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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Johann Most </title>
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		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pol&#233;miste &#224; la verve caustique, tribun au physique difforme, il sera l'initiateur d'Emma Goldman et le r&#233;dacteur de &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; pendant vingt-sept ans. A travers l'exil, les condamnations et les emprisonnements, la vie d'un personnage tourment&#233;...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no8-emma-goldman-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;8 : &#171; Emma Goldman &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/2goldman-most-1.jpg__1000x548_q85_crop_subsampling-2_upscale-1_copie2-56597.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pol&#233;miste &#224; la verve caustique, tribun au physique difforme, il sera l'initiateur d'Emma Goldman et le r&#233;dacteur de &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; pendant vingt-sept ans. A travers l'exil, les condamnations et les emprisonnements, la vie d'un personnage tourment&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Johann Most apparut. Il m'inspira tout d'abord de la r&#233;pulsion. Il n'&#233;tait pas tr&#232;s grand, il avait une grosse t&#234;te couronn&#233;e de cheveux grisonnants et embroussaill&#233;s, le visage d&#233;form&#233; par une apparente dislocation de la m&#226;choire. Dans cette tourmente, seuls les yeux, bleus et sympathiques, &#233;taient rassurants. Son discours fut tout autre : une d&#233;nonciation caustique des conditions de vie en Am&#233;rique, une satire mordante contre l'injustice et la brutalit&#233; du pouvoir, un r&#233;quisitoire passionn&#233;. En l'&#233;coutant, on oubliait comme par magie l'&#234;tre d&#233;figur&#233; et difforme qu'il &#233;tait, pour ne voir unir en lui qu'une sorte de force de la nature rayonnante de haine et d'amour, de vigueur et d'inspiration. Sa parole au d&#233;bit rapide, alli&#233;e &#224; une voix m&#233;lodieuse et &#224; un esprit brillant, avait quelque chose de subjuguant. Il m'&#233;mut profond&#233;ment.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman, L'&#201;pop&#233;e d'une anarchiste, Paris 1979/Bruxelles 1984, p. 10&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme qui amena Emma Goldman aux id&#233;es anarchistes par son journal &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; et par ses discours, qui la fit oratrice bien involontaire d'abord, lui fit d&#233;couvrir un monde nouveau, l'initiant &#224; la musique, &#224; la litt&#233;rature, au th&#233;&#226;tre, qui &#233;tait-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Johann Most est n&#233; le 5 f&#233;vrier 1846 &#224; Augsbourg, Bavi&#232;re. Sa naissance m&#234;me, comme il le dit ironiquement dans ses souvenirs, &#233;tait une infraction &#224; la loi car ses parents n'&#233;taient pas encore mari&#233;s, le p&#232;re n'ayant pas obtenu une licence de mariage car, de l'avis des autorit&#233;s, il ne gagnait pas assez pour nourrir une famille. L'enfance du petit Johann fut quand m&#234;me bien heureuse, au moins jusqu'au d&#233;but de l'arm&#233;e 1854. Cette nuit du Nouvel An, il attrapa froid et connut une inflammation de la m&#226;choire, inflammation qui le torturera pendant cinq ann&#233;es. Au cours de l'ann&#233;e 1858 (et pas en 1856, comme il le dit dans ses souvenirs) il perd sa m&#232;re, ses grands-parents paternels et sa s&#339;ur atteints du chol&#233;ra. Son p&#232;re se remarie peu apr&#232;s avec une femme qui se montre une vraie m&#233;g&#232;re envers Johann. Puis, le 18 mars 1859, jour dont il se souviendra toute sa vie &#8212; le 18 mars est filialement aussi l'anniversaire de la r&#233;volution de 1848 &#224; Berlin et, plus tard, de la Commune de Paris &#8212;, il subit une op&#233;ration de la m&#226;choire qui lui sauve la vie mais le d&#233;figure pour toujours, le laissant avec un visage asym&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renvoy&#233; de l'&#233;cole &#224; la suite d'une gr&#232;ve qu'il avait provoqu&#233; contre un professeur fran&#231;ais, il entre comme apprenti chez un relieur. En 1863, il re&#231;oit son livret d'ouvrier et commence sa tourn&#233;e de compagnonnage qui le m&#232;ne, en mars 1867, au Locle dans le Jura suisse. Il y rejoint le Club allemand d'instruction des ouvriers, son premier pas dans le mouvement ouvrier. Ses contacts avec la section de La Chaux-de-Fonds de l'AIT lui font conna&#238;tre le socialisme. Enthousiasm&#233;, il commence &#224; faire de la propagande socialiste, activit&#233; qui lui co&#251;te bient&#244;t son emploi. Apr&#232;s une ann&#233;e pass&#233;e &#224; Zurich, il se fixe au d&#233;but de 1869 &#224; Vienne en Autriche. Le 4 mai, il y prononce son premier discours devant une foule de six mille personnes, suivi le 30 mai par un autre devant une assembl&#233;e de dix mille &#224; vingt mille participants. Son succ&#232;s &#233;norme chez les ouvriers lui vaut une premi&#232;re condamnation &#224; trois mois de prison (finalement r&#233;duite &#224; un mois). Le 13 d&#233;cembre 1869 il prend part &#224; une des plus grandes manifestations que Vienne a jamais vu. Pour le discours prononc&#233; &#224; cette occasion, il est arr&#234;t&#233; le 2 mars 1870 et condamn&#233;, dans le premier grand proc&#232;s pour haute trahison qui est fait &#224; la social-d&#233;mocratie autrichienne, &#224; cinq ans de prison (en appel, la peine est r&#233;duite &#224; trois ans).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5867 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;75&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sozialdemokrat__abgeordneter_johann_most_in_einer_vorstadt_berlins_vor_arbeitern_sprechend__aus__daheim_1878_heft_5__.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH698/sozialdemokrat__abgeordneter_johann_most_in_einer_vorstadt_berlins_vor_arbeitern_sprechend__aus__daheim_1878_heft_5__-a74b2.jpg?1774729991' width='500' height='698' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Johann Most s'adressant &#224; des ouvriers dans une banlieue de Berlin (1878)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Amnisti&#233; d&#232;s le 9 f&#233;vrier 1871, il reprend ses activit&#233;s d'agitateur, juste avant d'&#234;tre expuls&#233; d'Autriche en avril 1871. Il rentre en Allemagne et, en juillet 1871, &#224; Chemnitz il abandonne pour toujours le m&#233;tier de relieur et devient agitateur et journaliste socialistes professionnels. Jusqu'&#224; sa mort, seulement interrompu par des emprisonnements, il dirigera des journaux socialistes. Avant son expulsion de Chemnitz en octobre 1873, il est, m&#234;me en prison, le r&#233;dacteur de la &lt;i&gt;Chemnitzer Freie Presse&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Presse libre de Chemnitz&lt;/i&gt;, en Saxe) ; puis, de novembre 1873 &#224; avril 1874, de la&lt;i&gt; S&#251;ddeutsche Deutsche Volksstimme&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Voix populaire sud-allemande&lt;/i&gt;) &#224; Mayence ; de juillet 1876 &#224; mai 1878 de la &lt;i&gt;Berliner Freie Presse&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Presse libre de Berlin&lt;/i&gt;) ; et finalement de janvier 1879 jusqu'&#224; sa mort de &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt;). Bien qu'&#233;lu au Reichstag, le parlement de l'Empire allemand, pour la premi&#232;re fois le 10 janvier 1874, ses articles et discours lui am&#232;nent toute une s&#233;rie de condamnations pour des d&#233;lits de presse ou de l&#232;se-majest&#233;. Ainsi il passe le temps entre octobre 1872 et octobre 1873, entre avril 1874 et juin 1876, et de mai &#224; d&#233;cembre 1878 en prison &#8212; des vacances, comme il le dira plus tard, pour l'un des orateurs les plus populaires de la social-d&#233;mocratie allemande. Il en profite pour lire et &#233;tudier, et il continue d'&#233;crire pour la presse ouvri&#232;re &#8212; des articles, des chansons, et aussi la premi&#232;re version populaire du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les deux suivantes sont dues &#224; Carlo Cafiero, l'ami de Bakounine, et &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout ce temps et bien que ses condamnations semblent indiquer le contraire, Most est plut&#244;t mod&#233;r&#233; comme socialiste ; il aime ridiculiser les autorit&#233;s, r&#234;ve de la r&#233;volution future, mais ne glorifie point la violence &#8212; au contraire, apr&#232;s les attentats contre l'empereur Guillaume I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, en 1878, qui finalement m&#232;neront aux lois antisocialistes, il attaque leurs auteurs comme des d&#233;biles et des idiots. D&#232;s 1871, il propage avant tout l'organisation syndicale des ouvriers et, au cours des conflits, il tente de pr&#234;cher la mod&#233;ration en ayant toujours en vue le but final qui ne peut &#234;tre atteint que par l'organisation des travailleurs. En d&#233;cembre 1878, &#224; peine lib&#233;r&#233;, il est menac&#233; de nouveau par une condamnation et, de Hambourg, il s'exile &#224; Londres. Il y fait para&#238;tre en janvier 1879, pour le Club communiste d'instruction des ouvriers, le journal qu'il regardera plus tard comme l'&#339;uvre la plus importante de sa vie, &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5866 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/andreas_scheu.jpg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH820/andreas_scheu.jpg-dc2ec.jpg?1774729992' width='500' height='820' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;D'abord social-d&#233;mocrate et tout &#224; fait dans la ligne du programme officiel, il est bient&#244;t attaqu&#233; par les dirigeants du parti rest&#233;s en Allemagne, avant tout parce qu'il refuse d'&#234;tre contr&#244;l&#233; et pr&#244;ne une lutte &#233;nergique contre l'oppression des socialistes par l'&#201;tat de Bismarck. Au cours de ces divergences, il se radicalise de plus en plus, sous l'influence ext&#233;rieure du d&#233;veloppement politique, mais aussi sous l'influence personnelle d'amis comme Andreas Scheu (en 1871 condamn&#233; avec lui &#224; Vienne) et &#201;douard Vaillant. Il se dit social-r&#233;volutionnaire sous l'influence des th&#233;ories de Blanqui, mais bient&#244;t il commence aussi &#224; s'int&#233;resser &#224; l'anarchisme. L'attentat contre le tsar Alexandre II par les social-r&#233;volutionnaires russes (avec lesquels il est en contact depuis 1876) l'enthousiasme et il le f&#234;te dans un article d&#233;lirant de joie sur la mort de ce tyran &#8212; joie qui lui co&#251;te cher car il est arr&#234;t&#233; le 30 mars 1881 sur l'instigation de Bismarck et du gouvernement russe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fait que le gouvernement d'une Angleterre renomm&#233;e pour sa libert&#233; de presse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et condamn&#233; en juin 1881 &#224; seize mois de travaux forc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;volution vers l'anarchisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; le 26 octobre 1882, il doit constater qu'il est impossible de reprendre la publication de &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; en Angleterre, et il accepte finalement une invitation du Club social-r&#233;volutionnaire de New York. Il y arrive le 18 d&#233;cembre, et ne retournera plus en Europe. Son arriv&#233;e est salu&#233;e avec enthousiasme, il commence alors une agitation &#233;nergique, d'abord pour une union de toutes les forces socialistes, puis orient&#233;e de plus en plus vers l'anarchisme &#8212; au d&#233;but (1883) un anarchisme collectiviste, puis un anarchisme communiste avant tout sous l'influence des articles de Kropotkine et, &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1890, il recommence &#224; propager l'organisation syndicale des travailleurs et d&#233;veloppe une forme d'anarcho-syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'influence blanquiste et social-r&#233;volutionnaire russe, il pr&#233;conise &#224; partir de 1881 et jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 80 la propagande par le fait. Apr&#232;s avoir travaill&#233; dans une fabrique de dynamite, il publie en 1885 (en trois &#233;ditions) son &#339;uvre la plus notoire : &lt;i&gt;Science de la Guerre r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. Un petit guide concernant l'usage et la fabrication de la nitroglyc&#233;rine, de la dynamite, de la pyroxyline, du fulminate mercurique, des bombes, etc.&lt;/i&gt; Mais d&#233;j&#224; en 1886 il refuse de le faire r&#233;imprimer ; d&#233;sillusionn&#233; non seulement par l'&#233;chec total de toutes ses tentatives pour organiser des attentats en Allemagne, mais aussi par les &#233;v&#233;nements de Chicago en 1886. L'ex&#233;cution des condamn&#233;s de Haymarket et la passivit&#233; des travailleurs am&#233;ricains le convainquent de s'abstenir de pr&#244;ner la propagande par la violence, ou plut&#244;t de d&#233;clarer d'une fa&#231;on plus ou moins sophistiqu&#233;e qu'il faut que les actes de propagande par le fait aient du succ&#232;s et ne pas &#234;tre contre-productifs.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/johann_most_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH786/johann_most_2-e66bf.jpg?1774729992' width='500' height='786' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des r&#233;serves trop sophistiqu&#233;es pour la plupart de ceux qui adh&#233;rent &#224; ses id&#233;es, et qui ne les comprennent que quand il les applique &#224; un acte r&#233;el, l'attentat commis par Alexandre Berkman en 1892 contre Frick. Sa critique de cet acte le s&#233;pare d'une grande partie du mouvement anarchiste et, bien que Berkman lui-m&#234;me adopte plus tard la m&#234;me attitude, Emma Goldman ne pardonnera jamais &#224; Most&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle le fouette m&#234;me avec une cravache dans une r&#233;union publique&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais des divergences et la haine mutuelle ne suffisent &#224; Most, il doit aussi subir des emprisonnements aux &#201;tats-Unis &#224; trois reprises. Il est condamn&#233; &#224; un an de prison &#224; chaque fois, pour des d&#233;lits de presse ou pour un discours &#8212; en 1886-1887&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Condamnation qui, ironiquement, lui sauve la vie car autrement il aurait &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, en 1891-1892, et finalement en 1902-1903&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour avoir publier l'article d'un r&#233;publicain allemand, &#233;dit&#233; pour la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, N&#233;anmoins il ne perd pas son humeur et sa verve r&#233;volutionnaire, bien que de plus en plus le ton de ses articles soit quelque peu r&#233;sign&#233;. Il meurt le 17 mars 1906 &#224; Cincinnati, pendant une tourn&#233;e d'agitation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman, &lt;i&gt;L'&#201;pop&#233;e d'une anarchiste&lt;/i&gt;, Paris 1979/Bruxelles 1984, p. 10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les deux suivantes sont dues &#224; Carlo Cafiero, l'ami de Bakounine, et &#224; Ferdinand Domela Nieuwenhuis qui, comme Most, deviendra plus tard anarchiste...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fait que le gouvernement d'une Angleterre renomm&#233;e pour sa libert&#233; de presse n'a jamais admis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle le fouette m&#234;me avec une cravache dans une r&#233;union publique&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Condamnation qui, ironiquement, lui sauve la vie car autrement il aurait &#233;t&#233; accus&#233; et condamn&#233; avec les martyrs de Haymarket.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour avoir publier l'article d'un r&#233;publicain allemand, &#233;dit&#233; pour la premi&#232;re fois cinquante ann&#233;es plus t&#244;t !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Johann Most (1846-1906)</title>
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		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>
		<dc:subject>IWW</dc:subject>
		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Johann Most est une figure oubli&#233;e du mouvement ouvrier. A peine se souvient-on de lui par la querelle qu'il eut avec Emma Goldman.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-la-peste-religieuse-johann-most-" rel="directory"&gt;La Peste religieuse (Johann Most)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-johann-most-+" rel="tag"&gt;Johann Most&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-iww-etats-unis-+" rel="tag"&gt;IWW&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton153-be1a6.jpg?1774693767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Johann Most est une figure oubli&#233;e du mouvement ouvrier. A peine se souvient-on de lui par la querelle qu'il eut avec Emma Goldman. Celle-ci laissa de lui un portrait plut&#244;t n&#233;gatif et de mauvaise foi&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emma Goldman : L'&#233;pop&#233;e d'une anarchiste, Ed. Complexe.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. S'en tenir l&#224; serait oublier l'&#339;uvre de ce propagandiste qui contribua &#224; d&#233;velopper l'anarchisme en Europe et en Am&#233;rique du nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; le 5 f&#233;vrier 1846 &#224; Augsbourg, petite ville de Bavi&#232;re. Le jeune Most fait preuve tr&#232;s t&#244;t d'indiscipline. Il organise une r&#233;volte dans son &#233;cole et refuse d'assister aux messes. A la suite d'un terrible accident, il doit subir l'ablation d'une partie de la m&#226;choire. Cette op&#233;ration le laisse affreusement d&#233;figur&#233;. Apr&#232;s ses &#233;tudes, Most m&#232;ne une existence vagabonde. Souvent, on lui refuse du travail &#224; cause de son physique. En 1867, il s&#233;journe dans le Jura suisse et prend contact avec la section de l'Association internationale des travailleurs. Il se joint &#224; la lutte et perd son travail. Aussi, en 1868, il part pour l'Autriche o&#249; il trouve un mouvement ouvrier embryonnaire, tr&#232;s faible en raison de la r&#233;pression. Most s'impose tr&#232;s vite comme le leader de la contestation. En mai 1869, il prend la parole devant 10 000 travailleurs, ce qui lui vaut la prison. Le gouvernement autrichien d&#233;cide dans le m&#234;me temps de promulguer des lois anti-socialistes particuli&#232;rement dures. Mais chaque fois que Most retourne en prison, il gagne en popularit&#233;. Lorsqu'il rentre en Allemagne en 1871, pr&#232;s d'un millier d'ouvriers autrichiens l'accompagnent &#224; la gare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tabli dans la ville allemande de Chemnitz, il lance un journal et m&#232;ne une gr&#232;ve locale. Il est remis en prison. En 1873, il met &#224; profit son incarc&#233;ration en &#233;crivant &lt;i&gt;Kapital und Arbeit&lt;/i&gt;, une explication du &lt;i&gt;Capital&lt;/i&gt; de Marx qu'il jugeait illisible. Ce sacril&#232;ge provoque l'indignation de Marx et de ses disciples. Par contre, un philosophe de tendance proudhonienne, Ernest D&#252;hring, prend la d&#233;fense de Most. D&#252;hring d&#233;clare qu'il est inutile de lire un seul livre de Marx apr&#232;s un si bon r&#233;sum&#233; ! Marx et Engels leur r&#233;pondront par la haine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1873, Most travaille au journal &lt;i&gt;Suddentschen Volkstimne&lt;/i&gt;, &#224; Mainz. Il est &#233;lu d&#233;put&#233; au Reichstag sans se faire d'illusions sur le parlementarisme. Son mandat est invalid&#233; car il a c&#233;l&#233;br&#233; en public l'anniversaire de la Commune de Paris. Comme &#224; l'accoutum&#233;e, la prison lui permet d'&#233;crire des textes. Ce sera &lt;i&gt;Die Bastille am Plotzensee&lt;/i&gt;, o&#249; il d&#233;nonce le syst&#232;me carc&#233;ral prussien. A sa lib&#233;ration, Most s'oppose aux leaders sociaux-d&#233;mocrates comme Wilhelm Liebknecht. Dans le journal socialiste &lt;i&gt;Frie Presse&lt;/i&gt;, Most fait para&#238;tre des textes de D&#252;hring. En effet, il admire ce philosophe. Sur l'ordre d'Engels, Liebknecht oppose un refus. Most passe outre et se heurte &#224; Engels, qui r&#233;dige aussit&#244;t un pamphlet : &lt;i&gt;L'Anti-D&#252;hring&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps la r&#233;pression s'abat. Les journaux sont saisis, des lois limitent la libert&#233; d'expression. Most s'exile &#224; Londres. Il y lance &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt;, un journal pour la communaut&#233; allemande (et distribu&#233; au pays), o&#249; il critique le r&#233;formisme de la social-d&#233;mocratie. En r&#233;ponse, celle-ci organise une campagne de calomnies. En 1881, la rupture est officialis&#233;e, une &#233;tape a &#233;t&#233; franchie. Most est devenu anarchiste. Il contribue &#224; l'essor du mouvement en Allemagne et en Angleterre. Mais la police anglaise l'emprisonne, le pers&#233;cute. Finalement il &#233;migre aux &#201;tats-Unis, o&#249; des militants l'ont invit&#233; comme conf&#233;rencier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il d&#233;barque &#224; New York, en d&#233;cembre 1882, il re&#231;oit un accueil triomphal des travailleurs allemands. Il se met &#224; la t&#226;che avec enthousiasme sillonnant les villes : Boston, Baltimore, Kansas City, etc. &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt; repara&#238;t, et Most tente d'unifier les forces r&#233;volutionnaires. Avec Albert Parsons et August Spies, il cr&#233;e l'International Working Peoples Association, dont les statuts r&#233;clament l'&#233;galit&#233; &#233;conomique et le f&#233;d&#233;ralisme. Apr&#232;s l'attentat de Haymarket contre des policiers (le 4 mai 1886) des militants innocents sont pendus, dont Parsons et Spies. La presse s'acharne contre Most, promu &#171; ennemi public n&#176;1 &#187;. Emma Goldman &#233;crit &#224; ce sujet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;De temps en temps il m'envoyait quelques lignes : il faisait des commentaires spirituels et caustiques des gens qu'il avait rencontr&#233;s, ou bien il d&#233;non&#231;ait un journaliste qui, apr&#232;s l'avoir interview&#233;, avait &#233;crit sur lui un article infamant. Parfois il glissait dans une lettre sa caricature parue dans un journal et ajoutait en marge : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Attention : tueur de dames !&lt;/q&gt; ou &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Voici l'ogre qui d&#233;vore les enfants !&lt;/q&gt; Je n'avais jamais vu de caricatures aussi brutales et cruelles.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Most ne faisait rien pour les att&#233;nuer il est vrai. Ainsi il &#233;dite un manuel : &lt;i&gt;R&#233;volution&#228;re Kriegswissenschaft&lt;/i&gt; (science de la guerre r&#233;volutionnaire). C'est un guide pour le bon usage des explosifs ! Cet ouvrage conna&#238;t un succ&#232;s certain &#224; replacer dans son contexte. Les r&#233;volutionnaires &#233;taient lynch&#233;s et massacr&#233;s par les tueurs du patronat am&#233;ricain. Malgr&#233; sa violence verbale, Most privil&#233;gie l'organisation ouvri&#232;re. Il condamne certains attentats individuels. En 1892 le compagnon d'Emma Goldman, Alexandre Berckman, tire sur le patron de l'acier Frick. Most d&#233;savoue l'acte, Emma Goldman ne lui pardonnera jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, Most affinait ses id&#233;es. Dans une brochure de 1890, &lt;i&gt;Our position in the labour movement&lt;/i&gt;, il pr&#244;ne une m&#233;thode de lutte qui annonce l'anarcho-syndicalisme. Il soutient d'ailleurs les efforts de la CGT fran&#231;aise, de m&#234;me il approuve la cr&#233;ation du syndicat am&#233;ricain IWW (Industrial Workers of the World). Outre son activit&#233; &#224; &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt; et ses conf&#233;rences, Most &#233;crit plusieurs livres, fonde une troupe de th&#233;&#226;tre Free Stage, &#233;crivant des pi&#232;ces. Il joue m&#234;me dans l'une d'elles : &lt;i&gt;Strike&lt;/i&gt;. Vers 1899-1901, &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt; conna&#238;t de graves difficult&#233;s financi&#232;res, en partie r&#233;solues par l'acharnement de Most. Quand il n'a pas l'argent n&#233;cessaire, il incendie ses locaux pour toucher l'argent de l'assurance, et relance ensuite son p&#233;riodique ! Malgr&#233; son &#233;puisement physique, il se lance dans une tourn&#233;e de conf&#233;rences. C'est le succ&#232;s. Entre Pittsburg et Cincinatti, il s'effondre et meurt le 17 mars 1906.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit garder de lui le souvenir d'un lutteur infatigable, port&#233; par un enthousiasme cr&#233;atif. Pourtant ses livres ne sont pas traduits en France. Il n'existe aucune biographie. Un travail important reste donc &#224; faire pour lui rendre sa place historique. Reste &lt;i&gt;La peste religieuse&lt;/i&gt;, son texte contre la religion. Et quel texte ! Par ses bouff&#233;es de col&#232;re, Most ressemble aux grands impr&#233;cateurs comme Sade ou Panizza. S'en tenir l&#224; serait pr&#234;ter le flanc aux accusations. Most l'anticl&#233;rical n'est pas primaire, il n'est pas n&#233;gatif. Bien au contraire, il exhorte &#224; se lib&#233;rer de toute entrave : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Loin de nous tous ceux qui, avec leur d&#233;mence sainte, sont les entraves du bonheur et de la libert&#233; !&lt;/q&gt; Une telle phrase m&#233;rite-t-elle le b&#251;cher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le groupe &#233;diteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emma Goldman : &lt;i&gt;L'&#233;pop&#233;e d'une anarchiste&lt;/i&gt;, Ed. Complexe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>USA : L'&#233;migration anarchiste italienne </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gino Cerrito</dc:creator>


		<dc:subject>Nicola Sacco</dc:subject>
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		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Andrea Salsedo</dc:subject>
		<dc:subject>Aldino Felicani</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'article que nous publions ci-dessous, in&#233;dit en fran&#231;ais, constitue une partie de l'expos&#233; que Gino Cerrito fit &#224; l'occasion du &#171; Symposium d'&#233;tudes sur l'&#233;migration italienne aux Etats-Unis d'Am&#233;rique &#187; organis&#233; par l'Institut d'&#233;tudes am&#233;ricain de la Facult&#233; d'enseignement de Florence du 27 au 29 mai 1969. Gino Cerrito est n&#233; &#224; Messine (Sicile) le 11 f&#233;vrier 1922 et est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 septembre 1982. Il commen&#231;a &#224; militer dans le mouvement anarchiste en 1943-1944, cr&#233;ant avec d'autres le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no2-sacco-et-vanzetti-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;2 : &#171; Sacco et Vanzetti &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-nicola-sacco-+" rel="tag"&gt;Nicola Sacco&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4trr-278fc.jpg?1774693256' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'article que nous publions ci-dessous, in&#233;dit en fran&#231;ais, constitue une partie de l'expos&#233; que Gino Cerrito fit &#224; l'occasion du &#171; Symposium d'&#233;tudes sur l'&#233;migration italienne aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#187; organis&#233; par l'Institut d'&#233;tudes am&#233;ricain de la Facult&#233; d'enseignement de Florence du 27 au 29 mai 1969. &lt;br class='autobr' /&gt;
Gino Cerrito est n&#233; &#224; Messine (Sicile) le 11 f&#233;vrier 1922 et est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 septembre 1982. Il commen&#231;a &#224; militer dans le mouvement anarchiste en 1943-1944, cr&#233;ant avec d'autres le groupe anarchiste de Messine. Ce groupe fut tr&#232;s actif dans les combats de cette &#233;poque, contre le fascisme et les monarchistes, et dans les luttes syndicales, contribuant &#224; la renaissance de la Bourse du travail de cette ville. Salari&#233; de la municipalit&#233; de Messine, Cerrito fut d&#233;l&#233;gu&#233; syndical de la C.G.L. (conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail) des ouvriers municipaux. En m&#234;me temps, il continua &#224; &#233;tudier et fut laur&#233;at d'histoire moderne de l'Universit&#233; de Mes-sine avec sa th&#232;se sur &lt;i&gt;Radicalisme et socialisme en Sicile&lt;/i&gt;. Ses brillants r&#233;sultats oblig&#232;rent la Commission nationale d'&#233;tudes historiques &#224; lui accorder une bourse pour continuer ses &#233;tudes. Avec d'autres compagnons, parmi lesquels Alfonso Failla et Umberto Marzocchi, il commen&#231;a &#224; lutter contre la d&#233;g&#233;n&#233;rescence du mouvement anarchiste en un &#171; mouvement d'opinion &#187;. Cerrito &#233;tudia l'histoire du pacte associatif de la F&#233;d&#233;ration anarchiste italienne (F.A.I.) et participa &#224; de nombreuses r&#233;unions, surtout en Toscane, dans le Lazio, en Emilie et dans les Marches, en vue de la r&#233;daction d'un nouveau pacte, qui sera d&#233;finitivement approuv&#233; au congr&#232;s de Carrare en octobre 1965. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'intense activit&#233; militante de Cerrito s'exer&#231;a parall&#232;lement &#224; un &#233;norme travail de recherches historiques, li&#233; au mouvement ouvrier et au mouvement anarchiste. Ainsi il r&#233;digea entre autres : &lt;i&gt;L'Antimilitarisme anarchiste&lt;/i&gt;, qui constitue une des contributions les plus compl&#232;tes sur ce sujet. L'activit&#233; militante de Cerrito au sein des structures de la F.A.I. a &#233;t&#233; tr&#232;s importante. En 1970, il est nomm&#233; membre de la commission de correspondance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, un premier infarctus, en 1971, l'obligea &#224; abandonner en grande partie son activit&#233; militante. Il se consacra alors &#224; la publication d'un certain nombre d'ouvrages tels que &lt;i&gt;Malatesta, &#233;crits choisis, De l'insurrectionalisme &#224; la Semaine rouge&lt;/i&gt; ; r&#233;digea des articles sur Camillo Berneri et &lt;i&gt;Le r&#244;le de l'organisation anarchiste&lt;/i&gt;, son livre essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;La R&#233;daction &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re vague d'&#233;migration d'anarchistes italiens aux &#201;tats-Unis commence au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &#224; la fin des ann&#233;es 70. Elle est due &#224; la r&#233;pression polici&#232;re envers les internationalistes ; particuli&#232;rement apr&#232;s la tentative d'insurrection de la Bande du Mat&#232;se&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En avril 1877 mouvement insurrectionnel men&#233; par des internationalistes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui fut suivie de l'attentat de Giovanni Passanante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Giovanni Passanante, auteur d'un attentat contre le roi Humbert le, le 17 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et du &#171; proc&#232;s des bombes &#187; en 1878-1879&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#233;riode dite &#171; des malfaiteurs &#187;, pendant laquelle de nombreux attentats &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malgr&#233; cela, aucun texte concernant la constitution de groupe anarchiste italien n'a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; avant 1885.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH190/most0101-8f02b-ef523.png?1774695982' width='150' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Johann Most&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anarchiste communiste aux &#201;tats-Unis essentiellement form&#233; de groupes d'&#233;migrants fran&#231;ais, anglais, allemands et scandinaves, se d&#233;veloppa et se rendit totalement ind&#233;pendant de la tradition individualiste anarchiste am&#233;ricaine vers 1880. L'Allemand Johann Most chercha &#224; appliquer aux &#201;tats-Unis les d&#233;lib&#233;rations de la Conf&#233;rence de Londres (1881), o&#249; avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;e la propagande par le fait, d&#233;terminant ainsi une p&#233;riode d'actions directes qui se termina avec la grande s&#233;rie de gr&#232;ves pr&#233;c&#233;dant et accompagnant la trag&#233;die de Chicago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, en 1888 (p&#233;riode de violentes r&#233;pressions, marqu&#233;e par la reprise en main du mouvement ouvrier par les grandes f&#233;d&#233;rations syndicales am&#233;ricaines, l'inflation, l'&#233;migration de travailleurs non qualifi&#233;s h&#233;breux, russes, polonais, italiens, autrichiens, hongrois et natifs des Balkans), naquit &#224; New York &lt;i&gt;L'Anarchico&lt;/i&gt; (l'anarchiste), le premier p&#233;riodique en italien, expression &#233;vidente des groupes issus de centres de regroupement d'&#233;migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Illinois, au Vermont, dans le New Jersey, en Pennsylvanie, dans le Massachusetts, &#224; New York, ces groupes &#8212; renforc&#233;s par l'&#233;migration ordinaire et par celle, politique, des p&#233;riodes les plus difficiles pour le mouvement ouvrier et socialiste italien &#8212; &#233;taient venus fortifier la propagande des repr&#233;sentants les plus connus de l'anarchisme italien.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/merlino_ritratto-df79b-7117c.jpg?1774698785' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Francesco Saverio Merlino&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Francesco Saverio Merlino, arriv&#233; aux &#201;tats-Unis au milieu de l'ann&#233;e 1892, se livra &#224; une active propagande orale et &#233;crite, fondant &#224; New York &lt;i&gt;Il Grido del Popolo &lt;/i&gt; (le cri du peuple), p&#233;riodique qui se fit le d&#233;fenseur des droits des &#233;migrants. Mais sa propagande organisationnelle ne r&#233;ussit par &#224; modifier la situation d'isolement dans laquelle se d&#233;battait les groupes anarchistes et toute l'&#233;migration italienne, insuffisamment introduits dans l'ambiance am&#233;ricaine, repouss&#233;s par les unions ouvri&#232;res am&#233;ricaines qui pourtant se tournaient souvent vers l'anarchisme. Cette situation d'isolement favorisait les craintes et les pr&#233;jug&#233;s envers toute formation politique. La ranc&#339;ur contre la soci&#233;t&#233; poussait au refus de toute organisation, de toute id&#233;e m&#234;me de structure organis&#233;e, de repr&#233;sentation, de mandatement, de r&#232;glements, d'orientations id&#233;ologiques unitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les continuelles relations entre &#233;migrants et compagnons rest&#233;s en Italie, dans les ann&#233;es suivantes, l'influence de cette exasp&#233;ration anti-organisationnelle, propre &#224; l'ambiance am&#233;ricaine, sera importante sur le mouvement anarchiste italien. L'&#233;tude de cette exp&#233;rience am&#233;ricaine est pourtant une condition indispensable pour l'histoire de l'activit&#233; des anarchistes italiens dans le courant de ce si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/pietro-gori.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/pietro-gori-55a61-fe900.jpg?1774698785' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pietro Gori &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La situation subit un changement provisoire mais insignifiant du point de vue organisationnel, lorsqu'en 1895 Pietro Gori accomplit une importante tourn&#233;e de propagande de New York &#224; San Fransisco et retour, durant laquelle il tint environ trois cents conf&#233;rences. Les effets de la propagande de Pietro Gori qui, &#224; Paterson (New Jersey), contribua &#224; la fondation de &lt;i&gt;La Questione Sociale &lt;/i&gt; (la question sociale), un des plus importants p&#233;riodiques de l'&#233;migration anarchiste italienne, venaient fortement g&#234;ner par leur aspect organisationnel l'activit&#233; du brillant &#233;crivain et orateur anarchiste Giuseppe Ciancabilla, qui avait &#233;t&#233; contraint par la r&#233;pression d'&#233;migrer en Am&#233;rique. Suite aux conflits id&#233;ologiques entre organisationnels et anti-organisationnels, que la pr&#233;sence de Errico Malatesta &#224; Paterson aggrava entre 1899 et 1900, Guiseppe Ciancabilla fonda &#224; West Hoboken (New Jersey) &lt;i&gt;L'Aurora&lt;/i&gt; (l'aurore) et, en 1902, &#224; Chicago, &lt;i&gt;la Protesta Umana&lt;/i&gt; (la protestation humaine). Il &#233;largira ainsi la propagande anti-organisationnelle, qui sera par la suite reprise et renforc&#233;e par Luigi Galleani. C'est pr&#233;cis&#233;ment &#224; Paterson, ville qui rassemblait plus d'un millier d'&#233;migrants italiens venant des filatures du Pi&#233;mont et de Toscane, que s'installa en 1897 Gaetano Bresci. Une &#233;tude sur Bresci serait opportune, parce qu'elle &#233;clairerait le milieu italien des &#201;tats-Unis en g&#233;n&#233;ral et de Paterson en particulier, nous donnant une id&#233;e des ranc&#339;urs, du m&#233;contentement, et de leur intensit&#233;, qui conditionnaient les &#233;migrants, les poussant &#224; une haine mortelle envers ceux qui les avaient contraints &#224; quitter leur terre natale. Gaetano Bresci avait &#233;migr&#233; aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es d'&#233;migration massive, p&#233;riode de r&#233;pression des Crispi, Di Rudini et Pelloux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francesco Crispi, ministre de l'Int&#233;rieur italien de janvier &#226; mars 1878 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En Italie, la situation &#233;conomique &#233;tait tr&#232;s difficile. Prato (ville natale de Bresci) &#233;tait un centre assez pauvre, comme le montrait la tentative d'industrialisation. En 1921, le trachome sera encore une maladie assez courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans le Nouveau Monde, les conditions de vie des &#233;migrants non qualifi&#233;s n'&#233;taient pas non plus ce qu'il y avait de plus r&#233;confortant. En ce qui concerne la colonie italienne de New York, d&#232;s 1888 un p&#233;riodique italien d&#233;non&#231;ait les conditions de vie m&#233;diocres (entre autres du point de vue de l'hygi&#232;ne), mettait en relief la rapacit&#233; des sp&#233;culateurs, des placiers et des agents de l'immigration qui arrachaient &#224; l'ouvrier jusqu'&#224; sa chemise, l'exploitant d'une fa&#231;on ou d'une autre de mani&#232;re incroyable. Les &#233;migrants vivaient dans des masures, des tavernes ou des barraques, dans des conditions &#233;conomiques mis&#233;rables, esp&#233;rant toujours pouvoir retourner en Italie. Le travail &#233;tait dur et les salaires de mis&#232;re. Souvent, la d&#233;sillusion &#233;tait tellement forte que l'&#233;migrant se refusait m&#234;me &#224; apprendre la langue am&#233;ricaine et restait fid&#232;le &#224; son dialecte, devenu l'unique fil le reliant aux souvenirs de sa terre natale lointaine. Le taux de mortalit&#233; &#233;tait tr&#232;s &#233;lev&#233; dans ces colonies italiennes &#233;parpill&#233;es un peu partout : New York, Chicago, Kansas City, San Francisco, Boston et Paterson. L'exploitation des enfants &#233;tait &#233;galement tr&#232;s r&#233;pandue dans l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde n'acceptait pas cette situation, quelques-uns r&#233;agissaient contre la soci&#233;t&#233; et contre la soumission de la majorit&#233; ; ils trouvaient le r&#233;confort dans des cercles politiques subversifs qui regroupaient les plus conscients. Le soir, ces cercles et ces groupes se transformaient en &#233;cole : on y lisait et on y discutait de la situation locale, mais aussi de celle de l'Italie, avec l'espoir d'influencer et d'aider les compagnons rest&#233;s dans la lutte. A Paterson, la situation g&#233;n&#233;rale des &#233;migrants &#233;tait un peu plus confortable. Ils avaient de meilleurs salaires que sur le Vieux Continent de m&#234;me que dans les autres centres industriels du Nouveau Monde. Le m&#233;tier de tisserand &#233;tait moins pr&#233;caire que dans les ann&#233;es &#224; venir qui seront marqu&#233;es par une longue s&#233;rie de gr&#232;ves, o&#249; l'on d&#233;noncera l'augmentation &#233;vidente du travail inflig&#233;e par le patron.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/bresci_gaetano.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/bresci_gaetano-69f34-03f62.jpg?1774698785' width='150' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gaetano Bresci&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pourtant Bresci put amasser, petit &#224; petit, quelques centaines de francs et, profitant des r&#233;ductions de prix du voyage dues &#224; l'exposition de Paris, d&#233;cida de retourner en Europe et en Italie. Mais il &#233;tait clair qu'il d&#233;sirait faire acte de justice en assassinant Humbert I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, responsable des massacres de 1898 et de la promotion du g&#233;n&#233;ral Bava Beccaris. Le roi payait &#233;galement pour ceux qu'il avait oblig&#233; &#224; s'expatrier, &#224; abandonner leurs amis de lutte, pour un monde dans lequel l'id&#233;e de r&#233;volution s'identifiait &#224; la vengeance. Il vint en Italie non comme le repr&#233;sentant d'un groupe de conspirateurs, mais comme l'expression du m&#233;contentement qui r&#233;gnait alors &#224; Paterson parmi les &#233;migr&#233;s anarchistes italiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne connaissant pas ces conditions, il n'est pas surprenant qu'un jeune &#233;tudiant nomm&#233; Luigi Vittorio Ferraris, dans un essai&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'assassinat de Humbert Ier et les anarchistes de Paterson &#187;, Luigi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, donne cr&#233;dit &#224; la version de la presse am&#233;ricaine, s'appuyant sur la profonde ignorance des consuls italiens de l'&#233;poque aux &#201;tats-Unis, qui fournit une explication de l'attentat de Bresci digne d'un roman policier. Mais cet essai est d'autre part utile pour montrer comment ne doit pas &#234;tre &#233;crit une &#233;tude historique, prenant pour base des fonds falsifi&#233;s. Il est, en revanche, plus surprenant qu'un G. Woodcok r&#233;utilise l'argumentation consid&#233;rant Bresci comme un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;agent d'un groupe anarchiste de Paterson&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Woodcock, L'Anarchia (l'anarchie), Milan 1966, P. 304.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, cela sans aucune justification.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-1ghkkkhg.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH398/sans_titre-1ghkkkhg-49068.jpg?1774698785' width='500' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Alexandre Berkman tente d'ex&#233;cuter Frick pour venger les ouvriers assassin&#233;s. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Plus que l'attentat commis en 1892 par l'anarchiste Alexandre Berkmann contre le financier Henry Clay Frick (pour venger le massacre des gr&#233;vistes commis par les agents de Pinkerton), celui de Bresci et imm&#233;diatement apr&#232;s celui du Polonais Leone Czolgosz (d&#233;clar&#233; anarchiste seulement au cours du proc&#232;s) contre le pr&#233;sident Mc Kinley, d&#233;termineront l'abandon de la tradition am&#233;ricaine d'asile aux exil&#233;s politiques de n'importe quelle id&#233;ologie. En 1903 fut vot&#233;e la loi qui interdira aux anarchistes &#233;trangers l'entr&#233;e aux &#201;tats-Unis, sanctionnant l'inaccessibilit&#233; des travailleurs &#224; la propagande anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme surv&#233;cut cependant parmi la population juive des grandes villes, parmi les Italiens, les Polonais et les Russes, qui fuyaient les pers&#233;cutions tsaristes. Parmi tous ces &#233;migrants, en 1905, les Industrial Workers of the World (I.W.W.) trouveront de nombreux adh&#233;rents et des militants actifs tel Carlo Tresca. Arriv&#233; aux &#201;tats-Unis en 1904, socialiste, il abandonna bien vite cette id&#233;ologie pour l'anarchisme et devint une des plus importantes personnalit&#233;s du monde subversif italo-am&#233;ricain. Son anarchisme ne connaissait pas l'orientation intransigeante d'un Malatesta ou d'un Luigi Gallaeni. C'&#233;tait un organisateur ouvrier, souvent amen&#233; &#224; transiger sur les principes du fait de la n&#233;cessit&#233; de lutter pour l'am&#233;lioration salariale de l'ensemble du monde ouvrier, et c'est pourquoi, tout en ayant les m&#234;mes id&#233;es, il &#233;tait en contradiction avec la majeure partie des groupes anarchistes italo-am&#233;ricain de tendance g&#233;n&#233;ralement intransigeante et anti-organisationnelle. Mais il les rencontrait tout de m&#234;me au cours d'agitations ouvri&#232;res qu'ensemble ils impulsaient.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH257/carlotresca-f49c9-aca35.jpg?1774698785' width='150' height='257' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carlo Tresca&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Carlo Tresca &#233;tait un formidable organisateur et agitateur. Il poss&#233;dait ainsi deux qualit&#233;s par forc&#233;ment compatibles. Ce &#171; Wobblie &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Surnom donn&#233; par les I.W.W, En argot, cela signifiait &#171; vagabond &#187;, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, appel&#233; ainsi par les gr&#233;vistes qui le connaissaient de r&#233;putation et par les militants des I.W.W., avec lesquels il partageait les m&#234;mes convictions, participa et guida les principaux conflits ouvriers am&#233;ricains de la p&#233;riode d'or du syndicalisme r&#233;volutionnaire. Sa bataille pour le socialisme et la libert&#233;, ses efforts pour arracher &#224; la chaise &#233;lectrique de nombreux activistes subversifs, comme Ettore Giovannitti et plus tard Sacco et Vanzetti, &#233;taient les autres aspects de son activit&#233; journalistique. Celle-ci s'exer&#231;a d'abord &#224; travers les p&#233;riodiques socialistes &lt;i&gt;II Proletario &lt;/i&gt; (le prol&#233;taire) et &lt;i&gt;La Voce del Popolo&lt;/i&gt; (la voix du peuple), puis &#224; travers des feuilles libertaires telles &lt;i&gt;La Plebe&lt;/i&gt; (la pl&#232;be), &lt;i&gt;l'Avenire &lt;/i&gt; (l'avenir), &lt;i&gt;Il Martello &lt;/i&gt; (le marteau). Entre les deux guerres mondiales, ce dernier p&#233;riodique mena une rude bataille : aux fascistes, d'un c&#244;t&#233;, qui se rassemblaient autour du &lt;i&gt;Progresso Italo-Americano&lt;/i&gt; (progr&#232;s italo-am&#233;ricain) et de feuilles moins importantes prosp&#233;rant gr&#226;ce &#224; un climat de faveur et de corruption aliment&#233; par les grandes soci&#233;t&#233;s financi&#232;res et accaparatrices am&#233;ricaines. Et, par ailleurs, vis-&#224;-vis des grandes associations syndicales am&#233;ricaines et contre la mystification stalinienne, qui rendait difficile la propagande critique socialiste libertaire. La myst&#233;rieuse liquidation physique de Carlo Tresca pose plusieurs questions inqui&#233;tantes et t&#233;moigne de la validit&#233; de l'action de cet agitateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements, qui couvrent un demi-si&#232;cle d'histoire du mouvement ouvrier aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, sont racont&#233;s par Tresca lui-m&#234;me en deux cents pages de m&#233;moire, que l'Institut d'&#233;tudes am&#233;ricaines de la Facult&#233; d'enseignement de l'universit&#233; de Florence, prendra soin autant que possible, de publier. Cette autobiographie fournit d'int&#233;ressantes informations sur les m&#233;thodes de lutte des I.W.W. et sur les actions r&#233;pressives de la police et du capitalisme am&#233;ricains. Tout autant pr&#233;cieuses nous semble les consid&#233;rations critiques de Tresca, inspir&#233;es par des principes d'&#233;thique et d'humanisme solides qui guideront toute l'action de ce militant.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/https___advancelocal-adapter-image-uploads.s3.amazonaws.com_image.nj.com_home_njo-media_width2048_img_new_jersey_opinion_photo_galleani.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH352/https___advancelocal-adapter-image-uploads.s3.amazonaws.com_image.nj.com_home_njo-media_width2048_img_new_jersey_opinion_photo_galleani-e8d63.jpg?1774698785' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un des repr&#233;sentants les plus int&#233;ressants de l'&#233;migration anarchiste italienne, celui qui influencera le plus la formation id&#233;ologique et l'action pratique de la g&#233;n&#233;ration qui v&#233;cut les ann&#233;es d'avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, fut Luigi Galleani. Arriv&#233; aux &#201;tats-Unis &#224; la fin de l'ann&#233;e 1901, il r&#233;ussit tout de suite &#224; s'int&#233;grer dans le mouvement anarchiste italien et comprit parfaitement ses besoins. Sa propagande avait pour effet d'exalter ou plut&#244;t d'&#233;lectriser. Il r&#233;ussit m&#234;me parfois &#224; entra&#238;ner le mouvement ouvrier am&#233;ricain, le menant &#224; bien des manifestations pour des am&#233;liorations de salaire, et ce d&#232;s la fin de 1902, &#224; Paterson, Barre, Lynn ou dans d'autres centres industriels. Un &#233;crivain fran&#231;ais de cette &#233;poque raconte ne jamais avoir entendu un orateur populaire aussi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;puissant&lt;/q&gt; que Galleani. Il poss&#232;de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une facilit&#233; de parole merveilleuse, accompagn&#233;e d'une facult&#233; rare parmi les tribuns : la pr&#233;cision et la clart&#233; des id&#233;es. Sa voix est pleine de chaleur, son regard est vif, p&#233;n&#233;trant, son geste est d'une vigueur exceptionnelle et, souvent, d'une incomparable distinction. Il parlait toujours en italien, naturellement, avec un l&#233;ger accent lombard ; mais les ouvriers anglais et fran&#231;ais, qui ce jour l&#224; se trouvaient parmi la foule, suivaient son discours avec une attention intense comme s'ils comprenaient la signification de chaque parole (...)&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Ghio, L'anarchisme aux &#201;tats-Unis, Paris, 1903, pp. 141-142.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luigi Galleani &#233;tait de tendance communiste anarchiste kropotkinien, mais anti-organisationnel parce qu'il craignait l'effet autoritaire et fig&#233; des programmes et des plans. D'apr&#232;s lui, pour donner vie et vigueur au mouvement anarchiste, il suffisait d'&#234;tre en accord g&#233;n&#233;ral sur les principes ; tout le reste (congr&#232;s, t&#226;ches, secr&#233;tariats) &#233;taient des superstructures souvent nuisibles, parce que limitatrices et n&#233;gatrices de la libert&#233; d'initiative. Cette possibilit&#233; profonde et vitale qu'il voyait, d'une fa&#231;on tr&#232;s optimiste, en ses semblables et qui devait se r&#233;veiller en &#233;tant stimul&#233;e, mais non subordonn&#233;e d'une fa&#231;on ou d'une autre par des accords &#224; longue &#233;ch&#233;ance. Comme il &#233;tait ennemi de la loi &#8212; qui est toujours d&#233;pass&#233;e par l'&#233;volution des hommes et de leurs besoins, toujours plus divers &#8212;, Galleani &#233;tait ennemi des statuts. N&#233;anmoins il ne repoussa jamais des accords temporaires avec les organisationnels, et nourrit toujours un profond et sinc&#232;re respect pour Errico Malatesta et pour les effets positifs de son action en Italie. A la diff&#233;rence de Malatesta, Galleani manquait de cette simplicit&#233;, de cette originalit&#233; id&#233;ologique et de cette souplesse qui distinguaient l'agitateur m&#233;ridional. Il restait pour ces raisons ferme sur les traditionnelles positions de l'anarchisme de la p&#233;riode &#171; h&#233;ro&#239;que &#187; (propagande par le fait, N.d.R), d&#233;non&#231;ant l'immobilisme des groupes anarchistes italiens des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/92799_ca_object_representations_media_10675_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH318/92799_ca_object_representations_media_10675_large-e9c83-04fed.jpg?1774698785' width='150' height='318' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Cronaca sovversiva &lt;/i&gt; (la chronique subversive), p&#233;riodique qu'il fonda et dirigea de 1903 &#224; 1918 &#224; Barre, puis &#224; Lynn, fut le principal lien entre les anarchistes italiens aux &#201;tats-Unis. Pour les nombreux &#233;migrants italiens, arriv&#233;s sans connaissances intellectuelles et exploit&#233;s par des patrons sans scrupules, il fut une voix amie, r&#233;ussissant quelques fois &#224; rendre moins p&#233;nibles les premiers moments d'installation. Par les &#233;crits, les conf&#233;rences, les conversations, Galleani chercha &#224; faire revivre aux &#201;tats-Unis l'anarchisme &#171; h&#233;ro&#239;que &#187;, qui inspirait d&#233;j&#224; le reste des compagnons, sans r&#233;ussir pourtant &#224; en lier les fils, pour donner &#224; la lutte la justification th&#233;orique et tactique n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conscience de cette orientation fut conquise jour apr&#232;s jour, non seulement par la parole et par les &#233;crits, mais aussi par l'action du mouvement ouvrier, dans un effort de recherche de solidarit&#233; et de responsabilit&#233; entre les diverses cat&#233;gories du monde du travail. C'est de cette p&#233;riode &#233;tendue et sanglante, qu'une s&#233;rie de publications id&#233;alisant le terrorisme anarchiste souhaitait le retour ; un retour que les conditions &#233;conomiques et sociales des &#233;migrants italiens justifiaient. Quels autres moyens restaient-ils, d'ailleurs, pour r&#233;agir contre la syst&#233;matique violence de la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine ? Quelle autre esp&#233;rance demeurait pour l'&#233;migr&#233;, que ses principes humanistes contraignaient &#224; refuser l'insertion dans la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choc violent entre le mouvement anarchiste italien et la soci&#233;t&#233; am&#233;ricaine d&#233;termina les syst&#233;matiques r&#233;pressions : les autorit&#233;s cherch&#232;rent &#224; supprimer la presse anarchiste par tous les moyens, allant du refus du service des postes de permettre l'entr&#233;e aux &#201;tats-Unis des p&#233;riodiques subversifs venant d'Europe au refus d'assurer le transport des abonnements locaux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;182&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/5c81beec24df4bd5b041df023387e90c730bf9fd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/5c81beec24df4bd5b041df023387e90c730bf9fd-87402.jpg?1774698785' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Des mineurs de cuivre en gr&#232;ve se sont rassembl&#233;s sous la menace d'une arme et ont &#233;t&#233; conduits &#224; des wagons &#224; bestiaux pour &#234;tre d&#233;port&#233;s &#224; Bisbee, en Arizona, le 12 juillet 1917.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les plus mauvaises ann&#233;es s'&#233;taleront de 1916 &#224; 1923, durant lesquelles les I.W.W. seront litt&#233;ralement disloqu&#233;s par la r&#233;pression. Avec la guerre, les luttes ouvri&#232;res furent plus fr&#233;quentes et plus rudes cons&#233;quemment &#224; la crise qui commen&#231;ait &#224; tourmenter l'&#233;conomie du pays et la plus grande partie du capitalisme. Il n'&#233;tait pas rare dans les bassins d'extraction de minerai en Pennsylvanie, dans les industries de Chicago, de San Francisco, de Boston ou de New York, que l'agitation ouvri&#232;re soit anim&#233;e par l'&#233;clat de la dynamite, par l'arrestation de centaines de personnes et par de retentissants proc&#232;s. Au d&#233;but de 1916, la situation devint tr&#232;s critique pour les anarchistes qui impulsaient et soutenaient les luttes ouvri&#232;res. Suite &#224; quelques attentats, dont un &#224; San Francisco contre une manifestation militariste, s'ouvrit officiellement la chasse aux anarchistes. Cette p&#233;riode de r&#233;pression fut marqu&#233;e par des arrestations et des r&#233;voltes, individuelles ou collectives, par la censure de la presse et le refus massif des libertaires italiens de s'inscrire aupr&#232;s de la&lt;i&gt; Selective Military Conscription Bill&lt;/i&gt;, vot&#233;e par le congr&#232;s am&#233;ricain un mois apr&#232;s l'entr&#233;e en guerre des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce refus conduisait &#224; l'arrestation et &#224; la condamnation &#224; une peine de prison d'un an maximum, suivie de l'expulsion vers le pays d'origine. En cons&#233;quence, les anarchistes italiens fuirent par centaines au Mexique ou chang&#232;rent de r&#233;sidence. Parmi eux, il y eut Nicola Sacco et Bartolom&#233;o Vanzetti. La situation se d&#233;grada encore avec&lt;i&gt; l'Immigration Act &lt;/i&gt; du 16 octobre 1918 qui ordonnait l'expulsion de quiconque s'occupait de propagande anarchiste ; c'est ainsi que commen&#231;a l'&#233;poque des publications clandestines et des retours forc&#233;s en Italie, en Russie, en Allemagne, en Pologne et en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Co&#239;ncidant avec l'expulsion de Luigi Galleani, en juin 1918, plusieurs attentats &#224; la dynamite eurent lieu dans diverses villes. Le procureur g&#233;n&#233;ral Palmer fut principalement pris comme cible : une bombe &#233;clata le long de la fa&#231;ade de sa maison de Washington, tuant le poseur. A part ce dernier et un garde du corps bless&#233; dans un autre attentat, il n'y eut pas de victime. Mais se propagea dans le pays un sentiment d'angoisse et d'indignation profonde, aliment&#233; par la grande presse d'information qui d&#233;signait les r&#233;volutionnaires &#233;trangers comme responsables, et particuli&#232;rement les anarchistes italiens et les militants des I.W.W.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH173/anarchico-960x640_copie-d7389-6217f.jpg?1774698785' width='150' height='173' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andrea Salsedo &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A partir du 7 novembre 1919, la r&#233;pression prit la forme de rafles massives dans toutes les grandes villes du pays. Ce fut une vraie croisade que l'&#233;v&#234;que Williams, dans un sermon tenu &#224; la cath&#233;drale Saint-John de New York, appela &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la page la plus honteuse de l'histoire am&#233;ricaine&lt;/q&gt;. A propos de celle-ci, l'avocat Ralton d&#233;clara &#233;galement, devant la Commission parlementaire du 30 avril 1920 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous sommes descendus au niveau de la police politique qui existait en Russie aux temps des tsars. Il est impossible de descendre plus bas&lt;/q&gt;. La violence appelle la violence, avec les pers&#233;cutions augment&#232;rent les attentats terroristes et les arrestations dans de nombreuses villes de l'Union, sous la direction de Palmer et du chef de la police politique, Flynn. C'est dans ce climat que furent arr&#234;t&#233;s et tortur&#233;s les anarchistes Andrea Salsedo et Roberto Elia. Le premier, pour &#233;chapper &#224; un interrogatoire au &#171; troisi&#232;me degr&#233; &#187;, se pr&#233;cipita &#8212; ou fut, plus probablement pouss&#233; &#8212; d'une fen&#234;tre de sa cellule situ&#233;e au quatorzi&#232;me &#233;tage d'un &#233;difice de New York. Malgr&#233; la campagne contre les anarchistes, l'opinion publique fut vivement troubl&#233;e et les anarchistes, de leur c&#244;t&#233;, d&#233;cid&#232;rent d'organiser des meetings de protestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mai 1920, au beau milieu de ces &#233;v&#233;nements, la police proc&#233;da &#224; l'arrestation de Sacco et Vanzetti, montant contre eux un terrible proc&#232;s reposant essentiellement sur des pr&#233;jug&#233;s politiques, religieux et &#171; racistes &#187;, qui les conduisit sept ans plus tard sur la chaise &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH170/aldino_felicani-7870f-ce635.jpg?1774698785' width='150' height='170' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Aldino Felicani&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'affaire est connue. Les deux comit&#233;s de d&#233;fense, le premier constitu&#233; par Carlo Tresca et Aldino Felicani et le second, officieux, mais non moins efficace, impuls&#233; par les anarchistes de &lt;i&gt;L'Adunata dei Refrattari&lt;/i&gt; (l'assembl&#233;e des r&#233;fractaires), r&#233;ussirent &#224; agiter l'opinion publique mondiale, mais ne purent arracher les deux hommes &#224; la mort. M&#234;me l'Internationale communiste s'impliqua &#224; fond dans la bataille, mobilisant ses adh&#233;rents et organisant d'importantes manifestations dans les plus grandes villes d'Europe, d'Am&#233;rique et d'Australie. Mais les autorit&#233;s am&#233;ricaines ne c&#233;d&#232;rent pas : Sacco et Vanzetti devinrent les symboles du fanatisme x&#233;nophobe et anti-anarchiste dans le &#171; pays de la libert&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute fa&#231;on, la longue attente en prison des deux hommes et les violentes pol&#233;mique perturberont des milliers de bien-pensants am&#233;ricains. Plus que le &#171; proc&#232;s du singe &#187; de 1925&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1925, le Congr&#232;s de l'&#201;tat du Tennessee prohiba l'enseignement dans les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, cette affaire qui, par ces effets politiques et culturels, rappelle la campagne pour la libert&#233; d'expression conduite par les radicaux am&#233;ricains au d&#233;but du si&#232;cle sous l'aiguillon de l'anarchiste Emma Goldman, conduisit les intellectuels de l'Union &#224; se battre contre la x&#233;nophobie et l'intol&#233;rance id&#233;ologique et &#224; rompre l'isolement dans lequel ils &#233;taient rel&#233;gu&#233;s depuis la Premi&#232;re Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Sacco et Vanzetti accrut d'une fa&#231;on &#233;vidente la popularit&#233; de la presse anarchiste. Les p&#233;riodiques de l'&#233;migration anarchiste italienne augment&#232;rent leurs tirages, les groupes qui se r&#233;clamaient des th&#233;ories de Galleani, de celles de Malatesta, ou qui se r&#233;unissaient autour de l'activisme r&#233;volutionnaire pr&#233;conis&#233; par &lt;i&gt;Il Martello&lt;/i&gt; (le marteau) eurent un certain regain, que la lutte antifasciste et les &#233;v&#233;nements de la guerre d'Espagne sembl&#232;rent renforcer ult&#233;rieurement jusqu'au d&#233;but de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus que par &lt;i&gt;Il Marello&lt;/i&gt;, qui eut une p&#233;riodicit&#233; r&#233;guli&#232;re jusqu'&#224; la mort de Carlo Tresca en 1943, et par &lt;i&gt;Controcorrente &lt;/i&gt; (contre-courant) que Aldino Felicani publia &#224; Boston de 1938 &#224; 1966, la continuit&#233; de l'&#233;migration anarchiste italienne aux &#201;tats-Unis de ces cinquante derni&#232;res ann&#233;es est repr&#233;sent&#233;e par &lt;i&gt;L'Adunata dei Refrattari&lt;/i&gt; (l'assembl&#233;e des r&#233;fractaires), fond&#233; en 1922 par un groupe partisan des th&#232;ses de Galleani &#224; New York. Pendant les vingt ans de l'entre deux-guerres, du fait de la valeur de ses collaborateurs, des probl&#232;mes trait&#233;s, des chroniques internationales, et enfin de la tendance qu'il repr&#233;sentait dans le mouvement anarchiste,&lt;i&gt; L'Adunata dei Refrattari&lt;/i&gt;, plus que la voix d'une partie de l'emigration italienne aux &#201;tats-Unis, fut la voix d'une tendance du mouvement anarchiste international au sein duquel il avait une large diffusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la crise de l'&#233;migration anarchiste italienne aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique est d&#233;j&#224; visible bien avant les ann&#233;es 20. Apr&#232;s l'occasionnelle reprise de la nouvelle &#233;migration politique, rescap&#233;e du fascisme, l'anarchisme italo-am&#233;ricain a continu&#233; de perdre toute possibilit&#233; de renouvellement par l'apport de forces jeunes, pour des causes ind&#233;pendantes de la volont&#233; de ses affili&#233;s. Les differences id&#233;ologiques entre les groupes malatestiens, gall&#233;aniens et ceux fid&#232;les &#224; Carlo Tresca, de tendance syndicaliste, ont disparu progressivement. Face &#224; l'affaiblissement quantitatif et qualitatif du mouvement, les groupes existant ont oubli&#233; les pol&#233;miques et s'accordent sur la fonction que &lt;i&gt;L'Adunata dei Refrattari &lt;/i&gt; exerce parmi eux. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les survivants des mouvements pass&#233;s contribuent (d'un commun accord) &#224; maintenir sur pied cette esp&#232;ce de lettre circulaire qui les r&#233;unit dans les souvenirs et dans les esp&#233;rances&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C.A., Riflessioni sui movimento anarchico italo-americana (r&#233;flexions sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et pourtant, si les vieilles divergences sont encore valables pour quelques-uns, personne ne nie d&#233;sormais que leur unique fonction soit celle de contribuer au d&#233;veloppement du mouvement anarchiste en Italie, aidant mat&#233;riellement les initiatives et influen&#231;ant &#233;ventuellement les attitudes id&#233;ologiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En avril 1877 mouvement insurrectionnel men&#233; par des internationalistes, Carlo Cafiero, Errico Malatesta, et Pietro Cesare Ceccarelli entre autres. Ils lib&#232;rent une s&#233;rie de communes agricoles et montagnardes, entre Benevent et Campolasso, y proclament l'anarchie, abolissant la taxe de farinage, la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et toute ing&#233;rence de l'&#201;tat. Captur&#233;s par l'arm&#233;e royale, les internationalistes sont acquitt&#233;s par le tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Giovanni Passanante, auteur d'un attentat contre le roi Humbert le, le 17 novembre 1878 &#224; Naples.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P&#233;riode dite &#171; des malfaiteurs &#187;, pendant laquelle de nombreux attentats &#224; la bombe furent commis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Francesco Crispi, ministre de l'Int&#233;rieur italien de janvier &#226; mars 1878 ; Antonio Di Riduni, pr&#233;sident du conseil italien en 1891 Luigi Pelloux, pr&#233;sident du conseil en 1899.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; L'assassinat de Humbert I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et les anarchistes de Paterson &#187;, Luigi Vitoria Ferraris, in la revue &lt;i&gt;Rassegna Storica del Risorgimento&lt;/i&gt;, janvier-mars 1968.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Woodcock, &lt;i&gt;L'Anarchia &lt;/i&gt; (l'anarchie), Milan 1966, P. 304.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Surnom donn&#233; par les I.W.W, En argot, cela signifiait &#171; vagabond &#187;, &#171; voyageur &#187;, en pensant &#233;videmment aux travaux ambulants &#226; travers le pays qui constituaient le nerf des I.W.W.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Ghio, &lt;i&gt;L'anarchisme aux &#201;tats-Unis, Paris&lt;/i&gt;, 1903, pp. 141-142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1925, le Congr&#232;s de l'&#201;tat du Tennessee prohiba l'enseignement dans les &#233;coles de la th&#233;orie de Darwin sur l'&#233;volution des esp&#232;ces. Cela provoqua la r&#233;bellion d'un enseignant, d'o&#249; un proc&#232;s dit &#171; du singe &#187; qui vit r&#233;uni autour de l'accus&#233; de nombreux progressistes du Nord. En sorte que le proc&#232;s devint un affrontement entre intellectuels modernistes et r&#233;actionnaires, ces derniers ayant une victoire seulement formelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C.A.,&lt;i&gt; Riflessioni sui movimento anarchico italo-americana&lt;/i&gt; (r&#233;flexions sur le mouvement anarchiste italo-am&#233;ricain), mai 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Peste religieuse (Johann Most - 1892)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Johann Most</dc:creator>


		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De toutes les maladies mentales que l'homme s'est implant&#233;es syst&#233;matiquement dans le cerveau, la PESTE RELIGIEUSE est certainement la plus horrible.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-la-peste-religieuse-johann-most-" rel="directory"&gt;La Peste religieuse (Johann Most)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton154-5f6ba.jpg?1774693768' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De toutes les maladies mentales que l'homme s'est implant&#233;es syst&#233;matiquement dans le cerveau, la PESTE RELIGIEUSE est certainement la plus horrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme tout a son histoire, cette &#201;PID&#201;MIE n'est pas sans avoir la sienne. Seulement il est, parbleu !, bien dommage que le d&#233;veloppement de cette histoire ne soit pas tout ce qu'il y a de plus joli. Les vieux Zeus et Jupiter &#233;taient des individu tr&#232;s convenables, nous dirons m&#234;me assez &#233;clair&#233;s, si on les compare aux rejetons trinitaires de l'arbre g&#233;n&#233;alogique du bon DIEU, lesquels ne le c&#232;dent en rien aux premiers en cruaut&#233; et en brutalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste, nous ne voulons pas perdre notre temps avec les dieux retrait&#233;s ou d&#233;chus, car ils ne causent plus aucun dommage ; par contre, nous critiquerons sans respect les &#171; faiseurs de pluie et de beau temps &#187; encore en activit&#233; de service et les terroristes de l'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chr&#233;tiens ont une &#171; Trinit&#233; &#187; ; leurs a&#239;eux juifs se contentaient d'une &#171; seule d&#233;it&#233; &#187; ; &#224; part cela, les deux peuples forment tous les deux une soci&#233;t&#233; fort r&#233;jouissante. L'ancien et le nouveau &#171; testament &#187; sont pour eux la source de toute sagesse, c'est pour cela qu'il faut lire, bon gr&#233; et mal gr&#233;, ces saintes &#233;critures si l'on veut les conna&#238;tre et partant, les tourner en ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons simplement l'historique de ces divinit&#233;s et nous verrons que cela suffira &#224; caract&#233;riser le tout. Voici la chose bri&#232;vement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au commencement DIEU cr&#233;a le ciel et la terre. Il se trouvait tout d'abord au milieu du n&#233;ant, dont l'aspect devait &#234;tre, en effet, assez triste pour qu'un Dieu lui-m&#234;me s'y ennuy&#226;t, et comme c'est une bagatelle pour un Dieu de faire des mondes avec rien, il cr&#233;a le ciel et la terre comme un charlatan remue les &#339;ufs ou les &#233;cus de sa manche. Plus tard il fabriqua le soleil, la lune et les &#233;toiles. Certains h&#233;r&#233;tiques qu'on nomme astronomes, ont bien d&#233;montr&#233; il y a longtemps, que la terre n'est et n'a jamais &#233;t&#233; le centre de l'Univers, qu'elle n'a pu exister avant le soleil, autour duquel elle tourne. Ces gens ont prouv&#233; que c'est une v&#233;ritable b&#234;tise de parler de la lune, du soleil et des &#233;toiles apr&#232;s la terre, comme si celle-ci, compar&#233;e &#224; ceux-l&#224;, &#233;tait une chose sp&#233;ciale et extraordinaire ; il y a longtemps que chaque &#233;colier sait que le soleil n'est qu'un astre, que la terre est un de ses satellites, et la lune pour ainsi dire un sous-satellite ; il sait &#233;galement que la terre en comparaison de l'Univers est loin de jouer un r&#244;le sup&#233;rieur ; qu'au contraire, elle est un grain de poussi&#232;re dans l'espace. Mais est-ce qu'un Dieu s'occupe d'astronomie ? Il fait ce qu'il veut et se moque de la science et de la logique ; c'est pour cette raison que, apr&#232;s sa fabrication de la terre, il fit d'abord la lumi&#232;re et ensuite le soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Hottentot saurait parfaitement que sans le soleil, la lumi&#232;re ne peut exister ; mais Dieu&#8230; hum ! n'est pas un Hottentot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons plus loin : la cr&#233;ation avait parfaitement r&#233;ussie jusque-l&#224;, mais il n'y avait pas encore de vie dans la baraque ; et comme le cr&#233;ateur voulait enfin s'amuser, il fait l'HOMME. Seulement en le faisant, il s'&#233;carta de fa&#231;on particuli&#232;re de sa premi&#232;re mani&#232;re de proc&#233;der. Au lieu d'effectuer cette cr&#233;ation par un simple commandement, il se donna beaucoup d'embarras, il prit un prosa&#239;que morceau d'argile, modela &#224; son image un homme, et y souffla une &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Dieu est tout-puissant, bon, juste, en un mot l'amabilit&#233; m&#234;me, il vit tout de suite qu'Adam (c'est ainsi qu'il avait appel&#233; sa fabrication) seul, s'ennuyait affreusement (peut-&#234;tre se rappela-t-il sa propre existence si ennuyeuse dans le n&#233;ant), il fabriqua alors une mignonne, une charmante &#200;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment l'exp&#233;rience lui avait prouv&#233; que c'&#233;tait un travail bien ennuyeux pour un Dieu que de p&#233;trir l'argile, car il employa une autre m&#233;thode. Il enleva une c&#244;te &#224; Adam et la changea instantan&#233;ment en une petite femme ; instantan&#233;ment, dis-je, car la vitesse n'est pas une sorcellerie pour un Dieu. L'Histoire ne nous dit pas si la c&#244;te d'Adam fut remplac&#233;e plus tard ou s'il dut se contenter de celles qui lui restaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sciences modernes ont &#233;tabli que les animaux et les plantes, form&#233;es d'abord de simples cellules, ont acquit peu &#224; peu dans le cours des millions d'ann&#233;es leurs formes actuelles ; elles ont &#233;tabli de plus que l'homme n'est que le produit le plus parfait de ce long et continuel d&#233;veloppement, et que non seulement il y a quelques cent mille ans il ne parlait pas, et se rapprochait de beaucoup de l'animal, dans l'acception du mot, mais qu'il doit descendre des animaux du plus bas de l'&#233;chelle, toute autre supposition &#233;tant &#224; rejeter. Partant de l&#224;, l'histoire naturelle nous fait consid&#233;rer Dieu en sa fabrication d'hommes comme un h&#226;bleur ridicule ; mais &#224; quoi sert tout cela ? On ne plaisante pas avec Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ces histoires aient un cachet scientifique ou non, il commande qu'on les croie ; sans cela il vous enverra chercher par le diable (son concurrent), ce qui doit &#234;tre fort d&#233;sagr&#233;able. Car en enfer r&#232;gne non seulement les pleurs et les continuels grincements de dents, mais mieux encore, il y br&#251;le un &#233;ternel feu, un ver infatigable vous y ronge et il sent fort le soufre et la poix dans cet endroit-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, donc, d'apr&#232;s cela, un homme sans corps, c'est-&#224;-dire une &#226;me, serait r&#244;tie ; la chair qu'il n'a pas grillera, les dents qu'il n'a plus grinceront encore ; il pleurera sans yeux et sans poumons, le ver rongera ses os tomb&#233;s depuis longtemps en poussi&#232;re, il flairera sans nez une odeur sulfureuse, et tout cela &#233;ternellement !! ! Dr&#244;le d'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste Dieu, comme il le dit lui-m&#234;me dans sa chronique, la Bible, sorte d'autobiographie, est excessivement capricieux et avide de vengeance ; enfin quoi un despote de premier ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine Adam et &#200;ve &#233;taient-ils cr&#233;&#233;s qu'il fallut gouverner cette engeance ; dieu &#233;mit-il un code dont voici la teneur cat&#233;gorique : &#171; Vous ne mangerez pas du fruit de l'arbre de la science. &#187; Depuis lors, il n'a exist&#233; aucun tyran couronn&#233; ou non qui n'ait jet&#233; lui aussi cette d&#233;fense &#224; la face des peuples. Mais Adam et &#200;ve n'ob&#233;irent pas &#224; cette injonction ; ils furent aussit&#244;t expuls&#233;s (comme de vulgaires socialistes) et condamn&#233;s, eux et leurs descendants, pour toujours aux plus rudes travaux. De plus les droits d'&#200;ve lui furent enlev&#233;s et elle devint la servante d'Adam &#224; qui elle dut ob&#233;issance. Dans tous les cas, ils &#233;taient d&#233;j&#224; sous la surveillance de la haute Police divine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment Lehman&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'empereur Guillaume est appel&#233; ainsi par une grande partie du peuple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; lui-m&#234;me n'a pas &#233;t&#233; aussi loin dans son despotisme, mais Dieu n'est-il pas son sup&#233;rieur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;v&#233;rit&#233; de Dieu envers les hommes ne servit &#224; rien, au contraire ; plus ils augmentaient, plus ils le lassaient. On peut se faire une id&#233;e de la vitesse de leur propagande quand on lit l'histoire de Ca&#239;n et d'Abel ; lorsque ce dernier fut tu&#233; par son fr&#232;re, Ca&#239;n alla dans un pays&#8230; &#233;tranger et prit femme. Le bon Dieu ne nous dit pas d'o&#249; venait ce pays &#233;tranger et les femmes qu'il contenait ; ce qui, du reste, n'est pas &#233;tonnant ; il peut bien l'avoir oubli&#233; alors qu'il &#233;tait surcharg&#233; de travaux de toute sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la mesure &#233;tait comble ; Dieu r&#233;solut d'exterminer le genre humain dans l'eau. Seulement il choisit un couple pour faire un dernier essai ; il n'eut pas la main heureuse malgr&#233; toute sa sagesse, car No&#233;, le chef des survivants, se r&#233;v&#233;la un grand noceur, s'amusant avec ses fils&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que pouvait-il sortir de bon d'une pareille famille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le genre humain se r&#233;pandit de nouveau et produisit de pauvres p&#233;cheurs. Le bon dieu aurait bien crev&#233; de divine col&#232;re en voyant que toutes ses punitions exemplaires, comme par exemple la destruction de villes enti&#232;res par le feu et le soufre ne servaient absolument &#224; rien. Alors il r&#233;solut d'exterminer toute cette canaille, lorsqu'un &#233;v&#233;nement des plus extraordinaires lui fit changer d'avis, sans cela c'e&#251;t &#233;t&#233; fait de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour appara&#238;t un certain Saint-Esprit. Il en &#233;tait de ce dernier comme de la jeune fille de l'&#233;tranger&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Allusion &#224; un po&#232;me de Schiller.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : personne ne savait d'o&#249; elle venait. L'&#233;criture de la Bible, c'est-&#224;-dire Dieu lui-m&#234;me, dit seulement qu'il est lui-m&#234;me le Saint-Esprit. Par cons&#233;quent nous avons affaire pour l'instant &#224; un Dieu en deux unit&#233;s. Ce Saint-Esprit prit la forme d'un pigeon et fit la connaissance d'une femme obscure nomm&#233;e Marie. Dans un moment de doux &#233;panchement il la couvrit de son ombre et voici : elle mit au monde un fils, sans que cela, comme l'affirme la Bible, porta atteinte &#224; sa virginit&#233;. Dieu se nomma alors le Dieu le p&#232;re, tout en assurant qu'il ne faisait qu'un non seulement avec le Saint-Esprit mais aussi avec le Fils ! Que l'on consid&#232;re bien cela : Le p&#232;re &#233;tait son propre fils, le fils son propre p&#232;re et de plus tous deux ensemble &#233;taient le Saint-Esprit ! C'est ainsi que se forma la Sainte-Trinit&#233;. &#8211; Et maintenant, pauvre cervelle humaine, tiens-toi ferme, car ce qui va suivre pourrait te mettre &#224; l'envers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que Dieu le p&#232;re avait r&#233;solu d'exterminer le genre humain, ce qui fit &#233;norm&#233;ment de peine &#224; Dieu le fils ; alors, il (le fils, qui, comme nous le savons, &#233;tait le p&#232;re) prit tout sur lui et pour apaiser son p&#232;re (qui &#233;tait en m&#234;me temps le fils), il se fit crucifier par ceux-m&#234;mes qu'il voulait sauver de l'extermination. Ce sacrifice du fils (qui est un avec le p&#232;re) plut tellement au p&#232;re (qui est un avec son fils), qu'il publia une amnistie g&#233;n&#233;rale qui est en partie encore en vigueur aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne le dogme de la r&#233;compense et de la punition de l'homme dans l'autre monde. Il y a longtemps qu'il a &#233;t&#233; prouv&#233; scientifiquement qu'il n'y a pas d'autre vie ind&#233;pendante que celle du corps et que l'&#226;me &#8211; ce que les charlatans religieux appellent l'&#226;me &#8211; n'est pas autre chose que l'organe de la pens&#233;e (cerveau) qui re&#231;oit les impressions par l'organe des sens et que, partant, ce mouvement doit cesser n&#233;cessairement avec la mort corporelle. Mais les ennemis jur&#233;s de l'intelligence humaine ne s'occupent pas des r&#233;sultats des exp&#233;riences scientifiques que juste assez pour les emp&#234;cher de p&#233;n&#233;trer le peuple. C'est ainsi qu'ils pr&#234;chent la vie &#233;ternelle de l'&#226;me. Malheur &#224; elle dans l'autre monde si le corps dans lequel elle a habit&#233;e ici-bas n'a pas suivi ponctuellement les lois de Dieu ! Car, ces gens-l&#224; nous l'assurent, Dieu tout bon, tout juste, tr&#232;s fin aussi, s'occupe de chaque peccadille d'un chacun et s'enregistre dans ses actes universels (quel contr&#244;le et quelle comptabilit&#233; !). A c&#244;t&#233; de cela, il est parfois comique dans ses exigences. &#201;coutez plut&#244;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'il d&#233;sire que les nouveau-n&#233;s soient arros&#233;s d'eau froide (baptis&#233;s en son honneur au risque de les enrhumer), tandis qu'il &#233;prouve un plaisir inou&#239; lorsque de nombreuses brebis croyantes qui b&#234;lent leurs litanies et que les plus z&#233;l&#233;s de son parti lui chantent sans interruption leurs pieuses hymnes en le sollicitant pour toute sorte de choses possibles et impossibles ; tandis qu'il se m&#234;le aux guerres sanglantes en se faisant encenser et adorer comme Dieu des batailles ; il se f&#226;che tout rouge lorsqu'un catholique mange de la viande un vendredi ou ne va pas r&#233;guli&#232;rement &#224; confesse. Il s'irrite aussi si un protestant m&#233;prise les os des saints ; les images et autres reliques de la Vierge, recommand&#233;s par l'&#233;glise catholique, ou si un fid&#232;le quelconque ne fait pas son p&#232;lerinage annuel, le dos courb&#233;, les mains jointes et les yeux tourn&#233;s vers le ciel. Qu'un homme meure p&#234;cheur endurci, le bon Dieu lui inflige une punition &#224; c&#244;t&#233; de laquelle tous les coups de b&#226;ton &#8211; et de knout, tous les tourments des prisons et du bannissement, toutes les sensations des condamn&#233;s sur l'&#233;chafaud, tous les supplices invent&#233;s par les tyrans apparaissent comme un agr&#233;able chatouillement. Ce Dieu bon surpasse en cruaut&#233; bestiale tout ce qui peut se passer de plus canaille sur la terre. Sa maison de d&#233;tention s'appelle enfer, son bourreau est le diable, ses punitions durent &#233;ternellement. Mais pour de l&#233;g&#232;res fautes et &#224; la condition que le d&#233;linquant meure catholique, il fait gr&#226;ce apr&#232;s un s&#233;jour plus ou moins long dans le purgatoire qui se distingue de l'enfer, comme en Prusse la prison se distingue de la maison de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'un bon petit feu soit entretenu dans le dit purgatoire, il n'est am&#233;nag&#233; qu'en vue d'un s&#233;jour relativement court et sa discipline n'est pas tr&#232;s serr&#233;e. Les soi-disant p&#233;ch&#233;s mortels ne sont pas punis par le purgatoire mais bien par l'enfer. Et parmi ces derniers il nous faut compter le blasph&#232;me en parole, en pens&#233;e et en &#233;crit. Dieu ne tol&#232;re non seulement pas la libert&#233; de la presse et de la parole, mais il interdit et proscrit les pens&#233;es non articul&#233;es qui pourraient lui d&#233;plaire. Enfonc&#233;s, les despotes de tous les pays et de tous les temps ! surpass&#233;s lesdits tyrans par le choix et la dur&#233;e des punitions ! Donc ce Dieu est le monstre le plus &#233;pouvantable que l'on puisse s'imaginer. Sa conduite est d'autant plus inf&#226;me qu'il faut croire que le monde entier, que l'humanit&#233; est r&#233;gl&#233;e dans toutes ses actions par sa divine providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il maltraite par cons&#233;quent les hommes pour des actions dont il est lui-m&#234;me l'inspirateur ! que les tyrans de la terre des temps pass&#233;s et pr&#233;sents sont aimables compar&#233;s &#224; ce monstre ! Mais il pla&#238;t &#224; Dieu qu'un homme vive en homme de Dieu, c'est alors qu'il le maltraite et le torture davantage encore apr&#232;s sa mort, car le paradis promis est encore plus infernal que l'enfer. On n'a l&#224; aucun besoin, on est au contraire toujours satisfait sans qu'aucun d&#233;sir ne pr&#233;c&#232;de la satisfaction de ce besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme on ne peut se repr&#233;senter aucune jouissance sans d&#233;sir suivi de son accomplissement, le s&#233;jour du ciel sera donc bien stupide. On y est l&#224; &#233;ternellement occup&#233; &#224; contempler Dieu ; on y joue toujours les m&#234;mes m&#233;lodies sur les m&#234;mes harpes, on y chante continuellement le beau cantique qui pour n'&#234;tre pas tout &#224; fait aussi ennuyeux que Malboroug s'en va-t-en guerre, n'en vaut gu&#232;re mieux. C'est l'ennui &#224; son plus haut degr&#233;. Le s&#233;jour dans une cellule isol&#233;e serait certainement &#224; pr&#233;f&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant &#224; ce que les riches et les puissants qui peuvent se procurer le paradis sur terre ne s'&#233;crient en riant, avec Heine, le po&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous laissons le paradis&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux anges et aux pierrots.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant ce sont justement les riches et les puissants qui entretiennent la religion. Assur&#233;ment cela fait partie du m&#233;tier. C'est m&#234;me une question de vie pour la classe exploitante, la bourgeoisie, que le peuple soit ab&#234;ti par la religion. Sa puissance monte ou tombe avec la folie religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus l'homme tient &#224; la religion, plus il croit. Plus il croit, moins il sait. Moins il sait, plus b&#234;te il est. Plus il est b&#234;te, plus il se laisse gouverner facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique fut connue des tyrans de tout temps, c'est pour cela qu'ils s'alli&#232;rent toujours avec le pr&#234;tre. Quelque dispute &#233;clatait-elle entre ces deux sortes d'ennemis de l'homme, elle n'&#233;tait pour ainsi dire qu'une futile querelle de m&#233;nage pour savoir qui aurait la ma&#238;trise. Chaque pr&#234;tre sait bien que son r&#244;le est fini lorsqu'il n'est plus soutenu par les millions. Les riches et les puissants n'ignorent pas non plus que l'homme ne se laisse gouverner et exploiter que lorsque les corbeaux, peu importe l'&#233;glise &#224; laquelle ils appartiennent, ont r&#233;ussi &#224; implanter au sein des masses l'id&#233;e que notre terre est une vall&#233;e de larmes, qu'il leur ont infiltr&#233; cette sentence &#224; respecter l'autorit&#233;, ou bien lorsqu'ils les ont all&#233;ch&#233;s par la promesse d'une vie plus heureuse dans l'autre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Windhorst, le j&#233;suite par excellence, fit entendre un jour assez clairement, dans la chaleur d'un combat parlementaire, ce que les filous et les charlatans du monde pensent &#224; ce sujet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsque la foi s'&#233;teint dans le peuple, dit-il, il ne peut plus supporter sa grande mis&#232;re et se r&#233;volte ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette phrase &#233;tait claire et aurait d&#251; faire r&#233;fl&#233;chir bien des ouvriers. Mais, h&#233;las !, tant d'entr'eux sont si born&#233;s, gr&#226;ce &#224; la religion, qu'ils entendent les choses les plus simples sans les comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en vain que les pr&#234;tres, c'est-&#224;-dire les noirs gendarmes du despotisme, se sont efforc&#233;s de retenir de tout leur pouvoir la d&#233;cadence religieuse, quoique comme on sait, ils pouffent de rire entre eux en pensant aux b&#234;tises qu'ils pr&#234;chent contre bonne r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des si&#232;cles, ces d&#233;traqueurs de cervelle ont gouvern&#233; les masses par la terreur, car, sans cela, il y a longtemps que la folie religieuse aurait pris fin. La cachot et les cha&#238;nes, le poison et le poignard, la potence et le glaive, le guet-apens et l'assassinat, au nom de Dieu et de la Justice, ont &#233;t&#233; les moyens employ&#233;s pour le maintien de cette folie, qui sera une tache dans l'histoire de l'humanit&#233;. Des milliers d'individus ont &#233;t&#233; grill&#233;s &#224; petit feu sur les b&#251;chers au nom de Dieu, pour avoir os&#233; mettre en doute le contenu de la Bible. Des millions d'hommes furent forc&#233;s pendant de longues guerres, de s'entretuer, de d&#233;vaster des pays entiers et laiss&#232;rent ces m&#234;mes pays aux prises avec la peste apr&#232;s les avoir pill&#233;s et incendi&#233;s pour maintenir la religion. Les supplices les plus raffin&#233;s furent invent&#233;s par les pr&#234;tres et leurs acolytes, lorsqu'il s'est agit de ramener &#224; la religion ceux qui n'avaient plus la crainte de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle criminel un homme qui estropie pieds et jambes de son semblable. Comment appelle-t-on celui qui atrophie le cerveau d'un autre et qui, lorsque cela ne le conduit pas au but d&#233;sir&#233;, fait p&#233;rir m&#234;me le corps &#224; petit feu avec une cruaut&#233; raffin&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que ces &#234;tres ne peuvent plus aujourd'hui se livrer &#224; leur m&#233;tier de bandit comme autrefois, lors m&#234;me que les proc&#232;s en blasph&#232;mes abondent encore ; par contre ils savent maintenant se glisser dans les familles, y influencer les femmes, accaparer les enfants et abuser de l'enseignement donn&#233; dans les &#233;coles. Leur hypocrisie a plut&#244;t augment&#233; que diminu&#233;. Ils s'empar&#232;rent de la presse lorsqu'ils s'aper&#231;urent qu'il n'&#233;tait pas possible de faire dispara&#238;tre l'imprimerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vieux proverbe dit : &#171; O&#249; a pass&#233; un pr&#234;tre, l'herbe ne repousse plus pendant dix ans &#187;, ce qui revient &#224; dire que lorsqu'un homme se trouve sous la griffe d'un pr&#234;tre, son cerveau a perdu ses facult&#233;s de penser, ses rouages se sont arr&#234;t&#233;s et les araign&#233;es y tissent leurs toiles. Il ressemble au mouton pris de vertige. Ces malheureux ont perdu le but de la vie et, ce qui est encore plus malheureux, c'est qu'ils forment la plus grande partie des antagonistes de la science et de la lumi&#232;re, de la r&#233;volution et de la libert&#233;. On les trouve toujours pr&#234;ts dans leur b&#234;tise obtuse &#224; aider ceux qui veulent forger de nouvelle cha&#238;nes pour l'humanit&#233; ou &#224; aider ceux qui veulent mettre des b&#226;tons dans les roues du progr&#232;s toujours croissant. Or donc, en essayant de gu&#233;rir des malades, non seulement on accomplit une bonne &#339;uvre vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes, mais encore on est en voie d'arracher un cancer qui ronge le peuple et qui doit &#234;tre totalement d&#233;truit, si la terre doit devenir le s&#233;jour d'hommes et non un terrain de jeux pour les dieux et les diables, comme elle l'a &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, arrachons du cerveau les id&#233;es religieuses, et &#224; bas les pr&#234;tres ! Ces derniers ont la coutume de dire que la fin justifie les moyens. Bien ! Employons nous aussi cet axiome contre eux. Notre but est la d&#233;livrance de l'humanit&#233; de tout esclavage, de la tirer du joug de la servitude sociale comme des fers de la tyrannie politique, mais aussi sortir cette m&#234;me humanit&#233; des t&#233;n&#232;bres religieuses. Tout moyen pour l'accomplissement de ce haut but doit &#234;tre reconnu comme juste par tous les vrais amis de l'humanit&#233; et doit &#234;tre mis en pratique &#224; chaque occasion propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout homme anti-religieux commet donc une n&#233;gligence &#224; ses devoirs lorsqu'il ne fait pas tout ce qu'il peut journellement et &#224; toute heure pour tuer la religion. Tout homme d&#233;livr&#233; de la foi qui omet de combattre la pr&#234;traille o&#249; et quand il peut est un tra&#238;tre &#224; son parti. Partout guerre, guerre &#224; outrance &#224; cette noire engeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Excitons contre les corrupteurs et &#233;clairons les aveugles. Que chaque arme nous soit bonne pour notre cause, aussi bien l'acerbe moquerie que le flambeau de la science et o&#249; ces derni&#232;res armes restent sans effet, eh bien ! employons des arguments plus faciles : qu'on ne laisse pas passer sans la relever aucune allusion &#224; Dieu et &#224; la religion dans les assembl&#233;es o&#249; sont discut&#233;es les int&#233;r&#234;ts du peuple. De m&#234;me que le principe de la propri&#233;t&#233; et sa sanction arm&#233;e, l'&#201;tat ne peut trouver place dans le camp de la r&#233;volution sociale, &#8211; ce qui est en dehors de ce camp est naturellement r&#233;actionnaire &#8211; de m&#234;me la religion ou ce qui s'y rapporte n'y a place. Et qu'on sache bien que plus ceux qui veulent m&#234;ler leur bavardage religieux aux aspirations des travailleurs, eussent-ils l'air respectables, leur r&#233;putation f&#251;t-elle bonne, sont de dangereux personnages. Quiconque pr&#234;che la religion sous n'importe quelle forme ne peut &#234;tre qu'un sot ou un coquin. Ces deux sortes d'individus ne valent rien pour l'avancement d'une chose qui ne peut atteindre son but que si elle est s&#251;re de la sinc&#233;rit&#233; de ses combattants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique opportuniste est, dans ce cas, non seulement un mal mais un crime. Si les ouvriers permettent &#224; quelques pr&#234;tres de se m&#234;ler de leurs affaires, non seulement ils seront tromp&#233;s, mais encore trahis et vendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant il est logique que le prol&#233;taire combatte principalement le capitalisme et partant vise aussi la destruction de son m&#233;canisme forc&#233;, l'&#201;tat, autant il coule de source que l'&#201;glise re&#231;oive aussi son compte dans ce combat, car elle ne peut pas &#234;tre de c&#244;t&#233; : il faut que la religion soit d&#233;truite syst&#233;matiquement dans le peuple, si l'on veut que ce dernier revienne &#224; la raison sans laquelle il ne pourra jamais conqu&#233;rir sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposons quelques questions pour les sots et autrement dit, pour ceux qui ont &#233;t&#233; ab&#234;tis par la religion, en tant qu'ils paraissent corrigibles. Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu veut qu'on le connaisse, qu'on l'aime et qu'on le craigne, pourquoi ne se montre-il pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il est si bon que le disent les pr&#234;tres, quelles raison a-t-on de le craindre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il sait tout, pourquoi l'ennuyer de nos affaires particuli&#232;res et de nos pri&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est partout, pourquoi b&#226;tir des &#233;glises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est juste, pourquoi penser qu'il punira les hommes cr&#233;&#233;s par lui pleins de faiblesse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les hommes ne font le bien que par une gr&#226;ce particuli&#232;re de Dieu, quelle raison aura-t-il de les r&#233;compenser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est tout-puissant, comment peut-il permettre le blasph&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est inconcevable, pourquoi nous occuper de lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la connaissance de Dieu est n&#233;cessaire, pourquoi reste-t-il dans l'ombre ? Etc., etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant de telles questions l'homme croyant reste bouche b&#233;e. Mais chaque homme pensant doit admettre qu'il n'existe pas une seule preuve de l'existence de Dieu. De plus, il n'y a aucune n&#233;cessit&#233; d'une divinit&#233;. Un Dieu en dehors ou en dedans de la nature n'est d'aucune n&#233;cessit&#233; lorsqu'on conna&#238;t les propri&#233;t&#233;s et les r&#232;gles de cette derni&#232;re. Son but moral n'est pas moins nul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un grand royaume gouvern&#233; par un souverain dont la mani&#232;re d'agir am&#232;ne le d&#233;sordre dans l'esprit de ses sujets. Il veut &#234;tre connu, aim&#233;, honor&#233; et tout contribue &#224; embrouiller les id&#233;es qu'on peut se faire de lui. Les peuples soumis &#224; sa d&#233;pendance n'ont sur le caract&#232;re et les lois de leur souverain invisible que les id&#233;es dont ses ministres leur font part ; par contre, ceux-ci admettent qu'ils ne peuvent se faire aucune id&#233;e de leur ma&#238;tre, que sa volont&#233; est imp&#233;n&#233;trable, ses vues et ses id&#233;es insaisissables ; ses valets ne sont jamais d'accord sur les lois &#224; donner de sa part et ils les annoncent dans chaque province d'une mani&#232;re diff&#233;rente ; ils s'insultent mutuellement et s'accusent l'un l'autre de tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;dits et les lois qu'ils sont cens&#233;s devoir donner sont embrouill&#233;s ; ce sont des r&#233;bus qui ne peuvent &#234;tre ni compris ni devin&#233;s par les sujets auxquels ils devraient servir d'enseignement. Les lois du monarque cach&#233; ont besoin d'&#233;claircissement et cependant ceux-l&#224; m&#234;me qui les expliquent ne sont jamais d'accord entre eux ; tout ce qu'ils savent raconter de leur souverain cach&#233; est un chaos de contradictions ; ils ne disent pas un mot qui ne puisse &#234;tre aussit&#244;t controuv&#233; et tax&#233; de mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le dit extr&#234;mement bon et cependant il n'y a pas un homme qui ne se plaigne de ses d&#233;crets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le dit infiniment sage et cependant tout dans son administration semble &#234;tre &#224; rebours de la raison et du bon sens. On glorifie sa justice, et les meilleurs de ses sujets sont ordinairement ceux qui sont le moins favoris&#233;s. On assure qu'il voit tout et sa pr&#233;sence ne remet cependant rien en ordre. Il est, dit-on, ami de l'ordre et pourtant tout n'est que confusion et d&#233;sordre dans ses &#233;tats. Il fait tout par lui-m&#234;me, mais les &#233;v&#233;nements r&#233;pondent rarement &#224; ses plans. Il voit tout &#224; l'avance mais ne sait pas ce qui arrivera. Il ne se laisse pas offenser en vain et pourtant il tol&#232;re les offenses d'un chacun. On admire son savoir, la perfection de ses &#339;uvres et cependant ses &#339;uvres sont imparfaites et de courte dur&#233;e. Il cr&#233;e, d&#233;truit, corrige ce qu'il a fait sans jamais &#234;tre content de son ouvrage. Il ne cherche dans toutes ses entreprises que sa propre gloire sans cependant atteindre le but d'&#234;tre lou&#233; en tout et partout. Il ne travaille qu'au bien-&#234;tre de ses sujets&#8230; mais la plupart manquent du n&#233;cessaire. Ceux qu'il para&#238;t favoriser le plus sont g&#233;n&#233;ralement les moins contents de leur sort : on les voit se soulever contre un ma&#238;tre dont ils admirent la grandeur, dont ils louent la sagesse, dont ils honorent la bont&#233;, dont ils craignent la justice et dont ils sanctifient les commandements qu'ils ne suivent jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce royaume est le monde, ce souverain est Dieu : ces valets sont les Pr&#234;tres, les hommes sont les sujets. Joli pays ! Le Dieu des Chr&#233;tiens sp&#233;cialement est un Dieu qui, comme nous l'avons vu, fait des promesses pour les rompre, r&#233;pand la peste et les maladies sur les hommes pour les gu&#233;rir ; un Dieu qui cr&#233;a les hommes &#224; son image et qui, pourtant, ne prend pas les responsabilit&#233;s du mal ; qui vit que toutes ses &#339;uvres &#233;taient bonnes et s'aper&#231;ut bient&#244;t qu'elles ne valaient rien ; qui savait que les deux premiers &#234;tres mangeraient du fruit d&#233;fendu et qui, pourtant pour cela, punit tout le genre humain. Un Dieu si faible qui se laisse duper par le diable, si cruel qu'aucun tyran de la terre ne peut lui &#234;tre compar&#233;. Tel est le Dieu de la mythologie jud&#233;o-chr&#233;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui cr&#233;a les hommes parfaits sans aviser pourtant &#224; ce qu'ils restent parfaits ; celui qui cr&#233;a le diable sans pouvoir arriver &#224; le dominer est un g&#226;cheur que la religion qualifie de souverainement sage ; pour elle tout puissant est celui qui condamne des millions d'innocents pour la faute commise par un seul, qui extermina par le d&#233;luge tous les hommes &#224; l'exception de quelques-uns qui reform&#232;rent une race aussi mauvaise que la premi&#232;re : qui fit un ciel pour les fous qui croient aux &#233;vangiles et un enfer pour les sages qui le r&#233;prouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui se cr&#233;a lui-m&#234;me par le Saint-Esprit ; qui s'envoya comme m&#233;diateur entre lui-m&#234;me et les autres ; qui, m&#233;pris&#233; et bafou&#233; par ses ennemis, se laissa clouer sur une croix comme une chauve-souris &#224; la porte d'une grange ; qui se laissa enterrer, qui ressuscita des morts, descendit aux enfers, remonta vivant au ciel o&#249; il s'assit &#224; sa droite m&#234;me pour y juger les vivants et les morts, alors qu'il n'y aura plus de vivants, celui qui a fait tout cela est un charlatan divin. C'est un affreux tyran dont l'histoire devrait &#234;tre &#233;crite en lettres de sang, car elle est la religion de la terreur. Loin de nous donc la mythologie chr&#233;tienne. Loin de nous un Dieu invent&#233; par les pr&#234;tres de la foi sanglante qui, sans leur n&#233;ant important, avec lequel ils expliquent tous, ne se vautreraient plus longtemps dans l'abondance, ne pr&#234;cheraient plus longtemps l'humilit&#233; tout en vivant eux-m&#234;mes dans l'orgueil, mais au contraire seraient pr&#233;cipit&#233;s dans l'ab&#238;me de l'oubli. Loin de nous cruelle trinit&#233;, le p&#232;re meurtrier, le fils contre nature et le Saint-Esprit voluptueux ! Loin de nous tous ces fant&#244;mes d&#233;shonorants, au nom desquels on rabaisse les hommes au niveau des mis&#233;rables esclaves et qu'on renvoie par la toute puissance du mensonge des peines de cette terre aux joies du ciel. Loin de nous tous ceux qui, avec leur d&#233;mence sainte, sont les entraves du bonheur et de la libert&#233; ! Dieu est un revenant invent&#233; par des charlatans raffin&#233;s au moyen duquel on a jusqu'&#224; pr&#233;sent effray&#233; et tyrannis&#233; les hommes. Mais le revenant s'&#233;vanouit d&#232;s qu'il est examin&#233; par la saine raison, les masses tromp&#233;es s'indignent d'avoir cru si longtemps et jettent &#224; la face des pr&#234;tres ces mots du po&#232;te :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sois maudit, O Dieu que nous avons pri&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le froid de l'hiver et les tourments de la faim&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons en vain attendu et esp&#233;r&#233; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous a sing&#233;s, tromp&#233;s et born&#233;s !&lt;br class='autobr' /&gt;
Esp&#233;rons que les masses ne se laisseront plus longtemps tromper et berner, mais qu'un jour viendra o&#249; les crucifix et les saints seront jet&#233;s au feu, les calices et les hosties convertis en objets utiles, les &#233;glises transform&#233;es en salle de concert, de th&#233;&#226;tres ou d'assembl&#233;es, ou, dans le cas o&#249; elles ne pourraient servir &#224; ce but, en grenier &#224; bl&#233; et en &#233;curies &#224; chevaux. Esp&#233;rons qu'un jour viendra o&#249; le peuple &#233;clair&#233; cette fois ne comprendra pas que pareille transformation n'ait pas d&#233;j&#224; eu lieu depuis longtemps. Cette mani&#232;re d'agir courte et concise ne se pratiquera naturellement que lorsque la R&#201;VOLUTION SOCIALE, qui approche, &#233;clatera, c'est-&#224;-dire au moment o&#249; il sera fait table rase des complices de la pr&#233;traille : principes, bureaucrates et capitalistes et o&#249; l'&#201;tat ainsi que l'&#201;glise seront radicalement balay&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Johann Most, 1892.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'empereur Guillaume est appel&#233; ainsi par une grande partie du peuple allemand pour rappeler sa fuite en 1848, sous le nom de Lehmann, cocher de poste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Allusion &#224; un po&#232;me de Schiller.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Max Baginski </title>
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		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Membre des &#171; Jeunes &#187; du parti social-d&#233;mocrate allemand, ce publiciste de talent &#233;voluera vers l'anarchisme et participera aux Etats-Unis &#224; de nombreux p&#233;riodiques.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no8-emma-goldman-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;8 : &#171; Emma Goldman &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-alexander-berkman-+" rel="tag"&gt;Alexander Berkman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-rudolf-rocker-+" rel="tag"&gt;Rudolf Rocker&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1109-ce81b.png?1774694618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Membre des &#171; Jeunes &#187; du parti social-d&#233;mocrate allemand, ce publiciste de talent &#233;voluera vers l'anarchisme et participera aux &#201;tats-Unis &#224; de nombreux p&#233;riodiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais Nettlau est finalement allemand, plus allemand depuis la guerre qu'il ne l'avait jamais &#233;t&#233; avant. Et dans toute ma vie je n'ai rencontr&#233; que deux Allemands qui soient libres, c'est notre propre Max et Rudolf &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Rocker)&lt;/span&gt;. Tout le reste est stationnaire sur tous les points sauf l'&#233;conomie. Particuli&#232;rement en ce qui concerne les femmes, ils sont vraiment ant&#233;diluviens...&lt;/q&gt;, &#233;crivait Emma Goldman le 20 f&#233;vrier 1929 dans une lettre &#224; Alexandre Berkman. Notre Max &#224; nous, c'&#233;tait Max Baginski, autrefois un des amants d'Emma et puis, avant la sortie de prison d'Alexandre Berkman, le r&#233;dacteur de &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Max Baginski est n&#233; en 1864 &#224; Bartenstein pr&#232;s de K&#246;nigsberg en Prusse-Orientale (aujourd'hui Bartoszyce en Pologne, pr&#232;s de Kaliningrad en URSS). Son p&#232;re, cordonnier de m&#233;tier, &#233;tait social-d&#233;mocrate et libre penseur, et le petit Max apprenait &#224; lire dans les publications des libres penseurs et des socialistes. Sorti de l'&#233;cole, il fit un apprentissage de cordonnier chez son p&#232;re, et bient&#244;t entra dans les milieux sociaux-d&#233;mocrates, influenc&#233; surtout par la lecture de la &lt;i&gt;Berliner Freie Presse&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Presse libre de Berlin&lt;/i&gt;, 1876-1878), un des quotidiens les plus populaires du parti dont Johann Most &#233;tait le r&#233;dacteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1882 il vit &#224; Berlin et s'y engage, avec son fr&#232;re a&#238;n&#233; Richard, plus activement dans la propagande socialiste, rendue extr&#234;mement difficile par la loi antisocialiste que Bismarck avait r&#233;ussi &#224; faire adopter en 1878. A la fin des ann&#233;es 1880, il devient membre des &#171; Jeunes &#187;, mouvement en opposition au fonctionnarisme du parti, dont la plupart des membres deviennent bient&#244;t des anarchistes. En 1890 il est le r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Proletarier aus dem Eulengebirge&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;le Prol&#233;taire des montagnes des Chouettes&lt;/i&gt;), le journal social-d&#233;mocrate le plus r&#233;pandu en Sil&#233;sie. De par cette fonction, il sert de guide &#224; Gerhart Hauptmann en 1891 dans le milieu des tisserands, d&#233;crit d'une fa&#231;on impressionnante par celui-ci dans sa pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre la plus connue : &lt;i&gt;les Tisserands&lt;/i&gt;. Peu apr&#232;s, il fut condamn&#233; &#224; deux ans et demi de prison pour des d&#233;lits de presse.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1103 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH275/a10-34-57cc8.jpg?1774719242' width='200' height='275' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sorti de prison en 1893 il part en exil, d'abord &#224; Zurich et a Paris (voir &lt;i&gt;itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176;4, d&#233;c. 1988, p.10), puis aux &#201;tats-Unis o&#249; il retrouve son fr&#232;re Richard. A New York il rejoint le cercle autour de Johann Most et devient un des collaborateurs de &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt;. Il &#233;crit avant tout des articles satiriques d'une verve et d'un humour dignes de ceux de Most. En ao&#251;t 1893, il fait &#224; Philadelphie la connaissance d'Emma Goldman. A l'automne 1894, il est nomm&#233; r&#233;dacteur de la &lt;i&gt;Chicagoer Arbeiter-Zeitung &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Gazette des travailleurs de Chicago&lt;/i&gt;), quotidien socialiste qui, avec ses deux suppl&#233;ments hebdomadaires &lt;i&gt;Die Fackel &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;le Flambeau&lt;/i&gt;) et &lt;i&gt;Vorbote &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;l'Avant-coureur&lt;/i&gt;), est une des publications les plus r&#233;pandues dans la communaut&#233; allemande. Sous son influence, ces publications redeviennent bient&#244;t anarchistes, comme elles l'&#233;taient d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 1880 sous la r&#233;daction d'A. Spies, un des accus&#233;s de l'affaire de Haymarket, pendu le 11 novembre 1887. Il y prend part avec quelques interruptions pendant sept ans et, apr&#232;s 1900, avec H. Havel et R. Grossmann, mieux connu sous le nom de plume de Pierre Ramus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1896, il publie quatre num&#233;ros de son propre journal, &lt;i&gt;Die Sturmglocken &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;les Tocsins&lt;/i&gt;, 29 mars-18 avril), et en 1898-1899 il vit pendant quelque temps avec Emma Goldman voir les extraits de ses souvenirs, &lt;i&gt;Epop&#233;e d'une anarchiste&lt;/i&gt;,1979-1984, pp. 114-115, 117). Ils font des plans pour aller &#224; Paris, entre autres afin de participer au congr&#232;s anarchiste pr&#233;vu pour septembre 1900, projets qui ne se r&#233;alisent pas de la fa&#231;on pr&#233;vue, comme Emma se souvient : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'&#233;tais en Californie... Dans une lettre, Max m'annon&#231;ait que sa camarade &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pack&lt;/q&gt; &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[Emilie Schumm, la fille de deux anarchistes individualistes et amis de Benjamin Tucker]&lt;/span&gt; et lui s'appr&#234;taient &#224; partir &#224; l'&#233;tranger et qu'un ami leur pr&#234;tait de l'argent. Cela me fit rire. Quelle folie d'avoir esp&#233;r&#233; ! Comment pouvais-je encore r&#234;ver d'amour et de compr&#233;hension... L'amour, le bonheur, quels mots vides de sens ! A quoi bon chercher &#224; atteindre ce qui ne pouvait pas l'&#234;tre ? J'eus l'impression qu'en me refusant une relation harmonieuse, la vie &#233;tait en train de me voler quelque chose. Mais apr&#232;s tout, je pouvais toujours vivre pour mon id&#233;al...&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baginski se rend alors en Europe avec &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Puck&lt;/q&gt;, sa compagne pour le restant de ses jours, et ils s'installent en 1900 pour quelque temps a Paris, o&#249; ils revoient en automne Emma avec son nouveau compagnon, Hippolyte Havel, un anarchiste austro-tch&#232;que qu'elle avait rencontr&#233; &#224; Londres et qui, plus tard, rentre avec elle aux &#201;tats-Unis. En 1901, Baginski retourne aussi en Am&#233;rique et reprend son travail de journaliste anarchiste. En mars 1906, fait para&#238;tre avec Emma Goldman le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt;, mensuel anarchiste fameux qu'on attribue toujours aux seuls efforts d'Emma, mais qui est au moins autant le r&#233;sultat du travail de groupe des r&#233;dacteurs qui l'aidaient, de Max Baginski, d'Alexandre Berkman, d'Hippolyte Havel, et d'autres. En m&#234;me temps, semble-t-il, il r&#233;dige aussi pendant quelques mois, apr&#232;s la mort de Johann Most, et avec Henry Baller, &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Libert&#233;&lt;/i&gt;). L'ann&#233;e suivante, il se rend de nouveau, cette fois avec Emma Goldman, en Europe o&#249; ils repr&#233;sentent en ao&#251;t 1907 les &#201;tats-Unis au congr&#232;s anarchiste d'Amsterdam. Entre autres, ils y pr&#233;sentent &#224; la fin de la discussion sur le syndicalisme une d&#233;claration en faveur du droit de r&#233;volte entendu dans son acceptation la plus large, c'est-&#224;-dire de l'acte individuel &#224; l'insurrection collective (motion soutenue par Malatesta et approuv&#233;e &#224; l'unanimit&#233; par le congr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1397 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;83&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-3-8.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH281/sans_titre-3-8-eb01d.png?1774736959' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;R&#233;union publique lors du congr&#232;s d'Amsterdam en ao&#251;t 1907, Max est sur l'estrade.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; New York, Baginski gagne sa vie comme publiciste, avant tout pour des journaux ouvriers de langue allemande, mais il &#233;crit aussi pour des p&#233;riodiques anglais, comme par exemple &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt;. En 1913 il &#233;crit une introduction remarquable aux trois volumes des &#339;uvres (&lt;i&gt;Gesammelte Werke&lt;/i&gt;) de Robert Reitzel et, en 1914, il publie de nouveau un journal anarchiste, l'&lt;i&gt;Internationale Arbeiter Chronik&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;la Chronique internationale des Ouvriers&lt;/i&gt;, sept num&#233;ros parus du 30 mars au 23 septembre 1914).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Johann Most, il ne s'adaptera jamais &#224; la vie aux &#201;tats-Unis et s'y sentira toujours d&#233;pays&#233;. Il rentre, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, pendant un an en Allemagne ; mais l&#224; aussi Baginski (ou peut-&#234;tre avant tout sa femme) n'arrive plus &#224; s'acclimater, et le couple retourne en Am&#233;rique en 1920. Pendant les ann&#233;es 20, il &#233;crit surtout pour la &lt;i&gt;New Yorker Volkszeitung &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Gazette populaire de New York&lt;/i&gt;), quotidien alors plut&#244;t pro-bolchevique, mais la presse ouvri&#232;re de langue allemande aux &#201;tats-Unis ayant en majorit&#233; disparu apr&#232;s la guerre, il doit comme bien d'autres publicistes anarchistes gagner sa vie avec sa plume et faire des concessions en ce qui concerne l'employeur, bien que restant fid&#232;le aux id&#233;es anarchistes et ne se pr&#234;tant pas &#224; les trahir dans ses articles. De temps en temps, il envoie aussi des articles &#224; l'hebdomadaire anarcho-syndicaliste &lt;i&gt;Der Syndikalist&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;le Syndicaliste&lt;/i&gt;) de Berlin. Probablement au d&#233;but des ann&#233;es 30, il prend sa retraite et se retire &#224; Towanda. Auparavant, comme le disait Rudolf Rocker, un des esprits les plus &#233;clair&#233;s et perspicaces issus du mouvement allemand, il commence &#224; perdre de plus en plus la m&#233;moire, jusqu'&#224; atteindre une d&#233;bilit&#233; presque totale vers la fin de sa vie. Ramen&#233; en juillet 1943 chez sa fille &#224; New York, il y meurt le 24 novembre 1943.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Rudolf Grossmann (Pierre Ramus) </title>
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		<dc:subject>Rudolf Grossmann (Pierre Ramus) </dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 27 mai 1942, mort de Pierre Ramus, (de son vrai nom de Rudolf Grossmann). Propagandiste et &#233;crivain anarchiste autrichien.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-johann-most-+" rel="tag"&gt;Johann Most&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1107-d4e3f.jpg?1774717517' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fils d'un commer&#231;ant juif et d'une m&#232;re catholique, Rudolf Grossmann est n&#233; &#224; Vienne le 15 avril 1882. Tout jeune, il se brouille avec ses parents et est envoy&#233; chez un oncle aux &#201;tats-Unis. Il y devient social-d&#233;mocrate et collabore &#224; plusieurs titres de presse. Sous l'influence de Johann Most, il se convertit &#224; l'anarchisme, collabore &#224; &lt;i&gt;Freiheit &lt;/i&gt; et, en 1900, publie son premier mensuel anarchiste, &lt;i&gt;Der Zeitgeist&lt;/i&gt; (l'Esprit du temps). Arr&#234;t&#233; et poursuivi en 1902 pour sa participation &#224; une manifestation de gr&#233;vistes &#224; Paterson (avec William MacQueen et Luigi Galleani), il est lib&#233;r&#233; sous caution. Il s'enfuit et se rend d'abord au Canada, puis en Angleterre. A Londres, il collabore &#224; des p&#233;riodiques juifs et &#224; de nombreux journaux anarchistes allemands. A partir de 1906, il adopte le pseudonyme de Pierre Ramus et &#233;dite plusieurs revues. De retour &#224; Vienne en 1907, il y reste jusqu'en 1938 et l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie. En tant que propagandiste anarcho-communisme, tolsto&#239;en et antimilitarisme, il est aussi actif que controvers&#233; au sein du mouvement. Isol&#233; et abandonn&#233; en exil, il r&#233;ussit &#224; embarquer pour le Mexique et meurt lors de la travers&#233;e le 27 mai 1942.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[11] Augustin Souchy - Quelques auteurs d'attentats anarchistes. Alexander Berkman</title>
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		<dc:date>2020-08-13T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Alexander Berkman</dc:subject>
		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>
		<dc:subject>Johann Most</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; en 1870 &#224; Vilna en Russie (en Lituanie, NDE), Alexander Berkman &#233;crivit &#224; l'&#226;ge de treize ans une r&#233;daction ath&#233;e qui &#233;veilla la m&#233;fiance de ses professeurs. Lorsque deux ans plus tard il se joignit &#224; un groupe d'&#233;tudiants r&#233;volutionnaires, le lyc&#233;en issu d'un milieu bourgeois fut renvoy&#233; de l'&#233;cole et inscrit sur la liste noire : ce qui signifiait qu'il ne serait plus admis dans aucun des &#233;tablissements de l'Empire tsariste. Dans l'impossibilit&#233; de continuer ses &#233;tudes, le jeune homme de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-johann-most-+" rel="tag"&gt;Johann Most&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton600-be53b.png?1774694618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L217xH300/v171-m-85b88.jpg?1774729981' width='217' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1870 &#224; Vilna en Russie (en Lituanie, NDE), Alexander Berkman &#233;crivit &#224; l'&#226;ge de treize ans une r&#233;daction ath&#233;e qui &#233;veilla la m&#233;fiance de ses professeurs. Lorsque deux ans plus tard il se joignit &#224; un groupe d'&#233;tudiants r&#233;volutionnaires, le lyc&#233;en issu d'un milieu bourgeois fut renvoy&#233; de l'&#233;cole et inscrit sur la liste noire : ce qui signifiait qu'il ne serait plus admis dans aucun des &#233;tablissements de l'Empire tsariste. Dans l'impossibilit&#233; de continuer ses &#233;tudes, le jeune homme de dix-huit ans &#233;migra aux &#201;tats-Unis, terre promise des libert&#233;s d&#233;mocratiques, apr&#232;s la mort de son p&#232;re. Venant d'un milieu r&#233;volutionnaire, le jeune immigrant chercha dans sa nouvelle patrie &#224; se joindre &#224; l'avant-garde sociale. Il apprit le m&#233;tier de compositeur &#224; l'imprimerie new-yorkaise du journal de langue allemande, &lt;i&gt;Freiheit&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par Johann Most. Il appartenait dor&#233;navant &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pays de la libert&#233; et du profit, les conditions de vie de la plus grande partie de la population &#233;taient &#224; l'&#233;poque loin d'&#234;tre id&#233;ales. La journ&#233;e de travail &#233;tait de 10 &#224; 12 heures, les salaires &#233;taient bas, il n'y avait ni assurance-maladie ni pensions de retraite, et les ch&#244;meurs vivaient aux limites de la famine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois avant l'arriv&#233;e du jeune Alexander Berkman, quatre anarchistes avaient &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s &#224; Chicago (&lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/04-augustin-souchy-sacco-et-vanzetti#02&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire cet article&lt;/a&gt;). L'indignation mondiale &#224; propos de cet assassinat l&#233;gal &#233;tait encore fra&#238;che dans les m&#233;moires, lorsqu'en 1892 les ouvriers des aci&#233;ries Carnegie de Homestead se mirent en gr&#232;ve pour faire aboutir leurs revendications sur le temps de travail. Lors de la manifestation du 6 juillet, les Pinkerton (police priv&#233;e au service des patrons) ouvrirent le feu sur les gr&#233;&#173;vistes, tuant onze ouvriers dont un gar&#231;on de onze ans. Ce massacre des manifestants d&#233;sarm&#233;s suscita l'indignation dans tout le pays. M&#234;me les milieux conservateurs r&#233;clam&#232;rent le ch&#226;timent des coupables. Mais le directeur g&#233;n&#233;ral de l'en&#173;treprise, Henry Clay Frick, qui &#233;tait responsable du massacre, ne fut pas inqui&#233;t&#233;. Police et justice rest&#232;rent sourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque m&#234;me les plus hautes autorit&#233;s se refusaient &#224; intervenir, Alexander Berkman d&#233;cida d'exercer lui-m&#234;me des repr&#233;sailles. La po&#233;tesse danoise Karin Micha&#235;lis explique pourquoi et comment : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Berkman, parvenu &#224; l'&#226;ge de vingt-deux ans sans jamais avoir jusque-l&#224; commis la moindre iniquit&#233; ou injustice &#224; travers le monde, d&#233;cida de sacrifier sa vie. Il veut mettre Frick &#224; mort. Le mettre &#224; mort et se faire tuer lui-m&#234;me, pour servir &#224; la cause ouvri&#232;re. C'est une sorte de propagande par le fait... R&#233;fl&#233;chie, comme on r&#233;fl&#233;chit &#224; vingt ans et qu'on est id&#233;aliste&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_531 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L250xH199/berkman_with_frick__1892_-03ffa.jpg?1774729982' width='250' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;smal&gt;Tentative d'assassinat de Berkman sur Frick. &lt;i&gt;Harper's Weekly&lt;/i&gt; (1892).&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Berkman fait le long voyage jusqu'&#224; Homestead, entre dans le bureau du directeur g&#233;n&#233;ral et fait feu &#224; trois re&#173;prises sur lui. Frick, seulement l&#233;g&#232;rement bless&#233;, en r&#233;chappe. Berkman est bless&#233; lors de son arrestation et condamn&#233; &#224; 22 ans de r&#233;clusion. Pendant 11 ans il expie son acte dans l'&#233;tablissement bien mal fam&#233; d'Alleghanie. Il a d&#233;crit l'horrible s&#233;jour qu'il y passa dans &lt;i&gt;Prison memoirs of an anarchist&lt;/i&gt; (paru en 1912). Ce livre est un des plus remarquables r&#233;cits de prison de la litt&#233;rature mondiale. Berkman montre &#224; quel point des &#234;tres humains peuvent se comporter de mani&#232;re tout &#224; fait inhumaine d&#232;s qu'une administration leur retire toute responsabilit&#233; personnelle. Le fait que Berkman ait surv&#233;cu &#224; toutes les douleurs de ces ann&#233;es montre sa force d'esprit et sa grandeur d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233; en 1906, Alexander Berkman met &#224; nouveau sa vie au service des luttes sociales. Il prend en charge la r&#233;daction du mensuel &lt;i&gt;Mother Earth&lt;/i&gt; &#233;dit&#233; par sa compagne de combat Emma Goldman, entreprend des tourn&#233;es de conf&#233;rences &#224; travers tout le pays, organise des gr&#232;ves, des manifestations et des campagnes pour la lib&#233;ration des prisonniers politi&#173;ques. Alexander Berkman et Emma Goldman militent aussi activement pour la r&#233;gulation des naissances. Lorsqu'Emma Goldman est condamn&#233;e &#224; ce sujet, &lt;i&gt;The little review anthology&lt;/i&gt; &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Emma Goldman doit aller en prison car elle exhorte les femmes &#224; ne pas rester bouches cousues et ventres ouverts.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH248/mooney-tom--b4b2d.jpg?1774729982' width='200' height='248' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;span style=&#034;float:left;&#034;&gt;&lt;small&gt;Tom Mooney.&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'entr&#233;e des USA dans la Premi&#232;re Guerre mondiale (d&#233;but 1917), Alexander Berkman se trouve en t&#234;te d'un mouvement contre l'instauration du service militaire obligatoire, qui n'avait, jusque-l&#224; jamais exist&#233; dans ce pays. Cela ne lui rapporte aucun laurier, mais, bien au contraire, il &#233;cope de deux ans de prison. Emma Goldman est condamn&#233;e elle aussi &#224; la m&#234;me peine pour le m&#234;me d&#233;lit. A sa lib&#233;ration, Berkman se fait l'avocat du leader ouvrier radical Tom Mooney, qui avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; mort pour l'explosion d'une bombe au cours d'une manifestation patriotique, alors qu'il &#233;tait innocent. La campagne est un succ&#232;s, Mooney a la vie sauve. Mais les autorit&#233;s judiciaires californiennes r&#233;clament &#224; pr&#233;sent que leur soit livr&#233; Berkman, entre-temps retourn&#233; &#224; New York et qu'une lourde peine menace. La justice californienne ne put condamner le propagandiste antimilitariste, gr&#226;ce aux actions de protestation des ou&#173;vriers am&#233;ricains et russes (la R&#233;volution russe venait d'&#233;&#173;clater). Mais fin 1919, Alexander Berkman, Emma Goldman et 245 extr&#233;mistes de gauche n&#233;s en Russie et soutenant la R&#233;volu&#173;tion russe, furent d&#233;port&#233;s en Russie sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en mai 1920 que je fis personnellement connaissance avec Alexander Berkman et Emma Goldman, dont les noms m'&#233;&#173;taient d&#233;j&#224; connus depuis des ann&#233;es pour leurs combats pour la justice sociale, la libert&#233; et la paix. Je les rencontrai &#224; Moscou. Sur les traits du quinquag&#233;naire se lisaient la force de caract&#232;re, la d&#233;termination, l'&#233;nergie. Les contacts personnels que j'eus avec lui me confirm&#232;rent les impressions que je m'&#233;tais faites de cet homme qui, dans sa jeunesse, avait mis sa vie en jeu pour la justice, qui affronta tous les p&#233;rils, et pour qui il n'y avait pas de retour en arri&#232;re. Berkman ne m'&#233;tait pas un &#233;tranger. Nous appartenions &#224; la m&#234;me famille de pens&#233;e et avions de nombreux amis communs. C'est donc tout naturellement que nous nous appel&#226;mes par nos pr&#233;noms d&#232;s notre premi&#232;re rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes conversations avec &#171; Sacha &#187;, auxquelles prenait part Emma Goldman, tournaient autour de la R&#233;volution russe, dont la d&#233;g&#233;n&#233;rescence ne manquait pas de nous inqui&#233;ter. La dictature du parti bolchevique se faisait toujours plus pesante, la r&#233;pression des r&#233;volutionnaires non communistes toujours plus violente. Les propres mots de Berkman nous disent ce qu'il avait pens&#233; de la R&#233;volution. Dans son livre &lt;i&gt;Die russi&#173;sche Trag&#246;die&lt;/i&gt;, il &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Mon c&#339;ur battait sereinement lorsque je partis pour la Russie. Je voulais me mettre enti&#232;rement au service du peu&#173;ple. Je sentais que je rajeunirais en travaillant durement et en me d&#233;menant au service du bien commun. J'&#233;tais pr&#234;t &#224; donner jusqu'&#224; ma vie pour la r&#233;alisation du grand espoir du monde, la r&#233;volution sociale.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les libert&#233;s gagn&#233;es de haute lutte par les travailleurs r&#233;volutionnaires leur furent confisqu&#233;es sans m&#233;nagement par le parti communiste. Un jour, Berkman me raconta que Karl Radek, le secr&#233;taire de l'Internationale communiste, lui avait propos&#233; de traduire en anglais le livre de L&#233;nine sur la &#171; maladie infantile &#187; de l'extr&#234;me gauche. Berkman se d&#233;clara pr&#234;t &#224; rendre ce service, &#224; la condition qu'il puisse donner sa propre position sur ce sujet dans une pr&#233;face ou une postface. Inutile de dire que L&#233;nine refusa. Il n'y avait pas de critique possible sous la dictature, et encore moins &#224; son sommet. Les partisans du tsar &#233;taient vaincus, les d&#233;fenseurs du capital d&#233;sorganis&#233;s, il n'y avait plus aucun danger du c&#244;t&#233; des forces conservatrices. Et pourtant, il n'y avait aucune libert&#233; et que peu de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion de Kronstadt en mars 1921 fut le point culminant du mouvement d'opposition au bolchevisme. Alexander Berkman et Emma Goldman s'engag&#232;rent pour les ouvriers de Petrograd et les marins de Kronstadt, qui r&#233;clamaient une plus juste r&#233;partition des biens de consommation, les &#233;lec&#173;tions libres des soviets, la libert&#233; de presse et de r&#233;union. L&#233;nine et Trotsky r&#233;pondirent par les canons, les voitures blind&#233;es et les mitrailleuses. Dix-huit mille matelots, ouvriers et soldats r&#233;volutionnaires furent abattus. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Se taire l&#224;-dessus serait un crime&lt;/q&gt;, &#233;crivirent Alexander Berkman et Emma Gold&#173;man aux d&#233;tenteurs du pouvoir communiste. Les deux anar&#173;chistes ne virent plus aucune possibilit&#233; d'exercer librement leurs activit&#233;s dans ce pays. La Russie r&#233;volutionnaire &#233;tait devenue, sous la domination du parti communiste, un pays r&#233;actionnaire. Tout comme &#224; dix-huit ans, au temps du tsar, Berkman dut, &#224; cinquante et un ans, fuir le pays de la dictature communiste. Cette seconde &#233;migration fut plus am&#232;re que la premi&#232;re, elle d&#233;truisit ses illusions. Des dizaines d'ann&#233;es d'espoir venaient de s'effondrer. La domination du parti communiste lui montrait comment se perd une r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 1921, Alexander Berkman et Emma Goldman quitt&#232;rent donc le pays de leurs r&#234;ves et de leurs d&#233;sillusions. Apr&#232;s un court s&#233;jour en Su&#232;de, ils d&#233;barqu&#232;rent &#224; Berlin. Berkman, qui connaissait les souffrances du cachot, n'oublia pas ses camarades rest&#233;s dans les ge&#244;les communistes. Il collecta de l'argent pour les soutenir et publia une feuille d'information sur les pers&#233;cutions politiques en Union sovi&#233;tique. Dans ses livres &lt;i&gt; La r&#233;bellion de Kronstadt&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La trag&#233;die russe&lt;/i&gt;, il montra l'incompatibi&#173;lit&#233; entre dictature et socialisme. Dans &lt;i&gt;L'ABC de l'anarchisme&lt;/i&gt;, il d&#233;montra &#224; partir de l'exp&#233;rience de la Russie de L&#233;nine, que la justice sociale ne peut se r&#233;aliser dans une &#233;conomie &#233;tatique. Il y pr&#233;conisait la libre association des producteurs autonomes. Au cours de son s&#233;jour de plusieurs an&#173;n&#233;es &#224; Berlin, j'eus l'occasion de faire de plus pr&#232;s connaissance avec l'homme, le d&#233;sint&#233;ressement de ses efforts et son sentiment de solidarit&#233;, si pro&#173;fond&#233;ment enracin&#233; en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlin &#233;tait une &#233;tape pour les r&#233;fugi&#233;s russes, pas un terminus. Peu d'entre eux pouvaient s'y acclimater. La plupart se cherch&#232;&#173;rent des pays plus hospitaliers lors de la baisse de la con&#173;joncture et de la mont&#233;e du mouvement hitl&#233;rien. Alexander Berkman &#233;tait &lt;i&gt;persona non grata &lt;/i&gt; aux USA. En France, on ne voulut d'abord pas lui accorder d'autorisation de s&#233;jour en raison de son pass&#233;. Ce n'est qu'apr&#232;s l'intervention de Romain Rolland, Bertrand Russel, Thomas Mann et Albert Ein&#173;stein qu'il put avoir le droit de s&#233;journer dans la patrie de la r&#233;volution europ&#233;enne. Il mourut le 28 juin 1936, trois semaines avant qu'&#233;clate la guerre civile espagnole. De sa fin am&#232;re, Emma Goldman &#233;crivit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Les nombreuses ann&#233;es de prison et d'exil, les humiliations inhumaines auxquelles il avait &#233;t&#233; expos&#233; &#8212; il avait d&#251; mendier &#224; des l&#232;che-bottes patent&#233;s jusqu'&#224; l'air qu'il respirait &#8212; le combat &#233;reintant pour la simple existence, auxquels la mala&#173;die vint s'ajouter, tout cela avait fait de sa vie un fardeau ; il refusait d'&#234;tre une charge pour son entourage ; aussi fit-il ce qu'il avait toujours annonc&#233; : il acc&#233;l&#233;ra sa fin de ses propres mains.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire des professionnels de la r&#233;volution, Alexan&#173;der Berkman fut un rebelle permanent. Dans sa jeunesse, il avait cru pouvoir &#234;tre le bras d'une justice terrestre. Lui&#173;-m&#234;me, lui tout seul, voulut punir un tyran, qui n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; faire assassiner des hommes innocents. Son attentat &#233;choua, mais il dut lourdement expier la tentative. Des soi&#173;xante-six ans de sa vie, un demi-si&#232;cle fut vou&#233; &#224; la cause de la libert&#233; et de la justice sociale. M&#234;me en prison, il se battit pour les droits de ses compagnons d'infortune enferm&#233;s avec lui. Auteur d'attentats manqu&#233;s, Sacha Berkman fut toute sa vie un homme int&#232;gre et un anarchiste cons&#233;quent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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