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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>La le&#231;on de Colin Ward</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Codello</dc:creator>


		<dc:subject>Colin Ward</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;fractions </dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Lausanne</dc:subject>
		<dc:subject>Marie-Louise Berneri</dc:subject>
		<dc:subject>Vernon Richards</dc:subject>
		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'un instituteur, militant travailliste, et d'une secr&#233;taire, Colin est n&#233; le 14 ao&#251;t 1924 &#224; Wanstead, dans l'Essex. A l'&#233;cole, il n'est pas un &#233;l&#232;ve particuli&#232;rement brillant, et arr&#234;te &#224; l'&#226;ge de 15 ans.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1221-c683e.jpg?1774693505' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 11 f&#233;vrier 2010 au soir, Colin Ward est mort &#224; l'h&#244;pital d'Ipswich, en Angleterre. Un message de sa compagne Harriet nous l'a fait savoir rapidement, en quelques mots &#233;mus. La nouvelle de sa disparition s'est vite diffus&#233;e sur internet (lui qui utilisait toujours sa vieille machine &#224; &#233;crire !), et les t&#233;moignages ont afflu&#233; aupr&#232;s de Harriet et de ses fils. Colin a &#233;t&#233; et reste pour moi un ma&#238;tre, une personne qui ne te r&#233;v&#232;le jamais la v&#233;rit&#233; mais qui d'incite &#224; la chercher en toi et dans les petites choses du quotidien. L'avoir connu, l'avoir re&#231;u comme ami est un privil&#232;ge ; il laisse un grand vide en moi et en d'autres qui l'ont connu. Colin &#233;tait d'une g&#233;n&#233;ration rare de ces anarchistes d'apr&#232;s-guerre qui ont entretenu le flambeau de l'anarchisme et t&#233;moign&#233; de leur choix par une vie militante, anoblissant l'id&#233;e anarchiste par leur sensibilit&#233; et leur humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fils d'un instituteur, militant travailliste, et d'une secr&#233;taire, Colin est n&#233; le 14 ao&#251;t 1924 &#224; Wanstead, dans l'Essex. A l'&#233;cole, il n'est pas un &#233;l&#232;ve particuli&#232;rement brillant, et arr&#234;te &#224; l'&#226;ge de 15 ans. Il trouve un premier emploi dans une entreprise qui construit des refuges a&#233;riens, puis dans les bureaux techniques de la commune d'Ilford. C'est l&#224; qu'il d&#233;couvre les injustices de la bureaucratie dans l'allocation de logements populaires, dans une r&#233;gion o&#249; r&#232;gnent la pauvret&#233; et la mis&#232;re. Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; sensibilis&#233; dans sa famille : un de ses souvenirs les plus chers est d'avoir assist&#233; avec son p&#232;re &#224; un Premier Mai &#224; Hyde Park, en 1938, o&#249; a parl&#233; Emma Goldman.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1650 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH196/1050162787.0_x-cc0f3-d41a8.jpg?1774710765' width='150' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1942, il est appel&#233; &#224; l'arm&#233;e ; &#224; Glasgow, un ancien mineur, Frank Leech, lui fait conna&#238;tre les id&#233;es anarchistes et l'incite imm&#233;diatement &#224; &#233;crire pour &lt;i&gt;War Commentary&lt;/i&gt;, p&#233;riodique dirig&#233; par Vernon Richards et Maria-Luisa Berneri, o&#249; il publie son premier article. Quand ses obligations militaires le lui permettent, il fr&#233;quente assid&#251;ment le groupe anarchiste local. Il se cultive aussi en allant &#224; la biblioth&#232;que publique. Ce sera une constante de toute sa vie, coh&#233;rente avec son mode de vie simple : dans la maison de Debenham (Suffolk), o&#249; il a v&#233;cu les trente derni&#232;res ann&#233;es de sa vie avec Harriet, il y a peu de livres et beaucoup de notes et de coupures de journaux, car il n'a cess&#233; de recourir aux services de la biblioth&#232;que publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frank Leech en prison fait une gr&#232;ve de la faim ; lorsque Colin va le voir en uniforme (il n'a rien d'autre &#224; se mettre), il est envoy&#233; en punition aux &#238;les Orcades et Shetland o&#249; il restera jusqu'&#224; la fin de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; finalement en &#233;t&#233; 1947, il rejoint la r&#233;daction du p&#233;riodique &lt;i&gt;Freedom &lt;/i&gt; auquel il a d&#233;j&#224; envoy&#233; nombre d'articles. Il y retrouve des compagnons qui deviendront ses amis, John Hewetson, Vernon Richards, Philip Sansom, Maria Luisa Berneri, puis George Woodcock, Herbert Read, Alex Confort, Geoffrey Ostergaard, Gerald Brenan. Sa collaboration est assidue. D&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es 1950 il se consacre &#224; des th&#232;mes qui lui seront chers, le logement, l'espace urbain, le contr&#244;le ouvrier, l'auto-organisation dans les usines, l'auto-suffisance agricole, la d&#233;colonisation. Il est particuli&#232;rement attentif, gr&#226;ce &#224; ses c&#244;t&#233;s empiriques et ouverts, &#224; ce qui se passe dans le monde intellectuel, et signale les contributions qui peuvent int&#233;resser un mouvement anarchiste peu nombreux qui se reconstitue avec peine, notamment les d&#233;veloppements de la recherche sociologique ou historique, avec des auteurs comme Isaiah Berlin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1652 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH218/colin-ward-a2ef7-4e281.jpg?1774710765' width='150' height='218' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessin de Clifford Harper&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Faisant un bilan de cette p&#233;riode, Colin Ward &#233;crit qu'il a cherch&#233; &#224; faire rentrer l'anarchisme dans le mouvement intellectuel, dans le champ des id&#233;es prises au s&#233;rieux. C'est &#224; cela qu'il s'attachera en fondant une revue mensuelle, sans doute la plus s&#233;rieuse et la plus int&#233;ressante de ces ann&#233;es-l&#224;, &lt;i&gt;Anarchy&lt;/i&gt;, qu'il r&#233;digera de 1961 &#224; 1970. Colin la fabrique chez lui, &#233;crivant au d&#233;but beaucoup de textes sign&#233;s de divers pseudonymes (John Ellerby, John Schubert, Tristram Shandy) ou anonymes. Pour son biographe et ami David Goodway, la revue &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;exsude la vitalit&#233;, elle correspond aux tendances de l'&#233;poque, elle parle aux jeunes gens. Elle s'occupe surtout de questions comme le logement et les occupations de maisons, l'&#233;cole, le contr&#244;le ouvrier, le syst&#232;me p&#233;nal&lt;/q&gt;. Gr&#226;ce &#224; la rencontre avec Murray Bookchin, elle va aussi parler d'&#233;cologie et de technologies appropri&#233;es. Tout cela &#224; la lumi&#232;re d'une nouvelle culture libertaire, int&#233;grant les r&#233;flexions scientifiques, sociologiques et philosophiques contemporaines et renouvelant les anciennes sp&#233;culations anarchistes. Ses collaborateurs sont de plus en plus comp&#233;tents, proviennent de tous les milieux et militent dans divers groupes et associations anti-autoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Anarchy &lt;/i&gt; trouve un tel &#233;cho que d'autres revues, militantes ou &#233;tablies, demandent des collaborations &#224; Colin Ward. Au d&#233;but des ann&#233;es 1970 la s&#233;rie Penguin Education publie ses premiers livres, &lt;i&gt;Violence&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Work&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Utopia&lt;/i&gt;, qui s'adressent aux adolescents. Il publiera bient&#244;t son livre le plus connu, &lt;i&gt;Anarchy in action&lt;/i&gt; (traduit dans plusieurs langues&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aucune traduction en fran&#231;ais &#224; notre connaissance.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre renverse la conception traditionnelle de l'anarchisme, qu'il ne pr&#233;sente pas comme quelque chose qui doit advenir mais comme une r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; pr&#233;sente, avec toutes les implications m&#233;thodologiques et id&#233;ologiques que cela comporte. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce livre, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crit Ward&lt;/span&gt;, veut d&#233;montrer qu'une soci&#233;t&#233; anarchiste, une soci&#233;t&#233; qui s'organise sans autorit&#233;, existe de tout temps, comme&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; le grain sous la neige [c'est le titre d'un roman d'Ignazio Silone, qu'il appr&#233;ciait particuli&#232;rement]&lt;/span&gt;, enfouie sous le poids de l'&#201;tat et de la bureaucratie, du capitalisme et de son gaspillage, des privil&#232;ges et des injustices, du nationalisme et de sa r&#233;alit&#233; mortif&#232;re, des religions et de leurs superstitions et discriminations.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire que les moyens pour r&#233;aliser l'anarchisme sont &#224; port&#233;e de main : il suffit de regarder d'un autre &#339;il, plus attentivement, la r&#233;alit&#233; spontan&#233;e que vivent les hommes et les femmes sans le filtre de la domination et de l'oppression. Colin Ward le montre par des exemples concrets, recueillant des donn&#233;es dans les sciences sociales ; il reprend ainsi les th&#232;ses de Kropotkine qu'il trouve les plus ad&#233;quates (il publiera d'ailleurs une &#233;dition comment&#233;e et mise &#224; jour de &lt;i&gt;Champs, usines, ateliers&lt;/i&gt;) pour d&#233;crire des situations libertaires dans l'urbanisme, dans l'&#233;conomie, dans l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH187/paul_goodman-15e90-9b630.jpg?1774710765' width='150' height='187' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Goodman&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette vision de l'anarchisme le rapproche de r&#233;flexions d'Alexandre Herzen, qui disait qu'un but situ&#233; dans l'infiniment lointain n'est plus un but, c'est une mystification. Ou des intuitions de Gustav Landauer, pour qui l'&#201;tat n'est pas une chose que l'on peut d&#233;truire par une r&#233;volution, mais que c'est une condition, une mani&#232;re de relations entre les &#234;tres humains, une manifestation de leur comportement ; il ne pourra &#234;tre d&#233;truit qu'&#224; condition de cr&#233;er de nouvelles relations, de nouveaux comportements. Enfin Ward a &#233;t&#233; influenc&#233; par Paul Goodman, qui &#233;crivait que le principe fondamental de l'anarchisme n'est pas la libert&#233; mais l'autonomie, la capacit&#233; d'entreprendre une t&#226;che et de la r&#233;aliser &#224; sa mani&#232;re ; ou qu'une soci&#233;t&#233; libre ne peut remplacer l'ordre ancien par un ordre nouveau mais doit &#233;largir les domaines de l'agir autonome &#224; toute la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a su d&#233;crire de mani&#232;re exemplaire l'usage non conventionnel que les humains, enfants et adultes, font de leur milieu, de la ville qu'ils habitent, des &#233;coles qu'ils fr&#233;quentent, de leurs jeux et de leurs activit&#233;s, d&#232;s qu'ils se lib&#232;rent de l'h&#233;g&#233;monie suffocante de la domination, et comment cet usage libertaire nous permet d'entrevoir les rapports &#233;galitaires et solidaires qui s'instaurent alors. C'est cela qu'il faut encourager, stimuler, d&#233;velopper pour cr&#233;er d&#232;s maintenant d'autres soci&#233;t&#233;s. L'alternative anarchiste &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;propose la fragmentation plut&#244;t que la fusion, la diversit&#233; au lieu de l'unit&#233;, une masse de soci&#233;t&#233;s et non une soci&#233;t&#233; de masse&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colin Ward a travaill&#233; comme architecte et am&#233;nagiste, enseignant, journaliste, il a publi&#233; de tr&#232;s nombreux livres. En fran&#231;ais, l'Atelier de cr&#233;ation libertaire (Lyon) a publi&#233; &lt;a href=&#034;http://atelierdecreationlibertaire.com/L-anarchie-en-societe.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'anarchie en soci&#233;t&#233; : conversations avec Colin Ward&lt;/a&gt;, par David Goodway, ainsi que&lt;a href=&#034;http://atelierdecreationlibertaire.com/Les-voleurs-d-eau.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les voleurs d'eau : les d&#233;boires marchands d'un bien commun&lt;/a&gt;, et &lt;a href=&#034;http://atelierdecreationlibertaire.com/La-liberte-de-circuler.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La libert&#233; de circuler : pour en finir avec le mythe de l'automobile&lt;/a&gt;. Il ne pr&#234;chait pas, il pratiquait effectivement les transports publics, nombre d'entre nous peuvent en t&#233;moigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il laisse en nous un grand vide, mais aussi l'exigence de reprendre le t&#233;moin pour continuer de d&#233;fendre un anarchisme concret, &#224; la port&#233;e de chacune et chacun.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Francesco Codello&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(adapt&#233; de &lt;i&gt;Rivista A&lt;/i&gt;, n&#176;342, Milan, avril 2010)&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cet article est paru dans :
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.cira.ch/media/bulletins/cira-bull-066.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le bulletin du CIRA (Lausanne) n&#176;66, 2010&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://revue-refractions.net/fr/vente-en-ligne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;R&#233;fractions n&#176;25 - automne 2010&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aucune traduction en fran&#231;ais &#224; notre connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cit&#233;s anarchistes </title>
		<link>https://partage-noir.fr/cites-anarchistes</link>
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		<dc:date>2023-08-05T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Murray Bookchin</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>Colin Ward</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>John F. Charlewood Turner</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'anarchisme &#8212;cette philosophie politique qui veut une soci&#233;t&#233; de communaut&#233;s autonomes, sans gouvernement ni Etat&#8212; ne semble pas, &#224; premi&#232;re vue, prendre en consid&#233;ration les probl&#232;mes de la ville. Pourtant, un courant anarchiste, de Kropotkine &#224; Murray Bookchin, de John F. Charlewood Turner &#224; l'Internationale Situationniste, s'est fortement int&#233;ress&#233; &#224; ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-murray-bookchin-+" rel="tag"&gt;Murray Bookchin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-pierre-kropotkine-61-+" rel="tag"&gt;Pierre Kropotkine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-colin-ward-+" rel="tag"&gt;Colin Ward&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-john-f-charlewood-turner-+" rel="tag"&gt;John F. Charlewood Turner&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1222-38a08.png?1774739476' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;sc&gt;Article paru dans &lt;i&gt;La Gueule Ouverte&lt;/i&gt; n&#176;80 du 19 novembre 1975.&lt;/sc&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH203/kropotkin-c540a.jpg?1774739691' width='150' height='203' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Kropotkine &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme &#8212;cette philosophie politique qui veut une soci&#233;t&#233; de communaut&#233;s autonomes, sans gouvernement ni &#201;tat&#8212; ne semble pas, &#224; premi&#232;re vue, prendre en consid&#233;ration les probl&#232;mes de la ville. Pourtant, un courant anarchiste, de Kropotkine &#224; Murray Bookchin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anarchiste am&#233;ricain, auteur du fameux Post-Scarcity Anarchism (&#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, de John F. Charlewood Turner &#224; l'Internationale Situationniste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les protagonistes de l'IS seront bien furieux de se voir coll&#233; sur le dos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, s'est fortement int&#233;ress&#233; &#224; ces probl&#232;mes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant des si&#232;cles, particuli&#232;rement en Grande-Bretagne et en France, on a ch&#233;ri le mythe du retour &#224; la terre, cela d'un bout &#224; l'autre de l'&#233;ventail politique. Que ce soit en litt&#233;rature ou en politique, le mythe d'un paradis campagnard perdu a &#233;t&#233; largement r&#233;pandu, d&#233;velopp&#233;, embelli, jusqu'&#224; devenir la base &#224; partir de laquelle on critiquait l'industrialisation. Ce mythe est vite devenu un obstacle &#224; la recherche de ce qu'une vraie vie communautaire dans une ville industrielle pourrait &#234;tre. D'o&#249; une h&#233;morragie culturelle permanente, une perte d'&#233;nergie r&#233;volutionnaire qui entra&#238;ne les citadins vers Walden&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nom de la cabane en planches du &#171; philosophe dans les bois &#187; am&#233;ricain Henry (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, l'Afghanistan, la Cornouaille, les C&#233;vennes, l'Ard&#232;che... Cela ne r&#233;sout rien, mais leur procure l'illusion d'avoir &#233;chapp&#233; &#224; la contamination d'un syst&#232;me social dont ils sont eux-m&#234;mes en fait les produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements sont invariablement &#233;tablis dans des villes : qui a jamais entendu parler d'une nation dirig&#233;e &#224; partir d'un village ? Tr&#232;s souvent m&#234;me, on construit des villes expr&#232;s pour les accueillir : New Delhi, Canberra, Ottawa, Washington, Chandigarh, Brasilia...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, c'est vers le Tiers-Monde qu'il faut se tourner pour trouver des exemples de &#171; villes anarchistes &#187;, c'est-&#224;-dire d'implantations humaines r&#233;sultant d'une cr&#233;ation populaire directe et non d'une d&#233;cision gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemple : &#224; une quinzaine de kilom&#232;tres de Brasilia, les ouvriers du b&#226;timent qui ont b&#226;ti cette &#171; ville de l'an 2000 &#187;, trop pauvres pour y habiter, ont cr&#233;&#233; leur propre cit&#233;, &#171; Cidade Libre &#187; (Ville Libre), o&#249; un mode de vie original et spontan&#233; a surgi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Am&#233;rique Latine, en Asie, en Afrique, le mouvement de population vers les grandes villes a provoqu&#233; la croissance &#224; leur p&#233;riph&#233;rie d'&#233;normes &#171; colonies &#187; peupl&#233;es d'&#171; invisibles &#187;, autrement dit de gens n'ayant pas d'existence urbaine officielle. A c&#244;t&#233; des citoyens officiels, on trouve, en Am&#233;rique Latine notamment, des citoyens &#171; en marge &#187;, dont la vie &#233;conomique se situe en dehors des structures financi&#232;res de la cit&#233;. Selon le point de vue officiel, ces bidonvilles seraient des repaires du vice, du crime, de maladies et autres d&#233;sordres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1663 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH150/sans_titre-1-9-d4d73-9d35f.png?1774823568' width='150' height='150' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; John F. Charlewood Turner &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'architecte anarchiste John F. Charlewood Turner d&#233;montre le contraire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s avoir travaill&#233; dix ans dans les Barriadas p&#233;ruviennes, je peux affirmer que cette fa&#231;on de voir est grossi&#232;rement fausse. Bien qu'elle serve les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s de certains hommes politiques et de certains bureaucrates, elle offre peu de ressemblance avec la r&#233;alit&#233;. Au lieu du chaos et du d&#233;sordre attendus, on trouve une occupation tr&#232;s organis&#233;e des terrains publics, une organisation politique interne, des &#233;lections locales annuelles, et, en fin de compte, des milliers de gens vivant ensemble harmonieusement, sans protection polici&#232;re ni l'aide des services publics.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les maisons de torchis &#233;difi&#233;es &#224; la h&#226;te lors de la premi&#232;re occupation des terrains sont d&#232;s que possible reconstruites en briques et en ciment &#8212;ce qui repr&#233;sente des millions de dollars investis en mat&#233;riaux et en main d'&#339;uvre. Le taux d'emploi, les salaires, l'alphab&#233;tisation et le niveau culturel sont tous plus &#233;lev&#233;s que dans les taudis du centre de la ville (que les habitants des Barriadas ont fui), et plus &#233;lev&#233;s que la moyenne nationale. Le crime, la d&#233;linquance juv&#233;nile, la prostitution, sont rares &#8212; mis &#224; part le chapardage, qui reste cependant moins r&#233;pandu que dans d'autres quartiers urbains.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un r&#233;seau de communaut&#233;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine, dans son livre &#233;tonnamment moderne &lt;i&gt;Usines et Ateliers des Champs&lt;/i&gt;, r&#233;clame, arguments techniques &#224; l'appui, la dispersion de l'industrie et son int&#233;gration dans le monde rural. Lewis Mumford&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur d'un bouquin essentiel : La Cit&#233; et l'Histoire, Editions du Seuil. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; souhaite &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un d&#233;veloppement urbain d&#233;centralis&#233; en petites unit&#233;s, respectant le besoin de contacts humains, et b&#233;n&#233;ficiant &#224; la fois des avantages de la ville et de la campagne&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Les Villes-Jardin de Demain&lt;/i&gt;, E. Howard, contemporain de Kropotkine, pose ces simples questions : comment supprimer la laideur des villes et combler le vide des campagnes ? Comment pr&#233;server la beaut&#233; des campagnes et les possibilit&#233;s offertes par la ville ? Pour lui, la r&#233;ponse n'est pas seulement la ville-jardin, mais ce qu'il appelle la &#171; ville sociale &#187;, le r&#233;seau de communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette id&#233;e &#233;merge aussi chez Paul et Percy Goodman&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Communitas &#187;, Paul Goodman est une figure de proue du mouvement libertaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, o&#249; la &#171; Nouvelle Commune &#187; est pr&#233;sent&#233;e comme une cit&#233; &#224; plusieurs noyaux, reflet de sa philosophie anarchiste. Dans son remarquable essai &lt;i&gt;La Cit&#233;, Centre Convivial&lt;/i&gt;, Leopold Kohr d&#233;veloppe une th&#232;se similaire. Le &#171; Plan pour la Survie &#187; (&#171; Blueprint for survival &#187;) de l'&#233;quipe anglaise de &lt;i&gt;The Ecologist &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduit en fran&#231;ais sous le titre Changer ou dispara&#238;tre, Fayard.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pr&#233;conise une soci&#233;t&#233; d&#233;centralis&#233;e en petites communaut&#233;s o&#249; les industries seraient &#224; une &#233;chelle suffisamment r&#233;duite pour satisfaire les besoins locaux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1665 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/murray_bookchin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH187/murray_bookchin-2f2bb-f31f0.jpg?1774823568' width='150' height='187' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Murray Bookchin&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Longtemps avant que la conscience populaire n'ait &#233;t&#233; sensibilis&#233;e par la &#171; crise de l'&#233;nergie &#187;, l'anarchiste am&#233;ricain Murray Bookchin &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La survie d'une ville de grande taille n&#233;cessite d'immenses quantit&#233;s de charbon et de p&#233;trole. (...) On con&#231;oit difficilement des capteurs solaires ou des &#233;oliennes qui parviendraient &#224; eux seuls &#224; &#233;clairer l'&#238;le de Manhattan ou &#224; remplacer une de nos maxi-centrales. Tant que les habitations et les industries seront concentr&#233;es, le recours aux technologies douces risque bien de n'&#234;tre qu'un gadget... Mais si les communaut&#233;s urbaines voient leur taille limit&#233;e et si elles sont bien r&#233;parties sur le territoire, il n'y a aucune raison pour que ces techniques ne se compl&#232;tent pas pour nous donner tous les avantages d'une civilisation industrielle. Pour utiliser valablement les &#233;nergies solaire, &#233;olienne et mar&#233;motrice, il faut faire &#233;clater les concentrations urbaines gigantesques. Un nouveau type de communaut&#233;s soigneusement taill&#233;es a la mesure de l'environnement et adapt&#233; aux ressources du pays doit remplacer les cancers urbains que nous connaissons aujourd'hui&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Diversit&#233; et d&#233;sordre &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un autre son de cloche &#8212;toujours anarchiste&#8212; est exprim&#233; par Richard Sennett dans &lt;i&gt;Utility of disorder, personal identity and city life&lt;/i&gt; (&#171; de l'utilit&#233; du d&#233;sordre : identit&#233; personnelle et vie urbaine &#187;). Il part de la th&#232;se du psychologue Erik Erikson selon laquelle, pendant son adolescence, l'homme cherche une &#171; identit&#233; purifi&#233;e &#187; qui l'aide &#224; &#233;chapper au doute et &#224; la douleur. Au contraire, le propre de l'&#226;ge adulte est d'accepter diversit&#233; et d&#233;sordre. La soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine moderne cantonne l'homme au stade de l'adolescence : en particulier, les classes ais&#233;es se &#171; retranchent &#187;, menant une vie feutr&#233;e et s&#251;re dans les banlieues r&#233;sidentielles : c'est la &#171; communaut&#233; purifi&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A l'inverse de ce qui se passe en France, aux &#201;tats-Unis les riches &#233;migrent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Sennett, la planification urbaine, avec ses techniques de &#171; zoning &#187; et sa volont&#233; d'&#233;liminer les marginaux, a sanctionn&#233; et aggrav&#233; ce processus. Les planificateurs professionnels ont interpr&#233;t&#233; les protestations des communaut&#233;s d&#233;racin&#233;es ou marginales comme des menaces contre leurs projets, au lieu de les consid&#233;rer comme partie int&#233;grante de l'effort de reconstruction sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rem&#233;dier &#224; la crise des villes am&#233;ricaines, Sennett pr&#233;conise l'abandon du contr&#244;le centralis&#233; (police, &#233;cole, zoning, services municipaux), au profit d'une action communautaire dans un climat de conflit direct et non-violent. Pour lui, l'agression et les conflits n'ont d'autre d&#233;bouch&#233; dans les villes modernes que la violence &#224; cause pr&#233;cis&#233;ment de cette absence de confrontation personnelle. Un exemple frappant est le r&#244;le qu'on attend de la police : si la seule fa&#231;on de r&#233;soudre les probl&#232;mes est une coercition passive, impersonnelle et bureaucratique, on peut s'attendre &#224; de graves flamb&#233;es de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; anarchiste, elle, encouragerait les gens &#224; dire ce qu'ils ont &#224; dire afin de forger des modes de coexistence. Loin d'&#234;tre un compromis entre l'ordre et la violence, elle serait une toute autre fa&#231;on de vivre, o&#249; on n'aurait plus &#224; choisir entre ces deux extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son r&#233;cent livre &lt;i&gt;Les limites de la Ville&lt;/i&gt;, Murray Bookchin (encore lui !) &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les cit&#233;s du monde moderne sont en train de s'effondrer sous la simple pression de leur taille et de leur croissance. Nous assistons &#224; leur d&#233;sint&#233;gration sur les plans administratif, institutionnel et logistique. M&#234;me les services les plus &#233;l&#233;mentaires ne sont pas satisfaits, que ce soit dans le domaine du logement, de la s&#233;curit&#233; ou du transport des personnes et des marchandises. M&#234;me lorsque ces villes pr&#233;sentent encore un semblant de gestion d&#233;mocratique, la plupart des probl&#232;mes politiques sont r&#233;solus non par une action qui irait aux racines sociales du mal, mais par un syst&#232;me l&#233;gislatif qui restreint encore davantage les droits du citoyen, et qui renforce un peu plus la pr&#233;pond&#233;rance des institutions supra-individuelles.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Murray Bookchin, ce ne sont pas les architectes, les ing&#233;nieurs, ou les sociologues qui feront changer les choses. Au contraire. Ce sont les &#171; amateurs &#187;, rest&#233;s en contact avec le r&#233;el et les souffrances cr&#233;es par la m&#233;tropole, qui &#233;laboreront les &#233;l&#233;ments d'un urbanisme humaniste. Et tout sp&#233;cialement les jeunes de la contre-culture. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ils sont en train de red&#233;couvrir la &lt;/q&gt;polis&lt;/q&gt; de r&#233;inventer la commune&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;D'apr&#232;s Colin Ward, &#171; Anarchist Cities &#187;, &lt;i&gt;Undercurrents &lt;/i&gt; n&#176; 10, mars-avril 1975. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit et adapt&#233; par Christiane Ellis, avec la complicit&#233; de Laurent Samuel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les notes sont de la r&#233;daction.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Anarchiste am&#233;ricain, auteur du fameux&lt;i&gt; Post-Scarcity Anarchism&lt;/i&gt; (&#171; L'anarchisme post-p&#233;nurie &#187;), traduit partiellement sous le titre &lt;i&gt;Vers une technologie lib&#233;ratrice&lt;/i&gt;. Editions Parall&#232;les, 47 rue Saint-Honor&#233;, 75001 Paris. Prix 7F.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les protagonistes de l'IS seront bien furieux de se voir coll&#233; sur le dos l'&#233;tiquette d'&#171; anarchistes &#187;, eux qui refusaient toutes les &#233;tiquettes ! A lire la r&#233;&#233;dition des premiers num&#233;ros de l'&lt;i&gt;Internationale Situationniste&lt;/i&gt;, Editions Champ libres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nom de la cabane en planches du &#171; philosophe dans les bois &#187; am&#233;ricain Henry David Thoreau. C'est aussi le nom de son livre le plus c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Auteur d'un bouquin essentiel : &lt;i&gt;La Cit&#233; et l'Histoire&lt;/i&gt;, Editions du Seuil. C'est encore un Am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Communitas &#187;, Paul Goodman est une figure de proue du mouvement libertaire contemporain aux &#201;tats-Unis, et un des inspirateurs de la contre-culture. A lire : le chapitre que Theodore Roszak lui consacre dans &lt;i&gt;Vers une contre-culture &lt;/i&gt; (Stock).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Traduit en fran&#231;ais sous le titre &lt;i&gt;Changer ou dispara&#238;tre&lt;/i&gt;, Fayard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A l'inverse de ce qui se passe en France, aux &#201;tats-Unis les riches &#233;migrent en banlieue et le centre des villes est peupl&#233; par les pauvres en particulier les minorit&#233;s ethniques&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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