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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [07]</title>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
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		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1319-3ba38.png?1774726899' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;986 &#8211; 20 Novembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, noue faisons nos adieux &#224; toutes nos connaissances et nous reprenons le chemin de la gare. Une derni&#232;re bouteille est bue avec &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; qui nous a accompagn&#233;s et qui br&#251;le d'envie de se joindre &#224; nous. La blessure est encore loin d'&#234;tre gu&#233;rie et le retiendra encore de longues semaines &#224; l'h&#244;pital. Nous nous s&#233;parons en faisant de beaux projets, et le train nous emm&#232;ne &#224; toute vitesse jusqu'&#224; L&#233;rida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de passer un jour dans cette ville qui nous para&#238;t bien jolie. Pendant plusieurs heures, nous furetons d'un quartier &#224; l'autre, achetant ce qu'il nous faut pour retourner &#224; la tranch&#233;e. Nous allons au Comit&#233; CNT-FAI pour nous informer o&#249; nous pourrons passer la nuit. On nous indique un tr&#232;s grand h&#244;tel, en nous priant d'y manger. Tout y est gratuit pour les miliciens et nous go&#251;tons avec plaisir &#224; ce luxe qui entourait les riches passants d'avant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 9 heures, nous reprenons le train jusqu'&#224; Granen, o&#249; nous aurons la chance de trouver un camion qui nous transportera jusqu'&#224; Vicien. Nous passons la nuit dans ce petit village, o&#249; grouille toute une population de paysans et miliciens qui n'ont gu&#232;re l'air de se soucier des bombardements journaliers des Capronis et des Fockers. Beaucoup de b&#226;timents ont &#233;t&#233; d&#233;molis par les bombes, mais nombre d'ouvriers travaillent activement &#224; l'ach&#232;vement de nouvelles constructions.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L320xH224/e8-001_vig-11f9c.jpg?1774739488' width='320' height='224' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Espagne : ambulance offerte par le mouvement ouvrier genevois (1936)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, nous trouvons &#224; nouveau un camion qui nous portera jusqu'au Castillo San Luis, o&#249; est install&#233;e l'ambulance suisse depuis quelques semaines. Tout a &#233;t&#233; nettoy&#233; aux alentours et un groupe de camarades italiens et fran&#231;ais, qui ne sont pas en tr&#232;s bonne sant&#233;, en assument la garde. Nous p&#233;n&#233;trons dans les corridors o&#249; des pancartes nous invitent &#224; faire le moins de bruit possible. Chaque porte a son &#233;criteau : cuisine, chambres de malades, salle d'op&#233;rations, laboratoire et salle d'attente. Nous entrons dans cette derni&#232;re, o&#249; nous trouvons la camarade Marguerite, de Renens, qui nous souhaite bon accueil et s'enquiert du but de notre visite. Je me pr&#233;sente ainsi que mes camarades et chacun est heureux de faire connaissance. Nous acceptons sans nous faire prier l'invitation de d&#238;ner, car nous n'avons rien mang&#233; depuis Granen. Apr&#232;s une minutieuse visite de la voiture ambulance (don des syndicats ouvriers de la Suisse) qui est une merveille, nous prenons place &#224; table au milieu des docteurs, infirmiers et malades. La cuisine est app&#233;tissante et abondante, aussi en profitons-nous, car des privations de toutes sortes nous attendent. Nous passerons encore quelques heures &#224; parler des derniers &#233;v&#233;nements, puis nous repartons, en promettant une prochaine visite. Au bout de quelques heures de marche, nous arrivons au cimeti&#232;re de Huesca, lieu de rendez-vous que nous avions donn&#233; &#224; plusieurs camarades de notre compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Comit&#233; o&#249; nous nous adressons, on nous apprend qu'il manque du monde au cimeti&#232;re et que notre compagnie a &#233;t&#233; dissoute, manque de mitrailleuses. Nous d&#233;cidons donc de rester en attendant de nouvelles mitrailleuses. Nous sommes re&#231;us avec enthousiasme par un groupe, form&#233; essentiellement de paysans de l'Aragon, qui font partie de la colonne Francisco Ascaso. Apr&#232;s quelques jours de contact avec ces rudes travailleurs qui nous inspirent beaucoup de confiance, nous n'h&#233;sitons plus &#224; parler leur langue maternelle dont nous avons appris quelques fragments. Ils ne nous cachent point leur joie et nous encouragent &#224; parler tout en nous conseillant. Dans tout le secteur r&#232;gne un calme absolu, mais, de temps &#224; autre des duels d'artillerie et mitrailleuses viennent nous rappeler que nous sommes au front, en d&#233;cimant peu &#224; peu nos rangs. Plusieurs obus tombent dans le cimeti&#232;re, d&#233;truisant les tombeaux, &#233;ventrant les cercueils, semant les ossements des pauvres d&#233;funts que nous sommes oblig&#233;s d'enterrer pour &#233;viter le plus possible les &#233;pid&#233;mies. De grandes lettres, d'un brun noir&#226;tre, ont &#233;t&#233; dessin&#233;es contre les murs blancs de l'enceinte : &lt;i&gt;Nada de h&#233;ridos ! Nada de prisonieros !&lt;/i&gt; (Pas de bless&#233;s ! Pas de prisonniers !). J'en demande l'explication &#224; ceux qui ont particip&#233; a la prise du cimeti&#232;re. Ces mots, me r&#233;pond-on, ont &#233;t&#233; trac&#233;s par les fascistes avec le sang des 700 cadavres que nous avons trouv&#233;s devant ce mur tout cribl&#233; des balles meurtri&#232;res. Je comprends alors trop bien que c'&#233;tait la boucherie fasciste, comprenant femmes et enfants, avec cette cruaut&#233; qui caract&#233;rise tr&#232;s bien le r&#233;gime contre lequel nous luttons avec fermet&#233; et espoir. Nous passerons ainsi le dernier mois de l'ann&#233;e sans qu'aucun mouvement s&#233;rieux nous apporte de changement de position et nous avons mal aux yeux de toujours regarder Huesca qui est &#224; peine &#224; un kilom&#232;tre. Chaque jour de nouvelles restrictions viennent s'ajouter aux mauvaises conditions de notre vie d'hommes des cavernes, mais nous les supportons sans trop nous plaindre en nous disant : C'est pour le bien de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt;, organe de la CNT- FAI, nous renseigne journellement sur les &#233;v&#233;nements des divers fronts, mais ne parle peut-&#234;tre pas assez de r&#233;volution, tout en s'occupant trop de l'opinion des gouvernements &#233;trangers. Les journaux des divers partis politiques r&#233;publicains ne parlent que des conditions pos&#233;es par la Russie et les &#201;tats d&#233;mocratiques pour nous fournir les armes, les munitions et les vivres n&#233;cessaires &#224; mettre fin &#224; la rebellion fasciste. Ils annoncent &#224; grands cris que la militarisation peut &#234;tre accept&#233;e temporairement, en l'adaptant d'ailleurs &#224; nos id&#233;es et principes. Par cette concession, nous aurons en revanche, disent-ils, de l'aviation, des tanks, de l'artillerie, des mitrailleuses ultra modernes tirant deux mille coups &#224; la minute, et surtout beaucoup de munitions et de vivres. Tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont invit&#233;s &#224; accepter la militarisation et toute une clique d'espions &#224; Staline travaille, sans honte et sans rel&#226;che, &#224; inculquer aux miliciens que nous ne gagnerons pas la guerre si nous restons comme un troupeau sans berger. Par leurs exigences, les pays &#233;trangers veulent nous assurer une prompte victoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, des renseignements de source soi-disant s&#251;re nous arrivent de Barcelone. Plusieurs navires &#233;trangers, russes en particulier, venus pour ravitailler la Catalogne, sont repartis sans d&#233;charger, les officiers disant avoir re&#231;u des contre-ordres. La propagande pour la militarisation s'intensifie chaque jour et tous les moyens lui sont bons. Dans les villages de l'arri&#232;re-garde, des officiers couverts de galons et d'&#233;toiles se prom&#232;nent, r&#233;veillant chez plusieurs miliciens des instincts d'ambition &#224; peine endormis. Des ordres de la G&#233;n&#233;ralit&#233; et du gouvernement de Valence arrivent de plus en plus pressants. Nous essayons de r&#233;sister, mais nous ne savons pas assez la langue pour bien nous faire comprendre et nous pr&#233;f&#233;rons, pour ne pas &#234;tre militaris&#233;s de force, demander &#224; rejoindre le bataillon italien qui veut garder &#224; tout prix son autonomie. L'autorisation de passer dans le dit bataillon nous est accord&#233;e et nous quittons avec regret les camarades espagnols qui, eux, sont oblig&#233;s de subir une militarisation imb&#233;cile qui ne leur apportera du reste aucun des bienfaits tant vant&#233;s et promis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/27362_ca_object_representations_media_10484_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/27362_ca_object_representations_media_10484_large-54062-286e0.jpg?1774739488' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Giusepe Bifolchi&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons dans le bataillon italien beaucoup de camarades anarchistes au pass&#233; plein de luttes, et nous nous rangeons &#224; leurs c&#244;t&#233;s pleins de confiance. Nous occupons le Castillo Ferrer qui est &#224; quelques kilom&#232;tres du front et nous faisons, sous les conseils de &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt;, rempla&#231;ant le camarade Carlo Rosselli, des simulacres d'attaque et de d&#233;fense. Chaque jour arrivent de nouveaux &#233;l&#233;ments qui n'ont point voulu subir la militarisation. Nous souffrons de l'inaction, mais on nous dit de patienter, car le front s'organise militairement et un secteur nous sera r&#233;serv&#233;. Enfin, au mois de f&#233;vrier, des volontaires mitrailleurs sont demand&#233;s pour le front et apr&#232;s nous &#234;tre organis&#233;s en groupes, nous partons laissant nos tanks aux nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre groupe prend possession d'une mitrailleuse &#224; l'extr&#234;me droite du cimeti&#232;re de Huesca. Il nous semble que notre nouvelle organisation veut tr&#232;s bien aller, car nous avons plus r&#233;guli&#232;rement &#224; manger, Mais il est 'toutefois impossible d'avoir de nouvelles munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier a tenu sa promesse et il nous a rejoints il y a peu de jours, apportant sa bonne humeur. Il y a &#224; peine huit jours que nous sommes l&#224; qu'Ernest Prades, un petit Marseillais de 15 ans, est r&#233;clam&#233; par l'ambassade de son pays. Sa m&#232;re, qui est venue jusqu'au Castillo San Juan, le r&#233;clame avec force. Il refuse tout d'abord l'invitation de partir, ainsi qu'un certificat du gouvernement, qui le remercie pour son d&#233;vouement et son courage. Puis se rendant compte de l'angoisse dans laquelle sa m&#232;re est plong&#233;e, il se d&#233;cide, nous embrasse tous et part avec de grosses larmes de regret sur les joues. Constern&#233;s nous le regardons s'&#233;loigner sur la grande route, mais nous nous consolons en pensant qu'il va vers la vie, et nous parlons longuement sur sa bonne tenue &#224; nos c&#244;t&#233;s, dans les moments les plus tragiques pass&#233;s pendant ces cinq mois et demi de front. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference139|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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