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		<title>Ludovic Mass&#233; </title>
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		<dc:creator>Henry Poulaille</dc:creator>


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&lt;p&gt;Ludovic Mass&#233;, dernier d'une famille de cinq enfants, est n&#233; en m&#234;me temps que notre si&#232;cle, en janvier 1900. Son p&#232;re &#233;tait instituteur dans la vall&#233;e du Tech, et c'est l&#224; que l'enfant v&#233;cut jusqu'&#224; son entr&#233;e &#224; l'&#201;cole normale de Perpignan. Il &#233;tait un &#233;l&#232;ve fantasque, qu'on dut traduire plusieurs fois devant le conseil de discipline, mais lors des examens il gagnait les suffrages des plus difficiles. Au r&#233;giment, le bleu (c'&#233;tait un bleu rouge !) montra les m&#234;mes dispositions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-218-+" rel="tag"&gt;Henry Poulaille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-ludovic-masse-433-+" rel="tag"&gt;Ludovic Mass&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-34-cda58.jpg?1774717472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ludovic Mass&#233;, dernier d'une famille de cinq enfants, est n&#233; en m&#234;me temps que notre si&#232;cle, en janvier 1900. Son p&#232;re &#233;tait instituteur dans la vall&#233;e du Tech, et c'est l&#224; que l'enfant v&#233;cut jusqu'&#224; son entr&#233;e &#224; l'&#201;cole normale de Perpignan. Il &#233;tait un &#233;l&#232;ve fantasque, qu'on dut traduire plusieurs fois devant le conseil de discipline, mais lors des examens il gagnait les suffrages des plus difficiles. Au r&#233;giment, le bleu (c'&#233;tait un bleu rouge !) montra les m&#234;mes dispositions de caract&#232;re, ce qui lui valut une surveillance que doivent prendre pour de la sollicitude les braves gens qui consid&#232;rent que l'arm&#233;e est une grande famille. De retour &#224; la vie civile, il fut nomm&#233; instituteur &#224; C&#233;ret. C'est de l&#224; que, de 1930 &#224; 1933, il envoya ses manuscrits aux &#233;diteurs et aux revues de la capitale, o&#249; ils furent refus&#233;s tour &#224; tour : &lt;i&gt;Le Livre des b&#234;tes famili&#232;res&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Fi&#232;vre au village&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lliam la truite&lt;/i&gt; (en collaboration avec son fr&#232;re) et &lt;i&gt;Versant de la douleur&lt;/i&gt;, devenu&lt;i&gt; Le Mas des Oubells&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;La Grande Revue&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nouvel Age&lt;/i&gt;, il y a trois ans, furent les seules revues qui l'h&#233;berg&#232;rent. Depuis, deux ou trois autres &#8212; c'est assez peu ! &#8212; tinrent &#224; publier quelque chose de lui. On doit &#224; &#231;a que Mass&#233; soit rest&#233; un type neuf pour le public, ce qui est peut-&#234;tre une chance. En tout cas, il n'est pas du type habituel du jeune auteur de province, et il vient dans le monde de la chose litt&#233;raire avec le m&#234;me esprit d'ind&#233;pendance, la m&#234;me intransigeance qui le faisait &#171; mettre dehors &#187; &#224; l'&#233;cole et &#171; dedans &#187; &#224; l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mass&#233; s'est fait lui-m&#234;me et, comme la plupart des autodidactes, en tire quelque satisfaction, mais il n'en est pas vaniteux et d&#233;clare qu'il est un peu comme ces b&#226;tards de chiens qui, d'avoir emprunt&#233; &#224; mille rencontres, en acqui&#232;rent avec l'&#226;ge une esp&#232;ce de race &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autodidacte veut dire pour beaucoup de gens : &#171; qui a bouff&#233; de tout &#187;, et de fait l'on voit tr&#232;s bien notre jeune &#233;l&#232;ve instituteur d&#233;vorer Hugo, Flaubert, Stendhal, Huysmans, Vall&#232;s et Barr&#232;s, etc. C'est plus qu'exact pour notre auteur ; non seulement il les lisait, mais il les pastichait. Il savait Jules Renard par c&#339;ur. Il &#233;tait si enthousiaste d'Alphonse Daudet qu'il &#233;crivait une r&#233;habilitation de Delobelle dans &lt;i&gt;Fromont jeune et Risler a&#238;n&#233;&lt;/i&gt; ; il terminait le &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; de Flaubert. Et nous ne mentionnerons que pour m&#233;moire les involontaires &#171; &#224; la mani&#232;re &#187; de Bloy et Mirbeau, Jules Renard, dont, fort heureuse-ment pour eux, pour nous et l'&#233;crivain, il ne reste plus que quelques pages publi&#233;es dans &lt;i&gt;la Grande Revue&lt;/i&gt;, o&#249; Mass&#233;-Jules Renard, justement, signait des petits craquetons en prose.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ludovic Mass&#233;, &#233;crivain catalan &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, c'&#233;tait de la jeunesse. Notre chien b&#226;tard faisait peu &#224; peu peau neuve. Les notations litt&#233;raires firent place &#224; l'observation de la vie de tous les jours. Il notait ce qu'il voyait, ce qu'il entendait, ce qu'il devinait, des travers des voisins, des amis, des siens. Il consignait les drames, les menus faits qui constituent la vie paysanne, tout cela un peu pour se d&#233;barrasser de toutes les influences litt&#233;raires recherch&#233;es ou subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que tout &#224; coup, de ces petits papiers qui avaient remplac&#233; les grandes feuilles lyriques, sourdaient les multiples voix de la geste terrienne. Cela ordonn&#233;, c'&#233;tait la nature, le village, ses hommes frustes qui revivaient. La premi&#232;re cristallisation fut&lt;i&gt; Fi&#232;vre au village&lt;/i&gt;, o&#249; l'atmosph&#232;re &#233;tait recr&#233;&#233;e encore litt&#233;rairement, mais qui annon&#231;ait un temp&#233;rament puissant que &lt;i&gt;Le Mas des Oubells &lt;/i&gt; montre mieux encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la fin tolsto&#239;enne du &lt;i&gt;Mas des Oubells&lt;/i&gt;, que des lecteurs regretteront peut-&#234;tre, je rappellerai une discussion que nous avions eue entre lui, son fr&#232;re et moi. D&#233;j&#224;, il y a trois ans, quand il parlait de son livre, il disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne sais si le tueur sera ch&#226;ti&#233; ; je ne le crois pas n&#233;cessaire. Cela ne r&#233;pond pas, en tout cas, chez moi, &#224; un besoin.&lt;/q&gt; Comme je lui &#233;crivais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut que votre Chouline soit vaincu et avec lui tout le village, car on pourrait craindre de le voir revenir&lt;/q&gt;, Mass&#233; me r&#233;pondait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Oui, demain, le Chouline peut revenir, quoique je lui aie pr&#234;t&#233; assez de l&#226;chet&#233; et quelque peu la peur du gendarme.&lt;/q&gt; Le fr&#232;re du romancier lui &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Fais crever le bonhomme d'une fa&#231;on ou d'une autre.&lt;/q&gt; On peut voir dans le livre que notre auteur, t&#234;tu comme les mulets de la Catalogne, son pays, ne tint point compte de ces remarques. A-t-il raison, a-t-il tort ? Cela n'a point d'importance, puisque le livre est tr&#232;s beau et qu'il est, para&#238;t-il, l'un de ceux que retiennent les Goncourt. Quant au Prix... nous ne croyons pas que Ludovic Mass&#233; soit une b&#234;te &#224; concours.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article paru dans le Peuple, 6 novembre 1933.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Henry Poulaille &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH264/sans_titre-2-30-0f833-756c0.jpg?1774720490' width='200' height='264' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un visage clair, un regard qui se pose sur les choses, comme pour les animer d'une vie placide et harmonieuse. Le sens du merveilleux, o&#249; baignent ces montagnes du Vallespir, ces for&#234;ts de ch&#234;nes-li&#232;ges, ces villages d&#233;daigneux et dignes. Une connaissance nuanc&#233;e et directe du temp&#233;rament paysan, de ses go&#251;ts, de ses superstitions. Une interpr&#233;tation myst&#233;rieuse qui ne trouve en d&#233;finitive sa source que dans de prosa&#239;ques motifs. Certains d&#233;butent dans la litt&#233;rature avec des id&#233;es personnelles, des directives, des conceptions politiques et sociales d&#233;finies et syst&#233;matis&#233;es. Ils apportent &#171; quelque chose &#187;. Ludovic Mass&#233; s'avance modestement, un livre &#224; la main, &#339;uvre toute chaude encore d'avoir &#233;t&#233; longuement m&#251;rie. Il s'appuie sur le fragile &#233;tai des conceptions individualistes. Il affirme &#171; quelqu'un &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#338;uvre du terroir, c'est sa premi&#232;re marque significative, encore qu'elle se d&#233;fende avec bonheur du vernis quelque peu craquel&#233; d'un r&#233;gionalisme &#224; lunettes et &#224; pellicules. On n'y retrouve qu'avec plus de s&#251;ret&#233; la fine et malicieuse bonhomie, le sens aigu du sym&#233;trique, la passion fougueuse de nettet&#233; qui semblent constituer l'essentiel du g&#233;nie catalan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mass&#233; construit seul un monde qu'il voudrait unifier d'un souffle humanitaire, comme un enfant superpose les cubes de son jeu. Il s'est fait riche d'une connaissance parfaite de l'atmosph&#232;re et du milieu, de tout ce qui touche &#224; la vie des champs et du village, aux travaux et m&#233;tiers de leurs habitants, aux habitudes et sentiments qui leur sont propres, aux inqui&#233;tudes de leur &#233;tat, aux passions qui les agitent, aux plaisirs qu'il leur arrive de prendre. Ils sont propri&#233;taires, m&#233;tayers ou travailleurs &#224; la journ&#233;e, artisans de l'espadrille ou du bouchon, b&#251;cherons ou charbonniers, &#233;corceurs de li&#232;ge, vendangeurs, marchands ambulants, contrebandiers ou, simplement, vagabonds ; tous fiers &#233;pris de libert&#233;, aimant la chasse, le jeu, le sport, les f&#234;tes populaires, la course de taureaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous les r&#233;v&#232;le en toute v&#233;rit&#233; et humanit&#233; et un peu comme en un portrait de lui-m&#234;me avec &lt;i&gt;Terre du li&#232;ge&lt;/i&gt;, son chef-d'&#339;uvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ludovic Mass&#233;, anarchiste de temp&#233;rament, &#233;corch&#233; vif, a gard&#233; de ce fait m&#234;me, toute la puret&#233; de son &#226;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Claude Mass&#233; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article paru dans &lt;i&gt;le Peuple&lt;/i&gt;, 6 novembre 1933.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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