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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Proudhon - Sociologie et r&#233;volution</title>
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		<dc:creator>Pierre Ansart </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-24-66ff0.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1840, dans son ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt;, Proudhon exprime son intention de rassembler les &#233;l&#233;ments d'une v&#233;ritable science de la soci&#233;t&#233;. Il s'agit, pour lui, de faire une d&#233;nonciation v&#233;h&#233;mente du &#171; vol &#187; que constitue l'extorsion des profits gr&#226;ce &#224; la propri&#233;t&#233; des moyens de production (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/q&gt;), mais aussi de d&#233;montrer scientifiquement l'existence de cette exploitation. Il s'agit d'associer &#224; l'indignation militante l'analyse de cette exploitation et de ses m&#233;canismes. Et, d&#232;s ses premiers travaux, il indique clairement qu'il faudrait fonder le projet r&#233;volutionnaire, non sur le r&#234;ve de la cit&#233; future comme le font alors les utopistes (Fourier, les saint-simoniens, E. Cabet), mais sur une connaissance scientifique des r&#233;alit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon participe ainsi, dans ces ann&#233;es 1840-1865, &#224; un mouvement de critique de l'ordre &#233;tabli, aspirant &#224; &#233;chapper aux improvisations et &#224; fonder le projet r&#233;volutionnaire sur une meilleure connaissance des faits. A ce mouvement participent Saint-Simon, Marx, mais Proudhon va y prendre une position originale, par certains c&#244;t&#233;s plus radicale et, par d'autres, plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volet de cette science sociale est constitu&#233; historiquement par l'analyse critique du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187;. C'est l'objet des &lt;i&gt;M&#233;moires sur la Propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (1840-1842), puis du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt; (1846). Proudhon se propose de d&#233;montrer que le profit capitaliste est bien un &#171; vol &#187;, une extorsion qui d&#233;finit une situation de violence entre le capital et le travail. Sa d&#233;monstration se fonde sur le fait du travail organis&#233; : en &#233;tant r&#233;unis au sein de cette organisation, les travailleurs constituent une force &#8212; la &#171; force collective &#187; &#8212; bien sup&#233;rieure &#224; ce que serait une simple somme des efforts individuels. La division et l'organisation du travail cr&#233;ent ainsi une force collective, mais les r&#233;sultats de cette force sont pr&#233;cis&#233;ment accapar&#233;s par le capitaliste. Celui-ci ne r&#233;tribue, en effet, chaque travailleur qu'individuellement par un salaire qui correspond aux frais d'entretien de la force de travail. Quant aux valeurs qui sont issues de cette force collective, le capital se les approprie l&#233;galement, mais, en r&#233;alit&#233;, gr&#226;ce &#224; un rapport social de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re le&#231;on de cette analyse socio-&#233;conomique est claire et Proudhon en d&#233;veloppe les cons&#233;quences dans le &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; : le capitalisme est, n&#233;cessairement, un rapport d'ali&#233;nation, de vol, qui oppose dans un rapport de &#171; guerre &#187; le capitaliste et le travailleur. Ce rapport est, certes, voil&#233; par les lois et les l&#233;gitimations fallacieuses, mais d&#232;s lors qu'une classe sociale accapare les instruments de production et rel&#232;gue la force du travail dans le salariat, il y a n&#233;cessairement vol, violence et ali&#233;nation. C'est dire aussi que la simple &#171; possession &#187; n'est pas ici en cause. Si un paysan, par exemple, ou un artisan, poss&#232;de sa terre ou ses instruments de production, il n'est &#233;videmment pas un capitaliste vivant du travail d'autrui. Cette distinction est importante, elle devra &#234;tre retenue pour &#233;difier les projets de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit, par cette analyse du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187; que l'opposition du capital et du travail dresse l'une contre l'autre deux classes : la classe des entrepreneurs-capitalistes, d&#233;tenteurs des moyens de production, et celle des travailleurs, contraints de subir la loi du capital pour subsister. Mais on voit aussi que ce conflit, aussi important qu'il soit, n'&#233;puise pas tous les rapports sociaux. La classe des agriculteurs &#233;chappe, dans une large mesure, &#224; ce rapport d'exploitation, de m&#234;me que l'artisanat qui emploie peu la force de travail salari&#233;e ; de m&#234;me encore, beaucoup de professions lib&#233;rales et de petits commer&#231;ants &#233;chappent aux rapports strictement capitalistes. Une large classe moyenne demeure donc, et il faudra tenir compte de ces situations pour en com-prendre les attitudes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les rapports socio-&#233;conomiques ne sont cependant pas les seuls qu'il faille consid&#233;rer. Proudhon, en effet, ne tombera jamais dans les exc&#232;s de &#171; l'&#233;conomisme &#187; et ne croira jamais que le mode de production d&#233;termine toute la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans la p&#233;riode de l'expansion industrielle. Parmi les fondateurs de la sociologie, il a, en effet, pour originalit&#233;, d'analyser tr&#232;s longuement les rapports politiques, les relations de pouvoir, et d'en faire une critique corrosive. C'est surtout au cours de la R&#233;volution de 1848, de f&#233;vrier 1848 &#224; 1852, qu'il a mesur&#233; toute l'importance des rapports politiques et aper&#231;u l'&#233;tendue des id&#233;ologies et des mythologies entourant les pouvoirs. D&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, de juin 1848 &#224; mars 1849, t&#233;moin de la r&#233;pression sanglante de juin, emprisonn&#233; pendant trois ans pour ses articles publi&#233;s contre Louis Bonaparte, il eut alors de multiples occasions de m&#233;diter sur la violence politique, sur l'&#201;tat et son emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un th&#232;me fondamental de sa r&#233;flexion concerne l'opposition essentielle entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; civile. Il d&#233;nonce avec virulence l'illusion qui fait croire que le pouvoir d'&#201;tat aurait les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts que l'ensemble des producteurs. Tout au contraire, dit-il, le pouvoir politique est &#171; ext&#233;rieur &#187; &#224; la soci&#233;t&#233; civile ; il ne tire sa force et sa puissance qu'en vivant aux d&#233;pens des producteurs. Proudhon rapproche et compare l'ali&#233;nation politique de l'ali&#233;nation capitaliste : de m&#234;me que le capital s'approprie les valeurs produites par les travailleurs &#224; son seul profit, de m&#234;me la classe gouvernante s'approprie les volont&#233;s des citoyens dans son int&#233;r&#234;t propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon va beaucoup plus loin dans cette critique de l'&#201;tat que Saint-Simon, Marx ou Engels. Il pense que l'appareil gouvernemental et &#233;tatique s'oppose terme &#224; terme aux dynamismes et aux aspirations des travailleurs, qu'il est m&#251; par un v&#233;ritable d&#233;terminisme qui ne cesse de l'opposer aux dynamismes de la soci&#233;t&#233; civile. Alors que cette soci&#233;t&#233; ne cesse de revendiquer des libert&#233;s, de susciter des initiatives, l'&#201;tat centralisateur ne cesse de r&#233;genter les libert&#233;s qui sont autant de menaces pour son emprise. Alors que la soci&#233;t&#233; g&#233;n&#232;re des changements &#233;conomiques et sociaux, l'&#201;tat impose son ordre m&#233;canique. Alors que la soci&#233;t&#233; tend incessamment &#224; contester les hi&#233;rarchies et &#224; susciter des rapports d'&#233;galit&#233; et de r&#233;ciprocit&#233;, l'&#201;tat combat les tendances &#233;galitaires, impose sa hi&#233;rarchie et ses distinctions. L'&#201;tat centralis&#233; est donc anim&#233; d'un d&#233;terminisme qui conduit finalement &#224; la logique polici&#232;re et guerri&#232;re, d&#233;terminisme dont il faudra, l&#224; encore, prendre clairement la mesure pour fonder un projet r&#233;volutionnaire. La revendication anarchiste que Proudhon formule le plus vigoureusement dans les ann&#233;es r&#233;volutionnaires de 1848 &#224; 1852 est fond&#233;e sur cette analyse de la nocivit&#233; essentielle de l'&#201;tat centralis&#233;, source d'oppression, de violence et de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH460/sans_titre-3-22-88ace.jpg?1774915567' width='500' height='460' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la Justice &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me volet de la sociologie de Proudhon doit aussi &#234;tre soulign&#233; : il concerne la nature et les fonctions des syst&#232;mes de repr&#233;sentations, des croyances, des id&#233;ologies. Proudhon, en effet, n'a jamais adh&#233;r&#233; &#224; un mat&#233;rialisme sommaire faisant de l'organisation &#233;conomique ou technologique la seule &#171; cause &#187; des structures sociales. Comme il l'&#233;crit en 1843, les rapports sociaux sont de nature &#171; id&#233;o-r&#233;aliste &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils sont &#224; la fois des r&#233;alit&#233;s d'ordre mat&#233;riel et des rapports de sens. Ainsi les significations que les &#234;tres humains donnent &#224; leurs actions, leurs croyances ou leurs illusions, leurs modes de connaissance ont bien une importance majeure et, l&#224; encore, faudra-t-il en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, de 1855 &#224; 1858, il se consacre &#224; la r&#233;daction de son &#339;uvre monumentale qu'est &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'&#201;glise&lt;/i&gt;, qui para&#238;t en avril 1858, et est imm&#233;diatement interdite par le gouvernement du Second Empire. Le th&#232;me g&#233;n&#233;ral du livre, comme son titre l'indique, oppose radicalement deux philosophies : celle des religions monoth&#233;istes et celle de la r&#233;volution sociale. Alors que les religions ne cessent de justifier les id&#233;aux transcendants et donc la soumission des hommes &#224; des principes qui leur sont ext&#233;rieurs, la r&#233;volution sociale devra se fonder sur des principes immanents &#224; la conscience, au droit et &#224; la pratique : ceux de justice et d'&#233;galit&#233;. La critique de Proudhon va tr&#232;s au-del&#224; d'une pol&#233;mique anticl&#233;ricale : il veut d&#233;noncer toute th&#233;orie qui l&#233;gitimerait des principes &#171; absolus &#187; (l'&#201;tat, la Communaut&#233;, la Nation...) et r&#233;introduirait une &#171; cause &#187; ext&#233;rieure aux humains justifiant, &#224; nouveau, leur soumission. A travers cette d&#233;nonciation des absolus, Proudhon d&#233;finit ce que devrait &#234;tre la &#171; philosophie populaire &#187; d'une soci&#233;t&#233; post-r&#233;volutionnaire : philosophie de la justice comme principe fondamental des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sociologie devrait &#234;tre, &#224; ses yeux, le fondement d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires. Cependant, il ne s&#233;pare pas compl&#232;tement l'analyse des r&#233;alit&#233;s sociales, la constitution d'une science sociale, et l'&#233;laboration des conclusions pratiques. Il est, en cela, tr&#232;s &#233;loign&#233; d'une pens&#233;e purement positiviste, soucieuse seulement d'accumuler des donn&#233;es empiriques sans perspectives d'action. D&#232;s ses premiers travaux, il proclame son dessein d'&#339;uvrer pour la classe dont il est issu, la classe ouvri&#232;re, et il est rest&#233; fid&#232;le &#224; ce premier engagement : la science sociale n'a, pour lui, de sens et d'importance qu'en raison des lumi&#232;res qu'elle apporte pour l'&#233;dification de la soci&#233;t&#233; de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit imm&#233;diatement que la science sociale, telle qu'elle a &#233;t&#233; constitu&#233;e, apprend &#224; &#233;carter aussi vigoureusement le lib&#233;ralisme individualiste que &#171; l'utopie &#187; communiste. L'abandon aux seules lois du march&#233; capitaliste ne fait r&#233;gner, comme on le voit par le renouvellement des contradictions &#233;conomiques, que des rapports de force destructeurs des relations sociales. De plus, le capitalisme maintient les rapports de domination dans les entreprises et fonde ainsi les relations &#233;tatiques d'autorit&#233; et de soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science sociale condamne aussi clairement le projet communiste, En fait, ce projet d'une totale appropriation des moyens de production par l'&#201;tat nie le principe m&#234;me de la vie sociale qu'est la n&#233;cessit&#233; du pluralisme. Quelles que soient les intentions des communistes (et Proudhon pense ici aux projets des communistes de l'&#233;poque, tels &#201;tienne Cabet ou Constantin Pecqueur), l'&#201;tat communiste ne ferait que renforcer les traits de l'&#201;tat capitaliste : la police et l'arm&#233;e. Il serait n&#233;cessairement conduit &#224; lutter contre les libert&#233;s individuelles et collectives et m&#232;nerait in&#233;luctablement au &#171; despotisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Propri&#233;t&#233; collective et f&#233;d&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est bien entre ces deux &#233;cueils, entre le r&#233;gime propri&#233;taire et le communisme liberticide que doit se construire le projet de la r&#233;volution sociale. L'id&#233;e centrale de Proudhon est bien que la r&#233;volution future ne peut plus &#234;tre une r&#233;volution politique, limit&#233;e &#224; des changements de personnels, de partis ou de structures politiques, mais bien une r&#233;volution &#233;conomique, sociale, bouleversant les rapports de travail et de production, ce que ne firent ni la R&#233;volution de 1789 ni celles de 1830 et 1848. Il ne s'agit plus de transformer les pouvoirs politiques, mais bien de les subordonner au monde du travail. Pour reprendre l'expression de Saint-Simon : il faut que l'atelier se substitue au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un syst&#232;me pluraliste, une d&#233;mocratie industrielle, permettrait de lib&#233;rer le travail, de respecter la libert&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
du petit producteur (paysan, artisan) dans un r&#233;gime de &#171; possession &#187; socialis&#233;e, et, pour les grandes entreprises, de lib&#233;rer les travailleurs dans un r&#233;gime d'autogestion et de propri&#233;t&#233; collective. L'une des parties les plus originales et les plus novatrices de l'&#339;uvre de Proudhon r&#233;side certainement dans cette th&#233;orie des &#171; conseils &#187; ouvriers et dans cette nouvelle repr&#233;sentation de la grande entreprise comme lieu social de formation, de participation et de d&#233;mocratie, lieu, non plus seulement de production, mais bien de formation, de r&#233;alisation de soi et des libert&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re p&#233;riode de son existence, Proudhon, face aux tensions europ&#233;ennes et internationales, a, plus nettement que dans ses &#233;crits ant&#233;rieurs, insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer ces conceptions &#233;conomiques dans une organisation f&#233;d&#233;raliste g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Dans son livre de 1863, &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, il rappelle les dangers que font courir aux peuples les grands &#201;tats centralis&#233;s et d&#233;montre que, seule, une organisation f&#233;d&#233;rale internationale pourra assurer la paix au monde. Il d&#233;montre l'insuffisance d'un f&#233;d&#233;ralisme r&#233;duit aux seuls rapports politiques : le f&#233;d&#233;ralisme g&#233;n&#233;ralis&#233; devrait &#234;tre &#224; la fois territorial, &#233;conomique et social ; sa garantie de fonctionnement serait l'&#233;tablissement de relations &#233;conomiques f&#233;d&#233;rales &#224; tous les niveaux, depuis les relations mutuellistes entre les communes et les r&#233;gions jusqu'aux relations &#233;conomiques internationales entre les anciennes provinces des diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;volution, non plus politique et superficielle, mais &#233;conomique et sociale, ne sera possible que par l'action des classes ouvri&#232;res, d&#233;barrass&#233;es des illusions &#233;tatiques. Dans son livre de 1865,&lt;i&gt; De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, qui est, en quelque sorte, son testament intellectuel, Proudhon r&#233;affirme sa th&#232;se centrale selon laquelle la r&#233;volution sociale doit &#234;tre men&#233;e par les classes ouvri&#232;res, c'est-&#224;-dire par l'ensemble des producteurs, conscients de leur v&#233;ritable r&#244;le social, s'emparant directement de la gestion et de l'organisation de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon ne pol&#233;mique pas explicitement contre les pr&#233;tentions d'un &#233;ventuel parti ouvrier &#224; diriger autoritairement les luttes, mais son &#339;uvre condamne toutes les tentatives pour capter les luttes ouvri&#232;res au profit d'un &#201;tat, d'un parti ou de nouveaux appareils bureaucratiques pr&#233;tendument ouvriers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Proudhon prol&#233;taire </title>
		<link>http://partage-noir.fr/proudhon-proletaire</link>
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		<dc:date>2025-01-15T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Basson</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Voyage dans le temps et l'espace pour retrouver l'influence de cet &#171; humaniste du travail &#187;. Partout o&#249; la libert&#233; s'est oppos&#233;e &#224; l'autorit&#233;, on distingue les traces de sa pens&#233;e. Mais c'est en d&#233;passant l'id&#233;alisme proudhonien et ses contradictions, que les travailleurs ont su mettre &#224; profit ses enseignements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-8-464f7.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Voyage dans le temps et l'espace pour retrouver l'influence de cet &#171; humaniste du travail &#187;. Partout o&#249; la libert&#233; s'est oppos&#233;e &#224; l'autorit&#233;, on distingue les traces de sa pens&#233;e. Mais c'est en d&#233;passant l'id&#233;alisme proudhonien et ses contradictions, que les travailleurs ont su mettre &#224; profit ses enseignements r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1840 &#8211; il n'a que trente et un an &#8211; Proudhon r&#233;dige &lt;i&gt;Qu'est-ce que la propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; o&#249; il d&#233;montre que le capi&#173;taliste &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'adjuge le b&#233;n&#233;fice de la force collective&lt;/q&gt;. Il s'approprie ce qui, dans la production, est le fruit d'un effort collectif, une valeur n&#233;e de l'association. Cette appropriation est un vol, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/q&gt;. R&#233;dig&#233;e dans un langage accessible &#224; tous, cette &#339;uvre a un grand retentissement. La d&#233;monstra&#173;tion de Proudhon fait dire &#224; Marx : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Maintenant nous avons une th&#233;orie du prol&#233;tariat&lt;/q&gt;. Ce n'est qu'en 1867 que Marx exposera sa th&#233;orie de la plus-value dans &lt;i&gt;le Capital&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1844 Proudhon s'attaque &#224; la r&#233;daction du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradic&#173;tions &#233;conomiques&lt;/i&gt; publi&#233; en 1846, ouvrage plus complexe, o&#249; il appro&#173;fondit son analyse et auquel Marx, changeant de ton, r&#233;pond par son m&#233;prisant &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Proudhon ne s'enferme pas dans son cabinet de travail et participe au mouvement social. En f&#233;vrier 1848 il entreprend la publication d'un p&#233;riodique,&lt;i&gt; le Repr&#233;sentant du Peuple&lt;/i&gt; qui, malgr&#233; les pers&#233;cutions gouvernementales, se vend &#224; 40 000 exemplaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lui, la R&#233;volution de f&#233;vrier qui a renvers&#233; Louis-Philippe n'est pas sociale, mais seulement politique et il ne peut &#234;tre question de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fonder le vrai socialisme par l'initiative du gouvernement&lt;/q&gt;. La solution au probl&#232;me social c'est l'association mutuelle. La gestion des instruments de production et des &#233;changes doit &#234;tre confi&#233;e aux associations ouvri&#232;&#173;res. Dans son journal il proclame : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous, producteurs associ&#233;s ou en voie d'association, nous n'avons pas besoin de l'&#201;tat (...). Nous voulons que ces associations soient (...) le premier noyau de cette vaste f&#233;d&#233;ra&#173;tion de compagnies et de soci&#233;t&#233;s, r&#233;unies dans le commun lien de la r&#233;publique d&#233;mocratique et sociale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Proudhon oui et non. &#233;d. Gallimard, p. 167.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution de f&#233;vrier a provo&#173;qu&#233; l'&#233;closion d'une multitude d'associations ouvri&#232;res. Pour leur venir en aide, Proudhon tente l'exp&#233;&#173;rience d'une &#171; Banque du peuple &#187; qui doit appliquer les principes mutuellistes en offrant un cr&#233;dit gra&#173;tuit. Ce projet recueille 27 000 adh&#233;&#173;sions, mais il doit y renoncer &#224; la suite de sa condamnation &#224; trois ans de prison pour avoir publi&#233; des arti&#173;cles contre Louis-Napol&#233;on &#233;lu pr&#233;si&#173;dent de la R&#233;publique. Par ailleurs, &#224; propos de ces associations, Proudhon ne va pas tarder &#224; d&#233;chanter car il n'est gu&#232;re possible de maintenir sans d&#233;rive ces &#238;lots d'autogestion ouvri&#232;re dans une &#233;conomie de mar&#173;ch&#233; et sous la pression de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 4-5 juin 1848, Proudhon se pr&#233;sente aux l&#233;gislatives et 77 000 &#233;lecteurs l'envoient &#224; l'Assembl&#233;e. Trois semaines plus tard, l'&#233;crase&#173;ment par Cavaignac du prol&#233;tariat parisien le bouleverse et, dans ses &lt;i&gt;Carnets&lt;/i&gt;, il note : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour moi, le sou&#173;venir des journ&#233;es de juin p&#232;sera &#233;ternellement comme un remords sur mon c&#339;ur... J'ai manqu&#233;, par h&#233;b&#233;&#173;tude parlementaire, &#224; mon devoir de repr&#233;sentant. J'&#233;tais l&#224; pour voir, et je n'ai pas vu ; pour jeter l'alarme, et je n'ai pas cri&#233; !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Ni Dieu ni ma&#238;tre, &#233;d. Masp&#233;ro, tome I. p. 61.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant quand l'insurrection &#233;clate, il descend dans la rue. Quand le canon se tait il proclame, &#224; l'Assembl&#233;e, sa solidarit&#233; avec les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;combattants de juin&lt;/q&gt;. Toute l'Assembl&#233;e se d&#233;cha&#238;ne contre lui. Son journal est saisi et doit changer de nom. D&#233;sormais, c'est dans &lt;i&gt;le Peuple&lt;/i&gt; qu'il m&#232;ne sa campagne de soutien &#224; Raspail, candidat &#224; l'&#233;lec&#173;tion pr&#233;sidentielle du 10 d&#233;cembre 1848, en pr&#233;cisant qu'il ne s'agit pas de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;donner &#233;ventuellement &#224; la R&#233;publique un chef : loin de l&#224;, nous acceptons Raspail comme protesta&#173;tion vivante contre le principe de la Pr&#233;sidence !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1863 et 1864, le gouvernement imp&#233;rial organise des &#233;lections. L'empire autoritaire est devenu, en effet, une entrave au d&#233;veloppement du capital industriel et financier, et &#171; l'empire lib&#233;ral &#187; doit lui succ&#233;der. En mars 1864, Tolain, ouvrier cise&#173;leur, se pr&#233;sente &#224; Paris avec le sou&#173;tien d'un comit&#233; de soixante mem&#173;bres qui publie un &lt;i&gt;Manifeste &lt;/i&gt; rest&#233; c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la conclusion qu'il ajoute &#224; &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, Gustave Chaudey, ex&#233;cu&#173;teur testamentaire de Proudhon, &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Selon Proudhon, les classes ouvri&#232;res n'ont fait leur v&#233;ritable entr&#233;e sur la sc&#232;ne politique qu'aux derni&#232;res &#233;lections, avec le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Manifeste des soixante&lt;/span&gt;. C'est alors seulement que, dans un langage &#224; elles, elles ont essay&#233; d'exprimer des id&#233;es &#224; elles. Mais elles n'ont pas su trouver la ligue politique qui devait les conduire &#224; la manifestation la plus efficace de ces id&#233;es. Les classes ouvri&#232;res ont des int&#233;r&#234;ts distincts de la bourgeoi&#173;sie. Elles doivent avoir une politique distincte de la politique bour&#173;geoise.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, &#233;d. du Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt; est le dernier ouvrage de Proudhon. C'est sur son lit de mort qu'il en a dict&#233; les derni&#232;res pages. Il s'agit d'un hommage au &lt;i&gt;Manifeste des soixante&lt;/i&gt;, mais aussi d'une criti&#173;que lucide. C'est un hommage quand il y per&#231;oit la d&#233;monstration que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'id&#233;e mutuelliste a p&#233;n&#233;tr&#233;, d'une fa&#231;on nouvelle et originale, les clas&#173;ses ouvri&#232;res&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., tome I, p. 85.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Mais il se s&#233;pare des soixante qui veulent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fortifier, en la compl&#233;tant, l'action de l'oppo&#173;sition lib&#233;rale&lt;/q&gt; car, pour Proudhon, ce qui caract&#233;rise cette opposition, c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'abord son antisocialisme d&#233;clar&#233;&lt;/q&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La d&#233;mocratie ouvri&#232;re, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crit-il, &lt;/span&gt;a d'autres devoirs &#224; remplir que de se donner des avocats et d'organiser, au moyen de ces langues courantes, une critique du pouvoir compromettante pour elle seule, et &#224; tous les points de vue inutile.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., tome Il, p. 231.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance de l'AIT &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-14.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH141/sans_titre-3-14-2e550-ea75b.jpg?1774794262' width='150' height='141' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Proudhon meurt le 19 janvier 1865. Les ouvriers parisiens assistent nombreux aux obs&#232;ques. L'influence de Proudhon est consid&#233;rable, en effet, dans le mouvement ouvrier en formation. Les signataires du &lt;i&gt;Mani&#173;feste des soixante&lt;/i&gt; sont acquis aux id&#233;es du mutuellisme. Bibal est insti&#173;tuteur, mais tous les autres sont ouvriers. Certains d'entre eux ont particip&#233; &#224; la d&#233;l&#233;gation ouvri&#232;re fran&#231;aise &#224; l'Exposition universelle de Londres, en 1862. Leur rencontre avec des d&#233;l&#233;gu&#233;s anglais a &#233;t&#233; le pre&#173;mier acte constitutif de l'Internatio&#173;nale. Outre Henri Tolain, Limouzin (passementier), Coutant (lithogra&#173;phe), Beaumont (monteur en bronze), Perrachon (monteur en bronze), Camelinat (monteur en bronze, qui sera directeur de la mon&#173;naie sous la Commune), Morel (bronzier), Delahaye (serrurier), deviennent membres de l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la constitution de l'AIT, James Guillaume a &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il n'est pas vrai que l'Internationale ait &#233;t&#233; la cr&#233;ation de Karl Marx. Celui-ci est rest&#233; compl&#232;tement &#233;tranger aux travaux pr&#233;paratoires qui eurent lieu de 1862 &#224; septembre 1864. Il s'est joint &#224; l'Internationale au moment o&#249; l'initiative des ouvriers anglais et fran&#231;ais venait de la cr&#233;er&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Thomann, &#171; Le mouvement anarchiste dans les montagnes neuch&#226;teloises &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son &lt;i&gt;Histoire du mouvement ouvrier,&lt;/i&gt; Edouard Doll&#233;ans note que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le plan d'organisation apport&#233; &#224; Londres par Tolain et ses camarades demeure une cr&#233;ation ouvri&#232;re&lt;/q&gt;. C'est encore Tolain, dont Marx dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;c'est un homme tr&#232;s bien&lt;/q&gt;, qui lance la formule : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il nous faut nous unir, travailleurs de tous les pays&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mouvement social n&#176;51, cit&#233;e par Th&#233;o Argence.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour l'instituteur Bibal, !'AIT est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un enfant n&#233; dans les ate&#173;liers de Paris et mis en nourrice &#224; Londres&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fribourg, &#171; l'Association internationale des travailleurs &#187;, cit&#233; par Th&#233;o (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, rapidement, Marx ne sup&#173;porte plus la domination des id&#233;es proudhoniennes dans l'Internatio&#173;nale. Apr&#232;s le congr&#232;s de Gen&#232;ve il trouve que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Messieurs les Parisiens avaient la t&#234;te pleine des phrases de Proudhon les plus vides&lt;/q&gt; et, en I 867, il &#233;crit &#224; Engels : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au pro&#173;chain congr&#232;s de Bruxelles, j'&#233;tran&#173;glerais de mes propres mains ces &#226;nes de proudhoniens&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Thomann, op. cit.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ainsi que l'&#233;crit Th&#233;o Argence, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les proudho&#173;niens ne disparurent pas pour autant. C'est que la pens&#233;e de Proudhon, lui, mort, restait dominante, plus vivante que celle de Marx vivant. Un homme qui &#233;tait loin d'&#234;tre un inconnu devait en apporter la preuve, en adh&#233;rant &#224; l'Internationale en juillet 1868 : Bakounine&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Th&#233;o Argence, les Cahiers de l'huma&#173;nisme libertaire, janvier-f&#233;vrier 1966.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Proudhon et Bakounine, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;note Daniel Gu&#233;rin&lt;/span&gt;, ont &#233;t&#233; contempo&#173;rains et amis (...). Leurs apports ont &#233;t&#233; r&#233;ciproques, avec pr&#233;pond&#233;rance de l'influence de Proudhon sur Bakounine&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Proudhon oui et non, op. cit., p. 153.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et, &#224; propos de Bakounine, Gu&#233;rin ajoute : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La mue qui, aux approches de la cin&#173;quantaine, le fait bifurquer vers l'anarchisme est due, sans doute pour une large part, &#224; l'influence de Proudhon&lt;/q&gt;. S'il reproche parfois &#224; Proudhon d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un id&#233;aliste incor&#173;rigible&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une contradiction per&#173;p&#233;tuelle&lt;/q&gt;, Bakounine n'en tire pas moins de la pens&#233;e proudhonienne la substance m&#234;me du socialisme liber&#173;taire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Son socialisme &#224; lui, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; fond&#233; sur la libert&#233; tant individuelle que collective, et sur l'action sponta&#173;n&#233;e des associations libres, n'ob&#233;is&#173;sant &#224; d'autres lois qu'aux lois g&#233;n&#233;rales de l'&#233;conomie sociale, d&#233;couvertes ou qui sont &#224; d&#233;couvrir par la science, en dehors de toute r&#233;glementation gouvernementale et de toute protection de l'&#201;tat, subor&#173;donnant d'ailleurs la politique aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, intellectuels et moraux de la soci&#233;t&#233;, devait plus tard et par une cons&#233;quence n&#233;cessaire aboutir au f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Bakounine, &#338;uvres, Stock Plus, tome I, p. 78.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'AIT, c'est donc surtout par les voix de Bakounine et de ses amis James Guillaume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel que le f&#233;d&#233;ralisme proudhonien va d&#233;sormais s'opposer au centralisme autoritaire de Marx. Le projet f&#233;d&#233;raliste, reliant commu&#173;nes et associations de travailleurs, appara&#238;t comme le sch&#233;ma de la soci&#233;t&#233; future. D&#233;fendu au congr&#232;s de l'Internationale, &#224; B&#226;le, en 1869, par Jean-Louis Pindy, d&#233;l&#233;gu&#233; de l'Union syndicale des ouvriers du b&#226;timent de Paris, il sera repris par Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, lors d'une pol&#233;mique qui l'opposera, en 1874, &#224; C&#233;sar de Paepe. Il sera d&#233;velopp&#233;, pr&#233;cis&#233;, par James Guillaume qui, dans un essai paru &#224; la Chaux-de&#173;-Fonds, en 1876, sous le titre &lt;i&gt;Id&#233;es sur l'organisation sociale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, Id&#233;es sur l'organisa&#173;tion sociale, coll. Volont&#233; anarchiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &#233;tudiera, dans le d&#233;tail, le fonctionnement des communes, des associations de pro&#173;ducteurs, et leur organisation f&#233;d&#233;ra&#173;tive.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4d.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH128/sans_titre-4d-64436-44c12.jpg?1774794262' width='150' height='128' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Marx, Bismarck, m&#234;me combat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bakounine est parfois s&#233;v&#232;re &#224; l'&#233;gard des mutuellistes &#224; qui il reproche de d&#233;former la pens&#233;e de Proudhon. Il sait, finalement, rallier la majorit&#233; d'entre eux &#224; ses concep&#173;tions collectivistes qui constituent, en fait, le d&#233;veloppement logique du socialisme proudhonien tel qu'il est exprim&#233; dans&lt;i&gt; l'Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;volution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;. En 1868, au congr&#232;s de B&#226;le, les repr&#233;sentants du bureau international de Paris, Eug&#232;ne Var&#173;lin, Simon Dereure, Tartaret, se ran&#173;gent aux c&#244;t&#233;s de Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette influence proudhonienne dans l'Internationale et dans le prol&#233;&#173;tariat parisien exasp&#232;re Marx et Engels. Quand la guerre &#233;clate, en 1870, Marx exprime dans une lettre &#224; Engels, le souhait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'arm&#233;e alle&#173;mande mate les ouvriers fran&#231;ais orgueilleux et l&#233;gers&lt;/q&gt;. Engels &#233;crit, de son c&#244;t&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La victoire de Bis&#173;marck, ce sera la victoire de notre pens&#233;e contre la pens&#233;e de Proudhon et, d'ailleurs, les ouvriers parisiens ont besoin d'une le&#231;on&lt;/q&gt;. Au m&#234;me moment, les internationaux prou&#173;dhoniens s'adressent, eux, aux tra&#173;vailleurs allemands : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La guerre entre les peuples ne peut &#234;tre consid&#233;&#173;r&#233;e que comme une guerre civile, un recul de la civilisation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ! 'insurrection &#233;clate le 18 mars 1871, les internationaux &#8211; &#224; l'exception de Varlin, membre du comit&#233; central de la Garde nationale &#8211; h&#233;sitent pendant quel&#173;ques jours, puis se rallient &#224; la Com&#173;mune. Tolain devenu d&#233;put&#233; et quelques autres partisans de la conci&#173;liation avec Versailles sont exclus. Les internationaux se pr&#233;occupent surtout de participer aux commis&#173;sions &#233;conomiques et sociales de la Commune : L&#233;o Frankel (ouvrier bijoutier) au travail, Eug&#232;ne Varlin (relieur) aux subsistances, Avrial (m&#233;canicien) &#224; l'arsenal, Francis Jourde (caissier de banque) aux finances, Charles Beslay (ing&#233;nieur) &#224; la Banque de France, Theisz (ouvrier m&#233;tallurgiste) aux postes. Ils s'acharneront &#224; donner &#224; la Com&#173;mune, &#224; l'origine mouvement de pro&#173;testation patriotique, un contenu social, r&#233;volutionnaire prol&#233;tarien. Avec Gustave Courbet, Jules Vall&#232;s, Charles Longuet (alors prou&#173;dhonien), ils s'opposent au centra&#173;lisme autoritaire des jacobins et des blanquistes, et d&#233;noncent la cr&#233;ation d'un &#171; comit&#233; de salut public &#187; dont ils redoutent la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les internationaux &#233;gale&#173;ment membres de la Commune, citons encore Pindy (ouvrier menui&#173;sier), Assi (m&#233;canicien), Lefran&#231;ais (instituteur r&#233;voqu&#233;), Langevin ouvrier tourneur), Girardin (ma&#231;on), Chalain (tourneur sur cui&#173;vre), Cl&#233;mence (ouvrier relieur). Avec tous ces internationaux &#8211; seul Frankel est marxiste &#8211; ce sont bien les id&#233;es de Proudhon qui s'appli&#173;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que l'a &#233;crit Maurice Joyeux, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce sont des hommes comme Jourde, Varlin, Theisz, Lefran&#231;ais, Langevin, Beno&#238;t Malon qui vont faire vivre et organiser la ville, et il faut lire, et chaque r&#233;volutionnaire devrait lire dans &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;le Journal officiel de la Commune&lt;/span&gt;, ces s&#233;ances de travail laborieuses o&#249; le s&#233;rieux a pris la place des fiestas romantiques&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Joyeux, le Monde libertaire, mars 1971, num&#233;ro sp&#233;cial &#171; Centenaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'affiche r&#233;dig&#233;e Je 23 mars 1871 par le Conseil f&#233;d&#233;ral des sections pari&#173;siennes de l' AIT et la Chambre f&#233;d&#233;&#173;rale des soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res est une n&#233;gation du principe d'autorit&#233;. Elle proclame l'ind&#233;pendance de la Com&#173;mune et demande, entre autres, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'organisation du cr&#233;dit, de l'&#233;change, de l'association afin d'assurer au travailleur la valeur int&#233;grale de son travail&lt;/q&gt;. Comme le &lt;br class='autobr' /&gt;
remarque Maurice Joyeux, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;on sent &#224; chaque instant la pr&#233;sence de Proudhon&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Minoritaires, les internationaux ont d&#251; mener une lutte tr&#232;s difficile. N&#233;anmoins, parlant de la Commune, Bakounine a pu affirmer : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;j'en suis le partisan surtout parce qu'elle a &#233;t&#233; une n&#233;gation audacieuse, bien pro&#173;nonc&#233;e, de l'&#201;tat&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Versailles &#233;crase la Commune, mais sa mitraille et ses canons ne peuvent &#233;teindre la flamme r&#233;volu&#173;tionnaire. La plupart des commu&#173;nards, en exil &#224; Londres, Bruxelles, Gen&#232;ve, vont se retrouver dans la tendance antiautoritaire de l'AIT. Apr&#232;s l'exclusion de Bakounine et de James Guillaume par une majorit&#233; marxiste de circonstance, au congr&#232;s de la Haye en 1872, le congr&#232;s de Saint-Imier, les 15 et 16 septembre de la m&#234;me ann&#233;e regroupe les f&#233;d&#233;ra&#173;tions qui rejettent l'autoritarisme de Marx et du conseil g&#233;n&#233;ral. Aux c&#244;t&#233;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s espagnols, italiens, jurassiens, Carnet et Pindy repr&#233;sen&#173;tent la France. D&#233;j&#224;, en 1870, une scission s'&#233;tait produite dans la f&#233;d&#233;&#173;ration romande, la majorit&#233; antiau&#173;toritaire se constituant en f&#233;d&#233;ration jurassienne anim&#233;e par James Guil&#173;laume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-6dd.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH186/sans_titre-6dd-3b742-767e4.jpg?1774794262' width='150' height='186' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les pers&#233;cutions en France, en Espagne, en Italie auront finalement raison de l'Internatio&#173;nale : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(elle) agonise sous le coup des diff&#233;rents proc&#232;s, des expulsions et des interdictions de r&#233;unions dans presque tous les pays depuis 1869. Elle dispara&#238;t par le grand proc&#232;s de Lyon, o&#249; quarante-six pr&#233;venus sont traduits en cour d'assises sous l'accu&#173;sation d'internationalisme, ils sont condamn&#233;s &#224; de nombreuses ann&#233;es de prison&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Gu&#233;rineau, l'Encyclop&#233;die anarchiste, tome II, p. 1 054.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'Internationale antiautoritaire est en effet l'h&#233;riti&#232;re de Proudhon, impr&#233;gn&#233;e de ses id&#233;es et, comme le remarque Max Nettlau, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce fut lui que la bourgeoisie du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle craignait et ha&#239;ssait &#224; mort, car ces mots : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; contenaient la force d'une r&#233;volution&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, Histoire de l'anarchie, &#233;d. Dossiers de l'histoire, p. 64.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, apr&#232;s l'&#233;crasement de la Commune, ce sont des mutuellis&#173;tes mod&#233;r&#233;s qui tentent de reconsti&#173;tuer des organisations, notamment le Cercle de l'union ouvri&#232;re, sous l'impulsion de Barberet. Ce cercle sera dissous en 1873. Cependant, malgr&#233; la r&#233;pression, le mouvement prend de l'ampleur et les chambres syndicales reconstitu&#233;es envoient une d&#233;l&#233;gation &#224; l'Exposition universelle de Philadelphie, en 1875. A son retour, cette d&#233;l&#233;gation lance un manifeste qui, selon Pierre Besnard, rappelle celui des Soixante en 1863.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1878 se tient un congr&#232;s ouvrier &#224; Lyon o&#249; Ballivet, m&#233;canicien lyon&#173;nais, pr&#233;curseur de Pelloutier, pro&#173;nonce un discours retentissant o&#249; il affirme les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les deux princi&#173;pes qu'il faut donc propager, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; sont les principes de la propri&#233;t&#233; col&#173;lective et celui de la n&#233;gation de l'&#201;tat&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Pierre Besnard, l'Encyclop&#233;die anarchiste, tome I, p. 275.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les id&#233;es de Proudhon apparaissent dans des textes publi&#233;s par des associations ouvri&#232;res, telle que &#171; la corporative du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondis&#173;sement de Paris &#187; qui appelle les salari&#233;s &#224; l'union &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;entre tous ceux qui veulent l'affranchissement des travailleurs par eux-m&#234;mes&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre groupe d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le prol&#233;tariat, pour sa lutte &#233;mancipa&#173;trice, trouve aujourd'hui dans la cor&#173;poration, sa base d'op&#233;ration la plus s&#251;re (...). Il s'agit d'ouvri&#233;riser la soci&#233;t&#233;, de fa&#231;on que, sur les ruines du monde o&#249; l'on tenait &#224; l'honneur de vivre noblement sans rien faire, il s'&#233;l&#232;ve un monde plus juste o&#249; cha&#173;cun puisse vivre en travaillant et ne puisse vivre autrement. La clef de la question sociale, c'est la corpora&#173;tion&lt;/q&gt;. Pierre Besnard remarque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;N'y a-t-il pas dans cette id&#233;e, b&#233;gay&#233;e, comme le disait Proudhon en 1863, l'id&#233;e de la reconstruction sociale dont les syndicats sont les cel&#173;lules&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Besnard, l'Encyclop&#233;die anar&#173;chiste, op. cit., p. 393.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1886, les Bourses du Travail se multiplient et se f&#233;d&#232;rent. On en compte quatorze en 1892. La F&#233;d&#233;ration des Bourses se heurte, d&#232;s le d&#233;part, &#224; l'hostilit&#233; des guesdistes du Parti ouvrier fran&#231;ais. Ceux-ci ne s'y trompent pas : les militants qui animent les Bourses, et notamment Fernand Pelloutier, se placent sur le terrain &#233;conomique, dans les locali&#173;t&#233;s, et rejettent le parlementarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont bien les id&#233;es de Proudhon que Fernand Pelloutier exprime et veut mettre en pratique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons que toute la fonction sociale se r&#233;duise &#224; la satisfaction de nos besoins ; l'union corporative le veut aussi, c'est son but, et de plus en plus elle s'affranchit de la croyance en la n&#233;cessit&#233; des gouvernements ; nous voulons l'entente libre des hommes ; l'union corporative (...) ne peut &#234;tre qu'&#224; condition de bannir de son sein toute autorit&#233; et toute con&#173;trainte&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernand Pelloutier, L'Organisation cor&#173;porative et l'anarchie, publication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'union des Bourses du Travail et des syndicats aboutit en 1895 &#224; la constitution de la CGT sur des prin&#173;cipes syndicalistes r&#233;volutionnaires qui seront affirm&#233;s avec force dans la Charte d'Amiens en 1906. Les pion&#173;niers de la CGT &#233;taient, pour beau&#173;coup, anarchistes, tels Pelloutier, mais aussi Emile Pouget (r&#233;dacteur du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;), Tortelier, qui avait particip&#233; au meeting anarchiste de Londres en 1896 (avec Louise Michel, Kropotkine, Malatesta et Elys&#233;e Reclus), Georges Yvetot, Pierre Monatte, Paul Delasalle, Beno&#238;t Broutchoux. Malgr&#233; une r&#233;f&#233;&#173;rence renouvel&#233;e &#224; la Charte d'Amiens, au congr&#232;s du Havre de 1912, le r&#233;formisme va bient&#244;t domi&#173;ner et la CGT s'embourbera dans l'Union sacr&#233;e en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devenu minoritaire, le syndica&#173;lisme r&#233;volutionnaire poursuivra n&#233;anmoins, apr&#232;s la guerre, un com&#173;bat acharn&#233; &#224; travers le Comit&#233; des syndicats r&#233;volutionnaires, puis &#224; la CGT-U, aux Comit&#233;s de d&#233;fense syndicalistes &#224; partir de 1922, &#224; l'Union f&#233;d&#233;rative des syndicats autonomes de France en 1924, enfin &#224; la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du tra&#173;vail syndicaliste r&#233;volutionnaire (CGT-SR) jusqu'en 1939.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une nouvelle AIT &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-7cccc.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH142/sans_titre-7cccc-5df41-a0305.jpg?1774794262' width='150' height='142' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/Kontrapatria&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;Kontrapatria&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A la fin de 1922 se tient &#224; Berlin le congr&#232;s constitutif d'une nouvelle AIT&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Eduardo Colombo, &#171; AIT, l'alternative libertaire &#187;,Itin&#233;raire n &#176;4 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A ce congr&#232;s sont repr&#233;sen&#173;t&#233;s les Comit&#233;s de d&#233;fense syndicalis&#173;tes fran&#231;ais, la CNT espagnole, la FORA argentine, la FAUD alle&#173;mande, l'Union syndicaliste ita&#173;lienne, la minorit&#233; des syndicats rus&#173;ses ainsi que les organisations de Bul&#173;garie, de Norv&#232;ge, de Su&#232;de, du Por&#173;tugal, du Danemark, de Tch&#233;coslo&#173;vaquie, de Hollande, du Chili, du Mexique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de principe de l' AIT ainsi reconstitu&#233;e pr&#233;conise l'abolition de tout monopole &#233;cono&#173;mique &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;au moyen de communes &#233;conomiques (... ) sur la base d'un syst&#232;me libre de conseils affranchis de toute subordination &#224; tout pou&#173;voir&lt;/q&gt;. La pens&#233;e de Proudhon est donc toujours vivante. Pierre Bes&#173;nard, infatigable militant du syndica&#173;lisme r&#233;volutionnaire, animateur de cette nouvelle AIT, est l'auteur d'un projet de soci&#233;t&#233; libertaire publi&#233; avant la derni&#232;re guerre sous le titre &lt;i&gt;le Monde nouveau&lt;/i&gt;. Cette organisa&#173;tion est, dit-il, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adapt&#233;e du principe f&#233;d&#233;ratif de Proudhon&lt;/q&gt;. Et il pr&#233;&#173;cise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le syst&#232;me sera donc de forme associative, r&#233;gionaliste, com&#173;munaliste, f&#233;d&#233;rative et anti-&#233;tatiste&lt;/q&gt;. Le sch&#233;ma trac&#233; par Pierre Besnard est celui d'une double cons&#173;truction : f&#233;d&#233;ration des communes et organisation f&#233;d&#233;rative des pro&#173;ducteurs. Son fonctionnement s'ins&#173;pire fortement des projets de James Guillaume et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;&#173;bel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est certainement en terre ib&#233;ri&#173;que que la pens&#233;e de Proudhon a le plus de retentissement, le plus d'applications concr&#232;tes. En 1845, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un disciple de Proudhon, Ramon de la Sagra, publie en Galice, &#224; la Corogne, l'un des premiers journaux anarchistes,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; El Porvenir&lt;/span&gt;, imm&#233;diate&#173;ment interdit par la police&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domenico Tarizzo, L'anarchie, &#233;d. Se&#173;ghers, p. 189.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1866, l'influence des antiauto&#173;ritaires de la Premi&#232;re Internationale s'exerce sur le mouvement ouvrier espagnol et la F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale ib&#233;rique est la section la plus impor&#173;tante de l'AIT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des exil&#233;s proudhoniens espagnols font conna&#238;tre l'anarchisme en tra&#173;duisant les &#339;uvres de Proudhon d&#232;s 1852 en Colombie, vers 1860 &#224; Cuba o&#249;, en 1865, les anarcho-syndicalistes fondent un journal. Proudhon est &#233;galement traduit au Mexique en 1877. Ainsi commence le d&#233;veloppement de l'anarcho&#173;syndicalisme en Am&#233;rique latine qui aboutira, notamment, &#224; la constitu&#173;tion, en 1901, de la FORA argentine, avec 250 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Espagne Pi y Margall, traduc&#173;teur des &#339;uvres de Proudhon, est &#224; l'origine d'un fort mouvement f&#233;d&#233;&#173;raliste et la f&#233;d&#233;ration de l'Interna&#173;tionale regroupe 50 000 membres quand &#233;clate un mouvement r&#233;volu&#173;tionnaire &#8211; le cantonalisme &#8211; qui &#233;tablit une &#233;ph&#233;m&#232;re r&#233;publique, en 1873. Un moment interdite, la f&#233;d&#233;&#173;ration se reconstitua en 1881 sous la d&#233;nomination de F&#233;d&#233;ration des tra&#173;vailleurs de la r&#233;gion espagnole. Les textes publi&#233;s par &lt;i&gt;Revista social&lt;/i&gt; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;montr&#232;rent, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;nous dit Max Nett&#173;lau,&lt;/span&gt; l'esprit dans lequel fut pr&#233;par&#233; le congr&#232;s ouvrier&lt;/q&gt;. Ainsi, les ouvriers du b&#226;timent se prononcent pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la commune libre et autonome, compos&#233;e de toutes les sections de producteurs de chaque localit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, op. cit., p. 174.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, pour la f&#233;d&#233;ration r&#233;gionale des communes, pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'alliance fraternelle&lt;/q&gt; de toutes les r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue p&#233;riode de luttes et de r&#233;pression, la CNT est fond&#233;e en 1911. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ainsi, lorsque survint le coup d'&#201;tat fasciste de juillet 1936 et la r&#233;volution ouvri&#232;re et paysanne qui y r&#233;pondit, il y avait 70 ans d'action et de propagande libertaires au sein du peuple espagnol&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'anarcho-syndicalisme : aper&#231;u histori&#173;que et th&#233;orique, &#233;dit&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En mai 1936, le congr&#232;s de Saragosse adopte un projet de &#171; communisme libertaire &#187; qui doit beaucoup &#224; Pierre Besnard, et par cons&#233;quent, aux antiautoritaires de la Premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a fait remarquer Daniel Gu&#233;rin, l'application qui est r&#233;alis&#233;e deux mois plus tard dans les collecti&#173;visations industrielles et agricoles s'&#233;cartent sans doute de ce projet, mais les principes de base demeurent, tels que Proudhon les avait &#233;labor&#233;s au si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, en particulier l'organisation f&#233;d&#233;rative des conseils d'usine. Abad de Santillan pr&#233;cise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Notre id&#233;al est la commune asso&#173;ci&#233;e, f&#233;d&#233;r&#233;e, int&#233;gr&#233;e dans l'&#233;cono&#173;mie totale du pays et des autres pays en r&#233;volution&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, L'anarchisme, &#233;d. Galli&#173;mard, coll. Id&#233;es NRF, p. 144.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principes du f&#233;d&#233;ralisme liber&#173;taire sont r&#233;affirm&#233;s, en 1945, par le congr&#232;s du Mouvement libertaire espagnol et dans les r&#233;solutions du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s de la CNT en 1980.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Partout dans le monde &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, cet aper&#231;u de l'influence de Proudhon sur le mou&#173;vement ouvrier international n'est pas exhaustif sinon c'est toute l'his&#173;toire du combat des anarchistes sur le terrain social qu'il faudrait retracer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elle n'est pas reconnue, pro&#173;clam&#233;e, estampill&#233;e comme telle, la pens&#233;e proudhonienne est pr&#233;sente partout o&#249; les anarchistes participent &#224; la lutte du prol&#233;tariat pour son &#233;mancipation. On la retrouve, par exemple, dans cette d&#233;claration, en 1905, des syndicats r&#233;volutionnaires am&#233;ricains IWW, o&#249; les anarchistes sont nombreux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En nous organi&#173;sant sur le plan industriel, nous som&#173;mes en train de former la structure de la soci&#233;t&#233; nouvelle, sous l'enveloppe de la vieille&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Domenico Tarizzo, op. cit., p. 208.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1919, en Allemagne, se d&#233;roule le congr&#232;s constitutif de la Frei Arbeiter Union Deutschlands (FAUD), &#224; l'initiative de Rudolf Rocker&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Martine (liaison Bas-Rhin, FA), &#171; Alle&#173;magne, un mouvement anarchiste (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;claration des principes du syndicalisme&lt;/q&gt; s'inspire directement des id&#233;es de l'Internatio&#173;nale de Saint-Imier : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chaque f&#233;d&#233;&#173;ration locale deviendra une sorte d'office de statistiques local, et pren&#173;dra sous son administration tous les &#233;difices, les ressources alimentaires, d'habillement (...). De leur c&#244;t&#233;, les f&#233;d&#233;rations auront la charge de pren&#173;dre sous leur administration, gr&#226;ce &#224; leurs organismes locaux et avec l'aide des conseillers d'usines, tous les moyens de production existant, mati&#232;res premi&#232;res, (...) et de pour&#173;voir de tout le n&#233;cessaire les groupes de production et les usines&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, op. cit., p. 209.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Russie, les conceptions prou&#173;dhoniennes, r&#233;percut&#233;es par Bakou&#173;nine et Kropotkine, apparaissent, de toute &#233;vidence, dans la r&#233;solution du groupe anarcho-syndicaliste au pre&#173;mier congr&#232;s panrusse des syndicats (7-14 janvier 1918) : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les classes laborieuses doivent s'organiser &#224; l'aide de leurs structures fondamen&#173;tales : comit&#233;s de villages, d'usines et de fabriques, d'employ&#233;s de bureau, de quartiers et autres ; ils doivent les unir par industrie et par branche sur la base du f&#233;d&#233;ralisme&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Skirda et Anatole Gorelik, Les anarchistes dans la R&#233;volution (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les m&#234;mes id&#233;es sont d&#233;velopp&#233;es dans les r&#233;solutions de la premi&#232;re conf&#233;&#173;rence des anarcho-syndicalistes r&#233;u&#173;nie &#224; Moscou en ao&#251;t 1918.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Proudhon est monu&#173;mentale, complexe. C'est celle d'un pionnier qui a un immense territoire &#224; explorer, &#224; d&#233;fricher. Il ne s'agit certes pas d'&#233;riger la pens&#233;e prou&#173;dhonienne en dogme. En cent cin&#173;quante ann&#233;es, le monde a connu maints bouleversements, les sciences, les techniques, les soci&#233;t&#233;s ont &#233;vo&#173;lu&#233;, parfois tr&#232;s rapidement. Cepen&#173;dant, Proudhon, ouvrier autodidacte du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, a d&#233;gag&#233; les principes fondamentaux du socialisme liber&#173;taire qui, en cette fin de XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, conservent toute leur valeur, toute leur actualit&#233;. Peut-on imaginer, en effet, un projet de soci&#233;t&#233; libertaire qui ne soit pas fond&#233; sur l'associa&#173;tion libre, le contrat, le f&#233;d&#233;ralisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une &#233;poque &#224; l'autre, ce sont seulement les formes concr&#232;tes d'application qui peuvent changer, se diversifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'analyse &#233;conomique, elle d&#233;crit toujours parfaitement l'exploi&#173;tation capitaliste. &#171; L'aubaine &#187;, cet exc&#233;dent dont Proudhon d&#233;c&#232;le l'existence, dont il d&#233;nonce les cons&#233;&#173;quences, &#8211; Marx parlera plus tard de &#171; plus-value &#187; &#8211; est toujours &#224; l'origine de la prosp&#233;rit&#233; du Capital :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Sous le r&#233;gime de la propri&#233;t&#233;, l'exc&#233;dent du travail, essentiellement collectif, passe tout entier, comme la rente, au propri&#233;taire (...). La cons&#233;&#173;quence de cette usurpation est que le travailleur, dont la part dans le pro&#173;duit collectif est sans cesse confis&#173;qu&#233;e par l'entrepreneur, est toujours en d&#233;bine, tandis que le capitaliste est toujours en b&#233;n&#233;fice&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Philosophie de la mis&#232;re, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Au&#173;jourd'hui, le monde du travail peut toujours puiser dans l'&#339;uvre de Proudhon, pour mieux comprendre la soci&#233;t&#233; d'oppression et d'exploita&#173;tion afin de mieux la combattre, pour y trouver, aussi, les mat&#233;riaux de construction de la soci&#233;t&#233; future.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;Proudhon oui et non&lt;/i&gt;. &#233;d. Gallimard, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin,&lt;i&gt; Ni Dieu ni ma&#238;tre&lt;/i&gt;, &#233;d. Masp&#233;ro, tome I. p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon, &lt;i&gt;De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, &#233;d. du Monde libertaire, tome Il, p. 409.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., tome I, p. 85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., tome Il, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Thomann, &#171; Le mouvement anarchiste dans les montagnes neuch&#226;teloises &#187;, cit&#233; par Th&#233;o Argence in &lt;i&gt;les Cahiers de l'humanisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Mouvement social&lt;/i&gt; n&#176;51, cit&#233;e par Th&#233;o Argence.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fribourg, &#171; l'Association internationale des travailleurs &#187;, cit&#233; par Th&#233;o Argence in le&lt;i&gt;s Cahiers de l'humanisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-&#173;f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Thomann, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Th&#233;o Argence,&lt;i&gt; les Cahiers de l'huma&#173;nisme libertaire&lt;/i&gt;, janvier-f&#233;vrier 1966.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;Proudhon oui et non&lt;/i&gt;, op. cit., p. 153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres&lt;/i&gt;, Stock Plus, tome I, p. 78.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Id&#233;es sur l'organisa&#173;tion sociale&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, coll. Volont&#233; anarchiste n&#176; 8, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la F&#233;d&#233;ration anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Joyeux, &lt;i&gt;le Monde libertaire&lt;/i&gt;, mars 1971, num&#233;ro sp&#233;cial &#171; Centenaire de la Commune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L. Gu&#233;rineau,&lt;i&gt; l'Encyclop&#233;die anarchiste&lt;/i&gt;, tome II, p. 1 054.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &lt;i&gt;Histoire de l'anarchie&lt;/i&gt;, &#233;d. Dossiers de l'histoire, p. 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Pierre Besnard, &lt;i&gt;l'Encyclop&#233;die anarchiste&lt;/i&gt;, tome I, p. 275.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Besnard, &lt;i&gt;l'Encyclop&#233;die anar&#173;chiste&lt;/i&gt;, op. cit., p. 393.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fernand Pelloutier, &lt;i&gt;L'Organisation cor&#173;porative et l'anarchie&lt;/i&gt;, publication du gr. &#171; L'Art social &#187; [1896].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Eduardo Colombo, &#171; AIT, l'alternative libertaire &#187;,&lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_rocker2-2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n &#176;4&lt;/a&gt; consacr&#233; &#224; Rudolf Rocker, pp. 25-31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Domenico Tarizzo, &lt;i&gt;L'anarchie&lt;/i&gt;, &#233;d. Se&#173;ghers, p. 189.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, op. cit., p. 174.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'anarcho-syndicalisme : aper&#231;u histori&#173;que et th&#233;orique&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233; par l'Alliance syndica&#173;liste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;L'anarchisme&lt;/i&gt;, &#233;d. Galli&#173;mard, coll. Id&#233;es NRF, p. 144.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Domenico Tarizzo, op. cit., p. 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Martine (liaison Bas-Rhin, FA), &#171; Alle&#173;magne, un mouvement anarchiste m&#233;&#173;connu &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_rocker2-2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Itin&#233;raire n&#176;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, op. cit., p. 209.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alexandre Skirda et Anatole Gorelik, &lt;i&gt;Les anarchistes dans la R&#233;volution russe&lt;/i&gt;, &#233;d. La T&#234;te de Feuilles, p. 92.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt;, &#233;d. du gr. Fresnes-Antony de la FA, tome Il, p. 296.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; p&#232;re &#187; de l'anarchisme </title>
		<link>http://partage-noir.fr/le-pere-de-l-anarchisme</link>
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		<dc:date>2025-01-14T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Pr&#233;posiet</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le Capital, l'Etat, Dieu... Proudhon s'acharne &#224; d&#233;boulonner les idoles de l'autoritarisme. Apr&#232;s avoir ni&#233;, il construit sa philosophie sur la base du contrat accept&#233; par tous et r&#233;ciproque afin d'associer le socialisme et la libert&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH94/sans_titre-2-35ef3.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Capital, l'&#201;tat, Dieu... Proudhon s'acharne &#224; d&#233;boulonner les idoles de l'autoritarisme. Apr&#232;s avoir ni&#233;, il construit sa philosophie sur la base du contrat accept&#233; par tous et r&#233;ciproque afin d'associer le socialisme et la libert&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Proudhon a la r&#233;putation d'&#234;tre confuse et contradictoire, ce qui semble&#173;rait &#234;tre confirm&#233; par la diver&#173;sit&#233; des courants de pens&#233;e se r&#233;cla&#173;mant de l'autodidacte franc-comtois. De P Action fran&#231;aise aux anarchistes, en passant par les socialistes et les syndicalistes, La r&#233;f&#233;rence &#224; Proudhon est de mise. Une analyse d&#233;taill&#233;e des th&#232;mes formul&#233;s par ces &#171; continua&#173;teurs &#187; de Proudhon fait pourtant vite ressortir l'occultation d'une grande partie des analyses proudhoniennes pour privil&#233;gier tel ou tel point sorti de son contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cercle Proudhon, par exemple, fond&#233; en 1911, &#224; l'initiative de membres de l'Action fran&#231;aise et de syndicalistes, se r&#233;clame d'un Proudhon mythique, fran&#231;ais, antid&#233;&#173;mocrate, apolitique, qui ne r&#233;siste pas &#224; un examen s&#233;rieux. Les socialistes, de leur c&#244;t&#233;, essaieront de r&#233;cup&#233;rer Proudhon en mettant l'accent sur son opposition &#224; Marx ou en amalga&#173;mant les solutions proudhoniennes imm&#233;diates avec leurs principes r&#233;for&#173;mistes. Pour en finir avec cette &#233;num&#233;&#173;ration des diverses interpr&#233;tations du proudhonisme, il appara&#238;t que si les syndicalistes r&#233;volutionnaires peuvent &#224; bon droit se r&#233;clamer de Proudhon, en faisant l'impasse sur ses options politiques toutefois, c'est le mouve&#173;ment anarchiste au sens large, ou plut&#244;t la philosophie libertaire qui semble continuer le plus r&#233;ellement le travail entrepris par celui que les th&#233;oriciens ou historiographes liber&#173;taires qualifient de &#171; p&#232;re de l'anar&#173;chisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette appellation n'aurait s&#251;rement pas plu &#224; Proudhon qui eut toujours horreur des disciples et fut quelque peu m&#233;fiant vis-&#224;-vis des organisa&#173;tions. Dans un sens philosophique, elle convient relativement bien, car c'est l'essence de la pens&#233;e proudhonienne que les anarchistes reprennent &#224; leur compte, sans faire de Proudhon un ma&#238;tre et en critiquant certaines de ses analyses, dans un esprit qui en somme lui aurait convenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'entrer dans le d&#233;tail, disons que l'anarchisme s'articule sur un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui forment l'ossature de la pens&#233;e proudhonienne et en font un syst&#232;me solide dont chaque point &#233;claire l'autre :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; rejet de la propri&#233;t&#233; dans le domaine &#233;conomique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; rejet de l'&#201;tat dans le domaine politique ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; rejet de l'Eglise dans le domaine moral ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; organisation de la production et de la vie sociale de la base au sommet ou de la circonf&#233;rence au centre, par l'entraide et le f&#233;d&#233;ralisme ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; r&#233;volution permanente ou rejet du concept de fin de l'histoire.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D&#233;truire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si j'avais &#224; r&#233;pondre &#224; la question suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que l'escla&#173;vage ?&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et que d'un seul mot, je r&#233;pon&#173;disse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;c'est l'assassinat&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, ma pens&#233;e serait d'abord comprise.(...) &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi donc &#224; cette autre demande : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; ne puis-je r&#233;pondre de m&#234;me : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;c'est le vol&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, sans avoir la certitude de n'&#234;tre pas entendu, bien que cette seconde proposition ne soit que la premi&#232;re transform&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ? (Premier M&#233;moire), 1840.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand para&#238;t son &lt;i&gt;Premier M&#233;moire sur la Propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, en 1840, c'est &#224; un sujet tabou que s'attaque Proudhon. Mais il n'est pas le premier &#224; se pencher sur le probl&#232;me. Des &#233;cono&#173;mistes, comme Adam Smith, Ricardo ou Jean-Baptiste Say, ont d&#233;j&#224; jet&#233; les bases d'une science de l'&#233;conomie. Saint-Simon, Fourier ou Robert Owen ont trait&#233; la question ainsi que les h&#233;ritiers de Gracchus Babeuf, avec pour chef de file Etienne Cabet, qui pr&#244;nent la propri&#233;t&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re la violence des formules, ce que fait ressortir Proudhon, c'est l'existence des &#234;tres collectifs et de la force collective qui n'est pas prise en compte par le capitaliste dans le r&#232;gle&#173;ment des salaires. Le capitaliste paye en effet autant de fois une journ&#233;e qu'il a employ&#233; d'ouvriers. Il ne paye pas le travail r&#233;&#173;sultant de la force collective. C'est l'int&#233;r&#234;t du capital, l'au&#173;baine, en quelque sorte ce que l'on retrouvera chez Marx sous le nom de plus-value.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cette force immense qui r&#233;sulte de l'union et de l'harmonie des travailleurs, de la convergence et de la simultan&#233;it&#233; de leurs efforts, il ne l'a point pay&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; La soci&#233;t&#233; capita&#173;liste est donc bas&#233;e sur un vol. L'appropriation de la force collective au seul profit du capitaliste, qui met le producteur dans une situation de d&#233;pendance vis-&#224;-vis de celui-ci. Si Proudhon rejette cette appropriation de la force collective par le capitaliste, il rejette &#233;galement celle qui pourrait &#234;tre faite par l'&#201;tat et c'est l&#224; ce qui le s&#233;pare du socialisme &#233;tatique et fait de lui un des fondateurs du socialisme libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La politique est la science de la libert&#233;. Le gouvernement de l'homme par l'homme, sous quelque nom qu'il se d&#233;guise, est oppression ; la plus haute perfection de la soci&#233;t&#233; se trouve dans l'union de l'ordre et de l'Anarchie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rejet de la propri&#233;t&#233; dans le domaine &#233;conomique, correspond le rejet de l'&#201;tat dans le domaine politi&#173;que. L'&#201;tat, comme le capital, nie les &#234;tres collectifs. La soci&#233;t&#233; n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233;e comme un &#234;tre collectif &lt;br class='autobr' /&gt;
mais simplement comme une somme d'individus aux int&#233;r&#234;ts diver&#173;gents, le r&#244;le de l'&#201;tat consiste &#224; arbitrer les conflits, &#224; souder la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon rejette cette conception, h&#233;riti&#232;re de Rousseau et de la R&#233;volu&#173;tion fran&#231;aise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au lieu de la libert&#233; &#233;conomique, la R&#233;volution nous a l&#233;gu&#233;, sous b&#233;n&#233;fice d'inventaire, l'autorit&#233; et la subordination politi&#173;que. La r&#233;publique avait &#224; fonder la soci&#233;t&#233;. Elle n'a song&#233; qu'au gouver&#173;nement. (...) Une r&#233;volution nouvelle, organisatrice et r&#233;paratrice, est n&#233;ces&#173;saire pour combler le vide creus&#233; par la premi&#232;re.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;vo&#173;lution au XIXe si&#232;cle, 1851.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il rejette tout autant les th&#233;ories communistes qui voient dans l'&#201;tat un instrument de transformation sociale. La transformation sociale n'est pas &#224; attendre de l'&#201;tat mais de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, par la base. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le gouverne&#173;ment est de sa nature contre-r&#233;volutionnaire, ou il r&#233;siste, ou il opprime, ou il corrompt, ou il s&#233;vit. Le gouver&#173;nement ne sait, ne peut, ne voudra jamais autre chose. Mettez un saint Vincent de Paul au pouvoir : il y sera Guizot ou Talleyrand.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Confessions d'un r&#233;volutionnaire, 1849.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet anti&#233;tatisme, pr&#233;sent dans l'ensemble de l'&#339;uvre de Proudhon, sera repris par Bakounine et l'ensem&#173;ble du mouvement anarchiste, et c'est cette distinction entre r&#233;volution sociale et r&#233;volution politique qui am&#232;nera &#224; la scission du mouvement socialiste en deux branches : les autoritaires et les libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il restait une idole &#224; d&#233;truire et Proudhon s'y emploie dans &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans L'Eglise&lt;/i&gt;. Cette idole, c'est Dieu et son propos n'est pas de le nier mais de le combattre comme un absolu ext&#233;rieur &#224; la soci&#233;t&#233; qui a toujours justifi&#233; tous les absolutismes : hier l'esclavage et le prince, aujourd'hui la propri&#233;t&#233; et l'&#201;tat. (Bakounine reprend ce th&#232;me dans &lt;i&gt;Dieu et l'&#201;tat&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'&#233;tant pas &#224; proprement parler un mat&#233;rialiste, Proudhon ne rejette pas le mysticisme, pour lui inh&#233;rent &#224; l'homme qui sent vaguement quelque chose au-dessus de lui (l'&#234;tre collectif, la soci&#233;t&#233;). Il souhaite la r&#233;appropria&#173;tion de cette mystique au profit de la soci&#233;t&#233;. Ce sera la Justice, non un absolu mais un id&#233;al vers lequel il faut sans cesse tendre, tout en sachant qu'on ne l'atteindra jamais. Comme dira Camus, un si&#232;cle plus tard, dans le m&#234;me esprit, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il faut imaginer Sisyphe heureux.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, 1942.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Construire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Proudhon a mis l'accent sur le principe d'autorit&#233;, il l'a traqu&#233; sous ses diff&#233;rentes formes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Capital&lt;/span&gt;, dont l'analogue, dans l'ordre de la politique, est le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Gouvernement&lt;/span&gt;, a pour synonyme, dans l'ordre de la religion, le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Catholicisme&lt;/span&gt;. L'id&#233;e &#233;conomique du capital, l'id&#233;e politique du gouver&#173;nement ou de l'autorit&#233;, l'id&#233;e th&#233;olo&#173;gique de l'Eglise, sont trois id&#233;es identiques et r&#233;ciproquement conver&#173;tibles : attaquer l'une, c'est attaquer l'autre, ainsi que le savent parfaite&#173;ment aujourd'hui tous les philoso&#173;phes. Ce que le capital fait sur le travail, et l'&#201;tat sur la libert&#233;, l'Eglise l'op&#232;re &#224; son tour sur l'intelligence. Cette trinit&#233; de l'absolutisme est fatale, dans la pratique comme dans la philosophie. Pour opprimer effica&#173;cement le peuple, il faut l'encha&#238;ner &#224; la fois dans son corps, dans sa volont&#233;, dans sa raison.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement anarchiste conti&#173;nuera dans cette voie mais il ne se cantonnera pas dans ce r&#244;le critique et s'attachera au contraire &#224; tracer la voie d'une nouvelle construction sociale, tout comme Proudhon qu'ani&#173;mait un esprit positif &#233;quilibrant parfaitement son temp&#233;rament pol&#233;&#173;miste. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nier, toujours nier, voil&#224; notre m&#233;thode de construction en philosophie.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-.J. Proudhon, Solution du probl&#232;me social, 1848.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1843, sous l'influence domi&#173;nante de la philosophie allemande, Proudhon publie &lt;i&gt;De la cr&#233;ation de l'ordre dans l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, dans lequel il tente de d&#233;finir une m&#233;thode d'ana&#173;lyse : la dialectique s&#233;rielle. Cette dialectique doit permettre d'analyser les contradictions de la soci&#233;t&#233;, ou couples antinomiques, qui repr&#233;sen&#173;tent le mouvement, l'action, la libert&#233;, ainsi que les grandes lignes ou s&#233;ries qui organisent ces contradictions. Cette dialectique proudhonienne qui rejette la synth&#232;se, artificielle en philo&#173;sophie, gouvernementale en politique, fonde une philosophie du pluralisme, de l'&#233;quilibre et du mouvement. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les termes antinomiques ne se r&#233;solvent pas plus que les p&#244;les oppos&#233;s d'une pile &#233;lectrique ne se d&#233;truisent ; (...) le probl&#232;me consiste &#224; trouver non leur fusion, qui serait la mort, mais leur &#233;quilibre sans cesse instable, variable selon le d&#233;veloppement m&#234;me des soci&#233;t&#233;s.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233; (posthume).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divergences entre autoritaires et antiautoritaires dans la Premi&#232;re Inter&#173;nationale auront pour origine cette distinction entre deux philosophies, l'une pluraliste, l'autre gouvernemen&#173;tale. Marx ne s'y trompe d'ailleurs pas, lui qui avait d&#233;clar&#233;, &#224; propos du &lt;i&gt;Premier M&#233;moire&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'ouvrage de Proudhon : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/span&gt; est aussi important pour l'&#233;conomie politique moderne que l'ouvrage de Siey&#232;s : &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Qu'est-ce que le Tiers &#201;tat ?&lt;/span&gt; pour la politique moderne&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx-Engels, La Sainte Famille, 1845.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, car d&#232;s que Proudhon applique sa dialec&#173;tique &#224; l'analyse &#233;conomique, dans &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomi&#173;ques ou Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt;, il r&#233;plique, dans son pamphlet &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;(M. Proudhon)&lt;/span&gt; veut planer en homme de science au-dessus des bourgeois et des prol&#233;taires ; il n'est que le petit-bourgeois, ballott&#233; constamment en&#173;tre le capital et le travail, entre l'&#233;conomie politique et le communisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;K. Marx, Mis&#232;re de la philosophie, 1847.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette philosophie du pluralisme va amener Proudhon &#224; pr&#233;coniser l'orga&#173;nisation &#233;conomique sur une base mutuelliste et l'organisation politique sur une base f&#233;d&#233;raliste. Cela implique de substituer le contrat &#224; l'autorit&#233;, le tout dans un but de r&#233;ciprocit&#233;. Le contrat proudhonien est une id&#233;e de base de la philosophie libertaire (cf. pacte associatif de la F&#233;d&#233;ration anarchiste) et il diff&#232;re totalement du contrat social de Rousseau, qui fonde l'&#201;tat en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Proudhon, il ne doit pas donner d'autre obligation que celle r&#233;sultant de l'engagement, il doit donner plus de bien-&#234;tre et de libert&#233; aux contractants, il doit &#234;tre librement d&#233;battu et individuellement consenti, enfin concernant &#224; la fois l'organisa&#173;tion &#233;conomique et l'organisation politique, il doit dissoudre la seconde dans la premi&#232;re : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dissolution du gouvernement dans l'organisation &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique au f&#233;d&#233;ralisme politique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Transport&#233; dans la sph&#232;re politi&#173;que, ce que nous avons appel&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent mutuellisme ou garantisme prend le nom de f&#233;d&#233;ralisme. Dans une simple synonymie nous est donn&#233;e la r&#233;volution tout enti&#232;re, politique et &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, 1864.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation de la production est bas&#233;e sur la libre entreprise dans le syst&#232;me lib&#233;ral ou sur l'&#233;tatisation dans le syst&#232;me communiste (cf. Louis Blanc, &lt;i&gt;L'organisation du travail&lt;/i&gt;, 1840). Dans le syst&#232;me proudhonien, elle sera l'&#339;uvre des producteurs et le r&#233;sultat de leurs &#233;changes sur la base de la r&#233;ciprocit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon distingue trois types d'unit&#233;s de production :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'exploitation familiale dans l'agri&#173;culture, o&#249; une famille b&#233;n&#233;ficie de la possession de la surface qu'elle peut cultiver. Ces exploitations peuvent se f&#233;d&#233;rer par paliers jusqu'&#224; la f&#233;d&#233;ra&#173;tion agricole nationale ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les petits ateliers d'artisanat o&#249; chaque travailleur ma&#238;trise l'ensemble de la production ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; enfin les grandes unit&#233;s de produc&#173;tion industrielle o&#249; Proudhon propose une propri&#233;t&#233; collective et indivise, une socialisation par la cr&#233;ation d'associations ouvri&#232;res qui se f&#233;d&#233;re&#173;ront pour former la f&#233;d&#233;ration indus&#173;trielle.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans ces grandes unit&#233;s de produc&#173;tion, la gestion sera collective, pour combattre les effets n&#233;gatifs de la parcellisation du travail, le travailleur devra remplir successivement toutes les fonctions et enfin la formation et l'&#233;ducation de chacun sera &#224; la charge de l'entreprise pour faire du produc&#173;teur un &#234;tre complet et en finir avec la s&#233;paration manuel/intellectuel. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le savant qui n'est que savant est une intelligence isol&#233;e, mutil&#233;e. On peut dire que, sous ce rapport, l'intel&#173;ligence de l'ouvrier n'est pas seule&#173;ment dans sa t&#234;te. Elle est aussi dans sa main.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, 1858.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois types d'unit&#233;s de produc&#173;tion, leurs principes d'organisation, leurs rapports d'&#233;change, leurs garanties mutuelles, forment le f&#233;d&#233;ralisme &#233;conomique qui est, sous diff&#233;rentes formes (mutuellisme proudhonien, collectivisme bakouninien, communisme libertaire, gestion directe), &#224; la base des th&#233;ories anarchistes. Nous en retrouvons l'application dans toutes les r&#233;volutions o&#249; les anarchistes pes&#232;rent sur les &#233;v&#233;nements, principa&#173;lement en Ukraine pendant la r&#233;volu&#173;tion russe et dans l'exp&#233;rience de socialisation men&#233;e par la CNT espagnole durant la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Annonc&#233;e dans&lt;i&gt; Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la r&#233;volution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, la th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste de Proudhon sera expos&#233;e dans &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, paru en 1862. Si Proudhon subordonne le politique &#224; l'&#233;conomique, c&#183;est dire qu'il ne rejette pas le politique. Il va lui appliquer sa m&#233;thode d'unit&#233; dans la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de base de l'&#233;conomie est l'atelier, dans l'ordre politique c'est la commune qui a autorit&#233; sur tout ce qui est de son domaine et, associ&#233;e &#224; d'autres communes, forme la r&#233;gion, elle-m&#234;me ayant autorit&#233; sur son domaine et cela jusqu'&#224; l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral et la conf&#233;d&#233;ration des &#201;tats, &#201;tat f&#233;d&#233;ral &#233;tant entendu dans le sens de f&#233;d&#233;ration nationale. La p&#233;riode o&#249; Proudhon expose sa th&#233;orie f&#233;d&#233;raliste est marqu&#233;e par l'&#233;mergence de forts mouvements de nationalit&#233;s soutenus par les d&#233;mocrates, le mouvement pour l'unit&#233; italienne entre autres. Et Proudhon prend position contre l'unit&#233; italienne qui, pour lui, n'unifie pas mais uniformise, gomme les diff&#233;&#173;rences, synth&#233;tise en quelque sorte et surtout d&#233;tourne du vrai probl&#232;me :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Le nationalisme est le pr&#233;texte dont ils se servent pour esquiver la r&#233;volu&#173;tion &#233;conomique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le mouvement anarchiste s'inspirera de cette analyse pour prendre position sur les probl&#232;mes de nationalit&#233; ou de r&#233;gionalisme, avec le souci d'unir en respectant les diff&#233;&#173;rences et avec m&#233;fiance &#233;galement devant certaines alliances contre-&#173;nature qui renvoient aux calendes grecques la r&#233;volution sociale. Le f&#233;d&#233;ralisme est son principe de fonctionnement dans le pr&#233;sent et c'est lui qui articule la soci&#233;t&#233; anarchiste chez l'ensemble des th&#233;oriciens liber&#173;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'horizon sommaire de la pens&#233;e proudhonienne nous a fait passer en revue l'ensemble des principes libertaires. L'apport de Proudhon &#224; l'anarchisme est ind&#233;&#173;niable. Si, depuis, plusieurs th&#233;ori&#173;ciens ont apport&#233; leur pierre &#224; la pens&#233;e anarchiste, si l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; a parfois n&#233;cessit&#233; d'avancer de nouveaux moyens, les principes g&#233;n&#233;raux d&#233;finis par Proudhon restent ceux de l'anarchisme contemporain. Le but est toujours l&#224; : associer le socialisme et la libert&#233;. Un th&#232;me &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Qu'est-ce que la pro&#173;pri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; (Premier M&#233;moire), 1840.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon,&lt;i&gt; Id&#233;e g&#233;n&#233;rale de la R&#233;vo&#173;lution au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, 1851.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon, &lt;i&gt;Confessions d'un r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Albert Camus, &lt;i&gt;Le Mythe de Sisyphe&lt;/i&gt;, 1942.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-.J. Proudhon, &lt;i&gt;Solution du probl&#232;me social&lt;/i&gt;, 1848.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;Th&#233;orie de la propri&#233;t&#233; &lt;/i&gt; (posthume).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marx-Engels, &lt;i&gt;La Sainte Famille&lt;/i&gt;, 1845.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;K. Marx, &lt;i&gt;Mis&#232;re de la philosophie&lt;/i&gt;, 1847.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res, 1864.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, 1858.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre-Joseph Proudhon - La peur d'un homme </title>
		<link>http://partage-noir.fr/pierre-joseph-proudhon-la-peur-d-un-homme</link>
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		<dc:date>2024-01-15T10:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique Fau-Vincenti</dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En opposition avec ses aspirations &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;, Proudhon ne r&#233;serve aux femmes que la place de&lt;i&gt; &#171; m&#233;nag&#232;res ou courtisanes &#187;&lt;/i&gt;. Deux femmes, deux &lt;i&gt;&#171; insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre &#187;&lt;/i&gt; lui tiendront t&#234;te et auront raison du &lt;i&gt;&#171; vieux pudibond &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1184-cc089.png?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En opposition avec ses aspirations &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;, Proudhon ne r&#233;serve aux femmes que la place de&lt;i&gt; &#171; m&#233;nag&#232;res ou courtisanes &#187;&lt;/i&gt;. Deux femmes, deux &lt;i&gt;&#171; insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre &#187;&lt;/i&gt; lui tiendront t&#234;te et auront raison du &lt;i&gt;&#171; vieux pudibond &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les hommes en g&#233;n&#233;ral n'aiment point les femmes d'esprit et cela probablement par la m&#234;me raison que les pr&#234;tres et les tyrans ha&#239;ssent les philosophes. Un instinct secret les avertit les uns et les autres que le r&#232;gne des pr&#233;jug&#233;s cesse quand celui de la raison s'&#233;tablit.&lt;/q&gt; Constance de Salm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon et les femmes..., vaste sujet d'autant qu'il s'inscrit dans un si&#232;cle o&#249; &#171; la&lt;br class='autobr' /&gt; question &#187; des femmes occupe nombre d'esprits. Romanciers, po&#232;tes, philosophes ou hommes politiques l'aborderont en effet comme une n&#233;cessit&#233; brillante. Proudhon sera de ceux-l&#224; et, d'une note en bas de page dans &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt; en 1840 &#224; la publication posthume en 1875 de &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ou les Femmes dans les temps modernes&lt;/i&gt;, la question de la destin&#233;e sociale des femmes restera pr&#233;sente dans ses &#233;crits ; dans le&lt;i&gt; Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; en 1846, mais aussi dans deux &#233;tudes de &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dans la R&#233;volution et dans l'Eglise &lt;/i&gt; en 1858.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces r&#233;flexions s'ajouteront nombreux articles de journaux o&#249; Proudhon sera mis en demeure de s'expliquer tant bien que mal face aux attaques en r&#232;gle des f&#233;ministes... Devant l'ampleur des d&#233;bats et des &#233;tudes, nous nous bornerons &#224; exposer bri&#232;vement l'analyse proudhonienne. Aussi conviendra-t-il de &#171; replacer &#187; l'id&#233;e de la femme dans le syst&#232;me proudhonien et dans les pratiques sociales de son &#233;poque ; ne pas n&#233;gliger, enfin, les r&#233;actions suscit&#233;es par le discours masculin. Le f&#233;minisme qui retrouve alors un nouveau souffle (Seconde R&#233;publique) ne manquera pas de r&#233;pliquer aux contradictions masculines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon et ses contemporains &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Avant d'aborder point par point l'id&#233;al proudhonien, il nous semble utile de resituer Proudhon parmi les hommes de son &#233;poque. Force est de constater en effet que de Proudhon &#224; Hegel, du p&#232;re de l'anarchisme au th&#233;oricien de l'&#201;tat, unanimit&#233; est faite autour de la question des femmes. Le principe d'une &#171; essence &#187;, d'une &#171; identit&#233; &#187; f&#233;minine est admis par tous. Si la fonction sociale de la femme est restreinte &#224; &#171; sa &#187; vocation maternelle et nourrici&#232;re, c'est que son corps la condamne &#224; &#234;tre l'unique instrument de reproduction. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'humanit&#233; est m&#226;le&lt;/q&gt; et, du m&#234;me coup, l'homme d&#233;finit la femme relativement &#224; lui : jamais concurrente, donc jamais &#233;quivalente, la femme est l'autre de l'homme ; ses fonctions &#171; compl&#232;tent &#187; celles de l'homme : il pense, elle aime, il con&#231;oit, elle met au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce titre, le partage des r&#244;les se fait non selon les comp&#233;tences individuelles (ce qui constituera le leurre de Fourier), mais selon l'appartenance &#224; l'un ou l'autre des sexes. La fonction naturelle de la femme &#8212; la maternit&#233; &#8212; lui interdit du m&#234;me coup de participer &#224; tout acte &#171; social &#187;. La justification de cette partition repose sur cette &#171; identit&#233; &#187; naturelle entre mythes et r&#233;alit&#233;s. Ainsi du procureur Chaumette qui s'adressait aux femmes venues assister aux discussions de la Convention nationale : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Femmes imprudentes qui voulez devenir des hommes n'&#234;tes-vous pas assez bien partag&#233;es ? Que vous faut-il de plus ? Au nom de la nature restez ce que vous &#234;tes, et loin de nous envier les p&#233;rils d'une vie orageuse, contentez-vous de nous la faire oublier au sein de nos familles&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Alfred Dessens, Les Revendications des droits de la femme au point (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le mot est lanc&#233; ! Et pourtant, l'&#233;pisode r&#233;volutionnaire est marqu&#233; par l'&#233;mergence des femmes sur la sc&#232;ne publique. Leur participation active au mouvement bousculera l'univers masculin : il est vrai qu'elles r&#233;clameront plus pour l'am&#233;lioration de leur condition qu'elles n'en avaient jamais sollicit&#233; en plusieurs si&#232;cles. En septembre 1791 paraissent sous l'&#233;gide d'Olympes de Gouges &lt;i&gt;les Droits de la femme et de la citoyenne&lt;/i&gt; o&#249; elle clame pour les femmes le droit de monter &#224; la tribune comme celui de p&#233;rir sur l'&#233;chafaud (pour toute r&#233;ponse, elle sera guillotin&#233;e le 3 novembre 1793 !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 20 octobre 1793, les clubs f&#233;minins li&#233;s &#224; la fraction la plus radicale de la r&#233;volution sont interdits. Le 4 prairial an 111 (1795) enfin la Convention nationale d&#233;cr&#232;te : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Toutes les femmes se retireront jusqu'&#224; ce qu'autrement soit ordonn&#233;es dans leur domicile respectif, celles qui une heure apr&#232;s le pr&#233;sent d&#233;cret seront trouv&#233;es dans les rues attroup&#233;es au-dessus d'un nombre de cinq seront dispers&#233;es et mises en &#233;tat d'arrestation jusqu'&#224; ce que la tranquillit&#233; publique soit r&#233;tablie dans Paris&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par P.-M. Duhet, Les Femmes et la R&#233;volution, &#233;d. Julliard, 1971, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lendemains de la R&#233;volution fran&#231;aise marqueront ainsi les jours les plus sombres de l'histoire des femmes : interdites de cit&#233;, leur sort est d&#233;sormais r&#233;gl&#233; par le Code civil. Napol&#233;on, aid&#233; et entour&#233; d'une commission de quatre membres, y stigmatise le r&#244;le de la femme. Code civil que Proudhon saluera en ces termes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le Code civil, interpr&#232;te de la R&#233;volution, est admirable en la mati&#232;re&lt;/q&gt; ; et de citer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Art. 212 : les &#233;poux se doivent mutuellement fid&#233;lit&#233;, secours et assistance.&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Art. 213 : le mari doit protection &#224; sa femme, la femme ob&#233;issance &#224; son mari&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Art. 214 : la femme est oblig&#233;e d'habiter avec le mari et de le suivre partout o&#249; il juge &#224; propos de r&#233;sider&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Joseph Proudhon, De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s peu d'hommes s'opposeront en fait &#224; cette conception de la femme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;ternelle mineure&lt;/q&gt;. Seuls quelques-uns, de Condorcet aux disciples de Saint-Simon ou de Fourier, pr&#233;coniseront une voie nouvelle pour les femmes. Les autres s'attacheront &#224; une image mythique o&#249; l'individualit&#233; sera ni&#233;e, mais o&#249; l'entit&#233; f&#233;minine sera &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;adul&#233;e&lt;/q&gt;. Cette croyance en une in&#233;galit&#233; naturelle de l'homme et de la femme va entra&#238;ner dans son sillage une cons&#233;cration de la &#171; f&#233;minit&#233; &#187;. Ainsi du discours proudhonien qui se veut &#234;tre celui d'une c&#233;l&#233;bration de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Raillant les penseuses qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tuent leur prog&#233;niture&lt;/q&gt; par leurs &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;baisers qui sentent l'homme&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., p. 200.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, il ne cesse de c&#233;l&#233;brer les femmes pour leur beaut&#233;, leur sensibilit&#233;. A celles qui s'opposent, il r&#233;pond : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mesdames, si le droit de la femme &#233;tait la seule chose qui vous tint au c&#339;ur, voici tout ce que vous aviez &#224; me dire : Monsieur Proudhon, vous &#234;tes jusqu'&#224; pr&#233;sent le premier de nos d&#233;fenseurs et nous sommes heureuses de vos excellentes dispositions. (...) Il y a en vous l'&#233;toffe d'un fervent adorateur de la femme, d'un f&#233;al chevalier de la reine du ciel&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre-Joseph Proudhon, De la Pornocratie ou les Femmes dans les temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux auteurs seront tr&#232;s proches de Proudhon sur la question des femmes. A propos de Michelet, Jeanne Calo remarque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le misogyne est par d&#233;finition celui qui hait la femme tandis que l'antif&#233;ministe peut l'admirer sous ses aspects essentiellement f&#233;minins et m&#234;me en faire une idole. Il la cantonne pourtant dans ses r&#244;les de procr&#233;atrice et d'&#233;pouse d&#233;vou&#233;e (...). S'il lui attribue des qualit&#233;s de c&#339;ur et de sensibilit&#233;, il lui refuse les facult&#233;s intellectuelles qu'il croit propres &#224; l'autre sexe. Il est toujours de mani&#232;re plus ou moins consciente imbu de la supr&#233;matie masculine, convaincu que la femme a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour le bonheur de l'homme et que c'est &#224; ce dernier qu'incombe la t&#226;che de diriger la famille et la nation&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeanne Calo, La Cr&#233;ation de la femme chez Michelet, &#233;d. Nizet, 1975, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon, d'ailleurs en correspondance avec Michelet, note :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Bruxelles, 23 janvier 1859, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Cher ma&#238;tre, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai re&#231;u, chacune en son temps, vos bonnes lettres et votre &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Amour, La Femme&lt;/span&gt; ne m'est pas encore parvenue et je garde l'exemplaire de notre ami, M. Jonqui&#232;res. &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Vous &#234;tes toujours vous-m&#234;me, fid&#232;le dans votre vie et marchant toujours dans votre progr&#232;s. (...) J'ai lu l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Amour&lt;/span&gt;, ce n'&#233;tait pas la peine que vous pr&#233;tendissiez diff&#233;rer d'opinion avec moi. Nous voulons tous les deux la m&#234;me femme forte, la famille sacr&#233;e, le mariage inviolable. L'&#233;poux et le p&#232;re souverains parce qu'il est d&#233;vou&#233; comme le Christ, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Deus quia passus&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la Pornocratie, op. cit., p. 318.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'id&#233;al proudhonien &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si Proudhon aborde r&#233;guli&#232;rement ce qu'il est convenu d'appeler la &#171; question &#187; des femmes, c'est dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt; qu'il s'explique le plus clairement. A ce titre, les dixi&#232;me et onzi&#232;me &#233;tudes (&lt;i&gt;Amour et Mariage&lt;/i&gt;) ne se veulent pas &#234;tre uniquement consacr&#233;es aux femmes. Proudhon y souhaite &#224; la fois justifier son opinion et replacer le r&#244;le d&#233;volu aux femmes au travers d'une probl&#233;matique beaucoup plus large... vers la Justice. Son discours se fera moins coupant : il s'agit pour lui de faire la d&#233;monstration du bien-fond&#233; du statut f&#233;minin. Aussi s'il conclut dans le premier chapitre de la onzi&#232;me &#233;tude &#224; la triple inf&#233;riorit&#233; des femmes, du point de vue physique, moral et intellectuel (p. 181), c'est pour affirmer que la femme est sup&#233;rieure &#224; l'homme non &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par le travail, le g&#233;nie et la justice&lt;/q&gt; o&#249; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'homme est &#224; la femme comme 27 est &#224; 8&lt;/q&gt; mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par les gr&#226;ces de la figure et de l'esprit, par l'am&#233;nit&#233; du caract&#232;re et la tendresse du c&#339;ur&lt;/q&gt;, o&#249; elle est &#224; l'homme comme 27 est &#224; 8 (p. 271)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon, De la Justice, op. cit., p. 271. Affirmant la triple inf&#233;riorit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affirmant donc l'inf&#233;riorit&#233; f&#233;minine et son incapacit&#233; &#224; s'illustrer dans le domaine de la pens&#233;e ou de l'action, Proudhon applaudit bien fort aux qualit&#233;s d'amour et de tendresse qui la caract&#233;risent. Son propos consiste ainsi &#224; opposer inlassablement des aptitudes dites f&#233;minines et masculines. De la m&#234;me fa&#231;on, il d&#233;clare que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;du c&#244;t&#233; masculin&lt;/q&gt; on note &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;brutalit&#233;, paresse &#233;go&#239;ste, l&#226;che tyrannie ; que de crapule !&lt;/q&gt; et chez la femme on remarque &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l&#233;g&#232;ret&#233;, folie, parfois insolence !&lt;/q&gt;, mais aussi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ineptie et bavardage&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;noblesse, ordure sous sa vaine coquetterie&lt;/q&gt; (p. 279).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son but est de prouver que si l'un a re&#231;u de la nature la puissance et l'autre la beaut&#233;, ils peuvent &#224; eux deux exprimer une forme achev&#233;e de l'humanit&#233;. Point d'&#233;galit&#233; et d'&#233;quivalence, mais compl&#233;mentarit&#233; qui m&#232;ne &#224; l'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;union naturelle&lt;/q&gt;. Tout en r&#233;novant d'avec le mythe platonicien de l'androgynie selon lequel l'humanit&#233; aurait compt&#233; un &#234;tre androgyne avec deux t&#234;tes, quatre bras et quatre jambes, Proudhon cherche &#224; garantir et la n&#233;cessit&#233; du mariage et l'incommutabilit&#233; des &#171; qualit&#233;s &#187; masculines et f&#233;minines. (D'autres comme Fourier et Enfantin y verront au contraire un facteur de mobilit&#233; sexuelle !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mariage devient ainsi l'union de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;deux &#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes, la puissance et la gr&#226;ce&lt;/q&gt; car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;toute la cr&#233;ation qui, de la mousse aux mammif&#232;res, a pr&#233;par&#233;, par la distinction des sexes, l'ineffable myst&#232;re, applaudit au mariage&lt;/q&gt; (p. 275). Si l'homme et la femme ne sont pas &#233;gaux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;devant la soci&#233;t&#233;, dans la pratique ext&#233;rieure et dans tout ce qui concerne les travaux et la direction de la vie, l'administration et la d&#233;fense de la R&#233;publique&lt;/q&gt; reste n&#233;anmoins qu'au &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;point de vue de leur dignit&#233; et de la f&#233;licit&#233;, dans le secret de la chambre nuptiale et dans leur for int&#233;rieur, oui ! ils sont &#233;gaux !&lt;/q&gt; (p. 278).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#234;tre familial est, selon Proudhon, le garant de la justice dans la mesure o&#249; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il faut une dualit&#233; form&#233;e de qualit&#233;s dissemblables et compl&#233;mentaires&lt;/q&gt; (p. 264). La justice s'exprimerait en fait par trois degr&#233;s de juridiction : le mariage, qui unit deux &#234;tres compl&#233;mentaires, en est le premier degr&#233;. Vient ensuite la famille o&#249; l'enfant recevrait par l'amour la r&#233;v&#233;lation de la justice. Cette communaut&#233; de conscience serait l'embryon de toute r&#233;publique. Au troisi&#232;me degr&#233; enfin se trouve la cit&#233;. Au bout du compte, Proudhon cherche &#224; se laver des attaques et des accusations des f&#233;ministes. Dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, il justifie la subordination de la femme sans cesser cependant de la louer. Quand il s'interroge sur le sort de la femme (chapitre III de la 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tude), il ne peut que conclure &#224; une destination &#171; domestique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature de la femme, contre laquelle elle ne peut lutter, la conduit &#224; la maternit&#233; o&#249; elle &#171; excelle &#187; par d&#233;finition. Malheur donc &#224; celles qui chercheront une voie nouvelle ou rivaliseront avec l'homme car s'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il y a antagonisme, joute, agiotage, discorde, guerre&lt;/q&gt; (p. 258), il n'y a plus d'entit&#233; androgyne, plus de famille et enfin la justice se trouverait compromise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon pol&#233;mique &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1561 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH216/jeanne_deroin_1-3ede0-05a3e.jpg?1774706647' width='150' height='216' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Jeanne Deroin.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Fid&#232;le &#224; ses &#233;crits, Proudhon ne manquera pas de r&#233;agir d&#232;s qu'objection lui sera faite. Son fameux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;m&#233;nag&#232;res ou courtisanes&lt;/q&gt; des &lt;i&gt;Contradictions &lt;/i&gt; illustrera, jusqu'&#224; sa mort, son propos. L'ann&#233;e 1848 fera date dans l'histoire des femmes. Il s'agit tout d'abord de leur &#171; retour &#187; sur la sc&#232;ne r&#233;volutionnaire o&#249; elles seront pr&#233;sentes comme en 1789. Mais la question du droit de vote universel va raviver d&#233;bats et pol&#233;miques. D&#232;s f&#233;vrier, certaines journalistes de &lt;i&gt;la Voix des femmes&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;organe des int&#233;r&#234;ts de toutes&lt;/q&gt;, vont r&#233;clamer le droit de cit&#233;. Le 28 mars, Jeanne Deroin publie une &lt;i&gt;P&#233;tition au gouvernement provisoire pour demander les droits politiques des femmes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1849, apr&#232;s avoir fond&#233; son propre journal, la premi&#232;re &#171; suffragette &#187; clame que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le moment est venu pour la femme de prendre part au mouvement social et &#224; l'&#339;uvre de r&#233;g&#233;n&#233;ration sociale&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Opinion des femmes, 10 avril 1849.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Elle revendique enfin le droit de participer aux travaux de l'Assembl&#233;e l&#233;gislative et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pose sa candidature&lt;/q&gt;. Le 10 avril 1849, elle proteste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Vous &#234;tes d&#233;mocrates socialistes, vous voulez l'abolition de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la femme par l'homme, vous voulez l'abolition de tous les privil&#232;ges de sexe, de race, de naissance, de caste et de fortune, vous voulez sinc&#232;rement toutes les cons&#233;quences de nos grands principes : libert&#233;, &#233;galit&#233;, fraternit&#233; ? C'est au nom de ces principes qui n'admettent pas d'exclusion injuste que je me pr&#233;sente candidat &#224; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative et que je viens demander votre appui au moins pour obtenir de votre justice que je ne sois point &#233;cart&#233;e de cette liste au nom d'un privil&#232;ge de sexe qui est une violation manifeste des principes d'&#233;galit&#233; et de fraternit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Opinion des femmes, 10 avril 1849.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ses nombreux d&#233;tracteurs, nous trouvons tout naturellement Proudhon qui s'expliquera dans deux articles du &lt;i&gt;Peuple &lt;/i&gt; sur cette candidature qui fut, malgr&#233; un long et acharn&#233; combat, jug&#233;e inconstitutionnelle. Proudhon y affirmera une fois de plus que le r&#244;le de la femme est au foyer et que, quoi qu'il en soit, le vote ne saurait uniquement r&#233;soudre la question sociale. D'autres comme Michelet notent que la femme est un &#234;tre superstitieux, naturellement &#171; conservateur &#187; et craignent ainsi que donner le droit de vote aux femmes revienne &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; faire tomber dans l'urne 80 000 bulletins pour les pr&#234;tres&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Droit politique des femmes, 1er mai 1850, citation extraite de la r&#233;ponse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, la pol&#233;mique ne s'arr&#234;te pas l&#224; : exclu en 1848 comme en 1789, le mouvement f&#233;minin, alors proche des r&#233;volutionnaires, va peu &#224; peu s'organiser en mouvement autonome pour finir par se d&#233;solidariser d'avec les luttes ouvri&#232;res. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Invit&#233;es &#224; subordonner leurs revendications &#224; la lutte des classes&lt;/q&gt;, les femmes vont se lancer dans un militantisme f&#233;ministe, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d&#233;but d'un long malentendu&lt;/q&gt; comme le signale Michelle Perrot : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le f&#233;minisme est alors condamn&#233; &#224; &#234;tre bourgeois quasi par essence&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michelle Perrot, Histoire de la vie priv&#233;e, &#233;d. du Seuil, tome IV, p. 103.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1564 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/746415-36488-0d6df.jpg?1774706647' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jenny d'H&#233;ricourt&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La rupture consomm&#233;e, les f&#233;ministes vont d&#233;sormais lancer des attaques en r&#232;gle. La th&#233;orie proudhonienne sur la femme et l'amour se r&#233;v&#232;le &#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une cible offerte&lt;/q&gt; tant Proudhon y brasse paradoxes, aberrations scientifiques et misogynie exemplaire. Deux femmes, deux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;insurg&#233;es aux doigts tach&#233;s d'encre&lt;/q&gt; selon ses propres termes, vont lui tenir t&#234;te. En d&#233;cembre 1856, Jenny d'H&#233;ricourt publie dans la &lt;i&gt;Revue philosophique&lt;/i&gt; (dont elle est la collaboratrice) un article, &#171; M. Proudhon et les femmes &#187;. Un mois plus tard, il lui r&#233;pond, suscitant une nouvelle r&#233;plique de d'H&#233;ricourt en f&#233;vrier 1857. Si bien qu'en mars Proudhon s'adresse aux r&#233;dacteurs de la revue en leur signifiant ne plus vouloir poursuivre la pol&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/131864214_o.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH230/131864214_o-e8035-3bc3a.jpg?1774706647' width='150' height='230' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Juliette Lamber&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1858, Proudhon publie &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt; o&#249; deux &#233;tudes sont enti&#232;rement consacr&#233;es &#224; la question des femmes. Il n'aborde cependant rien de la pol&#233;mique et des d&#233;bats qui l'oppose &#224; elles. Cette ann&#233;e-l&#224; paraissent les &lt;i&gt;Id&#233;es antiproudhoniennes&lt;/i&gt; de Juliette Lamber (Juliette La Messine). La jeune romanci&#232;re va, dans un style alerte et incisif, mettre en difficult&#233; le vieux Proudhon. Elle s'inqui&#232;te de ce que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ses doctrines sur la femme (...) expriment le sentiment g&#233;n&#233;ral des hommes, qui &#224; quelque parti qu'ils appartiennent, progressistes ou r&#233;actionnaires, monarchistes ou r&#233;publicains, chr&#233;tiens ou pa&#239;ens, ath&#233;es ou d&#233;vots seraient enchant&#233;s qu'on trouv&#226;t le moyen de concilier &#224; la fois leur &#233;go&#239;sme et leur conscience en un syst&#232;me qui leur perm&#238;t de conserver les b&#233;n&#233;fices de l'exploitation appuy&#233;e sur la force, sans avoir &#224; craindre les protestations fond&#233;es sur le droit&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Juliette Lamber, Id&#233;es antiproudhoniennes, &#233;d. Dentu, 1861, in Histoire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La saint-simonienne Jenny d'H&#233;ricourt publie en 1860 &#224; Bruxelles deux volumes intitul&#233;s La Femme affranchie, r&#233;ponse &#224; &lt;i&gt;MM. Michelet, Proudhon, E. de Girardin et autres novateurs modernes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH170/973a8bfd7ad09a107a65168901efbfa4-3f652-a1209.jpg?1774706647' width='150' height='170' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jenny d'H&#233;ricourt&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Et ses deux insurg&#233;es vont se &#171; moquer &#187; des arguments avanc&#233;s par Proudhon. En particulier de son argumentation pr&#233;tendument scientifique : Jenny d'H&#233;ricourt l'enjoint &#224; se mettre au courant des derniers r&#233;sultats de la phr&#233;nologie, de l'anatomie, etc. Que si, comme il l'affirme dans &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la pens&#233;e en tout &#234;tre vivant est proportionnelle &#224; la force&lt;/q&gt; (p. 191), il ne doit pas &#234;tre difficile de prouver gr&#226;ce &#224; un dynamom&#232;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'un portefaix pense mieux qu'un philosophe&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id. ib., pp. 49 et 319.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, elles lui reprochent s&#233;v&#232;rement d'&#234;tre en contradiction avec ses &#233;crits car s'il soutient que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ni la figure, ni la naissance, ni les facult&#233;s, ni la fortune, ni le rang, ni la profession, ni le talent, ni rien de ce qui distingue les individus, n'&#233;tablit entre eux une diff&#233;rence d'esp&#232;ce, tous &#233;tant hommes et la loi ne r&#233;glant que des rapports humains, elle est la m&#234;me pour tous&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; par Jenny d'H&#233;ricourt, La Femme affranchie, 1860, in Histoire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, reste &#224; prouver que la femme est hors de l'esp&#232;ce humaine !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Proudhon, victime et bourreau &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces attaques, fort bien men&#233;es au demeurant, agaceront Proudhon. Il s'en expliquera dans &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, publication posthume. Dans cet ouvrage, Proudhon s'accrochera &#224; ses th&#232;ses jusqu'&#224; en sombrer ! Sa r&#233;ponse sera donc &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;presque parfois injurieuse et, sous une apparence d'argumentation m&#233;thodique et ordonn&#233;e, elle demeure confuse, malveillante et sans nulle gr&#226;ce&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-L. Puech, auteur de l'introduction et des annotations de De la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ainsi de l'introduction :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;mes&lt;/sup&gt; J*** L** et Jenny d'H***, &lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Je poss&#232;de vos trois volumes et je les ai lus : ce n'a pas &#233;t&#233; sans effort. Jamais je n'&#233;prouverai pareil m&#233;compte, jamais plus d&#233;testable cause ne fut servie par de si pauvres moyens. (...) et ce qui m'affecte de votre part, c'est l'effronterie m&#234;me de la d&#233;raison (...). Vous figurez, comme dames patronesses, au premier rang de cette pornocratie qui, depuis plus de trente ans, a fait reculer en France la pudeur publique &lt;/q&gt; (pp. 326-328).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e proudhonienne se divise en diff&#233;rentes &#233;poques : la premi&#232;re, constitu&#233;e des &lt;i&gt;Contradictions&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, o&#249; il s'exprime sur la destin&#233;e sociale de la femme ; la seconde, celle des pol&#233;miques qui ternissent sa philosophie aupr&#232;s de la population f&#233;minine &#233;mancip&#233;e ; et enfin celle de la &lt;i&gt;Pornocratie &lt;/i&gt; o&#249; il perd, semble-t-il, sa coh&#233;rence et sa cr&#233;dibilit&#233;. Une constante demeure cependant : l'antif&#233;minisme, voire la misogynie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi r&#233;voltantes que soient ses th&#233;ories en la mati&#232;re, il s'agit l&#224; d'opinions largement r&#233;pandues et partag&#233;es par la plupart des hommes de son &#233;poque. Le nombre impressionnant d'ouvrages masculins traitant de la question des femmes est l&#224; pour en attester ; ce qui fera dire en 1929 &#224; Virginia Woolf que de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tous les animaux de la cr&#233;ation, la femme est celui dont on discute le plus&lt;/q&gt;. Ces &#233;crits qui sont aussi bien le fait de m&#233;decins, de biologistes ou d'hommes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;que rien ne semble qualifier en apparence pour parler des femmes, sinon qu'ils n'en sont pas&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Virginie Woolf, Une chambre &#224; soi (1929), &#233;d. Deno&#233;l, 1986, pp. 41-42.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, oscillent entre deux opinions contradictoires qui vont du sentiment d'admiration pour la &#171; chose &#187; femme (plus particuli&#232;rement m&#232;re) au m&#233;pris de l'individu &#171; femelle &#187;. A ce titre, Proudhon n'a rien invent&#233; : il a &#233;t&#233; autant victime d'une tradition s&#233;culaire d'antif&#233;minisme que bourreau de la condition f&#233;minine. Son audience dans le public militant et ouvrier est &#171; r&#233;elle &#187; dans la mesure o&#249; elle r&#233;pond &#224; une volont&#233;, &#224; un besoin : garder une image &#171; pure &#187;, quasi mythique, de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin du si&#232;cle, le mouvement anarchiste s'entred&#233;chirera sur ce sujet selon le m&#234;me sch&#233;ma, parfois nous trouvons dans &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; des articles qui d&#233;noncent l'&#233;go&#239;sme masculin en s'attaquant aux id&#233;es de Proudhon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L. Grandidier, &#171; Sur l'inf&#233;riorit&#233; de la femme &#187;, le Libertaire du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et d'autres, comme celui de Rodolphe V&#233;ris, affirmant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Que la femme suive donc les instincts de sa nature en demeurant au foyer pour &#233;lever les tout-petits, qu'elle garde intacte &#224; l'abri des vulgaires compromissions sa belle fonction de premi&#232;re &#233;ducatrice de tous les hommes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, 6 avril 1901, p. 1.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Tous s'accorderont &#224; multiplier des attaques parfois violentes contre les f&#233;ministes qu'ils rangent d'embl&#233;e parmi les bourgeoises et les intellectuelles. Ceux qui adh&#232;rent aux luttes de leurs compagnes ne pourront s'emp&#234;cher de combattre les femmes qui veulent construire un mouvement sp&#233;cifique... Ayant mis &#224; l'&#233;cart la femme durant tous les combats du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, ils n'admettront pas que celles qu'ils ont exclues du genre humain puissent salutairement leur livrer bataille.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1566 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/image_courbet_gustave_pierre-joseph_proudhon_et_ses_enfants_en_1853_ppp34_581794.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH381/image_courbet_gustave_pierre-joseph_proudhon_et_ses_enfants_en_1853_ppp34_581794-c34d5.jpg?1774915569' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Gustave Courbet - Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants 1853
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Alfred Dessens, &lt;i&gt;Les Revendications des droits de la femme au point de vue politique&lt;/i&gt;, Toulouse, 1905, p. 165, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Ma&#239;t&#233; Albistur et Daniel Amorgath, &#233;d. des Femmes, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par P.-M. Duhet, &lt;i&gt;Les Femmes et la R&#233;volution&lt;/i&gt;, &#233;d. Julliard, 1971, p. 164, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, 1935 (1858), p. 291.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre-Joseph Proudhon, &lt;i&gt;De la Pornocratie ou les Femmes dans les temps modernes&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, 1939 (1875), p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jeanne Calo, &lt;i&gt;La Cr&#233;ation de la femme chez Michelet&lt;/i&gt;, &#233;d. Nizet, 1975, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 262.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, op. cit., p. 318.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice&lt;/i&gt;, op. cit., p. 271. Affirmant la triple inf&#233;riorit&#233; de la femme par rapport &#224; l'homme, Proudhon utilise une comparaison arithm&#233;tique : la femme est &#224; l'homme comme 8 (2 X 2 X 2) est &#224; 27 (3 X 3 X 3) &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;par le travail, le g&#233;nie et la justice&lt;/q&gt;. Tandis que pour la deuxi&#232;me comparaison, le rapport s'inverse : la femme est &#224; l'homme comme 27 est &#224; 8.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; L'Opinion des femmes&lt;/i&gt;, 10 avril 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Opinion des femmes&lt;/i&gt;, 10 avril 1849.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Droit politique des femmes&lt;/i&gt;, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1850, citation extraite de la r&#233;ponse d'une anonyme &#224; Michelet sur la question du vote.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michelle Perrot, &lt;i&gt;Histoire de la vie priv&#233;e&lt;/i&gt;, &#233;d. du Seuil, tome IV, p. 103.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Juliette Lamber, &lt;i&gt;Id&#233;es antiproudhoniennes&lt;/i&gt;, &#233;d. Dentu, 1861, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id. ib., pp. 49 et 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cit&#233; par Jenny d'H&#233;ricourt,&lt;i&gt; La Femme affranchie&lt;/i&gt;, 1860, in &lt;i&gt;Histoire du f&#233;minisme&lt;/i&gt;, op. cit., p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-L. Puech, auteur de l'introduction et des annotations de &lt;i&gt;De la Pornocratie&lt;/i&gt;, op. cit. (note 1, p. 325).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Virginie Woolf, &lt;i&gt;Une chambre &#224; soi&lt;/i&gt; (1929), &#233;d. Deno&#233;l, 1986, pp. 41-42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L. Grandidier, &#171; Sur l'inf&#233;riorit&#233; de la femme &#187;, &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; du 17.09.1899, p.1 ; S. Carruette, &#171; La femme de demain &#187;,&lt;i&gt; le Libertaire&lt;/i&gt; du 22.04.1900, p. 1 J. Wintsch, &#171; Sur la femme &#187;, &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; du 21.12.1902, p. 2 ; in Madeleine Guilbert, &lt;i&gt;Les femmes et l'organisation syndicale avant 1914&lt;/i&gt;, CNRS, 1966, p. 404.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, 6 avril 1901, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pierre-Joseph Proudhon : Dieu ou l'humanit&#233; ? </title>
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		<dc:date>2022-02-05T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marc Pr&#233;v&#244;tel </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Face au Dieu des Eglises, Proudhon oppose sa foi &#224; l'humanit&#233;. Mais son id&#233;alisme l'emporte souvent sur des rives mystiques o&#249; les anarchistes ne peuvent le suivre. Il pr&#234;te ainsi le flanc aux r&#233;cup&#233;rations cl&#233;ricale de toutes sortes.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no7-pierre-joseph-proudhon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;7 : &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1010-173f3.jpg?1774715347' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face au Dieu des Eglises, Proudhon oppose sa foi &#224; l'humanit&#233;. Mais son id&#233;alisme l'emporte souvent sur des rives mystiques o&#249; les anarchistes ne peuvent le suivre. Il pr&#234;te ainsi le flanc aux r&#233;cup&#233;rations cl&#233;ricale de toutes sortes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas prudent de vouloir entrer au hasard dans l'&#339;uvre de Proudhon. Sa f&#233;condit&#233; romantique et son go&#251;t du paradoxe d&#233;sar&#231;onnent et fatiguent le profane. M&#234;me l'initi&#233; peut &#234;tre rebut&#233; par certaines facilit&#233;s apparentes, On sursaute en lisant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Toute science est essentiellement m&#233;taphysique, puisque toute science g&#233;n&#233;ralise et distingue&lt;/q&gt;. On constate qu'on ne donne pas le m&#234;me sens au mot &#171; m&#233;taphysique &#187;, &#224; moins que ce soit au mot &#171; science &#187;. Trois lignes plus loin on retombe sur ses pieds : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La m&#233;taphysique est la premi&#232;re chose que pensent les enfants et les sauvages : on peut m&#234;me dire que dans l'esprit de tout homme la m&#233;taphysique est en proportion inverse de la science&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise, &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me il vaut mieux &#233;viter de commencer par ouvrir tel tome des &lt;i&gt;Carnets &lt;/i&gt; o&#249; il traite les femmes en inf&#233;rieures. On pourrait &#234;tre tent&#233; de renvoyer les &#233;crits et l'auteur dans les poubelles de l'histoire. Ce serait une erreur, car ses b&#234;tises machos et ses paradoxes de commis voyageur sans humour n'enl&#232;vent rien &#224; la pertinence et &#224; la puissance de ses th&#232;ses sur la propri&#233;t&#233; et le f&#233;d&#233;ralisme, donc sur l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand les Polonais... &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On peut m&#234;me pr&#233;voir qu'avant la fin du si&#232;cle, apr&#232;s digestion de l'&#233;croulement m&#233;diatique et r&#233;versible de certains r&#233;gimes totalitaires faussement pr&#233;tendus communistes, des cuistres red&#233;couvriront Proudhon. D'autres red&#233;couvriront Marx. Et l'Histoire continuera &#224; b&#233;gayer. Car si l'&#233;conomie de march&#233; a bien r&#233;sist&#233; aux plus sots de ses d&#233;tracteurs &#8212; ceux qui pensaient pouvoir utiliser l'&#201;tat pour la d&#233;truire et la &#171; d&#233;passer &#187; &#8212; elle n'a rien perdu de ses tares : exploitation de l'homme par l'homme pour tirer profit de la seule demande solvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sur les d&#233;bris du stalinisme les totalitaires cl&#233;ricaux se haussent du col. L'inf&#226;me n'a jamais &#233;t&#233; vraiment &#233;cras&#233;. Aujourd'hui il redresse la t&#234;te avec arrogance. Ne r&#233;sistons donc pas au plaisir de rappeler une anecdote cit&#233;e par Proudhon qui s'est d&#233;roul&#233;e le 3 mai 1858, anniversaire de la Constitution polonaise de 1791 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les &#233;l&#232;ves d'un gymnase catholique ayant &#233;t&#233; conduits, ce jour-l&#224; comme les autres, &#224; l'&#233;glise, pour y entendre la messe, ont entonn&#233;, au milieu de l'office divin, au lieu d'un cantique religieux d&#233;sign&#233; par le professeur, un chant d'une autre esp&#232;ce, probablement un chant politique, et l'ont chant&#233; &#224; si haute voix qu'ils ont couvert les sons de l'orgue et qu'il a fallu suspendre l'office&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P.-J. Proudhon, La Justice poursuivie par l'Eglise, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureux temps o&#249; les Polonais combattaient pour leur libert&#233; en usant de l'impi&#233;t&#233; et du blasph&#232;me. Car les l&#233;nino-staliniens auront r&#233;ussi ce tour de force de permettre &#224; de fieff&#233;s r&#233;actionnaires agents du Vatican de se faire passer pour des promoteurs des droits de l'homme, alors que l'Eglise ne s'int&#233;resse qu'aux droits de l'homme croyant, surtout chr&#233;tien et si possible catholique, habilement baptis&#233; &#171; personne humaine &#187;... bien que ce soit un pl&#233;onasme th&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon d&#233;range. Il faut le r&#233;cup&#233;rer ou le d&#233;naturer. L'extr&#234;me droite corporatiste a cherch&#233; &#224; se l'approprier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les Cahiers du Cercle Proudhon, anim&#233;s par G. Valois au d&#233;but des ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. De temps en temps l'Eglise laisse un de ses chevau-l&#233;gers, ou un alli&#233; objectif, s'efforcer de d&#233;samorcer cette verve anticl&#233;ricale et antireligieuse. Le foisonnement proudhonien permet toutes ces tentatives de r&#233;cup&#233;ration, mais elles ne peuvent &#234;tre que partielle et contradictoires, car elles en occultent toujours le &#171; noyau rationnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel-Rops d&#233;crit ainsi la position de Proudhon en mati&#232;re de religion : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tout le contraire d'un ath&#233;e, il tenait l'ath&#233;isme pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;imb&#233;cile et poltron&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; ; il d&#233;clarait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Je pense &#224; Dieu depuis que j'existe&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; ; il n'&#233;liminait pas le probl&#232;me de Dieu, mais c'&#233;tait pour affirmer un antith&#233;isme passionn&#233;, et il advient souvent que, dans ce face &#224; face dramatique, on ait l'impression d'un dialogue pascalien. Dieu, le Dieu des chr&#233;tiens, lui paraissait l'ennemi de l'homme : croire en lui, se soumettre &#224; ses lois, c'&#233;tait refuser de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;sentir et affirmer la dignit&#233; humaine&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Il fallait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;remplacer la notion de religion par celle de justice&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;l'homme se posant lui-m&#234;me de plus en plus comme l'expression renvers&#233;e de l'absolu&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Naturellement, cette vari&#233;t&#233; anarchique de l'humanisme ath&#233;e &#233;tait, comme les autres, violemment hostile &#224; l'Eglise...&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel-Rops, L'Eglise des r&#233;volutions, tome I, &#171; En face de nouveaux destins (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un demi-si&#232;cle auparavant, alors que les &#171; modernistes &#187; &#233;taient encore ultra-minoritaires dans l'Eglise, l'imprimatur allait &#224; des textes moins nuanc&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le communisme moderne, qui a eu en France son plus actif foyer, promet &#224; la soci&#233;t&#233; malade une gu&#233;rison radicale par un plus &#233;nergique traitement. Il d&#233;nonce la propri&#233;t&#233; comme un vol et d&#233;clare la guerre &#224; toutes les institutions existantes de l'&#201;tat et de l'Eglise, du mariage et de la famille. Proudhon, Fourier et Louis Blanc furent les th&#233;oriciens et les ap&#244;tres de ces doctrines.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F.-X. Kraus, docteur en th&#233;ologie et en philosophie, professeur d'histoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Myst&#233;rieux pressentiments &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation de l'antith&#233;isme de Proudhon, avant d'&#234;tre reprise vers le milieu des ann&#233;es 70 par le philosophe Jean Lacroix, un ancien d'Uriage, dans un article du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, avait &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;e un peu plus t&#244;t par Jean Bancal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La position de Proudhon ne le conduit nullement &#224; la n&#233;gation de Dieu, &#224; l'ath&#233;isme, mais &#224; un combat contre Dieu, &#224; un antith&#233;isme. Pour lui, si Dieu et l'homme sont oppos&#233;s, ils sont par l&#224; m&#234;me n&#233;cessaires. L'humanit&#233; et Dieu sont antagonistes. Cr&#233;ateur, l'homme se pose en antagoniste et en rival de Dieu et r&#233;alise ainsi le plan de Dieu en prenant en main les affaires terrestres. Etre fini, &#234;tre progressif, il proc&#232;de &#224; rebours de l'&#234;tre infini. L'image de Dieu devient l'inverse de sa propre image. (...) Le progr&#232;s humain l'exige. (...) Pour Proudhon, nier Dieu, l'absolu des absolus, c'est l'affirmer sous une autre forme. Le mysticisme, le fait divin est, selon lui, indestructible, ind&#233;racinable de l'esprit humain. Nier Dieu, c'est s'exposer aussit&#244;t &#224; une r&#233;surgence de l'absolu, &#224; la naissance d'une religion nouvelle, qu'elle prenne nom d'humanisme ath&#233;e (...), de spiritualisme id&#233;aliste (...) ou de mat&#233;rialisme (...). Plut&#244;t que de se risquer dans ces travestissements de l'absolu, il pr&#233;f&#232;re donc conserver Dieu en tant qu'absolu insaisissable, quitte &#224; l'enfermer dans son ciel, c'est-&#224;-dire dans la seule m&#233;taphysique.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Bancal, Proudhon, pluralisme et autogestion, &#233;d. Aubier-Montaigne, tome (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH277/sans_titre-1-6-b6b61.jpg?1774694466' width='200' height='277' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pierre-Joseph Proudhon.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un pr&#233;lat, Pierre Haubtmann qui fut recteur de l'Institut catholique de Paris de 1966 &#224; 1971, s'&#233;tait sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;tude des &#339;uvres et &#233;crits divers de Proudhon auquel il a consacr&#233; une th&#232;se de doctorat &#232;s lettres&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Haubtmann, La Vie et la pens&#233;e de P.-J. Proudhon, 1961.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Un malencontreux accident mortel survenu sur les falaises de Jobourg, au cap de la Hague, nous a peut-&#234;tre priv&#233; d'une &#171; somme &#187; r&#233;sumant son opinion. Dans un chapitre intitul&#233; &#171; De l'antith&#233;isme &#224; la r&#233;conciliation de l'homme et de Dieu &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Haubtmann, Proudhon, Marx et la pens&#233;e allemande, Presses Universitaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, se trouve d&#233;j&#224; l'esquisse de cette conclusion : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En d&#233;finitive, pour choquantes et pour intempestives qu'elles soient, ses impr&#233;cations sont moins effrayantes qu'elles ne le sembleraient au premier abord, Elles s'adressent &#224; un despote &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;go&#239;ste&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;jaloux&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, dont la gloire s'ach&#232;terait au prix des larmes et du sang des hommes, et qui tr&#244;nerait dans un univers sans amour, par-del&#224; le bien et le mal. Elles n'atteignent pas le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Dieu de libert&#233; et d'&#233;galit&#233;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; des premiers &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;M&#233;moires&lt;/span&gt;, et encore moins le Dieu-Amour de l'Evangile, le seul vrai Dieu de la r&#233;v&#233;lation. D&#232;s lors, ayant d&#233;cid&#233; de pr&#234;ter &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;son&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; Dieu les contours de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Satan&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, l'ayant pr&#233;alablement identifi&#233; &#224; tout ce que l'homme, l&#233;gitimement, d&#233;teste, en un mot ayant d&#233;cr&#233;t&#233; que Dieu c'est le mal, quoi d'&#233;tonnant &#224; ce qu'il lui d&#233;clare la guerre ? (...) Ce duel apocalyptique, qui trouve en lui plus d'une complicit&#233;, ne comble-t-il pas aussi, paradoxalement, quelques-unes de ses aspirations les plus secr&#232;tes, j'allais dire les plus &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;religieuses&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; ? Se mesurer avec Dieu, pour ce Prom&#233;th&#233;e moderne, quelle exaltante ivresse ! Quelle exaltante ivresse, mais aussi, peut-&#234;tre, quelle &#233;tonnante fa&#231;on de clamer sa foi en l'Eternel et de satisfaire sa soif de mysticisme (...) L'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;horrendum&lt;/span&gt;, le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;stupendum&lt;/span&gt;, (...) sont des expressions privil&#233;gi&#233;es du Sacr&#233;. Et je ne voudrais pas assurer qu'ils ne trouvent pas leur place dans l'antith&#233;isme proudhonien. &lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., ibid., pp. 160-161.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suit une citation de Bernard Voyenne : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'antith&#233;isme de Proudhon, tout impr&#233;gn&#233; de l'Ecriture, est non seulement baign&#233; de th&#233;ologie ; mais encore il rencontre bien souvent le Dieu vivant, en t&#234;te-&#224;-t&#234;te, au moment o&#249; il l'apostrophe ou m&#234;me le blasph&#232;me&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Voyenne, &#171; Pascal, Proudhon, P&#233;guy ou le Monde comme un combat &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour terminer par : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est bien en tout cas son mysticisme latent, son d&#233;sir de r&#233;pondre &#224; ses &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;myst&#233;rieux pressentiments&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, sa volont&#233; de tenir compte du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;rapport secret&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; qui relie notre &#226;me &#224; l'infini, qui l'obligent &#224; r&#233;server l'avenir, et &#224; d&#233;clarer que la phase actuelle, celle de l'antith&#233;isme, n'est sans doute que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;le premier terme d'une nouvelle et indescriptible harmonie&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, celle de la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;conciliation&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; de l'homme et de Dieu. En sorte que, comme il le dit textuellement, c'est en luttant ici-bas contre Dieu que nous nous rendons dignes de la vie &#233;ternelle. (...) Un monde sans ab&#238;mes m&#233;taphysiques ne saurait combler ses aspirations profondes&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Haubtmann, Proudhon, Marx, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le spectre de notre bestialit&#233; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans un ouvrage pr&#233;c&#233;dent o&#249; sont pr&#233;sent&#233;s des textes in&#233;dits de Proudhon, le &#171; feuillet Bouteville &#187; et les &#171; annotations Feuerbach &#187;, Haubtmann conclut par : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ainsi, tout en maintenant le principe de l'opposition irr&#233;ductible des deux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;fois&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; humaine ou divine, il met maintenant l'accent sur les possibilit&#233;s d'accord qu'il constate, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dans la pratique et la morale&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, entre celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas. On peut y voir une sorte de commentaire du projet de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;concordat&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; qu'il proposait &#224; l'Eglise catholique, sa grande adversaire, &#224; la fin de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;De la Justice&lt;/span&gt;. Si diff&#233;rent que soit, dans son esprit, leur &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;id&#233;al&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; respectif, le chr&#233;tien et l'humaniste, l'homme religieux et le justicier, sont invit&#233;s &#224; lutter ensemble contre un ennemi commun, le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;criminel&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;, ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, l'&#233;go&#239;ste, l'homme qui en reste volontairement &#224; l'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;tat de nature&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Haubtmann, La philosophie sociale de P.-J. Proudhon, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est remarquable, pour ne pas dire stup&#233;fiant, que des auteurs r&#233;put&#233;s pour leur connaissance des &#233;crits de Proudhon (Bancal et Haubtmann), dont l'un (Haubtmann) est en outre pr&#233;sent&#233; par une quatri&#232;me de couverture comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ma&#238;tre d'&#339;uvre de la publication des &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Carnets in&#233;dits de Proudhon&lt;/span&gt; chez l'&#233;diteur M. Rivi&#232;re&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Haubtmann, Proudhon, Marx, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, occultent totalement l'expos&#233; de son antith&#233;isme fait par Proudhon lui-m&#234;me, quand il &#233;tait emprisonn&#233; &#224; Sainte-P&#233;lagie en pleine possession de ses moyens intellectuels (alors qu'on peut avoir des doutes concernant les &#233;crits de ses derniers mois), dans une lettre du 12 octobre 1851 adress&#233;e au physiologiste Charles Robin qui lui avait demand&#233; de r&#233;sumer ses id&#233;es sur la religion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'exub&#233;rance romantique et le flou m&#233;taphysique dans lesquels Proudhon se complaisait, certains passages en sont incontournables, comme on dit en langage &#171; branch&#233; &#187; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; (...) il m'est parfaitement d&#233;montr&#233; que tout ce qui a &#233;t&#233; dit, &#233;crit, pens&#233;, et tout ce qui pourra l'&#234;tre jamais sur l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Etre supr&#234;me&lt;/span&gt;, la &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Trinit&#233;&lt;/span&gt;, le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Cr&#233;ateur&lt;/span&gt;, la &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Providence&lt;/span&gt;, l'&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Absolu&lt;/span&gt;, etc., n'est autre chose que le produit du travail de l'imagination (...). La question surgit donc ici de savoir, non plus si Dieu existe, mais comment l'esprit humain est entra&#238;n&#233; &#224; supposer un &#234;tre dont les attributs seraient &#233;gaux &#224; nos conceptions. (...) Ici, je vous dirai que, sous l'hypoth&#232;se &#224; jamais ind&#233;montrable d'un &#234;tre divin, l'humanit&#233; ne poursuit autre chose qu'elle-m&#234;me (...). (...) tandis que la foi &#224; l'humanit&#233;, au Dieu positif, est proportionnelle &#224; la civilisation et aux lumi&#232;res, on peut dire que Dieu, tel que l'entendent les m&#233;taphysiciens et les pr&#234;tres, est l'antipode de l'humanit&#233;, qu'il est son contraire, le spectre de notre bestialit&#233; primitive qui nous poursuit encore. C'est d'apr&#232;s cette conception de l'objet divin que j'ai &#233;t&#233; amen&#233; tour &#224; tour &#224; nier Dieu et &#224; protester contre l'accusation d'ath&#233;isme ; vous comprenez maintenant la raison de cette contradiction apparente. (...) J'ai appel&#233; cette mani&#232;re de r&#233;soudre le probl&#232;me th&#233;ologique, antith&#233;isme (...). En deux mots, je repousse le Dieu absolu des pr&#234;tres et la d&#233;it&#233; toujours incompl&#232;te de l'homme, bien que je reconnaisse la r&#233;alit&#233; de celle-ci : je n'adore rien, pas m&#234;me ce que je crois. Voil&#224; mon antith&#233;isme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Proudhon, &#171; Correspondance (extraits), &#224; M. Robin &#187;, Ecrits sur la religion, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons ci-dessous sur cet antith&#233;isme, apr&#232;s avoir not&#233; une fois de plus que les cl&#233;ricaux ne craignent pas de recourir &#224; la r&#233;&#233;criture de l'histoire, ici par omission, chaque fois qu'ils y ont int&#233;r&#234;t. Bancal pr&#233;sente Proudhon comme le p&#232;re de l'autogestion et, comme on ne peut pas lui reprocher d'insister sur la volont&#233; r&#233;volutionnaire de Proudhon, il va de soi que cette autogestion doit &#234;tre pratiqu&#233;e dans le cadre du r&#233;gime capitaliste : Proudhon nous inviterait donc au corporatisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M.P., &#171; Si l'autogestion &#233;tait un fascisme rampant &#187;, La Rue n&#176; 29, 1er (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, ainsi Bancal, au moins implicitement, rejoint les conclusions de Georges Valois. Quant &#224; l'id&#233;e-force d'Haubtmann, ficelle de la taille d'un c&#226;ble de navire, elle tend &#224; nous engluer dans le rassemblement des &#171; hommes de bonne volont&#233; &#187; qui sont tous fr&#232;res (sous-entendu &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en Dieu&lt;/q&gt;), donc &#224; nous transformer en supp&#244;ts du cl&#233;ricalisme... qui &#339;uvreront &#224; la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;reconstruction de l'Europe chr&#233;tienne&lt;/q&gt; comme les y a invit&#233;s cyniquement Jean-Paul II lors de sa r&#233;cente tourn&#233;e de propagande en Tch&#233;coslovaquie. Ne laissons pas l'id&#233;ologie nous d&#233;tourner des r&#233;alit&#233;s de la lutte des classes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Hardiment anarchiste &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cependant les cl&#233;ricaux susnomm&#233;s n'ont pas invent&#233;, fabriqu&#233;, les textes qu'ils citent ; ils se sont content&#233;s de solliciter ceux, h&#233;las ! trop nombreux, qui les int&#233;ressent. Car ce que pense Proudhon sur l'id&#233;e de Dieu ne peut satisfaire des anarchistes. Sa &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;foi &#224; l'humanit&#233;, au Dieu positif&lt;/q&gt; est une foutaise id&#233;aliste. A-t-il seulement lu et compris Diderot et Condorcet ? Ou, les ayant lu, les a-t-il sottement m&#233;pris&#233;s parce que l'un &#233;tait bourgeois et l'autre aristocrate ? Il est tellement &#233;vident que les humains ont invent&#233; les dieux, puis &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; dieu des monoth&#233;ismes, d'abord par crainte des &#233;l&#233;ments, ensuite par angoisse devant la mort. Au lieu de penser et &#233;crire cela en si peu de mots, Proudhon a perdu une partie importante de son temps en billeves&#233;es m&#233;taphysiques. Et en vaticinations moralisatrices dont Daniel Gu&#233;rin voit la raison dans une homosexualit&#233; refoul&#233;e&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Daniel Gu&#233;rin, Proudhon oui et non, &#233;d. Gallimard, Paris, 1978, pp. 195-230.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Laissons-lui la responsabilit&#233; de cette hypoth&#232;se ; mais ne jetons pas le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie &#224; suivre est celle de Bakounine. D'une part il rejette le Proudhon m&#233;taphysicien : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;S'il avait v&#233;cu plus longtemps, pouss&#233; par la m&#234;me logique, il aurait reconstruit le bon Dieu, auquel il avait toujours r&#233;serv&#233; une petite place dans sa notion sentimentale et mystique de l'Id&#233;al. Il aurait d&#251; le faire et il se pr&#233;parait &#224; le faire ; il me l'a dit lui-m&#234;me, de sa mani&#232;re demi-s&#233;rieuse, demi-ironique, deux mois avant sa mort&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Bakounine, &#338;uvres compl&#232;tes, tome V, p. 3, &#171; Lettre au journal La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; D'autre part il suit, en les approfondissant, les enseignements du Proudhon r&#233;volutionnaire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La r&#233;glementation a &#233;t&#233; la passion commune de tous les socialistes d'avant 1848, moins un seul. Cabet, Louis Blanc, fouri&#233;ristes, saint-simoniens, tous avaient la passion d'endoctriner et d'organiser l'avenir, tous ont &#233;t&#233; plus ou moins autoritaires. Mais voici que Proudhon parut : fils d'un paysan, et dans le fait et d'instinct cent fois plus r&#233;volutionnaire que tous ces socialistes doctrinaires et bourgeois, il s'arma d'une critique aussi profonde et p&#233;n&#233;trante qu'impitoyable, pour d&#233;truire tous les syst&#232;mes. Opposant la libert&#233; &#224; l'autorit&#233;, contre ces socialistes d'&#201;tat, il se proclama hardiment anarchiste (...). Son socialisme &#224; lui, fond&#233; sur la libert&#233; tant individuelle que collective, et sur l'action spontan&#233;e des associations libres, n'ob&#233;issant &#224; d'autres lois qu'aux lois g&#233;n&#233;rales de l'&#233;conomie sociale, d&#233;couvertes ou qui sont &#224; d&#233;couvrir par la science, en dehors de toute r&#233;glementation gouvernementale et de toute protection de l'&#201;tat, subordonnant d'ailleurs la politique aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, intellectuels et moraux de la soci&#233;t&#233;, devait plus tard et par une cons&#233;quence n&#233;cessaire aboutir au f&#233;d&#233;ralisme.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Bakounine, &#338;uvres, tome I, pp. 39-40, &#171; F&#233;d&#233;ralisme, socialisme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH530/mort_de_proudhon_by_courbet_20_january_1865-0b791.png?1774869825' width='500' height='530' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nos bons auteurs calotins devraient, pour &#233;viter les anachronismes, ne pas oublier comment les leurs traitaient Proudhon de son vivant... ou tout juste mort dans cette notice n&#233;crologique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est pas sans tristesse que l'on voit dispara&#238;tre sans s'&#234;tre r&#233;tract&#233; un homme qui a parl&#233; de Dieu comme M. Proudhon. Toujours occup&#233; de frapper fort plut&#244;t que de frapper juste, aiguisant le paradoxe comme une pointe d'&#233;p&#233;e, il a st&#233;rilement agit&#233; les esprits. S'attaquant aux bases de la soci&#233;t&#233; et de la religion, il avait conserv&#233; le respect de la morale, sa vie priv&#233;e m&#233;ritait l'estime ; mais il aura pass&#233; comme un m&#233;t&#233;ore beau-coup plus redoutable en apparence qu'en r&#233;alit&#233;. Il a obtenu l'attention par des moyens violents et assez vulgaires, en prodiguant les mots effrayants et en soutenant les th&#232;ses les plus contradictoires. Proudhon est un produit authentique de la fausse et t&#233;m&#233;raire sp&#233;culation de notre &#233;poque.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Anonyme, Revue chr&#233;tienne, Paris. f&#233;vrier 1865, p. 128.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario ces calotins-l&#224; avaient compris Proudhon de la m&#234;me mani&#232;re que Bakounine. Et comme Bakounine nous distinguons l'individu pisse-froid, peine-&#224;-jouir, du militant r&#233;volutionnaire inventeur du f&#233;d&#233;ralisme, notre f&#233;d&#233;ralisme socialiste (ou communiste) libertaire... qui n'a rien de commun, mais alors strictement rien, ni avec la d&#233;centralisation n&#233;o-f&#233;odaliste ni avec l'autogestion n&#233;o-corporatiste que les socio-cl&#233;ricaux cherchent &#224; nous imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference74|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Proudhon2.pdf" class="spip_out"&gt;Article extrait de &#171; Pierre-Joseph Proudhon &#187;, revue &#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176;7 - 1990 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'Eglise&lt;/i&gt;, &#233;d. Fayard, Paris, 1988, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P.-J. Proudhon, &lt;i&gt;La Justice &lt;/i&gt; poursuivie par &lt;i&gt;l'Eglise&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, Paris, 1947, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;les Cahiers du Cercle Proudhon&lt;/i&gt;, anim&#233;s par G. Valois au d&#233;but des ann&#233;es 1910.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel-Rops, &lt;i&gt;L'Eglise des r&#233;volutions&lt;/i&gt;, tome I, &#171; En face de nouveaux destins &#187;, &#233;d. Fayard, Paris, 1960, p. 641.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F.-X. Kraus, docteur en th&#233;ologie et en philosophie, professeur d'histoire eccl&#233;siastique &#224; l'universit&#233; de Fribourg, Histoire de l'Eglise, &#233;d. Bloud et Barrai, tome III, Paris, 1901, p.505.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Bancal, Proudhon, pluralisme et autogestion, &#233;d. Aubier-Montaigne, tome II, Paris, 1970, pp. 167-168.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Haubtmann, &lt;i&gt;La Vie et la pens&#233;e de P.-J. Proudhon&lt;/i&gt;, 1961.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Haubtmann, &lt;i&gt;Proudhon, Marx et la pens&#233;e allemande&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Grenoble, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., ibid., pp. 160-161.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bernard Voyenne, &#171; Pascal, Proudhon, P&#233;guy ou le Monde comme un combat &#187;, in &lt;i&gt;la revue F&#233;d&#233;ration&lt;/i&gt;, mars 1953, p. 229.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Haubtmann, &lt;i&gt;Proudhon, Marx&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Haubtmann, &lt;i&gt;La philosophie sociale de P.-J. Proudhon&lt;/i&gt;, Presses Universitaires de Grenoble, 1980, p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Haubtmann, &lt;i&gt;Proudhon, Marx&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Proudhon, &#171; Correspondance (extraits), &#224; M. Robin &#187;, &lt;i&gt;Ecrits sur la religion&lt;/i&gt;, &#233;d. Marcel-Rivi&#232;re, Paris, 1959, pp. 215-217.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M.P., &#171; Si l'autogestion &#233;tait un fascisme rampant &#187;, &lt;i&gt;La Rue&lt;/i&gt; n&#176; 29, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; trim. 1981, pp. 23-41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Daniel Gu&#233;rin, &lt;i&gt;Proudhon oui et non&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, Paris, 1978, pp. 195-230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, tome V, p. 3, &#171; Lettre au journal &lt;i&gt;La Libert&#233;&lt;/i&gt; de Bruxelles &#187;, 12 janvier 1870.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Bakounine, &#338;uvres, tome I, pp. 39-40, &#171; F&#233;d&#233;ralisme, socialisme et anti-th&#233;ologisme &#187;, 1867.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Anonyme, &lt;i&gt;Revue chr&#233;tienne&lt;/i&gt;, Paris. f&#233;vrier 1865, p. 128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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