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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Steinlen</title>
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		<dc:creator>Louis Nazzi</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Steinlen, c'est un autre Vall&#232;s un po&#232;te de la rue qui dessinerait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une m&#234;me &#226;me tendre et r&#233;volt&#233;e s'affirme et rayonne dans les proses du grand &#233;crivain et sur les planches de l'artiste courageux. Et l'un et l'autre ont &#233;galement racont&#233;, chant&#233; et magnifi&#233; la Rue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vall&#232;s et Steinlen ! Ce rapprochement s'impose &#224; mon esprit. Avec quelle force je sens leurs affinit&#233;s ! Plus je confronte ces deux lyriques des mis&#233;reux et des r&#233;fractaires, plus je leur d&#233;couvre de vertus et de vaillances (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-theophile-alexandre-steinlen-272-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/steinlengat_copie-ab81f.jpg?1774715028' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Steinlen, c'est un autre Vall&#232;s un po&#232;te de la rue qui dessinerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une m&#234;me &#226;me tendre et r&#233;volt&#233;e s'affirme et rayonne dans les proses du grand &#233;crivain et sur les planches de l'artiste courageux. Et l'un et l'autre ont &#233;galement racont&#233;, chant&#233; et magnifi&#233; la Rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vall&#232;s et Steinlen ! Ce rapprochement s'impose &#224; mon esprit. Avec quelle force je sens leurs affinit&#233;s ! Plus je confronte ces deux lyriques des mis&#233;reux et des r&#233;fractaires, plus je leur d&#233;couvre de vertus et de vaillances communes ! Vall&#232;s et Steinlen ! Ils se ressemblent comme deux fr&#232;res ardents et g&#233;n&#233;reux, unis dans une m&#234;me piti&#233; pour tout ce qui vit et pour tout ce qui souffre. Leurs arts, d'expression pourtant si diff&#233;rente, et qu'ils ont marqu&#233;s de leur griffe, ne les s&#233;parent pas. Je vois surtout en eux deux amis du peuple, deux bons camarades, les plus sinc&#232;res que je connaisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen est le peintre de la rue. Nul artiste ne s'est &#233;pris d'elle d'un mouvement plus spontan&#233; et plus profond. Il l'a peinte, parce qu'il l'a aim&#233;e jusqu'&#224; l'idol&#226;trie, dans ses beaut&#233;s comme dans ses laideurs, dans ses vertus et dans ses vices m&#234;mes. Il l'a d&#233;crite, non pas en observateur distant, &#224; la mani&#232;re d'un naturaliste qui se documente &#224; froid, mais avec la tendresse d'un passant curieux, passionn&#233;, sensible &#224; l'exc&#232;s, dont l'&#226;me est ouverte &#224; toute ferveur et &#224; toute mis&#232;re. Il l'a vue et repr&#233;sent&#233;e, en tous les temps, &#224; toutes les heures du jour et de la nuit, sous le soleil et sous la neige. Il l'a &#233;tudi&#233;e, en d&#233;tail, si l'on peut dire, isolant un groupe, une vol&#233;e de petites ouvri&#232;res s'&#233;chappant de l'atelier, par exemple, et il en a tent&#233;, avec une fougue et une puissance qui n'ont pas &#233;t&#233; surpass&#233;es, de vastes et grouillantes synth&#232;ses, d&#233;ferlement de foule, qui ont le large fr&#233;missement et l'odeur montante de la vie. Il a marqu&#233; d'une telle originalit&#233;, d'un trait si vrai et si cern&#233;, ses croquis de m&#339;urs populaires, ses coins de chantiers et de faubourgs, qu'il a fait sien, pour longtemps encore, sans doute, ce paysage de pav&#233;s, de pl&#226;tras, d humanit&#233; et de fum&#233;e, mis&#233;rable et h&#233;ro&#239;que qu'on appelle la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue appartient, dans l'art direct du dessin, &#224; Alexandre Steinlen. Elle est son domaine pauvre et merveilleux. Par droit de piti&#233;, &#224; force d'&#233;tude, il y r&#232;gne aujourd'hui, accabl&#233; de son labeur, et triste, infiniment, de s'&#234;tre pench&#233; sur tant de souffrances. Pas un peintre, je pense, ne lui contestera ce douloureux privil&#232;ge, acquis par tant de peines et d'amour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne reconnais &#224; Steinlen que deux &#233;gaux : Jules Vall&#232;s, compagnon des &lt;i&gt;R&#233;fractaires &lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Enfants du Peuple&lt;/i&gt; et le grand Emile Zola, qui entra&#238;na les foules &#233;piques de &lt;i&gt;La D&#233;b&#226;cle &lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Germinal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5481 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/pages_de_les_hommes__copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH705/pages_de_les_hommes__copie-e164e.jpg?1774777554' width='500' height='705' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Si inattendu et si extraordinaire que cela paraisse, Steinlen n'est pas n&#233; &#224; Paris. La nature, m&#232;re impr&#233;voyante, commet de ces erreurs ! Steinlen est d'origine suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#233;ophile-Alexandre Steinlen a vu le jour sous un ciel cl&#233;ment, en 1859, &#224; Lausanne, nid de qui&#233;tude patriarcale et retraite calviniste. Celui qui devait &#234;tre, un jour, le peintre le plus &#226;pre de la d&#233;bine parisienne ouvrit les yeux sur un d&#233;cor alpestre, aux tons verniss&#233;s d'imagerie : gras p&#226;turages, chalets d'op&#233;ra-comique, troupeaux clairsem&#233;s aux gr&#234;les clarines... Affiche pour Milka-Suchard !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille de Steinlen, &#171; en qui se croisent plusieurs races et qui m&#234;lait du sang fran&#231;ais &#224; du sang germain &#187;, &#233;tait une famille d'artistes. On rapporte que son grand-p&#232;re, professeur de dessin &#224; Vevey, eut neuf fils, qui s'adonn&#232;rent tous &#224; l'art paternel. Guid&#233; par l'instinct, Steinlen crayonna, petit gar&#231;on aux doigts tach&#233;s d'encre, dans les marges de ses cahiers de classe. Soumis &#224; une rigide &#233;ducation protestante, il fit des &#233;tudes uniquement litt&#233;raires, et non pas artistiques, comme on pourrait le croire. Il vint &#224; l'art, de lui-m&#234;me, ob&#233;issant &#224; une pouss&#233;e int&#233;rieure, et contre l'assentiment des siens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen n'avait pas vingt ans quand, renon&#231;ant aux honneurs du baccalaur&#233;at, il d&#233;serta le morne coll&#232;ge. Une obsession le hantait, qui le poussait &#224; reproduire sans cesse des silhouettes de coqs et de chats, ses b&#234;tes de pr&#233;dilection. Il &#233;tait n&#233; peintre, comme d'autres viennent au monde critiques d'art ou manilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se d&#233;barrassa du pr&#233;coce animalier en l'envoyant apprendre le dessin d'ornements, chez un oncle, manufacturier &#224; Mulhouse. On esp&#233;rait qu'il s'assagirait, qu'il renoncerait &#224; ses lubies. Peindre des coqs et des chats, la belle invention ! Steinlen s'&#233;tiola, quelques mois, dans la cit&#233; industrielle. Mais il y couvait un grand projet, un cher et vaste d&#233;sir d'&#233;vasion. Un beau matin, n'en pouvant plus d'attendre, il prit le chemin de Paris. Il n'y vint pas ; il y courut, Paris &#233;tait n&#233;cessaire &#224; sa vitalit&#233;, au libre jeu de son cerveau et de ses organes. Il lui fallait Paris !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zola, qui a &#233;veill&#233; tant de consciences, venait de jeter le germe de d&#233;livrance dans la t&#234;te du petit Steinlen : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On dit que tr&#232;s jeune il lut l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Assommoir&lt;/span&gt; de Zola,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; raconte Anatole France&lt;/span&gt;, qu'il en re&#231;ut la r&#233;v&#233;lation de tout un monde de travail et de souffrance, et qu'&#233;mu de cette apocalypse de la mis&#232;re il se sentit attir&#233; vers nos faubourgs par une irr&#233;sistible sympathie et par un secret avertissement que l&#224; seulement il pourrait d&#233;velopper toute son &#226;me. C'est ainsi que, du fond de son pays Vaudois, il nous est venu ing&#233;nu, curieux et charmant, et portant &#224; son chapeau un bouquet de fleurs rustiques.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le matin de son arriv&#233;e &#224; Paris, Steinlen a gard&#233;, comme un f&#233;tiche, ces fleurs toujours fra&#238;ches ; la v&#233;rit&#233;, c'est que les couleurs se sont &#233;vanouies. Le petit bouquet a tourn&#233; au rouge, &#224; un rouge de plus en plus sombre et qui ressemble au noir.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;A son entr&#233;e dans Paris, vers la fin de 1881, &#171; avec vingt-quatre francs clans la poche &#187;, Steinlen dut &#233;prouver qu'il p&#233;n&#233;trait dans sa vraie patrie. De quel regard filial il dut la d&#233;couvrir, ou, plut&#244;t, la reconna&#238;tre ! Ainsi, les fresques &#233;voqu&#233;es par Emile Zola &#233;taient bien des visions, &#233;normes mais exactes, de la r&#233;alit&#233; ; elles &#233;taient b&#226;ties, solidement, sur l'observation ; elles ne mentaient pas ! Le petit dessinateur inconnu se proposa, d'embl&#233;e, d'entreprendre la t&#226;che formidable, sous laquelle pliait le cr&#233;ateur des &lt;i&gt;Rougon Macquart &lt;/i&gt; : peindre et exalter Paris et son peuple vaillant. Toute une vie suffirait-elle a cette ambition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen ne perdit pas son temps. Il lui fallait, au plus vite, regagner les ann&#233;es mortes. Il ne se pardonnait pas d'avoir vu la lumi&#232;re, d'avoir respir&#233;, grandi, jou&#233; et dessin&#233;, ailleurs qu'en ce Montmartre rustique et pittoresque. Il lui importait peu de g&#238;ter dans une bicoque. Pour la premi&#232;re fois, il se sentait vivre. Il tira profit de ses notions de dessin industriel et s'appliqua &#224; ex&#233;cuter quelques petites commandes pour un d&#233;corateur.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5477 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/theophile-alexandre_steinlen_-_tournee_du_chat_noir_de_rodolphe_salis__tour_of_rodolphe_salis__chat_noir__-_google_art_project.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/theophile-alexandre_steinlen_-_tournee_du_chat_noir_de_rodolphe_salis__tour_of_rodolphe_salis__chat_noir__-_google_art_project-58682-98e30.jpg?1774777554' width='150' height='200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le hasard, qui fait bien les choses quand il veut, fut secourable au jeune artiste. A peine descendu &#224; Paris, Steinlen rencontra Willette. Tout de suite, une amiti&#233; fraternelle les unit, qui dure encore, plus profonde que jamais. Willette introduisit son jeune camarade, timide et h&#233;sitant, au &lt;i&gt;Chat-Noir&lt;/i&gt;. Steinlen dessina l'affiche fameuse, ex&#233;cut&#233;e avec une rare sobri&#233;t&#233; de lignes et qui a r&#233;pandu la naissante renomm&#233;e de l'artiste. Les murs de Paris ont &#233;t&#233; comme ennoblis de la pr&#233;sence de ce chat aur&#233;ol&#233;, hi&#233;ratique et byzantin, de proportions &#233;normes, dressant au-dessus de la foule sa silhouette fantastique et d&#233;charn&#233;e et qui faisait d&#233;crire &#224; sa queue empanach&#233;e une courbe ostensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai connu Steinlen &#224; ses d&#233;buts, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;raconte Willette&lt;/q&gt;, et c'est moi qui ai amen&#233; ait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chat-Noir&lt;/span&gt; (d'ex&#233;crable m&#233;moire) cette excellente recrue, Steinlen a toujours &#233;t&#233; un tendre et un chaste ; dans le diabolique Chat Noir il n'a d'abord vu que le bon ap&#244;tre, qui se chauffait en faisant ronron ou qui jouait avec la petite Sarah, la fille de Rodolphe Salis, s&#339;ur des petits oiseaux qu'il dessinait alors si joliment pour des maisons de d&#233;corations.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, pour Steinlen, commen&#231;a une vie de recherches et de d&#233;couvertes, d'un cours pr&#233;cipit&#233;, qui n'a pas encore ralenti, apr&#232;s trente ann&#233;es En proie &#224; l'inqui&#233;tude fi&#233;vreuse des cr&#233;ateurs, il chargea ses cartons de croquis et d'&#233;bauches. Il apporta au &lt;i&gt;Chat-Noir&lt;/i&gt; des &lt;i&gt;Enfants&lt;/i&gt;, des &lt;i&gt;B&#234;tes famili&#232;res&lt;/i&gt;, histoires pu&#233;riles et malignes, o&#249; le chat, ma&#238;tre-fripon, fait des siennes, et qui d&#233;noncent l'un des plus souples talents d'animalier du crayon. Et, bient&#244;t, il collabora au &lt;i&gt;Mirliton&lt;/i&gt;, de Bruant, au &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;Chambard &lt;/i&gt; et &#224; &lt;i&gt;la Feuille&lt;/i&gt; de Zo d'Axa. L'&#233;lan &#233;tait donn&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5480 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/apunte_para_la_revista_gil_blas_illustre__theophile_alexandre_steinlen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH342/apunte_para_la_revista_gil_blas_illustre__theophile_alexandre_steinlen-6de31-1a00f.jpg?1774777554' width='150' height='342' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La popularit&#233; de Steinlen date, &#224; dire vrai, de sa collaboration hebdomadaire &#224; &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;. Apr&#232;s avoir fait la conqu&#234;te du monde qui se dit artistique, Steinlen imposa sa personnalit&#233; loyale et combative &#224; Paris, au Paris gouailleur et sentimental. Il fut vite adopt&#233; par tous ceux qui demandent leur nourriture intellectuelle aux suppl&#233;ments illustr&#233;s. Il hypnotisa, par ses dessins vigoureux, l'&#233;tudiant et la midinette, l'employ&#233; et le bureaucrate, les filles publiques et les dames litt&#233;raires. Ce public en vaut bien un autre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant huit ann&#233;es, de 1891 &#224; 1899, Steinlen illustra, avec une ma&#238;trise remarquable, sans une d&#233;faillance, la premi&#232;re page de &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;, qui constituait une anthologie disparate, et des plus curieuses &#224; feuilleter, de la nouvelle fran&#231;aise, en sa belle saison. Le naturalisme victorieux et le symbolisme florissant m&#234;laient leurs offrandes et unissaient leurs rameaux. Emile Zola et St&#233;phane Mallarm&#233;, Guy de Maupassant et Henri de R&#233;gnier, Octave Mirbeau et Francis Vi&#233;l&#233;-Griffin voisinaient et alternaient. Heureuses arm&#233;es ! M. F&#233;licien Champsaur &#233;tait le favori des lectrices, et, pour tourner le couplet amoureux et la ballade assassine, Armand Silvestre n'avait pas son pareil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re richesse de la collection de &lt;i&gt;Gil Blas illustr&#233;&lt;/i&gt;, c'est de contenir quatre cents dessins de Steinlen. Effort magnifique que celui de ce jeune artiste qui, ayant trouv&#233; sa veine, se condamne &#224; un labeur sans r&#233;pit, se livre &#224; une documentation quotidienne, perfectionne sans cesse son instrument et &#233;largit &#224; l'infini son horizon ! Huit ann&#233;es d'&#233;tudes et d'&#339;uvres, de projets &#233;bauch&#233;s et de pages durables de vie inqui&#232;te, surchauff&#233;e et pl&#233;ni&#232;re ! Huit ann&#233;es de la vie int&#233;rieure et f&#233;conde, de la destin&#233;e tragique et merveilleuse d'un grand artiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de m'enfermer, tout un jour, avec cette pr&#233;cieuse et &#233;norme collection de documents arrach&#233;s &#224; la soci&#233;t&#233; contemporaine, et, &#224; l'instant d'&#233;crire sur ce rapport prodigieux, je ravive mes sensations, &#224; feuilleter ce recueil de dessins choisis : &lt;i&gt;Dans la Vie &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la Vie, cent dessins de Steinlen. Pr&#233;face de Camille de Sainte-Croix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui renferme pr&#232;s de cent chefs-d'&#339;uvre, les meilleures pages de&lt;i&gt; Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;. Les voici group&#233;s, sous la forme amicale du livre, et distribu&#233;s en sept s&#233;ries :&lt;i&gt; Les Idylles, Bals et Bastringues, les Ouvriers, Gosses et Gosselines, les Mis&#233;reux, les Petites Ouvri&#232;res, Filles et Marlous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tant de sc&#232;nes pr&#233;cises et color&#233;es, qui se h&#226;tent et se bousculent, on demeure ab&#238;m&#233; de stupeur et d'admiration, les yeux fatigu&#233;s, les membres rompus, comme apr&#232;s une marche forcen&#233;e &#224; travers la foule la plus diverse, la plus grouillante et la plus fertile en oppositions. Steinlen a mis &#224; contribution tous les temps, tous les pays, toutes les conditions, toutes les heures et toutes les sai-sons. Selon l'exigence du texte &#224; illustrer, il a fait preuve de luxuriante imagination ou de r&#233;alisme intuitif ; il a &#233;voqu&#233; la lande et ses gen&#234;ts, le chantier et son d&#233;cor de pierres, la brasserie et sa suffocante tabagie, le cabinet particulier et ses relents de noce b&#234;te. Il a crayonn&#233;, tout ensemble, comme un troupeau humain, venu du plus lointain des si&#232;cles, ceux d'autrefois, qui se perdent dans les brumes de la l&#233;gende, et ceux d'aujourd'hui, allant, parlant et gesticulant. Il a &#233;t&#233;, tour &#224; tour, rustique et boulevardier, gavroche et justicier, mystique et pa&#239;en, et, dans nombre de pages vengeresses, anarchiste. Il a fait appel &#224; l'amour et &#224; la haine, au r&#234;ve et &#224; la sensualit&#233;, &#224; la piti&#233; et &#224; la r&#233;volte. Et toujours, durant ces huit ann&#233;es et dans ses quatre cents dessins, Steinlen est demeur&#233; Steinlen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fonci&#232;re probit&#233;, c'est Steinlen. Il est, lui aussi, &#171; un &#339;il incorruptible &#187; dirig&#233; sur la vie et les hommes. Mais, ainsi que Jules Renard, &#224; qui j'emprunte cette d&#233;finition de l'artiste &#171; humain &#187;, il n'a pas le pouvoir d'emp&#234;cher son c&#339;ur de battre. De l&#224;, que le crayon tremble un peu, aux minutes de col&#232;re ou de tristesse, dans la main vigoureuse du dessinateur. Steinlen est de ces tendres qui ne cr&#233;ent que dans la passion. Il est de la grande famille artistique qui va de Dickens &#224; Charles-Louis Philippe et de Millet &#224; Eug&#232;ne Carri&#232;re. Pour ceux-l&#224;, la beaut&#233; est comme un arbre de nos pays, mais charg&#233; de fruits d'or, au croisement de deux humbles chemins, ceux de la v&#233;rit&#233; et de la bont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Lorsque &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt; cessa de para&#238;tre, Steinlen &#233;tait pr&#233;par&#233;, par son robuste talent et le rude apprentissage qu'il venait de fournir, &#224; interpr&#233;ter, au moyen de l'art sobre et intime du dessin, la pens&#233;e et l'&#233;motion encloses dans les plus beaux livres de sa g&#233;n&#233;ration. De toute &#233;vidence, le dessinateur qui, au gr&#233; d'une n&#233;cessit&#233; plus ou moins litt&#233;raire, avait enfant&#233; tout un monde &#224; l'image de la soci&#233;t&#233; contemporaine, &#233;tait le premier illustrateur de son temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen abandonna donc le journal pour le livre. Il soumit, d&#233;sormais, &#224; la m&#233;ditation les lueurs vives et fulgurantes de son imagination cr&#233;atrice. Il entoura son &#339;uvre de silence, d'adoration et de cet enivrement d&#233;sol&#233;, qui est l'atmosph&#232;re des pens&#233;es les plus hautes et les plus rayonnantes. Il assura son m&#233;tier, &#233;largit plus encore son art, poursuivit avec une curiosit&#233; moins fi&#233;vreuse et comme renouvel&#233;e son enqu&#234;te sur les hommes. Il se rapprocha, d'ann&#233;e en ann&#233;e, luttant dans la solitude, de la perfection, qu'il souhaitait d'atteindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'admirable effort, la d&#233;licate et &#233;norme production ! Steinlen composa plusieurs num&#233;ros de &lt;i&gt;L'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;&lt;i&gt; : La vision de Victor Hugo&lt;/i&gt;, qui est d'un lyrique du crayon et &lt;i&gt;Juges et Jugeurs&lt;/i&gt;, album que Daumier aurait contresign&#233;. Il illustra, pour Sevin et Rey, &lt;i&gt;Les Soliloques du Pauvre&lt;/i&gt;, ces litanies populaires d'un accent dolent ou d&#233;chirant, et qui, mieux que les coups de clairon de M. Paul D&#233;roul&#232;de et les couacs des &lt;i&gt;Chanteclercs &lt;/i&gt; d'Acad&#233;mie, appartiennent &#224; notre litt&#233;rature nationale. Il conf&#233;ra une valeur esth&#233;tique aux recueils de chansons de Paul Delmet : &lt;i&gt;Chansons de femmes, Chansons de pages, Chansons de Montmartre&lt;/i&gt;, etc. Ses &#339;uvres les plus importantes, il les cr&#233;a, gr&#226;ce &#224; l'initiative de son ami et collaborateur Edouard Pelletan, &#233;diteur artiste et &#233;rudit. Il rendit sensible, par le trait et le jeu des ombres, l'injuste et douloureuse destin&#233;e de &lt;i&gt;Crainquebille&lt;/i&gt;, le conte le plus &#233;mu d'Anatole France, et son chef-d'&#339;uvre, incontestablement ; les travaux violents et les fougueuses amours des gars de ferme et des filles de village de la &lt;i&gt;Chanson des Gueux&lt;/i&gt; ; la mis&#232;re et la bont&#233;, comme deux vieilles tissant c&#244;te &#224; c&#244;te le lange d'un nouveau-n&#233;, dans la cabane des &lt;i&gt;Pauvres Gens&lt;/i&gt;, de Hugo ; les sentiments de l'homme libre qui revient dans le village de son enfance, la grandissante tendresse qui cro&#238;t au c&#339;ur de l'inconnu de &lt;i&gt;Patrie&lt;/i&gt;, l'admirable po&#232;me en prose de jules Renard ; les sourires narquois et la soudaine s&#233;v&#233;rit&#233; du visage d'Anatole France...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/pages_de_les_hommes_-2_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH738/pages_de_les_hommes_-2_copie-854b1.jpg?1774777554' width='500' height='738' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le talent de Steinlen, en tant qu'illustrateur de po&#232;mes et de r&#233;cits, est fait de compr&#233;hension fraternelle et de tendresse appliqu&#233;e. On le sent plein de la pens&#233;e de l'auteur et dans la crainte de le trahir. Le livre a &#233;t&#233; lu et relu par un lecteur, qui ne s'arr&#234;te pas au sens des mots et qui p&#233;n&#232;tre le sentiment qui a inspir&#233; et nourri l'&#339;uvre. Cr&#233;ateur parmi les plus dou&#233;s et les plus spontan&#233;s, Steinlen, quand il fouille un livre, remonte &#224; la source vivante, au c&#339;ur m&#234;me de la beaut&#233;. Riche d'une chaleur neuve, qui est la fi&#232;vre de son &#226;me en travail et riche des ferments &#233;trangers que lui apporte la fiction de l'&#233;crivain, Steinlen ne se d&#233;livre pas, sur-le-champ, de tout ce qui bout et veut na&#238;tre &#224; la vie, dans sa pens&#233;e. Toujours il confronte ses images inspir&#233;es avec les visions cruellement nettes que lui propose la r&#233;alit&#233;. Il ne compose ses planches que d'apr&#232;s la vie, non &#224; son imitation, mais &#224; sa ressemblance exalt&#233;e. Pour Steinlen, la v&#233;rit&#233; n'est pas une pellicule qu'on d&#233;tache de la surface des choses ; c'est une odeur forte, comme le go&#251;t de l'amour, et dont l'&#226;me s'impr&#232;gne. Il est id&#233;aliste, instinctivement, et par surcro&#238;t, &#224; la mani&#232;re des grands r&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout personnage de Steinlen trempe dans son milieu, se d&#233;tache sur le d&#233;cor de sa splendeur ou de sa d&#233;bine, soul&#232;ve sur ses pas une poussi&#232;re de sensations et d'impressions, qui lui sont propres. A vrai dire, il n'est vivant qu'en fonction des choses qui l'entourent ; elles le soutiennent, l'&#233;quilibrent, le conditionnent et l'expliquent ; elles forment le fond d&#233;termin&#233; &#224; la fois et lyrique de sa physiologie Le pav&#233; gras de boue ou ouat&#233; de neige, les hautes fa&#231;ades mornes et muettes, les interminables palissades, les tas de sable qui sont les falaises &#224; prix r&#233;duit des petits pauvres, les becs de gaz b&#233;n&#233;voles, les bancs secourables aux vieux et aux amants, tout le mat&#233;riel usag&#233; et d&#233;fra&#238;chi de la rue, que la pluie lave et que le soleil chauffe, constitue le paysage naturel et n&#233;cessaire des h&#233;ros de Steinlen. Paysage observ&#233;, aim&#233; et d&#233;chiffr&#233;, lui aussi, paysage vari&#233; &#224; l'infini, f&#233;cond en contrastes, marqu&#233; pour la douleur ou pour la joie ! Il ne suffit pas &#224; Steinlen, par exemple, de d&#233;crire la face tum&#233;fi&#233;e, creus&#233;e de rides et grossi&#232;rement taill&#233;e de Crainquebille, l'immortel marchand des quatre-saisons ; il veut encore nous le montrer, plong&#233; dans la cit&#233;, homme parmi les maisons, sous le ciel de Paris ; il veut que nous le voyions, un peu avant midi, &#224; &#171; l'heure de la vente &#187;, contre sa baladeuse amarr&#233;e au trottoir, gueulant &#171; les beaux poireaux &#187; et servant la pratique, tandis que la rue Montmartre roule, autour de lui, en sens contraires, ses deux courants de fiacres, d'omnibus, de camions, de voitures &#224; bras et d&#233;verse, au long des boutiques, son flot humain. Il faut conna&#238;tre, en effet, ce coin de Paris, &#224; cette heure choisie, pour comprendre le drame qui entrera, d&#232;s la seconde page du merveilleux r&#233;cit, dans la destin&#233;e de Crainquebille, victime de la justice humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5478 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left 150'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/maitres_de_l_affiche_v_3_-_pl_134_-_steinlen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH691/maitres_de_l_affiche_v_3_-_pl_134_-_steinlen-5f914.jpg?1774777555' width='500' height='691' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pendant qu'il illustrait France et Rictus, Steinlen trouva le temps de couvrir de vastes panneaux, destin&#233;s aux murs de Montmartre et de Montparnasse. Ceux qui les lui commandaient et qui, ensuite, les emportaient, d&#233;cernaient &#224; ces visions d'une acuit&#233; hallucinante le titre d'affiches. A la v&#233;rit&#233;, c'&#233;taient, balafr&#233;es &#224; grands traits et sculpt&#233;es par un d&#233;miurge dans la lumi&#232;re et l'ombre, de vivantes &#233;pop&#233;es. Je songe surtout, en cet instant o&#249; j'&#233;cris, aux deux fresques surhumaines qui annonc&#232;rent au peuple des faubourgs la publication de &lt;i&gt;Paris&lt;/i&gt;, cette autre &#233;pop&#233;e de Zola et la naissance du &lt;i&gt;Petit Sou&lt;/i&gt;. Qu'on se souvienne de ce d&#233;ferlement de pens&#233;es et d'&#234;tres en g&#233;sine, roulant &#224; travers les brumes glac&#233;es de l'aurore vers la Butte ! Qu'on &#233;voque, sur un ciel d'incendie, le beau barbare, au front tenace et aux muscles d'athl&#232;te, brisant les cha&#238;nes d'un pass&#233; l&#226;che ! Et je vois encore&lt;i&gt; Le Coupable&lt;/i&gt;, de Fran&#231;ois Copp&#233;e, le petit bagnard, p&#226;le et souffreteux, yeux caves et joues creuses, dont le regard et le silence sont une double accusation &#224; une soci&#233;t&#233; qui permet de si jeunes d&#233;sespoirs. J'accompagne Le &lt;i&gt;Chemineau &lt;/i&gt; sur sa route solitaire, &#224; travers plaines et vallons. Il n'est pas jusqu'aux &#339;uvres, que le gros commerce suscita, &lt;i&gt;Le lait pur st&#233;rilis&#233;&lt;/i&gt; ou les &lt;i&gt;Motocycles Comiot&lt;/i&gt;, qui ne comptent parmi les plus harmonieuses r&#233;ussites de l'affiche fran&#231;aise. Par vingt reprises, les murs de Paris ont &#233;t&#233;, gr&#226;ce &#224; Steinlen, ce qu'ils devraient toujours &#234;tres : les parois comme anim&#233;es et resplendissantes d'un mus&#233;e de vie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/maitres_de_l_affiche_v_2_-_pl_95_-_theophile-alexandre_steinlen.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/maitres_de_l_affiche_v_2_-_pl_95_-_theophile-alexandre_steinlen-2dd8e-91b7e.jpg?1774777555' width='150' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Que dirai-je, &#224; pr&#233;sent, du peintre, sinon qu'il est l'&#233;gal du dessinateur, en probit&#233; comme en talent. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En peignant &#224; l'huile, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;a &#233;crit Anatole France, qu'il faut toujours citer, &#224; propos d'Alexandre Steinlen, parce qu'il l'a jug&#233; avec l'aimante clairvoyance d'un admirateur devenu un ami&lt;/span&gt;, en peignant &#224; l'huile, l'artiste n'a perdu aucune des qualit&#233;s qui firent la c&#233;l&#233;brit&#233; du dessinateur, et il en a acquis de nouvelles, qui r&#233;sultent d'un proc&#233;d&#233; riche et f&#233;cond entre tous La ma&#238;trise &#224; laquelle il semble parvenu tout d'un coup est en r&#233;alit&#233; le r&#233;sultat d'une longue et patiente pr&#233;paration. Il ne s'est mis &#224; peindre de grandes figures que lorsqu'il s'est senti capable de les enlever avec autant de vigueur, de prestesse et d'emportement que ses croquis au crayon. Il a appris lentement &#224; peindre vite. C'est le secret de sa ma&#238;trise soudaine.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui visit&#232;rent l'exposition de la place Saint-Georges, un blafard apr&#232;s-midi de l'hiver 1903, ont gard&#233; le souvenir d'une mati&#232;re souple et vive, d'un art sobre et sinc&#232;re, de toiles claires et vibrantes. Peintre, Steinlen est demeur&#233; l'historien attendri et vigoureux de ceux qui travaillent. Voici des blanchisseuses sortant du lavoir et coltinant leur paquet de linge mouill&#233; , une marchande des quatre saisons et sa poussette ; des terrassiers d&#233;fon&#231;ant le sol, d'autres au repos, d'autres en route vers la soupe du soir, d'autres et d'autres encore. Voici le &lt;i&gt;14 Juillet&lt;/i&gt;, la f&#234;te populaire, son brouhaha, son tintamarre et ses lampions ; la f&#234;te populaire, avec son bal en plein vent, qui clabaude et qui s'ext&#233;nue ; la grande riboule-dingue patriotique et sa &lt;i&gt;Marseillaise &lt;/i&gt; vomie, aux carrefours, par des souffleurs de pistons et de trombones, que la congestion menace ; voici l'&#233;meute d&#233;cha&#238;n&#233;e, sur laquelle le drapeau fait une tache de sang. Voici, enfin, le monde menu et adorable de l'enfance, depuis le poupon qui presse sa &#171; p&#233;p&#233;e &#187; jusqu'&#224; la fillette de dix ans, qui ne r&#234;ve que de robes longues et joue &#224; la dame...&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;b&gt;*&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Dans l'un des contes les plus parfaits du recueil : &lt;i&gt;Dans la petite ville&lt;/i&gt;, et qui a pour titre : &lt;i&gt;Le Visiteur&lt;/i&gt; &#8212;conte qui m&#233;ritait bien la faveur d'un tirage &#224; part et l'honneur d'&#234;tre illustr&#233; par Steinlen &#8212; Charles-Louis Philippe fait revenir Christ parmi les bonnes gens de C&#233;rilly, petit village de France. Christ s'assied &#224; la table du sabotier, rompt le pain, sourit aux enfants, enseigne l'homme et la femme. Et, entre tant de paroles douces et &#233;mouvantes, J&#233;sus dit &#224; l'artisan, &#224; propos des haines nouvelles qui divisent les hommes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il n'est pas n&#233;cessaire d'&#233;tudier la question. Je sais, les yeux ferm&#233;s, que ce sont les pauvres qui ont raison.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la pens&#233;e g&#233;n&#233;ratrice de l'&#339;uvre de Steinlen et de tous les pr&#233;curseurs de l'art de demain. Comme syst&#232;me &#233;conomique ou philosophique, on jugera je le con&#231;ois, cette d&#233;claration un peu mince. En art, il suffit d'&#234;tre envahi de ce sentiment vital et universel pour faire des chefs-d'&#339;uvre. A qui pense, aime et souffre, il n'est qu'une patrie : la piti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le monde ne va pas ainsi qu'il devrait aller&lt;/q&gt;, r&#233;pondait, nagu&#232;re, Steinlen &#224; un journaliste, et il ajoutait, plein d'une sourde violence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut agir !&lt;/q&gt; Tout Steinlen, l'homme, sa vie et son art sont dans ces deux affirmations. Steinlen a refus&#233; son consentement au crime social et, obstin&#233;ment, sans l'espoir d'un gain ni l'attente d'une r&#233;demption, comme un homme &#224; la charrue, le front pench&#233; vers la terre qui, au bout du sillon, parcourt d'un vaste regard la plaine et repart, il a agi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen a proclam&#233; la grandeur du travail et la beaut&#233; sainte de la r&#233;volte. Qu'il soit lou&#233; de sa ferveur et de son courage ! Il a plus fait pour la d&#233;livrance de l'homme moderne que tant d'outres sonores, de copistes incontinents et d'aligneurs de chiffres. C'est la lourde erreur de la presse socialiste, en France, de rebuter des hommes de la valeur d'un Steinlen et de m&#233;conna&#238;tre leur collaboration sup&#233;rieure &#224; l'&#339;uvre d'affranchissement. J'ai peu de go&#251;t pour les paradoxes faciles, et je le dis parce que je le pense : une affiche de Steinlen sert mieux la cause de la r&#233;volution qu'une tourn&#233;e de conf&#233;rences d'un tribun fameux, quand ce serait m&#234;me dans l'Am&#233;rique du Sud. Emile Vandervelde et Jean Jaur&#232;s, qui ont parl&#233; si &#233;loquemment de l'alliance n&#233;cessaire de l'Art et du Socialisme, ne me d&#233;mentiront point !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinlen ne s'adresse pas qu'aux yeux du passant indiff&#233;rent ; &#224; travers le regard, il touche droit au c&#339;ur et y enfonce sa conviction. Encore une fois, il n'est pas seulement qu'un dessinateur. Il monte de son &#339;uvre un chant d'amour, d&#233;di&#233; &#224; ceux qui souffrent et qui esp&#232;rent, et un tumulte de blasph&#232;mes vers les dieux sanguinaires. Regardez bien ces dessins, qui sont une foule qui grouille et ondule, comme une moisson vivante ! Il flotte, au-dessus de cet amas d'images, une rumeur vague et qui grandit, et c'est la protestation de la vie contre tout le mal qui est chez les hommes... &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le inonde ne va pas ainsi qu'il devrait aller !&lt;/q&gt; Steinlen a mis sa vie &#224; illustrer cette phrase, jet&#233;e au cours d'un entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, comme je termine cette &#233;tude, je me souviens d'un mot de Vall&#232;s, ce fr&#232;re des insurg&#233;s et des vaincus, qui m'appara&#238;t, je l'ai dit, comme un fr&#232;re a&#238;n&#233; de Steinlen. Dans une heure de franchise, r&#233;sumant trente ans de luttes, Vall&#232;s a &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon nom restera affich&#233; dans l'atelier des guerres sociales comme celui d'un ouvrier qui ne fut pas un fain&#233;ant.&lt;/q&gt; Devant ceux d'aujourd'hui, devant les humbles et les superbes, Steinlen peut se rendre &#224; lui-m&#234;me, d'une &#226;me tranquille et le front haut, ce juste et noble hommage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dans la Vie&lt;/i&gt;, cent dessins de Steinlen. Pr&#233;face de Camille de Sainte-Croix (Levin et Rey, libraires).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Intentionnalit&#233;, anarchisme et art </title>
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		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/intentionnalite-anarchisme-et-art</guid>
		<dc:date>2023-10-24T13:46:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pietro Ferrua </dc:creator>


		<dc:subject>Camille Pissarro </dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;lix Vallotton</dc:subject>
		<dc:subject>Franti&#353;ek Kupka</dc:subject>
		<dc:subject>Maximilien Luce</dc:subject>
		<dc:subject>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Lausanne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans une collection d'affiches de la CNT-AIT espagnole, il en existe une ayant comme sujet une voiture de luxe. S'il n'y avait pas eu les acronymes du mouvement anarcho-syndicaliste, on eut pu croire qu'il s'agissait d'une publicit&#233; du genre de celle imprim&#233;e sur papier couch&#233; et en polychromie que distribuent les repr&#233;sentants de voitures de haut de gamme. Suffit-il de quelques lettres &#171; magiques &#187; pour transformer un message publicitaire en propagande politique ou, mieux encore, en signe artistique ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-que-gagne-t-on-a-etre-artiste-" rel="directory"&gt;Que gagne-t-on &#224; &#234;tre artiste ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-camille-pissarro-+" rel="tag"&gt;Camille Pissarro &lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-maximilien-luce-92-+" rel="tag"&gt;Maximilien Luce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-theophile-alexandre-steinlen-272-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-cira-de-202-+" rel="tag"&gt;CIRA Lausanne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH104/l-anarchiste-1892-ff67a.jpg?1774703469' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Art et Anarchie&lt;/i&gt;, actes du colloque &#171; Les dix ans de Radio Libertaire &#187;, Paris, mai 1991, Co&#233;ditions Via Valeriano/La Vache folle, 1993.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une collection d'affiches de la CNT-AIT espagnole, il en existe une ayant comme sujet une voiture de luxe. S'il n'y avait pas eu les acronymes du mouvement anarcho-syndicaliste, on eut pu croire qu'il s'agissait d'une publicit&#233; du genre de celle imprim&#233;e sur papier couch&#233; et en polychromie que distribuent les repr&#233;sentants de voitures de haut de gamme. Suffit-il de quelques lettres &#171; magiques &#187; pour transformer un message publicitaire en propagande politique ou, mieux encore, en signe artistique ? La r&#233;ponse &#224; cette question rh&#233;torique est sans doute n&#233;gative. Et pourtant ! Mis &#224; part le petit frisson agr&#233;able que la plupart d'entre nous ressentent en d&#233;couvrant un &#171; A &#187; cercl&#233; ou tout autre symbole ou sigle connu dans un tableau d'auteur, quel est l'&#233;l&#233;ment d&#233;terminant qui fait d'une toile une &#339;uvre &#171; anarchiste &#187; ? L&#224; je pense que, faute d'une m&#233;thodologie ou d'un param&#232;tre bien d&#233;fini, les r&#233;ponses varieront.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/sans_titre-1-20-7108a-2b1f8.jpg?1774710528' width='150' height='150' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Reszler &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Comme il n'existe pas une esth&#233;tique officielle ni officieuse de l'anarchisme, je rends hommage &#224; Andr&#233; Reszler&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que nous nous soyons perdus de vue, je le connais depuis que notre amie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d'avoir essay&#233; d'en d&#233;gager une. Celui-ci, cependant, a surtout &#233;pluch&#233; les textes des th&#233;oriciens dont la formation &#233;tait extra-artistique. &#192; propos de Proudhon, un de ses points de rep&#232;re, Champfleury n'a-t-il pas dit qu'il n'&#233;tait pourvu d'aucune sensibilit&#233; artistique ? Et Courbet&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Michel Ragon, Courbet, Paris, &#233;ditions des Vergeures, 1981, 56 p.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ne s'est-il pas vant&#233; d'avoir fourni &#224; Proudhon d'innombrables pages de notes pour qu'il p&#251;t b&#226;tir son argument ? Kropotkine, par ailleurs, &#233;tait un scientifique, et dans le domaine de l'imaginaire artistique on ne peut lui accorder qu'une &#171; autorit&#233; &#187; morale et toute th&#233;orique. Ne vaudrait-il pas mieux demander aux artistes anarchistes ce qu'ils pensent de l'art &#171; anarchiste &#187;, en admettant que celui-ci existe ?&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4242 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH194/felix_feneon_by_vallotton-2-b8fa5-10fb9.jpg?1774710528' width='150' height='194' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;F&#233;lix F&#233;n&#233;on - &lt;br&gt;F&#233;lix Vallotton&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je me suis sans doute &#233;gar&#233; moi-m&#234;me lorsque j'eus &#224; organiser, il y a une douzaine d'ann&#233;es, une exposition&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4.	Ce fut en 1979, lorsque je commen&#231;ai &#224; pr&#233;parer le First International (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; tant soit peu suffisante, puisqu'elle n'aurait pas pu &#234;tre exhaustive, de la geste anarchiste &#224; travers les temps. J'avais arbitrairement d&#233;cid&#233; que l'art anarchiste n'existait pas, mais qu'il existait des &#339;uvres inspir&#233;es de l'anarchisme, imprimant ainsi &#224; cette exposition&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous esp&#233;rions pouvoir la r&#233;aliser dans le Portland Art Museum, mais cela ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; une dimension historique et documentaire qui se voulait une illustration de l'anarchisme dans son ensemble, toutes tendances confondues. Il y avait une abondance d'autoportraits de Camille Pissarro ou de portraits de F&#233;lix F&#233;n&#233;on. Qu'est-ce que cela pouvait bien avoir d'&#171; anarchiste &#187; ? Il fallait consid&#233;rer cela tout simplement comme une galerie de t&#234;tes de militants, une iconographie syst&#233;matique, et il n'&#233;tait pas indiff&#233;rent pour la post&#233;rit&#233; de savoir que l'anarchiste F&#233;n&#233;on avait &#233;t&#233; portrait&#233; par &#201;mile Compard aussi bien que par Sacha Guitry, par Severino Rappa aussi bien que par Henri de Toulouse-Lautrec, par Th&#233;o Van Dongen aussi bien que par Maximilien Luce, et j'en passe, mais surtout par Paul Signac. La question est de savoir si on le peignait parce qu'il &#233;tait beau, ou parce qu'il &#233;tait anarchiste, parce que c'&#233;tait un ami qu'on aimait ou un critique qu'on admirait, ou pour qui on nourrissait de la reconnaissance parce qu'il avait contribu&#233; &#224; faire conna&#238;tre l'&#339;uvre de tel ou tel artiste. Dot&#233; d'un flair infaillible, il est &#233;vident que F&#233;n&#233;on a &#233;t&#233; l'ex&#233;g&#232;te ou le mentor de plusieurs g&#233;n&#233;rations d'artistes, impressionnistes ou n&#233;o-impressionnistes, symbolistes ou nabis, pointillistes ou fauves, ou autres choses encore.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH146/ffff-459af-23b00.jpg?1774710528' width='150' height='146' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul C&#233;zanne - &lt;br&gt;Portrait de Pissarro&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pissarro, peint par ses enfants, par Gauguin, C&#233;zanne, Luce, Piette, Forain, etc., le fut-il parce qu'il &#233;tait anarchiste ou parce qu'il &#233;tait Juif, parce qu'il &#233;tait &#171; le p&#232;re de l'impressionnisme &#187; ou un grand protecteur des jeunes artistes ? Ou pour d'autres raisons encore ? Signac l'appela &#171; Ma&#238;tre &#187; toute sa vie, lui qui l'avait sans doute d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; l'exposition mentionn&#233;e, l'on me fit &#233;galement remarquer qu'il y avait une surabondance de reproductions de Flavio Costantini, lequel n'&#233;tait &#171; plus &#187; anarchiste ou n'avait jamais &#233;t&#233; militant. La question me parut si secondaire que m&#234;me lorsque notre amiti&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A tel point qu'il m'a aimablement offert d'illustrer la couverture de mon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; se d&#233;veloppa, je ne la lui posai jamais. Il a conf&#233;r&#233; une telle expressivit&#233; &#224; la technique de la gouache, que la touche est inimitable et cela me semble plus important qu'une profession de foi politique (mis &#224; part le fait qu'il soit devenu une sorte de &#171; chantre de l'anarchie &#187;). Mais, &#224; propos, parlons un peu de la foi politique des artistes &#171; anarchistes &#187; et examinons jusqu'&#224; quel point celle-ci a affaibli leur art.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/alfred_bruyas.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/alfred_bruyas-32f50-752ef.jpg?1774710528' width='150' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Courbet - Portrait&lt;br&gt; d'Alfred Bruyas (1854) &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Michel Ragon nous a montr&#233; comment Courbet a &#233;difi&#233;, gr&#226;ce &#224; Baudelaire et &#224; Proudhon, une th&#233;orie du r&#233;alisme pictural. Courbet &#233;crit &#224; propos de Proudhon : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous faisons ensemble une &#339;uvre importante qui rattache mon art &#224; sa philosophie et son &#339;uvre &#224; la mienne.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ragon, op. cit., p. 10.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Lorsque &lt;i&gt;Sur le principe de l'art et de sa destination sociale &lt;/i&gt; para&#238;t, le peintre en envoie un exemplaire &#224; ses parents en leur disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est la chose la plus merveilleuse qu'il soit possible de voir et c'est le plus grand service et le plus grand honneur qu'un homme puisse souhaiter dans son existence&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ragon, op. cit., p. 12.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Acquis &#224; la cause proudhonienne, Courbet va d&#233;sormais s'y d&#233;vouer corps et &#226;me, m&#234;me si cela lui co&#251;tera la prison, d'abord, et la mort en exil, ensuite. Courbet r&#233;ussit &#224; vivre de sa peinture, sans c&#233;der au compromis et fit l'art qu'il voulait faire. Il &#233;crit &#224; son ami montpelli&#233;rain, le peintre Bruyas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une cause sainte et sacr&#233;e qui est la cause de la libert&#233; et de l'ind&#233;pendance, cause &#224; laquelle j'ai consacr&#233; ma vie enti&#232;re ainsi que vous&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Bordes, Courbet &#224; Montpellier, Montpellier, Mus&#233;e Fabre, 1985, 158 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Courbet fut nomm&#233; Pr&#233;sident des Arts lors de la Commune de Paris de 1871 et compta parmi ses collaborateurs des artistes tels que Corot, Daumier, Millet et Manet. Il se comporta en libertaire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je croyais que pour faire une r&#233;volution sociale il n'&#233;tait pas besoin de faire aucune violence ni aucune exaction de quelque ordre que se soit&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reproduit par H.Dubief in L'Actualit&#233; de l'Histoire, n&#176; 30 de janvier-mars (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et fid&#232;le &#224; ses principes s'opposa toujours aux d&#233;crets violents. Une des premi&#232;res mesures qu'il adopta fut celle de pr&#233;server les &#339;uvres d'art du Louvre et de tous les autres mus&#233;es parisiens ; une autre, fut celle de pr&#244;ner l'ind&#233;pendance des artistes vis-&#224;-vis du pouvoir. Les statuts des F&#233;d&#233;rations artistiques de la Commune se font l'&#233;cho des id&#233;es de Courbet et de Proudhon et peuvent nous servir encore d'exemple aujourd'hui. Tout en croyant &#224; la fonction sociale de l'art, les tenants de la Commune font preuve d'une sensibilit&#233; extraordinaire du point de vue anarchiste aussi bien que du point de vue artistique. Ils mettent en question jusqu'&#224; l'enseignement de l'Ecole des beaux-arts : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'art &#233;tant l'expression libre et originale de la pens&#233;e, il en r&#233;sulte, du point de vue de l'enseignement, que toute direction officielle imprim&#233;e au jugement de l'&#339;uvre est fatale et condamn&#233;e ; qu'elle ne peut m&#234;me appartenir &#224; une majorit&#233; artistique, puisque, admettant m&#234;me cette direction comme bonne, elle tend n&#233;anmoins &#224; d&#233;truire l'individualit&#233;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir p. 21 de la plaquette de Paul Hippeau, Les F&#233;d&#233;rations artistiques sous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;alisme de Courbet est loin, on le voit bien, du r&#233;alisme socialiste de type stalinien. Benito Recchilongo l'a bien fait remarquer&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir son Camille Pissarro, Grafica anarchica, Roma, Instituto (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce que Courbet nous propose, c'est un atelier de la Renaissance plut&#244;t qu'une nouvelle &#233;cole&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH167/sans_titre-3-16-39ef2-96a8e.png?1774710528' width='150' height='167' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Lucien Pissarro &lt;br&gt;par Camille Pissarro&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s la mort de Courbet, en pleine &#233;poque impressionniste, les anarchistes sont l&#233;gion chez les peintres. La revue &lt;i&gt;L'Art social &lt;/i&gt; se voudrait une sorte d'&#171; acad&#233;mie &#187; de l'anarchie. Camille Pissarro, militant toute sa vie, collaborateur et souscripteur des publications anarchistes, propagandiste au sein de sa propre famille, &#224; tel point que ses enfants deviendront tous peintres et tous anarchistes, ne s'associe cependant pas &#224;&lt;i&gt; L'Art social&lt;/i&gt;. Bien au contraire, il d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce serait une erreur dans laquelle sont trop souvent tomb&#233;s les r&#233;volutionnaires les mieux intentionn&#233;s, comme Proudhon, que d'exiger syst&#233;matiquement une tendance socialiste exacte dans l'&#339;uvre d'art, parce que cette tendance se retrouvera beaucoup plus forte et &#233;loquente aupr&#232;s des esth&#233;ticiens purs, r&#233;volutionnaires par temp&#233;rament, lesquels s'&#233;loignant des chemins battus, peignent ce qu'ils voient, tel qu'ils le sentent et donnent inconsciemment, tr&#232;s souvent, un sacr&#233; coup de pioche au vieil &#233;difice social.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trad. de Recchilongo, op. cit., p. l23.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Si, dans l'art, Pissarro pense que le c&#244;t&#233; esth&#233;tique doit avoir le dessus, il n'en est pas de m&#234;me dans la vie quotidienne. Dans une lettre d'Eragny &#224; son fils Lucien qui se trouve &#224; Londres, Camille &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On m'a envoy&#233; &#8211; je ne sais qui &#8211; le bouquin de Kropotkine. Je te l'envoie. Je t'envoie aussi &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La R&#233;volte&lt;/span&gt; qui te fera voir quelques c&#244;t&#233;s nouveaux des &#233;v&#233;nements r&#233;cents. Pouget et Grave ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s dans la rafle que l'on a faite parmi les compagnons, en vertu des lois que m&#234;me les journaux bourgeois commencent &#224; croire imprudentes. La r&#233;publique, parbleu, d&#233;fend ses capitalistes, c'est compr&#233;hensible. Il est facile de se rendre compte que l'on est en pleine r&#233;volution &#8211; et cela menace de tout c&#244;t&#233;. Les id&#233;es ne s'arr&#234;tent pas aux lois.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dat&#233;e du 26 avril 1892, pp. 278-280 de Camille Pissarro, Lettres &#224; son fils (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Lucien r&#233;pond &#224; son p&#232;re avoir re&#231;u le livre de Kropotkine et &#234;tre en train de le lire et d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est fort bien et cela est en rapport avec ce que nous disons aujourd'hui.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, pp. 281 -282, lettre de Lucien &#224; Camille, dat&#233;e de Bayswater, 5 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Il lui raconte ensuite avoir &#233;t&#233; &#224; Hyde Park le Premier Mai et avoir assist&#233; &#224; la comm&#233;moration qu'en faisait Louise Michel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-4-8.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH147/sans_titre-4-8-230dd-d82e7.png?1774710528' width='150' height='147' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Portrait de Camille Pissarro par Lucien Pissarro&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le plus militant des fils Pissarro (et sans doute le plus dou&#233; d'entre tous comme peintre), Lucien collabora r&#233;guli&#232;rement &#224; la presse anarchiste, mais ne partageait pas la conception de l'art &#171; engag&#233; &#187;. Il eut &#224; dire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne vois pas du tout le paysage anarchiste ! Ou plut&#244;t, je le vois clairement mais non par le choix du sujet. Corot, Monet, Pissarro l'ont peint, l'interpr&#233;tant de mani&#232;re nouvelle et d&#233;molissant par l&#224;-m&#234;me les conventions esth&#233;tiques dominantes.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Trad. de Recchilongo, op. cit., p. 126. Sur Lucien Pissarro voir aussi W.S. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Entre p&#232;re et fils, il y avait une totale communion d'id&#233;es sur l'art aussi bien que sur la politique. L'influence, d'ailleurs, n'&#233;tait pas &#224; sens unique et ce fut le fils qui convertit le p&#232;re (gr&#226;ce aux conversations avec Signac et Seurat, qu'il lui avait pr&#233;sent&#233;s) au divisionnisme, ne serait-ce que pour une courte p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH159/lot-2-2aaa3-07c9d.jpg?1774710528' width='150' height='159' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Portrait de Paul Signac par Maximilien Luce.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Signac adh&#233;ra dans sa jeunesse au mouvement anarchiste et y resta attach&#233; jusqu'&#224; sa fin. Il se rendit toujours disponible, artistiquement et financi&#232;rement, et nous laissa quelques &#171; belles &#187; pi&#232;ces &#224; conviction de sa &#171; foi &#187; anarchiste dont la &lt;i&gt;Destruction de l'&#201;tat&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le d&#233;molisseur&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; Au temps d'harmonie&lt;/i&gt;, vision idyllique de la soci&#233;t&#233; future situ&#233;e dans le cadre somptueux de Saint-Tropez et dont le vrai titre devait &#234;tre &lt;i&gt;Au temps d'Anarchie&lt;/i&gt;. La coh&#233;rence anarchiste de Signac fut d'ailleurs sup&#233;rieure &#224; celle de Jean Grave et de Pierre Kropotkine, qui accept&#232;rent de patronner l'intervention en guerre contre l'Allemagne, ce que le peintre ne manqua pas de reprocher &#224; Grave avec beaucoup de tact et bien a posteriori, de la mani&#232;re suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour ma part je suis rest&#233; avec les m&#234;mes id&#233;es que vous m'avez mises au c&#339;ur et en t&#234;te, et j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; croire que, pris dans les remous de la tourmente, vous aviez eu une heure d'erreur plut&#244;t que de supposer que vous vous &#233;tiez tromp&#233; &#8211; involontairement &#8211; pendant trente ans. Le changement de mon grand ami Verhaeren, Luce refusant de signer l'hommage &#224; Romain Rolland &#8211; mon ami jean Grave admettant la guerre ! L'&#233;croulement de tout ce &#224; quoi je croyais. Le coup fut rude : pendant trois ans je n'ai pu peindre.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;oise Cachin, Paul Signac, Paris, Biblioth&#232;que des Arts, 1971, 142 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Ce qui montre que parfois l'artiste voit plus clair que le militant chevronn&#233;, m&#234;me dans les questions politiques, alors que lorsque les th&#233;oriciens ont voulu se m&#234;ler d'art, ils ont fait souvent fausse route.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/105986.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH179/105986-851ad-da85f.jpg?1774710528' width='150' height='179' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Portrait de Maximilien Luce, &lt;br&gt;par Paul Signac&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Maximilien Luce, malgr&#233; le fait qu'il militait depuis environ vingt ans dans le mouvement anarchiste et qu'il avait procur&#233; au &lt;i&gt;P&#232;re peinard &lt;/i&gt; plus de 200 gravures, flancha lors de la Grande Guerre, encore que s'il refusa, d'une part, de s'associer &#224; la d&#233;claration de solidarit&#233; avec Romain Rolland, il ne signa pas non plus le &#171; Manifeste des Seize &#187;. Signac pardonna &#224; Luce et le rempla&#231;a comme pr&#233;sident &#224; la Soci&#233;t&#233; des artistes ind&#233;pendants (dont il &#233;tait d&#233;j&#224; depuis longtemps vice-pr&#233;sident) lorsque celui-ci d&#233;missionna en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/thophile_alexandre_steinlen_-_self-portrait_steinlen_de_face_tete_droite_1905_-__meisterdrucke-1152315_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH201/thophile_alexandre_steinlen_-_self-portrait_steinlen_de_face_tete_droite_1905_-__meisterdrucke-1152315_-39883-6efc6.jpg?1774710528' width='150' height='201' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Th&#233;ophile-Alexandre &lt;br&gt;Steinlen (autoportrait)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Signac, malgr&#233; ses clins d'&#339;il &#224; l'anarchie comme sujet d'art, n'en pensera pas moins que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le peintre anarchiste n'est pas celui qui repr&#233;sentera des tableaux anarchistes, mais celui qui, sans souci de lucre, sans d&#233;sir de r&#233;compense, luttera de toute son individualit&#233; contre les conventions bourgeoises officielles par un apport personnel. Le sujet n'est rien, ou du moins qu'une des parties de l'&#339;uvre d'art, pas plus important que les autres &#233;l&#233;ments, couleurs, dessin, composition.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem, p. 69.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; M&#234;me Th&#233;ophile-Alexandre Steinlen, qui illustra &lt;i&gt;L'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; la Rue&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; et plusieurs livres et brochures de Kropotkine, Reclus, Faure, Grave, Rictus, Bruant, Lemonnier, Malato, Zo d'Axa, formula des r&#233;serves &#224; l'utilisation du dessin, dans un but de propagande. En 1912, il &#233;crivit en effet &#224; Jean Grave : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai vainement essay&#233; de r&#233;aliser un dessin pour ce que vous me demandez, je ne m'en tire pas. Je ne vois pas le joint qui permettrait de faire un dessin et non un r&#233;bus.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Catalogue de l'Exposition Steinlen &#224; la Galerie des Arts d&#233;coratifs S.A. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Ce point de vue formaliste &#233;tait partag&#233; par Th&#233;o Van Rysselberghe, un autre anarchiste de cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un dessin quelconque, mais ayant un int&#233;r&#234;t purement plastique, a suffisamment sa raison d'&#234;tre s'il a quelque valeur ; il aura son r&#244;le &#233;ducateur autant, sinon mieux, qu'un dessin &#224; signification litt&#233;raire ou philosophique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Pianzola, Th&#233;ophile-Alexandre Steinlen, Lausanne, Rencontre, 1971, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; En feuilletant la presse anarchiste de la Belle &#201;poque, on pourrait trouver autant de t&#233;moignages en ce sens chez les symbolistes (notamment Jan Toorop et son &lt;i&gt;Anarchie&lt;/i&gt;), les nabis (F&#233;lix Vallotton et ses bois grav&#233;s de sujets anarchistes), les cubistes (avec&lt;i&gt; Le Meeting anarchiste de Barcelone&lt;/i&gt; par Picasso&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Picasso &#233;tait notoirement membre du Parti Communiste, mais on oublie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;), les futuristes (surtout Carlo Carr&#224;, illustrateur de notre presse et auteur du c&#233;l&#232;bre&lt;i&gt; I Funerali dell'anarchico Galli&lt;/i&gt;), l'abstraction (avec l'anarchiste tch&#232;que Kupka&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le pass&#233; anarchiste de Kupka, on pourra consulter avec profit l'ouvrage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; illustrateur de Reclus et Kropotkine et ami de Ferrer), les dada&#239;stes (notamment Man Ray&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Man Ray, Self Portrait, New York, McGrawHill ; Maurizio Pagiolo dell' (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) , les surr&#233;alistes (Arturo Schwarz, Jos&#233; Pierre et moi-m&#234;me&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arturo Schwarz, Breton, Trotskij e l'anarchia, Milano, Multhipla, 1980, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; en avons trait&#233; ailleurs) et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4257 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton936-957ec.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH340/arton936-957ec-e1d39.jpg?1774787557' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de ce colloque n'est pas tel que l'on puisse &#233;tablir un inventaire, m&#234;me approximatif, de l'apport des artistes &#224; la cause de l'anarchisme. Le moment est venu de d&#233;gager quelques id&#233;es ma&#238;tresses nous permettant d'&#233;tablir des distinctions utiles entre l'art politique, social ou engag&#233;, et le formalisme, qu'il faut cesser de croire contradictoires. Si ma propre vision historiographique d'il y a une dizaine d'ann&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le catalogue de l'exposition de Portland, Anarchists seen by Painters, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait trop r&#233;ductive, mais, par ailleurs, cause involontaire d'un malentendu avec Arturo Schwarz lors du colloque &#171; Art et anarchisme &#187; tenu &#224; Venise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sans doute entr&#233; en retard dans la salle et ayant donc rat&#233; l'explication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; en septembre 1984, je crois l'avoir enrichie d'une nouvelle composante, celle de &#171; l'intentionnalit&#233; &#187; que j'ai ajout&#233;e &#224; mon point de vue &#224; la suite d'une longue conversation avec le r&#233;alisateur cin&#233;matographique br&#233;silien Carlos Reichenbach&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans la deuxi&#232;me &#233;dition de Anarchists seen by Painters (1988), je fais &#233;tat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est ainsi que plusieurs &#339;uvres, dont le sujet n'est pas apparemment anarchiste peuvent le devenir si leur auteur a voulu qu'il en soit ainsi puisqu'il attribue un sens &#171; anarchiste &#187; &#224; la combinaison des couleurs, des formes des signes et des symboles pr&#233;sents. Si on en revient &#224; l'affiche que je mentionnais au d&#233;but, mais en y insufflant la composante de &#171; l'intentionnalit&#233; &#187;, on en arrive peut-&#234;tre &#224; concevoir d'une mani&#232;re diff&#233;rente cette voiture, par exemple admirer le caract&#232;re sculptural de la carrosserie, ou concevoir le raffinement du profil ou du gabarit comme une glorification du travail, ou encore le message politique selon lequel le syndicat des travailleurs de l'automobile est dans les mains de la CNT-AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intentionnalit&#233; peut &#234;tre une cl&#233; s&#233;duisante d'approche &#224; l'art, mais encore faut-il la mettre en perspective &#224; la lumi&#232;re de la th&#233;orie de la &#171; r&#233;ception &#187;. Ce sera le sujet d'un autre entretien. En attendant, il s'agit de d&#233;cider quelle serait l'attitude souhaitable de l'artiste anarchiste. Sans doute celle d'un artiste ind&#233;pendant, h&#233;t&#233;rodoxe, ouvert &#224; la nouveaut&#233;, toujours pr&#234;t &#224; se mettre en question. Une attitude de genre Dada, typifi&#233;e par la position philosophique d'un Tzara ou d'un Feyerabend, ou par la pratique d'un Jean-Jacques Lebel&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fut une brillante &#233;l&#232;ve, que j'avais &#171; convertie &#187; au surr&#233;alisme, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (pour ne citer qu'un Fran&#231;ais) qui a v&#233;cu l'aventure surr&#233;aliste, le n&#233;odada&#239;sme, le happening, la po&#233;sie sonore, l'art-action, etc., et est pr&#234;t &#224; partir, j'imagine, pour de nouvelles exp&#233;riences. [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bien que nous nous soyons perdus de vue, je le connais depuis que notre amie commune Merc&#234;s de Quevedo Pessanha m'avait annonc&#233; d'Allemagne qu'arriverait en Suisse cet &#233;migr&#233; hongrois dont j'aurais certainement appr&#233;ci&#233; l'intelligence et la culture. A l'&#233;poque, fin des ann&#233;es 50, il ne s'int&#233;ressait pas &#224; l'anarchisme et je fus certainement le premier &#224; mentionner ce sujet eu &#233;gard &#224; des recherches que j'avais entreprises sur le mouvement anarchiste hongrois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Michel Ragon, &lt;i&gt;Courbet&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions des Vergeures, 1981, 56 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;4.	Ce fut en 1979, lorsque je commen&#231;ai &#224; pr&#233;parer le First International Symposium on Anarchism, qui eut ensuite lieu en f&#233;vrier 1980 au Lewis and Clark College de Portland, dans l'Oregon.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous esp&#233;rions pouvoir la r&#233;aliser dans le Portland Art Museum, mais cela ne fut pas possible. En outre, l'espace &#233;tant limit&#233;, nous d&#251;mes r&#233;duire &#224; une centaine le millier d'&#339;uvres que nous avions r&#233;pertori&#233;es. Enfin, pour des questions d'assurance, de droits de douane et de d&#233;lais, tr&#232;s peu d'&#339;uvres originales furent montr&#233;es, la plupart &#233;tant des reproductions photographiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A tel point qu'il m'a aimablement offert d'illustrer la couverture de mon prochain livre sur Italo Calvino. Un honneur et une chance qui s'ajoutent au plaisir d'en avoir un illustr&#233; par Yaacov Agam, et d'autres par Santiago de Santiago et Guadalupe Posada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ragon, op. cit., p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ragon, op. cit., p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philippe Bordes, &lt;i&gt;Courbet &#224; Montpellier&lt;/i&gt;, Montpellier, Mus&#233;e Fabre, 1985, 158 p. Lettre au peintre Bruyas de mai 1855, p. 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Reproduit par H.Dubief in&lt;i&gt; L'Actualit&#233; de l'Histoire&lt;/i&gt;, n&#176; 30 de janvier-mars 1960, pp. 27-37, &#171; D&#233;fense de Gustave Courbet par lui m&#234;me &#187;, p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir p. 21 de la plaquette de Paul Hippeau,&lt;i&gt; Les F&#233;d&#233;rations artistiques sous la Commune (Souvenirs de 1871)&lt;/i&gt;, Paris, Comptoir d'&#233;dition lettres, sciences et arts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir son &lt;i&gt;Camille Pissarro&lt;/i&gt;, Grafica anarchica, Roma, Instituto dell'Enciclopedia italiana, 1981 , 152 pages, p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Trad. de Recchilongo, op. cit., p. l23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dat&#233;e du 26 avril 1892, pp. 278-280 de Camille Pissarro, &lt;i&gt;Lettres &#224; son fils Lucien&lt;/i&gt; (pr&#233;sent&#233;es, avec l'assistance de Lucien Pissarro, par John Rewald), Paris, Albin Michel, 1950, 522 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, pp. 281 -282, lettre de Lucien &#224; Camille, dat&#233;e de Bayswater, 5 mai 1882.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Trad. de Recchilongo, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 126. Sur Lucien Pissarro voir aussi W.S. Mead-more, &lt;i&gt;Lucien Pissarro : un c&#339;ur simple&lt;/i&gt;, New York, A. Knopf, 1963. Son &#339;uvre graphique d'int&#233;r&#234;t anarchiste est d&#233;pos&#233;e &#224; l'Ashmolean Museum d'Oxford.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fran&#231;oise Cachin, &lt;i&gt;Paul Signac&lt;/i&gt;, Paris, Biblioth&#232;que des Arts, 1971, 142 pages, p. 111.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Catalogue de l'Exposition Steinlen &#224; la Galerie des Arts d&#233;coratifs S.A. Lausanne (13 d&#233;c. 1973-2 f&#233;vr. 1974), Lausanne, Gad, 1973, 82 pages, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Pianzola, &lt;i&gt;Th&#233;ophile-Alexandre Steinlen&lt;/i&gt;, Lausanne, Rencontre, 1971, 117 pages, p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Picasso &#233;tait notoirement membre du Parti Communiste, mais on oublie facilement que pendant sa jeunesse il a collabor&#233; &#224; des revues anarchistes, il en a m&#234;me codirig&#233; une, &#233;tait tr&#232;s li&#233; aux anarchistes de Barcelone et entour&#233; d'anarchistes (Andr&#233; Salmon, M&#233;cislas Colberg, Steinlen, F&#233;n&#233;on, etc.) lors de ses premiers s&#233;jours parisiens. La source la plus compl&#232;te &#224; consulter &#224; cet &#233;gard est la th&#232;se de doctorat de Phoebe Pool, partiellement publi&#233;e ensuite dans : Anthony Blunt et Phoebe Pool, &lt;i&gt;Picasso : the Formative Years, a Study of his Sources&lt;/i&gt;, London, Studio, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le pass&#233; anarchiste de Kupka, on pourra consulter avec profit l'ouvrage de Ludmila Vachrov&#224;, &lt;i&gt;Franck Kupka, Pioneer of Abstract Art&lt;/i&gt;, New York-Toronto, McGraw-Hill Book. A voir &#233;galement de D. Fedit, &lt;i&gt;L'&#338;uvre de Kupka&lt;/i&gt;, Paris, Mus&#233;es nationaux, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Man Ray, &lt;i&gt;Self Portrait&lt;/i&gt;, New York, McGrawHill ; Maurizio Pagiolo dell' Arco, &lt;i&gt;Man Ray : l'occhio e il suo doppio&lt;/i&gt;, Roma, Assessorato Antichit&#224; belle arti, 1975 ; Arturo Schwarz, &lt;i&gt;Man Ray : the Rigour of imagination&lt;/i&gt;, New York, Rizzoli ; Francis N. Nau-mann, &#171; Man Ray and the Ferrer Center : Art and Anarchy in the Pre-Dada period&#8221;, in &lt;i&gt;Dada !Surrealism&lt;/i&gt; n&#176; 14 de 1986,10-30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arturo Schwarz, Breton, Trotskij e l'anarchia, Milano, Multhipla, 1980, et Anarchia e Creativit&#224;, Milano, La Salamandra, 1981 ; Jos&#233; Pierre, Tracts surr&#233;alistes et d&#233;clarations collectives, 1922-1969, tome II, Paris, le Terrain vague, 1982, et Surr&#233;alisme et Anarchie, Paris, 1983 ; Pietro Ferrua, &lt;i&gt;Surr&#233;alisme et anarchisme&lt;/i&gt;, Paris, Monde libertaire, 1982.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans le catalogue de l'exposition de Portland, &lt;i&gt;Anarchists seen by Painters&lt;/i&gt;, Portland, Lewis and Clark College, 1980, 60 pages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sans doute entr&#233; en retard dans la salle et ayant donc rat&#233; l'explication initiale qui justifiait la pr&#233;sence d'&#339;uvres d'artistes &#233;trangers &#224; l'anarchisme par le fait que le sujet (sc&#232;ne ou personnage) l'&#233;tait, il s'insurgea avec v&#233;h&#233;mence lors de la projection d'une peinture murale de Siqueiros repr&#233;sentant le groupe &#171; anarcho-magoniste &#187;, pr&#233;curseur de la R&#233;volution mexicaine de 1911, qui avait organis&#233;, d&#233;j&#224; en 1906, la premi&#232;re gr&#232;ve r&#233;volutionnaire &#224; Cananea et bien que mon commentaire e&#251;t &#233;t&#233; textuellement : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au Mexique, Orozco, Rivera et Siqueiros peignirent des sc&#232;nes r&#233;volutionnaires occasionnellement li&#233;es &#224; des &#233;v&#233;nements anarchistes. Siqueiros, toutefois, est d&#233;nonc&#233; comme stalinien endurci par Andr&#233; Breton, dans un manifeste publi&#233; par &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Le Libertaire&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans la deuxi&#232;me &#233;dition de &lt;i&gt;Anarchists seen by Painters&lt;/i&gt; (1988), je fais &#233;tat de cet entretien qui eut lieu &#224; S&#227;o Paulo du Br&#233;sil, en d&#233;cembre 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce fut une brillante &#233;l&#232;ve, que j'avais &#171; convertie &#187; au surr&#233;alisme, qui &#233;tablit des rapports &#8211; jusqu'&#224; cette date uniquement &#233;pistolaires &#8211; plus directs entre moi et les surr&#233;alistes parisiens. Liliane Segall (en art, aujourd'hui, Liliane Lijn, apr&#232;s avoir sign&#233; ses premiers tableaux Lilian ou Naill) m'amena un jour &#224; Gen&#232;ve Jean-Jacques Lebel, avec qui je sympathisai imm&#233;diatement. Mon amie ayant ensuite &#233;pous&#233; le sculpteur grec Takis, les nouvelles de Lebel diminu&#232;rent, nous nous perd&#238;mes de vue. Mais j'ai continu&#233; &#224; suivre de loin ses activit&#233;s artistiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</title>
		<link>https://partage-noir.fr/theophile-alexandre-steinlen</link>
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		<dc:date>2023-07-06T08:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Marc Ferla</dc:creator>


		<dc:subject>Th&#233;ophile Alexandre Steinlen</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Steinlen est n&#233; &#224; Lausanne en 1859 et d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Paris en 1923. Peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur, ses th&#232;mes favoris &#233;taient l'injustice sociale, les chats et les nus f&#233;minins. Les titres de ses &#339;uvres : &lt;i&gt;Louise Michel sur une barricade&lt;/i&gt; (1885), &lt;i&gt;Les Petits martyrs&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;Les Prol&#233;taires, Le Cri des opprim&#233;s&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Locataire&lt;/i&gt; (1913), &lt;i&gt;Les Veuves de Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1909), affichent sa fibre libertaire. Il a mis en lumi&#232;re la dure condition des prol&#233;taires et les luttes sociales qu'ils ont men&#233;es pour leur &#233;mancipation. Il illustra des ouvrages litt&#233;raires comme &lt;i&gt;Les Soliloques du pauvre &lt;/i&gt; de Jehan Rictus, des chansons comme &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt; d'Eug&#232;ne Pottier et &lt;i&gt;Dans la rue&lt;/i&gt; d'Aristide Bruant. Habitant de Montmartre, il fr&#233;quenta le Cabaret du Chat noir dont il illustra le journal du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-calendrier-du-cira-2023-" rel="directory"&gt;Calendrier du CIRA 2023&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-theophile-alexandre-steinlen-272-+" rel="tag"&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-de-+" rel="tag"&gt;CIRA Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-l-assiette-au-beurre-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/pages_de_calendrier-2023-ecran-ddf7b.jpg?1774713209' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Steinlen est n&#233; &#224; Lausanne en 1859 et d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Paris en 1923. Peintre, graveur, illustrateur, affichiste et sculpteur, ses th&#232;mes favoris &#233;taient l'injustice sociale, les chats et les nus f&#233;minins. Les titres de ses &#339;uvres : &lt;i&gt;Louise Michel sur une barricade&lt;/i&gt; (1885), &lt;i&gt;Les Petits martyrs&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Lib&#233;ratrice&lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;Les Prol&#233;taires, Le Cri des opprim&#233;s&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Le Locataire&lt;/i&gt; (1913), &lt;i&gt;Les Veuves de Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1909), affichent sa fibre libertaire. Il a mis en lumi&#232;re la dure condition des prol&#233;taires et les luttes sociales qu'ils ont men&#233;es pour leur &#233;mancipation. Il illustra des ouvrages litt&#233;raires comme &lt;i&gt;Les Soliloques du pauvre &lt;/i&gt; de Jehan Rictus, des chansons comme &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt; d'Eug&#232;ne Pottier et &lt;i&gt;Dans la rue&lt;/i&gt; d'Aristide Bruant. Habitant de Montmartre, il fr&#233;quenta le Cabaret du Chat noir dont il illustra le journal du m&#234;me nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ses dessins, il enrichit livres et brochures li&#233;s au mouvement anarchiste : &lt;i&gt;L'&#201;tat, son r&#244;le historique &lt;/i&gt; de Pierre Kropotkine, &lt;i&gt;La Question sociale &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure,&lt;i&gt; &#201;volution et R&#233;volution&lt;/i&gt; d'&#201;lis&#233;e Reclus, &lt;i&gt;Guerre et militarisme&lt;/i&gt; de Jean Grave. Suite &#224; une visite &#224; Charles Malato et Ernest G&#233;gout qui &#233;taient emprisonn&#233;s &#224; Sainte-P&#233;lagie pour d&#233;lit d'opinion, il illustra leur livre-t&#233;moignage &lt;i&gt;Prison fin de si&#232;cle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il collabora &#224; divers journaux humoristiques : &lt;i&gt;L'Assiette au beurre, Le Rire, Gil-Blas, Les Hommes d'aujourd'hui, Les Humoristes.&lt;/i&gt; Principal illustrateur de &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt; de Zo d'Axa, il s'engage contre les mensonges de l'arm&#233;e et pour que justice soit rendue &#224; Dreyfus. Il participa aux c&#244;t&#233;s d'autres illustrateurs libertaires (M. Luce, J. Grandjouan, F. Vallotton, P. Signac, C. Pissarro&#8230;) au journal de Jean Grave &lt;i&gt;Les Temps nouveaux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas &#234;tre arr&#234;t&#233; &#224; la suite des lois sc&#233;l&#233;rates de 1893 et 1894 visant &#224; r&#233;primer le mouvement anarchiste, il quitta la France pour Munich (o&#249; il publia dans &lt;i&gt;Simplicissimus&lt;/i&gt;) et la Norv&#232;ge. Steinlen milita pour la constitution d'un syndicat des artistes peintres et dessinateurs qui adh&#233;ra &#224; la CGT en 1902. Il figure dans le comit&#233; constitu&#233; pour &#233;riger la statue &#224; Louise Michel. Il signe plusieurs p&#233;titions pour d&#233;noncer la condamnation &#224; mort du cordonnier &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jacques_Liabeuf&#034; class=&#034;spip_glossaire&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Jean-Jacques Liabeuf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la Guerre de 14-18, Steinlen se rendit sur le front et dessina les corps bris&#233;s des poilus, les ouvriers exploit&#233;s par la machine de guerre, le d&#233;sarroi des populations d&#233;plac&#233;es. Il se servit de son art pour t&#233;moigner de la barbarie des guerres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.cira-marseille.info/category/calendriers/" class="spip_out"&gt;Les Calendriers du CIRA de Marseille&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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