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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Fran&#231;ois-Charles Carpentier</title>
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		<dc:date>2024-10-28T08:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucien Feuillade, Phil Casoar</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Archives du Monde libertaire</dc:subject>
		<dc:subject>Fran&#231;ois-Charles Carpentier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fran&#231;ois Carpentier est mort le 21 mars de cette ann&#233;e (1988) dans sa quatre-vingt quatri&#232;me ann&#233;e. Militant anarchiste d&#232;s l'&#226;ge de 16 ans, puis secr&#233;taire du groupe de Saint-Denis de l'Union anarchiste, c'est avec son ami Ridel (Louis Mercier) qu'il participe, comme combattant, &#224; la r&#233;volution espagnole d&#232;s juillet 1936. Ridel et Carpentier constituent, avec d'autres militants fran&#231;ais, notamment l'ex-capitaine Louis Berthomieu, le Groupe international de la colonne Durruti, ouvert &#224; d'autres anarchistes de toutes nationalit&#233;s. C'est un aper&#231;u de sa vie d'homme, d'ouvrier, d'anarchiste que nous vous donnons ici.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no708-du-19-mai-1988-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;708 du 19 mai 1988&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-archives-du-monde-libertaire-+" rel="tag"&gt;Archives du Monde libertaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-francois-charles-carpentier-338-+" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois-Charles Carpentier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1118-0f5cf.jpg?1774703653' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH145/carpentier_francois-53c4f-bfa05.png?1774739891' width='150' height='145' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Fran&#231;ois Carpentier&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Carpentier est mort le 21 mars de cette ann&#233;e (1988) dans sa quatre-vingt quatri&#232;me ann&#233;e. Militant anarchiste d&#232;s l'&#226;ge de 16 ans, puis secr&#233;taire du groupe de Saint-Denis de l'Union anarchiste, c'est avec son ami Ridel (Louis Mercier) qu'il participe, comme combattant, &#224; la r&#233;volution espagnole d&#232;s juillet 1936. Ridel et Carpentier constituent, avec d'autres militants fran&#231;ais, notamment l'ex-capitaine Louis Berthomieu, le Groupe international de la colonne Durruti, ouvert &#224; d'autres anarchistes de toutes nationalit&#233;s. C'est un aper&#231;u de sa vie d'homme, d'ouvrier, d'anarchiste que nous vous donnons ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; un homme qui a travers&#233; le si&#232;cle, souvent aux premi&#232;res loges de l'histoire, mais toujours en dehors des rangs. Lorsqu'il retirait sa gapette, d&#233;couvrant ses cheveux blancs cocasse-ment dress&#233;s en toupet rebelle, il se marrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mes cheveux c'est comme moi ; ils ne veulent pas marcher droit.&lt;/q&gt; C'&#233;tait homme fid&#232;le en amiti&#233;, qualit&#233; que cultivent les anars. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Sa famille on ne la choisit pas ; ses copains, si.&lt;/q&gt; Anarchiste toujours, il aimait le baroud, pr&#234;t &#224; se faire tuer sur place pour ses id&#233;es, pour un ami. &#192; la fin de sa vie, il n'&#233;tait ni amer ni aigri, mais ne se faisait plus gu&#232;re d'illusions. Son pr&#233;nom, c'&#233;tait Fran&#231;ois-Charles, mais les copains l'appelaient Charlot, simplement.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH210/mercier_louis-29988-e43a9.jpg?1774768162' width='150' height='210' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Louis Mercier-Vega, portrait par Phil Casoar. &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Vers 1930, Carpentier rencontre Ridel, encore un gamin, mais anarchiste d&#233;j&#224;. Entre eux se nouera une ind&#233;fectible amiti&#233;, dans les organisations anarchistes et au combat. Elle durera plus d'un demi-si&#232;cle, jusqu'au suicide de Ridel, en 1977. Celui-ci aura entre-temps adopt&#233; une nouvelle identit&#233; : Louis Mercier-Vega, journaliste chilien, auteur, ult&#233;rieurement, de plusieurs ouvrages politiques sur l'Am&#233;rique latine, et d'un livre remarquable, &lt;i&gt;L'Increvable anarchisme &lt;/i&gt; (republi&#233; cette ann&#233;e par les &#233;ditions Analis).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un jeune militant&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un jeune militant Fran&#231;ois Carpentier est n&#233; le 28 octobre 1904, &#224; Reims. Son p&#232;re &#233;tait ouvrier tisseur. Sa m&#232;re, Carpentier ne l'a pratiquement pas connue. Son paternel changeant fr&#233;quemment de r&#233;sidence et de boulot, le gamin passe son enfance en vadrouille dans le Pas-de-Calais. Il a de qui tenir, avec un p&#232;re spontan&#233;ment anarcho. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#192; la maison, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;racontait Carpentier&lt;/span&gt;, on avait deux chats. L'un s'appelait Bonnot, l'autre Valet. Aux &#233;lections de 1914, c'est moi qui ai rempli le bulletin de mon p&#232;re. Il a vot&#233; Bonnot.&lt;/q&gt; La Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;clate. Carpentier et son p&#232;re se trouvent en territoire occup&#233;. En janvier 1915, le p&#232;re est d&#233;port&#233; en Allemagne, comme tous les hommes aptes au combat. Fran&#231;ois alors &#226;g&#233; de dix ans, l'accompagne. Ils sont intern&#233;s dans un camp de prisonniers en Westphalie. Fran&#231;ois est bient&#244;t rapatri&#233; en France par la Croix-Rouge et accueilli par l'instituteur d'un petit village du Var. Retrouv&#233; par un oncle gr&#226;ce au journal des rapatri&#233;s, il regagne le Nord, vers juillet 1916, et commence &#224; turbiner dans un atelier de tissage puis de filature. Il a douze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re revenu de captivit&#233;, il travaille avec lui &#224; d&#233;terrer des obus et &#224; reboucher les tranch&#233;es. Deux ans plus tard, le voil&#224; galibot aux mines de Bruay-en-Artois, poussant les wagonnets au fond. Mais l'aventure l'attire. Il a d&#233;j&#224; lu &lt;i&gt;Les Vagabonds du rail&lt;/i&gt;, de Jack London. Comme lui, il br&#251;le le dur pour aller au Havre, dans l'espoir de s'embarquer pour l'Am&#233;rique. Alpagu&#233; par un contr&#244;leur, il se retrouve en cabane. Mineur, il est acquitt&#233;, comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ayant agi sans discernement.&lt;/q&gt; Et le voil&#224; docker &#224; Rouen, puis manutentionnaire aux Halles de Paris. On est en 1924. Carpentier a pile vingt ans, et il commence &#224; militer dans le mouvement anarchiste parisien.&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; vient de devenir quotidien. Tous les matins, avant de tirer le diable aux Halles, Carpentier aide &#224; sangler les exemplaires du &lt;i&gt;Lib&lt;/i&gt;. En novembre 1924, appel&#233; au service militaire, il se t&#226;te : ira, ira pas ? Finalement, il y va. On l'exp&#233;die en occupation en Allemagne, dans un r&#233;giment de tirailleurs marocains. Apr&#232;s ses classes, on l'envoie dans le Sud [Nord ?] marocain, face aux rebelles d'Abd-el-Krim. Il est nomm&#233; caporal mitrailleur. Quand on n'a pas le choix, &#224; l'arm&#233;e, autant apprendre soigneusement le maniement des armes. &#199;a peut servir. &#199;a a d'ailleurs servi plus tard, en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la d&#233;mobilisation au Front populaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;mobilis&#233; en avril 1926, Carpentier revient &#224; Paris. &#192; nouveau, c'est la valse des boulots : magasinier, ouvrier &#224; la cha&#238;ne chez Renault, puis Citro&#235;n. Trop cabochard, il ne demeure jamais longtemps en place. En 1930, il apprend le vernissage au tampon. Bien s&#251;r, durant toutes ces ann&#233;es, il poursuit son activit&#233; anarchiste, devient secr&#233;taire du groupe libertaire de Saint-Denis, citadelle stalinienne, o&#249; r&#232;gne Doriot. Et il milite dans le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme n'est pas alors en p&#233;riode faste. Les libertaires ne sont plus qu'une poign&#233;e de militants, dispers&#233;s dans diverses organisations qui ne s'entendent pas tr&#232;s bien. Ils restent n&#233;anmoins actifs dans toutes les bagarres sociales et font volontiers le coup de poing contre les camelots du roi, les croix de feu, les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F&#233;vrier 1934, ce sont les &#233;meutes fascistes. La CGT, d'o&#249; les communistes sont absents, fait appel aux plus actifs de ses adh&#233;rents, notamment pour d&#233;fendre ses locaux contre un &#233;ventuel assaut des ligues fascistes. Les anarchistes n'aiment gu&#232;re L&#233;on Jouhaux, &#171; le pape &#187; de la CGT, mais ils sont au premier rang pour d&#233;fendre la boutique. Carpentier et Ridel notamment passent la nuit du 11 au 12 f&#233;vrier, veille de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;cid&#233;e par tous les syndicats, &#224; faire le guet &#224; la Bourse du travail, revolver au poing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, c'est la victoire du Front populaire. Les anars tiennent leur place dans les occupations d'usines. La philosophe Simone Weil, alors anarchisante, rencontrera, non sans une certaine admiration, F&#233;lix Guyard, &#171; F&#233;lot &#187;, autre grand copain de Ridel et de Carpentier. F&#233;lot est l'impeccable organisateur &#8212; l'ordre anarchiste &#8212; de la gr&#232;ve &#224; l'usine Sauter et Harl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;part en Espagne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juillet 1936, c'est la r&#233;volution espagnole, riposte au pronunciamiento de Franco. L&#224;-bas, les anarchistes de la CNT-FAI sont au premier rang du combat. Ni une ni deux, Ridel et Carpentier touchent leur paye (Carpentier est alors &#171; ripeur &#187;, livreur de sacs de charbon, et Ridel fait la plonge) et filent &#224; Barcelone. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avant, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;racontait Carpentier&lt;/span&gt;, on attaquait les tramways &#224; Saint-Denis, on se battait contre les flics, et on finissait la nuit, boucl&#233;s au fort de l'Est&#8230; C'&#233;taient des enfantillages. Maintenant, un peuple combattait pour sa libert&#233;. Il fallait y aller. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;139&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/d2ba5189.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH258/d2ba5189-34760.jpg?1774864536' width='500' height='258' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le Groupe international de la colonne Durruti &#224; Si&#233;tamo en septembre 1936 : Charles Ridel/Louis Mercier Vega &#224; droite avec une casquette.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les deux amis rejoignent la colonne Durruti. Apr&#232;s avoir gagn&#233; &#224; Barcelone la bataille de la rue, les anarchistes avancent en Aragon. On donne &#224; chacun un fusil, un bleu de m&#233;cano et une paire d'espadrilles. Sur le front, ils rencontrent Louis Berthomieu, un Fran&#231;ais, ancien capitaine d'artillerie, tomb&#233; dans la d&#233;bine, chez les gitans de Barcelone, et qui s'est engag&#233; dans la colonne Durruti. Avec ce personnage pittoresque, Ridel et Carpentier fondent le Groupe international de la colonne Durruti, qui recrute des Italiens, des Allemands, des Bulgares, des Espagnols francis&#233;s. Ridel les d&#233;crit dans l'un des communiqu&#233;s qu'il envoie r&#233;guli&#232;rement au &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Proscrits d'Italie et exploit&#233;s de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais sont venus faire le coup de feu, pour le vieux r&#234;ve caress&#233; depuis tant d'ann&#233;es, d'une soci&#233;t&#233; libertaire&#8230;&lt;/q&gt; Le groupe se sp&#233;cialise dans les raids de nuit. Il se bat &#224; Pina del Ebro, &#224; Sietamo, &#224; Farlete. En octobre 1936, il compte deux cent cinquante hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 octobre, &#224; Perdiguero, au cours d'une attaque nocturne, le groupe est pris en tenaille par la cavalerie marocaine. Beaucoup de compagnons sont tu&#233;s. Louis Berthomieu se fait sauter &#224; la dynamite pour ne pas tomber aux mains des franquistes. Seuls quelques miliciens parviennent &#224; s'&#233;chapper. Parmi eux, Ridel et Carpentier. Celui-ci, bless&#233; &#224; Sietamo, revenait juste de convalescence, porteur d'une consigne de l'Union anarchiste : ramener Ridel &#224; Paris. On manque de militants pour s'occuper de la propagande en faveur de la r&#233;volution espagnole. Ridel sillonnera la France, organisant conf&#233;rences et meetings.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution r&#233;prim&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Carpentier, lui, retourne &#224; Barcelone, fin 1936, comme d&#233;l&#233;gu&#233; de l'Union anarchiste aupr&#232;s de la FAI. Durruti vient d'&#234;tre assassin&#233;, le 20 novembre, &#224; Madrid. La r&#233;volution libertaire en Catalogne est d&#233;j&#224; menac&#233;e, par le gouvernement m&#234;me, o&#249; font la loi les staliniens, bien pourvus d'armes, contre argent comptant, par l'Union sovi&#233;tique. En mai 1937, &#171; r&#233;publicains &#187; et staliniens d&#233;cident de mettre au pas les anarchistes de la CNT-FAI et les membres du POUM, petit parti marxiste non stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Barcelone, anars et poumistes se rebellent. Des barricades s'&#233;rigent &#224; nouveau sur les ramblas, comme en juillet 1936. Carpentier participe aux affrontements. Au bout d'une semaine de combats confus, les ministres anarchistes du gouvernement de Madrid demandent &#224; leurs militants de d&#233;poser les armes. Les combattants anarchistes engag&#233;s au front d'Aragon restent sur place. Un mouvement d'une partie de ces troupes vers Barcelone aurait-il chang&#233; quelque chose ? La question reste pos&#233;e. De toute mani&#232;re, les troupes de Franco, surarm&#233;es par l'Allemagne et l'Italie, avan&#231;aient.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/berneri05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/berneri05-d8581-12e60.jpg?1774694395' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Camillo Berneri.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Carpentier, comme beaucoup d'autres, est d&#233;courag&#233;, &#233;c&#339;ur&#233;. Les staliniens ont assassin&#233; notamment le philosophe anarchiste italien Berneri, et le petit-fils du grand p&#233;dagogue libertaire Francisco Ferrer. Plus tard, ils ex&#233;cuteront Andr&#233;is Nin, dirigeant du POUM, apr&#232;s un proc&#232;s truqu&#233;. Les dirigeants anarchistes, pour ne pas briser la singuli&#232;re unit&#233; r&#233;publicaine, sont sans r&#233;action devant ces drames. Carpentier rentre en France. Ridel et lui n'ont plus d'illusions : la r&#233;volution libertaire, dans le &#171; bref &#233;t&#233; de l'anarchie &#187;, est termin&#233;e. Carpentier continue n&#233;anmoins &#224; collecter des armes, qu'il achemine en Espagne, clandestinement, pour les copains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 1937, Ridel, Carpentier et quelques autres quittent l'Union anarchiste, apr&#232;s un congr&#232;s tumultueux. Ils contestent la ligne de soutien &#224; l'Espagne antifasciste au prix de toutes les concessions, alors que la r&#233;pression s'aggrave l&#224;-bas contre les militants anarchistes. La guerre m&#234;me avait-elle, pour ceux-l&#224;, encore un sens ? L'Histoire allait trancher. La guerre va bient&#244;t prendre fin. Les combattants antifascistes espagnols ne trouveront gu&#232;re, comme refuges, dans une France d'un Front populaire moribond, que des camps d'internement.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est plus alors de la guerre civile espagnole qu'il s'agit mais d'un conflit g&#233;n&#233;ral en Europe, dans le monde. Partout c'est la d&#233;b&#226;cle. Chez les anars, face &#224; l'in&#233;vitable, on se r&#233;signe &#224; la d&#233;brouille individuelle. Certains, pacifistes jusqu'au bout, se retrouveront intern&#233;s dans des camps. Quelques-uns s'&#233;vaporeront dans la nature. Carpentier sera mobilis&#233;, comme beaucoup. Il &#233;tait bien difficile d'&#233;chapper au pi&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les troupes allemandes font leur perc&#233;e dans les Flandres, le r&#233;giment de Carpentier se trouve encercl&#233; du c&#244;t&#233; de Boulogne. Pour &#233;viter d'&#234;tre fait prisonnier, il quitte son uniforme et br&#251;le ses papiers militaires. Apr&#232;s un p&#233;riple compliqu&#233;, le voil&#224; &#224; Paris, o&#249; il reprend son dernier boulot d'avant la guerre, chez Astra, dans les huiles et la chaleur intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carpentier choisit ensuite son r&#244;le dans le grand pataqu&#232;s d'alors : il se consacrera &#224; des besognes humanitaires. Il travaille d'abord dans les rescos (restaurants communautaires), o&#249; il retrouve Louis Lecoin, pacifiste infatigable, arr&#234;t&#233; puis intern&#233; au d&#233;but de la guerre, pour avoir diffus&#233; le fameux manifeste Paix imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1434 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/guyard_felix_1947-d7dce-5d3c4.jpg?1774768162' width='150' height='212' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;F&#233;lix Guyard (1947). &lt;br&gt; Arch. Phil Casoar&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1943, Carpentier rejoint l'ami F&#233;lix Guyard au COSI (Comit&#233; ouvrier de secours imm&#233;diat). Il sillonne le France et organise des secours l&#224; o&#249; la situation, notamment les bombardements a&#233;riens, les imposent.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le rab&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, ce sera encore pour Carpentier le carroussel des trente-six m&#233;tiers : magasinier chez Solex, menuisier, vernisseur au tampon, chauffeur de taxi. Il finira par monter une petite entreprise de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1946, il avait retrouv&#233; Ridel-Mercier. C'est &#224; l'ami Charlot que Mercier annoncera son suicide, en lui laissant le soin d'en aviser les copains. Par-del&#224; la mort, la plus fid&#232;le des amiti&#233;s subsistait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Fran&#231;ois-Charlot Carpentier ? Revenu de bien des choses, mais serein, il constatait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec la vie que j'ai men&#233;e, je devrais depuis longtemps &#234;tre mort. Je fais du rab. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rab se termina le 21 mars de cette ann&#233;e. Dans ses derniers moments il murmura : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour moi il y a eu la famille et les copains &#8212; et l'anarchie. &lt;/q&gt; Voil&#224; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les intertitres sont de la r&#233;daction.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://ml.ficedl.info/spip.php?article6463" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; n&#176;708 du 19 mai 1988.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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