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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les mots et des choses : Le mot &#171; d&#233;mocrate &#187;</title>
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		<dc:date>2023-09-15T12:28:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Valentin Berthier </dc:creator>


		<dc:subject>Espoir - CNT AIT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; La paille des mots et le grain des choses &#187;... Cette expression de Leibniz peut s'appliquer au vocabulaire politi&#173;que, o&#249; souvent la forme est futilit&#233; ou imposture, et le fond forfaiture et trag&#233;die.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-cnt-ait-no969-25-octobre-1981-" rel="directory"&gt;CNT AIT n&#176;969 - 25 octobre 1981&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-espoir-cnt-ait-+" rel="tag"&gt;Espoir - CNT AIT&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La paille des mots et le grain des choses &#187;... Cette expression de Leibniz peut s'appliquer au vocabulaire politi&#173;que, o&#249; souvent la forme est futilit&#233; ou imposture, et le fond forfaiture et trag&#233;die.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II. - LE MOT &#171; D&#201;MOCRATE &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la d&#233;mocratie ? &#201;tymologiquement, c'est le gou&#173;vernement du peuple : de &lt;i&gt;d&#234;mos&lt;/i&gt;, peuple, et &lt;i&gt;kratos&lt;/i&gt;, puis&#173;sance. Il faut entendre par l&#224; que le peuple se gouverne lui-m&#234;me, et n'est pas gouvern&#233; par une cat&#233;gorie de gens ext&#233;rieurs &#224; lui. Au mot &#171; peuple &#187;, certains ajoutent le mot &#171; travailleur &#187;, afin de signifier que seule la par&#173;tie du peuple qui vit ou a v&#233;cu gr&#226;ce &#224; son travail est habilit&#233;e &#224; collaborer au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justification de la d&#233;mocra&#173;tie est &#233;clatante : y a-t-il rien de plus raisonnable que le gouver&#173;nement du peuple par le peuple, ni de plus inique que de lui don&#173;ner des ma&#238;tres qui d&#233;cident &#224; sa place ? Tel est l'avis le plus r&#233;pandu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'application de la doctrine suscite de notables per&#173;plexit&#233;s. Tout le monde ne peut pas gouverner tout le monde parce que tout le monde n'est pas du m&#234;me avis. Il est donc admis g&#233;n&#233;ralement - mais non unanimement - que, dans les cas de pluralisme et de diver&#173;gence des opinions, la majorit&#233; l'emporte sur la minorit&#233;. Nul n'ignore que c'est l&#224; un exp&#233;&#173;dient arbitraire, gros d'erreur et d'injustice, mais, en pr&#233;sence de l'incertitude, la faillibilit&#233; humaine s'y est r&#233;sign&#233;e, si bien que la loi des majorit&#233;s est deve&#173;nue, en principe, la loi de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe seulement, car, en fait, les minorit&#233;s d&#233;cident tou&#173;jours. Dans les pays capitalistes, les groupes de pression jouissent d'un pouvoir qu'il serait abusif de qualifier de d&#233;mocratique. La politique lib&#233;rale accorde un v&#233;ri&#173;table privil&#232;ge aux membres de partis politiques qui ne rassem&#173;blent qu'un pourcentage infime des citoyens. Dans les pays communistes, le parti, r&#233;put&#233; &#233;lite &#233;clair&#233;e du prol&#233;tariat et du peuple, n'en r&#233;unit qu'une faible fraction ; ses membres ont &#233;t&#233; endoctrin&#233;s d&#232;s leur jeunesse ; les uns manifestent une convic&#173;tion semblable &#224; la foi des Egli&#173;ses, les autres affectent un atta&#173;chement enthousiaste au r&#233;gime pour am&#233;liorer leur situation et favoriser leur avancement. Il s'ensuit que, dans les nations dites &#171; de d&#233;mocratie populai&#173;re &#187;, une toute petite partie du peuple gouverne (ou croit gou&#173;verner) tout le peuple. D'ailleurs, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de cette frac&#173;tion, un appareil de quelques hommes en gouverne la totalit&#233;, et parfois un homme seul s'est empar&#233; d'un pouvoir suffisant pour commander &#224; tout l'appa&#173;reil, d'o&#249; il r&#233;sulte que des pays soumis &#224; la dictature d'un chef unique ont droit malgr&#233; tout &#224; la d&#233;nomination de &#171; d&#233;mocra&#173;ties &#187;, alors que le peuple, loin de gouverner, y est tout juste appel&#233; &#224; ob&#233;ir ! Ainsi, M. Enver Hodja en Albanie, M. Ceausescu en Roumanie, M. Kim II Sung en Cor&#233;e du Nord, gouvernent autocratiquement des &#171; d&#233;mo&#173;craties populaires &#187;, tout comme Napol&#233;on, du 18 mai 1804 au 31 d&#233;cembre 1805, fut l'empereur d'une r&#233;publique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adversaires de la d&#233;mocra&#173;tie l&#233;gitiment leur hostilit&#233; en disant qu'elle ne peut exister, et qu'on doit dissuader le peuple de perdre son temps et ses forces &#224; poursuivre une chim&#232;re. Ils don&#173;nent l'histoire en exemple : elle enseigne que ce sont toujours des minorit&#233;s qui ont gouvern&#233;, la plupart du temps des repr&#233;&#173;sentants des classes poss&#233;dan&#173;tes, favoris&#233;es, instruites. Ils all&#232;guent que, au lendemain des r&#233;volutions qui renvers&#232;rent les r&#244;les et les valeurs, des minorit&#233;s sociales se sont reconstitu&#233;es et ont repris les r&#234;nes du pouvoir. A cela les anarchistes ont r&#233;pondu par les propositions du socia&#173;lisme libertaire, dont &lt;i&gt;Le monde nouveau&lt;/i&gt;, de Pierre Besnard, expose les principes et les struc&#173;tures ; organisation sociale o&#249; les contradictions, et les opposi&#173;tions, librement d&#233;battues par des communaut&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es, devraient &#234;tre r&#233;solues et apla&#173;nies au mieux de l'int&#233;r&#234;t de tous. N&#233;anmoins, il serait na&#239;f de croire qu'il existe un moyen de satisfaire tout le monde en fai&#173;sant participer &#233;galement cha&#173;que citoyen &#224; la gestion d&#233;mo&#173;cratique de la collectivit&#233; : c'est l&#224; un id&#233;al qui sera toujours imparfaitement r&#233;alis&#233; ; aussi chacun doit-il cultiver l'anar&#173;chisme non seulement comme une perspective de soci&#233;t&#233; offrant le maximum d'autonomie &#224; la personnalit&#233;, mais encore et surtout comme une attitude et une force individuelles devant les probl&#232;mes de la vie et le compor&#173;tement du prochain.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il y aura toujours des gens qui se d&#233;sint&#233;resseront des ques&#173;tions gestionnaires et sociales et en abandonneront &#224; d'autres la responsabilit&#233; - et, qui plus est, &#224; d'autres qui ne demanderont pas mieux que de s'en charger. Tout le monde ne se passionne pas pour la philat&#233;lie ; pareille&#173;ment, tout le monde n'est pas sensibilis&#233; aux probl&#232;mes politi&#173;ques, tout le monde n'a pas le go&#251;t de les &#233;tudier ni le talent de les r&#233;soudre. Les indiff&#233;rents, &#231;a existe ; ceux-l&#224; d&#233;l&#232;guent d'ins&#173;tinct leur pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des paradoxes de la d&#233;mocratie est donc celui-ci : la loi des majorit&#233;s est sa loi, mais ce sont les minorit&#233;s qui l'ani&#173;ment et la gouvernent. Il faut s'en affliger parfois mais pas tou&#173;jours. Les minorit&#233;s sont sou&#173;vent plus clairvoyantes et plus raisonnables que le grand nom&#173;bre. C'est une minorit&#233; qui a supprim&#233; l'esclavage en Am&#233;rique et dans le monde, contre le consensus oppressif et gr&#233;gaire des multitudes. La peine de mort est abolie en France par une majorit&#233; &#233;lectorale qui, sur ce point particulier, est, d'apr&#232;s les sondages, minoritaire dans le pays. Aux &#201;tats-Unis, les droits civiques ont &#233;t&#233; accord&#233;s aux Noirs par une minorit&#233; politique. Il arrive que l'opinion publique soit plus r&#233;actionnaire et plus obscurantiste que l'autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des avatars s&#233;mantiques du mot&#171; d&#233;mocratie &#187; est d'&#234;tre, aux yeux de beaucoup de gens, synonyme de &#171; libert&#233; &#187;. On dit d'une nation que c'est une d&#233;mocratie quand la loi y assure la libert&#233; de d&#233;placement, de pens&#233;e, d'expression, de r&#233;u&#173;nion et de parole, m&#234;me si la plu&#173;part des journaux n'y sont ouverts qu'aux opinions confor&#173;mistes, orthodoxes des bien&#173;pensants, et m&#234;me si la majeure partie des d&#233;cisions qu'y prend le pouvoir vont &#224; l'encontre du d&#233;sir g&#233;n&#233;ral. On dit d'un homme : &#171; C'est un parfait d&#233;mocrate &#187;, quand il respecte l'opinion et les croyances d'autrui avec une grande largeur de vues, quand il se montre tol&#233;&#173;rant envers ceux qui pensent autrement que lui, quand il com&#173;bat les tentatives liberticides, les id&#233;es totalitaires, les fanatismes politiques ou cl&#233;ricaux. Or, ces d&#233;finitions se trouvent contra&#173;ri&#233;es par l'appellation de &#171; d&#233;mo&#173;craties populaires &#187; qui a &#233;t&#233; attribu&#233;e &#224; des r&#233;gimes o&#249; la presse est censur&#233;e, l'imprimerie et les m&#233;dias confisqu&#233;s au pro&#173;fit du parti unique, les rassem&#173;blements soumis &#224; son autorisa&#173;tion, les voyages int&#233;rieurs assu&#173;jettis &#224; un passeport, et toute cri&#173;tique du r&#233;gime justiciable de graves ch&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la d&#233;mocratie grecque, m&#232;re de toutes celles que le monde a connues, r&#233;gnait inexorablement sur des milliers d'esclaves, et l'on comprendra peut-&#234;tre pour quelle raison, &#224; force de signifier n'importe quoi, le mot &#171; d&#233;mocratie &#187; et les mots &#171; d&#233;mocrate &#187; et &#171; d&#233;mocrati&#173;que &#187; risquent un beau jour de ne plus rien signifier du tout. Il suffit pour s'en convaincre de consid&#233;rer ce qui s&#233;pare le sens que Giscard d'Estaing entendait donner au titre de son livre &lt;i&gt;D&#233;mocratie fran&#231;aise&lt;/i&gt; du sens que les dirigeants de l'Allemagne de l'Est donnent au nom officiel de leur pays : &#171; R&#233;publique d&#233;mocratique allemande &#187;. Le monde est aujourd'hui parsem&#233; de d&#233;mocraties qui sont le con&#173;traire des unes des autres. Le mot est accommod&#233; &#224; des sau&#173;ces si oppos&#233;es que, pour parler et pour &#233;crire clairement, on est conduit &#224; l'abandonner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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