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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [10]</title>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


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		<description>&lt;p&gt;Nous passons ensuite devant un Caf&#233; et je m'&#233;tonne de le voir ferm&#233;. On me r&#233;pond qu'il n'est ouvert que les samedi et dimanche, car chacun peut avoir gratuitement &#224; la coop&#233;rative des vins de tous les go&#251;ts. Nous rentrons de nouveau &#224; la maison syndicale que nous inspectons en montant. On me fait remarquer que les planelles sont dispos&#233;es en croix gamm&#233;es et en en levant quelques-unes on voit &#224; l'&#233;tage inf&#233;rieur. A l'int&#233;rieur, je peux voir avec quel soin m&#233;ticuleux le chatelain avait fait de sa demeure une vraie forteresse.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1223-f9480.png?1774719689' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;992 &#8211; 12 F&#233;vrier 1938&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous passons ensuite devant un Caf&#233; et je m'&#233;tonne de le voir ferm&#233;. On me r&#233;pond qu'il n'est ouvert que les samedi et dimanche, car chacun peut avoir gratuitement &#224; la coop&#233;rative des vins de tous les go&#251;ts. Nous rentrons de nouveau &#224; la maison syndicale que nous inspectons en montant. On me fait remarquer que les planelles sont dispos&#233;es en croix gamm&#233;es et en en levant quelques-unes on voit &#224; l'&#233;tage inf&#233;rieur. A l'int&#233;rieur, je peux voir avec quel soin m&#233;ticuleux le chatelain avait fait de sa demeure une vraie forteresse. Dans chaque pi&#232;ce il suffit de tirer &#224; soi de petits boutons, qui semblent clou&#233;s sur la tapisserie, pour avoir une petite meurtri&#232;re de 10 X 20 cm., laissant voir clans l'escalier et derri&#232;re chaque porte. La position de chacune a d&#251; &#234;tre longuement &#233;tudi&#233;e, car tous les coins et recoins de la cage d'escalier sont visibles. Un frugal repas nous est servi et nous mangeons tout en &#233;coutant le r&#233;cit de la r&#233;volution dans le village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 juillet, les nouvelles venant de L&#233;rida et Barcelone &#233;taient tr&#232;s favorables, aussi les membres de la CNT n'h&#233;sit&#232;rent-ils pas un instant, ne voulant pas attendre d'avoir les fascistes &#224; leurs portes. Quelques membres se rendirent donc chez ce seigneur, grand propri&#233;taire qui exploitait, d'accord avec les cur&#233;s, toute la population de cette r&#233;gion. L'un d'eux se pr&#233;senta &#224; la porte et, comme d'habitude, tira la sonnette. La femme du tyran vint r&#233;pondre sans m&#233;fiance et fut entra&#238;n&#233;e sans violence &#224; une vingtaine de m&#232;tres. Son mari ne la voyant pute revenir se mit au balcon et commen&#231;a par insulter et menacer les ouvriers de graves repr&#233;sailles. Ceux-ci gard&#232;rent un calme absolu et l'invit&#232;rent &#224; se rendre s'il tenait qu'aucun mal ne soit fait &#224; sa femme et &#224; ses enfants. Il finit par s'apaiser et descendit sur la place. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#233;sarm&#233;, il dut accompagner les camarades pour faire une perquisition &#224; son logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses armes et munitions y furent d&#233;couvertes, un plan d&#233;taill&#233; du village et des environs avec diverses inscriptions, ainsi qu'une volumineuse correspondance tr&#232;s compromettante pour lui. Les hommes de la CNT ne voulurent pas s'arr&#234;ter l&#224;, dirig&#232;rent leurs pas du c&#244;t&#233; de l'&#233;glise. Ils s'empar&#232;rent sans difficult&#233; des trois cur&#233;s et une minutieuse visite des lieux leur fit d&#233;couvrir tout un arsenal de guerre. Parmi les petits papiers de ces canailles, ils trouv&#232;rent une liste portant les noms de trente-deux ouvriers &#224; fusiller sit&#244;t la r&#233;volte r&#233;ussie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement la population fut assembl&#233;e et toutes les d&#233;couvertes leur furent r&#233;v&#233;l&#233;es. Tous demand&#232;rent que justice soit faite et l'ex&#233;cution fut fix&#233;e au lendemain au lever du jour, devant le cimeti&#232;re. Le jour suivant, &#224; 5 heures, les quatre coquins furent fusill&#233;s et aujourd'hui tous se f&#233;licitent d'avoir os&#233;. Quelques autres fascistes qui n'avaient qu'une activit&#233; secondaire, essay&#232;rent de fomenter un complot en se r&#233;unissant sous le nom de UGT, mais ils furent d&#233;couverts et la majeure partie s'enfuirent sans clairons ni trompettes. Quelques semaines plus tard, la veuve du seigneur fut envoy&#233;e &#224; Barcelone avec ses deux enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les paysans ont r&#233;uni leurs terrains &#224; ceux qui appartenaient &#224; ces senors et ils les cultivent en collectivit&#233;. La majeure partie des produits sont &#233;chang&#233;s &#224; L&#233;rida contre tout ce qui peut &#234;tre n&#233;cessaire aux habitants. Nous passerons la soir&#233;e avec un camarade rest&#233; au village pour cause de maladie. A minuit, nous rentrons &#224; la maison syndicale o&#249;, para&#238;t-il, une chambre est pr&#234;te pour nous et je souris de bon c&#339;ur quand on m'apprend que c'&#233;tait la chambre &#224; coucher du gros propri&#233;taire et de sa femme. C'est avec joie que nous nous glissons entre ces draps luxueux pour dormir d'un sommeil plein de r&#234;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je suis oblig&#233; &#224; contre-c&#339;ur de me s&#233;parer de ces braves gens qui sont d&#233;j&#224; pour moi de bons amis. Ils m'invitent, pour quand je reviendrai de Suisse, &#224; venir travailler avec eux. Nous montons dans une de ces l&#233;gendaires carrioles espagnoles &#224; deux roues et recouverte en demi-cercle par une toile grise. Beaucoup d'habitants sont venus nous saluer et nous partons accompagn&#233;s d'une ovation enthousiaste. Nous descendons de nouveau &#224; Fraga, que nous visitons aussi ; l&#224; encore, les habitants se sont organis&#233;s en collectivit&#233;. Le car postal nous transportera rapidement &#224; L&#233;rida, o&#249; nous avons la chance de trouver Chevalier et Pianta. Le m&#234;me jour, nous arrivons &#224; Barcelone, o&#249; la vie noue semble chang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voyons plus beaucoup de drapeaux rouge et noir, CNT-FAI, ni de joyeux miliciens en permission. Les chaises des Rambla sont occup&#233;es par des senors ne paraissant pas &#234;tre du peuple et les hauts parleurs ne diffusent plus leurs belles chansons r&#233;volutionnaires. Aux b&#226;timents officiels flottent les drapeaux r&#233;publicains et le milicien qui r&#233;glementait la circulation avec un petit drapeau a &#233;t&#233; remplac&#233; par un garde d'assaut, mieux arm&#233; qu'un soldat partant &#224; l'attaque. A l'h&#244;tel, impossible d'obtenir plus de deux plats et des queues sans nombre sont organis&#233;es devant les d&#233;bits de tabac, viande, pain. Les restaurants chics semblent avoir chang&#233; leur client&#232;le, car les tables sont occup&#233;es par des senora aux visages s&#233;v&#232;res, qui posent sur nous un regard d&#233;daigneux et leurs l&#232;vres se plissent de d&#233;go&#251;t. Apr&#232;s quatre jours de d&#233;marches compliqu&#233;es, je r&#233;ussis enfin &#224; faire l&#233;galiser mon passe-port par la G&#233;n&#233;ralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon d&#233;part est fix&#233; au dimanche, &#224; 19 heures, et je profite des derniers instants pour faire mes adieux &#224; toutes mes connaissances. Chevalier, Planta et Monnier viennent m'accompagner jusqu'&#224; la gare et me disent leur impatience de venir se reposer dans leurs familles. Nous nous s&#233;parons bien tristement, eux avec le regret de ne pouvoir partir et moi avec le regret de les quitter. A 3 heures, le train arrive &#224; Port-Bou, qui a &#233;t&#233; bombard&#233;e &#224; plusieurs reprises. L'animation joyeuse qui remplissait les rues &#224; mon premier passage a compl&#232;tement disparu et j'ai mille peines &#224; me faire servir un petit d&#233;jeuner. A 9 heures. j'arrive &#224; Cerb&#232;re, premi&#232;re station fran&#231;aise, et je dis adieu &#224; l'Espagne, esp&#233;rant quand m&#234;me y revenir un jour.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [09]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans notre groupe, le moral flotte un peu. Quatre Suisses sont partis, malades ou d&#233;moralis&#233;s. Pianta ne peut supporter les privations, &#233;tant &#224; peine remis de la fi&#232;vre typho&#239;de et il s'en va avec Chevalier, qui souffre de nouveau de sa blessure. Grimaldi doit se faire op&#233;rer et part aussi. Gerber, qui &#233;tait dans un autre groupe, vient nous rejoindre et nous &#233;gayer un peu. Sell&#232;s se plaint, ses blessures s'&#233;tant r&#233;ouvertes et il nous quittera avec Monnier, tr&#232;s malade aussi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1274-9ffdd.jpg?1774727038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;I&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/I&gt; N&#176;991 &#8211; 29 Janvier 1938&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans notre groupe, le moral flotte un peu. Quatre Suisses sont partis, malades ou d&#233;moralis&#233;s. Pianta ne peut supporter les privations, &#233;tant &#224; peine remis de la fi&#232;vre typho&#239;de et il s'en va avec &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt;, qui souffre de nouveau de sa blessure. Grimaldi doit se faire op&#233;rer et part aussi. Gerber, qui &#233;tait dans un autre groupe, vient nous rejoindre et nous &#233;gayer un peu. Sell&#232;s se plaint, ses blessures s'&#233;tant r&#233;ouvertes et il nous quittera avec Monnier, tr&#232;s malade aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plus de trois mois que nous n'avons pas eu de permission et la rel&#232;ve ne vient pas. J'ai beau dire : Tout va bien ! mais tout va mal et je commence aussi &#224; &#234;tre d&#233;moralis&#233;. Serra fait tout son possible pour m'encourager, mais il n'arrive pas &#224; me convaincre. Les vivres deviennent aussi rares que la munition. Je souffre depuis quelque temps de violents maux de t&#234;te, ce qui ne contribue pas &#224; gu&#233;rir le moral. Un jour, peu apr&#232;s midi, un camarade se trompe de chemin et se fait mitrailler par les fascistes. Nous assistons impuissants &#224; sa course folle d'un tas de paille &#224; un autre, et c'est miracle qu'il r&#233;ussisse &#224; nous rejoindre sans une blessure. C'est Monnier qui revient, ne pouvant rester &#224; l'ambulance suisse, faute de place. Cette &#233;motion l'a compl&#232;tement &#233;branl&#233; et il reprend &#224; nouveau mal. Je demande pour lui au Comit&#233; s'il serait possible d'avoir de temps en temps une bo&#238;te de lait, car ce n'est pas avec des patates et de l'eau qu'il se gu&#233;rira. Impossible, il n'y en a pas, seuls les officiers et leurs femmes peuvent en obtenir en promenant leurs galons &#224; l'arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci me d&#233;go&#251;te compl&#232;tement et me d&#233;cide &#224; m'en aller. Je pars donc avec Monnier et je r&#233;clame ma permission au Comit&#233; du Castillo Malatesta, qui me l'accorde ayant cent jours de front. A l'ambulance, je retrouve la majorit&#233; de mes camarades de section ; ils n'ont pu aller plus loin sans donner leur d&#233;mission du Bataillon italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; Vicien, &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt; me refuse ainsi qu'&#224; Monnier, qui a une ordonnance du docteur, la feuille de route pour Barcelone. Il mous envoie &#224; la division &#224; Abero Baio, o&#249; j'accepte enfin de d&#233;missionner du Bataillon Italien, mais aussi de la Milice, car je ne tiens pas &#224; &#234;tre un l&#233;gionnaire courb&#233; sous des lois draconiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin nous partons pour Granen pour y prendre le train. J'ai le bonheur de trouver dans ce village mes camarades espagnols du cimeti&#232;re et ils insistent pour que je passe dans leur village o&#249;, para&#238;t-il, leur collectivisation a fait de gros progr&#232;s. Ils me parlent aussi de leur d&#233;senchantement au sujet de la militarisation, mais leur lieutenant, un ami du village, n'a pas chang&#233; ses anciennes habitudes, ce qui est pour eux une consolation. Nous passons la nuit avec eux et prenons le train &#224; 5 heures du matin apr&#232;s leur avoir fait la promesse de passer chez eux. Nous descendons &#224; L&#233;rida, o&#249; nous n'avons pas de peine &#224; obtenir un passe pour Torrente-de-Cinca. Un car nous transporte jusqu'&#224; Fraga, village pittoresque au bord de la Cinca ; je parlerai plus loin des conditions de logement de cette localit&#233;. Nous avons la chance de trouver une automobile qui va dans cette direction, ce qui nous &#233;conomisera beaucoup de temps. Enfin nous arrivons et l'auto s'arr&#234;te devant le b&#226;timent de la CNT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du Comit&#233; ayant &#233;t&#233; avertis par leurs camarades, me reconnaissent aussit&#244;t et apr&#232;s une courte discussion une franche amiti&#233; me lie &#224; ces braves paysans. Ils nous proposent une petite investigation dans le village et je commence par entrer dans la maison d'en face, o&#249; le rez-de-chauss&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233; en un vaste salon de coiffure. Nous profitons de l'occasion pour nous faire couper les cheveux ainsi que notre barbe, vieille de plusieurs semaines. Beaucoup de paysans sont l&#224;, attendant leur tour et ils sourient, en me voyant sortir mon portemonnaie pour payer, l'argent n'ayant plus cours clans le village. Le pourboire est aussi refus&#233; et il nous est conseill&#233; de ne pas insister. Frais comme des roses, nous poursuivons notre promenade, &#233;tonn&#233;s de la propret&#233; qui r&#232;gne dans la rue comme autour des b&#226;timents. Nous p&#233;n&#233;trons dans un b&#226;timent fra&#238;chement repeint. Des c&#233;r&#233;ales soigneusement entass&#233;es occupent la vaste salle du rez-de-chauss&#233;e. Nous prenons l'escalier qui conduit au premier &#233;tage. Une agr&#233;able odeur d'&#233;picerie flotte dans cette pi&#232;ce qui est de m&#234;me grandeur que la pr&#233;c&#233;dente. L&#224; encore, ce sont des provisions de toutes sortes, des sacs, rang&#233;s en longues files. Des comptoirs occupent la partie la mieux &#233;clair&#233;e. Derri&#232;re ces comptoirs, de vastes rayons sont charg&#233;s de produits divers, m&#233;ticuleusement class&#233;s. Deux jeunes Aragonaises, belles comme le jour, servent aux nombreux clients les produits demand&#233;s. Je suis &#233;tonn&#233; de voir que tous sont porteurs de carnets et je pose quelques questions &#224; mes guides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ne craignez-vous pas uni recrudescence d'employ&#233;e de bureau pour un tel contr&#244;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Non, pour le moment le contr&#244;le est fait volontairement par les membres de la collectivit&#233;, en dehors de leurs heures de travaux habituels. Le manque de certains produits nous oblige aujourd'hui &#224; tenir une statistique journali&#232;re, permettant ainsi une r&#233;partition &#233;gale &#224; tous, afin qu'une partie des habitants ne souffre pas de la trop forte consommation de l'autre. Plusieurs produits, par exemple les oranges, amandes, noisettes, figues, dattes, pommes de terre et divers l&#233;gumes ne sont pas contr&#244;l&#233;s et chacun peut en obtenir &#224; volont&#233;. Demandez et regardez un de ces carnets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'approche d'un petit gar&#231;on et lui demande de bien vouloir m'y laisser jeter les yeux un instant. Sur l'a couverture, les nom et pr&#233;nom de la famille, le nombre des adultes et des enfants. Plusieurs pages sont d&#233;j&#224; couvertes par l'&#233;criture et le sceau du contr&#244;le. Le d&#233;tail de tous les produits d&#233;livr&#233;s y est inscrit, sauf ceux qui peuvent &#234;tre pris &#224; volont&#233;. Je redonne le livret au petit gar&#231;on qui s'en va portant sur la t&#234;te sa corbeille pleine de commissions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous go&#251;tons &#224; divers produits, liqueurs, vins et cigarettes. Le tout me fait &#233;norm&#233;ment plaisir et je reste stup&#233;fait d'autant d'organisation de la part de ces paysans pour la plupart compl&#232;tement illettr&#233;s. Nous sortons et montons la rue qui m&#232;ne &#224; l'&#233;glise, immense construction qui domine tout le village. Elle n'a pas &#233;t&#233; br&#251;l&#233;e, mais de nombreuses transformations y ont &#233;t&#233; faites. Ses ornements religieux ont &#233;t&#233; enlev&#233;s, la salle principale sert de d&#233;p&#244;t pour les machines agricoles et pour tout l'outillage des divers corps de m&#233;tiers de la collectivit&#233;. Du donjon, haut d'une cinquantaine de m&#232;tres, la vue s'&#233;tend sur toute la r&#233;gion et des travaux pour y placer des mitrailleuses sont d&#233;j&#224; achev&#233;s. (A suivre)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference141|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [08]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilio Canzi</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous passerons encore quelques jours clans cette position sans qu'une alerte vienne troubler nos travaux. Une maison qui se trouve &#224; environ 200 m&#232;tres derri&#232;re nous sert d'h&#244;pital et nous allons y chercher le bois n&#233;cessaire pour nos fortifications. Nous d&#233;montons la toiture d'une d&#233;pendance, quand tout &#224; coup des obus sifflent et explosent &#224; quelques m&#232;tres de nous. Imm&#233;diatement, nous abandonnons tout sur place et courons jusqu'&#224; la tranch&#233;e. Le tir devient tr&#232;s pr&#233;cis et rapide. Plusieurs obus cr&#232;vent la fa&#231;ade de toutes parts.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1293-60fd1.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;988 &#8211; 18 D&#233;cembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous passerons encore quelques jours clans cette position sans qu'une alerte vienne troubler nos travaux. Une maison qui se trouve &#224; environ 200 m&#232;tres derri&#232;re nous sert d'h&#244;pital et nous allons y chercher le bois n&#233;cessaire pour nos fortifications. Nous d&#233;montons la toiture d'une d&#233;pendance, quand tout &#224; coup des obus sifflent et explosent &#224; quelques m&#232;tres de nous. Imm&#233;diatement, nous abandonnons tout sur place et courons jusqu'&#224; la tranch&#233;e. Le tir devient tr&#232;s pr&#233;cis et rapide. Plusieurs obus cr&#232;vent la fa&#231;ade de toutes parts. Nous regardons tr&#232;s inquiets, car il y avait beaucoup de monde &#224; l'int&#233;rieur et &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt;, que nous ne voyons pas, doit &#234;tre l&#224;-bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s trois quarts d'heure le bombardement prend fin et Chevalier, qui s'&#233;tait dissimul&#233; dans un foss&#233; tout proche de la maison, revient en rigolant, une poutre sur l'&#233;paule. Il n'en est pas de m&#234;me pour ceux qui sont rest&#233;s dans la maison. Un docteur a &#233;t&#233; tu&#233; en portant secours &#224; un bless&#233;. L'ambulance suisse, qui a &#233;t&#233; appel&#233;e, &#233;vacue les bless&#233;s et les morts ; mais les fascistes ont vu leurs all&#233;es et venues et recommencent &#224; tirer, faisant de nouvelles victimes. Heureusement l'&#233;vacuation est faite rapidement, mais il y a plusieurs morts et une douzaine de bless&#233;s. Un mulet a &#233;t&#233; tu&#233; dans l'&#233;curie et Sell&#233;s, un camarade de Trieste, nous apporte un bon plat de biftecks.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous recevons une demande de changer de position, notre secteur allant du cimeti&#232;re au castillo Malatesta et &#224; la Casa Blanca. Je propose de retourner &#224; la Casa Blanca, secteur que Chevalier et moi connaissons bien. Tous sont d'accord, car nous pr&#233;voyons que l&#224;-bas nous aurons plus facilement de la bagarre. Des troupes viennent nous relever et, apr&#232;s deux heures d'une marche tr&#232;s p&#233;nible nous arrivons au secteur dit &#171; de la Mort &#187;. Nous &#233;tudions la position et d&#233;cidons de tout transformer, afin d'en tirer le plus d'efficacit&#233; possible. Un tunnel d'une quinzaine de m&#232;tres est creus&#233;, soixante traverses sont arrach&#233;es &#224; la voie de chemin de fer, sci&#233;es et port&#233;es &#224; proximit&#233;. Une autre &#233;quipe a rempli plus de trois cents sacs de terre et nous comptons qu'une seule nuit permettra de faire cet immense travail. Plusieurs camarades des sections avoisinantes viennent nous apporter leur aide. Nous travaillerons toute la nuit avec une ardeur incomparable. A tour de r&#244;le, chacun apporte traverses et sacs, faisant le moins de bruit possible, car nous sommes &#224; peine &#224; cent m&#232;tres des parapets fascistes. Il est &#224; peine 4 heures que le parapet est construit et recouvert de plus de deux m&#232;tres de terre et bien camoufl&#233; d'herbe et de petits buissons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons avec impatience le jour pour juger si notre travail est bien fait. Enfin nous pouvons constater que notre effort n'a pas &#233;t&#233; nul et nous sommes tous &#233;merveill&#233;s. Trois grandes meurtri&#232;res que nous pouvons raccourcir ou fermer &#224; volont&#233; nous laissent un champ de visibilit&#233; de plusieurs kilom&#232;tres. A droite, notre tir peut battre tous les angles morts des autres mitrailleuses, en avant Saint-Georges, la route de Huesca-Huerrios et la voie ferr&#233;e, &#224; gauche, la pointe de la &lt;i&gt;lama &lt;/i&gt; (espace en plaine et sans pierres) de Huesca-Jaca et tout le syst&#232;me de tranch&#233;es fascistes. Nous br&#251;lons d'envie de tirer sur les rebelles qui se prom&#232;nent avec confiance dans les endroits o&#249; le tir pr&#233;c&#233;dent n'arrivait pas, mais nous avons encore beaucoup &#224; faire pour pouvoir placer la mitrailleuse. Deux jours ont suffi pour terminer ces petits travaux et notre tir fait beaucoup de victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les canons r&#233;pondent &#224; notre tir en se vengeant sur les derni&#232;res ruines de la Casa Blanca. Nous rions d'entendre les obus passer sur nos t&#234;tes avec des hurlements terribles, alors qu'un raccourcissement d'&#224; peine cent m&#232;tres risquerait de tous nous fracasser. Plusieurs Suisses nouvellement arriv&#233;s viennent grossir notre groupe, ainsi que plusieurs camarades de toutes nationalit&#233;s, ce qui nous oblige &#224; agrandir nos fortifications. Des postes d'observation et de garde sont construits, ainsi que tout un nouveau r&#233;seau de tranch&#233;es. Les groupes qui sont dans notre secteur viennent souvent voir nos travaux et travaillent dur &#224; modifier les leurs. Apr&#232;s trois semaines le secteur est m&#233;connaissable et ressemble &#224; une v&#233;ritable forteresse. Des officiers russes, qui ont cach&#233; leurs galons dans leurs poches viennent visiter nos positions. L'&#233;tonnement se lit sur leurs visages et ils ne partent qu'apr&#232;s nous avoir f&#233;licit&#233;s. Nous sommes satisfaits, car c'est une bonne r&#233;plique &#224; la militarisation qui depuis six mois instruit des sapeurs et officiers dans les casernes de Barcelone, Valence et Albacete.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tous ces actes de bonne volont&#233;, nous sentons autour de nous un vaste mouvement de boycott. Il est impossible d'obtenir des munitions et les vivres viennent avec beaucoup d'irr&#233;gularit&#233;. Une grande assembl&#233;e des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'Almudevar et Huesca est d&#233;cid&#233;e. Nous nous r&#233;unissons dans un bois et plusieurs projets sont discut&#233;s tr&#232;s vivement. Une commission est nomm&#233;e pour enqu&#234;ter et trouver les preuves du boycott possible. Une attaque g&#233;n&#233;rale doit &#234;tre d&#233;clench&#233;e si nous obtenons le mat&#233;riel n&#233;cessaire, car nous en avons tous assez de rester dans une inactivit&#233; de douaniers. Les camarades espagnols qui ont &#233;t&#233; militaris&#233;s se plaignent de n'avoir pas obtenu une seule promesse et aucun n'a encore vu la couleur du mat&#233;riel russe. Les r&#233;sultats de l'enqu&#234;te ne se font pas attendre. A Barbastro plus de 60 mitrailleuses restent inactives, &#224; Sarignena une quarantaine, dans la contr&#233;e plus de cent. Des magasins sont pleins de cartouches et d'obus. A Barcelone, des tanks servent pour les d&#233;fil&#233;s militaires et l'instruction &#224; la caserne Karl Marx. Un essai d'entente avec Valence reste sans r&#233;ponse et les articles des journaux nous d&#233;noncent comme insoumis, agents provocateurs de d&#233;sordres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt; proteste, mais pas assez &#233;nergiquement. La majeure partie de nos colonnes est pour une unit&#233; prol&#233;tarienne dont les politiciens se moquent pas mal. De grandes affiches demandant l'appui du gouvernement sont r&#233;pandues dans tous les centres, mais n'arrivent pas &#224; &#233;branler l'attitude prise par ces messieurs qui avaient implor&#233; les syndicats pour leur venir en aide. Les jours passent lentement et la devise &#171; Ne comptons que sur nous-m&#234;mes ! &#187; est devenue g&#233;n&#233;rale. Des assembl&#233;es de bataillon ont lieu, sans pouvoir r&#233;soudre cette triste situation. L'enthousiasme disparait peu &#224; peu, faisant place souvent &#224; des diff&#233;rends personnels bien compr&#233;hensibles dans un tel &#233;tat de nervosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1885 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/meloni_scolpiti_fig__7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/meloni_scolpiti_fig__7-759ab-59c2f.jpg?1774729818' width='150' height='210' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Emilio Canzi &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt; a pass&#233; &#224; l'&#233;tat-major du r&#233;giment et il ne parait plus se soucier de la vie du bataillon. Thi&#233;ry, qui l'a remplac&#233;, se multiplie en efforts, mais ne peut donner satisfaction &#224; tous et il se d&#233;bat comme un lion clans une situation plus qu'impossible. Peu de temps apr&#232;s, il est appel&#233; &#224; Granen, et Canzi le remplace aussi bien que possible. Cafiero est nomm&#233; pour la Casa Blanca et nous avons beaucoup de confiance, car c'est un camarade tr&#232;s &#233;nergique qui ne recule devant aucun danger pour d&#233;noncer les salet&#233;s des grosses huiles de l'&#233;tat-major. Malheureusement ses efforts se brisent contre le cercle qui nous serre chaque jour davantage. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference140|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [07]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-07</link>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Giusepe Bifolchi</dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1319-3ba38.png?1774726899' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;986 &#8211; 20 Novembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 25 novembre, nous d&#233;cidons de remonter au front ; mais &#224; la gare, les employ&#233;s exigent une documentation nous autorisant &#224; regagner le front individuellement. Noue renvoyons donc notre d&#233;part de quelques jours, et toutes les d&#233;marches pour obtenir une feuille de route sont faites imm&#233;diatement. Dans divers bureaux o&#249; nous sommes oblig&#233;s d'aller, des propositions de quitter la &lt;i&gt;Colunna de Los Aguiluchos &lt;/i&gt; nous sons faites ; mais nous refusons cat&#233;goriquement, devinant une man&#339;uvre de parti. Enfin, &#224; la G&#233;n&#233;ralit&#233;, nous r&#233;ussissons &#224; entrer dans le bureau de Santillan qui, apr&#232;s une courte explication, nous fait les laisser-passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, noue faisons nos adieux &#224; toutes nos connaissances et nous reprenons le chemin de la gare. Une derni&#232;re bouteille est bue avec &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; qui nous a accompagn&#233;s et qui br&#251;le d'envie de se joindre &#224; nous. La blessure est encore loin d'&#234;tre gu&#233;rie et le retiendra encore de longues semaines &#224; l'h&#244;pital. Nous nous s&#233;parons en faisant de beaux projets, et le train nous emm&#232;ne &#224; toute vitesse jusqu'&#224; L&#233;rida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de passer un jour dans cette ville qui nous para&#238;t bien jolie. Pendant plusieurs heures, nous furetons d'un quartier &#224; l'autre, achetant ce qu'il nous faut pour retourner &#224; la tranch&#233;e. Nous allons au Comit&#233; CNT-FAI pour nous informer o&#249; nous pourrons passer la nuit. On nous indique un tr&#232;s grand h&#244;tel, en nous priant d'y manger. Tout y est gratuit pour les miliciens et nous go&#251;tons avec plaisir &#224; ce luxe qui entourait les riches passants d'avant la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 9 heures, nous reprenons le train jusqu'&#224; Granen, o&#249; nous aurons la chance de trouver un camion qui nous transportera jusqu'&#224; Vicien. Nous passons la nuit dans ce petit village, o&#249; grouille toute une population de paysans et miliciens qui n'ont gu&#232;re l'air de se soucier des bombardements journaliers des Capronis et des Fockers. Beaucoup de b&#226;timents ont &#233;t&#233; d&#233;molis par les bombes, mais nombre d'ouvriers travaillent activement &#224; l'ach&#232;vement de nouvelles constructions.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1881 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L320xH224/e8-001_vig-11f9c.jpg?1774739488' width='320' height='224' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Espagne : ambulance offerte par le mouvement ouvrier genevois (1936)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, nous trouvons &#224; nouveau un camion qui nous portera jusqu'au Castillo San Luis, o&#249; est install&#233;e l'ambulance suisse depuis quelques semaines. Tout a &#233;t&#233; nettoy&#233; aux alentours et un groupe de camarades italiens et fran&#231;ais, qui ne sont pas en tr&#232;s bonne sant&#233;, en assument la garde. Nous p&#233;n&#233;trons dans les corridors o&#249; des pancartes nous invitent &#224; faire le moins de bruit possible. Chaque porte a son &#233;criteau : cuisine, chambres de malades, salle d'op&#233;rations, laboratoire et salle d'attente. Nous entrons dans cette derni&#232;re, o&#249; nous trouvons la camarade Marguerite, de Renens, qui nous souhaite bon accueil et s'enquiert du but de notre visite. Je me pr&#233;sente ainsi que mes camarades et chacun est heureux de faire connaissance. Nous acceptons sans nous faire prier l'invitation de d&#238;ner, car nous n'avons rien mang&#233; depuis Granen. Apr&#232;s une minutieuse visite de la voiture ambulance (don des syndicats ouvriers de la Suisse) qui est une merveille, nous prenons place &#224; table au milieu des docteurs, infirmiers et malades. La cuisine est app&#233;tissante et abondante, aussi en profitons-nous, car des privations de toutes sortes nous attendent. Nous passerons encore quelques heures &#224; parler des derniers &#233;v&#233;nements, puis nous repartons, en promettant une prochaine visite. Au bout de quelques heures de marche, nous arrivons au cimeti&#232;re de Huesca, lieu de rendez-vous que nous avions donn&#233; &#224; plusieurs camarades de notre compagnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Comit&#233; o&#249; nous nous adressons, on nous apprend qu'il manque du monde au cimeti&#232;re et que notre compagnie a &#233;t&#233; dissoute, manque de mitrailleuses. Nous d&#233;cidons donc de rester en attendant de nouvelles mitrailleuses. Nous sommes re&#231;us avec enthousiasme par un groupe, form&#233; essentiellement de paysans de l'Aragon, qui font partie de la colonne Francisco Ascaso. Apr&#232;s quelques jours de contact avec ces rudes travailleurs qui nous inspirent beaucoup de confiance, nous n'h&#233;sitons plus &#224; parler leur langue maternelle dont nous avons appris quelques fragments. Ils ne nous cachent point leur joie et nous encouragent &#224; parler tout en nous conseillant. Dans tout le secteur r&#232;gne un calme absolu, mais, de temps &#224; autre des duels d'artillerie et mitrailleuses viennent nous rappeler que nous sommes au front, en d&#233;cimant peu &#224; peu nos rangs. Plusieurs obus tombent dans le cimeti&#232;re, d&#233;truisant les tombeaux, &#233;ventrant les cercueils, semant les ossements des pauvres d&#233;funts que nous sommes oblig&#233;s d'enterrer pour &#233;viter le plus possible les &#233;pid&#233;mies. De grandes lettres, d'un brun noir&#226;tre, ont &#233;t&#233; dessin&#233;es contre les murs blancs de l'enceinte : &lt;i&gt;Nada de h&#233;ridos ! Nada de prisonieros !&lt;/i&gt; (Pas de bless&#233;s ! Pas de prisonniers !). J'en demande l'explication &#224; ceux qui ont particip&#233; a la prise du cimeti&#232;re. Ces mots, me r&#233;pond-on, ont &#233;t&#233; trac&#233;s par les fascistes avec le sang des 700 cadavres que nous avons trouv&#233;s devant ce mur tout cribl&#233; des balles meurtri&#232;res. Je comprends alors trop bien que c'&#233;tait la boucherie fasciste, comprenant femmes et enfants, avec cette cruaut&#233; qui caract&#233;rise tr&#232;s bien le r&#233;gime contre lequel nous luttons avec fermet&#233; et espoir. Nous passerons ainsi le dernier mois de l'ann&#233;e sans qu'aucun mouvement s&#233;rieux nous apporte de changement de position et nous avons mal aux yeux de toujours regarder Huesca qui est &#224; peine &#224; un kilom&#232;tre. Chaque jour de nouvelles restrictions viennent s'ajouter aux mauvaises conditions de notre vie d'hommes des cavernes, mais nous les supportons sans trop nous plaindre en nous disant : C'est pour le bien de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Solidaridad Obrera&lt;/i&gt;, organe de la CNT- FAI, nous renseigne journellement sur les &#233;v&#233;nements des divers fronts, mais ne parle peut-&#234;tre pas assez de r&#233;volution, tout en s'occupant trop de l'opinion des gouvernements &#233;trangers. Les journaux des divers partis politiques r&#233;publicains ne parlent que des conditions pos&#233;es par la Russie et les &#201;tats d&#233;mocratiques pour nous fournir les armes, les munitions et les vivres n&#233;cessaires &#224; mettre fin &#224; la rebellion fasciste. Ils annoncent &#224; grands cris que la militarisation peut &#234;tre accept&#233;e temporairement, en l'adaptant d'ailleurs &#224; nos id&#233;es et principes. Par cette concession, nous aurons en revanche, disent-ils, de l'aviation, des tanks, de l'artillerie, des mitrailleuses ultra modernes tirant deux mille coups &#224; la minute, et surtout beaucoup de munitions et de vivres. Tous les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont invit&#233;s &#224; accepter la militarisation et toute une clique d'espions &#224; Staline travaille, sans honte et sans rel&#226;che, &#224; inculquer aux miliciens que nous ne gagnerons pas la guerre si nous restons comme un troupeau sans berger. Par leurs exigences, les pays &#233;trangers veulent nous assurer une prompte victoire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, des renseignements de source soi-disant s&#251;re nous arrivent de Barcelone. Plusieurs navires &#233;trangers, russes en particulier, venus pour ravitailler la Catalogne, sont repartis sans d&#233;charger, les officiers disant avoir re&#231;u des contre-ordres. La propagande pour la militarisation s'intensifie chaque jour et tous les moyens lui sont bons. Dans les villages de l'arri&#232;re-garde, des officiers couverts de galons et d'&#233;toiles se prom&#232;nent, r&#233;veillant chez plusieurs miliciens des instincts d'ambition &#224; peine endormis. Des ordres de la G&#233;n&#233;ralit&#233; et du gouvernement de Valence arrivent de plus en plus pressants. Nous essayons de r&#233;sister, mais nous ne savons pas assez la langue pour bien nous faire comprendre et nous pr&#233;f&#233;rons, pour ne pas &#234;tre militaris&#233;s de force, demander &#224; rejoindre le bataillon italien qui veut garder &#224; tout prix son autonomie. L'autorisation de passer dans le dit bataillon nous est accord&#233;e et nous quittons avec regret les camarades espagnols qui, eux, sont oblig&#233;s de subir une militarisation imb&#233;cile qui ne leur apportera du reste aucun des bienfaits tant vant&#233;s et promis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1882 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/27362_ca_object_representations_media_10484_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/27362_ca_object_representations_media_10484_large-54062-286e0.jpg?1774739488' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Giusepe Bifolchi&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons dans le bataillon italien beaucoup de camarades anarchistes au pass&#233; plein de luttes, et nous nous rangeons &#224; leurs c&#244;t&#233;s pleins de confiance. Nous occupons le Castillo Ferrer qui est &#224; quelques kilom&#232;tres du front et nous faisons, sous les conseils de &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article155631&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bifolchi&lt;/a&gt;, rempla&#231;ant le camarade Carlo Rosselli, des simulacres d'attaque et de d&#233;fense. Chaque jour arrivent de nouveaux &#233;l&#233;ments qui n'ont point voulu subir la militarisation. Nous souffrons de l'inaction, mais on nous dit de patienter, car le front s'organise militairement et un secteur nous sera r&#233;serv&#233;. Enfin, au mois de f&#233;vrier, des volontaires mitrailleurs sont demand&#233;s pour le front et apr&#232;s nous &#234;tre organis&#233;s en groupes, nous partons laissant nos tanks aux nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre groupe prend possession d'une mitrailleuse &#224; l'extr&#234;me droite du cimeti&#232;re de Huesca. Il nous semble que notre nouvelle organisation veut tr&#232;s bien aller, car nous avons plus r&#233;guli&#232;rement &#224; manger, Mais il est 'toutefois impossible d'avoir de nouvelles munitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier a tenu sa promesse et il nous a rejoints il y a peu de jours, apportant sa bonne humeur. Il y a &#224; peine huit jours que nous sommes l&#224; qu'Ernest Prades, un petit Marseillais de 15 ans, est r&#233;clam&#233; par l'ambassade de son pays. Sa m&#232;re, qui est venue jusqu'au Castillo San Juan, le r&#233;clame avec force. Il refuse tout d'abord l'invitation de partir, ainsi qu'un certificat du gouvernement, qui le remercie pour son d&#233;vouement et son courage. Puis se rendant compte de l'angoisse dans laquelle sa m&#232;re est plong&#233;e, il se d&#233;cide, nous embrasse tous et part avec de grosses larmes de regret sur les joues. Constern&#233;s nous le regardons s'&#233;loigner sur la grande route, mais nous nous consolons en pensant qu'il va vers la vie, et nous parlons longuement sur sa bonne tenue &#224; nos c&#244;t&#233;s, dans les moments les plus tragiques pass&#233;s pendant ces cinq mois et demi de front. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference139|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi. Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [06]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-05</link>
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		<dc:date>2023-03-28T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>
		<dc:subject>Enrico Zambonini</dc:subject>
		<dc:subject>Buenaventura Durruti</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nuit vient, mais nous sommes peu rassur&#233;s, car des bruits de camions nous laissent supposer que les fascistes re&#231;oivent du renfort. La nuit passe lentement en travaillant &#224; de petites fortifications, tout en r&#233;pondant aux fascistes qui tirent avec des balles lumineuses. Les camarades qui &#233;tablit partis &#224; la recherche du capitaine reviennent sans l'avoir trouv&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-enrico-zambonini-+" rel="tag"&gt;Enrico Zambonini&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://partage-noir.fr/+-buenaventura-durruti-2-+" rel="tag"&gt;Buenaventura Durruti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH99/arton1315-2c3dd.jpg?1774727038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;985 &#8211; 6 novembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nuit vient, mais nous sommes peu rassur&#233;s, car des bruits de camions nous laissent supposer que les fascistes re&#231;oivent du renfort. La nuit passe lentement en travaillant &#224; de petites fortifications, tout en r&#233;pondant aux fascistes qui tirent avec des balles lumineuses. Les camarades qui &#233;tablit partis &#224; la recherche du capitaine reviennent sans l'avoir trouv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me mitrailleuse qui a tir&#233; &#224; peine une caissette est endommag&#233;e et il faut la porter en arri&#232;re pour la r&#233;parer. Le jour revient sans apporter de ravitaillement, mais nous voulons encore esp&#233;rer que des ordres d'attaque viendront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 8 heures, les canons commencent, les obus passent &#224; quelques m&#232;tres sur nos t&#234;tes et &#233;clatent dans un fracas de tonnerre. Une pi&#232;ce tire un peu court et les projectiles tombent &#224; quelques m&#232;tres de nous, au risque de tous nous an&#233;antir. Nous n'avons pas de t&#233;l&#233;phone pour demander du renfort et nous sommes comme prisonniers. Les fascistes ont occup&#233; pendant la nuit une petite baraque que nous n'avions pas aper&#231;ue &#224; notre gauche. Depuis cette nouvelle position, ils tirent sans rel&#226;che des balles explosives, qui ont vite fait de d&#233;truire les quelques sacs de terre qui nous prot&#232;gent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement l'artillerie s'aper&#231;oit de son erreur, corrige son tir et bat le sommet de la colline. Je change de direction de tir, essayant de faire taire ce fusil-mitrailleur qui nous prend de flanc et emp&#234;che l'assaut des parapets. Plusieurs Italiens sont d&#233;cid&#233;s de monter, car nous en avons assez d'une position aussi &#233;quivoque. Tous les moyens sont essay&#233;s pour d&#233;loger les fascistes de la baraque, mais en vain. Un vieil Italien aux cheveux blancs veut essayer de passer en arri&#232;re pour porter des ordres, mais il a fait &#224; peine vingt m&#232;tres qu'il est bless&#233; gravement et hurle de douleur, suppliant de venir le sauver. Ces cris sont entendus aussi par les fascistes qui s'acharnent &#224; tirer dans sa direction, emp&#234;chant toute tentative d'aller le chercher. Ces cris et appels qui dureront jusqu'&#224; la nuit d&#233;moralisent m&#234;me les meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte contre le capitaine gronde et nous d&#233;cidons d'envoyer trois d&#233;l&#233;gu&#233;s &#224; sa recherche. Enfin il est retrouv&#233; au Castillo Malatesta, &#224; deux kilom&#232;tres de la ligne de feu. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s reviennent en disant qu'il reviendra avant une heure. Ma mitrailleuse refuse tout service, une pi&#232;ce essentielle &#233;tant cass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un Espagnol s'approche de moi, disant &#234;tre envoy&#233; par le capitaine et qu'il faut se replier. Imm&#233;diatement nous organisons une retraite en ordre, emportant tout notre mat&#233;riel. Nous nous r&#233;fugions dans la Casa Blanca, apr&#232;s avoir vu les camarades bless&#233;s qui vont &#234;tre achemin&#233;s en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette attaque se r&#233;sume &#224; plus de dix morts et trente bless&#233;s. Le capitaine arrive en agitant les bras en l'air, &#233;tonn&#233; de nous trouver &#224; la maison et il veut savoir qui a donn&#233; l'ordre de retraite. Je m'explique et il veut me traiter de menteur, tout en mena&#231;ant de me fusiller. Je proteste en lui lan&#231;ant au visage ce que beaucoup de camarades pensent et beaucoup ont d&#233;j&#224; charg&#233; leurs fusils pour le fusiller, car il est responsable de la mort des camarades. Les Italiens en ont assez et partent rejoindre leur bataillon, apr&#232;s avoir menac&#233; le capitaine. Les hommes se calment, mais ne veulent plus entendre un ordre de cet homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de nous organiser nous-m&#234;mes et de nous fortifier dans cette position. Dans l'apr&#232;s-midi, l'artillerie fasciste gronde, les obus sifflent et explosent autour de la maison que nous abandonnons en vitesse pour aller prendre position dans la tranch&#233;e de la ligne du chemin de fer. Le tir des canons est tr&#232;s pr&#233;cis, la maison est toute &#233;branl&#233;e, plusieurs obus la traversent et les &#233;clats poursuivent leur route en des sifflements horribles, brisant tout sur leur passage. Des oliviers et amandiers sont pulv&#233;ris&#233;s, les &#233;tages sup&#233;rieurs de la maison s'&#233;croulent dans un fracas &#233;pouvantable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 5 heures, enfin, cet enfer est termin&#233;. Plus de deux mille obus ont &#233;t&#233; lanc&#233;s, toutefois sans faire de bless&#233;s. Pendant plusieurs nuits de suite, nous allons en avant de la maison creuser des tranch&#233;es et construire des parapets que nous occupons avec la certitude que les fascistes ne nous en d&#233;logeront pas. Nous travaillerons pendant quinze jours &#224; nous fortifier et &#224; creuser des tranch&#233;es de liaison. Chaque jour des camarades tombent sous les balles des fascistes qui nous dominent &#224; environ cent m&#232;tres, mais nous redoublons de courage avec la pens&#233;e de bient&#244;t les venger.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/86289_ca_object_representations_media_11301_large.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH196/86289_ca_object_representations_media_11301_large-b5747-f4e9b.jpg?1774739489' width='150' height='196' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Enrico Zambonini&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Notre mitrailleuse qui a &#233;t&#233; r&#233;par&#233;e ne nous donne pas enti&#232;re satisfaction, s'enrayant souvent. Un sp&#233;cialiste italien, &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Enrico_Zambonini&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Zambonini&lt;/a&gt;, vient et me demande de faire un essai pour voir ce qui ne marche pas. La meurtri&#232;re est d&#233;gag&#233;e et je prom&#232;ne mon tir sur les parapets fascistes, quand une balle ennemie explose sur le canon de la mitrailleuse, me blessant &#224; une cuisse et &#224; une main. Mais je ne suis pas seul et la balle fait encore deux autres bless&#233;s. Heureusement ce n'est pas grave et les bons soins dont un m&#233;decin nous entoure nous font vite oublier ce moment d'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un petit Marseillais de 17 ans a la poitrine perc&#233;e d'une balle, mais quelques jours apr&#232;s nous recevons des nouvelles qu'il aura la vie sauve. Cette joie &#233;prouv&#233;e sera de courte dur&#233;e, car &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; est aussi victime. Une balle dum-dum lui traverse le bras droit, lui arrachant le biceps, mais il supporte avec courage l'immense douleur et par ses propres moyens descend vers le docteur. Nous l'accompagnons pour l'encourager &#224; attendre jusqu'&#224; la nuit d'&#234;tre &#233;vacu&#233;, et comme j'ai &#233;t&#233; bless&#233; &#224; la t&#234;te par un &#233;clat, je lui dis que la prochaine fois je viendrai le rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jours plus tard, nous d&#233;cidons d'attaquer par surprise. De gros nuages cachent la lune qui nous g&#234;nait les semaines pr&#233;c&#233;dentes et l'obscurit&#233; nous laisse pr&#233;voir un plein succ&#232;s. A 3 h. 1/2, les dynamiteros disparaissent dans l'obscurit&#233; ; ils ont une heure pour s'approcher de la tranch&#233;e ennemie. Chacun est &#224; sa place pr&#234;t &#224; faire feu au premier signal. Tout &#224; coup une fus&#233;e d&#233;chire le ciel d'une tra&#238;n&#233;e rouge et la loma (colline) est illumin&#233;e par les bombes qui &#233;clatent. Les mitrailleuses, fusils, revolvers cr&#233;pitent dans les explosions formidables des bombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre de feu arrive, mais apr&#232;s trois bandes, la mitrailleuse s'enraye et les camarades tirent le mieux possible, mais sans pouvoir faire taire les fascistes. Une trentaine de camarades sautent dehors de la tranch&#233;e et r&#233;ussissent &#224; arriver &#224; environ vingt m&#232;tres, mais il est impossible de grimper, les fascistes ayant des armes automatiques tous les cinquante m&#232;tres. Notre artillerie tire tr&#232;s bien, mais s'arr&#234;te n'ayant plus de munitions. Les bombardiers reviennent, n'ayant plus de bombes et avouent que nous ne sommes pas assez pour r&#233;sister aux fascistes qui ont &#233;t&#233; bien renforc&#233;s. Nous cessons le feu pour permettre aux camarades de reculer jusqu'&#224; la tranch&#233;e o&#249; ils arrivent les uns apr&#232;s les autres en apportant un bless&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour revient et nous sommes angoiss&#233;s, car un Italien et un Espagnol manquent. Nous fouillons le terrain des yeux, essayant de voir leurs cadavres, mais la stup&#233;faction est grande en les d&#233;couvrant &#224; peine &#224; quinze m&#232;tres d'un parapet fasciste. Ils sont dissimul&#233;s derri&#232;re un petit talus bien en s&#233;curit&#233; et font de l&#233;gers signes. Ils passeront toute la journ&#233;e dans cette position sans avoir &#233;t&#233; aper&#231;us par les fascistes. A la nuit, ils arrivent doucement jusqu'&#224; nous et c'est avec une joie indescriptible que nous les recevons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;compense de cet effort d&#233;sesp&#233;r&#233; ne se fait pas attendre et il y aura la rel&#232;ve &#224; 10 heures de la nuit suivante. Nous faisons h&#226;tivement nos pr&#233;paratifs tout en causant de projets merveilleux. Enfin nos rempla&#231;ants arrivent, nous leur remettons nos armes, en leur souhaitant d'avoir plus de chance que nous. Le lendemain, nous arrivons &#224; Barcelone o&#249; l'on passera quinze jours de f&#234;te. Les nouvelles du front de Madrid ne sont pas aussi bonnes que celles d'Aragon et la colonne Durutti a d&#251; partir pour venir en aide aux malheureux Madril&#232;nes, qui ne peuvent contenir l'avance toujours plus rapide des troupes de Franco. Le 20 novembre, alors que le succ&#232;s des troupes de Durutti nous r&#233;jouit, une mauvaise nouvelle vient nous attrister. Durutti a &#233;t&#233; assassin&#233;, et trois jours apr&#232;s c'est une foule de plus d'un million qui viendra saluer sa d&#233;pouille, en promettant de le venger et de continuer &#224; suivre son droit chemin. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1875 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;67&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH369/durruti_23_novembre_1936-de0da.jpg?1774875989' width='500' height='369' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Enterrement de Buenaventura Durruti Barcelone le 23 novembre 1936&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference137|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi . Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [05]</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le lendemain, un milicien apporte des ordres, il faut partir d'un autre c&#244;t&#233;. Des fusiliers restent, tandis que nous partons avec les mitrailleuses et nous arrivons &#224; la Colonne Rouge et Noire, qui est &#224; environ deux kilom&#232;tres d'Almudevar, jolie ville de 15 000 habitants, b&#226;tie sur une montagne qui domine une large plaine, o&#249; il serait dangereux d'y p&#233;n&#233;trer. Nous faisons, avec un d&#233;l&#233;gu&#233;, une tourn&#233;e de reconnaissance afin de pouvoir trouver un emplacement favorable pour une bonne d&#233;fense, ayant constat&#233; plusieurs mouvements de troupes.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH89/arton1318-1fcad.png?1774727038' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;985 &#8211; 6 Novembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, un milicien apporte des ordres, il faut partir d'un autre c&#244;t&#233;. Des fusiliers restent, tandis que nous partons avec les mitrailleuses et nous arrivons &#224; la Colonne Rouge et Noire, qui est &#224; environ deux kilom&#232;tres d'Almudevar, jolie ville de 15 000 habitants, b&#226;tie sur une montagne qui domine une large plaine, o&#249; il serait dangereux d'y p&#233;n&#233;trer. Nous faisons, avec un d&#233;l&#233;gu&#233;, une tourn&#233;e de reconnaissance afin de pouvoir trouver un emplacement favorable pour une bonne d&#233;fense, ayant constat&#233; plusieurs mouvements de troupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant la nuit, nous travaillons, autant que nos forces nous le permettent. Au matin, un bon parapet est construit et nous passons la journ&#233;e &#224; dormir. La nuit suivante, nous creusons une tranch&#233;e d'une vingtaine de m&#232;tres de chaque c&#244;t&#233; du parapet. Nous sommes tr&#232;s bien retranch&#233;s, mais l'artillerie ennemie qui a vu nos all&#233;es et venues, bombarde au petit hasard, sans toucher notre petite fortification qui est d'ailleurs invisible &#224; plus de 300 m&#232;tres. Plusieurs fois l'aviation fasciste se montre, semble chercher, mais ne trouve rien et l&#226;che ses bombes sur les maisons des environs. Notre aviation vient aussi chaque jour et bombarde les positions fascistes autour de la ville. Elle ne peut pas rester bien longtemps, car les fascistes ont des canons anti-a&#233;riens et tirent avec beaucoup de pr&#233;cision. C'est pour nous beaucoup d'&#233;motion chaque fois qu'un petit ballon de fum&#233;e blanche marque l'&#233;clatement d'un obus, mais les pilotes sont tr&#232;s habiles et savent toujours &#224; temps se garer et se disperser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, l'aviation fasciste semble bien d&#233;cid&#233;e et fonce droit sur nous, l&#226;chant plusieurs bombes qui tombent &#224; une centaine de m&#232;tres, et poursuit sa route dans la direction de Huesca. A peine a-t-elle disparu que nos avions apparaissent et prennent la direction de Huesca. Nous pensons qu'il pourrait bien y avoir bagarre entre eux et nous faisons des souhaits de bonne r&#233;ussite pour nos braves aviateurs qui n'ont pas des avions de premi&#232;re qualit&#233;. Le bruit des moteurs se rapproche rapidement et nous voyons deux bimoteurs fascistes qui arrivent &#224; toute vitesse et &#224; faible hauteur. Trois de nos avions de chasse les poursuivent en les dominant, les mitrailleuses cr&#233;pitent sans arr&#234;t, mais nous craignons qu'ils soient pris de vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, un avion fasciste vacille, se retourne, pique une t&#234;te et comme une fl&#232;che va se planter en terre. Une grande flamme jaillit, en m&#234;me temps qu'une formidable explosion parvient jusqu'&#224; nous. La course se poursuit, mais nos avions moins rapides ont perdu du terrain et l'autre atterrit pr&#232;s d'Almudevar. Des camarades qui l'ont suivi avec la lunette annoncent qu'il a capot&#233; &#224; l'atterrissage, et notre joie est grande. Ce sera toujours deux qui ne nous bombarderont plus. Deux jours passent tranquillement, le calme r&#233;gnant sur tout le front, et nous go&#251;tons un repos bien m&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme nous manquons d'habits, nous d&#233;cidons d'aller &#224; deux en chercher au Comit&#233; pour toute la section. A peine arriv&#233;s, le capitaine nous fait part d'un projet d'attaque pour la nuit. Il s'agit de couper la voie du chemin de fer Huesca-Saragosse et la route Huesca-Jaca, que nos camarades peu nombreux ont d&#251; abandonner aux fascistes, qui les avaient attaqu&#233;e avec des tanks. Mes camarades qui ont &#233;t&#233; avertis arrivent et nous les mettons an courant. Chacun est satisfait et fait ses pr&#233;paratifs. Nous chargeons les mitrailleuses et la munition sur des mulets et comme il fait d&#233;j&#224; nuit, nous partons dans la direction de Huesca. Nous arrivons sur la grande route de Huesca-Saragosse, que nous suivons pendant une bonne heure. La pluie commence tomber et nous rafra&#238;chit un peu, mais g&#234;ne la marche. Il faut quitter la route, nous partons &#224; travers champs et il est recommand&#233; de ne plus causer et fumer, si nous ne voulons pas &#233;veiller des soup&#231;ons chez les fascistes. La nuit est noire et nous buttons les moindres obstacles. Les arbres apparaissent subitement, devant nous comme des fant&#244;mes. Un avertissement passe de bouche en bouche, nous sommes &#224; 300 m&#232;tres et il faut faire le moins de bruit possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun s'applique &#224; &#233;touffer se pas, tandis qu'un mulet pousse un braillement que l'&#233;cho r&#233;p&#232;te longuement, et notre c&#339;ur se serre &#224; la pens&#233;e que l'on peut &#234;tre d&#233;couverts. Heureusement il n'en est rien et nous continuons &#224; avancer doucement. Une odeur cadav&#233;rique r&#232;gne, car nous passons &#224; c&#244;t&#233; de plusieurs cadavres de chevaux. Enfin nous voyons, &#224; environ 50 m&#232;tres, une tr&#232;s grande construction toute blanche, que nous appelons tout de suite la Casa Blanca. Seule la ligne du chemin de fer nous en s&#233;pare et nous la passons sans &#234;tre vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous p&#233;n&#233;trons, avec les mulets, dans la maison qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; touch&#233;e par les obus. Nous d&#233;chargeons tout le mat&#233;riel et enfermons les b&#234;tes dans une &#233;curie. La pluie semble ne plus vouloir s'arr&#234;ter et tous les hommes (450) viennent s'abriter dans la maison. Il est impossible de renvoyer l'attaque, car nous sommes &#224; peine &#224; cent m&#232;tres et la nuit est d&#233;j&#224; bien avanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sortons dans la nuit sombre et apr&#232;s s'&#234;tre approch&#233;s avec beaucoup de pr&#233;cautions d'un petit bosquet d'oliviers, nous rampons des uns apr&#232;s les autres jusqu'&#224; un petit talus, o&#249; nous nous &#233;chelonnerons, pr&#234;ts &#224; partir &#224; l'attaque aux premi&#232;res lueurs du jour.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1878 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH385/fnbydfxwyaendbr-9d7dc.jpg?1774875989' width='500' height='385' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Huesca (1936). @libertame_&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ons les mitrailleuse aussi bien que possible. Le capitaine qui a soi-disant organis&#233; l'attaque me demande de pointer sur un parapet que nous devinons dans l'obscurit&#233; et de faire feu au premier signal. Il repart en disant que l'attaque sera lanc&#233;e par la droite, pendant que notre feu obligera les fascistes &#224; rester terr&#233;s dans leurs trous. Un groupe de bombardiers, pour la plupart Italiens, arrivent et demandent si nous avons des ordres pour eux. Malheureusement, le capitaine est d&#233;j&#224; loin et deux de leurs camarades partent &#224; sa recherche, mais reviennent d&#233;sol&#233;s de n'avoir pu le trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour commence &#224; pointer et je rectifie ma direction de tir sur le parapet qui est &#224; peine &#224; 80 m&#232;tres. Il est d&#233;j&#224; trop tard pour que les bombardiers puissent aller &#224; proximit&#233; des fascistes pour lancer les bombes dans leurs refuges. Tout &#224; coup, un fusil-mitrailleur cr&#233;pite, c'est le signal convenu et je commence &#224; tirer, &#233;tonn&#233; de ce changement de tactique. Les parapets fascistes sont balay&#233;s par les rafales de ma mitrailleuse et c'est &#224; peine si quelques balles ennemies sifflent &#224; nos oreilles. Il serait temps pour que la droite op&#232;re son mouvement, mais personne ne bouge et je pr&#233;f&#232;re cesser le feu que de br&#251;ler inutilement notre munition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fascistes profitent alors pour reprendre leur sang-froid et c'est une gr&#234;le de balles qui tombent de tous c&#244;t&#233;s. Nous sommes dans une bien triste situation, mais nous esp&#233;rons la venue de l'aviation pour reprendre la direction de l'attaque. Les heures passent lentement et la munition diminue, car nous sommes oblig&#233;s de tirer de temps en temps pour freiner l'ardeur des fascistes et redonner du courage &#224; ceux qui sont &#233;motionn&#233;s de sentir les balles passer &#224; peine &#224; vingt centim&#232;tres sur les t&#234;tes. Des camarades rampent de tous c&#244;t&#233;s &#224; la recherche du capitaine qui reste introuvable. Un bruit lointain de moteurs nous fait scruter l'horizon, mais nous sommes angoiss&#233;s &#224; la pens&#233;e que peut-&#234;tre ce sont des avions fascistes, car il n'y a pas un buisson pour se cacher. Nous camouflons de notre mieux notre pr&#233;sence, en regardant neuf avions qui avancent avec rapidit&#233; dans notre direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reconnaissons de suite que ce sont des avions fascistes, car ils sont tous du m&#234;me type, tandis que les n&#244;tres diff&#232;rent les uns des autres. Nous observons parapets et avions, quand tout et coup une gr&#234;le de balles passe sur nos t&#234;tes. Des mortiers explosent de tous c&#244;t&#233;s, mais l'aviation ne peut intervenir &#224; cause du peu de distance qui nous s&#233;pare. Nous reprenons courage et par de bonnes rafales nous obligeons les fascistes &#224; se souvenir qu'ils ne sont pas seuls. Enfin, les avions s'&#233;loignent et la paix semble &#234;tre faite entre les deux camps. A 5 heures et quart, un bruit d'avions se fait entendre. Heureusement ce sont les n&#244;tres, mais apr&#232;s avoir pass&#233; et repass&#233;, ils s'&#233;loignent sans rien faire. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.atelierdecreationlibertaire.com/Pour-le-bien-de-la-revolution.html" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt; Pour le bien de la r&#233;volution&lt;/i&gt;, Minning Albert et Gm&#252;r Edi . Les &#233;ditions Atelier de cr&#233;ation libertaire &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [04]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-04-1316</link>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Albert Minnig</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nuit venant, nous d&#233;cidons de rentrer &#224; notre base. A peine arriv&#233;s au castillo, qu'un cavalier apporte des ordres pour partir en avant. L'artillerie fasciste aper&#231;oit notre mouvement et tire pendant une demi-heure, sans toutefois nous atteindre. Nous prenons position sur une petite montagne, o&#249; nous sommes d&#233;vor&#233;s par une multitude de moustiques. La nuit passe sans une escarmouche.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;983 &#8211; 9 Octobre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nuit venant, nous d&#233;cidons de rentrer &#224; notre base. A peine arriv&#233;s au castillo, qu'un cavalier apporte des ordres pour partir en avant. L'artillerie fasciste aper&#231;oit notre mouvement et tire pendant une demi-heure, sans toutefois nous atteindre. Nous prenons position sur une petite montagne, o&#249; nous sommes d&#233;vor&#233;s par une multitude de moustiques. La nuit passe sans une escarmouche. Au petit matin, vers 4 heures, nous chargeons les mitrailleuses et nous avan&#231;ons dans une r&#233;gion qui nous est inconnue. Des patrouilleurs qui &#233;taient partis en avant, reviennent et annoncent que le castillo n'est plus occup&#233; par les fascistes. Nous arrivons et apr&#232;s un rapide examen nous allons prendre position sur les hauteurs environnantes, en vue d'une &#233;ventuelle attaque ennemie. Deux jours passent rapidement, pendant lesquels nous fortifions les parapets b&#226;tis en h&#226;te pour se garer des bombardements de l'aviation et de l'artillerie, qui nous harcellent chaque jour. Enfin la troisi&#232;me nuit, plusieurs pi&#232;ces d'artillerie de 7.5 et 15.5 arrivent et prennent imm&#233;diatement position. Nous nous r&#233;jouissons, pensant qu'enfin &#231;a va chauffer et c'est avec peine que nous freinons notre enthousiasme. L'attaque nous est promise pour la &lt;i&gt;manana&lt;/i&gt;, terrible habitude espagnole de tout remettre au lendemain. La nuit nous para&#238;t bien longue, tant nous sommes impatients et le soleil se l&#232;ve sans qu'aucun signal soit donn&#233;. L'immense confiance dans le capitaine fran&#231;ais technicien commence &#224; diminuer et pendant la journ&#233;e il est emprisonn&#233; pour s'&#234;tre livr&#233; &#224; des actes de violence et menaces de mort sur un camarade espagnol. Garcia Oliver et Carlo Rosselli, &#224; qui nous avions fait parvenir un mot, accourent imm&#233;diatement et tiennent conseil avec les d&#233;l&#233;gu&#233;s nomm&#233; par le d&#233;tachement. Le capitaine est remis en libert&#233;, apr&#232;s avoir fait la promesse que des incidents de cette nature ne se reproduiraient pas. La d&#233;cision d'avancer la nuit est prise, apr&#232;s en avoir &#233;tudi&#233; toutes les possibilit&#233;s. Les pr&#233;paratifs termin&#233;s et la nuit tombant, nous avan&#231;ons en file indienne en suivant le pied de la montagne. La pluie, qui a commenc&#233; &#224; tomber avec violence rend la marche tr&#232;s p&#233;nible, le terrain &#233;tant tr&#232;s glissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait folie que d'attaquer sur un terrain o&#249; nous faisons toute une gymnastique pour se tenir en &#233;quilibre. Nous nous arr&#234;tons dans un endroit tr&#232;s favorable pour organiser la d&#233;fense. Des parapets sont construits en vitesse, avec des pierres et recouverts avec des herbes, pour mieux dissimuler notre pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour revient &#224; peine, notre travail est achev&#233; et nous apercevons en face de nous, &#224; travers la brume matinale, un gros ch&#226;teau bien construit et perch&#233; sur un mamelon qui domine la plaine qui nous en s&#233;pare. Les fascistes qui ignorent notre pr&#233;sence, vont et viennent dans les alentours &#224; environ 400 m&#232;tres de nous. Nous ne tirons pas une seule cartouche, esp&#233;rant mieux exploiter notre merveilleuse position. Tout &#224; coup, des obus sifflent &#224; faible hauteur sur nos t&#234;tes, et les explosions de nos batteries se font entendre. Les obus tombent &#224; une cinquantaine de m&#232;tres du ch&#226;teau, mais la deuxi&#232;me salve s'en rapproche. Le tir devient plus rapide et plusieurs obus cr&#232;vent la fa&#231;ade, avec des explosions formidables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artillerie fait rage, nous apercevons des hommes qui cherchent &#224; s'enfuir par la gauche, derri&#232;re un monticule Imm&#233;diatement nous ouvrons un feu nourri, pour leur couper la route, mais la fum&#233;e des explosions nous g&#234;ne consid&#233;rablement et nous pr&#233;f&#233;rons &#233;conomiser notre munition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A midi, le calme est revenu, nous en profitons pour nous s&#233;cher et nous reposer un peu. Le soir, nous doublons la garde que nous portons un peu en avant. Vers une heure, nous sommes alert&#233;s par les plantons qui ont entendu du bruit, nous dressons l'oreille, le doigt sur la g&#226;chette, pr&#234;ts &#224; faire feu. Un Espagnol, qui a vu une ombre, fait la sommation d'usage. La r&#233;ponse ne se fait pas attendre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ne tirez pas, je suis un camarade&lt;/q&gt;, et un homme s'approche les mains lev&#233;es. Il est interrog&#233; et r&#233;pond docilement. Il remet une lettre dont nous prenons connaissance. Ce sont, parait-il, des camarades qui &#233;taient en service r&#233;gulier, mais ils n'osent d&#233;serter, pensant que des repr&#233;sailles seront faites sur leurs parents, qui habitent en territoire fasciste. Ils nous conseillent d'attaquer le plus vite possible, car ils sont une centaine, bien d&#233;cid&#233;s de tuer les phalangistes qui les commandent et nous laisser ma&#238;tres de la position. Ils seraient de ce fait consid&#233;r&#233;s comme morts ou prisonniers et rien ne saurait justifier des menaces envers les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous remercions le porteur qui, apr&#232;s s'&#234;tre copieusement ravitaill&#233;, repart, nous laissant le c&#339;ur plein d'espoir. Nous d&#233;p&#234;chons un camarade au Comit&#233; de guerre, esp&#233;rant mettre &#224; profit tous ces renseignements. Il revient avec des instructions, mais nous ne devons pas bouger, &#233;tant en position d'appui. L'attaque se fera par la gauche avec le bataillon italien. Le jour n'a pas commenc&#233; &#224; poindre que l'attaque se d&#233;clenche et le bruit se rapproche rapidement. Les fascistes se replient imm&#233;diatement vers le ch&#226;teau, mais en dehors de notre champ visuel et nous regrettons am&#232;rement de ne pouvoir intervenir. L'artillerie commence et touche tr&#232;s bien le but pendant que notre aviation, qui vient d'arriver, d&#233;crit de grands cercles et en trois fois l&#226;che ses bombes qui &#233;clatent dans un bruit de tonnerre. Le ch&#226;teau dispara&#238;t par instants dans la fum&#233;e et la poussi&#232;re et nous pensons que les fascistes doivent avoir abandonn&#233; la position. L'aviation dispara&#238;t et l'artillerie cesse son feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Italiens ont r&#233;ussi &#224; 's'avancer &#224; une centaine de m&#232;tres du ch&#226;teau et demandent des mitrailleuses de renfort. Le capitaine, nous l'avons su plus tard, refuse formellement, disant que c'est trop risquer que d'avancer des armes trop lourdes et peu transportables. Les Italiens sont alors oblig&#233;s de se replier en dehors du feu fasciste, apr&#232;s avoir essuy&#233; un feu tr&#232;s nourri de mitrailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s midi, le calme est complet et un grand drapeau blanc flotte &#224; une fen&#234;tre du ch&#226;teau. Nous sommes tr&#232;s inquiets de ce signal et le capitaine, pour se racheter, nous demande d'aller en rampant, t&#226;cher de s'introduire &#224; l'int&#233;rieur du ch&#226;teau. Nous pensons que cela suffisait de s'&#234;tre laiss&#233; prendre une fois et que l&#224; o&#249; une compagnie avait &#224; peine suffi, il ne fallait pas y aller &#224; dix. Nous demandons d'essayer avec une camion blind&#233;, mais &#224; peine sort-il de la route, qu'il s'embourbe dans le terrain rendu trop mou par les pluies r&#233;centes. Il y a pourtant des bless&#233;s et pour aller les chercher il faut passer &#224; d&#233;couvert plus de cent m&#232;tres. Une ambulance tente de passer ; mais imm&#233;diatement, les mitrailleuses cr&#233;pitent et elle fait marche arri&#232;re. Le chauffeur ne veut pas aller plus loin, un milicien saute &#224; sa place et l'ambulance r&#233;ussit &#224; passer &#224; toute vitesse. Son retour est salu&#233; par un feu violent, mais heureusement le milicien n'est pas touch&#233;. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [03]</title>
		<link>https://partage-noir.fr/cahier-d-un-milicien-dans-les-rangs-de-la-cnt-fai-03</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>Juan Garc&#237;a Oliver </dc:subject>
		<dc:subject> Fernand Chevalier</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Rajaud</dc:subject>
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		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements.&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;982 &#8211; 25 Septembre 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chaque groupe a son drapeau qui a &#233;t&#233; confectionn&#233; par des miliciennes qui, elles, viennent au front, ce qui confirme la volont&#233; g&#233;n&#233;rale de la classe travailleuse de s'&#233;manciper de ces oppresseurs sanguinaires que sont les fascistes. Une foule innombrable se joint &#224; nous et nous accompagne jusqu'&#224; la gare. Plusieurs jeunes filles nous donnent leur adresse en nous priant de leur &#233;crire ; elles nous enverront des paquets de v&#234;tements et vivres. Chacun fait ses adieux et beaucoup pleurent en voyant partir toute cette troupe jeune et fi&#232;re et qui n'a qu'une seule pens&#233;e, d&#233;fendre sa libert&#233; et lib&#233;rer les opprim&#233;s. L'hymne anarchiste &#171; Hijos del Pueblo &#187; est entonn&#233; et le train part, salu&#233; par des applaudissements. Toutes les stations o&#249; l'on s'arr&#234;tera ensuite sont pleines de monde qui acclame. Des jeunes filles nous tendent des bouteilles de vins et liqueurs, fruits et sandwichs dont on se regal&#233;ra durant le trajet et chaque d&#233;part c'est un d&#233;lire, une temp&#234;te d'applaudissements. Les lumi&#232;res se sont &#233;teintes et on comprend que l'on rentre dans la zone dangereuse. La locomotive souffle, ronfle et peine, car il y de tr&#232;s fortes rampes. Le soleil enfin se l&#232;ve. La v&#233;g&#233;tation luxuriante du bord de la mer a compl&#232;tement disparu et ce sont de grands plateaux superpos&#233;s, pel&#233;s et br&#251;l&#233;s par le soleil. A perte de vue, ce sont des vignes et des champs de bl&#233; d&#233;j&#224; fauch&#233;s. Nous arrivons &#224; Tardienta. La gare a &#233;t&#233; bombard&#233;e et pour la premi&#232;re fois nous voyons les effets terribles des bombes lanc&#233;es par les avions rebelles. Les rails ont &#233;t&#233; tordus comme des f&#233;tus de paille et il ne reste d'un train plus que le squelette. Malgr&#233; cela, il y a beaucoup d'animation et personne n'a l'air de songer au danger qui est si proche. Le train repart jusqu'&#224; une station dont je tairai le nom et en cinq minutes notre colonne se met en marche. Chacun touche quelques cartouches, CINQ, car il y en a tr&#232;s peu. Un vent violent g&#234;ne consid&#233;rablement notre avance et soul&#232;ve d'immenses nuages de poussi&#232;re. En tr&#232;s peu de temps nous en sommes recouverts et nous prenons la couleur du terrain. Apr&#232;s l'escalade de plusieurs plateaux, nous voyons une petite agglom&#233;ration de b&#226;timents et chacun acc&#233;l&#232;re le pas, satisfait de pouvoir bient&#244;t &#233;tancher la soif qui nous d&#233;vore. Nous arrivons enfin. Des cuisines sont install&#233;es en plein air et laissent &#233;chapper des nuages de vapeur odorante, qui r&#233;veille la faim calm&#233;e par la poussi&#232;re et la chaleur. Nous trouvons de la place dans un grenier o&#249; l'on d&#233;cide de passer la nuit. Des cris joyeux r&#233;sonnent &#224; la &lt;i&gt;comida &lt;/i&gt; dans la cour. Assiette et quart en main, nous nous rangeons en une longue file pour la distribution de la soupe. Des camarades plus press&#233;s assaillent les marmites et les cuisiniers m&#233;contents crient &#171; &#224; la colla &#187; et servent ceux qui se sont rang&#233;s. Enfin c'est notre tour. L'assiette pleine de bouillon, un bon morceau de bouilli et un quart de vin feront ce repas du soir. Comme nous sommes tr&#232;s fatigu&#233;s, nous allons nous coucher tout de suite sur un immense tas de grains, et roul&#233;s dans la couverture nous nous endormons dans un sommeil plein de r&#234;ves, jusqu'&#224; 6 heures du matin.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1868 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://partage-noir.fr/IMG/jpg/juan_garcia_oliver__1936.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH131/juan_garcia_oliver__1936-72b65-1d4dc.jpg?1774739492' width='150' height='131' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Juan Garc&#237;a Oliver &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un camarade va toucher les rations du petit d&#233;jeuner pour tout le groupe et c'est derri&#232;re un b&#226;timent, dans un coin bien abrit&#233;, que nous d&#233;jeunerons en toute tranquillit&#233;. Le caf&#233;, sardines, pain, ont vite disparu et chacun raconte sa petite histoire pour passer le temps. Tout &#224; coup des cris : &#171; Aviation &#187; retentissent de tous c&#244;t&#233;s et mon cousin qui a bonne vue tend le bras en comptant ; il y en a 9. Ils avancent rapidement dans notre direction et nous nous demandons si ce sont les n&#244;tres. Ils passent sur nos t&#234;tes &#224; environ 300 m&#232;tres et paraissent ne pas vouloir s'occuper de nous, mais quelle erreur ! Des explosions formidables secouent toutes les maisons. Nous courons voir o&#249; sont tomb&#233;es les bombes. Heureusement aucune n'a touch&#233; les b&#226;timents et un grand Italien nous en montre une, en nous disant : C'est une bombe Ya ! Et comme il a fait la grande guerre il nous en explique la fabrication et nous recommande la position couch&#233;e pour se garer le mieux possible de ces terribles engins. Les avions sont tr&#232;s loin et nous entendons le bruit sourd des bombes lanc&#233;es sur des villages. L'&#233;moi est vite pass&#233; et nous allons reprendre nos discussions derri&#232;re la maison. Le bruit des moteurs qui s'&#233;tait &#233;loign&#233; se rapproche de plus en plus et les trois escadrilles apparaissent &#224; nouveau au-dessus de nos t&#234;tes et nous levons vers elles un regard interrogateur. Tout &#224; coup de petits filets de fum&#233;e bleue se dessinent dans le ciel et avant d'avoir eu le temps de s'interroger, les balles sifflent et s'&#233;crasent contre le mur. Je m'enfuis &#224; quelques m&#232;tres dans un angles o&#249; je me jette &#224; plat ventre et je suis tout de suite recouvert par mes camarades qui m'ont suivi. &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154122&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chevalier&lt;/a&gt; jure tout ce qu'il peut ; il a mis la main en plein dans des excr&#233;ments, mais chacun rigole parce que personne n'est bless&#233;. Plusieurs balles sont entr&#233;es dans le bureau de Garcia Oliver, mais sans faire de victimes. N'&#233;tant pas tr&#232;s en s&#233;curit&#233; clans ce &#171; castillo &#187;, nous d&#233;cidons d'aller un peu plus loin au milieu des oliviers. A midi, nous venons &#224; la distribution et &#224; peine le repas commenc&#233;, la garde signale &#224; nouveau l'aviation. Ce sont les neuf avions fascistes du matin et chacun court se cacher. Des d&#233;tonations effroyables secouent les maisons, des femmes hurlent et s'&#233;vanouissent. Une cinquantaine de bombes sont tomb&#233;es tout autour du castillo, un hangar a &#233;t&#233; d&#233;moli et nous courons pour voir s'il n'y a pas de bless&#233;s. Des camarades reviennent d&#233;j&#224; avec des brancards charg&#233;s, un Espagnol a eu la t&#234;te arrach&#233;e. Nous arrivons vers une petite maison, un homme &#224; demi agenouill&#233; tenant encore son fusil est plaqu&#233; contre le mur, il est noirci par l'explosion et il lui manque un bras. Vite un brancard pour le transporter &#224; l'infirmerie. Le docteur regarde : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il est mort ! vite un autre, laissez la place&lt;/q&gt;, et des infirmiers le lavent, stupeur, c'est &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article138675&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rajaud&lt;/a&gt;, un Toulousain de notre groupe. La tristesse est sur tous les visages, mais dans les c&#339;urs se r&#233;veillent la haine et le d&#233;sir de vengeance. Le triste bilan de ce bombardement se chiffre &#224; sept morts et dix bless&#233;s. Le coup de fouet est donn&#233;. Garcia. Oliver et Rosselli promettent l'attaque pour demain. Nous nous pr&#233;parons h&#226;tivement et nous dormons jusqu'&#224; la nuit. A onze heures, nous partons en avant, conduits par un capitaine fran&#231;ais. Nous occupons un castillo abandonn&#233; par les fascistes &#224; quelques kilom&#232;tres, mais depuis Huesca on nous a vus et l'artillerie commence. Les obus sifflent et explosent avec un bruit de tonnerre, mais aucun ne nous atteint. Une heure apr&#232;s, le calme est revenu et nous commen&#231;ons tout de suite des travaux de protection. Apr&#232;s cinq jours de travail acharn&#233;, un tunnel pour 80 personnes est creus&#233;. Des mitrailleuses sont arriv&#233;es et nous faisons de l'instruction. Un soir, un cavalier apporte des nouvelles. Les fascistes vont attaquer &#224; notre gauche et vite les mitrailleuses sont plac&#233;es, mais la nuit se passera sans besoin d'intervenir. Le capitaine que l'on presse pour avancer demande dix volontaires pour aller en reconnaissance et nous avons la chance d'&#234;tre les pr&#233;f&#233;r&#233;s. Nous partons, fusil &#224; ballant, d&#233;ploy&#233;s en tirailleurs, et apr&#232;s quelques kilom&#232;tres nous voyons un castillo qui semble abandonn&#233;, mais quelques-uns disent y avoir vu entrer des hommes. Nous nous approchons avec lenteur et prudence, profitant de tous les creux, mais l'&#233;motion ne sera pas grande. Nous sommes &#224; vingt m&#232;tres et pas un coup, de feu n'a &#233;t&#233; tir&#233;, donc il n'y a personne.. Nous entrons les uns par les fen&#234;tres, les autres par la porte. Visite de tous les locaux o&#249; r&#232;gne la tranquillit&#233;, mais aussi un d&#233;sordre indescriptible. Les meubles sont renvers&#233;s et tous les papiers de famille sont &#233;pars, sur le plancher. (A suivre.)&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article154481&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Albert Minnig&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [02]</title>
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		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette pr&#233;caution prise, ils p&#233;n&#232;trent dans les dortoirs o&#249; les officiers, environ deux mille, reposaient confiants en la garde. Froidement, les lib&#233;rateurs du peuple esclave se mirent &#224; la besogne et tous ces exploiteurs &#224; la solde du fascisme pay&#232;rent de leur sang les vies des camarades tomb&#233;s par centaines la journ&#233;e pr&#233;c&#233;dente, devant les canons et les mitrailleuses dans les rues de la ville. Ce r&#233;cit nous glace d'abord, mais comment ne pas admirer autant de courage et de sang-froid ?&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt; N&#176;979 &#8211; 7 Ao&#251;t 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette pr&#233;caution prise, ils p&#233;n&#232;trent dans les dortoirs o&#249; les officiers, environ deux mille, reposaient confiants en la garde. Froidement, les lib&#233;rateurs du peuple esclave se mirent &#224; la besogne et tous ces exploiteurs &#224; la solde du fascisme pay&#232;rent de leur sang les vies des camarades tomb&#233;s par centaines la journ&#233;e pr&#233;c&#233;dente, devant les canons et les mitrailleuses dans les rues de la ville. Ce r&#233;cit nous glace d'abord, mais comment ne pas admirer autant de courage et de sang-froid ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'instruction se fait le matin et ne dure qu'une heure par jour, nous profitons pour nous enfuir en ville, car nous entendons des choses qui nous laissent assez sceptiques et nous tenons &#224; avoir des preuves. Nous arrivons place de Catalogne et regardons avec plus de soin que pr&#233;c&#233;demment. Nous voyons les fa&#231;ades enti&#232;rement cribl&#233;es de balles. Beaucoup de vitres ont &#233;t&#233; bris&#233;es ou perc&#233;es et l'on comprend facilement quelle ardeur devait avoir la lutte. Nous descendons les Ramblas. A droite, c'est une grande &#233;glise qui dresse ses murs noircis par l'incendie. Des ouvriers travaillent &#224; boucher l'entr&#233;e en y faisant un mur. Plus bas &#224; gauche, un local syndicaliste o&#249; il y eut une violente rencontre avec les fascistes. Le balcon est prot&#233;g&#233; d'un blindage d'acier et de petites meurtri&#232;res y ont &#233;t&#233; perc&#233;es. A la place Colomb, c'est autre chose. Il y a des barricades derri&#232;re lesquelles s'&#233;taient retranch&#233;s les camarades. Le grand b&#226;timent du consulat d'Italie est &#233;ventr&#233; par les coups de canons et la mitraille, car c'est depuis l&#224; que sont partis les premiers coups de feu. Une autre &#233;glise est aussi &#224; moiti&#233; d&#233;molie, car les cur&#233;s tir&#232;rent sur la foule avec des mitrailleuses. On nous explique les diverses positions qu'occupaient les rebelles, en particulier sur la colonne Colomb, qui domine tout ce grand quartier. Plusieurs centaines de personnes sont tomb&#233;es et c'est gr&#226;ce &#224; l'audace des hommes et des femmes que ces positions ont &#233;t&#233; prises. Plus loin, sur un trottoir, un amas de couronnes, fleurs et &#233;crits marque la place o&#249; est tomb&#233; l'indomptable Francisco Ascaso, qui, &#224; la t&#234;te d'une poign&#233;e d'hommes, &#233;tait parti &#224; l'attaque et fut broy&#233; par le feu des mitrailleuses. Nous &#233;coutons avec tristesse les renseignements sur la vie de ce camarade, qui avait d&#233;j&#224; tant souffert pour la cause de la libert&#233;. Il est mort, nous dit le camarade espagnol qui nous accompagne, mais son souvenir reste profond&#233;ment enracin&#233; au fond du c&#339;ur des Catalans, qui lui ont fait la promesse de le venger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passons au port, o&#249; la lutte dut &#234;tre &#226;pre, car fa&#231;ades enfonc&#233;es, barricades de pav&#233;s, ballots de papier et taches de sang t&#233;moignent des &#233;v&#233;nements pass&#233;s. Toutes les rues o&#249; nous passerons ensuite portent les traces de combats sanglants et des monceaux de fleurs marquent les emplacements o&#249; sont tomb&#233;s des h&#233;ros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, un camion charg&#233; de miliciens arm&#233;s passe &#224; toute vitesse, cornant longuement. C'est, nous dit le camarade, une &#233;quipe de secours qui porte main forte au comit&#233; d'investigation &#224; la suite de la d&#233;couverte d'un nid de fascistes. Des coups secs r&#233;sonnent, mais cinq minutes apr&#232;s le calme revient, le danger &#233;tant conjur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre petite enqu&#234;te continue et nous arrivons devant un b&#226;timent qui ressemble &#224; un p&#233;nitencier. C'est un s&#233;minaire et c'est &#224; l'int&#233;rieur que s'&#233;teindront mes derniers scrupules sur la religion. Les dalles ont &#233;t&#233; soulev&#233;es et des travaux de terrassement d&#233;couvrent les preuves des crimes des cur&#233;s. Des squelettes de grandes personnes et d'enfants, dont quelques-uns sont en pleine putr&#233;faction, me glacent d'horreur et, avec indignation, je demande le motif de cette profanation. Mon camarade m'explique : une vive r&#233;sistance nous &#233;tait oppos&#233;e de l'int&#233;rieur de cet immeuble, mais apr&#232;s un bon assaut on r&#233;ussit &#224; enfoncer les portes et saisir plusieurs mitrailleuses, une consid&#233;rable provision de munitions, une vingtaine de cur&#233;s et plusieurs nonnes (120 environ). Beaucoup de ces religieuses, en nous voyant p&#233;n&#233;trer, lev&#232;rent le poing ferm&#233; en criant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vive la FAI !&lt;/q&gt; et accus&#232;rent les directrices et les &#171; P&#232;res &#187; de les avoir viol&#233;es et fait subir des avortements. Les plus rebelles parmi elles avaient &#233;t&#233; assassin&#233;es et leurs cadavres cach&#233;s sous les dalles. Dans une petite pi&#232;ce, nous voyons comment les supplices s'effectuaient. Le mur fait une saillie d'environ 80 cm. &#224; 1 m. 70 de hauteur. Deux bracelets de fer qui maintenaient les bras lev&#233;s sont encore fix&#233;s. Les pieds &#233;taient attach&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on, ce qui leur permettait de mener &#224; bonne fin et sans effort leur &#339;uvre sadique et cruelle. Pour terminer, des fac-simil&#233;s de plusieurs documents nous sont montr&#233;s et traduits. Il y a des remerciements sign&#233;s du pape et de Mussolini pour des envois d'argent faits pour la guerre d'Ethiopie. Plusieurs millions d'or et des titres de tous genres ont &#233;t&#233; trouv&#233;s dans les coffres, cependant que des centaines d'invalides et de mutil&#233;s tendaient la main pour du pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le repas, nous allons &#224; un comit&#233; pour savoir si l'on peut coucher en ville. On nous indique un h&#244;tel sp&#233;cialement am&#233;nag&#233; pour les miliciens qui veulent coucher en ville, car il ne faut pas monter &#224; la caserne de nuit. Il y a trop de danger aux abords et souvent des miliciens sont tomb&#233;s sous les coups de fusil des fascistes qui se cachent dans les bosquets environnants. On nous recommande aussi de ne pas fr&#233;quenter les mauvais quartiers, car beaucoup de miliciens ont trouv&#233; la mort dans les bras d'une belle. Ceci a le don d'&#233;veiller notre curiosit&#233; et chacun ach&#232;te un bon poignard et nous voil&#224; partis dans ces ruelles sombres et &#233;troites, v&#233;ritables coupe-gorges. Nous les traversons &#233;c&#339;ur&#233;s et nullement s&#233;duits par les malheureuses prostitu&#233;es. Les mauvaises m&#339;urs sont les r&#233;sultats du r&#233;gime capitaliste et par la suite cela dispara&#238;tra presque compl&#232;tement. Rentr&#233;s &#224; l'h&#244;tel, qui est gard&#233; par un peloton de miliciens, comme il fait tr&#232;s chaud, nous tirons les lits sur la terrasse, o&#249; l'on passera une tr&#232;s bonne nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, retour &#224; la caserne pour l'instruction et l'organisation du d&#233;part. Une colonne doit partir pour Majorque, mais comme il ne reste pas de fusils, il nous faut attendre qu'il en arrive d'autres. En attendant, on organise un groupe de mitrailleurs. Le lendemain, deux petits Marseillais curieux viennent nous avertir qu'ils ont vu d&#233;charger un camion de fusils. Imm&#233;diatement, nous partons &#224; leur suite, et ils nous conduisent vers les cachots. Entre les barreaux, nous apercevons des files d'armes. Vite au comit&#233;, qui nous fait un bon pour tout le groupe et nous voil&#224; devant le magasinier qui nous remet les armes aussit&#244;t. En m&#234;me temps, nous regardons les cellules des condamn&#233;s &#224; mort qui seront ex&#233;cut&#233;s le lendemain &#224; l'aube. Le gardien nous explique : Celui qui a la tonsure est un cur&#233; que l'on a pris hier cach&#233; dans un placard, dissimul&#233; derri&#232;re un grand tableau dans une &#233;glise, et qui a tir&#233; avec une mitraillette sur ceux qui l'avaient d&#233;couvert. Un autre est un espion, Fran&#231;ais d'origine, qui s'&#233;tait gliss&#233;, &#224; l'aide de faux papiers, dans les rangs des milices et qui s'est fait prendre b&#234;tement volant un rasoir dans la valise d'un camarade. Apr&#232;s une fouille en r&#232;gle, le comit&#233; a trouv&#233; sur lui des papiers compromettants et le lendemain il sera ex&#233;cut&#233;, au milieu de la caserne, afin qu'il serve d'exemple pour ceux qui seraient venus avec les m&#234;mes intentions. Plusieurs autres fascistes occupent les autres cellules, car ils ont particip&#233; &#224; divers soul&#232;vements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tra&#238;tres ne nous int&#233;ressent pas. Nous chargeons les fusils sur les &#233;paules et allons les distribuer &#224; nos camarades. Chacun s'exerce avec des munitions au maniement du fusil qui lui sauvera souvent la vie. Quelques heures d'entra&#238;nement, les connaisseurs donnant des conseils &#224; ceux qui n'ont jamais mani&#233; d'armes, et tout le groupe est pr&#234;t &#224; partir. Chacun s'est achet&#233; un bonnet de la CNT-FAI et nous recevons tous espadrilles, tutas et cartouchi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une colonne, part le lendemain pour le front d'Aragon et nous sommes inscrits pour partir avec elle. Nous consacrons les derniers instants &#224; quelques plaisirs, qui pour beaucoup seront les derniers. La nuit nous semble longue, car nous ne dormons pas en songeant &#224; ce qui nous attend. Le 6 septembre, jour tant attendu est enfin arriv&#233;, et &#224; 7 heures du soir tout le monde est group&#233; dans la cour. La colonne s'&#233;branle lentement et d&#233;file dans les rues qui sont pleines de monde qui nous fait une ovation formidable. Des dizaines de mille personnes nous acclament fr&#233;n&#233;tiquement &#224; travers Barcelone. La cadence de notre marche est rythm&#233;e par CNT-FAI &#8212; CNT-FAI &#8212; CNT-FAI.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cahier d'un milicien dans les rangs de la CNT-FAI [01]</title>
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		<dc:creator>Albert Minnig</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
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		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
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		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1936, nous arrivons &#224; Port-Bou, premi&#232;re station espagnole. Des hommes sont l&#224; de garde et l'on est un peu &#233;motionn&#233; en p&#233;n&#233;trant dans ce pays compl&#232;tement &#233;tranger pour nous. Notre c&#339;ur se serre &#224; la pens&#233;e que l'on peut &#234;tre refoul&#233;s. Cet &#233;moi, heureusement, est vite pass&#233;, en voyant les visages accueillants des douaniers espagnols. On avance avec courage, nos valises &#224; la main, au-devant de ces hommes en armes.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1312-44c9a.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le R&#233;veil anarchiste N&#176;978 &#8211; 24 Juillet 1937&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1936, nous arrivons &#224; Port-Bou, premi&#232;re station espagnole. Des hommes sont l&#224; de garde et l'on est un peu &#233;motionn&#233; en p&#233;n&#233;trant dans ce pays compl&#232;tement &#233;tranger pour nous. Notre c&#339;ur se serre &#224; la pens&#233;e que l'on peut &#234;tre refoul&#233;s. Cet &#233;moi, heureusement, est vite pass&#233;, en voyant les visages accueillants des douaniers espagnols. On avance avec courage, nos valises &#224; la main, au-devant de ces hommes en armes. Un lieutenant, je crois, sort du groupe et dans un fran&#231;ais tr&#232;s correct nous demande nos papiers et le but de notre voyage. Apr&#232;s une br&#232;ve explication, il d&#233;l&#232;gue un homme en civil qui semble nous attendre et qui nous conduira &#224; l'h&#244;tel. Des enfants s'emparent de force de nos valises et nous remarquons qu'un sourire de reconnaissance est sur toutes les l&#232;vres des passants qui nous d&#233;visagent avec curiosit&#233;. Il n'y a pas besoin de dire ce que l'on vient faire, tous l'ont d&#233;j&#224; devin&#233;. Nous arrivons devant l'h&#244;tel o&#249; l'on attendra avec impatience le train qui nous transportera dans cette merveilleuse et attirante Barcelone. L&#224; on nous sert &#224; manger et &#224; boire et je suis stup&#233;fait d'autant d'abondance, car les journaux de chez nous disent et r&#233;p&#232;tent chaque jour que l'on y cr&#232;ve de faim. Apr&#232;s ce copieux repas, on nous fait voir nos chambres o&#249; nos valises nous y ont d&#233;j&#224; pr&#233;c&#233;d&#233;s. Tout confort moderne, eau froide et chaude, chambre de bains, t&#233;l&#233;phone et balcon sur la mer. Je crois &#234;tre transport&#233; clans un de ces r&#234;ves de prince charmant, mais je suis oblig&#233; d'en convenir en regardant mes camarades qui, eux, essaient de la main la douceur des lits. Nous redescendons et notre guide nous demande si on a besoin de ses services, car on ne sait pas un &#171; tra&#238;tre &#187; mot d'espagnol. On saisit l'offre g&#233;n&#233;reuse et il nous conduit enchant&#233; de nous tenir compagnie. A la terrasse d'un grand restaurant o&#249; l'on s'arr&#234;te, il nous pr&#233;sente &#224; ses amis qui savent le fran&#231;ais. On nous fait go&#251;ter diverses sp&#233;cialit&#233;s : caf&#233;, anis, muscatel, etc., et tout en causant on se laisse bercer par la musique langoureuse d'un orchestre. A 11 heures, un milicien vient nous avertir que le train partira le lendemain &#224; 5 heures et c'est en se r&#233;jouissant que l'on va coucher, apr&#232;s avoir remerci&#233; notre guide qui a tout pay&#233; et qui ne veut m&#234;me pas que l'on dise merci, mais &#171; salud &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur de manquer le train nous r&#233;veille d&#233;j&#224; &#224; 4 heures et l'on est d&#233;j&#224; habill&#233;s quand on vient pour nous r&#233;veiller. Un bon d&#233;jeuner nous est servi et l'on fait nos adieux &#224; tous ces braves gens qui nous ont fait un si chaleureux accueil. Nous arrivons &#224; la gare, l&#224; encore stup&#233;faction : de grandes banderoles rouges et noires de la CNT et de la FAI d&#233;corent les quais, wagons et locomotives. Tout de suite on comprend que les organisations ouvri&#232;res ont pris en mains l'exploitation des chemins de fer qui &#233;taient, avant la r&#233;volte du 19 juillet, propri&#233;t&#233; d'entreprises priv&#233;es et dont les actionnaires ont fui avec le tra&#238;tre Franco. On traverse plusieurs modestes villages et sur la route qui longe la voie ferr&#233;e on voit des barricades, t&#233;moins des luttes r&#233;centes. Les paysans nous saluent en chantant l'&lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; et des hymnes r&#233;volutionnaires. Plus on approche de la capitale de la Catalogne, plus on remarque de mouvement. Enfin nous voil&#224; aux premi&#232;res maisons et jusqu'&#224; la gare les passants nous saluent et crient de joie. Aux fen&#234;tres des maisons, les femmes et les enfants agitent des drapeaux rouges et noirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train stoppe doucement et nous voil&#224; sur le quai o&#249; r&#232;gne une animation formidable. Des hommes, fusil &#224; la main, surveillent les portes. Ils sont habill&#233;s d'une &#171; grelotte &#187;, esp&#232;ce de costume salopette, chauss&#233;s d'espadrilles noires et blanches et coiff&#233;s d'un ravissant petit bonnet de police rouge avec les lettres CNT-FAI. Ceci a le don de faire briller nos yeux de convoitise et chacun se r&#233;jouit de rev&#234;tir ce costume r&#233;volutionnaire si simple, qui n'a rien de militaire et qui nous donne bien l'allure de travailleurs. On nous demande nos papiers et apr&#232;s un tr&#232;s rapide contr&#244;le un milicien nous montre le chemin de la sortie et nous conduit en ville pour y &#234;tre restaur&#233;s. Je suis un peu surpris, comme mes camarades d'ailleurs, de voir une circulation aussi intense. Ce ne sont que de longues files de v&#233;hicules auxquels sont fix&#233;s des drapeaux et o&#249; ont &#233;t&#233; peintes en vitesse ces lettres d&#233;j&#224; vues partout : CNT.-FAI, UGT, PSUC et POUM. Les tramways, les camions et autocars arborent presque tous des drapeaux CNT-FAI. Nous arrivons place Catalogne, o&#249; nous voyons le b&#226;timent du Parti socialiste unifie catalan d&#233;cor&#233; avec de grandes toiles repr&#233;sentant L&#233;nine et Staline. Une pancarte d'au moins 200 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; est suspendue &#224; travers une rue, mais nous ne pouvons pas en lire l'inscription espagnole. Cependant les grandes lettres CNT- FAI nous font comprendre que c'est un appel au peuple. On nous prie de nous reposer un peu &#224; la terrasse d'un restaurant et on nous demande &#224; quel parti politique nous appartenons. Comme nous nous r&#233;clamons d'organisations syndicales, c'est avec elles qu'on ira et on nous conduit &#224; un h&#244;tel de cette belle Rambla, aussi renomm&#233;e que la Cannebi&#232;re. L&#224; on nous sert des ap&#233;ritifs et un copieux repas bien arros&#233; de ce bon vin d'Espagne. Puis, nous sommes invit&#233;s &#224; aller prendre le caf&#233; dans un autre restaurant. Ensuite il faut monter &#224; la caserne avec un grand autocar &#224; deux &#233;tages. Nous traversons une multitude de rues et partout ce sont de grands amplificateurs qui donnent des nouvelles ou qui jouent des airs r&#233;volutionnaires. Nous arrivons devant la caserne de P&#233;dralbes, rebaptis&#233;e par nos camarades Bakounine. C'est un monstre d'architecture et on a l'impression que l'on rentre au palais de la Soci&#233;t&#233; des Nations, tant il y a de luxe. On va au Comit&#233; fran&#231;ais et un camarade nous m&#232;ne dans la chambre, que l'on occupera quelques jours, en attendant d'&#234;tre arm&#233;s pour monter au front. Cette chambre est assez grande, environ 50 lits, mais une odeur &#233;trange et fade y r&#232;gne. Des taches brunes sur les planelles me font demander &#224; des camarades s'il s'agit de taches de sang. On s'empresse de nous renseigner et l'on apprend en quelques minutes comment cette caserne est tomb&#233;e entre les mains de la CNT et de la FAI. Les officiers de l'arm&#233;e espagnole de Franco &#233;taient retranch&#233;s dans cette v&#233;ritable forteresse, mais avec la complicit&#233; de quelques gardes, une cinquantaine d'individus bien d&#233;cid&#233;s, arm&#233;s seulement de poignards, entr&#232;rent clandestinement la nuit du 19 au 20 juillet et, sans faire de bruit, s'empar&#232;rent des armes qui &#233;taient dans les &#171; r&#226;teliers &#187;, ce qui leur assura une faible r&#233;sistance en cas de r&#233;veil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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