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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [03]</title>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;982 &#8211; 25 Septembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements. Toutes les stations o&#249; l'on s'arr&#234;tera ensuite sont pleines de monde qui acclame. Des jeunes filles nous tendent des bouteilles de vins et liqueurs, fruits et sandwichs dont on se regal&#233;ra durant le trajet et chaque d&#233;part c'est un d&#233;lire, une temp&#234;te d'applaudissements. Les lumi&#232;res se sont &#233;teintes et on comprend que l'on rentre dans la zone dangereuse. La locomotive souffle, ronfle et peine, car il y de tr&#232;s fortes rampes. Le soleil enfin se l&#232;ve. La v&#233;g&#233;tation luxuriante du bord de la mer a compl&#232;tement disparu et ce sont de grands plateaux superpos&#233;s, pel&#233;s et br&#251;l&#233;s par le soleil. A perte de vue, ce sont des vignes et des champs de bl&#233; d&#233;j&#224; fauch&#233;s. Nous arrivons &#224; Tardienta. La gare a &#233;t&#233; bombard&#233;e et pour la premi&#232;re fois nous voyons les effets terribles des bombes lanc&#233;es par les avions rebelles. Les rails ont &#233;t&#233; tordus comme des f&#233;tus de paille et il ne reste d'un train plus que le squelette. Malgr&#233; cela, il y a beaucoup d'animation et personne n'a l'air de songer au danger qui est si proche. Le train repart jusqu'&#224; une station dont je tairai le nom et en cinq minutes notre colonne se met en marche. Chacun touche quelques cartouches, CINQ, car il y en a tr&#232;s peu. Un vent violent g&#234;ne consid&#233;rablement notre avance et soul&#232;ve d'immenses nuages de poussi&#232;re. En tr&#232;s peu de temps nous en sommes recouverts et nous prenons la couleur du terrain. Apr&#232;s l'escalade de plusieurs plateaux, nous voyons une petite agglom&#233;ration de b&#226;timents et chacun acc&#233;l&#232;re le pas, satisfait de pouvoir bient&#244;t &#233;tancher la soif qui nous d&#233;vore. Nous arrivons enfin. Des cuisines sont install&#233;es en plein air et laissent &#233;chapper des nuages de vapeur odorante, qui r&#233;veille la faim calm&#233;e par la poussi&#232;re et la chaleur. Nous trouvons de la place dans un grenier o&#249; l'on d&#233;cide de passer la nuit. Des cris joyeux r&#233;sonnent &#224; la &lt;i&gt;comida &lt;/i&gt; dans la cour. Assiette et quart en main, nous nous rangeons en une longue file pour la distribution de la soupe. Des camarades plus press&#233;s assaillent les marmites et les cuisiniers m&#233;contents crient &#171; &#224; la colla &#187; et servent ceux qui se sont rang&#233;s. Enfin c'est notre tour. L'assiette pleine de bouillon, un bon morceau de bouilli et un quart de vin feront ce repas du soir. Comme nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s, nous allons nous coucher tout de suite sur un immense tas de grains, et roul&#233;s dans la couverture nous nous endormons dans un sommeil plein de r&#234;ves, jusqu'&#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/juan_garcia_oliver__1936.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH131/juan_garcia_oliver__1936-72b65-1d4dc.jpg?1774739492' width='150' height='131' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Juan Garc&#237;a Oliver &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un camarade va toucher les rations du petit d&#233;jeuner pour tout le groupe et c'est derri&#232;re un b&#226;timent, dans un coin bien abrit&#233;, que nous d&#233;jeunerons en toute tranquillit&#233;. Le caf&#233;, sardines, pain, ont vite disparu et chacun raconte sa petite histoire pour passer le temps. Tout &#224; coup des cris : &#171; Aviation &#187; retentissent de tous c&#244;t&#233;s et mon cousin qui a bonne vue tend le bras en comptant ; il y en a 9. Ils avancent rapidement dans notre direction et nous nous demandons si ce sont les n&#244;tres. Ils passent sur nos t&#234;tes &#224; environ 300 m&#232;tres et paraissent ne pas vouloir s'occuper de nous, mais quelle erreur ! Des explosions formidables secouent toutes les maisons. Nous courons voir o&#249; sont tomb&#233;es les bombes. Heureusement aucune n'a touch&#233; les b&#226;timents et un grand Italien nous en montre une, en nous disant : C'est une bombe Ya ! Et comme il a fait la grande guerre il nous en explique la fabrication et nous recommande la position couch&#233;e pour se garer le mieux possible de ces terribles engins. Les avions sont tr&#232;s loin et nous entendons le bruit sourd des bombes lanc&#233;es sur des villages. L'&#233;moi est vite pass&#233; et nous allons reprendre nos discussions derri&#232;re la maison. Le bruit des moteurs qui s'&#233;tait &#233;loign&#233; se rapproche de plus en plus et les trois escadrilles apparaissent &#224; nouveau au-dessus de nos t&#234;tes et nous levons vers elles un regard interrogateur. Tout &#224; coup de petits filets de fum&#233;e bleue se dessinent dans le ciel et avant d'avoir eu le temps de s'interroger, les balles sifflent et s'&#233;crasent contre le mur. Je m'enfuis &#224; quelques m&#232;tres dans un angles o&#249; je me jette &#224; plat ventre et je suis tout de suite recouvert par mes camarades qui m'ont suivi. &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; jure tout ce qu'il peut ; il a mis la main en plein dans des excr&#233;ments, mais chacun rigole parce que personne n'est bless&#233;. Plusieurs balles sont entr&#233;es dans le bureau de Garcia Oliver, mais sans faire de victimes. N'&#233;tant pas tr&#232;s en s&#233;curit&#233; clans ce &#171; castillo &#187;, nous d&#233;cidons d'aller un peu plus loin au milieu des oliviers. A midi, nous venons &#224; la distribution et &#224; peine le repas commenc&#233;, la garde signale &#224; nouveau l'aviation. Ce sont les neuf avions fascistes du matin et chacun court se cacher. Des d&#233;tonations effroyables secouent les maisons, des femmes hurlent et s'&#233;vanouissent. Une cinquantaine de bombes sont tomb&#233;es tout autour du castillo, un hangar a &#233;t&#233; d&#233;moli et nous courons pour voir s'il n'y a pas de bless&#233;s. Des camarades reviennent d&#233;j&#224; avec des brancards charg&#233;s, un Espagnol a eu la t&#234;te arrach&#233;e. Nous arrivons vers une petite maison, un homme &#224; demi agenouill&#233; tenant encore son fusil est plaqu&#233; contre le mur, il est noirci par l'explosion et il lui manque un bras. Vite un brancard pour le transporter &#224; l'infirmerie. Le docteur regarde : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il est mort ! vite un autre, laissez la place&lt;/q&gt;, et des infirmiers le lavent, stupeur, c'est &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article138675&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rajaud&lt;/a&gt;, un Toulousain de notre groupe. La tristesse est sur tous les visages, mais dans les c&#339;urs se r&#233;veillent la haine et le d&#233;sir de vengeance. Le triste bilan de ce bombardement se chiffre &#224; sept morts et dix bless&#233;s. Le coup de fouet est donn&#233;. Garcia. Oliver et Rosselli promettent l'attaque pour demain. Nous nous pr&#233;parons h&#226;tivement et nous dormons jusqu'&#224; la nuit. A onze heures, nous partons en avant, conduits par un capitaine fran&#231;ais. Nous occupons un castillo abandonn&#233; par les fascistes &#224; quelques kilom&#232;tres, mais depuis Huesca on nous a vus et l'artillerie commence. Les obus sifflent et explosent avec un bruit de tonnerre, mais aucun ne nous atteint. Une heure apr&#232;s, le calme est revenu et nous commen&#231;ons tout de suite des travaux de protection. Apr&#232;s cinq jours de travail acharn&#233;, un tunnel pour 80 personnes est creus&#233;. Des mitrailleuses sont arriv&#233;es et nous faisons de l'instruction. Un soir, un cavalier apporte des nouvelles. Les fascistes vont attaquer &#224; notre gauche et vite les mitrailleuses sont plac&#233;es, mais la nuit se passera sans besoin d'intervenir. Le capitaine que l'on presse pour avancer demande dix volontaires pour aller en reconnaissance et nous avons la chance d'&#234;tre les pr&#233;f&#233;r&#233;s. Nous partons, fusil &#224; ballant, d&#233;ploy&#233;s en tirailleurs, et apr&#232;s quelques kilom&#232;tres nous voyons un castillo qui semble abandonn&#233;, mais quelques-uns disent y avoir vu entrer des hommes. Nous nous approchons avec lenteur et prudence, profitant de tous les creux, mais l'&#233;motion ne sera pas grande. Nous sommes &#224; vingt m&#232;tres et pas un coup, de feu n'a &#233;t&#233; tir&#233;, donc il n'y a personne.. Nous entrons les uns par les fen&#234;tres, les autres par la porte. Visite de tous les locaux o&#249; r&#232;gne la tranquillit&#233;, mais aussi un d&#233;sordre indescriptible. Les meubles sont renvers&#233;s et tous les papiers de famille sont &#233;pars, sur le plancher. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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