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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Louise Michel </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurore Kermadec </dc:creator>


		<dc:subject>Louise Michel</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fille d'une servante et du fils des ch&#226;telains chez qui sa m&#232;re travaillait, Louise Mi&#173;chel est n&#233;e au ch&#226;teau de Vroncourt en 1830. Son p&#232;re quitta tr&#232;s vite les lieux mais ses grands&#173;-parents paternels, M. et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Dema&#173;his, firent face et l'&#233;lev&#232;rent comme leur petite-fille l&#233;gitime. Elle re&#231;ut ainsi leur affection et l'&#233;ducation d'une jeune fille de bonne famille. Son grand-p&#232;re mourut en 1845, sa grand-&#173;m&#232;re en 1850, lui laissant des terres. Le ch&#226;teau fut vendu, Louise et sa m&#232;re durent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-louise-michel-198-+" rel="tag"&gt;Louise Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-3-80eb0.jpg?1774713635' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fille d'une servante et du fils des ch&#226;telains chez qui sa m&#232;re travaillait, Louise Mi&#173;chel est n&#233;e au ch&#226;teau de Vroncourt en 1830. Son p&#232;re quitta tr&#232;s vite les lieux mais ses grands&#173;-parents paternels, M. et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Dema&#173;his, firent face et l'&#233;lev&#232;rent comme leur petite-fille l&#233;gitime. Elle re&#231;ut ainsi leur affection et l'&#233;ducation d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;jeune fille de bonne famille&lt;/q&gt;. Son grand-p&#232;re mourut en 1845, sa grand-&#173;m&#232;re en 1850, lui laissant des terres. Le ch&#226;teau fut vendu, Louise et sa m&#232;re durent partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Louise ne voulait pas se marier. Apr&#232;s la mort de son grand-p&#232;re, elle avait envisag&#233; d'entrer au couvent mais y avait ensuite renonc&#233;. Elle dut donc travailler et son niveau d'ins&#173;truction lui permit d'&#234;tre institutrice. En 1852, elle obtint le dipl&#244;me n&#233;ces&#173;saire et demanda aussit&#244;t l'autorisa&#173;tion d'ouvrir une &#233;cole libre &#224; Aude&#173;loncourt (Haute-Marne). Elle affirma plus tard avoir choisi cette solution pour ne pas &#234;tre oblig&#233;e de pr&#234;ter ser&#173;ment de fid&#233;lit&#233; &#224; l'Empereur ainsi que devaient le faire tous les fonc&#173;tionnaires. Sa vie se partagea alors en trois activit&#233;s : elle enseignait, secourait les pauvres et &#233;crivait des po&#232;mes conformistes et chr&#233;tiens que la presse locale publiait parfois. La premi&#232;re vint s'ajouter aux deux autres qui n'&#233;taient pas r&#233;centes. D&#232;s son plus jeune &#226;ge, elle fut sensible &#224; la mis&#232;re. D&#233;j&#224; &#224; Vroncourt, elle dis&#173;tribuait aux pauvres l'argent que lui donnait son grand-p&#232;re. Elle &#233;crivait aussi des po&#232;mes, qu'elle envoya tr&#232;s t&#244;t &#224; Victor Hugo qui l'encouragea &#224; &#233;crire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est ce qu'elle fit toute sa vie. Aux po&#232;mes s'ajout&#232;rent plusieurs romans, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ces quelques lettres &#233;chan&#173;g&#233;es avec le po&#232;te marqu&#232;rent le d&#233;but d'une correspondance qui ne cessa qu'en 1880, &#224; son retour de Nouvelle-Cal&#233;donie. Victor Hugo &#233;tait alors devenu le chantre de la R&#233;pu&#173;blique bourgeoise qu'elle combattait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle ne supportait pas la mis&#232;re mais n'&#233;tait pas encore r&#233;volution&#173;naire, contrairement &#224; ce qu'elle affirma plus tard dans ses m&#233;moires. Elle faisait alors encore confiance aux autorit&#233;s, pour am&#233;liorer le sort des pauvres&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Thomas Edith, Louise Michel ou la Vell&#233;da de l'anarchie, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Apr&#232;s quelques ann&#233;es d'enseignement en Haute-Marne, elle d&#233;cida de s'installer &#224; Paris o&#249; elle trouva rapidement un emploi d'insti&#173;tutrice dans un pensionnat. En 1865, elle vendit ses biens pour acheter un externat dans le XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondisse&#173;ment. Jusqu'en 1869, elle continua &#224; enseigner tout en ayant des activit&#233;s charitables : lecture aux aveugles, visite de malades, aum&#244;ne pour les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/theophile_ferre.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH784/theophile_ferre-1c466.jpg?1774975202' width='500' height='784' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Th&#233;ophile Ferr&#233;.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1869, elle commen&#231;a &#224; suivre les cours d'instruction popu&#173;laire organis&#233;s par les r&#233;publicains. C'est ainsi qu'elle fut mise en contact avec des r&#233;volutionnaires (blan&#173;quistes, notamment). Peut-&#234;tre adh&#233;&#173;ra-t-elle &#224; l'Internationale. Quoi qu'il en soit, son engagement politique et militant d&#233;buta ainsi. Dans Paris assi&#233;g&#233; (septembre 1870), Louise Michel se d&#233;brouilla comme elle put pour trouver nourriture et matelas afin de nourrir ses &#233;l&#232;ves et h&#233;berger ceux dont le logement avait &#233;t&#233; d&#233;truit par la guerre. Elle commen&#231;a aussi &#224; s'entra&#238;ner au tir dans les f&#234;tes foraines. Elle appartint aux deux comit&#233;s de vigilance des citoyens du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement : celui des femmes qui &#233;tait charg&#233; de recevoir et distribuer les secours et celui des hommes, plus politique et r&#233;volu&#173;tionnaire. C'est dans ce comit&#233; qu'elle fit la connaissance de Vall&#232;s, de Varlin et de Th&#233;ophile Ferr&#233; dont elle fut secr&#232;tement amoureuse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la Commune &#224; la Nouvelle-Cal&#233;donie &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, dans la nuit du 17 au 18 mars 1871, Thiers envoya l'arm&#233;e reprendre les canons encore d&#233;tenus par les gardes nationaux, Louise Michel &#233;tait sur la butte Montmartre avec ses compagnons. L'affrontement commen&#231;ait et elle participa jusqu'&#224; la fin &#224; toutes les actions de la Commune, envisageant m&#234;me d'aller assassiner Thiers &#224; Versailles. C'est Ferr&#233; qui l'en dissuadera. Louise Michel fit tout ce qu'elle put pour ser&#173;vir la Commune : ambulanci&#232;re et sol&#173;dat &#224; la fois. Elle allait partout o&#249; l'on se battait, partout o&#249; il y avait des bless&#233;s &#224; ramasser et &#224; soigner. Elle faisait partie du 61&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; bataillon de marche de Montmartre et assista ainsi aux combats du Champs de Mars, des Moulineaux, de Clamart, du fort d'lssy ; puis, le 21 mai, du cimeti&#232;re de Montmartre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 21 mai 1871, les versaillais entr&#232;rent dans Paris. Alors commen&#231;a la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au cours de la Semaine sanglante, elle se ren&#173;dit pour faire lib&#233;rer sa m&#232;re arr&#234;t&#233;e &#224; sa place. Louise Michel vit ses com&#173;pagnons qu'on fusillait et attendit son tour ; mais, pour elle, on en d&#233;cida autrement. Elle fut incarc&#233;r&#233;e &#224; la prison des Chantiers &#224; Versailles et interrog&#233;e &#224; partir du 28 juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle minimisa tout d'abord ses actions puis, apprenant la condam&#173;nation &#224; mort de Ferr&#233;, elle s'accusa de tous les actes vrais ou faux qu'on lui reprochait pour subir le m&#234;me sort que lui : l'exil ou la mort, peu lui importait, mais elle souhaitait le m&#234;me sort pour tous. Ferr&#233; fut ex&#233;&#173;cut&#233; le 28 novembre 1871 alors qu'on s'appr&#234;tait &#224; la juger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son proc&#232;s s'ouvrit le 16 d&#233;cembre. Elle refusa l'assistance d'un avocat, d&#233;clara n'avoir rien &#224; dire pour sa d&#233;fense et mena&#231;a, si les juges lui lais&#173;saient la vie, de venger tous les com&#173;munards injustement ex&#233;cut&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf son r&#233;cit in Louise Michel, M&#233;moires, op. cit., notamment pp. 139-140.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle fut condamn&#233;e &#224; la d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e. Victor Hugo &#233;crivit alors un long po&#232;me Viro Major qui c&#233;l&#233;brait son courage et sa bont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1628 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L295xH407/louise-michel-b582d.jpg?1774708320' width='295' height='407' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louise Michel &#224; Noum&#233;a.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ans de prison et quatre mois de bateau, elle arriva sur les c&#244;tes de la Nouvelle-Cal&#233;donie en d&#233;cembre 1873&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est sur le bateau qu'elle fit la connaissance de Rochefort, communard qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Contrairement &#224; la plupart des autres d&#233;port&#233;s, Louise Michel fut &#233;merveill&#233;e par la beaut&#233; de cette terre d'exil&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle fit preuve toute sa vie de capacit&#233;s d'adap&#173;tation extraordinaires, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle s'int&#233;ressa imm&#233;diatement &#224; la culture et aux m&#339;urs canaques&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle eut l'attitude d'une ethnologue et rassembla en un ouvrage des L&#233;gendes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Lors de la grande r&#233;volte canaque de 1878, elle soutint les Canaques contre les Fran&#231;ais alors que la plupart des anciens commu&#173;nards se pla&#231;aient du c&#244;t&#233; des colons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cinq ans de d&#233;tention, elle put s'installer &#224; Noum&#233;a o&#249; elle reprit ses activit&#233;s d'institutrice. Elle ensei&#173;gnait la semaine &#224; l'&#233;cole communale de Noum&#233;a et, le dimanche, elle ins&#173;truisait les Canaques. En 1880, l'amnistie g&#233;n&#233;rale lui permit de ren&#173;trer en France. Les Canaques l'accom&#173;pagn&#232;rent jusqu'au bateau. Une foule immense l'attendait &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/louise_michel_1880.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH334/louise_michel_1880-7f1f9.jpg?1774975202' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louise Michel accueillie &#224; sa descente du train (1880).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;De 1880 &#224; sa mort, Louise Michel fut, pendant vingt-cinq ans, une mili&#173;tante infatigable. Disposant d'une r&#233;sistance physique et d'une &#233;nergie impressionnantes, elle parcourut la France, l'Angleterre, la Hollande et la Belgique pour y donner des milliers de conf&#233;rences, entrecoup&#233;es de p&#233;riodes d'emprisonnement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle fut notamment emprisonn&#233;e, ainsi qu'Emile Pouget, apr&#232;s la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle voulait une &#233;ducation nouvelle qui formerait des citoyens responsables et non des &#234;tres soumis, l'&#233;galit&#233; des sexes, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, l'organisa&#173;tion d'une f&#233;d&#233;ration des groupes r&#233;volutionnaires ; elle refusait l'arm&#233;e, la peine de mort, le suffrage universel qui n'&#233;tait pour elle qu'un pi&#232;ge, la s&#233;paration de l'Eglise et de l'&#201;tat dont elle n'avait que faire, ne voulant ni de la premi&#232;re ni du second. Elle devint ainsi la &#171; grande pr&#234;tresse &#187; de la r&#233;volution et de l'anarchisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails sur les conf&#233;rences de Louise Michel, cf. la biographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1888, au cours d'une r&#233;union publique au Havre, un Breton nomm&#233; Pierre Lucas tenta de l'assas&#173;siner en tirant deux coups de revol&#173;ver. Elle fut touch&#233;e &#224; la tempe et les m&#233;decins ne purent jamais retirer la balle qui resta log&#233;e pr&#232;s de son cer&#173;veau. Tr&#232;s malade, elle refusa n&#233;anmoins de se reposer et mena cam&#173;pagne pour obtenir la lib&#233;ration de Lucas qu'elle jugeait irresponsable. Elle l'admirait, en outre, parce qu'il avait eu &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le courage de ses opinions&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses id&#233;es g&#233;n&#233;reuses lui valurent d'&#234;tre constamment entour&#233;e de mou&#173;chards de la police et de profiteurs de toutes sortes, anarchistes compris ; les uns la surveillant attentivement, les autres tentant de profiter tant&#244;t de sa bont&#233;, tant&#244;t de sa popularit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1890, elle s'en alla vivre &#224; Londres ou &#233;taient r&#233;fugi&#233;s Roche&#173;fort, Kropotkine et Malatesta. Elle en revint en 1895, mais y retourna fr&#233;&#173;quemment jusqu'&#224; la fin de sa vie. Elle s'&#233;teignit le 9 janvier 1905 &#224; Marseille lors d'une tourn&#233;e de conf&#233;&#173;rences. Son corps fut ramen&#233; &#224; Paris et, le 22 janvier 1905, alors qu'en Russie une d&#233;l&#233;gation de paysans allaient porter une p&#233;tition au tsar&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce fait marqua le d&#233;but de la r&#233;volution de 1905.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, une foule immense suivit son cercueil dans les rues de Paris. Anarchistes, socialistes, francs&#173;-ma&#231;ons, libres-penseurs, syndica&#173;listes, f&#233;ministes, libertaires polonais, italiens, russes, anglais, etc., furent plus de 100 000 &#224; l'accompagner jusqu'au cimeti&#232;re de Levallois o&#249; elle repose depuis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/1024px-funerailles_louise_michel.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH381/1024px-funerailles_louise_michel-8c5c9.jpg?1774938488' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est ce qu'elle fit toute sa vie. Aux po&#232;mes s'ajout&#232;rent plusieurs romans, des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, des livres pour enfants, de nombreux articles ainsi que trois r&#233;cits autobiographiques : &lt;i&gt;M&#233;moires &lt;/i&gt; (Maspero, 1976), &lt;i&gt;Souvenirs et Aventures de ma vie &lt;/i&gt; (Maspero, 1983),&lt;i&gt; La Commune, histoire et sou&#173;venirs&lt;/i&gt; (Maspero, 1970, 2 vol.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Thomas Edith, &lt;i&gt;Louise Michel ou la Vell&#233;da de l'anarchie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 21 mai 1871, les versaillais entr&#232;rent dans Paris. Alors commen&#231;a la Semaine sanglante (22-28 mai) au cours de laquelle fa Commune fut &#233;cras&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf son r&#233;cit in Louise Michel, &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, op. cit., notamment pp. 139-140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est sur le bateau qu'elle fit la connaissance de Rochefort, communard qui r&#233;ussit &#224; s'&#233;vader de Nouvelle-Cal&#233;donie en mars 1874. Elle devait le retrouver &#224; son retour de d&#233;portation en 1880. Journaliste &#224; &lt;i&gt;l'Intransigeant&lt;/i&gt;, il fut l'ami de toujours, lui donnant r&#233;guli&#232;rement de l'argent, sachant com&#173;bien sa bont&#233; la laissait toujours sans le sou.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle fit preuve toute sa vie de capacit&#233;s d'adap&#173;tation extraordinaires, m&#234;me les plus sombres pri&#173;sons avaient pour elle un int&#233;r&#234;t : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis comme les mauvaises ou les fortes plantes, je m'acclimate partout&lt;/q&gt; (cit&#233;e par E. Thomas, p. 362). La Nouvelle&#173;-Cal&#233;donie n'&#233;tait pourtant pas une terre facile et beaucoup y moururent rapidement (cf. Louise Michel, &lt;i&gt;Souvenirs et aventures de ma vie&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 43-75).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle eut l'attitude d'une ethnologue et rassembla en un ouvrage des&lt;i&gt; L&#233;gendes et Chants de gestes canaques &lt;/i&gt; qu'elle fit publier &#224; son retour de d&#233;por&#173;tation. Le livre fut r&#233;&#233;dit&#233; en 1988 (Editions 1900).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle fut notamment emprisonn&#233;e, ainsi qu'Emile Pouget, apr&#232;s la manifestation de l'esplanade des Invalides le 9 mars 1883 sur le th&#232;me du droit au tra&#173;vail, au cours de laquelle des manifestants avaient pratiqu&#233; la prise au tas dans les boulangeries. Condamn&#233;e &#224; six ans de r&#233;clusion, elle fut graci&#233;e au bout de trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails sur les conf&#233;rences de Louise Michel, cf. la biographie d'Edith Thomas d&#233;j&#224; cit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce fait marqua le d&#233;but de la r&#233;volution de 1905.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Sacco et Vanzetti, la justice aux ordres de l'Etat </title>
		<link>https://partage-noir.fr/sacco-et-vanzetti-la-justice-aux-ordres-de-l-etat</link>
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		<dc:date>2023-06-07T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurore Kermadec </dc:creator>


		<dc:subject>Nicola Sacco</dc:subject>
		<dc:subject>Bartolomeo Vanzetti</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Evoquer l'affaire Sacco et Vanzetti sans la situer dans son contexte, c'est omettre de mentionner les &#233;l&#233;ments qui ont permis &#224; un banal fait divers de devenir un enjeu politique interna&#173;tional. Jamais, en effet, les noms de ces deux hommes ne seraient parve&#173;nus jusqu'&#224; nous si Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, n'avaient &#233;t&#233; deux ouvriers immigr&#233;s, militants anarchistes, dans l'Am&#233;rique des ann&#233;es 20.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no2-sacco-et-vanzetti-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;2 : &#171; Sacco et Vanzetti &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-etats-unis-+" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH104/arton1400-2df2b.jpg?1774700920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Evoquer l'affaire Sacco et Vanzetti sans la situer dans son contexte, c'est omettre de mentionner les &#233;l&#233;ments qui ont permis &#224; un banal fait divers de devenir un enjeu politique interna&#173;tional. Jamais, en effet, les noms de ces deux hommes ne seraient parve&#173;nus jusqu'&#224; nous si Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, n'avaient &#233;t&#233; deux ouvriers immigr&#233;s, militants anarchistes, dans l'Am&#233;rique des ann&#233;es 20.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contexte &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH194/luigi_gallean2-3-5fdf4-1c1cb.jpg?1774693260' width='150' height='194' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Luigi Galleani&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1918, Sacco et Vanzetti &#233;taient fich&#233;s par la police du Massachusetts et de ce fait consid&#233;r&#233;s comme des individus &#224; surveiller. lis s'&#233;taient rencontr&#233;s en 1917, mais tous deux avaient immigr&#233; aux &#201;tats-Unis en 1908. En 1913, ils adh&#233;r&#232;rent au cer&#173;cle anarchiste de la localit&#233; dans laquelle ils r&#233;sidaient. lis devinrent alors des militants actifs, qui partici&#173;paient &#224; l'organisation de meetings et de manifestations, distribuaient des brochures et des tracts, recueillaient des fonds pour soutenir des gr&#232;ves, etc. Ils fr&#233;quentaient le courant de l'anarchiste Luigi Galleani et &#233;cri&#173;vaient &#224; l'occasion des articles dans la &lt;i&gt;Cronaca Sovversiva&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;chronique sub&#173;versive&lt;/i&gt;), journal que celui-ci diri&#173;geait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e des deux hommes aux &#201;tats-Unis, diverses actions ten&#173;dant &#224; &#233;liminer les id&#233;es anarchistes, c'est-&#224;-dire les individus qui les avaient adopt&#233;es, avaient &#233;t&#233; men&#233;es. C'est ainsi qu'une loi contre la presse anarchiste vit le jour l'ann&#233;e m&#234;me de leur arriv&#233;e sur le territoire am&#233;ri&#173;cain. Plusieurs journaux furent inter&#173;dits. Les perquisitions, les arresta&#173;tions et les interrogatoires violents de militants &#233;taient fr&#233;quents. Manifes&#173;tations et contre-manifestations don&#173;naient lieu &#224; des &#233;chauffour&#233;es avec la police. On comptait toujours des bless&#233;s et parfois m&#234;me des morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce climat d'extr&#234;me violence, dont la presse se faisait l'&#233;cho, rendait la bourgeoisie tr&#232;s sensible au risque de d&#233;stabilisation sociale et donnait appui &#224; un regain de x&#233;nophobie chez les Am&#233;ricains. Le souvenir de la r&#233;volution russe &#233;tait, en outre, encore tr&#232;s pr&#233;sent. Dans un tel con&#173;texte, toute personne qui osait dire son d&#233;saccord avec le capitalisme am&#233;ricain, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; si elle &#233;tait mili&#173;tante, avait de solides raisons de se sentir menac&#233;e. On comprend, de ce fait, quels sentiments Sacco et Vanzetti ont pu &#233;prouver au moment de leur arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode o&#249; se sont produits les faits pour lesquels les deux hommes furent inculp&#233;s est, sur le plan de la violence, extr&#234;mement significative. 1919 fut une ann&#233;e de tension sociale. Dans un climat d'inflation et de ch&#244;&#173;mage, gr&#232;ves et manifestations se succ&#233;daient. C'est l'ann&#233;e o&#249; Emma Goldman, Alexandre Berkman et Luigi Galleani, entre autres, furent expuls&#233;s du territoire am&#233;ricain. Le 2 juin 1919, des bombes &#233;clat&#232;rent dans diff&#233;rentes villes : &#224; Washing&#173;ton, au domicile du chef du d&#233;parte&#173;ment de la Justice ; &#224; Philadelphie, dans une &#233;glise ; &#224; New York, chez un juge ; &#224; Boston, chez un autre juge qui avait s&#233;v&#232;rement condamn&#233; des manifestants du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai, mais aussi au domicile d'un d&#233;put&#233; ayant soutenu une proposition de loi contre l'anarchisme. Au total, huit bombes &#233;clat&#232;rent le m&#234;me jour. Les auteurs de ces attentats &#233;taient bolcheviks, socialistes ou anarchistes. L'opinion publique, peu &#233;clair&#233;e par la presse qui l'incitait globalement &#224; avoir la phobie des &#171; rouges &#187;, ne faisait gu&#232;re la diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les lieux de l'attentat de Was&#173;hington, qui co&#251;ta la vie &#224; celui qui avait pos&#233; la bombe, la police trouva un tract. Le document qui d&#233;clarait la guerre au capitalisme &#233;tait sign&#233; par &#171; Les combattants anarchistes &#187;. Les enqu&#234;teurs furent conduits &#224; soup&#231;onner l'anarchiste Valdinocci, compagnon de Galleani et donc de Sacco et de Vanzetti. N&#233;anmoins, ils ne parvinrent pas &#224; &#233;tablir qui &#233;tait le poseur de bombe, mais on ne revit jamais Valdinocci.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/daily_news__tue_may_4_1920_p1_salsedo_photo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/daily_news__tue_may_4_1920_p1_salsedo_photo-d75bd-37e3b.jpg?1774693260' width='150' height='197' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Andrea Salsedo&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te mena la police, qui recherchait aussi les auteurs du tract, dans les locaux d'une imprimerie tenue par un typographe italien anar&#173;chiste, Andrea Salsedo. Les tracts avaient effectivement &#233;t&#233; imprim&#233;s chez Salsedo. Celui-ci collaborait, en outre, &#224; la &lt;i&gt;Cronaca&lt;/i&gt;. Il fut arr&#234;t&#233; avec un compagnon, Roberto Elia, le 25 f&#233;vrier 1920 &#224; New York. Les deux hommes furent ill&#233;galement intern&#233;s dans les locaux du Bureau of Investi&#173;gation (qui devint plus tard le FBI). Salsedo y fut tortur&#233;. Le 3 mai 1920, son corps &#233;tait trouv&#233; sur le trottoir apr&#232;s une chute de quatorze &#233;tages. Roberto Elia fut expuls&#233; des &#201;tats-Unis peu de temps apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sacco et Vanzetti connaissaient bien Salsedo et Elia. D&#232;s qu'ils appri&#173;rent que les deux hommes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, ils commenc&#232;rent &#224; s'organi&#173;ser avec d'autres pour les soutenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de leur propre arresta&#173;tion, ils pr&#233;paraient notamment un meeting au cours duquel Vanzetti aurait d&#251; prendre la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achevons cette pr&#233;sentation du cli&#173;mat am&#233;ricain de l'apr&#232;s-guerre en rappelant que la prohibition de l'alcool fut instaur&#233;e en 1919. Le gangst&#233;risme et la corruption devin&#173;rent, &#224; la m&#234;me &#233;poque, prosp&#232;res. On ne comptait plus les cambriolages et les attaques &#224; main arm&#233;e. La bourgeoisie WASP (White Anglo-&#173;Saxon Protestant) sentait ses privil&#232;&#173;ges menac&#233;s. Entre un anarchiste, un gangster et un communiste, elle ne faisait gu&#232;re la distinction. Ces gens&#173;-l&#224; &#233;taient tous extr&#234;mement dangereux. La presse entretenait l'amal&#173;game et servait ainsi les int&#233;r&#234;ts du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les faits &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Deux tentatives de vol &#224; main arm&#233;e, commises &#224; quelques mois d'&#233;cart, sont &#224; l'origine de l'affaire. La premi&#232;re, pour laquelle seul Van&#173;zetti fut inculp&#233;, eut lieu &#224; Bridgewa&#173;ter &#224; la fin de l'ann&#233;e 1919 ; la seconde qui donna lieu &#224; deux meur&#173;tres fut commise &#224; South Braintree. Les deux villes &#233;taient proches et situ&#233;es &#224; quelques kilom&#232;tres de Bos&#173;ton, dans l'&#201;tat du Massachusetts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 d&#233;cembre 1919, une camion&#173;nette transportant des fonds circulait dans la ville de Bridgewater. Une voi&#173;ture s'avan&#231;a, rideaux tir&#233;s, vers elle. A la hauteur voulue, trois hommes en sortirent, se dirig&#232;rent en courant vers la camionnette et ouvrirent le feu. Comprenant tout juste ce qui se passait, le conducteur du v&#233;hicule acc&#233;l&#233;ra brutalement. La camion&#173;nette d&#233;rapa et percuta un poteau t&#233;l&#233;graphique. Profitant de la pani&#173;que g&#233;n&#233;rale, les assaillants s'enfui&#173;rent. Il n'y eut ni vol ni victime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te fut ouverte. Le chauf&#173;feur de la camionnette, le caissier et le policier qui les accompagnaient furent interrog&#233;s, ainsi qu'un passant t&#233;moin de la sc&#232;ne. Les quatre t&#233;moi&#173;gnages concord&#232;rent &#224; quelques d&#233;tails pr&#232;s. L'automobile utilis&#233;e par les gangsters fut d&#233;crite comme une longue voiture sombre qui paraissait &#234;tre ou &#233;tait une Hudson. Le passant avait pu en relever le num&#233;ro d'immatriculation. Parmi les trois assaillants, le principal tireur fut particuli&#232;rement remarqu&#233; par les t&#233;moins. Il fut g&#233;n&#233;ralement d&#233;crit comme un homme au teint sombre, arm&#233; d'un fusil de chasse, &#226;g&#233; d'envi&#173;ron trente-cinq &#224; quarante ans, mesu&#173;rant cinq pieds sept pouces (1,72 m), pesant soixante-douze &#224; soixante&#173;-quinze kilos et portant une mousta&#173;che noire taill&#233;e court. Les deux autres hommes furent juste aper&#231;us. Selon les t&#233;moins, ils &#233;taient tous deux arm&#233;s d'un revolver. L'un des deux, ras&#233; de pr&#232;s, portait une cas&#173;quette grise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plaque d'immatriculation du v&#233;hicule fut identifi&#233;e par les enqu&#234;&#173;teurs. Elle avait &#233;t&#233; vol&#233;e dans un garage de Needham. Le garagiste raconta qu'un Sicilien (correspon&#173;dant au signalement de l'homme au fusil de chasse donn&#233; par les t&#233;moins) &#233;tait venu le 22 d&#233;cembre 1919 lui demander une paire de plaques d'immatriculation qu'il lui avait refus&#233;. Apr&#232;s l'attaque manqu&#233;e, le garagiste s'&#233;tait aper&#231;u que des pla&#173;ques avaient disparu de son garage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la m&#234;me ville, une Buick de couleur sombre, &#224; sept places, orn&#233;e de rideaux, stri&#233;e d'une bande bleue claire avait &#233;t&#233; vol&#233;e le 23 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde agression, pour laquelle Sacco et Vanzetti allaient &#234;tre inculp&#233;s ensemble, fut plus dra&#173;matique que celle de Bridgewater puisque les deux convoyeurs furent abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 avril 1920 au matin, un con&#173;voyeur apporta, dans la ville indus&#173;trielle de South Braintree, situ&#233;e &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Bos&#173;ton, l'argent n&#233;cessaire au paiement des salaires du personnel de l'entre&#173;prise Slater &amp; Morrill. Durant la matin&#233;e, les comptables de l'usine pr&#233;par&#232;rent les enveloppes de paye et les dispos&#232;rent &#224; l'int&#233;rieur de deux grandes bo&#238;tes de bois qu'ils enferm&#232;&#173;rent ensuite dans deux bo&#238;tes en acier. Puis ils les confi&#232;rent au cais&#173;sier Parmenter et &#224; son garde du corps Berardelli qui devaient les trans&#173;porter &#224; pied du b&#226;timent 1 au b&#226;ti&#173;ment 2 des usines, soixante-dix m&#232;tres environ s&#233;paraient les deux b&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmenter et Berardelli quitt&#232;rent le bureau en d&#233;but d'apr&#232;s-midi, transportant chacun une bo&#238;te. Quel&#173;ques minutes avant d'arriver au b&#226;ti&#173;ment 2, ils furent attaqu&#233;s par deux hommes qui firent feu sur eux avant de leur arracher les deux cassettes. Parmenter et Berardelli furent gri&#232;ve&#173;ment bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action accomplie, une large voiture sombre rejoignit les deux ban&#173;dits. Un troisi&#232;me gangster, accroupi sur le marche pied du v&#233;hicule, bon&#173;dit pr&#232;s d'un tas de briques et fit feu &#224; bout portant sur Berardelli qui avait tent&#233; de se relever. Celui-ci s'&#233;croula dans le gravier. Les deux premiers agresseurs s'engouffr&#232;rent alors avec leur butin &#224; l'arri&#232;re de la voiture, tandis que le troisi&#232;me faisait feu en direction des fen&#234;tres de l'usine o&#249; des employ&#233;s, alert&#233;s par le va&#173;carme, regardaient la sc&#232;ne. Il monta ensuite &#224; l'arri&#232;re de la voi&#173;ture, puis passa &#224; l'avant, et tendit un revolver vers l'ext&#233;rieur. Selon les divers t&#233;moignages, cinq passagers &#233;taient alors install&#233;s dans le v&#233;hicule qui s'&#233;loigna sous les regards de plu&#173;sieurs personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non loin de l&#224;, il atteignit un pas&#173;sage &#224; niveau au moment o&#249; le garde-&#173;barri&#232;re fermait les voies pour laisser passer le train annonc&#233;. L'un des pas&#173;sagers brandit un revolver dans sa direction en lui criant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L&#232;ve ! L&#232;ve !&lt;/q&gt;. Le garde-barri&#232;re s'ex&#233;&#173;cuta. L'automobile franchit les rails, fr&#244;la un passant. L'un des passagers sortit la t&#234;te et tira sur lui &#224; bout por&#173;tant, mais le manqua. L'image de l'homme qui avait tent&#233; de le tuer se fixa dans la m&#233;moire de ce passant des cheveux bruns, ondul&#233;s, un cos&#173;tume bleu, et une cha&#238;ne de montre au gilet&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'avocat de Sacco et Vanzetti ne retrouva ce t&#233;moin qu'apr&#232;s le proc&#232;s. Il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Puis la voiture disparut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t qu'elle se fut &#233;loign&#233;e des lieux du crime, un t&#233;moin se pr&#233;cipita aupr&#232;s de Berardelli mourant. li ramassa quelques douilles dans le gravier et les confia plus tard au directeur g&#233;n&#233;ral de l'usine Slater &amp; Morrill. Celui-ci les remit &#224; son tour au chef de la police d'&#201;tat. li n'est pas certain aujourd'hui que les cho&#173;ses se soient vraiment pass&#233;es ainsi. En d&#233;finitive, l'accusation montra quatre douilles au tribunal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berardelli mourut quelques minu&#173;tes apr&#232;s l'attaque, mais Parmenter fut transport&#233; &#224; l'h&#244;pital pour y &#234;tre imm&#233;diatement op&#233;r&#233;. Il succomba quinze heures apr&#232;s l'op&#233;ration. Le m&#233;decin qui pratiqua l'autopsie d&#233;couvrit quatre balles dans le corps de la victime. L'une d'entre elles avait &#233;t&#233; mortelle, il la marqua de trois tirets verticaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inspecteur charg&#233; de l'enqu&#234;te commen&#231;a par rechercher Anthony Palmisano, un Italien sp&#233;cialiste de l'attaque &#224; main arm&#233;e. Le 23 avril 1920, plusieurs photographies de lui furent montr&#233;es &#224; diff&#233;rents t&#233;moins qui l'identifi&#232;rent comme l'un des agresseurs. Mais Palmisano avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; en janvier dans la ville de Buf&#173;falo et y &#233;tait encore emprisonn&#233;. On peut ais&#233;ment imaginer ce qui serait advenu de cet homme si le hasard l'avait laiss&#233; en libert&#233; au moment de l'attaque de South Braintree !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; des faits aussi graves, les t&#233;moignages d'individus qui n'ont entrevu que quelques images d'une sc&#232;ne qui dura en tout quelques minutes apparaissent d'ores et d&#233;j&#224; extr&#234;mement dangereux. Les r&#233;cits, plus ou moins fid&#232;les, de ces t&#233;moins ne manqu&#232;rent pas d'&#234;tre largement pris en consid&#233;ration parce qu'ils fai&#173;saient partie des rares &#233;l&#233;ments de l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arrestation &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/image-20-680x1024.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH226/image-20-680x1024-8edf8-c533f.png?1774693260' width='150' height='226' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ferruccio Coacci&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 16 avril I 920, Ferruccio Coacci, anarchiste italien frapp&#233; d'expulsion, &#233;tait signal&#233; au chef de la police de Bridgewater par un inspecteur du d&#233;partement de l'immigration. Coacci ne s'&#233;tait pas rendu au bureau de l'immigration et avait fait savoir qu'il &#233;tait dans l'impossibilit&#233; de s'y pr&#233;senter, devant rester au chevet de son &#233;pouse malade. Un inspecteur se rendit chez lui et d&#233;couvrit qu'il n'en &#233;tait rien. Mais Coacci ne fut pas arr&#234;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet homme avait jadis travaill&#233; &#224; la compagnie N.Q. White, contre laquelle avait eu lieu l'attaque man&#173;qu&#233;e de Bridgewater, et en attendant son expulsion, il avait trouv&#233; un emploi chez Slater &amp; Morrill &#224; South Braintree ! En d&#233;couvrant cela, l'ins&#173;pecteur pensa que les deux attaques &#233;taient li&#233;es et que Coacci y &#233;tait m&#234;l&#233;. Selon lui, la m&#234;me automobile avait d&#251; &#234;tre utilis&#233;e pour Bridgewa&#173;ter et South Braintree.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Buick, qui avait &#233;t&#233; vol&#233;e &#224; Bridgewater le 23 novembre 1919, fut retrouv&#233;e dans un bois le 17 avril 1920. La carrosserie portait des tra&#173;ces de balles, mais le num&#233;ro d'immatriculation n'&#233;tait pas le m&#234;me que celui relev&#233; par le passant de Bridgewater. La plaque retrouv&#233;e sur le v&#233;hicule avait &#233;t&#233; vol&#233;e dans un garage le 7 janvier 1920, soit apr&#232;s l'attaque de Bridgewater. L'inspec&#173;teur garda cependant la m&#234;me hypoth&#232;se : le m&#234;me v&#233;hicule avait servi aux deux tentatives de vol.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2232 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH175/mario_buda-62f5c-cb5f4.jpg?1774693260' width='150' height='175' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Mario Buda&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 19 avril 1920, en d&#233;pit des soup&#173;&#231;ons de l'inspecteur, Coacci fut effectivement expuls&#233; du territoire am&#233;ricain. Le policier retourna, mal&#173;gr&#233; cela, au domicile de Coacci et y rencontra Mario Boda qui logeait chez lui et &#233;tait, par ailleurs, compa&#173;gnon de Sacco. Boda &#233;tait propri&#233;&#173;taire d'une automobile, une Overland &#224; cinq places qui datait de 1914. Elle &#233;tait en r&#233;paration au moment o&#249; l'inspecteur passa chez lui. Le poli&#173;cier repartit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;flexion faite, il revint le lende&#173;main pensant tenir l'un des coupables et peut-&#234;tre m&#234;me le propri&#233;taire du v&#233;hicule qui avait &#233;t&#233; utilis&#233; pour les deux attaques. Mais Soda, m&#233;fiant, avait disparu. Le policier se rendit alors chez le garagiste o&#249; Boda avait laiss&#233; sa voiture, pour lui demander d'&#234;tre averti au cas o&#249; celui-ci vien&#173;drait la chercher.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2233 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47sz39z_image_access_full.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH245/commonwealth_5q47sz39z_image_access_full-2fced-1844e.jpg?1774693260' width='150' height='245' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ricardo Orciani&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 5 mai dans la soir&#233;e, Sacco et Vanzetti avaient rendez-vous devant le garage avec Ricardo Orciani et Mario Boda. Ils &#233;taient venus tous les quatre chercher l'Overland. Ainsi qu'il en avait &#233;t&#233; convenu, le policier fut pr&#233;venu par l'&#233;pouse du gara&#173;giste, pendant que celui-ci tentait de faire patienter ses clients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, on ne sait pourquoi, les quatre hommes repartirent sans la voiture ; Soda et Orciani d'un c&#244;t&#233;, en side-car, Sacco et Vanzetti de l'autre, en trolleys bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lis furent interpell&#233;s dans le trolley et conduits au commissariat. La machine judiciaire se mit alors en marche. Plus jamais Sacco et Vanzetti ne retrouv&#232;rent la libert&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Peu apr&#232;s le 5 mai 1920, Bada gagna l'Italie. De son c&#244;t&#233;, Orciani fut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Avant le proc&#232;s &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2235 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47sx03c_image_access_full.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH122/commonwealth_5q47sx03c_image_access_full-c5666-9f033.jpg?1774693260' width='150' height='122' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Revolver de Vanzetti&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au moment de l'arrestation, Vanzetti &#233;tait arm&#233; d'un revolver charg&#233; de cinq balles et d&#233;tenait plusieurs cartouches, notamment des cartou&#173;ches de fusil de chasse. Sacco &#233;tait arm&#233; d'un colt automatique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Assurant des tours de garde apr&#232;s la fer&#173;meture de l'usine de chaussures &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; com&#173;prenant neuf balles et avait dans ses poches une vingtaine de cartouches diverses&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces balles n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment comptabilis&#233;es, d&#233;crites et surtout (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans ces conditions, une premi&#232;re inculpation pour port d'arme prohib&#233; pouvait d&#233;j&#224; &#234;tre retenue &#224; leur encontre. L'inspecteur qui les avait fait arr&#234;ter se rendit imm&#233;diatement au commissariat pour les interroger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sacco et Vanzetti subirent tout d'abord plusieurs interrogatoires au cours desquels ils ne cess&#232;rent de mentir. Tous deux d&#233;clar&#232;rent notamment ne conna&#238;tre ni Boda ni Orciani, sans doute afin de leur &#233;viter une arrestation. Pour sa part, Sacco affirma n'avoir jamais travaill&#233; chez Slater &amp; Morrill &#224; South Braintree alors qu'il y avait &#233;t&#233; employ&#233; en 1917.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement, des t&#233;moins furent invit&#233;s &#224; les identifier. Afin de faciliter cette t&#226;che, Sacco et Vanzetti furent pr&#233;sent&#233;s seuls et non au milieu d'autres suspects, dans dif&#173;f&#233;rentes postures, marchant, cou&#173;rant, agenouill&#233;s. Peu de t&#233;moins pourtant affirm&#232;rent les reconna&#238;tre. Sur trois t&#233;moins de Bridgewater, un reconnut Vanzetti et le d&#233;signa comme &#233;tant l'homme au fusil de chasse. Pour l'affaire de South Braintree, trois femmes et un homme les identifi&#232;rent. Deux femmes avaient aper&#231;u le tireur install&#233; sur le si&#232;ge avant. Elles fournirent, surtout durant le proc&#232;s, une foule de d&#233;tails visant &#224; accuser Sacco. Seul le garde-&#173;barri&#232;re d&#233;signa Vanzetti comme le conducteur de l'automobile, alors que les autres t&#233;moins donn&#232;rent la description d'un homme blond au teint p&#226;le. La police effectua plu&#173;sieurs perquisitions, notamment au domicile d'anarchistes et en particu&#173;lier chez Sacco et Vanzetti, mais aucune trace de l'argent vol&#233; ne fut retrouv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vanzetti fut inculp&#233;, seul, pour l'agression de Bridgewater sous l'accusation d'attaque avec intention de voler et d'assassiner. Quelques jours apr&#232;s l'arrestation des deux hommes, un comit&#233; de d&#233;fense avait &#233;t&#233; organis&#233; par les anarchistes de Boston-Est. Il &#233;tait compos&#233; d'une quinzaine de membres qui s'efforc&#232;&#173;rent de rassembler les fonds n&#233;cessai&#173;res &#224; leur d&#233;fense et organis&#232;rent quelques meetings destin&#233;s &#224; les sou&#173;tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s de Vanzetti, pr&#233;sid&#233; par le juge Webster Thayer, s'ouvrit le 22 juin 1920 au tribunal de Plymouth. Ses compagnons du comit&#233; de d&#233;fense avaient choisi l'avocat John Vahey pour le d&#233;fendre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avocat localement c&#233;l&#232;bre. Il ouvrit, peu de temps apr&#232;s le proc&#232;s, un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'accu&#173;sation s'appuya essentiellement sur deux &#233;l&#233;ments : les t&#233;moignages et le revolver trouv&#233; sur Vanzetti au moment de son arrestation, ainsi que les cartouches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vu pr&#233;c&#233;demment que sur trois t&#233;moins de l'agression de Bridgewater, un seulement avait identifi&#233; Vanzetti lors de l'enqu&#234;te. Au proc&#232;s, les trois hommes se trans&#173;form&#232;rent en accusateurs tr&#232;s s&#251;rs d'eux-m&#234;mes. Pourtant, leurs t&#233;moi&#173;gnages remodel&#233;s ne furent pas limpi&#173;des. L'un parla d'un agresseur &#224; la moustache courte, l'autre &#224; la mous&#173;tache tombante. Ils n'&#233;taient pas non plus en accord sur la taille de l'homme au fusil de chasse, ni sur le fait qu'il portait ou non un chapeau. N&#233;anmoins, ces t&#233;moignages furent attentivement &#233;cout&#233;s. Il est &#224; noter, d'ailleurs, que les t&#233;moins de l'accu&#173;sation furent beaucoup moins harce&#173;l&#233;s par la cour que ceux de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux accusations, la d&#233;fense introduisit des t&#233;moins qui affirm&#232;&#173;rent avoir achet&#233; du poisson &#224; Vanzetti &#224; diff&#233;rents moments de la jour&#173;n&#233;e du 24 d&#233;cembre 1919&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vanzetti &#233;tait, en effet, &#224; cette &#233;poque vendeur de poisson ambulant.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un &#233;l&#233;&#173;ment paraissait positif dans ces t&#233;moignages, c'est la tradition ita&#173;lienne du plat d'anguilles le jour de No&#235;l. Plusieurs personnes affirm&#232;&#173;rent donc se souvenir avoir achet&#233; ce poisson &#224; Vanzetti et m&#234;me lui en avoir command&#233; pour &#234;tre s&#251;res de pouvoir servir ce plat le 25 d&#233;cembre. N&#233;anmoins, tous les t&#233;moins &#233;taient italiens, ce qui, dans l'Am&#233;rique x&#233;nophobe de l'&#233;poque, donnait beaucoup moins d'impact &#224; leurs affirmations. Il s'agissait, en outre, de raconter des faits anodins qui s'&#233;taient produits six mois aupara&#173;vant. Certains t&#233;moins avaient une m&#233;moire peu pr&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul t&#233;moignage fut ferme, celui d'un jeune gar&#231;on de 13 ans qui aidait souvent Vanzetti &#224; nettoyer et &#224; livrer son poisson. Le jeune gar&#231;on affirma avoir travaill&#233; avec Vanzetti ce jour-l&#224;, mais le procureur r&#233;ussit &#224; lui faire dire qu'il avait r&#233;p&#233;t&#233; plu&#173;sieurs fois son texte &#224; son p&#232;re et &#224; l'avocat, voulant ainsi donner au jury l'impression que ce t&#233;moignage &#233;tait, en fait, une le&#231;on apprise par c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'arme et les cartouches, un expert en balistique d&#233;clara &#224; la barre que le diam&#232;tre des douilles ramass&#233;es par un t&#233;moin apr&#232;s l'attaque manqu&#233;e &#233;tait identique &#224; celui de certaines balles trouv&#233;es dans la poche de Vanzetti au moment de son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de ce proc&#232;s qui dura moins de dix jours, Vanzetti fut d&#233;clar&#233; coupable et condamn&#233; &#224; quinze ans de travaux forc&#233;s. Le juge Thayer demanda &#224; pr&#233;sider le proc&#232;s de l'affaire de South Braintree dans laquelle Sacco et Vanzetti &#233;taient inculp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de d&#233;fense de Sacco et Vanzetti se mit &#224; la recherche d'un avocat qui pourrait assurer la d&#233;fense des deux hommes accus&#233;s de vol et d'assassinats. C'est &#224; ce moment-l&#224; que Fred H. Moore entra en sc&#232;ne. Cet avocat des travailleurs r&#233;volu&#173;tionnaires, syndicalistes et ouvriers, avait une r&#233;putation de brillant d&#233;fenseur de gr&#233;vistes et de manifes&#173;tants. Ce n'&#233;tait peut-&#234;tre pas l'homme qu'il aurait fallu pour ce proc&#232;s. Certains membres du comit&#233; de d&#233;fense s'en rendirent sans doute vite compte. Mais Moore garda le dossier et s'effor&#231;a d&#232;s le d&#233;but de transformer cette affaire juridique simple en un symbole politique mon&#173;dial de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moore entreprit tout d'abord de sensibiliser les milieux syndicaux et plusieurs motions de soutien aux accus&#233;s furent vot&#233;es. Un proche de l'avocat r&#233;digea, pour la presse am&#233;&#173;ricaine, des articles sensationnalistes destin&#233;s &#224; attirer l'attention de l'opi&#173;nion publique sur le cas des deux hommes. Un anarchiste espagnol, Frank Lapez, s'effor&#231;a de son c&#244;t&#233; de sensibiliser les milieux espagnols aux &#201;tats-Unis ; tandis qu'Eugene Lyons, journaliste et ami de Moore, essaya d'animer les milieux italiens. Lorsque Lyons se rendit, pour son travail, en Italie, Moore le pria de recueillir tous les t&#233;moignages possi&#173;bles. Par l'interm&#233;diaire du fr&#232;re de Sacco, devenu maire de son village, il r&#233;ussit &#224; convaincre Leone Mucci d'&#233;voquer l'affaire devant la Cham&#173;bre des d&#233;put&#233;s italiens. Ce fut le pre&#173;mier retentissement &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques anarchistes du comit&#233;, ainsi que l'&#233;pouse de Sacco, n'&#233;taient pas d'accord avec la tournure politique que Moore voulait donner &#224; l'affaire. Ils souhaitaient seulement sauver la vie des deux accus&#233;s et obte&#173;nir leur lib&#233;ration. Pour cela, ils r&#233;u&#173;nissaient des fonds. Certains Italiens organisaient des pique-niques, des spectacles. Les unions ouvri&#232;res, les syndicats de la boucherie, de l'h&#244;tel&#173;lerie, de la couture, etc., les anarchis&#173;tes juifs offraient de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Moore s'agitait beau&#173;coup sur tout le territoire am&#233;ricain pour faire conna&#238;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce complot contre la classe ouvri&#232;re&lt;/q&gt;. Plusieurs comit&#233;s des libert&#233;s civiques furent alert&#233;s. Par l'action de Moore, Sacco et Vanzetti devenaient deux anarchis&#173;tes italiens jug&#233;s dans des circonstan&#173;ces douteuses en raison de leurs id&#233;es politiques. Si l'affaire n'avait pas pris cette tournure, Sacco et Vanzetti auraient-ils &#233;t&#233; condamn&#233;s &#224; mort sans que personne ne se soucie de leur innocence ou auraient-ils pu &#234;tre acquitt&#233;s ? Personne ne le saura jamais.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le proc&#232;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s s'annon&#231;ait mal. L'un des deux accus&#233;s avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jug&#233; pour une autre affaire et d&#233;clar&#233; cou&#173;pable. En outre, ils &#233;taient tous deux immigr&#233;s, Italiens, de condition sociale modeste, militants actifs, agi&#173;tateurs de plusieurs gr&#232;ves et antimili&#173;taristes. De tels individus effrayaient les bonnes gens et la presse entrete&#173;nait largement leur peur. Tr&#232;s vite apparut l'id&#233;e que les gens de gauche, c'est-&#224;-dire les anarchistes et les com&#173;munistes, exploitaient l'affaire pour saper les fondements de l'ordre social et de la d&#233;mocratie am&#233;ricaine. Tou&#173;tes les actions men&#233;es par ces gens-l&#224; apparaissaient donc comme une menace qui ne devait en aucun cas faire changer le cours de la justice. L'int&#233;r&#234;t de quelques hommes de loi et d'hommes politiques explique peut-&#234;tre aussi le d&#233;roulement et l'issue de ce proc&#232;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails sur les implications politiques et administratives (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ouvrit le 21 mai 1921 et dura un peu plus d'un mois. Pour ce premier jour, un vaste dispositif policier avait &#233;t&#233; mis en place autour et dans le palais de justice. Dans la salle, seule Rosina Sacco avait &#233;t&#233; accept&#233;e, le reste du public &#233;tant compos&#233; de journalistes et de policiers. Selon la r&#232;gle en vigueur dans le Massachu&#173;setts, les deux accus&#233;s furent plac&#233;s l'un et l'autre dans une cage sans pla&#173;fond.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2237 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47sx219_image_access_full_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH260/commonwealth_5q47sx219_image_access_full_copie-110b7.jpg?1774841441' width='500' height='260' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nicola Sacco and Rosina Sacco. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les avocats de la d&#233;fense, Fred Moore, Thomas et Jerry Mac Anar&#173;vey d&#233;pos&#232;rent imm&#233;diatement une requ&#234;te pour que Sacco et Vanzetti soient jug&#233;s s&#233;par&#233;ment. La requ&#234;te fut repouss&#233;e. Le proc&#232;s commen&#231;a. Il se d&#233;roula autour de deux th&#232;mes principaux : les t&#233;moignages (t&#233;moins &#224; charge, puis t&#233;moins de la d&#233;fense) et les balles de revolver (cel&#173;les trouv&#233;es sur les lieux, celles appar&#173;tenant aux accus&#233;s et celles extraites des corps des deux victimes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme pour l'affaire de Brid&#173;gewater, plusieurs t&#233;moins qui n'avaient tout d'abord pas identifi&#233; Sacco et Vanzetti se transform&#232;rent, lors du proc&#232;s, en accusateurs. Parmi eux, une femme qui avait, avant l'attaque, demand&#233; un renseignement aux deux bandits ne reconnut pas Sacco lors de l'enqu&#234;te. Au proc&#232;s, elle affirma qu'il s'agissait de lui en donnant une foule de d&#233;tails. Face &#224; cela, la d&#233;fense ne fut pas vraiment &#224; la hauteur. Elle omit notamment de poser des questions sur l'accent &#233;ven&#173;tuel de l'homme qui l'avait rensei&#173;gn&#233;e, Sacco parlant tr&#232;s mal l'anglais. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la d&#233;fense n'osa pas aller tr&#232;s loin dans ses questions aux t&#233;moins &#224; charge. Souvent, elle agit comme si elle redoutait d'apporter, elle-m&#234;me, les &#233;l&#233;ments tendant &#224; prouver la culpa&#173;bilit&#233; de Sacco et Vanzetti. A maintes reprises, Moore n'apparut pas tr&#232;s convaincu de l'innocence des deux hommes qu'il avait pourtant la charge de d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa t&#226;che n'&#233;tait, en outre, pas vrai&#173;ment ais&#233;e. Du c&#244;t&#233; de la d&#233;fense, en effet, les t&#233;moins furent quelquefois malmen&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois hommes s'&#233;taient trouv&#233;s tr&#232;s pr&#232;s des victimes au moment de la fusillade. L'un des trois avait tout d'abord identifi&#233; Sacco. II se r&#233;tracta au proc&#232;s, portant de ce fait un coup &#224; l'accusation. A la sortie du tribu&#173;nal, un policier lui lan&#231;a : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'en avons pas fini avec toi.&lt;/q&gt; Quelques semaines plus tard, il perdait son emploi. D'autres t&#233;moins de la d&#233;fense connurent un sort semblable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs dizaines de personnes vinrent affirmer avoir vu pour une raison quelconque Vanzetti ou Sacco le 15 avril. Ce jour-l&#224;, Vanzetti aurait vendu du poisson et Sacco, qui mal&#173;heureusement avait demand&#233; une journ&#233;e de cong&#233; &#224; son employeur, serait all&#233; chercher son passeport au consulat italien de Boston pour son d&#233;part prochain en Italie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sacco avait, en effet, envisag&#233; de ren&#173;trer en Italie.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Tous les t&#233;moignages ne furent pas forc&#233;ment convaincants. En outre, aucune preuve mat&#233;rielle ne venait les renfor&#173;cer. Il ne s'agissait que d'affirma&#173;tions. Les contre-interrogatoires r&#233;v&#233;l&#232;rent le manque de fiabilit&#233; de certains d'entre eux. Les accus&#233;s n'avaient pas &#171; d'alibi en b&#233;ton &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie consacr&#233;e aux pi&#232;ces &#224; conviction, c'est-&#224;-dire essentielle&#173;ment les balles et les douilles de pisto&#173;lets, fut la plus ennuyeuse de ce pro&#173;c&#232;s. Pendant plusieurs jours, divers experts en balistique vinrent &#224; la barre expliquer les r&#233;sultats de leurs analyses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six balles avaient atteint les deux hommes. La question essentielle &#233;tait de savoir si elles provenaient ou non de l'arme de Sacco. La balle &#171; III &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est-&#224;-dire la balle marqu&#233;e de trois tirets verticaux par le m&#233;decin ayant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; extraite du corps de Parmenter avait &#233;t&#233; mortelle. Le procureur Katzmann s'effor&#231;a de d&#233;montrer qu'elle provenait du revolver de Sacco&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une s&#233;rie de tests effectu&#233;s en 1961 &#233;tablit que cette balle avait &#233;t&#233; tir&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A la question : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La balle &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;III&lt;/q&gt; a-t-elle pu &#234;tre tir&#233;e par le revolver de Sacco ?&lt;/q&gt;, le premier expert r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A mon avis, c'est compatible avec le fait qu'elle aurait &#233;t&#233; tir&#233;e par ce pistolet&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Francis Russell, L'Affaire Sacco&#173;-Vanzetti (Tragedy in Dedham), Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La d&#233;fense ne releva pas l'ambigu&#239;t&#233; de cette r&#233;ponse. A la m&#234;me question, un autre expert r&#233;pondit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'incline &#224; croire que la balle num&#233;ro &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;III&lt;/q&gt; a &#233;t&#233; tir&#233;e par ce colt automa&#173;tique&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 163.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'expert de la d&#233;fense convint que cette balle pouvait avoir &#233;t&#233; tir&#233;e par une arme du type de celle de Sacco mais il pensait, pour sa part, qu'elle avait &#233;t&#233; tir&#233;e par un Bayard, revolver de marque &#233;tran&#173;g&#232;re. A la question fatale, il r&#233;pon&#173;dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A mon avis, non. Il n'y a aucune comparaison&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 164.&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le second expert de la d&#233;fense d&#233;posa dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mois de juillet, le verdict tomba. Sacco et Vanzetti &#233;taient d&#233;clar&#233;s coupables. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous sommes inno&#173;cents&lt;/q&gt;. hurla Sacco. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;N'oubliez pas ! Ils tuent deux inno&#173;cents !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par R. Creagh, Sacco et Vanzetti, 158.&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Apr&#232;s le proc&#232;s &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1921 jusqu'en 1927, les avocats de la d&#233;fense pr&#233;sent&#232;rent motion sur motion pour obtenir une r&#233;vision du proc&#232;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La d&#233;fense entreprit des enqu&#234;tes afin de trouver les v&#233;ritables coupables : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1921, une requ&#234;te puis une premi&#232;re requ&#234;te suppl&#233;mentaire furent d&#233;pos&#233;es. En d&#233;cembre, le juge Thayer rejeta la requ&#234;te. En 1922 et 1923, quatre nou&#173;velles requ&#234;tes suppl&#233;mentaires furent d&#233;pos&#233;es. Un an apr&#232;s, le juge donna une nouvelle r&#233;ponse n&#233;ga&#173;tive&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au cours de l'ann&#233;e 1924, Fred Moore se retira de l'affaire sur la demande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2239 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47st87s_image_access_full_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH365/commonwealth_5q47st87s_image_access_full_copie-f5c8c.jpg?1774841443' width='500' height='365' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Boston, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars 1925.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1925, Madeiros, un jeune ban&#173;dit de 23 ans s'accusa. Il &#233;tait intern&#233; dans la m&#234;me prison que Sacco. li lui fit passer une note dans laquelle il d&#233;clarait avoir particip&#233; &#224; l'attaque de South Braintree et affirmait que Sacco et Vanzetti &#233;taient innocents. Thompson enqu&#234;ta. Malgr&#233; quelques inexactitudes dans le t&#233;moignage de Madeiros, il d&#233;posa en 1926 une nou&#173;velle requ&#234;te que Thayer rejeta &#233;gale&#173;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1927, la d&#233;fense fit appel contre le rejet du juge Thayer devant la Cour supr&#234;me du Massachusetts. La r&#233;ponse fut n&#233;gative. Le refus du juge &#233;tait donc confirm&#233; par la plus haute instance de cet &#201;tat. Toutes les ressources l&#233;gales avaient &#233;t&#233; &#233;puis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2241 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47sw256_image_access_full_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH430/commonwealth_5q47sw256_image_access_full_copie-95caa.jpg?1774841444' width='500' height='430' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Vanzetti et Sacco le 10 avril 1927.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En avril 1927, Vanzetti fut transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Dedham o&#249; il retrouva Sacco&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est &#224; noter que pendant leurs sept ann&#233;es de detention, Sacco et Vanzetti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils furent tous deux conduits devant le juge Thayer qui, selon la tradition, les laissa d'abord s'exprimer. Les deux hommes clam&#232;rent &#224; nouveau leur innocence avant que le juge ne prenne &#224; son tour la parole pour leur faire part de la sentence finale : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la peine de mort par le passage d'un courant &#233;lectrique &#224; travers le corps durant la semaine commen&#231;ant le dimanche, dixi&#232;me jour de juillet, dans l'ann&#233;e du Seigneur 1927. Ceci est la sentence de la loi&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai, une p&#233;tition portant seule&#173;ment la signature de Vanzetti fut pr&#233;&#173;sent&#233;e au gouverneur du Massachu&#173;setts&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est dans les pr&#233;rogatives du gouver&#173;neur d'un &#201;tat de disposer du droit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En juin, il nomma un comit&#233; consultatif d'enqu&#234;te, le comit&#233; Lowell compos&#233; de trois membres. L'ex&#233;cution fut retard&#233;e d'un mois et fix&#233;e au 10 ao&#251;t 1927.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juillet 1927, le comit&#233; Lowell rendit visite aux deux condamn&#233;s et, le 22 juillet, le gouverneur lui-m&#234;me se rendit &#224; la prison pour les rencon&#173;trer. Sacco refusa de s'entretenir avec lui, arguant qu'il n'avait pas con&#173;fiance et que de toute fa&#231;on, ils n'avaient rien &#224; se dire. Vanzetti, en revanche, resta avec le gouverneur plus d'une heure et demie. Dans un premier temps, il pensa que celui-ci faisait un r&#233;el effort pour conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; mais, tr&#232;s vite, il se demanda si les autorit&#233;s ne cherchaient pas plu&#173;t&#244;t &#224; justifier leur d&#233;cision d&#233;j&#224; prise. Le 27 juillet, le comit&#233; adressa ses conclusions au gouverneur qui refusa d'accorder sa gr&#226;ce le 3 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du 8 ao&#251;t, des piquets de protestation compos&#233;s essentielle&#173;ment d'ouvriers et de quelques intel&#173;lectuels parmi lesquels l'&#233;crivain Dos Passos, circul&#232;rent autour de la Chambre l&#233;gislative du Massachu&#173;setts. Des gr&#232;ves, des manifestations furent organis&#233;es un peu partout dans le pays et dans le monde, des p&#233;titions furent adress&#233;es au gouver&#173;neur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 10 ao&#251;t, Sacco et Vanzetti furent pr&#233;par&#233;s pour l'ex&#233;&#173;cution (cheveux coup&#233;s, pantalons fendus pour permettre de placer les &#233;lectrodes). Une demi-heure avant minuit, heure officielle de l'ex&#233;cution le gouverneur annon&#231;a un nouveau d&#233;lai de douze jours. Ce qui reportait &#224; nouveau l'ex&#233;cution au 22 ao&#251;t 1927.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2243 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;79&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/commonwealth_5q47st69v_image_access_full_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH382/commonwealth_5q47st69v_image_access_full_copie-96fe1.jpg?1774841444' width='500' height='382' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;22 ao&#251;t 1927, entr&#233;e de la prison d'&#201;tat de Charlestown gard&#233;e par la police.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce 22 ao&#251;t, des manifestations &#233;clat&#232;rent aux quatre coins des &#201;tats&#173;-Unis. On compta des centaines de bless&#233;s. Dans quelques villes, comme &#224; New York, une foule immense se massa pacifiquement dans la rue esp&#233;rant un d&#233;lai suppl&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la F&#233;e Electricit&#233; devint chaisi&#232;re de la mort&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jacques Pr&#233;vert, Choses et autres.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Peu apr&#232;s minuit, ils furent ex&#233;cut&#233;s, d'abord Sacco puis Vanzetti. Le premier avait trente-six ans, le second trente-neuf. Dans le monde entier, la nouvelle rapidement communiqu&#233;e d&#233;clencha la col&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'avocat de Sacco et Vanzetti ne retrouva ce t&#233;moin qu'apr&#232;s le proc&#232;s. Il lui offrit le voyage jusqu'&#224; Boston, lui montra des photos des accus&#233;s, puis l'emmena &#224; la prison de Dedham o&#249; &#233;tait d&#233;tenu Sacco et &#224; celle de Charlestown pour y voir Vanzetti. Le t&#233;moin ne reconnut ni l'un ni l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Peu apr&#232;s le 5 mai 1920, Bada gagna l'Italie. De son c&#244;t&#233;, Orciani fut appr&#233;hend&#233;, mais ayant travaill&#233; les deux jours fatidiques, sa carte de travail le prouvait, il fut rel&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Assurant des tours de garde apr&#232;s la fer&#173;meture de l'usine de chaussures &#171; Trois K &#187; &#224; Stoughton o&#249; il &#233;tait employ&#233;, Sacco avait achet&#233;, pour se prot&#233;ger, un colt 32 automa&#173;tique, mais il ne demanda jamais de permis de port d'arme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces balles n'ont pas &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;ment comptabilis&#233;es, d&#233;crites et surtout enregis&#173;tr&#233;es au commissariat o&#249; Sacco et Vanzetti ont &#233;t&#233; amen&#233;s le soir de leur arrestation. Il devenait alors facile de manipuler les faits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avocat localement c&#233;l&#232;bre. Il ouvrit, peu de temps apr&#232;s le proc&#232;s, un cabinet contentieux en association avec Frederick Katzmann, procureur g&#233;n&#233;ral au proc&#232;s de Vanzetti et &#224; celui de Sacco et de Vanzetti.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vanzetti &#233;tait, en effet, &#224; cette &#233;poque vendeur de poisson ambulant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails sur les implications politiques et administratives &#233;ventuelles de l'affaire, cf. Ronald Creagh, &lt;i&gt;Sacco et Van&#173;zetti&lt;/i&gt;, Paris, Editions La D&#233;couverte, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sacco avait, en effet, envisag&#233; de ren&#173;trer en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est-&#224;-dire la balle marqu&#233;e de trois tirets verticaux par le m&#233;decin ayant effectu&#233; l'autopsie du corps de Parmenter (voir pr&#233;c&#233;&#173;demment le paragraphe consacr&#233; aux faits).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Une s&#233;rie de tests effectu&#233;s en 1961 &#233;tablit que cette balle avait &#233;t&#233; tir&#233;e par le revolver de Sacco, ce qui ne signifie pas qu'il ait lui-m&#234;me tir&#233;. Mais dans ce cas, il con&#173;naissait certainement le tireur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Francis Russell, &lt;i&gt;L'Affaire Sacco&#173;-Vanzetti (Tragedy in Dedham)&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions Robert-La/font, 1964, p. 162.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 163.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par R. Creagh, &lt;i&gt;Sacco et Vanzetti&lt;/i&gt;, 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La d&#233;fense entreprit des enqu&#234;tes afin de trouver les v&#233;ritables coupables : elle &#233;ta&#173;blit que Frank Silva et Jimmy Mede avaient pu participer &#224; l'attaque de Bridgewater, Celestino Madeiros et le gang des fr&#232;res Morelli au hold-up de South Braintree, mais ceci ne semble pas plus fond&#233; que d'affirmer la culpabilit&#233; de Sacco et Vanzetti ou celle de Sacco et l'innocence de Vanzetti. Pour cha&#173;cune des th&#232;ses, certains faits sont en effet laiss&#233;s de c&#244;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Au cours de l'ann&#233;e 1924, Fred Moore se retira de l'affaire sur la demande de Sacco. Il fut remplac&#233; par l'avocat W.G. Thompson.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il est &#224; noter que pendant leurs sept ann&#233;es de detention, Sacco et Vanzetti se virent tr&#232;s peu. Ils rest&#232;rent m&#234;me jusqu'&#224; un an sans se rencontrer.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il est dans les pr&#233;rogatives du gouver&#173;neur d'un &#201;tat de disposer du droit de gr&#226;ce lorsqu'une p&#233;tition lui est adress&#233;e par les condamn&#233;s. Il peut, pour rendre sa d&#233;cision, consulter un comit&#233; sp&#233;cialement constitu&#233; pour les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jacques Pr&#233;vert, &lt;i&gt;Choses et autres&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'autocratie tsariste &#224; la dictature bolchevique </title>
		<link>https://partage-noir.fr/de-l-autocratie-tsariste-a-la-dictature-bolchevique</link>
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		<dc:date>2023-05-19T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurore Kermadec </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 16 janvier 1905, les ouvriers des usines Poutilov cessent le travail pour protester contre le renvoi de quatre des leurs. La gr&#232;ve s'&#233;tend rapidement &#224; toutes les usines de la r&#233;gion. Le pope Gapone qui dispose d'une grande influence sugg&#232;re que la foule porte au tsar une p&#233;tition comportant une s&#233;rie de revendications politiques et sociales. Le dimanche 22 janvier, un cort&#232;ge de 150 000 personnes, hommes, femmes et enfants arborant des ic&#244;nes et chantant des cantiques, se dirige vers le palais d'Hiver.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no3-kropotkine-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;3 : &#171; Kropotkine &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-pierre-kropotkine-61-+" rel="tag"&gt;Pierre Kropotkine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1388-36ffa.jpg?1774704478' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 janvier 1905, les ouvriers des usines Poutilov cessent le travail pour protester contre le renvoi de quatre des leurs. La gr&#232;ve s'&#233;tend rapidement &#224; toutes les usines de la r&#233;gion. Le pope Gapone qui dispose d'une grande influence sugg&#232;re que la foule porte au tsar une p&#233;tition comportant une s&#233;rie de revendications politiques et sociales. Le dimanche 22 janvier, un cort&#232;ge de 150 000 personnes, hommes, femmes et enfants arborant des ic&#244;nes et chantant des cantiques, se dirige vers le palais d'Hiver. Nicolas II n'est m&#234;me pas dans son palais. Il est rest&#233; dans sa r&#233;sidence de Tsarko&#239;e Selo aux environs de Saint P&#233;tersbourg. La foule est accueillie par la fusillade des cosaques. Un millier de personnes sont tu&#233;es, plusieurs milliers bless&#233;es. Les manifestants se dispersent tant bien que mal dans une gigantesque panique. A la suite de ces &#233;v&#233;nements rest&#233;s tristement c&#233;l&#232;bres sous le nom de &#171; dimanche rouge &#187; de Saint P&#233;tersbourg, la v&#233;n&#233;ration traditionnelle envers le tsar P&#232;re du Peuple &#187; est bris&#233;e. L'autocratie d&#233;consid&#233;r&#233;e ne se remettra pas de ce choc. Le ph&#233;nom&#232;ne r&#233;volutionnaire ne cessera de s'&#233;tendre jusqu'au coup fatal de 1917.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH368/u_narvskikh_vorot-5e664.jpg?1775337104' width='500' height='368' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'arm&#233;e prend position, la veille du Dimanche rouge, devant l'arc de triomphe de Narva.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les forces en pr&#233;sence &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs courants ou groupes s'opposent au pouvoir absolu du tsar :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Les occidentalistes, ou lib&#233;raux, veulent instaurer un r&#233;gime de type allemand ou anglais. Ils sont &#233;galement influenc&#233;s par la d&#233;mocratie fran&#231;aise. Ils d&#233;sirent un syst&#232;me constitutionnel. Ce sont essentiellement des bourgeois et des intellectuels. Ils fondent le parti constitutionnel d&#233;mocrate (parti KD ou cadet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Les populistes respectent les communes rurales et sont hostiles &#224; l'industrialisation. Il pensent que le capitalisme, tout comme le marxisme, ne sont pas des syst&#232;mes qui peuvent convenir &#224; la Russie. Ils souhaitent voir s'instaurer un socialisme de type coop&#233;ratisme, plus conforme aux traditions russes. Ils forment le parti socialiste r&#233;volutionnaire (SR) qui comprend une aile mod&#233;r&#233;e, les troudoviki (travaillistes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Les marxistes s'organisent en groupes de r&#233;flexion, &#224; l'&#233;tranger, autour de Pl&#233;khanov. La Russie doit, pour eux, passer par le stade du capitalisme avant que le prol&#233;tariat ne prenne le pouvoir et instaure le socialisme. Ils essaient de mener une propagande dans les milieux ouvriers de Saint P&#233;tersbourg, de Moscou, en Ukraine et dans les villes de la Volga. Ils fondent le Parti ouvrier social-d&#233;mocrate de Russie qui comprend deux fractions : les bolcheviks et les mencheviks, plus mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Les anarchistes d&#233;veloppent leurs id&#233;es principalement &#224; l'&#233;tranger, &#224; Gen&#232;ve et &#224; Londres notamment. Des groupes r&#233;fl&#233;chissent sur les possibilit&#233;s d'actions &#224; partir des textes de Kropotkine et de Bakounine. Kropotkine participe &#224; cet effort de propagande orient&#233; vers la Russie (envois clandestins de brochures). Il existe un ou deux groupes &#224; Saint P&#233;tersbourg, autant &#224; Moscou mais les groupements les plus actifs sont localis&#233;s dans le sud et dans la r&#233;gion ouest.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les soviets &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/kniaz-potemkin-1905-01022007-e1498486326407-1024x471.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH230/kniaz-potemkin-1905-01022007-e1498486326407-1024x471-4ec38.jpg?1775337104' width='500' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Le cuirass&#233; Potemkine - 1905&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e 1905, les ouvriers arr&#234;tent le travail par milliers. Des conseils ouvriers (soviets) sont &#233;lus dans bon nombre d'usines. Les paysans s'attaquent aux grands domaines. Certains forment des soviets ruraux. La propagande bas son plein. Les troubles gagnent m&#234;me l'arm&#233;e, d&#233;moralis&#233;e par la guerre. Les r&#233;volutionnaires l'incite &#224; fraterniser avec le peuple. Des soviets de soldats sont constitu&#233;s. Les marins, particuli&#232;rement mal trait&#233;s par les officiers, sont extr&#234;mement sensibles &#224; cette propagande. Le 27 juin 1905, l'&#233;quipage du cuirass&#233; &lt;i&gt;Potemkine &lt;/i&gt; se mutine. Quelque temps apr&#232;s, ce sont les marins de Kronstadt qui se r&#233;voltent, puis &#224; nouveaux des marins en mer Noire. Le tsar est contraint de faire quelques concessions. Il accepte qu'une Douma (assembl&#233;e l&#233;gislative) soit &#233;lue au suffrage universel. Il rappelle Witte au gouvernement. Peu &#224; peu, celui-ci devient ma&#238;tre de la situation mais le danger r&#233;volutionnaire n'est que momentan&#233;ment &#233;cart&#233;. La Douma n'offre en effet aucune garantie &#224; l'opposition. Les arrestations et les d&#233;portations montrent, s'il en &#233;tait encore besoin, que le tsar n'est pas dispos&#233; &#224; renoncer &#224; son pouvoir absolu. Les militants rejoignent la clandestinit&#233; et l'&#233;migration. L'agitation dans les usines, dans l'arm&#233;e, dans la marine, ne tarde pas &#224; r&#233;appara&#238;tre lentement au cours des ann&#233;es qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La chute du tsar &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D'importants mouvements de gr&#232;ve reprennent &#224; partir de 1915. Ils trouvent leur origine dans la situation g&#233;n&#233;rale catastrophique du pays en guerre (pertes humaines consid&#233;rables, paralysie &#233;conomique). En mars 1917 (f&#233;vrier, selon le calendrier russe), des manifestations &#233;clatent &#224; Petrograd&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anciennement Saint P&#233;tersbourg.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elles durent quelques jours au cours desquels le gouvernement perd peu &#224; peu le contr&#244;le de la situation. Une partie des militaires charg&#233;s de r&#233;tablir l'ordre fraternise avec les r&#233;volutionnaires, tuant les officiers et distribuant des armes &#224; la foule. Les b&#226;timents officiels sont envahis. Les r&#233;volutionnaires d&#233;cident de mettre sur pied un gouvernement provisoire. Le tsar est contraint d'abdiquer.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1781 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/theanarchist-pierrekropotkinev2_medium_large_1612875805.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/theanarchist-pierrekropotkinev2_medium_large_1612875805-8f807-cd268.jpg?1774709116' width='150' height='213' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Pierre Kropotkine &lt;br&gt;(dessin de &lt;a href=&#034;http://www.gengiskahn-artwork.com/albums/narchie/&#034; targte=&#034;_blank&#034;&gt;Gr&#233;gory L&#234;&lt;/a&gt;) &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Face au gouvernement provisoire, les soviets, en particulier celui de Petrograd, constituent un second pouvoir dont les attributions ne sont pas d&#233;finies. En quelques semaines, les principales villes du pays se dotent de soviets qui &#233;manent directement du peuple. Ils en sont m&#234;me les seuls &#233;l&#233;ments repr&#233;sentatifs, en l'absence de toute assembl&#233;e (Douma). Le gouvernement provisoire pr&#233;sid&#233; par le prince Lvov se montre vite incapable de surmonter les difficult&#233;s qui s'accumulent. Il ne satisfait personne et les r&#233;volutionnaires n'ont aucun mal &#224; d&#233;noncer ses maladresses. Les bolcheviks, de plus en plus intransigeants, renforcent leur structure par peur de se laisser d&#233;passer par d'autres r&#233;volutionnaires, notamment les anarchistes de Kronstadt. Les gouvernements successifs ne parviennent pas &#224; contr&#244;ler la situation. Le d&#233;sordre se g&#233;n&#233;ralise dans les campagnes, dans les usines. L'inflation prend des proportions alarmantes. Kropotkine rentre en Russie en juin. Il a alors 75 ans : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que c'est triste d'&#234;tre vieux lorsqu'une r&#233;volution si riche en cons&#233;quences mondiales se produit !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Kropotkine, &#338;uvres, Paris, Ed. Masp&#233;ro, 1976, p. 325.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Kerensky constitue un nouveau gouvernement en juillet. Il propose un minist&#232;re &#224; Kropotkine, ainsi qu'une pension et un logement. Le vieil homme refuse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comment ose-t-on me faire une semblable proposition, &#224; moi, dont toute la vie, toutes les &#339;uvres hurlent contre une pareille conception. Me croire assez s&#233;nile ou opportuniste pour me renier ainsi est une v&#233;ritable insulte, ou d&#233;note de la part de ceux qui me proposent cela une dose d'imb&#233;cilit&#233; peu commune&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, note p. 331.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; . Kropotkine veut malgr&#233; tout, dans la mesure de ses possibilit&#233;s, contribuer &#224; l'instauration d'une soci&#233;t&#233; nouvelle. En ao&#251;t, il est invit&#233; &#224; une conf&#233;rence des partis politiques &#224; Moscou. Il est le seul &#224; y prononcer un discours en faveur de la proclamation de la r&#233;publique en Russie. Au m&#234;me moment, les bolcheviks s'activent pour conqu&#233;rir la majorit&#233; dans les soviets et pour pr&#233;parer un soul&#232;vement contre le gouvernement de Kerensky.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La mise en place du r&#233;gime sovi&#233;tique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Puis les &#233;v&#233;nements s'acc&#233;l&#232;rent. En septembre, le soviet de Petrograd &#233;lit un nouveau bureau dont Trotsky est le pr&#233;sident. Les bolcheviks obtiennent &#233;galement la majorit&#233; &#224; Moscou gr&#226;ce aux actions de Boukharine, ainsi que dans plusieurs grandes villes. Au d&#233;but du mois d'octobre, L&#233;nine pense que le moment est venu de passer &#224; l'action bien que les bolcheviks soient loin d'&#234;tre tous favorables &#224; l'insurrection. Le 23 octobre, il r&#233;ussit &#224; obtenir un vote en faveur de l'insurrection par 10 voix contre 2 (celles de Kamenev et Zinoviev). Au m&#234;me moment, le bruit court &#224; Petrograd que le gouvernement et les g&#233;n&#233;raux veulent livrer la capitale aux Allemands. Les bolcheviks s'organisent avec des SR de gauche pour parer &#224; une telle &#233;ventualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 novembre, Kerensky envoie des troupes fermer l'imprimerie des bolcheviks qui continuent malgr&#233; tout &#224; publier leurs journaux. Au cours de la journ&#233;e, ils s'assurent qu'ils sont bien soutenus en diff&#233;rents points strat&#233;giques de la capitale. Le 7 novembre, les insurg&#233;s proclament la destitution du gouvernement provisoire. Le palais d'Hiver est pris d'assaut. Le croiseur &lt;i&gt;Aurore&lt;/i&gt;, des marins de Kronstadt, tire quelques coups de canon. Les ministres capitulent. Le II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s des soviets ouvre sa s&#233;ance &#224; la tomb&#233;e de la nuit du 7 au 8 novembre. Sur 670 repr&#233;sentants, les bolcheviks sont 390 et ont, en outre, l'appui de quelques SR et de quelques mencheviks. L&#233;nine peut d&#233;clarer, avant de clore la s&#233;ance : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous passons maintenant &#224; L'&#233;dification de l'ordre socialiste&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Michel Laran, Russie-URSS 1870-1970, Editions Masson, 1973, p. 97.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le gouvernement est constitu&#233; dans l'apr&#232;s-midi du 8 novembre. Sur proposition de Trotsky, il se nomme &#171; Conseil des commissaires du peuple &#187;. Il est pr&#233;sid&#233; par L&#233;nine et ne comprend que des bolcheviks, 15 au total dont Rykov &#224; l'Int&#233;rieur, Lounatcharski &#224; l'Instruction publique, Trotsky aux Affaires &#233;trang&#232;res. Pour la question des nationalit&#233;s, une commission pr&#233;sid&#233;e par Staline est constitu&#233;e. Les opposants (SR de droite, mencheviks) ont quitt&#233; le II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s des soviets. Celui-ci approuve la composition du nouveau gouvernement en fin de soir&#233;e. Il ratifie, en outre, les deux d&#233;crets r&#233;dig&#233;s par L&#233;nine : le d&#233;cret sur la paix et le d&#233;cret sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une s&#233;rie de r&#233;formes intervient dans les semaines qui suivent : abolition des distinctions honorifiques, droit &#224; l'autod&#233;termination des nationalit&#233;s, &#233;lection des officiers, des juges, la&#239;cisation de l'&#233;tat civil, &#233;galit&#233; des sexes, s&#233;paration de l'Eglise et de l'&#201;tat, la&#239;cisation de l'enseignement, instauration du calendrier occidental, simplification de l'alphabet cyrillique, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les r&#233;sistances &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks se rendent ma&#238;tres de Moscou et progressent de ville en ville jusqu'&#224; la Sib&#233;rie occidentale. Fin novembre, les &#233;lections de l'Assembl&#233;e constituante donnent la majorit&#233; absolue (58% des voix) aux SR. Les bolcheviks obtiennent 25% des voix et d&#233;cident de dissoudre cette assembl&#233;e. Les SR reprennent les armes (assassinats politiques, tentative d'assassinat contre L&#233;nine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est d&#233;licate dans le sud du pays o&#249; les socialistes et les lib&#233;raux restent influents surtout dans les petites villes et les campagnes. Ils d&#233;cident de s'organiser pour lutter contre le r&#233;gime sovi&#233;tique. En Ukraine, la situation est encore plus confuse. Les nationalistes ukrainiens proclament la R&#233;publique de Kiev, d&#233;clarent la guerre au r&#233;gime et signent une paix s&#233;par&#233;e avec l'Allemagne et l'Autriche alors que Makhno commence &#224; former une arm&#233;e de volontaires. Parall&#232;lement &#224; cette constitution de l'arm&#233;e &#171; makhnoviste &#187;, un mouvement de collectivisation des terres commence. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pendant ce temps, dans les campagnes, en particulier dans la partie zaporogue de l'Ukraine, l&#224; o&#249; l'autocratie n'a jamais pu abolir enti&#232;rement l'esprit libre, la paysannerie laborieuse r&#233;volutionnaire consid&#232;re comme de son devoir le plus imp&#233;rieux et le plus fondamental l'emploi de l'action r&#233;volutionnaire directe pour se lib&#233;rer au plus vite des pomechtchiks et des koulaks, estimant que cette &#233;mancipation faciliterait la victoire contre la coalition socialo-bourgeoise (...). &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;61&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/makhno_group.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH339/makhno_group-7a977.jpg?1775337104' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nestor Makhno, au centre, avec Fedir Shchus &#224; droite, 1919.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les paysans saisissent ensuite directement les propri&#233;t&#233;s et le b&#233;tail des pomechtchiks, des koulaks, des monast&#232;res et des terres d'&#201;tat ; cela, en instituant constamment des comit&#233;s locaux de gestion de ces biens, afin de les r&#233;partir entre les diff&#233;rents villages et communes. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un anarchisme instinctif transpara&#238;t clairement dans toutes ces intentions de la paysannerie laborieuse d'Ukraine, lesquels expriment une haine non dissimul&#233;e pour toute autorit&#233; &#233;tatique, sentiment accompagn&#233; d'une nette aspiration &#224; s'en lib&#233;rer&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nestor Makhno, article paru dans Dielo Trouda n&#176; 29, oct. 1927, in La lutte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks veulent en finir avec l'opposition. Le parti KD est d&#233;clar&#233; hors-la-loi, les arrestations se multiplient. En d&#233;cembre 1917, la Tcheka est cr&#233;&#233;e. L&#233;nine en confie la direction &#224; Dzerjinski. Cet organe, qui ressemble &#233;trangement &#224; l'Okhrana tsariste, est charg&#233; de combattre l'opposition sous toutes ses formes. De larges pouvoirs mal d&#233;finis lui sont confi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition int&#233;rieure est encourag&#233;e par l'intervention &#233;trang&#232;re (&#201;tats-Unis, France, Angleterre, Japon). Une guerre civile qui durera plus de trois ans commence, ravageant les territoires et terrorisant les population. Les bolcheviks qui ne contr&#244;lent que 25% du territoire environ mettent en place une dictature impitoyable afin de conserver le pouvoir. L'Arm&#233;e rouge est cr&#233;&#233;e le 28 janvier 1918. En juin, le service militaire devient obligatoire pour tout homme de 18 &#224; 40 ans. L'&#233;lection des officiers est abolie la m&#234;me ann&#233;e. En pleine guerre civile, L&#233;nine d&#233;cide de rencontrer Kropotkine. L&#233;nine respecte Kropotkine principalement pour son &#339;uvre sur la R&#233;volution fran&#231;aise. Il appr&#233;cie particuli&#232;rement la fa&#231;on dont l'auteur a su mettre l'accent sur l'action du peuple. Il consid&#232;re hautement cette &#233;tude et en souhaite une tr&#232;s large diffusion dans toute la Russie. Mais ceci ne suffit certainement pas &#224; le d&#233;cider &#224; rencontrer Kropotkine. Au-del&#224; de son estime personnelle pour l'historien, il souhaite probablement obtenir le ralliement de Kropotkine au pouvoir bolchevique en esp&#233;rant ainsi porter un coup d&#233;cisif aux anarchistes ukrainiens, les makhnovistes, que le pouvoir bolchevique ne parvient pas &#224; mater. Mais le vieil homme, fid&#232;le &#224; ses id&#233;es, ne peut se rallier &#224; la dictature du parti communiste qu'il consid&#232;re comme une erreur fondamentale dans la r&#233;volution : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Russie n'est une R&#233;publique sovi&#233;tique que de nom&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#338;uvres, Op. Cit.p. 339.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Toutefois, le 10 juin 1920, il adresse une lettre aux ouvriers occidentaux dans laquelle il condamne l'aide &#233;trang&#232;re apport&#233;e &#224; la r&#233;bellion contre la r&#233;volution : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tous, pas seulement les travailleurs, mais tous les &#233;l&#233;ments progressistes des nations civilis&#233;es, doivent mettre obstacle &#224; l'aide donn&#233;e, jusqu'ici, aux adversaires de la r&#233;volution. Non qu'il n'y aurait rien &#224; objecter aux m&#233;thodes du gouvernement bolcheviste. Loin de l&#224; ! Mais chaque intervention arm&#233;e d'un pouvoir &#233;tranger renforce n&#233;cessairement les tendances dictatoriales du gouvernement et paralyse les efforts des Russes qui, ind&#233;pendamment du gouvernement, sont pr&#234;ts &#224; aider la Russie et la reconstruction de la vie sur de nouvelles bases&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid, p. 343.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il ne se fait aucune illusion sur la nature du gouvernement bolchevique mais ne souhaite pas en voir renforcer le caract&#232;re autoritaire. Il est r&#233;volutionnaire et c'est &#224; ce titre qu'il d&#233;fend la r&#233;volution en Russie. En 1921, les bolcheviks sortent victorieux de la guerre civile mais le pays est &#233;puis&#233;, la situation &#233;conomique est catastrophique. On doit enregistrer, dans ce domaine, un recul de plusieurs d&#233;cennies. La population est d&#233;moralis&#233;e, les vivres manquent, la situation sanitaire est d&#233;plorable. La propagande des mencheviks, des anarchistes et des SR contre le monopole du pouvoir bolchevique a peu &#224; peu des &#233;chos dans la population. Au sein m&#234;me du parti communiste, &#171; l'opposition ouvri&#232;re &#187; demande une d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;400&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/ZlZtuRmEeMA&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine s'&#233;teint le 8 f&#233;vrier 1921. Le 13, son enterrement est l'occasion d'une grande manifestation. Des milliers de personnes assistent &#224; la c&#233;r&#233;monie. Ce sera la derni&#232;re manifestation anarchiste et antibolchevique. Les organisations anarchistes russes saisissent l'occasion pour exiger la lib&#233;ration de tous les anarchistes emprisonn&#233;s par les communistes. La Tcheka consent &#224; en lib&#233;rer sept alors que des centaines sont incarc&#233;r&#233;s. Ces sept personnes s'engagent &#224; retourner en prison apr&#232;s les obs&#232;ques et elles tiendront parole. Le 28 f&#233;vrier 1921, les marins de Kronstadt se rebellent. L&#233;nine comprend tr&#232;s vite la gravit&#233; du slogan : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vivent les soviets ! A bas les communistes&lt;/q&gt; qui peut rapidement encourager la gu&#233;rilla paysanne qui s&#233;vit encore en Ukraine. Un ultimatum est lanc&#233; aux &#171; &#233;gar&#233;s &#187; avant l'attaque, le 7 mars, selon un plan &#233;labor&#233; par Trotsky. Le 18 mars, pour le cinquantenaire de la Commune de Paris, la r&#233;volte des marins de Kronstadt est &#233;cras&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/png/marins_de_kronstadt_1921-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH353/marins_de_kronstadt_1921-2-0a7b3.png?1775337104' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marins de Kronstadt.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les bolcheviks interdisent l'activit&#233; de tous les partis ou groupes d'opposition, emprisonnent les opposants ou les autorisent &#224; quitter le pays. Le X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s du parti (8-16 mars 1921) interdit m&#234;me toute fraction en son sein. A partir de mars 1921, les bolcheviks sont les ma&#238;tres absolus en Russie. Le pays s'engage sur les voies du stalinisme. Kropotkine n'est plus l&#224; pour constater ce qu'il avait su, tr&#232;s t&#244;t, analyser avec clairvoyance, ce qu'il avait tent&#233; de faire comprendre &#224; L&#233;nine en 1919, ce qu'il a r&#233;p&#233;t&#233; jusqu'&#224; la fin de sa vie : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La tentative de construire une R&#233;publique communiste sous la r&#232;gle de fer de la dictature d'un parti finira en une faillite&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;lbid, p. 345.&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.partage-noir.fr/liberte-pour-les-prisonniers-qui-luttent-pour-les-ideaux-de-l" class="spip_out"&gt;Libert&#233; pour les prisonniers qui luttent pour les id&#233;aux anarchistes - Courte bande dessin&#233;e de N. O. Bonzo sur les fun&#233;railles de Pierre Kropotkine.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Anciennement Saint P&#233;tersbourg.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Kropotkine, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Paris, Ed. Masp&#233;ro, 1976, p. 325.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid, note p. 331.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Michel Laran, &lt;i&gt;Russie-URSS 1870-1970&lt;/i&gt;, Editions Masson, 1973, p. 97.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nestor Makhno, article paru dans &lt;i&gt;Dielo Trouda&lt;/i&gt; n&#176; 29, oct. 1927, in &lt;i&gt;La lutte contre l'&#201;tat et autres &#233;crits&lt;/i&gt;, Ed. J.-P. Ducret, 1984, p. 18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Op. Cit.p. 339.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid, p. 343.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;lbid, p. 345.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Victor Serge</title>
		<link>https://partage-noir.fr/victor-serge-1113</link>
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		<dc:date>2022-06-14T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aurore Kermadec </dc:creator>


		<dc:subject>Victor Serge</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Se forger une pens&#233;e n'est pas chose facile. Lorsque l'environnement social s'y oppose, faire co&#239;ncider cette pens&#233;e avec ses actes exige des sacrifices mat&#233;riels et une r&#233;flexion permanente que peu d'&#234;tres humains peuvent soutenir. Victor Serge appartient &#224; cette cat&#233;gorie d'hommes. L'histoire le pla&#231;a tr&#232;s t&#244;t aux c&#244;t&#233;s des vaincus qui, dot&#233;s d'une force morale exceptionnelle, ne se r&#233;signent jamais ; ceux qui ne rendent jamais leurs armes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no12-henry-poulaille-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;12 : &#171; Henry Poulaille &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-victor-serge-+" rel="tag"&gt;Victor Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1113-5e1fc.jpg?1774710834' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Se forger une pens&#233;e n'est pas chose facile. Lorsque l'environnement social s'y oppose, faire co&#239;ncider cette pens&#233;e avec ses actes exige des sacrifices mat&#233;riels et une r&#233;flexion permanente que peu d'&#234;tres humains peuvent soutenir. Victor Serge appartient &#224; cette cat&#233;gorie d'hommes. L'histoire le pla&#231;a tr&#232;s t&#244;t aux c&#244;t&#233;s des vaincus qui, dot&#233;s d'une force morale exceptionnelle, ne se r&#233;signent jamais ; ceux qui ne rendent jamais leurs armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'itin&#233;raire peu banal de Victor Kibaltchitch (dit Victor Serge) commen&#231;a &#224; la fin du si&#232;cle dernier en Belgique, pays dans lequel son p&#232;re, r&#233;volutionnaire russe, s'&#233;tait r&#233;fugi&#233;. Il naquit en 1890 &#224; Bruxelles. Son p&#232;re fut aussi son pr&#233;cepteur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je n'avais pas &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole primaire, mon p&#232;re m&#233;prisant ce &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;stupide enseignement bourgeois pour les pauvres&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; et ne pouvant pas payer le coll&#232;ge. Il travaillait lui-m&#234;me avec moi, peu et mal ; mais la passion de savoir et le rayonnement d'une intelligence qui ne consentait jamais &#224; s'assoupir, qui ne reculait jamais devant une recherche ou une conclusion, &#233;manaient de lui &#224; un tel degr&#233; que j'en &#233;tais magn&#233;tis&#233; et que je courais les mus&#233;es, les biblioth&#232;ques, les &#233;glises, remplissant des cahiers de notes, fouillant les encyclop&#233;dies.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;V. Serge, M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire 1901-1941, Paris, Seuil, 1978, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Vers l'&#226;ge de 16 ans, il eut divers petits boulots jusqu'&#224; son d&#233;part pour Lille o&#249; il v&#233;cut quelques mois avant de s'installer &#224; Paris en 1909.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH221/libertad_albert-23d0b-bb52f.jpg?1774724785' width='150' height='221' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Albert Libertad.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Adolescent, il se consid&#233;rait comme socialiste mais n'avait d'attirance ni pour le socialisme r&#233;formiste ni pour le socialisme intransigeant de Jules Guesde. Il se sentait plus proche des anarchistes. Il v&#233;cut d'ailleurs quelques mois dans une communaut&#233; libertaire o&#249; il apprit &#224; r&#233;diger, &#224; composer, &#224; corriger et &#224; imprimer. D&#232;s son arriv&#233;e &#224; Paris, il fr&#233;quenta certains libertaires. Travaillant tout d'abord comme dessinateur dans une fabrique de machines &#224; Belleville, il abandonna tr&#232;s vite ce travail, s'installa pr&#232;s du Panth&#233;on et v&#233;cut en donnant des cours de fran&#231;ais &#224; des &#233;tudiants russes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mieux valait crever un peu de faim en lisant dans le jardin du Luxembourg que manger &#224; ma faim et dessiner des bielles jusqu'&#224; ne plus pouvoir penser &#224; rien.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 30.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Il collabora, sous plusieurs pseudonymes &#8212;Le R&#233;tif surtout &#8212;, au journal &lt;i&gt;l'anarchie&lt;/i&gt; fond&#233; par Albert Libertad et devait en assurer la direction &#224; partir de 1911.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anarchiste d&#233;clar&#233; et ami d'enfance de Raymond Callemin (le &#171; Raymond la Science &#187; de la bande &#224; Bonnot), il fut arr&#234;t&#233; et condamn&#233; &#224; cinq ans de r&#233;clusion dans le cadre du proc&#232;s. Il avait alors 22 ans : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La prison me chargea d'une si lourde exp&#233;rience, et si intol&#233;rable &#224; porter, que longtemps apr&#232;s, quand je me remis &#224; &#233;crire, mon premier livre &#8212; un roman &#8212; fut un effort pour me lib&#233;rer de ce cauchemar int&#233;rieur, et aussi l'accomplissement d'un devoir envers tous ceux qui ne s'en lib&#233;reront jamais &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(Les Hommes dans la prison)&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 52. Pour plus de pr&#233;cisions sur les relations de V. Serge avec la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa lib&#233;ration en 1917, n'ayant plus le droit de r&#233;sider en France, il partit pour Barcelone o&#249; il reprit une action militante. Il participa notamment &#224; l'insurrection de juillet dans cette ville. Fr&#233;quentant les milieux anarchistes espagnols, il s'exprimait dans &lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt;, le journal de la CNT, et dans &lt;i&gt;Tierra y Libertad&lt;/i&gt;. C'est d'ailleurs dans ce second journal qu'il signa pour la premi&#232;re fois Victor Serge.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une vie pour la r&#233;volution &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1412 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/victor_serge-31453-605d7.jpg?1774787620' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor Serge.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1918, comme d'autres, il d&#233;cida de partir pour la Russie, pensant qu'il pourrait &#234;tre utile &#224; la r&#233;volution. Pourtant, d&#232;s le premier contact, il eut quelques doutes quant &#224; la volont&#233; d&#233;mocratique des bolcheviks : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous nous attendions &#224; respirer &#224; Petrograd l'air d'une libert&#233;, sans doute dure et m&#234;me cruelle &#224; ses ennemis, mais large et tonique. Et nous trouvions dans ce premier journal un terne article sign&#233; G. Zinoviev sur &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le monopole du pouvoir&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moires, p. 77.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il se fit cependant &#171; compagnon de route &#187; avant d'adh&#233;rer au Parti en 1919. Bien qu'il consid&#233;r&#226;t la centralisation et l'autoritarisme comme des erreurs, il d&#233;cida de travailler avec les bolcheviks, occupant alors diverses fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1921, les mensonges de la presse bolchevique &#224; propos de la r&#233;volte des marins de Cronstadt et la violente r&#233;pression qui suivit le laiss&#232;rent perplexe. N'ayant aucun moyen d'action sur le gouvernement, il d&#233;cida, comme d'autres, de fuir la Russie sans rompre avec le r&#233;gime, en se faisant nommer &#224; l'&#233;tranger. C'est ainsi que les autorit&#233;s sovi&#233;tiques l'envoy&#232;rent d'abord &#224; Berlin en 1921 o&#249; il travailla &#224; la r&#233;daction d'une agence de presse de l'Internationale communiste, puis &#224; Vienne en 1922.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1923, il se rapprocha de l'aile gauche du Parti (tendance repr&#233;sent&#233;e par Preobrajenski et Trotski). Il rentra en Russie en 1925 pensant qu'il &#233;tait alors encore possible de r&#233;nover le Parti, de restaurer l'esprit de la r&#233;volution. Il devint ainsi l'un des dirigeants de l'opposition de gauche &#224; Leningrad. La r&#233;action des autorit&#233;s fut rapide. Il fut exclu du Parti en 1928 et emprisonn&#233;, mais lib&#233;r&#233; apr&#232;s quelques semaines car la nouvelle de son arrestation &#233;tait arriv&#233;e &#224; Paris. Il perdit alors toute illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Terrass&#233; par une occlusion intestinale &#224; sa sortie de prison, il crut mourir et regretta alors de n'avoir pas suffisamment &#233;crit. Opposant r&#233;duit &#224; l'inaction politique, il d&#233;cida, au cas o&#249; il ne mourrait pas, de se consacrer &#224; l'&#233;criture. C'est effectivement ce qu'il fit. Craignant toutefois d'&#234;tre arr&#234;t&#233;, il adapta la forme de ses &#233;crits aux conditions dans lesquelles il &#233;tait plac&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'adoptai pour mes livres une forme appropri&#233;e ; il fallait les construire par fragments d&#233;tach&#233;s susceptibles d'&#234;tre achev&#233;s s&#233;par&#233;ment et aussit&#244;t envoy&#233;s &#224; l'&#233;tranger ; susceptibles d'&#234;tre publi&#233;s &#224; la rigueur tels quels sans continuation ; et il me serait difficile de composer autrement. &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 275.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Entre 1928 et 1933, il &#233;crivit plusieurs romans et ouvrages historiques qui furent publi&#233;s en France et en Espagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse de l'&#339;uvre litt&#233;raire de V. Serge, voir notamment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1933, il fut arr&#234;t&#233;, puis condamn&#233; apr&#232;s deux mois d'interrogatoire &#224; trois ans de d&#233;portation dans l'Oural. A partir de 1934 et surtout en 1935, des intellectuels protest&#232;rent en France pour obtenir des informations sur sa d&#233;tention, voire sa lib&#233;ration (A. Gide, H. Poulaille, R. Rolland, etc.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de pr&#233;cisions sur ce soutien actif, cf. Socialisme, op. cit., pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fut finalement lib&#233;r&#233; en 1936 et expuls&#233; d'Union sovi&#233;tique avec femme et enfants apr&#232;s avoir pass&#233; dix-sept ans dans ce pays. Seule la Belgique accepta de l'accueillir et lui accorda un permis de s&#233;jour de trois ans. Des ann&#233;es de calomnies et de menaces commenc&#232;rent alors, d'abord en Belgique puis &#224; Paris o&#249; il retourna s'installer &#224; partir de 1937. Il fut r&#233;guli&#232;rement d&#233;nonc&#233; &#224; la police pour diverses actions terroristes sans fondement. Les communistes pr&#233;sents dans les maisons d'&#233;dition exer&#231;aient une forte pression pour qu'il ne soit pas &#233;dit&#233;. Pour la m&#234;me raison, il ne pouvait pas plus s'exprimer dans la presse de gauche. Ne pouvant vivre de sa plume, il reprit le m&#233;tier de sa jeunesse : correcteur d'imprimerie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#226;ce aux efforts d'Henry Poulaille, les &#233;ditions Grasset accept&#232;rent de le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa rupture d&#233;finitive avec les communistes et les trotskistes date de cette &#233;poque. Elle eut la guerre d'Espagne pour toile de fond. Serge comprit tr&#232;s vite que Staline, bien qu'aidant en apparence les r&#233;volutionnaires espagnols, n'avait, en fait, aucun int&#233;r&#234;t &#224; voir triompher les r&#233;publicains dans les rangs desquels se battaient un grand nombre d'anarchistes et de marxistes critiques. Habitu&#233; aux m&#339;urs politiques sovi&#233;tiques, il put pr&#233;voir, sans grande difficult&#233;, que l'assassinat politique et la calomnie seraient institu&#233;s par les communistes en Espagne :&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous n'e&#251;mes qu'un cri : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La R&#233;publique espagnole est perdue !&lt;/q&gt;&lt;/span&gt; Impossible de vaincre le fascisme, en effet, en instituant &#224; l'int&#233;rieur un r&#233;gime de camps de concentration et d'assassinat contre les antifascistes les plus &#233;nergiques et les plus s&#251;rs ; et en perdant ainsi le prestige moral de la d&#233;mocratie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moires, p. 356. Sur les rapports de V. Serge avec l'Espagne, lire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; C'est aussi face &#224; leur attitude dans la guerre d'Espagne que Serge commen&#231;a &#224; entrevoir le sectarisme de Trotski et des trotskistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e des relations Serge-Trotski, cf. Socialisme, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le trotskisme calomni&#233;, fusill&#233;, assassin&#233; faisait &#224; l'occasion preuve d'une mentalit&#233; sym&#233;trique &#224; celle du stalinisme qui le broyait.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;moires, p. 369.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 1940, il partit pour le sud de la France. Ayant pu obtenir un visa pour le Mexique, il quitta d&#233;finitivement ce pays avec son fils au d&#233;but de l'ann&#233;e 1941. Il consacra l'essentiel des derni&#232;res ann&#233;es de sa vie &#224; la r&#233;daction de ses M&#233;moires et mourut d'une crise cardiaque &#224; Mexico en 1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Serge incarne une &#233;poque, celle des engagements id&#233;ologiques. L'&#233;poque o&#249; l'on croyait que le syst&#232;me capitaliste pouvait &#224; force de luttes &#234;tre renvers&#233; pour un syst&#232;me meilleur, plus juste, o&#249; l'&#234;tre humain serait n&#233;cessairement respect&#233;. Toujours oppos&#233; par principe &#224; la suppression des libert&#233;s politiques, &#224; la censure sous toutes ses formes, il consid&#233;rait que sans libert&#233; de pens&#233;e, aucun progr&#232;s intellectuel n'&#233;tait possible. C'est pour cela qu'il fut d'abord anarchiste, c'est pour cela qu'il soutint la r&#233;volution russe, c'est pour cela aussi qu'il rompit avec le bolchevisme, puis le trotskisme, et revint &#224; un socialisme libertaire. Optimiste jusqu'&#224; la fin de sa vie, il consid&#233;ra que les exp&#233;riences de sa g&#233;n&#233;ration, ses combats, ses sacrifices, ses erreurs pouvaient &#234;tre utiles aux g&#233;n&#233;rations futures pour construire un socialisme humain, un socialisme qui ne renierait pas les libert&#233;s &#233;l&#233;mentaires de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie de Victor Serge nous offre un bel exemple de lutte, de r&#233;flexion et surtout d'int&#233;grit&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;V. Serge, &lt;i&gt;M&#233;moires d'un r&#233;volutionnaire 1901-1941&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1978, collection Points, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 52. Pour plus de pr&#233;cisions sur les relations de V. Serge avec la bande &#224; Bonnot, voir notamment &#171; Actes du colloque organis&#233; par l'Institut de sociologie de l'Universit&#233; libre de Bruxelles, 21, 22, 23 mars 1991 &#187; &lt;i&gt;Socialisme &lt;/i&gt; n&#176;226-227, Bruxelles, juillet-octobre 1991, notamment pp. 284-285.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 275.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une analyse de l'&#339;uvre litt&#233;raire de V. Serge, voir notamment &lt;i&gt;Socialisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 408-422.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour plus de pr&#233;cisions sur ce soutien actif, cf. &lt;i&gt;Socialisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 328-337.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gr&#226;ce aux efforts d'Henry Poulaille, les &#233;ditions Grasset accept&#232;rent de le publier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, p. 356. Sur les rapports de V. Serge avec l'Espagne, lire l'article tr&#232;s int&#233;ressant de Pelai Pages I Blanch publi&#233; dans &lt;i&gt;Socialisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 357-367.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une analyse plus d&#233;taill&#233;e des relations Serge-Trotski, cf. &lt;i&gt;Socialisme&lt;/i&gt;, op. cit., pp. 337-352. Voir &#233;galement les explications de Serge dans ses &lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, notamment les pages 411-412.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;moires&lt;/i&gt;, p. 369.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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