<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://partage-noir.fr/spip.php?id_mot=234&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [08]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-08</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-08</guid>
		<dc:date>2023-03-29T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilio Canzi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous passerons encore quelques jours clans cette position sans qu'une alerte vienne troubler nos travaux. Une maison qui se trouve &#224; environ 200 m&#232;tres derri&#232;re nous sert d'h&#244;pital et nous allons y chercher le bois n&#233;cessaire pour nos fortifications. Nous d&#233;montons la toiture d'une d&#233;pendance, quand tout &#224; coup des obus sifflent et explosent &#224; quelques m&#232;tres de nous. Imm&#233;diatement, nous abandonnons tout sur place et courons jusqu'&#224; la tranch&#233;e. Le tir devient tr&#232;s pr&#233;cis et rapide. Plusieurs obus cr&#232;vent la fa&#231;ade de toutes parts.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-albert-minnig-236-+" rel="tag"&gt;Albert Minnig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-fernand-chevalier-+" rel="tag"&gt; Fernand Chevalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-emilio-canzi-+" rel="tag"&gt;Emilio Canzi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1293-60fd1.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;988 &#8211; 18 D&#233;cembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous passerons encore quelques jours clans cette position sans qu'une alerte vienne troubler nos travaux. Une maison qui se trouve &#224; environ 200 m&#232;tres derri&#232;re nous sert d'h&#244;pital et nous allons y chercher le bois n&#233;cessaire pour nos fortifications. Nous d&#233;montons la toiture d'une d&#233;pendance, quand tout &#224; coup des obus sifflent et explosent &#224; quelques m&#232;tres de nous. Imm&#233;diatement, nous abandonnons tout sur place et courons jusqu'&#224; la tranch&#233;e. Le tir devient tr&#232;s pr&#233;cis et rapide. Plusieurs obus cr&#232;vent la fa&#231;ade de toutes parts. Nous regardons tr&#232;s inquiets, car il y avait beaucoup de monde &#224; l'int&#233;rieur et &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt;, que nous ne voyons pas, doit &#234;tre l&#224;-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois quarts d'heure le bombardement prend fin et Chevalier, qui s'&#233;tait dissimul&#233; dans un foss&#233; tout proche de la maison, revient en rigolant, une poutre sur l'&#233;paule. Il n'en est pas de m&#234;me pour ceux qui sont rest&#233;s dans la maison. Un docteur a &#233;t&#233; tu&#233; en portant secours &#224; un bless&#233;. L'ambulance suisse, qui a &#233;t&#233; appel&#233;e, &#233;vacue les bless&#233;s et les morts ; mais les fascistes ont vu leurs all&#233;es et venues et recommencent &#224; tirer, faisant de nouvelles victimes. Heureusement l'&#233;vacuation est faite rapidement, mais il y a plusieurs morts et une douzaine de bless&#233;s. Un mulet a &#233;t&#233; tu&#233; dans l'&#233;curie et Sell&#233;s, un camarade de Trieste, nous apporte un bon plat de biftecks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous recevons une demande de changer de position, notre secteur allant du cimeti&#232;re au castillo Malatesta et &#224; la Casa Blanca. Je propose de retourner &#224; la Casa Blanca, secteur que Chevalier et moi connaissons bien. Tous sont d'accord, car nous pr&#233;voyons que l&#224;-bas nous aurons plus facilement de la bagarre. Des troupes viennent nous relever et, apr&#232;s deux heures d'une marche tr&#232;s p&#233;nible nous arrivons au secteur dit &#171; de la Mort &#187;. Nous &#233;tudions la position et d&#233;cidons de tout transformer, afin d'en tirer le plus d'efficacit&#233; possible. Un tunnel d'une quinzaine de m&#232;tres est creus&#233;, soixante traverses sont arrach&#233;es &#224; la voie de chemin de fer, sci&#233;es et port&#233;es &#224; proximit&#233;. Une autre &#233;quipe a rempli plus de trois cents sacs de terre et nous comptons qu'une seule nuit permettra de faire cet immense travail. Plusieurs camarades des sections avoisinantes viennent nous apporter leur aide. Nous travaillerons toute la nuit avec une ardeur incomparable. A tour de r&#244;le, chacun apporte traverses et sacs, faisant le moins de bruit possible, car nous sommes &#224; peine &#224; cent m&#232;tres des parapets fascistes. Il est &#224; peine 4 heures que le parapet est construit et recouvert de plus de deux m&#232;tres de terre et bien camoufl&#233; d'herbe et de petits buissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons avec impatience le jour pour juger si notre travail est bien fait. Enfin nous pouvons constater que notre effort n'a pas &#233;t&#233; nul et nous sommes tous &#233;merveill&#233;s. Trois grandes meurtri&#232;res que nous pouvons raccourcir ou fermer &#224; volont&#233; nous laissent un champ de visibilit&#233; de plusieurs kilom&#232;tres. A droite, notre tir peut battre tous les angles morts des autres mitrailleuses, en avant Saint-Georges, la route de Huesca-Huerrios et la voie ferr&#233;e, &#224; gauche, la pointe de la &lt;i&gt;lama &lt;/i&gt; (espace en plaine et sans pierres) de Huesca-Jaca et tout le syst&#232;me de tranch&#233;es fascistes. Nous br&#251;lons d'envie de tirer sur les rebelles qui se prom&#232;nent avec confiance dans les endroits o&#249; le tir pr&#233;c&#233;dent n'arrivait pas, mais nous avons encore beaucoup &#224; faire pour pouvoir placer la mitrailleuse. Deux jours ont suffi pour terminer ces petits travaux et notre tir fait beaucoup de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les canons r&#233;pondent &#224; notre tir en se vengeant sur les derni&#232;res ruines de la Casa Blanca. Nous rions d'entendre les obus passer sur nos t&#234;tes avec des hurlements terribles, alors qu'un raccourcissement d'&#224; peine cent m&#232;tres risquerait de tous nous fracasser. Plusieurs Suisses nouvellement arriv&#233;s viennent grossir notre groupe, ainsi que plusieurs camarades de toutes nationalit&#233;s, ce qui nous oblige &#224; agrandir nos fortifications. Des postes d'observation et de garde sont construits, ainsi que tout un nouveau r&#233;seau de tranch&#233;es. Les groupes qui sont dans notre secteur viennent souvent voir nos travaux et travaillent dur &#224; modifier les leurs. Apr&#232;s trois semaines le secteur est m&#233;connaissable et ressemble &#224; une v&#233;ritable forteresse. Des officiers russes, qui ont cach&#233; leurs galons dans leurs poches viennent visiter nos positions. L'&#233;tonnement se lit sur leurs visages et ils ne partent qu'apr&#232;s nous avoir f&#233;licit&#233;s. Nous sommes satisfaits, car c'est une bonne r&#233;plique &#224; la militarisation qui depuis six mois instruit des sapeurs et officiers dans les casernes de Barcelone, Valence et Albacete.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous ces actes de bonne volont&#233;, nous sentons autour de nous un vaste mouvement de boycott. Il est impossible d'obtenir des munitions et les vivres viennent avec beaucoup d'irr&#233;gularit&#233;. Une grande assembl&#233;e des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'Almudevar et Huesca est d&#233;cid&#233;e. Nous nous r&#233;unissons dans un bois et plusieurs projets sont discut&#233;s tr&#232;s vivement. Une commission est nomm&#233;e pour enqu&#234;ter et trouver les preuves du boycott possible. Une attaque g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre d&#233;clench&#233;e si nous obtenons le mat&#233;riel n&#233;cessaire, car nous en avons tous assez de rester dans une inactivit&#233; de douaniers. Les camarades espagnols qui ont &#233;t&#233; militaris&#233;s se plaignent de n'avoir pas obtenu une seule promesse et aucun n'a encore vu la couleur du mat&#233;riel russe. Les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te ne se font pas attendre. A Barbastro plus de 60 mitrailleuses restent inactives, &#224; Sarignena une quarantaine, dans la contr&#233;e plus de cent. Des magasins sont pleins de cartouches et d'obus. A Barcelone, des tanks servent pour les d&#233;fil&#233;s militaires et l'instruction &#224; la caserne Karl Marx. Un essai d'entente avec Valence reste sans r&#233;ponse et les articles des journaux nous d&#233;noncent comme insoumis, agents provocateurs de d&#233;sordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt; proteste, mais pas assez &#233;nergiquement. La majeure partie de nos colonnes est pour une unit&#233; prol&#233;tarienne dont les politiciens se moquent pas mal. De grandes affiches demandant l'appui du gouvernement sont r&#233;pandues dans tous les centres, mais n'arrivent pas &#224; &#233;branler l'attitude prise par ces messieurs qui avaient implor&#233; les syndicats pour leur venir en aide. Les jours passent lentement et la devise &#171; Ne comptons que sur nous-m&#234;mes ! &#187; est devenue g&#233;n&#233;rale. Des assembl&#233;es de bataillon ont lieu, sans pouvoir r&#233;soudre cette triste situation. L'enthousiasme disparait peu &#224; peu, faisant place souvent &#224; des diff&#233;rends personnels bien compr&#233;hensibles dans un tel &#233;tat de nervosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/meloni_scolpiti_fig__7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/meloni_scolpiti_fig__7-759ab-59c2f.jpg?1774729818' width='150' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Emilio Canzi &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt; a pass&#233; &#224; l'&#233;tat-major du r&#233;giment et il ne parait plus se soucier de la vie du bataillon. Thi&#233;ry, qui l'a remplac&#233;, se multiplie en efforts, mais ne peut donner satisfaction &#224; tous et il se d&#233;bat comme un lion clans une situation plus qu'impossible. Peu de temps apr&#232;s, il est appel&#233; &#224; Granen, et Canzi le remplace aussi bien que possible. Cafiero est nomm&#233; pour la Casa Blanca et nous avons beaucoup de confiance, car c'est un camarade tr&#232;s &#233;nergique qui ne recule devant aucun danger pour d&#233;noncer les salet&#233;s des grosses huiles de l'&#233;tat-major. Malheureusement ses efforts se brisent contre le cercle qui nous serre chaque jour davantage. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference140|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://partage-noir.fr/IMG/pdf/lra_1937_12_18.pdf" length="11442850" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [07]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-07</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-07</guid>
		<dc:date>2023-03-28T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Giusepe Bifolchi</dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-albert-minnig-236-+" rel="tag"&gt;Albert Minnig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-giusepe-bifolchi-+" rel="tag"&gt;Giusepe Bifolchi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-fernand-chevalier-+" rel="tag"&gt; Fernand Chevalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1319-3ba38.png?1774726899' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;986 &#8211; 20 Novembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, noue faisons nos adieux &#224; toutes nos connaissances et nous reprenons le chemin de la gare. Une derni&#232;re bouteille est bue avec &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; qui nous a accompagn&#233;s et qui br&#251;le d'envie de se joindre &#224; nous. La blessure est encore loin d'&#234;tre gu&#233;rie et le retiendra encore de longues semaines &#224; l'h&#244;pital. Nous nous s&#233;parons en faisant de beaux projets, et le train nous emm&#232;ne &#224; toute vitesse jusqu'&#224; L&#233;rida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de passer un jour dans cette ville qui nous para&#238;t bien jolie. Pendant plusieurs heures, nous furetons d'un quartier &#224; l'autre, achetant ce qu'il nous faut pour retourner &#224; la tranch&#233;e. Nous allons au Comit&#233; CNT-FAI pour nous informer o&#249; nous pourrons passer la nuit. On nous indique un tr&#232;s grand h&#244;tel, en nous priant d'y manger. Tout y est gratuit pour les miliciens et nous go&#251;tons avec plaisir &#224; ce luxe qui entourait les riches passants d'avant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 9 heures, nous reprenons le train jusqu'&#224; Granen, o&#249; nous aurons la chance de trouver un camion qui nous transportera jusqu'&#224; Vicien. Nous passons la nuit dans ce petit village, o&#249; grouille toute une population de paysans et miliciens qui n'ont gu&#232;re l'air de se soucier des bombardements journaliers des Capronis et des Fockers. Beaucoup de b&#226;timents ont &#233;t&#233; d&#233;molis par les bombes, mais nombre d'ouvriers travaillent activement &#224; l'ach&#232;vement de nouvelles constructions.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L320xH224/e8-001_vig-11f9c.jpg?1774739488' width='320' height='224' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Espagne : ambulance offerte par le mouvement ouvrier genevois (1936)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, nous trouvons &#224; nouveau un camion qui nous portera jusqu'au Castillo San Luis, o&#249; est install&#233;e l'ambulance suisse depuis quelques semaines. Tout a &#233;t&#233; nettoy&#233; aux alentours et un groupe de camarades italiens et fran&#231;ais, qui ne sont pas en tr&#232;s bonne sant&#233;, en assument la garde. Nous p&#233;n&#233;trons dans les corridors o&#249; des pancartes nous invitent &#224; faire le moins de bruit possible. Chaque porte a son &#233;criteau : cuisine, chambres de malades, salle d'op&#233;rations, laboratoire et salle d'attente. Nous entrons dans cette derni&#232;re, o&#249; nous trouvons la camarade Marguerite, de Renens, qui nous souhaite bon accueil et s'enquiert du but de notre visite. Je me pr&#233;sente ainsi que mes camarades et chacun est heureux de faire connaissance. Nous acceptons sans nous faire prier l'invitation de d&#238;ner, car nous n'avons rien mang&#233; depuis Granen. Apr&#232;s une minutieuse visite de la voiture ambulance (don des syndicats ouvriers de la Suisse) qui est une merveille, nous prenons place &#224; table au milieu des docteurs, infirmiers et malades. La cuisine est app&#233;tissante et abondante, aussi en profitons-nous, car des privations de toutes sortes nous attendent. Nous passerons encore quelques heures &#224; parler des derniers &#233;v&#233;nements, puis nous repartons, en promettant une prochaine visite. Au bout de quelques heures de marche, nous arrivons au cimeti&#232;re de Huesca, lieu de rendez-vous que nous avions donn&#233; &#224; plusieurs camarades de notre compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Comit&#233; o&#249; nous nous adressons, on nous apprend qu'il manque du monde au cimeti&#232;re et que notre compagnie a &#233;t&#233; dissoute, manque de mitrailleuses. Nous d&#233;cidons donc de rester en attendant de nouvelles mitrailleuses. Nous sommes re&#231;us avec enthousiasme par un groupe, form&#233; essentiellement de paysans de l'Aragon, qui font partie de la colonne Francisco Ascaso. Apr&#232;s quelques jours de contact avec ces rudes travailleurs qui nous inspirent beaucoup de confiance, nous n'h&#233;sitons plus &#224; parler leur langue maternelle dont nous avons appris quelques fragments. Ils ne nous cachent point leur joie et nous encouragent &#224; parler tout en nous conseillant. Dans tout le secteur r&#232;gne un calme absolu, mais, de temps &#224; autre des duels d'artillerie et mitrailleuses viennent nous rappeler que nous sommes au front, en d&#233;cimant peu &#224; peu nos rangs. Plusieurs obus tombent dans le cimeti&#232;re, d&#233;truisant les tombeaux, &#233;ventrant les cercueils, semant les ossements des pauvres d&#233;funts que nous sommes oblig&#233;s d'enterrer pour &#233;viter le plus possible les &#233;pid&#233;mies. De grandes lettres, d'un brun noir&#226;tre, ont &#233;t&#233; dessin&#233;es contre les murs blancs de l'enceinte : &lt;i&gt;Nada de h&#233;ridos ! Nada de prisonieros !&lt;/i&gt; (Pas de bless&#233;s ! Pas de prisonniers !). J'en demande l'explication &#224; ceux qui ont particip&#233; a la prise du cimeti&#232;re. Ces mots, me r&#233;pond-on, ont &#233;t&#233; trac&#233;s par les fascistes avec le sang des 700 cadavres que nous avons trouv&#233;s devant ce mur tout cribl&#233; des balles meurtri&#232;res. Je comprends alors trop bien que c'&#233;tait la boucherie fasciste, comprenant femmes et enfants, avec cette cruaut&#233; qui caract&#233;rise tr&#232;s bien le r&#233;gime contre lequel nous luttons avec fermet&#233; et espoir. Nous passerons ainsi le dernier mois de l'ann&#233;e sans qu'aucun mouvement s&#233;rieux nous apporte de changement de position et nous avons mal aux yeux de toujours regarder Huesca qui est &#224; peine &#224; un kilom&#232;tre. Chaque jour de nouvelles restrictions viennent s'ajouter aux mauvaises conditions de notre vie d'hommes des cavernes, mais nous les supportons sans trop nous plaindre en nous disant : C'est pour le bien de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt;, organe de la CNT- FAI, nous renseigne journellement sur les &#233;v&#233;nements des divers fronts, mais ne parle peut-&#234;tre pas assez de r&#233;volution, tout en s'occupant trop de l'opinion des gouvernements &#233;trangers. Les journaux des divers partis politiques r&#233;publicains ne parlent que des conditions pos&#233;es par la Russie et les &#201;tats d&#233;mocratiques pour nous fournir les armes, les munitions et les vivres n&#233;cessaires &#224; mettre fin &#224; la rebellion fasciste. Ils annoncent &#224; grands cris que la militarisation peut &#234;tre accept&#233;e temporairement, en l'adaptant d'ailleurs &#224; nos id&#233;es et principes. Par cette concession, nous aurons en revanche, disent-ils, de l'aviation, des tanks, de l'artillerie, des mitrailleuses ultra modernes tirant deux mille coups &#224; la minute, et surtout beaucoup de munitions et de vivres. Tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont invit&#233;s &#224; accepter la militarisation et toute une clique d'espions &#224; Staline travaille, sans honte et sans rel&#226;che, &#224; inculquer aux miliciens que nous ne gagnerons pas la guerre si nous restons comme un troupeau sans berger. Par leurs exigences, les pays &#233;trangers veulent nous assurer une prompte victoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, des renseignements de source soi-disant s&#251;re nous arrivent de Barcelone. Plusieurs navires &#233;trangers, russes en particulier, venus pour ravitailler la Catalogne, sont repartis sans d&#233;charger, les officiers disant avoir re&#231;u des contre-ordres. La propagande pour la militarisation s'intensifie chaque jour et tous les moyens lui sont bons. Dans les villages de l'arri&#232;re-garde, des officiers couverts de galons et d'&#233;toiles se prom&#232;nent, r&#233;veillant chez plusieurs miliciens des instincts d'ambition &#224; peine endormis. Des ordres de la G&#233;n&#233;ralit&#233; et du gouvernement de Valence arrivent de plus en plus pressants. Nous essayons de r&#233;sister, mais nous ne savons pas assez la langue pour bien nous faire comprendre et nous pr&#233;f&#233;rons, pour ne pas &#234;tre militaris&#233;s de force, demander &#224; rejoindre le bataillon italien qui veut garder &#224; tout prix son autonomie. L'autorisation de passer dans le dit bataillon nous est accord&#233;e et nous quittons avec regret les camarades espagnols qui, eux, sont oblig&#233;s de subir une militarisation imb&#233;cile qui ne leur apportera du reste aucun des bienfaits tant vant&#233;s et promis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/27362_ca_object_representations_media_10484_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/27362_ca_object_representations_media_10484_large-54062-286e0.jpg?1774739488' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Giusepe Bifolchi&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons dans le bataillon italien beaucoup de camarades anarchistes au pass&#233; plein de luttes, et nous nous rangeons &#224; leurs c&#244;t&#233;s pleins de confiance. Nous occupons le Castillo Ferrer qui est &#224; quelques kilom&#232;tres du front et nous faisons, sous les conseils de &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt;, rempla&#231;ant le camarade Carlo Rosselli, des simulacres d'attaque et de d&#233;fense. Chaque jour arrivent de nouveaux &#233;l&#233;ments qui n'ont point voulu subir la militarisation. Nous souffrons de l'inaction, mais on nous dit de patienter, car le front s'organise militairement et un secteur nous sera r&#233;serv&#233;. Enfin, au mois de f&#233;vrier, des volontaires mitrailleurs sont demand&#233;s pour le front et apr&#232;s nous &#234;tre organis&#233;s en groupes, nous partons laissant nos tanks aux nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre groupe prend possession d'une mitrailleuse &#224; l'extr&#234;me droite du cimeti&#232;re de Huesca. Il nous semble que notre nouvelle organisation veut tr&#232;s bien aller, car nous avons plus r&#233;guli&#232;rement &#224; manger, Mais il est 'toutefois impossible d'avoir de nouvelles munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier a tenu sa promesse et il nous a rejoints il y a peu de jours, apportant sa bonne humeur. Il y a &#224; peine huit jours que nous sommes l&#224; qu'Ernest Prades, un petit Marseillais de 15 ans, est r&#233;clam&#233; par l'ambassade de son pays. Sa m&#232;re, qui est venue jusqu'au Castillo San Juan, le r&#233;clame avec force. Il refuse tout d'abord l'invitation de partir, ainsi qu'un certificat du gouvernement, qui le remercie pour son d&#233;vouement et son courage. Puis se rendant compte de l'angoisse dans laquelle sa m&#232;re est plong&#233;e, il se d&#233;cide, nous embrasse tous et part avec de grosses larmes de regret sur les joues. Constern&#233;s nous le regardons s'&#233;loigner sur la grande route, mais nous nous consolons en pensant qu'il va vers la vie, et nous parlons longuement sur sa bonne tenue &#224; nos c&#244;t&#233;s, dans les moments les plus tragiques pass&#233;s pendant ces cinq mois et demi de front. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference139|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://partage-noir.fr/IMG/pdf/lra_1937_11_20.pdf" length="11796161" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [03]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-03</link>
		<guid isPermaLink="true">https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-03</guid>
		<dc:date>2023-03-25T11:03:21Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Juan Garc&#237;a Oliver </dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Rajaud</dc:subject>
		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-juan-garcia-oliver-+" rel="tag"&gt;Juan Garc&#237;a Oliver &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-fernand-chevalier-+" rel="tag"&gt; Fernand Chevalier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-maurice-rajaud-+" rel="tag"&gt;Maurice Rajaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-albert-minnig-236-+" rel="tag"&gt;Albert Minnig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1314-8fffd.png?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;982 &#8211; 25 Septembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements. Toutes les stations o&#249; l'on s'arr&#234;tera ensuite sont pleines de monde qui acclame. Des jeunes filles nous tendent des bouteilles de vins et liqueurs, fruits et sandwichs dont on se regal&#233;ra durant le trajet et chaque d&#233;part c'est un d&#233;lire, une temp&#234;te d'applaudissements. Les lumi&#232;res se sont &#233;teintes et on comprend que l'on rentre dans la zone dangereuse. La locomotive souffle, ronfle et peine, car il y de tr&#232;s fortes rampes. Le soleil enfin se l&#232;ve. La v&#233;g&#233;tation luxuriante du bord de la mer a compl&#232;tement disparu et ce sont de grands plateaux superpos&#233;s, pel&#233;s et br&#251;l&#233;s par le soleil. A perte de vue, ce sont des vignes et des champs de bl&#233; d&#233;j&#224; fauch&#233;s. Nous arrivons &#224; Tardienta. La gare a &#233;t&#233; bombard&#233;e et pour la premi&#232;re fois nous voyons les effets terribles des bombes lanc&#233;es par les avions rebelles. Les rails ont &#233;t&#233; tordus comme des f&#233;tus de paille et il ne reste d'un train plus que le squelette. Malgr&#233; cela, il y a beaucoup d'animation et personne n'a l'air de songer au danger qui est si proche. Le train repart jusqu'&#224; une station dont je tairai le nom et en cinq minutes notre colonne se met en marche. Chacun touche quelques cartouches, CINQ, car il y en a tr&#232;s peu. Un vent violent g&#234;ne consid&#233;rablement notre avance et soul&#232;ve d'immenses nuages de poussi&#232;re. En tr&#232;s peu de temps nous en sommes recouverts et nous prenons la couleur du terrain. Apr&#232;s l'escalade de plusieurs plateaux, nous voyons une petite agglom&#233;ration de b&#226;timents et chacun acc&#233;l&#232;re le pas, satisfait de pouvoir bient&#244;t &#233;tancher la soif qui nous d&#233;vore. Nous arrivons enfin. Des cuisines sont install&#233;es en plein air et laissent &#233;chapper des nuages de vapeur odorante, qui r&#233;veille la faim calm&#233;e par la poussi&#232;re et la chaleur. Nous trouvons de la place dans un grenier o&#249; l'on d&#233;cide de passer la nuit. Des cris joyeux r&#233;sonnent &#224; la &lt;i&gt;comida &lt;/i&gt; dans la cour. Assiette et quart en main, nous nous rangeons en une longue file pour la distribution de la soupe. Des camarades plus press&#233;s assaillent les marmites et les cuisiniers m&#233;contents crient &#171; &#224; la colla &#187; et servent ceux qui se sont rang&#233;s. Enfin c'est notre tour. L'assiette pleine de bouillon, un bon morceau de bouilli et un quart de vin feront ce repas du soir. Comme nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s, nous allons nous coucher tout de suite sur un immense tas de grains, et roul&#233;s dans la couverture nous nous endormons dans un sommeil plein de r&#234;ves, jusqu'&#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/juan_garcia_oliver__1936.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH131/juan_garcia_oliver__1936-72b65-1d4dc.jpg?1774739492' width='150' height='131' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Juan Garc&#237;a Oliver &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un camarade va toucher les rations du petit d&#233;jeuner pour tout le groupe et c'est derri&#232;re un b&#226;timent, dans un coin bien abrit&#233;, que nous d&#233;jeunerons en toute tranquillit&#233;. Le caf&#233;, sardines, pain, ont vite disparu et chacun raconte sa petite histoire pour passer le temps. Tout &#224; coup des cris : &#171; Aviation &#187; retentissent de tous c&#244;t&#233;s et mon cousin qui a bonne vue tend le bras en comptant ; il y en a 9. Ils avancent rapidement dans notre direction et nous nous demandons si ce sont les n&#244;tres. Ils passent sur nos t&#234;tes &#224; environ 300 m&#232;tres et paraissent ne pas vouloir s'occuper de nous, mais quelle erreur ! Des explosions formidables secouent toutes les maisons. Nous courons voir o&#249; sont tomb&#233;es les bombes. Heureusement aucune n'a touch&#233; les b&#226;timents et un grand Italien nous en montre une, en nous disant : C'est une bombe Ya ! Et comme il a fait la grande guerre il nous en explique la fabrication et nous recommande la position couch&#233;e pour se garer le mieux possible de ces terribles engins. Les avions sont tr&#232;s loin et nous entendons le bruit sourd des bombes lanc&#233;es sur des villages. L'&#233;moi est vite pass&#233; et nous allons reprendre nos discussions derri&#232;re la maison. Le bruit des moteurs qui s'&#233;tait &#233;loign&#233; se rapproche de plus en plus et les trois escadrilles apparaissent &#224; nouveau au-dessus de nos t&#234;tes et nous levons vers elles un regard interrogateur. Tout &#224; coup de petits filets de fum&#233;e bleue se dessinent dans le ciel et avant d'avoir eu le temps de s'interroger, les balles sifflent et s'&#233;crasent contre le mur. Je m'enfuis &#224; quelques m&#232;tres dans un angles o&#249; je me jette &#224; plat ventre et je suis tout de suite recouvert par mes camarades qui m'ont suivi. &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; jure tout ce qu'il peut ; il a mis la main en plein dans des excr&#233;ments, mais chacun rigole parce que personne n'est bless&#233;. Plusieurs balles sont entr&#233;es dans le bureau de Garcia Oliver, mais sans faire de victimes. N'&#233;tant pas tr&#232;s en s&#233;curit&#233; clans ce &#171; castillo &#187;, nous d&#233;cidons d'aller un peu plus loin au milieu des oliviers. A midi, nous venons &#224; la distribution et &#224; peine le repas commenc&#233;, la garde signale &#224; nouveau l'aviation. Ce sont les neuf avions fascistes du matin et chacun court se cacher. Des d&#233;tonations effroyables secouent les maisons, des femmes hurlent et s'&#233;vanouissent. Une cinquantaine de bombes sont tomb&#233;es tout autour du castillo, un hangar a &#233;t&#233; d&#233;moli et nous courons pour voir s'il n'y a pas de bless&#233;s. Des camarades reviennent d&#233;j&#224; avec des brancards charg&#233;s, un Espagnol a eu la t&#234;te arrach&#233;e. Nous arrivons vers une petite maison, un homme &#224; demi agenouill&#233; tenant encore son fusil est plaqu&#233; contre le mur, il est noirci par l'explosion et il lui manque un bras. Vite un brancard pour le transporter &#224; l'infirmerie. Le docteur regarde : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il est mort ! vite un autre, laissez la place&lt;/q&gt;, et des infirmiers le lavent, stupeur, c'est &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article138675&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rajaud&lt;/a&gt;, un Toulousain de notre groupe. La tristesse est sur tous les visages, mais dans les c&#339;urs se r&#233;veillent la haine et le d&#233;sir de vengeance. Le triste bilan de ce bombardement se chiffre &#224; sept morts et dix bless&#233;s. Le coup de fouet est donn&#233;. Garcia. Oliver et Rosselli promettent l'attaque pour demain. Nous nous pr&#233;parons h&#226;tivement et nous dormons jusqu'&#224; la nuit. A onze heures, nous partons en avant, conduits par un capitaine fran&#231;ais. Nous occupons un castillo abandonn&#233; par les fascistes &#224; quelques kilom&#232;tres, mais depuis Huesca on nous a vus et l'artillerie commence. Les obus sifflent et explosent avec un bruit de tonnerre, mais aucun ne nous atteint. Une heure apr&#232;s, le calme est revenu et nous commen&#231;ons tout de suite des travaux de protection. Apr&#232;s cinq jours de travail acharn&#233;, un tunnel pour 80 personnes est creus&#233;. Des mitrailleuses sont arriv&#233;es et nous faisons de l'instruction. Un soir, un cavalier apporte des nouvelles. Les fascistes vont attaquer &#224; notre gauche et vite les mitrailleuses sont plac&#233;es, mais la nuit se passera sans besoin d'intervenir. Le capitaine que l'on presse pour avancer demande dix volontaires pour aller en reconnaissance et nous avons la chance d'&#234;tre les pr&#233;f&#233;r&#233;s. Nous partons, fusil &#224; ballant, d&#233;ploy&#233;s en tirailleurs, et apr&#232;s quelques kilom&#232;tres nous voyons un castillo qui semble abandonn&#233;, mais quelques-uns disent y avoir vu entrer des hommes. Nous nous approchons avec lenteur et prudence, profitant de tous les creux, mais l'&#233;motion ne sera pas grande. Nous sommes &#224; vingt m&#232;tres et pas un coup, de feu n'a &#233;t&#233; tir&#233;, donc il n'y a personne.. Nous entrons les uns par les fen&#234;tres, les autres par la porte. Visite de tous les locaux o&#249; r&#232;gne la tranquillit&#233;, mais aussi un d&#233;sordre indescriptible. Les meubles sont renvers&#233;s et tous les papiers de famille sont &#233;pars, sur le plancher. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://partage-noir.fr/IMG/pdf/lra_1937_09_25.pdf" length="11364825" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
