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		<title>Cuba, les anarchistes et la libert&#233; </title>
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		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le texte, que nous publions ci -dessous en traduction et sous une forme un peu remani&#233;e, est une synth&#232;se historique qui couvre le premier si&#232;cle d'anarchisme &#224; Cuba. Il nous a &#233;t&#233; transmis par la revue Guangara Libertaria. Les camarades cubains estiment qu'il est n&#233;cessaire de faire la lumi&#232;re sur leur pass&#233; historique. C'est, du reste, la premi&#232;re fois que ce th&#232;me est trait&#233; par les libertaires cubains et ils en &#233;voquent les figures les plus importantes. De forme condens&#233;e, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-nouvelle-rubrique-no-427-" rel="directory"&gt;Iztok n&#176;13 - Septembre 1986&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-cuba-+" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-iztok-375-+" rel="tag"&gt;Iztok&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-37-dd403.jpg?1774739428' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte, que nous publions ci -dessous en traduction et sous une forme un peu remani&#233;e, est une synth&#232;se historique qui couvre le premier si&#232;cle d'anarchisme &#224; Cuba. Il nous a &#233;t&#233; transmis par la revue&lt;i&gt; Guangara Libertaria&lt;/i&gt;. Les camarades cubains estiment qu'il est n&#233;cessaire de faire la lumi&#232;re sur leur pass&#233; historique. C'est, du reste, la premi&#232;re fois que ce th&#232;me est trait&#233; par les libertaires cubains et ils en &#233;voquent les figures les plus importantes. De forme condens&#233;e, c'est l'extrait d'un livre en pr&#233;paration. Rappelons que tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; Cuba et au mouvement libertaire cubain d'un point de vue historique, politique, culturel ou social trouveront dans la revue&lt;i&gt; Guanguara Libertaria&lt;/i&gt; renseignements, informations et articles de fond. (G.L., PO Box 1514, Riverside st, Miami, F1orida 33135, USA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les lignes qui suivent d&#233;crivent bri&#232;vement l'influence que les id&#233;es libertaires ont exerc&#233; sur le peuple cubain. Il nous apparaissait de notre devoir de restituer le plus fid&#232;lement possible la m&#233;moire des anarchistes &#224; Cuba, soit plus d'un si&#232;cle de lutte aux c&#244;t&#233;s des classes les plus pauvres et en d&#233;fense de la libert&#233; et de la justice sociale. Ce qu'ont accompli les acrates eut une port&#233;e d&#233;cisive sur le terrain social et syndical. Nous allons r&#233;sumer les actions d'un groupe d'hommes et de femmes qui, d&#233;pourvus de toute ressource, de fa&#231;on autonome, pers&#233;cut&#233;s hier et aujourd'hui oubli&#233;s, appartiennent &#224; l'histoire des classes ouvri&#232;re et paysanne, c'est-&#224;-dire &#224; celle du peuple de Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;riode coloniale et s&#233;paratisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, Pierre-Joseph Proudhon, dont les th&#233;ories &#233;conomiques eurent un grand impact dans l'Europe du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, influen&#231;a de fa&#231;on d&#233;cisive les origines de l'anarchisme cubain. Proudhon, sans doute l'un des premiers penseurs de l'anarchie, trouva dans l'&#238;le des disciples et des continuateurs parmi les artisans et les ouvriers progressistes. Si, en 1857, fut fond&#233;e &#224; Cuba la premi&#232;re soci&#233;t&#233; mutualiste, ce n'est que lorsque Saturnino Martinez cr&#233;a en 1865 l'hebdomadaire &lt;i&gt;La Aurora&lt;/i&gt; (L'Aurore) que les id&#233;es de Proudhon s'enracin&#232;rent v&#233;ritablement. Ces ann&#233;es-l&#224;, se cr&#233;&#232;rent les premi&#232;res associations libres d'ouvriers du tabac, de compositeurs d'imprimerie, de journaliers et d'artisans &#8211; ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'origine du prol&#233;tariat organis&#233; cubain. Cuba doit encore &#224; Proudhon la cr&#233;ation de &#171; centres r&#233;gionaux &#187;, d'&#233;coles, de sanatoriums et d'associations d'entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de Dix ans (1868-1878)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce soul&#232;vement ind&#233;pendantiste a surtout touch&#233; les provinces de Camag&#252;ey et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; fut la premi&#232;re tentative violente pour se s&#233;parer de l'Espagne. Quelques anarchistes de l'industrie du tabac y avaient pris part &#8211; et m&#234;me &#224; sa direction &#8211; comme Vicente Garcia et Salvador Cisneros Betencourt, tous deux f&#233;d&#233;ralistes et acquis &#224; Proudhon. La tentative &#233;choua. Plus tard, les ouvriers cubains furent renforc&#233;s par des camarades espagnols courageux et solidaires, poursuivis en Europe pour leurs id&#233;es r&#233;volutionnaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un article du Mouvement social n&#176;128, juillet-septembre 1984, Carlos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5906 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L170xH237/san-martin-1-8f582.jpg?1774711046' width='170' height='237' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Enrique Roig de San Martin &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la pens&#233;e anarchiste s'&#233;tait implant&#233;e parmi les ouvriers et les paysans en France, en Italie, en Espagne et en Russie. L'&#233;l&#233;ment moteur et organisateur de cet essor fut une autre figure importante de l'&#233;poque, Michel Bakounine, r&#233;volutionnaire et th&#233;oricien anarchiste. Malgr&#233; la mort de Bakounine en 1876, ses id&#233;es diffus&#232;rent en Europe avec une force inhabituelle. L'Alliance des r&#233;volutionnaires socialistes (1864) et l'Alliance Internationale de la d&#233;mocratie socialiste (1868), fond&#233;es par Bakounine, et leur programme trouv&#232;rent un &#233;cho favorable aupr&#232;s des &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires &#224; Cuba, les id&#233;es de Bakounine se substituant ainsi progressivement &#224; celles de Proudhon chez les ouvriers. Le prol&#233;tariat cubain commen&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; se forger une conscience de classe. C'est &#224; la fin de 1885 que surgit la figure la plus prestigieuse de l'anarchisme cubain en la personne d'Enrique Roig de San Martin (1843-1889), fondateur de l'hebdomadaire &lt;i&gt;El Productor&lt;/i&gt; (Le Produc&#173;teur) et nouveau th&#233;oricien et organisateur libertaire. Les gr&#232;ves qui se produisirent &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt furent toutes d'inspiration anarchiste et orient&#233;es par &lt;i&gt;El Productor &lt;/i&gt; &#224; l'aide d'une organisation, l'Alliance Ouvri&#232;re, d'inspiration bakouniniste. L'Alliance Ouvri&#232;re s'implanta &#233;galement dans deux centres de travail de l 'industrie du tabac aux &#201;tats-Unis, Tampa et Cayo Hueso, o&#249; s'organisa, en 1887, la premi&#232;re F&#233;d&#233;ration locale des Ouvriers du tabac et qui rassemblait presque tous les ouvriers de cette industrie. Les responsables en &#233;taient Enrique Messonier et Enrique Creci, ainsi que quelques activistes acrates comme Leal, Segura et Palomino. En 1889, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e &#224; Cayo Hueso, se termina par la victoire des ouvriers dans les premiers jours de 1890. A la Havane, l'Alliance et les ouvriers cubains s'&#233;taient solidaris&#233;s avec cette gr&#232;ve et la mort de Roig san Martin n'emp&#234;cha pas &lt;i&gt;El Productor&lt;/i&gt; de soutenir les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s&#233;paratiste cubain, continuant &#224; pr&#233;parer la lutte pour l'ind&#233;pendance, op&#233;rait depuis les c&#244;tes de Floride, &#224; partir des villes des &#201;tats-Unis mentionn&#233;es ci-dessus, p&#233;pini&#232;re de patriotes, d'anarchistes et d'ennemis de l'Espagne en g&#233;n&#233;ral. Durant ces ann&#233;es, Jos&#233; Marti, l'ap&#244;tre de la lutte contre la m&#233;tropole espagnole, chercha des partisans parmi les groupes les mieux organis&#233;s de l'&#233;migration cubaine, tandis que, pour leur part, les ouvriers concentr&#233;s dans l'industrie du tabac regardaient le probl&#232;me cubain d'un point de vue social et internationaliste. S'adressant aux travailleurs, Marti fit des concessions sociales, de fa&#231;on &#224; les attirer dans le camp s&#233;paratiste, et leur promit une r&#233;publique de libert&#233; et de justice. Les anarchistes influenc&#233;s par Marti entreprirent de se regrouper dans les clubs r&#233;volutionnaires, et quelques-uns des acrates de premier plan &#8211; Creci, Messonier, Rivero y Rivera, Sorondo, Rivera Monteressi, Palomino, Balino, Segura &#8211; se joignirent &#224; la cause de l'ind&#233;pendance, sans renoncer, pour autant, &#224; leurs id&#233;aux de libert&#233; et de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui que les anarchistes pr&#234;t&#232;rent &#224; Marti fut immense, tant moralement que politiquement et financi&#232;rement. Marti d&#233;cida alors de fonder un parti r&#233;volutionnaire qui comprit en majorit&#233; des ouvriers du tabac de l'exil, ceux-ci se situant sur le plan syndical dans ce qu'il &#233;tait convenu d'appeler le &#171; socialisme-r&#233;volutionnaire &#187; chez les anarchistes d'alors depuis les tragiques &#233;v&#233;nements de Chicago en 1886.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Havane, l'Alliance Ouvri&#232;re c&#233;l&#233;bra le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai 1890 par une manifestation &#224; la m&#233;moire des anarchistes ex&#233;cut&#233;s &#224; Chicago. En 1891, un congr&#232;s fut convoqu&#233; pour l'ann&#233;e suivante et les anarchistes tinrent le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la r&#233;gion cubaine en janvier 1892. A cette occasion, l'on d&#233;cida, entre autres, de recommander &#224; la classe ouvri&#232;re cubaine d'embrasser les id&#233;es du socialisme-r&#233;volutionnaire et le s&#233;paratisme proclam&#233; par Marti, car, selon une phrase devenue historique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il serait absurde que l'homme qui aspire &#224; la libert&#233; individuelle s'oppose &#224; la libert&#233; collective d'un peuple&lt;/q&gt;. Mais les autorit&#233;s espagnoles interrompirent le congr&#232;s, interdirent les moyens d'expression anarchistes et d&#233;port&#232;rent ou empri&#173;sonn&#232;rent les responsables les plus connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1895, la guerre de lib&#233;ration nationale pr&#244;n&#233;e par Marti &#233;clata &#224; Cuba. Les anarchistes les plus engag&#233;s se lanc&#232;rent dans la lutte comme, par exemple, Enrique Creci, qui mourut au combat en 1896. Quant aux promesses de changements sociaux, elles disparurent avec l'ap&#244;tre de l'ind&#233;pendance cubaine, qui tomba en combattant les troupes espagnoles en 1865. La guerre se termina avec l'intervention nord-am&#233;ricaine en 1898, par la d&#233;route de l'Espagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1898, les &#201;tats-Unis lanc&#232;rent leur deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste (la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Durant toute cette p&#233;riode, les anarchistes de l'&#233;migration comme de l'int&#233;rieur ne cess&#232;rent de recueillir des fonds ou de se joindre &#224; la lutte et orchestr&#232;rent une importante campagne politique dans les milieux acrates d'Am&#233;rique et d'Europe. L'internationalisme se mani&#173;festa concr&#232;tement : deux jeunes anarchistes, Oreste Ferrara et Federico Falco, s'engag&#232;rent depuis l'Italie ; l'ex&#233;cution de Canovas del Castillo par l'anarchiste italien Angiolillo en 1897, avec la participation directe d'Emeterio Betances, portoricain qui repr&#233;sentait l'&#233;migration cubaine &#224; Paris, fut l'un des facteurs les plus d&#233;cisifs de la d&#233;faite de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5908 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/saavedra_toro_abelardo-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH744/saavedra_toro_abelardo-2-cb454.jpg?1774800634' width='500' height='744' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Abelardo Saavedra&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Durant l'intervention nord-am&#233;ricaine en 1898, la premi&#232;re gr&#232;ve qui &#233;clata &#224; Cuba fut lanc&#233;e par les anarchistes dans la corporation des ma&#231;ons. La gr&#232;ve fut r&#233;prim&#233;e violemment, bien que, en fin de compte , les gr&#233;vistes eussent obtenu des augmentations salariales. Cette gr&#232;ve re&#231;ut le soutien total de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Tierra !&lt;/i&gt; (Terre !) dirig&#233; par Abelardo Saavedra et Adrian del Valle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re R&#233;publique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous les premiers gouvernements cubains, plusieurs gr&#232;ves importantes &#233;clat&#232;rent chez les ouvriers du tabac, les ouvriers boulangers, les ma&#231;ons et les menuisiers. Presque toutes furent r&#233;prim&#233;es f&#233;rocement comme aux plus sombres temps coloniaux. La r&#233;publique des lib&#233;raux comme celle des conservateurs ne comprenait ni m&#234;me ne reconnaissait le probl&#232;me social et on avait oubli&#233; la promesse de Marti : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec tous et pour le bien de tous.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mexicaine de 1910 retentit vivement sur les ouvriers et les paysans cubains, les discours de Flores Mag&#243;n&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la R&#233;volution mexcaine de R.F. Mag&#243;n, Spartacus, 1978.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et les fusils de Zapata aiguillonnant la conscience des ouvriers oubli&#233;s de la canne &#224; sucre, premi&#232;re industrie du pays. En 1915, parut le manifeste de Cruces. C'&#233;tait, par sa forme litt&#233;raire, un po&#232;me de lutte. &#171; Soutenons notre cri &#224; la force de nos bras &#187; et &#171; Se taire c'est transiger &#187; sont l'expression de la r&#233;volte de travailleurs r&#233;duits &#224; la famine, conscients d'&#234;tre la force productive la plus importante de l'&#238;le. Cette m&#234;me ann&#233;e, fut fond&#233;e la premi&#232;re F&#233;d&#233;ration Paysanne de la province de Las Villas, avec, pour principaux organisateurs, Fernando lgl&#233;sias, Laureano Otera, Manuel Lopez, Jos&#233; Lage, Benjamin Janeiros, Luis Meneses, Santos Garos, Miguel Ripoll, Francisco Baragoitia, Andres Fuentes, Tomas Rayon et Francisco Ramas. Devant les abus commis par les soci&#233;t&#233;s sucri&#232;res nord-am&#233;ricaines et espagnoles, qui contr&#244;laient la majeure partie de la production nationale, les anarchistes tent&#232;rent de lancer quelques gr&#232;ves ; mais ils &#233;chou&#232;rent du fait de la r&#233;pression que le gouvernement d&#233;cha&#238;na depuis la Havane sous le commandement de Garcia Menocal, utilisant l'arm&#233;e pr&#233;torienne et la Garde Rurale pour assassiner et poursuivre les gr&#233;vistes. Cette p&#233;riode, la plus active de l'histoire des libertaires cubains, se termina douze ans plus tard par la liquidation physique des personnalit&#233;s qui avaient le plus d'abn&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5910 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L385xH561/adriandelvalle-6b7dc.jpg?1774711046' width='385' height='561' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Adrian del Valle&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque plusieurs journaux d'orientation libertaire &#233;taient publi&#233;s r&#233;guli&#232;rement, malgr&#233; la d&#233;portation de certains de leurs responsables th&#233;oriques : &lt;i&gt;La Batalla&lt;/i&gt; (La Bataille), &lt;i&gt;Nuevos Rumbos&lt;/i&gt; (Nouveaux Chemins), &lt;i&gt;Via libre&lt;/i&gt; (Voie Libre) et naturellement&lt;i&gt; Tierra !&lt;/i&gt; Les grands noms de la litt&#233;rature libertaire et anarcho-syndicaliste collaboraient intens&#233;ment, tels, parmi bien d'autres, Marcelo Salinas, Antonio Penichet, Manuel Ferro, Jesus Iglesias et Adrian del Valle. Les uns soutenaient les id&#233;es de Kropotkine, de Reclus, de Malatesta ; d'autres d&#233;fendaient la tradition bakouniniste ; la majorit&#233;, enfin, &#233;tait proche de l'anarcho-syndicalisme naissant, qui, incarn&#233; dans la Conf&#233;d&#233;ration Nationale du Travail (CNT), venait d'Espagne. Alfredo Lapez, qui s'inscrivait dans cette derni&#232;re tendance d&#232;s 1922 et appartenait au syndicat des typographes, organisa la F&#233;d&#233;ration Ouvri&#232;re de la Havane (FOH), o&#249; se regroup&#232;rent les corporations et les associations ouvri&#232;res les plus combatives de la capitale. Avec Alfredo Lopez d&#233;buta l'&#233;tape la plus dynamique d'un vaste mouve&#173;ment social : on cr&#233;a des ath&#233;n&#233;es libertaires, des centres ouvriers, des clubs naturistes, on organisa des syndicats. Ce furent les anarchistes qui, en ces ann&#233;es troubl&#233;es, les premiers et les seuls, sans moyens financiers ni aide de quiconque, unirent et orient&#232;rent la majorit&#233; des travailleurs de la campagne et de la ville sur l'ensemble de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, s'appuyant sur trois congr&#232;s ouvriers qui se d&#233;roul&#232;rent successivement &#224; la Havane, &#224; Cienfuegos et &#224; Camag&#252;ey, les anarchistes cr&#233;&#232;rent dans cette derni&#232;re ville la Conf&#233;d&#233;ration Nationale Ouvri&#232;re de Cuba (CNOC), qui r&#233;unit tous les syndicats, les confr&#233;ries, les unions, les corporations et associations de Cuba, soit 128 collectivit&#233;s et plus de 200 000 ouvriers repr&#233;sent&#233;s par 160 d&#233;l&#233;gu&#233;s. Ses personnalit&#233;s les plus connues, outre Alfredo Lopez, s'appelaient Pascual Nunez, Bienvenido Rego, Nicanor Tomas, Jos&#233; M. Govin, Domingo Rosado Rojas, Florentino Pascual, Luis Trujeda, Paulino Diez, Venancio Rodriguez, Rafael Serra, Antonio Penichet, Margarito Iglesias et Enrique Varona. La d&#233;cision la plus marquante introduite dans les statuts de la CNOC fut le &#171; rejet total et collectif de l'action &#233;lectorale &#187; &#8211; sans parler d'autres r&#233;solutions &#224; caract&#232;re syndical et social comme la revendication classique des huit heures de travail journalier, le droit de gr&#232;ve et le refus unanime de bureaucratiser l'organisme nouvellement cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5911 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH500/alfredo-lopez-d545d.jpg?1774711046' width='362' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Alfredo Lopez&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident de Cuba, Gerardo Machado, dictateur et manipulateur &#233;lectoral, consid&#233;rait l'attitude politique des ouvriers &#171; peu patriotique &#187; et d&#233;cha&#238;na des poursuites incessantes contre la CNOC et ses responsables. Machado ordonna les l&#226;ches assassinats d'Enrique Varona, organisateur des cheminots, de Margarito Iglesias du Syndicat manufacturier et d'Alfredo Lopez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNOC. Il fit emprisonner et d&#233;porter nombre d'activistes et de militants de l'anarcho-syndicalisme cubain et d&#233;clara hors-la-loi tous les syndicats ou corporations qui le combattaient r&#233;ellement. Durant plus de huit ans, Machado s'occupa de d&#233;truire l'&#339;uvre accomplie par les libertaires, donnant l'occasion au Parti communiste r&#233;cemment cr&#233;&#233; de se placer en position de force &#224; l'int&#233;rieur de la CNOC. Plus tard, le PC utilisera cet organisme pour pactiser avec Machado, &#224; la fin de son r&#233;gime... Ce harc&#232;lement ne put emp&#234;cher les anarchistes, regroup&#233;s dans une organisation cr&#233;&#233;e en 1924 et nomm&#233;e F&#233;d&#233;ration des Groupes Anarchistes de Cuba (FGAC), de lancer des gr&#232;ves, de faire de la propagande et de contribuer aux d&#233;sordres et aux violences de la p&#233;riode la plus sanglante de notre histoire : celle qui va de 1930 &#224; 1933. La tyrannie de Machado, qui dura jusqu'au mois d'ao&#251;t de cette ann&#233;e-l&#224;, fut abattue par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, lanc&#233;e et maintenue par des libertaires dans le Syndicat des tramways&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Machado avait &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 1925 avec l'appui des Am&#233;ricains. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la victoire, les libertaires sortirent mal en point de la dictature de Machado. Les animateurs et les activistes les plus d&#233;termin&#233;s avaient &#233;t&#233; victimes de la r&#233;pression gouvernementale ou d&#233;port&#233;s. Les communistes, eux, man&#339;uvr&#232;rent apr&#232;s la chute de Machado pour r&#233;cup&#233;rer l'influence perdue et entreprirent d'attaquer violemment les anarchistes, dans le but de manipuler plus facilement la classe ouvri&#232;re. Ayant totalement &#233;chou&#233;, ils essay&#232;rent la tactique qui sera connu plus tard sous le nom de Front Populaire, cherchant l'appui officiel de Batista, alors colonel, nouvel figure sortie des casernes lors du coup d'&#201;tat du 4 septembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de se regrouper et de se r&#233;organiser, les anarchistes cherch&#232;rent des alli&#233;s dans l'opposition r&#233;volutionnaire &#224; Batista. Certains des militants les plus aguerris s'affili&#232;rent &#224; l'organisation socialiste &#171; Jeune Cuba &#187;, dirig&#233;e par un ennemi acharn&#233; des communistes, Antonio Guiteras. Cette fois-ci, c'est avec l'aide du PC que la r&#233;pression organis&#233;e par le colonel Batista fit &#233;chouer la gr&#232;ve de mars 1935. Un nouveau coup contre les anarchistes dans cette p&#233;riode de r&#233;action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la r&#233;volution et la guerre civile espagnoles &#233;clat&#232;rent en juillet 1936, les anarchistes de Cuba rejoignirent la d&#233;fense de la R&#233;publique espagnole et, &#224; leur initiative, fut fond&#233;e &#224; La Havane la Solidarit&#233; Internationale Antifasciste (SIA), qui &#339;uvra avec acharnement pour recueillir et envoyer des fonds et des armes aux camarades espagnols de la CNT-FAI. Les libertaires cubains furent nombreux &#224; participer directement &#224; ce conflit en s'engageant dans les colonnes anarchistes ; certains moururent en Espagne en d&#233;fendant leurs id&#233;aux. Apr&#232;s la victoire franquiste, plusieurs d'entre eux furent rapatri&#233;s &#224; Cuba, de m&#234;me qu'un nombre important d'Espagnols, qui sortirent de France et d'Espagne avec des passeports cubains. De nouveau, on recueillit des fonds pour aider les combattants d&#233;munis, et ceux qui arriv&#232;rent &#224; Cuba b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'une solidarit&#233; totale.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH612/sans_titre-2-31-8863e.jpg?1774800634' width='500' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;1948. Deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Association libertaire de Cuba&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1939, suivant les ordres re&#231;us de Moscou, le Parti communiste pac&#173;tisa officiellement avec Batista&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Batista renversa Grau San Martin en 1934, brisa le mouvement populaire issu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, dirigeant sans base populaire, et celui-ci,en paiement de leurs services et de leur appui politique, leur remit la direction d'une nouvelle centrale syndicale, cr&#233;&#233;e dans ce but, la Conf&#233;d&#233;ration des Travailleurs de Cuba (CTC), organisme professionnel le plus important de l'&#238;le, puisqu'il regroupait toutes les tendances politiques et syndicales du moment &#8211; y compris une minorit&#233; anarchiste. D&#232;s lors, le mouvement ouvrier cubain, organis&#233; et l&#233;galis&#233; sur ordre de Batista, passa sous le contr&#244;le des communistes. Les anarchistes, eux, cr&#233;&#232;rent une organisation, l'Association Libertaire de Cuba (ALC), pour rassembler les anarchistes et les anarcho-syndicalistes ayant surv&#233;cu aux ann&#233;es trente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La seconde R&#233;publique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La constitution de 1940 marqua le d&#233;but d'une nouvelle situation politique. Pour la premi&#232;re fois dans notre histoire, on y traitait du probl&#232;me social et on tentait de r&#233;parer les erreurs et les oublis de la I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; R&#233;publique. D'orientation moderne et progressiste, la &lt;i&gt;Carra Magna &lt;/i&gt; (Grande Charte) cubaine &#233;tait l'&#339;uvre de deux g&#233;n&#233;rations de Cubains o&#249; se retrouvaient des individus de toutes les classes sociales et de toutes les sph&#232;res de la vie nationale. Tous les probl&#232;mes pass&#233;s et &#224; venir, tant poli&#173;tiques que sociaux, tant agraires ou urbains qu'ouvriers, d'une p&#233;riode convulsive, s'y refl&#233;taient avec une pr&#233;cision incroyable. La Constitution &#233;tait, sans aucun doute, un document bien r&#233;ussi : restait &#224; la mettre en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es quarante, les libertaires se consacr&#232;rent &#224; partir de l'ALC &#224; un travail d'organisation. Ce qui demeurait du mouvement qui avait &#233;t&#233; le plus actif dans le prol&#233;tariat cubain jusqu'au milieu des ann&#233;es vingt, b&#233;n&#233;ficiait encore d'un appui populaire solide et d'une r&#233;putation de combativit&#233;, fond&#233;es sur une trajectoire r&#233;volutionnaire et sociale claire et sur un d&#233;sint&#233;ressement l&#233;gendaire. D'une part, on commen&#231;a par pr&#233;parer des cadres pour la Jeunesse Libertaire r&#233;cemment fond&#233;e, dans l'espoir de r&#233;cup&#233;rer le terrain perdu devant les communistes, en cr&#233;ant &#224; l'aide de cet organisme des groupes d'action libertaire. D'autre part, devant la situation cr&#233;&#233;e par la Constitution de 1940, qui avait l&#233;galis&#233; la journ&#233;e de huit heures de travail et qui, tout en reconnaissant le droit de gr&#232;ve, en avait r&#233;glement&#233; l'exercice, les anarcho-syndicalistes furent oblig&#233;s de cr&#233;er, &#224; l'int&#233;rieur de la CTC, des groupes de pression, v&#233;ritables v&#233;hicules de la pens&#233;e anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Batista, &#233;lu pr&#233;sident, perp&#233;tua son alliance avec les communistes qui, en retour, ayant re&#231;u des charges minist&#233;rielles, de l'argent et des moyens de propagande, l'encens&#232;rent du titre pompeux de &#171; Messager de la Pros&#173;p&#233;rit&#233; &#187; et mirent &#224; son service non seulement le Parti communiste, mais aussi la CTC, contr&#244;l&#233;e d'en haut, trahissant une fois de plus le syndi&#173;calisme r&#233;volutionnaire et libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, Ramon Grau San Martin remporta les &#233;lections&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son candidat battu aux &#233;lections, Batista s'exila en Floride.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le peuple attendit des changements substantiels du nouveau gouvernement social-d&#233;mocrate. En fait, Grau maintint les communistes &#224; leurs postes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Parti communiste cubain explique ainsi sa position par la plume d'un de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'y eut de changements importants dans le mouvement ouvrier qu'en 1947, lorsque Grau, contraint par la guerre froide, d&#233;cida d'expulser les marxistes de leurs postes hi&#233;rarchiques au sein de la CTC, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai de cette ann&#233;e&#173;-l&#224;. (Grau, malgr&#233; la pression nord-am&#233;ricaine, respecta le Parti commu&#173;niste.) Les anarchistes, profitant de l'occasion, obtinrent, apr&#232;s la tenue d'&#233;lections syndicales libres dans presque tous les syndicats, la d&#233;signation de plusieurs camarades dans la plus grande organisation syndicale. Le prestige et l'engagement des anarcho-syndicalistes les amena &#224; diriger de mani&#232;re effective quelques syndicats : transport, alimentation, etc. et &#224; maintenir une pression r&#233;elle dans la quasi-totalit&#233; des autres syndicats de la CTC. A la m&#234;me &#233;poque, des Associations paysannes furent cr&#233;&#233;es par des anarchistes pour tenter d'organiser les paysans sans terre. Ces efforts rempor&#173;t&#232;rent le plus de succ&#232;s sur la c&#244;te nord de la province de Camag&#252;ey, vieux bastion libertaire, et chez les cultivateurs de caf&#233; de la province d'Oriente, o&#249;, depuis longtemps d&#233;j&#224;, les anarchistes avaient fond&#233; et soutenu des collectivit&#233;s agricoles libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlo Prio Socarras conquit la pr&#233;sidence en 1948 et suivit la m&#234;me politique tol&#233;rante dans le domaine social que Grau. En 1949, les anarchistes &#224; l'int&#233;rieur de la CTC agirent avec quelques &#233;l&#233;ments proches pour tenter de cr&#233;er une nouvelle centrale syndicale, la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Travailleurs (CGT). L'id&#233;e &#233;tait de cr&#233;er une organisation ouvri&#232;re ind&#233;pendante de la CTC &#8211; inf&#233;od&#233;e au gouvernement &#8211;, dans la tradition anarcho-syndicaliste ; mais cette d&#233;marche &#233;choua devant les pressions exerc&#233;es par le ministre du Travail, qui redoutait l'influence crois&#173;sante des libertaires dans le monde du travail et s'y opposait cat&#233;gori&#173;quement. Pria d&#233;cidant en 1950 de d&#233;clarer ill&#233;gal le Parti Socialiste Populaire (communiste), ceux-ci cherch&#232;rent &#224; nouveau une alliance avec Batista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1952, Batista fit un coup d'&#201;tat Les communistes ne r&#233;pu&#173;gn&#232;rent pas d'utiliser cette occasion pour p&#233;n&#233;trer la bureaucratie officielle, mais ils ne purent retrouver leur influence dans la CTC. On &#233;tait alors en pleine guerre froide et, cette fois, Batista devait rester mod&#233;r&#233; dans son alliance avec les marxistes. Profitant de l'absence de r&#233;action au coup d'&#201;tat, Fidel Castro &#8211; obscur politicien d'origine bourgeoise &#8211; et un groupe de jeunes r&#233;volutionnaires men&#232;rent une attaque contre la caserne Moncada &#224; Santiago de Cuba, qui &#233;choua d'une mani&#232;re sanglante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 26 juillet 1953, cent vingt hommes group&#233;s autour de Fidel Castro (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Leur programme &#171; r&#233;volutionnaire &#187; n'&#233;tait qu'un programme social-d&#233;mocrate, r&#233;formiste et petit-bourgeois. Castro fut emprisonn&#233; avec certains de ses compagnons quelques mois seulement, puis partit pour le Mexique. L'opposition devint violente et Batista r&#233;pondit &#224; l'agitation de mani&#232;re brutale, comme on pouvait s'y attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de 1956, une polarisation d&#233;finitive se produisit entre Batista et l'opposition, aussi l'ALC d&#233;cida-t-elle de prendre parti pour les forces d&#233;mocratiques oppos&#233;es &#224; un gouvernement dictatorial&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ALC en tant que telle resta toujours l&#233;gale. Les anarchistes particip&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est cette ann&#233;e-&#173;l&#224; que Castro d&#233;barqua dans la province d'Oriente ; il entama l'ann&#233;e suivante une guerre de gu&#233;rilla dans les montagnes locales. Le Mouvement du 26 juillet gagna des partisans et mena des actions violentes dans les&#183; villes les plus importantes de l'&#238;le, entra&#238;nant la r&#233;pression que l'on sait de la part du gouvernement Cependant, &#224; la fin de 1958, Batista avait perdu la bataille politique et ne. pouvait plus contenir militairement les rebelles. Castro se renfor&#231;a sur le plan politique et l'opposition s'unit &#224; lui. Son programme social et politique &#233;tait toujours le m&#234;me : la justice sociale, des r&#233;formes et le retour &#224; la Constitution de 1940. Les communistes qui n'avaient pas particip&#233; &#224; la dictature de Batista se group&#232;rent autour de lui. Batista s'enfuit de Cuba le 31 d&#233;cembre 1958. Un autre cycle historique commen&#231;ait pour le peuple cubain...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Castrisme et exil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ont particip&#233; &#224; la lutte contre Batista, les uns dans les gu&#233;rillas orientales ou de l'Escambray au centre le l'&#238;le, les autres dans la lutte urbaine. Leur but, comme celui de tout le peuple cubain, &#233;tait d'abattre la tyrannie de Batista, quoique, d'apr&#232;s leur exp&#233;rience historique, ils n'aient jamais fait confiance &#224; Castro, qu'ils avaient d&#233;fini d&#232;s 1956 comme un dictateur potentiel, s'appuyant sur une organisation verticale de type totalitaire. Mais Castro s'&#233;tait transform&#233;, &#224; cause d'une &#233;valuation incor&#173;recte de l'opposition d&#233;mocratique, en un mal n&#233;cessaire et provisoire. Cette illusion &#233;tait le produit de la confusion, de la division et aussi de la l&#226;chet&#233; qui r&#233;gnaient chez les opposants &#224; Batista. Comme on le voit, les liber&#173;taires observaient Castro et sa r&#233;volution dans une perspective oppos&#233;e &#224; celle des dirigeants politiques du moment, qui esp&#233;raient pouvoir manipuler le vainqueur. En fait, au d&#233;but de 1959, c'est le nouveau gouvernement r&#233;volutionnaire qui, sous pr&#233;texte de purger la CTC des &#233;l&#233;ments ayant collabor&#233; avec Batista, releva arbitrairement de leurs postes tous les responsables anarcho-syndicalistes et presque tous les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates, bien que nombre d'entre eux aient souffert de pers&#233;cutions et connu la prison sous le r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les libertaires, expuls&#233;s de la CTC maintenant dite &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, conservaient n&#233;anmoins tout leur prestige dans la classe ouvri&#232;re. Lors d'un congr&#232;s convoqu&#233; par le gouvernement r&#233;volutionnaire &#224; la fin de 1959, les &#233;l&#233;ments du Mouvement du 26 juillet engag&#233;s dans le syndicalisme sous la houlette du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CTC, David Salvador, et alli&#233;s au Parti communiste et &#224; ses cadres dans la centrale syndicale, livr&#232;rent &#224; nouveau le syndicat, en &#171; bonne tradition d&#233;mocratique &#187;, au gouvernement repr&#233;sent&#233;, cette fois, par le&lt;i&gt; lider maximo&lt;/i&gt;, Fidel Castro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castro, pour se maintenir au pouvoir &#224; tout prix, fit rapidement alliance avec l'Union sovi&#233;tique, dans le but de transformer Cuba en une grande colonie sucri&#232;re au service des Russes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1929, les &#201;tats-Unis absorbaient 78,8% des exportations cubaines et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les avantages et les droits que les ouvriers cubains avaient obtenus au prix de leur sang sur plus d'un si&#232;cle furent jet&#233;s aux &#171; poubelles de l'histoire &#187;, l'&#201;tat totalitaire devenant alors le patron unique. L'ancien syst&#232;me politique, social et &#233;conomique s'&#233;crou&#173;la et Cuba se convertit en 1961 en un &#201;tat l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 1960, les libertaires avaient rejet&#233; Castro et repris la lutte [Annexe II]. Finalement, leurs publications, &lt;i&gt;El Libertario&lt;/i&gt; (Le Libertaire) et &lt;i&gt;Solidaridad Gastronomica &lt;/i&gt; (Solidarit&#233; dans l'alimentation), furent condam&#173;n&#233;es &#224; dispara&#238;tre et il ne resta plus aux libertaires qu'&#224; passer dans la clandestinit&#233; puis &#224; s'exiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus se fit en deux temps. En premier lieu, ce fut l'exp&#233;rience de la lutte r&#233;duite &#224; la clandestinit&#233; : publication du journal clandestin &lt;i&gt;Nuestra Palabra Semanal &lt;/i&gt; (Notre Parole Hebdomadaire), organe du Mouvement d'Action Syndicale, s'adressant &#224; tous les travailleurs, lutte plus acharn&#233;e encore qu'au temps de Batista, plus durement r&#233;prim&#233;e aussi et dont malheureusement la direction &#233;tait aux mains de Nord-Am&#233;ricains et de bourgeois n'ayant rien &#224; faire d'id&#233;aux libertaires. Les premiers n'&#233;taient pas vraiment int&#233;ress&#233;s &#224; liquider le syst&#232;me et h&#233;sitaient constamment ; les seconds manquaient de pr&#233;paration et de volont&#233; r&#233;volutionnaire pour une entreprise de cette sorte, bien que les deux groupes fussent puissants et disposassent de moyens importants. Les travailleurs de Cuba, eux, n'accep&#173;taient pas le communisme et une grande partie d'entre eux d&#233;cida de lutter contre le r&#233;gime. Les anarchistes &#233;chou&#232;rent sur tous les fronts, malgr&#233; le travail entrepris dans la classe ouvri&#232;re et paysanne, avec plus de sacrifices personnels que de moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, il y eut l'exil, ill&#233;gal ou favoris&#233; par quelque ambassade plus ou moins complaisante. En 1961, fut fond&#233;e aux &#201;tats-Unis le Mouvement Libertaire Cubain (MLC), en relation avec l'ALC &#224; l'int&#233;rieur de Cuba, o&#249; se regroup&#232;rent les naufrag&#233;s de l'ouragan castriste. Ils &#233;taient peu nombreux, mais leur activit&#233; devint rapidement tr&#232;s pr&#233;cieuse pour la cause de la libert&#233; &#224; Cuba. On se consacrait &#224; la propagande ; on collectait des fonds pour faire sortir de l'&#238;le des camarades menac&#233;s ; on menait &#224; bien des actions contre la dictature. Les ann&#233;es soixante furent employ&#233;es &#224; cette lutte. Des sacrifices personnels de toutes sortes furent consentis ; on com&#173;men&#231;a l'&#233;dition de &lt;i&gt;El Gastronomico&lt;/i&gt; (L'ouvrier de l'alimentation) &#224; Miami, et on tenta, mais sans succ&#232;s, de convaincre le mouvement anarchiste international que Castro n'&#233;tait pas un r&#233;volutionnaire, comme il voulait le voir, mais un liberticide. Les anarchistes cubains r&#233;alis&#232;rent un travail patient de r&#233;daction de manifestes, d'articles, d'essais, de brochures et de lettres. On en appelait aux vieilles amiti&#233;s, aux camarades fraternels de toujours avec lesquels on avait partag&#233; les moments difficiles ; on protestait en Espagne, en Italie, en France, au Mexique, en Argentine, au Venezuela, &#224; Panama, au Chili, en Angleterre, aux &#201;tats-Unis, enfin dans le monde entier. En vain. Peu nombreux furent ceux qui r&#233;pondirent et furent solidaires. Les anarchistes, au niveau mondial, ou bien ne comprirent pas le drame, ou bien ne voulurent pas le comprendre. Notre effort n'aboutit qu'&#224; un dialogue de sourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, on commen&#231;a &#224; noter un certain chan&#173;gement dans le paysage acrate international, non &#224; cause des libertaires cubains, mais &#224; cause d'un d&#233;senchantement vis-&#224;-vis de la &#171; r&#233;volution &#187; castriste. Soudain, Castro apparut comme un dictateur. Mais on avait perdu un temps pr&#233;cieux pour notre histoire. Certains s'&#233;taient exil&#233;s ; des camarades de valeur &#233;taient tomb&#233;s ; d'autres n'avaient pas voulu partir et le reste pourrit en prison [Annexe III]. L'absence de solidarit&#233; envers les anar&#173;chistes cubains fut notoire, resta la mauvaise conscience, comme on a dit plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne, uniquement comparable &#224; l'attitude favorable aux bolche&#173;viks de certains anarchistes en 1917 &#8211; pr&#233;c&#233;dent historique dont personne n'a d'ailleurs tenu compte &#8211; fit un mal irr&#233;parable. Cependant, cette incom&#173;pr&#233;hension et ce manque de solidarit&#233; n'arr&#234;t&#232;rent pas la marche des libertaires cubains sur le chemin de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme &#224; Cuba, dans toute sa longue histoire, malgr&#233; plus d'un demi-si&#232;cle de pers&#233;cutions, d'assassinats, de d&#233;portations et d'emprison&#173;nements, n'a jamais connu, avant le castrisme, une d&#233;faite d'une telle ampleur et une r&#233;pression d'une telle sauvagerie. Le communisme, apparem&#173;ment, a gagn&#233; la partie. Mais les anarchistes cubains ne s'y r&#233;signent pas et c'est pourquoi ils ont maintenu ces vingt-six derni&#232;res ann&#233;es bien haut leur drapeau et in&#233;branlables leurs id&#233;aux, ne renon&#231;ant jamais &#224; voir le peuple lib&#233;r&#233; de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes cubains ont une longue tradition de lutte en faveur de la libert&#233; : depuis les premi&#232;res luttes syndicales et corporatives en 1865, leur participation &#224; la guerre d'ind&#233;pendance contre l'Espagne, leur opposition &#224; la politique &#171; sociale &#187; des deux R&#233;publiques, leur combat contre les dictatures de Machado, de Batista et de Castro, jusqu'&#224; la lutte finale qu'ils sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; mener, aiguillonn&#233;s puissamment en cela par leur foi in&#233;branlable en la libert&#233; qui les regroupe en ce moment sinistre de leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Frank Fernandez Miami, octobre 1985&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h2&gt;ANNEXE I&lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;L' amendement Platt ou le philantropisme int&#233;ress&#233; des &#201;tats-Unis &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet amendement de 1901 disposait en substance : &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; Le gouvernement de Cuba ne conclura jamais avec aucun pouvoir &#233;tranger aucun trait&#233; ou pacte qui amoindrisse ou tende &#224; amoindrir l'ind&#233;pendance de Cuba. &lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; Le dit gouvernement ne contractera aucune dette publique dont l'int&#233;r&#234;t et l'amortissement ne puissent &#234;tre pay&#233;s par des recettes officielles une fois couverts les frais courants du gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; Le gouvernement de Cuba consent &#224; ce que les &#201;tats-Unis exercent le droit d'intervenir pour pr&#233;server l'ind&#233;pendance et l'existence d'un gouvernement ad&#233;quat &#224; la protection de la vie, de la propri&#233;t&#233; et de la libert&#233; individuelle des citoyens. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
7&#176; Pour permettre aux USA de maintenir l'ind&#233;pendance de Cuba et de prot&#233;ger le peuple cubain, de m&#234;me que pour assurer sa propre d&#233;fense, le gouvernement de Cuba vendra ou louera aux USA les terrains n&#233;cessaires pour &#233;tablir des stations de charbon ou des bases navales en certains points d&#233;termin&#233;s dont il sera convenu avec le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
8&#176; Le gouvernement de Cuba ins&#233;rera les dispositions ant&#233;rieures dans un Trait&#233; Permanent avec les USA. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'amendement Plan (accept&#233; par la Constituante cubaine) donnait donc aux &#201;tats-Unis les droits suivants : &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Se r&#233;server la proie cubaine pour eux seuls (art. 1). &lt;br class='autobr' /&gt;
II. S'installer militairement dans l'&#238;le m&#234;me (art. 7). &lt;br class='autobr' /&gt;
III. Y intervenir &#224; la faveur de n'importe quelle difficult&#233; politique ou financi&#232;re (art. 2 et 3).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(Source et commentaire : Masses, avril 1933.) &lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;h1&gt;La bourgeoisie cubaine et ses contradictions internes &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Le pays se transformant de colonie en nation autonome, par suite des efforts de sa bourgeoisie naissante, cette bourgeoisie devait tendre &#224; exploiter le pays et ses travailleurs au degr&#233; maximum &#8211;&lt;i&gt; en se servant de l'aide &#233;conomique ou militaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt; pour fomenter ses entreprises ou pour ralentir l'&#233;volution de son prol&#233;tariat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie cubaine et de la bourgeoisie des USA momentan&#233;ment (et d'une fa&#231;on assez trompeuse) alli&#233;s ne pouvaient co&#239;ncider constamment dans la suite. On voit alors la bourgeoisie cubaine &lt;i&gt;prendre conscience de sa nationalit&#233;&lt;/i&gt; non seulement contre son ancienne m&#233;tropole l'Espagne, mais &lt;i&gt;contre les USA&lt;/i&gt; (ce qui n'avait pas lieu au moment de l'amendement Plan). D'o&#249; la naissance d'un &#171; nationalisme r&#233;volutionnaire &#187; aussi oppos&#233; aux USA que ses propres partisans, peu d'ann&#233;es avant, tendaient &#224; la &#171; coop&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Extrait de Masses, avril 1933) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;ANNEXE II &lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;D&#201;CLARATION DE PRINCIPE DE LA &lt;i&gt;AGRUPACION SINDICALISTA UBERTARIA DE CUBA&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association Syndicaliste Libertaire de Cuba&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (EXTRAITS) &lt;/h1&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre l'&#201;tat sous toutes ses formes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la &lt;i&gt;Agrupacion sindicalista libertaria&lt;/i&gt; consid&#232;rent comme un devoir, avec lequel on ne peut ruser, d'affirmer en cette &#233;tape de r&#233;alisations r&#233;volutionnaires de notre peuple, qu'ils se dressent non seulement contre certaines formes accessoires de l'&#201;tat, mais contre l'existence m&#234;me de l'&#201;tat en tant qu' organisme dirigeant de la soci&#233;t&#233;, et de ce fait contre toute politique tendant &#224; provoquer l'hypertrophie &#233;tatique, &#224; d&#233;velopper les recours de l'&#201;tat et &#224; lui conf&#233;rer un caract&#232;re totalitaire ou dictatorial. Les militants syndicalistes libertaires cubains, de la m&#234;me fa&#231;on que les camarades des autres pays, estiment qu'on ne peut effectivement r&#233;aliser une r&#233;volution sociale authentique, s'il n'est pas proc&#233;d&#233;, en m&#234;me temps qu'&#224; la transformation &#233;conomique, &#224; l'&#233;limination de l'&#201;tat comme entit&#233; politique et administrative, en le rempla&#231;ant dans ses fonctions par des organismes de base r&#233;volutionnaires tels que les syndicats ouvriers, les communes libres, les coop&#233;ratives agricoles et industrielles autonomes, les collectivit&#233;s paysannes ou de production, libres d'ing&#233;rences autoritaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les superstitieux de la politique croient que la soci&#233;t&#233; humaine est une cons&#233;quence de l'&#201;tat, alors qu'en r&#233;alit&#233; l'&#201;tat surgit comme l'expression la plus terrible de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence soci&#233;taire, c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233; divis&#233;e en classes, qui aboutit aux diff&#233;rences, aux injustices et aux antagonismes brutaux des r&#233;gimes capitalistes. L'&#201;tat, en d&#233;finitive, n'est autre chose qu'une excroissance parasitaire produite par le syst&#232;me des classes, fond&#233; sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, et doit commencer &#224; dispara&#238;tre avec l'&#233;tape de la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La terre &#224; celui qui la travaille &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les hommes et les femmes qui forment la &lt;i&gt;Agrupacion sindicalista libertaria&lt;/i&gt; d&#233;fendent aujourd'hui plus que jamais la vieille consigne r&#233;volutionnaire : &#171; La terre &#224; celui qui la travaille. &#187; Nous croyons que le cri classique des paysans du monde entier : &#171; Terre et libert&#233; &#187; est l'expres&#173;sion la plus juste des aspirations imm&#233;diates des paysans cubains. La terre pour la labourer et la faire produire, la libert&#233; pour organiser et g&#233;rer les fruits de leurs efforts et selon leur volont&#233; : culture individuelle familiale en certains cas ; cr&#233;ation de libres coop&#233;ratives de production en d'autres cas ; organisation de fermes collectives l&#224; o&#249; c'est possible ; mais toujours suivant la volont&#233; la plus libre des paysans, sans jamais qu'une forme ou une autre soit impos&#233;e par des repr&#233;sentants de l'&#201;tat, lesquels peuvent &#234;tre des hommes tr&#232;s capables du point de vue technique, mais peuvent aussi ignorer dans la plupart des cas ce que sont les r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles de la culture et ne rien conna&#238;tre des sentiments, des inqui&#233;tudes et des aspirations des hommes de la terre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes convaincus, par une longue exp&#233;rience des luttes r&#233;volutionnaires paysannes, que la planification de l'exploitation de la terre, probl&#232;me vital pour notre peuple, ne peut &#234;tre envisag&#233;e comme un simple proc&#233;d&#233; technique, du fait que, &#224; c&#244;t&#233; des facteurs inertes d'intervention &#8211; terre et outillage &#8211; le facteur d&#233;cisif est le facteur humain, c'est-&#224;-dire les paysans. C'est pourquoi nous nous pronon&#231;ons en faveur d'une organisation de travail collectif et coop&#233;ratif sur des bases absolument volontaires, en fournissant au paysan toute l'aide technique et culturelle n&#233;cessaire, comme le moyen sans doute le meilleur de le persuader des &#233;normes avantages que pr&#233;sente l'exploitation collective de la terre sur le syst&#232;me de culture individuelle et familiale. Agir autrement, user de l'autorit&#233; et de la force conduirait en d&#233;finitive &#224; briser les bases m&#234;mes de la r&#233;volution agraire, c'est-&#224;-dire &#224; faire &#233;chouer la r&#233;volution elle-m&#234;me sous son aspect le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte contre le nationalisme, le militarisme et l'imp&#233;rialisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En tant que travailleurs r&#233;volutionnaires, nous sommes interna&#173;tionalistes, c'est-&#224;-dire partisans fervents de l'entente pacifique entre tous les peuples, par-dessus toutes les fronti&#232;res, g&#233;ographiques, linguistiques, raciales, politiques et religieuses. Nous ressentons un immense amour pour notre terre, le m&#234;me amour que les hommes des autres pays &#233;prouvent pour la leur. En cons&#233;quence, nous sommes ennemis du nationalisme quel que soit le v&#234;tement qu'il porte ; nous sommes adversaires r&#233;solus du mili&#173;tarisme et de l'esprit belliqueux ; oppos&#233;s &#224; toutes les guerres ; d&#233;sireux de voir les &#233;normes ressources &#233;conomiques, aujourd'hui employ&#233;es aux armements, servir &#224; r&#233;duire la faim et les besoins des peuples appauvris ; les instruments de mort, fabriqu&#233;s en quantit&#233;s effrayantes par les grandes puissances, convertis en outils de travail, producteurs de bien-&#234;tre et de bonheur pour tous les hommes de la terre. Nous nous opposons r&#233;solument &#224; l'&#233;ducation militariste de la jeunesse, &#224; la cr&#233;ation d'ann&#233;es profes&#173;sionnelles, et &#224; l'organisation de formations militaires d'adolescents et d'enfants [ ... ] &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; toutes les m&#233;thodes imp&#233;rialistes, nous nous pronon&#231;ons en faveur de l'internationalisme r&#233;volutionnaire, par la cr&#233;ation de grandes conf&#233;d&#233;rations de peuples libres unis entre eux par des int&#233;r&#234;ts communs, par des aspirations semblables, par la solidarit&#233; et l'entraide. Nous sommes partisans d'un pacifisme actif et militant qui rejette les subtilit&#233;s dialectiques concernant la &#171; guerre juste &#187; et la &#171; guerre injuste &#187; , un pacifisme qui impose l'arr&#234;t de la course aux armements et le rejet de tout type d'armes et notamment des engins nucl&#233;aires d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au centralisme bureaucratique nous opposons le f&#233;d&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes, par nature, ennemis de tout type d'organisation poli&#173;tique, sociale ou &#233;conomique de caract&#232;re centralisateur. Nous estimons que l'organisation de la soci&#233;t&#233; doit aller du simple au compos&#233;, de bas en haut, c'est-&#224;-dire en commen&#231;ant par les organismes de base &#8211; municipalit&#233;s, syndicats, coop&#233;ratives, centres d'enseignement, associations paysannes, etc. &#8211; pour les int&#233;grer dans les grandes organisations nationales et internationales, sur la base du pacte f&#233;d&#233;ral entre &#233;gaux qui s'organisent librement pour poursuivre des objectifs communs, sans dommage pour aucune des parties contractantes, celles-ci ayant toujours la libert&#233; de se s&#233;parer de l'ensemble quand elles l'estiment utile &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Nous voyons l'organisation, tant sur le plan national qu'international, dans le sens et la forme de grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales, paysannes, municipales et culturelles, qui auront pour mission de repr&#233;senter les ensembles sans avoir d'autres droits que ceux qui leur sont confi&#233;s pour chaque cas par les organismes de base f&#233;d&#233;r&#233;s. [ ... ]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sans libert&#233; individuelle il n'est point de libert&#233; collective &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous syndicalistes libertaires, sommes des partisans d&#233;cid&#233;s des droits individuels. Il n'y a pas de libert&#233; pour l'ensemble si la partie est esclave ; il ne peut exister de libert&#233; collective l&#224; o&#249; l'homme, individuellement, est victime de l'oppression. Nous consid&#233;rons qu'il est urgent de garantir les droits humains, c'est-&#224;-dire la libert&#233; d'expression, le droit au travail, &#224; une vie digne, la libert&#233; de religion, l'inviolabilit&#233; du domicile, le droit d'&#234;tre jug&#233; par des personnes impartiales et justes, le droit &#224; la culture et &#224; la sant&#233;, etc., sans quoi il n'est pas de normes civilis&#233;es pour la coexistence entre hommes. Nous sommes contre la discrimination raciale, contre les pers&#233;cutions politiques et l'injustice &#233;conomique et sociale. Nous sommes partisans de la libert&#233; et de la justice pour tous les hommes, y compris pour les ennemis de la libert&#233; et de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution appartient &#224; tous &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Agrupacion siruiicalista libertaria &lt;/i&gt; r&#233;affirme sa volont&#233; d'appuyer la lutte pour la lib&#233;ration int&#233;grale de notre peuple, et rappelle que la r&#233;volution n'appartient &#224; personne en particulier mais au peuple dans sa totalit&#233;. Nous soutiendrons, comme nous l'avons fait jusqu'&#224; pr&#233;sent, toutes les mesures r&#233;volutionnaires qui visent &#224; gu&#233;rir les vieux maux qui nous affligent, mais nous lutterons aussi, sans tr&#234;ve, contre les tendances autoritaires qui surgissent au sein m&#234;me de la r&#233;volution. Nous f&#251;mes contre la barbarie et la corruption du pass&#233; ; nous lutterons contre toutes les d&#233;viations qui pr&#233;tendent mouler notre r&#233;volution suivant les mod&#232;les totalitaires, avilissant la dignit&#233; humaine, qui existent dans d'autres pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat, en d&#233;pit de ce que disent ses adorateurs de droite ou de gauche, est quelque chose de plus qu'une excroissance parasitaire de la soci&#233;t&#233; des classes : c'est la source g&#233;n&#233;ratrice de privil&#232;ges politiques et &#233;conomiques et, par cons&#233;quent, cr&#233;atrice de nouvelles classes privil&#233;gi&#233;es. Les vieilles classes r&#233;actionnaires qui luttent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment pour reconqu&#233;rir leurs privil&#232;ges abolis nous trouvent face &#224; elles ; les nouvelles classes oppressives et exploiteuses qui d&#233;j&#224; surgissent &#224; l'horizon r&#233;volutionnaire nous trouveront aussi face &#224; elle. Nous sommes pour la justice, pour le socialisme et pour la libert&#233; ; nous luttons pour le bien-&#234;tre de tous les hommes, quelles que soient leur origine, leur religion ou leur race. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette ligne r&#233;volutionnaire, travailleurs, paysans, &#233;tudiants, hommes et femmes de Cuba, nous tiendrons jusqu'au bout. Pour ces principes nous risquerons la libert&#233; et, si n&#233;cessaire, la vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Havane, juin 1960 &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h2&gt;ANNEXE III &lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;LA R&#201;PRESSION &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui a frapp&#233; le mouvement libertaire cubain, comme toute opposition &#224; Castro, lorsque le nouveau r&#233;gime s'est affermi, est semblable dans ses grandes lignes &#224; celles qui ont d&#233;cim&#233; les anarchistes russes apr&#232;s 1917, ou est-europ&#233;ens apr&#232;s 1945. Nous n'avons ni la place, ni le mat&#233;riel pour en faire une &#233;tude approfondie, aussi nous contenterons-nous de citer quelques exemples qui se passent de commentaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ventura Suarez&lt;/strong&gt;, vieux militant libertaire, et Augusto Sanchez (17 ans) : fusill&#233;s avec 62 autres camarades (information parue dans &lt;i&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;/i&gt; en juin 1963). &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sandalio Torres&lt;/strong&gt; : paysan d'origine, ouvrier du b&#226;timent, avait lutt&#233; contre Batista et s'&#233;tait d&#233;solidaris&#233; de la r&#233;volution lorsqu'elle prit un caract&#232;re communiste totalitaire. Ayant exprim&#233; ses opinions sur son lieu de travail, il est arr&#234;t&#233; en 1962 et emprisonn&#233;. Soumis quatre fois de suite &#224; une ex&#233;cution simul&#233;e pour qu'il reconnaisse militer dans des mouvements contre-r&#233;volutionnaires et qu'il d&#233;nonce ses camarades &#8211; en vain. Il est condamn&#233; alors &#224; 30 ans de prison. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Aquiles Iglesias&lt;/strong&gt; : pers&#233;cut&#233; pour ses activit&#233;s r&#233;volutionnaires sous la dictature de Batista, il s'exila au Mexique, o&#249; il fut arr&#234;t&#233; pour avoir particip&#233; &#224; l'organisation de plusieurs exp&#233;ditions vers Cuba. Ing&#233;nieur agronome, il devint fonctionnaire au minist&#232;re de l' Agriculture du gouvernement r&#233;volutionnaire. Tr&#232;s vite, il exprima son d&#233;saccord avec les m&#233;thodes totalitaires adopt&#233;es et la p&#233;n&#233;tration communiste, ce qui lui valut d'&#234;tre arr&#234;t&#233; et condamn&#233; aux travaux forc&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jos&#233; Acena &lt;/strong&gt; : vieux militant libertaire, il s'opposa fermement &#224; la dictature de Batista et fut un cadre actif du &#171; Mouvement du 26 juillet &#187;, ce qui lui valut arrestations et tortures. Il participa activement, notamment au niveau syndical, au nouveau r&#233;gime. Lors de son virage totalitaire et communiste, il rompt avec le &#171; M.26.7 &#187; et fait part personnellement de son d&#233;saccord &#224; Castro. A pr&#233;s une p&#233;riode de surveillance par la police politique, il est arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; fin 1962. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Luis Miguel Linsuain&lt;/strong&gt; : actif tr&#232;s t&#244;t dans le mouvement libertaire, il rejoint dans la montagne les gu&#233;rilleros anti-Batista. A la victoire de la r&#233;volution, il avait le grade de lieutenant. Ses convictions anarchistes l'oppos&#232;rent tr&#232;s vite aux &#233;l&#233;ments marxistes. Ses positions anti&#173;communistes et anti-dictatoriales le firent licencier de l'arm&#233;e rebelle. Devenu secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration de l'H&#244;tellerie de la province d'Oriente, il est emprisonn&#233; et condamn&#233; &#224; 7 ans de prison au d&#233;but des ann&#233;es soixante au moment de la purge et de la reprise en main des syndicats par le nouveau r&#233;gime. Accus&#233; ensuite d'avoir pr&#233;par&#233; un attentat contre le fr&#232;re de Fidel Castro, il est condamn&#233; &#224; 30 ans de prison. Les conditions de d&#233;tention ruin&#232;rent sa sant&#233;. Lib&#233;r&#233; en 1980 et expuls&#233; vers la Floride au moment de l'affaire de l'ambassade du P&#233;rou dont Castro profita pour vider ses prisons, il est mort en novembre de la m&#234;me ann&#233;e, peu apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; Miami.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce soul&#232;vement ind&#233;pendantiste a surtout touch&#233; les provinces de Camag&#252;ey et Oriente ; on n'y trouve gu&#232;re d'influence de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire. En 1878, la paix fut r&#233;tablie par l'octroi d'une certaine autonomie &#224; Cuba et sa repr&#233;sentation aux Cort&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans un article du &lt;i&gt;Mouvement social&lt;/i&gt; n&#176;128, juillet-septembre 1984, Carlos Serrano remarque que les anarchistes espagnols furent beaucoup plus sensibles au probl&#232;me que les socialistes, et cite l'ouvrage de l'anarchiste Tarrida del Marmol, &lt;i&gt;les lnquisiteurs d'Epagne&lt;/i&gt;&lt;i&gt; (Monjuich, Cuba, Philippines)&lt;/i&gt;, Paris, 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1898, les &#201;tats-Unis lanc&#232;rent leur deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste (la premi&#232;re &#233;tait contre le Mexique en 1848) contre l'Espagne pour s'emparer de ses trois derni&#232;res colonies &#8211; Porto-Rico, Cuba, les Philippines &#8211; et en faire leurs satellites. Les Espagnols capitul&#232;rent &#224; Cuba le 12 ao&#251;t 1898 et, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1899, le pouvoir fut rendu &#224; un gouverneur am&#233;ricain. En 1901, les &#201;tats-Unis impos&#232;rent &#224; l'assembl&#233;e constituante l'amendement Platt [Annexe 1] leur dormant le droit d'intervenir &#224; Cuba, puis le trait&#233; de 1903, qui allait dans le m&#234;me sens avec, notamment, la concession &#224; perp&#233;tuit&#233; de la base de Guantanamo. Les Am&#233;ricains intervinrent directement &#224; Cuba en 1907, 1912 et 1917.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;la R&#233;volution mexcaine&lt;/i&gt; de R.F. Mag&#243;n, Spartacus, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Machado avait &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 1925 avec l'appui des Am&#233;ricains. La grande crise &#233;conomique de 1929 et les m&#233;thodes dictatoriales de Machado amen&#232;rent sa chute en ao&#251;t 1933. Il fut remplac&#233; par Cespedes, soutenu lui aussi par les &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime de Cespedes ne dura qu'un mois. Le 4 septembre 1933, la r&#233;volte d'une partie des cadres de l'ann&#233;e, dont Batista, le renversa et Grau San Martin devint pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Batista renversa Grau San Martin en 1934, brisa le mouvement populaire issu de 1933 et abolit l'amendement Platt, le tout avec l'accord des &#201;tats-Unis bien entendu. En 1939, le PC se rallia &#224; lui, car c'&#233;tait l'&#233;poque de la tactique des &#171; Fronts Populaires &#187;, et en 1940 appela &#224; voter en sa faveur. En 1942, deux communistes entr&#232;rent au gouvernement. Cette alliance co&#251;ta cher au PC : de 87 000 membres en 1942, il d&#233;gringola &#224; 7 000 en 1959.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Son candidat battu aux &#233;lections, Batista s'exila en Floride.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Parti communiste cubain explique ainsi sa position par la plume d'un de ses leaders : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous avons &#233;t&#233; d'accord avec Batista tant qu'il joua un r&#244;le positif dans une situation d&#233;termin&#233;e ; nous l'avons combattu ensuite, avec une grande vigueur, fermement, implacablement, d&#232;s le coup d'&#201;tat r&#233;actionnaire et imp&#233;rialiste antinational, antipopulaire et anti-ouvrier&lt;/q&gt; (Blas Roca, &lt;i&gt;Los Fundamenloa del socialismo m Cuba, La Habana&lt;/i&gt;, 1960)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 26 juillet 1953, cent vingt hommes group&#233;s autour de Fidel Castro attaqu&#232;rent la caserne Moncada : il y avait l&#224; des jeunes des tendances les plus diverses, dont le libertaire Boris Luis Santa-Coloma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'ALC en tant que telle resta toujours l&#233;gale. Les anarchistes particip&#232;rent &#224; la lutte contre Batista : Mouvement du 26 juillet (M.26.7), Organisacion Autentica (OA), Directorio Revolucionario (DR), Movimiento de Resistencia Civica (MRC), Directorio Obrero Revolucionario (DOR), Federacion Esmdiantil Universitaria (FEU). Les deux derni&#232;res ann&#233;es, le travail au grand jour de l'ALC devint impossible et l'organisation passa dans la clandestinit&#233; sous le nom de Union Revolucionaria Obrera (URO).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1929, les &#201;tats-Unis absorbaient 78,8% des exportations cubaines et fournissaient &#224; Cuba 64,4% de ses importations. En 1976, l'ensemble des pays du bloc de l'Est absorbait 73% des exportations cubains dont 60,8% pour la seule URSS (&lt;i&gt;Courrier des pays de l'Est&lt;/i&gt;, janvier 1980). Deux ans plus tard, ces chiffres accusent une notable augmentation : ils passent en ce qui concerne les exportations &#224; 84,8% dont 73% pour l'URSS, et en ce qui concerne les importations &#224; 79,6% dont 65,2% pour l'URSS (&lt;i&gt;Probl&#232;mes de l'Am&#233;rique latine&lt;/i&gt; n&#176;64, 1982).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Association Syndicaliste Libertaire de Cuba&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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