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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Interview de L&#233;o Voline </title>
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		<dc:subject>Voline</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;o Voline</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
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		<dc:subject>CGT-SR</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no13-voline-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;13 : &#171; Voline &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-8-539b6.jpg?1774699761' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Troisi&#232;me fils de Voline, L&#233;o Eichenbaum (plus connu sous le nom de L&#233;o Voline) est n&#233; le 4 janvier 1917. Tr&#232;s t&#244;t, il partage les id&#233;aux de son p&#232;re et, au d&#233;but de l'ann&#233;e 1937, gagne l'Espagne pour &#234;tre incorpor&#233; dans la Columna confederal de la CNT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#171; Itin&#233;raire &#187; :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re a-t-il v&#233;cu la R&#233;volution russe ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L&#233;o Voline :&lt;/strong&gt; Il s'est donn&#233; totalement, &#224; fond, comme toujours, tout au long de sa vie, que ce soit dans le domaine familial ou vis-&#224;-vis de toute personne en difficult&#233;. Il ne s'autorisait aucune excuse, aucune faiblesse, m&#234;me si sa vie en d&#233;pendait. Condamn&#233; &#224; mort par les bolcheviks, il a refus&#233; de renier ses id&#233;es au prix de sa gr&#226;ce, s'il se ralliait &#224; eux. Il n'a jamais voulu jouer au leader et rester &#224; Moscou avec les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;anarchistes en chambre&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Heureusement, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;disait-il,&lt;/span&gt; ce ne sont pas eux qui feront la r&#233;volution.&lt;/q&gt; Et c'est ainsi qu'il est parti rejoindre le mouvement insurrectionnel makhnoviste en Ukraine, d&#232;s qu'il en a eu connaissance. Mon p&#232;re s'est toujours tenu en retrait, proclamant face aux masses : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Moi, je ne suis rien, c'est &#224; vous d'agir, de d&#233;cide ; de vous organiser. C'est vous qui connaissez le mieux vos probl&#232;mes. Je peux simplement vous conseiller.&lt;/q&gt; Son respect pour tout individu &#233;tait total. Pour lui, tout le monde &#233;tait bien et, dans le cas contraire, la soci&#233;t&#233; en &#233;tait responsable. A mon avis, m&#234;me s'il y a une part de vrai, il &#233;tait bien souvent trop indulgent. Il n'imposait jamais son point de vue &#224; quiconque. Un jour, je devais avoir environ 14 ans, je lui ai demand&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quelles sont tes id&#233;es ?&lt;/q&gt; Il m'a r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de mes opinions, cherche ta v&#233;rit&#233; toi-m&#234;me.&lt;/q&gt; (...) Je n'ai connu mon p&#232;re que vers l'&#226;ge de 5 ans, lorsque emprisonn&#233; dans la prison Boutirki de Moscou et condamn&#233; &#224; mort, il fut lib&#233;r&#233; sous condition de quitter le pays gr&#226;ce &#224; l'action d&#233;clench&#233;e par une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes r&#233;volutionnaires europ&#233;ens, avec &#224; leur t&#234;te le Fran&#231;ais Gaston Leval qui fit un v&#233;ritable scandale... Je ne peux donc me souvenir de rien, en ce qui concerne mon p&#232;re, avant cet &#226;ge. Il ne me reste en m&#233;moire que ce qui concerne notre vie de tous les jours, avec en toile de fond un village : Bobrow, au nord de l'Ukraine, et... les larmes de ma m&#232;re, seule avec trois enfants, sans nouvelle de mon p&#232;re : &#233;tait-il mort ou vivant... Et la faim... La nourriture constituait le probl&#232;me majeur, on ne parlait que de cela. Je me souviens d'une vieille paysanne qui vivait avec nous et qui aidait ma m&#232;re. Un jour, notre chat qui ne mangeait que des souris &#8212; il y en avait beaucoup &#8212; surgit avec un gros morceau de viande dans la gueule, chapard&#233; on ne sait o&#249;. La &#171; babouchka &#187; a bien mang&#233; ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Comment ton p&#232;re, issu d'une famille bourgeoise, a-t-il &#233;t&#233; amen&#233; &#224; devenir un r&#233;volutionnaire ?&lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Il m'a racont&#233; comment, vers l'&#226;ge de 14 ans, scandalis&#233; en g&#233;n&#233;ral par le sort des gens du peuple et en particulier par celui de leur propre bonne, Anita, une fille de 16 ans, toujours premi&#232;re lev&#233;e et derni&#232;re couch&#233;e, n'ayant droit qu'&#224; deux ou trois heures de sortie le dimanche, il demanda &#224; sa m&#232;re comment elle pourrait construire sa vie, rencontrer un gar&#231;on... Sa m&#232;re lui r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne t'occupe pas de cela ou tu finiras en Sib&#233;rie !&lt;/q&gt; C'est exactement ce qui s'est produit neuf ans plus tard, lors de la R&#233;volution de 1905. Il fut d&#233;port&#233; &#224; vie, &#224; 23 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Comment avez-vous v&#233;cu l'exil ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Nous avons quitt&#233; la Russie, marqu&#233;s par les privations, amaigris, avec pour toute fortune deux valises. Il faut avoir connu cela pour savoir ce qu'est la famine, avoir vu les cadavres dans les rues, morts de faim... La mis&#232;re nous a accompagn&#233;s en Allemagne. Nous &#233;tions cinq enfants, les deux a&#238;n&#233;s &#233;tant de la premi&#232;re femme de mon p&#232;re. Nous nous sommes install&#233;s dans deux pi&#232;ces lou&#233;es aux environs de Berlin. On voyait tr&#232;s peu mon p&#232;re car il travaillait dans la capitale comme comptable, me semble-t-il. Pour compl&#233;ter ses revenus, il donnait des le&#231;ons de langues (russe, fran&#231;ais et allemand). C'&#233;tait une p&#233;riode difficile, mais nous &#233;tions heureux. Mon p&#232;re paraissait vivre son r&#234;ve de soci&#233;t&#233; meilleure, toujours de bonne humeur, optimiste... L'harmonie r&#233;gnait dans la famille, jamais une dispute... Puis, au bout de trois ans, nous avons emm&#233;nag&#233; &#224; Berlin. Mon p&#232;re faisait des d&#233;marches afin de quitter l'Allemagne pour la France. On commen&#231;ait &#224; voir d&#233;filer les Jeunesses hitl&#233;riennes, des meetings, des bagarres. Mon p&#232;re partait souvent pour donner des conf&#233;rences. Ma m&#232;re tremblait pour lui, ne vivait plus. Nous n'allions plus &#224; l'&#233;cole, pr&#234;ts au d&#233;part. Nous &#233;tions toute la journ&#233;e dehors vu que pour toute la famille &#8212; sauf les deux fr&#232;res a&#238;n&#233;s qui vivaient chez des amis &#8212; nous n'avions qu'une mansarde sous les toits pour la nuit. Avec ma s&#339;ur Natacha, nous passions une grande partie de notre temps sur les courts de tennis qui jouxtaient notre immeuble. De riches Berlinois y venaient et nous courions toute la journ&#233;e pour ramasser leurs balles, ce qui nous faisait faire du sport et nous permettait de ramener un peu d'argent &#224; la maison. Notre p&#232;re tenait nos comptes. Plus tard, en France, en 1929, cela m'a pay&#233; mon premier v&#233;lo. C'est en 1925 que avons enfin obtenu l'autorisation de venir en France, d'o&#249; mon p&#232;re avait &#233;t&#233; expuls&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4660 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/import-volin_leo02-2341d-6e80c-5b282.jpg?1774725563' width='150' height='186' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; En 1916, je crois... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, apprenant qu'il devait &#234;tre arr&#234;t&#233; et intern&#233;, suite &#224; une d&#233;nonciation, pour avoir r&#233;dig&#233; un tract contre la guerre, il s'est enfuit, a rejoint Bordeaux et s'est embarqu&#233; comme soutier sur le &lt;i&gt;La Fayette &lt;/i&gt; sous le nom de Fran&#231;ois-Joseph Rouby. Au cours du voyage, &#233;puis&#233;, les mains en sang, il pensa se rendre au capitaine mais, aid&#233; par les autres soutiers, il tint jusqu'&#224; l'arriv&#233;e aux &#201;tats-Unis et y resta jusqu'au d&#233;clenchement de la R&#233;volution russe. Il a fait savoir &#224; ma m&#232;re, toujours &#224; Paris, qu'il regagnait la Russie en passant par le Japon et la Chine, et il lui demandait de le rejoindre. C'est ainsi que nous embarqu&#226;mes &#224; Brest sur le &lt;i&gt;Dvinsk&lt;/i&gt;, paquebot russe faisant partie d'un convoi, le 5 ao&#251;t 1917. Le convoi fit un large d&#233;tour, descendant d'abord dans la direction de l'&#233;quateur, puis dans une large boucle s'orienta vers le nord, pour finir par passer au nord de l'Angleterre, car les mers et l'oc&#233;an &#233;taient infest&#233;s de sous-marins allemands. Un paquebot fut m&#234;me coul&#233; en cours de route et nous arriv&#226;mes &#224; Arkhangelsk le 20 ao&#251;t 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et, en France, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. : &lt;/strong&gt; Lors de notre retour en France en 1925, nous avons d'abord &#233;t&#233; h&#233;berg&#233;s par de vieux amis de mon p&#232;re, les Fuchs, rue Lamarck &#224; Paris, le temps de trouver un logement. Mon p&#232;re n'a jamais voulu loger dans les grandes villes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour la sant&#233; des enfants&lt;/q&gt;. Gr&#226;ce &#224; Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes, nous avons obtenu un logement dans la Cit&#233;-jardin de Gennevilliers qui venait d'&#234;tre b&#226;tie. Nos conditions de vie restaient tr&#232;s difficiles. Je me souviens qu'un jour mon p&#232;re se mit &#224; rire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il nous manque cinq centimes pour acheter un pain !&lt;/q&gt; Mais il tenait &#224; ce que nous fassions des &#233;tudes malgr&#233; tout, d'autant plus que certains camarades lui avaient reproch&#233;, vu sa vie de militant, d'avoir eu des enfants. Les deux a&#238;n&#233;s, n'aimant pas l'&#233;cole &#8212; il est vrai qu'arriv&#233;s &#224; 13 et 15 ans dans un pays dont ils ne connaissaient pas la langue &#8212;, pr&#233;f&#233;r&#232;rent apprendre un m&#233;tier dans une &#233;cole de m&#233;canique. Natacha choisit la danse : son professeur fut la c&#233;l&#232;bre &#233;toile des ballets russes, devenue princesse Ksichinskaya, ma&#238;tresse du tsar Nicolas II. Mon p&#232;re l'a rencontr&#233;e et, apr&#232;s une longue conversation, l'a jug&#233;e tr&#232;s bien, mais lui a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cela n'a rien &#224; voir avec mes id&#233;es, ma fille veut faire de la danse...&lt;/q&gt; Moi, j'&#233;tais tr&#232;s bricoleur et d&#233;montais tout, m&#234;me la machine &#224; coudre de ma m&#232;re, pour voir comment cela marchait. On m'orienta donc vers le technique o&#249; je r&#233;ussis tr&#232;s bien. Mon p&#232;re travaillait comme comptable ; il y ajouta un travail compl&#233;mentaire de maroquinerie &#224; domicile. C'est souvent, avec ma m&#232;re, qu'ils ne dormaient pas de la nuit afin d'achever une commande. Aussi, ayant rapidement appris, je les aidais souvent le soir, jusqu'au jour o&#249; j'ai d&#233;cid&#233; d'arr&#234;ter mes &#233;tudes pour travailler. J'ai fait plusieurs entreprises, comme radiotechnicien, avant le d&#233;clenchement de la guerre d'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Tu y as particip&#233;, comment cela s'est-il pass&#233; ? &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Pour moi le probl&#232;me &#233;tait simple : du moment que je militais pour une soci&#233;t&#233; de forme libertaire, il &#233;tait logique de rejoindre ceux qui luttaient pour une telle soci&#233;t&#233;. Des responsables espagnols venaient &#224; la maison, j'assistais aux rencontres avec mon p&#232;re. Il s'agissait souvent d'achats d'armes, mais auparavant il fallait trouver de l'argent en vendant des titres et autres valeurs r&#233;cup&#233;r&#233;s dans des banques espagnoles. Il m'est arriv&#233; de rouler dans Paris, accompagnant les porteurs de valeurs, un pistolet dans ma poche. &#199;a faisait tr&#232;s &#171; cin&#233;ma &#187;. En novembre 1936, voyant que cette guerre n'&#233;tait pas qu'un feu de paille, je d&#233;cidais de partir. Mon p&#232;re m'a dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;R&#233;fl&#233;chis bien car c'est toute ta vie qui en sera boulevers&#233;e.&lt;/q&gt; Le temps de tout r&#233;gler et je suis parti le 14 janvier 1937. Je venais d'avoir 20 ans. En fait, c'est presque tout le petit groupe libertaire du 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris qui est parti : cinq gar&#231;ons et une fille. C'est la CGT-SR qui a organis&#233; le d&#233;part. Un pr&#233;tendu contr&#244;le d'identit&#233; a eu lieu &#224; la fronti&#232;re, mais les policiers fran&#231;ais avaient re&#231;u des ordres pour laisser filer tous ces ind&#233;sirables. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne croyais pas du tout au succ&#232;s des forces r&#233;publicaines. Je songeais sans cesse qu'aucun parti politique, aucun gouvernement, d'aucun pays, ne peut admettre la victoire d'une force &#224; dominante libertaire. J'ai observ&#233; plus tard combien j'avais vu juste... Tous ont trahi : depuis le gouvernement r&#233;publicain qui ne donnait pas les armes au peuple, en passant par les communistes qui faisaient encercler nos unit&#233;s par les fascistes, en ouvrant la ligne de front. De mon unit&#233; de plus de 4 000 hommes, il en est rest&#233; 532 pour sortir de l'encerclement le 6 f&#233;vrier 1938, apr&#232;s 24 heures de bataille. On n'a pas suffisamment parl&#233; des Am&#233;ricains qui ravitaillaient Franco, pendant que l'Angleterre et la France, d'accord avec la Russie, pr&#234;chaient la non-intervention. (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
A notre arriv&#233;e &#224; Barcelone, &#224; peine descendu du train, notre petit groupe s'est vu entour&#233; par une bande de communistes : ils nous recevaient &#224; bras ouverts pour nous embrigader dans leurs unit&#233;s. Heureusement un groupe des Jeunesses libertaires &#8212;tr&#232;s puissantes en Catalogne &#8212; nous attendait aussi et les a fait d&#233;guerpir. J'avais l'id&#233;e, vu ma formation de radionavigant, de m'engager dans l'aviation r&#233;publicaine. Apr&#232;s quelques d&#233;marches, on m'a envoy&#233; &#224; Valence pour y &#234;tre incorpor&#233;. M'&#233;tant pr&#233;sent&#233; dans le bureau qui en d&#233;pendait, je fus re&#231;u par un employ&#233; assis derri&#232;re son comptoir. Au m&#234;me moment, trois officiers sup&#233;rieurs qui venaient d'arriver m'entendirent et, souriants, me mirent la main sur l'&#233;paule en me disant en fran&#231;ais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est tr&#232;s bien, on t'emm&#232;ne de suite !&lt;/q&gt; Je r&#233;agis tr&#232;s vite : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais vous m'emmenez o&#249; ?&lt;/q&gt; R&#233;ponse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans les Brigades internationales !...&lt;/q&gt; J'ai recul&#233; vers la porte, en disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec les communistes, jamais !&lt;/q&gt; M'&#233;tant renseign&#233;, j'appris qu'une colonne anarchiste allait rapidement monter au front pour relever la Columna de Hierro (Colonne de Fer), plus ou moins d&#233;cim&#233;e apr&#232;s six mois de front. Je me suis donc pr&#233;sent&#233; devant un responsable pour m'engager dans une colonne de la CNT, la Columna confederal, sous le nom de L&#233;o Voline. Il &#233;tait heureusement surpris que je fus un des fils... &#171; de mon p&#232;re &#187;. C'est ainsi que, fin f&#233;vrier 1937, avec des centaines de jeunes gens entass&#233;s dans des camions, par des routes impossibles, en chantant des hymnes anarchistes et des chants r&#233;volutionnaires, je fon&#231;ai vers le front de Teruel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH208/sans_titre-2-22-894a0-1e950.jpg?1774725563' width='150' height='208' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L&#233;o Voline (&#224; gauche) &#224; Barcelone en mars 1938 avec son compagnon Julio Garcia.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Et ton p&#232;re, par rapport &#224; la guerre d'Espagne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Mon p&#232;re s'&#233;tait enti&#232;rement engag&#233; dans l'action aux c&#244;t&#233;s du mouvement espagnol. Il &#233;tait en contact permanent avec des responsables, principalement du fait qu'il s'occupait de la r&#233;daction du journal &lt;i&gt;l'Espagne antifasciste&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; &#224; Paris. Il recevait donc tous les jours des informations sur les &#233;v&#233;nements en cours. Et c'est ainsi qu'arriva, le 21 novembre 1936, un t&#233;l&#233;gramme ainsi r&#233;dig&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Durruti assassin&#233; sur le front de Madrid par les communistes.&lt;/q&gt; Une heure plus tard, un deuxi&#232;me t&#233;l&#233;gramme est arriv&#233; (au moment o&#249; mon p&#232;re partait pour l'imprimerie), disant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Annuler le premier t&#233;l&#233;gramme, pour sauvegarder l'unit&#233; d'action.&lt;/q&gt; C'&#233;tait le mot d'ordre absolu de l'&#233;poque. J'ai rencontr&#233; plus tard en prison, &#224; Cerb&#232;re, venant d'Espagne et arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re, un gar&#231;on, un Corse, qui rentrait comme moi, &#233;c&#339;ur&#233; des communistes, qui m'a avou&#233; avoir fait partie du commando ayant abattu Durruti. Il &#233;tait tr&#232;s &#233;mu et m'a cri&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais je te jure, L&#233;o, que je n'ai pas tir&#233; !&lt;/q&gt; Il s'appelait Andr&#233; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Beaucoup de monde venait vous rendre visite, pour voir ton p&#232;re... &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait un d&#233;fil&#233; permanent, une situation terrible surtout pour ma m&#232;re. Avec mon p&#232;re, la porte &#233;tait toujours ouverte. Beaucoup de &#171; parasites &#187; venaient essentiellement pour se mettre &#224; table, sans songer aux probl&#232;mes que cela nous posait. Certains en avaient pris l'habitude et venaient manger r&#233;guli&#232;rement. Je n'ai jamais oubli&#233; le regard de ma m&#232;re lorsqu'elle les voyait arriver. C'&#233;tait parfois des &#233;trangers &#233;vad&#233;s, pourchass&#233;s pour leurs id&#233;es, que des camarades fran&#231;ais envoyaient chez Voline. Il y avait plusieurs raisons &#224; cela : mon p&#232;re parlait plusieurs langues, il poss&#233;dait aussi des relations dont il n'a jamais us&#233; pour lui-m&#234;me, bien utiles pour d&#233;panner les autres. Il connaissait Henri Sellier, s&#233;nateur-maire de Suresnes ; L&#233;on Blum ; le pr&#233;fet de Paris Jean Chiappe (&#224; qui l'ami de mon p&#232;re, Paul Fuchs, avait sauv&#233; la vie et qui lui avait promis son aide chaque fois qu'il le faudrait). Il y avait &#233;galement l'avocat Henri Torr&#232;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt; I :&lt;/strong&gt; Certains &#233;taient francs-ma&#231;ons, comme ton p&#232;re... &lt;/i&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, peut-&#234;tre... je suis par temp&#233;rament quelqu'un de tr&#232;s r&#233;serv&#233;. Il y a donc des domaines que je n'ai jamais abord&#233; avec mon p&#232;re, sauf une fois o&#249; je lui ai demand&#233; pourquoi il &#233;tait franc-ma&#231;on. Il m'a r&#233;pondu qu'il avait h&#233;sit&#233; &#224; cause de certains rites avec lesquels il n'&#233;tait pas d'accord, mais qu'il pensait que c'&#233;tait un milieu o&#249; l'on pouvait r&#233;pandre largement ses id&#233;es, vu que sa loge &#233;tait d&#233;j&#224; tr&#232;s &#171; &#224; gauche &#187;. Je sais aussi que, par ces relations, il pouvait aider beaucoup de monde. Lorsque des camarades en difficult&#233; arrivaient, mon p&#232;re en usait pour faire r&#233;gulariser leur situation ; leur procurer des papiers, permis de s&#233;jour, logement et travail. C'&#233;tait souvent tr&#232;s difficile. Parfois des gens ont log&#233; chez nous... en attendant. Il y eut aussi, heureusement, de vrais amis qui ont tout fait pour, discr&#232;tement, se charger des enfants, organiser une f&#234;te, se transformer en p&#232;re No&#235;l... Je me rappelle en particulier des Goldenberg, de Senya Flechine et Mollie Steimer, des Doubinsky, Archinov et autres...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I :&lt;/strong&gt; Makhno et Archinov venaient-ils aussi ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; Oui, Archinov et sa femme, avec leur gar&#231;onnet Andr&#233;, sont venus durant des ann&#233;es jusqu'&#224; leur d&#233;part pour la Russie. Mon p&#232;re lui disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine...&lt;/q&gt;. Je ne sais pourquoi on l'appelait ainsi. Je me souviens en particulier d'un chant qu'avec Makhno ils entonnaient ensemble, o&#249; il &#233;tait question de &#171; Batko &#187; (Makhno), d'&#171; Oncle Marine &#187; (Archinov) et de Voline. Lorsque Archinov venait &#224; la maison en 1927, &#224; Gennevilliers, et qu'il languissait de son pays &#8212; moi, j'&#233;tais m&#244;me, &#226;g&#233; d'une dizaine d'ann&#233;es &#8212;, mon p&#232;re lui r&#233;p&#233;tait sans cesse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Marine, il ne faut pas partir. Ils te fusilleront. Ne te fais pas d'illusion, ils ne te pardonneront jamais...&lt;/q&gt; Il est parti quand m&#234;me, en 1932, et ils l'ont fusill&#233; en 1937... Makhno est venu souvent quand nous habitions notre mansarde &#224; Berlin. Je l'&#233;coutais de toutes mes oreilles car il ne racontait que ses batailles, ses coups d'audace, ses ruses, face &#224; l'ennemi : du vrai western pour moi qui avais entre 7 et 9 ans. Ensuite, en France, nous habitions en lointaine banlieue ; &#233;puis&#233;, malade, handicap&#233; par ses nombreuses blessures, nous le v&#238;mes de moins en moins avant sa mort en 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;i&gt; &lt;strong&gt;I : &lt;/strong&gt; Tu as revu ton p&#232;re, en 1940, &#224; 3. Marseille. Quelle activit&#233; avait-il ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;L. V. :&lt;/strong&gt; En fait, d&#233;mobilis&#233; en ao&#251;t 1940 (je faisais partie d'une unit&#233; de skieurs, dans les Alpes), j'ai rejoint mon p&#232;re &#224; Marseille le 28 octobre. Entre-temps, attendant d'y voir clair dans la situation g&#233;n&#233;rale (Paris &#233;tait occup&#233; par les Allemands), j'ai particip&#233; aux vendanges et eu d'autres activit&#233;s diverses. Il y avait un million et demi de r&#233;fugi&#233;s, venant de la zone occup&#233;e, dans la r&#233;gion de Marseille. Il &#233;tait tr&#232;s difficile de trouver du travail. Mon p&#232;re, encore tr&#232;s abattu par la mort de ma m&#232;re et vivant au jour le jour, d&#233;ployait toujours une certaine activit&#233; : r&#233;unions, conf&#233;rences, propagande... Nous en parlions un peu, mais, par r&#233;serve de ma part, cela n'allait pas tr&#232;s loin. De fils &#224; p&#232;re, la communication n'est pas tr&#232;s facile : je me sentais encore trop gamin face &#224; lui. C'est bien plus tard, avec toute l'exp&#233;rience acquise et une plus grande connaissance des hommes, que j'aurais aim&#233; discuter avec lui. Mais, il n'&#233;tait plus l&#224;... Recueilli par un de ses meilleurs amis, Francisco Botey qui, avec sa compagne Paquita, &#233;tait r&#233;fugi&#233; d'Espagne aux environs de Marseille, il fut entour&#233;, soign&#233;, en ces temps si durs, mais &#233;puis&#233; et gravement malade il disparut en septembre 1945.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par la r&#233;daction &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Piotr Archinov (1887-1937)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sylvain Boulouque</dc:creator>


		<dc:subject>Voline</dc:subject>
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		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les noms de Voline et de Piotr Archinov sont indissociables. Ces deux militants ont marqu&#233; de leur empreinte le d&#233;bat sur la conception organisationnelle de l'anarchisme, mais avant cette passe d'arme id&#233;ologique, il y eut un militantisme, un travail commun et des contacts durables, n&#233;s de leur action au sein du mouvement makhnoviste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/arton993-63187.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les noms de Voline et de Piotr Archinov sont indissociables. Ces deux militants ont marqu&#233; de leur empreinte le d&#233;bat sur la conception organisationnelle de l'anarchisme, mais avant cette passe d'arme id&#233;ologique, il y eut un militantisme, un travail commun et des contacts durables, n&#233;s de leur action au sein du mouvement makhnoviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Piotr Archinov &#8212; de son vrai nom Marine &#8212; est n&#233; vers 1887 &#224; Ekaterinoslaw (Ukraine), dans une famille ouvri&#232;re. Ouvrier serrurier, en 1904, il travaille dans les ateliers de Khisil-Artavat, pr&#232;s de la mer Caspienne ; c'est l&#224; qu'il sympathise avec la fraction bolchevique du Parti ouvrier social-d&#233;mocrate russe. Il r&#233;dige des articles pour le journal ill&#233;gal &lt;i&gt;Molot &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;le Marteau&lt;/i&gt;). Poursuivi par la police pour ses activit&#233;s r&#233;volutionnaires, il retourne &#224; Ekaterinoslaw. C'est &#224; ce moment-l&#224; qu'il devient anarchiste. Cette p&#233;riode est, pour le mouvement anarchiste russe, encore fortement impr&#233;gn&#233;e par le nihilisme de la p&#233;riode des attentats et Archinov n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Le 23 d&#233;cembre 1906, il fait sauter un immeuble de la police qui provoque la mort de plusieurs personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois mois plus tard, le 7 mars 1907, il tue d'un coup de revolver Vassilenko, le chef des ateliers des chemins de fer d'Alexandrovsk, responsable de la d&#233;nonciation de plus de cent ouvriers qui avaient fait gr&#232;ve entre 1905 et 1906. Condamn&#233; &#224; mort, son ex&#233;cution se trouve ajourn&#233;e car elle est du ressort d'un tribunal militaire. Il s'&#233;vade le 22 avril 1907 gr&#226;ce &#224; ses camarades, qui envahissent la prison et lib&#232;rent &#233;galement tous ses cod&#233;tenus. Archinov passe la fronti&#232;re et se r&#233;fugie pendant deux ans &#224; l'&#233;tranger (il semble s&#233;journer en France). En m&#234;me temps, il continue de militer pour le mouvement libertaire russe en passant clandestinement des armes et des livres. Arr&#234;t&#233; &#224; la fronti&#232;re autrichienne, il est d&#233;tenu pendant un an &#224; Tarnopol. Puis, il est livr&#233; aux autorit&#233;s russes, qui le condamnent &#224; vingt ans de prison (ayant utilis&#233; divers pseudonymes, il n'est pas inqui&#233;t&#233; pour ses actes ant&#233;rieurs). C'est dans la prison Boutirki, pr&#232;s de Moscou, qu'il rencontre Makhno et o&#249; na&#238;t leur amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;volution de f&#233;vrier, Archinov et Makhno sont lib&#233;r&#233;s. Leurs chemins se s&#233;parent momentan&#233;ment, l'enfant de Goula&#239;-Pol&#233; retourne en Ukraine, alors qu'Archinov milite &#224; la F&#233;d&#233;ration des groupes anarchistes de Moscou, o&#249; il organise une maison d'&#233;dition et deux journaux : &lt;i&gt;l'Anarchie &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la Voix de l'anarchiste&lt;/i&gt;. Lors de son s&#233;jour &#224; Moscou, en mai-juin 1918, Makhno lui demande de venir en Ukraine. C'est en janvier 1919 qu'Archinov rejoint la Makhnovtchina ; il est d&#233;tach&#233; &#224; la commission culturelle du mouvement, o&#249; il travaille avec Voline. Archinov g&#232;re le journal &lt;i&gt;Poute k Svobode&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Route vers la libert&#233;&lt;/i&gt;). La r&#233;pression bolchevique frappe le mouvement, Archinov est charg&#233; par les instances de ce dernier de r&#233;diger son histoire. Il est oblig&#233; de l'&#233;crire &#224; quatre reprises, la Tcheka ayant syst&#233;matiquement perquisitionn&#233; les lieux o&#249; il avait d&#233;pos&#233; le manuscrit &#8212; et donc saisi tous les documents &#8212; ; sans que l'on sache si cela tenait de l'acharnement ou du hasard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1921, ayant pass&#233; clandestinement la fronti&#232;re, il gagne Berlin, refuge des militants anarchistes et des autres oppositionnels pers&#233;cut&#233;s par le r&#233;gime bolchevique. Entre mai 1923 et mai 1924, il participe &#224; la publication d'&lt;i&gt;Anarkhist&lt;/i&gt; &lt;i&gt;vietsnik &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;le Messager anarchiste&lt;/i&gt;), qui compte sept livraisons. Puis il publie son Histoire du mouvement makhnoviste, dont la version fran&#231;aise est pr&#233;fac&#233;e par Voline qui &#233;crit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce ne fut que la conscience de la n&#233;cessit&#233; de donner un historique m&#234;me incomplet, mais suivi et int&#233;gral de la Makhnovtchina qui le d&#233;cida &#224; reprendre la plume.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois arriv&#233; en France, en 1925, Piotr Archinov participe aux activit&#233;s du Groupe des anarchistes russes et polonais en exil, qui compte entre autres Nestor Makhno, Ida Gilmann (la future Ida Mett) et Ranko (de son vrai nom Goldengerg), et qui publie le journal &lt;i&gt;Dielo Trouda&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Cause du Travail&lt;/i&gt;), revue de grande qualit&#233; selon les t&#233;moins de l'&#233;poque. Le groupe est surtout connu pour ses propositions concernant la plate-forme. Elles sont l'aboutissement de plusieurs r&#233;unions et d'un travail collectif qui donnent lieu &#224; ce texte restant, selon leur propre terme, un projet pour l'organisation future du mouvement anarchiste international. Le d&#233;bat avec le reste du mouvement anarchiste prendra toute son ampleur au cours de l'ann&#233;e 1927. Archinov, qui est le secr&#233;taire du groupe, est au centre du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de l'ann&#233;e 1929, il est expuls&#233; vers la Belgique et ne reviendra en France qu'en 1930 gr&#226;ce &#224; l'intervention de S&#233;bastien Faure aupr&#232;s d'Henri Sellier. Tr&#232;s affect&#233; par le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;manque de perspective du mouvement&lt;/q&gt;, selon ses termes, et &#224; la demande de sa compagne qui a comme lui le mal du pays, il prend contact avec un proche de Staline (Serge&#239; Ordjonikidze, un de ses compagnons d'infortune dans les prisons tsaristes), pour rentrer en URSS. Les conseillers de l'ambassade d'Union sovi&#233;tique, charg&#233;s de son retour, lui demandent une sorte de confession. Archinov r&#233;dige une brochure dans laquelle il dresse un constat d'&#233;chec du mouvement anarchiste. Archinov, sa compagne et leur fils partent pour l'URSS durant l'ann&#233;e 1932, malgr&#233; les avertissements de ses compagnons Nestor Makhno, Nikolas Tchorbadieff, et de Voline. Il occupe un poste de correcteur jusqu'en 1937, ann&#233;e o&#249;, comme tant d'autres, il est victime des purges, le tribunal l'accusant de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tentative de restauration de l'anarchisme en Union sovi&#233;tique&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Voline2.pdf" class="spip_out"&gt;Article extrait de &#171; Voline &#187;, revue &#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176;13 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le Libertaire &#187; entre les deux guerres mondiales (1919-1939)</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>Nestor Makhno</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Besnard</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Joyeux</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Faucier</dc:subject>
		<dc:subject>Andr&#233; Prudhommeaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;1919. Pierre Martin a disparu, Louis Lecoin va prendre sa place pour animer &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; qui repara&#238;t. De nouvelles signatures vont s'ajouter &#224; celles qui ont surv&#233;cu au carnage et &#224; la d&#233;sagr&#233;gation des consciences jet&#233;es dans ce pourrissoir qu'est l'&#233;tat de guerre. S&#233;bastien Faure essaiera bien, pendant cette p&#233;riode tragique, de faire para&#238;tre un journal : &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, qui devra rapidement se saborder devant les menaces du pouvoir. Les anarcho-syndicalistes crieront avec les militants qui iront &#224; Zimmerwald pour essayer d'arr&#234;ter la guerre : &lt;q&gt;Cette guerre n'est pas notre guerre&lt;/q&gt;. Efforts infructueux, mais qui sauveront l'honneur du mouvement ouvrier. Les anarchistes, cependant, ne d&#233;sarment pas. Ils feront para&#238;tre le 15 juin 1917 un num&#233;ro clandestin du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, ce qui vaudra &#224; Lepetit, &#224; Barb&#233;, &#224; Content, &#224; Ruff et &#224; Le Meillour des peines de prison importantes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-25-du-libertaire-au-monde-libertaire-histoire-du-journal-de-l-" rel="directory"&gt;25 - Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde libertaire &#187; : Histoire du journal de l'organisation des anarchistes - Maurice Joyeux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-nestor-makhno-+" rel="tag"&gt;Nestor Makhno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-pierre-besnard-+" rel="tag"&gt;Pierre Besnard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-maurice-joyeux-314-+" rel="tag"&gt;Maurice Joyeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-pierre-martin-+" rel="tag"&gt;Pierre Martin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-nicolas-faucier-+" rel="tag"&gt;Nicolas Faucier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-andre-prudhommeaux-+" rel="tag"&gt;Andr&#233; Prudhommeaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-6-19ee0.jpg?1774703810' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais tant que nous subirons la honte que nous subissons, tant que la classe ouvri&#232;re organis&#233;e de ce pays subira la honte qu'elle subit, c'est-&#224;-dire que tant qu'&#224; la t&#234;te de la C.G.T. il y aura les hommes qui ont, depuis sept ans, le pass&#233; de reniement que nous connaissons, il n'y a pas de possibilit&#233; de s'entendre sur une orientation syndicale possible. Et le premier geste &#224; faire, notre premier geste, camarades d&#233;l&#233;gu&#233;s dans ce congr&#232;s, c'est de nettoyer les &#233;curies d'Augias et de vomir les gens qui, depuis 1914, ont manqu&#233; &#224; toutes les motions pass&#233;es des congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents&lt;/q&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Louis Lecoin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention au congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral de Lille, septembre 1921. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, septembre 1921.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4753 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH178/martin-72eb2-03c8b.jpg?1774725564' width='150' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;1919. Pierre Martin a disparu, Louis Lecoin va prendre sa place pour animer &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; qui repara&#238;t. De nouvelles signatures vont s'ajouter &#224; celles qui ont surv&#233;cu au carnage et &#224; la d&#233;sagr&#233;gation des consciences jet&#233;es dans ce pourrissoir qu'est l'&#233;tat de guerre. S&#233;bastien Faure essaiera bien, pendant cette p&#233;riode tragique, de faire para&#238;tre un journal : &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, qui devra rapidement se saborder devant les menaces du pouvoir. Les anarcho-syndicalistes crieront avec les militants qui iront &#224; Zimmerwald pour essayer d'arr&#234;ter la guerre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette guerre n'est pas notre guerre&lt;/q&gt;. Efforts infructueux, mais qui sauveront l'honneur du mouvement ouvrier. Les anarchistes, cependant, ne d&#233;sarment pas. Ils feront para&#238;tre le 15 juin 1917 un num&#233;ro clandestin du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, ce qui vaudra &#224; Lepetit, &#224; Barb&#233;, &#224; Content, &#224; Ruff et &#224; Le Meillour des peines de prison importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le 26 janvier 1919 que para&#238;t le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de l'apr&#232;s-guerre. Dans ce premier num&#233;ro, les anarchistes rejettent ceux d'entre eux qui, avec Jean Grave, Pierrot, Malato et quelques autres, ont particip&#233; &#224; l'effort de guerre au c&#244;t&#233; des d&#233;mocraties. Ils le font d'ailleurs avec d&#233;dain. L'&#233;ditorial du num&#233;ro 1 du journal d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si nous avons un sujet &#224; m&#233;diter, ce n'est pas sur la fragilit&#233; de nos doctrines, de notre id&#233;al, mais bien sur le manque de conscience, sur la l&#226;chet&#233;, sur l'aberration dont firent preuve certains individus qui ne peuvent, &#224; eux seuls, personnifier l'Anarchie&lt;/q&gt;. Lor&#233;al et Le Meillour, dans une s&#233;rie d'articles, vont d&#233;noncer les &#171; revenants &#187;, les &#171; cadavres putr&#233;fi&#233;s &#187;. Querelle qui ne sera jamais close, et Pierrot, dans &lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;, posera un probl&#232;me qui n'est pas encore r&#233;solu dans nos milieux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si la participation &#224; la guerre vide les principes pacifistes et antimilitaristes, la non-r&#233;sistance aux arm&#233;es d'invasion constitue une violation non moins grande du principe primordial de la r&#233;sistance &#224; l'oppression, un abandon au moins aussi grand de l'esprit de r&#233;volte&lt;/q&gt;. Question &#224; laquelle j'essaierai pour ma part de r&#233;pondre avec quelques amis pendant la Seconde Guerre mondiale et que je d&#233;finirai dans&lt;i&gt; La Rue&lt;/i&gt; du troisi&#232;me trimestre 1971, &#224; l'occasion de la mort de Louis Lecoin :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/louis_lecoin-8dfbf-8523d.jpg?1774725564' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small &gt;Louis Lecoin.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous refusions d'assumer les convulsions qui d&#233;clenchaient les guerres. Notre premier adversaire, c'&#233;tait d'abord l'&#201;tat et le capitalisme fran&#231;ais qui nous mettaient en prison, c'&#233;tait Vichy qui nous y maintenait, c'&#233;tait le gendarme d&#233;mocrate qui nous y conduisait, le soldat allemand ou am&#233;ricain qui voulait nous y maintenir. Dans de telles &#233;poques, la grande politique n'est plus de saison. L'adversaire, lorsqu'on ne veut pas faire la guerre et lutter contre l'oppression, il n'est pas besoin de sortir de l'X pour le d&#233;finir ; le militant agit, c'est-&#224;-dire d&#233;nonce l'oppression, et alors l'adversaire qui veut l'empoigner se d&#233;masque et la lutte s'impose. C'est une position dissemblable de celle de Lecoin. Elle n'est pas moins anarchiste que la sienne. Ce fut la n&#244;tre, &#224; nous qui refuserons toujours de faire une diff&#233;rence entre la servitude et la guerre&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; est reparti, il va prendre une part active aux mouvements sociaux qui secouent la soci&#233;t&#233; capitaliste de l'&#233;poque. Mais la grande affaire qui perturbe la bourgeoisie europ&#233;enne, c'est la R&#233;volution russe. Les anarchistes, d&#232;s 1917, ont manifest&#233; de la sympathie pour la R&#233;volution russe. &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va d'abord, dans ses premiers num&#233;ros, proclamer que, malgr&#233; ses lacunes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la R&#233;volution russe est un fait consid&#233;rable&lt;/q&gt;, et Lepetit &#233;crira dans le num&#233;ro de janvier 1921 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un progr&#232;s immense est accompli sous le rapport moral, ce qui nous fait aimer quand m&#234;me la R&#233;volution russe malgr&#233; toutes ses erreurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux anarchistes se rendent &#224; Moscou aux congr&#232;s de l'Internationale politique ou syndicale. Ils rentrent d&#233;sabus&#233;s. On peut dater la rupture du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; avec les communistes russes et ses repr&#233;sentants en France avec la disparition inexplicable de Lepetit, de Lefebvre et de Vergeat lors de leur retour de Russie et en route pour la France pour participer au congr&#232;s conf&#233;d&#233;ral de la C.G.T. o&#249; ils devaient rendre compte de leur d&#233;l&#233;gation. Un livre excellent de Mauricius, &#233;galement d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; Moscou et qui raconte ses m&#233;saventures, rompra le charme. La r&#233;volte de Cronstadt finira de d&#233;chirer le voile. Dans le num&#233;ro du journal de novembre 1921, Gaston Leval, qui lui aussi rentre de Moscou, est particuli&#232;rement s&#233;v&#232;re avec les bolcheviks : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] On a fait des syndicats des instruments au service du parti, on a emp&#234;ch&#233; leur &#233;volution normale, leur &#233;ducation, leur adaptation logique aux besoins de la r&#233;volution ; par la violence, la prison, la d&#233;portation, l'annulation des &#233;lections et beaucoup d'autres proc&#233;d&#233;s du m&#234;me genre, l'accomplissement de leur mission a &#233;t&#233; rendu impossible&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3411.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH324/arton3411-fcb96.jpg?1774725564' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Lepetit, Lefebvre et Vergeat en Russie durant l'&#233;t&#233; 1920. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article3411.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sillusion des r&#233;dacteurs du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; est d'autant plus profonde qu'en France les anarchistes ont engag&#233; la lutte contre les r&#233;formistes, mais &#233;galement contre les communistes pour la conqu&#234;te de la C.G.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la guerre, la lutte des tendances va reprendre au sein de la C.G.T. entre les r&#233;formistes et les r&#233;volutionnaires que la conversion de quelques-uns de ces derniers au bolch&#233;visme va encore compliquer. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, naturellement, va participer &#224; tous les efforts tent&#233;s par les anarcho-syndicalistes pour conqu&#233;rir l'appareil conf&#233;d&#233;ral. Le point culminant sera le Congr&#232;s de Lille de 1921, qui verra la scission entre les deux grands courants du mouvement ouvrier. Cependant, les militants de l'Union anarchiste &#8211; qui vient d'&#234;tre constitu&#233;e et dont &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; est devenu le moyen d'expression &#8211; marqueront leur distance entre eux et l'anarcho-syndicalisme inspir&#233; par Pierre Besnard et qui domine la minorit&#233; syndicaliste-r&#233;volutionnaire rassembl&#233;e dans les Comit&#233;s syndicalistes r&#233;volutionnaires, les C.S.R.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux des anarchistes, l'anarcho-syndicalisme doit &#234;tre confort&#233; par l'anarchie, et dans Le Libertaire de janvier 1921, Veber &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que nos amis qui militent dans cette organisation nouvelle, C.S.R., sachent bien que nous applaudirons toujours leurs efforts et qu'ils nous trouveront &#224; leurs c&#244;t&#233;s pour d&#233;fendre le syndicalisme. Cela d'autant mieux que nous allons plus loin qu'eux-m&#234;mes puisque nos volont&#233;s sont tendues vers l'ind&#233;pendance des individus&lt;/q&gt;, et, dans une controverse avec Monatte, qui ne va pas tarder &#224; rejoindre le Parti communiste, Georges Bastien rappelle que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le mouvement syndical propose aussi bien la d&#233;fense des revendications imm&#233;diates que la r&#233;volution sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/besnard-pierre-2-05d7c-20620-8b6f2.png?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre Besnard&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats du congr&#232;s C.G.T. &#224; Lille seront tumultueux et&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; va en donner un compte rendu d&#233;taill&#233; non sans mettre en &#233;vidence les interventions de Lecoin, de Colomer et de quelques autres, ainsi que, bien entendu, sa version du coup de revolver que Lecoin tirera dans les limpes pour r&#233;tablir le calme. Il va naturellement informer ses lecteurs des suites de la scission intervenue &#224; Lille, de la constitution de la C.G.T.U. dont Besnard sera le premier secr&#233;taire avant d'&#234;tre d&#233;log&#233; par les communistes. Le journal appuiera tous les efforts des anarcho-syndicalistes pour reconqu&#233;rir la direction de la nouvelle centrale syndicale. Ils &#233;choueront. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va alors prendre ses distances avec les divers courants de l'anarcho-syndicalisme dont certains sont rest&#233;s &#224; la C.G.T., dont d'autres iront &#224; la C.G.T.-S.R., alors qu'une minorit&#233;, dont je fus, continuera d'appartenir &#224; la C.G.T.U., clivage entre les organisations syndicales auxquelles adh&#233;reront les anarchistes, qu'on retrouve encore de nos jours, et que l'&#233;migration russe &#224; partir de 1930 et la guerre d'Espagne ne feront qu'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la R&#233;volution russe et la lutte pour la conqu&#234;te de l'organisation syndicale marquent les premi&#232;res ann&#233;es du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, d'autres probl&#232;mes vont trouver leur place &#224; la &#171; une &#187; : le coup de revolver que Cottin tirera sur Cl&#233;menceau, celui de Germaine Berton contre Plateau, l'assassinat de Philippe Daudet, entre autres, comme l'affaire Fantomas o&#249; des ouvriers trouv&#232;rent la mort dans une bataille entre communistes et anarchistes. Pourtant, aucun de ces faits divers n'obtint autant de place dans les colonnes du journal que le probl&#232;me de l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la guerre,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; avait &#233;t&#233; le journal d'un homme, puis d'un groupe, et &#224; la fin de la guerre il va encore, pour un moment, &#234;tre l'&#233;manation de quelques militants : Content, Lecoin, Le Meillour, Lor&#233;al, etc. Apr&#232;s le congr&#232;s constitutif de l'Union anarchiste, il va devenir, pour la premi&#232;re fois, le journal d'une organisation. D&#232;s le num&#233;ro 1 du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, Lecoin avait pos&#233; le probl&#232;me de l'organisation : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le parti doit &#234;tre organis&#233; sur des bases f&#233;d&#233;ralistes, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crivait-il,&lt;/span&gt; laissant la plus compl&#232;te libert&#233; aux groupes&lt;/q&gt;, et Georges Bastien expliquait dans un num&#233;ro de septembre 1921 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'obtiendrons notre maximum de rendement au point de vue propagande et action que par l'organisation. Nous ne lutterons avec efficacit&#233; contre les partis... que par l'organisation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;87&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton5074.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH309/arton5074-d5225.jpg?1774725564' width='500' height='309' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Photo de groupe avec Nestor Makhno, Galina Kouzmenko, Piotr Archinov, etc. &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article5074.html&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; partir de ce probl&#232;me de l'organisation tel que le pos&#232;rent un certain nombre d'anarchistes russes r&#233;fugi&#233;s en France avec Archinoff et Makhno que s'ouvrira dans les colonnes du journal une pol&#233;mique sur la plate-forme. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, dans son num&#233;ro de fin avril 1932, passera la mise en garde de Novik, secr&#233;taire du Club progressiste de Chicago, qui constate : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ayant reconnu tous les principes sus-indiqu&#233;s du bolch&#233;visme, avec toutes les cons&#233;quences logiques, Archinoff, de par ce fait, se met hors des rangs du mouvement anarchiste&lt;/q&gt;. Cependant, l'organisation de l'Union r&#233;volutionnaire anarchiste reste &#224; l'ordre du jour et Bastien dira dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; de 1925 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ils ont tous peur de voir mutiler leur Moi dans une organisation. C'est pourquoi ils la rejettent d'une fa&#231;on cat&#233;gorique et d&#233;tourn&#233;e, chicanant sur chaque minuscule d&#233;tail. Tout leur r&#233;pugne &#224; l'association r&#233;guli&#232;re&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers les ann&#233;es 30, de nouvelles signatures sont venues enrichir la r&#233;daction du journal, et la bataille entre les &#171; plate-formistes &#187; et les &#171; synth&#233;sistes &#187; fait rage : ce sont celles de Lasborde et de Nicolas Faucier, un jeune militant qui jouera un r&#244;le important par la suite et qui &#233;crit dans le num&#233;ro de fin d&#233;cembre 1931 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il ne suffit pas de d&#233;noncer la malfaisance du capitalisme &#224; tout venant et de pr&#233;coniser la r&#233;volution comme une panac&#233;e, un rem&#232;de. La lutte r&#233;volutionnaire est de tous les jours. En attendant l'heure du grand soir, c'est bribe par bribe que nous devons arracher les am&#233;liorations qui porteront le germe des espoirs vers des actions plus f&#233;condes&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4759 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/ernestan-6f26c-74efb.jpg?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ernestan&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;On rel&#232;ve &#233;galement la signature, dans le journal de cette p&#233;riode, d'un militant belge de grande valeur auquel on n'a pas rendu l'hommage que son &#339;uvre m&#233;ritait ! Il s'appelait Ernestan et il &#233;crivit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'anarchisme ne remplira son r&#244;le social que nous lui reconnaissons, le socialisme libertaire ne sera une r&#233;alit&#233; que le jour o&#249; il sera con&#231;u et exprim&#233; avec la nettet&#233; indispensable.&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut souligner, dans&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de d&#233;cembre 1931, que Jean, rendant compte du congr&#232;s de la C.G.T.U., d&#233;nonce cette petite canaille de Gitton qui, pendant des ann&#233;es, sera l'homme de la pr&#233;fecture au bureau politique du Parti communiste et qui sera abattu pendant l'Occupation par les clandestins du parti : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est un jeune, Gitton, qui avait la charge d'arracher le masque unitaire de la C.G.T.U. Le seul fait de le voir nomm&#233; rapporteur est tout un symbole. C'est le type parfait de la g&#233;n&#233;ration neuve de formation exclusivement bolch&#233;vique, sans aucune conscience syndicaliste, que Moscou impose &#224; la direction des affaires de la C. G. T. U.&lt;/q&gt;. On ne saurait mieux dire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Union anarchiste r&#233;volutionnaire, la th&#232;se de l'organisation finira par triompher avec, comme corollaire, les cartes d'adh&#233;sion et les timbres de cotisation qui ont tant fait hurler les &#171; purs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des probl&#232;mes plus urgents vont solliciter le journal de l'Union anarchiste. Le fascisme, qui a triomph&#233; en Italie et en Allemagne, pointe son nez en France. Le 6 f&#233;vrier, les ligues descendent dans la rue. Il y a des morts. Au Congr&#232;s de Paris de 1934, le mouvement se ressoude. Pas pour longtemps d'ailleurs, car le 16 ao&#251;t se cr&#233;e &#224; Toulouse la F&#233;d&#233;ration anarchiste fran&#231;aise. La guerre d'Espagne et le Front populaire vont aggraver les divisions entre les deux organisations dissidentes. De nouveaux militants vont animer le journal &#224; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale : Anderson, Fr&#233;mont, Scheck, Ridel !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/durruti-ascaso-jover.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH218/durruti-ascaso-jover-10295-6611b.jpg?1774716240' width='150' height='218' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Durruti, Ascaso et Jover&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, depuis des ann&#233;es, soutenait avec vigueur les campagnes de Louis Lecoin pour la d&#233;fense des militants ouvriers emprisonn&#233;s &#8211; campagne pour la lib&#233;ration de Sacco et Vanzetti qui d&#233;butera en 1921 et se cl&#244;turera avec l'ex&#233;cution des deux anarchistes par le gouvernement am&#233;ricain. Le journal patronne toutes les manifestations, et, dans le num&#233;ro du 4 novembre 1921, son &#233;ditorialiste &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Jusqu'au bout, jusqu'&#224; la lib&#233;ration de Sacco-Vanzetti, les travailleurs fran&#231;ais, pour effacer la honte dont la carence de leurs chefs les ent&#226;che, poursuivront avec la m&#234;me conviction, avec la m&#234;me ardeur et le m&#234;me courage l'agitation &#233;nergique et intense qu'ils ont si bien commenc&#233;e&lt;/q&gt;. Campagne pour la lib&#233;ration d'Ascaso et de Durruti, des militants espagnols r&#233;fugi&#233;s en France et emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union anarchiste, comme son journal&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt;, sera toujours insensible &#224; l'&#233;volution de l'anarchisme en Espagne o&#249; l'organisation anarcho-syndicaliste a pris une dimension internationale et compte un million d'adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre civile en Espagne d&#233;bute le 17 juillet 1936. Lecoin constitue imm&#233;diatement un comit&#233; pour l'Espagne libre qui organisera des meetings aux tribunes desquelles d&#233;fileront des personnages importants de l'&#233;poque : Jouhaux, Marceau Pivert et m&#234;me Cachin. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; du 8 d&#233;cembre 1936 pr&#233;cise toutefois : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous avons le devoir de surmonter, au moins pour l'instant, le d&#233;plaisir que nous causent certains contacts&lt;/q&gt;. Enfin, le journal va donner la plus large audience &#224; Solidarit&#233; internationale antifasciste, organisme cr&#233;&#233; par les Espagnols pour aider le mouvement anarchiste espagnol dans sa lutte sur deux fronts : contre les troupes de Franco et contre les staliniens qui avaient entrepris, avec l'aide de Moscou, de liquider le mouvement r&#233;volutionnaire espagnol. Naturellement, la lutte anti-fasciste va poser quelques probl&#232;mes au mouvement anarchiste, par nature pacifiste, antimilitariste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; &#233;crira, avec la caution de S&#233;bastien Faure : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le choc dramatique est devenu fatal entre l'Espagne des palais et des ch&#226;teaux et celle des taudis et des chaumi&#232;res, entre l'Espagne des privil&#233;gi&#233;s et des d&#233;sh&#233;rit&#233;s, entre la mis&#233;rable minorit&#233; qui est affam&#233;e de domination et d'autorit&#233; et l'immense multitude qui est assoiff&#233;e de r&#233;volte et de libert&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1696 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/andre_prudhommeaux-fc2a8-f18cb.jpg?1774702289' width='150' height='236' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Prudhommeaux&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233; du journal avec la C.N.T. espagnole s'exercera sur tous les plans, m&#234;me si la politique de la direction de l'organisation oblige les militants &#224; avaler certaines couleuvres. Les membres de l'Union anarchiste vont franchir les Pyr&#233;n&#233;es pour constituer la centurie S&#233;bastien Faure et feront taire leurs scrupules par le cri : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Miliciens, oui ! Soldats, jamais !&lt;/q&gt;. L'entr&#233;e de quatre ministres anarchistes dans le gouvernement Caballero va soulever quelques remous dans l'Union anarchiste et des r&#233;serves de militants de la qualit&#233; d'Andr&#233; Prudhommeaux et de Voline, dont le journal &lt;i&gt;L'Espagne antifasciste&lt;/i&gt; exprima les critiques des militants de la F.A.F. Il fallut attendre 1937 pour que S&#233;bastien Faure, &#224; son tour, mette en question dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; la politique de la C.N.T. espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; avait accueilli tr&#232;s froidement la cr&#233;ation par Pierre Besnard de la C.G.T.-S.R. Les militants sont pour l'union syndicale, et le journal, en 1936, &#233;crit &#224; propos du Congr&#232;s de Toulouse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'esprit syndicaliste l'a emport&#233;&lt;/q&gt; et pr&#233;conise la formation de groupes d'usines pour faire pi&#232;ce aux communistes. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; saluera l'immense mouvement de gr&#232;ve qui, en 1936, se r&#233;pand sur tout le pays, m&#234;me s'il fait des r&#233;serves sur le Front populaire, et Faucier rappelle, dans le num&#233;ro de juillet 1936, que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le contrat collectif ne doit pas se borner &#224; r&#233;glementer les rapports entre patrons et ouvriers dans la paix sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/faucier-nicolas-d8a93-4fade-7a6de.jpg?1774725564' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nicolas Faucier&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais la guerre est l&#224;, et la victoire de Franco en Espagne est le pr&#233;lude &#224; la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci laissera les anarchistes d&#233;sempar&#233;s. L'enqu&#234;te que m&#232;ne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; aupr&#232;s de ses lecteurs dans : &#171; Pr&#233;cisons notre pacifisme &#187; r&#233;v&#232;le le d&#233;sarroi de notre mouvement, impuissant &#224; arr&#234;ter une guerre que la population s'appr&#234;te &#224; subir avec r&#233;signation. Dans un dernier cri, Maurice Doutreau titre son article : &#171; Qu'ils y aillent et qu'ils en cr&#232;vent ! &#187; C'est effectivement ce que va faire, sous pr&#233;texte d'antifascisme, cette g&#233;n&#233;ration du Front populaire. Elle est bien loin l'illusion de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale r&#233;volutionnaire. Lecoin et Faucier essaieront de sauver l'honneur en publiant le tract fameux : &#171; Paix imm&#233;diate &#187;. Quelques-uns dispara&#238;tront dans la nature et je fus de ceux-l&#224; ; d'autres pratiqueront le d&#233;brouillage individuel. La plupart, r&#233;sign&#233;s, r&#233;pondront &#224; l'appel. Le dernier congr&#232;s avait donn&#233; des consignes : en cas de guerre, les militants doivent sauver leur peau et r&#233;aliser une organisation clandestine leur permettant de rester en liaison, m&#234;me si toute propagande est impossible. De cette fa&#231;on, ils pourront agir &#224; partir de 1943 dans un regroupement qui pr&#233;figurera ce que sera la F&#233;d&#233;ration anarchiste et son journal &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; &#224; la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Libertaire d'entre-deux-guerres conservera son aspect classique qui fut le sien d&#232;s son origine. Les anarchistes sont traditionalistes, y compris dans le lettrage qui forme le titre du journal. Son tirage variera peu, un peu plus d'un millier d'abonn&#233;s, un tirage un peu plus fort impos&#233; par sa distribution dans les points de vente du trust Hachette, 15 000 &#224; 20 000 num&#233;ros pour une vente de 6 000 &#224; 7 000 exemplaires, avec des pointes les jours de fi&#232;vre. Apr&#232;s l'affaire Daudet, le journal sera quelques temps quotidien, pour revenir &#224; cette sage parution hebdomadaire qui lui est traditionnelle. Contrairement &#224; ce qu'on voit de nos jours, l'actualit&#233; politique tient peu de place dans ses colonnes, r&#233;serv&#233;es &#224; l'action ouvri&#232;re, &#224; la propagande antimilitariste et &#224; la doctrine anarchiste. C'est un journal construit &#171; &#224; l'ancienne &#187;, qui n'a pas encore adopt&#233; les &#233;volutions de la presse quotidienne. Disons qu'il est aust&#232;re, journal de militants fait par des militants pour des militants, et qu'on ach&#232;te plus par devoir que par plaisir. Les articles, longs comme des jours sans pain, sont pourtant bien construits par des autodidactes qui se sont donn&#233; une culture solide, qui cultivent pourtant encore le complexe d'&#233;lite du mouvement ouvrier. Pour ce texte, je viens de relire d'innombrables num&#233;ros de ce journal d'entre les deux guerres mondiales o&#249; j'ai appris l'ABC de l'Anarchie, et je suis &#233;tonn&#233; de la qualit&#233; de style et de la r&#233;flexion de nos anciens, de leur clairvoyance surtout&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la collection du Libertaire &#224; la Biblioth&#232;que nationale et la premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire la collection du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#224; la Biblioth&#232;que nationale et la premi&#232;re partie du second volume :&lt;i&gt; Le Mouvement anarchiste en France &lt;/i&gt; de Jean Maitron, &#233;ditions Masp&#233;ro, auquel il a &#233;t&#233; fait de nombreux emprunts pour construire ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Malatesta - Quelle organisation ?</title>
		<link>https://partage-noir.fr/malatesta-quelle-organisation</link>
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		<dc:date>2024-02-06T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard (Gr. Sacco et Vanzetti)</dc:creator>


		<dc:subject>Errico Malatesta</dc:subject>
		<dc:subject>Piotr Archinov </dc:subject>
		<dc:subject>Nestor Makhno</dc:subject>
		<dc:subject>Ida Mett</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les anarchistes russes, vic&#173;times de la r&#233;pression bol&#173;chevique, se r&#233;fugient en France o&#249; ils fondent en 1925 la revue Dielo Trouda (la Cause du travail). Ce groupe, compos&#233; entre autres de Makhno, Archinov et Ida Mett, analyse l'&#233;chec du mouvement anarchiste au cours de la r&#233;volution russe. Pour &#233;viter que pareille m&#233;sa&#173;venture se renouvelle, il avance des solutions th&#233;oriques et pratiques. Cette r&#233;flexion collective aboutit &#224; la publi&#173;cation en fran&#231;ais, en juin 1926, d'un projet (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-malatesta-revue-itineraire-une-vie-une-pensee-no5-6-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;5/6 : &#171; Malatesta &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-errico-malatesta-52-+" rel="tag"&gt;Errico Malatesta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-piotr-archinov-+" rel="tag"&gt;Piotr Archinov &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-nestor-makhno-+" rel="tag"&gt;Nestor Makhno&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-ida-mett-+" rel="tag"&gt;Ida Mett&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-3-5-cda09.jpg?1774725564' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les anarchistes russes, vic&#173;times de la r&#233;pression bol&#173;chevique, se r&#233;fugient en France o&#249; ils fondent en 1925 la revue &lt;i&gt;Dielo Trouda&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Cause du travail&lt;/i&gt;). Ce groupe, compos&#233; entre autres de Makhno, Archinov et Ida Mett, analyse l'&#233;chec du mouvement anarchiste au cours de la r&#233;volution russe. Pour &#233;viter que pareille m&#233;sa&#173;venture se renouvelle, il avance des solutions th&#233;oriques et pratiques. Cette r&#233;flexion collective aboutit &#224; la publi&#173;cation en fran&#231;ais, en juin 1926, d'un projet organisationnel qui rentrera dans l'histoire sous le nom de &#171; Plate&#173;forme d'Archinov &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte paru dans L'organisation : la plate&#173;forme d'Archinov, la synth&#232;se de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cet appel para&#238;t au moment o&#249; le mouvement anarchiste fran&#231;ais, toujours &#233;prouv&#233; par les reniements face &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale, red&#233;couvre l'urgence de s'organiser. En effet, les gr&#232;ves des ann&#233;es 20 ont &#233;t&#233; des &#233;checs et le mou&#173;vement ouvrier fran&#231;ais, illumin&#233; par la victoire sovi&#233;tique, se tourne vers le marxisme-l&#233;ninisme. L'influence des anarchistes d&#233;cline. Le lieu et l'&#233;poque feront que le d&#233;bat du choix organisa&#173;tionnel touchera essentiellement la France. Pendant des ann&#233;es, les orga&#173;nisations anarchistes se contenteront d'opter pour la plate-forme ou pour la synth&#232;se de S&#233;bastien Faure. Mala&#173;testa, lui, d&#233;finira une autre possibilit&#233; d'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;ponse de Malatesta &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4673 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/archinov_piotr-5a88a-805b2.jpg?1774725564' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Piotr Archinov&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1922, le fascisme r&#232;gne en Italie. Errico Malatesta est assign&#233; &#224; r&#233;sidence, son courrier est censur&#233;. Malgr&#233; cette r&#233;pression polici&#232;re qui l'entoure et qui s'ajoute &#224; son &#226;ge et &#224; sa mauvaise sant&#233;, il participe au d&#233;bat suivant ses possibilit&#233;s. Prenant connaissance du projet, il r&#233;dige une &lt;i&gt;R&#233;ponse &#224; la plate-forme&lt;/i&gt; qui para&#238;t dans &lt;i&gt;le R&#233;vel anarchiste&lt;/i&gt; de Gen&#232;ve. Depuis la Premi&#232;re Internationale antiautoritaire, Malatesta a toujours particip&#233; &#224; l'organisation des anarchis&#173;tes, continuellement soucieux de m&#234;ler la pens&#233;e et l'action. Le besoin d'une organisation anarchiste coh&#233;rente et efficace est donc pour lui &#233;vident. Inlassablement il rappelle, comme au congr&#232;s d'Amsterdam, que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tous s'organisent&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il distingue trois formes d'orga&#173;nisation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'organisation en g&#233;n&#233;ral dans la vie sociale aujourd'hui et dans la soci&#233;t&#233; future ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; l'organisation sp&#233;cifique anarchiste qu'il appelle &#171; parti &#187; anarchiste. Par ce terme, il entend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'ensemble de ceux qui veulent contribuer &#224; r&#233;aliser l'anarchie, et qui, par cons&#233;quent, ont besoin de se fixer un but &#224; atteindre et un chemin &#224; parcourir&lt;/q&gt; ;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; les organisations de masse fond&#233;es sur la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et imm&#233;diats, dont les anarchistes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;doi&#173;vent favoriser le d&#233;veloppement et en faire un des leviers de leur action&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il regrette que la plate-forme, au lieu de donner envie de s'organiser, ren&#173;force l'id&#233;e qu'organisation signifie soumission &#224; des chefs et suppression de toute initiative individuelle. Il trouve toujours irr&#233;alisable de vouloir r&#233;unir tous les anarchistes dans la m&#234;me organisation. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les milieux et les conditions de lutte diff&#232;rent trop, les modes possibles d'action qui se par&#173;tagent les pr&#233;f&#233;rences des uns et des autres sont trop nombreux, et trop nombreuses aussi les diff&#233;rences de temp&#233;rament et les incompatibilit&#233;s personnelles.&lt;/q&gt; Malatesta condamne l'exclusivit&#233; anarchiste des plate-formistes qui veulent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;regrouper en une seule organisation tous les &#233;l&#233;&#173;ments sains du mouvement libertaire (...). Que feront-ils des &#233;l&#233;ments mal&#173;sains ? (...) Pr&#233;tendront-ils mettre hors de l'anarchisme, excommunier tous ceux qui n'acceptent pas leur pro&#173;gramme ?&lt;/q&gt;. Sans mettre en doute l'anarchisme des r&#233;dacteurs de la plate&#173;forme, il trouve le mode d'organisa&#173;tion propos&#233; d'esprit et de tendance autoritaires, donc incompatible avec le but recherch&#233;, le triomphe de l'anar&#173;chie : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En effet, cette &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Union g&#233;n&#233;&#173;rale&lt;/q&gt; consisterait en autant d'organi&#173;sations partielles qu'il y aurait de secr&#233;&#173;tariats pour en diriger id&#233;ologiquement l'&#339;uvre politique et technique, et il y aurait un comit&#233; ex&#233;cutif de l'Union charg&#233; d'ex&#233;cuter les d&#233;cisions prises par l'Union, de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;diriger&lt;/q&gt; l'id&#233;ologie et l'organisation des groupes confor&#173;m&#233;ment &#224; l'id&#233;ologie et &#224; la ligne de tactique g&#233;n&#233;rale de l'Union. Est-ce l&#224; l'anarchisme ? C'est un gouvernement et une Eglise.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons combattre et vaincre, mais comme anarchistes et pour l'anarchie.&lt;/q&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est surtout dans l'adoption du principe de la responsabilit&#233; collec&#173;tive qu'il voit de dangereuses d&#233;via&#173;tions autoritaires. En effet &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'organe ex&#233;cutif du mouvement libertaire g&#233;n&#233;&#173;ral (l'Union anarchiste) adopte le prin&#173;cipe de la responsabilit&#233; collective ; toute l'Union sera responsable de l'activit&#233; r&#233;volutionnaire et politique de l'Union. (...) Mais si l'Union est responsable de ce que fait chacun de ses membres, comment laisser &#224; cha&#173;que membre en particulier et aux diff&#233;&#173;rents groupes la libert&#233; d'appliquer le programme commun de la fa&#231;on qu'ils jugent la meilleure ? Comment peut&#173;-on &#234;tre responsable d'un acte si l'on n'a pas la facult&#233; de l'emp&#234;cher ? Donc l'Union, et pour elle le comit&#233; ex&#233;cutif, devrait surveiller l'action de tous les membres en particulier et leur prescrire ce qu'ils ont &#224; faire, et comme le d&#233;saveu du fait accompli n'att&#233;nue pas une responsabilit&#233; for&#173;mellement accept&#233;e d'avance, per&#173;sonne ne pourrait faire quoi que ce soit avant d'en avoir obtenu l'approbation, la permission du comit&#233;. Et d'autre part, un individu peut-il accepter la responsabilit&#233; des actes d'une collecti&#173;vit&#233; avant de savoir ce qu'elle fera, et comment peut-il l'emp&#234;cher de faire ce qu'il d&#233;sapprouve. (...) &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En r&#233;alit&#233;, ainsi qu'il r&#233;sulte du texte m&#234;me du projet, par volont&#233; de l'Union on ne peut entendre que la volont&#233; exprim&#233;e par des congr&#232;s qui nomment et contr&#244;lent le comit&#233; ex&#233;cutif et d&#233;cident sur toutes les ques&#173;tions importantes. Les congr&#232;s naturel&#173;lement seraient compos&#233;s de repr&#233;sen&#173;tants &#233;lus &#224; la majorit&#233; dans chaque groupe adh&#233;rent et ces repr&#233;sentants d&#233;cideraient de ce qui serait &#224; faire tou&#173;jours &#224; la majorit&#233; des voix. Donc, dans la meilleure hypoth&#232;se, les d&#233;ci&#173;sions seraient prises par une majorit&#233; de majorit&#233; qui pourrait fort bien, en particulier quand les opinions en pr&#233;&#173;sence seraient plus de deux, ne plus repr&#233;senter qu'une minorit&#233;. (...) &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Une organisation anarchiste doit selon moi &#234;tre &#233;tablie sur des bases bien diff&#233;rentes de celles que nous pro&#173;posent ces camarades russes. Pleine autonomie, pleine ind&#233;pendance et, par cons&#233;quent, pleine responsabilit&#233; des individus et des groupes ; libre accord entre ceux qui croient utile de s'unir pour coop&#233;rer &#224; une &#339;uvre commune, devoir moral de maintenir les engagements pris et de ne rien faire qui soit en contradiction avec le pro&#173;gramme accept&#233;. Sur ces bases, s'adaptent les formes pratiques, les instruments aptes &#224; donner une vie r&#233;elle &#224; l'organisation : groupes, f&#233;d&#233;&#173;rations, r&#233;unions, congr&#232;s, comit&#233;s charg&#233;s de la correspondance ou d'autres fonctions. Mais tout cela doit &#234;tre fait librement, de mani&#232;re &#224; ne pas entraver la pens&#233;e et l'initiative des individus et seulement pour donner plus de port&#233;e &#224; des effets qui seraient impossibles ou &#224; peu pr&#232;s inefficaces s'ils &#233;taient isol&#233;s. &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;ponse &#224; la plate-forme, anarchie et orga&#173;nisation, E. Malatesta, &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malatesta finit par rappeler aux camarades russes, qui malgr&#233; un r&#244;le non n&#233;gligeable ont subi des &#233;checs et ont connu la victoire d'une organisa&#173;tion r&#233;volutionnaire autoritaire, de ne pas oublier que : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nous voulons com&#173;battre et vaincre, mais comme anar&#173;chistes et pour l'anarchie&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Correspondance avec Makhno &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Archinov publie dans Dielo Trouda une r&#233;ponse &#224; Malatesta : &#171; L'ancien et le nouveau de l'anarchisme &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Autonomie individuelle et force collective, A. Skirda, &#233;d. A.S., Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Celui-ci n'en prendra probablement pas connaissance vu sa situation et &#224; aucun moment, il n'y fera r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH191/makhno_1930-d435d-d0ffc.jpg?1774725564' width='150' height='191' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Makhno &#224; Paris en 1925.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Makhno, en 1927, adresse &#171; directe&#173;ment &#187; une lettre &#224; Malatesta. Elle mettra un an &#224; lui parvenir. Les deux lutteurs de l'anarchisme s'estiment et Malatesta r&#233;pond aussit&#244;t (novembre 1928). Les deux textes sont rendus publics dans &lt;i&gt;Il Risveglio&lt;/i&gt; de Gen&#232;ve du 4 d&#233;cembre 1929&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Articles politiques, E. Malatesta, &#233;d. 10-18, Paris, 1979, pp. 126-135.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malatesta regrette la censure et les risques d'une traduc&#173;tion imparfaite qui rendent la commu&#173;nication difficile. Il explique de nouveau sa conception de la responsabilit&#233;, bas&#233;e &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sur l'accord et la solida&#173;rit&#233; qui doivent exister entre les mem&#173;bres de l'association&lt;/q&gt;. Il d&#233;finit le r&#244;le des anarchistes dans le mouvement social : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On peut diriger par les conseils et par l'exemple, en laissant les gens, plac&#233;s devant la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; de pourvoir &#224; leurs propres besoins, adopter en pleine libert&#233; nos m&#233;thodes et nos solutions, si elles sont ou si elles leur semblent meilleures que celles propos&#233;es et pratiqu&#233;es par d'autres. (...) Nous ne pouvons donc aspirer &#224; gouverner, et nous devons faire tout notre possible pour emp&#234;&#173;cher que d'autres (classes, parti ou individu) ne s'emparent du pouvoir et forment le gouvernement. (...) Je suis loin de penser que les anarchistes doi&#173;vent se contenter d'&#234;tre de simples auxiliaires d'autres r&#233;volutionnaires qui, n'&#233;tant pas anarchistes, aspirent naturellement &#224; devenir gouverne&#173;ment. Je crois, au contraire, que nous, anarchistes, convaincus que notre pro&#173;gramme est bon, nous devons nous efforcer d'acqu&#233;rir une influence pr&#233;&#173;pond&#233;rante pour pouvoir diriger le mouvement vers l'application de nos id&#233;aux ; mais cette influence, nous devons l'acqu&#233;rir en faisant plus et mieux que les autres, et elle ne sera utile que si elle est acquise de cette fa&#231;on.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928, Malatesta &#233;crit directement en fran&#231;ais une lettre assez s&#232;che destin&#233;e &#224; Jean Grave car celui-ci lui attribue publiquement des opinions qui sont contraires aux siennes au sujet de la plate-forme. &lt;i&gt;Le R&#233;veil &lt;/i&gt; du 31 mars 1928 la publie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Articles politiques. E. Malatesta, op. cit., pp. 135-137.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; de Paris du 18 avril 1930 passe dans ses colonnes un texte de Malatesta destin&#233; au groupe anarchiste du XVllle arrondis&#173;sement qui s'est d&#233;clar&#233; en accord avec la plate-forme. Il trouve le rem&#232;de choisi par ce groupe impropre &#224; r&#233;sou&#173;dre les probl&#232;mes qui se posent au sein de l'Union anarchiste communiste r&#233;volutionnaire (U.A.C.R.). En effet, ceux-ci viennent du fait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'U.A.C.R. manque de pr&#233;paration, de coh&#233;sion, d'un accord (...). Et on n'apportera aucun rem&#232;de en procla&#173;mant une responsabilit&#233; collective qui, si elle n'est pas l'aveugle soumission de tous &#224; la volont&#233; de certains, est une absurdit&#233; morale en th&#233;orie et est l'irresponsabilit&#233; g&#233;n&#233;rale en pratique. (...) La responsabilit&#233; morale (puisque dans notre cas il ne peut s'agir que de responsabilit&#233; morale) est individuelle par sa nature m&#234;me. Seul l'esprit de domination, dans ses diff&#233;rentes mani&#173;festations politiques, militaires et eccl&#233;&#173;siastiques, etc., a pu rendre les hom&#173;mes responsables de ce qu'ils n'ont pas fait volontairement.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pens&#233;e de Malatesta, &#233;d. Eug&#232;ne-Varlin.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Anarchie et organisation &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la fin de sa vie, Errico Malatesta consacre ses efforts &#224; la construction d'un parti anarchiste car, pour lui, contrairement &#224; Kropotkine, l'anarchie n'est pas dans l'ordre natu&#173;rel des choses. Une organisation est n&#233;cessaire pour mener l'action r&#233;volu&#173;tionnaire. Il combat les d&#233;viations syndicalistes et celles des anti-organisationnels sans simplifier les tendances aux trois seuls courants d&#233;finis d'une mani&#232;re rigide (les individualis&#173;tes, les communistes anarchistes et les anarcho-syndicalistes). Il reconna&#238;t et d&#233;fend donc le pluralisme &#224; l'int&#233;rieur de l'anarchisme. Il garde toujours &#224; l'esprit la m&#234;me id&#233;e organisation&#173;nelle : les anarchistes formulent un programme d&#233;finissant dans les gran&#173;des lignes ce que l'on doit d&#233;truire dans la soci&#233;t&#233; actuelle et &#233;laborent les pro&#173;positions et les projets qu'ils veulent mettre en pratique pour construire la soci&#233;t&#233; future. Pour atteindre ce but r&#233;volutionnaire, ils se regroupent dans une organisation sp&#233;cifique (parti anarchiste). Ils s'accordent entre eux dans le cadre d'un pacte d'alliance d&#233;finissant la structure interne de l'organisation, les liens moraux des militants entre eux et des individus avec leur organisation. La structure adopt&#233;e est le f&#233;d&#233;ralisme et le lien moral l'entraide. Ce parti anarchiste agit &#224; l'ext&#233;rieur comme &#224; l'int&#233;rieur des organisations de masse. L'organi&#173;sation sp&#233;cifique ne dirige pas l'organi&#173;sation syndicale, elle y propage sa pro&#173;pagande et y forme des militants pour pr&#233;parer l'affrontement r&#233;volution&#173;naire. Elle lutte aussi contre les risques de corruption et de r&#233;action propres &#224; toutes les organisations fond&#233;es sur la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa conception diff&#232;re de celle des plate-formistes car il refuse l'exclusi&#173;vit&#233; anarchiste, la responsabilit&#233; collec&#173;tive et l'existence d'un comit&#233; ex&#233;cutif. Mais Malatesta s'oppose aussi aux synth&#233;sistes car, s'il d&#233;sire rassembler le plus grand nombre possible d'anar&#173;chistes, il n'a jamais song&#233; &#224; r&#233;unir toutes les tendances dans la m&#234;me organisation. Il a toujours affirm&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; ceux qui combattent l'organisation, seulement parce qu'ils ne veulent pas y entrer, ou n'y sont pas accept&#233;s, ou ne sympathisent pas avec les individus qui en font partie (...), faites avec ceux qui sont d'accord avec vous une autre organisation. Certes nous aimerions pouvoir &#234;tre tous d'accord et r&#233;unir dans un faisceau puissant toutes les forces de l'anarchisme. Mais nous ne croyons pas dans la solidit&#233; des organi&#173;sations faites &#224; force de concessions et de sous-entendus, o&#249; il n y a pas entre les membres de sympathie et d'accords r&#233;els. Mieux vaut &#234;tre d&#233;sunis que mal unis. Mais nous voudrions que chacun s'unisse avec ses amis et qu'il n'y ait pas de forces isol&#233;es, de forces per&#173;dues.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Agitazione d'Anc&#244;ne, 2 juillet 1897.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Texte paru dans &lt;i&gt;L'organisation : la plate&#173;forme d'Archinov, la synth&#232;se de S&#233;bastien Faure et r&#233;flexions des groupes d'Angers et Malatesta de la F.A.&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://www.librairie-publico.com/spip.php?article2857&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Volont&#233; anarchiste n&#176;12&lt;/a&gt;, Paris, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;ponse &#224; la plate-forme, anarchie et orga&#173;nisation&lt;/i&gt;, E. Malatesta, &#233;d. Groupe 19-Juillet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Autonomie individuelle et force collective&lt;/i&gt;, A. Skirda, &#233;d. A.S., Paris, 1987, pp. 313-320.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Articles politiques&lt;/i&gt;, E. Malatesta, &#233;d. 10-18, Paris, 1979, pp. 126-135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Articles politiques&lt;/i&gt;. E. Malatesta, op. cit., pp. 135-137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La pens&#233;e de Malatesta&lt;/i&gt;, &#233;d. Eug&#232;ne-Varlin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Agitazione d'Anc&#244;ne&lt;/i&gt;, 2 juillet 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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