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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Ettore Molinari </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luigi Fabbri</dc:creator>


		<dc:subject>Ettore Molinari</dc:subject>
		<dc:subject>Conseils ouvriers italiens (1919-1920)</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Les journaux italiens du 11 novembre ont annonc&#233; bri&#232;vement que dans la soir&#233;e du 9 &#233;tait mort, &#224; Milan, d'une crise d'angine de poitrine, le D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Ettore Molinari, professeur de chimie technologique &#224; l'&#201;cole polytechnique de celle ville, et aussi de mercurologie et de chimie industrielle &#224; l'Universit&#233; commerciale Bocconi et &#224; l'Institut sup&#233;rieur pour le commerce ext&#233;rieur &#224; Brescia. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quinze jours auparavant, les m&#234;mes journaux avaient donn&#233; un compte rendu d'une comm&#233;moration, faite par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-plus-loin-no25-avril-1927-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;25 - Avril 1927&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-ettore-molinari-382-+" rel="tag"&gt;Ettore Molinari&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-conseils-ouvriers-italiens-1919-1920-+" rel="tag"&gt;Conseils ouvriers italiens (1919-1920)&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-umanita-nova-383-+" rel="tag"&gt;Umanit&#224; Nova&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-italie-+" rel="tag"&gt;Italie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH86/sans_titre-2-13-d1375.jpg?1774704947' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les journaux italiens du 11 novembre ont annonc&#233; bri&#232;vement que dans la soir&#233;e du 9 &#233;tait mort, &#224; Milan, d'une crise d'angine de poitrine, le D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Ettore Molinari, professeur de chimie technologique &#224; l'&#201;cole polytechnique de celle ville, et aussi de mercurologie et de chimie industrielle &#224; l'Universit&#233; commerciale Bocconi et &#224; l'Institut sup&#233;rieur pour le commerce ext&#233;rieur &#224; Brescia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours auparavant, les m&#234;mes journaux avaient donn&#233; un compte rendu d'une comm&#233;moration, faite par le Prof. Molinari &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en pr&#233;sence, des plus illustres personnalit&#233;s de la science et de la chimie&lt;/q&gt;, en l'honneur du Professeur Roberto Lepetit &#224; Milan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, aussi bien dans la premi&#232;re information de la presse que dans la derni&#232;re, il y avait tant de sobri&#233;t&#233; dans les notes et les commentaires, que le lecteur aurait pu penser que le personnage qui venait de dispara&#238;tre, n'&#233;tait qu'une figure secondaire et assez effac&#233;e de la science italienne. En r&#233;alit&#233;, celui qui s'&#233;tait &#233;teint pr&#233;matur&#233;ment &#8212; il &#233;tait n&#233; &#224; Cr&#233;mone le 14 juillet 1867 et avait donc &#224; peine 59 ans &#8212; dans la pleine maturit&#233; de son intelligence, occupait en Italie, dans le domaine de la science chimique, incontestablement la premi&#232;re place et &#233;tait consid&#233;r&#233; comme &#233;tant un des plus savants chimistes du monde. Lorsque, en 1921, il publia l'&#233;dition anglaise de son &#339;uvre la plus importante, les journaux am&#233;ricains, entre autres, disaient qu'il &#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;surprenant qu'un Italien p&#251;t &#233;veiller un si vif int&#233;r&#234;t dans le domaine des industries chimiques de nations comme les &#201;tats-Unis, l'Angleterre et la France, pays dans lesquels tant d'industries ont pris un d&#233;veloppement si intense&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Prof. Filippo Bovini, &#233;l&#232;ve, collaborateur et ami du savant disparu, a publi&#233; &#224; Milan une courte biographie de Molinari, se bornant, et pour cause, &#224; relever uniquement la partie de sa vie qui int&#233;resse la science. J'en extrais bri&#232;vement les points les plus saillants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ettore Molinari fut re&#231;u docteur en chimie pure &#224; Zurich, en 1887. Il compl&#233;ta ensuite ses &#233;tudes en Allemagne et en Angleterre comme assistant dans les laboratoires d'Heidelberg (1889) et de Londres (1890) ; puis il retourna, en 1892, en Italie, o&#249; il fut, &#224; la&lt;i&gt; Regia Scuola Superiore di Agricoltura&lt;/i&gt; de Milan, l'assistant et le collaborateur du Prof. K&#246;rner, jusqu'en 1894. Ensuite, pendant quelques ann&#233;es, il abandonna l'enseignement, parce qu'il avait assum&#233; le poste de directeur chimique de la teinturerie de laines Rossi, &#224; Schio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Celle d&#233;viation de la chimie pure &#224; l'application pratique &#8212; &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;fait remarquer le Prof. Bovini &lt;/span&gt;&#8212; correspondait aux principes de la nouvelle activit&#233; de Molinari comme &lt;br class='autobr' /&gt;
technologue-chimiste, activit&#233; dans laquelle il a tant excell&#233; plus tard.&lt;/q&gt; Au bout de sept ans, il retourna &#224; Milan, o&#249; il fut nomm&#233;, apr&#232;s concours, directeur du laboratoire chimique de l'Ecole d'encouragement des Arts et des M&#233;tiers. L&#224;, dit M. Bovini, il reprit ses &#233;tudes de laboratoire par des travaux importants sur la composition des explosifs, sur la constitution des acides gras, en &#233;tudiant plus particuli&#232;rement l'action de l'ozone sur les combinaisons multiples, d&#233;couvrant ainsi une diff&#233;renciation importante entre les doubles et les triples liaisons. Entre temps il fut nomm&#233; professeur &#224; l'Universit&#233; de Bocconi ; et quand mourut le professeur Gabba, il fut appel&#233; &#233;galement &#224; lui succ&#233;der &#224; la chaire de chimie technologique &#224; l'Ecole Royale de technologie de Milan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il occupait &#233;galement des places importantes comme directeur technique, conseiller ou organisateur dans des &#233;tablissements, fabriques et travaux chimiques, ou connexes &#224; la chimie. On lui doit, enfin, l'id&#233;e et l'organisation du grand institut de perfectionnement de chimie industrielle, &lt;i&gt;Giuliana Ronzoni&lt;/i&gt;, lequel s'&#233;l&#232;ve &#224; Milan dans la nouvelle &lt;i&gt;Citt&#224; degli Studi&lt;/i&gt; actuellement en construction : institut unique en Italie et pouvant concurrencer, s'il est achev&#233; selon le projet dress&#233; par Molinari, les plus puissantes institutions de science industrielle d'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cinquantaine de publications scientifiques de Molinari ont &#233;t&#233; traduites en plusieurs langues, sp&#233;cialement en Allemand. Mais son &#339;uvre la plus importante et ayant une renomm&#233;e mondiale est son grand Trait&#233; de &lt;i&gt;Chimie g&#233;n&#233;rale et appliqu&#233; &#224; l'industrie&lt;/i&gt; (Edit : : Hoepli, &#224; Milan), dont la premi&#232;re &#233;dition parut mi 1905 et qui est aujourd'hui &#224; sa cinqui&#232;me &#233;dition pour la &lt;i&gt;Chimie des corps inorganiques &lt;/i&gt; et &#224; la quatri&#232;me pour &lt;i&gt;les corps organiques&lt;/i&gt;. L'&#339;uvre s'est &#233;largie et compte actuellement quatre gros volumes. Cette &#339;uvre est un recueil de tout ce que la science de l'industrie chimique a r&#233;alis&#233; jusqu'&#224; nos jours d et a &#233;t&#233; traduite en fran&#231;ais, anglais, allemand et espagnol. L'&#233;dition fran&#231;aise a &#233;t&#233; publi&#233;e chez l'&#233;diteur Dunod, &#224; Paris (1920-23).&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;D'Ettore Molinari comme professeur ne pourront parler que ses &#233;l&#232;ves et ses coll&#232;gues ; je sais seulement que tous ceux-l&#224; l'aimaient infiniment et sentaient pour lui une estime et une v&#233;n&#233;ration touchantes. Il avait pass&#233; le dernier jour de sa vie pr&#233;cis&#233;ment dans son &#233;cole &#224; Milan et il y avait assist&#233; &#224; un Conseil de professeurs. Le soir il mourut subitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi a-t-on, malgr&#233; les hauts m&#233;rites de cet homme, si peu parl&#233; de lui ? Pourquoi n'a-t-on pas m&#234;me os&#233; annoncer l'heure de ses fun&#233;railles ? La raison en est vite formul&#233;e : Ettore Molinari &#233;tait non seulement un savant, il &#233;atit aussi un r&#233;volutionnaire et un anarchiste. Et si l'on se rappelle les jours pass&#233;s en Italie et &#224; Milan an d&#233;but de novembre 1926, imm&#233;diatement apr&#232;s l'atfentat de Bologne contre Mussolini, on comprendra facilement tout le reste. Seuls les m&#233;decins pourraient dire enfin combien les &#233;v&#233;nements de ces jours ont pu contribuer &#224; briser ce noble c&#339;ur, trop malade d&#233;j&#224; depuis quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH153/luigi_fabbri-5a774-78907.jpg?1774705172' width='150' height='153' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Luigi Fabbri&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'anarchiste Ettore Molinari est, &#224; dire vrai, la figure que j'ai connue le mieux. J'&#233;tais son ami depuis plus de vingt ans et je me souviens de lui avec des sentiments d'affection, d'admiration d et de profond regret. Je me rappelle nos discussions si cordiales et pourtant si vives, soit dans la qui&#233;tude de son studio, soit dans les r&#233;unions et les congr&#232;s anarchistes. Il aimait passionn&#233;ment nos id&#233;es, il y est rest&#233; fid&#232;le jusqu'&#224; sa mort, d'une fid&#233;lit&#233; qui commence &#224; devenir une qualit&#233; assez rare, par trop, en Italie et aussi ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ettore Molinari entra dans le mouvement r&#233;volutionnaire &#224; la fin de ses ann&#233;es de jeunesse, en &#233;tant encore &#233;tudiant. Nous trouvons son nom parmi les d&#233;l&#233;gu&#233;s d'un Congr&#232;s du Parti ouvrier, dans la minorit&#233; anarchiste, avant 1890. Max Nettlau raconte, dans la &lt;i&gt;Revista Blanca&lt;/i&gt;, l'avoir connu, au Congr&#232;s Socialiste international de Paris, en 1889. Peu apr&#232;s, Molinari &#233;tait &#224; Londres l'ami de Malatesta, Kropotkine et d'autres r&#233;fugi&#233;s, et sa pr&#233;sence en Angleterre comme chimiste anarchiste pr&#233;occupait quelque peu la police anglaise. Il prit une part active au mouvement, et c'est &#224; cette &#233;poque qu'il &#233;crivit son &#233;tude remarquable : &lt;i&gt;La querra all' oppressore&lt;/i&gt;, dans laquelle il mettait ses connaissances en chimie au service de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5071 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/urn_cambridge.org_id_binary_20171207064533112-0080_s0020859017000359_s0020859017000359_fig1g.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH241/urn_cambridge.org_id_binary_20171207064533112-0080_s0020859017000359_s0020859017000359_fig1g-46405-5f24f.jpg?1774705172' width='150' height='241' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;ll fut ensuite, pendant une ann&#233;e ou deux, &#224; Paris, et y v&#233;cut d'ans le milieu de la &lt;i&gt;R&#233;volte&lt;/i&gt;, o&#249; il connut Grave, Reclus et tant d'autres. Retourn&#233; en Italie, &#224; Milan, pendant quelque temps, il y coop&#233;rait au mouvement anarchiste qui commen&#231;ait alors &#224; s'&#233;tendre gr&#226;ce &#224; la propagande du grand orateur qu'&#233;tait Pietro Gori. Durant la p&#233;riode de r&#233;action de Crispi et de Pelloux, dans les ann&#233;es suivantes, de 1894 &#224; 1900, Ettore Molinari se trouvait &#224; Schio absorb&#233; par son travail professionnel ; mais &#224; peine retourn&#233; &#224; Milan, en 1901, il se jeta de nouveau dans la m&#234;l&#233;e, en 1901, en collaborant &#224; la fondation (je crois m&#234;me qu'il &#233;tait le fondateur principal) du p&#233;riodique anarchiste milanais Il Grido della Folla (&lt;i&gt;Le Cri du Peuple&lt;/i&gt;, 1902-1906). En 1906, il fonda lui-m&#234;me, d'accord avec un groupe d'amis, l'autre journal : &lt;i&gt;La Protesta Umana&lt;/i&gt;, donnant &#224; ce p&#233;riodique une direction tr&#232;s s&#233;rieuse de discussion et de doctrine, en sorte qu'il avait presque davantage le caract&#232;re d'une revue que d'un journal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de la &lt;i&gt;Protesta Umana&lt;/i&gt; &#233;tait environ le m&#234;me qu'avait pris la &lt;i&gt;R&#233;volte &lt;/i&gt; de Paris dans les deux ou trois derni&#232;res ann&#233;es : communiste-anarchiste, avec quelques tendances individualistes, hostile &#224; l'organisation d'un parti et m&#233;fiant &#224; l'&#233;gard de l'organisation syndicale. Je n'&#233;tais pas d'accord avec une telle direction, et j'ai eu &#224; cette &#233;poque plusieurs pol&#233;miques avec ce journal, ce qui ne m'a emp&#234;ch&#233; d'y collaborer quelques fois et surtout de rester personnellement l'ami de ses r&#233;dacteurs, notamment d'Ettore Molinari qui, de son c&#244;t&#233;, ne refusait pas non plus sa collaboration &#224; des campagnes de tendances diverses, s'il les jugeait utiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, collaborait-il plus tard au p&#233;riodique &lt;i&gt;Votont&#224; &lt;/i&gt; d'Ancona, journal fond&#233; par Malatesta avec un programme d'organisation ; il y collaborait pr&#233;cis&#233;ment dans la p&#233;riode de la neutralit&#233; italienne (1914-15) en participant activement &#224; la propagande contre la Guerre et contre l'intervention, questions sur lesquelles il se trouvait d'accord avec la grande majorit&#233; des camarades anarchistes italiens de toutes tendances. Ses pens&#233;es &#224; ce sujet correspondaient &#224; celles d'Enrico Malatesta dont les correspondances de Londres, &#224; cette &#233;poque, furent divulgu&#233;es aussi parmi les anarchistes fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant tr&#232;s modeste, le nom de Molinari n'apparaissait qu'assez rarement au public. N&#233;anmoins son influence se faisait fortement sentir dans tout le mouvement anarchiste, sp&#233;cialement dans l'Italie du Nord, et plus particuli&#232;rement &#224; Milan. L&#224; il assista fr&#233;quemment &#224; des r&#233;unions, des manifestations, &#224; des commissions avec d'autres camarades. C'est lui qui, en 1909, a voulu essayer de transformer la &lt;i&gt;Protesta Umana&lt;/i&gt;, en quotidien, mais cette premi&#232;re tentative ne fut pas couronn&#233;e de succ&#232;s. De son active collaboration aux journaux, &#224; cette &#233;poque, ont, pris naissance deux brochures, la premi&#232;re : &lt;i&gt;Verso l'Anarchia&lt;/i&gt;, avec une pr&#233;face critique de Kropotkine, tendant &#224; d&#233;montrer la possibilit&#233; et la n&#233;cessit&#233; d'une r&#233;volution libertaire ; la seconde, en collaboration avec &#171; Ireos &#187; sur les colonies communistes, dont les auteurs d&#233;montraient l'inconsistance pratique.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5072 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/un1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/un1-200c1-4a8f5.jpg?1774705172' width='150' height='205' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, en 1919, Ettore Molinari recommen&#231;a &#224; sugg&#233;rer aux anarchistes l'id&#233;e qui lui avait souri pendant tant d'ann&#233;es d&#233;j&#224;, de publier un quotidien libertaire et r&#233;volutionnaire. Il r&#233;ussit &#224; vaincre la r&#233;sistance de quelques amis sceptiques ou hostiles, &#224; persaduer la majorit&#233; des camarades, y compris Malatesta, se mit d'accord avec des anarchistes de toute tendance, &#233;crivit, convoqua des r&#233;unions, organisa des collectes d'argent, et eut, &#224; la fin, la satisfaction du succ&#232;s. Le 27 f&#233;vrier 1920 parut le premier num&#233;ro du quotidien anarchiste &lt;i&gt;Umanit&#224; Nova&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Enrico Malatesta, qui fut publi&#233; &#224; Milan pendant plus d'une ann&#233;e et fut ensuite, apr&#232;s la destruction fasciste de mars 1921, transf&#233;r&#233; &#224; Rome, pour &#234;tre d&#233;finitivement d&#233;truit et supprim&#233; par le Gouvernement, lors la &#171; Marche sur Rome &#187; d'octobre 1922. Ettore Molinari collabora presque constamment et de fa&#231;on abondante &#224; l'&lt;i&gt;Umanit&#224; Nova&lt;/i&gt;, aussi longtemps que celle-ci fut publi&#233;e &#224; Milan. De cette collaboration a &#233;t&#233; recueillie en petit volume, une s&#233;rie d'articles sur l'approvisionnement en vivres et en mati&#232;res premi&#232;res en temps de r&#233;volution, articles dans lesquels Molinari mit &#224; profit, pour la solution de cet important probl&#232;me, ses vastes connaissances de savant (&lt;i&gt;Fattori economici pel trionfo della Rivoluzione Sociale&lt;/i&gt;, Milano, 1920).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5073 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;112&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/naples_fascist_rally_on_24_october_1922__2_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH327/naples_fascist_rally_on_24_october_1922__2_-d9885.jpg?1774716491' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Benito Mussolini, Cesare Maria de Vecchi et Michele Bianchi avec les chemises noires durant la marche en 1922.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la destruction d&#233;finitive du journal &lt;i&gt;Umanit&#224; Nova&lt;/i&gt;, Ettore Molinari parait &#234;tre devenu un peu pessimiste. Il voyait la r&#233;action progresser, et son esprit lucide ne lui permettait pas de se faire les illusions o&#249; tant d'autres se laissent prendre. Du reste, ce pessimisme (tout &#224; fait relatif, c'est entendu) se manifesta chez lui tout &#224; la fin de 1920, lorsqu'il vit se terminer d'une fa&#231;on lamentable l'occupation des fabriques qui s'&#233;tait faite au mois d'ao&#251;t, et en qui son enthousiasme avait mis tant d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la grande esp&#233;rance, l'esp&#233;rance dans le triomphe des id&#233;es de libert&#233; et de bien-&#234;tre pour tous, elle restait, naturellement, forte et in&#233;branlable en lui, comme elle l'est rest&#233;e en nous ; mais, incontestablement, le jour de la victoire s'&#233;tait &#233;loign&#233;, pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5070 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH209/sans_titre-3-17-543e5-0da78.jpg?1774705172' width='150' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La vie d'Ettore Molinari se d&#233;roulait, ces derniers temps, dans la retraite, consacr&#233;e au pur travail, entre les le&#231;ons qu'il allait faire, trois ou quatre jours par semaine, &#224; l'Universit&#233;, et les soins assidus qu'il donnait &#224; l'agriculture, &#224; ses exp&#233;riences de culture rationnelle et intensive dans une ferme sur le lac de Garde. C'&#233;tait certainement son intention de donner une d&#233;monstration pratique de la possibilit&#233; d'extraire de la terre tous les moyens d'existence, au cas o&#249; les circonstances (comme par exemple lors d'une r&#233;volution) emp&#234;chent la fourniture de vivres et de mati&#232;res premi&#232;res venant de l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, certes, c'&#233;tait l&#224; pour lui une autre mani&#232;re de continuer &#224; combattre pour l'id&#233;al de la r&#233;demption de l'Humanit&#233;, synth&#233;tis&#233; dans le mot d'&#171; anarchie &#187; et qu'il a aim&#233; fid&#232;lement toute sa vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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