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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Sixi&#232;me partie</title>
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		<dc:date>2026-04-20T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;SIXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re : &lt;br class='autobr' /&gt;
Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut pas non plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/llllllllllll-e3b3a.jpg?1776722462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;SIXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il n'y a pas grand-chose &#224; attendre dans ce sens. Il ressort de ce qui pr&#233;c&#232;de que la social-d&#233;mocratie est aujourd'hui tout aussi internationale, r&#233;volutionnaire et lib&#233;ratrice pour le monde qu'il y a dix ans. M&#234;me si, apr&#232;s une parenth&#232;se de quatre ans durant laquelle elle a adopt&#233; le slogan &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, &#224; mort ! &#187;, elle a de nouveau inscrit sur sa banni&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas non plus attendre des partis communistes une v&#233;ritable lutte contre la guerre et le militarisme. Qu'il n'en soit pas ainsi dans le pays o&#249; ce parti d&#233;tient le pouvoir gouvernemental va de soi, puisqu'il n'a pas pu &#233;chapper aux cons&#233;quences qu'entra&#238;ne n&#233;cessairement l'existence d'un &#201;tat national centralis&#233;. Car celui qui veut l'&#201;tat veut l'&#201;tat national, et celui qui veut l'&#201;tat national veut la guerre &#8212; m&#234;me dans le cas o&#249;, selon l'id&#233;al de L&#233;on Trotski, ces &#201;tats seraient unis de l'Oural jusqu'&#224; l'oc&#233;an Atlantique. Ce que le P.C. veut r&#233;aliser n'est en effet rien d'autre que l'id&#233;al &#233;tatique social-d&#233;mocrate et marxiste, mais par des moyens putschistes et blanquistes (et non bakouninistes !). D'autant plus que les P.C. des diff&#233;rents pays &#8212; toute la Troisi&#232;me Internationale&#8212; ne sont qu'un instrument entre les mains des dirigeants de l'&#201;tat sovi&#233;tique national et capitaliste. Ce fut la dictature centralis&#233;e du parti et la dictature de l'&#201;tat qui d&#233;truisirent les premiers germes d'une v&#233;ritable auto-&#233;mancipation prol&#233;tarienne, qui s'&#233;taient manifest&#233;s dans les conseils. Le d&#233;cret par lequel fut institu&#233;e l'arm&#233;e rouge (par opposition aux arm&#233;es de volontaires qui, soutenues par la lutte des partisans, avaient d&#233;fendu la r&#233;volution russe contre les attaques contre-r&#233;volutionnaires) ne fut pas le salut, mais la destruction de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position th&#233;orique du Parti communiste concernant la guerre fut formul&#233;e de mani&#232;re courte et concise par L&#233;nine (dans l'instruction qu'il r&#233;digea pour la d&#233;l&#233;gation russe au congr&#232;s mondial pour la paix de La Haye, que Zinoviev, qui la publia, qualifie de &#171; grand texte &#187; !) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Le boycott de la guerre est une formule idiote. Les communistes doivent participer &#224; toute guerre r&#233;actionnaire.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste actuel ne peut et ne veut pas lutter contre le militarisme, parce qu'il veut utiliser les m&#233;thodes les plus militaristes et les plus violentes pour atteindre son objectif : la conqu&#234;te du pouvoir politique (qui pour lui est synonyme de r&#233;volution sociale). Il ne veut pas d&#233;truire les moyens de production de la mort, tout l'appareil militaire, mais veut les &lt;strong&gt;arracher &lt;/strong&gt; &#224; la bourgeoisie. Cela signifie que, dans l'usage de ses moyens de violence, il ne peut naturellement pas &#234;tre en retrait par rapport &#224; ceux de l'imp&#233;rialisme. Dans sa brochure &#171; Les moyens de lutte de la r&#233;volution sociale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Henriette Roland Holst avait d&#233;j&#224; soulign&#233; ce point et d&#233;montr&#233; de mani&#232;re irr&#233;futable que le socialisme r&#233;volutionnaire doit surmonter l'id&#233;e qu'il peut atteindre son objectif par tous les moyens, quels qu'ils soient ; ces m&#233;thodes conduisent tout autant &#224; la ruine du socialisme r&#233;volutionnaire et condamnent n&#233;cessairement la r&#233;volution sociale &#224; l'&#233;chec, tout comme l'erreur des r&#233;formistes qui pensaient que l'extension et la perfection de leurs organisations m&#232;neraient le prol&#233;tariat &#224; la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute organisation militaire devient in&#233;vitablement un instrument qui menace ou porte atteinte &#224; la libert&#233; des masses. C'est pourquoi il ne faut pas seulement lutter avec toutes nos forces contre le militarisme, mais contre toute organisation militaire. Il ne peut y avoir de lib&#233;ration pour le prol&#233;tariat tant qu'il ne se d&#233;tache pas enti&#232;rement de la croyance que la violence arm&#233;e est un moyen capable de conduire les masses populaires &#224; la victoire. La brochure reconna&#238;t la n&#233;cessit&#233; d'une tactique r&#233;volutionnaire et antimilitariste dans la lutte des classes, r&#233;fute la politique que le gouvernement sovi&#233;tique a men&#233;e depuis 1919 et rejette la tactique actuelle du P.C.. Le P.C. actuel n'a &#233;galement plus rien de commun avec la Ligue spartakiste, ni avec ses anciens dirigeants. &#192; propos de l'instauration du socialisme par le pouvoir dictatorial d'un gouvernement, Rosa Luxemburg d&#233;clare, dans son discours-programme au congr&#232;s fondateur du P.C. allemand : &#171; Le socialisme ne se fait pas et ne peut se faire par d&#233;crets, m&#234;me s'ils &#233;manent d'un gouvernement socialiste, aussi parfait soit-il. Le socialisme doit &#234;tre fait par les masses, par chaque prol&#233;taire. C'est l&#224; o&#249; ils sont riv&#233;s &#224; la cha&#238;ne du capitalisme que la cha&#238;ne doit &#234;tre rompue&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon son programme, &#171; La Ligue spartakiste n'est pas un parti qui veuille parvenir au pouvoir en passant par-dessus la classe ouvri&#232;re ou en se servant de la masse des ouvriers. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelle bri&#232;vement ce point pour d&#233;montrer qu'ici encore, les tactiques r&#233;volutionnaires et antimilitaristes, la lutte constante contre la guerre, sont indissociables des moyens de lutte de la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre a prouv&#233; que le chemin que le prol&#233;tariat a pris n'&#233;tait pas la voie de sa lib&#233;ration, ni de la lib&#233;ration de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas d'autre issue que les organisations &lt;strong&gt;&#233;conomiques &lt;/strong&gt; de lutte, que l'&lt;strong&gt;auto-organisation&lt;/strong&gt;, que la lutte des classes r&#233;volutionnaire internationale. Il n'y a pas non plus d'autre moyen de lutter contre la guerre. Nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de l'&#201;tat qui d&#233;p&#233;rira sous le joug d'une dictature sans pr&#233;c&#233;dent ; nous devons nous lib&#233;rer de l'utopie de la libert&#233; qui peut &#234;tre atteinte par le despotisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre n&#233;cessairement l'&#339;uvre de la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me. &#187; : ni de l'&#201;tat, ni du parlement, ni d'aucun parti politique. Elle ne peut non plus se lib&#233;rer autrement que par elle-m&#234;me du fl&#233;au qui la menace de destruction : la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qui veut vraiment lutter contre la guerre doit vouloir une transformation radicale de l'ensemble de ce syst&#232;me social : &#171; en un mot, il faut accepter la r&#233;volution sociale dans toutes ses cons&#233;quences &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 1914 marqua la faillite du socialisme officiel. Mais ce n'&#233;tait pas le pire. Des millions de personnes moururent pour un leurre ; ce n'&#233;tait pas le pire non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 ao&#251;t 1914, le journal su&#233;dois &lt;i&gt;Brand &lt;/i&gt; publia un manifeste anarchiste affirmant que l'on avait d&#233;j&#224; entendu mille fois comment cette guerre aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e, et concluant par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; Un jour, les travailleurs du monde entier se rel&#232;veront du sang et des larmes ; une fois encore, nous nous rel&#232;verons du chaos engendr&#233; par la politique de violence, et nous garderons une exp&#233;rience ch&#232;rement acquise, tir&#233;e des abysses de l'enfer &#8211; une exp&#233;rience, camarades, qui nous exhorte &#224; lutter avec une force redoubl&#233;e contre ce syst&#232;me capitaliste criminel, cause premi&#232;re et ultime de ce d&#233;sastre mondial. Puissions-nous alors d&#233;montrer ce que nous avons appris, et que le sang n'ait pas &#233;t&#233; vers&#233; en vain.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le pire, c'est l'incompr&#233;hensible, le plus terrible de la guerre. Voil&#224; o&#249; nous en sommes aujourd'hui. Demain, peut-&#234;tre, l'enfer se d&#233;cha&#238;nera-t-il encore. On criera &#171; &#192; bas la guerre &#187; et on protestera contre la &#171; honte pour la civilisation &#187;, puis tout le monde se mettra en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herzen&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a un jour prononc&#233; ces paroles proph&#233;tiques : &#171; Vous n'avez pas voulu du socialisme, eh bien vous aurez la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie que la classe ouvri&#232;re emprunte aujourd'hui est celle d'une nouvelle guerre et d'une nouvelle chute.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Bos &amp; Co, Amsterdam, 1918. Dans son &#233;tude historique majeure, &#171; De revolutionaire Brussel-Rotterdam, 1918 &#187;, on retrouve les m&#234;mes id&#233;es expos&#233;es concernant le &#171; nouveau socialisme &#187;. Aucun autre ouvrage ne d&#233;montre aussi bien la d&#233;g&#233;n&#233;rescence compl&#232;te du bolchevisme depuis 1918, ni aucun autre livre qui, d'un point de vue r&#233;volutionnaire, n'offre une critique aussi d&#233;molissante des tactiques des partis communistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Discours au Congr&#232;s de fondation du PC allemand (Ligue spartakiste) &#187;, 31 d&#233;cembre 1918 &#8211; 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1919.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosa Luxemburg, &#171; Que veut la Ligue Spartakiste ? &#187; (Programme du Parti Communiste allemand).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alexandre Herzen (1812&#8211;1870) est un penseur et &#233;crivain russe, pr&#233;curseur du socialisme libertaire et un des inspirateurs du climat politique ayant conduit &#224; l'abolition du servage en 1861. Exil&#233; en europe, il lutte contre le r&#233;gime tsariste par ses &#233;crits. Avec Nikola&#239; Ogarev, il &#233;dite les journaux libertaires &lt;i&gt;L'&#201;toile polaire &lt;/i&gt; et&lt;i&gt; La Cloche&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Kolokol&lt;/i&gt;) o&#249; &#233;crivait souvent Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Cinqui&#232;me partie</title>
		<link>http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-cinquieme-partie</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/mmmm-e655c.jpg?1776636216' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CINQUI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment veut-on lutter contre la prochaine &#233;tape du capitalisme, la prochaine guerre mondiale ?On estime en effet qu'il n'est pas n&#233;cessaire de revoir la tactique suivie jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ou bien croit-on que le capitalisme ait quelque chose &#224; revoir ? Lorsque Kautsky veut excuser l'effondrement de la Deuxi&#232;me Internationale et sa politique de paix en disant qu'elle &#233;tait &#171; essentiellement un instrument de paix, mais pas un outil puissant contre la guerre &#187;, c'est tr&#232;s na&#239;f. D'autant plus que Kautsky lui-m&#234;me estime que (m&#234;me si elle n'&#233;tait donc pas un instrument de guerre), on ne peut rendre responsable de cet &#233;chec ni l'Internationale, ni sa direction, ni ses organisations. &#171; Si aucune d'entre elles n'a pu emp&#234;cher son gouvernement de participer &#224; la guerre, cela tient d'une part au fait que le prol&#233;tariat ne disposait pas encore d'une force suffisante, d'autre part au fait que de grandes masses du prol&#233;tariat se sont laiss&#233;es entra&#238;ner par la fi&#232;vre de la guerre. Et on ne peut tout de m&#234;me pas rendre l'Internationale, ni sa direction, ni son organisation responsables de la faiblesse et du manque d'ind&#233;pendance du prol&#233;tariat dans certains pays. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, op. cit., p.3.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Donc, selon Kautsky, &#233;tant donn&#233; que la force des partis socialistes dans les pays qui ont d&#233;clench&#233; la guerre &#233;tait surestim&#233;e, ce n'est pas la faute de l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut appr&#233;cier &#224; sa juste valeur l'argument de la faiblesse du prol&#233;tariat si on se rappelle que Karl Kautsky, dans la m&#234;me brochure, fait remarquer que la social-d&#233;mocratie allemande, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle &#233;tait si grande, parce qu'elle &#233;tait plus que tout autre parti socialiste un parti de masse, fut pendant la guerre domin&#233;e par un fort sentiment national, ce qui la conduisit &#224; se ranger enti&#232;rement derri&#232;re le gouvernement imp&#233;rial. Et, selon Eduard Bernstein, la diff&#233;rence d'attitude entre la social-d&#233;mocratie russe et la social-d&#233;mocratie allemande lors du vote des cr&#233;dits de guerre s'explique par l'in&#233;galit&#233; de taille et d'influence des partis socialistes. Plus le parti est grand et plus son influence parlementaire est importante, plus grande est la responsabilit&#233; dans le cours des &#233;v&#233;nements ! Ce que l'on peut attendre de ce parti lorsqu'il sera encore plus grand et plus puissant &#8212; et que, par cons&#233;quent, sa responsabilit&#233; sera encore plus grande &#8212; est encore plus clair !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reproche en outre au prol&#233;tariat son manque d'ind&#233;pendance, et cela de la part du th&#233;oricien du parti qui, pendant un demi-si&#232;cle, avait lui-m&#234;me &#233;duqu&#233; ce prol&#233;tariat dans une discipline militariste, qui avait &#233;touff&#233; dans l'&#339;uf toute initiative individuelle, toute action autonome et, par l&#224; m&#234;me, toute amorce de capacit&#233; cr&#233;atrice ; et il lui reprochait son attitude nationaliste, alors que pendant un demi-si&#232;cle on l'avait impr&#233;gn&#233;, sous la menace constante du danger russe, de la n&#233;cessit&#233; de sa capacit&#233; de d&#233;fense et de la d&#233;fense de la patrie. La tentative de Karl Kautsky de d&#233;charger de cette mani&#232;re la tactique de l'Internationale et de ses partis nationaux est trop flagrante pour ne pas dire trop l&#226;che. Alors qu'il reproche au prol&#233;tariat son ivresse nationale de guerre, il voit lui-m&#234;me la manifestation la plus &#233;vidente de &#171; l'importance que le prol&#233;tariat a d&#233;j&#224; acquise &#187; dans le fait que les ministres (de la guerre) de France et de Belgique &#233;taient socialistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si on reprochait &#224; un enfant n&#233; de parents syphilitiques son retard mental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Deuxi&#232;me Internationale, apr&#232;s la guerre, quand elle se r&#233;unit &#224; Hambourg, prit certes la r&#233;solution que la le&#231;on de la guerre &#233;tait que l'internationale ouvri&#232;re socialiste ne devait pas seulement &#234;tre un instrument en temps de paix, mais aussi pendant la guerre. Cela signifie avant tout que &#171; ce que nous avons v&#233;cu autrefois ne doit jamais se r&#233;p&#233;ter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opinion des socialistes majoritaires allemands, selon laquelle, &#224; l'heure du danger, il faut d&#233;fendre la patrie en toutes circonstances, rend impossible toute politique internationale. C'est pourquoi Karl Kautsky propose : n'accorder des cr&#233;dits au gouvernement &lt;strong&gt;que lorsqu'on est certain qu'il ne s'agit que d'une guerre de d&#233;fense et non d'une guerre offensive&lt;/strong&gt;. Que l'on ne puisse pas rejeter la soi-disant guerre de d&#233;fense constitue l'opinion g&#233;n&#233;rale de la Deuxi&#232;me Internationale. Et cela alors m&#234;me que, du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate, on affirme qu'au moment d'une d&#233;claration de guerre, il est absolument impossible de juger s'il s'agit d'une guerre d'attaque ou de d&#233;fense. &#171; &#192; un tel moment, &#233;crit Eduard Bernstein, la crise entre les &#201;tats impliqu&#233;s atteint un tel point, et les informations sur ce qui se passe de part et d'autre des fronti&#232;res sont si incompl&#232;tes, unilat&#233;rales et tendancieuses, qu'une vision claire devient impossible. La voix objective du prol&#233;tariat est &#233;touff&#233;e par le nationalisme. Dans la nature actuelle des armements, d&#233;terminer qui a commenc&#233; les pr&#233;paratifs hostiles, voire qui a franchi la fronti&#232;re en premier, est la chose la plus difficile du monde. &lt;strong&gt;On ne peut juger si la guerre est offensive ou d&#233;fensive&lt;/strong&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Eduard Bernstein, Die Internationale der Arbeiterklasse und der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On ne peut pas dire plus explicitement que, puisque le gouvernement d&#233;tient les moyens, toute guerre peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme &#171; d&#233;fensive &#187;, et que la position de l'Internationale concernant la guerre de d&#233;fense revient essentiellement &#224; d&#233;fendre toute guerre. Dans la pratique, cela revient &#224; dire que &#171; toute politique internationale impossible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'on ne puisse pas d&#233;terminer le caract&#232;re de la guerre au moment o&#249; elle &#233;clate constitue pour Eduard Bernstein une raison suppl&#233;mentaire de rejeter tout moyen pour emp&#234;cher son d&#233;clenchement, puisqu'on ne saurait alors &#171; si la gr&#232;ve contre la guerre ne signifierait pas une gr&#232;ve contre un pays se trouvant dans une situation de l&#233;gitime d&#233;fense &#187;. &#192; cela s'ajoute encore le fait que l'&#233;tat de guerre proclam&#233; en un tel moment peut r&#233;primer toute tentative de propagande et d'organisation de gr&#232;ves contre la guerre. Entre-temps, les organisations ouvri&#232;res ont, en de tels jours, bien d'autres soucis que d'organiser des gr&#232;ves de masse. Elles ont d&#233;j&#224; tellement &#224; faire avec l'assistance &#224; ceux qui sont d&#233;j&#224; au ch&#244;mage qu'elles ne peuvent songer &#224; appeler d'autres travailleurs &#224; cesser le travail. Seules des organisations &#171; sauvages &#187;, qui ne se pr&#233;occupent pas de leurs ch&#244;meurs, pourraient faire une chose pareille. &#171; Il est d'ailleurs significatif que, pr&#233;cis&#233;ment dans les pays en guerre o&#249; les ouvriers &#233;taient bien organis&#233;s sur le plan syndical, une tentative s&#233;rieuse dans ce sens n'ait m&#234;me pas &#233;t&#233; envisag&#233;e. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.4,5.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Exactement. On apprend, &#224; travers cet expos&#233; de Bernstein, quels sont les arguments par lesquels on combat la propagande pour emp&#234;cher la guerre par l'action directe. Pour de ne pas augmenter le ch&#244;mage, on pr&#233;cipite la classe ouvri&#232;re dans une lutte qui constitue un attentat contre sa vie et un attentat contre le socialisme. &#192; un ch&#244;mage national, on pr&#233;f&#232;re un massacre international qui co&#251;ta la vie &#224; des millions de prol&#233;taires dans l'int&#233;r&#234;t de leurs oppresseurs et qui entra&#238;na une mis&#232;re si insupportable que le prol&#233;tariat a fini par se soulever, m&#234;me &lt;strong&gt;contre la volont&#233; de ces dirigeants&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et a renvers&#233; le syst&#232;me dominant &#8212;sans toutefois porter atteinte &#224; sa puissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne doit pas oublier, dans tout cela, une chose : Eduard Bernstein ne conteste pas (et cela n'a jamais &#233;t&#233; contest&#233; du c&#244;t&#233; social-d&#233;mocrate) : &lt;strong&gt;qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans tous les pays pourrait emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre&lt;/strong&gt;. Et combien plus juste encore appara&#238;t maintenant l'observation de Domela Nieuwenhuis d&#233;j&#224; en 1901 ! : si, en 1891, on avait eu le courage de prendre la d&#233;cision de r&#233;pondre &#224; une d&#233;claration de guerre par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et si on avait men&#233; une forte propagande pour cette id&#233;e, on serait, dix ans plus tard, beaucoup plus avanc&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, Eduard Bernstein estime que la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 a prouv&#233; que c'&#233;tait irr&#233;alisable (et ceci alors m&#234;me qu'on ne l'avait &#171; m&#234;me pas envisag&#233; &#187; !) et que, par cons&#233;quent, cette id&#233;e ne serait probablement plus prise en consid&#233;ration comme point de de l'ordre du jour lors de futurs congr&#232;s ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite devait malheureusement le confirmer. Quand, au congr&#232;s international de la paix, r&#233;uni &#224; La Haye en 1922 par la F&#233;d&#233;ration syndicale internationale (F.S.I.), l'Association internationale antimilitariste (A.I.A.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui repr&#233;sentait un grand nombre d'organisations antimilitaristes r&#233;volutionnaires et d'organisations ouvri&#232;res r&#233;volutionnaires, souleva cette question, on lui donna &#224; peine l'occasion de d&#233;fendre sa proposition et celle-ci fut rejet&#233;e sans discussion&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La r&#233;solution propos&#233;e se terminait ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la r&#233;solution adopt&#233;e au congr&#232;s de la premi&#232;re Internationale de 1868, conform&#233;ment aux propositions de Domela Nieuwenhuis en 1891 et 1893, et &#224; celle de Keir Hardie &#224; Copenhague en 1910, le congr&#232;s appelle la classe ouvri&#232;re &#224; rendre la guerre impossible &lt;strong&gt;en rompant la solidarit&#233; avec la classe dominante&lt;/strong&gt; et en emp&#234;chant toute &#233;ventuelle guerre par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et le refus g&#233;n&#233;ral du service militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s d&#233;clare qu'il est du devoir de tous ceux qui adoptent cette conception de s'engager, &lt;strong&gt;avec ou sans l'autorisation des dirigeants de leurs organisations&lt;/strong&gt;, dans les pays concern&#233;s, imm&#233;diatement et sans condition, dans la gr&#232;ve et le refus du service militaire contre toute mobilisation, sans s'attarder sur les chances de gagner ou de perdre la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s appelle toutes les organisations d'ouvriers socialistes &#224; se pr&#233;parer et &#224; se tenir pr&#234;tes, sur les plans moral, technique et organisationnel, &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et au refus massif du service militaire, et &#224; chercher &#224; transformer, le cas &#233;ch&#233;ant, une guerre qui aurait malgr&#233; tout &#233;clat&#233; &lt;strong&gt;en r&#233;volution sociale&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky,&lt;i&gt; Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, op. cit., p.3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Eduard Bernstein, &lt;i&gt;Die Internationale der Arbeiterklasse und der europaische Krieg&lt;/i&gt;, p.4,5, 18, 22, 23.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.4,5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lors du congr&#232;s social-d&#233;mocrate de 1924 &#224; Berlin, Philipp Scheidemann, dirigeant du SPD, d&#233;clara : Je suis reconnaissant d'avoir la confirmation qu'Ebert et moi ne sommes pas coupables de la r&#233;volution de novembre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'Association internationale antimilitariste (A.I.A.), a &#233;t&#233; fond&#233;e lors du troisi&#232;me Congr&#232;s international antimilitariste &#224; La Haye en 1921. Compos&#233;e d'organisations r&#233;volutionnaires antimilitaristes, elle vise &#224; combattre le militarisme &#224; l'&#233;chelle internationale afin de rendre impossibles la guerre et l'oppression des travailleurs. Elle pr&#244;ne la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et l'objection de conscience de masse pour pr&#233;venir la guerre ; elle milite pour l'arr&#234;t imm&#233;diat de la production de tous les biens de guerre, etc.,etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le secr&#233;tariat de la F.S.I. a omis de publier les r&#233;solutions propos&#233;es dans le protocole officiel, bien qu'elles aient &#233;t&#233; soumises au Bureau du Congr&#232;s en allemand, en fran&#231;ais et en anglais, selon la proc&#233;dure habituelle ! La d&#233;l&#233;gation de l'A.I.A. n'a pas eu la possibilit&#233; ni de d&#233;fendre ces r&#233;solutions au Congr&#232;s, ni de contester les r&#233;solutions officielles. Le secr&#233;taire Edo Fimmen avait pourtant promis, personnellement et par &#233;crit, d'inclure une br&#232;ve d&#233;claration dans le proc&#232;s-verbal du Congr&#232;s afin d'exposer la position de l'A.I.A.. Or, &#224; la publication du protocole, cette d&#233;claration &#233;tait absente ! Cf. brochure &#171; B.I.A. &#187;, &#201;dition du B. I. A., Bilthoven, p.15-16 et 38-39 ; &#171; Action directe : Les antimilitaristes d'action au Congr&#232;s de la paix de la F.S.I., 10-15 d&#233;cembre 1922 &#187;, par B. de Ligt. (D&#233;p&#244;t de brochures de l'A.I.A. 1924).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Quatri&#232;me partie</title>
		<link>http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-quatrieme-partie</link>
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		<dc:date>2026-04-18T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 4 ao&#251;t, Haase d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/4-2-b1645.jpg?1776549706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;QUATRI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4 ao&#251;t, Haase&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; d&#233;clara au Reichstag au nom du groupe social-d&#233;mocrate : &#171; Nous r&#233;alisons maintenant ce que nous avons toujours dit : &#224; l'heure du danger, nous n'abandonnerons pas la patrie [...] Nous sommes confront&#233;s &#224; la r&#233;alit&#233; incontestable de la guerre. Aujourd'hui, nous n'avons pas &#224; nous prononcer pour ou contre la guerre, mais sur la question des moyens n&#233;cessaires &#224; la d&#233;fense du pays [...] Pour notre peuple et son avenir libre(!), l'enjeu est de taille, voire crucial, en cas de victoire du despotisme russe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout cela ne correspondait ni &#224; l'esprit des congr&#232;s internationaux ni au discours des r&#233;solutions nationales du parti (&#224; moins que l'on ne veuille pas consid&#233;rer les cr&#233;dits de guerre comme une d&#233;pense militariste), on pouvait cependant affirmer &#224; juste titre, comme nous l'avons vu, que la social-d&#233;mocratie n'avait pas chang&#233; d'attitude sur le plan des principes, qu'elle n'avait pas trahi ses principes, mais qu'elle &#233;tait rest&#233;e fid&#232;le &#224; sa tradition. Ceux qui attendaient trop des r&#233;solutions internationales en faveur de la paix avaient oubli&#233; que August Bebel avait encore soulign&#233; tr&#232;s clairement cette tradition en 1913 : &#171; Nous devons tenir compte du fait que l'Allemagne pourrait &#234;tre attaqu&#233;e. Une telle attaque conduirait &#224; une guerre mondiale et nous placerait devant la question de la survie. C'est pourquoi mobiliser jusqu'au dernier homme n'est pas seulement n&#233;cessaire : c'en est la cons&#233;quence in&#233;vitable. La social-d&#233;mocratie est le premier grand parti politique qui ait clairement compris cela et qui, pour cette raison, exige dans son programme l'armement du peuple, l'&#233;ducation du peuple &#224; la d&#233;fense g&#233;n&#233;rale. &#187; Dans une brochure officielle du parti, la social-d&#233;mocratie va encore plus loin : &#171; Elle ne veut pas seulement l'armement du peuple du point de vue physique et technique. La patrie ne se d&#233;fend pas seulement avec des fusils, des canons, des sabres, des poings solides et des jambes rapides. Il faut aussi certaines qualit&#233;s spirituelles et morales du peuple, et la social-d&#233;mocratie veut &#233;galement renforcer ces qualit&#233;s spirituelles du peuple. [&#8230;] Ces qualit&#233;s spirituelles et morales sont le r&#233;sultat du sentiment de solidarit&#233; fond&#233; sur la v&#233;ritable libert&#233; et l'&#233;galit&#233; de tous ceux qui appartiennent &#224; un m&#234;me peuple. &#187; !&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute autre citation &#224; ce sujet serait superflue. C'est ce qu'&#233;crivait le parti dans le programme duquel on peut lire : &#171; Le nombre des prol&#233;taires ne cesse d'augmenter [&#8230;] L'opposition entre exploiteurs et exploit&#233;s devient toujours plus aigu&#235;, la lutte de classes entre la bourgeoisie et le prol&#233;tariat toujours plus &#226;pre, est une lutte qui divise la soci&#233;t&#233; moderne en deux camps ennemis&#8230; &#187; Les autres actions de la social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale furent conformes &#224; ces d&#233;clarations par lesquelles on renon&#231;ait &#224; la &#171; lutte de classes &#187; r&#233;volutionnaire proclam&#233;e depuis un demi-si&#232;cle et o&#249; l'on pr&#233;f&#233;rait l'int&#233;r&#234;t national du capital &#8212; les int&#233;r&#234;ts capitalistes de la nation &#8212; aux int&#233;r&#234;ts les plus &#233;l&#233;mentaires de la classe ouvri&#232;re. &#192; cet &#233;gard aussi, il est juste de dire qu'elle poursuivait sa tradition dont elle n'&#233;tait pas en rupture. Ce qui &#233;tait nouveau, c'est seulement que cela apparaissait d&#233;sormais au grand jour, de fa&#231;on &#233;vidente et incontestable pour tout le monde. Je ne m'&#233;tendrai pas davantage ici sur les paroles et les actes des partis de l'Internationale, depuis l'approbation des cr&#233;dits de guerre jusqu'&#224; la signature de la paix de Versailles&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour finir, je me contenterai &#224; examiner encore une &#171; justification &#187; officielle qui est si caract&#233;ristique du v&#233;ritable caract&#232;re du parti que de plus amples explications seraient ici inutiles. La cause de la guerre est d'ordre &#233;conomique &#8212; c'est ce qu'ils affirment dans ce texte&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Die Kriegspolitik der Partei (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; et le but des ennemis est la destruction &#233;conomique de l'Allemagne, ce qui aurait pour cons&#233;quence un ch&#244;mage massif. Les salaires baisseraient. Et le courage de lutter contre l'oppression et la mis&#232;re diminuerait &#233;galement. Les fondements sur lesquels s'est construit l'&#233;difice orgueilleux du mouvement ouvrier allemand s'effondreraient : les puissantes organisations politiques et syndicales, fruits de longues ann&#233;es de travail d'organisation, le dense r&#233;seau de secr&#233;tariats politiques, etc., &#171; tout cela, qui constitue le contenu de notre mouvement. Car la force de ce mouvement et ses succ&#232;s reposent sur l'essor &#233;conomique de la classe ouvri&#232;re allemande. Le mouvement lui-m&#234;me est n&#233; gr&#226;ce &#224; la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique de l'Allemagne. C'est tout cela que l'Entente veut d&#233;truire. C'est comme si l'on retirait les fondations d'un b&#226;timent : tout s'&#233;croulerait. D&#233;fendre la patrie menac&#233;e signifie donc : d&#233;fendre le socialisme allemand. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme comme ombre, comme reflet, seulement comme produit du capitalisme ! Peut-on l'exprimer plus clairement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Karl Kautsky d&#233;clarait que &#171; l'&#233;volution de l'industrie moderne conduit n&#233;cessairement au socialisme &#187; et que, une fois le pouvoir politique conquis, le socialisme en d&#233;coulerait pour ainsi dire de lui-m&#234;me, si Karl Renner parlait encore d'utiliser &#171; l'&#201;tat comme levier &#187; pour le socialisme, Heinrich Cunow&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; pousse la logique plus loin et identifie &#171; l'&#201;tat d&#233;velopp&#233; &#187; avec le socialisme lui-m&#234;me. Le socialisme signifie : organisation et administration ! Dans ce contexte, l'on comprend que ce dernier d&#233;clare qu'il est ridicule de vouloir s'opposer &#224; l'imp&#233;rialisme, puisque celui-ci constitue une &#233;tape n&#233;cessaire sur la voie du d&#233;veloppement capitaliste menant au socialisme ! De cette mani&#232;re, on en vint aussi &#224; consid&#233;rer la guerre comme une &#233;tape n&#233;cessaire du chemin capitaliste vers le socialisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Le 4 ao&#251;t 1914, Hugo Haase (1863-1919), pr&#233;sident du SPD et d&#233;put&#233;, pronon&#231;a au Reichstag une d&#233;claration qui justifiait le vote des cr&#233;dits de guerre par les socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Sozialdemokratie und Landesverteidigung : herausgegeben vom Bezirksvorstand der Provinz Brandenburg&lt;/i&gt;, Vorwarts, Berlin, 1915, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On ne peut que r&#233;p&#233;ter ici les mots de Rosa Luxemburg dans son article classique &#171; La reconstruction de l'Internationale &#187; : &lt;strong&gt;&#171; &#192; quel moment de l'histoire mondiale a-t-on vu pareille chose ? [&#8230;] Marx, Engels, Lassalle, Liebknecht, Bebel et Singer ont &#233;duqu&#233; le prol&#233;tariat pour que M. Hindenburg puisse le mener &#224; la bataille. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Die Kriegspolitik der Partei&lt;/i&gt; (publi&#233; par le comit&#233; ex&#233;cutif du Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(NdlT) Karl Renner (1870-1950) &#233;tait membre dirigeant du parti social-d&#233;mocrate autrichien (SDAP). Apr&#232;s la chute de l'empire en 1918, il devint le premier chancelier de la nouvelle r&#233;publique autrichienne. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il devint le premier pr&#233;sident de la Deuxi&#232;me R&#233;publique d'Autriche (1945-1950). Heinrich Cunow (1862-1936) &#233;tait un th&#233;oricien marxiste et pr&#233;sident du SPD (1917-1919).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Troisi&#232;me partie</title>
		<link>http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-troisieme-partie</link>
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		<dc:date>2026-04-17T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

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&lt;p&gt;TROISI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes parlementaires. Elle a donc (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2fffff-824fc.jpg?1776463413' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;TROISI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;diction de Marx s'est r&#233;alis&#233;e. La victoire de la Prusse &#233;tait une victoire du &#171; socialisme allemand &#187;. L'esprit de l'Internationale devint bient&#244;t l'esprit de la social-d&#233;mocratie allemande, qui avait pour ainsi dire le monopole du vrai marxisme. Fond&#233;e en 1889, la Deuxi&#232;me Internationale finit par faire triompher le point de vue allemand en 1896. L'&#171; Internationale &#187; &#233;tait d&#233;sormais une association de partis exclusivement socialistes &lt;strong&gt;parlementaires&lt;/strong&gt;. Elle a donc quitt&#233; le chemin de la premi&#232;re Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on trouvait peu ou pas de socialisme anarchiste et antiparlementaire en Allemagne, il &#233;tait d'autant plus r&#233;pandu dans d'autres pays, principalement de langues romanes. Le socialisme allemand a &#233;t&#233; proclam&#233; seule forme officielle de socialisme. Le parti allemand est devenu un mod&#232;le pour tous les autres pays ; aucun autre pays n'&#233;tait capable d'organiser une arm&#233;e de travailleurs aussi disciplin&#233;e. Son succ&#232;s &#233;lectoral &#224; lui seul l'a plac&#233; &#224; la t&#234;te de l'Internationale. La litt&#233;rature marxiste &#233;tait allemande, Marx et Engels &#233;tant &#233;troitement li&#233;s au d&#233;veloppement du parti allemand. Les th&#233;oriciens marxistes ult&#233;rieurs &#233;taient &#233;galement allemands. Ce n'est pas un hasard si le v&#233;ritable c&#339;ur du marxisme trouva sa pleine expression en Allemagne : &lt;strong&gt;le socialisme marxiste &#233;tait un socialisme d'&#201;tat&lt;/strong&gt;. C'&#233;tait un &lt;strong&gt;socialisme prussien&lt;/strong&gt;. Par essence, ce socialisme &#233;tait autoritaire et centralisateur, antir&#233;volutionnaire et militariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oswald Spengler, qui consid&#232;re la chute de la Prusse comme la fin du monde et qui est davantage &lt;strong&gt;linguiste &lt;/strong&gt; que &lt;strong&gt;sociologue&lt;/strong&gt;, a dress&#233; un portrait objectif et pertinent du socialisme. Dans une brochure&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oswald Spengler Prussianisme et socialisme, trad. H. Brunet, lithographie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; int&#233;ressante o&#249; il comprend bien &#171; l'esprit prussien &#187;, mais rien du socialisme, il montre &#224; quel point le socialisme moderne a pris une tournure fatale en Allemagne. Spengler, qui a observ&#233; ce socialisme allemand et consid&#233;rait une organisation de masse centralis&#233;e prussienne avec une administration militariste comme l'essence m&#234;me du socialisme, a d&#233;clar&#233; sans h&#233;sitation que le prussianisme &#233;tait le seul socialisme par excellence ! C'&#233;tait Fr&#233;d&#233;ric-Guillaume I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et non Marx qui &#233;tait le premier socialiste conscient ! &#171; L'arm&#233;e prussienne, la fonction publique prussienne, le prol&#233;tariat de Bebel &#187; sont les produits de la pens&#233;e prussienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le socialisme est, d'un point de vue purement technique, le principe de la fonction publique &#187;. Voil&#224; Spengler en tant que socialiste ! Spengler caract&#233;rise avec tout autant de pr&#233;cision l'essence de l'&#201;tat : &#171; L'histoire des &#201;tats est l'histoire des guerres. La guerre est la forme &#233;ternelle de l'existence humaine sup&#233;rieure et les &#201;tats existent pour la guerre ; ils expriment la volont&#233; de guerre &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'y a pas grand-chose &#224; ajouter ici. Voici comment un nationaliste confirme les th&#233;ories de tous les antimilitaristes coh&#233;rents qui, bien entendu, ne consid&#232;rent pas la guerre comme la forme la plus &#233;lev&#233;e, mais comme la forme la plus basse et la plus barbare de l'existence humaine : c'est cette disposition permanente &#224; la guerre, cette &#171; oppression permanente &#224; l'int&#233;rieur et guerre permanente &#224; l'ext&#233;rieur &#187; (Bakounine), l'&#201;tat, qui doit &#234;tre combattu si l'on veut lutter contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette lutte &#233;tait loin d'&#234;tre celle &#224; laquelle on pouvait s'attendre de la part de ce qui se d&#233;veloppait comme la social-d&#233;mocratie allemande. On tournait en rond : on d&#233;clarait que &#171; la premi&#232;re condition n&#233;cessaire &#224; toute &#233;mancipation des travailleurs &#233;tait la paix &#187; et en m&#234;me temps &#171; que la guerre, triste produit des rapports &#233;conomiques actuels, ne dispara&#238;trait que lorsque le mode de production capitaliste serait remplac&#233; par l'&#233;mancipation du travail et le triomphe international du socialisme &#187;. Mais on d&#233;clarait aussi que la paix &#233;tait la condition premi&#232;re et n&#233;cessaire de cette &#233;mancipation... En 1867, comme nous l'avons vu, De Paepe avait d&#233;j&#224; compris qu'il s'agissait d'un raisonnement fatal et, en 1868, &#224; Bruxelles, on a indiqu&#233; la seule mani&#232;re de briser ce cercle vicieux. C'est ainsi que Domela Nieuwenhuis a d&#251; &#224; nouveau poser la question en 1891 : et si la guerre &#233;clatait quand m&#234;me ? La r&#233;solution allemande, d&#233;fendue par Liebknecht, affirmait que seul le socialisme pouvait mettre fin au militarisme et garantir la paix entre les nations, et que la responsabilit&#233; d'une catastrophe de guerre incombait enti&#232;rement &#224; la classe dirigeante. Domela Nieuwenhuis, quant &#224; lui, d&#233;fendait une r&#233;solution n&#233;erlandaise qui finissait par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant qu'aucun gouvernement ne saurait invoquer comme excuse qu'il a &#233;t&#233; provoqu&#233;, attendu que la guerre est le r&#233;sultat de la volont&#233; internationale du capitalisme ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s international ouvrier socialiste de Bruxelles d&#233;clare que les socialistes de tous les pays r&#233;pondront &#224; une proposition de guerre par un appel au peuple pour proclamer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si, comme l'a dit Domela Nieuwenhuis, les mots &#171; social &#187; et &#171; social-d&#233;mocratie &#187; &#233;taient remplac&#233;s par &#171; chr&#233;tien &#187; et &#171; christianisme &#187; dans la r&#233;solution allemande, alors l'Arm&#233;e du Salut, tout comme le Pape, pourrait l'accepter&#8230; Le chauvinisme est un danger pour tout notre mouvement socialiste. Les socialistes doivent tous agir &#224; l'unanimit&#233; en cas de guerre. Autrement, au signal donn&#233;, les nations se contenteraient de marcher et de s'entre-d&#233;chirer. Le chauvinisme est la raison pour laquelle nous faisons une distinction entre guerres offensives et d&#233;fensives. Je rejette cette distinction. Il est bien connu que les diplomates ont l'art de faire passer toute guerre pour offensive ou d&#233;fensive, selon leurs int&#233;r&#234;ts. Quant &#224; notre attitude en cas de guerre, il n'y a qu'une seule voie : la r&#233;sistance passive&#8230; De notre point de vue, la guerre civile du prol&#233;tariat contre la bourgeoisie est pr&#233;f&#233;rable &#224; une guerre entre nations. Quand les gouvernements d&#233;clarent la guerre, c'est une r&#233;volution. Et nous avons, &#224; notre tour, le droit de r&#233;pondre par une r&#233;volution, en exhortant le peuple &#224; refuser de prendre les armes. Le peuple ne veut pas la guerre...&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Liebknecht protesta : &#171; La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'est qu'une pitoyable formule ! Si nous proclamions une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, la bourgeoisie se moquerait de nous&#8230; Lib&#233;rons-nous de cette formule ! L'activit&#233; la plus r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat est de porter le prol&#233;tariat au pouvoir par l'organisation. &#187;&#8230; Domela Nieuwenhuis ignorait &#224; l'&#233;poque, comme il le raconte dans ses m&#233;moires, que sa proposition &#233;tait conforme aux positions de l'Internationale de 1868 &#224; Bruxelles. Deux ans plus tard, au congr&#232;s suivant &#224; Zurich en 1893, il invoqua &#224; juste titre la r&#233;solution du congr&#232;s de Bruxelles. De nouveau, il proposa de d&#233;cider que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Les travailleurs socialistes des pays impliqu&#233;s r&#233;pondront &#224; une d&#233;claration de guerre des gouvernements en refusant la conscription, par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notamment dans tous les secteurs de l'industrie li&#233;s &#224; la guerre, et en appelant les femmes &#224; retenir leurs maris et leurs fils.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus remarquable est que l'id&#233;e que j'ai d&#233;fendue en 1891 n'a pas seulement &#233;t&#233; d&#233;battue &#224; Bruxelles en 1868, mais m&#234;me adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. On m'a trait&#233; d'imb&#233;cile de r&#233;volutionnaire et de fou. Je partage cette honte avec Longuet, qui a formul&#233; cette proposition, avec C&#233;sar De Paepe, et m&#234;me avec l'ensemble du congr&#232;s [...] Est-ce un progr&#232;s ou une r&#233;gression que de revenir sur 1868 en 1891 ? [...] Mais alors ce sera la guerre civile ? Soit ! nous pr&#233;f&#233;rons la guerre civile, qui nous permettra d'&#233;craser le capitalisme qui est le v&#233;ritable ennemi, au lieu de lutter contre nos fr&#232;res, les prol&#233;taires &#233;trangers. [...] Quant &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale que nous pr&#233;conisons, &#224; c&#244;t&#233; de la gr&#232;ve militaire, elle doit s'&#233;tendre en premi&#232;re ligne aux employ&#233;s de chemins de fer et du t&#233;l&#233;graphe [...] ils ont tout le pouvoir de faire gr&#232;ve, de rendre toute guerre impossible &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Comme on le sait, ne fois encore, sa proposition fut rejet&#233;e. Le repr&#233;sentant australien, Sceusa, d&#233;clara : &#171; Je ne comprends pas comment on peut encore ordonner &#224; des fr&#232;res de s'entre-tuer. Si l'on m'ordonnait de commettre un tel meurtre, je serais le premier &#224; abattre celui qui me l'aurait donn&#233;. &#187; Outre l'Australie, seules la Norv&#232;ge et la France vot&#232;rent en faveur de la r&#233;solution n&#233;erlandaise. La grande majorit&#233; &#233;tait favorable &#224; la proposition allemande. On pensait que la gr&#232;ve contre la guerre d&#233;sarmerait d'abord les nations culturelles(!) et que l'Europe occidentale serait alors livr&#233;e aux Cosaques. Le seul moyen de lutter efficacement contre la guerre serait d'impr&#233;gner les masses d'id&#233;es socialistes, afin que les ouvriers entrent d&#233;j&#224; dans les casernes en tant que socialistes. En enr&#244;lant de plus en plus de recrues socialistes, le militarisme allait s'autod&#233;truire. Il ne serait ainsi plus un bastion du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un concept qu'Engels a d&#233;j&#224; expos&#233; dans son &lt;i&gt;Anti-D&#252;hring &lt;/i&gt; : l'arm&#233;e est la raison d'&#234;tre premi&#232;re de l'&#201;tat, elle est devenue son but en soi. Les nations n'existent que pour fournir des soldats. Le militarisme domine et d&#233;vore toute l'Europe. Mais ce militarisme porte en lui les germes de sa propre chute ; en apprenant &#224; toute une nation &#224; manier les armes, il finira par imposer sa volont&#233; au pouvoir dominant&#8230; La machine abandonne ses ma&#238;tres ; le militarisme succombe &#224; la dialectique de son propre d&#233;veloppement. Or, la dialectique historico-mat&#233;rialiste de Marx et Engels ne s'est pas av&#233;r&#233;e r&#233;gie par une n&#233;cessit&#233; historique ! De m&#234;me que le capitalisme n'a pas succomb&#233; &#224; sa propre dialectique, la dissolution du militarisme ne s'est pas produite par cette &#171; d&#233;cadence &#187; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces conceptions correspondaient tout &#224; fait &#224; la tactique de la social-d&#233;mocratie allemande, qui n'avait nullement l'intention de combattre le militarisme de mani&#232;re cons&#233;quente. On ne s'attaquait qu'&#224; la forme du militarisme. Et lorsqu'on rejetait le budget militaire, ce n'&#233;tait que parce qu'on s'opposait &#224; ce syst&#232;me militariste. Le programme du parti pr&#233;voyait en effet aussi &#171; d'armer le peuple &#187; ; au lieu de l'arm&#233;e permanente, on voulait une arm&#233;e populaire. En un mot, on voulait d&#233;mocratiser l'arm&#233;e, en combattre les exc&#232;s &#8212; c'est d'ailleurs &#224; cela que s'occupait principalement la fraction social-d&#233;mocrate au Reichstag &#8212; et, si possible, am&#233;liorer le syst&#232;me. Ainsi, Bebel exigeait par exemple au Reichstag d'autres uniformes, &#171; afin que, lors d'une prochaine guerre, des dizaines de milliers de nos propres camarades ne soient pas inutilement conduits &#224; l'abattoir par l'incomp&#233;tence de nos autorit&#233;s militaires &#187;. C'&#233;tait en cela que consistait la lutte contre le militarisme. Les d&#233;clarations de Schippel&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; lors du congr&#232;s du parti &#224; Hambourg en 1897 sont typiques de l'attitude du SPD. Elles ont &#233;t&#233; confirm&#233;es, contre l'opposition, par Auer, Bebel et Liebknecht. En r&#233;ponse aux critiques concernant l'attitude du groupe parlementaire par rapport aux nouveaux canons que demandait le le gouvernement, Schippel d&#233;clara : &#171; Nous n'avons pas donn&#233; notre accord pour le recrutement de soldats, mais ils sont l&#224;, c'est un fait. Les propositions pour cr&#233;er une milice et &#224; abolir toutes les arm&#233;es permanentes n'ont pas la majorit&#233;, et ne l'auront pas dans un avenir proche. C'est un fait qui nous d&#233;pla&#238;t, mais dont nous devons tenir compte. Devrions-nous maintenant, parce que les partis bourgeois ne nous donnent pas satisfaction &#224; cet &#233;gard, exposer les travailleurs allemands, pour ainsi dire &#224; titre de punition, au risque de devoir payer de leur sang la folie de leurs adversaires ? Ce serait absurde et contraire aux int&#233;r&#234;ts des travailleurs. &#187; &#171; Nous sommes par principe oppos&#233;s &#224; la guerre, note Auer, mais nous ne pouvons l'emp&#234;cher, nous devons compter avec l'&#233;ventualit&#233; qu'une guerre &#233;clate contre notre volont&#233;. Nous ne pouvons faire de cette question (l'autorisation ou non de fabriquer de nouveaux canons) le point de d&#233;part de notre lutte contre le militarisme. &#187; L'opposition a fait remarquer &#224; juste titre que, suivant ce raisonnement, il faudrait renforcer la flotte et &#233;quiper l'arm&#233;e allemande des armes les plus modernes. Alors que le slogan est &#171; pas un homme, ni un centime pour ce syst&#232;me &#187;, le parti est d&#233;sormais m&#234;me favorable aux canons. &#171; La guerre, qu'elle soit contre la France ou la Russie, est en r&#233;alit&#233; contre les travailleurs, et nous devons nous y opposer. Quiconque renforce la puissance militaire renforce la lutte contre le prol&#233;tariat, et nous devons rejeter cela. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'opposition &#233;tait vaine. L'opinion exprim&#233;e par Schippel &#233;tait celle qui pr&#233;valait au sein du parti. Et cela, alors que le militarisme, comme dans pratiquement aucun autre pays, montrait quelle arme puissante il &#233;tait entre les mains des dirigeants, quelle menace il repr&#233;sentait de tout point de vue pour la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re ; alors que le charlatan, l'empereur Guillaume, avait ouvertement reconnu la nature de ce militarisme : &#171; Ce n'est pas un ennemi &#233;tranger, mais un ennemi int&#233;rieur qu'il faudra combattre, et contre celui-ci aussi, notre puissante arm&#233;e nous prot&#232;ge, avec l'aide de Dieu ! &#187; &#192; la suite de cette journ&#233;e du parti &#224; Hambourg, la presse nationaliste &#233;crivait de mani&#232;re tr&#232;s significative : &#171; Il est vraiment rassurant de savoir que la direction de la social-d&#233;mocratie est entre les mains de tels hommes. &#187; Et &#224; chaque congr&#232;s du parti o&#249; la question du militarisme &#233;tait &#224; l'ordre du jour, on d&#233;clarait, sous le slogan &#171; pas un homme, pas un centime &#187;, que si l'Allemagne &#233;tait &#171; attaqu&#233;e &#187;, il d&#233;fendrait la patrie avec ferveur et ne serait pas en reste par rapport aux partis bourgeois. Ce que le parti voulait combattre, c'&#233;tait l'entra&#238;nement inutile, les mauvais traitements inflig&#233;s aux soldats, le monopole de la caste des officiers, etc. Il se d&#233;fendait vivement contre le reproche que la social-d&#233;mocratie sapait la discipline dans l'arm&#233;e ; apr&#232;s tout, le parti exigeait lui aussi la discipline ! Et il votait m&#234;me pour les imp&#244;ts qui servaient &#224; financer la guerre, car ces imp&#244;ts &#233;taient directs, pesaient principalement sur la classe poss&#233;dante et &#233;taient donc dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat. (Tout comme aujourd'hui, les dirigeants socialistes et les syndicalistes d&#233;cident de construire des navires de guerre et les approuvent, car ce serait dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat, avec l'argument que cela permettrait de lutter contre le ch&#244;mage ! Ceci confirme &#224; quel point Max Nettlau, quand il affirmait d&#233;j&#224; en 1897 que le prol&#233;tariat ne se lib&#233;rera pas de l'esclavage du travail tant que les travailleurs ne se sentiront pas responsables du travail qu'ils accomplissent, avait raison)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le parti vota pour cette d&#233;pense de guerre d&#233;guis&#233;e, bien que lors des congr&#232;s, il avait d&#233;cid&#233; de ne rien approuver du syst&#232;me militariste existant ; bien que cela soit contraire aux d&#233;cisions du congr&#232;s international des socialistes &#224; Paris (1900), o&#249; il avait &#233;t&#233; clairement et tr&#232;s concr&#232;tement d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt; que les repr&#233;sentants socialistes dans tous les parlements sont tenus de voter sans condition contre toute d&#233;pense li&#233;e au militarisme, au marinisme ou aux exp&#233;ditions coloniales.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est compr&#233;hensible que le d&#233;veloppement de cet &#171; antimilitarisme &#187; allemand ait suscit&#233; une certaine m&#233;fiance. Mais les positions du parti allemand devinrent progressivement un principe directeur pour tous les partis de l'Internationale. Et c'&#233;tait in&#233;vitable, car partout la voie de la Premi&#232;re Internationale, qui misait tout sur la lutte &#233;conomique, fut abandonn&#233;e au profit de la recherche d'une influence politique au sein de l'&#201;tat national militariste. Ils ne voulaient m&#234;me plus combattre le militarisme ; de m&#234;me qu'ils ne voulaient plus abolir l'&#201;tat mais le r&#233;former, on voulait &#171; d&#233;mocratiser &#187; le militarisme. Alors qu'en 1900 il &#233;tait d&#233;cid&#233; de s'opposer &#224; toutes les exp&#233;ditions coloniales, en 1907 &#224; Stuttgart, Bernstein d&#233;clarait : &#171; Une certaine tutelle des peuples cultiv&#233;s sur les peuples non cultiv&#233;s est une n&#233;cessit&#233;. [...] En tout cas, il vaut mieux que le Congo soit gouvern&#233; par un parlement(!) auquel la classe ouvri&#232;re envoie ses repr&#233;sentants, plut&#244;t que d'&#234;tre exploit&#233; par une entreprise purement capitaliste &#187; ! Avec la pr&#233;sence de repr&#233;sentants ouvriers au Parlement, l'exploitation &#233;tait de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme moins grave que l'exploitation des esclaves blancs et noirs par le capitalisme en l'absence de Parlement et de repr&#233;sentants de la classe ouvri&#232;re. Finalement, dans l'int&#233;r&#234;t du capitalisme, des socialistes sont m&#234;me devenus ministres de la Guerre, apparemment avec la m&#234;me motivation : il valait mieux faire la guerre avec des socialistes au gouvernement plut&#244;t que de laisser la guerre elle-m&#234;me &#234;tre une entreprise purement capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui se produisit en Allemagne apr&#232;s la soi-disant r&#233;volution d&#233;passa toutes les attentes, atteignant finalement son point culminant quand le gouvernement, avec ses ministres social-d&#233;mocrates, envoya les bidasses r&#233;actionnaires &#8212; musique en t&#234;te et ba&#239;onnette au canon &#8212;expulser des minist&#232;res le gouvernement parlementaire socialiste de Saxe, le d&#233;clara d&#233;chu et renvoya le Landtag (parlement r&#233;gional). Enfin, c'&#233;tait grotesque ! Il serait toutefois trop long d'entrer ici davantage dans les d&#233;tails.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Stuttgart en 1907, cette attitude nationaliste s'affichait d&#233;j&#224; ouvertement. Bebel d&#233;clara sans ambages : &#171; Tant que les relations entre &#201;tats n'auront pas fondamentalement chang&#233;, nous, sociaux-d&#233;mocrates, nous ne pouvons pas nous passer enti&#232;rement des armements militaires. &#187; La majorit&#233; de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise proposa d'adopter une r&#233;solution qui pr&#233;voit que, pour pr&#233;venir la guerre, &#171; une action internationale de la classe ouvri&#232;re doit &#234;tre provoqu&#233;e par tous les moyens, depuis l'intervention parlementaire et l'agitation publique jusqu'aux gr&#232;ves et soul&#232;vements de masse. &#187; Cette proposition fut d&#233;fendue avec ferveur par Vaillant et Jaur&#232;s. Les mots de Vaillant sont rest&#233;s c&#233;l&#232;bres : &#171; Plut&#244;t l'insurrection que la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est pr&#233;cis&#233;ment sur cette question des moyens pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre que l'opposition la plus v&#233;h&#233;mente s'&#233;leva du c&#244;t&#233; allemand : &#171; Il faut s'opposer &#224; cette r&#233;solution avec la plus grande fermet&#233; et la d&#233;clarer totalement inacceptable ! &#187; Une fois de plus, ils parlaient de fanatisme anarchiste. Cette r&#233;solution fut rejet&#233;e non seulement pour des raisons tactiques, mais surtout pour des raisons de principe. Ils ne pouvaient s'engager sur des moyens pr&#233;cis. &#171; Nous ne pouvons permettre que des m&#233;thodes de lutte nous soient impos&#233;es, qui pourraient s'av&#233;rer d&#233;sastreuses pour la vie du parti et, dans certaines circonstances, m&#234;me pour son existence m&#234;me. &#187; La r&#233;solution allemande fut finalement adopt&#233;e &#224; l'unanimit&#233;. Il y &#233;tait indiqu&#233; qu'en cas de menace de guerre, les classes ouvri&#232;res et leurs repr&#233;sentants parlementaires, appuy&#233;s par les efforts concert&#233;s du bureau international, devraient tout faire pour emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre en employant les moyens qu'ils jugent les plus efficaces. Si la guerre &#233;clate n&#233;anmoins, chacun devrait de tout faire pour y mettre fin au plus vite et de s'efforcer de toutes ses forces d'utiliser la crise politique et &#233;conomique qu'elle engendre pour mobiliser le peuple et ainsi acc&#233;l&#233;rer la chute de la domination des classes capitaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;VIIe Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Selon la r&#233;solution, la d&#233;mocratisation de l'arm&#233;e constitue une v&#233;ritable garantie contre la guerre ; le remplacement de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re par une arm&#233;e populaire rendrait impossibles les guerres offensives. Cependant, les Anglais et les Am&#233;ricains rejet&#232;rent l'exigence d'un armement g&#233;n&#233;ralis&#233; du peuple et ne voulaient pas l'expansion du militarisme dans leurs pays ; ils estimaient que cette r&#233;solution ne combattait en rien les tendances militaristes. Le repr&#233;sentant suisse fit aussi remarquer qu'une arm&#233;e de milice existait d&#233;j&#224; dans son pays, mais qu'elle &#233;tait tout aussi structur&#233;e par les classes sociales. Quand Kautsky pr&#233;tend que l'Internationale s'est concentr&#233;e sur la pr&#233;vention de la guerre et &#171; a &#224; peine envisag&#233; la position qu'elle devrait adopter si un conflit &#233;clatait &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Vergangenheit und Zukunft der Internationale, Vienne, 1920, p.5.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, - c'est un mensonge d&#233;lib&#233;r&#233;. Nous avons constat&#233; qu'il est r&#233;guli&#232;rement soulign&#233; lors des congr&#232;s internationaux que les r&#233;solutions de paix ne constituent pas encore une garantie suffisante pour &#233;viter tout conflit. Des propositions visant &#224; emp&#234;cher ce d&#233;clenchement de la guerre furent soulev&#233;es &#224; plusieurs reprises, et furent &#224; chaque fois qualifi&#233;es de fanatisme anarchiste &#8212; toujours farouchement contest&#233;es par le camp allemand comme &#171; inacceptables &#187; &#8212; et finalement rejet&#233;es par l'ensemble du Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du congr&#232;s suivant &#224; Copenhague en 1910, la position &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre fut longuement d&#233;battue. Kautsky, pr&#233;sent &#224; Copenhague, ne pouvait ignorer ces discussions. Cette fois, c'est Keir Hardie, du Parti travailliste ind&#233;pendant, qui non seulement appela &#224; une lutte antimilitariste coh&#233;rente, mais d&#233;clara &#233;galement qu'il &#233;tait absolument essentiel de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment sa position et de d&#233;lib&#233;rer sur les moyens d'emp&#234;cher le d&#233;clenchement de la guerre, m&#234;me si les gouvernements capitalistes la d&#233;claraient. Cette position que Keir Hardie proposait d'adopter devait &#234;tre, en m&#234;me temps, le moyen de rendre la guerre impossible. Selon Keir Hardie, &#171; nous combattons non seulement la guerre, mais aussi le militarisme. [...] Militarisme et libert&#233; sont en opposition irr&#233;ductible, et parce que nous aimons la libert&#233;, nous combattons le militarisme. Aussi, nous nous r&#233;jouissons de ce que les camarades scandinaves ont si brillamment engag&#233; la lutte pour le d&#233;sarmement. Nous nous en r&#233;jouissons parce qu'ils ont revendiqu&#233; non seulement une diminution des charges, mais encore le d&#233;sarmement imm&#233;diat et complet du pays. L'histoire de l'humanit&#233; commencera une nouvelle page glorieuse quand le premier pays d&#233;sarmera enti&#232;rement et jettera bas toutes les armes. [&#8230;] La r&#233;solution de Stuttgart constituait un progr&#232;s sur celle d'Amsterdam et, &#224; Copenhague, nous voulons faire un nouveau pas en avant. [&#8230;] Nous voulons simplement montrer aux travailleurs de tous les pays que, s'ils r&#233;unissent leurs forces &#233;conomiques, la puissance de la classe ouvri&#232;re suffit &#224; rendre les guerres impossibles. [...] La seule gr&#232;ve de l'industrie &#224; laquelle j'ai appartenu un jour, celle des mineurs, suffirait pour emp&#234;cher la guerre. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La proposition Keir Hardie-Vaillant &#233;tait la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Entre tous les moyens &#224; employer pour pr&#233;venir et emp&#234;cher la guerre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Congr&#232;s consid&#232;re comme particuli&#232;rement efficace :&lt;br class='autobr' /&gt;
La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ouvri&#232;re, surtout dans les industries qui fournissent &#224; la guerre ses instruments (armes, munitions, transports, etc.), ainsi que l'agitation et l'action populaires sous leurs formes les plus actives.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s, en revanche, a renouvel&#233; les d&#233;cisions prises &#224; Stuttgart et d&#233;cid&#233; de soumettre la proposition Keir Hardie-Vaillant au bureau socialiste, car le congr&#232;s &#233;tait en fait d'avis qu'il ne fallait parler que du d&#233;sarmement et des tribunaux d'arbitrage, et non des moyens d'emp&#234;cher une guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une proposition visant &#224; lutter efficacement contre la guerre &#233;tait toujours inacceptable. C'est pourquoi l'attitude &#224; adopter en cas de d&#233;clenchement de la guerre ne fut pas &#171; examin&#233;e &#187; plus en d&#233;tail et toutes les propositions qui, comme nous l'avons vu, de 1891 &#224; 1910, visaient &#224; d&#233;finir cette attitude, une attitude coh&#233;rente avec l'esprit des r&#233;solutions et aux int&#233;r&#234;ts vitaux du prol&#233;tariat, furent rejet&#233;es. Le bureau devait rendre compte de la proposition lors du congr&#232;s suivant, &#224; B&#226;le en 1912. Comme ce congr&#232;s &#233;tait certes oppos&#233; &#224; la guerre, mais qu'il avait &#233;t&#233; convoqu&#233; en tant que congr&#232;s extraordinaire, cette question ne fut apparemment pas &#233;t&#233; abord&#233;e ! En revanche, de grandes manifestations ont eu lieu et un manifeste pour la paix fut r&#233;dig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s fut un &#233;v&#233;nement marquant, non seulement dans l'histoire de l'Internationale ouvri&#232;re, mais aussi dans l'histoire de la civilisation humaine ! Les d&#233;cisions de Stuttgart et de Copenhague furent &#224; nouveau confirm&#233;es. Sous des acclamations longues et enthousiastes, Jaur&#232;s d&#233;clara : &#171; Nous sommes pr&#234;ts &#224; tous les sacrifices. &#187; Et pour la derni&#232;re fois, Keir Hardie appela le prol&#233;tariat international &#224; ne pas h&#233;siter &#224; utiliser sa deuxi&#232;me grande arme &#233;conomique : la gr&#232;ve mondiale r&#233;volutionnaire contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le congr&#232;s au cours duquel le Bureau socialiste international (B.S.I.) devait pr&#233;senter un rapport sur son examen de la proposition de Keir Hardie n'eut finalement pas lieu. Quelques semaines avant que l'on ne reparle de paix, la guerre &#233;clata.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut l'apoth&#233;ose de la conqu&#234;te du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le grand jour du socialisme prussien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oswald Spengler &lt;i&gt;Prussianisme et socialisme&lt;/i&gt;, trad. H. Brunet, lithographie de l'&#201;cole d'application de l'artillerie, 1927 (Munich, 1920), p. 32, 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 52-53. Il faut &#234;tre un philosophe prussien pour avoir le culot, en 1922(!), de d&#233;clarer que la forme la plus &#233;lev&#233;e de l'humanit&#233; ce sont les tranch&#233;es, les gaz toxiques, les bombardements de cath&#233;drales, le torpillage du paquebot &lt;i&gt;Lusitania&lt;/i&gt;, les blocus qui causent la famine, les bombardements, etc., etc. !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rapport du Congr&#232;s international ouvrier socialiste tenu &#224; Bruxelles du 16 au 23 ao&#251;t 1891, Imprimerie D&#233;sir&#233; Brism&#233;e, 1893, p.66. Apr&#232;s le Congr&#232;s, Liebknecht, porte-parole des combattants, &#233;crivit &#171; sans formule &#187; (&lt;i&gt;Neue Zeit&lt;/i&gt;, IX : 49, p. 835) : &#171; La seule dissonance est apparue lors de la discussion de la question militaire, ce qui est caract&#233;ristique d'un membre d'une nation qui n'y portait aucun int&#233;r&#234;t et qui pouvait l'envisager du point de vue de &#8220;Pays de Cocagne&#8221; en toute s&#233;r&#233;nit&#233;. La proposition de refus de conscription, sous pr&#233;texte qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#233;tait insuffisante pour le programme de &#8220;Pays de Cocagne&#8221;, n'a pu na&#238;tre que dans l'esprit d'un fanatique qui, par chance, n'a connu le militarisme que de loin. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le &#171; Pays de Cocagne &#187; social-d&#233;mocrate, en revanche, n'est apparu qu'en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Congr&#232;s ouvrier internationale de Zurich, ao&#251;t 1893.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Max Schippel (1859&#8211;1947) &#233;tait membre du SPD et d&#233;put&#233; au Reichstag.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Protocole des partis, Hambourg 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &#171; La responsabilit&#233; et la solidarit&#233; dans la lutte ouvri&#232;re &#187;, dans &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, N&#176; 28, 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Allusion &#224; l'intervention du gouvernement du Reich en Saxe en octobre 1923 (&#171; Reichsexekution &#187;), au cours de laquelle l'arm&#233;e allemande destitua le gouvernement r&#233;gional socialiste SPD-KPD (parti communiste) et dissout le parlement saxon. Cet &#233;pisode illustre les tensions entre la social-d&#233;mocratie au pouvoir et les courants plus radicalement r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quand l'intervention fran&#231;aise pendant la guerre russo-japonaise mena&#231;ait de d&#233;clencher une guerre mondiale, un manifeste parut dans Le Socialiste, qui concluait ainsi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La grandeur du socialisme r&#233;side dans le fait que, dans son action, quel que soit son motif, il englobe tous ses objectifs, et que son action contre la guerre co&#239;ncide avec son action pour la lib&#233;ration du prol&#233;tariat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne devons pas h&#233;siter, et d&#232;s cet instant, nous devons voir ce que nous pouvons faire. Et si le prol&#233;tariat international et national ne r&#233;pondait pas suffisamment &#224; notre appel et &#233;tait incapable de se d&#233;fendre, de d&#233;fendre sa vie, ses revendications, sa lib&#233;ration, par la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, notre devoir d'agir et de ne reculer devant rien pour le sauver, conjurer le danger et emp&#234;cher la guerre ne serait que plus n&#233;faste. Il n'y a pas de plus grand bien que la paix, la paix internationale. Il n'y a rien qui ne soit pr&#233;f&#233;rable &#224; la guerre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux vaut la r&#233;bellion que la guerre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;VII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s Socialiste Internationale tenu a&#768; Stuttgart du 16 au 24-8-1907.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Vergangenheit und Zukunft der Internationale&lt;/i&gt;, Vienne, 1920, p.5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international &#224; Copenhague 1910, op. cit., p.319-320, 322-323&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Deuxi&#232;me partie</title>
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		<dc:date>2026-04-16T22:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_ll-fcabc.jpg?1776376866' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DEUXI&#200;ME PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Premi&#232;re Internationale, fond&#233;e en 1864, &#233;tait la premi&#232;re tentative majeure d'unir les travailleurs de tous les pays sous la banni&#232;re de la lutte des classes pour lib&#233;rer le travail de l'esclavage. Son mot d'ordre &#233;tait : &#171; l'&#233;mancipation des travailleurs doit &#234;tre l'&#339;uvre des travailleurs eux-m&#234;mes &#187;, et elle proclamait la &#171; solidarit&#233; &#233;conomique &#187; comme son arme principale. Par &#171; &#233;mancipation des travailleurs &#187;, elle entendait l'&#233;galit&#233; &#233;conomique, sans laquelle toute libert&#233; politique n'est qu'une illusion trompeuse. Elle d&#233;clara que cette lib&#233;ration n'&#233;tait pas un probl&#232;me national, mais international, et appelait donc les travailleurs &#224; la lutte et &#224; la solidarit&#233; internationales. Conform&#233;ment aux propos de Marx dans son &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste&lt;/i&gt; de 1848, les travailleurs n'avaient pas d'autre patrie que la grande f&#233;d&#233;ration des travailleurs du monde entier. Il est clair que cela a engendr&#233; une position pacifiste, tr&#232;s diff&#233;rente de l'approche des socialistes patriotiques de l'&#233;poque. La question de la guerre &#233;tait largement d&#233;battue au sein de l'Internationale, notamment quand la question luxembourgeoise&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; la remit sur le devant de la sc&#232;ne. Diverses sections de l'Internationale protest&#232;rent contre la guerre imminente. Par exemple, le 28 avril 1867, la section de Locle appelait les ouvriers &#171; &#224; s'unir &#224; elle pour fl&#233;trir une lutte qui ne pourrait &#234;tre que fatale au travail et &#224; la libert&#233;. [&#8230;] Aujourd'hui, toute guerre entre les peuples europ&#233;ens n'est plus une guerre nationale, c'est une guerre civile. &#187; Nous verrons comment Marx lui-m&#234;me reniera bient&#244;t les principes qu'il avait lui-m&#234;me formul&#233;s. D&#233;j&#224; le 7 juin 1866 il &#233;crivait avec m&#233;pris &#224; Engels : &#171; Chez les &#233;tudiants de Paris, la clique proudhonienne (&lt;i&gt;Le Courrier fran&#231;ais&lt;/i&gt;) pr&#234;che la paix, d&#233;clare que la guerre est d&#233;pass&#233;e, que les nationalit&#233;s sont un non-sens, s'en prend &#224; Bismarck et &#224; Garibaldi, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et le 20 juin : &#171; De plus, les repr&#233;sentants de la &#8220;Jeune France&#8221; s'accordent &#224; dire que toutes les nationalit&#233;s et nations elles-m&#234;mes ne sont que des pr&#233;jug&#233;s d&#233;pass&#233;s. Un stirn&#233;risme proudhonis&#233; ; dissoudre tout en petits &#8220;groupes&#8221; ou &#8220;communes&#8221;, qui forment &#224; leur tour une &#8220;association&#8221;, mais sans &#201;tat. &#187; En 1867, le deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Internationale eut lieu &#224; Lausanne. Concernant la guerre, le constat fut fait que seul un nouvel ordre social, un ordre o&#249; la soci&#233;t&#233; ne serait plus divis&#233;e en deux classes, l'une exploit&#233;e par l'autre, pourrait garantir la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parlant de la paix comme d'une &#171; condition premi&#232;re &#187; et de la suppression de l'exploitation comme d'une cons&#233;quence, on mettait la charrue avant les b&#339;ufs, remarque le Belge C&#233;sar De Paepe. Une r&#233;solution fut adopt&#233;e qui constate &#224; nouveau &#171; que pour arriver &#224; supprimer la guerre, il ne suffit pas d'abolir les arm&#233;es, mais qu'il faut encore modifier l'organisation sociale. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;) Cette r&#233;solution fut pr&#233;sent&#233;e par une d&#233;l&#233;gation, dont James Guillaume faisait partie, au congr&#232;s pour la paix qui s'est tint peu apr&#232;s &#224; Gen&#232;ve. Ce congr&#232;s &#233;tait convoqu&#233; par des r&#233;publicains et d&#233;mocrates radicaux de l'&#233;poque en Europe. &#201;taient &#233;galement pr&#233;sents 26 des 64 d&#233;l&#233;gu&#233;s du congr&#232;s de Lausanne, qui esp&#233;raient orienter les d&#233;bats vers une direction r&#233;volutionnaire et antimilitariste. La section parisienne de l'Internationale d&#233;l&#233;gua les m&#234;mes membres qu'au Congr&#232;s de Lausanne. Dupont, d&#233;l&#233;gu&#233; international &#224; Londres, exposa la position pacifiste de l'Internationale et s'opposa fermement &#224; tout pacifisme bourgeois : &#171; Croyez-vous, citoyens, que lorsque ces arm&#233;es permanentes seront dissoutes et transform&#233;es en milices nationales, nous aurons la paix perp&#233;tuelle ? Non, citoyens, la r&#233;volution de juin 1848 est l&#224; pour r&#233;pondre... Pour &#233;tablir la paix perp&#233;tuelle, il faut an&#233;antir les lois qui oppriment le travail, tous les privil&#232;ges, et faire de tous les citoyens une seule classe de travailleurs. En un mot, accepter la r&#233;volution sociale avec toutes ses cons&#233;quences. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p.146-147.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue rencontra une forte opposition de la part des &#233;l&#233;ments bourgeois au congr&#232;s, tout comme le discours de Bakounine, qui attaquait le mal &#224; la racine. Son discours, qui s'attaquait &#224; l'&#201;tat comme cause de la guerre, &#233;tait sans doute le plus coh&#233;rent et l'un des meilleurs qui furent &#233;crits ou prononc&#233;s contre la guerre &#224; cette &#233;poque. Bakounine &#233;tait venu de Naples &#224; Gen&#232;ve, o&#249; il esp&#233;rait trouver une occasion favorable pour diffuser ses id&#233;es. Depuis quelques ann&#233;es, Bakounine avait rassembl&#233; autour de lui des r&#233;volutionnaires qui s'&#233;taient organis&#233;s en une association connue sous le nom de &#171; Fraternit&#233; internationale &#187; ; cette association reposait principalement sur les affinit&#233;s entre ses membres. Son programme &#233;tait le programme r&#233;volutionnaire-socialiste bakouninien : ath&#233;e, socialiste et f&#233;d&#233;raliste. Il esp&#233;rait introduire ce programme dans la Ligue de la libert&#233; et de la paix (fond&#233;e lors du congr&#232;s de Gen&#232;ve). Ses discours aux deux congr&#232;s de Gen&#232;ve et de Berne contenaient l'essentiel de toutes ses id&#233;es, qu'il propageait depuis 1868 au sein de l'Internationale ; un condens&#233; de ses id&#233;es principales sur les probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques, religieux et nationaux. Pour lui, la condition pr&#233;alable &#224; la libert&#233; et &#224; la paix &#233;tait la destruction de l'&#201;tat centralis&#233;, bureaucratique et donc militariste, et son remplacement par l'union de f&#233;d&#233;rations libres. &#171; La paix universelle, conclut-il son discours &#224; Gen&#232;ve, sera impossible tant qu'existeront les &#201;tats centralis&#233;s actuels. Nous devons donc d&#233;sirer leur dissolution, afin que, sur les ruines de ces unit&#233;s violentes, organis&#233;es du haut en bas par voie d'autorit&#233; et de conqu&#234;te, se forment des unit&#233;s libres, par la libre f&#233;d&#233;ration des communes &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Ligue Internationale fut, en un sens, celle de la lutte entre la majorit&#233; de la bourgeoisie lib&#233;rale et radicale et la minorit&#233; des socialistes r&#233;volutionnaires. Lorsque, sur la question &#233;conomique, principal sujet du Congr&#232;s de Berne, l'&#233;galit&#233;, non seulement politique mais aussi &#233;conomique, fut revendiqu&#233;e, il devint &#233;vident qu'une fusion n'&#233;tait plus possible. Bakounine et ses amis firent s&#233;cession. Il proposa d'adh&#233;rer collectivement &#224; l'Internationale. On fonda cependant l'Alliance de la d&#233;mocratie sociale (ce &#224; quoi Bakounine s'opposait, car elle risquait d'entrer en concurrence ind&#233;sirable avec l'Internationale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Max Nettlau, Michael Bakunin. Eine Biografie. Londres, 1896 1900, Vol. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Le programme de l'Internationale fut g&#233;n&#233;ralement accept&#233;, et ses sections furent rapidement r&#233;int&#233;gr&#233;es &#224; l'Internationale apr&#232;s la dissolution de cette derni&#232;re. Borkheim, ami de Marx (et sur ses instructions), d&#233;clara au Congr&#232;s de Gen&#232;ve que, pour garantir la paix en Europe, tous les &#201;tats europ&#233;ens devaient d&#233;clarer la guerre &#224; la Russie ! Nous verrons comment ce spectre russe de Marx et de la social-d&#233;mocratie allemande a servi, sans cesse, de pr&#233;texte, durant le demi-si&#232;cle suivant &#8211; jusqu'&#224; la premi&#232;re semaine d'ao&#251;t 1914 &#8211; pour justifier leur politique militariste et imp&#233;rialiste. &#171; Il ne faut pas rire &#187;, observait Domela Nieuwenhuis &#224; Zurich en 1893, en d&#233;fense de la r&#233;solution n&#233;erlandaise, &#171; quand la Russie est qualifi&#233;e de foyer d'horreur et de barbarie ; comme si l'Allemagne &#233;tait un foyer de civilisation et de douceur ! La France peut adresser la m&#234;me accusation &#224; l'Allemagne, car elle est une r&#233;publique. O&#249; cela nous m&#232;nera quand les socialistes commenceront &#224; prof&#233;rer de telles accusations contre d'autres nations ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au troisi&#232;me congr&#232;s de la Premi&#232;re Internationale, &#224; Bruxelles en 1868, la position du parti sur la question de la guerre fut pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finie. Une longue discussion eut lieu, &#224; laquelle participa notamment De Paepe. &#171; La guerre est un mal &#233;vident pour nous tous. Mais outre notre &#233;ternelle protestation, on nous demande que nous t&#226;chions d'intervenir pratiquement pour sa suppression. Pour cela il y a deux m&#233;thodes : la premi&#232;re, c'est de s'attaquer directement &#224; la guerre par le refus du service militaire (Applaudissements) ou, ce qui revient au m&#234;me, puisque les arm&#233;es ont besoin de consommer, par le refus du travail. La seconde n'intervient pas directement ; c'est en r&#233;solvant la question sociale elle-m&#234;me qu'elle pr&#233;tend arriver &#224; la suppression de la guerre : telle est la m&#233;thode que, par son d&#233;veloppement, l'Internationale est destin&#233;e &#224; faire triompher. (Bravos.) En employant la premi&#232;re mani&#232;re, c'est sans cesse &#224; recommencer. La seconde, seule, d&#233;truit le mal dans sa source m&#234;me. On a cherch&#233; &#224; attribuer la cause de la guerre &#224; des individualit&#233;s ; c'est une erreur : les rois, les empereurs, ne sont que des accidents, des instruments. La seule vraie cause de la guerre est dans nos institutions sociales. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, Le Livre bleu de l'Internationale, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet esprit, une r&#233;solution a &#233;t&#233; adopt&#233;e &lt;strong&gt;&#224; l'unanimit&#233; &lt;/strong&gt; : la cause premi&#232;re et permanente de la guerre est d'ordre &#233;conomique. Mais une deuxi&#232;me cause, et pas moins importante, est l'arbitraire, &#171; qui r&#233;sulte de la centralisation et du despotisme &#187;. Aujourd'hui encore, les peuples peuvent donc r&#233;duire le nombre de guerres en s'opposant &#224; ceux qui les provoquent ou les d&#233;clarent. Les classes ouvri&#232;res disposent d'un moyen concret d'y parvenir imm&#233;diatement : puisque le corps social ne saurait survivre &#224; un arr&#234;t de la production, il suffit que les producteurs cessent de produire pour rendre impossibles les desseins des gouvernements despotiques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Congr&#232;s de l'Association internationale des travailleurs, r&#233;uni &#224; Bruxelles, d&#233;clare protester avec la plus grande &#233;nergie contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il invite toutes les Sections de l'Association, chacune dans leurs pays respectifs, ainsi que toutes les soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res et tous les groupes d'ouvriers quels qu'ils soient, &#224; agir avec la plus grande activit&#233; pour emp&#234;cher une guerre de peuple &#224; peuple, qui aujourd'hui ne pourrait &#234;tre consid&#233;r&#233;e que comme une guerre civile, parce que faite entre ceux qui produisent, elle ne serait qu'une lutte entre fr&#232;res et citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s recommande surtout aux travailleurs de cesser tout travail dans le cas o&#249; une guerre viendrait &#224; &#233;clater dans leurs pays respectifs. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), op. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, qui n'avait jamais assist&#233; aux congr&#232;s, &#233;crivit aussit&#244;t &#224; Engels au sujet de &#171; l'absurdit&#233; belge de faire gr&#232;ve contre la guerre &#187;. La social-d&#233;mocratie allemande et la Deuxi&#232;me Internationale, qu'il dominait, allaient &#233;galement suivre leur grand ma&#238;tre sur ce point et, selon les propres termes d'Auer, d&#233;clarer que &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; &#233;tait une &#171; absurdit&#233; g&#233;n&#233;rale &#187;. Lorsque, deux ans plus tard, en 1870, la guerre qui mena&#231;ait depuis longtemps entre la France et l'Allemagne &#233;clata, Marx d&#233;clara au nom du Conseil g&#233;n&#233;ral de l'Internationale : &#171; Du c&#244;t&#233; allemand, cette guerre est une guerre d&#233;fensive. &#187; Il justifiait ainsi la guerre du c&#244;t&#233; allemand, contredisant ses propos du &lt;i&gt;Manifeste du Parti communiste &lt;/i&gt; selon lesquels on ne peut prendre aux travailleurs ce qu'ils ne poss&#232;dent pas, et en totale contradiction avec les d&#233;cisions de Bruxelles, qui affirmaient que toute guerre devait &#234;tre rejet&#233;e, car elle ne pouvait &#234;tre qu'une &#171; guerre civile &#187;. Avec l'introduction du terme &#171; guerre d&#233;fensive &#187;, toute lutte coh&#233;rente contre la guerre fut d&#233;pouill&#233;e de ses fondements ; d&#232;s lors, toutes les tactiques antimilitaristes coh&#233;rentes furent et continuent d'&#234;tre sabot&#233;es par les marxistes, et toutes les politiques imp&#233;rialistes furent d&#233;fendues ! Cette affirmation de Marx se comprend ais&#233;ment si on tient compte qu'il voulait la victoire de la Prusse-Allemagne. Pour lui, une victoire de Bismarck &#233;quivalait &#224; une victoire pour son socialisme d'&#201;tat prussien. L'&#233;mergence d'un &#201;tat allemand &#8211; m&#234;me imp&#233;rialiste &#8211; constituerait la premi&#232;re &#233;tape vers l'&#171; &#201;tat populaire &#187;. Bismarck fait un travail &#224; la t&#226;che pour nous, &#233;crit Marx &#224; Engels le 20 juillet : &#171; Les Fran&#231;ais ont besoin d'un coup dur. Si les Prussiens l'emportent, la centralisation du pouvoir d'&#201;tat favorisera la centralisation de la classe ouvri&#232;re allemande. De plus, la domination allemande d&#233;placera le centre de gravit&#233; du mouvement ouvrier d'Europe occidentale de la France vers l'Allemagne [&#8230;] Sa domination (de la classe ouvri&#232;re allemande) sur la sc&#232;ne mondiale signifierait simultan&#233;ment la domination de notre th&#233;orie sur celle de Proudhon, etc. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Correspondance Marx-Engels.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;loges de &#171; la fraternit&#233; des ouvriers &#187;, de Marx dans son discours au Conseil g&#233;n&#233;ral du 23 juillet, relevaient donc davantage d'une discussion philosophique : &#171; Tandis que la France et l'Allemagne officielles se livrent &#224; une lutte fratricide, les ouvriers s'envoient des messages de paix et d'amiti&#233;. Ce grand fait, sans pr&#233;c&#233;dent dans le pass&#233;, ouvre la perspective d'un avenir radieux. &#187; Mais toutes ces proclamations n'ont &#233;videmment que peu de sens si, en m&#234;me temps, il faut &#171; d&#233;fendre &#187; la patrie en danger&#8230; Un socialiste &#233;crivait dans le journal Volksstaat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;James Guillaume, L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878), P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Qu'arriverait-il si tous les ouvriers de France et d'Allemagne cessaient le travail d'un commun accord &#224; un jour donn&#233;, et opposaient ainsi &#224; la guerre une gr&#232;ve internationale ? Je suis persuad&#233; que dans ce cas la guerre serait termin&#233;e en quelques jours, sans m&#234;me que le sang ait coul&#233;. Car de m&#234;me que la guerre rend impossible le travail r&#233;mun&#233;rateur, de m&#234;me la cessation du travail rendrait la guerre impossible. &#187; Ce point de vue &#233;tait en accord avec la r&#233;solution de 1868 et constituait un moyen plus s&#251;r d'&#233;viter la guerre que les proclamations mutuelles de fraternit&#233;. Si cette proposition avait &#233;t&#233; mise en pratique, elle aurait ouvert davantage de perspectives pour un &#171; avenir radieux &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La section parisienne de l'Internationale resta &#233;galement fid&#232;le aux d&#233;cisions de Bruxelles. Dans son appel du 12 juillet 1870, elle protesta avec force contre la guerre : &#171; la destruction syst&#233;matique du genre humain &#187;, &#171; la guerre ne fait qu'attiser les instincts sauvages et la haine nationale &#187;, &#171; c'est un pr&#233;texte pour les gouvernements afin de supprimer la libert&#233; publique &#187;, &#171; n'&#233;coutez pas ces provocations insens&#233;es, car une guerre entre nous serait une guerre fratricide &#187;, &#171; nos divisions n'aboutiraient qu'&#224; un triomphe complet du despotisme des deux c&#244;t&#233;s du Rhin &#187;. Lors de la conscription en France au d&#233;but de 1870, ce sont les femmes de Lyon, dont Virginie Barbet, qui diffus&#232;rent le &lt;i&gt;Manifeste des femmes lyonnaises adh&#233;rentes &#224; l'Internationale &lt;/i&gt; que l'on peut consid&#233;rer comme l'un des premiers manifestes d'objection de conscience. Elles y appelaient &#224; l'objection de conscience directe : &#171; C'est par&lt;i&gt; un acte r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, celui de refuser la conscription, qu'il faut protester, et non par d'inutiles r&#233;clamations. [&#8230;] Nous nous disons civilis&#233;s et &#233;mancip&#233;s, erreur ! nous sommes encore que des mis&#233;rables esclaves, et ce qu'il y a de plus triste, non seulement mat&#233;riellement, mais encore moralement, puisque, sans nous r&#233;volter, nous subissons la condition qui nous est faite. nous nous soumettons sans nous r&#233;volter &#224; la situation dans laquelle nous sommes plac&#233;s [...] Une occasion se pr&#233;sente &#224; nous de donner l'exemple de la dignit&#233; humaine, ne la laissez pas passer [&#8230;] et vous aurez bien m&#233;rit&#233; la r&#233;volution. &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Oscar Testut, L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe, E. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale qu'une tactique antimilitariste coh&#233;rente, et donc toujours antinationaliste, &#233;tait inh&#233;rente &#224; la lutte r&#233;volutionnaire de la Premi&#232;re Internationale. Il va de soi &#224; partir de la constatation que la lib&#233;ration de la classe ouvri&#232;re n'est pas un probl&#232;me national, mais international. Et on peut dire qu'elle a conserv&#233; ce caract&#232;re partout o&#249; elle n'a pas substitu&#233; la lutte &#233;lectorale &#224; la lutte de classe r&#233;volutionnaire. C'est la conception de l'&#201;tat de Marx qui l'a mis en contradiction avec la voie qu'il avait lui-m&#234;me emprunt&#233;e et l'a conduit &#224; l'abandonner ; et, intimement li&#233;e &#224; cette contradiction, la politique parlementaire passait de plus en plus au premier plan, avec laquelle une politique antinationale et antimilitariste cons&#233;quente n'est pas conciliable. Seule l'Internationale anti-autoritaire (bakouniniste), qui a continu&#233; d'exister apr&#232;s la scission des &#233;l&#233;ments marxistes en 1872, a pu continu&#233; dans cette voie. Elle a pu poursuivre cette tradition antimilitariste parce qu'elle rejetait par principe toute politique parlementaire, parce qu'elle ne voulait pas conqu&#233;rir un &#201;tat centralis&#233; pour instaurer le socialisme, mais consid&#233;rait comme premi&#232;re t&#226;che des travailleurs de d&#233;truire l'&#201;tat ; et parce qu'elle n'attendait aucun autre salut que celui de &lt;strong&gt;l'organisation &#233;conomique&lt;/strong&gt; des travailleurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique des partis sociaux-d&#233;mocrates nationaux, qui ont poursuivi les id&#233;es marxistes de la Premi&#232;re Internationale, a finalement conduit l&#224; o&#249; elle ne pouvait que conduire : &#224; ao&#251;t 1914. Le parti social-d&#233;mocrate et, dans une moindre mesure, les syndicats qu'il influen&#231;ait s'&#233;taient tellement int&#233;gr&#233;s dans l'ensemble du syst&#232;me de l'&#201;tat capitaliste, &#233;taient devenus &#224; un tel degr&#233; partie int&#233;grante de cet &#201;tat, que toute leur tactique &#171; socialiste &#187;, qui ne visait qu'&#224; accro&#238;tre leur influence dans cet &#201;tat, rendait absolument impossible qu'il puisse un jour se trouver soudainement en opposition de principe avec lui. C'&#233;tait, on ne le r&#233;p&#233;tera jamais assez, une cons&#233;quence in&#233;vitable. Quiconque pense pouvoir combattre la tactique de ces r&#233;solutions internationales de paix et de la politique nationale de guerre sans combattre l'ensemble de la politique nationale socialiste met la charrue avant les b&#339;ufs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit de la crise diplomatique autour du Luxembourg (notamment la crise de 1867) dans un contexte de tensions europ&#233;ennes o&#249; le territoire du Luxembourg devenait un point strat&#233;gique entre puissances.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1866/06/km18660607.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Correspondance Friedrich Engels et Karl Marx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. I, p.115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p.146-147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Annales du congr&#232;s de Gen&#232;ve. 9-12 Sept. 1867, p.187-191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Max Nettlau, &lt;i&gt;Michael Bakunin. Eine Biografie&lt;/i&gt;. Londres, 1896 1900, Vol. 11, chapitres. 31, 32, 33 ; Michel Bakounine, &lt;i&gt;&#338;uvres compl&#232;tes&lt;/i&gt;, P.-V. Stock.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;Le Livre bleu de l'Internationale&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1871, p.173.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, op. cit., p.183.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Correspondance Marx-Engels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;James Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale. Documents et Souvenirs (1864-1878)&lt;/i&gt;, P.-V. Stock, 1905, Paris, t. II, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Oscar Testut, &lt;i&gt;L'Internationale et le Jacobinisme au ban de l'Europe&lt;/i&gt;, E. Lachaud &#201;diteur, Paris, 1872, p.277-278.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Premi&#232;re partie</title>
		<link>http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-premiere-partie</guid>
		<dc:date>2026-04-15T22:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PREMI&#200;RE PARTIE &lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_1-8ef67.jpg?1776290579' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;PREMI&#200;RE PARTIE&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le monde bourgeois et socialiste c&#233;l&#232;bre l'anniversaire du d&#233;clenchement de la &#171; premi&#232;re &#187; guerre mondiale. Dix ans plus tard, la question se pose : o&#249; en sommes-nous ? Avant 1914, des congr&#232;s pour la paix avaient aussi &#233;t&#233; organis&#233;s, tant &#224; La Haye qu'&#224; B&#226;le. Avant 1914, nombreux &#233;taient ceux, du tsar &#224; Kautsky, qui se d&#233;claraient en faveur de la paix. Malgr&#233; cela, la guerre a &#233;clat&#233;.(Kautsky a d&#233;clar&#233; que ce d&#233;clenchement &#171; ne signifie pas un &#233;chec, mais une confirmation de nos opinions th&#233;oriques. Nous n'avons rien &#224; regretter, rien &#224; revoir. Nos points de vue, que nous avions avant la guerre, ont &#233;t&#233; confirm&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Kautsky, Die Internationalitat und der Krieg, p.6.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). Les points de vue qui ont &#233;t&#233; confirm&#233;s et qui sont encore d&#233;fendus aujourd'hui peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; les causes de la guerre r&#233;sident dans le syst&#232;me social capitaliste ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la guerre est en contradiction absolue avec tous les int&#233;r&#234;ts du prol&#233;tariat ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; augmenter l'influence sur les gouvernements des &#201;tats capitalistes est le principal moyen de lutter contre le danger de guerre.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et dans toutes ses variations, la d&#233;claration cat&#233;gorique &#233;tait : tant que les causes existent et que le syst&#232;me d'exploitation de l'homme par l'homme et la lutte des classes qui en r&#233;sulte persistent, il serait vraiment utopique d'esp&#233;rer une paix universelle. Certains points de vue n'ont pas &#233;t&#233; confirm&#233;s non plus (par exemple que &#171; le Parti Socialiste et le prol&#233;tariat organis&#233;s sont les seules forces efficaces de la paix internationale &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;). De plus, ces derniers temps, il s'est av&#233;r&#233; que m&#234;me les gouvernements soi-disant socialistes, qui ne repr&#233;sentent apr&#232;s tout que des int&#233;r&#234;ts capitalistes ou capitalistes d'&#201;tat, ne r&#233;duisent en rien le risque de guerre. Comme le syst&#232;me capitaliste n'a toujours pas &#233;t&#233; remplac&#233; par un autre, il faut, selon ces conceptions marxistes, s'attendre &#224; juste titre &#224; de nouvelles guerres mondiales. Cette conception est d'ailleurs confirm&#233;e quotidiennement par les faits de la politique internationale. On sait comment, depuis Versailles, tant les conflits que les armements, qui m&#232;nent in&#233;vitablement &#224; une nouvelle guerre, ne cessent de s'intensifier ; on sait avec quels moyens de destruction barbares, chimiques et techniques, l'humanit&#233; tout enti&#232;re est menac&#233;e. La bourgeoisie le confirme. Je n'irai pas plus loin sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a rien d'&#233;tonnant de dire que ce que nous avons v&#233;cu et ce que nous allons vivre bient&#244;t sera, d'un point de vue technique, comparable &#224; la guerre mondiale, elle-m&#234;me comparable &#224; la guerre de 1870, et qu'il ne doit plus jamais arriver. Mais avant la guerre aussi, on disait que ce qui s'&#233;tait pass&#233; ne devait plus jamais arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; social-d&#233;mocratie r&#233;volutionnaire internationale &#187;, la social-d&#233;mocratie de tous les pays, n'a rien appris, n'a rien &#224; regretter et rien &#224; revoir. C'est vrai. Si les r&#233;solutions de paix avant la guerre se sont r&#233;v&#233;l&#233;es &#234;tre des mots creux, les &#171; plus jamais &#187; actuels sont tout simplement trompeurs. &#192; chaque protestation contre la guerre et le militarisme, &#224; chaque r&#233;solution pour la paix, on pose la question suivante : que ferez-vous si la guerre &#233;clate demain ? Jusqu'en 1914, on a &#233;vit&#233; de r&#233;pondre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'&#233;vite &#224; nouveau aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, Kautsky a d&#233;j&#224; donn&#233; la r&#233;ponse : il n'y a rien &#224; revoir. Le socialisme international n'&#233;tait pas en faillite ; ce n'&#233;tait pas un effondrement, c'&#233;tait une confirmation ; une confirmation de toute la tactique social-d&#233;mocrate. C'&#233;tait juste que le socialisme s'est d&#233;masqu&#233;. C'&#233;tait une confirmation de tout ce que les anarchistes avaient pr&#233;dit depuis des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la guerre a r&#233;v&#233;l&#233; la nature profonde du capitalisme, ainsi que ce qui &#233;tait latent en temps de paix et l'a fait &#233;clater au grand jour de mani&#232;re horrible (et la paix n'&#233;tait qu'une continuation de la guerre par d'autres moyens), le v&#233;ritable caract&#232;re de ce qu'on appelait le socialisme a &#233;galement &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233; pendant et apr&#232;s la guerre. Le socialisme a lui aussi d&#251; montrer son vrai visage, et l&#224;, les programmes et les r&#233;solutions n'ont servi &#224; rien. Et il a jet&#233; le masque. La &#171; trahison &#187; d&#233;coulait naturellement de son caract&#232;re m&#234;me, de son id&#233;ologie, de sa tactique. C'&#233;tait une cons&#233;quence in&#233;vitable. Nous examinerons bri&#232;vement la question du militarisme dans le mouvement ouvrier au cours du dernier demi-si&#232;cle et verrons que cette question est li&#233;e et d&#233;termin&#233;e par les moyens de lutte pour l'&#233;mancipation &#233;conomique du prol&#233;tariat en g&#233;n&#233;ral. C'est l'&#233;chec de toute l'id&#233;ologie et la tactique de ces moyens de lutte sociaux-d&#233;mocrates et marxistes qui a &#233;t&#233; confirm&#233; d&#232;s le d&#233;but de la guerre et de plus en plus depuis lors.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Karl Kautsky, &lt;i&gt;Die Internationalitat und der Krieg&lt;/i&gt;, p.6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Huiti&#232;me Congr&#232;s socialiste international tenu &#224; Copenhague du 28 ao&#251;t au 3 septembre 1910, compte rendu analytique publi&#233; par le secr&#233;tariat du Bureau socialiste international, p.60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La social-d&#233;mocratie et la guerre - Introduction</title>
		<link>http://partage-noir.fr/la-social-democratie-et-la-guerre-introduction</link>
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		<dc:date>2026-04-15T10:13:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Lehning</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;INTRODUCTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-die-sozialdemokratie-und-der-krieg-" rel="directory"&gt;Die Sozialdemokratie und der Krieg &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/lehning_copie_2-5a208.jpg?1776248067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;INTRODUCTION&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paris, 14-9-1925.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction du texte qui suit &#8211; Berlin, juillet 1924 &#8211;, il a suffi de mettre en &#233;vidence quelques faits et gestes de la social-d&#233;mocratie pour non seulement y ajouter une nouvelle partie, mais aussi constater combien ces r&#233;flexions, bien qu'avant tout historiques, ont &#233;t&#233; &#233;crites pour une application pratique, d&#233;sormais confirm&#233;e par les &#233;v&#233;nements actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque d&#233;sormais, malgr&#233; les d&#233;clarations de paix et les congr&#232;s pour la paix, la paix entretient elle-m&#234;me les conditions d'un risque de guerre permanent, il n'est plus n&#233;cessaire d'attendre le d&#233;clenchement de la prochaine guerre mondiale pour comprendre ce que signifie le combat et l'antimilitarisme social-d&#233;mocrates. Du moins si la guerre elle-m&#234;me ne nous l'avait pas d&#233;j&#224; appris. Mais les journaux nous font oublier, et comme c'est imprim&#233; noir sur blanc, on croit &#224; la tromperie d'aujourd'hui et non plus &#224; celle d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis lors, le proc&#232;s Ebert&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a montr&#233; avec une franchise surprenante comment, pendant la guerre, le socialisme et les travailleurs furent trahis par les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates. Il constitue une illustration remarquable du texte qui suit cette introduction. Avec les deux proc&#232;s sociaux-d&#233;mocrates qui suivirent &#8212; ceux d'Auer et de Barmat&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212; ce parti et ce syst&#232;me partisan furent &#233;clair&#233;s d'une mani&#232;re plus cr&#251;e que par la critique la plus violente que l'on puisse imaginer. Il fut d&#233;montr&#233; comment l'embourgeoisement de ce parti, comment le parlementarisme et le minist&#233;rialisme aboutissent finalement &#8212; et ne peuvent qu'aboutir &#8212; &#224; la corruption et &#224; la trahison. D'un parti qui sortirait indemne de ces trois proc&#232;s, on peut dire, en paraphrasant Karl Kraus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &#171; Le parti qui dig&#232;re cela a un bon estomac ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crasez l'inf&#226;me !?&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais dans le texte original.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Qu'on n'oublie pas que cette classe ouvri&#232;re qui, en l'occurrence, devrait pourtant s'insurger, a &#233;t&#233; &#233;duqu&#233;e pendant un demi-si&#232;cle au social-d&#233;mocratisme sous un Empire prussien. Certes, cette corruption ne touche pas seulement le parti allemand, mais elle s'&#233;tend aussi au-del&#224; des fronti&#232;res hollandaises et impr&#232;gne toute la Deuxi&#232;me Internationale, dite socialiste. Car il ne s'agit pas des personnes, mais du syst&#232;me. Et ce syst&#232;me se manifeste en Allemagne sous la forme de trahison politique sournoise, de r&#233;action brutale, de corruption. Il se manifeste autrement ailleurs. Ces Ebert et Scheidemann, ces Noske et Auer, ces Bauer et Heilmann, ils s'appellent ailleurs Macdonald et Vandervelde, Renaudel et Boncour&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ils incarnent ce que Kropotkine indiquait : &#171; Le socialisme ne peut &#234;tre r&#233;formiste. S'il cesse d'&#234;tre r&#233;volutionnaire, il tombe aux mains de la r&#233;action. &#187; Car lorsque le gouvernement &#171; antimilitariste &#187;, &#171; socialiste &#187; de Macdonald&#8212; qui poursuit la politique imp&#233;rialiste du gouvernement conservateur, pour ensuite en laisser la gestion au m&#234;me gouvernement et la voir continuer sur le m&#234;me pied &#8212; construit des navires de guerre et d&#233;veloppe l'aviation, cela n'a rien &#224; voir avec le socialisme et la paix ; c'est au contraire une pr&#233;paration capitaliste &#224; la guerre, donc une r&#233;action. Quand, en Autriche, l'adversaire le plus acharn&#233; de l'abolition de l'arm&#233;e professionnelle c'est la social-d&#233;mocratie et qu'elle appelle les &#171; jeunes ch&#244;meurs(!) sociaux-d&#233;mocrates &#187; &#224; s'engager dans l'arm&#233;e, pr&#233;cis&#233;ment parce que cette arm&#233;e est un instrument docile d'un g&#233;n&#233;ral fasciste, c'est de la r&#233;action, et en plus inf&#226;me. Quand les sociaux-d&#233;mocrates fran&#231;ais soutiennent la guerre coloniale imp&#233;rialiste et votent les cr&#233;dits de guerre, c'est l&#224; encore de la r&#233;action, qui d&#233;voile toute la phras&#233;ologie antimilitariste et met en lumi&#232;re le v&#233;ritable caract&#232;re de cette lutte contre la guerre, social-patriotique. Dans cette guerre au Maroc, comme dans toute guerre pr&#233;par&#233;e par le gouvernement Poincar&#233;, provoqu&#233;e par un g&#233;n&#233;ral fasciste et men&#233;e dans l'int&#233;r&#234;t du capital bancaire fran&#231;ais, il s'agit de d&#233;bouch&#233;s et d'&#171; exploration &#187;, c'est-&#224;-dire d'exploitation &#8212; sous pr&#233;texte que la culture fran&#231;aise est en danger et que la civilisation occidentale doit &#234;tre d&#233;fendue contre les barbares &#8212; avec des chars, des escadrons d'avions et des gaz toxiques. Pour la &#233;ni&#232;me fois, il s'est av&#233;r&#233; que ce parti pr&#233;f&#232;re l'int&#233;r&#234;t national et capitaliste &#224; l'int&#233;r&#234;t le plus &#233;l&#233;mentaire du prol&#233;tariat, blanc ou &#171; de couleur &#187;. Cette image s'est renouvel&#233;e lors du congr&#232;s de la II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale tenu r&#233;cemment &#224; Marseille, qui rejoint les consid&#233;rations qui suivent et les confirme encore une fois avec &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut attendre de cette Internationale des ministres et de Barmat ni qu'elle combatte la guerre, ni qu'elle l'emp&#234;che. Elle ne peut pas emp&#234;cher la guerre, car elle est elle-m&#234;me une composante essentielle du capitalisme bourgeois qui, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233; &#224; juste titre &#224; Marseille, est la cause principale de la guerre. Certes, Hilferding&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; a combattu le slogan &#171; Le capitalisme, c'est la guerre, le socialisme, c'est la paix &#187; en le qualifiant d'obsol&#232;te. Non pas qu'il ait enfin reconnu ouvertement (ce qui est &#233;vident et le devient chaque jour davantage) que ce socialisme social-d&#233;mocrate n'assure en aucun cas la paix, mais il voulait d&#233;fendre la th&#232;se que le capitalisme, lorsqu'il est g&#233;r&#233; par des ministres socialistes, ne signifie pas n&#233;cessairement la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme serait la paix ? Oui, mais pas le &#171; socialisme qui veut conqu&#233;rir l'&#201;tat &#187;. Car &#224; mesure qu'il progresse sur la &#171; voie du pouvoir &#187;, c'est le socialisme qui est conquis par l'&#201;tat et les paroles pr&#233;monitoires de Domela Nieuwenhuis, qui servent de devise &#224; ces r&#233;flexions, se confirment :&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La victoire de la social-d&#233;mocratie &lt;br class='autobr' /&gt;
sera la destruction du socialisme.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paris, 14-9-1925.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du proc&#232;s Friedrich Ebert (1924). Apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Ebert, membre du parti socio-d&#233;mocrate (SPD) devient pr&#233;sident de la R&#233;publique de Weimar (1919&#8211;1925). Il est accus&#233; par des milieux nationalistes d'avoir particip&#233; &#224; une gr&#232;ve pendant la guerre (1918) et donc d'avoir &#171; trahi la patrie &#187; et contribu&#233; &#224; la d&#233;faite allemande. Ebert poursuit en justice pour diffamation. Le tribunal reconna&#238;t que les accusations de haute trahison sont fausses, mais admet officiellement qu'il a particip&#233; &#224; une gr&#232;ve politique pendant la guerre. Pour la gauche r&#233;volutionnaire, le proc&#232;s r&#233;v&#232;le surtout la collaboration du SPD non seulement avec l'ordre imp&#233;rial et militaire, mais aussi avec l'arm&#233;e contre les r&#233;volutionnaires (notamment lors de l'&#233;crasement des spartakistes en 1919). Le proc&#232;s devient donc une arme pol&#233;mique contre la social-d&#233;mocratie r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Il s'agit du &#171; proc&#232;s Auer &#187; : Erhard Auer (1874&#8211;1945) &#233;tait un dirigeant du SPD en Bavi&#232;re. Pendant la R&#233;volution allemande de 1918&#8211;1919, la Bavi&#232;re conna&#238;t l'insurrection de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re). Le SPD bavarois, dont Auer fait partie, participe &#224; la r&#233;pression du mouvement r&#233;volutionnaire avec l'aide des corps francs (Freikorps). Le proc&#232;s autour d'Auer concerne son r&#244;le politique et ses responsabilit&#233;s dans la r&#233;pression et &#233;videmment les luttes internes au mouvement ouvrier. Auer devient un symbole de la social-d&#233;mocratie qui r&#233;prime les r&#233;volutionnaires au nom de l'ordre. L'&#171; affaire Barmat &#187; (1924&#8211;1925), quant &#224; elle, concerne un gros scandale financier de la R&#233;publique de Weimar. Les fr&#232;res Julius Barmat &#233;taient des hommes d'affaires li&#233;s &#224; des milieux du SPD qui ont obtenu des pr&#234;ts publics et des faveurs administratives gr&#226;ce au soutien des socialistes. La faillite de leur entreprise, au-del&#224; de la corruption et du favoritisme r&#233;v&#232;le surtout les collusions entre milieux d'affaires et social-d&#233;mocrates. La gauche r&#233;volutionnaire d&#233;nonce alors l'embourgeoisement du SPD.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Karl Kraus (1874&#8211;1936), &#233;crivain autrichien connu pour sa plume satirique contre le militarisme, la presse et l'hypocrisie politique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En fran&#231;ais dans le texte original.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;(N.d.l.T.) Arthur Lehning dresse une galerie de dirigeants sociaux-d&#233;mocrates europ&#233;ens accus&#233;s de trahison et de r&#233;formisme. En Allemagne, Philipp Scheidemann (dirigeant du SPD qui a proclam&#233; la r&#233;publique en 1918 et symbolise la voie parlementaire), Gustav Noske (ministre SPD qui a r&#233;prim&#233; violemment les r&#233;volutionnaires spartakistes en 1919), Otto Bauer (th&#233;oricien marxiste, d&#233;riv&#233; vers un r&#233;formisme &#233;tatique) et Friedrich Heilmann (dirigeant SPD associ&#233; &#224; l'appareil parlementaire). Au Royaume-Uni : Ramsay MacDonald (premier ministre travailliste qui a maintenu la politique imp&#233;riale britannique - marine, armement). En Belgique, &#201;mile Vandervelde (figure majeure du socialisme belge, ministre pendant la guerre et partisan de l'Union sacr&#233;e) et en France, Pierre Renaudel (socialiste r&#233;formiste, favorable &#224; la d&#233;fense nationale), Joseph Paul-Boncour (politicien socialiste devenu ministre, favorable aux alliances militaires) et Raymond Poincar&#233; (pr&#233;sident puis chef du gouvernement fran&#231;ais, associ&#233; &#224; une politique nationaliste).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;7 (N.d.l.T.) Rudolf Hilferding (1877&#8211;1941) &#233;tait social-d&#233;mocrate, membre du SPD et th&#233;oricien du capitalisme financier. Dans&lt;i&gt; Le Capital financier&lt;/i&gt;, il a analys&#233; la fusion du capital industriel et du capital bancaire, la concentration et la cartellisation des entreprises, le r&#244;le croissant des banques dans le contr&#244;le de l'&#233;conomie et le lien entre capital financier et imp&#233;rialisme (dont L&#233;nine s'est largement &#171; inspir&#233; &#187; pour &lt;i&gt;L'Imp&#233;rialisme, stade supr&#234;me du capitalisme&lt;/i&gt;). Ministre des Finances de la R&#233;publique de Weimar (1923 puis 1928-1929) et partisan d'une transformation socialiste par voie parlementaire, Hilferding a int&#233;gr&#233; l'&#201;tat bourgeois au lieu de le renverser, exer&#231;ant &#233;videmment une politique r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Arthur Lehning - 01</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>MLT, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>FAUD </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;N&#233; &#224; Utrecht le 23 octobre 1899, Arthur Lehning &#233;tudie l'&#233;conomie &#224; Rotterdam, puis l'histoire &#224; Berlin. Refusant la guerre ainsi que l'&#233;tatisme bolchevique, il est cofondateur de la Freie Arbeiter Union Deutschlands (FAUD) en 1919. Cette organisation anti-autoritaire adh&#232;re le 25 d&#233;cembre 1922 &#224; l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) qui vient de se constituer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les participants du Congr&#232;s de Berlin. En haut : Ritter, Schuster, Borghi, Lindstam, Zelm, Dissel. Au milieu : Severin, Souchy, Schapiro, Rocker, Giovannitti, Lansink. En bas : &lt;strong&gt;Lehning&lt;/strong&gt;, Andrea, Abad de Santill&#225;n.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son activisme est multiple. Proche du mouvement Bauhaus il occupe aussi la sc&#232;ne artistique et litt&#233;raire. En janvier 1927, il cr&#233;e la revue &lt;i&gt;i10&lt;/i&gt;. R&#233;dig&#233; en n&#233;erlandais, allemand, anglais et fran&#231;ais, le p&#233;riodique comptera parmi ses collaborateurs de nombreux artistes et intellectuels. Pour Lehning seule une r&#233;volution de la vie dans sa globalit&#233; pourra permettre d'&#233;difier une soci&#233;t&#233; anti-autoritaire. Dans la revue il exige la lib&#233;ration de Sacco et Vanzetti, anarchistes italiens &#233;migr&#233;s aux &#201;tats-Unis, condamn&#233;s &#224; mort pour leurs convictions libertaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il pr&#244;ne la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale face &#224; la mont&#233;e du nazisme et prononcera son dernier discours &#224; Berlin le 17 f&#233;vrier 1933. Suite &#224; l'incendie du Reichstag le 27 f&#233;vrier, il se r&#233;fugie aux Pays-Bas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lehning est secr&#233;taire de l'AIT, dont les bureaux seront transf&#233;r&#233;s de Berlin &#224; Madrid, puis &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-faud-allemagne-+" rel="tag"&gt;FAUD &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/01-ed411.jpg?1774819587' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; &#224; Utrecht le 23 octobre 1899, Arthur Lehning &#233;tudie l'&#233;conomie &#224; Rotterdam, puis l'histoire &#224; Berlin. Refusant la guerre ainsi que l'&#233;tatisme bolchevique, il est cofondateur de la Freie Arbeiter Union Deutschlands (FAUD) en 1919. Cette organisation anti-autoritaire adh&#232;re le 25 d&#233;cembre 1922 &#224; l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) qui vient de se constituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les participants du Congr&#232;s de Berlin. En haut : Ritter, Schuster, Borghi, Lindstam, Zelm, Dissel. Au milieu : Severin, Souchy, Schapiro, Rocker, Giovannitti, Lansink. En bas : &lt;strong&gt;Lehning&lt;/strong&gt;, Andrea, Abad de Santill&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son activisme est multiple. Proche du mouvement Bauhaus il occupe aussi la sc&#232;ne artistique et litt&#233;raire. En janvier 1927, il cr&#233;e la revue &lt;i&gt;i10&lt;/i&gt;. R&#233;dig&#233; en n&#233;erlandais, allemand, anglais et fran&#231;ais, le p&#233;riodique comptera parmi ses collaborateurs de nombreux artistes et intellectuels. Pour Lehning seule une r&#233;volution de la vie dans sa globalit&#233; pourra permettre d'&#233;difier une soci&#233;t&#233; anti-autoritaire. Dans la revue il exige la lib&#233;ration de Sacco et Vanzetti, anarchistes italiens &#233;migr&#233;s aux &#201;tats-Unis, condamn&#233;s &#224; mort pour leurs convictions libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pr&#244;ne la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale face &#224; la mont&#233;e du nazisme et prononcera son dernier discours &#224; Berlin le 17 f&#233;vrier 1933. Suite &#224; l'incendie du Reichstag le 27 f&#233;vrier, il se r&#233;fugie aux Pays-Bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lehning est secr&#233;taire de l'AIT, dont les bureaux seront transf&#233;r&#233;s de Berlin &#224; Madrid, puis &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>[BD] Arthur Lehning - 02</title>
		<link>http://partage-noir.fr/bd-arthur-lehning-02</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>MLT, OLT</dc:creator>


		<dc:subject>Arthur Lehning</dc:subject>
		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Emma Goldman</dc:subject>
		<dc:subject>Pays-Bas</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution espagnole (1936-1939)</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A Amsterdam, en 1935, il est l'un des fondateurs de l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) qui recueille les fonds de la biblioth&#232;que de Max Nettlau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Emma Goldman, il voyage en 1936 dans les communes catalanes collectivis&#233;es de l'Espagne r&#233;volutionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au mois de mars 1939, devant les menaces de la guerre, l'IIHS transf&#232;re une partie des archives &#224; Oxford. A la Lib&#233;ration, cette biblioth&#232;que sera dispers&#233;e en Allemagne, pour n'&#234;tre restitu&#233;e &#224; l'IIHS que dans les ann&#233;es 1946-1947. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se rend en Indon&#233;sie en 1952. Il cr&#233;e &#224; Jakarta une biblioth&#232;que d'&#233;conomie, de politique, d'histoire sociale avec les quinze mille ouvrages r&#233;unis par ses soins &#224; travers toute l'Europe. Il enseignera &#224; l'universit&#233; de Jakarta de 1954 &#224; 1957. &lt;br class='autobr' /&gt;
De retour &#224; l'IIHS d'Amsterdam, en 1961 la publication des huit volumes des &lt;i&gt;Archives Bakounine &lt;/i&gt; d&#233;bute sous sa direction.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bibliographie de A. Lehning compte plus de six cents titres, en n&#233;erlandais et en allemand. Nomm&#233; docteur &lt;i&gt;honoris causa&lt;/i&gt; de l'Universit&#233; d'Amsterdam il n'a de cesse de r&#233;affirmer ses aspirations libertaires en appelant &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile et &#224; l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; sans classes et sans &#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Honor&#233; pour l'ensemble de son &#339;uvre du prix PC Hooft, la plus haute distinction litt&#233;raire n&#233;erlandaise, pour son centenaire, il meurt le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2000 &#224; Lys-Saint-Georges en France o&#249; il s'&#233;tait retir&#233; avec sa compagne Toke Van Helmond.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-olt-355-" rel="directory"&gt;OLT&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-arthur-lehning-+" rel="tag"&gt;Arthur Lehning&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-emma-goldman-+" rel="tag"&gt;Emma Goldman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pays-bas-+" rel="tag"&gt;Pays-Bas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-revolution-espagnole-1936-1939-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution espagnole (1936-1939)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L106xH150/02-bd28a.jpg?1774724084' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A Amsterdam, en 1935, il est l'un des fondateurs de l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) qui recueille les fonds de la biblioth&#232;que de Max Nettlau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Emma Goldman, il voyage en 1936 dans les communes catalanes collectivis&#233;es de l'Espagne r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mars 1939, devant les menaces de la guerre, l'IIHS transf&#232;re une partie des archives &#224; Oxford. A la Lib&#233;ration, cette biblioth&#232;que sera dispers&#233;e en Allemagne, pour n'&#234;tre restitu&#233;e &#224; l'IIHS que dans les ann&#233;es 1946-1947.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se rend en Indon&#233;sie en 1952. Il cr&#233;e &#224; Jakarta une biblioth&#232;que d'&#233;conomie, de politique, d'histoire sociale avec les quinze mille ouvrages r&#233;unis par ses soins &#224; travers toute l'Europe. Il enseignera &#224; l'universit&#233; de Jakarta de 1954 &#224; 1957.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; l'IIHS d'Amsterdam, en 1961 la publication des huit volumes des &lt;i&gt;Archives Bakounine &lt;/i&gt; d&#233;bute sous sa direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bibliographie de A. Lehning compte plus de six cents titres, en n&#233;erlandais et en allemand. Nomm&#233; docteur &lt;i&gt;honoris causa&lt;/i&gt; de l'Universit&#233; d'Amsterdam il n'a de cesse de r&#233;affirmer ses aspirations libertaires en appelant &#224; la d&#233;sob&#233;issance civile et &#224; l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; sans classes et sans &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honor&#233; pour l'ensemble de son &#339;uvre du prix PC Hooft, la plus haute distinction litt&#233;raire n&#233;erlandaise, pour son centenaire, il meurt le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 2000 &#224; Lys-Saint-Georges en France o&#249; il s'&#233;tait retir&#233; avec sa compagne Toke Van Helmond.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Georg Elser (1903-1945) - Un homme seul contre le nazisme </title>
		<link>http://partage-noir.fr/georg-elser-1903-1945-un-homme-seul-contre-le-nazisme</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/georg-elser-1903-1945-un-homme-seul-contre-le-nazisme</guid>
		<dc:date>2025-06-13T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Roux</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 8 novembre 1939, une bombe explose au B&#252;rgerbra&#252;keller, une brasserie de Munich, une dizaine de minutes apr&#232;s le d&#233;part d'Hitler. On retrouve vite Georg Elser, l'auteur de cet attentat manqu&#233;, on l'oublie vite aussi. Le parcours de cet ouvrier anonyme qui a agi seul est pourtant singulier.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-gavroche-no146-avril-mai-juin-2006-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;146 - Avril-mai-juin 2006&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-allemagne-79-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1352-f1055.jpg?1774704105' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 novembre 1939, une bombe explose au B&#252;rgerbra&#252;keller, une brasserie de Munich, une dizaine de minutes apr&#232;s le d&#233;part d'Hitler. On retrouve vite Georg Elser, l'auteur de cet attentat manqu&#233;, on l'oublie vite aussi. Le parcours de cet ouvrier anonyme qui a agi seul est pourtant singulier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y eut, entre 1933 et 1945, une douzaine de tentatives d'attentats contre Hitler. Deux bombes seulement explos&#232;rent, ratant de peu leur cible, la premi&#232;re le 8 novembre 1939 &#224; Munich, la seconde au quartier g&#233;n&#233;ral du F&#252;hrer, la &lt;i&gt;Wolfsschanze&lt;/i&gt;, le 20 juillet 1944. Tous les Allemands ont appris &#224; l'&#233;cole que l'auteur de l'attentat du 20 juillet &#233;tait le comte Claus von Stauffenberg, devenu apr&#232;s la guerre un h&#233;ros national en RFA, mais combien savent que la bombe qui manqua tuer le dictateur nazi en 1939 &#233;tait l'&#339;uvre de Johann Georg Elser, un simple ouvrier ayant agi seul et dont le nom aurait totalement disparu de la m&#233;moire collective si un lot d'archives de la Gestapo, retrouv&#233; par hasard dans les ann&#233;es 70, ne l'avait sauv&#233; de l'oubli ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA VIE BANALE DE GEORG ELSER &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH209/2021_09_17_fuhrung_georg_elser-12d2f-b2ca4.jpg?1774714822' width='150' height='209' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georg Elser&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;N&#233; &#224; Hermaringen dans le Wurtemberg le 4 janvier 1903, fils d'un marchand de bois propri&#233;taire de quelques hectares de for&#234;t et demeurant &#224; K&#246;nigsbr&#246;nn, Georg quitte l'&#233;cole en 1917 et trouve une place d'apprenti tourneur dans une fonderie locale. Apr&#232;s la guerre, son p&#232;re, devenu alcoolique, doit vendre son affaire et ses parcelles pour &#233;ponger ses dettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune homme quitte la fonderie au bout de deux ans pour des raisons de sant&#233; et entre en apprentissage chez un menuisier. Il passe son certificat de ma&#238;trise en tant qu'&#233;b&#233;niste en 1922 et obtient les meilleures notes de sa classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crit comme sociable mais peu expansif, Georg se passionne pour le travail des m&#233;taux et du bois. Il &#233;quipe un atelier, dans la cave de la maison familiale, o&#249; il r&#233;pare des serrures, des meubles et des m&#233;canismes d'horlogerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925 il quitte K&#246;nigsbr&#246;nn et va se faire embaucher dans les usines d'aviation Dornier, puis &#224; Constance, dans une fabrique d'horlogerie. Il y travaille par intermittence durant sept ans jusqu'&#224; ce que, l'entreprise ayant fait faillite, il connaisse le ch&#244;mage durant quelques mois avant de retrouver du travail aupr&#232;s des nouveaux propri&#233;taires. Comme de nombreux jeunes hommes de sa g&#233;n&#233;ration, il est touch&#233; par la grande crise &#233;conomique qui rend son existence pr&#233;caire. Nous sommes en 1932, &#224; la veille de l'arriv&#233;e au pouvoir du Parti national-socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ses moments de loisirs, Georg joue de la cithare dans une association de danse folklorique. On ne lui conna&#238;t pas d'ami intime, mais de nombreuses conqu&#234;tes f&#233;minines. &#192; l'une d'elles il fait un enfant, qu'il reconna&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune ouvrier horloger aura travers&#233; la grande d&#233;pression sans trop de difficult&#233;s, travaillant tant&#244;t autour du lac de Constance, tant&#244;t &#224; K&#246;nigsbr&#246;nn. En p&#233;riode de ch&#244;mage, il trouve &#224; &#233;changer le vivre et le couvert (agr&#233;ment&#233;s parfois des faveurs de la logeuse) chez des particuliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manifeste apparemment peu d'int&#233;r&#234;t pour la politique. En 1920, adolescent, il avait adh&#233;r&#233; au Syndicat des travailleurs du bois. Comme une bonne partie des ouvriers allemands, il vote communiste jusqu'en 1933. De 1928 &#224; 1930 il prend sa carte au R&#246;ter Frontk&#228;mpferbund, un groupe satellite du Parti communiste (KPD), mais sa participation se borne &#224; payer sa cotisation, acheter son insigne (mais pas l'uniforme) et assister &#224; trois ou quatre r&#233;unions en deux ans. Il ne remplit aucune fonction particuli&#232;re dans le groupe. De son engagement, il dira plus tard aux policiers : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne me suis jamais int&#233;ress&#233; au programme du KPD. Dans les r&#233;unions il n'&#233;tait question que d'augmentation de salaires, de l'am&#233;lioration des logements sociaux par le gouvernement et de choses de ce genre. Que ce f&#251;t eux qui formulassent ces demandes suffisait &#224; m'orienter du c&#244;t&#233; communiste.&lt;/q&gt; Doit-on le croire ou cherche-t-il surtout &#224; n'impliquer personne ? Toujours est-il que Georg ne s'investit gu&#232;re dans l'action militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est beaucoup plus assidu au groupe de danse folklorique. &#192; partir de 1933, il cesse tout contact avec la politique mais devient membre d'un club de cithare et prend des le&#231;ons de contrebasse. Fin 1936, Georg Elser est embauch&#233; comme ouvrier non qualifi&#233; dans une usine d'armement &#224; Heidenheim. Il monte rapidement en grade pour parvenir &#224; un poste de responsable des exp&#233;ditions au cours de l'ann&#233;e 1938. C'est &#224; cette &#233;poque, alors que jamais sa vie n'a paru aussi stable, tranquille, anonyme, que Georg Elser d&#233;cide de tuer Adolf Hitler.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'ATTENTAT DU B&#220;RGERBRA&#220;KELLER &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/elser4-edit-xlarge.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH282/elser4-edit-xlarge-2dcbc.jpg?1774731505' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;cit que nous avons du cheminement qui mena Georg Elser du non-engagement &#224; la tentative d'assassinat du dictateur nazi nous vient des archives de la Gestapo. Rien, m&#234;me la torture, ne put amener l'ouvrier devenu contrema&#238;tre &#224; reconna&#238;tre d'autres mobiles que des consid&#233;rations fort simples et fort ordinaires, certainement partag&#233;es par des millions d'Allemands &#224; la m&#234;me &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re et principale raison invoqu&#233;e par Elser pour expliquer son geste est la certitude qu'Hitler conduit le pays &#224; la guerre. Apr&#232;s les accords de Munich, il lui semble in&#233;vitable que les succ&#232;s de la politique agressive de l'Allemagne la conduiront &#224; formuler d'autres exigences et que l'aboutissement de cette surench&#232;re ne peut &#234;tre qu'un nouveau conflit arm&#233;. Ce point de vue, largement partag&#233; par l'opinion europ&#233;enne de l'&#233;poque, l'est aussi par bon nombre d'Allemands, qu'ils s'en r&#233;jouissent ou s'en d&#233;sesp&#232;rent. Les autres griefs d'Elser contre le r&#233;gime nazi et son chef ne sont pas plus originaux : les salaires trop bas (car contrairement &#224; une l&#233;gende tenace le niveau de vie des ouvriers de l'industrie en 1938 est toujours inf&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait en 1929), et l'emprise de l'&#201;tat nazi sur la vie priv&#233;e des citoyens. Dans les proc&#232;s-verbaux de ses interrogatoires, Georg Elser affirme avoir &#233;t&#233; persuad&#233; que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les ouvriers &#233;taient exasp&#233;r&#233;s contre le gouvernement&lt;/q&gt; et qu'il fallait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;faire quelque chose&lt;/q&gt;. Il dit en avoir souvent discut&#233; avec d'autres, des coll&#232;gues, des inconnus rencontr&#233;s dans les trains ou les restaurants, qui partageaient ses id&#233;es. Par contre il ne peut donner aucun nom et soutient n'avoir jamais parl&#233; &#224; personne de ses projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georg Elser n'est pas un fou, ni un exalt&#233; ; il n'est m&#234;me pas d'un caract&#232;re enthousiaste. Une fois sa d&#233;cision prise il va proc&#233;der comme l'ouvrier horloger qu'il est, avec m&#233;thode et pr&#233;cision. Il con&#231;oit un plan, puis l'ex&#233;cute m&#233;ticuleusement jusqu'au bout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 1938, sa d&#233;cision prise, Elser commence &#224; d&#233;rober des explosifs par petites quantit&#233;s &#224; l'usine d'armement (il en d&#233;tournera 250 paquets en un an). Il choisit le lieu de l'attentat : ce sera le B&#252;rgerbra&#252;keller, la brasserie munichoise o&#249; Hitler vient chaque ann&#233;e, les 8 et 9 novembre, pour c&#233;l&#233;brer l'anniversaire de la tentative de putsch du NSDAP en 1923. Georg se rend &#224; Munich le 8 novembre, inspecte la salle, observe les mesures de s&#233;curit&#233;, assiste &#224; l'arriv&#233;e d'Hitler devant le restaurant puis reprend le train pour K&#246;nigsbr&#246;nn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mars 1939, peu apr&#232;s l'entr&#233;e des troupes allemandes en Boh&#232;me et en Moravie, Georg Elser d&#233;missionne de son emploi pour se consacrer exclusivement &#224; son projet. Il se rend &#224; nouveau &#224; Munich, prend des mesures et des photographies du pilier de la brasserie dans lequel il a r&#233;solu de placer une bombe &#224; retardement, tente sans succ&#232;s de se faire embaucher au B&#252;rgerbra&#252;. Retourn&#233; chez ses parents, il travaille encore quelque temps comme carrier, ce qui lui permet d'augmenter son stock d'explosifs, puis cesse d&#233;finitivement toute activit&#233; autre que la pr&#233;paration de l'attentat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ao&#251;t, il s'&#233;tablit &#224; Munich. Pour expliquer l'atelier qu'il a install&#233; dans sa chambre, il raconte &#224; son logeur qu'il travaille &#224; une invention dont il s'appr&#234;te &#224; d&#233;poser le brevet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georg Elser se fond ais&#233;ment dans la foule. Son apparence, ses mani&#232;res, son comportement parfaitement ordinaire n'attirent pas l'attention. Son pass&#233; sans relief le met &#224; l'abri des soup&#231;ons. Discret mais de temp&#233;rament sociable, serviable m&#234;me, il sait qu'il doit accomplir seul son dessein et ne se confier &#224; personne. Rien ne pourrait le trahir, sauf sa volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 5 ao&#251;t au 6 novembre 1939, Georg Elser d&#238;ne tous les soirs au B&#252;rgerbra&#252;. &#192; l'heure de la cl&#244;ture il se cache dans un r&#233;duit, attendant que tous les employ&#233;s soient partis et aient boucl&#233; les portes. Il se met ensuite au travail pendant quatre heures, puis retourne dans sa cachette avant l'arriv&#233;e de l'&#233;quipe du matin et s'&#233;clipse &#224; l'arriv&#233;e des premiers clients. En trois mois il creuse dans le pilier de ciment un trou assez grand pour loger sa machine infernale, &#233;vacuant chaque matin les d&#233;bris dans un sac et nettoyant les abords du pilier afin de ne laisser aucune trace. &#192; force de travailler &#224; genoux, il d&#233;veloppe des plaies ouvertes qui l'obligent &#224; consulter un m&#233;decin, mais finalement, le 6 novembre aux premi&#232;res heures du jour, Georg Elser referme une derni&#232;re fois sur la bombe le panneau de bois enrobant le pilier qu'il d&#233;montait chaque soir et remettait en place chaque matin. Le panneau est doubl&#233; d'aluminium, pour qu'un clou plant&#233; l&#224; ne risque pas d'endommager le m&#233;canisme d'horlogerie, et aussi de li&#232;ge, pour &#233;touffer le tic-tac de l'horlogerie. Les conteneurs d'explosifs sont reli&#233;s &#224; deux pendules dont les aiguilles enroulent le fil d'acier qui d&#233;clenchera le triple d&#233;tonateur. L'explosion doit se produire le 8 novembre &#224; 21 h 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georg Elser &#233;tait un tr&#232;s bon ouvrier, mais pas un terroriste professionnel. S'il l'avait &#233;t&#233;, il aurait lu chaque jour les journaux, et aurait appris qu'Hitler avait annul&#233; sa participation &#224; la comm&#233;moration du putsch manqu&#233;. Elser aurait alors stopp&#233; son travail et serait rentr&#233; &#224; K&#246;nigsbr&#246;nn. Mais il n'en sut rien, et ne sut pas non plus qu'Hitler s'&#233;tait ravis&#233; quelque temps plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 novembre, Georg quitte Munich pour se rendre chez sa s&#339;ur &#224; Stuttgart. Il lui emprunte un peu d'argent pour prendre le train jusqu'en Suisse. Le lendemain, au lieu de filer tout droit vers la fronti&#232;re, il ne peut s'emp&#234;cher de revenir se faire enfermer au B&#252;rgerbra&#252; pour v&#233;rifier une derni&#232;re fois le fonctionnement de son dispositif. Tout &#233;tant en ordre, il part pour Constance le 8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le train qui emportait le poseur de bombe vers la Suisse arriva en gare de Constance &#224; 20 h 45. Georg se dirigea &#224; pied vers la fronti&#232;re en passant par les petites rues. Deux douaniers qui surveillaient leur portion de territoire depuis la fen&#234;tre d'une &#233;cole tout en &#233;coutant la retransmission du discours d'Hitler l'intercept&#232;rent. Comme son passeport &#233;tait p&#233;rim&#233;, les fonctionnaires d&#233;cid&#232;rent de le fouiller. Dans ses bagages ils trouv&#232;rent des vis et des boulons, une carte postale du B&#252;rgerbra&#252;keller, les adresses des usines d'armement dans lesquelles il avait travaill&#233;, et aussi l'insigne du &lt;i&gt;R&#246;ter Frontk&#228;mpferbund&lt;/i&gt;, frapp&#233; de la faucille et du marteau. Soup&#231;onnant un d&#233;serteur ou un espion, les douaniers l'emmen&#232;rent au poste de police. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je m'en suis voulu d'avoir manqu&#233; de prudence&lt;/q&gt;, regrettera Georg apr&#232;s son arrestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Munich, Hitler qui avait d&#233;cid&#233; d'&#233;courter sa visite et termin&#233; son discours &#224; 21 h 07 se rendait &#224; la gare lorsque la bombe explosa, &#224; 21 h 20 comme pr&#233;vu, tuant une serveuse, six membres de la &#171; vieille garde &#187; nazie, et blessant une soixantaine de personnes dont l'une devait mourir peu apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque, vers minuit, la radio annon&#231;a l'attentat du B&#252;rgerbra&#252;keller et le bouclage des fronti&#232;res, les policiers se souvinrent de la carte postale.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DE MUNICH &#192; DACHAU &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/elser.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH289/elser-bdf1b.jpg?1774847341' width='500' height='289' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Transf&#233;r&#233; &#224; Munich, Georg Elser niait farouchement toute participation &#224; l'attentat. Le 13 novembre, le chef de la Gestapo pr&#233;sidant la commission d'enqu&#234;te prit les choses en main. Il &#233;couta les experts, apprit que la bombe avait &#233;t&#233; mont&#233;e au ras du plancher, retourna &#224; la prison, fit amener Elser et regarda les plaies de ses genoux. Au bout de quatorze heures d'interrogatoire muscl&#233;, le suspect, apr&#232;s avoir demand&#233; quel ch&#226;timent encourait le responsable de l'attentat, avoua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nazis refusaient d'imaginer qu'un simple ouvrier allemand ait pu, seul, mener &#224; bien un attentat contre le F&#252;hrer du Reich. Tortur&#233;, confront&#233; aux membres de sa famille eux-m&#234;mes pers&#233;cut&#233;s (la Gestapo avait retir&#233; &#224; sa s&#339;ur Maria son fils Franz pour le confier &#224; un &#233;tablissement de r&#233;&#233;ducation), Georg Elser tint bon, refusant d'associer &#224; son acte quelque groupe ou personne que ce f&#251;t. Il avait agi par conviction personnelle et sans aucune aide. Lui qui se souvenait avec une pr&#233;cision infaillible des noms et des adresses de tous les ateliers qui l'avaient employ&#233; se trouvait incapable de se rappeler des membres du &lt;i&gt;R&#246;ter Frontk&#228;mpferbund&lt;/i&gt;. Un seul patronyme lui revint : c'&#233;tait celui d'un camarade mort en 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles &#233;taient ses motivations ? Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir des nationaux-socialistes, d&#233;clara-t-il, les salaires des ouvriers avaient baiss&#233; ; de plus les travailleurs ne pouvaient plus changer d'emploi librement et leurs enfants &#233;taient enr&#244;l&#233;s de force dans les Hitler Jugend&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; partir de 1936, l'inscription dans les Jeunesses hitl&#233;riennes est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#192; partir de 1938, tout le monde dans les milieux ouvriers avait la conviction que les chefs nazis menaient le pays &#224; la guerre par leur politique d'annexions. Aussi, apr&#232;s avoir bien r&#233;fl&#233;chi, Georg Elser &#233;tait parvenu &#224; la conclusion que pour changer la situation, le seul moyen &#233;tait d'&#233;liminer le r&#233;gime au pouvoir, c'est-&#224;-dire Hitler, Goering et Goebbels. [...] Ces gens-l&#224; mis hors d'&#233;tat de nuire, ils seraient remplac&#233;s par des hommes plus mod&#233;r&#233;s, qui ne formuleraient pas d'exigences territoriales et auraient &#224; c&#339;ur d'am&#233;liorer le sort de l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avait-il pens&#233; &#224; ce qu'il risquait ? &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;S'ils me prennent, il me faudra subir moi-m&#234;me le ch&#226;timent&lt;/q&gt; s'&#233;tait-il dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;dame&gt;Si l'attentat a &#233;chou&#233;, c'est en raison de circonstances qu'Elser ne pouvait ni pr&#233;voir ni emp&#234;cher. A treize minutes pr&#232;s, son acte individuel aurait chang&#233; le cours de l'Histoire. &lt;/dame&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regrettait-il son acte, demand&#232;rent les gestapistes, tout en projetant &#224; l'horloger du Wurtemberg le film des fun&#233;railles des victimes de l'attentat ? &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai chang&#233; d'avis&lt;/q&gt; r&#233;pondit Elser (ici il faut se souvenir que les coups pleuvent sur le prisonnier, qui se cramponne &#224; l'essentiel : n'impliquer personne). &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis convaincu que mon plan aurait abouti si j'avais con&#231;u les choses correctement. Comme il n'a pas abouti, je crois qu'il ne pouvait pas aboutir et que mon point de vue &#233;tait erron&#233;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne venait d'entrer en guerre contre la France et l'Angleterre : les journaux allemands firent donc de l'ouvrier r&#233;sistant un agent anglais. Hitler, qui pensait clore la guerre &#224; l'Ouest par un proc&#232;s des dirigeants britanniques &#224; Londres, garda Elser pour y servir de t&#233;moin, et le fit enfermer dans le camp de concentration pour &#171; prisonniers de marque &#187; de Sachsenhausen.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;110&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/pli03799.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH358/pli03799-27c62.jpg?1774847341' width='500' height='358' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Affiche de propagande nazie &#224; propos la tentative d'assassinat sur Hitler dans le B&#252;rgerbr&#228;ukeller de Munich&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il devint &#233;vident que le proc&#232;s de Londres n'aurait jamais lieu, Georg Elser perdit tout int&#233;r&#234;t pour les dirigeants du Reich. Transf&#233;r&#233; &#224; Dachau en 1944, il y fut assassin&#233; sur ordre de Himmler le 9 avril 1945, en m&#234;me temps que d'autres r&#233;sistants, &#224; quelques jours de la lib&#233;ration du camp et de la fin de la guerre. &#192; la veille de succomber, les chefs nazis avaient fait de l'&#233;limination des r&#233;sistants d&#233;port&#233;s une priorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LA DESTIN&#201;E POSTHUME D'UN R&#201;SISTANT &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Georg Elser ne militait dans aucun parti politique. Il n'&#233;tait pas membre d'une &#201;glise ou d'un groupe quelconque. Il n'&#233;tait pas juif. Rien dans son existence ant&#233;rieure &#224; 1938 ne permet de le qualifier d'asocial ou de marginal. Il ne s'agit &#233;videmment pas d'un d&#233;s&#233;quilibr&#233;, d'un inconscient, d'un suicidaire. Aucun mobile d'ordre priv&#233; ou personnel ne permet non plus d'expliquer son acte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elser agit seul, mais il n'est pas un solitaire. Il n'adh&#232;re &#224; aucun parti, mais son comportement n'est pas neutre pour autant : les interrogatoires de ses proches montrent qu'&#224; partir de 1933 et de la prise de pouvoir par les nazis, il refuse de saluer la Swastika et quitte la salle sur le champ s'il se trouve dans un lieu o&#249; l'on diffuse un discours d'Hitler (ce comportement, s'il t&#233;moigne d'un courage peu commun, car il pouvait le conduire tout droit en camp de concentration et &#224; la mort, prouve &#233;galement que Georg Elser ne pouvait en aucune mani&#232;re &#234;tre un conspirateur membre d'un r&#233;seau ou d'une organisation structur&#233;e). Une fois sa d&#233;cision prise, il d&#233;ploie dans la pr&#233;paration de l'attentat les comp&#233;tences professionnelles d'un ouvrier qualifi&#233; habitu&#233; au travail de pr&#233;cision : organisation, m&#233;thode, sens pratique, minutie... Il se sert instinctivement de ses moyens naturels, la sociabilit&#233; et l'apparence ordinaires, pour se fondre dans la foule et passer inaper&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus &#233;tonnant, qui a contribu&#233; largement &#224; ce que la qualit&#233; de r&#233;sistant ne lui ait &#233;t&#233; reconnue que tr&#232;s tardivement, c'est la volont&#233; quasiment surhumaine dont fit preuve ce combattant atypique. Seul, entour&#233; d'ennemis, sans le soutien moral que l'on puise dans l'appartenance &#224; un groupe, sans espoir de reconnaissance, sans aucun confident pour le soutenir dans les p&#233;riodes de doute, il a men&#233; son projet pendant une ann&#233;e enti&#232;re sans jamais d&#233;vier de son objectif, surmontant tous les obstacles pour terminer ses pr&#233;paratifs exactement au jour J. L'explosion s'est produite comme pr&#233;vu et si l'attentat a &#233;chou&#233;, c'est en raison de circonstances qu'Elser ne pouvait ni pr&#233;voir ni emp&#234;cher. &#192; treize minutes pr&#232;s, son acte individuel aurait chang&#233; le cours de l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s son arrestation, sans illusion sur le sort qui l'attendait, sans rien &#224; d&#233;fendre que son propre honneur, o&#249; trouva-t-il les ressources morales pour refuser de prononcer les phrases qui, &#224; d&#233;faut de le sauver, auraient abr&#233;g&#233; ses souffrances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, la RDA stalinienne c&#233;l&#233;bra la r&#233;sistance communiste &#224; l'exclusion de toutes les autres. Dans la RFA, d&#233;nazifi&#233;e seulement en apparence, l'opinion publique continuait &#224; consid&#233;rer les r&#233;sistants comme des tra&#238;tres, mais la r&#233;int&#233;gration de l'Allemagne dans le concert des nations et la r&#233;habilitation du peuple allemand passaient par une reconnaissance et une valorisation historique des mouvements d'opposition. Les discours officiels et les livres d'histoire firent une large place &#224; la soi-disant r&#233;sistance des &#201;glises, aux figures embl&#233;matiques de Sophie et Hans Sch&#246;ll&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jeunes &#233;tudiants chr&#233;tiens membres du groupe &#171; La Rose Blanche &#187;, d&#233;capit&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et surtout aux militaires. L'attentat du comte von Stauffenberg fut longtemps pr&#233;sent&#233; comme le seul fait notoire de r&#233;sistance au nazisme. L'action des partis de gauche &#233;tait purement et simplement occult&#233;e. Il fallut attendre la r&#233;unification de l'Allemagne pour que se dessine un panorama plus &#233;quitable des mouvements d'opposition et de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il n'&#233;tait d'aucune ob&#233;dience, Georg Elser ne fut r&#233;clam&#233; par personne. Bien plus, les survivants et les analystes de la r&#233;sistance, &#224; l'instar des chefs de la Gestapo, ne voulurent pas croire qu'un simple ouvrier ait pu seul imaginer et commettre un attentat contre le F&#252;hrer tout puissant. La seule explication qui parut plausible aux historiens fut que Georg Elser avait &#233;t&#233; manipul&#233; par les nazis, et certains opposants, tel le pasteur Niem&#246;ller, lui-m&#234;me survivant du camp de Sachsenhausen, donn&#232;rent cr&#233;dit &#224; cette calomnie. Toutes les demandes d'indemnisation d&#233;pos&#233;es par la famille d'Elser pour les pers&#233;cutions subies pendant la guerre furent rejet&#233;es jusqu'en 1958, date &#224; laquelle le beau-fr&#232;re de Georg obtint 113 marks pour les trois mois qu'il avait pass&#233;s en prison &#224; la suite de l'attentat. En 1970, l'association des Victimes du r&#233;gime nazi (VVN) reconnut enfin Georg Elser pour un des siens, apr&#232;s qu'un chercheur e&#251;t retrouv&#233; dans les archives de la Gestapo le proc&#232;s verbal des interrogatoires du &#171; poseur de bombe &#187;, et vingt-sept ans pass&#232;rent encore avant qu'en 1997 le M&#233;morial de la r&#233;sistance allemande rende justice &#224; l'horloger de K&#246;nigsbr&#246;nn en organisant une exposition rappelant sa vie et sa r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_2057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH147/georg_elser-briefmarke-d8fbe-7a7a9.jpg?1774816193' width='150' height='147' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi Georg Elser ? Pourquoi cet homme r&#233;sista-t-il alors que des millions d'autres se soumettaient ? Georg ne correspondait &#224; aucun des st&#233;r&#233;otypes du sympathisant nazi : trop jeune pour avoir fait la guerre, trop vieux pour les feux de camp des jeunesses national-socialistes ; ni ch&#244;meur, ni bourgeois &#233;pargnant, il &#233;tait un ouvrier qualifi&#233;, la cat&#233;gorie sociale la moins pollu&#233;e par le national-socialisme. C&#233;libataire, sans attaches, sans patrimoine, il avait moins &#224; perdre que d'autres... hors la vie. &#201;videmment, aucune de ces qualit&#233;s ni toutes celles-ci r&#233;unies ne peuvent expliquer en quoi que ce soit pourquoi et comment Georg Elser fut capable de ne rien c&#233;der quand tous entraient dans la compromission et que la majorit&#233; glissait vers la collaboration active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre ici que se trouve une partie de la r&#233;ponse. Georg n'a jamais mis le doigt dans l'engrenage. Son opposition n'est pas intellectuelle, elle est morale. Il ne transige pas ; ouvrier, syndiqu&#233;, pacifiste, le nazisme est pour lui un ennemi, instinctivement. Adolescent, il a grandi dans une soci&#233;t&#233; ravag&#233;e par la guerre et elle est rest&#233;e pour lui la catastrophe par excellence. L'arriv&#233;e au pouvoir d'Hitler ne modifie pas son comportement d'homme libre. Quel que soit le risque, il ne peut pas saluer le drapeau &#224; la croix gamm&#233;e ni &#233;couter les discours haineux du F&#252;hrer. Georg Elser aurait pu se faire arr&#234;ter pour cette conduite insolente. Il ne l'a pas &#233;t&#233;, et cela montre au moins que certains espaces d'expression publique pouvaient encore exister apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir des nazis. Lorsque la menace de guerre se pr&#233;cise, Georg analyse que le seul moyen de s'en sortir est de tuer Hitler. Ce raisonnement, beaucoup le font sans doute parmi les Allemands de 1938, mais aucun ne passera &#224; l'acte, car tous sont d&#233;j&#224; entr&#233;s dans une spirale de soumission d'o&#249; l'on ne revient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui, plus que tout autre Allemand, m&#233;ritait le qualificatif de r&#233;sistant, subit un demi-si&#232;cle d'ostracisme avant de se voir lav&#233; de la calomnie. Aujourd'hui encore son nom est &#224; peine cit&#233; dans des ouvrages qui pr&#233;tendent faire l'inventaire des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;oppositions et des r&#233;sistances&lt;/q&gt; au nazisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'ouvrage collectif d'historiens allemands et fran&#231;ais intitul&#233; Des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ceci montre &#224; quel point la destin&#233;e de cet homme ordinaire a &#233;t&#233; et reste difficile &#224; comprendre pour les autres hommes ordinaires. Des personnages hors du commun tels que Louise Michel ou Marius Jacob ont fait de leur vie un monument de r&#233;volte et de courage. L'ouvrier du Wurtemberg n'est pas ni r&#233;volt&#233;, ni h&#233;ro&#239;que. En cela, chacun de nous peut s'identifier &#224; lui. Mais ce simple citoyen, &#224; sa fa&#231;on, a lui aussi repouss&#233; les limites connues de la volont&#233; humaine, et son geste nous renvoie implacablement &#224; cette douloureuse question : qui d'entre nous aurait eu le courage de Georg Elser, h&#233;ros oubli&#233; de la classe ouvri&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie : &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Badia, Gilbert, &lt;i&gt;Ces Allemands qui ont affront&#233; Hitler&lt;/i&gt;, &#201;ditions de l'Atelier, Paris, 2000. &lt;br class='autobr' /&gt;
Levisse-Touze, Christine &amp; Martens, Stefan (dir.), &lt;i&gt;Des Allemands contre le nazisme, Oppositions et r&#233;sistances 1933-1945&lt;/i&gt;, Actes du colloque franco-allemand organis&#233; &#224; Paris du 27 au 29 mai 1996, Albin Michel, Paris, 1997. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sandoz, G&#233;rard, &lt;i&gt;Ces Allemands qui ont d&#233;fi&#233; Hitler, Histoire de la R&#233;sistance allemande&lt;/i&gt;, Pygmalion, Paris, 1995. &lt;br class='autobr' /&gt;
Stern, J-P, &lt;i&gt;Hitler, le F&#252;hrer et le peuple&lt;/i&gt;, Flammarion, Paris, 1985. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un attentat contre Hitler. Proc&#232;s verbaux des interrogatoires de Georg Elser&lt;/i&gt;, traduction et pr&#233;sentation de B&#233;n&#233;dicte Savoy, pr&#233;face de Gilles Perrault, Solin-Actes Sud, Arles, 1998. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre version de cet article est parue dans la revue &lt;i&gt;Courant Alternatif&lt;/i&gt; n&#176; 150, mai 2005. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; partir de 1936, l'inscription dans les Jeunesses hitl&#233;riennes est obligatoire pour les enfants entre 10 ans et 18 ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jeunes &#233;tudiants chr&#233;tiens membres du groupe &#171; La Rose Blanche &#187;, d&#233;capit&#233;s en f&#233;vrier 1943.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans l'ouvrage collectif d'historiens allemands et fran&#231;ais intitul&#233; &lt;i&gt;Des Allemands contre le nazisme, Oppositions et r&#233;sistances 1933-1945&lt;/i&gt; (380 pages) paru en 1997, l'action de Georg Elser a droit en tout et pour tout &#224; trois lignes, dans une note &#224; la fin du livre...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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