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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Sur les traces de l'anarchisme au Qu&#233;bec - 4. Les ann&#233;es 20 et 30</title>
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		<dc:date>2023-11-12T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Nestor </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans l'un de ses livres sur l'histoire du mouvement socialiste au Qu&#233;bec, le dissident communiste Henri Gagnon d&#233;crit en ces termes le paysage politique des ann&#233;es 20 et 30 : &lt;q&gt;Au cours de cette p&#233;riode, il existait &#224; Montr&#233;al plusieurs groupes, appartenant &#224; diff&#233;rentes &#233;coles de pens&#233;e socialistes. Il y avait des anarchistes, des libres penseurs et des anticl&#233;ricaux, mais aucun de ces groupements n'avait de structure, qui leur aurait permis de conduire un combat quelconque. Leurs activit&#233;s se r&#233;sumeront en des palabres au restaurant North Eastern, au Carr&#233; Viger, au Parc Lafontaine et d'autres endroits publics. L'Histoire nous a laiss&#233; peu de ces groupes, qui s'effor&#231;aient de transformer le monde par la parole et l'&#233;ducation, ce qu'ils croyaient &#234;tre la clef du progr&#232;s&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-ruptures-no4-ete-2004-" rel="directory"&gt;Ruptures n&#176;4 - Et&#233; 2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-7-f4fe0.png?1774716555' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'un de ses livres sur l'histoire du mouvement socialiste au Qu&#233;bec, le dissident communiste Henri Gagnon d&#233;crit en ces termes le paysage politique des ann&#233;es 20 et 30 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au cours de cette p&#233;riode, il existait &#224; Montr&#233;al plusieurs groupes, appartenant &#224; diff&#233;rentes &#233;coles de pens&#233;e socialistes. Il y avait des anarchistes, des libres penseurs et des anticl&#233;ricaux, mais aucun de ces groupements n'avait de structure, qui leur aurait permis de conduire un combat quelconque. Leurs activit&#233;s se r&#233;sumeront en des palabres au restaurant North Eastern, au Carr&#233; Viger, au Parc Lafontaine et d'autres endroits publics. L'Histoire nous a laiss&#233; peu de ces groupes, qui s'effor&#231;aient de transformer le monde par la parole et l'&#233;ducation, ce qu'ils croyaient &#234;tre la clef du progr&#232;s&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gagnon, Henri (1985), Les militants socialistes du Qu&#233;bec d'une &#233;poque &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; leur petit nombre, les libertaires consacrent effectivement beaucoup d'&#233;nergie &#224; la propagande et &#224; l'&#233;ducation populaire. Toutefois, leur implication sociale d&#233;passe largement le seul champ des id&#233;es. En fait, les libertaires furent partie prenante des principaux combats qui agit&#232;rent la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise dans l'entre-deux guerre, &#224; commencer par la lutte des sans-emplois au cours de la grande crise &#233;conomique des ann&#233;es 30.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un contexte difficile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;chec relatif de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de Winnipeg et le triomphe de la r&#233;volution d'octobre en Russie draine de nombreuxeuses militants r&#233;volutionnaires vers le Worker's Party, l'anc&#234;tre du Parti Communiste. Cr&#233;&#233; en 1922, le Worker's Party cherche &#224; marginaliser par tous les moyens le courant syndicaliste r&#233;volutionnaire incarn&#233; par la One Big Union (OBU).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir compt&#233; plus de 50 000 membres au d&#233;but des ann&#233;es 20, ce syndicat pan-canadien ne cesse de perdre des plumes. Au Qu&#233;bec, l'Union industrielle des campeurs et producteurs de bois quitte la One Big Union. Certains persistent tout de m&#234;me sur la voie du syndicalisme r&#233;volutionnaire et de l'autonomie ouvri&#232;re. En 1925 et 1926, deux unit&#233;s de l'OBU sont en activit&#233; &#224; Montr&#233;al. L'une regroupe des travailleurs francophones de diff&#233;rentes professions. L'autre est form&#233;e de m&#233;tallurgistes des ateliers Angus, situ&#233;s dans l'est de Montr&#233;al. Les &#171; shops &#187; Angus sont depuis le d&#233;but du si&#232;cle l'un des principaux bastions du syndicalisme r&#233;volutionnaire &#224; Montr&#233;al. En 1927, la One Big Union fait quelques gains, notamment aupr&#232;s des travailleurs de la Montreal Heat and Light Company qui changent leur affiliation syndicale en passant de l'AFL (American Federation of Labor) &#224; l'OBU. Des ouvriers des chemins de fer du Canadien National, des emballeurs montr&#233;alais et des mineurs de Rouyn se joignent &#233;galement &#224; la One Big Union, ce qui porte &#224; quatre le nombre d'unit&#233;s actives au Qu&#233;bec. Ce sont les derniers soubresauts de ce syndicat dans la province. Apr&#232;s cette date, on perd la trace de l'OBU &#224; Montr&#233;al comme &#224; Rouyn. Tout porte &#224; croire que la One Big Union au Qu&#233;bec n'a pas surv&#233;cu &#224; la crise &#233;conomique des ann&#233;es 30, ni aux attaques r&#233;p&#233;t&#233;es de la police et des l&#233;ninistes contre ses activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un vent de dissidence&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4320 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/albert_saint-martin_1905.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/albert_saint-martin_1905-5c2fe-199c7.jpg?1774705323' width='150' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Albert Saint-Martin &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Si le Worker's Party s'implante au Qu&#233;bec d&#232;s 1922, cette formation politique conna&#238;t rapidement des d&#233;fections. C'est le cas d'Albert Saint-Martin (1865-1947), l'une des figures de proue du mouvement socialiste au Qu&#233;bec. En 1923, Saint-Martin tente sans succ&#232;s de faire reconna&#238;tre par l'Internationale Communiste un Parti communiste autonome au Canada-fran&#231;ais. Devant l'&#233;chec de sa d&#233;marche (Moscou ne reconnaissant pas aux francophones le droit d'association &#224; l'ext&#233;rieur du PC canadien), il rompt avec la majorit&#233; bolch&#233;vique du Worker's Party et fonde en 1925 l'Universit&#233; ouvri&#232;re. Pendant plus de dix ans, l'Universit&#233; ouvri&#232;re servira de base de repli pour les anarchistes et les r&#233;volutionnaires non-inf&#233;od&#233;s au Parti Communiste. Elle fonctionne comme un forum public hebdomadaire o&#249; chacun peut prononcer une conf&#233;rence ou intervenir dans le d&#233;bat qui suit. L'Universit&#233; ouvri&#232;re compte &#233;galement une biblioth&#232;que ouverte aux membres, moyennant une contribution (&#224; vie) de 1$. Le syndicaliste montr&#233;alais Kent Rowley garde ce souvenir : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des centaines de travailleurs venaient &#233;couter des d&#233;nonciations les plus virulentes de l'&#201;glise et de la classe capitaliste en fumant leur pipe. En montant l'escalier qui menait &#224; la salle, on passait sous un grand tableau repr&#233;sentant Jesus-Christ avec un couteau d&#233;gouliant de sang d'un travailleur qu'il venait de poignarder. Et les milliers de travailleurs canadiens-fran&#231;ais saluaient cette image en passant&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Salutin, Rick (1982), Kent Rowley, une vie pour le mouvement ouvrier, &#201;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Martin n'est pas seul dans cette aventure. On retrouve &#224; ses c&#244;t&#233;s Gaston Pilon, un libre-penseur anticl&#233;rical pr&#244;nant l'amour libre, mais aussi Paul Faure, un militant anarchiste arriv&#233; de France quelques ann&#233;es auparavant. La correspondance de Faure avec l'anarchiste individualiste &#201;mile Armand nous fournit quelques indications sur l'&#233;tat d'esprit qui r&#232;gne &#224; l'Universit&#233; ouvri&#232;re. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[c'&#233;tait]&lt;/span&gt; un groupement o&#249; socialistes, libres-penseurs, communistes, anarchistes se retrouvaient et souvent s'enguirlandaient&lt;/q&gt;. Paul Faure est un personnage-cl&#233; dans l'histoire des id&#233;es anarchistes au Qu&#233;bec. Pendant plus de 30 ans, il distribue de la litt&#233;rature libertaire qu'il importe directement de France. Qu'il s'agisse des &#339;uvres d'auteurs &#171; classiques &#187; comme Proudhon, Tolstoi ou Reclus, de brochures sur la question de l'amour libre et de l'anti-cl&#233;ricalisme, Faure se d&#233;pense sans compter pour faire conna&#238;tre aux francophones les id&#233;es libertaires. Le &#171; best-seller &#187; anarchiste &#224; Montr&#233;al dans les ann&#233;es 20 est sans doute &lt;i&gt;Les 12 preuves de l'inexistence de Dieu &lt;/i&gt; &#233;crit par S&#233;bastien Faure. Albert Saint-Martin adapte le contenu de cette brochure pour en faire une conf&#233;rence qui marquera bien des esprits... y compris celui du clerg&#233;, qui voit d'un oeil de plus en plus m&#233;fiant les activit&#233;s de l'Universit&#233; ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La relative bonne entente entre anarchistes et communistes ne durera pas longtemps. Deux ans apr&#232;s sa fondation, un groupe de jeunes communistes tente de liquider l'Universit&#233; ouvri&#232;re. On lui reproche son ind&#233;pendance vis-&#224;-vis la ligne d&#233;fendue par le Parti Communiste. Saint-Martin s'oppose vigoureusement &#224; cette d&#233;marche, lui qui a d&#233;velopp&#233; au fil du temps des positions anti-bolch&#233;viques. Aux yeux de Tim Buck, leader du Parti Communiste, Saint-Martin est un &#171; nationaliste &#187;, un &#171; anarcho-communiste &#187;. On finit par trancher la poire en deux : les communistes membres de l'Universit&#233; ouvri&#232;re fonderont une cellule bien &#224; eux, laissant la voie libre aux efforts de Saint-Martin, de Pilon et des anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Emma Goldman &#224; Montr&#233;al&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les libertaires francophones s'activent autour de l'Universit&#233; ouvri&#232;re, une militante anarchiste bien connue revient au Qu&#233;bec apr&#232;s plus de quinze ans d'absence. Il s'agit &#233;videmment d'Emma Goldman (1869-1939). Arriv&#233;e au port de Qu&#233;bec le 15 octobre 1926, elle se dirige rapidement vers Montr&#233;al. &#192; la fin du mois, Goldman commence une s&#233;rie de conf&#233;rences publiques. Elle fait une pr&#233;sentation en anglais devant un auditoire de 700 personnes r&#233;unies au His Majesty's Theatre sur la crise politique en Russie. Au cours de cette conf&#233;rence, elle pourfend l'autoritarisme des bolcheviks et le conservatisme pr&#233;valant dans les pays capitalistes, tout en pr&#233;sentant l'anarchisme comme une alternative politique &#224; ces deux syst&#232;mes liberticides. Goldman poursuit ce travail tout au long du mois de novembre. Elle s'adresse la plupart du temps en yiddish &#224; ses auditoires, qu'elle juge trop petits. En fait, Goldman est d&#233;&#231;ue par l'&#233;tat de d&#233;sorganisation qui r&#232;gne dans le milieu anarchiste montr&#233;alais. Elle ne parvient pas &#224; cr&#233;er de v&#233;ritables contacts avec des anglophones. Quand aux francophones, ils semblent vivre sur une autre plan&#232;te. Tout au long de son s&#233;jour, Goldman essuie les critiques du Parti Communiste qui n'h&#233;site pas &#224; la d&#233;noncer publiquement ou &#224; organiser des &#233;v&#233;nements pour lui nuire. Il est vrai que l'objectif de Goldman est de lever des fonds pour soutenir les prisonniers politiques en Russie ! Elle parvient d'ailleurs &#224; ramasser plusieurs centaines de dollars en six semaines, plus que pendant deux ans &#224; Londres. Mais &#224; ses yeux, le r&#233;sultat le plus encourageant de ce s&#233;jour &#224; Montr&#233;al demeure la cr&#233;ation d'un comit&#233; de lutte pour les prisonniers politiques, la Women's Relief Society for the Political Prisoners in Russia, form&#233; de militantes d'origine juive. Arr&#234;tons-nous quelques instants sur l'une d'entre elles, Lena Slakman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lena Slakman (n&#233;e Lena Hendler) est n&#233;e &#224; Vilna (Lithuanie) en d&#233;cembre 1872. Apr&#232;s avoir immigr&#233; &#224; New-York en 1897, elle s'&#233;tablit &#224; Montr&#233;al en 1901 avec son mari, Louis Slakman, qui travaille dans une manufacture de v&#234;tement pour dame. Elle s'implique rapidement dans le mouvement anarchiste juif montr&#233;alais. Jusqu'en 1937, l'appartement des Slakman, situ&#233; au 150 ave. Prudhomme, h&#233;berge les anarchistes de passage en ville, comme Rudolf Rocker, Alexander Berkman ou Emma Goldman. Lena Slakman retourne vivre &#224; New-York en 1938. Elle demeurera une anarchiste et une socialiste jusqu'&#224; sa mort en 1975, &#224; l'&#226;ge de 102 ans&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avrich, Paul (1995), Anarchists Voices : An Oral History of Anarchism in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1928, la Women's Relief Society invite de nouveau Emma Goldman pour une autre s&#233;rie de conf&#233;rences. Elle prononce trois allocutions, dont l'une sur le contr&#244;le des naissances. Gr&#226;ce &#224; ces pr&#233;sentations et aux autres activit&#233;s organis&#233;es par le comit&#233; tout au long de l'ann&#233;e, la Women's Relief Society recueillera plus de 500$ pour venir en aide aux prisonniers politiques anarchistes de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas qu'en Russie qu'on emprisonne et qu'on tue des anarchistes. C'est aussi le cas aux &#201;tats-Unis, o&#249; l'on vient d'ex&#233;cuter Nicolas Sacco et Bartolomeo Vanzetti. Ces deux anarchistes d'origine italienne sont condamn&#233;s &#224; mort suite &#224; l'assassinat de deux convoyeurs de fonds, crime qu'ils n'ont pas commis. Lors de la f&#234;te internationale des travailleurs le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1928, Saint-Martin prend la parole au nom d'un nouveau groupe qui fera bient&#244;t parler de lui, le mouvement Spartakus. Il rappelle &#224; la foule la m&#233;moire de ces martyrs de la cause prol&#233;tarienne, qui ont cru jusqu'&#224; la fin en leur id&#233;al de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les libertaires face &#224; la crise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir publi&#233; en 1913 une brochure anti-militariste aux forts accents libertaires, Jean Valjean persiste et signe. Il sort en 1922 un deuxi&#232;me pamphlet (&lt;i&gt;La crise&lt;/i&gt;) s'adressant aux ch&#244;meurs. Il s'agit de la transcription d'une conf&#233;rence prononc&#233;e devant les membres de la &#171; Ligue &#187; des Sans-Travail. Cette brochure de 32 pages est tir&#233;e &#224; plus de 4 000 copies. D'entr&#233;e de jeu, Valjean pr&#233;cise sa perspective politique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;mes id&#233;es ne sont pas celles de tout le monde, quelques-uns en seront peut-&#234;tre scandalis&#233;s, mais j'estime que toute opinion de bonne foi a le droit de s'exprimer. Les opinions libres sont rares, je puis vous assurer que les miennes poss&#232;dent au moins cette qualit&#233;. Je ne suis inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, je ne suis domin&#233; par aucun int&#233;r&#234;t et je plaide une cause pour laquelle personne ne paie&lt;/q&gt;. Son plaidoyer aux ch&#244;meurs commence par une d&#233;nonciation en r&#232;gle du syst&#232;me capitaliste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La seule harmonie entre le capital et le travail est celle qui exis-te entre le loup et l'agneau, entre la poule et le renard. Le capital est un animal f&#233;roce, sans c&#339;ur ni &#226;me, qui n'est ni carnivore ni herbivore, mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;travaillivore&lt;/q&gt; ; il ne conna&#238;t rien d'autre que son app&#233;tit vorace&lt;/q&gt;. L'analyse de Valjean n'est pas diff&#233;rente de celle des anarchistes aujourd'hui : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le capitalisme est une agglom&#233;ration d'exploitations qui s'encha&#238;nent et se tiennent. (...) L'harmonie entre le Capital et le travail est une utopie, un non sens, et ceux qui la pr&#234;chent sont ou des niais ou des fourbes&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il poursuit sa charge en d&#233;non&#231;ant la mascarade id&#233;ologique de la soci&#233;t&#233; marchande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toutes les fa&#231;ades, tous les mottos, toutes les d&#233;clarations de principes ne sont-ils pas des masques et des hypocrisies ?Souverainet&#233; du peuple &#8211; &#201;galit&#233; devant la loi &#8211; D&#233;vouement aux int&#233;r&#234;ts publics &#8211; Les intelligents &#233;lecteurs &#8211; Les biens aim&#233;s soldats &#8211; La reconnaissance de la patrie &#8211; Nos chers lecteurs &#8211; Nos bons clients &#8211; Notre unique souci de servir le public, de plaire &#224; notre client&#232;le &#8211; Le prospectus du financier, l'&#233;loquence de l'avocat, le sourire du commis, la poign&#233;e de main du marchand, le clin-d'oeil de la cocotte, et toutes les protestations, les courbettes et les grimaces dont s'agr&#233;mente la transaction des affaires publiques ou priv&#233;es ne sont que des blagues conventionnelles qui ne trompent plus que les badauds ; sous ce vernis, us&#233; et sali, pas loin de la surface, on trouve partout la m&#234;me r&#233;alit&#233; : le d&#233;sir et la volont&#233; d'exploiter les autres&lt;/q&gt;. Valjean pourfend ensuite les chefs de toutes sortes (leaders unionistes, politiciens et cur&#233;s) qui proposent de fausses solutions aux maux qui affligent les sans-emplois : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ceux qui promettent aux travailleurs la meilleure part dans l'autre monde sont ceux-l&#224; m&#234;me qui la prennent ici en toute occasion. Ils n'ont jamais fait un mauvais march&#233; avec les travailleurs, c'est m&#234;me pour cela qu'ils sont riches et que vous &#234;tes pauvres. (...) Si ce ne sont pas les ma&#238;tres eux-m&#234;mes, ce sont leurs porte-paroles, les plus ardents d&#233;fenseurs du statu-quo, de la propri&#233;t&#233; capitaliste et du salariat, de la richesse et de la pauvret&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir insist&#233; sur les rouages du syst&#232;me actuel (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il n'est pas d&#233;fendu de voler, il est d&#233;fendu de voler contrairement aux r&#232;gles&lt;/q&gt;) et d&#233;nonc&#233; la suppos&#233;e libert&#233; garantie &#224; tous (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre libert&#233; est un mythe, nos d&#233;sirs sont des r&#234;ves&lt;/q&gt;), Valjean termine sa pr&#233;sentation sur une note combative, qui annonce le changement &#224; venir : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je conclus en disant que l'&#233;tat de marasme, de d&#233;pression et de paralysie o&#249; nous sommes, qui n'est pas une crise passag&#232;re, mais un &#233;tat permanent, ne pourra &#234;tre chang&#233; qu'en sortant des voies qui nous y ont conduits. Il faut briser les cadres qui se sont constitu&#233;s, qui maintiennent une moiti&#233; de l'humanit&#233; perp&#233;tuellement enferm&#233;e dans les cit&#233;s comme des troupeaux dans des bergeries trop &#233;troites, et l'autre moiti&#233; &#233;parpill&#233;s dans des espaces immenses, sur des territoire &#224; peine cultiv&#233;s. (...) Pour cela, il faut d&#233;centraliser et r&#233;organiser la vie &#233;conomique et sociale. Il faut cr&#233;er des &#233;tablissements mixtes, &#224; la fois industriels et agricoles, pouvant vivre de leurs propres ressources, ou presque (...). Et pour cela, il faut abolir le profit, qui prend tous nos soins, afin de pouvoir travailler pour nous-m&#234;mes. (...) Le profit est l'ennemi du genre humain, et comme la source du profit est la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des choses n&#233;cessaires &#224; la vie commune, il faut plonger le scalpel au plus profond des entrailles de la soci&#233;t&#233; pour aller en couper les racines. Cette op&#233;ration fera couler beaucoup de sang, mais la vie de la malade en d&#233;pend, le salut du monde est l&#224;. Il n'y a pas d'autres moyens de mettre fin &#224; la crise&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Valjean, Jean (1922), La crise, 32 p.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://archive.org/embed/editions_ruptures_2012_crise&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;700&#034; frameborder=&#034;0&#034; webkitallowfullscreen=&#034;true&#034; mozallowfullscreen=&#034;true&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire de la crise dont parle Valjean reste pourtant &#224; venir. Elle se d&#233;cha&#238;ne en 1929, suite au krach de la bourse de New-York. L'onde de choc touche rapidement Montr&#233;al et fait des milliers de victimes. Le taux de ch&#244;mage explose, la pauvret&#233; et la faim deviennent le lot de la majorit&#233;. Les anarchistes n'y &#233;chappent pas. Paul Faure en t&#233;moigne dans une lettre &#224; &#201;mile Armand, dat&#233;e du 21 octobre 1931. Il n'a plus d'argent pour faire venir des livres de France : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tr&#232;s en retard pour payer mes dettes. Disons que les affaires p&#233;r&#233;clitent. Je dirais m&#234;me que la situation devient catastrophique. Quand &#224; l'issue, je ne vois que mis&#232;re grandissante et la mort par inanition, devant une montagne de bonnes choses. Bref, c'est le chaos &#233;conomique et moral&lt;/q&gt;. Malgr&#233; les difficult&#233;s, les libertaires ne restent pas les bras crois&#233;s. En 1930, deux militants anticl&#233;ricaux proches de l'Universit&#233; ouvri&#232;re, les fr&#232;res Abel et &#201;mile Godin, fondent l'Association humanitaire. Le groupe pratique l'action directe pour r&#233;gler les cas d'&#233;victions qui ne cessent de se multiplier. L'Association recommande aux locataires expuls&#233;s d'occuper les &#233;difices publics jusqu'&#224; l'obtention d'un nouveau logement. Selon l'&#233;crivaine communiste Dorothy Livesay, l'Association humanitaire, qui regroupe jusqu'&#224; 6 000 ch&#244;meurs au plus fort de la crise &#233;conomique, est contr&#244;l&#233;e &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par un groupe anarchiste dirig&#233; par Saint-Martin&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fournier, Marcel (1979), Communisme et anticommunisme au Qu&#233;bec, &#201;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il est vrai que ce dernier ne reste pas inactif malgr&#233; ses 64 ans. Saint-Martin participe notamment &#224; la cr&#233;ation de deux coop&#233;ratives d'alimentation au centre-ville de Montr&#233;al. &#192; l'automne 1932, le mouvement Spartakus se dote d'un journal bi-hebdomadaire et d'une coop&#233;rative d'imprimerie. Saint-Martin publie en d&#233;cembre 1932 une brochure de 24 pages tr&#232;s controvers&#233;e : &lt;i&gt;Sandwiches &#224; la shouashe&lt;/i&gt;. Diffus&#233; &#224; 19 000 exemplaires (11 000 en fran&#231;ais et 8 000 en anglais), ce texte est un v&#233;ritable r&#233;quisitoire contre la suppos&#233;e &#171; charit&#233; &#187; des institutions religieuses. Sur un ton sarcastique, Saint-Martin fait le proc&#232;s de l'&#233;glise, piquant au passage les bourgeois et le Parti Communiste, &#224; travers des dialogues imaginaires entre Spartakus et un ch&#244;meur . En voici un extrait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Spartakus : Comment vous nourrissez-vous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Ch&#244;meur : Aux sandwiches, mais je me d&#233;m&#232;ne et j'ai des petits trucs que vous n'avez pas besoin de savoir, pour attraper un peu plus de manger, mais l&#224; je commence &#224; &#234;tre au bout de ma corde et j'ai bien h&#226;te... &lt;br class='autobr' /&gt;
S : De quoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C : Qu'ils d&#233;clarent la guerre ! &lt;br class='autobr' /&gt;
S : Tiens et pourquoi ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C : Pour qu'ils me mettent une carabine entre les mains... Je saurai m'en servir... &lt;br class='autobr' /&gt;
S : Comment ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C : Si je le dis, vous allez m'arr&#234;ter tout de suite... &lt;br class='autobr' /&gt;
La Cour : je vous garantis que non. &lt;br class='autobr' /&gt;
C : Je vous fusillerais, vous et tous les juges ; vous n'&#234;tes que des hypocrites, votre justice n'est qu'un simulacre, vous avez deux justices : une pour les riches, cl&#233;mente et dor&#233;e, l'autre pour les pauvres, arrogante et cruelle ; je fusillerais tous ces d&#233;put&#233;s et &#233;chevins, qui vous bourrent de promesses que les affaires vont bien aller, et qui pendant ce temps, volent les millions du tr&#233;sor public pour les donner &#224; ces s&#233;pulcres blanchis, ces &#234;tres immondes &#224; face humaine qui s'enrichissent de la diff&#233;rence entre les sommes &#233;normes qu'ils re&#231;oivent de la main droite, sous le pr&#233;texte de faire la charit&#233;, et la pitance qu'ils donnent de la main gauche ; et, avec cette diff&#233;rence, ils se font vivre, se construisent les immenses constructions que l'on voit partout : ces remplis de pourriture, je ne les fusillerais pas, je les pendrais !(...)&lt;br class='autobr' /&gt;
S : &#201;coutes, quand m&#234;me tu tuerais tous ces braves gens, car chacun d'eux, personnellement, est un brave homme, cela ne t'avancerait pas plus. C'est le syst&#232;me &#233;conomique qui est vicieux et qui les rend inconsciemment si m&#233;chants. Tant que le principe de la propri&#233;t&#233; et le num&#233;raire qui sert &#224; la transmission ne seront pas abolis, il n'y aura rien de fait : d'autres du m&#234;me acabit surgiront, avec les m&#234;mes cons&#233;quences...&lt;br class='autobr' /&gt;
C : Comme les bolch&#233;viks alors.&lt;br class='autobr' /&gt;
S : Parfaitement... Tu n'as pas l'air &#224; les ch&#233;rir !&lt;br class='autobr' /&gt;
C : Ils sont pires que tous ceux-l&#224; : ils ont des pr&#234;tres qu'ils nomment &#171; paid-organizers &#187;, et comme les pr&#234;tres ; ils ont une &#233;chelle de degr&#233;s, &#224; mesure que ces &#171; paid-organizers &#187; montent en grade, ils sont pay&#233;s plus cher, pareil comme pour les &#233;v&#234;ques, les archev&#234;ques, (...) Et puis ils tiennent &#224; nous conduire, tout comme les pr&#234;tres, ils disent que nous sommes trop b&#234;tes pour penser par nous-m&#234;mes et nous conduire, qu'il faut qu'ils pensent pour nous et qu'il faut nous laisser conduire par eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
S : Tu vois bien, c'est qu'en effet, o&#249; ils dominent, ils n'ont pas aboli, ni le principe de la propri&#233;t&#233;, ni le num&#233;raire ; alors, ils sont, fatalement, aussi vicieux que les autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
C : Plus, parce qu'ils se pr&#233;tendent nos amis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Larivi&#232;re, Claude (1979), Albert Saint-Martin, militant d'avant-garde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4342 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH148/sans_titre-9-2-42d85-2baaf.png?1774716555' width='150' height='148' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Hirsch Hershman &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ouvrier juif n'est pas en reste. En 1933, sur la rue Rachel, l'anarchiste Hirsch Hershman coordonne le travail de la &#171; Jewish People's Kitchen &#187; qui accueille celles et ceux que la crise a jet&#233; &#224; la rue. Cette soupe populaire est mise en branle gr&#226;ce aux efforts concert&#233;s de plusieurs groupes socialistes (le Poale Zion, le journal &lt;i&gt;Farband &lt;/i&gt; et l'Arbeiter Ring). D'apr&#232;s l'historien Israel Medresh, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Hershman fut le principal responsable de cette initiative qui s'&#233;tendit sur environ deux ans, soit jusqu'&#224; ce que la situation &#233;conomique se r&#233;tablisse&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Medresh, Israel (2001), Le Montr&#233;al juif entre les deux guerres, p.96.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les effets de la crise se font sentir jusqu'en 1937, le mouvement ouvrier prend peu &#224; peu de la vigueur &#224; partir de 1934. Par le fait m&#234;me, l'&#201;tat durcit la r&#233;pression contre les &#171; communistes &#187;, c'est-&#224;-dire contre tous les partisans du changement social, peu importe leur all&#233;geance politique. L'Universit&#233; ouvri&#232;re est &#233;videmment dans sa mire. Le clerg&#233; se met &#233;galement de la partie. &#192; travers sa presse, l'&#233;glise catholique d&#233;nonce r&#233;guli&#232;rement ses activit&#233;s. Les troupes de choc du clerg&#233;, de jeunes fascistes fanatis&#233;s par les cur&#233;s, attaquent r&#233;guli&#232;rement les locaux et les membres de l'Universit&#233; ouvri&#232;re, br&#251;lent les livres de sa biblioth&#232;que sur la place publique avec la complicit&#233; de la police. En 1933, l'Assembl&#233;e nationale adopte une loi qui restreint les activit&#233;s de l'Universit&#233; ouvri&#232;re. Trois ans plus tard, le gouvernement de Maurice Duplessis instaure la fameuse Loi du Cadenas, qui permet &#224; la police de perquisitionner les locaux des &#171; communistes &#187;, de saisir leur litt&#233;rature, de fermer leurs lieux de r&#233;union. Cette vague r&#233;pressive finit par avoir le dessus sur la plupart des initiatives libertaires. Saint-Martin lui-m&#234;me, victime des attaques fascistes, d&#233;cide de se retirer. Paul Faure, amer, r&#233;sume en ces termes l'esprit qui pr&#233;vaut alors : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il a suffit d'une loi dite du cadenas, loi d'exception par excellence visant les communistes mais appliqu&#233;e &#224; tous les &#233;l&#233;ments consid&#233;r&#233;s comme non-conformistes, pour que les camarades rentrent sous la tente, leur chef en t&#234;te, l'&#226;me dirigeante qui je dois l'admettre &#233;tait la seule valeur de la bande. Il &#233;tait &#226;g&#233; et sans doute voyant qu'il ne pouvait compter m&#234;me sur ses rares lieutenants, il cessa toute activit&#233;. Ce fut la fin, ceci se passa vers 1937. &#192; maintes reprises, j'ai tent&#233; de pousser &#224; l'action les quelques rares canadiens qui avaient &#233;t&#233; le plus en vue dans le mouvement. Mais h&#233;las ! aucun n'a voulu reprendre la lutte. Apparamment, chacun songeait &#224; sa situation &#233;conomique et reprenait sa course aux dollars. La propagande, cela ne paie pas. D'ailleurs, j'en sais quelque chose&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; French-Canadian Girls Get Tough &#187;&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4344 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH230/sans_titre-11-3-6b8bd-f93e2.png?1774716555' width='150' height='230' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Rose Pesotta &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Alors que se meurt l'Universit&#233; ouvri&#232;re et l'Association humanitaire, &lt;a href=&#034;https://www.militants-anarchistes.info/spip.php?article7039&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rose Pesotta&lt;/a&gt; arrive &#224; Montr&#233;al en 1937 en tant qu'organisatrice de l'Union internationale des ouvriers du v&#234;tement pour dames (UIOVD), dont elle assume la vice-pr&#233;sidence jusqu'en 1942. N&#233;e en Ukraine en 1896, elle part aux &#201;tats-Unis en 1913 o&#249; elle travaille dans l'industrie du v&#234;tement comme des milliers d'autres immigrantes juives. Anarchiste depuis sa prime jeunesse, elle trouve &#224; New-York un milieu propice &#224; ses id&#233;es. C'est l&#224; qu'elle rencontre Emma Goldman, qui deviendra une amie et une source d'inspiration pour Pesotta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rose Pesotta commence &#224; s'impliquer dans le mouvement ouvrier au d&#233;but des ann&#233;es 20 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;she felt that since anarchist believed in the general strike as an organizing tactic, she should be among the masses when they were ready to rise, as well as to inject anarchist ideas into the labor movement&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ann Schofield in Pesotta, Rose (1987) Bread Upon the Waters, ILR Press, p. vii&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle d&#233;barque &#224; Montr&#233;al pour participer &#224; la campagne de syndicalisation des 10 000 ouvri&#232;res du v&#234;tement. A cette &#233;poque, les conditions de vie des travailleuses de l'aiguille (les midinettes, comme on les appelle) sont pitoyables. Malgr&#233; de longues semaines de travail, la majorit&#233; d'entre elles ne gagnent m&#234;me pas le salaire minimum garanti aux femmes par la loi (12,50$ par semaine). D&#232;s son arriv&#233;e, Pesotta lance une campagne d'agit-prop tr&#232;s audacieuse. Elle produit une &#233;mission de radio bilingue, pr&#233;pare des tracts, publie un journal, organise le porte &#224; porte, transforme le local syndical en salon de th&#233;, d&#233;veloppe des cours du soir (qui seront donn&#233;s par L&#233;a Roback, alors travailleuse sociale). Ses efforts commencent &#224; porter fruit. Plusieurs ouvri&#232;res deviennent membres et participent &#224; leur tour &#224; la campagne sur le plancher de travail. C'est sans compter sur l'&#233;glise catholique, qui d&#233;nonce publiquement l'appui donn&#233; par l'UIOVD au camp r&#233;publicain en Espagne. Aux yeux des cercles catholiques, Pesotta est une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;dangereuse agitatrice &#233;trang&#232;re&lt;/q&gt;. Plane donc au-dessus de sa t&#234;te et de celles des ouvri&#232;res la fameuse loi du cadenas. En fait, l'&#233;glise cherche &#224; &#233;carter l'Union internationale pour installer ses propres syndicats dans cette industrie. Les employeurs font &#233;galement la vie dure aux d&#233;l&#233;gu&#233;es syndicales de l'UIOVD. Plusieurs d'entre elles sont limog&#233;es peu apr&#232;s l'inauguration officielle de leur local syndical. Une lutte s'amorce pour leur retour au travail. Pesotta se lance &#224; font de train dans ce combat, qui finit par tourner &#224; l'avantage des travailleuses. Une premi&#232;re manche est gagn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4343 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;63&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/en_greve_avec_lea_et_les_midinettes.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH438/en_greve_avec_lea_et_les_midinettes-b6d79.jpg?1774716555' width='500' height='438' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;En gr&#232;ve avec L&#233;a et les midinettes, Montr&#233;al, printemps 1937&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs mois de travail acharn&#233;, les membres de l'UIOVD d&#233;clenchent le 14 avril 1937 une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale illimit&#233;e. Plus de 100 usines sont touch&#233;es : 5 000 ouvri&#232;res, majoritairement juives et canadienne-fran&#231;aises, participent au mouvement. La r&#233;ponse du clerg&#233; est imm&#233;diate : dans une lettre publi&#233;e le 18 avril dans le journal &lt;i&gt;La Patrie&lt;/i&gt;, l'archev&#234;que de Montr&#233;al et les dirigeants des syndicats catholiques exigent du gouvernement la d&#233;portation de Rose Pesotta et d'un autre organisateur, Bernard Shane. Des mandats d'arr&#234;ts sont &#233;mis contre Shane et Pesotta. Malgr&#233; ces attaques, les ouvri&#232;res tiennent bon. En d&#233;fiant les cur&#233;s et leurs patrons, elles finissent par gagner la gr&#232;ve. Elles obtiennent sur le champ une augmentation de salaire de 10%, la semaine de 44 heures, le temps suppl&#233;mentaire pay&#233; 1 fois et demi, pas de travail le samedi, etc. Le 21 juin, 5 000 travailleuses de l'aiguille se r&#233;unissent dans une ar&#233;na du centre-ville pour c&#233;l&#233;brer leur victoire. Un sentiment de fiert&#233; les anime. Comme l'&#233;crit Pesotta dans son autobiographie : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;the thousands of girls and women present, lately freed from long exploitation, realized that they were now part of the great army of organized labor, and were no longer defenseless&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pesotta, Rose (1987), ibid, p. 277&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4346 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-13.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH238/sans_titre-13-f113e.png?1774716556' width='500' height='238' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gr&#232;ves de Sorel en 1937&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses de l'aiguille ne sont pas les seules &#224; se r&#233;volter. Ailleurs en province, des gr&#232;ves sauvages &#233;clatent. Le 29 avril, des ouvriers de Sorel (qui bossent &#224; la Sorel Steel Foundries, la Sorel Iron Foundries et au Sorel Mechanical Shop) votent la gr&#232;ve contre leur employeur, la famille Simard. Pendant plusieurs nuits, les gr&#233;vistes sont ma&#238;tres de la ville et saccagent les b&#226;timents de la compagnie. Plusieurs d'entre eux sont arr&#234;t&#233;s et traduit devant les tribunaux. Le 13 juillet 1938, c'est au tour des travailleurs de Montmorency (non loin de Qu&#233;bec) &#224; se mettre en mouvement. Des ouvriers de la Dominion Textile cassent la gueule &#224; leurs patrons. Ils gagnent leur point (!), et signent le lendemain une nouvelle convention collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au loin, en Europe, les premiers signes de guerre se font de plus en plus pr&#233;sents. La r&#233;volution espagnole, &#224; laquelle participeront 1 400 Canadiens (dont une cinquantaine de Montr&#233;alais), vient d'&#234;tre &#233;cras&#233;e. Le bruit des bottes se fait bient&#244;t entendre en Pologne : la deuxi&#232;me boucherie mondiale peut commencer.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4345 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-6-5.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH296/sans_titre-6-5-72b75.png?1774716556' width='500' height='296' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien que marginal, le courant anarchiste &#233;tait bel et bien pr&#233;sent au Qu&#233;bec pendant l'entre-deux guerres. Des hommes et des femmes ont traduit &#224; leur fa&#231;on cet id&#233;al dans une pratique quotidienne, que ce soit de fa&#231;on autonome ou par une pr&#233;sence dans les mouvements sociaux. Les nombreux s&#233;jours d'Emma Goldman (elle revient &#224; plusieurs reprises tout au long des ann&#233;es 30), mais aussi de Rudolf Rocker (qui vient donner une s&#233;rie de conf&#233;rence &#224; Montr&#233;al en 1934) ont sans aucun doute contribu&#233; &#224; faire conna&#238;tre les id&#233;es anarchistes aupr&#232;s d'un public juif et anglophone. On est toutefois bien loin du d&#233;but du si&#232;cle, p&#233;riode o&#249; les anarchistes forment l'un des courants r&#233;volutionnaires les plus actifs &#224; Montr&#233;al. Dans une entrevue au journal &lt;i&gt;La Presse&lt;/i&gt; le 4 mai 1934, Emma Goldman confie au journaliste qu'elle doute des chances de l'anarchisme au Qu&#233;bec. L'absence d'organisation sp&#233;cifique semble vouloir lui donner raison. Mais un autre facteur joue dans la balance : la division du mouvement sur des bases linguistiques. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les liens sont &#224; peu pr&#232;s inexistants entre les anarchistes juifs et les anarchistes francophones. Les uns tendent &#224; se replier de plus en plus sur leur communaut&#233;, d&#233;laissant toute forme de propagande autre qu'en yiddish. Les libertaires francophones, obnubil&#233;s par la lutte contre l'emprise du clerg&#233;, semblent se soucier assez peu de ce qui se passe dans les communaut&#233;s immigrantes. Deux solitudes cohabitent, se croisent, mais ne parviennent pas &#224; faire cause commune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gagnon, Henri (1985), &lt;i&gt;Les militants socialistes du Qu&#233;bec d'une &#233;poque &#224; l'autre&lt;/i&gt;, p. 90.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Salutin, Rick (1982), &lt;i&gt;Kent Rowley, une vie pour le mouvement ouvrier&lt;/i&gt;, &#201;d. Coop&#233;ratives Albert Saint-Martin, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avrich, Paul (1995),&lt;i&gt; Anarchists Voices : An Oral History of Anarchism in America&lt;/i&gt;, Princeton University Press, p. 180-182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Valjean, Jean (1922), &lt;i&gt;La crise&lt;/i&gt;, 32 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fournier, Marcel (1979), &lt;i&gt;Communisme et anticommunisme au Qu&#233;bec&lt;/i&gt;, &#201;d. Coop&#233;ratives Albert Saint-Martin, p. 155.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Larivi&#232;re, Claude (1979),&lt;i&gt; Albert Saint-Martin, militant d'avant-garde (1865-1947)&lt;/i&gt;, &#201;d. Coop&#233;ratives Albert Saint-Martin, p. 270-271.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Medresh, Israel (2001),&lt;i&gt; Le Montr&#233;al juif entre les deux guerres&lt;/i&gt;, p.96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ann Schofield in Pesotta, Rose (1987) &lt;i&gt;Bread Upon the Waters&lt;/i&gt;, ILR Press, p. vii&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pesotta, Rose (1987), ibid, p. 277&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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