, sur la place publique, dans la rue, au foyer, sous le chaume et dans la mansarde. Nul ne peut rester froid, demeurer indiff&#233;rent. Pour ou contre, tout le monde s'agite. Que veulent ces assassins, dit l'ouvrier qui va &#224; la fabrique comme le paysan qui va &#224; sa charrue. Ils ne veulent plus de rois, plus d'empereurs. Que mettront-ils &#224; sa place ? La R&#233;publique, parbleu ! dit un passant. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On arr&#234;te le passant, mais le coup est donn&#233;, l'&#233;branlement est produit... Partout on discute la R&#233;publique, et quand on discute la R&#233;publique, la R&#233;publique s'&#233;tablit. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt; expliquait que le r&#233;gicide est un moyen de propagande r&#233;publicaine et non pas anarchiste, comme l'&#233;tait la Commune de Paris : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si H&#339;del et Nobiling, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-elle&lt;/span&gt;, avaient &#233;t&#233; des anarchistes conscients, ils eussent attendu quelque temps encore et ils AURAIENT FAIT MIEUX.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il utile d'affaiblir, par de vains commentaires, d'aussi pr&#233;cises d&#233;clarations ? Et ne faut-il pas applaudir des deux mains des th&#233;ories aussi puissamment raisonn&#233;es que lumineusement expos&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Reprenons les choses au d&#233;but. Paul Brousse est n&#233; &#224; Montpellier, en 1844. Ce fut dans cette ville qu'il commen&#231;a ses &#233;tudes de m&#233;decine. Signalons que l'ann&#233;e 1867, lors de l'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra qui s&#233;vit, il se distingua particuli&#232;rement et re&#231;ut la m&#233;daille d'or des H&#244;pitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, il s'occupait de politique, faisait de l'opposition &#224; l'Empire et s'affiliait &#224; l'Internationale. Cela l'emp&#234;chait d'&#234;tre dipl&#244;m&#233; m&#233;decin, et bient&#244;t, apr&#232;s la Commune, il devait s'enfuir. Il passa d'abord en Espagne, d'o&#249; il ne tarda pas &#224; &#234;tre expuls&#233;. Il vint alors en Suisse, &#224; Gen&#232;ve, comme d&#233;l&#233;gu&#233; au Congr&#232;s qui se tint dans cette ville (1873). De Gen&#232;ve, il passa &#224; Lucerne, &#224; Zurich, puis &#224; Berne, o&#249; il fut dipl&#244;m&#233; docteur par l'Universit&#233; et nomm&#233; assistant au Laboratoire de Chimie. Il resta &#224; Berne, pendant quatre ans. En 1877, il y fut condamn&#233; pour avoir pris part &#224; la manifestation du 18 Mars. C'est &#224; cette &#233;poque qu'il entreprit la publication de cette &lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt;, dont nous avons donn&#233; quelques extraits. Il avait comme collaborateurs, au d&#233;but, Reclus et Kropotkine. Condamn&#233; &#224; deux mois de prison et &#224; dix ans de bannissement, il se refugia en Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;De retour en France en 1884 Paul Brousse changea son fusil d'&#233;paule. Il en avait assez de la m&#233;thode r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui qu'on avait vu pr&#234;chant l'action violente, le r&#233;gicide et la bombe, devint un r&#233;formiste et un l&#233;galiste. Il inventa un mot et une chose : le &lt;i&gt;possibilisme&lt;/i&gt;. Autrefois il avait invent&#233; un autre mot : la &lt;i&gt;propagande par le fait&lt;/i&gt;. Il s'&#233;tait d&#233;clar&#233; plus qu'anarchiste : &lt;i&gt;amorphiste&lt;/i&gt;, ce qui signifiait qu'il ne voulait aucune forme, non seulement de gouvernement, mais m&#234;me de groupement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant fait peau neuve, on le vit combattre les guesdistes, ses alli&#233;s d'aujourd'hui qui &#233;taient les r&#233;volutionnaires de l'&#233;poque. Il les combattit si bien qu'il provoqua la scission du parti ouvrier, lors du congr&#232;s de Saint-Etienne. Il faut relire son journal le &lt;i&gt;Prol&#233;taire &lt;/i&gt; pour se rendre compte de l'acuit&#233; que prirent les pol&#233;miques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nomm&#233; conseiller municipal des Epinettes, il devint rapidement pr&#233;sident du Conseil. Et, chose admirable, merveilleux sujet &#224; philosopher, l'anarchiste Paul Brousse se mit &#224; visiter les Anglais, au nom de la Ville de Paris, re&#231;ut l'ann&#233;e suivante, toujours au nom de la Ville de Paris, les d&#233;l&#233;gations anglaises. On &#233;tait loin de Bakounine. Mais le plus amusant, ce fut de voir le r&#233;gicide Paul Brousse, expuls&#233; autrefois d'Espagne, s'aplatir devant le morveux Alphonse XIII qu'une bombe, selon les conseils du r&#233;dacteur de l'&lt;i&gt;Avant-Garde&lt;/i&gt; manqua, quelques jours apr&#232;s, ravir &#224; l'affection de ses sujets.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/m_brousse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/m_brousse-ce49d-1de44.jpg?1774777556' width='150' height='197' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Brousse a continu&#233;. Il vient tout r&#233;cemment de refuser de signer un manifeste contre le voyage de Falli&#232;res en Russie. Il s'est d&#233;clar&#233; partisan de l'alliance franco-russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le voil&#224; maintenant hors du Parti qu'on commence enfin &#224; d&#233;broussailler. Qui pourra s'en plaindre ? Il y a longtemps que par son attitude, Brousse s'est mis en dehors de l'Unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le dit honn&#234;te. Il ne tripote pas. Il ne s'est pas enrichi. Soit. On ajoute qu'il a us&#233; de son droit en changeant d'opinion, n'&#233;tant pas l'homme absurde qui ne change jamais. Soit encore. Mais &#224; cela nous ferons observer que lorsqu'on s'est tromp&#233; aussi grossi&#232;rement ; lorsque, pendant dix ans on a pr&#234;ch&#233; la violence, la bombe, le meurtre ; le jour o&#249; l'on change d'avis, le jour o&#249; l'on s'aper&#231;oit qu'on &#233;tait dans l'erreur, on ne conserve plus qu'un droit : se taire et rentrer dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est trop facile, vraiment, de pousser les gens &#224; la prison, de les inciter au sacrifice et de venir dire apr&#232;s : &#231;a ne compte pas. Au moins doit-on avoir la pudeur de ne pas railler et m&#233;priser ceux qui, aujourd'hui, se risquent &#224; reprendre quelques-unes des th&#233;ories de jadis.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Telle est la morale que nous croyons devoir tirer du cas Brousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant nous ferons observer que, si par un hasard improbable, Brousse est rep&#234;ch&#233; &#224; Toulouse, tout ce que nous venons de dire n'existe plus ; les passages publi&#233;s deviennent apocryphes, les commentaires idiots, les faits relat&#233;s erron&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous prierons le lecteur de nous consid&#233;rer comme un inf&#226;me menteur, se complaisant dans la calomnie et la diffamation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Henri Fabre, le r&#233;alisateur et l'animateur des Hommes du jour et du Journal du peuple</title>
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		<dc:date>2024-08-22T09:58:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Croix</dc:creator>


		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Aristide Delannoy</dc:subject>
		<dc:subject>Henri Fabre</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Henri Fabre vient de s'&#233;teindre &#224; Brive dans sa quatre-vingt quatorzi&#232;me ann&#233;e, et la nouvelle a presque &#233;t&#233; une surprise, tant on avait fini par se persuader qu'il atteindrait au si&#232;cle int&#233;gral. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les minces notices, que nous avons pu lire, ce grand &#226;ge constituait d'ailleurs l'essentiel de l'&#233;v&#233;nement. On mettait aussi &#231;&#224; et l&#224; l'accent sur ses derniers d&#233;m&#234;l&#233;s avec le pouvoir gaulliste, n&#233;s probablement de l'exc&#232;s de z&#232;le de quelque substitut de province trop attentif &#224; la lettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-liberte-no164-du-1er-janvier-1970-" rel="directory"&gt;Libert&#233; n&#176;164 du 1er janvier 1970&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-victor-meric-+" rel="tag"&gt;Victor M&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-131-+" rel="tag"&gt;Aristide Delannoy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-henri-fabre-404-+" rel="tag"&gt;Henri Fabre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1ff-0b53f.jpg?1774694675' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Henri Fabre vient de s'&#233;teindre &#224; Brive dans sa quatre-vingt quatorzi&#232;me ann&#233;e, et la nouvelle a presque &#233;t&#233; une surprise, tant on avait fini par se persuader qu'il atteindrait au si&#232;cle int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les minces notices, que nous avons pu lire, ce grand &#226;ge constituait d'ailleurs l'essentiel de l'&#233;v&#233;nement. On mettait aussi &#231;&#224; et l&#224; l'accent sur ses derniers d&#233;m&#234;l&#233;s avec le pouvoir gaulliste, n&#233;s probablement de l'exc&#232;s de z&#232;le de quelque substitut de province trop attentif &#224; la lettre des textes ! Pour nous, ses m&#233;rites qui ne sont pas sans failles, comme on verra, sont &#224; reprendre de plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/meric.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH166/meric-d0679-7c9f6.jpg?1774723756' width='150' height='166' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (Flax) par A. Delannoy.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'aube du si&#232;cle l'avait vu anarchiste, comme beaucoup. Venu de sa Corr&#232;ze lointaine, il &#233;tait alors sur le pav&#233; de Marseille, et Victor M&#233;ric a &#233;voqu&#233; quelque part les compagnons Eug&#232;ne Merle et Henri Fabre se restaurant en sa compagnie au Bar Fr&#233;d&#233;ric sur le Vieux-Port, de deux sous d'olives vertes et de deux sous d'olives noires tout en devisant de l'&#171; in&#233;vitable &#187; et &#171; prochaine r&#233;volution &#187; ! Eug&#232;ne Merle &#233;tant, comme de bien entendu, le plus enthousiaste de tous, puisqu'il poussait la candeur ou l'esprit d'entreprise jusqu'&#224; vouloir cr&#233;er en Provence un milieu libre, comme on disait alors, et pour lequel il recrutait par voie d'annonces dans les &lt;i&gt; Temps nouveaux &lt;/i&gt; de Jean Grave !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/matha.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH225/matha-b1096-ce902.jpg?1774723756' width='150' height='225' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photographie d'Armand Matha par Alphonse Bertillon, ann&#233;es 1890.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Puis &#231;'avait &#233;t&#233; la mont&#233;e sur Paris, avec comme point d'arriv&#233;e la rue d'Orsel, o&#249; Louis Matha faisait alors le &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;. Il existe une photo de ce temps-l&#224;, o&#249; on voit tous ceux qui poussaient alors leurs premi&#232;res dents dans l'anarchie &#171; porteuse de flambeaux &#187; ! D'Almereyda &#224; M&#233;ric, d'Eug&#232;ne Merle &#224; Monatte, de Louis Grandidier &#224; Fernand Despr&#233;s, ils sont quelques-uns qui compt&#232;rent, peu ou prou, dans la suite des jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fabre, plus m&#251;r que la plupart et habit&#233; de beaucoup de prudence paysanne, il ne s'illustrera pas dans les grands esclandres qui jetteront bient&#244;t les noms des autres en p&#226;ture &#224; la curiosit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/l_action_antimilitariste_15_september_1904_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH216/l_action_antimilitariste_15_september_1904_copie-db894-c22a0.jpg?1774723756' width='150' height='216' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ses vertus demeureront de longues ann&#233;es celles du sage, du chercheur d'affaires, de l'administrateur. Il faudra le fort de la guerre, l'ann&#233;e 16, pour qu'il sorte de la p&#233;nombre administrative et affirme un talent net et clair d'&#233;ditorialiste de premier rang. Alors que M&#233;ric, Merle, Almereyda se jetaient &#224; corps perdu dans la fameuse aventure de l'A.I.A. (&#171; Association Internationale Antimilitariste &#187;) n&#233;e de l'initiative de Domela Nieuwenhuis, Fabre, moins imp&#233;tueux, gardait quelque r&#233;serve, bien qu'il ne demeur&#226;t pas inactif. Sa grande id&#233;e &#233;tait de fonder un nouvel organe r&#233;volutionnaire qui grouperait les jeunes du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; et les turbulents de la S.F.I.O. naissante, qui avaient trouv&#233; dans Gustave Herv&#233;, alors dans la premi&#232;re gloire de son article sur &#171; le drapeau dans le fumier &#187;, un chef possible, en tout cas un point d'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5234 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-20.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/sans_titre-3-20-311b2-18aca.jpg?1774723756' width='150' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Tout l'&#233;tat-major de l'A.I.A. &#233;tait alors &#224; la Sant&#233; ou &#224; la centrale de Clairvaux, selon la longueur des peines encourues, apr&#232;s le proc&#232;s de l'Affiche Rouge (d&#233;cembre 1905), affiche par laquelle les prochains appel&#233;s du &#171; contingent &#187; avaient &#233;t&#233; convi&#233;s all&#233;grement &#224; tirer sur leurs officiers si ceux-ci pr&#233;tendaient les opposer, selon la pratique courante &#224; l'&#233;poque, &#224; des ouvriers en gr&#232;ve. Texte qui constituait aussi le chant du cygne de l'A.I.A., qui ne survivra que p&#233;niblement apr&#232;s cet &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabre s'affairait donc durant ce temps pour trouver le premier capital du journal r&#234;v&#233;, mais l'amnistie lib&#233;rait les d&#233;tenus de Clairvaux avant que l'affaire f&#251;t bien assise et il renon&#231;ait bient&#244;t, s'en remettant &#224; Almereyda du soin pers&#233;v&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est rue Polonceau, dans le mis&#233;rable garni qu'habitait alors le fastueux directeur du &lt;i&gt;Bonnet Rouge&lt;/i&gt;, que naissait la &lt;i&gt;Guerre sociale&lt;/i&gt;, forte seulement, si notre souvenance est bonne, du ch&#233;tif reliquat du viatique amass&#233; par Fabre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/eugene_merle_1927.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/eugene_merle_1927-535ae-d0a2a.jpg?1774723756' width='150' height='204' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Eug&#232;ne Merle&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, Fabre participait peu, sinon pas du tout, contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; dit, au lancement du journal d'Herv&#233;, dont l'administration &#233;ch&#233;ait &#224; Merle. Occup&#233; alors &#224; la r&#233;&#233;dition du &lt;i&gt;Dictionnaire Lach&#226;tre&lt;/i&gt;, Fabre n'en continuait pas moins de nourrir le projet d'une publication personnelle, et c'est avec Victor M&#233;ric et Aristide Delannoy qu'il satisfaisait son d&#233;sir en cr&#233;ant les &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; en 1908.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, avec M&#233;ric, il avait entrepris une collection, les &lt;i&gt;Hommes de la R&#233;volution&lt;/i&gt;, dont trois volumes avaient paru, &#171; Marat &#187;, &#171; Camille Desmoulins &#187; et &#171; Gracchus Babeuf &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne semble pas qu'historiens et collectionneurs aient encore mesur&#233; de quelle importance furent et sont ces &lt;i&gt;Hommes du jour&lt;/i&gt; pour l'histoire de notre temps. Ou nous nous trompons fort, ou ils parviendront t&#244;t ou tard &#224; la juste gloire qu'a prise aujourd'hui l'&lt;i&gt;Assiette au beurre&lt;/i&gt;, elle aussi si m&#233;connue de ses contemporains. Moins riche que cette derni&#232;re par l'ampleur de l'illustration, mais non pour la qualit&#233; de celle-ci, les &lt;i&gt;Hommes du jour&lt;/i&gt; l'emportent, comme il est naturel, vu leur formule, par la densit&#233; de l'information et la valeur des textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La revue d'abord limit&#233;e &#224; quatre pages, M&#233;ric, qui signait Flax, comme dans la &lt;i&gt;Guerre sociale&lt;/i&gt;, s'y &#233;tait prodigu&#233; seul avec Delannoy. L'enfant grandi, Fabre lui-m&#234;me s'enhardissant, y para&#238;tra avec maints autres, dont les noms brilleront apr&#232;s ailleurs et sous divers azimuts : Andr&#233; Morizet, Gabriel Reuillard, les fr&#232;res Bonneff, Georges Pioch, Fernand Kolney, Maxence Roldes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/365px-hommes_amade-57dda-5ebf7.jpg?1774723756' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carricature du G&#233;n&#233;ral d'Amade par Aristide Delannoy pour &lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt; (1908).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;N&#233;s en pleine tourmente clemenciste (le premier num&#233;ro est d'ailleurs consacr&#233; au Tigre, dessin&#233; par Delannoy dans une &#233;loquente t&#234;te de mort), les &lt;i&gt;Hommes du jour&lt;/i&gt; devaient conna&#238;tre assez rapidement la r&#233;pression. D&#232;s le num&#233;ro 12, une biographie du g&#233;n&#233;ral d'Amade, occup&#233; alors &#224; &#171; pacifier &#187; le Maroc et portraitur&#233; ceint d'un tablier de boucher tout d&#233;gouttant de sang, avait valu &#224; Delannoy et &#224; M&#233;ric de compara&#238;tre aux Assises, &#224; la requ&#234;te du ministre de la Guerre, le c&#233;l&#232;bre &#171; h&#233;ros &#187; dreyfusard, le g&#233;n&#233;ral Picquart. Deux ans de prison et 6 000 francs d'amende avaient &#233;t&#233; le prix de l'incartade. Prix d&#233;risoire encore, n'e&#251;t &#233;t&#233; que le pauvre Delannoy, tuberculeux jusqu'&#224; l'os, n'y trouv&#226;t probablement l'occasion d'une mort pr&#233;matur&#233;e, le r&#233;gime de la Sant&#233; devant promptement aggraver son cas.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH194/ioch-92d92-8e7a7.jpg?1774723756' width='150' height='194' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Pioch&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, Fabre avait donn&#233; vie &#224; une autre collection, &lt;i&gt;Portraits d'hier&lt;/i&gt;, qui peut &#233;galement t&#233;moigner de son go&#251;t et de son savoir-faire. L&#224; encore, M&#233;ric avait ouvert le bal avec un &#171; Emile Zola &#187;, qu'avaient suivi un &#171; Bakounine &#187; d'Am&#233;d&#233;e Dunois, un &#171; Balzac &#187; de Manuel Devald&#232;s, un &#171; Alfred de Vigny &#187; d'Han Ryner, un &#171; Max Stirner &#187; de Roudine-Hoschiller, un &#171; Beethoven &#187; de Georges Pioch et de cent autres disparus, aimablement ressuscit&#233;s par des plumes amies autant qu'expertes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout entier &#224; ses initiatives de presse et d'&#233;dition, Fabre avait su se tenir &#233;loign&#233; des orages de l'herv&#233;isme, o&#249; tous ses amis se mouillaient jusqu'&#224; la trame, et il semblait bien qu'il f&#251;t perdu pour une politique proprement militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre, la grande r&#233;v&#233;latrice, allait changer tout cela. Fabre, cet homme si rassis, allait d&#233;lirer au-del&#224; de ce que les plus fr&#233;n&#233;tiques se permettaient ; et l'on sait s'ils se permirent ! Ce fut le num&#233;ro des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; intitul&#233; &#171; Mort aux l&#226;ches &#187;, qui m&#234;me lu aujourd'hui &#224; t&#234;te froide et en faisant la part la plus g&#233;n&#233;reuse aux folies de 1914, n'appara&#238;t pas encore dig&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout le monde, hormis les tr&#232;s rares qui se comptent sur les doigts d'une seule main, Fabre et ses &lt;i&gt;Hommes du jour &lt;/i&gt; avaient vacill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, le naturel revint, mais tout de m&#234;me pas au galop ! Les &lt;i&gt;Hommes du jour&lt;/i&gt; se ressaisirent graduellement, et Pioch devenu le principal officiant, cessa de fondre en pleurs sur le pauvre roi des Belges pour s'inqui&#233;ter de Merrheim et de Zimmerwald, puis Fabre se d&#233;cida &#224; un premier &lt;i&gt;Journal du peuple&lt;/i&gt;, hebdomadaire du mercredi dans lequel commen&#231;a de poindre la l&#233;gende qui lui fait corps, son plus beau titre avec la longue route des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la mutation brusque de leur directeur, plus exactement dans son retour &#224; d'anciennes amours, ceux-ci y gagneront une jeunesse nouvelle et retrouveront quelque chose de la vigueur premi&#232;re que la publication avait montr&#233;e dans les mains robustes de Delannoy et de M&#233;ric. H.P. Gassier, alors au z&#233;nith de son talent, y d&#233;ploiera, notamment contre Clemenceau et Mandel, une verve et une agressivit&#233; sans pareilles. L'antimandelisme de Fabre, lui vaudra m&#234;me d'&#234;tre rappel&#233; sous les drapeaux, du fait de l'illustre J&#233;roboam, qui s'entendait &#224; tous les chantages, pour avoir raison des opposants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, le &lt;i&gt;Journal du peuple&lt;/i&gt;, devenu quotidien, deviendra le refuge de tout ce que Paris comptait de syndicalistes, de socialistes, d'anarchistes, non entam&#233;s par l'universelle folie. Le &lt;i&gt;Journal au peuple&lt;/i&gt; incarnera m&#234;me la seule gauche alors possible, face &#224; une &lt;i&gt;Humanit&#233; &lt;/i&gt; Renaudelis&#233;e, Cachinis&#233;e et jusqu'auboutiste, et &#224; un &lt;i&gt;Populaire du soir&lt;/i&gt;, ch&#232;vre et chou, incompl&#232;tement revenu des mirages de l'Union sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt; Journal du peuple&lt;/i&gt; durera, ch&#233;tif mais gaillard jusqu'&#224; l'av&#232;nement du Parti communiste, date o&#249; les gros bataillons reprendront tout leur poids contre les tirailleurs et les non enr&#233;giment&#233;s. Pourtant, Fabre, pris dans la contagion des Vaillant-Couturier ; des Souvarine, des Frossard, alors ses collaborateurs, s'abusera assez pour se croire propre &#224; faire un bout de chemin avec les sectateurs du Kremlin. Mais la passade sera de courte dur&#233;e et d&#232;s 1921 il se retrouvera &#224; la rue, chass&#233; comme h&#233;r&#233;tique, voire comme d&#233;cadent. Son &lt;i&gt;Journal du peuple &lt;/i&gt; sera mis &#224; l'index, &lt;i&gt;Humanit&#233; &lt;/i&gt; &#233;tant la seule d&#233;positaire d&#251;ment patent&#233;e des saines doctrines ! Le &lt;i&gt;Journal du peuple&lt;/i&gt; se maintiendra, pourtant, un certain temps quotidien, puis ne subsistera plus qu'hebdomadaire, sinon m&#234;me par intermittence !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Hommes du jour &lt;/i&gt; conna&#238;tront aussi un destin heurt&#233;, &#224; partir de cette &#233;poque, mensuel ou hebdomadaire selon la fortune des jours. Toutefois ils marqueront de vigoureuses pointes dignes des plus hautes flamb&#233;es de leur existence. Henri Jeanson, collaborateur de Fabre depuis ses premiers pas dans la presse, y donnera dans les ann&#233;es 1930 un &#171; Little Flic Chiappe &#187;, qui peut &#234;tre tenu comme un des grands morceaux de bravoure dont on s'est enorgueilli dans la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fabre, jusqu'&#224; la fin, continuera son bonhomme de chemin, souvent opportuniste d'apparence mais ne d&#233;pouillant jamais totalement le vieil homme et donnant toujours la plus compl&#232;te hospitalit&#233; aux h&#233;r&#233;tiques de tous les camps, aux bannis de toutes les causes. Ce trait d'individualisme aimable, de bonhomie anarchique &#8212; qui para&#238;t inconcevable dans notre &#233;poque de monnaies effac&#233;es et d'immatricul&#233;s d&#232;s le berceau &#8212; devrait suffire &#224; sa cons&#233;cration, m&#234;me si l'imposant &#233;difice des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; n'&#233;tait pas l&#224; pour y pourvoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Georges Yvetot (1868-1942) - Brochure</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor M&#233;ric - Flax</dc:creator>


		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Aristide Delannoy</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton393-42882.jpg?1774699776' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Libertaire &#187; avant La Premi&#232;re Guerre mondiale (1895-1914)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Faure</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Malato</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Pioch</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-georges-pioch-+" rel="tag"&gt;Georges Pioch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/le_libertaire___fonde_par_____bpt6k29285091_copie-119f2.jpg?1774693295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les syndicats ouvriers, cela n'est pas contestable, sont et seront, &#224; mon avis, les embryons de la soci&#233;t&#233; future. Une telle affirmation, ici faite, semble os&#233;e si on se reporte quelques ann&#233;es en arri&#232;re. Il &#233;tait &#224; la mode, en ce temps, dans les milieux anarchistes, ou de tendance telle, de d&#233;nigrer les groupements syndicaux, les associations &#233;conomiques ouvri&#232;res, sentines &#233;lectorales, p&#233;pini&#232;res &#224; candidats disaient pontificalement quelques-uns qu'&#233;coutait, bouche-b&#233;e, la grande masse des compagnons qui, panurgiquement, suivait les contempteurs des organisations ouvri&#232;res...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anarchistes et syndicalistes &#187;, Louis Grandidier, &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;, 5/12 novembre 1899.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa parution,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure &#8212; qui n'a pas encore &#233;labor&#233; sa th&#233;orie de la synth&#232;se anarchiste &#8212; va &#234;tre un journal de tendance individualiste. Aupr&#232;s de celui de S&#233;bastien Faure, on trouve les noms d'Emile Girault, d'Henri Dhorr, de Paraf-Javal. Il faudra attendre la cr&#233;ation de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; en 1905, o&#249; se retrouveront Libertad, Lorulot, Mauricius, Armand, etc., pour que dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, devenu l'organe du mouvement anarchiste, soient &#224; peu pr&#232;s refl&#233;t&#233;es sur un pied plus ou moins &#233;galitaire toutes les tendances de l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re est violemment antisyndicaliste, et Paraf-Javal &#233;crira dans un num&#233;ro d'avril 1904 ce commentaire &#233;difiant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'est-ce que le syndicalisme ? C'est un groupement dans lequel les abrutis se classent par m&#233;tier pour essayer de rendre moins intol&#233;rables les rapports entre les patrons et les ouvriers. De deux choses l'une : ou bien ils ne r&#233;ussissent pas et alors la besogne syndicale est inutile, ou bien ils r&#233;ussissent et alors le syndicat est nuisible car un groupe d'hommes aura rendu sa situation moins intol&#233;rable et aura, par la suite, fait durer la situation actuelle !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/paraf-javal-944c7-cb7b3.jpg?1774719778' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paraf-Javal&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il est certain, compte-tenu des outrances du temps, que Paraf-Javal posait un probl&#232;me qui a fait et fera encore couler beaucoup d'encre dans les milieux anarchistes, et pas seulement parmi eux. En effet, c'est &#224; partir de jugements de cette nature que L&#233;nine et ses amis ont mis le syndicalisme dans des fers, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne soit plus que l'organisation de masse des Partis communistes. Mais une telle attitude ne ralliera pas tous les militants libertaires, comme le d&#233;montre le texte plac&#233; en exergue de ce chapitre, et l'anarcho-syndicalisme qui va se d&#233;velopper dans le pays trouvera bient&#244;t sa place dans le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fut la grande affaire de ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure fut s&#251;rement l'affaire Dreyfus ! A vrai dire, lorsqu'elle &#233;clata en 1894, elle fut loin de passionner les milieux ouvriers, et Pouget &#233;crivait dans&lt;i&gt; Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; &#224; propos de l'arrestation de Dreyfus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tamponne le coquillard, j'ai beau le reluquer sous toutes ses coutures, je ne retrouve en lui que l'officier. Et, Nom de Dieu, je ne perds pas de vue que s'il &#233;tait arriv&#233; un coup de chambard &#224; l'&#233;poque o&#249; le capitaine Dreyfus se pavanait, chamarr&#233; de galons, il aurait parad&#233; dans le clan des fusilleurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion est r&#233;pandue dans les milieux ouvriers et pas seulement chez les anarchistes qui comptent des centaines de militants dans les bagnes militaires. Dans un premier temps, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; gardera le silence et lorsque, en 1897, la dimension que prit la campagne en faveur de la r&#233;vision obligera le journal &#224; rompre le silence, S&#233;bastien Faure &#233;crira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La personnalit&#233; de Dreyfus m'est indiff&#233;rente. Comme officier, il appartient &#224; cette caste d'individus qui commanderaient le feu contre moi et mes amis si demain la r&#233;volte s'affirmait&lt;/q&gt;. S&#233;bastien Faure a certainement raison, pourtant, petit &#224; petit, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va sortir de sa r&#233;serve, car la condamnation de Dreyfus d&#233;passe ce personnage falot pour devenir un probl&#232;me de droits de l'homme.&lt;i&gt; Le Libertaire &lt;/i&gt; va alors organiser un meeting pour protester contre le huis-clos du proc&#232;s. Aupr&#232;s de S&#233;bastien Faure et de Louise Michel, le militant anarcho-syndicaliste Tortelier dit tout haut ce que beaucoup d'ouvriers pensent tout bas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Je ne veux pas laisser passer sans d&#233;clarer que les anarchistes n'ont qu'&#224; se r&#233;jouir de ce que les dirigeants et les galonn&#233;s se mangent le nez. Tant mieux, tant mieux, Dreyfus et Esterhazy, je m'en fous&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/fauresebastien_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/fauresebastien_police-a7f5f-965a4.jpg?1774703895' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, S&#233;bastien Faure a bien vu le profit que la propagande anarchiste peut tirer des affrontements de la classe dirigeante qui se d&#233;chire ! &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; du 4 septembre 1898 para&#238;t avec ce titre : &#171; Dreyfus est innocent &#187;, et S&#233;bastien Faure &#233;crit dans son journal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je jetterai dans la m&#234;l&#233;e mes ardeurs et mes col&#232;res, mes revendications et mes haines&lt;/q&gt;. Et il va tenir parole ! &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va devenir le journal de la r&#233;vision, m&#234;me si Emile Pouget &#233;crit dans &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'un ton d&#233;sabus&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On boucane bougrement autour de Dreyfus, des chi&#233;s types chialent sur son sort parce qu'il est riche ! Tandis que peu, bien peu, s'apitoient sur les mis&#232;res qu'endurent les innocents &#224; qui on vient de refuser l'amnistie&lt;/q&gt;. Opinion qui est bien pr&#232;s d'&#234;tre partag&#233;e par Guesde et ses amis socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre la victime de ce mouvement irr&#233;sistible qui pousse les travailleurs &#224; arracher le capitaine Dreyfus de l'Ile-du-Diable. En f&#233;vrier 1899, S&#233;bastien Faure abandonne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; hebdomadaire pour lancer un quotidien : &lt;i&gt;Le Journal du Peuple&lt;/i&gt;, qui va r&#233;unir les plus brillantes signatures des intellectuels qui, de pr&#232;s ou de loin, se r&#233;clament de la presse libertaire ! Attitude qui ne sera pas toujours appr&#233;ci&#233;e dans les couches prol&#233;tariennes qui se r&#233;clament de l'anarchie. La disparition du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; sera de courte dur&#233;e, six mois au plus, et en novembre 1899, le journal repara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier num&#233;ro de cette nouvelle s&#233;rie, Louis Grandidier d&#233;fend avec vigueur la participation des anarchistes au mouvement syndical. Cet article marque le tour diff&#233;rent que va prendre &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;. Insensiblement, presque naturellement, il va devenir l'expression des trois grands courants de l'anarchie : l'individualisme, l'anarcho-syndicalisme et le communisme-libertaire. Encore faudra-t-il attendre la fondation d'un nouveau journal :&lt;i&gt; L'Anarchie&lt;/i&gt;, pour que, les individualistes l'ayant rejoint, les attaques contre le syndicalisme s'estompent. Dans les colonnes du&lt;i&gt; Libertaire&lt;/i&gt;, une rubrique nouvelle est ouverte : &#171; Les gr&#232;ves &#187;, qu'Yvetot, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des bourses du travail, r&#233;digera. Depuis ce jour, une page du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; va &#234;tre consacr&#233;e aux luttes ouvri&#232;res et au d&#233;veloppement des organisations syndicales. Celles-ci occupent encore de nos jours une place importante dans les feuilles du journal.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/vernet_madeleine__libertaire_-1e7dd-f8d96.jpg?1774719778' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Madeleine Vernet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Anarchie se veut universelle, dans le sens o&#249; elle propose aux hommes une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente qui englobe toutes les activit&#233;s humaines. Moins tranchant que&lt;i&gt; Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; de Jean Grave,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure ouvre ses colonnes aux activit&#233;s multiples des anarchistes. Paul Robin y d&#233;veloppera ses conceptions n&#233;o-malthusianistes, Madeleine Vernet d&#233;fendra la limitation des naissances. Le journal va participer au d&#233;veloppement des Universit&#233;s populaires tout en pr&#233;conisant une culture anarchiste &#224; travers la culture populaire, et en d&#233;non&#231;ant les dangers de n&#233;gliger la premi&#232;re au profit de la seconde. Et c'est avec amertume que, dans le premier num&#233;ro de janvier 1913, un militant d&#233;nonce cette culture qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;annihile la force de r&#233;volte des travailleurs qui viennent assister aux cours&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de l'enseignement sont une des pr&#233;occupations constantes du mouvement anarchiste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre le support naturel de l'exp&#233;rience tent&#233;e &#224; travers la Ruche par S&#233;bastien Faure, qu'il d&#233;finira comme &#171; l'&#233;cole de demain &#187; face &#224; l'&#233;cole chr&#233;tienne et &#224; l'&#233;cole la&#239;que, rejoignant ainsi l'exp&#233;rience similaire de Francisco Ferrer &#224; Barcelone. L'int&#233;r&#234;t des anarchistes pour le mouvement coop&#233;ratif est constant : r&#233;miniscence de l'enseignement de Proudhon ou d&#233;sire d'&#233;chapper &#224; l'exploitation du capital ? Les deux, probablement. C'est un anarchiste, Daud&#233;-Bancel, qui va &#234;tre le th&#233;oricien de ce mouvement coop&#233;ratif qui, dans le nord de la France comme en Belgique, va prendre un d&#233;veloppement consid&#233;rable. Avec prudence, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va appuyer ce mouvement pendant quelques ann&#233;es et refl&#233;ter l'illusion de la coop&#233;rative de production qui se voulait un oasis au sein d'une &#233;conomie capitaliste, erreur qui la conduira &#224; l'impasse et qui est encore celle qui guette l'autogestion plac&#233;e de nos jours devant le dilemme par des hommes qui n'ont pas encore compris que le socialisme ne peut &#234;tre que le fruit d'une r&#233;volution sociale ayant aboli les classes !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH237/arton3270-aca44-7f43c.jpg?1774719778' width='150' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Violemment hostile &#224; l'&#201;tat, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera farouchement antimilitariste. Il donnera une large place au Congr&#232;s contre la Guerre qui se tiendra &#224; Saint-Etienne en 1905 et que deux de ses r&#233;dacteurs : Georges Yvetot et Miguel Almereyda, animeront. Dans ses colonnes, une discussion anim&#233;e va s'engager entre ceux qui, comme Kropotkine et le docteur Pierrot, sont partisans, sous certaines conditions, de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, ceux qui, comme Libertad et Paraf-Javal, sont pour l'insoumission totale, et les anarcho-syndicalistes, comme Yvetot et Pouget, qui pr&#233;conisent la lutte au sein de l'arm&#233;e et la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile &#8211; ce qui deviendra la position adopt&#233;e par le syndicalisme-r&#233;volutionnaire, avant d'&#234;tre celle de L&#233;nine, Trotsky et consorts. L'&#233;t&#233; 1914, devant la mobilisation g&#233;n&#233;rale, l'histoire tranchera et nous retrouverons quelques-uns de ces plus farouches r&#233;volutionnaires sur la ligne bleue des Vosges, c&#233;dant, il faut bien le constater, &#224; un mouvement d'opinion irr&#233;sistible. C'est au cours de ces campagnes contre l'arm&#233;e que nous verrons appara&#238;tre pour la premi&#232;re fois dans les colonnes du journal le nom de Louis Lecoin, qui commence une longue marche qui le conduira, de prison en prison, &#224; la gr&#232;ve de la faim et au statut de l'objection de conscience. Jusqu'&#224; la d&#233;claration de la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; demeurera irr&#233;ductiblement antimilitariste, et seul Almereyda rejoindra la position de Pierre Kropotkine. Le mouvement anarchiste paiera durement pendant la guerre sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses id&#233;es et il fournira le gros de ceux qui seront fusill&#233;s pour l'exemple ou qui iront pourrir dans les bagnes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, les illusions se sont envol&#233;es. Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le doute sur l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste libertaire, &#224; la suite d'une r&#233;volution violente, gagne les esprits. Ce fl&#233;chissement &#224; peine perceptible de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire va conduire un certain nombre de militants anarchistes vers les &#171; milieux libre &#187; et vers l'&#171; ill&#233;galisme &#187; qui, parfois, se confondent. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; suivra ce mouvement d'opinions avec beaucoup de prudence. Un de ses r&#233;dacteurs aura un jugement s&#233;v&#232;re sur les &#171; milieux libres &#187; &#224; la suite de la disparition de la colonie libertaire &lt;i&gt;l'Essai&lt;/i&gt;. Il &#233;crira, dans le num&#233;ro d'avril 1909 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es d'efforts, de ridicules privations, d'imb&#233;ciles froissements, cette tentative vient de s'effondrer lamentablement... Peut-&#234;tre e&#251;t-il mieux valu qu'elle ne f&#251;t jamais&lt;/q&gt;. Paroles pleines de bon sens, qui n'emp&#234;cheront pas, de nos jours, toute une jeunesse issue des journ&#233;es de juin 1968 de se livrer &#224; nouveau, malgr&#233; nos mises en garde, &#224; de telles &#226;neries !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pioch-georges-1929-agence-rol-7e935-e8ff4-4ac9d.png?1774719778' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Pioch&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'&#171; ill&#233;galisme &#187;, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera plus nuanc&#233;. Le commentaire qui para&#238;tra dans les colonnes du journal s'appliquera plus &#224; commenter qu'&#224; justifier, m&#234;me si Lephay avait, dans le num&#233;ro de mai 1896, pr&#233;sent&#233; Emile Henry comme un &#171; pr&#233;curseur &#187;. Parlant de Jacob, ap&#244;tre de la reprise individuelle qui conduira quelques-uns des n&#244;tres en prison, Georges Pioch &#233;crit qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il est un beau sp&#233;cimen de virilit&#233;, de raison libre, et, relativement au meilleur monde que nous &#233;laborons, une le&#231;on d'ap&#244;tre cat&#233;gorique op&#233;rant dans l'imm&#233;diate r&#233;alit&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odyss&#233;e des &#171; bandits tragiques &#187; va &#233;galement placer les r&#233;dacteurs du journal dans une position difficile. Il faut dire que c'est dans les colonnes de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; qu'ils trouveront leurs plus chauds d&#233;fenseurs, sous la plume de Lorulot, Armand, Mauricius. Jean Grave, dans &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, prend violemment &#224; partie Bonnot et ses amis : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De tels actes n'ont rien d'anarchistes, ce sont des actes purement et simplement bourgeois...&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; se montrera moins cat&#233;gorique, tout en refusant d'approuver, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de tels actes ne constituent pas un facteur d'affranchissement social...&lt;/q&gt;, d&#233;clare Pierre Martin dont le titre de l'article : &#171; H&#233;ro&#239;sme ill&#233;gal et banditisme l&#233;gal &#187; souligne bien l'ambigu&#239;t&#233; du journal devant ce probl&#232;me br&#251;lant, ce qui ne l'emp&#234;che pas de reconna&#238;tre du courage &#224; Bonnot et &#224; ses compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces vingt ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne sera jamais le journal d'une organisation. Fond&#233; par S&#233;bastien Faure &#8211; qui le fera vivre avec les b&#233;n&#233;fices que le grand orateur retire de ses tourn&#233;es de conf&#233;rences &#8211; il deviendra insensiblement le journal d'une &#233;quipe qui a vocation de pr&#233;senter tous les groupes anarchistes qui se font et se d&#233;font &#224; une cadence vertigineuse. M&#234;me lorsque, vers 1912, il aura puissamment &#339;uvr&#233; pour que se constitue une premi&#232;re organisation anarchiste avec un semblant de structure (la F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire communiste), il faut voir quel luxe de pr&#233;cautions prennent Pierre Martin et A. Dauthuille pour parler des militants de cette organisation, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nos amis de la F.R.C.&lt;/q&gt;, de mani&#232;re &#224; ne pas donner &#224; penser que le journal puisse &#234;tre devenu celui d'une organisation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/gravejean_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/gravejean_police-2d972-04b29.jpg?1774719778' width='150' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Grave&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la tol&#233;rance de ce &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re pour tous les courants de la pens&#233;e anarchiste ne l'emp&#234;chera pas de se laisser entra&#238;ner &#224; des pol&#233;miques vigoureuses avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt; de Jean Grave et surtout avec &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt; d'Herv&#233; ! Au cours des ann&#233;es, le syndicalisme a pris de plus en plus de place dans les colonnes du journal et le tout s'en ressent. On peut ainsi lire sous la plume de Pamphile, qui n'est autre que Vergeat &#8211; un brillant syndicaliste du b&#226;timent qui dispara&#238;tra tragiquement avec Lefebvre et Lepetit en revenant d'une d&#233;l&#233;gation en Russie en 1921 &#8211;, ce texte contre les individualistes. Il donne bien le ton du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] la gangr&#232;ne d'un individualisme imb&#233;cile, &#233;troit, plus vil que le conservatisme bourgeois parce que plus hypocrite et qui tuerait l'id&#233;e anarchiste si l'id&#233;e pouvait mourir, les autres organes de Paris &#233;tant tomb&#233;s, les uns dans le militarisme le plus dangereux, sans parler de son &#233;tatisme, les autres dans la crapule antis&#233;mite&lt;/q&gt;. Bien s&#251;r, le militant r&#233;volutionnaire n'est pas tendre avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt;, mais il s'agit d'un article que j'aurai volontiers sign&#233; des deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#8211; qui ne sacrifiera pas &#224; ce &#171; vice impuni &#187; qu'est la litt&#233;rature et qui est le p&#233;ch&#233; mignon des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, le journal de Jean Grave &#8211; la signature de tous les militants de renom de l'anarchisme et de l'anarcho-syndicalisme du d&#233;but de ce si&#232;cle tourment&#233;. Cependant, il reste un journal de militants. Sa derni&#232;re page est remplie de communiqu&#233;s de groupes, d'annonces publicitaires destin&#233;es &#224; faire vendre la litt&#233;rature anarchiste. On y retrouve &#233;galement l'in&#233;vitable appel aux souscriptions, qui permettent au journal de vivre, ce qui fera dire plaisamment &#224; l'abb&#233; Violette, au cours d'un d&#233;bat public avec Andr&#233; Lorulot qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il existe un point commun entre l'Eglise et les organisations anarchistes, c'est que toutes deux vivent de la qu&#234;te&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal refl&#232;te l'aspect de la presse de cette &#233;poque. Il est sobre, gris, compact. La technique de la presse n'a pas encore sacrifi&#233; aux titres flamboyants. Il est difficile de conna&#238;tre son tirage exact. Entre cinq cents et mille abonn&#233;s probablement. Souscrivent, par les membres des groupes constitu&#233;s, l'in&#233;vitable cohorte des professionnels de la lecture et les intellectuels int&#233;ress&#233;s par les id&#233;es libertaires. Le tirage dut rarement d&#233;passer les cinq mille exemplaires vendus &#224; la cri&#233;e dans la rue ou au cours des innombrables r&#233;unions et manifestations organis&#233;es par les groupes. On peut penser que, comme de nos jours,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; est lu par de nombreux responsables syndicaux, en professionnels des probl&#232;mes sociaux. Certains, d'ailleurs, y collaborent occasionnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est naturellement la premi&#232;re page qui donne le ton au num&#233;ro du journal lorsque l'&#233;v&#233;nement l'impose. La premi&#232;re page de &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt;, barr&#233;e par le &#171; J'accuse &#187; de Zola, d&#233;finit bien ce que fut l'esth&#233;tique de la presse de l'&#233;poque devant la nouvelle &#224; sensation. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne d&#233;rogera pas &#224; cet aspect dans ses premi&#232;res pages destin&#233;es &#224; frapper l'imagination, encore que ce f&#251;t la qualit&#233; de ses signatures plus que la recherche de la pr&#233;sentation qui signale l'importance du papier au lecteur. En bref, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, compte-tenu de ses moyens, est un journal &#171; classique &#187; pour son &#233;poque. Comment pouvait-il en &#234;tre autrement, les travailleurs des imprimeries de cette &#233;poque ayant d&#233;j&#224; une forte coloration libertaire !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/victor_meric-1921-portrait_meurisse-bdd60-3a9ed.jpg?1774719778' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Aux collaborateurs d&#233;j&#224; signal&#233;s, en dehors de S&#233;bastien Faure dont on remarque en passant qu'il se contentera d'un titre sur quatre colonnes pour annoncer le &#171; virage &#187; &#224; propos de Dreyfus, on trouve Fortun&#233; Henry, adepte des &#171; milieux libres &#187;, Bordes sur l'ill&#233;galisme, Malato sur la r&#233;volution, Labrousse sur l'organisation, Gu&#233;rard, que je conna&#238;trai lorsque j'adh&#233;rerai &#224; l'Union anarchiste, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Pierre Martin, qui sera l'&#226;me du journal, Dauthuille, Janvion, ainsi que tous les syndicalistes de renom depuis Pouget, Vergeat, Lepetit, et quelques hommes de lettres, collaborateurs occasionnels : Augustin Hamon, Victor M&#233;ric, Georges Pioch, Laurent Tailhade, Han Ryner. Mais plus que les noms qu'on y trouve, ce sont ceux qui sont absents qui soulignent le v&#233;ritable caract&#232;re du journal anarchiste qui se veut pluraliste, ce qui parfois d&#233;pla&#238;t dans nos milieux. Il faut souligner cependant que dans les ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, la tendance anarcho-syndicaliste gagne du terrain dans ses colonnes !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de guerre va sonner le glas du journal de S&#233;bastien Faure. La jeune organisation anarchiste dispara&#238;t, noy&#233;e dans la tourmente ; quelques anarchistes comme Martin, Lecoin et Ruff sauveront l'honneur, et d'autres, dont il est inutile de rappeler les noms, plongeront dans un n&#233;o-malthusianisme d&#233;lirant. La plupart, le dos courb&#233;, suivront le cort&#232;ge. Ceux qui refuseront de marcher dans les clous finiront au bagne ou devant les pelotons d'ex&#233;cution. Une page est tourn&#233;e. Le journal est oblig&#233; de se taire. Pour un temps, sans plus ! D&#232;s 1919, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, l'increvable &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, va repara&#238;tre avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;dacteurs et de lecteurs endurcis dans les tranch&#233;es et les prisons, et ils vont inscrire un nouveau chapitre au journal des anarchistes : &lt;i&gt;Le Libertaire IV&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'histoire du Libertaire de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'histoire du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la collection du journal de la Biblioth&#232;que nationale, le premier tome de l'ouvrage de Jean Maitron : &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France, des origines &#224; 1914&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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