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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>En marge des Lois La&#239;ques [3]</title>
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		<dc:creator>Roger Hagnauer</dc:creator>


		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/dd-2-d0700.jpg?1774933213' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Socialisme des imb&#233;ciles &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme fut sans doute la motivation ori&#173;ginelle de l'Affaire Dreyfus. Mais celle-ci ne put se prolonger et s'&#233;tendre que parce qu'elle engagea des forces sociales et politiques o&#249; le capitaine juif n'avait gu&#232;re de place. Et le terme de motivation, du point de vue de la psychologie contemporaine, signifie justement un mouvement de tension et de dissociation assez confus en ses causes, car il im&#173;plique des motifs conscients et des mobiles incons&#173;cients, qu'il d&#233;pend plus de l'affectivit&#233; que de l'intelligence. L'antis&#233;mitisme mobilise une cohue au sein de laquelle s'estompent les oppositions de classes et les divergences doctrinales ou id&#233;ologi&#173;ques. Il ne se situa pas toujours &#224; droite. &lt;i&gt;Voltaire&lt;/i&gt;, au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et &lt;i&gt;Michelet&lt;/i&gt;, au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, us&#232;rent du terme &#171; juif &#187; dans une intention p&#233;jorative. Le Jean Christophe de Romain Rolland fulminait, en son style fougueux, contre les artistes et les esth&#232;tes juifs. Des socialistes... antis&#233;mites r&#233;&#233;dit&#232;rent, en 1898, une brochure sur la &#171; question juive &#187;, &#233;crite en 1847, par Karl Marx qui comptait cependant des rabbins dans son ascendance (il est vrai que son p&#232;re &#233;tait converti au protestantisme). F. Engels qualifiait sans doute l'antis&#233;mitisme de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;socialisme des imb&#233;ciles&lt;/q&gt;. Mais c'est admettre implicitement que l'on peut &#234;tre socialiste, antis&#233;mite et... im&#173;b&#233;cile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;cida &#8211; Karl Marx peut-&#234;tre ? &#8211; que les juifs &#233;taient &#224; l'origine du capitalisme. La puissance insolite des Rothschild qui, sur le plan financier, gouvernaient les places : Francfort, Londres, Paris, Milan et Vienne, a entretenu cette l&#233;gende. En r&#233;alit&#233;, aussi bien au Moyen Age et au d&#233;but des Temps Modernes, qu'au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'absence des juifs &#8211; ainsi que l'ont d&#233;montr&#233; les historiens Henri Pirenne et Henri See &#8211; n'aurait nullement emp&#234;ch&#233;, ou ralenti, la formation et le d&#233;veloppement des fortunes commerciales, des capitaux industriels et des tr&#233;sors de la finance internationale. L'importance prise par la famille Rothschild tient essentiellement &#224; leur intervention dans la politique des &#201;tats. Ils ont favoris&#233; la victoire de l'Angleterre sur Napol&#233;on, le placement des emprunts fran&#231;ais, le payement de l'indemnit&#233; de guerre impos&#233;e &#224; la France par l'Allemagne en 1871, le financement de grands tra&#173;vaux publics dans les pays europ&#233;ens &#8211; jouant un r&#244;le analogue &#224; celui des Fugger qui assur&#232;rent l'&#233;lection de Charles Quint, empereur d'Allemagne, au XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. D'autre part, des juifs exclus de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et f&#233;odale s'adapt&#232;rent plus vite que les autres au maniement de la propri&#233;t&#233; mobili&#232;re, au fonctionnement du syst&#232;me capita&#173;liste. Des usuriers juifs provoqu&#232;rent quelque scan&#173;dale en Alsace, pendant les guerres de la R&#233;volution et de l'Empire. Il fallut en 1808 annuler par d&#233;cret leurs cr&#233;ances sur les paysans alsaciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la R&#233;volution industrielle en Angleterre et en France n&#233;cessita l'investissement de capitaux consid&#233;rables qui provenaient 1&#176;) des b&#233;n&#233;fices commerciaux r&#233;alis&#233;s au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle surtout en Grande-Bretagne ; 2&#176;) des capitaux immobilis&#233;s dans l'achat d'offices royaux lib&#233;r&#233;s en France par la suppression de la v&#233;nalit&#233; des charges ; 3&#176;) aussi des profits exorbitants de l'exploitation des pays conquis et vassaux, des dotations des g&#233;n&#233;raux, mar&#233;chaux et grands fonctionnaires, des b&#233;n&#233;fices des fournis&#173;seurs militaires, accumul&#233;s sous l'Empire. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans cette gen&#232;se du capita&#173;lisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antis&#233;mites r&#233;actionnaires, parce que Karl Marx &#233;tait juif, attribu&#232;rent aux juifs la cr&#233;ation de l'Internationale &#8211; ce qui est doublement absurde. La formation intellectuelle de Karl Marx s'est accom&#173;plie dans les universit&#233;s allemandes, et sa doctrine m&#251;rit au contact du capitalisme, du chartisme et du travaillisme britanniques. Bertrand Russell attri&#173;bue ses&lt;i&gt; &#171; mauvais c&#244;t&#233;s &#187; &#224; ses origines juives : son autoritarisme, son intol&#233;rance, la malignit&#233; de ses pol&#233;miques. &lt;/i&gt; Au reste, Bertrand Russell en incrimine surtout l'atmosph&#232;re des universit&#233;s allemandes, et les humiliations subies par le jeune &#233;tudiant juif. Quant &#224; la Premi&#232;re Internationale, elle naquit d'une initiative des ouvriers parisiens et londoniens. Rien de sp&#233;cifiquement juif dans la gen&#232;se de l'Internationale ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que nous avons d&#233;cel&#233; une sorte d'anti&#173;s&#233;mitisme visc&#233;ral et presque inconscient chez des militants libertaires et syndicalistes r&#233;volutionnaires. C'est qu'ils pouvaient s'irriter de la &#171; savantasserie &#187; outrecuidante et pr&#233;tentieuse de docteurs en marxis&#173;me &#8211; juifs en majorit&#233; &#8211; qui venaient des univer&#173;sit&#233;s allemandes ou de Pologne ou de Russie o&#249; ils avaient grandi dans une atmosph&#232;re de jalousie et de m&#233;pris... m&#233;pris artificiel de fils d'une aristocratie d&#233;cadente et d'une bourgeoisie corrompue par la richesse, qui ne pardonnaient pas &#224; leurs contem&#173;porains juifs des aptitudes intellectuelles, dues &lt;i&gt;non &#224; des caract&#232;res ethniques mais &#224; une vie errante et p&#233;rilleuse&lt;/i&gt;. Ces militants ouvriers r&#233;agissaient comme le Jean Christophe de Romain Rolland.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_6264 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH748/sans_titre-4dd-94661.jpg?1774933213' width='500' height='748' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Felix Vallotton - &lt;i&gt;Le cri de Paris&lt;/i&gt;, 23 janvier 1898&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ils furent &#233;videmment et tout naturellement drey&#173;fusistes pour la plupart, non par sympathie pour un officier juif, mais parce que leur bon sens les garan&#173;tissait contre la d&#233;magogie antis&#233;mite, comme elle les avait garantis contre la d&#233;magogie boulangiste. Pierre Monatte, qui fut parmi nous le plus s&#251;r d&#233;fen&#173;seur de l'h&#233;ritage de Fernand Pelloutier, le plus fid&#232;le gardien de l'esprit syndicaliste r&#233;volutionnaire, me confiait, que r&#233;p&#233;titeur dans un coll&#232;ge d'Arras, il y provoqua un petit scandale public en se pro&#173;menant dans les couloirs avec le num&#233;ro de &lt;i&gt;l'Aurore&lt;/i&gt;, portant sur toute la premi&#232;re page, le &#171; J'accuse &#187; d'Emile Zola, manifestation tonitruante du parti dreyfusiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien et r&#233;actions cl&#233;ricales &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'antis&#233;mitisme avait-il atteint le corps enseignant primaire ? C'est peu probable. Il semble au contraire qu'il ait quelque peu alt&#233;r&#233; la foi patriotique, jaco&#173;bine et revancharde des humbles ex&#233;cutants des lois la&#239;ques. Les jeunes instituteurs, &#224; qui on venait d'imposer l'obligation militaire, &#224; leur sortie de l'Ecole Normale, ayant souffert de la grossi&#232;re stupi&#173;dit&#233; des sous-officiers, devaient ressentir comme un outrage &#224; leurs convictions r&#233;publicaines, l'esprit de clan d'officiers sup&#233;rieurs et g&#233;n&#233;raux capables de justifier, par des mensonges et des falsifications, la condamnation et la d&#233;gradation d'un officier ind&#233;&#173;sirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ignoraient sans doute les sentiments inavoua&#173;bles motiv&#233;s par de sordides rivalit&#233;s, car jusqu'en 1939, le nombre d'instituteurs d'origine juive fut presque n&#233;gligeable, alors qu'en 1894, on comptait d&#233;j&#224; de nombreux professeurs du secondaire et du sup&#233;rieur, pas mal d'avocats et de m&#233;decins appar&#173;tenant &#224; la race d&#233;test&#233;e. L'universit&#233;, d'ailleurs, dans sa grande majorit&#233; s'engagea dans le rassem&#173;blement dreyfusiste. Les outrances de l'antis&#233;mitis&#173;me, comme les monstrueuses op&#233;rations de l'hitl&#233;&#173;risme, en Allemagne de 1933 &#224; 1939, en France de 1940 &#224; 1944, furent jug&#233;es &#171; impensables &#187; par pres&#173;que tous les universitaires, &#224; l'exception de quelques intellectuels... en uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Paternalisme chr&#233;tien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Affaire Dreyfus pouvait se produire dans une p&#233;riode de. stabilit&#233;. En tous temps, une erreur judi&#173;ciaire est possible. Mais souvent, elle ne touche que l'entourage imm&#233;diat de la victime. Elle peut m&#234;me s'accomplir et se perp&#233;tuer dans le silence de l'indif&#173;f&#233;rence ou de la contrainte. Elle prend place, dans les r&#233;gimes autoritaires ou totalitaires, dans la bana&#173;lit&#233; quotidienne de l'arbitraire syst&#233;matique. Lors&#173;que r&#232;gne une libert&#233; relative, il suffit que la victime ou le pr&#233;sum&#233; coupable soit socialement ou politi&#173;quement repr&#233;sentatif pour qu'une campagne natio&#173;nale s'engage pour ou contre le h&#233;ros de l'aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Affaire Dreyfus &#233;tonne par l'intensit&#233; et la dur&#233;e des d&#233;marches et des agitations. Il para&#238;t normal que l'on ait oppos&#233; le Droit &#224; l'arbitraire, l'impartialit&#233; &#233;quitable au parti pris injuste, la v&#233;rit&#233; aux &#171; mensonges triomphants qui passent &#187;. Mais c'est l&#224; une attitude intellectuelle qui ne touche gu&#232;re le grand public. Il fallait donc que les juges de Dreyfus agissent comme l'apprenti sorcier dont un geste banal lib&#232;re des forces explosives compri&#173;m&#233;es sur un espace minuscule. Ce ne fut pas une v&#233;ritable R&#233;volution, car il aurait fallu une volont&#233; consciente de changement. Mais ce fut une crise, une rupture d'&#233;quilibre, la d&#233;monstration &#233;clatante de l'&#233;ternel conflit entre l'ordre et le mouvement. Ce ne fut pas une R&#233;volution, mais une contre-r&#233;volu&#173;tion, au moins &#224; l'origine. Ce furent les r&#233;actionnai&#173;res &#8211; au sens plein du terme &#8211; qui prirent l'initia&#173;tive des op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est symptomatique que l'Affaire ait &#233;clat&#233; en 1894, alors que le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1893, le minist&#232;re Casimir P&#233;rier constitu&#233; sous le signe de &#171; l'esprit nouveau &#187;..., &lt;i&gt;entendait mettre fin &#224; la grande offen&#173;sive la&#239;que et profiter du &#171; Ralliement &#187; &#224; la R&#233;pu&#173;blique conservatrice, ordonn&#233;e par le Pape L&#233;on XIII dans son encyclique du 16 f&#233;vrier 1892. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, l'encyclique &#171; Rerunz novarum &#187; du 15 mai 1891 avait condamn&#233; en termes &#233;nergiques les abus du capitalisme triomphant. Que les grands industriels catholiques aient ignor&#233; ou m&#233;pris&#233; cet appel &#224; leur conscience chr&#233;tienne, que les &#233;v&#234;ques n'aient gu&#232;re favoris&#233; la diffusion des th&#232;mes pon&#173;tificaux, cela t&#233;moignait de leur &#171; immobilisme &#187;... de leur volont&#233; de r&#233;sister aux revendications ouvri&#232;res, que la sollicitude de L&#233;on XIII pouvait encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, la d&#233;nonciation des mis&#232;res ouvri&#232;res au nom de la charit&#233; chr&#233;tienne, le ralliement &#224; la R&#233;publique (voulue par la majorit&#233; du peuple fran&#173;&#231;ais), le groupement des travailleurs sous le patro&#173;nage de l'Eglise, c'&#233;tait l'application d'une politique pr&#233;voyante qui n'avait pas d'autre but que de pr&#233;&#173;venir &lt;i&gt;les effets de l'organisation syndicale sur le terrain de classe et du d&#233;veloppement de l'enseigne&#173;ment populaire engag&#233; par les lois la&#239;ques de Jules Ferry. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicalisme chr&#233;tien a conquis aujourd'hui droit de cit&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Tra&#173;vailleurs (C.F.D.T.) se s&#233;parant de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise des Travailleurs chr&#233;tiens (C.F.T.C.) recon&#173;na&#238;t la n&#233;cessit&#233; de la lutte des classes et son action d&#233;passe souvent par sa vigueur et sa clart&#233; celle de la C.G.T.-F.O., m&#234;me celle de la C.G.T. colonis&#233;e par les communistes. Le syndicat g&#233;n&#233;ral de l'Education nationale qui fut &#224; la pointe de 1a C.F.D.T. a d&#233;fendu l'Ecole la&#239;que, la d&#233;mocratisation de l'enseignement avec une remarquable constance &#8211; et n'a plus rien de commun avec les d&#233;fenseurs d'un corporatisme sordide que nous combattions &#226;prement avant la derni&#232;re guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d&#233;j&#224; dans les derni&#232;res ann&#233;es du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle des travaill&#233;urs chr&#233;tiens retrouvaient leurs cama&#173;rades syndicalistes dans la revendication et la gr&#232;ve. Le groupement &#224; cette &#233;poque, sous le signe du paternalisme chr&#233;tien, ne fut gu&#232;re appr&#233;ci&#233; par la classe ouvri&#232;re, assez indiff&#233;rente &#224; l'&#233;gard .de l'Egli&#173;se, m&#234;me ceux de ses membres qui se soumettaient aux pratiques du culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les intentions des promoteurs, dont l'esprit de charit&#233; valait par sa sinc&#233;rit&#233;, ne s'opposaient pas aux vieilles traditions de l'Eglise. Albert de Mun, le pr&#233;dicateur le plus &#233;loquent de l'appel au peuple, au nom du Saint-P&#232;re, s'&#233;levait contre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le socialisme, n&#233;gation de l'autorit&#233; de Dieu, autant que contre le lib&#233;ralisme capitaliste&lt;/q&gt;. Il souhaitait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le retour aux corporations de l'Ancien R&#233;gime, unissant les ma&#238;tres et les compagnons&lt;/q&gt;. Pr&#233;sident de la conf&#233;rence de Saint-Vincent-de-Paul, il fl&#233;tris&#173;sait les doctrines qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;flattent les ouvriers dans leurs passions et leur orgueil, consommaient la ruine de la Patrie et du Monde. Il fallait sauver le peuple et h&#226;ter le r&#232;gne de Dieu dans l'atelier r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage assez objectif, &#233;crit en 1932 par E. Barbier : &lt;i&gt;Histoire du capitalisme lib&#233;ral et du capitalisme social&lt;/i&gt;, on lit une appr&#233;ciation s&#233;v&#232;re et exacte sur le recrutement des premiers syndicats chr&#233;tiens o&#249; l'on rencontrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des attard&#233;s de l'industrie, des cancres de l'usine, braves gens au demeurant et d'une pi&#233;t&#233; ext&#233;rieure suffisante... ou des employ&#233;s des librairies cl&#233;ricales, des bedeaux en rupture de hallebarde, des sacristains retrait&#233;s, des concierges des communaut&#233;s, des gar&#231;ons de bureaux des annexes...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Casimir P&#233;rier qui, en 1894, apr&#232;s l'assassinat de Sadi Carnot, fut &#233;lu Pr&#233;sident de la R&#233;publique, incarnait&lt;i&gt; l'esprit nouveau&lt;/i&gt;, s'affirmant sans doute par r&#233;action contre les attentats anarchistes. Rappelons qu'il d&#251;t d&#233;missionner au bout de six mois, compro&#173;mis par ses liens avec le grand capitalisme industriel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Charles Benoit</title>
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		<dc:creator>Maurice Chambelland</dc:creator>


		<dc:subject>Charles Benoit</dc:subject>
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		<dc:subject>La R&#233;volution prol&#233;tarienne </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Suivant &#224; quelques semaines son ami le docteur Pierrot, Charles Benoit est mort &#224; Paris le dimanche 19 mars 1950. Il s'est &#233;teint paisiblement apr&#232;s huit jours d'une r&#233;sistance &#233;tonnante. Il avait soixante-douze ans. On disait : Charles Benoit, des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait appartenu &#224; l'&#233;quipe de l'&#171; organe communiste anarchiste &#187; qui, sous la direction de Jean Grave et sous l'&#233;gide de Kropotkine, fut publi&#233; avant 1914 pendant quelque vingt ann&#233;es. Il s'y occupait surtout des t&#226;ches administratives, b&#233;n&#233;volement, &#224; la mani&#232;re d'autrefois. Il y consacrait ses dimanches, accomplissant les besognes les plus ingrates avec le s&#233;rieux qu'il apportait &#224; toutes choses.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/larevolutionproletarienne-n037-31-fb492.jpg?1774700157' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suivant &#224; quelques semaines son ami le docteur Pierrot, Charles Benoit est mort &#224; Paris le dimanche 19 mars 1950. Il s'est &#233;teint paisiblement apr&#232;s huit jours d'une r&#233;sistance &#233;tonnante. Il avait soixante-douze ans.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;On disait : Charles Benoit, des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait appartenu &#224; l'&#233;quipe de l'&#171; organe communiste anarchiste &#187; qui, sous la direction de Jean Grave et sous l'&#233;gide de Kropotkine, fut publi&#233; avant 1914 pendant quelque vingt ann&#233;es. Il s'y occupait surtout des t&#226;ches administratives, b&#233;n&#233;volement, &#224; la mani&#232;re d'autrefois. Il y consacrait ses dimanches, accomplissant les besognes les plus ingrates avec le s&#233;rieux qu'il apportait &#224; toutes choses.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/les_temps_nouveaux_40.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/les_temps_nouveaux_40-31e81-2f168.jpg?1774723976' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans notre mouvement social, &lt;i&gt;Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avaient trac&#233; un sillon d'une fertilit&#233; surprenante. Combien de militants se form&#232;rent &#224; la lecture de ces pages aust&#232;res o&#249; la fantaisie n'avait point de place ! Encore aujourd'hui, il arrive parfois que l'on d&#233;niche, dans quelque biblioth&#232;que poussi&#233;reuse de syndicat ou de Bourse du travail, ou sur la planchette &#224; livres d'un militant, &#8212; non des exemplaires des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; ou du &#171; Suppl&#233;ment litt&#233;raire &#187; malheureusement devenus rarissimes &#8212; mais quelques-unes de ces brochures a couverture illustr&#233;e et sign&#233;es Kropotkine, Domela Nieuwenhuis, Reclus, Grave, Malatesta, Chaughi, Girard, Nettlau, Pierrot, Mesnil, Delzant, &#8212; ces brochures qui, depuis des ann&#233;es, formaient le compl&#233;ment pr&#233;cieux du journal hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diffusion des brochures des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; constitua la pr&#233;occupation majeure de Charles Benoit. Il n'en fut certes pas le cr&#233;ateur. Mais il poursuivit l'effort avec pers&#233;v&#233;rance et, surtout, l'organisa avec m&#233;thode lorsque, vers 1910, il cr&#233;a le &#171; Groupe de propagande par la brochure &#187;. Ecoutons-le :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La propagande par la brochure est une des meilleures propagandes si on peut la faire avec suite. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le R&#233;volt&#233;, La R&#233;volte, Les Temps Nouveaux &lt;/i&gt; s'y sont employ&#233;s de leur mieux. A l'heure actuelle, plus de 60 brochures diverses, dont les diff&#233;rents tirages r&#233;unis d&#233;passent un million d'exemplaires, ont &#233;t&#233; lanc&#233;es par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, les fonds manquent pour pouvoir en imprimer plus souvent de nouvelles, ou r&#233;imprimer, lorsque c'est n&#233;cessaire, celles qui sont &#233;puis&#233;es. Il s'agit donc de trouver 500 souscripteurs s'engageant &#224; verser chacun douze francs par an. Nous serions donc en mesure d'imprimer chaque mois &#8212; ou de r&#233;imprimer parmi celles &#233;puis&#233;es &#8212; une nouvelle brochure de 0 fr. 10 ou deux de 0 fr. 05... &lt;br class='autobr' /&gt;
... En discutant avec des camarades, il est facile de leur glisser une brochure et de leur arracher deux sous. Les souscripteurs pourront ainsi r&#233;cup&#233;rer le montant de leur souscription, et augmenter leur propagande.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le nom de Charles Benoit restera attach&#233; &#224; cette exp&#233;rience de propagande syst&#233;matique des id&#233;es libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Charles Benoit avait d&#233;but&#233; dans le mouvement ouvrier &#224; Rouen, son pays natal, o&#249; il fut instruit des choses sociales par un militant libre penseur, Bazire, qui s'&#233;tait consacr&#233; &#224; la recherche et &#224; la formation des jeunes. Bazire appartenait au parti socialiste r&#233;volutionnaire, qui avait succ&#233;d&#233; &#224; l'organisation blanquiste dite &#171; Comit&#233; r&#233;volutionnaire central &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le futur libertaire Charles Benoit militait &#224; la fois dans le mouvement syndical et au groupe &#171; l'Union communiste r&#233;volutionnaire de Rouen &#187;. Il n'avait gu&#232;re plus de seize ans qu'il se m&#234;lait d&#233;j&#224; aux gr&#232;ves : en 1898, &#224; celle des tissages Manchon fr&#232;res &#224; Rouen ; en 1900, &#224; celle des &#233;tablissements Plantrou &#224; Oissel. Benoit fut un des secr&#233;taires de l'Union d&#233;partementale des syndicats cr&#233;&#233;e en 1896 sous la pr&#233;sidence de Hardy. Il est n&#233;cessaire d'ajouter que le parti socialiste r&#233;volutionnaire et son leader Edouard Vaillant &#8212;dont Benoit fut l'ami &#8212; respectaient, &#224; l'encontre des guesdistes, l'ind&#233;pendance des syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#171; incident &#187; survint, qui devait changer le cours de la vie du jeune militant. En 1902, Benoit organise une conf&#233;rence antimilitariste &#224; l'intention des conscrits de Rouen. Il est inqui&#233;t&#233;, perquisitionn&#233;, poursuivi. Sa m&#232;re, veuve, tenait un caf&#233;. Prenant pr&#233;texte des poursuites engag&#233;es contre le fils, le g&#233;n&#233;ral commandant la place de Rouen interdit &#224; la troupe le petit &#233;tablissement g&#233;r&#233; par la m&#232;re. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Benoit se voit contrainte de liquider le fonds avec l'aide de Bazire, puis elle est forc&#233;e de quitter Rouen. Elle vient &#224; Paris avec son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Charles Benoit, administrateur des&lt;i&gt; Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, avait fait ses premi&#232;res armes dans un parti. Il est &#233;galement curieux de noter qu'il est mort membre du parti socialiste S.F.I.O. Il avait donn&#233; son adh&#233;sion &#224; la 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; section vers 1925. A l'&#233;gal d'un certain nombre de syndicalistes et de libertaires, Benoit avait salu&#233; d'enthousiasme la R&#233;volution de 1917. Comme beaucoup aussi, il avait d&#251; d&#233;chanter. Aussi bien, tout laisse croire que le Parti S.F.I.O. s'offrit &#224; lui plus comme un refuge que comme une terre d'&#233;lection. Il faut comprendre le besoin qu'avait ce sensible, ce sociable, de se retrouver avec des amis, le soir, &#171; au groupe &#187; pour deviser de questions qui n'avaient jamais cess&#233; de le remuer, de le passionner. Charles Benoit n'aimait pas l'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 1914 avait disloqu&#233; les &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Comme les autres, le mouvement anarchiste s'&#233;tait divis&#233;. On se souvient de la D&#233;claration dite &#171; Manifeste des Seize &#187; que publia, le 14 mai 1916, la &lt;i&gt;Bataille ex-syndicaliste&lt;/i&gt;, sous les signatures, entre autres de Kropotkine, de Grave, de Corn&#233;lissen, de Malato, de Pierrot, de Paul Reclus. C'&#233;tait un essai de justification du ralliement des leaders libertaires &#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Manifeste des Seize &#187; avait surtout &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; pour r&#233;pondre &#224; la publication par le &#171; groupe &#187; des &#171; Temps Nouveaux &#187; d'une premi&#232;re lettre approuvant l'initiative de Zimmerwald. Pr&#233;cisons qu'il s'agissait du &#171; groupe &#187;, non du &#171; journal &#187;. Le &#171; journal &#187; &#8212; qui ne paraissait plus &#8212; c'&#233;tait Grave. Le &#171; groupe &#187;, c'&#233;taient Andr&#233; Girard, Charles Benoit, A. Mignon, Siegfried, Asfeld, &#8212; auxquels vinrent se joindre Garnery, P&#233;ricat, Tourrette, B&#233;ranger, Paul Signac, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; groupe &#187; r&#233;pliqua aux &#171; Seize &#187; &#8212; apr&#232;s avoir, comme il se devait, reproduit le Manifeste lui-m&#234;me &#8212; par une &#171; Deuxi&#232;me lettre &#187; : &#171; Un d&#233;saccord. Nos explications. &#187; Ce fut aussi une brochure clandestine, publi&#233;e sous les auspices du Comit&#233; pour la reprise des relations internationales. Son petit format, impos&#233; par l'&#233;poque, permettait de la r&#233;pandre avec discr&#233;tion. Intitul&#233;e &#171; La Paix par les Peuples &#187;, la r&#233;plique constituait une prise de position tr&#232;s nette contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Benoit ne se bornait pas &#224; tenir bon. Il continuait d'agir. Il avait pris l'initiative d'un comit&#233; d'entraide des &#171; Temps Nouveaux &#187;. Il avait organis&#233; la solidarit&#233; pour les camarades mobilis&#233;s. Du 20 novembre 1914 &#224; fin d&#233;cembre 1916, 6 842 francs avaient &#233;t&#233; r&#233;unis. Ces souscriptions avaient permis l'envoi de journaux, de brochures et d'argent aux soldats par force. Et les permissionnaires de passage &#224; Paris trouvaient de surcro&#238;t chez Charles et Marie-Louise Benoit un accueil fraternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#171; Troisi&#232;me lettre &#187; : &#171; Projets d'avenir &#187;, dat&#233;e de f&#233;vrier 1917, le groupe des &#171; Temps Nouveaux &#187; annon&#231;ait sa d&#233;cision de suspendre toute pol&#233;mique avec les &#171; Seize &#187;. Il ne voulait plus discuter avec la &lt;i&gt;Libre F&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt; dont un article anonyme osait suspecter l'origine des ressources et insinuer que &#171; l'Allemand &#187; serait dans la coulisse ! Le &#171; groupe &#187; va amplifier sa r&#233;sistance &#224; la guerre. Il pr&#233;pare l'&#233;dition d'une revue, qu'il pr&#233;sente ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;... Nous tournerons nos efforts vers une plus grande intensification de nos id&#233;es d'humanit&#233; et d'internationalisme. Les &#233;v&#233;nements nous ont prouv&#233; &#224; quel point &#233;taient fragiles les progr&#232;s que nous avions cru constater en ce sens dans l'opinion publique. La n&#233;cessit&#233; nous apparait de reprendre &#224; pied d'&#339;uvre toute cette besogne d'&#233;ducation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi prions-nous les camarades qui nous ont jusqu'ici apport&#233; leur concours, de vouloir bien nous le continuer ; les subsides qui nous parviendront seront r&#233;serv&#233;s pour pouvoir, aussit&#244;t que possible, mettre au jour un organe p&#233;riodique dont nous nous occupons d&#232;s maintenant de r&#233;unir les &#233;l&#233;ments. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet organe s'appellera &lt;i&gt;l'Avenir International&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement en janvier 1918 que parut le premier num&#233;ro de&lt;i&gt; l'Avenir International&lt;/i&gt;, blanchi comme il se devait par Dame Censure. Les collaborateurs annonc&#233;s &#233;taient : Ch. Benoit, Brenn, A. D. (Am&#233;d&#233;e Dunois ?) : Andr&#233; Girard, A. Mignon, Jacques Mesnil, Fr&#233;d&#233;ric Stackelberg, Fernand Despr&#232;s, Hella Alzir, Marcel Martinet, Brupbacher, Guilbeaux, Genold, Jean de Saint-Prix. Dans son deuxi&#232;me num&#233;ro, &lt;i&gt;l'Avenir International &lt;/i&gt; commen&#231;a la publication du premier texte, fortement caviard&#233;, de la brochure de Dumoulin. Il ne serait donc pas juste d'&#233;crire seulement : Charles Benoit, des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Il est indispensable d'ajouter : Et de &#171; &lt;i&gt;l'Avenir International&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Hors du cercle de ses amis personnels, Charles Benoit &#233;tait bien oubli&#233;. Gr&#226;ce &#224; sa modestie, il s'en consolait ais&#233;ment. Ce qu'il fit dans sa vie laborieuse fut sans pr&#233;tention, sans autre d&#233;sir que de servir la cause ouvri&#232;re. Jusqu'&#224; ses derniers moments, il v&#233;cut de son double m&#233;tier de libraire en appartement et de comptable. Il se trouvait heureux, au milieu de ses chers livres, notant minutieusement sa d&#233;pense quotidienne dans ses carnets. Rest&#233; de la &#171; vieille &#233;cole &#187;, les prix d'aujourd'hui l'effaraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des libertaires et des syndicalistes de l'&#233;poque h&#233;ro&#239;que, Charles Benoit portait la lavalli&#232;re et le feutre noir &#224; larges bords. On n'en voit plus gu&#232;re, de ces feutres noirs... A l'incin&#233;ration de Benoit, il n'y en avait qu'un, celui de son compatriote et ami Charles Marck, encore droit comme un i &#224; quatre-vingt-trois ans. Les &#171; vieux de la Vieille &#187; s'en vont en poussi&#232;re. Leur souvenir vivra en nos m&#233;moires. Mais, ce qui fut leur &#339;uvre commune, saurons-nous emp&#234;cher que ce ne soit aussi r&#233;duit en cendres ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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