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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Marie Goldsmith</title>
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		<dc:creator>Marc Pierrot</dc:creator>


		<dc:subject>Marie Goldsmith</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>ESRI</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-plus-loin-no95-mars-1933-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;95 - Mars 1933&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4fffffffffffffffff-e7b23.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union de jeunes gens, ayant chacun leurs habitudes, leurs traditions, les pr&#233;jug&#233;s impos&#233;s par l'&#233;ducation, par l'instruction officielle, par le milieu familial et social, mais ayant un id&#233;alisme, mais avides de conna&#238;tre, ne redoutant pas les hypoth&#232;ses les plus audacieuses, se lan&#231;ant dans des discussions passionn&#233;es qui peu &#224; peu aboutissaient &#224; d&#233;molir les traditions, &#224; saper les pr&#233;jug&#233;s, &#224; changer les habitudes. Mais les membres du groupe n'avaient pas pour but de passer leur temps &#224; faire de l'esprit et &#224; cultiver le paradoxe. Ils avaient un id&#233;alisme et ils cherchaient &#224; le confirmer. On se mit imm&#233;diatement au travail sous la direction intellectuelle et morale des camarades plus &#226;g&#233;s, Alfred Bonnet, Suffren Raymond, Georges Diamandy, qui avaient quatre ou cinq ans de plus que les autres et qui avaient d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; les th&#233;ories socialistes. La premi&#232;re ann&#233;e fut consacr&#233;e &#224; la revue rapide des syst&#232;mes socialistes ant&#233;rieurs et &#224; une &#233;tude longue et pr&#233;cise du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Karl Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les discussions furent toujours s&#233;rieuses. On prit le go&#251;t et l'habitude de la m&#233;thode, de la critique rationnelle, de la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/jules-louis_breton_1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/jules-louis_breton_1913-ee448.jpg?1774708417' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jules-Louis Breton &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au noyau du d&#233;but, Bonnet, Breton, Chapoutot, Diamandy, Lorcin, Mouchette, Neuville, Pierrot, Suffren Raymond, R&#233;my, Thiercelin, L&#233;on Thivier, Ygouf, Z&#233;va&#232;s, Zimmer et d'autres dont j'ai oubli&#233; le nom, s'adjoignirent rapidement Attal, Ameline, Ducroquet, Julien, Lapie qui ne fit que passer, M&#233;tin, d'autres encore, des &#233;tudiants roumains, des &#233;tudiants russes (dont la colonie &#233;tait alors vivante et nombreuse &#224; cause des pers&#233;cutions tsaristes) et des &#233;tudiantes de m&#234;me nationalit&#233;. La presque unanimit&#233; des &#233;tudiantes &#224; cette &#233;poque &#233;taient &#233;trang&#232;res. Les pr&#233;jug&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise s'opposaient &#224; ce que les jeunes filles entrassent &#224; l'Universit&#233; ; c'e&#251;t &#233;t&#233; pour elles la d&#233;ch&#233;ance. Parmi les cinq ou six &#233;tudiantes qui entr&#232;rent au groupe, il y eut Marie Goldsmith et son amie Roubanovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre effort &#233;tait de nous instruire nous-m&#234;mes et d'aider &#224; l'&#233;mancipation des travailleurs. Il nous paraissait qu'il &#233;tait de la discr&#233;tion la plus &#233;l&#233;mentaire de laisser ceux-ci discuter eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts et choisir parmi eux leurs repr&#233;sentants. Nous pensions que nous devions rester en dehors des luttes politiques et surtout ne pas nous offrir comme candidats dans les luttes &#233;lectorales. Cette d&#233;cision ne fut pas du go&#251;t de tous, et &#224; la fin de 1892, Z&#233;va&#232;s et Thiercelin quittaient le groupe pour fonder relui des &#233;tudiants collectivistes, adh&#232;rent an parti guesdiste, dans le dessein de prendre part aux campagnes politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions plus de sympathie pour l'action ouvri&#232;re proprement dite. A ce moment, il n'y avait que les syndicats allemanistes qui menassent une action autonome et v&#233;ritablement prol&#233;tarienne. Plusieurs d'entre nous avaient des relations d'amiti&#233; avec Jean Allemane ; un peu plus tard, gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Hamon, nous nous li&#226;mes avec Fernand Pelloutier, aussit&#244;t que celui-ci vint &#224; Paris. D'autre part M&#233;tin et Remy, au retour de leur ann&#233;e de service militaire, mettaient leur influence &#224; pousser le groupe vers l'anarchie. Nous entrions en rapport avec Grave, et nous retrouvions aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux,&lt;/i&gt; Paul Delesalle que nous connaissions depuis 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le groupe ne s'&#233;tait inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, &#224; aucune secte. I1 continuait &#224; recruter des membres aux tendances diverses, des marxistes lib&#233;raux comme Schumacher (russe), Arndt (allemand), ou des anti-social-d&#233;mocrates comme Cornelissen. Il s'&#233;largissait en englobant une partie des membres de la Ligue d&#233;mocratique des &#233;coles (Marchand, E. Milhaud, Bon, etc.) et m&#234;me en recevant l'adh&#233;sion des &#233;tudiants collectivistes qui vinrent &#224; ses s&#233;ances pendant quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L419xH600/31411312644-0a283.jpg?1774708321' width='419' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les opinions des ESRI apparaissent dans les brochures que le groupe publia successivement de 1894 &#224; 1901 : &lt;i&gt;Le Socialisme et les &#233;tudiants&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pourquoi nous sommes internationalistes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;volutionnaires au congr&#232;s de Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;R&#233;formes et r&#233;volution&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lindividuetlecom00grou/page/n1/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'individu et le communisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mis&#232;re et mortalit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment l'&#201;tat enseigne la morale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les anarchistes et les syndicats&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La scission socialiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le tolsto&#239;sme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Coop&#233;ratisme et n&#233;o-coop&#233;ratisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le communisme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient l'&#339;uvre d'une commission et discut&#233;es chapitre par chapitre au cours des s&#233;ances publiques. Cette commission comprenait de 6 &#224; 12 membres. Leur collaboration fut tellement enchev&#234;tr&#233;e dans certaines brochures qu'il me serait impossible de dire aujourd'hui quelle fut la part de chacun. La vie du groupe se r&#233;duisit peu &#224; peu &#224; l'activit&#233; de la commission, dont les membres, sauf un noyau permanent, ne furent pas toujours exactement les m&#234;mes outre un camarade devenu professeur de facult&#233;, que je ne puis nommer ici, les plus jeunes associ&#233;s furent Cr&#233;mieu et Jacoubet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite du groupe fut d'avoir aid&#233; &#224; d&#233;gager les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire, au moment m&#234;me o&#249; celui-ci naissait et se d&#233;veloppait, et d'avoir devanc&#233; les th&#233;oriciens purs qui foisonn&#232;rent par la suite. Au lieu de la diplomatie des r&#233;formistes, nous pensions que l'action avait sinon plus de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins une vertu &#233;ducative. L'&#233;tude du mouvement ouvrier avait d&#233;tourn&#233; le groupe, &#224; partir de 1896, de la jeunesse des &#233;coles. Il appelait les travailleurs &#224; ses discussions, et c'est ainsi que Delesalle et d'autres nous apport&#232;rent leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de Marie Goldsmith, la seule de nos camarades femmes qui &#233;tait demeur&#233;e au groupe, fut peu consid&#233;rable dans les premi&#232;res brochures. Elle devint de plus en plus grande au fur et &#224; mesure que le groupe se resserra, surtout &#224; partir de la septi&#232;me brochure. Le comit&#233; de r&#233;daction prit l'habitude de se r&#233;unir chez elle. Elle intervenait pour remettre ordre et clart&#233; dans la discussion lorsque celle-ci devenait confuse et commen&#231;ait &#224; s'embrouiller. Ce furent son influence et celle de Remy qui orient&#232;rent d&#233;finitivement l'activit&#233; du groupe vers l'anarchisme. D'ailleurs le groupe d&#233;clinait. Les camarades peu &#224; peu s'en allaient pour prendre un poste ou pour s'&#233;tablir soit en province, soit aux colonies ; d'autres &#233;taient retourn&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Beaucoup se mariaient. Tous &#233;taient pris par la n&#233;cessit&#233; de gagner leur existence. Le groupe disparut en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; la vie du groupe parce que la vie de Goldsmith se confondit en grande partie avec elle. J'ai &#233;prouv&#233; par exp&#233;rience que la vie collective donne d'aussi belles &#233;motions, d'aussi fortes satisfactions et qu'elle offre plus d'ampleur et plus de s&#233;curit&#233; que la vie individuelle trop souvent confin&#233;e &#224; un &#233;go&#239;sme mesquin et fauss&#233;e par une vanit&#233; ridicule. En tout cas notre vie collective nous a servi &#224; fonder notre psychologie morale et notre philosophie sociale sur des donn&#233;es r&#233;fl&#233;chies ; elle ne nous a pas emp&#234;ch&#233;s de conserver notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie collective aide au d&#233;veloppement des individus &#224; condition que ceux-ci ne s'enferment pas dans un seul groupe et qu'ils aient en dehors de lui d'autres activit&#233;s, &#224; condition par exemple qu'ils participent &#224; une activit&#233; professionnelle, &#224; d'autres groupes encore (artistiques, etc.), qu'ils aient une vie familiale. A ce point de vue la famille, la famille vivante avec les pr&#233;occupations que donne l'&#233;ducation des enfants, a son utilit&#233; contre la tendance &#224; ne voir les faits sociaux que d'apr&#232;s des formules th&#233;oriques. Par contre, l'&#233;go&#239;sme familial fait perdre de vue la vie sociale et m&#233;conna&#238;tre la solidarit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH550/goldsmith_aen_petit-ab074-2-4e121.jpg?1774708321' width='362' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En dehors du groupe des ESRI, Goldsmith fr&#233;quentait les milieux r&#233;volutionnaires russes, multiples et divers &#224; cette &#233;poque. Le vieux Lavrof, par sa pr&#233;sence m&#234;me &#224; Paris (il habitait rue Saint-Jacques), avait sur eux la plus grande influence. Les tendances du socialisme r&#233;volutionnaire pr&#233;dominaient. Dans un pays essentiellement agricole et pour ainsi dire sans industrie, la r&#233;volution agraire paraissait la premi&#232;re chose &#224; organiser. Quelques &#233;tudiants russes se r&#233;clamaient de Plekhanof, la b&#234;te noire des anarchistes, et faisaient bande &#224; part. Pour eux, la r&#233;volution, la vraie r&#233;volution, c'&#233;tait la r&#233;volution marxiste, paradoxale dans un pays o&#249; les ouvriers industriels et prol&#233;taris&#233;s &#233;taient en infime minorit&#233;. Le fatalisme du mat&#233;rialisme &#233;conomique aboutissait, tout au moins dans l'esprit de quelques-uns, &#224; attendre le d&#233;veloppement du stade capitaliste. Chez les autres on voyait poindre la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. Pour ces fanatiques, ignorants de la vie sociale, la dialectique h&#233;g&#233;lienne servait &#224; conna&#238;tre et &#224; explique tous les faits &#233;conomiques et sociaux, comme si ces ph&#233;nom&#232;nes devaient ob&#233;ir &#224; une r&#232;gle scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goldsmith, fr&#233;quentait chez Lavrof. Elle y fit connaissance de Simon Rappoport, que nous e&#251;mes comme ami commun, Simon Rappoport, le noir, un original et le meilleur des hommes. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, Charles Rappoport, le blond, que nous conn&#251;mes, lui, au groupe des ESRI, o&#249; il vint vers 1896 bavarder inlassablement. Simon, qui v&#233;cut toujours en boh&#232;me charitable, &#233;tait sous le pseudonyme d'Ansky, un &#233;crivain de talent et faisait revivre en langue yiddish le folklore juif. Il mourut extr&#234;mement pauvre, sans avoir la joie de voir repr&#233;senter son &#339;uvre, le Dybbouk, qui fit au th&#233;&#226;tre une carri&#232;re triomphale. Des nationalistes juifs ont pr&#233;tendu s'emparer d'Ansky et sans scrupules faire un des leurs de ce r&#233;volutionnaire imp&#233;nitent. Les morts ont toujours bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut probablement au Congr&#232;s international socialiste de Londres en 1896 que Goldsmith fit la connaissance de Kropotkine, comme c'est l&#224; aussi qu'elle se lia avec Cornelissen, Hamon, Tcherkesoff et quelques autres. A partie de ce moment Kropotkine eut la plus grande influence sur ses id&#233;es et dirigea ses tendances r&#233;volutionnaires. En correspondance constante avec lui, elle fut son disciple le plus fid&#232;le et le plus cher. Toute son activit&#233; sociale fut d&#232;s lors dirig&#233;e vers la propagande anarchiste. Elle fut en rapports d'amiti&#233; avec Nettlau, avec Brupbacher, avec Paul Reclus, avec Dave, avec le docteur et Madame Zielinski, avec tant d'autres, dont je ne puis ici publier les noms, et qui ont eu pour elle les sentiments les plus affectueux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-study.webp?1689069894' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith. Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle collabora aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'une fa&#231;on suivie, donnant des traductions, des correspondances de journaux &#233;trangers et aussi des articles originaux sous les pseudonymes de M. Corn et d'Isidine. Si je me souviens bien, notre collaboration au journal commen&#231;a en m&#234;me temps et d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. C'&#233;tait au temps des &#233;v&#233;nements de Cr&#232;te, alors que la population chr&#233;tienne s'&#233;tait soulev&#233;e contre la domination turque. Kropotkine ou Tcherkesoff avait pris parti pour la lib&#233;ration des Cr&#233;tois. Apr&#232;s une conversation avec Goldsmith et Remy, j'&#233;crivis un article pour d&#233;clarer que ce soul&#232;vement devait nous laisser &#224; peu pr&#232;s indiff&#233;rent, puisque d'apr&#232;s les nouvelles, la population chr&#233;tienne s'&#233;tait mise &#224; massacrer la population musulmane et &#224; la d&#233;pouiller de ses biens, que les habitants musulmans, en forte minorit&#233;, avaient bien, eux aussi, le droit de vivre, et que la solution de la question cr&#233;toise n'&#233;tait pas dans un changement de gouvernement et dans l'instauration d'une nouvelle tyrannie s'exer&#231;ant sur l'autre partie de la population. A quoi Kropotkine r&#233;pondit que sans prendre le point de vue patriotique des nationalismes, il fallait envisager l'&#233;volution de l'humanit&#233; et que la civilisation occidentale avec ses d&#233;fauts &#233;tait infiniment pr&#233;f&#233;rable &#224; la routine et &#224; la stagnation sous une tyrannie turque dont il &#233;tait impossible d'esp&#233;rer le changement. En somme donner leurs chances au progr&#232;s et &#224; la libert&#233;. Je suis bien s&#251;r de d&#233;former l'argumentation de Kropotkine, je n'ai pas sa r&#233;ponse sous les yeux. Mais telle est l'interpr&#233;tation qui m'est rest&#233;e dans l'esprit. Et c'est le m&#234;me point de vue auquel Kropotkine devait se placer en 1914 et en 1916, non pas celui du patriotisme et du nationalisme, mais celui de la civilisation : f&#233;odale et militariste ou d&#233;mocratique et lib&#233;rale. Il disait que la victoire des empires centraux serait l'affermissement de la f&#233;odalit&#233; militaire et la persistance ou la restauration du principe monarchique. J'avais compl&#232;tement oubli&#233; la pol&#233;mique cr&#233;toise ; c'est Goldsmith qui m'en a fait souvenir et qui proposait derni&#232;rement d'en publier des extraits pour &#233;clairer le point de vue du manifeste des Seize. A ce propos elle-m&#234;me a donn&#233; dans, le n&#176; 44 de &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (novembre 1918) sous la signature d'Isidine un article qui &#224; mon avis cl&#244;t d&#233;finitivement le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; nous continu&#226;mes un travail d'&#233;dition de brochures avec Paul Delesalle. Puis, apr&#232;s le passage d'Am&#233;d&#233;e Dunois, ou peut-&#234;tre pendant son secr&#233;tariat, fut cr&#233;&#233; un groupe d'amis des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avec Desplanques (qui succ&#233;da &#224; Dunois comme secr&#233;taire de r&#233;daction), James Guillaume, Manette, Andr&#233; Girard, Ch. Beno&#238;t (qui. s'occupa sp&#233;cialement de l'&#233;dition des brochures), etc. Monatte, pris par son journal, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, ne resta pas tr&#232;s longtemps. Mais sous l'impulsion de Gu&#233;rin, il y eut des r&#233;unions assez suivies qui se tinrent jusqu'&#224; la guerre, &#224; peu pr&#232;s tous les quinze jours, et ou Goldsmith assista assez r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, Gu&#233;rin ressuscita les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; (&#233;dition d'apr&#232;s guerre) avec Goldsmith au comit&#233; de r&#233;daction. Puis, apr&#232;s la scission avec Jean Grave, Plus Loin apparaissait en mars 1925. Goldsmith faisait partie du groupe fondateur avec Desplanques, Cornelissen, David, Dooghe, Kermabon, Bertrand, Jacques et Paul Reclus, Tcherkesoff, etc. Elle prit part aux r&#233;unions du comit&#233; de r&#233;daction jusqu'au jour o&#249; l'affaiblissement progressif de sa m&#232;re ne lui permit pas de la laisser seule et de s'absenter le soir. Mais elle envoyait de la copie, et son dernier article &#171; A travers notre presse &#187; a paru dans le n&#176; 93 (janvier 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps son logis &#233;tait le centre de r&#233;unions amicales et vivantes avec tant et tant de r&#233;volutionnaires russes, dont je ne peux donner ici les noms. Et elle faisait un travail consid&#233;rable de collaboration et de correspondances au profit des publications &#233;trang&#232;res d'avant-garde. C'est &#224; elle que Kropotkine confia la traduction fran&#231;aise de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;. Elle avait m&#234;me esp&#233;r&#233; pouvoir en donner la deuxi&#232;me partie avec les notes &#233;parses qu'il avait laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle avait une activit&#233; scientifique. Docteur &#232;s-sciences, elle &#233;tait devenue la secr&#233;taire et la collaboratrice d'Yves Delage avec qui elle &#233;crivit deux ouvrages : &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Parth&#233;nog&#233;n&#232;se naturelle et exp&#233;rimentale&lt;/i&gt;. Surtout elle faisait avec lui l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, dont elle fut l'un des deux secr&#233;taires depuis 1902, le seul secr&#233;taire depuis 1919 et en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re. Ce fut l'&#233;poque la plus heureuse de sa vie, une &#233;poque de travail f&#233;cond dans la s&#233;curit&#233;. Delage, devenu aveugle, se confiait enti&#232;rement &#224; elle. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si modeste qu'elle f&#251;t, il en r&#233;sulta contre elle de terribles jalousies, &#224; la fois des adversaires de l'&#233;cole de Delage et de beaucoup d'&#233;l&#232;ves m&#234;me de celui-ci, ces derniers &#233;tant furieux de la confiance &#224; peu pr&#232;s exclusive que lui accordait Delage. Elle la m&#233;ritait et ne pouvait certes porter ombrage &#224; personne. Ce n'en fut pas moins sur son dos que s'&#233;tablit la r&#233;conciliation apparente des adversaires et des amis de Delage, &#224; la mort de celui-ci. Elle lui avait servi, intellectuellement et un peu mat&#233;riellement de chien d'aveugle. Il ne la r&#233;compensa m&#234;me pas en la dirigeant, comme il e&#251;t d&#251; le faire, vers une situation officielle, et, pauvre et charg&#233; de famille, il ne la r&#233;compensa pas non plus autrement de fa&#231;on sensible. C'&#233;tait un illumin&#233;. Mais la pauvre Goldsmith fut par trop d&#233;pourvue de sens pratique. Elle &#233;tait r&#233;fractaire &#224; la naturalisation, sans laquelle elle &#233;tait condamn&#233;e, dans le milieu o&#249; elle vivait, &#224; la mis&#232;re, puisqu'elle n'y pouvait avoir de situation officielle sans &#234;tre fran&#231;aise. Delage aurait p&#251;t le lui dire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp?1689069308' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith dans son laboratoire (vers 1910). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En tout cas elle fut &#233;vinc&#233;e de l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, o&#249; la fonction de secr&#233;taire n'&#233;tait pourtant pas une situation officielle. Elle continue ses travaux dans des laboratoires successifs et dans des conditions assez pr&#233;caires. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Partout o&#249; elle passa, elle s'effa&#231;a trop ; elle y vivait trop isol&#233;e et trop &#224; l'&#233;cart des travaux qui s'y faisaient ; cette r&#233;serve &#233;tait m&#233;chamment jug&#233;e et elle acheva de lui faire tort&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, elle publiait n&#233;anmoins chez Costes,&lt;i&gt; La psychologie compar&#233;e&lt;/i&gt; (in-12&#176;, p. 344) o&#249; elle passe en revue dans la s&#233;rie animale, les tropismes, les r&#233;flexes, les instincts, l'&#233;tablissement des associations qui sont la source de la m&#233;moire et de tous les processus intellectuels sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage et dans &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Goldsmith fait une sorte de synth&#232;se philosophique, faisant la revue et la critique des th&#233;ories &#233;mises sur l'un et l'autre sujet. Comme ouvrages de recherches personnelles, j'ai d&#233;j&#224; cit&#233; &lt;i&gt;La Parth&#233;nogen&#232;se&lt;/i&gt;, en collaboration, il est vrai, avec Delage, mais o&#249; sa contribution est &#233;norme. Enfin sa th&#232;se de doctorat &#233;tudie les &lt;i&gt;R&#233;actions physiologiques et psychiques des poissons&lt;/i&gt;. Je crois int&#233;ressant de reproduire ce passage de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ll y a peu de temps encore, la psychologie, sp&#233;culative comme la philosophie elle-m&#234;me, appartenait &#224; ce titre au domaine des lettres et non &#224; celui des sciences de la nature. Cependant la th&#233;orie de l'&#233;volution, et aussi le mat&#233;rialisme philosophique du milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lui indiquaient d&#233;j&#224; une autre voie ; la pens&#233;e d'Auguste Comte, qui dans la Politique positive pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une psychologie compar&#233;e, bas&#233;e sur l'&#233;tude du syst&#232;me nerveux, avait m&#234;me pr&#233;c&#233;d&#233; ces doctrines, mais sans avoir trouv&#233; l'&#233;cho &#224; son &#233;poque. La psychologie fermement attach&#233;e aux anciennes traditions de la pens&#233;e, n'a pris la nouvelle orientation que lentement, et jusqu'&#224; l'heure actuelle encore elle n'est pas enti&#232;rement devenue une science bas&#233;e sur l'observation et l'exp&#233;rimentation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de M. Goldsmith est de contribuer de faire progresser la psychologie en tant que science exp&#233;rimentale, et pour cela elle a poursuivi des recherches sur le psychisme des animaux ; ce sont des observations sur les poissons, faites &#224; la station biologique de Roscoff, qui lui en ont fourni les mat&#233;riaux. Les associations que peut fournir un cerveau de poisson sont tr&#232;s &#233;loign&#233;es des n&#244;tres, mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelque chose d'o&#249; les v&#233;ritables associations sont n&#233;es plus tard au cours de l'&#233;volution&lt;/q&gt; (p. 128). Telle est l'une des conclusions du travail de Goldsmith. Elle est fort importante. Mais Goldsmith, qui avait &#233;t&#233; accapar&#233;e par Delage, n'avait plus &#224; sa disposition de laboratoire o&#249; elle e&#251;t ses coud&#233;es franches ; les travaux originaux lui &#233;taient fort difficiles. D'autre part sa sp&#233;cialit&#233;, la Psychologie exp&#233;rimentale, &#233;tait le fief d'une camarilla, celle-l&#224; m&#234;me qui l'a d&#233;barqu&#233;e de l'ann&#233;e biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kropotkine et de Delage, qui disparurent &#224; peu de distance l'un de l'autre, Goldsmith se trouva d&#233;pourvue des soutiens moraux sur lesquels elle avait pris l'habitude de s'appuyer. La vieillesse arrivait, une vieillesse sans aucune s&#233;curit&#233;, avec un seul refuge affectif, celui d'une m&#232;re qui s'&#233;teignait lentement. Depuis deux mois, Goldsmith n'osait plus prendre la moindre libert&#233;, m&#234;me dans la journ&#233;e, elle ne sortait plus du tout, elle avait abandonn&#233; ses travaux de laboratoire. Lorsque sa m&#232;re mourut &#224; 83 ans dans la nuit du 8 au 9 janvier, elle s'empoisonna pour ne pas lui survivre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH476/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited-a4b45.png?1774708417' width='500' height='476' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie (&#224; gauche) et sa m&#232;re Sophie (&#224; droite). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article2785" class="spip_out"&gt;Liste des brochures des ESRI disponibles sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e. Et je note qu'ayant trouv&#233; &#224; nous r&#233;unir dans la salle annexe d'un caf&#233; au-dessous de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, nous en f&#251;mes &#233;vinc&#233;s sous la pression du comit&#233; de cette association o&#249; dominait alors, sans qu'il en fit partie officiellement, l'influence de L&#233;on Blum ; il n'avait pas encore trouv&#233; son chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Christian Corn&#233;lissen (1864-1943)</title>
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		<description>&lt;p&gt;&lt;q&gt;Dans le journalisme d'avant-garde et dans les r&#233;unions publiques de Paris, c'est une physionomie sympathique entre toutes, que celle de Christian Corn&#233;lissen. C'est un exil&#233; volontaire parmi nous. Ce n'est pas que son pays natal, la Hollande, l'ait pers&#233;cut&#233;. Mais Corn&#233;lissen a aim&#233; dans Paris et dans la France la tradition d'un grand pays habitu&#233; &#224; la libert&#233; totale, la grande fermentation d'id&#233;es, l'outillage scientifique n&#233;cessaire &#224; son activit&#233; infatigable ; et, de Paris, il &#233;vang&#233;lisait encore la Hollande.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-les-temps-maudits-no5-mai-1999-" rel="directory"&gt;Les Temps maudits n&#176;5 - Mai 1999&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-christian-cornelissen-+" rel="tag"&gt;Christian Corn&#233;lissen&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-kropotkine-61-+" rel="tag"&gt;Pierre Kropotkine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-lilian-rupertus-+" rel="tag"&gt;Lilian Rupertus&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-achille-dauphin-meunier-427-+" rel="tag"&gt; Achille Dauphin&#173;-Meunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-26-f635d.jpg?1774693598' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans le journalisme d'avant-garde et dans les r&#233;unions publiques de Paris, c'est une physionomie sympathique entre toutes, que celle de Christian Corn&#233;lissen. C'est un exil&#233; volontaire parmi nous. Ce n'est pas que son pays natal, la Hollande, l'ait pers&#233;cut&#233;. Mais Corn&#233;lissen a aim&#233; dans Paris et dans la France la tradition d'un grand pays habitu&#233; &#224; la libert&#233; totale, la grande fermentation d'id&#233;es, l'outillage scientifique n&#233;cessaire &#224; son activit&#233; infatigable ; et, de Paris, il &#233;vang&#233;lisait encore la Hollande.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5605 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/la_sorbonne._m__le_professeur_andler__allemand_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH235/la_sorbonne._m__le_professeur_andler__allemand_-168a8-9c6be.jpg?1774724085' width='150' height='235' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;C'est avec ces paroles que Charles Andler, ami de Corn&#233;lissen, commen&#231;ait la &#171; Pr&#233;face &#187; d'une brochure du publiciste hollandais parue en 1915&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Corn&#233;lissen : Les Dessous &#233;conomiques de la guerre. Les app&#233;tits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Deux ans auparavant, Corn&#233;lissen avait &#233;t&#233; le principal organisateur du Congr&#232;s de Londres (1913), congr&#232;s fondateur d'une Internationale syndicaliste r&#233;volutionnaire &#224; tendance anti&#173;militariste. En sa qualit&#233; de r&#233;dacteur et d'&#233;diteur du &lt;i&gt;Bulletin international du mouvement syndicaliste&lt;/i&gt; depuis le Congr&#232;s anarchiste international d'Amsterdam de 1907, Corn&#233;lissen peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme la cheville ouvri&#232;re du syndicalisme r&#233;volutionnaire international d'avant la Premi&#232;re Guerre mon&#173;diale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Bulletin international du mouvement syndicaliste parut du 8 septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; . Le Congr&#232;s d'Amsterdam, &#224; l'origine de ce mouvement sur le plan organisationnel, fut essentiellement son &#339;uvre. Mais c'est bien plus t&#244;t qu'on peut noter maintes manifestations de notre militant asc&#233;tique sur la sc&#232;ne mondiale du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re de ces manifestations date de 1891, avec sa par&#173;ticipation au Congr&#232;s de Bruxelles de la Seconde Internationale. Corn&#233;lissen avait alors vingt-sept ans. Il &#233;tait instituteur dans une &#233;cole primaire li&#233;e par contrat &#224; l'&#233;cole normale de Middelbourg, capitale de la province de Z&#233;lande. En raison de sa d&#233;licate situation d'employ&#233; de l'&#201;tat et de socialiste de ten&#173;dance r&#233;volutionnaire, il assistait anonymement au congr&#232;s. Depuis plusieurs ann&#233;es, Corn&#233;lissen &#233;crivait dans la presse socialiste de Z&#233;lande et dans &lt;i&gt;Recht voor Allen&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Droit pour tous&lt;/i&gt;), le p&#233;riodique officiel de la &#171; Sociaal-Democratische Bond &#187;, la F&#233;d&#233;ration social-d&#233;mocrate des Pays-Bas, comme correspon&#173;dant z&#233;landais, sous le pseudonyme de&#171; Clemens &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la vie de Corn&#233;lissen jusqu'en 1898, cf. Bert Altena et Homme Wedman, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH207/domela_nieuwenhuis_copie-c4088-64238.jpg?1774695982' width='150' height='207' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Domela Nieuwenhuis&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Notre Clemens, qui assistait au Congr&#232;s de Bruxelles en qua&#173;lit&#233; d'envoy&#233; sp&#233;cial de &lt;i&gt;Recht voor Allen&lt;/i&gt;, &#233;tait aussi muni d'un mandat de l'Union syndicale des cheminots hollandais. Pour pr&#233;parer ce congr&#232;s, il s'&#233;tait rendu &#224; Paris pendant ses vacances d'&#233;t&#233; et y avait rencontr&#233; des militants anarchistes et allemanistes. Leur collaboration aboutit &#224; la r&#233;daction d'une motion antimili&#173;tariste soutenue par l'extr&#234;me gauche au Congr&#232;s de Bruxelles, qui fut pr&#233;sent&#233;e par Domela Nieuwenhuis, le dirigeant du mouvement socialiste hollandais. Dans son autobiographie, Corn&#233;lissen &#233;voque les circonstances qui pouss&#232;rent le groupe de militants &#224; r&#233;diger cette fameuse motion, qui contenait l'id&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale contre la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 1891, au Congr&#232;s annuel de la F&#233;d&#233;ration social-d&#233;mocrate (la SDB), il quittait l'anonymat et &#233;tait officiel&#173;lement nomm&#233; r&#233;dacteur de &lt;i&gt;Recht voor Allen &lt;/i&gt; aux c&#244;t&#233;s de Domela Nieuwenhuis. De plus, il devenait membre du comit&#233; central et responsable du secr&#233;tariat international de la SDB, f&#233;d&#233;ration qui fut jusqu'en 1894 l'organisation socialiste unitaire du mouvement ouvrier hollandais. Ces deux congr&#232;s tenus en 1891, l'un national et l'autre international, marqu&#232;rent le d&#233;but d'une intense activit&#233; qu'il poursuivra jusqu'&#224; sa mort en 1943. Les id&#233;es fondamentales qu'il pr&#233;senta sur la sc&#232;ne nationale et internationale sont essentielles pour comprendre les cinquante et une ann&#233;es de sa vie de militant et de th&#233;oricien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, on remarque d'embl&#233;e la formulation pr&#233;coce d'un credo syndicaliste. Avant de le nommer r&#233;dacteur &#224; &lt;i&gt;Recht voor Alien&lt;/i&gt;, Domela Nieuwenhuis lui demanda d'exprimer ses convictions politiques. Dans une lettre que l'on peut dater de novembre 1891, Corn&#233;lissen r&#233;pond sur la question du syndica&#173;lisme. Pour lui, les syndicats &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;forment les germes de la soci&#233;t&#233; nouvelle&lt;/q&gt;, et les gr&#232;ves &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sont le rude apprentissage des ouvriers&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;IIHS-Amsterdam. Archives F. Domela Nieuwenhuis. Correspondance (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il se montre ouvri&#233;riste, oppos&#233; &#224; toute participation aux institutions de la soci&#233;t&#233; bourgeoise. Le parti socialiste, avant-garde du prol&#233;tariat, doit, selon lui, garder sa puret&#233; et se fonder sur les principes de la d&#233;mocratie directe avec un mini&#173;mum de centralisme et de pouvoir des dirigeants. La parti&#173;cipation aux &#233;lections n'a qu'une utilit&#233; limit&#233;e, celles-ci &#233;tant consid&#233;r&#233;es comme un moyen de propagande pour la future d&#233;mocratie directe. Les intellectuels doivent servir la classe ouvri&#232;re dans le parti, mais sans jouer de r&#244;le dans les syndicats&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'ensemble de ses convictions pr&#233;sente de nombreux points com&#173;muns avec l'allemanisme fran&#231;ais de l'&#233;poque, mais il s'agit plus d'une simultan&#233;it&#233; de vues que d'une influence.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5606 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/cornelissen_christiaan_1942_-83b75-322fe.jpg?1774724085' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Christiaan Comelissen&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est remarquable, dans la formation de son id&#233;ologie, c'est la pr&#233;pond&#233;rance de la th&#233;orie. Au cours des premi&#232;res ann&#233;es de sa carri&#232;re d'instituteur, dans une petite ville du Brabant d&#233;pourvue de tout mouvement ouvrier, Corn&#233;lissen avait lu les auteurs utopistes, Marx, Engels et la presse socialiste allemande. Il s'&#233;tait form&#233; intellectuellement, mais ce n'est qu'apr&#232;s son d&#233;m&#233;nagement en Z&#233;lande en 1888 qu'il com&#173;men&#231;a &#224; militer dans le mouvement socialiste. L'inspiration prin&#173;cipale de ses id&#233;es venait indubitablement de Karl Marx. En 1891, Corn&#233;lissen pr&#233;para la premi&#232;re traduction hollandaise du &lt;i&gt;Manifeste communiste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;dit&#233;e par Liebers en 1892.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et publia une d&#233;fense des principes marxistes contre les attaques de l'extr&#234;me gauche, y exprimant un d&#233;vouement total &#224; la cause ouvri&#232;re et une interpr&#233;tation stric&#173;tement &#233;conomique de la lutte des classes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Clemens, Kritiek van een Radicaal op Karl Marx, La Haye, Liebers, 1891.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan national, son activit&#233; syndicaliste atteignit son apog&#233;e en 1893, quand fut cr&#233;&#233;, sur son initiative, le &lt;i&gt;Nationaal Arbeids-Secretariaat &lt;/i&gt; (NAS, secr&#233;tariat national du travail), la CGT hollandaise. Corn&#233;lissen avait &#233;t&#233; charg&#233; de mettre en application la motion adopt&#233;e au cours du congr&#232;s international de Bruxelles de 1891, qui portait sur la mise en place de secr&#233;ta&#173;riats nationaux de syndicats. L'organisation du NAS ressemblait fortement &#224; la CGT des ann&#233;es 1900, mais eu &#233;gard &#224; l'ensemble des id&#233;es, c'est plut&#244;t la F&#233;d&#233;ration des Bourses du travail qu'on doit consid&#233;rer comme l'&#233;quivalent fran&#231;ais du NAS. Sur ce point, Christian Corn&#233;lissen &#233;tait l'homologue hollandais de Fernand Pelloutier, qui venait, comme beaucoup de militants syndicalistes r&#233;volutionnaires, de l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux protagonistes du syndicalisme, Corn&#233;lissen et Pelloutier, s'&#233;taient rencontr&#233;s en 1893 &#224; l'occasion du Congr&#232;s de Zurich de la Seconde Internationale. Ils se li&#232;rent d'amiti&#233; pendant les sessions du congr&#232;s officiel et de la conf&#233;rence parall&#232;le, organis&#233;e par les anarchistes expuls&#233;s et leurs sympa&#173;thisants (les socialistes r&#233;volutionnaires comme Corn&#233;lissen), et au cours d'une excursion dans les montagnes suisses. L'hypoth&#232;se selon laquelle l'id&#233;e d'une Internationale r&#233;volu&#173;tionnaire aurait &#233;t&#233; con&#231;ue pendant cette promenade en mon&#173;tagne est s&#233;duisante. En tout cas, il est certain qu'ils parta&#173;geaient un fort ressentiment &#224; l'&#233;gard des socialistes allemands, de leurs m&#233;thodes autoritaires et de leur subordination de la lutte &#233;conomique &#224; la lutte politique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la brochure de Christian Corn&#233;lissen : Les Divers Tendances du Parti (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils constitu&#232;rent ensemble un groupe de militants antiautori&#173;taires qui devait, &#224; l'occasion du prochain congr&#232;s international pr&#233;vu &#224; Londres en 1896, riposter &#224; l'expulsion probable des anarchistes. Corn&#233;lissen &#233;labora un texte, intitul&#233; &lt;i&gt;le Commu&#173;nisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. Projet pour une entente et pour L'action com&#173;mune des socialistes r&#233;volutionnaires et des communistes anar&#173;chistes &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; La Soci&#233;t&#233; nouvelle de Bruxelles, 1896, 53 p., sous le nom de&#171; Chr&#233;tien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette brochure peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un des textes fondamentaux du syndicalisme international et comme le v&#233;ritable programme d'activit&#233; de Corn&#233;lissen sur la sc&#232;ne inter&#173;nationale jusqu'au Congr&#232;s syndicaliste de Londres de 1913 au cours duquel, finalement, les efforts pour cr&#233;er une organisation internationale connurent un certain succ&#232;s. Mais la Grande Guerre allait tout remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5602 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/pieter_jelles_troelstra_1926-79c5a-03923.jpg?1774724085' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Portrait de Troelstra, 1926&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, Corn&#233;lissen avait essuy&#233; un &#233;chec en Hollande. Depuis 1894, il existait un nouveau parti socialiste parlemen&#173;taire, le SDAP, dirig&#233; par Troelstra, son rival, tandis que l'an&#173;cienne SDB, appel&#233;e depuis 1892 Socialistenbond (SB, F&#233;d&#233;ration socialiste), &#233;tait en d&#233;composition. Comme en France, la question du parlementarisme &#233;tait au centre de cette crise. Le leader de la SDB, Domela Nieuwenhuis, &#233;voluait vers l'anarchisme et se m&#233;fiait de toute organisation permanente. Il finit par quitter cette F&#233;d&#233;ration socialiste au Congr&#232;s de No&#235;l de 1897. Corn&#233;lissen ne voulait pas s'opposer &#224; lui en le rempla&#231;ant &#224; la t&#234;te de la F&#233;d&#233;ration. En outre, leurs relations &#233;taient devenues tr&#232;s tendues &#224; cause d'une relation amoureuse entre Corn&#233;lissen et la fille de Domela&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ses m&#233;moires, Corn&#233;lissen ne dit rien de cette affaire. Cf. la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles circonstances, Corn&#233;lissen d&#233;cida de quitter les Pays-Bas apr&#232;s avoir refus&#233; un poste de permanent au NAS, poste dont l'acceptation aurait &#233;t&#233; contraire &#224; ses convictions ouvri&#233;ristes. Au printemps 1898, il s'installait &#224; Paris o&#249;, apr&#232;s quelques mois d'apprentissage de peintre d&#233;corateur, il s'&#233;tablit d&#233;finitivement comme journaliste, organisateur du syndicalisme international et, bien qu'autodidacte, comme th&#233;oricien de l'&#233;co&#173;nomie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, comme le disait Charles Andler en 1915, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de Paris, il &#233;vang&#233;lisait encore la Hollande&lt;/i&gt;. Il &#233;tait correspondant du &lt;i&gt;Volksblad&lt;/i&gt;, le quotidien de tendance syndicaliste r&#233;volution&#173;naire et collaborait aux p&#233;riodiques anarchistes. Par ailleurs, il &#233;tait au c&#339;ur des tentatives visant &#224; f&#233;d&#233;rer les socialistes de ten&#173;dance antiparlementaire et les communistes anarchistes hollan&#173;dais. Dans les milieux libertaires et syndicalistes, la version hol&#173;landaise de&lt;i&gt; En marche vers la soci&#233;t&#233; nouvelle &lt;/i&gt; &#8211; livre de r&#233;f&#233;rence du syndicalisme r&#233;volutionnaire &#8211; re&#231;ut un accueil favorable, tout comme sa petite brochure sur l'action directe parue en 1904&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Corn&#233;lissen : En marche vers la soci&#233;t&#233; nouvelle. Principes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cependant, au cours de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dant la Grande Guerre, l'importance du syndicalisme r&#233;volutionnaire et du mouvement libertaire en Hollande allait d&#233;cliner en faveur du Parti socialiste (SDAP) de Troelstra et de la r&#233;formis&#173;te Conf&#233;d&#233;ration n&#233;erlandaise des syndicats (Nederlandsch Verbond van Vakvereenigingen), fond&#233;e en 1905. Chez les dirigeants du socialisme parlementaire et du syndicalisme r&#233;formiste, les &#171; modernes &#187;, Corn&#233;lissen passait n&#233;anmoins pour un ennemi redoutable parmi les &#171; anciens &#187;, les socialistes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ralliement de Corn&#233;lissen &#224; la cause des Alli&#233;s en 1914 l'isola des libertaires et des syndicalistes en Hollande, qui rest&#232;&#173;rent, presque sans exception, antimilitaristes et souvent pacifistes. Apr&#232;s la guerre, il reprit contact avec les organisations syndica&#173;listes r&#233;volutionnaires et &#233;crivit de temps &#224; autre dans des p&#233;rio&#173;diques de ce courant tr&#232;s minoritaire. Ce fut &#224; la demande des syndicalistes hollandais, de Max Nettlau &#8211; l'H&#233;rodote de l'anar&#173;chie &#8211; et de l'IIHS d'Amsterdam que Corn&#233;lissen r&#233;digea ses m&#233;moires en 1936-1937&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de Corn&#233;lissen &#224; la direction du NAS, 12 septembre 1937, archives du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manuscrit (presque 500 pages) est intitul&#233; &lt;i&gt;Lutte, joies et peines dans le mouvement socialiste ancien et les syndicats. Souvenirs personnels de Christian Corn&#233;lissen&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Strijd, lief en leed in de Oude Socialistische beweging en de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malgr&#233; leur titre, ces m&#233;moires ne sont gu&#232;re personnels, mais ils constituent sur&#173;tout une source importante pour l'&#233;tude du mouvement ouvrier hollandais et du syndicalisme international. Plus d'un passage de ce manuscrit m&#233;riterait de retenir l'attention des chercheurs fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les liens de Corn&#233;lissen avec le mouvement ouvrier fran&#231;ais, qui remontaient &#224; 1891, allaient devenir plus intenses apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; Paris en 1898. Il reprit contact avec Faure et Pelloutier, avec M&#233;tin, Pouget et Grave. Mais c'est dans le milieu des &#201;tu&#173;diants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes (ESRI) qu'il allait trouver des amis fid&#232;les comme Marc Pierrot et Mary Goldsmith, rencontr&#233;s au Congr&#232;s de Londres en 1896&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf l'introduction biographique de Jacques Reclus dans Marc Pierrot : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Marc Pierrot, son ami et camarade de lutte, allait &#233;galement devenir son m&#233;decin, tout comme il &#233;tait celui de leur ami commun Pelloutier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/pierrot01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH298/pierrot01-e3bde.jpg?1774724085' width='500' height='298' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marc Pierrot&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La correspondance &#233;chang&#233;e avec Domela Nieuwenhuis montre clairement le r&#244;le central jou&#233; par Corn&#233;lissen &#8211; au sein du groupe des ESRI &#8211; dans la pr&#233;paration du congr&#232;s interna&#173;tional antiparlementaire pr&#233;vu pour l'&#233;t&#233; 1900 &#224; Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Archives nationales (Arch. nat.), carton F7/12494, et Archives de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce congr&#232;s, organis&#233; pour faire pi&#232;ce au congr&#232;s de la Seconde Internationale, fut interdit par les autorit&#233;s fran&#231;aises qui crai&#173;gnaient une invasion d'anarchistes &#233;trangers. L'&#233;v&#233;nement se limita &#224; quelques conf&#233;rences et &#224; la publication des pi&#232;ces de ce congr&#232;s avort&#233;. Sept ann&#233;es passeront avant qu'une tentative similaire aboutisse avec le Congr&#232;s anarchiste international d'Amsterdam en 1907.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que, par crainte d'expulsion, ses activit&#233;s organisa&#173;trices restaient toujours dans l'ombre, Corn&#233;lissen allait gagner en notori&#233;t&#233; en tant que publiciste. Journaliste chevronn&#233;, il avait l'avantage de conna&#238;tre, en plus du n&#233;erlandais et du fran&#231;ais, l'al&#173;lemand et l'anglais. La CGT en a largement profit&#233;, l'utilisant comme collaborateur &#224; &lt;i&gt;La Voix du peuple &lt;/i&gt; comme &#224; &lt;i&gt;La Bataille syn&#173;dicaliste&lt;/i&gt;, pour laquelle il tenait la rubrique des informations &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il servit d'interpr&#232;te &#224; de nombreuses reprises, comme durant la visite du dirigeant syndical am&#233;ricain Gompers en 1906, ou &#224; l'occasion du voyage d'une d&#233;l&#233;gation de la CGT &#224; Berlin en 1911&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf Arch. Nat. F7/13572, &#171; Les Relations internationales &#187;, dossier d'ao&#251;t 1911.&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. De Berlin, l'informateur de la S&#251;ret&#233; d&#233;signait &#233;gale&#173;ment Corn&#233;lissen sous le nom de &#171; Rupert &#187;, nom de plume emprunt&#233; &#224; sa femme Lilian Rupertus, sous lequel Corn&#233;lissen &#233;crivait dans &lt;i&gt;La Bataille syndicaliste&lt;/i&gt;. &#192; Paris &#233;galement, le militant hollandais &#233;tait r&#233;pertori&#233; dans le carnet B&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf son dossier dans Arch. nat. F7/13053 et 13572.&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Lorsqu'il demanda sa naturalisation, fortement soutenu dans ses efforts par son ami M&#233;tin, devenu ministre, la S&#251;ret&#233; bloqua le d&#233;cret. Cela n'em&#173;p&#234;cha pas Corn&#233;lissen de rester francophile avant la guerre et jus&#173;qu'au-boutiste ensuite&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En juillet 1918, il publia encore une brochure de 16 pages : les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/___2-29a30-9aa04.jpg?1774724085' width='150' height='206' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Tcherkesov &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Chez Corn&#233;lissen et maints autres anarchistes, c'est bien avant 1914 qu'on peut constater une perm&#233;abilit&#233; aux th&#232;mes nationalistes. Tout en restant dans la tradition f&#233;d&#233;raliste de Proudhon, Corn&#233;lissen avait &#233;t&#233; tr&#232;s activement impliqu&#233; dans la r&#233;sistance arm&#233;e des G&#233;orgiens contre le gouverne&#173;ment tsariste, en 1905. Depuis 1899, il avait pour beau-fr&#232;re Varlaam Tcherkesov, anarchiste, prince g&#233;orgien et ami intime de Kropotkine. Stimul&#233; par lui, Corn&#233;lissen servit la cause g&#233;orgienne en devenant propri&#233;taire en titre d'un bateau hollan&#173;dais, le &lt;i&gt;Sirius&lt;/i&gt;, charg&#233; de plusieurs milliers de fusils et de presque deux millions de cartouches, destin&#233;s au Caucase. L'argent venait des Caucasiens, des Finnois et de l'ambassade du Japon &#224; Paris. En tant que correspondant hollandais, Corn&#233;lissen &#233;crivait sur l'affaire, laissant dans l'ombre certaines de ses activit&#233;s ainsi que la provenance des fonds&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corn&#233;lissen, M&#233;moires... , op. cit.&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#171; d'exil&#233; volontaire &#187; de Corn&#233;lissen (selon le mot de Charles Andler) devient claire en examinant ses articles dans &lt;i&gt;le Mouvement socialiste&lt;/i&gt; de Hubert Lagardelle. Fin 1899 &#8211; dans la rubrique &#171; Correspondance &#187; &#8211; il r&#233;agit aux deux articles sur le &#171; Socialisme en Hollande &#187; du social-d&#233;mocrate Vliegen, colla&#173;borateur de la revue&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf les articles de Vliegen dans le Mouvement socialiste, n&#176;41, 1er septembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Corn&#233;lissen d&#233;fend les positions des syn&#173;dicalistes du NAS, des communistes anarchistes et des socialistes r&#233;volutionnaires contre les sociaux-d&#233;mocrates du SDAP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1904, par contre, &#224; l'occasion de l'enqu&#234;te internationale lanc&#233;e par la revue d'Hubert Lagardelle sur &#171; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et le socialisme &#187;, l'auteur de &lt;i&gt;En marche vers la soci&#233;t&#233; nouvelle &lt;/i&gt; peut t&#233;moigner de ses convictions syndicalistes r&#233;volutionnaires en tant que repr&#233;sentant des &#171; socialistes r&#233;volutionnaires &#187; hollan&#173;dais&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mouvement socialiste, n&#176; 137-138, 15 juin-15 juillet 1904, pp. 269-273.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ces derniers ne formaient qu'une mouvance en d&#233;pit des tentatives de Corn&#233;lissen de constituer une organisation stable. Mais, en juillet 1905, sous la rubrique &#171; Les organisations socia&#173;listes &#187; de la m&#234;me revue, il &#233;voquera la F&#233;d&#233;ration communiste libertaire des Pays-Bas, fond&#233;e &#224; P&#226;ques 1905 &#224; Amsterdam&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ch. Corn&#233;lissen, &#171; L'&#233;volution de l'anarchisme dans le mouvement ouvrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qui pr&#233;para le Congr&#232;s anarchiste international de 1907 tenu dans la m&#234;me ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un autre Corn&#233;lissen que l'on trouve dans &lt;i&gt;le Mouvement socialiste&lt;/i&gt; du 15 mars 1906. &#192; la suite d'articles de Griffuelhes (&#171; Les gr&#232;ves et le syndicalisme fran&#231;ais &#187;) et de Sorel (&#171; La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale prol&#233;tarienne &#187; dans la s&#233;rie&#171; R&#233;flexions sur la violence &#187;), figure un article de Corn&#233;lissen intitul&#233; &#171; Exode rural et taux des salaires &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Mouvement socialiste, n' 172, 15 mars 1906, pp. 294-306.&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette contribution nous r&#233;v&#232;le l'&#233;co&#173;nomiste. Et si Corn&#233;lissen est encore cit&#233; en France de nos jours, c'est en tant que th&#233;oricien &#233;conomiste. Gr&#226;ce au manuel de Raymond Barre, les &#233;tudiants en &#233;conomie le connaissent comme l'inventeur d'une th&#233;orie inductive du salaire&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raymond Barre : &#201;conomie politique, Tome II, Paris, PUF, 1958 (2e &#233;d.), p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1898, une ambition scientifique avait pouss&#233; Corn&#233;lissen &#224; fr&#233;quenter les biblioth&#232;ques parisiennes. Le d&#233;sir de r&#233;futer la th&#233;orie de la valeur des &#233;conomistes ant&#233;rieurs, et surtout celle de Karl Marx, le gourou des sociaux-d&#233;mocrates allemands qu'il d&#233;testait tellement, &#233;tait &#224; la base de ce projet. C'est &#224; la Biblioth&#232;que nationale que Sorel et Corn&#233;lissen, ces deux &#171; r&#233;vi&#173;sionnistes de gauche &#187;, se retrouvaient tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement. Leurs rencontres permirent &#224; Corn&#233;lissen d'&#234;tre l'interm&#233;diaire entre Sorel et Pelloutier, vers la fin de la vie de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5600 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/cornelissen_153139_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH174/cornelissen_153139_copie-207e9-d56d7.jpg?1774724085' width='150' height='174' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Christiaan Cornelissen&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; la BN et au Mus&#233;e social&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Corn&#233;lissen fit cadeau de plusieurs de ses ouvrages au Mus&#233;e social.&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Com&#233;lissen travaillait les apr&#232;s-midis &#224; ses recherches &#233;conomiques qui aboutirent en 1903 &#224; la publication de sa &lt;i&gt;Th&#233;orie de la valeur&lt;/i&gt;&lt;i&gt;. R&#233;futation des th&#233;ories de Rodbertus, de Karl Marx et de Stanley Jevons&lt;/i&gt;. Le nom de l'auteur hollandais &#8211; Christiaan Comelissen &#8211; avait &#233;t&#233;, comme d'habitude, francis&#233; en &#171; Christian Corn&#233;lissen &#187;. Le livre fut le premier volume d'une nouvelle s&#233;rie de la Librairie C. Reinwald-Schleicher Fr&#232;res et C&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ie&lt;/sup&gt;, &#233;diteurs &#224; Paris. Dans cette s&#233;rie, la &lt;i&gt;Th&#233;orie de la valeur &lt;/i&gt; allait &#234;tre suivie par les &lt;i&gt;Lettres histo&#173;riques &lt;/i&gt; de Pierre Lavrov, &lt;i&gt;Champs, Usines et Ateliers&lt;/i&gt; de Kropotkine, ami de Corn&#233;lissen, et par &lt;i&gt;Ferdinand Lasalle&lt;/i&gt;, une biographie &#233;crite par Edouard Bernstein. En 1902, l'&lt;i&gt;Histoire des Bourses du travail &lt;/i&gt; de Pelloutier &#233;tait parue chez le m&#234;me &#233;diteur, avec une pr&#233;face de Sorel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la &lt;i&gt;Th&#233;orie de la valeur&lt;/i&gt;, Corn&#233;lissen r&#233;digea en 1908 une&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5525059x.texteImage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Th&#233;orie du salaire et du travail salari&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, parue chez Giard et Bri&#232;re &#224; Paris, dans la &#171; Biblioth&#232;que internationale d'&#233;conomie poli&#173;tique &#187; publi&#233;e sous la direction d'Alfred Bonnet. Les deux pre&#173;miers tomes de l'&#339;uvre &#233;conomique de Corn&#233;lissen furent favo&#173;rablement accueillis. En 1910, il publia au Mercure de France une version populaire de la&lt;i&gt; Th&#233;orie du salaire&lt;/i&gt;, dans la collection &#171; Les hommes et les id&#233;es &#187;, s&#233;rie dans laquelle avait aussi paru la &lt;i&gt;Question d'Hom&#232;re &lt;/i&gt; de son ami l'ethnologue Arnold van Gennep. Une deuxi&#232;me &#233;dition de la &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5525289r&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Th&#233;orie de la valeur&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, profond&#233;ment revue, para&#238;tra en 1913&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Giard et Bi&#232;re.&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette m&#234;me &#233;poque, Corn&#233;lissen se fit conna&#238;tre en Alle&#173;magne par ses articles sur le syndicalisme dans l'&lt;i&gt;Archiv f&#252;r Sozialwissenschaft und Sozialpolitik&lt;/i&gt; de Sombart et Weber&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 1910 &#224; 1913, n&#176; XXX-XXXVI, T&#252;bingen. Cf. Christian Corn&#233;lissen, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Robert Michels, cet autre grand &#171; r&#233;visionniste de gauche &#187;, qui &#233;tait correspondant de Corn&#233;lissen&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettres de Corn&#233;lissen &#224; Michels, dans le fonds Michels, Fondation Luigi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et l'appr&#233;ciait beaucoup en tant qu'&#233;conomiste et sociologue, l'avait introduit dans les milieux allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cinquante ans, Corn&#233;lissen avait fait preuve &#8211; tant comme th&#233;oricien que comme militant et organisateur &#8211; d'une intelli&#173;gence et d'une &#233;nergie remarquables et remarqu&#233;es. Mais, apr&#232;s le d&#233;but de la guerre de 1914, cette &#233;nergie s'investira dans la pro&#173;pagande antiallemande. Par la suite, il s'occupa surtout des conflits et des scissions au sein du mouvement ouvrier. Apr&#232;s ces ann&#233;es de stagnation sur le plan th&#233;orique, Corn&#233;lissen, qui resta sympathisant du syndicalisme r&#233;volutionnaire toute sa vie &#8211; mais toutefois sans espoir de vivre l'av&#232;nement de la &#171; soci&#233;t&#233; nou&#173;velle &#187; &#8211; fit sa r&#233;apparition sur la sc&#232;ne scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1926, parut (en deux volumes) le tome III du &lt;i&gt;Trait&#233; g&#233;n&#233;&#173;ral de science &#233;conomique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Giard et Bri&#232;re.&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans cette &lt;i&gt;Th&#233;orie du capital et du profit&lt;/i&gt; de 1 100 pages, Corn&#233;lissen applique de nouveau sa th&#233;o&#173;rie de la valeur et la m&#233;thode inductive, cette fois au capital et au profit. En 1930, toujours chez Giard, parut le tome IV : &lt;i&gt;Th&#233;orie de la rente fonci&#232;re et du prix des terres&lt;/i&gt;. Le tome II, &lt;i&gt;Th&#233;orie du salaire et du travail salari&#233;&lt;/i&gt;, connut une deuxi&#232;me &#233;dition revue en 1933&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Giard. Selon une communication de A. Dauphin-Meunier, disciple de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans le domaine germanophone, c'est le sociologue et ami de Michels, Gottfried Salomon, introducteur &#233;galement de Pareto et de Sorel en Allemagne, qui s'occupa de la traduction du &lt;i&gt;Salaire &lt;/i&gt; de 1908, paru sous le titre &lt;i&gt;Der Lohn&lt;/i&gt; en 1926&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Meyer Verlag, Halberstadt.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La m&#234;me ann&#233;e, Corn&#233;lissen publia un article sur le d&#233;veloppement du syndicalisme r&#233;volutionnaire dans le &lt;i&gt;Forschungen zur V&#246;lker&#173;psychologie und Soziologie&lt;/i&gt; sous le titre &#171; Theoretische und &#246;kono&#173;mische Grundlagen des Syndikalismus &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Band Il, 1926. &#171; Partei und Klasse in Lebensproizess der Gesellschaft &#187;, pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans cet article, il r&#233;fute l'id&#233;e que le syndicalisme soit la cr&#233;ation des intellectuels, tels Sorel, Lagardelle, Berth ou Labriola. Corn&#233;lissen maintient que le syndicalisme des intellectuels est un courant litt&#233;raire, qui accompagne le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gottfried Salomon restait en contact avec Corn&#233;lissen et essayait de trouver un &#233;diteur pour la traduction du &lt;i&gt;Trait&#233; g&#233;n&#233;&#173;ral&lt;/i&gt;, mais la crise de 1929 l'en emp&#234;cha&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la correspondance de Corn&#233;lissen &#224; Salomon dans le fonds Salomon, IIHS, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cependant, en tant que pr&#233;sident du comit&#233; directeur des Cours universitaires de Davos (Davoser Hochschulkurse), il favorisa la participation de Corn&#233;lissen au s&#233;minaire de 1928&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Davoser Hochschulkurse/Cours universitaires &#224; Davos, Davos, 1928.&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour Corn&#233;lissen, autodi&#173;dacte de soixante-quatre ans, c'&#233;tait une grande satisfaction de donner des conf&#233;rences aux c&#244;t&#233;s de savants tels que Lucien L&#233;vy-Bruhl, Jean Piaget, Albert Thibaudet, Paul Tillich, Robert Michels et Gottfried Salomon. Les cours furent ouverts par Albert Einstein, qui avait &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement fustig&#233; par Corn&#233;lissen en 1923 dans une brochure intitul&#233;e &lt;i&gt;les Hallucinations des ein&#173;steiniens ou les erreurs de m&#233;thode chez les physiciens-math&#233;mati&#173;ciens&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; la Librairie scientifique Albert Blanchard, Paris, 1923.&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH183/sans_titre-2-28-45ab2-c4c1c.jpg?1774724085' width='150' height='183' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Lilian Rupertus &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette brochure de 89 pages, une apologie de la m&#233;thode inductive en opposition &#224; la m&#233;taphysique, peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'introduction &#224; la derni&#232;re partie de l'&#339;uvre de Corn&#233;lissen, celle des r&#233;flexions philosophiques. En 1929, le manuscrit du &lt;i&gt;Trait&#233; g&#233;n&#233;ral &lt;/i&gt; &#233;tait termin&#233;, mais Corn&#233;lissen ne s'imaginait pas qu'il allait mourir avant la parution du tome V : &lt;i&gt;Th&#233;orie de l'int&#233;r&#234;t et de l'activit&#233; des Bourses&lt;/i&gt;. Le livre parut en 1944 par les soins de son principal disciple, Achille Dauphin&#173;-Meunier, et de sa propre femme Lilian Rupertus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chez Didon et Durand, Paris, lmp. de F. Boisseau &#224; Toulouse.&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1929, croyant la r&#233;daction de son &#339;uvre &#233;conomique achev&#233;e, Corn&#233;lissen commen&#231;a &#224; &#233;crire ses&lt;i&gt; M&#233;ditations sociologiques &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;ditations sociologiques, Introduction &#224; une sociologie g&#233;n&#233;rale. Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le texte, d'environ 400 pages, est un testament intellectuel, mal&#173;heureusement jamais publi&#233;, tout comme ses m&#233;moires de 1936-1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fragments de ces deux &#339;uvres in&#233;dites sont incorpor&#233;s dans son avant-dernier livre en fran&#231;ais,&lt;i&gt; les G&#233;n&#233;rations nouvelles. Essai d'une &#233;thique moderne &lt;/i&gt; (1935). Apr&#232;s&lt;i&gt; le Salaire&lt;/i&gt; de 1908, le Mercure de France &#233;tait de nouveau son &#233;diteur. Corn&#233;lissen avait eu l'intention de finir le travail sur l'&#233;thique de son ami Kropotkine. Comme lui, il se fonda sur Guyau, mais essaya de d&#233;barrasser la morale de toute m&#233;taphysique. Dans ce dernier livre paru en fran&#231;ais de son vivant, il se rapprocha alors de Sorel et m&#234;me de Comte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es de sa vie &#8211; il mou&#173;rut en 1943 &#8211;, Corn&#233;lissen &#233;tait devenu un intellectuel pur (ce qu'il reprochait &#224; Sorel), estim&#233; par ses coll&#232;gues, par des planistes de la CGT, et v&#233;n&#233;r&#233; m&#234;me dans les milieux syndicalistes et anarchistes de l'Internationale syndicaliste r&#233;volutionnaire de Berlin, l'AIT, et surtout en Espagne o&#249; fut publi&#233;e encore en 1933 une version espagnole actualis&#233;e de &lt;i&gt;En marche vers la soci&#233;&#173;t&#233; nouvelle&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christian Cornelissen, El comunismo libertario y el r&#233;gime de tramici&#243;n, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'a pas vu ni v&#233;cu cette soci&#233;t&#233;, mais sa vie, et ce qu'il a observ&#233; parmi les militants et les savants, m&#233;rite encore attention.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Christian Corn&#233;lissen : &lt;i&gt;Les Dessous &#233;conomiques de la guerre. Les app&#233;tits allemands et les devoirs de l'Europe occidentale&lt;/i&gt;, pr&#233;f. de Charles Andler, Paris-Nancy, Berger-Levrault, 1915, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Bulletin international du mouvement syndicaliste&lt;/i&gt; parut du 8 septembre 1907 au 26 juillet 1914 (336 num&#233;ros, en quatre &#233;ditions : fran&#231;aise, anglaise, allemande et hollandaise). Le &lt;i&gt;Bulletin &lt;/i&gt; &#233;tait r&#233;dig&#233; &#224; la main par M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; Corn&#233;lissen-Rupertus et reproduit ensuite par cyclosty&#173;le. Des s&#233;ries fran&#231;aises, nulle part compl&#232;tes, sont conserv&#233;es &#224; la Biblioth&#232;que nationale, au Mus&#233;e social, &#224; l'Institut fran&#231;ais d'histoire sociale, &#224; l'Institut d'histoire sociale, et &#224; l'Institut international d'histoire sociale (IIHS) d'Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la vie de Corn&#233;lissen jusqu'en 1898, cf. Bert Altena et Homme Wedman, &lt;i&gt;Tussem anar&#173;chisme en sociaal-democratie, &#171; Het Revolutionaire Kommunisme &#187; van Christiaan Cornelissen&lt;/i&gt;, Bergen, &lt;i&gt;Anarchistische Uitgaven&lt;/i&gt;, 1985, 68 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;IIHS-Amsterdam. Archives F. Domela Nieuwenhuis. Correspondance Corn&#233;lissen-FDN. Lettre non dat&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt; Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;dit&#233;e par Liebers en 1892.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Clemens, &lt;i&gt;Kritiek van een Radicaal op Karl Marx&lt;/i&gt;, La Haye, Liebers, 1891.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. la brochure de Christian Corn&#233;lissen : &lt;i&gt;Les Divers Tendances du Parti ouvrier international&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#192; propos de l'ordre du jour du Congr&#232;s international ouvrier socialiste de Zurich (1893)&lt;/i&gt;, Bruxelles, &#233;dition de La Soci&#233;t&#233; nouvelle, 1893, 23 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; La Soci&#233;t&#233; nouvelle de Bruxelles, 1896, 53 p., sous le nom de&#171; Chr&#233;tien Corn&#233;lissen &#187;. Pour la version hollandaise : &lt;i&gt;Christiaan Cornelissen, Het Revolutionaire Kommunisme...&lt;/i&gt;, Amsterdam, Oudkerk, 1897, r&#233;&#233;dit&#233; sous le titre &lt;i&gt;Revolutionair Kommunistisch Manifest&lt;/i&gt; chez Boer, Amsterdam, 1905. R&#233;imp. photogr. dans B. Altena et H. Wedman, &lt;i&gt;Tussem Anarchisme... &lt;/i&gt; , op. cit. En 1992, une partie des papiers personnels de Corn&#233;lissen a &#233;t&#233; retrou&#173;v&#233;e par l'auteur. Cette collection Corn&#233;lissen-Chichery, d&#233;pos&#233;e &#224; l'IIHS, contient des lettres int&#233;ressantes de Bernard Lazare et de Fernand Pelloutier sur le Congr&#232;s de Londres et les ori&#173;gines du communisme r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans ses m&#233;moires, Corn&#233;lissen ne dit rien de cette affaire. Cf. la correspondance de Corn&#233;lissen &#224; Domela Nieuwenhuis (ann&#233;es 1898-1899) d&#233;pos&#233;e &#224; l'IIHS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Christian Corn&#233;lissen : &lt;i&gt;En marche vers la soci&#233;t&#233; nouvelle. Principes, tendances, tactique de la lutte de classes&lt;/i&gt;, Paris, Stock, 1900, coll. &#171; Biblioth&#232;que sociologique n&#176; 29 &#187;, 321 p. Christiaan Cornelissen : &lt;i&gt;Op weg naar een nieuwe maatschappij, beginselen en taktiek van de klarsenstrijd&lt;/i&gt;, Amsterdam, Becht, 1902. (trad. portugaise en 1908, espagnole en 1909). Christiaan Cornelissen : &lt;i&gt;Directe actie-zelf doen&lt;/i&gt;, Amersfoort, Wink, 1904.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de Corn&#233;lissen &#224; la direction du NAS, 12 septembre 1937, archives du NAS, IIHS, Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Strijd, lief en leed in de Oude Socialistische beweging en de Vakorganisatie. Persoonlijke herinne&#173;ringen door Christillan Comelissen&lt;/i&gt;. Manuscrit non publi&#233;, 493 p., 1937. Le manuscrit a connu une v&#233;ritable odyss&#233;e. Il est maintenant en possession du D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Arthur Lehning &#224; Amsterdam. H. Wedman en pr&#233;pare une &#233;dition pour l'IIHS, accompagn&#233;e d'une biographie de Corn&#233;lissen.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf l'introduction biographique de Jacques Reclus dans Marc Pierrot : &lt;i&gt;Quelques &#233;tudes sociales&lt;/i&gt;, Paris, 1970, pp. 1-20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Archives nationales (Arch. nat.), carton F7/12494, et Archives de la Pr&#233;fecture de Police du d&#233;partement de la Seine (P. Po), carton Ba 1498.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf Arch. Nat. F7/13572, &#171; Les Relations internationales &#187;, dossier d'ao&#251;t 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf son dossier dans Arch. nat. F7/13053 et 13572.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En juillet 1918, il publia encore une brochure de 16 pages :&lt;i&gt; les Cons&#233;quences &#233;conomiques d'une paix allemande.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Corn&#233;lissen, &lt;i&gt;M&#233;moires...&lt;/i&gt; , op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf les articles de Vliegen dans le &lt;i&gt;Mouvement socialiste&lt;/i&gt;, n&#176;41, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; septembre 1900 et n&#176;42, 15 septembre 1900, et la r&#233;action de Corn&#233;lissen dans le n&#176;48, 15 d&#233;cembre 1900, pp. 751- 755.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Mouvement socialiste&lt;/i&gt;, n&#176; 137-138, 15 juin-15 juillet 1904, pp. 269-273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ch. Corn&#233;lissen, &#171; L'&#233;volution de l'anarchisme dans le mouvement ouvrier hollandais &#187;, &lt;i&gt;le Mouvement socialiste&lt;/i&gt;, n&#176; 159, 15 juillet 1905, pp. 392-400.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Mouvement socialiste&lt;/i&gt;, n' 172, 15 mars 1906, pp. 294-306.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Raymond Barre : &lt;i&gt;&#201;conomie politique&lt;/i&gt;, Tome II, Paris, PUF, 1958 (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.), p. 131. Cf &#233;gale&#173;ment Ren&#233; Gonnard : &lt;i&gt;Histoire des doctrines &#233;conomiques&lt;/i&gt;, Paris, librairie Valois, 1930, p. 66 et p. 631.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Corn&#233;lissen fit cadeau de plusieurs de ses ouvrages au Mus&#233;e social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chez Giard et Bi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De 1910 &#224; 1913, n&#176; XXX-XXXVI, T&#252;bingen. Cf. Christian Corn&#233;lissen, &#171; L'Orientation du mouvement syndicaliste international &#187;, &lt;i&gt;Revue des id&#233;es&lt;/i&gt;, 15 juin 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettres de Corn&#233;lissen &#224; Michels, dans le fonds Michels, Fondation Luigi Einaudi, Turin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chez Giard et Bri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chez Giard. Selon une communication de A. Dauphin-Meunier, disciple de Corn&#233;lissen, Giard et Bri&#232;re et plus tard Giard connurent des difficult&#233;s &#224; survivre, c'est probablement la cause de la non-parution du dernier tome du Trait&#233; g&#233;n&#233;ral et des M&#233;ditations sociologiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chez Meyer Verlag, Halberstadt.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Band Il, 1926. &#171; Partei und Klasse in Lebensproizess der Gesellschaft &#187;, pp. 63-81. &#201;d. par Hirschfeld, Leipzig.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. la correspondance de Corn&#233;lissen &#224; Salomon dans le fonds Salomon, IIHS, Amsterdam. Le fonds Salomon contient aussi la correspondance Michels-Salomon, avec des remarques int&#233;&#173;ressantes sur la sociologie fran&#231;aise et sur Sorel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Davoser Hochschulkurse/Cours universitaires &#224; Davos&lt;/i&gt;, Davos, 1928.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; la Librairie scientifique Albert Blanchard, Paris, 1923.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chez Didon et Durand, Paris, lmp. de F. Boisseau &#224; Toulouse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;M&#233;ditations sociologiques, Introduction &#224; une sociologie g&#233;n&#233;rale.&lt;/i&gt; Le manuscrit a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; l'auteur par J. Reclus, et peut &#234;tre consult&#233; &#224; l'IIHS d'Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Christian Cornelissen, El comunismo libertario y el r&#233;gime de tramici&#243;n, trad. Eloy Mu&#241;iz, Biblioteca Orco, Valencia. Corn&#233;lissen cllabora &#224; la revue &lt;i&gt;Orto&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Jean Grave (1854-1939) - Brochure</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Partage Noir</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-jean-grave-1854-1939-" rel="directory"&gt;Jean Grave (1854-1939)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton372-e99ea.png?1774697732' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les brochures Partage Noir sont r&#233;alis&#233;es avec les logiciels libres #GIMP #Inkscape #Scribus&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le Libertaire &#187; avant La Premi&#232;re Guerre mondiale (1895-1914)</title>
		<link>http://partage-noir.fr/le-libertaire-avant-la-premiere-guerre-mondiale-1895-1914</link>
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		<dc:date>2024-02-24T23:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Joyeux</dc:creator>


		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Yvetot </dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mile Pouget</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Martin</dc:subject>
		<dc:subject>Louis Lecoin</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Faure</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Malato</dc:subject>
		<dc:subject>Victor M&#233;ric</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Pioch</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-25-du-libertaire-au-monde-libertaire-histoire-du-journal-de-l-" rel="directory"&gt;25 - Du &#171; Libertaire &#187; au &#171; Monde libertaire &#187; : Histoire du journal de l'organisation des anarchistes - Maurice Joyeux&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-louis-lecoin-+" rel="tag"&gt;Louis Lecoin&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-victor-meric-+" rel="tag"&gt;Victor M&#233;ric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-georges-pioch-+" rel="tag"&gt;Georges Pioch&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/le_libertaire___fonde_par_____bpt6k29285091_copie-119f2.jpg?1774693295' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; Les syndicats ouvriers, cela n'est pas contestable, sont et seront, &#224; mon avis, les embryons de la soci&#233;t&#233; future. Une telle affirmation, ici faite, semble os&#233;e si on se reporte quelques ann&#233;es en arri&#232;re. Il &#233;tait &#224; la mode, en ce temps, dans les milieux anarchistes, ou de tendance telle, de d&#233;nigrer les groupements syndicaux, les associations &#233;conomiques ouvri&#232;res, sentines &#233;lectorales, p&#233;pini&#232;res &#224; candidats disaient pontificalement quelques-uns qu'&#233;coutait, bouche-b&#233;e, la grande masse des compagnons qui, panurgiquement, suivait les contempteurs des organisations ouvri&#232;res...&lt;/q&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Anarchistes et syndicalistes &#187;, Louis Grandidier, &lt;i&gt;Le libertaire&lt;/i&gt;, 5/12 novembre 1899.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est le 16 novembre 1895 que S&#233;bastien Faure publie le premier num&#233;ro du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, en France cette fois-ci ! Le journal prend la suite des deux hebdomadaires anarchistes : &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; de Jean Grave et &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'Emile Pouget, qui viennent d'avoir des ennuis avec la justice. Il n'est pas sans int&#233;r&#234;t de noter qu'&#224; la m&#234;me &#233;poque, Jean Grave, qui ne d&#233;sarme pas, lance &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; destin&#233; &#224; remplacer &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et dont l'audience va devenir consid&#233;rable dans les milieux litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa parution,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure &#8212; qui n'a pas encore &#233;labor&#233; sa th&#233;orie de la synth&#232;se anarchiste &#8212; va &#234;tre un journal de tendance individualiste. Aupr&#232;s de celui de S&#233;bastien Faure, on trouve les noms d'Emile Girault, d'Henri Dhorr, de Paraf-Javal. Il faudra attendre la cr&#233;ation de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; en 1905, o&#249; se retrouveront Libertad, Lorulot, Mauricius, Armand, etc., pour que dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, devenu l'organe du mouvement anarchiste, soient &#224; peu pr&#232;s refl&#233;t&#233;es sur un pied plus ou moins &#233;galitaire toutes les tendances de l'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re est violemment antisyndicaliste, et Paraf-Javal &#233;crira dans un num&#233;ro d'avril 1904 ce commentaire &#233;difiant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qu'est-ce que le syndicalisme ? C'est un groupement dans lequel les abrutis se classent par m&#233;tier pour essayer de rendre moins intol&#233;rables les rapports entre les patrons et les ouvriers. De deux choses l'une : ou bien ils ne r&#233;ussissent pas et alors la besogne syndicale est inutile, ou bien ils r&#233;ussissent et alors le syndicat est nuisible car un groupe d'hommes aura rendu sa situation moins intol&#233;rable et aura, par la suite, fait durer la situation actuelle !&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4750 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH211/paraf-javal-944c7-cb7b3.jpg?1774719778' width='150' height='211' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paraf-Javal&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il est certain, compte-tenu des outrances du temps, que Paraf-Javal posait un probl&#232;me qui a fait et fera encore couler beaucoup d'encre dans les milieux anarchistes, et pas seulement parmi eux. En effet, c'est &#224; partir de jugements de cette nature que L&#233;nine et ses amis ont mis le syndicalisme dans des fers, de fa&#231;on &#224; ce qu'il ne soit plus que l'organisation de masse des Partis communistes. Mais une telle attitude ne ralliera pas tous les militants libertaires, comme le d&#233;montre le texte plac&#233; en exergue de ce chapitre, et l'anarcho-syndicalisme qui va se d&#233;velopper dans le pays trouvera bient&#244;t sa place dans le journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui fut la grande affaire de ce &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure fut s&#251;rement l'affaire Dreyfus ! A vrai dire, lorsqu'elle &#233;clata en 1894, elle fut loin de passionner les milieux ouvriers, et Pouget &#233;crivait dans&lt;i&gt; Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; &#224; propos de l'arrestation de Dreyfus : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Qu'il soit innocent ou coupable, je m'en tamponne le coquillard, j'ai beau le reluquer sous toutes ses coutures, je ne retrouve en lui que l'officier. Et, Nom de Dieu, je ne perds pas de vue que s'il &#233;tait arriv&#233; un coup de chambard &#224; l'&#233;poque o&#249; le capitaine Dreyfus se pavanait, chamarr&#233; de galons, il aurait parad&#233; dans le clan des fusilleurs&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opinion est r&#233;pandue dans les milieux ouvriers et pas seulement chez les anarchistes qui comptent des centaines de militants dans les bagnes militaires. Dans un premier temps, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; gardera le silence et lorsque, en 1897, la dimension que prit la campagne en faveur de la r&#233;vision obligera le journal &#224; rompre le silence, S&#233;bastien Faure &#233;crira : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La personnalit&#233; de Dreyfus m'est indiff&#233;rente. Comme officier, il appartient &#224; cette caste d'individus qui commanderaient le feu contre moi et mes amis si demain la r&#233;volte s'affirmait&lt;/q&gt;. S&#233;bastien Faure a certainement raison, pourtant, petit &#224; petit, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; va sortir de sa r&#233;serve, car la condamnation de Dreyfus d&#233;passe ce personnage falot pour devenir un probl&#232;me de droits de l'homme.&lt;i&gt; Le Libertaire &lt;/i&gt; va alors organiser un meeting pour protester contre le huis-clos du proc&#232;s. Aupr&#232;s de S&#233;bastien Faure et de Louise Michel, le militant anarcho-syndicaliste Tortelier dit tout haut ce que beaucoup d'ouvriers pensent tout bas : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] Je ne veux pas laisser passer sans d&#233;clarer que les anarchistes n'ont qu'&#224; se r&#233;jouir de ce que les dirigeants et les galonn&#233;s se mangent le nez. Tant mieux, tant mieux, Dreyfus et Esterhazy, je m'en fous&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1789 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/fauresebastien_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH229/fauresebastien_police-a7f5f-965a4.jpg?1774703895' width='150' height='229' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;S&#233;bastien Faure&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cependant, S&#233;bastien Faure a bien vu le profit que la propagande anarchiste peut tirer des affrontements de la classe dirigeante qui se d&#233;chire ! &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; du 4 septembre 1898 para&#238;t avec ce titre : &#171; Dreyfus est innocent &#187;, et S&#233;bastien Faure &#233;crit dans son journal : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je jetterai dans la m&#234;l&#233;e mes ardeurs et mes col&#232;res, mes revendications et mes haines&lt;/q&gt;. Et il va tenir parole ! &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va devenir le journal de la r&#233;vision, m&#234;me si Emile Pouget &#233;crit dans &lt;i&gt;Le P&#232;re Peinard &lt;/i&gt; d'un ton d&#233;sabus&#233; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On boucane bougrement autour de Dreyfus, des chi&#233;s types chialent sur son sort parce qu'il est riche ! Tandis que peu, bien peu, s'apitoient sur les mis&#232;res qu'endurent les innocents &#224; qui on vient de refuser l'amnistie&lt;/q&gt;. Opinion qui est bien pr&#232;s d'&#234;tre partag&#233;e par Guesde et ses amis socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre la victime de ce mouvement irr&#233;sistible qui pousse les travailleurs &#224; arracher le capitaine Dreyfus de l'Ile-du-Diable. En f&#233;vrier 1899, S&#233;bastien Faure abandonne &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; hebdomadaire pour lancer un quotidien : &lt;i&gt;Le Journal du Peuple&lt;/i&gt;, qui va r&#233;unir les plus brillantes signatures des intellectuels qui, de pr&#232;s ou de loin, se r&#233;clament de la presse libertaire ! Attitude qui ne sera pas toujours appr&#233;ci&#233;e dans les couches prol&#233;tariennes qui se r&#233;clament de l'anarchie. La disparition du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; sera de courte dur&#233;e, six mois au plus, et en novembre 1899, le journal repara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier num&#233;ro de cette nouvelle s&#233;rie, Louis Grandidier d&#233;fend avec vigueur la participation des anarchistes au mouvement syndical. Cet article marque le tour diff&#233;rent que va prendre &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;. Insensiblement, presque naturellement, il va devenir l'expression des trois grands courants de l'anarchie : l'individualisme, l'anarcho-syndicalisme et le communisme-libertaire. Encore faudra-t-il attendre la fondation d'un nouveau journal :&lt;i&gt; L'Anarchie&lt;/i&gt;, pour que, les individualistes l'ayant rejoint, les attaques contre le syndicalisme s'estompent. Dans les colonnes du&lt;i&gt; Libertaire&lt;/i&gt;, une rubrique nouvelle est ouverte : &#171; Les gr&#232;ves &#187;, qu'Yvetot, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration des bourses du travail, r&#233;digera. Depuis ce jour, une page du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; va &#234;tre consacr&#233;e aux luttes ouvri&#232;res et au d&#233;veloppement des organisations syndicales. Celles-ci occupent encore de nos jours une place importante dans les feuilles du journal.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4751 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH197/vernet_madeleine__libertaire_-1e7dd-f8d96.jpg?1774719778' width='150' height='197' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Madeleine Vernet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais l'Anarchie se veut universelle, dans le sens o&#249; elle propose aux hommes une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente qui englobe toutes les activit&#233;s humaines. Moins tranchant que&lt;i&gt; Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; de Jean Grave,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; de S&#233;bastien Faure ouvre ses colonnes aux activit&#233;s multiples des anarchistes. Paul Robin y d&#233;veloppera ses conceptions n&#233;o-malthusianistes, Madeleine Vernet d&#233;fendra la limitation des naissances. Le journal va participer au d&#233;veloppement des Universit&#233;s populaires tout en pr&#233;conisant une culture anarchiste &#224; travers la culture populaire, et en d&#233;non&#231;ant les dangers de n&#233;gliger la premi&#232;re au profit de la seconde. Et c'est avec amertume que, dans le premier num&#233;ro de janvier 1913, un militant d&#233;nonce cette culture qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;annihile la force de r&#233;volte des travailleurs qui viennent assister aux cours&lt;/q&gt;. Ce qui est encore vrai de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes de l'enseignement sont une des pr&#233;occupations constantes du mouvement anarchiste. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va &#234;tre le support naturel de l'exp&#233;rience tent&#233;e &#224; travers la Ruche par S&#233;bastien Faure, qu'il d&#233;finira comme &#171; l'&#233;cole de demain &#187; face &#224; l'&#233;cole chr&#233;tienne et &#224; l'&#233;cole la&#239;que, rejoignant ainsi l'exp&#233;rience similaire de Francisco Ferrer &#224; Barcelone. L'int&#233;r&#234;t des anarchistes pour le mouvement coop&#233;ratif est constant : r&#233;miniscence de l'enseignement de Proudhon ou d&#233;sire d'&#233;chapper &#224; l'exploitation du capital ? Les deux, probablement. C'est un anarchiste, Daud&#233;-Bancel, qui va &#234;tre le th&#233;oricien de ce mouvement coop&#233;ratif qui, dans le nord de la France comme en Belgique, va prendre un d&#233;veloppement consid&#233;rable. Avec prudence, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; va appuyer ce mouvement pendant quelques ann&#233;es et refl&#233;ter l'illusion de la coop&#233;rative de production qui se voulait un oasis au sein d'une &#233;conomie capitaliste, erreur qui la conduira &#224; l'impasse et qui est encore celle qui guette l'autogestion plac&#233;e de nos jours devant le dilemme par des hommes qui n'ont pas encore compris que le socialisme ne peut &#234;tre que le fruit d'une r&#233;volution sociale ayant aboli les classes !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH237/arton3270-aca44-7f43c.jpg?1774719778' width='150' height='237' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Violemment hostile &#224; l'&#201;tat, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera farouchement antimilitariste. Il donnera une large place au Congr&#232;s contre la Guerre qui se tiendra &#224; Saint-Etienne en 1905 et que deux de ses r&#233;dacteurs : Georges Yvetot et Miguel Almereyda, animeront. Dans ses colonnes, une discussion anim&#233;e va s'engager entre ceux qui, comme Kropotkine et le docteur Pierrot, sont partisans, sous certaines conditions, de la d&#233;fense de la d&#233;mocratie, ceux qui, comme Libertad et Paraf-Javal, sont pour l'insoumission totale, et les anarcho-syndicalistes, comme Yvetot et Pouget, qui pr&#233;conisent la lutte au sein de l'arm&#233;e et la transformation de la guerre imp&#233;rialiste en guerre civile &#8211; ce qui deviendra la position adopt&#233;e par le syndicalisme-r&#233;volutionnaire, avant d'&#234;tre celle de L&#233;nine, Trotsky et consorts. L'&#233;t&#233; 1914, devant la mobilisation g&#233;n&#233;rale, l'histoire tranchera et nous retrouverons quelques-uns de ces plus farouches r&#233;volutionnaires sur la ligne bleue des Vosges, c&#233;dant, il faut bien le constater, &#224; un mouvement d'opinion irr&#233;sistible. C'est au cours de ces campagnes contre l'arm&#233;e que nous verrons appara&#238;tre pour la premi&#232;re fois dans les colonnes du journal le nom de Louis Lecoin, qui commence une longue marche qui le conduira, de prison en prison, &#224; la gr&#232;ve de la faim et au statut de l'objection de conscience. Jusqu'&#224; la d&#233;claration de la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire &lt;/i&gt; demeurera irr&#233;ductiblement antimilitariste, et seul Almereyda rejoindra la position de Pierre Kropotkine. Le mouvement anarchiste paiera durement pendant la guerre sa fid&#233;lit&#233; &#224; ses id&#233;es et il fournira le gros de ceux qui seront fusill&#233;s pour l'exemple ou qui iront pourrir dans les bagnes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es avant la Premi&#232;re Guerre mondiale, les illusions se sont envol&#233;es. Nous sommes &#224; une &#233;poque o&#249; le doute sur l'instauration d'une soci&#233;t&#233; socialiste libertaire, &#224; la suite d'une r&#233;volution violente, gagne les esprits. Ce fl&#233;chissement &#224; peine perceptible de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire va conduire un certain nombre de militants anarchistes vers les &#171; milieux libre &#187; et vers l'&#171; ill&#233;galisme &#187; qui, parfois, se confondent. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; suivra ce mouvement d'opinions avec beaucoup de prudence. Un de ses r&#233;dacteurs aura un jugement s&#233;v&#232;re sur les &#171; milieux libres &#187; &#224; la suite de la disparition de la colonie libertaire &lt;i&gt;l'Essai&lt;/i&gt;. Il &#233;crira, dans le num&#233;ro d'avril 1909 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Apr&#232;s cinq ann&#233;es d'efforts, de ridicules privations, d'imb&#233;ciles froissements, cette tentative vient de s'effondrer lamentablement... Peut-&#234;tre e&#251;t-il mieux valu qu'elle ne f&#251;t jamais&lt;/q&gt;. Paroles pleines de bon sens, qui n'emp&#234;cheront pas, de nos jours, toute une jeunesse issue des journ&#233;es de juin 1968 de se livrer &#224; nouveau, malgr&#233; nos mises en garde, &#224; de telles &#226;neries !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pioch-georges-1929-agence-rol-7e935-e8ff4-4ac9d.png?1774719778' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Pioch&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A propos de l'&#171; ill&#233;galisme &#187;, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; sera plus nuanc&#233;. Le commentaire qui para&#238;tra dans les colonnes du journal s'appliquera plus &#224; commenter qu'&#224; justifier, m&#234;me si Lephay avait, dans le num&#233;ro de mai 1896, pr&#233;sent&#233; Emile Henry comme un &#171; pr&#233;curseur &#187;. Parlant de Jacob, ap&#244;tre de la reprise individuelle qui conduira quelques-uns des n&#244;tres en prison, Georges Pioch &#233;crit qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il est un beau sp&#233;cimen de virilit&#233;, de raison libre, et, relativement au meilleur monde que nous &#233;laborons, une le&#231;on d'ap&#244;tre cat&#233;gorique op&#233;rant dans l'imm&#233;diate r&#233;alit&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'odyss&#233;e des &#171; bandits tragiques &#187; va &#233;galement placer les r&#233;dacteurs du journal dans une position difficile. Il faut dire que c'est dans les colonnes de &lt;i&gt;L'Anarchie&lt;/i&gt; qu'ils trouveront leurs plus chauds d&#233;fenseurs, sous la plume de Lorulot, Armand, Mauricius. Jean Grave, dans &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, prend violemment &#224; partie Bonnot et ses amis : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;De tels actes n'ont rien d'anarchistes, ce sont des actes purement et simplement bourgeois...&lt;/q&gt;. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; se montrera moins cat&#233;gorique, tout en refusant d'approuver, car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de tels actes ne constituent pas un facteur d'affranchissement social...&lt;/q&gt;, d&#233;clare Pierre Martin dont le titre de l'article : &#171; H&#233;ro&#239;sme ill&#233;gal et banditisme l&#233;gal &#187; souligne bien l'ambigu&#239;t&#233; du journal devant ce probl&#232;me br&#251;lant, ce qui ne l'emp&#234;che pas de reconna&#238;tre du courage &#224; Bonnot et &#224; ses compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces vingt ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne sera jamais le journal d'une organisation. Fond&#233; par S&#233;bastien Faure &#8211; qui le fera vivre avec les b&#233;n&#233;fices que le grand orateur retire de ses tourn&#233;es de conf&#233;rences &#8211; il deviendra insensiblement le journal d'une &#233;quipe qui a vocation de pr&#233;senter tous les groupes anarchistes qui se font et se d&#233;font &#224; une cadence vertigineuse. M&#234;me lorsque, vers 1912, il aura puissamment &#339;uvr&#233; pour que se constitue une premi&#232;re organisation anarchiste avec un semblant de structure (la F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire communiste), il faut voir quel luxe de pr&#233;cautions prennent Pierre Martin et A. Dauthuille pour parler des militants de cette organisation, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nos amis de la F.R.C.&lt;/q&gt;, de mani&#232;re &#224; ne pas donner &#224; penser que le journal puisse &#234;tre devenu celui d'une organisation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/gravejean_police.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/gravejean_police-2d972-04b29.jpg?1774719778' width='150' height='219' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Grave&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la tol&#233;rance de ce &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt; premi&#232;re mani&#232;re pour tous les courants de la pens&#233;e anarchiste ne l'emp&#234;chera pas de se laisser entra&#238;ner &#224; des pol&#233;miques vigoureuses avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt; de Jean Grave et surtout avec &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt; d'Herv&#233; ! Au cours des ann&#233;es, le syndicalisme a pris de plus en plus de place dans les colonnes du journal et le tout s'en ressent. On peut ainsi lire sous la plume de Pamphile, qui n'est autre que Vergeat &#8211; un brillant syndicaliste du b&#226;timent qui dispara&#238;tra tragiquement avec Lefebvre et Lepetit en revenant d'une d&#233;l&#233;gation en Russie en 1921 &#8211;, ce texte contre les individualistes. Il donne bien le ton du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette &#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;[...] la gangr&#232;ne d'un individualisme imb&#233;cile, &#233;troit, plus vil que le conservatisme bourgeois parce que plus hypocrite et qui tuerait l'id&#233;e anarchiste si l'id&#233;e pouvait mourir, les autres organes de Paris &#233;tant tomb&#233;s, les uns dans le militarisme le plus dangereux, sans parler de son &#233;tatisme, les autres dans la crapule antis&#233;mite&lt;/q&gt;. Bien s&#251;r, le militant r&#233;volutionnaire n'est pas tendre avec &lt;i&gt;Les Temps nouveaux &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Guerre sociale&lt;/i&gt;, mais il s'agit d'un article que j'aurai volontiers sign&#233; des deux mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans les pages du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; &#8211; qui ne sacrifiera pas &#224; ce &#171; vice impuni &#187; qu'est la litt&#233;rature et qui est le p&#233;ch&#233; mignon des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;, le journal de Jean Grave &#8211; la signature de tous les militants de renom de l'anarchisme et de l'anarcho-syndicalisme du d&#233;but de ce si&#232;cle tourment&#233;. Cependant, il reste un journal de militants. Sa derni&#232;re page est remplie de communiqu&#233;s de groupes, d'annonces publicitaires destin&#233;es &#224; faire vendre la litt&#233;rature anarchiste. On y retrouve &#233;galement l'in&#233;vitable appel aux souscriptions, qui permettent au journal de vivre, ce qui fera dire plaisamment &#224; l'abb&#233; Violette, au cours d'un d&#233;bat public avec Andr&#233; Lorulot qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il existe un point commun entre l'Eglise et les organisations anarchistes, c'est que toutes deux vivent de la qu&#234;te&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal refl&#232;te l'aspect de la presse de cette &#233;poque. Il est sobre, gris, compact. La technique de la presse n'a pas encore sacrifi&#233; aux titres flamboyants. Il est difficile de conna&#238;tre son tirage exact. Entre cinq cents et mille abonn&#233;s probablement. Souscrivent, par les membres des groupes constitu&#233;s, l'in&#233;vitable cohorte des professionnels de la lecture et les intellectuels int&#233;ress&#233;s par les id&#233;es libertaires. Le tirage dut rarement d&#233;passer les cinq mille exemplaires vendus &#224; la cri&#233;e dans la rue ou au cours des innombrables r&#233;unions et manifestations organis&#233;es par les groupes. On peut penser que, comme de nos jours,&lt;i&gt; Le Libertaire&lt;/i&gt; est lu par de nombreux responsables syndicaux, en professionnels des probl&#232;mes sociaux. Certains, d'ailleurs, y collaborent occasionnellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est naturellement la premi&#232;re page qui donne le ton au num&#233;ro du journal lorsque l'&#233;v&#233;nement l'impose. La premi&#232;re page de &lt;i&gt;L'Aurore&lt;/i&gt;, barr&#233;e par le &#171; J'accuse &#187; de Zola, d&#233;finit bien ce que fut l'esth&#233;tique de la presse de l'&#233;poque devant la nouvelle &#224; sensation. &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; ne d&#233;rogera pas &#224; cet aspect dans ses premi&#232;res pages destin&#233;es &#224; frapper l'imagination, encore que ce f&#251;t la qualit&#233; de ses signatures plus que la recherche de la pr&#233;sentation qui signale l'importance du papier au lecteur. En bref, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, compte-tenu de ses moyens, est un journal &#171; classique &#187; pour son &#233;poque. Comment pouvait-il en &#234;tre autrement, les travailleurs des imprimeries de cette &#233;poque ayant d&#233;j&#224; une forte coloration libertaire !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/victor_meric-1921-portrait_meurisse-bdd60-3a9ed.jpg?1774719778' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Aux collaborateurs d&#233;j&#224; signal&#233;s, en dehors de S&#233;bastien Faure dont on remarque en passant qu'il se contentera d'un titre sur quatre colonnes pour annoncer le &#171; virage &#187; &#224; propos de Dreyfus, on trouve Fortun&#233; Henry, adepte des &#171; milieux libres &#187;, Bordes sur l'ill&#233;galisme, Malato sur la r&#233;volution, Labrousse sur l'organisation, Gu&#233;rard, que je conna&#238;trai lorsque j'adh&#233;rerai &#224; l'Union anarchiste, apr&#232;s la Premi&#232;re Guerre mondiale, Pierre Martin, qui sera l'&#226;me du journal, Dauthuille, Janvion, ainsi que tous les syndicalistes de renom depuis Pouget, Vergeat, Lepetit, et quelques hommes de lettres, collaborateurs occasionnels : Augustin Hamon, Victor M&#233;ric, Georges Pioch, Laurent Tailhade, Han Ryner. Mais plus que les noms qu'on y trouve, ce sont ceux qui sont absents qui soulignent le v&#233;ritable caract&#232;re du journal anarchiste qui se veut pluraliste, ce qui parfois d&#233;pla&#238;t dans nos milieux. Il faut souligner cependant que dans les ann&#233;es qui pr&#233;c&#232;dent la Premi&#232;re Guerre mondiale, la tendance anarcho-syndicaliste gagne du terrain dans ses colonnes !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;claration de guerre va sonner le glas du journal de S&#233;bastien Faure. La jeune organisation anarchiste dispara&#238;t, noy&#233;e dans la tourmente ; quelques anarchistes comme Martin, Lecoin et Ruff sauveront l'honneur, et d'autres, dont il est inutile de rappeler les noms, plongeront dans un n&#233;o-malthusianisme d&#233;lirant. La plupart, le dos courb&#233;, suivront le cort&#232;ge. Ceux qui refuseront de marcher dans les clous finiront au bagne ou devant les pelotons d'ex&#233;cution. Une page est tourn&#233;e. Le journal est oblig&#233; de se taire. Pour un temps, sans plus ! D&#232;s 1919, &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, l'increvable &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;, va repara&#238;tre avec une nouvelle g&#233;n&#233;ration de r&#233;dacteurs et de lecteurs endurcis dans les tranch&#233;es et les prisons, et ils vont inscrire un nouveau chapitre au journal des anarchistes : &lt;i&gt;Le Libertaire IV&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour l'histoire du Libertaire de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour l'histoire du &lt;i&gt;Libertaire &lt;/i&gt; de cette p&#233;riode, consulter, en dehors de la collection du journal de la Biblioth&#232;que nationale, le premier tome de l'ouvrage de Jean Maitron : &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France, des origines &#224; 1914&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Camille Pissarro (1830-1903)</title>
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		<dc:date>2023-08-16T07:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe </dc:creator>


		<dc:subject>Camille Pissarro </dc:subject>
		<dc:subject>Soleil Noir (fanzine)</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>Fanzinoth&#232;que</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A la fin du si&#232;cle dernier, les id&#233;es anarchistes eurent une influence notable non seulement dans le monde ouvrier mais aussi dans les milieux litt&#233;raires et artistiques. Nombreux furent les &#233;crivains et les peintres qui s'enthousiasm&#232;rent pour l'id&#233;e de la r&#233;volution sociale. Pour certains ce ne fut qu'une mode : ils abandonn&#232;rent leur id&#233;al quand vint le succ&#232;s et la fortune. Mais d'autres rest&#232;rent fid&#232;les toute leur vie &#224; l'anarchisme. Parmi ceux-ci se trouve Camille Pissarro (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-soleil-noir-no10-septembre-1992-" rel="directory"&gt;Soleil Noir n&#176;10 - Septembre 1992&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-camille-pissarro-+" rel="tag"&gt;Camille Pissarro &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-soleil-noir-fanzine-141-+" rel="tag"&gt;Soleil Noir (fanzine)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-la-fanzinotheque-+" rel="tag"&gt;Fanzinoth&#232;que&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1138-f6f65.png?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/pissarro-portrait-216f4-9f424.jpg?1774768698' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Camille Pissarro&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A la fin du si&#232;cle dernier, les id&#233;es anarchistes eurent une influence notable non seulement dans le monde ouvrier mais aussi dans les milieux litt&#233;raires et artistiques. Nombreux furent les &#233;crivains et les peintres qui s'enthousiasm&#232;rent pour l'id&#233;e de la r&#233;volution sociale. Pour certains ce ne fut qu'une mode : ils abandonn&#232;rent leur id&#233;al quand vint le succ&#232;s et la fortune. Mais d'autres rest&#232;rent fid&#232;les toute leur vie &#224; l'anarchisme. Parmi ceux-ci se trouve Camille Pissarro (1830-1903).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est n&#233; &#224; Saint-Thomas, une &#238;le des Antilles qui appartenait alors au Danemark. Son p&#232;re &#233;tait un commer&#231;ant, juif d'origine portugaise, qui pensait que son fils lui succ&#233;derait dans les affaires. Mais Camille profite de la visite &#224; Saint-Thomas du peintre danois Fritz Melbye pour partir avec lui au Venezuela o&#249; il l'initie &#224; la peinture des paysages, de la flore et de la faune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1855, il est &#224; Paris o&#249; il suit sans grand int&#233;r&#234;t les cours des Beaux-Arts. Il est l'&#233;l&#232;ve de Corot et est influenc&#233; par le r&#233;alisme de Courbet. En 1857, &#224; l'Acad&#233;mie Suisse, il rencontre les futurs impressionnistes Monet, Renoir, C&#233;zanne qui deviennent ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1870, la guerre l'oblige &#224; fuir en Angleterre. Il laisse derri&#232;re lui 1 500 toiles qui seront d&#233;truites par la soldatesque. Les tableaux de Constable et Turner vont l'influencer. De retour en France, il peint &#224; Louveciennes et &#224; Pontoise, souvent avec S&#233;zanne. Sa peinture est de plus en plus claire et a&#233;r&#233;e, proche de celle de Monet. Ses tableaux pr&#233;sentent la vie et les travaux des villageois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, alors que de nos jours, les foules se pr&#233;cipitent en masse &#224; chaque nouvelle exposition r&#233;trospective des impressionnistes, l'intol&#233;rance envers la nouveaut&#233; &#233;tait incroyable au si&#232;cle dernier. Monet, Pissarro, Sisley, Renoir, C&#233;zanne et Degas organisent en 1874 une exposition. Toute la presse les ridiculise. Dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, on pouvait lire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On vient d'ouvrir une exposition qu'on dit &#234;tre de peinture... 5 ou 6 ali&#233;n&#233;s, dont une femme, s'y sont donn&#233; rendez-vous. Ces soi-disant artistes prennent des toiles, de la couleur et des brosses, jettent au hasard quelques tons et signent le tout&lt;/q&gt;. Par d&#233;rision, on les traite d'impressionnistes. Trois ans plus tard, ils revendiqueront fi&#232;rement cette appellation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t de quelques marchands d'art et collectionneurs, il est tr&#232;s difficile de vendre des toiles. Pissarro doit fournir un travail &#233;norme pour faire vivre sa famille (il a eu 7 enfants). Souvent il ne peut acheter son mat&#233;riel de peinture. Cependant sa situation mat&#233;rielle va s'am&#233;liorer &#224; partir de 1879. En 1884, alors qu'il s'est install&#233; &#224; Eragny, une exposition de ses &#339;uvres remporte un grand succ&#232;s aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1459 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/famille_pissarro.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH370/famille_pissarro-8b65e.jpg?1774779419' width='500' height='370' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;La famille Pissarro, 1899&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque, Pissarro est d&#233;j&#224; sensible aux id&#233;es anarchistes. S'il pr&#233;f&#232;re la R&#233;publique &#224; une &#233;ventuelle Restauration monarchique, ses lettres nous montrent qu'il ne se fait aucune illusion sur les hommes politiques. Il est d&#233;go&#251;t&#233; par la soci&#233;t&#233; bourgeoise qui, en tant que membre de l'avant-garde artistique, l'a rejet&#233;. L'exclusion dont il est victime le pousse &#224; refuser l'autorit&#233;, &#224; exalter l'individu. L'anarchisme permet &#224; l'artiste d'exprimer sa propre conception du beau. La lecture des ouvrages de Kropotkine, Proudhon et Jean Grave l'a convaincu de la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;volution sociale. Au niveau technique, il se rapproche de Seurat et Signac (lui aussi anarchiste) et peindra pendant quelques temps sur le principe de la division syst&#233;matique (pointillisme ou n&#233;o-impressionnisme). Malgr&#233; de nombreuses critiques, &#224; partir de 1890 ses expositions remportent un grand succ&#232;s. La cote de ses tableaux monte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peinture de Pissarro ne nous dit pas qu'il &#233;tait anarchiste. Il n'avait aucun go&#251;t pour les sc&#232;nes de genre, Son &#339;uvre se compose essentiellement de paysages de campagne, de quelques portraits et natures mortes. Sa touche est serr&#233;e, la lumi&#232;re dense et &#233;clatante. Apr&#232;s 1890, il r&#233;alise aussi des vues plongeantes de sites urbains (Paris, Rouen). Pour lui, les paysans ont un mode de vie proche de son id&#233;al anarchiste. Les villages et les champs repr&#233;sentent l'Utopie. C'est un monde qu'il faut prot&#233;ger pour la soci&#233;t&#233; future et que l'industrialisation tend &#224; d&#233;truire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pissarro est plus un anarchiste d'id&#233;e que d'action. Ce n'est pas un th&#233;oricien, il participe cependant en 1899 au &#171; Club de l'art social &#187; &#224; c&#244;t&#233; de Rodin, Jean Grave, Pouget et Louise Michel. Il est partisan de l'art pour l'art : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tous les arts sont anarchistes ! Quand c'est beau et bien !&lt;/q&gt;. Il n'est pas partisan de l'art &#224; tendance sociale. Contrairement &#224; ce qu'&#233;crit Kropotkine dans &lt;i&gt;La conqu&#234;te du pain&lt;/i&gt;, il ne pense pas qu'il soit n&#233;cessaire d'&#234;tre paysan pour rendre dans un tableau la po&#233;sie des champs. Il cherche &#224; faire partager &#224; ses semblables les &#233;motions les plus vives. Une belle &#339;uvre d'art est un d&#233;fi au go&#251;t bourgeois. C'est un optimiste qui voit un avenir anarchiste proche o&#249; les gens, d&#233;barrass&#233;s des id&#233;es religieuses et capitalistes, pourront appr&#233;cier son art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1890. il r&#233;alise pour deux de ses ni&#232;ces un album de 28 dessins sommaires ex&#233;cut&#233;s &#224; la plume qui sont en opposition totale avec sa peinture, mais qui nous montrent clairement ses opinions. Cet album est intitul&#233; &lt;i&gt;Les turpitudes sociales&lt;/i&gt;. Y sont repr&#233;sent&#233;s : l'argent, la Bourse, le Capital, la religion, le patronat, l'esclavage salari&#233;, la mis&#232;re, la faim, le suicide. Ces sujets sont repr&#233;sent&#233;s d'une mani&#232;re violente, on y note l'influence de Daumier et Zola. L'espoir est repr&#233;sent&#233; par une sc&#232;ne de barricade et une sc&#232;ne o&#249; un vieux philosophe regarde se lever le soleil surmont&#233; des lettres du mot anarchie. C'est une condamnation sans appel d'une soci&#233;t&#233; qui rejette les pauvres et les artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pissarro n'est pas un homme violent mais il comprend les raisons des attentats anarchistes. Apr&#232;s l'assassinat du pr&#233;sident Carnot par Caserio, comme Octave Mirabeau ou Bernard Lazare, il reste quelques mois en Belgique pour &#233;chapper &#224; la r&#233;pression. Il va y rencontrer Elis&#233;e Reclus et Emile Verhaeren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son soutien moral et financier envers les victimes est important. Il aide les enfants d'anarchistes emprisonn&#233;s, Emile Pouget, les compagnons italiens en exil. Il &#233;ponge &#233;galement les dettes des journaux de Jean Grave (&lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; et&lt;i&gt; Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1469 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton4249.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH329/arton4249-ff163.jpg?1774779419' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;[Collection des &#034; Temps Nouveaux &#034;- Porteuses de fagots par Camille Pissarro] &lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/article4249.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Son ami Jean Grave fonde en 1895&lt;i&gt; Les Temps Nouveaux&lt;/i&gt;. Ce journal para&#238;tra jusqu'en 1914. De nombreux artistes favorables &#224; l'anarchisme vont y collaborer : Maximilien Luce, Cross, Signac, Van Rysselberghe, Aristide Delannoy, Vallotton, Steinlen... Pissarro, aimant peu les proc&#233;d&#233;s de reproduction, n'y donnera que trois lithographies mais son soutien financier sera tr&#232;s r&#233;gulier et il poussera ses fils Lucien, Georges et Roda a y envoyer leurs propres dessins. Il donne &#233;galement des &#339;uvres pour les tombolas qui sont organis&#233;es pour renflouer les caisses du journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'affaire Dreyfus il se bat contre l'antis&#233;mitisme et l'injustice aux c&#244;t&#233;s d'Octave Mirbeau et de Maximilien Luce mais se brouille avec Degas et Renoir qui choisissent l'autre camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Camille Pissarro est connue universellement. Ses tableaux valent aujourd'hui des fortunes. De nombreux livres lui ont &#233;t&#233; consacr&#233;s mais ils oublient souvent de dire qu'il &#233;tait anarchiste. A signaler cependant le &lt;i&gt;Pissarro &lt;/i&gt; de R. Shikes et P. Harper (publi&#233; chez Flammarion, 133 francs) qui consacre un chapitre aux rapports de Pissarro avec l'anarchisme. L'album &lt;i&gt;Les turpitudes sociales&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; en 1972 par Skirda mais il est malheureusement &#233;puis&#233;. Il existe d'autre part une association &#171; Les amis de Camille Pissarro &#187; (Mus&#233;e Pissarro, 17, rue du Ch&#226;teau, 95300 Pontoise). Son but est de faire mieux conna&#238;tre et rayonner l'&#339;uvre et l'esprit de Camille Pissarro (cr&#233;ation d'un mus&#233;e et d'un centre d'archive).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Philippe, juin 1992 &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;lix Vallotton</title>
		<link>http://partage-noir.fr/felix-vallotton</link>
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		<dc:date>2023-07-12T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Felip &#201;quy</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;lix Vallotton</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Maurin</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Suisse</dc:subject>
		<dc:subject>CIRA Marseille</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le peintre franco-suisse Felix Vallotton (1865-1925) a &#233;t&#233; proche des nabis. Ses talents &#233;taient nombreux : peinture et sculpture mais aussi gravure, illustration, romans et critiques d'art. C'est le peintre et graveur anarchiste Charles Maurin (1856-1914) qui va l'initier aussi bien &#224; la gravure qu'&#224; l'anarchisme. En dix ann&#233;es, Felix Vallotton va ex&#233;cuter plus de 120 gravures sur bois et une cinquantaine de lithographies.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-l-assiette-au-beurre-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-suisse-+" rel="tag"&gt;Suisse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-de-+" rel="tag"&gt;CIRA Marseille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/pages_de_calendrier-2023-ecran-2-ba46b.jpg?1774723977' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le peintre franco-suisse Felix Vallotton (1865-1925) a &#233;t&#233; proche des nabis. Ses talents &#233;taient nombreux : peinture et sculpture mais aussi gravure, illustration, romans et critiques d'art. C'est le peintre et graveur anarchiste Charles Maurin (1856-1914) qui va l'initier aussi bien &#224; la gravure qu'&#224; l'anarchisme. En dix ann&#233;es, Felix Vallotton va ex&#233;cuter plus de 120 gravures sur bois et une cinquantaine de lithographies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gravure sur bois lui permet de r&#233;aliser des estampes tr&#232;s expressives, en aplats francs de noir sur blanc. On y voit des sc&#232;nes de vie au milieu d'un environnement d'un noir profond, exprimant les tensions sociales aussi bien que l'hypocrisie des m&#339;urs. D&#232;s ses premi&#232;res gravures, il s'attaque &#224; la r&#233;pression polici&#232;re : &lt;i&gt;La Charge &lt;/i&gt; (1892),&lt;i&gt; L'Anarchiste&lt;/i&gt; (1892), &lt;i&gt;La Manifestation&lt;/i&gt; (1893), &lt;i&gt;L'Ex&#233;cution&lt;/i&gt; (1894), Il rend aussi hommage aux communards : &lt;i&gt;Le Mur&lt;/i&gt; (1892).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve ses dessins dans les grandes revues satiriques de l'&#233;poque :&lt;i&gt; Le Rire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Cri de Paris&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Canard sauvage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Assiette au beurre&lt;/i&gt;. Pour cette derni&#232;re, il est l'auteur d'un num&#233;ro entier : &#171; Crimes et ch&#226;timents &#187; (1902).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est l'un des principaux illustrateurs de &lt;i&gt;La Revue blanche.&lt;/i&gt; On peut y voir des portraits de communards comme Fortun&#233; Henry et Eug&#232;ne Varlin. Dans cette revue ou d'autres, on trouve &#233;galement les portraits de Michel Bakounine, Victor Barrucand, Georges Eekhoud, Felix F&#233;n&#233;on, Multatuli, Jehan Rictus, Max Stirner, Laurent Tailhade...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est un acteur important de l'affaire Dreyfus, mettant en images une chronique des &#233;v&#233;nements. En 1900, il est naturalis&#233; fran&#231;ais. Ne risquant plus l'expulsion vers la Suisse, il peut affirmer ses id&#233;es anarchistes au grand jour. Il fait partie des soutiens de Jean Grave : illustrations pour le livre &lt;i&gt;Guerre et Militarisme&lt;/i&gt;, pour le journal &lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;, r&#233;alisation de la couverture d'une brochure, participation &#224; une tombola de solidarit&#233;. &#192; l'exception de gravures r&#233;alis&#233;es pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, Felix Vallotton se consacre ensuite essentiellement &#224; la peinture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Nadar</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Bedos</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Gaspard-F&#233;lix Tournachon n'est pas encore Nadar lorsqu'il na&#238;t le 6 avril 1820 &#224; Paris, au sein d'une famille d'imprimeurs lyonnais. Vingt-trois ann&#233;es s&#233;parent ses parents qui ne se marieront qu'en 1826, apr&#232;s la naissance d'un second fils, Adrien. Il fr&#233;quente plusieurs pensionnats et coll&#232;ges &#224; Paris jusqu'en 1836, mais la faillite de l'entreprise familiale et la maladie obligent son p&#232;re &#224; se retirer &#224; Lyon. Victor Tournachon y meurt, &#226;g&#233; de 66 ans, le 8 ao&#251;t 1837. Plus tard, Nadar aimera &#224; parler des &#233;tudes de m&#233;decine qu'il aurait faites dans cette ville.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1117-7ac1b.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gaspard-F&#233;lix Tournachon n'est pas encore Nadar lorsqu'il na&#238;t le 6 avril 1820 &#224; Paris, au sein d'une famille d'imprimeurs lyonnais. Vingt-trois ann&#233;es s&#233;parent ses parents qui ne se marieront qu'en 1826, apr&#232;s la naissance d'un second fils, Adrien. Il fr&#233;quente plusieurs pensionnats et coll&#232;ges &#224; Paris jusqu'en 1836, mais la faillite de l'entreprise familiale et la maladie obligent son p&#232;re &#224; se retirer &#224; Lyon. Victor Tournachon y meurt, &#226;g&#233; de 66 ans, le 8 ao&#251;t 1837. Plus tard, Nadar aimera &#224; parler des &#233;tudes de m&#233;decine qu'il aurait faites dans cette ville. Mais, d&#232;s 1837 ou 1838, se retrouvant soutien de famille, il cherche ailleurs sa subsistance. Et court ainsi les piges dans plusieurs petits journaux lyonnais, puis &#224; Paris. Il fera ses premi&#232;res armes de journaliste dans la critique th&#233;&#226;trale. Puis, avec R Millaud, il fonde &lt;i&gt;le N&#233;gociateur&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; l'Audience&lt;/i&gt;, journal judiciaire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;o&#249; l'on a pouss&#233; si loin le culte de l'horrible et du cadavre.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1839, il quitte&lt;i&gt; l'Audience&lt;/i&gt; et lance une publication assez luxueuse, &lt;i&gt;le Livre d'or&lt;/i&gt;, qui se r&#233;v&#233;lera un &#233;chec commercial. C'est dans une r&#233;union d'amis intimes, pr&#233;figurant la &#171; boh&#232;me &#187;, o&#249; l'on s'amuse &#224; coller la terminaison &#171; dar &#187; &#224; tous les mots d'une phrase, que na&#238;tra son pseudonyme : Tournachon deviendra &#171; Tour-nadar &#187;, puis simplement &#171; Nadar &#187;. En 1842, il commence &#224; signer ses articles de ce nom d'emprunt et trouve enfin une place plus stable au &lt;i&gt;Commerce&lt;/i&gt;, journal politique d'opposition. La fr&#233;quentation de la Chambre et des parlementaires le conduit &#224; entrer en 1844 au secr&#233;tariat du d&#233;put&#233; d'Elbeuf. Mais Nadar s'int&#233;resse &#224; beaucoup de choses : il publie un feuilleton, place quelques croquis dans les journaux... et combine les deux activit&#233;s dans un canard satirique, &lt;i&gt;le Corsaire-Satan&lt;/i&gt;. Il collabore de plus en plus, en tant que caricaturiste, &#224; des journaux humoristiques : &lt;i&gt;la Silhouette&lt;/i&gt;, de 1846 &#224; 1848 ; puis&lt;i&gt; le Voleur&lt;/i&gt;, et enfin la cons&#233;cration avec&lt;i&gt; le Charivari&lt;/i&gt;. Le style des dessins de Nadar est tr&#232;s particulier, et Banville a pu &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Jusqu'en 1852, il improvisa un tas d'&#233;tonnants chefs-d'&#339;uvre bizarres, absurdes, fous, na&#239;fs, effront&#233;s, charmants...&lt;/q&gt; Plus ironique, Gavarni s'exclamait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ah ! nous sommes perdus, voil&#224; Nadar qui a appris &#224; dessiner !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'aventure polonaise &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses professions de foi r&#233;publicaine et un socialisme inspir&#233; par Lamenais et P. Leroux, il ne participe pas aux &#233;v&#233;nements de la r&#233;volution de 1848. Mais Nadar a besoin d'action et va se lancer dans une rocambolesque exp&#233;dition. Pour appuyer les efforts de lib&#233;ration des Polonais, des volontaires fran&#231;ais et des immigr&#233;s constituent un corps exp&#233;ditionnaire qui gagne la fronti&#232;re et... se fait arr&#234;ter par l'arm&#233;e prussienne dans les premiers jours de mai. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; intern&#233;s en Saxe, ils seront lib&#233;r&#233;s et pourront regagner la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d&#233;courag&#233;, Nadar fera ses offres de service au gouvernement provisoire qui l'enverra en juillet espionner en Prusse les troupes russes mass&#233;es &#224; la fronti&#232;re. Apr&#232;s avoir parcouru l'Allemagne comme vrai-faux dessinateur ; il regagne Paris d&#233;but septembre. Cette fois, il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;couvert mais les r&#233;sultats de sa mission ne semblent gu&#232;re probants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hetzel fait appel &#224; son talent de caricaturiste pour &lt;i&gt;la Revue cornique&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#224; l'usage des gens s&#233;rieux&lt;/i&gt; qu'il vient de lancer en ce mois de novembre 1848. Il s'agit de stigmatiser les erreurs du r&#233;gime et de contrer un personnage qui devient de plus en plus envahissant : Louis-Napol&#233;on Bonaparte. Nadar y cr&#233;e un personnage, type m&#234;me de l'&#233;ternel opportuniste, Monsieur R&#233;ac, h&#233;las toujours bien vivant &#224; notre &#233;poque. Mais la revue ne dure qu'un an, &#233;touff&#233;e par la censure. En mai 1849, il entre au &lt;i&gt;Journal pour rire&lt;/i&gt; de Charles Philipon o&#249; il continue ses charges antibonapartistes. Mais sa signature est devenue c&#233;l&#232;bre, il publie de nombreux recueils de dessins et ne suffit plus &#224; la t&#226;che, surtout que M. Nadar n'a jamais aim&#233; les &#171; travaux forc&#233;s &#187;. Ainsi na&#238;t l'&#171; atelier Nadar &#187;, avec ses dessinateurs employ&#233;s &#224; effectuer des croquis ou &#224; fignoler l'ex&#233;cution. Souvent, malgr&#233; tout, comme le &#171; patron &#187; aime par trop &#171; papillonner &#187;, les caricatures sont livr&#233;es au dernier moment avec tous les pr&#233;textes imaginables pour expliquer le retard. Mais notre homme a des id&#233;es, beaucoup d'id&#233;es, et il songe &#224; regrouper tous les dessins de gens illustres que son &#171; usine &#187; a sortis : ce sera, en mars 1854, le &lt;i&gt;Panth&#233;on Nadar&lt;/i&gt;. C'est un succ&#232;s, et l'on se pr&#233;cipite pour s'arracher l'&#233;norme lithographie qui s'&#233;tale aux devantures des libraires.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1427 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/nadar_s_pantheon__1854.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH354/nadar_s_pantheon__1854-56853.jpg?1774743931' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser le &lt;i&gt;Panth&#233;on&lt;/i&gt;, Nadar s'est parfois servi de photographies et a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; r&#233;aliser des clich&#233;s. Il installe un atelier au 113, rue Saint-Lazare et, au cours des ann&#233;es suivantes, va effectuer les portraits de ses amis. Et les amis de Nadar s'appellent Vigny, Th&#233;ophile Gauthier, Michelet, George Sand, Dumas, Nerval... Un &#233;pisode douloureux pour Nadar sera le proc&#232;s qui l'opposera &#224; son fr&#232;re Adrien. En effet, g&#233;n&#233;reux, il l'avait associ&#233; &#224; son affaire, mais la jalousie du cadet conduisit &#224; la rupture, puis &#224; la concurrence d&#233;loyale. Dans les ann&#233;es 60, Nadar devient le photographe officiel... de l'opposition. Tous les ennemis de l'Empire le fr&#233;quentent, ainsi que les &#233;crivains, les peintres, les artistes. Nadar &#233;tait c&#233;l&#232;bre, ses portraits photographiques inscrivent son nom pour la post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1426 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;62&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/autoportrait_tournant_nadar_c_1865.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH566/autoportrait_tournant_nadar_c_1865-c85bd.jpg?1774743931' width='500' height='566' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nadar, s&#233;rie Autoportrait &#171; tournant &#187; (vers 1865)
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#233;j&#224;, autre chose le passionne : pourquoi ne pas photographier en l'air, de la nacelle d'un ballon ? Une fois r&#233;solus les probl&#232;mes techniques que pose la prise de vue&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lui doit, outre l'id&#233;e et la r&#233;alisation de la photographie a&#233;rienne, le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, le virus d'Icare l'ayant atteint, il s'int&#233;resse au vol et surtout au plus lourd que l'air. En 1863, il participe &#224; la fondation d'une soci&#233;t&#233; d'encouragement&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jules Verne, qui fit partie de la soci&#233;t&#233;, s'en souviendra pour &#233;crire Robur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et &#224; la publication d'un manifeste concernant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'autolocomotion a&#233;rienne&lt;/q&gt;, puis c'est la parution de la revue &lt;i&gt;A&#233;ronaute &lt;/i&gt; et, en 1865, &lt;i&gt;Le Droit au vol&lt;/i&gt;. Sous ce titre quelque peu provocateur, Nadar tente de d&#233;montrer que, pour ma&#238;triser la dirigeabilit&#233; d'un appareil, il est n&#233;cessaire que celui-ci soit plus lourd que l'air. Lui et ses compagnons se ruin&#232;rent pour une id&#233;e en avance sur leur temps car il faudra attendre un quart de si&#232;cle avant que Cl&#233;ment Ader leur donne raison en s'&#233;levant sur &lt;i&gt;L'Eole&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ballons du Si&#232;ge &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1425 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/felix_nadar_in_a_balloon__late_1860s_photographer_felix_nadar__4559203377_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH239/felix_nadar_in_a_balloon__late_1860s_photographer_felix_nadar__4559203377_-043c3-9f861.jpg?1774696200' width='150' height='239' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 19 juillet 1870, le gouvernement imp&#233;rial d&#233;clare la guerre &#224; la Prusse. Conflit qui se conclut par la capitulation de Napol&#233;on III &#224; Sedan le 2 septembre, provoquant la chute de l'Empire. Mais Paris, qui a proclam&#233; la R&#233;publique, veut continuer la lutte et c'est le si&#232;ge de la capitale. D&#232;s juillet-ao&#251;t, des a&#233;ronautes confirm&#233;s avaient propos&#233; en vain leurs services pour observer les mouvements et les d&#233;fenses de l'ennemi. Nadar profitera de la proclamation de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;sa&lt;/q&gt; r&#233;publique pour installer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;r&#233;volutionnairement&lt;/q&gt; (sans demander de permission) sa compagnie d'a&#233;rostiers et deux ballons place Saint-Pierre, &#224; Montmartre. C'est &#224; cette occasion qu'il rencontre Elis&#233;e Reclus car celui-ci lui propose ses services : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je crois que je pourrai vous &#234;tre utile. A l'avantage d'&#234;tre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus lourd que l'air&lt;/q&gt;, je joins celui d'&#234;tre g&#233;ographe et un peu m&#233;t&#233;orologiste. En outre, j'ai de la volont&#233;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elis&#233;e Reclus, Correspondance, tome II, Schleicher fr&#232;res, 1911.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Malgr&#233; les &#233;v&#233;nements, l'exil et la distance qui les s&#233;parent, les deux hommes continueront toute leur vie &#224; s'appr&#233;cier et &#224; correspondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, la Compagnie des a&#233;rostiers militaires, sous la direction de Nadar, Dartois et Duruof, apr&#232;s l'observation des troupes ennemies, organise la poste a&#233;rienne afin que Paris reste en contact avec la province malgr&#233; le si&#232;ge organis&#233; par les Prussiens. &#201;trangement, Nadar ne participera pas &#224; la Commune de Paris. La peur des risques (il en prendra pourtant de nombreux pour aider les communards vaincus), la maladie qui l'&#233;puise moralement et physiquement ou, plus certainement, la conscience que la Commune vient trop tard et m&#232;ne droit au massacre peuvent expliquer son attitude. Bien que surveill&#233; par les versaillais et menac&#233; d'arrestation, il h&#233;berge un temps F&#233;lix Pyat, sauve le g&#233;n&#233;ral Bergeret, rend visite aux amis incarc&#233;r&#233;s, apporte son t&#233;moignage lors des proc&#232;s (&#201;lis&#233;e Reclus) et intervient de multiple fois aupr&#232;s de Thiers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nadar, &#224; l'image de la France de l'&#233;poque, se retrouve apr&#232;s ces &#233;v&#233;nements ruin&#233;. Il reprend son activit&#233; de photographe pour assurer son gagne-pain, celui de sa femme et de son fils, Paul. Il &#233;crit &#233;galement, chroniques et ouvrages, qui sont des fragments de souvenirs. Lorsqu'en 1887, sa femme est frapp&#233;e d'h&#233;mipl&#233;gie, il se retire avec elle &#224; S&#233;nart et confie son atelier &#224; son fils. A 67 ans, Nadar aurait bien m&#233;rit&#233; de vivre tranquillement sa retraite. Mais les affaires vont mal, Paul conna&#238;t de graves difficult&#233;s financi&#232;res et souffre de sa situation de simple g&#233;rant. Son p&#232;re finit par lui laisser la direction de l'entreprise et doit reprendre ses activit&#233;s de photographe.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH216/eliseereclusnadar-224c0-b80e2.jpg?1774696200' width='150' height='216' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Elis&#233;e Reclus, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe &#224; Marseille en 1897 et, gr&#226;ce &#224; son &#233;nergie retrouv&#233;e, conna&#238;t de nouveau la prosp&#233;rit&#233;. En 1900, la cession de son atelier lui procure une rente qui lui permet de vivre convenablement. Cette m&#234;me ann&#233;e a lieu une r&#233;trospective de son &#339;uvre &#224; l'occasion de l'Exposition universelle. Sa femme d&#233;c&#233;dera en 1909 et lui le 21 mars 1910, &#224; l'&#226;ge respectable de 90 ans, apr&#232;s avoir eu le temps de f&#233;liciter Bl&#233;riot pour sa travers&#233;e de la Manche en avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Commune de Paris, le socialisme de Nadar a &#233;volu&#233; progressivement vers l'anarchisme ; il apporte r&#233;guli&#232;rement son soutien &#224; Jean Grave lorsque celui-ci rencontre des difficult&#233;s en tant que g&#233;rant de &lt;i&gt;la R&#233;volte&lt;/i&gt; et n'h&#233;site pas &#224; affirmer qu'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;avec l'&#226;me la plus haute qui soit pour moi, avec mon si grand et cher &#201;lis&#233;e (Reclus), j'en suis finalement venu &#224; l'acratie pure et simple, qui m'appara&#238;t comme l'unique v&#233;rit&#233; de demain&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de Nadar &#224; L&#233;on Daudet, 27 juillet 1893, cit&#233;e par Roger Greaves, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On lui doit, outre l'id&#233;e et la r&#233;alisation de la photographie a&#233;rienne, le premier clich&#233; en lumi&#232;re artificielle, les premiers reportages photo dans les &#233;gouts et les catacombes de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jules Verne, qui fit partie de la soci&#233;t&#233;, s'en souviendra pour &#233;crire &lt;i&gt;Robur le Conqu&#233;rant &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;De la Terre &#224; la Lune&lt;/i&gt; dont le nom du h&#233;ros, Michel Arden, est l'anagramme de Nadar. Les illustrateurs de l'&#233;dition Hetzel lui avaient m&#234;me donn&#233; ses propres traits.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elis&#233;e Reclus, Correspondance, tome II, Schleicher fr&#232;res, 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de Nadar &#224; L&#233;on Daudet, 27 juillet 1893, cit&#233;e par Roger Greaves, &lt;i&gt;Nadar ou le paradoxe vital&lt;/i&gt;, &#233;d. Flammarion, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Portrait et itin&#233;raire de Jean Grave (1854-1939)</title>
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		<dc:date>2022-03-17T23:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carole Reynaud-Paligot </dc:creator>


		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au bas de la rue Mouffetard, face &#224; l'Eglise Saint-M&#233;dard, une haute maison, &#224; fa&#231;ade enfum&#233;e, crevass&#233;e, sordide. Un escalier obscur, dont les marches p&#233;rilleuses branlent sous le pied qui s'y pose, m&#232;ne &#224; une mansarde o&#249; se r&#233;dige le R&#233;volt&#233; (...). Dans le fond de la mansarde sous l'angle surbaiss&#233; du toit, un lit de fer aux couvertures en d&#233;sordre. Pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#233;troite &#224; petits carreaux, une large table en bois blanc, pos&#233;e sur des tr&#233;teaux et couverte de paperasses. Trois ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-gavroche-no63-64-mai-aout-1992-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;63-64- Mai-Ao&#251;t 1992&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-les-temps-nouveaux-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1025-8e738.png?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/grave_jean-2dc15-1bc09-516a7.jpg?1774723977' width='150' height='223' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Jean Grave.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Au bas de la rue Mouffetard, face &#224; l'Eglise Saint-M&#233;dard, une haute maison, &#224; fa&#231;ade enfum&#233;e, crevass&#233;e, sordide. Un escalier obscur, dont les marches p&#233;rilleuses branlent sous le pied qui s'y pose, m&#232;ne &#224; une mansarde o&#249; se r&#233;dige le &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/span&gt; (...). Dans le fond de la mansarde sous l'angle surbaiss&#233; du toit, un lit de fer aux couvertures en d&#233;sordre. Pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#233;troite &#224; petits carreaux, une large table en bois blanc, pos&#233;e sur des tr&#233;teaux et couverte de paperasses. Trois ou quatre chaises de paille. Sur le mur des gravures r&#233;volutionnaires dont l'une montre accroch&#233;s &#224; des potences, le pr&#233;sident Carnot, L&#233;on XIII, le Tsar et Rotschild. En monceaux poussi&#233;reux, dans les coins les brouillons du journal. (...) C'est l&#224; que vit Jean Grave. (...) C'est un petit homme trapu aux &#233;paules massives, dot&#233; d'un ventre qui se permet de bedonner. Sa t&#234;te toute ronde grisonne. Une moustache en brosse coupe sa face d&#233;bonnaire. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/adolphe_rette-4cfeb-65d59.jpg?1774723977' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Adolphe Rett&#233; (1894).&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Voici la description que donne l'&#233;crivain Adolphe Rett&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adolphe Rett&#233;, Au pays du lys noir, Paris, P. T&#233;qui, 1934, 317 p. p.85.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de Jean Grave, qui fut, pendant pr&#232;s de trente-cinq ans, le responsable d'un hebdomadaire anarchiste des plus importants au tournant du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave est n&#233; le 16 octobre 1854 &#224; Breuil, commune de l'arrondissement d'Issoire, dans le Puy-de-D&#244;me. Son p&#232;re, ayant &#233;t&#233; tour &#224; tour mais sans succ&#232;s meunier puis cultivateur, part, comme tant d'autres Auvergnats, tenter sa chance &#224; Paris. Sa m&#232;re le suit et confie ses enfants &#224; leurs grands-parents : Jean Grave garde peu de souvenirs de sa petite enfance en Auvergne, sinon que ses grands-parents aust&#232;res et s&#233;v&#232;res &#233;taient bonapartistes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1860, il gagne Paris et ses parents l'envoient &#224; l'&#233;cole des Fr&#232;res dans le V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, seule &#233;cole &#224; accueillir les enfants de son milieu. D&#233;j&#224;, il se d&#233;crit comme sensible &#224; l'injustice, sentiment &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus inn&#233; qu'on ne le pense chez les enfants&lt;/q&gt; et affubl&#233; d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;stupide timidit&#233;&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Grave, Quarante ans de propagande anarchiste, annot&#233; par Mireille Delfau (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; que les moqueries et r&#233;primandes de son p&#232;re ne font qu'aviver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A onze ans et demi. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le petit bout d'homme &#8212;haut comme trois pommes&#8212; maigriot &#224; plaisir&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; termine sa scolarit&#233; : il est temps qu'il apprenne un m&#233;tier. Il est tout d'abord plac&#233; comme apprenti chez un m&#233;canicien, mais l'exp&#233;rience n'&#233;tant pas concluante, il abandonne la m&#233;canique pour la chaussure. Son p&#232;re d&#233;cide de s'&#233;tablir cordonnier en le prenant avec lui : l'exp&#233;rience familiale se solde par un &#233;chec, car Jean Grave supporte mal l'autoritarisme paternel. En dehors de son apprentissage de cordonnier, le jeune Grave conna&#238;t une v&#233;ritable boulimie de lectures : il d&#233;vore p&#234;le-m&#234;le romans d'aventures, publications &#224; bon march&#233; qu'il se procure avec son argent de poche...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/commune_de_paris_gardes_nationaux_sur_la_colonne_vendome.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH367/commune_de_paris_gardes_nationaux_sur_la_colonne_vendome-7f4ef.jpg?1774723978' width='500' height='367' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;La Garde Nationale&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode de la Commune va contribuer &#224; la formation du futur militant. L'exemple de son p&#232;re, r&#233;publicain et patriote fervent, va &#233;veiller la conscience politique de l'adolescent. Son p&#232;re participe &#224; une section blanquiste d&#232;s la fin de l'Empire, et lors de la reddition de Sedan, il s'engage dans la Garde nationale. Jean Grave, alors &#226;g&#233; de seize ans, lui embo&#238;te le pas, mais on refuse de l'enr&#244;ler en raison de son aspect malingre et ch&#233;tif. Il se contente alors d'assister aux r&#233;unions blanquistes et d'&#234;tre le t&#233;moin impuissant de ces &#233;v&#233;nements dont pourtant il se sent d&#233;j&#224; un ardent partisan. Peu apr&#232;s. il assiste &#224; la dislocation de sa famille : sa m&#232;re, atteinte de tuberculose, d&#233;c&#232;de : puis c'est le tour de sa s&#339;ur atteinte de phtisie qui meurt dans ses bras. En 1875, arrive sa feuille de route. Il rejoint le deuxi&#232;me r&#233;giment d'infanterie &#224; Brest. Un troisi&#232;me drame familial &#233;courte son service militaire : le d&#233;c&#232;s de son p&#232;re. Il reprend alors son m&#233;tier de cordonnier et simultan&#233;ment commence sa &#171; carri&#232;re &#187; de militant.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH217/cherkesov_v-4ed45-52642.jpg?1774723978' width='150' height='217' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Tcherkesoff.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui suivit les ann&#233;es de la Commune s'affaiblissant, un r&#233;veil de l'opinion se produit, des r&#233;unions s'organisent : d&#232;s 1877, Jean Grave s'y rend, accompagn&#233; par des compagnons de travail. Il s'abonne au &lt;i&gt;Prol&#233;taire &lt;/i&gt; de Paul Brousse et &#224; &lt;i&gt;L'Egalit&#233;&lt;/i&gt; de Jules Guesde. Le 30 janvier 1879, il rejoint le Parti Ouvrier, du m&#234;me Guesde et fait partie du conseil d'administration de son journal, dont il s'occupe de l'exp&#233;dition. Parall&#232;lement &#224; son activit&#233; aux c&#244;t&#233;s de Guesde. Jean Grave rejoint le &#171; Groupe d'Etudes sociales des V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et Xllle arrondissements &#187;. Il y c&#244;toie des guesdistes mais aussi des anarchistes de renom : Cafi&#233;ro, Malatesta, Tcherkesoff, avant leur expulsion. Il devient secr&#233;taire du groupe et se charge de la correspondance.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH192/1310783-jules_guesde-7f3d1-717c1.jpg?1774723978' width='150' height='192' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Jules Guesde.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'en 1880, la distinction n'est pas &#233;tablie entre anarchistes et guesdistes. Ce n'est qu'apr&#232;s la rencontre entre Guesde et Marx &#224; Londres que les divergences apparaissent : le &#171; programme minimum &#187; que publie &lt;i&gt;L'Egalit&#233;&lt;/i&gt; se prononce en faveur de l'action parlementaire. Jean Grave refuse cette volte-face et d&#233;missionne du conseil d'administration du journal. Cette divergence entre partisans de l'action parlementaire et partisans des moyens r&#233;volutionnaires se transforme en scission lors du Congr&#232;s du Centre tenu &#224; Paris en juillet 1880. Jean Grave y participe en tant que d&#233;l&#233;gu&#233; du Groupe des V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et Xllle arrondissements. Il prononce un discours remarqu&#233; o&#249; il s'oppose fermement &#224; toute action parlementaire et d&#233;clare pr&#233;f&#233;rer &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la dynamite au bulletin de vote !&lt;/q&gt;. L'intervention de Grave ne se renouvellera pas : ses camarades lui proposent de participer aux deux congr&#232;s suivants (au Havre en 1880, &#224; Londres en juillet 1881) mais se sentant incapable de parler en public, il d&#233;cline l'offre. D'une timidit&#233; maladive qui le fait bafouiller devant un auditoire, il pr&#233;f&#232;re se tourner vers l'&#233;crit. D&#232;s novembre 1881, il est charg&#233; de la publication du &lt;i&gt;Bulletin des groupes anarchistes&lt;/i&gt;, mensuel &#233;manant, comme le nom l'indique, de diff&#233;rents groupes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;crits de Jean Grave se multiplient et s'affirment entre 1881-1885. Ils paraissent dans la presse anarchiste lyonnaise, premier foyer actif de propagande. &lt;i&gt;Le Droit Social &lt;/i&gt; qui na&#238;t &#224; Lyon en f&#233;vrier 1882 ins&#232;re ses premiers articles. Ses premi&#232;res brochures paraissent l'ann&#233;e suivante sous le pseudonyme de Jehan Le Vagre... Enhardi par le succ&#232;s de ses &#233;crits, il envoie des articles au &lt;i&gt;R&#233;volt&#233; &lt;/i&gt; dont s'occupe Kropotkine &#224; Gen&#232;ve, ce dernier les publie et les deux hommes se lient tr&#232;s vite d'une solide amiti&#233;. En 1883, Elis&#233;e Reclus rend visite &#224; Jean Grave pour lui demander d'aller &#224; Gen&#232;ve s'occuper du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;. N'ayant aucune exp&#233;rience, il accepte de s'engager uniquement pour six mois. Les six mois pr&#233;vus se prolongeront en fait en trente et une ann&#233;es. On comprend d&#232;s lors que le nom de Grave soit &#233;troitement li&#233; &#224; ceux du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Temps nouveaux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune militant se lance alors avec passion dans sa nouvelle fonction. La diffusion du journal augmente rapidement gr&#226;ce &#224; son d&#233;vouement, sa t&#233;nacit&#233; et &#224; la qualit&#233; des r&#233;dacteurs. Le journal par son s&#233;rieux et sa gravit&#233;, s'oppose au style, &#224; la verve imag&#233;e et argotique du &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; d'Emile Pouget. Jean Grave et son &#233;quipe ont voulu faire un journal &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;vierge de toute personnalit&#233;, pur de tous cancans (...), consacr&#233; &#224; la seule id&#233;e&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Grave, TN. N-43, 22-28/02/1896.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le titre devenant le passage oblig&#233; de la propagande de l'&#233;poque, suscite envies et jalousies : Grave est surnomm&#233; &#171; le Pape de la rue Mouffetard &#187;, sa longue blouse grise de typo assimil&#233;e &#224; une soutane. L'hebdomadaire est qualifi&#233; du &lt;i&gt;Temps &lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Journal officiel &lt;/i&gt; de l'anarchisme !&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1149 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/charles_malato-3792f-6482f.jpg?1774723978' width='150' height='212' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Charles Malato.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Charles Malato dresse ainsi son portrait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il appartenait &#224; l'une des professions manuelles o&#249; le travailleur peut le mieux se reconqu&#233;rir et penser, l'une de celles qui fournit le plus d'anarchistes, la cordonnerie. Effroyable logicien, tenace comme un rocher d'Auvergne, son pays, studieux, acharn&#233; (...). La petite phalange de &lt;i&gt;La R&#233;volte &lt;/i&gt; repr&#233;sentait dans le groupement anarchiste, le noyau immacul&#233;, silencieux et il faut le dire sectaire, &#224; la fois intransigeant en th&#233;orie et endormi en action&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Charles Malato, De la Commune &#224; l'Anarchie, Paris, P. V. Stock, 1894, 296p., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation de sectarisme revient souvent dans les critiques : elle d&#233;coule d'une part de l'orientation du journal et d'autre part de la personnalit&#233; de Jean Grave. L'hebdomadaire n'entendait repr&#233;senter qu'un courant de l'anarchisme, le communisme libertaire et face &#224; l'individualisme, &#224; la dispersion des tendances (n&#233;omalthusianisme, antimilitarisme, coop&#233;ratisme...) il s'est toujours voulu le gardien vigilant de la &#171; pure &#187; doctrine. Quant au caract&#232;re de Grave, il serait difficile de nier son c&#244;t&#233; entier et ent&#234;t&#233; qui frise souvent le sectarisme. Son ami Charles Laisant d&#233;clare le consid&#233;rer comme l'un des types de probit&#233; les plus respectables, comme un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;travailleur infatigable et &#233;nergique&lt;/q&gt; mais capable en m&#234;me temps &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'un ent&#234;tement terrible&lt;/q&gt; et de para&#238;tre ne pas pouvoir admettre se tromper&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; J. Grave, 11/01/1913, Institut Fran&#231;ais d'Histoire Sociale (IFHS).&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait erron&#233; de le d&#233;crire comme un personnage aust&#232;re, &#224; l'image de son journal. Sa description, donn&#233;e par la presse, en fait un homme doux et sensible, dot&#233; d'une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;physionomie calme, &#233;clair&#233;e d'yeux tr&#232;s vif&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;clair, 13/04/1895.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une t&#234;te &#233;nergique et douce&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Matin, 09/08/1895.&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il est salu&#233; par tous comme une forte personnalit&#233;, au caract&#232;re difficile, plein de contrastes : sa brusquerie, son intransigeance s'accompagnent d'une grande sensibilit&#233;. d'une extr&#234;me g&#233;n&#233;rosit&#233;. Envers les personnes qui m&#233;ritent son amiti&#233;, il sait faire preuve d'une grande bont&#233; et d'un d&#233;vouement total.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1150 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/severine_atelier_nadar_01.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/severine_atelier_nadar_01-8d81d-2ee7c.png?1774710111' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;S&#233;verine, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ses plus proches amis lui rendent souvent hommage. Camille Pissaro parie du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;bon et brave Grave&lt;/q&gt; ; Nadar, le c&#233;l&#232;bre photographe, lui &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si vous &#233;tiez parfois dans un petit coin &#224; quelques instants trop rares, vous verriez comme c'est bon d'entendre notre si grand Elis&#233;e (Reclus) dire son amiti&#233; et son estime pour vous !&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; J. Grave, s.d.. IFHS.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Des liens profonds l'unissent &#224; la famille de sa premi&#232;re femme, qu'il a perdu avec l'enfant qu'elle allait lui donner en 1885. Dans des lettres qu'il leur &#233;crit en prison, on d&#233;couvre un autre homme, plein d'humour et de fantaisie. Il d&#233;borde d'affection pour ses neveux et sa ni&#232;ce Alexandrine, qui remplacent dans son c&#339;ur les enfants qu'il n'a pas eus. Car Jean Grave sait &#234;tre gai et faire preuve d'humour : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et le beau rire, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;s'&#233;crira S&#233;verine&lt;/span&gt;, le large rire silencieux qui, illuminant soudain la m&#233;lancolie du visage. y fait rayonner la droiture, la loyaut&#233;, la candeur dont d&#233;borde cette &#226;me&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un homme &#187;, Le Journal, 22/08/1896.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Grave, entour&#233; de ses fid&#232;les collaborateurs, a r&#233;ussi l'exploit de faire para&#238;tre pendant plus de trente ans un hebdomadaire anarchiste. Il sut s'entourer de militants pr&#233;cieux : l'infatigable Charles Beno&#238;t, le syndicaliste Paul Delesalle, le docteur Pierrot... mais aussi d'artistes et d'&#233;crivains dont certains resteront fid&#232;le &#224; la cause libertaire jusqu'au bout, ne m&#233;nageant pas leurs contributions financi&#232;res ou artistiques : les c&#233;l&#232;bres lithographies de Maximilien Luce, Paul Signac, Camille Pissaro &#233;gayeront souvent les pages aust&#232;res du journal ; il faudrait citer beaucoup d'autres personnalit&#233;s : Octave Mirbeau, le photographe Nadar, le po&#232;te et avocat Ajalbert, l'architecte Francis Jourdain... qui d'une mani&#232;re ou d'une autre aid&#232;rent Jean Grave dans son entreprise. C'est en grande partie gr&#226;ce &#224; eux que le journal put survivre, en effet, J. Grave dut souvent faire appel &#224; leur g&#233;n&#233;rosit&#233; pour boucler les fins de mois difficiles. Dans les situations les plus d&#233;sesp&#233;r&#233;es, il eut aussi recours aux tombolas, rem&#232;de miracle &#224; cette maladie commune aux journaux r&#233;volutionnaires, &#224; savoir l'incapacit&#233; &#224; s'auto-financer. Ces v&#233;ritables &#171; spectacles &#187; qui alliaient la propagande &#224; l'int&#233;r&#234;t financier sauv&#232;rent bien souvent le journal de la catastrophe. La survie du journal fut en tout cas, pour Jean Grave, une lutte constante, et sans son courage et sa terrible obstination le journal n'aurait pas eu si longue vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dot&#233; d'une instruction modeste, c'est gr&#226;ce &#224; une volont&#233; de fer, gr&#226;ce &#224; toute son ardeur qu'il mit au service de la v&#233;ritable passion qui l'animait, que le petit cordonnier, fils d'immigr&#233; auvergnat, put se hisser aux c&#244;t&#233;s des deux grands savants : Kropotkine et Reclus. Ses &#233;crits sont nombreux : outre ses articles dans la presse, ses brochures et cinq volumes consacr&#233;s &#224; la doctrine anarchiste, il s'essaie &#224; des contes pour enfants, &#224; des romans sociaux, &#224; une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#224; deux reprises condamn&#233; par la justice fran&#231;aise, &#224; six mois de prison en juin 1891, en tant que g&#233;rant de &lt;i&gt;La R&#233;volte&lt;/i&gt; pour un article sur les &#233;v&#233;nements de Fourmies. En 1894, il fut impliqu&#233; dans deux proc&#232;s : lors du premier, le 24 f&#233;vrier, pour son livre &lt;i&gt;La Soci&#233;t&#233; mourante et l'anarchie&lt;/i&gt;, il est condamn&#233; &#224; deux ans de prison ; en ao&#251;t &#224; l'issue du &#171; proc&#232;s des Trente &#187;, il est acquitt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la guerre de 1914-18, qui verra son ralliement &#224; l'Union sacr&#233;e, ternira grandement son image et c'est isol&#233; qu'il finira sa vie. N&#233;anmoins, comme l'a soulign&#233; Jean Maitron : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'il n'a pas &#233;t&#233; un cr&#233;ateur de syst&#232;me, il n'en reste pas moins un des quatre ou cinq hommes de valeur qu'a compt&#233; le mouvement anarchiste fran&#231;ais ant&#233;rieurement &#224; la Grande Guerre&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article de J. Maitron dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier.&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_349 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/pdf/les_hommes_du_jour_24.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 848.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH688/jean-grave-5-86a65.jpg?1774723978' width='500' height='688' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les Hommes du jour n&#176;24
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article299" class="spip_out"&gt;Cet article de Carole Reynaud-Paligot est extrait du num&#233;ro de &lt;i&gt;Gavroche&lt;/i&gt; Bimestriel n&#176;63-64 - Mai-Ao&#251;t 1992. Tous les num&#233;ros de &lt;i&gt;Gavroche&lt;/i&gt; (1981-2011) sont sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Adolphe Rett&#233;, &lt;i&gt;Au pays du lys noir&lt;/i&gt;, Paris, P. T&#233;qui, 1934, 317 p. p.85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Grave, &lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, annot&#233; par Mireille Delfau et pr&#233;fac&#233; par Jean Maitron, Paris, Flammarion, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Grave, TN. N-43, 22-28/02/1896.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Charles Malato, &lt;i&gt;De la Commune &#224; l'Anarchie&lt;/i&gt;, Paris, P. V. Stock, 1894, 296p., p.265.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; J. Grave, 11/01/1913, Institut Fran&#231;ais d'Histoire Sociale (IFHS).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'&#201;clair&lt;/i&gt;, 13/04/1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Matin&lt;/i&gt;, 09/08/1895.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; J. Grave, s.d.. IFHS.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un homme &#187;, &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt;, 22/08/1896.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article de J. Maitron dans le &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>[18] Augustin Souchy - 1921 : en France, au pays de la Commune</title>
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		<dc:creator>Augustin Souchy</dc:creator>


		<dc:subject>Augustin Souchy</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que dans la patrie des th&#233;ories socialistes, le mouvement socialiste servit tr&#232;s t&#244;t de voie d'acc&#232;s aux fonctions minist&#233;rielles, notamment pour les avocats.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-augustin-souchy-2-attention-anarchiste-" rel="directory"&gt;Augustin Souchy 2 - Attention : anarchiste !&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-augustin-souchy-+" rel="tag"&gt;Augustin Souchy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton455-42a4a.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est gu&#232;re &#233;tonnant que dans la patrie des th&#233;ories socialistes, le mouvement socialiste servit tr&#232;s t&#244;t de voie d'acc&#232;s aux fonctions minist&#233;rielles, notamment pour les avocats. En 1885, l'avocat Millerand fut &#233;lu au Parlement en tant que candidat des socialistes. Apr&#232;s avoir obtenu &#224; plusieurs reprises un portefeuille minist&#233;riel, il consid&#233;ra que le socialisme &#233;tait son valet. L'avocat Aristide Briand &#233;crivit dans sa jeunesse une brochure pour la d&#233;fense de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Une fois arriv&#233; au Parlement &#8212; &#233;galement en tant que candidat socialiste &#8212; il changea de parti et devint ministre. Il n'&#233;tait cependant pas le pire. Il obtint le prix Nobel de la paix, conjointement avec Stresemann, ministre allemand des Affaires &#233;trang&#232;res, pour l'accord franco-allemand qu'ils sign&#232;rent tous les deux &#224; Locarno. L'avocat Pierre Laval entra lui aussi au Parlement en tant que socialiste et devint plus tard pr&#233;sident du conseil. Lorsqu'il pactisa avec Hitler, les patriotes fran&#231;ais se d&#233;tourn&#232;rent de lui. Apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, il fut condamn&#233; &#224; mort et ex&#233;cut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre de tels comportements qu'est tir&#233; le dicton fran&#231;ais : anarchiste &#224; vingt ans, socialiste trente, d&#233;mocrate &#224; quarante, lib&#233;ral &#224; cinquante et conservateur &#224; soixante. La d&#233;g&#233;n&#233;rescence du socialisme en &#171; minist&#233;rialisme &#187; contribua &#224; discr&#233;diter le parti socialiste et profita aux communistes.&lt;i&gt; L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, quotidien socialiste fond&#233; par Jean Jaur&#232;s, passa aux mains des communistes. L&#233;on Blum, Paul Faure et d'autres militants rest&#232;rent certes fid&#232;les au parti, mais Marcel Cachin (que j'avais rencontr&#233; en 1920 &#224; Moscou) se retira et fonda le Parti communiste fran&#231;ais, qui devait plus tard surpasser le parti socialiste m&#232;re. Je fr&#233;quentais les r&#233;unions des deux partis &#224; Paris, pour m'informer, mais non pour adh&#233;rer &#224; l'un d'eux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls quelques-uns des v&#233;t&#233;rans anarchistes du si&#232;cle pass&#233; &#233;taient encore en vie. Jean Grave, le successeur de Kropotkine &#224; la r&#233;daction du &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt; (devenu &lt;i&gt;Les temps nouveaux&lt;/i&gt;, vieux et vivant retir&#233; dans un faubourg parisien, me conta les luttes des d&#233;cennies pass&#233;es, et me parla plus particuli&#232;rement de Louise Michel. La &#171; Vierge rouge &#187;, comme on l'appelait populairement, fut d&#233;port&#233;e en Nouvelle-Cal&#233;donie pour sa participation &#224; la Commune, mais &#224; son retour elle reprit la lutte contre l'injustice sociale avec une &#233;nergie admirable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean Grave (1854-1939) [03]</title>
		<link>http://partage-noir.fr/jean-grave-1854-1939-03</link>
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		<dc:date>2020-02-03T23:03:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor M&#233;ric - Flax</dc:creator>


		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il est n&#233; dans le Puy-de-D&#244;me, &#224; Saint-Germain-Lembron en 1854. Son p&#232;re &#233;tait cordonnier et lui apprit son m&#233;tier.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-les-hommes-du-jour-no24-jean-grave-" rel="directory"&gt;Les Hommes du jour n&#176;24 - Jean Grave&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jean-grave-+" rel="tag"&gt;Jean Grave&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton361-9437d.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est n&#233; dans le Puy-de-D&#244;me, &#224; Saint-Germain-Lembron en 1854. Son p&#232;re &#233;tait cordonnier et lui apprit son m&#233;tier. Ses premi&#232;res ann&#233;es furent terribles. Elles s'&#233;coul&#232;rent dans une g&#234;ne qui, tr&#232;s souvent, devenait de la mis&#232;re. C'est au contact de cette mis&#232;re que l'enfant et plus tard le jeune homme prirent l'habitude de r&#233;fl&#233;chir sur la condition des malheureux et l'injustice sociale. En m&#234;me temps qu'il songeait, Jean Grave travaillait, s'instruisait, seul, sans le secours de ma&#238;tres. Ils ne sont pas rares, les travailleurs qui se sont faits peu &#224; peu, qui ont su apprendre et sont devenus des penseurs et des &#233;rudits. Beno&#238;t Malon, d&#233;j&#224;, nous avait donn&#233; l'exemple de ce que peuvent la volont&#233; et l'amour de l'&#233;tude. A vingt-cinq ans, Jean Grave savait tenir une plume ; il avait b&#251;ch&#233; les sciences sociales et commen&#231;ait &#224; exposer ses conceptions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait entr&#233;, d&#232;s ses d&#233;buts, dans un groupe guesdiste de Paris o&#249; il coudoya, entre autres, Eug&#232;ne Fourni&#232;re, futur professeur &#224; l'&#233;cole polytechnique. Mais il &#233;tait anarchiste d'instinct. Il avait, en 1879, fond&#233; &#224; Gen&#232;ve, avec Reclus, le journal le &lt;i&gt;R&#233;volt&#233;&lt;/i&gt;, transport&#233; ensuite &#224; Paris. Lorsque la scission entre socialistes et anarchistes se produisit, ce fut Jean Grave qui fut charg&#233; par son groupe de r&#233;diger le rapport sur cette question. La s&#233;paration devenu un fait et la bataille commen&#231;ant entre fr&#232;res ennemis, Grave se rangea parmi les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;*&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
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