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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Albert Richard </title>
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		<dc:date>2025-09-05T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Heiner Michael Becker </dc:creator>


		<dc:subject>Albert Richard </dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Albert Marie Honor&#233; Richard , qui dans les ann&#233;es avant la Commune &#233;tait une des figures les plus actives de l'Internationale en France, proche de Varlin, est n&#233; &#224; Tours le 8 d&#233;cembre 1846 de Pierre Honor&#233; Richard et de son &#233;pouse Marie Desadr&#233;. Son p&#232;re &#233;tait &#224; ce moment ouvrier tailleur de pierres, et la famille vivait dans des conditions extr&#234;mement modestes. Pendant quelque temps, Albert Richard fut &#233;l&#232;ve au s&#233;minaire de Tours et commen&#231;a &#224; apprendre le latin, mais les moyens de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-albert-richard-435-+" rel="tag"&gt;Albert Richard &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/l_armee_attaquant_les_insurges_retranches_autour_de_la_mairie_de_la_guillotiere__le_30_avril_1871__lors_de_la_commune_de_lyon_copie2-5c5b3.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Albert Marie Honor&#233; Richard&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A part quelques documents in&#233;dits, les bases de cet article sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui dans les ann&#233;es avant la Commune &#233;tait une des figures les plus actives de l'Internationale en France, proche de Varlin, est n&#233; &#224; Tours le 8 d&#233;cembre 1846 de Pierre Honor&#233; Richard et de son &#233;pouse Marie Desadr&#233;. Son p&#232;re &#233;tait &#224; ce moment ouvrier tailleur de pierres, et la famille vivait dans des conditions extr&#234;mement modestes. Pendant quelque temps, Albert Richard fut &#233;l&#232;ve au s&#233;minaire de Tours et commen&#231;a &#224; apprendre le latin, mais les moyens de la famille ne suffirent pas pour compl&#233;ter son &#233;ducation. La famille quitta finalement Tours et se fixa &#224; Lyon o&#249; Honor&#233; Richard avait trouv&#233; un emploi de teinturier &#224; l'usine Gillet. Albert Richard fut mis en apprentissage dans une maison de soieries. Cong&#233;di&#233; par son patron pour insolence, il r&#233;ussira &#224; suivre des cours &#224; l'&#233;cole professionnelle La Martini&#232;re. Il se mit &#224; &#233;crire, essaya de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;compl&#233;ter son &#233;ducation par la lecture&lt;/q&gt; et publia des articles dans des journaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Fondateur de la section lyonnaise de l'A.I.T. &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vers 1865, il commence aussi &#224; militer dans le mouvement ouvrier au c&#244;t&#233; de son p&#232;re. Celui-ci fut, en 1862, d&#233;l&#233;gu&#233; ouvrier &#224; l'Exposition universelle de Londres d'o&#249; sortirent les initiatives qui devaient aboutir &#224; la fondation de l'Association internationale des travailleurs en 1864 ; il &#233;tait &#233;galement l'un des fondateurs de la section lyonnaise de l'A.I.T. et, en 1866, d&#233;l&#233;gu&#233; au premier congr&#232;s de l'Internationale &#224; Gen&#232;ve. A partir de 1867, Albert Richard est secr&#233;taire de la 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; section de Lyon et restera jusqu'&#224; la Commune la figure la plus en vue de l'Internationale lyonnaise. Il repr&#233;sente Lyon au Congr&#232;s de la Paix &#224; Gen&#232;ve (9-12 septembre 1867) o&#249; fut fond&#233;e la Ligue internationale de la paix et de la libert&#233; ; le dernier jour, il y lit son po&#232;me&lt;i&gt; Te Deum laudamus&lt;/i&gt;. A partir de novembre 1867, il collabore au journal de la Ligue,&lt;i&gt; les &#201;tats-Unis d'Europe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/albert_richard3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH658/albert_richard3-bdd61.jpg?1774729990' width='500' height='658' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Albert Richard &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;p&gt;Il participe au troisi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale &#224; Bruxelles (6-13 septembre 1868) comme d&#233;l&#233;gu&#233; des commissions d'initiative et sections de Lyon et de Neuville-sur-Sa&#244;ne et y intervient en outre sur la n&#233;cessit&#233; de l'instruction &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sous le rapport des moyens &#224; employer pour acc&#233;l&#233;rer l'affranchissement moral des classes ouvri&#232;res : (...) Ah ! messieurs les savants en us, avez-vous pu croire que nous souffririons toujours que vous nous r&#233;gliez &#224; votre fantaisie notre nourriture intellectuelle&lt;/q&gt;. Il y pr&#233;sente aussi les conclusions de la commission sur la question du cr&#233;dit mutuel entre travailleurs. Au congr&#232;s, il rencontra Charles Perron, l'ami intime de Bakounine, qui lui donna une lettre confidentielle et le convainquit de participer au congr&#232;s de la Ligue internationale de la paix et de la libert&#233; &#224; Berne (21-25 septembre 1868). Au cours du voyage de Bruxelles &#224; Berne, il fait la connaissance d'Aristide Rey (1834-1901), qui l'introduit chez ses amis Elis&#233;e et Elie Reclus et le pr&#233;sente aussi &#224; Bakounine. Il est, avec Bakounine, parmi les signataires de la&lt;i&gt; Protestation collective&lt;/i&gt; des membres dissidents du congr&#232;s (25 septembre 1868) et, en octobre 1868, &#224; Gen&#232;ve, l'un des fondateurs de l'Alliance internationale de la d&#233;mocratie socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1867, Richard fut l'objet de plaintes et d'accusations de certains rivaux &#224; Lyon et de dissidents de la section lyonnaise. En d&#233;cembre 1868, Bakounine organise &#224; Gen&#232;ve un jury d'honneur qui constata le 9 juin 1869 &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;que les accusations port&#233;es contre le citoyen Albert Richard sont absolument fausses et calomnieuses&lt;/q&gt;. Le Conseil g&#233;n&#233;ral de l'A.I.T. &#224; son tour d&#233;clarera dans sa s&#233;ance du 8 mars 1870 &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les accusations formul&#233;es sans le moindre fondement et confirme le verdict des deux commissions nomm&#233;es &#224; ce sujet&lt;/q&gt; (en 1867 &#224; Lausanne et en 1869 &#224; Gen&#232;ve), et le maintient dans ses fonctions de secr&#233;taire-correspondant de l'Internationale. En juin 1869, il rencontra de nouveau Bakounine &#224; Gen&#232;ve et s'affilia, le 24 juin, &#224; l'Alliance de Gen&#232;ve (qui fut fond&#233;e apr&#232;s la dissolution de l'Alliance internationale en juin 1869 et adh&#233;ra &#224; l'A.I.T. en juillet, tandis que l'affiliation de l'Alliance internationale avait &#233;t&#233; refus&#233;e en d&#233;cembre 1868 par le Conseil g&#233;n&#233;ral comme celle d'une autre Internationale). En m&#234;me temps, il est &#233;galement admis dans le cercle des intimes de Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il participa comme d&#233;l&#233;gu&#233; des corporations d'ovalistes et de passementiers de Lyon au congr&#232;s de l'A.I.T. &#224; B&#226;le (5-12 septembre 1869), comme Varlin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une lettre &#224; Richard. Bakounine &#233;crivait peu apr&#232;s, le 11 janvier 1870 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et y est membre de la commission charg&#233;e d'&#233;tudier la question du droit d'h&#233;ritage (avec, en outre, Bakounine, James Guillaume, Wilhelm Liebknecht et Moses Hess). Il y lit entre autres les rapports des sections de Naples et de Lyon, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se prononce contre le communisme autoritaire et centralisateur, mais il dit aux individualistes qu'ils sont tout aussi m&#233;taphysiciens que les collectivistes, puisqu'ils se prononcent aussi pour un syst&#232;me qui n'a point &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233;&lt;/q&gt;, et vote pour le droit de la soci&#233;t&#233; d'abolir la propri&#233;t&#233; individuelle du sol. Avec la majorit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s, il se prononce pour l'abolition du droit d'h&#233;ritage et pour le rejet de la proposition du Conseil g&#233;n&#233;ral (et de Marx) qui ne demande que l'extension de l'imp&#244;t sur le droit d'h&#233;ritage et une limitation du droit de tester.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La Commune de Lyon &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/l_armee_attaquant_les_insurges_retranches_autour_de_la_mairie_de_la_guillotiere__le_30_avril_1871__lors_de_la_commune_de_lyon.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH395/l_armee_attaquant_les_insurges_retranches_autour_de_la_mairie_de_la_guillotiere__le_30_avril_1871__lors_de_la_commune_de_lyon-6d33b.jpg?1774729990' width='500' height='395' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 30 avril 1870, il fut arr&#234;t&#233; &#224; Lyon, comme Palix, Malon, Pindy, Gaspard Blanc et, plus tard, Aubry &#224; Rouen et Alerini &#224; Cannes. Pendant une perquisition du domicile de Richard, la police d&#233;couvrit en outre deux des dictionnaires secrets de Bakounine. Ce n'est que le 25 mai que Richard, Palix, Louis Martin (mais aussi Fran&#231;ois Dumartheray qui sera en 1879 l'un des fondateurs du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; &#224; Gen&#232;ve) sortiront de la d&#233;tention pr&#233;ventive. D&#233;but juillet, effray&#233; par les condamnations des internationalistes &#224; Paris, il se r&#233;fugia pour un mois &#224; Neuch&#226;tel o&#249; il reste chez James Guillaume (qui d'ailleurs le d&#233;teste) et o&#249;, le 24 juillet, Bakounine vient les voir. D&#233;but ao&#251;t, il rentre &#224; Lyon pour compara&#238;tre devant le tribunal ; mais l'affaire fut renvoy&#233;e et l'amnistie du 4 septembre 1870 &#233;teindra les poursuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 septembre, la R&#233;publique fut d&#233;clar&#233;e &#224; Lyon, et le 8 septembre une commission compos&#233;e de Louis Andrieux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Itin&#233;raire n&#176; 8 (Emma Goldman), pp. 66-67&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Victor Jaclard et Richard se rend &#224; Paris pour discuter de la lev&#233;e en masse avec le gouvernement de la D&#233;fense nationale. Andrieux fut nomm&#233; procureur de la R&#233;publique de Lyon, Jaclard adjoint au maire du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, et Richard refusa un poste de sous-pr&#233;fet qu'on lui offrait. En compagnie de Cluseret, il rentra le 17 septembre &#224; Lyon et fut &#233;lu le 18 au Comit&#233; central de salut de la France. Le 25 septembre, on afficha &#224; Lyon la fameuse Affiche rouge, r&#233;dig&#233;e essentiellement par Bakounine, avec des passages ajout&#233;s par Richard. Le 28, l'insurrection &#233;clata &#224; Lyon et triompha d'abord, puis &#233;choua bient&#244;t &#224; cause du comportement de Cluseret et de Richard, qui conseilla de se retirer devant le conseil municipal &#233;lu. Le 9 octobre, Richard d&#233;clarait la dissolution du Comit&#233; de salut de la France. D&#232;s ce moment, Bakounine et son entourage le regarderaient comme suspect. Richard faisait encore, en mai 1871, avec son ami Gaspard Blanc, partie d'un Comit&#233; central r&#233;publicain socialiste de la France m&#233;ridionale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h1&gt;Eug&#232;ne Varlin &#224; Albert Richard &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[Lettre autographe sign&#233;e, 1 page sur 4, 134 sur 106 mm ; pliage vertical au milieu 1.1.5.G. Amsterdam, collection Center.] &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;[Ajout&#233; au crayon d'une main inconnue, au d&#233;but de la page - &#034;D&#233;l&#233;gu&#233; aux Finances, fusill&#233; rue des Rosiers&#034;.] &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Paris, le 11 mars 1870. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Richard, &lt;br class='autobr' /&gt;
Je pars avec Aubry&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emile Aubry, 1829 (?) - 1900, lithographe &#224; Rouen ; proudhonien, fondateur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et une dame russe, samedi matin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 12 mars 1870.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#224; 6 1/2, nous devons arriver &#224; Lyon &#224; 71/2 ; soyez, ou quelqu'un de nos amis &#224; la gare de Perrache pour nous guider, SVP. Je re&#231;ois &#224; l'instant un t&#233;l&#233;gramme pressant des passementiers&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvriers fabriquant des articles tiss&#233;s ou tress&#233;s pour servir comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; malheureusement j'avais pr&#233;jug&#233; de la situation, les caisses parisiennes sont tellement &#233;puis&#233;es qu'il n'y a presque pas &#224; compter sur elles. Que les passementiers adressent, avec l'appui de la f&#233;d&#233;ration lyonnaise une demande &#224; la Soci&#233;t&#233; des ouvriers de Rethel, de ma part (adresse, M. Loth, rue Sorbon &#224; Rethel, Ardennes).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;A demain, &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;E. Varlin. &lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pour la correspondance de Varlin avec Richard, cf. Edouard Doll&#233;ans, &#034;Lettres d'Eug&#232;ne Varlin &#224; Albert Richard&#034;, &lt;i&gt;International Review for Social History &lt;/i&gt; (Leiden), vol. II, 1937, pp. 178-192 (sept lettres &#233;crites entre le 22 juillet 1869 et le 28 f&#233;vrier 1870). &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin mai 1871, il r&#233;ussira &#224; s'&#233;chapper et passa en Suisse&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume &#233;crivit plus tard : A partir de la fin mai, Albert Richard (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ; le 13 ao&#251;t 1871, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Conseil de guerre le condamna &#224; la d&#233;portation dans une enceinte fortifi&#233;e pour complot contre le gouvernement et excitation &#224; la guerre civile. En 1872, semble-t-il, il &#233;tait avec son ancien ami Gaspard Blanc en Angleterre (o&#249; ils auraient offert leurs services &#224; Napol&#233;on III et lui auraient proposer de le ramener en France comme empereur des ouvriers et paysans). En janvier 1872, ils publi&#232;rent &#224; Bruxelles une brochure intitul&#233;e &lt;i&gt;L'Empire et la France nouvelle&lt;/i&gt;. Appel du peuple et de la jeunesse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'Empire, c'est la r&#233;volution sous sa seule forme possible et durable&lt;/q&gt;. Peu de temps apr&#232;s, Richard rentrait en Suisse et, del&#224;, se rendra en Italie o&#249; il s'installa finalement avec son &#233;pouse qui le rejoignit : trois enfants (deux filles et un fils) y naquirent. La famille y v&#233;cut pendant onze ans, bien que Richard lui-m&#234;me retourna en France peu de temps apr&#232;s la remise de sa peine (30 mai 1880).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du socialisme r&#233;volutionnaire... au patriotisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il se pr&#233;senta, sans succ&#232;s, le 21 ao&#251;t 1881 comme candidat socialiste &#224; une &#233;lection l&#233;gislative dans la premi&#232;re circonscription de sa ville natale, Tours, et se fit conna&#238;tre par de nombreuses conf&#233;rences et une collaboration r&#233;guli&#232;re &#224; &lt;i&gt;Tours-Journal &lt;/i&gt; comme un ardent f&#233;ministe et &#171; socialiste r&#233;volutionnaire &#187;, bien qu'il se montrait de plus en plus hostile &#224; toute tactique r&#233;volutionnaire. Quand, en 1883, il se pr&#233;senta comme candidat au conseil g&#233;n&#233;ral pour le si&#232;ge de Tours-centre, ses rivaux r&#233;publicains rappel&#232;rent dans la presse les relations qu'il avait eu avec Napol&#233;on III ; ces r&#233;v&#233;lations conduisirent Richard &#224; une d&#233;faite humiliante et divis&#232;rent profond&#233;ment les socialistes et les libres-penseurs de Tours. Une scission &#224; &lt;i&gt;Tours-Journal &lt;/i&gt; mena &#224; la fondation de &lt;i&gt;l'Eclaireur tourangeau&lt;/i&gt;, auquel Richard contribua par une s&#233;rie d'articles pour se justifier. Il rentra quelque temps en Italie pour rejoindre sa famille, puis se fixa &#224; Paris et devint de nouveau actif au Parti ouvrier socialiste r&#233;volutionnaire (P.O.S.R.), tout en essayant de vivre de sa plume et de conf&#233;rences publiques. Autour de 1900, il colla-bore r&#233;guli&#232;rement au Petit Sou, mais quitte ce journal sur la demande de l'Union du Centre du P.O.S.R. : un vrai sacrifice pour lui et sa famille, avec des cons&#233;quences p&#233;cuniaires graves. On l'autorise finalement &#224; accepter, &#224; l'automne 1901, la r&#233;daction du journal d&#233;partemental&lt;i&gt; l'Yonne &lt;/i&gt; &#224; Auxerre ; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un journal, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;expliquait un secr&#233;taire administratif du P.O.S.R.&lt;/span&gt;, qui n'est pas n&#244;tre totalement, mais il [Richard] ne cessera, j'en suis s&#251;r, de faire tous ses efforts pour le faire converger vers nos id&#233;es socialistes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre cit&#233;e par Moissonnier, op. cit., p. 147.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Yonne &lt;/i&gt; appartenait &#224; Albert Gallot, un d&#233;put&#233; radical qui tenait &#224; son &#233;tiquette d'homme de gauche et de r&#233;publicain intransigeant car il avait besoin des socialistes pour garder son si&#232;ge. A Auxerre, Richard adh&#233;ra &#224; la F&#233;d&#233;ration des travailleurs socialistes de l'Yonne, qui le d&#233;l&#233;gua comme l'un de ceux voulant conserver son autonomie au lieu d'adh&#233;rer au congr&#232;s d'unification du Parti socialiste de France. Il s'opposa d&#232;s le d&#233;but &#224; Gustave Herv&#233; et &#224; l'herv&#233;isme, &#224; l'insurrection en temps de guerre et au pr&#233;tendu antipatriotisme, et se montre de plus en plus &#171; r&#233;formiste &#187; et mod&#233;r&#233;. Les tensions avec Albert Gallot, propri&#233;taire de &lt;i&gt;l'Yonne&lt;/i&gt;, qui semblent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;surtout li&#233;es aux complaisances exag&#233;r&#233;es de [Richard] vis-&#224;-vis des &#233;l&#233;ments socialistes les plus opportunistes&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Moissonnier, op. cit., p. 155.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, aboutissent &#224; la veille de la Premi&#232;re Guerre mondiale &#224; la rupture. Il offre alors sa collaboration au &lt;i&gt;Bourguignon&lt;/i&gt;, rival conservateur de &lt;i&gt;l'Yonne&lt;/i&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui l'accepte cordialement&lt;/q&gt; car, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;comme tous les socialistes de l'ancienne &#233;cole, [il] &#233;tait patriote&lt;/q&gt; et avait estim&#233; depuis longtemps &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qu'en face de la menace allemande, la France devait &#234;tre fortement arm&#233;e&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obituaire d'Albert Richard, le Bourguignon (Auxerre), 31 mars 1925.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment de la R&#233;volution russe, il se montra violemment hostile aux bolcheviques. Tr&#232;s pauvre, de plus en plus isol&#233; apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de sa femme en 1906 et la mort de sa fille pr&#233;f&#233;r&#233;e, il vivait &#224; Auxerre tr&#232;s retir&#233;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en sauvage, d&#233;sabus&#233; des hommes et des choses&lt;/q&gt;. En novembre 1924, il tomba malade et ne se remit plus ; il mourut le 30 mars 1925 &#224; Auxerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A part quelques documents in&#233;dits, les bases de cet article sont principalement la notice sur Richard dans le &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais&lt;/i&gt;, t. XV (1977), pp, 46-50 (qui donne comme date de la mort de Richard : 1918) ; Maurice Moissonnier,&lt;i&gt; La Premi&#232;re Internationale et la Commune &#224; Lyon (1865-1871)&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. Spontan&#233;isme, complots et &#034;luttes r&#233;elles&#034;&lt;/i&gt;, Paris, Editions sociales (1972) ; Maurice Moissonnier, &#034;La section lyonnaise de l'Internationale et l'opposition ouvri&#232;re &#224; la fin du Second Empire (1865-1870)&#034;, in &lt;i&gt;Cahiers d'histoire&lt;/i&gt; (Lyon, Universit&#233; de Lyon), tome X, 1965, pp. 275-314 ; la biographie de Bakounine par Max Nettlau et les suppl&#233;ments in&#233;dits ; Michel Bakounine, &lt;i&gt;De la guerre &#224; la Commune.&lt;/i&gt; Textes de 1870-1871 &#233;tablis sur les manuscrits originaux, et pr&#233;sent&#233;s par Fernand Rude, Paris, &#233;ditions Anthropos, 1972 (avec en outre toutes les lettres connues de Bakounine &#224; Richard).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans une lettre &#224; Richard. Bakounine &#233;crivait peu apr&#232;s, le 11 janvier 1870 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; D.U. [Aristide Rey] est d&#233;cid&#233;ment une niaise et sentimentale libre-penseur ; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; D.T. [Varlin] est d&#233;j&#224; quelque chose de bien plus s&#233;rieux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; n&#176; 8 (Emma Goldman), pp. 66-67&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Emile Aubry, 1829 (?) - 1900, lithographe &#224; Rouen ; proudhonien, fondateur de la section de Rouen de l'AIT. ; d&#233;l&#233;gu&#233; aux congr&#232;s de Gen&#232;ve (1866). Lausanne (1867), Bruxelles (1868) et B&#226;le (1869) ; r&#233;dacteur de &lt;i&gt;la R&#233;forme sociale&lt;/i&gt; ; dix-sept lettres de Varlin &#224; Aubry, &#233;crites entre le 8 janvier 1869 et le 20 avril 1870 et saisies chez ce dernier, ont &#233;t&#233; publi&#233;es dans le r&#233;quisitoire du&lt;i&gt; Troisi&#232;me Proc&#232;s de l'Intemationale &lt;/i&gt; (1870) et de nouveau dans &lt;i&gt;la Vie ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e, n&#176; 87, 5 mai 1913 (num&#233;ro sp&#233;cial sur Varlin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 12 mars 1870.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ouvriers fabriquant des articles tiss&#233;s ou tress&#233;s pour servir comme garniture dans l'ameublement ou l'habillement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume &#233;crivit plus tard : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A partir de la fin mai, Albert Richard et Gaspard Blanc disparurent de la sc&#232;ne, et nous n'entend&#238;mes plus parler d'eux, jusqu'au commencement de l'ann&#233;e suivante&lt;/q&gt;, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;, t. II, p. 148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre cit&#233;e par Moissonnier, op. cit., p. 147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Moissonnier, op. cit., p. 155.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Obituaire d'Albert Richard,&lt;i&gt; le Bourguignon&lt;/i&gt; (Auxerre), 31 mars 1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Eug&#232;ne Varlin : Un enfant de Seine-et-Marne </title>
		<link>http://partage-noir.fr/eugene-varlin-un-enfant-de-seine-et-marne</link>
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		<dc:date>2025-05-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1106-0e2a0.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Seine-et-Marne aujourd'hui, c'est pour certains d'excellents fromages de Brie et pour d'autres Euro Disneyland, culture am&#233;ricaine &#224; la sauce MacDo. Mais peu de personnes savent que dans une ville non loin de Paris (&#224; 25 km) est n&#233;e une des figures les plus authentiques que le mouvement ouvrier ait compt&#233; dans ces rangs. Le 5 octobre 1839, dans le hameau de Voisins, aujourd'hui un des quartiers de la commune de Claye-Souilly (entre Paris et Meaux), naquit Louis-Eug&#232;ne Varlin (au 14, rue Berthe, devenue en 1936 rue Eug&#232;ne-Varlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Varlin ne sont pas des inconnus &#224; Voisins, c'est une vieille famille attach&#233;e &#224; cette terre, connue et estim&#233;e de tous. Les anc&#234;tres d'Eug&#232;ne ont un beau pass&#233;. En feuilletant les vieux registres municipaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Maurice Foulon a pu &#233;tablir la trace de leurs activit&#233;s. Du plus ancien, Antoine Varlin, qui fut charpentier dans le village au d&#233;but du r&#232;gne de Louis XIV &#224; Eug&#232;ne, en passant par Jean-Adrien (arri&#232;re-grand-p&#232;re d'Eug&#232;ne), ils eurent tous une place dans la m&#233;moire collective de cette contr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille Varlin &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus important fut sans doute jou&#233; par Jean-Adrien. Plac&#233; &#224; la t&#234;te de la municipalit&#233; par ses habitants le 13 novembre 1791, il paya de sa personne pour d&#233;fendre une jeune R&#233;publique menac&#233;e de toute parts et, le 25 novembre 1792, c'est lui qui dirigea le scrutin et installa &#224; Claye la premi&#232;re municipalit&#233; r&#233;publicaine. Plus tard, il &#233;pousa en seconde noce Marie-Marguerite Thiessart dont la famille &#233;tait relativement ais&#233;e et, lorsqu'il mourut, il laissa &#224; son fils Jean-Louis quelques champs et vignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bien resta dans la famille jusqu'&#224; Aim&#233;-Alexandre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, p&#232;re d'Eug&#232;ne, mais ne lui permettait plus de subvenir aux besoins de sa famille. Alors, il loua sa force de travail comme journalier. Aim&#233;-Alexandre &#233;pousa le 29 avril 1834, &#224; 29 ans, H&#233;lo&#239;se Duru (1809[?]-1875), issue elle aussi d'une vieille famille de Voisins. Le p&#232;re d'H&#233;lo&#239;se, Fran&#231;ois-Antoine Duru travaillait dans les carri&#232;res de Voisins &#224; extraire du gypse et, apr&#232;s une longue journ&#233;e de labeur, il cultivait son lopin de terre. R&#233;publicain tr&#232;s jeune, il fut &#233;lu au conseil municipal en 1846. Il soutint la r&#233;volution de 1848 et exer&#231;a ses responsabilit&#233;s jusqu'au coup d'&#201;tat de 1851 de Louis-Napol&#233;on Bonaparte, qui devint un an plus tard empereur des Fran&#231;ais, sous le nom de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#233;cart&#233;, apr&#232;s la nomination d'une nouvelle municipalit&#233;, pour ses opinions r&#233;publicaines. A cette &#233;poque, il allait souvent rendre visite &#224; sa fille H&#233;lo&#239;se et &#224; son gendre Aim&#233;-Alexandre. De cette union naquirent quatre enfants : Denise-Cl&#233;mence (1836-1865, &#233;pouse Proux), Eug&#232;ne (1839-1871), Louis-Benjamin (1844-1924), Hippolyte (1847-1930). Le soir, &#224; la grande table familiale, le grand-p&#232;re Duru aimait raconter son pass&#233; de r&#233;publicain &#233;pris de justice et de libert&#233;, &#224; la demande d'Eug&#232;ne. Les r&#233;cits du grand-p&#232;re maintenait en &#233;veil toute la famille jusqu'&#224; des heures tardives. Mais, le lendemain, la journ&#233;e d'Aim&#233; &#233;tait p&#233;nible car le m&#233;tier de manouvrier (ouvrier agricole se louant &#224; la journ&#233;e) est &#233;puisant. Pour ses enfants, il r&#234;vait d'un autre avenir. La carri&#232;re de gypse de Voisins o&#249; l'on fabriquait du pl&#226;tre &#233;tait malsaine pour la sant&#233;, et la manufacture de toile imprim&#233;e payait mal. Il d&#233;cida donc que ses enfants auraient le maximum d'instruction possible et les envoya en classe. Voisins n'ayant pas d'&#233;cole, ils allaient &#224; pied tous les jours &#224; Claye en passant par les berges du canal de l'Ourcq. A la lecture de Maurice Foulon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Foulon, Eug&#232;ne Varlin, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, on apprend que l'&#233;cole d'Eug&#232;ne &#233;tait un ancien pigeonnier vendu &#224; la ville par la duchesse de Polignac en 1825 (et dont il ne reste, aujourd'hui, aucune trace). Au rez-de-chauss&#233;e, une pi&#232;ce servait de classe, coup&#233;e en deux par une cloison : d'un c&#244;t&#233;, les filles ; de l'autre, les gar&#231;ons. Au-dessus se trouvait la prison de la ville. C'est l&#224; qu'il apprit &#224; lire, &#224; &#233;crire et &#224; compter sous la direction de deux ma&#238;tres : M. Paturance, un ancien sous-officier, et M. Viron. Il y resta jusqu'&#224; l'&#226;ge de 13 ans, chose rare &#224; une &#233;poque o&#249; les enfants de 6 &#224; 8 ans travaillaient de seize &#224; dix-sept heures par jour dans les ateliers, les fabriques ou les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses parents, voulant lui &#233;viter les servitudes de la terre et du travail abrutissant de la manufacture, souhait&#232;rent qu'il apprenne un m&#233;tier lui permettant d'allier le travail manuel et intellectuel au contact des livres. Ils le plac&#232;rent en 1852 chez un relieur, confr&#232;re de son oncle Hippolyte Duru, &#224; Paris, rue du Pont-de-Lodi (6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.). Mais l'homme &#233;tait dur avec ses ouvriers et les nourrissait mal. Ainsi, l'oncle Duru prit son neveu chez lui pour le former. Lui-m&#234;me &#233;tait violent et sans indulgence pour le jeune Varlin qui avait soif d'apprendre et mettait trop souvent le nez dans les livres, ne se contentant pas seulement de les relier. L'oncle ne supporta plus son neveu et le cong&#233;dia avec l'attestation suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je, soussign&#233;, certifie que le sieur Louis-Eug&#232;ne Varlin a fait son apprentissage et est sorti de chez moi le 10 d&#233;cembre 1854. M. H. Duru, relieur, 16, rue des Prouvaires.&lt;/q&gt; Ayant pris cong&#233; de son oncle, il lui fallut chercher un toit et il trouva une chambre au 22, rue de la Fontaine-au-Roi (11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation professionnelle et intellectuelle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi du 22 juin 1854, relative au port du livret obligatoire pour les ouvriers, indiquait dans son article premier que tous les ouvriers de l'un et de l'autre sexe, attach&#233;s aux manufactures, usines, fabriques, ateliers etc., ou m&#234;me travaillant chez eux pour un patron, &#233;taient tenus de poss&#233;der un livret, contresign&#233; par le commissaire de police de leur quartier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la Vie ouvri&#232;re n'137, du 5 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A la lecture de celui de Varlin, on peut retracer son parcours professionnel depuis le d&#233;part de chez son oncle jusqu'en 1858 : du 25 avril 1855 au 26 juillet 1856, chez Boutigny (5, rue Migon, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 30 juillet au 30 ao&#251;t 1856, chez Sauvage (15, rue Rochechouart, 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 2 septembre 1856 au 28 f&#233;vrier 1857, chez Krantz (rue des Poissonniers, &#224; la Chapelle Saint-Denis, 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 8 au 23 mai 1857, chez Gr&#233;goire (27, rue Saint-Sulpice, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 25 octobre au 20 novembre 1857, chez Thompson (rue Cassette, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.), du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1857 au 26 juin 1858, chez Ni&#233;dr&#233;e (passage Dauphine, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fit ainsi six ateliers autour de Montmartre et dans le quartier Saint-Sulpice, dans un Paris en pleine transformation, livr&#233; aux pelles et aux pioches des ouvriers du baron Haussmann. L&#224;, s'arr&#234;tent les inscriptions sur son livret, mais l'on peut penser qu'il continua sa formation d'atelier en atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1859 est pour lui celle du service militaire. Il avait tir&#233; au sort le num&#233;ro 51, mais fut exempt&#233; pour varicoc&#232;le au c&#244;t&#233; gauche (une affection pouvant dans les cas extr&#234;mes &#234;tre cause de st&#233;rilit&#233;). En 1864, il rentre comme contrema&#238;tre chez madame veuve Despierres, maison fort appr&#233;ci&#233;e, qui n'employait que quelques ouvriers. Apr&#232;s les gr&#232;ves de 1864 et 1865, il travaille en chambre, pour des travaux de sous-traitance qui lui permettent de g&#233;rer son temps comme il le souhaite. Avide de connaissances, apr&#232;s sa journ&#233;e de travail, il consacre tout son temps &#224; l'&#233;tude. C'est ainsi qu'en 1860, avec son fr&#232;re Louis, il s'inscrit aux cours gratuits organis&#233;s en faveur des ouvriers, rue des Poiriers, par l'Association philotechnique que pr&#233;sidait le comte de Lariboisi&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ces cours du soir, il apprend le fran&#231;ais, la g&#233;om&#233;trie, la m&#233;canique, le droit, la comptabilit&#233; (qui lui servira plus tard pour cr&#233;er des coop&#233;ratives, comme la Marmite, ou pendant la Commune de Paris) et la st&#233;nographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant depuis son plus jeune &#226;ge, aim&#233; la musique, il s'initia au chant gr&#226;ce &#224; la m&#233;thode Galin-Paris-Chev&#233;, rue de l'Arbal&#232;te. Selon Lucien Descaves, qui interrogea la famille et les proches de Varlin, il avait une voix basse agr&#233;able et chantait juste. Il chantait, entre autres, en famille, la chanson du relieur de livres &lt;i&gt;Mon f&#251;t&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Va, mon f&#251;t, la science humaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut &#224; tout feuillet te b&#233;nir ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Glisse, glisse : ouvre ton domaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux travailleurs fiers de s'unir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait un &#233;l&#232;ve appliqu&#233;, pers&#233;v&#233;rant, plein d'obstination pour s'am&#233;liorer. A la fin de l'ann&#233;e scolaire 1860-1861, cet &#171; &#233;tudiant &#187; de 22 ans obtint un second prix de comptabilit&#233;, un second prix de fran&#231;ais et une mention de g&#233;om&#233;trie qui lui furent d&#233;cern&#233;s au cirque de l'Imp&#233;ratrice&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La premi&#232;re de ces r&#233;compenses lui valut le livre &lt;i&gt;Les Chefs-d'&#339;uvre de Shakespeare&lt;/i&gt;, comprenant le texte anglais et une traduction fran&#231;aise. La seconde &#233;tait constitu&#233;e par un manuel de morale et d'&#233;conomie politique de Leymarie, intitul&#233; &lt;i&gt;Tout pour le travail.&lt;/i&gt; Puis un livret de caisse d'&#233;pargne lui fut offert par le prince imp&#233;rial. Dans le palmar&#232;s des ann&#233;es suivantes, Eug&#232;ne n'y figure plus, mais son fr&#232;re Louis est cit&#233; trois fois en 1862-1863, une fois en 1863-1864 et une derni&#232;re fois en 1864-1865. Autres personnages &#233;voqu&#233;s : le bronzier Albert Theisz, futur membre de l'Internationale et directeur des Postes sous la Commune ; Gustave Drouchon, m&#233;canicien, directeur de l'artillerie f&#233;d&#233;r&#233;e ; Auguste Rodin, jeune sculpteur alors inconnu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Cordillot, Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1862, il change de logement et s'installe au 33, rue Dauphine, dans une chambre de l'h&#244;tel d'Aubusson. Il acheta pour 90 F, au roi Clovis, brocanteur &#224; la montagne Sainte-Genevi&#232;ve, un lit, un sommier, une commode, une table et deux chaises apr&#232;s avoir vers&#233; 20 F d'arrhes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re Louis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait demeur&#233;, &#224; l'&#226;ge de 13 ans, partiellement paralys&#233; &#224; la suite d'un coup de fourche re&#231;u accidentellement pendant la fenaison. Il avait pass&#233; deux ann&#233;es au coll&#232;ge de Meaux gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'oncle Duru. II vint s'installer avec Eug&#232;ne et y restera jusqu'en 1871. Les deux fr&#232;res continu&#232;rent &#224; s'instruire en apprenant le latin chez un professeur libre, Jules Andrieu, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gros homme borgne &#224; l'allure d&#233;bonnaire&lt;/q&gt;, d'apr&#232;s Maurice Foulon. Eug&#232;ne fut vivement impressionn&#233; par les opinions g&#233;n&#233;reuses de ce r&#233;publicain &#233;rudit. Parmi ces condisciples, figuraient Henri Tolain et Charles Limousin, deux des fondateurs de l'Association internationale des travailleurs en France, ainsi que Louis Debock, principal accus&#233; du proc&#232;s des typographes de l'imprimerie Dupont en 1862 et futur directeur de l'Imprimerie nationale sous la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, avec de bonnes bases intellectuelles, Varlin va s'employer dans les ann&#233;es &#224; venir &#224; faire concorder la pens&#233;e et l'action en s'impliquant de mani&#232;re tr&#232;s active dans la Soci&#233;t&#233; des relieurs, l'Association internationale des travailleurs et dans l'exp&#233;rience des restaurants coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de 1749 &#224; 1845 ont disparu des archives d&#233;partementales de Seine-et-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire certains. Cf. l'extrait de l'acte de naissance d'Eug&#232;ne Varlin o&#249; il est signal&#233; que son p&#232;re se nommait Aim&#233;-Alexandre (1805-1870).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Foulon, &lt;i&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/i&gt;, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la &lt;i&gt;Vie ouvri&#232;re &lt;/i&gt; n'137, du 5 mai 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; sur le c&#244;t&#233; nord du jardin des Champs-Elys&#233;es entre les d&#233;bouch&#233;s actuels de la rue du Cirque et de l'avenue Matignon. Construit en 1841 par Hittorf, en meuli&#232;re, il avait &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; par Pradier, Bosio et Durer, et pouvait contenir 6 000 spectateurs. Il fut d&#233;moli en 1899, Cf.&lt;i&gt; Paris et les Parisiens sous le Second Empire&lt;/i&gt;, Michel Cabaud, &#233;d. Belfond.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Cordillot,&lt;i&gt; Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;&lt;/i&gt;, Editions ouvri&#232;res, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; puis, fonctionnaire de la Commune, il fut emprisonn&#233; apr&#232;s la Semaine sanglante et demeurera pr&#232;s de trois ans sur les pontons de Brest avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nathalie Lemel </title>
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		<dc:date>2025-05-07T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Paule Lejeune </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no11-eugene-varlin-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;11 : &#171; Eug&#232;ne Varlin &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-nathalie-lemel-191-+" rel="tag"&gt;Nathalie Lemel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-la-commune-de-paris-+" rel="tag"&gt;La Commune de Paris (1871)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1171-feff0.jpg?1774720728' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Elle ne ressemble gu&#232;re au portrait de la communarde que les &#233;crivains bien pensants n'ont cess&#233; de proposer, Nathalie Lemel. Ce n'est point cette gaillarde surexcit&#233;e, buvant sec, la pire injure &#224; la bouche, prenant un plaisir malsain &#224; commander des tueries. Et pourtant c'est bien une communarde, Nathalie. Et l'une des plus actives. Et l'une des plus h&#233;ro&#239;ques. Malheureusement pour parler d'elle cent ans apr&#232;s, on ne dispose gu&#232;re de documents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, comme pour bien des r&#233;volutionnaires, c'est dans les archives de la police, dans les rapports de gendarmerie, dans les comptes rendus de proc&#232;s qu'il faut aller glaner des renseignements. Lisons donc la fiche signal&#233;tique la concernant : 1 m 49 ; elle est blonde avec des yeux gris, un nez retrouss&#233;, un visage ovale. Et c'est tout ce que nous saurons.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1556 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH199/file-b8913-2397a.png?1774709809' width='150' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle ne paraissait pas destin&#233;e &#224; la r&#233;sistance ouvri&#232;re et politique par son origine, par son v&#233;cu d'enfant, d'adolescente. Ses parents, ais&#233;s, tenaient un caf&#233; &#224; Brest et l'&#233;lev&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec assez de soins&lt;/q&gt;, c'est-&#224;-dire qu'elle dut sans doute aller dans une &#233;cole religieuse pour y apprendre &#224; lire dans un recueil de pri&#232;res et ensuite s'initier &#224; la couture, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; la broderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle se marie en 1845 (elle a 19 ans) avec un ouvrier relieur, J&#233;r&#244;me Lemel, de huit ans son a&#238;n&#233;. Et la tradition familiale semble fonctionner normalement puisqu'ils ont trois enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couple quitte Brest, sa ville natale, en 1849, pour aller s'installer &#224; Quimper. Que font-ils &#224; Quimper ? Elle tient une librairie ; quant au mari, on ne sait trop : l'aide-t-il ? Poursuit-il son m&#233;tier de relieur ? Il est possible qu'il relie &#224; domicile, comme une activit&#233; annexe &#224; la vente des livres. Et c'est l&#224; sans doute que commence &#224; se nouer le destin de Nathalie. Mais on manque de documents et l'on est r&#233;duit de nouveau &#224; des hypoth&#232;ses. Le rapport de gendarmerie de Quimper nous dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1861, ils se d&#233;clar&#232;rent en faillite et partirent pour Paris&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle vend des livres, elle a sans doute la curiosit&#233;, d&#233;plac&#233;e, de les lire, et son horizon s'&#233;largit ; elle se pose des questions, elle a envie de discuter de ce qu'elle voit ; elle sort de son r&#244;le de femme, donc elle prend &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des allures d'ind&#233;pendance&lt;/q&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Elue au syndicat des relieurs &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/image-1b2c5-02f9c.jpg?1774709809' width='150' height='185' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nathalie Lemel&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Une fois &#224; Paris, sortie du carcan provincial et religieux, oblig&#233;e par manque d'argent d'apprendre et d'exercer un m&#233;tier, celui de relieuse, Nathalie va &#233;voluer beaucoup plus vite. D'autant qu'elle se trouve brusquement dans un climat de surchauffe politique. C'est la p&#233;riode o&#249; les travailleurs vont constituer &#8212; en 1864 &#8212; une Association internationale, o&#249; des gr&#232;ves vont &#233;clater un peu dans tous les secteurs ; et en particulier dans celui o&#249; travaille Nathalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ao&#251;t 1864, une gr&#232;ve longue et tr&#232;s dure est men&#233;e par les ouvriers relieurs de Paris ; parmi eux, un militant de pointe, Eug&#232;ne Varlin. Nathalie est parmi les gr&#233;vistes. Et, lorsque l'ann&#233;e suivante, une nouvelle gr&#232;ve sera d&#233;cid&#233;e, elle sera du comit&#233; de gr&#232;ve et ensuite &#233;lue d&#233;l&#233;gu&#233;e syndicale. Ce qui constituait une v&#233;ritable r&#233;volution pour l'&#233;poque, dans le milieu ouvrier encore sous l'influence de Proudhon qui rel&#233;guait les femmes au foyer ou sur le trottoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que Nathalie Lemel avait d&#251; montrer sa t&#233;nacit&#233;, son sens de l'organisation dans ces luttes vraiment h&#233;ro&#239;ques car c'&#233;tait la faim, c'&#233;tait la rue qui mena&#231;aient &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie s'inscrit bien vite &#224; l'Internationale et prend une part de plus en plus active &#224; la r&#233;sistance contre le Second Empire. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Elle s'&#233;tait fait remarquer par son exaltation, &#233;crit le commissaire de son quartier, elle s'occupait de politique ; dans les ateliers, elle lisait &#224; haute voix les mauvais journaux ; elle fr&#233;quentait assid&#251;ment les clubs.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, une femme perdue. Et c'est bien entendu sur elle que la soci&#233;t&#233; &#8212; sous les traits du commissaire enqu&#234;teur &#8212; va faire retomber l'&#233;chec de son mariage. Elle quitte le domicile conjugal en 1868 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'exaltation de ses opinions politiques et les discussions auxquelles elle se livrait continuellement auraient &#233;t&#233; pour beaucoup dans cette s&#233;paration&lt;/q&gt; (le tout soulign&#233; en rouge !). Mais le commissaire omet de pr&#233;ciser que le mari s'&#233;tait mis &#224; boire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e de ses entraves conjugales, Nathalie va pouvoir se consacrer plus intens&#233;ment &#224; ses activit&#233;s militantes. Avec Varlin et quelques autres relieurs, elle cr&#233;e une coop&#233;rative d'alimentation, la M&#233;nag&#232;re, puis, &#224; partir de 1868, une sorte de restaurant ouvrier, la Marmite. Elle y est caissi&#232;re, secr&#233;taire ; elle loge sur place pour &#234;tre plus efficace. Cette id&#233;e de coop&#233;rative a un tel succ&#232;s que trois autres restaurants s'ouvrent, regroupant environ 8 000 travailleurs. On y mange bien, des choses saines, abondantes ; on se retrouve entre soi, on peut discuter, lire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les mauvais journaux&lt;/q&gt;, hors du regard des argousins de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, Nathalie va participer pleinement &#224; la Commune de Paris. D&#233;j&#224; pendant le si&#232;ge par les Prussiens, pendant ce terrible hiver 1870, elle avait tout fait pour distribuer &#224; manger, pr&#233;parer les repas dans les restaurants de la Marmite. Mais le 18 mars, quand le drapeau rouge flotte sur l'h&#244;tel de ville, elle va pouvoir &#339;uvrer de fa&#231;on vraiment constructive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes ne sont pas &#233;ligibles &#224; la Commune ? Qu'&#224; cela ne tienne, elles constituent leur structure &#224; elles qui leur permettra de se regrouper, de d&#233;battre des probl&#232;mes du travail, d'ouvrir des ateliers. Et c'est la cr&#233;ation le 11 avril 1871 de l'Union des femmes, que Nathalie Lemel a mise en place avec Elisabeth Dmitrieff et un groupe d'ouvri&#232;res. Cette &#171; union &#187;, tr&#232;s structur&#233;e, dont le manifeste-programme est un des textes les plus avanc&#233;s de cette p&#233;riode, va donc commencer dans les quartiers populaires &#8212; les autres ont &#233;t&#233; d&#233;sert&#233;s &#8212; son action d'information, d'aide, de regroupement. Des clubs sont cr&#233;&#233;s o&#249; les femmes prennent une parole pr&#233;cise, &#233;nergique, tr&#232;s r&#233;aliste. Apr&#232;s le 18 mars, on la vit parcourir les clubs de femmes, y prendre la parole et y pr&#234;cher dans un langage excessivement violent les th&#233;ories les plus subversives.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le temps des barricades &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nathalie, avec une centaine de femmes, se replie des Batignolles vers la place Blanche, puis vers la place Pigalle. Pendant des heures, elles font le coup de feu pour tenter d'arr&#234;ter l'assaillant versaillais. Un t&#233;moin dira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Rentrant chez elle le 23 mai, les mains et les l&#232;vres noires, couverte de poussi&#232;re, elle disait avoir combattu 48 heures sans manger et elle ajoutait avec beaucoup d'animosit&#233; : Nous sommes battus, mais non vaincus.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous la retrouvons aussi indomptable devant le conseil de guerre. Elle assume fi&#232;rement toutes les responsabilit&#233;s de son action r&#233;volutionnaire, comme Louise Michel. Et toutes deux, condamn&#233;es &#224; la d&#233;portation, seront jet&#233;es dans le m&#234;me bateau pour &#234;tre livr&#233;es aux autorit&#233;s du bagne de Noum&#233;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l&#224; encore elles ne s'avou&#232;rent pas vaincues, puisque d&#232;s leur arriv&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie elles refusent un traitement &#224; part, parce que, disent-elles : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous ne demandons ni n'acceptons aucune faveur et nous irons vivre avec nos cod&#233;port&#233;s dans l'enceinte fortifi&#233;e que la loi nous fixe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1880 c'est la loi d'amnistie, le retour en France des communards. Nathalie, &#226;g&#233;e, &#233;prouv&#233;e par ses ann&#233;es de d&#233;portation, trouvera un emploi manuel dans l'imprimerie d'un journal ; et sans &#234;tre une militante de pointe comme Paule Minck ou Louise Michel, elle continuera &#224; suivre les &#233;v&#233;nements, &#224; &#233;voquer les grands jours de la Commune et &#224; intervenir tout particuli&#232;rement pour d&#233;fendre les conditions de travail des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nathalie Lemel, c'est vraiment la communarde comme on en vit des milliers sur les barricades : venues de province, ouvri&#232;res pour la plupart, acqu&#233;rant une conscience politique en tant que femmes travailleuses doublement exploit&#233;es, allant jusqu'au bout et tr&#232;s souvent jusqu'&#224; la mort, pour sauver la R&#233;volution qui leur apparaissait la seule voie possible pour la lib&#233;ration des femmes.&lt;/p&gt;
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		<title>Varlin conspirateur - James Guillaume - Brochure [PDF]</title>
		<link>http://partage-noir.fr/varlin-conspirateur-james-guillaume-brochure-pdf</link>
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		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;PARTAGE NOIR 2020 - Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton655-ed163.jpg?1774712469' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;PARTAGE NOIR 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_568 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende compteur' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/pdf/eugene-varlin-pn-brochure.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L212xH150/00-29-66ff2.png?1774693243' width='212' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume - Brochure [PDF]
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Tant qu'un homme pourra mourir de faim &#224; la porte d'un palais o&#249; tout regorge, il n'y aura rien de stable dans les institutions humaines. &#187;</title>
		<link>http://partage-noir.fr/tant-qu-un-homme-pourra-mourir-de-faim-a-la-porte-d-un-palais-ou</link>
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		<dc:creator>Eug&#232;ne Varlin</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

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		<title>Coop&#233;ratives - Pour faire bouillir la Marmite </title>
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		<dc:date>2023-05-27T13:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Andr&#233; Devriendt </dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>La Commune de Paris (1871)</dc:subject>
		<dc:subject>Nathalie Lemel</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les voies de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re sont multiples et les coop&#233;ratives, tout en am&#233;liorant les conditions de vie imm&#233;diates, permettent d'apprendre &#224; g&#233;rer collectivement un bien commun. En 1867, Varlin lance une coop&#233;rative de consommation, la M&#233;nag&#232;re, puis en 1868 un restaurant coop&#233;ratif, la Marmite.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1394-613b3.png?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les voies de l'&#233;mancipation ouvri&#232;re sont multiples et les coop&#233;ratives, tout en am&#233;liorant les conditions de vie imm&#233;diates, permettent d'apprendre &#224; g&#233;rer collectivement un bien commun. En 1867, Varlin lance une coop&#233;rative de consommation, la M&#233;nag&#232;re, puis en 1868 un restaurant coop&#233;ratif, la Marmite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;On les pers&#233;cute, on les tue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Quitte, apr&#232;s un lent examen, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;A leur dresser une statue, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Pour la gloire du genre humain.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chanson de B&#233;ranger : les Fous.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Un homme, une voix, c'est le principe fondamental des organismes de l'&#233;conomie sociale : coop&#233;ratives, mu&#173;tuelles, associations &#224; buts non lucra&#173;tifs r&#233;gies par la loi de 1901, quel que soit l'apport de chacun et quelle que soit la fonction exerc&#233;e. Ce principe ne pouvait que convenir &#224; Varlin, mais ce n'est pas cela seulement qui l'a conduit &#224; cr&#233;er des coop&#233;ratives. D&#232;s le d&#233;but du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, des tra&#173;vailleurs ont cherch&#233; &#224; se d&#233;gager de l'exploitation sans merci dont ils &#233;taient victimes. On travaillait douze heures par jour pour des salaires de mis&#232;re ; les enfants, d&#232;s l'&#226;ge de huit ans, devaient eux aussi travailler dans les manufactures, m&#234;me parfois de nuit dans les plus mauvais cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas &#233;tonnant, donc, que les plus entreprenants de ces travailleurs aient adopt&#233; une forme d'organisa&#173;tion du travail, de la production et de la distribution des produits qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;visait &#224; &#233;liminer le patron, &#224; donner &#224; l'ou&#173;vrier l'int&#233;gralit&#233; du produit de son travail (coop&#233;rative de production) ou qui supprimait le marchand, les inter&#173;m&#233;diaires, le commerce (coop&#233;rative de consommation)&lt;/q&gt;. Bien qu'on e&#251;t dit que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le syst&#232;me coop&#233;ratif n'est pas sorti du cerveau d'un savant ou d'un r&#233;formateur, mais des entrailles du peuple&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Gide, les Soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de -consommation.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, les &#233;crits de th&#233;oriciens tels que Fourier, Proudhon, Saint&#173;-Simon, De L'Ange, Auguste Comte, Louis Blanc, Robert Owen... ont contribu&#233; puissamment au d&#233;velop&#173;pement du syst&#232;me coop&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie sociale repose sur trois principes de base : l'adh&#233;sion volon&#173;taire, l'&#233;galit&#233; des droits, la non-r&#233;mu&#173;n&#233;ration d'un capital ; les b&#233;n&#233;fices &#233;tant distribu&#233;s sous forme de pres&#173;tations. La coop&#233;ration, puisque c'est d'elle plus particuli&#232;rement qu'il s'agit ici, ce sont des producteurs ou des consommateurs qui s'associent libre&#173;ment et administrent leurs affaires en dehors de toute tutelle &#233;tatique ou capitaliste. En eux-m&#234;mes, le coop&#233;&#173;ratisme, le mutualisme ne sont pas r&#233;volutionnaires. Ils peuvent cepen&#173;dant &#234;tre un levier puissant pour un changement de soci&#233;t&#233; tel que nous le voulons. C'est aussi un lieu d'exp&#233;&#173;riences, d'apprentissage de la gestion &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les premi&#232;res associa&#173;tions coop&#233;ratives furent cr&#233;&#233;es &#224; Pa&#173;ris en 1831 : Association des menui&#173;siers, Association des typographes, Association des bijoutiers en dor&#233; (1843). A Lyon, ce fut, en 1835, le Commerce v&#233;ritable et social. En Angleterre, vingt-huit tisserands fon&#173;d&#232;rent en 1844 la fameuse coop&#233;ra&#173;tive les Equitables Pionniers de Roch&#173;dale, qui donna l'essor &#224; tout le mouvement coop&#233;ratif dans le pays. En Allemagne, c'est d'abord sous la forme du cr&#233;dit coop&#233;ratif (mutuel) qu'apparut la coop&#233;ration en 1845-1846 sous les efforts de Guillaume Raiffeisen puis de Schulze-Delitzsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e faisait donc son chemin, mais c'est la r&#233;volution de 1848 qui fit &#171; exploser &#187; le mouvement coop&#233;ra&#173;tif. Des centaines de coop&#233;ratives furent cr&#233;&#233;es. Cependant, l'&#233;lan fut rapidement bris&#233; lorsque le Second Empire, en 1852, prit la d&#233;cision de dissoudre toutes les coop&#233;ratives. Un nouveau d&#233;part eut lieu &#224; partir de 1864, notamment des coop&#233;ratives de consommation, lorsque l'Empire devint &#171; lib&#233;ral &#187;, car il avait besoin de l'appui de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, un mouvement de cette importance, et vu son ambition, ne pouvait que susciter des contro&#173;verses au sein de la classe ouvri&#232;re organis&#233;e et de la soci&#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral. Les &#233;conomistes, d'abord m&#233;fiants, finirent par conclure que, somme toute, la coop&#233;ration pourrait &#234;tre un barrage &#224; la r&#233;volution, par une r&#233;forme sociale pacifique du probl&#232;me des rapports du capital et du travail.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/vvvvv.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH209/vvvvv-4ba7a-ebb21.png?1774707101' width='150' height='209' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Londres septembre 1865 (Source le &lt;a href=&#034;https://macommunedeparis.com/2021/02/09/londres-septembre-1865-eugene-varlin-avec-tolain-fribourg-limousin-et-un-photographe/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de Mich&#232;le Audin&lt;/a&gt;)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les socialistes, l'accueil fut variable. Jusqu'&#224; la Commune, les socialistes fran&#231;ais furent favorables. Les th&#232;ses marxis&#173;tes, oppos&#233;s, ne furent vraiment connues en France qu'&#224; partir de 1872. La th&#233;orie de Lassalle sur la loi d'airain fut alors r&#233;pandue. On la conna&#238;t : quoi qu'on fasse sous le r&#233;gime capitaliste, le salaire de l'ouvrier se r&#232;gle toujours sur ses d&#233;penses pour son entretien. Il ne peut &#234;tre sup&#233;rieur. Donc, affirmaient les marxistes, les coop&#233;ratives de consommation font jouer un r&#244;le de dupe au travailleur, car plus on dimi&#173;nuera le co&#251;t de la vie &#8212;ce qui &#233;tait un des principaux buts des coop&#233;ra&#173;tives&#8212; plus on fera diminuer son salaire. Dans ce sens, le coop&#233;ratisme ne sert &#224; rien. De plus, ils le consid&#233;&#173;raient comme un moyen insuffisant et chim&#233;rique d'&#233;mancipation du sala&#173;riat ; il retardait m&#234;me la r&#233;volution n&#233;cessaire. Ils n'&#233;taient d'ailleurs pas les seuls &#224; penser ainsi, mais reve&#173;nons au temps de Varlin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coop&#233;ratisme, ou la coop&#233;ration, fit l'objet du point 5 de l'ordre du jour du congr&#232;s de Gen&#232;ve de l'Internatio&#173;nale, qui se tint du 3 au 8 septembre 1866. Varlin y participait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point 5 de l'ordre du jour, inti&#173;tul&#233; &#171; Travail coop&#233;ratif &#187;, fit l'objet d'une r&#233;solution dans laquelle le congr&#232;s pr&#233;cisait qu'il ne devait pas procla&#173;mer un syst&#232;me sp&#233;cial de coop&#233;ra&#173;tion, mais se limiter &#224; l'&#233;nonc&#233; de quelques principes g&#233;n&#233;raux. L'Association internationale des tra&#173;vailleurs reconnaissait le mouvement coop&#233;ratif comme une des forces transformatrices de la soci&#233;t&#233; pr&#233;&#173;sente, bas&#233;e sur l'antagonisme des classes. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[Son]&lt;/span&gt; grand m&#233;rite est de montrer pratiquement que le syst&#232;me actuel de subordination du travail au capital, despotique et paup&#233;risateur, peut &#234;tre supplant&#233; par le syst&#232;me r&#233;publicain de l'association de pro&#173;ducteurs libres et &#233;gaux.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, le mouvement coop&#233;ra&#173;tif &#233;tait consid&#233;r&#233; par le congr&#232;s comme impuissant &#224; transformer par lui-m&#234;me la soci&#233;t&#233; capitaliste. Pour cela, des changements g&#233;n&#233;raux sont indispensables. Le congr&#232;s recom&#173;mandait aux ouvriers d'encourager la coop&#233;ration de production plut&#244;t que la coop&#233;ration de consommation. Enfin, les soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives devaient consacrer une partie de leurs fonds &#224; la propagande de leurs prin&#173;cipes et, surtout, pour les emp&#234;cher de d&#233;g&#233;n&#233;rer, elles devaient accorder le m&#234;me salaire &#224; tout ouvrier ou employ&#233;, associ&#233; ou non.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Varlin et le coop&#233;ratisme &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/eugene_varlin_by_vallotton_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/eugene_varlin_by_vallotton_copie-3050f-25f47.jpg?1774707101' width='150' height='177' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Eug&#232;ne Varlin. Portrait par F&#233;lix Vallotton paru dans La Revue blanche en 1897.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Varlin dut suivre attentivement le congr&#232;s de Gen&#232;ve et particuli&#232;rement la discussion du point 5 de l'ordre du jour. En effet, il &#233;tait d&#233;j&#224; convaincu de la n&#233;cessit&#233; de constituer des grou&#173;pements corporatifs, des coop&#233;ratives, dans lesquels les travailleurs auraient un peu plus de s&#233;curit&#233; et de bien-&#173;&#234;tre et acquerraient l'habitude de la solidarit&#233; et la conscience de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un article de &lt;i&gt;la Marseillaise&lt;/i&gt;, il &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, sous quelque forme qu'elles existent actuel&#173;lement, ont d&#233;j&#224; cet immense avan&#173;tage d'habituer les hommes &#224; la vie de soci&#233;t&#233; et de les pr&#233;parer ainsi pour une organisation sociale plus &#233;tendue. Elles les habituent non seulement &#224; s'accorder et &#224; s'entendre, mais encore &#224; s'occuper de leurs affaires, &#224; s'orga&#173;niser, &#224; discuter, &#224; raisonner de leurs int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels et moraux, et tou&#173;jours au point de vue collectif, puisque leur int&#233;r&#234;t personnel individuel, direct, dispara&#238;t d&#232;s qu'ils font partie d'une collectivit&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position du congr&#232;s ne pouvait donc que le renforcer dans son opi&#173;nion. D&#232;s le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1866, il avait cr&#233;&#233; la Soci&#233;t&#233; civile d'&#233;pargne et de cr&#233;&#173;dit mutuel des ouvriers relieurs. C'est lui qui en r&#233;digea les statuts, dans lesquels, il faut le souligner car ce n'&#233;tait pas courant &#224; l'&#233;poque, l'&#233;galit&#233; des droits des relieurs et des relieuses &#233;tait affirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenu de Gen&#232;ve, il entreprit de constituer une coop&#233;rative de consom&#173;mation. Ce fut fait en 1867 : la M&#233;na&#173;g&#232;re, coop&#233;rative de consommation, fonctionne. Puis, le 19 janvier 1868, Varlin fonde un restaurant coop&#233;ra&#173;tif : la Marmite, qui eut un tel succ&#232;s que trois succursales durent &#234;tre rapi&#173;dement ouvertes. Au conseil d'admi&#173;nistration, autour du pr&#233;sident Eug&#232;ne Varlin, on trouve Nathalie Lemel, Alphonse Delacour, Antoine Bourdon, Louis Varlin. Ces coop&#233;ra&#173;tives fonctionn&#232;rent parfaitement jusqu'&#224; la fin de la Commune. La Marmite comptait 8 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charles Keller, membre de l'Inter&#173;nationale, communard, composa des po&#232;mes dont l'un, mis en musique par James Guillaume, a connu un grand succ&#232;s sous le nom de &lt;i&gt;la Jurassienne&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Ouvrier, prends la machine, &lt;/div&gt;
&lt;div&gt;Prends la terre, paysan !&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/carte_consommation_la_marmite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/carte_consommation_la_marmite-cf262-9f07a.jpg?1774707101' width='150' height='236' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carte consommation de La Marmite. Source : &lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;commune1871.org&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Keller, donc, fr&#233;quenta assid&#251;ment la Marmite, et il d&#233;crit ainsi l'atmo&#173;sph&#232;re chaleureuse qui y r&#233;gnait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On y prenait des repas modestes, mais bien accommod&#233;s, et la gaiet&#233; r&#233;gnait autour des tables. Les convives &#233;taient nombreux. Chacun allait chercher lui&#173;-m&#234;me ses plats &#224; la cuisine, et en ins&#173;crivait le prix sur la feuille de contr&#244;le qu'il remettait avec son argent au camarade charg&#233; de le recevoir. &lt;br class='autobr' /&gt;
G&#233;n&#233;ralement, on ne s'attardait pas et, pour laisser la place &#224; d'autres, on s'en allait apr&#232;s avoir satisfait son app&#233;tit. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois, cependant, quelques camarades plus intimes prolongeaient la s&#233;ance, et l'on causait. On chantait aussi. Le beau baryton Alphonse Delacour nous disait du Pierre Dupont, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;le Chant des ouvriers&lt;/span&gt;, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;la Locomotive&lt;/span&gt;, etc. La citoyenne Nathalie Lemel ne chantait pas ; elle philoso&#173;phait et r&#233;solvait les grands probl&#232;mes avec une simplicit&#233; et une facilit&#233; extraordinaires.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Varlin montre encore dans son acti&#173;vit&#233; de coop&#233;rateur qu'il ne se conten&#173;tait pas de propager des th&#233;ories ni d'attendre le Grand Soir pour entre&#173;prendre la transformation de la soci&#233;t&#233;. Il &#233;tait bien conscient que la cr&#233;ation de coop&#233;ratives, de soci&#233;t&#233;s de cr&#233;dit mutuel ne serait pas suffi&#173;sante pour amener une &#232;re nouvelle. Mais il comprit qu'&#224; de nouvelles conditions &#233;conomiques et sociales devaient correspondre de nouvelles m&#233;thodes de formation, d'organisa&#173;tion et de combat. Il ne pratiquait pas la politique du pire pour faire &#233;clater plus vite la r&#233;volution. La souffrance des travailleurs, il la vivait quoti&#173;diennement. Et si l'&#233;mancipation de ces travailleurs, l'abolition du sala&#173;riat &#233;taient bien son but, il fallait vivre en attendant, ne pas s'en remettre &#224; la charit&#233;, aider les ouvriers &#224; am&#233;liorer leur sort imm&#233;&#173;diat en les aidant &#224; cr&#233;er des associa&#173;tions qu'ils g&#233;reraient eux-m&#234;mes et dans lesquelles ils feraient l'appren&#173;tissage de la gestion, de l'administra&#173;tion du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un si&#232;cle plus tard, apr&#232;s l'&#233;crou&#173;lement du communisme marxiste, nous sommes devant les m&#234;mes pro&#173;bl&#232;mes, plus graves encore. Jamais, peut-&#234;tre, l'urgence de la transfor&#173;mation de la soci&#233;t&#233; n'a &#233;t&#233; aussi grande. Les organismes de l'&#233;conomie sociale existent toujours, quoique bien menac&#233;s et dans leur existence et dans leur &#171; &#233;thique &#187;. Les libertaires devraient sans doute en faire une des pierres de la fondation de l'&#233;difice social de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;widget_sitereference150|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chanson de B&#233;ranger : &lt;i&gt;les Fous&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Charles Gide, &lt;i&gt;les Soci&#233;t&#233;s coop&#233;ratives de -consommation&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Varlin conspirateur - James Guillaume [PDF]</title>
		<link>http://partage-noir.fr/varlin-conspirateur-james-guillaume-pdf</link>
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		<dc:date>2020-10-03T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;PARTAGE NOIR 2020 - Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-varlin-conspirateur-james-guillaume-" rel="directory"&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton654-caa24.png?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;PARTAGE NOIR 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_567 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende compteur' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/pdf/eugene-varlin-pn.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 1.6 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L212xH150/00-28-23949.png?1774693393' width='212' height='150' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume [PDF]
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>[08] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:date>2020-10-02T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une fois la lutte engag&#233;e entre Versailles et Paris, l'anxi&#233;t&#233; devint intense dans toute l'Europe chez ceux dont les sympathies allaient aux r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton653-bea12.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une fois la lutte engag&#233;e entre Versailles et Paris, l'anxi&#233;t&#233; devint intense dans toute l'Europe chez ceux dont les sympathies allaient aux r&#233;volutionnaires. Partout on cherchait des moyens de pr&#234;ter &#224; l'h&#233;ro&#239;que prol&#233;tariat parisien une assistance active ; et plusieurs, parmi les n&#244;tres, all&#232;rent se joindre aux d&#233;fenseurs de la cit&#233; assi&#233;g&#233;e par la r&#233;action. Il n'est pas utile de r&#233;v&#233;ler certains d&#233;tails. Qu'il suffise de reproduire ici deux passages de lettres de Bakounine, qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s ailleurs. Le premier est extrait d'une lettre &#233;crite &#224; Ozerof, le 5 avril :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Voil&#224; la lettre &#224; Varlin, pour toi. Je te l'envoie d&#232;s maintenant pour le cas o&#249;, aiguillonn&#233; par notre impatient ami Ross, tu te d&#233;ciderais &#224; partir pour Paris avant que les circonstances et principalement l'argent m'aient permis de me rendre aupr&#232;s de vous. J'ai d&#233;j&#224; &#233;crit hier &#224; toi et Ross &#224; ce sujet. La lettre &#224; Varlin devra lui &#234;tre remise par toi en mains propres. Selon toute probabilit&#233;, les Parisiens seront vaincus, mais leur mort ne sera pas inutile, s'ils accomplissent auparavant leur besogne. Qu'en p&#233;rissant, ils br&#251;lent au moins la moiti&#233; de Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bakounine est le compatriote de Rostopchine.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malheureusement les villes de province, Lyon, Marseille, etc., se montrent aussi pitoyables qu'auparavant, du moins d'apr&#232;s les nouvelles qui me parviennent... Les hommes de talent et d'&#233;nergie se r&#233;unissent en trop grand nombre &#224; Paris, si bien que je crains m&#234;me qu'ils ne s'entravent mutuellement ; par contre, il n'y a personne en province... James est-il parti, oui ou non ? &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre passage est d'une lettre au vieil Ogaref, du 9 avril :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Notre pauvre ami Ozerof, en ce moment, ne fait plus que d&#233;lirer avec les amis des Montagnes &#224; propos de Paris et de la France. Moi aussi j'ai eu le d&#233;lire, mais je ne l'ai plus. Je vois trop clairement que l'affaire est perdue. Les Fran&#231;ais, m&#234;me les ouvriers, ne sont pas encore &#224; la hauteur. Il a sembl&#233; que la le&#231;on avait &#233;t&#233; terrible, elle a &#233;t&#233; encore trop faible. Il leur faut de plus grandes calamit&#233;s, des secousses plus fortes. Les circonstances sont telles, que cela ne manquera pas, &#8212; et alors peut-&#234;tre le diable s'&#233;veillera-t-il. Mais aussi longtemps qu'il n'est pas r&#233;ellement &#233;veill&#233;, nous n'avons rien &#224; faire l&#224;. Payer les pots cass&#233;s par d'autres serait f&#226;cheux et fort d&#233;sagr&#233;able, d'autant plus que ce serait parfaitement inutile. Notre affaire est de nous pr&#233;parer, de nous organiser, de nous &#233;tendre, pour &#234;tre pr&#234;ts le jour o&#249; le diable s'&#233;veillera. Faire avant ce temps le sacrifice de nos faibles ressources et de nos quelques hommes &#8212; notre unique tr&#233;sor &#8212; serait criminel et b&#234;te. C'est l&#224; mon avis d&#233;finitif. Je m'efforce (efforce-toi aussi de ton c&#244;t&#233;) de tout mon pouvoir de retenir nos amis Ozerof et Boss&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ross partit n&#233;anmoins pour Paris, avec Valence Lankiewiez (un typographe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et aussi nos amis des Montagnes. J'ai &#233;crit hier &#224; Adh&#233;mar. Dis-le &#224; Ozerof ; du reste, il lira lui-m&#234;me aussi cette lettre. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'abr&#232;ge, &#8212; et je viens &#224; la catastrophe. Aux jours effroyables de la semaine sanglante et de l'&#233;gorgement des vaincus, Varlin lutta jusqu'&#224; la fin. On sut la mort de Delescluze, celle de Dombrowski, celle de Vermorel ; on parla aussi de la sienne : mais nous ne voulions pas y croire, et nous esp&#233;rions qu'il avait r&#233;ussi &#224; trouver quelque abri s&#251;r. Lorsqu'au commencement de juillet Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se rendit &#224; Paris pour porter des passeports destin&#233;s &#224; faciliter l'&#233;vasion de quelques survivants de la Commune, il avait re&#231;u le mandat de chercher &#224; d&#233;couvrir la retraite de Varlin ; quinze jours apr&#232;s, notre ami le jeune peintre Gustave Jeanneret partit &#224; son tour pour Paris avec la m&#234;me mission. La lugubre v&#233;rit&#233; ne fut connue avec certitude qu'au mois de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois de juin, dans un court &#233;crit dont il voulait faire le pr&#233;ambule de son &lt;i&gt;Empire knoulogermanique&lt;/i&gt;, Bakounine avait consacr&#233; au souvenir de Varlin des pages &#233;mues. J'en extrais ces quelques lignes, qui r&#233;sument on ne peut mieux l'impression que la belle et pure figure de notre ami avait faite sur l'esprit et sur le c&#339;ur de tous ceux qui l'avaient connu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes, &#224; la t&#234;te desquels se place naturellement notre ami Varlin, ne formaient dans la Commune qu'une tr&#232;s infime minorit&#233;... Je sais que beaucoup reprochent &#224; nos amis de Paris de ne s'&#234;tre pas montr&#233;s suffisamment socialistes dans leur pratique r&#233;volutionnaire ; [mais,] entre les th&#233;ories les plus justes et leur mise en pratique, il y a une distance immense qu'on ne franchit pas en quelques jours. Quiconque a eu le bonheur de conna&#238;tre Varlin, par exemple, pour ne nommer que celui dont la mort est certaine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bakounine, d&#232;s le premier moment, avait cru &#224; la mort de Varlin, tandis que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, sait combien, en lui et en ses amis, les convictions socialistes ont &#233;t&#233; passionn&#233;es, r&#233;fl&#233;chies et profondes. Mais pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;taient hommes de bonne foi, ils &#233;taient pleins de d&#233;fiance d'eux-m&#234;mes en pr&#233;sence de l'&#339;uvre immense &#224; laquelle ils avaient vou&#233; leur pens&#233;e et leur vie : ils se comptaient pour si peu ! Ils avaient d'ailleurs cette conviction que, dans la R&#233;volution sociale, diam&#233;tralement oppos&#233;e, en ceci comme dans tout le reste, &#224; la R&#233;volution politique, l'action des individus &#233;tait presque nulle et l'action spontan&#233;e des masses devait &#234;tre tout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Varlin avait &#233;t&#233; fusill&#233; le dimanche 28 mai 1871. S'il avait surv&#233;cu &#224; la d&#233;faite de la Commune, que serait-il arriv&#233; de lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses que je viens de raconter permettent de faire &#224; cette question cette r&#233;ponse irr&#233;fragable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congr&#232;s de la Haye, le 7 septembre 1872, Varlin aurait &#233;t&#233; expuls&#233; de l'Internationale, sur l'ordre de Karl Marx, par la m&#234;me clique qui expulsa Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JAMES GUILLAUME. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bakounine est le compatriote de Rostopchine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ross partit n&#233;anmoins pour Paris, avec Valence Lankiewiez (un typographe polonais qui avait pris part au mouvement du 28 septembre &#224; Lyon) Lankiewiez fut tu&#233; sur une barricade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bakounine, d&#232;s le premier moment, avait cru &#224; la mort de Varlin, tandis que nous, ses amis les plus jeunes, nous esp&#233;rions encore.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[07] Varlin conspirateur</title>
		<link>http://partage-noir.fr/07-varlin-conspirateur</link>
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		<dc:date>2020-10-01T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous voici arriv&#233;s &#224; l'insurrection du 18 mars et la Commune. Je n'ai pas &#224; raconter les &#233;v&#233;nements de ces deux mois : je veux seulement donner une indication qui fera toucher du doigt, une fois de plus, la mani&#232;re dont fonctionnait, internationalement, l'organisation secr&#232;te &#224; laquelle nous appartenions, Varlin et moi.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-varlin-conspirateur-james-guillaume-" rel="directory"&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton652-80157.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous voici arriv&#233;s &#224; l'insurrection du 18 mars et la Commune. Je n'ai pas &#224; raconter les &#233;v&#233;nements de ces deux mois : je veux seulement donner une indication qui fera toucher du doigt, une fois de plus, la mani&#232;re dont fonctionnait, internationalement, l'organisation secr&#232;te &#224; laquelle nous appartenions, Varlin et moi. Et, pour cela, je reproduis un r&#233;cit que j'ai fait ailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; Bakounine partait de Locarno pour Florence (o&#249; l'appelait une affaire priv&#233;e), je lisais &#224; Neuch&#226;tel la d&#233;p&#234;che, affich&#233;e &#224; la porte du ch&#226;teau, qui annon&#231;ait le mouvement du 18 mars. Le gouvernement avait abandonn&#233; Paris, l'h&#244;tel de ville &#233;tait occup&#233; par le Comit&#233; central de la garde nationale. Qu'&#233;tait-ce que le Comit&#233; central ? Au milieu de la liste de ces inconnus, je voyais le nom d'un des n&#244;tres, &#8212; justement de celui qui, depuis le Congr&#232;s de B&#226;le, faisait partie de notre intimit&#233;, &#8212; le nom de Varlin. Qu'allions-nous faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#233;l&#233;graphiai &#224; Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel et &#224; Auguste Spichiger. Ils accoururent. Nous d&#233;cid&#226;mes d'envoyer sur-le-champ quelqu'un &#224; Varlin, pour savoir de lui le vrai caract&#232;re du mouvement, et lui demander ce qu'il attendait de nous. Il fallait que notre &#233;missaire f&#251;t un homme non surveill&#233;, qui n'excit&#226;t pas les soup&#231;ons. Spichiger se chargea de trouver quelqu'un ; et le lendemain ou le sur-lendemain, il m'envoyait un jeune ouvrier guillocheur du Locle, &#201;mile Jacot. Je remis &#224; celui-ci quelques lignes pour Varlin, trac&#233;es au crayon sur les feuilles d'un cahier de papier &#224; cigarettes. Le voyage &#233;tait encore fort long ; on n'allait toujours pas directement de Neuch&#226;tel &#224; Paris : Jacot n'arriva que le samedi 25 au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se fit indiquer l'h&#244;tel de ville, mais les sentinelles ne l'y laiss&#232;rent pas p&#233;n&#233;trer. Apr&#232;s avoir inutilement parlement&#233;, il finit par s'attabler chez un marchand de vin, dans une rue voisine ; l&#224;, son air &#233;tranger, ses propos et ses questions attir&#232;rent bient&#244;t l'attention, et &#233;veill&#232;rent les soup&#231;ons. On alla chercher la garde, et on l'arr&#234;ta comme espion. Il d&#233;clara qu'il ne parlerait que devant le Comit&#233; central ; et c'est ainsi qu'il franchit, entour&#233; de ba&#239;onnettes, la porte de cet h&#244;tel de ville dont on lui avait refus&#233; l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'introduisit dans une pi&#232;ce attenante &#224; la salle o&#249; d&#233;lib&#233;rait le Comit&#233; central, et on pr&#233;vint Varlin, dont notre envoy&#233; avait indiqu&#233; le nom : par la porte entr'ouverte, Jacot put voir les membres du Comit&#233; assis autour d'une grande table et discutant avec animation. Varlin sortit ; apr&#232;s avoir lu mon message, il dit &#224; Jacot que les d&#233;p&#234;ches nous avaient donn&#233; une id&#233;e inexacte de la situation ; qu'il ne s'agissait pas de r&#233;volution internationale ; que le mouvement du 18 mars n'avait eu d'autre but que la revendication des franchises municipales de Paris, et que ce but &#233;tait atteint ; que les &#233;lections &#233;taient fix&#233;es au lendemain 26, et qu'une fois le Conseil municipal &#233;lu, le Comit&#233; central r&#233;signerait ses pouvoirs et tout serait fini. Jacot quitta Paris le lundi matin, et s'en revint nous apporter cette r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements s'&#233;taient produits en province &#224; la nouvelle de celui de Paris. On retrouve &#224; Lyon (22-23 mars) et &#224; Marseille (25 mars-1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; avril) la plupart des hommes qui avaient pris part, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, aux tentatives des 28 septembre, 31 octobre-4 novembre, etc. Ces insurrections furent promptement &#233;touff&#233;es, et Paris resta isol&#233;. L'arm&#233;e versaillaise attaqua les Parisiens le 2 avril. La confiance optimiste de Varlin, la veille des &#233;lections de la Commune, avait &#233;t&#233; cruellement tromp&#233;e : il n'avait pas devin&#233; quels plans atroces formait la r&#233;action &#224; Versailles, ni pressenti que de cette &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tranquille et belle rivi&#232;re bleue&lt;/q&gt; dont parlait Vall&#232;s dans un article fameux, Thiers, avec la complicit&#233; de Bismarck, allait faire un fleuve de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[06] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Varlin &#233;tait rentr&#233; &#224; Paris, les membres de l'Internationale emprisonn&#233;s avaient &#233;t&#233; remis en libert&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-varlin-conspirateur-james-guillaume-" rel="directory"&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton651-f1a2f.png?1774712469' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Varlin &#233;tait rentr&#233; &#224; Paris, les membres de l'Internationale emprisonn&#233;s avaient &#233;t&#233; remis en libert&#233;. Le Conseil f&#233;d&#233;ral parisien de l'Internationale, qui avait son si&#232;ge &#224; la Corderie du Temple, fut imm&#233;diatement r&#233;organis&#233; ; &#224; c&#244;t&#233; de lui si&#233;geait, dans le m&#234;me local, la Chambre f&#233;d&#233;rale des soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, qui dans toutes les circonstances importantes, concertait son action avec celte du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral. En outre, il se constitua dans chacun des vingt arrondissements un &#171; Comit&#233; de vigilance &#187;, form&#233; d'hommes d'action appartenant aux diverses fractions du parti le plus avanc&#233; : ces vingt Comit&#233;s furent reli&#233;s entre eux par un &#171; Comit&#233; central r&#233;publicain des vingt arrondissements &#187;, qui s'installa, lui aussi, &#224; la Corderie, devenue le foyer du mouvement &#224; Paris. Dans ce Comit&#233; central se trouvaient surtout des membres de l'internationale : au bas de l'affiche rouge qu'il publia le 19 septembre pour demander la lev&#233;e en masse, l'acc&#233;l&#233;ration de l'armement, et le rationnement, on rel&#232;ve entre autres, &#224; c&#244;t&#233; du nom de Varlin, ceux de Beslay, Combault, Cam&#233;linat, Duval, Ferr&#233;, Flourens, Jaclard, Lefran&#231;ais, Malon, Pindy, Pottier, Ramier, Tridon, Theisz, Vaillant, Vall&#232;s. La veille du jour o&#249; cette affiche parut, l'investissement complet de la capitale par l'arm&#233;e allemande &#233;tait achev&#233; : Paris allait &#234;tre s&#233;par&#233; du reste du monde jusqu'au 28 janvier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Bakounine, voulant absolument prendre part de sa personne &#224; l'action r&#233;volutionnaire qu'il pr&#234;chait, avait quitt&#233; Locarno le 9 septembre et arrivait &#224; Lyon le 15. Pendant ce temps s'imprimait &#224; Neuch&#226;tel, &#224; l'imprimerie de la &lt;i&gt;Solidarit&#233;&lt;/i&gt;, sa brochure &lt;i&gt;Lettres &#224; un Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, o&#249; il avait expos&#233; le programme du mouvement qui se pr&#233;parait. Des &#171; Comit&#233;s du Salut de France &#187; s'&#233;taient organis&#233;s &#224; Lyon, &#224; Marseille, &#224; Saint-&#201;tienne, et dans quelques autres villes ; ces Comit&#233;s, apr&#232;s s'&#234;tre f&#233;d&#233;r&#233;s, r&#233;dig&#232;rent un programme r&#233;volutionnaire, imprim&#233; sur une affiche rouge qui fut placard&#233;e &#224; Lyon le 26 septembre, au nom de la &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire des communes&lt;/i&gt;. On y lisait les r&#233;solutions suivantes, que les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Comit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;s du Salut de la France proposaient &#224; l'adoption du peuple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;La machine administrative et gouvernementale de l'&#201;tat, &#233;tant devenue impuissante, est abolie. Le peuple de France rentre en pleine possession de lui-m&#234;me. &#8212; Tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplac&#233;s par la justice du peuple. &#8212; Le paiement de l'imp&#244;t et des hypoth&#232;ques est suspendu. L'imp&#244;t est remplac&#233; par les contributions des communes f&#233;d&#233;r&#233;es, pr&#233;lev&#233;es sur les classes riches, proportionnellement aux besoins du salut de la France. &#8212; L'&#201;tat, &#233;tant d&#233;chu, ne pourra plus intervenir dans le paiement des dettes priv&#233;es. &#8212; Toutes les organisations municipales existantes sont cass&#233;es et remplac&#233;es dans toutes les communes f&#233;d&#233;r&#233;es par des Comit&#233;s de Salut de la France, qui exerceront tous les pouvoirs sous le contr&#244;le imm&#233;diat du peuple. &#8212; Chaque Comit&#233; de chef-lieu de d&#233;partement enverra deux d&#233;l&#233;gu&#233;s pour former la Convention r&#233;volutionnaire du Salut de la France. &#8212; Cette Convention se r&#233;unira imm&#233;diatement &#224; l'h&#244;tel de ville de Lyon, comme &#233;tant la seconde ville de France et la plus &#224; port&#233;e de pourvoir &#233;nergiquement &#224; la d&#233;fense du pays. Cette Convention, appuy&#233;e par le peuple entier, sauvera la France. &#8212; Aux armes !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;tel de ville de Lyon fut occup&#233; le 28 septembre par les r&#233;volutionnaires. On sait comment la trahison de Cluseret et la couardise de quelques-uns des signataires de l'affiche firent &#233;chouer le mouvement : le soir m&#234;me, l'h&#244;tel de ville &#233;tait de nouveau repris par les bataillons de l'ordre bourgeois. Bakounine, un moment prisonnier, mais d&#233;livr&#233; par ses amis, put &#233;chapper au mandat d'amener lanc&#233; contre lui par le procureur Andrieux, et se rendre &#224; Marseille, o&#249; il resta cach&#233; jusqu'au 24 octobre : ce jour-l&#224;, d&#233;sesp&#233;rant de voir un nouveau mouvement &#233;clater, et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n'ayant plus aucune foi dans la r&#233;volution en France&lt;/q&gt; (lettre &#224; Sentinon du 23 octobre), il s'embarqua pour G&#232;nes, avec l'aide du commissaire du Port, Lombard&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui fut, en 1871, condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s pour sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, afin de retourner &#224; Locarno. Sept jours plus tard, le 31 octobre, &#224; la nouvelle de la trahison de Bazaine, une insurrection &#233;clatait &#224; Marseille, et la Commune r&#233;volutionnaire, avec Alerini, Combe, Bastelica, etc., occupait l'h&#244;tel de ville et la pr&#233;fecture : mais elle ne put se maintenir, et le 4 novembre le pr&#233;fet Gent, envoy&#233; par Gambetta, faisait rentrer Marseille dans l'ob&#233;issance. Le jour m&#234;me o&#249; la Commune de Marseille succombait, il y avait, &#224; Lyon, un nouveau mouvement (4 novembre) : mais il n'aboutit qu'&#224; faire arr&#234;ter et proscrire quelques r&#233;volutionnaires. Un dernier soubresaut eut lieu &#224; Lyon le 20 d&#233;cembre, &#224; la nouvelle de la bataille de Nuits : ce jour-l&#224; p&#233;rit le brave militant F. Charvet, assassin&#233; par un officier. Un r&#233;gime de terreur bourgeoise pesa sur Lyon et Marseille jusqu'en f&#233;vrier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, d&#232;s le 8 octobre, une tentative pour substituer une Commune r&#233;volutionnaire au gouvernement dit de la D&#233;fense nationale avait &#233;t&#233; faite : mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;faute d'entente s&#233;rieuse des chefs de bataillon de la garde nationale avec les Comit&#233;s d'arrondissement et le Comit&#233; central, elle &#233;choua compl&#232;tement&lt;/q&gt;(Lefran&#231;ais). Le mouvement du 31 octobre &#233;choua de m&#234;me. Une derni&#232;re insurrection eut lieu le 22 janvier, six jours avant la capitulation. Au nombre des bataillons de gardes nationaux qui march&#232;rent sur l'h&#244;tel de ville ce jour-l&#224; se trouvait un bataillon des Batignolles, dans les rangs duquel &#233;tait Varlin ; les mobiles bretons, embusqu&#233;s dans l'h&#244;tel municipal et dans les annexes de l'avenue Victoria, les accueillirent en tirant, des fen&#234;tres blind&#233;es : pris entre deux feux, les manifestants furent oblig&#233;s de battre en retraite, en laissant sur le pav&#233; une centaine de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que les communications de Paris avec l'ext&#233;rieur furent r&#233;tablies, j'&#233;crivis de Neuch&#226;tel &#224; Varlin par l'interm&#233;diaire d'une personne s&#251;re (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier), pour avoir de ses nouvelles. Ma lettre, en raison des circonstances, des lignes de chemins de fer coup&#233;es, et du long circuit &#224; faire, ne lui parvint qu'au bout de vingt jours. On lira sa r&#233;ponse plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e nationale allait &#234;tre &#233;lue, et devait se r&#233;unir &#224; Bordeaux. Les &#233;lections &#233;taient fix&#233;es au 8 f&#233;vrier. Une lettre &#233;crite par moi le 24 f&#233;vrier &#224; un ami russe fera voir la fa&#231;on dont nous envisagions, en la circonstance, la participation &#224; la campagne &#233;lectorale (Tolain, Malon, Varlin et quelques autres membres de l'Internationale figuraient parmi les candidats) ; j'y disais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Tu as envie de savoir mon avis sur la part que doivent prendre nos amis fran&#231;ais au mouvement politique ? Mon Dieu, mon cher, tout cela est fort complexe. Il faut &#234;tre libre de choisir la meilleure tactique. Je pense que tous les moyens sont bons si on peut &#234;tre r&#233;ellement utile &#224; la cause. Ce qu'il faut combattre, &#224; mon avis, ce ne sont pas tant les candidatures ouvri&#232;res, la participation des ouvriers aux luttes politiques, etc., car tout cela, &#224; un moment donn&#233;, peut avoir son utilit&#233;. Ce qu'il faut combattre, c'est l'id&#233;al des communistes allemands, ce fameux &lt;i&gt;Volksstaat&lt;/i&gt;. Ils veulent la candidature ouvri&#232;re pour arriver au &lt;i&gt;Volksstaat&lt;/i&gt;. Pour moi, je suis pr&#234;t &#224; accepter les candidatures ouvri&#232;res, mais &#224; la condition qu'elles nous m&#232;nent &#224; l'an-archie. Or en ce moment, en France, elles ne peuvent avoir que cette derni&#232;re signification. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement important que le mouvement &#233;lectoral &#233;tait celui qui, &#224; Paris, s'accomplissait &#224; ce m&#234;me montent pour constituer une &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration des bataillons de la garde nationale&lt;/i&gt;. Deux r&#233;unions successives de d&#233;l&#233;gu&#233;s eurent lieu au Tivoli-Vauxhall, le 15 et le 24 f&#233;vrier : on y constitua un Comit&#233; central, qui s'adjoignit quelques membres du Conseil f&#233;d&#233;ral de l'Internationale. Dans une troisi&#232;me r&#233;union, Le 3 mars, furent vot&#233;s d&#233;finitivement tes statuts de la F&#233;d&#233;ration de la garde nationale ; sur la proposition de Varlin, la r&#233;union d&#233;cida que les chefs de tous grades seraient soumis imm&#233;diatement &#224; une nouvelle &#233;lection ; un Comit&#233; ex&#233;cutif fut nomm&#233;, dont Varlin fit partie. Enfin, de 15 mars, quatri&#232;me assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, &#224; laquelle Varlin prend part comme membre du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la r&#233;ponse de Varlin m'&#233;tait enfin parvenue. Cette lettre et celle du 25 d&#233;cembre 1869 sont les seules qui se soient conserv&#233;es, de toutes celles qu'il m'avait &#233;crites. Je reproduis cette r&#233;ponse en entier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 20 f&#233;vrier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Guillaume, On me communique &#224; l'instant votre lettre ; je m'empresse d'y r&#233;pondre afin de vous rassurer sur nos existences. Tous les internationaux avec lesquels vous avez pu &#234;tre en relations sont encore vivants ; ceux de nos amis qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s ou bless&#233;s, je ne crois pas que vous les connaissiez, si ce n'est P., qui d'ailleurs n'a &#233;t&#233; que bless&#233; l&#233;g&#232;rement ; il va compl&#232;tement mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malon et Tolain sont &#224; Bordeaux comme repr&#233;sentants du peuple ; ils ont une rude t&#226;che &#224; accomplir dans une aussi triste assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous aurions voulu que la province continu&#226;t la lutte &#224; outrance ; nos amis r&#233;volutionnaires seraient all&#233;s, par tous les moyens possibles, rejoindre Garibaldi et ses valeureux soldats. Mais nous n'osons plus esp&#233;rer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas bien s&#251;r que nos lettres parviennent s&#251;rement et sans &#234;tre lues, aussi je crois que nous devons ajourner les renseignements d&#233;taill&#233;s que nous aurions &#224; &#233;changer entre nous. Je me contenterai pour aujourd'hui de vous dire que nous avons fait notre devoir &#224; toutes les occasions, et si les tra&#238;tres Trochu, Favre et consorts ont r&#233;ussi &#224; nous livrer apr&#232;s nous avoir vendus depuis longtemps, ce n'est certes pas notre faute, mais bien celle des Parisiens qui ont persist&#233; aveugl&#233;ment jusqu'au dernier jour &#224; croire en la parole de ces avocats qui, jusqu'au jour de la capitulation, affirmaient constamment qu'ils voulaient combattre et vaincre ou mourir, tandis que d&#232;s le premier jour ils n'avaient song&#233; qu'&#224; capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre lettre me fait esp&#233;rer que nos amis de Lyon, Marseille et les d&#233;partements du Midi sont sains et saufs j'en suis heureux. A bient&#244;t&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;las ! nous ne devions plus nous revoir.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cordiales poign&#233;es de main aux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. VARLIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S. &#8212; Votre lettre en date du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier n'est arriv&#233;e qu'aujourd'hui 20 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qui fut, en 1871, condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s pour sa participation au second mouvement communaliste de Marseille. Outre Bakounine, d'autres Russes s'&#233;taient rendus en France pour participer aux tentatives insurrectionnelles : Ross et Ozerof, &#224; Lyon ; Joukovsky, &#224; Marseille. Sentinon &#233;tait accouru de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;las ! nous ne devions plus nous revoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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