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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Lucien Descaves (1861-1949)</title>
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		<dc:date>2023-09-06T08:38:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Victor M&#233;ric - Flax</dc:creator>


		<dc:subject>Lucien Descaves </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pr&#233;senter au public un homme comme Lucien Descaves, d&#233;j&#224; appr&#233;ci&#233;, certes, comme &#233;crivain, mais moins connu comme individu, c'est &#224; la fois une joie et une difficult&#233;. C'est une joie parce qu'on n'a pas tous les jours la bonne fortune de rencontrer un v&#233;ritablement honn&#234;te homme. C'est une difficult&#233; aussi parce que ce sacr&#233; honn&#234;te homme qu'est Descaves nous met dans l'impossibilit&#233; de nous livrer &#224; notre penchant naturel qui, on le sait, consiste &#224; dire de nos contemporains tout le mal qui peut se dire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-les-hommes-du-jour-no43-du-14-novembre-1908-lucien-descaves-" rel="directory"&gt;Les Hommes du jour n&#176;43 du 14 novembre 1908 - Lucien Descaves&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-lucien-descaves-+" rel="tag"&gt;Lucien Descaves &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1084-5ca52.jpg?1774693578' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1908, Victor M&#233;ric lance, avec Henri Fabre, la collection &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les Hommes du jour annales politiques, sociales, litt&#233;raires et artistiques&lt;/q&gt;, une revue mi-politique, mi-satirique, &#224; la verve libertaire, appel&#233;e &#224; un succ&#232;s durable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque num&#233;ro pr&#233;sente la biographie d'un personnage contemporain r&#233;dig&#233;e non sans humour par Victor M&#233;ric, sous la signature &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Flax&lt;/q&gt;, tandis qu'une truculente caricature de Delannoy donne les traits du personnage. Les Hommes du jour paraissent sous cette forme jusqu'apr&#232;s 1918.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs num&#233;ros sont consacr&#233;s &#224; des anarchistes et des syndicalistes r&#233;volutionnaires parmi lesquels : Charles-Albert, Lucien Descaves, S&#233;bastien Faure, Francisco Ferrer, Jean Grave, Victor Griffuelhes, Pierre Kropotkine, Maximilien Luce, Charles Malato, Octave Mirbeau, Emile Pouget, Paul Robin et Georges Yvetot.&lt;/q&gt; (Wikipedia)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le num&#233;ro 43 du 14 novembre 1908, consacr&#233; &#224; Lucien Descaves, que nous mettons en ligne aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;senter au public un homme comme Lucien Descaves, d&#233;j&#224; appr&#233;ci&#233;, certes, comme &#233;crivain, mais moins connu comme individu, c'est &#224; la fois une joie et une difficult&#233;. C'est une joie parce qu'on n'a pas tous les jours la bonne fortune de rencontrer un v&#233;ritablement honn&#234;te homme. C'est une difficult&#233; aussi parce que ce sacr&#233; honn&#234;te homme qu'est Descaves nous met dans l'impossibilit&#233; de nous livrer &#224; notre penchant naturel qui, on le sait, consiste &#224; dire de nos contemporains tout le mal qui peut se dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tourn&#233; et retourn&#233; notre Descaves dans tous les sens ; nous l'avons examin&#233; des pieds &#224; la t&#232;te, scrut&#233;, analys&#233;, fouill&#233;, diss&#233;qu&#233;. Pas moyen de risquer la moindre rosserie. Il est r&#233;fractaire &#224; toute m&#233;disance. Il oppose &#224; toute vell&#233;it&#233; de critique m&#233;chante une existence de labeur obstin&#233; et calme. La politique ne l'a jamais tent&#233;. Les succ&#232;s mondains l'indiff&#232;rent. Sa joie unique est de travailler, et quand il a con&#231;u une &#339;uvre, il n'a de repos que lorsqu'il l'a men&#233;e &#224; bien, parmi les difficult&#233;s dont elle se h&#233;risse souvent et les recherches qu'elle n&#233;cessite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, en d&#233;sespoir de cause nous sommes-nous d&#233;cid&#233;s &#224; prendre notre parti de l'aventure. Soit. Nous ne dirons aucun mal de Descaves. Nous nous rattraperons prochainement sur un autre. Les hommes, d'ailleurs, sur lesquels on a le droit d'exercer sa malignit&#233; sont l&#233;gion et l'on a pu voir que nous avons us&#233; de ce droit assez largement.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Ce pr&#233;ambule dans lequel nous indiquons l'essentiel de notre pens&#233;e sur Lucien Descaves m&#233;rite pourtant d'&#234;tre retouch&#233;. L'appr&#233;ciation que nous formulons sur l'auteur de &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt; n'a pas toujours &#233;t&#233; du go&#251;t de tous. Il fut une &#233;poque o&#249; Descaves connut l'hostilit&#233; du public. Au lendemain de son proc&#232;s, apr&#232;s l'acquittement qui en r&#233;sulta, alors que toutes les portes auraient d&#251; s'ouvrir devant le jeune &#233;crivain assez courageux pour risquer la Cour d'Assises et dire sa pens&#233;e enti&#232;re, sans ambigu&#239;t&#233;s ni r&#233;ticences, il se produisit ce fait curieux : c'est qu'en place de la faveur publique, Descave vit, au contraire, tout le monde se d&#233;tourner. Les portes des journaux, m&#234;me les plus accueillants, lui furent obstin&#233;ment closes ; les &#233;diteurs lui firent grise mine ; un boycottage savant fut organis&#233; autour de son nom et de ses &#339;uvres, si bien qu'il fallut &#224; Descaves des ann&#233;es de patience et de labeur pour vaincre cette hostilit&#233;, casser la glace et s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureux encore d'avoir pu r&#233;ussir. Il en est d'autres qui paient plus cher l'ind&#233;pendance de leur esprit et l'audace de leurs affirmations. Il en est d'autres sur lesquels p&#232;se, leur vie durant, la r&#233;probation g&#233;n&#233;rale :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;On les pers&#233;cute, on les tue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;sauf, apr&#232;s un long examen, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A leur dresser une statue &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour la gloire du genre humain.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Descaves, il est vrai, est un obstin&#233;. Loin de se laisser abattre par les &#233;preuves du d&#233;but, il a pers&#233;v&#233;r&#233;, imitant en cela l'exemple de t&#233;nacit&#233; laborieuse qui lui fut donn&#233; par son premier ma&#238;tre Zola. Et c'est en jetant au public, soit au th&#233;&#226;tre, soit dans le roman, de fortes &#339;uvres, consciencieusement observ&#233;es, savamment &#233;chafaud&#233;es, se succ&#233;dant d'ann&#233;e en ann&#233;e, qu'il a fini par conqu&#233;rir, en d&#233;pit de toutes les pr&#233;ventions, une des premi&#232;res places parmi les &#233;crivains d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Lucien Descaves est n&#233; &#224; Paris, le 18 mars 1861. Quand on songe qu'il devait plus tard se passionner pour les &#233;v&#233;nements de la Commune et nous donner une des reconstitutions les plus compl&#232;tes et les plus rigoureusement exactes de cette p&#233;riode de l'histoire, on est tent&#233; de voir dans cette date du 18 Mars une sorte de pr&#233;destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;re de Descaves &#233;tait un artiste, graveur au burin. Il mit son gar&#231;on au coll&#232;ge o&#249; il poursuivit tranquillement ses &#233;tudes, sans incidents notables, jusqu'au jour o&#249; il entra comme employ&#233; au Cr&#233;dit Lyonnais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Cr&#233;dit Lyonnais, tout en gagnant son pain quotidien, le jeune homme commen&#231;ait &#224; s'occuper de litt&#233;rature. Il publiait, en 1882, un volume de nouvelles &lt;i&gt;Calvaire d'H&#233;lo&#239;se Payadou&lt;/i&gt;, volume qui fut &#233;dit&#233; par Henry Kistemaeckers, &#224; Bruxelles. Kistemaeckers &#233;tait l'&#233;diteur des jeunes, particuli&#232;rement des jeunes de l'&#233;cole naturaliste et aussi des communards. Il avait d&#233;j&#224; accueilli Lissagaray, Jourde, A. Arnould, Jules Guesde, Hector France, L&#233;on Cladel, Francis Enne. Il avait, un des premiers, ouvert la porte aux disciples imm&#233;diats de Zola, &#224; ceux de M&#233;dan, les Huysmans, les Maupassant, les Paul Alexis, les Hennique. Apr&#232;s eux, et avec Descaves, il lan&#231;a H. F&#232;vre, Paul Bonnetain, E. Rod, Camille Lemonnier, et ce malheureux Desprez qui, poursuivi pour avoir collabor&#233; au volume : &lt;i&gt;Autour d'un Clocher&lt;/i&gt;, fut jet&#233;, tuberculeux &#224; Sainte-P&#233;lagie, o&#249; il trouva la mort.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin de 1882, la carri&#232;re litt&#233;raire de Descaves fut brusquement interrompue. Il dut partir pour la caserne. Envoy&#233; au 129&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de ligne, il accomplit quatre ann&#233;es de service, au Havre d'abord, puis &#224; Dieppe, enfin &#224; Paris On retrouve cela dans son volume &lt;i&gt;Sous-Off's. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la caserne, Descaves, qui compte parmi les premiers antimilitaristes, fut un excellent soldat, comme d'ailleurs nombre d'autres antimilitaristes. D&#233;brouillard, actif, il conquit rapidement ses premiers galons et devint sergent-major. Malgr&#233; tout, il ne renon&#231;ait pas &#224; la litt&#233;rature. Il occupait ses loisirs &#224; &#233;crire un roman. Quand on sait ce qu'est l'existence de la caserne, o&#249; l'individu ne tarde pas &#224; &#234;tre compl&#233;tement d&#233;prim&#233; sous l'influence de ce milieu de stupidit&#233; et d'ignominie, on se demande par quel miracle de volont&#233;, Descaves a pu se garder et conserver sa personnalit&#233;. Il faut poss&#233;der un temp&#233;rament peu banal, pour pouvoir r&#233;sister et rester soi. Ce tour de force, Descaves sut l'accomplir. Tout en surveillant la comptabilit&#233; de son fourrier, tout en comptant le nombre de boules et de gamelles n&#233;cessaires &#224; sa compagnie, il &#233;crivait un roman : la &lt;i&gt;Teigne&lt;/i&gt;, roman contract&#233; non pas &#224; la caserne, mais dans le monde des graveurs qu'il avait &#233;tudi&#233; autour de son p&#232;re. Ce roman devait &#234;tre publi&#233;, &#224; sa lib&#233;ration, chez Kistmaeckers....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1887, Descaves d&#233;bute clans le journalisme gr&#226;ce &#224; la protection d'Alphonse Daudet. Il &#233;crit dans le &lt;i&gt;Petit Moniteur&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Ernest Daudet.. La m&#234;me ann&#233;e, il publie &lt;i&gt;Mis&#232;res du sabre&lt;/i&gt;, chez Stock.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la caserne, il n'avait pas perdu son temps. Il avait su voir et observer. Le r&#233;sultat de ses investigations est condens&#233; dans ce premier volume &lt;i&gt;Mis&#232;res du sabre&lt;/i&gt;, recueil de nouvelles et d'&#233;pisodes militaires qui .semblent comme une pr&#233;face &#224; &lt;i&gt;Sous-Off's &lt;/i&gt; et qui, cependant, n'ont pas &#233;t&#233; utilis&#233;s dans ce roman de m&#339;urs militaires, son chef-d'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le jeune &#233;crivain, malgr&#233; ses efforts et le talent d&#233;pens&#233; demeurait malgr&#233; tout obscur. Il n'&#233;tait go&#251;t&#233; que de rares lettr&#233;s. Cette m&#234;me ann&#233;e, ayant publi&#233; d&#233;j&#224; plusieurs volumes, il crut pouvoir se pr&#233;senter &#224; la Soci&#233;t&#233; des gens de lettres, L'imprudent ne savait pas quel crime abominable il avait commis en injuriant notre arm&#233;e nationale. Ces messieurs de la Soci&#233;t&#233; des gens de lettres le lui firent bien voir. C'&#233;tait de respectables vieillards qui avaient noms Champfleury, Pierre Zaccone, Elie Berthet, Ren&#233; de Pon-Jest, Fortun&#233; de Boisgobey, Emile Richebourg, etc., et qui &#233;taient l'honneur de la litt&#233;rature fran&#231;aise. Ils refus&#232;rent &#233;nergiquement d'admettre le jeune pr&#233;somptueux dans leurs rangs et Descaves, honteux, dut s'enfuir en s'&#233;criant comme certain roi de France : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les vieillards m'ont maudit.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Cela ne l'emp&#234;cha nullement de faire son chemin. D'ailleurs, chaque fois qu'on innove et qu'on se jette dans la lutte, arm&#233; de v&#233;rit&#233; et de sinc&#233;rit&#233;, on trouve de respectables vieillards pour vous barrer la route. Descaves ne s'&#233;motionna pas pour si peu. Il continua. Ou lui reprochait les &lt;i&gt;Mis&#232;res du sabre&lt;/i&gt;. Il publia Sous-Off's.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu de gens, en France, qui n'aient lu ce volume. En ce qui me concerne, je me rappelle encore l'&#233;motion que cette lecture me procura. J'&#233;tais &#224; la caserne. J'y subissais la honte de la discipline. &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt; me tomba sous ]es yeux. J'ai lu depuis bien des volumes sur les m&#339;urs de la caserne, depuis le &lt;i&gt;Cavalier Miserey&lt;/i&gt;, d'Abel Hermant, jusqu'au roman d'Henry F&#232;vre, aucun ne m'a sembl&#233; exprimer aussi fortement l'ennui, le d&#233;go&#251;t, la r&#233;volte contenue que je sentais me tourmenter sous l'uniforme. Tout ce que j'&#233;prouvais sans pouvoir l'exprimer nettement, tout ce que j'observais autour de moi, les servitudes, les l&#226;chet&#233;s, les abus d'autorit&#233;, les salet&#233;s qui fleurissent tout naturellement dans ce fumier militaire, tout cela &#233;tait not&#233; minutieusement, avec un souci d'observation et d'impartialit&#233; qui &#244;taient &#224; l'&#339;uvre tout caract&#232;re de parti pris. Ah ! certes, les sous-officiers tripoteurs, voleurs et maquereaux, et les brutes sous leurs ordres et le b&#226;timent annexe de la caserne o&#249; l'extinction des feux sonne &#224; l'heure exacte o&#249; sonne le r&#233;veil, de l'autre c&#244;t&#233;, certes tout cela &#233;tait scrupuleusement exact, vigoureusement exprim&#233;, sans haine romantique, avec le seul souci de dire vrai et une grande piti&#233; pour les malheureux plong&#233;s dans ce m&#233;tier inf&#226;me, cette sorte de cloaque o&#249; l'on perd toute notion d'honneur et de probit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt; fut poursuivi. Mais il faut rappeler qu'il le fut &#224; la suite de la d&#233;nonciation de Paul de Cassagnac, de Joseph Reinach et d'Edmond Lepelletier. En ce temps-l&#224;, d&#233;j&#224;, certains journalistes avaient pris l'habitude de signaler leurs adversaires aux foudres du pouvoir et il n'y allaient pas de main morte. Les Massard et les Franc-Nohain d'aujourd'hui sont, &#224; c&#244;t&#233; d'eux, de bien petits gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt; poursuivi fut acquitt&#233;. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Tezenas qui n'&#233;tait pas encore nationaliste plaida pour l'auteur. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Millerand qui n'&#233;tait pas encore baron de la Sociale plaida pour l'&#233;diteur. Acquitt&#233;, Descaves fut cependant ch&#226;ti&#233;. M. de Freycinet, ministre de la guerre, crut devoir le casser de son grade de sergent-major et le d&#233;clara indigne de porter les galons. Puis, durant quatre ann&#233;es, Descaves fut le pestif&#233;r&#233;. Tous les journaux se ferm&#232;rent devant lui. Il en profita tout simplement pour &#233;crire un nouveau roman sur le monde des aveugles que ses loisirs lui permirent d'&#233;tudier particuli&#232;rement. Il nous donna &lt;i&gt;Les Emmur&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s &#231;a, ce furent les batailles &#233;piques, &#224; c&#244;t&#233; d'Antoine, qui fondait son Th&#233;&#226;tre Libre. Notons que, d&#232;s les d&#233;buts, les &#233;crivains qui encourag&#232;rent et aid&#232;rent Antoine furent absolument d&#233;sint&#233;ress&#233;s. Les juifs, vinrent plus tard, quand il y eut des droits d'auteur &#224; toucher&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces genres de commentaires sont h&#233;las courants &#224; cette &#233;poque, Partage Noir&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais, dans les commencements, au passage de l'Elys&#233;e-des-Beaux-Arts, comme au th&#233;&#226;tre Montparnasse, on n'&#233;tait jou&#233; que deux fois au plus, et l'affaire co&#251;tait de l'argent &#224; l'auteur, au lieu de lui en faire gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descaves d&#233;buta au th&#233;&#226;tre avec une pi&#232;ce tir&#233;e de son roman : &lt;i&gt;Une Vieille rate&lt;/i&gt;, 3 actes &#233;crits en collaboration avec Paul Bonnetain. Puis il donne &lt;i&gt;les Chapons&lt;/i&gt; avec Darien, l'auteur de &lt;i&gt;Biribi&lt;/i&gt;. Ensuite, ce fut&lt;i&gt; la Cage&lt;/i&gt;, qui fut l'occasion d'un beau chahut. Le public manifesta bruyamment. D&#233;j&#224;, avec &lt;i&gt;les Chapons&lt;/i&gt;, o&#249; sont mis en sc&#232;ne des bourgeois, pendant l'invasion, &#224; Versailles, on s'&#233;tait battu dans la salle. Avec &lt;i&gt;la Cage&lt;/i&gt;, la bataille recommen&#231;a. Antoine fut deux ann&#233;es sans pouvoir nommer l'auteur. D&#232;s la r&#233;p&#233;tition g&#233;n&#233;rale, d'ailleurs, l'oncle Sarcey avait r&#233;clam&#233; l'interdiction de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;A partir de cette &#233;poque, l'histoire de Lucien Descaves n'est autre que l'histoire de ses romans, de ses articles de journaux et de ses pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. Il publie &lt;i&gt;Soupes&lt;/i&gt;, recueil de nouvelles &#224; tendances nettement anarchistes, dont la plupart ont paru dans l'&lt;i&gt;Echo de Paris&lt;/i&gt; &#8212; l'ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il collabore a l'&lt;i&gt;En-Dehors&lt;/i&gt; de Zo-d'Axa et il le r&#233;dige de concert avec F&#233;n&#233;on, durant l'internement du c&#233;l&#232;bre pamphl&#233;taire. Il passe ensuite au &lt;i&gt;Journal &lt;/i&gt; o&#249; depuis des ann&#233;es, il donne des chroniques tr&#232;s document&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut rappeler ici un incident qui fit quelque bruit au moment o&#249; il se produisit. Emile Zola publiait dans &lt;i&gt;Gil Blas&lt;/i&gt; son roman &lt;i&gt;la Terre&lt;/i&gt;. Descaves qui se proclamait volontiers son &#233;l&#232;ve, mais qui le voyait avec quelque regret s'orienter dans une voie, selon lui, p&#233;rilleuse et supportait difficilement sa tutelle, se laissa entra&#238;ner &#224; signer un manifeste contre le ma&#238;tre. Ce manifeste, au bas duquel on pouvait lire les noms de Bonnetain, J.-H. Rosny, Marguerite, Gustave Guiches et qui fut d&#233;sign&#233; sous le nom de manifeste des Cinq, fit sensation. Il protestait contre &#171; l'exacerbation de la note orduri&#232;re &#187;. Passe pour Descaves. Passe pour Marguerite, pour Rosny, pour Guiches, mais il y avait aussi Bonnetain, l'auteur de &lt;i&gt;Charlot s'amuse&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela nous mine peu &#224; peu jusqu'&#224; l'Affaire Dreyfus. L&#224; nous retrouvons Descaves, au premier rang, parmi les premiers collaborateurs de l'&lt;i&gt;Aurore&lt;/i&gt;. Il mena la campagne &#224; c&#244;t&#233; de Gohier, de Mirbeau, de Clemenceau. Et, alors que tant d'autres se sont servis de cette affaire, il convient d'indiquer que Descaves fut parmi les rares qui ne profit&#232;rent pas. La bataille termin&#233;e, il se donna tout entier &#224; ses travaux litt&#233;raires et revint au th&#233;&#226;tre. En 1900, il fit jouer chez Antoine en collaboration avec Donnay, &lt;i&gt;la Clairi&#232;re&lt;/i&gt;, une pi&#232;ce qui compte parmi les meilleures de notre &#233;poque, o&#249; le probl&#232;me social est &#233;tudi&#233; librement, sans esprit de parti. Cette pi&#232;ce a fait, d'ailleurs, assez de bruit pour qu'il ne soit pas utile de l'exposer ici. On se souvient encore des d&#233;m&#234;l&#233;s de l'institutrice H&#233;l&#232;ne Souricet, de Collonges, et du tailleur Rouffieu qui, partis pour fonder une soci&#233;t&#233; harmonique, se virent dans l'obligation de renoncer, en constatant que les hommes n'avaient pas encore suffisamment &#233;volu&#233; pour vivre en parfait accord. Constatation pessimiste, certes, mais qui laisse encore place &#224; l'esp&#233;rance et qui sous-entend une meilleure humanit&#233; pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1904, Descartes fit repr&#233;senter &lt;i&gt;Oiseaux de Passage&lt;/i&gt;, toujours avec la collaboration de Donnay, pas encore acad&#233;micien et qui ne travaillant pas dans la vertu connaissait le succ&#232;s. &lt;i&gt;Oiseaux de Passage&lt;/i&gt;, est l'histoire de quelques nihilistes russes, c'est la lutte entre l'amour et la passion politique. Des figures puissamment &#233;tudi&#233;es, comme celle de ce Gr&#233;goriew, dans lequel on a voulu reconna&#238;tre Bakounine, comme celle de Tatiana qui s'en va jusqu'en Sib&#233;rie condamner et ex&#233;cuter un tra&#238;tre. Une des pi&#232;ces les mieux construites et les mieux observ&#233;es du th&#233;&#226;tre moderne.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Avec Donnay, Descaves avait pu facilement r&#233;ussir au th&#233;&#226;tre. On a feint de croire que tous les mots d'esprit, tous les traits dont ces pi&#232;ces sont &#233;maill&#233;es, &#233;taient du futur acad&#233;micien. En r&#233;alit&#233;, Maurice Donnay s'est surtout attach&#233; &#224; construire les sc&#232;nes sentimentales et &#224; esquiver les difficult&#233;s. La charpente m&#234;me de la pi&#232;ce est de Descaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, avec Capus, les choses ne march&#232;rent pas aussi bien. L'&lt;i&gt;Attentat&lt;/i&gt; ne r&#233;ussit qu'&#224; moiti&#233;. Puis la pi&#232;ce fut jou&#233;e &#224; la Ga&#238;t&#233;, pour commencer ; ensuite elle fut interpr&#233;t&#233;e par Coquelin a&#238;n&#233; et Jane Handing. Alors, dame ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une particularit&#233; de l'&lt;i&gt;Attentat&lt;/i&gt;, c'est que deux mois avant les &#233;lections, les auteurs y annon&#231;aient le triomphe du parti radical-socialiste. Les &#233;v&#233;nements leur donn&#232;rent pleinement raison. Les deux auteurs se r&#233;v&#233;laient proph&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, Descaves a &#233;crit, seul, la &lt;i&gt;Pr&#233;f&#233;r&#233;e&lt;/i&gt;, qui a fourni une honn&#234;te carri&#232;re. Ajoutons qu'il vient de terminer une pi&#232;ce en quatre actes : &lt;i&gt;Soutient de Famille&lt;/i&gt;, qui sera jou&#233;e il ne sait encore o&#249;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Un des derniers romans de Descaves m&#233;rite une mention sp&#233;ciale, &lt;i&gt;la Colonne&lt;/i&gt;, il y &#233;tudie la p&#233;riode fort courte de la Commune qui va depuis le moment o&#249; le renversement de la Colonne fut chose d&#233;cid&#233;e, jusqu'au jour de l'ex&#233;cution. Descaves s'est attach&#233; particuli&#232;rement &#224; &#233;tudier cette &#233;poque. C'est du reste, chez lui, une v&#233;ritable manie. Tout ce qui touche &#224; la Commune l'int&#233;resse sp&#233;cialement. Chez lui, les volumes s'entassent concernant les &#233;v&#233;nements et les hommes de la Commune. Et, d&#233;tail &#224; signaler, il a fait graver pour ses bouquins, un ex-libris, dessin&#233; par M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Slom, la fille d'un ancien communard &#8212; naturellement &#8212; &lt;i&gt;ex-libris&lt;/i&gt;, dont nous donnons la reproduction ci-dessous. Quiconque a pu voir Descaves au milieu de sa famille, entour&#233; de sa femme et de ses jeunes gar&#231;ons, reconna&#238;tra tout de suite cet ours mal l&#233;ch&#233;, assis sur une &#233;chelle double, devant une biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/les_hommes_du_jour__descaves-0685f-d39b8.jpg?1774777556' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lucien Descaves est merveilleusement renseign&#233; sur tout ce qui touche &#224; la Commune. Il a accumul&#233; les documents, m&#233;moires, vieux journaux, paperasses de toutes sortes. Il a fait une enqu&#234;te laborieuse sur les hommes de cette &#233;poque, cueillant des d&#233;tails partout o&#249; il pouvait les trouver. Il les a suivis pas &#224; pas, de 1871 &#224; 1880, &#224; Londres, &#224; Gen&#232;ve, &#224; Bruxelles, &#224; Strasbourg, &#224; New-York, en Nouvelle-Cal&#233;donie. Disons, &#224; ce propos, qu'il se propose d'&#233;crire leur histoire, ou tout au moins l'histoire de quelques-uns, dont Beno&#238;t-Malon, F&#233;lix Pyat, Versmersch, Gambon, etc. En attendant, il est en relation avec les derniers survivants de la Commune ; il recherche leurs veuves, leurs enfants, tout ce qui peut lui parler d'eux, lui fournir des tuyaux, des notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre p&#233;riode int&#233;resse aussi Descaves, la grande p&#233;riode r&#233;volutionnaire, mais &#224; un degr&#233; moindre cependant. Chez lui, dans sa, biblioth&#232;que, s'alignent des ouvrages presque introuvables aujourd'hui sur les Marat, les H&#233;bert, les Maillard, les Babeuf. Et, contradiction surprenante, contrairement &#224; tous les maniaques du bouquin, Descaves ouvre volontiers sa biblioth&#232;que &#224; qui peut s'en servir, met ses documents &#224; la disposition de ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Qu'ajouter ? On sait que depuis quelques ann&#233;es Descaves fait partie de l'Acad&#233;mie Goncourt. Il fut d&#233;sign&#233; non par Goncourt lui-m&#234;me, mais parmi les sept premiers acad&#233;miciens : Mirbeau, Huysmans, les Rosny, Marguerite, Hennique, Geffroy. C'est lui qui a le plus contribu&#233; &#8212; avec Mirbeau &#8212; &#224; l'&#233;lection de Jules Renard, &#233;lection &#224; laquelle applaudirent tous les lettr&#233;s. D'ailleurs, il prend ses fonctions au s&#233;rieux. Il ne se contente pas d'ouvrir n&#233;gligemment les volumes qui lui sont adress&#233;s, il les lit consciencieusement, scrupuleusement, par devoir et ne se prononce jamais qu'en toute connaissance de cause. Devoir p&#233;nible quelquefois. Corv&#233;e souvent. De m&#234;me, il ne refuse jamais son concours aux jeunes auteurs. Il est parmi ceux qui ont &#233;crit le plus de pr&#233;faces. Il a pr&#233;fac&#233; les&lt;i&gt; Souvenirs d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, de Lefran&#231;ais, l'ancien membre de la Commune (encore la Commune !), dont il est l'ex&#233;cuteur testamentaire comme aussi celui de Joris-Karl Huysmans ! Il a pr&#233;fac&#233; les &lt;i&gt;Cahiers Rouges&lt;/i&gt; de Maxime Vuillaume, l'ancien p&#232;re Duch&#234;ne (toujours la Commune !). Il a pr&#233;fac&#233; les cinq volumes de critique dramatique de Barbey d'Aurevilly ; la &lt;i&gt;Vie tragique des Travailleurs&lt;/i&gt; des fr&#232;res Bonneff, etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, Lucien Descaves met la derni&#232;re main &#224; un roman qui sera une suite &#224; sa &lt;i&gt;Colonne &lt;/i&gt; ; ce roman aura pour titre &lt;i&gt;Phil&#233;mon vieux de la vieille&lt;/i&gt; ; il sera ainsi d&#233;dicac&#233; : &lt;i&gt;Aux vieux d'une autre vieille que la vieille &#224; soldats&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Nous avons r&#233;sum&#233; le plus possible, nous contentant d'esquisser &#224; grands traits la physionomie ce grand travailleur qu'est Descaves. Nous n'avons pu qu'indiquer, en passant, ses meilleures &#339;uvres. Nous nous d&#233;fendons, d'ailleurs, d'&#233;crire une page de critique litt&#233;raire. Ce n'est ni notre but ni notre r&#244;le. Mais nous nous tiendrons pour satisfait si nous avons su faire partager &#224; nos lecteurs l'estime et l'affection que nous professons pour l'auteur de &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt;. Certes, cela nous change des gredins politiques. Parmi les forbans dont nous avons eu &#224; nous occuper, un modeste et un probe comme Descaves fait tache. Il se trouve en singuli&#232;re compagnie et il s'&#233;tonnera quelque peu de figurer dans une galerie o&#249; les honn&#234;tes gens se comptent. On ne peut pas cependant, laisser toute la place aux fripouilles qui triomphent suffisamment, au th&#233;&#226;tre, dans le roman, dans l'Histoire et sur le Forum. Il faut bien accorder un petit coin &#224; ceux qui, d&#233;daigneux des triomphes faciles et passager, se contentent modestement de travailler et de produire, pour notre joie, des &#339;uvres fortes et durables. Et c'est bien le cas de ce Lucien Descaves qui, jeune encore et portant un des noms les plus estim&#233;s de notre litt&#233;rature, aurait pu se laisser guider par d'autres ambitions. C'est bien le cas de l'auteur de la &lt;i&gt;Colonne &lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt;, deux romans imp&#233;rissables, parce que tr&#232;s vrais et tr&#232;s humains. Il n'y a, pour s'en rendre compte, qu'&#224; s'arr&#234;ter un instant cher lui, dans la coquette maison pleine de livres et de fleurs qu'il habite rue de la Sant&#233;, tout au fond de la rive gauche, dans ce quartier o&#249; il est n&#233; et qu'il n'a jamais pu se d&#233;cider &#224; abandonner. L&#224;, on trouvera l'homme accueillant, le camarade de lettres fraternel et serviable, parmi des paperasses &#233;parpill&#233;es et des documents entass&#233;s. Et de sa fen&#234;tre, il vous montrera du doigt, le sombre profil de la Sant&#233;, cette maison hospitali&#232;re qui abrite, depuis une ann&#233;e bient&#244;t, un autre travailleur et un autre lutteur, aujourd'hui r&#233;prouv&#233;e, demain acclam&#233; : Gustave Herv&#233;.,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1258 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/descaves_l-420ef-4573a.jpg?1774777556' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h2 style&gt;Lucien Descaves&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le 6 septembre 1949, mort de Lucien Descaves, &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ecrivain libertaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Fils d'un graveur, il na&#238;t &#224; Paris le 18 mars 1861. En 1878, il ne peut poursuivre ses &#233;tudes faute de moyens financiers il entre alors comme apprenti dans une banque. De 1882 &#224; 1886, il effectue son service militaire (4 ans), et commence une carri&#232;re d'&#233;crivain naturaliste. En 1887, para&#238;t &lt;i&gt;Les Mis&#232;res du sabre&lt;/i&gt; puis en 1889 &lt;i&gt;Sous-Off's&lt;/i&gt; fruit de ses observations de la vie militaire. L'ouvrage est vite tax&#233; d'antimilitarisme et lui vaut des poursuites. A son proc&#232;s, de nombreux &#233;crivains se montrent solidaires ; il est finalement relax&#233;. En 1892, il devient r&#233;dacteur litt&#233;raire au &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; gr&#226;ce &#224; S&#233;verine, collabore &#224; &lt;i&gt;L'Endehors&lt;/i&gt; de Zo d'Axa et &#224; partir de 1895 aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; de Jean Grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est r&#233;dacteur &#224; l'&lt;i&gt;Aurore&lt;/i&gt; lorsqu'&#233;clate l'affaire Dreyfus, il prend aussit&#244;t son parti contre l'antis&#233;mitisme. En 1900, il &#233;crit avec Maurice Donnay, une com&#233;die pour le th&#233;&#226;tre &lt;i&gt;La Clairi&#232;re&lt;/i&gt; inspir&#233;e des exp&#233;riences communautaires des &#171; Milieux libres &#187;. La m&#234;me ann&#233;e, il devient membre de l'acad&#233;mie Goncourt qui vient de se cr&#233;er. En 1901, para&#238;t &lt;i&gt;La Colonne&lt;/i&gt; &#233;vocation d'un &#233;pisode de la Commune de Paris. A partir de 1904, il co-&#233;crit de nouvelles pi&#232;ces pour le th&#233;&#226;tre. En 1913, revenant sur la &#171; Commune &#187; il publie &lt;i&gt;Phil&#233;mon, vieux de la vieille&lt;/i&gt; enqu&#234;te path&#233;tique sur la proscription communarde en Suisse. En 1914, para&#238;t &lt;i&gt;Barabbas&lt;/i&gt; (illustr&#233; par Steinlen) r&#233;cit d'un chemineau qui refuse de se r&#233;signer. Durant la guerre de 14-18, il se joint &#224; &#171; l'Union sacr&#233;e &#187; puis poursuit sa carri&#232;re litt&#233;raire. Apr&#232;s de nombreux romans et pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, il signe en 1946 avec &lt;i&gt;Souvenirs d'un ours&lt;/i&gt; son autobiographie.&lt;br class='autobr' /&gt;
A noter que Lucien Descaves qui &#233;tait en relation avec des communards, rassemblera une importante collection de documents sur la Commune de Paris qu'il remettra ensuite &#224; l'Institut International d'Histoire Sociale d'Amsterdam.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) je puis avoir &#224; regretter beaucoup d'erreurs ; je n'ai &#224; me reprocher aucune vilenie.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Biographie extraite de l'&lt;a href=&#034;https://www.ephemanar.net/septembre06.html#descaves&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Eph&#233;m&#233;ride anarchiste&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1257 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/pdf/les_hommes_du_jour__descaves.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH714/zz_copie-701fe.jpg?1774777556' width='500' height='714' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les hommes du jour n&#176;43 du 14 Novembre 1908 - Lucien Descaves [PDF]
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces genres de commentaires sont h&#233;las courants &#224; cette &#233;poque, Partage Noir&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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