<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://partage-noir.fr/spip.php?id_mot=376&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Mai 68 : Interview d'un militant ouvrier </title>
		<link>http://partage-noir.fr/mai-68-interview-d-un-militant-ouvrier</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/mai-68-interview-d-un-militant-ouvrier</guid>
		<dc:date>2024-06-05T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chronique syndicale , S&#233;bastien Basson</dc:creator>


		<dc:subject>S&#233;bastien Basson</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En 1968, S&#233;bastien Basson avait 43 ans, il travaillait depuis une douzaine d'ann&#233;es &#224; Creusot-Loire dans l'usine du &#171; Marais &#187;, &#224; Saint-Etienne. Technicien, militant syndical, il nous raconte ici son Mai 68, la gr&#232;ve &#224; Creusot-Loire...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-no712-du-16-mai-1988-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire n&#176;712 du 16 mai 1988&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-sebastien-basson-376-+" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Basson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1kkk-2-f0cad.jpg?1774732528' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1968, S&#233;bastien Basson avait 43 ans, il travaillait depuis une douzaine d'ann&#233;es &#224; Creusot-Loire dans l'usine du &#171; Marais &#187;, &#224; Saint-Etienne. Technicien, militant syndical, il nous raconte ici son Mai 68, la gr&#232;ve &#224; Creusot-Loire... &lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; La r&#233;daction &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;&#171; Le Monde libertaire &#187; : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Creusot-Loire, &#224; l'&#233;poque, cela repr&#233;sentait combien de salari&#233;s sur Saint-Etienne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S&#233;bastien Basson :&lt;/strong&gt; L'usine de Saint-Etienne a compris, selon les p&#233;riodes, entre 1 500 et 2 000 salari&#233;s. Mais il y avait tout autour des usines importantes dans le bassin st&#233;phanois... Il y avait, un moment donn&#233;, 17 000 salari&#233;s &#224; Creusot-Loire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Y avait-il une tradition ouvri&#232;re sur Creusot-Loire Saint-Etienne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Oui, Creusot-Loire Saint-Etienne c'&#233;tait les anciennes aci&#233;ries fond&#233;es en 1870. Il y a eu des p&#233;riodes relativement calmes, sans trop d'histoires, mais aussi des mouvements sociaux importants avant la guerre de 14-18... Une histoire complexe, car la sid&#233;rurgie c'&#233;tait une situation un peu particuli&#232;re par rapport au reste de la m&#233;tallurgie. Mais enfin, l'usine des aci&#233;ries, &#171; Baroin &#187; comme on disait &#224; Saint-Etienne, a &#233;t&#233; pr&#233;sente dans les gr&#232;ves de 1936... puis les gr&#232;ves de 1947 et de 1953. Donc, il y avait une bonne tradition de luttes ouvri&#232;res &#224; l'usine du &#171; Marais &#187; (Creusot-Loire Saint-Etienne, c'est l'usine du &#171; Marais &#187; situ&#233;e dans le vieux quartier du Marais &#224; Saint-Etienne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Est-ce qu'avant les mois de mai et de juin 1968, il y avait eu des mobilisations sociales comme &#224; Sud-Aviation &#224; Nantes ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Apr&#232;s 1953, moment de la gr&#232;ve des mineurs, il y avait eu des d&#233;brayages... des actions tr&#232;s locales qui manquaient de coh&#233;sion. Mais jamais quelque chose de tr&#232;s important, des d&#233;brayages toujours limit&#233;s dans le temps. Pourtant, pour des objectifs assez primordiaux comme l'augmentation des salaires ou la r&#233;duction du temps de travail, ces mouvements n'avaient aucune suite sinon, peut-&#234;tre, qu'ils constituaient une pression qui contribuait au dialogue. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'il y avait beaucoup de discussions, c'&#233;tait la fin des ann&#233;es 50, l'&#233;poque o&#249; le patronat pratiquait l'accord d'entreprise. La compagnie des Forges est une des premi&#232;res &#224; s'ouvrir au dialogue social dans l'entreprise. On discutait beaucoup. Peut-&#234;tre bien que cette petite gu&#233;rilla des travailleurs de Creusot-Loire repr&#233;sentait une certaine forme de pression, ce qui permettait de r&#233;colter des miettes par rapport aux revendications qui &#233;taient avanc&#233;es. C'est, je crois, la seule chose qui &#233;tait possible de tirer de ce genre de luttes revendicatives parfois tr&#232;s folkloriques. Je me souviens d'un d&#233;brayage : des ouvriers d'un secteur s'arr&#234;taient pendant que les autres travaillaient et se baladaient dans l'usine en jouant du tambour ! C'&#233;tait pas des grandes luttes comme beaucoup de travailleurs auraient souhait&#233; qu'elles se d&#233;roulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Donc pas d'affrontements majeurs avec le patronat mais une petite gu&#233;rilla. Pour revendiquer sur des aspects plus quantitatifs que qualitatifs ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Oui, on y trouvait toute la gamme des revendications : la retraite &#224; 60 ans, les augmentations de salaires, etc. Mais les luttes locales partielles &#233;taient insuffisantes pour faire c&#233;der le patronat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions nombreux &#224; nous interroger, je me souviens du congr&#232;s C.G.T. de Creusot-Loire en mars 1968 (Creusot-Loire Saint-Etienne &#233;tait structur&#233; en syndicat). La question a &#233;t&#233; pos&#233;e de l'efficacit&#233; de ces mouvements ou bien de ces gr&#232;ves nationales saisonni&#232;res du printemps, d'automne et d'hiver. Cela ne donnait rien. Au contraire... Aucun mouvement d'ensemble pour d&#233;fendre la S&#233;cu, d&#233;j&#224; menac&#233;e !, rien pour contrer le ch&#244;mage (il y avait &#224; l'&#233;poque 500 000 ch&#244;meurs, &#231;a nous paraissait &#233;norme). Evidemment on ne savait pas ce qui nous attendait. Il fallait donc un combat d'ensemble de la classe ouvri&#232;re... A ce congr&#232;s, le repr&#233;sentant C.G.T. de la f&#233;d&#233;ration M&#233;tallurgie nous a r&#233;pondu que c'&#233;tait faux, que les luttes partielles permettaient d'arracher beaucoup plus qu'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale ! Son intervention a m&#234;me &#233;t&#233; publi&#233;e quelques jours apr&#232;s dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233; &lt;/i&gt; sur 3 ou 4 colonnes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en r&#233;ponse &#224; ceux qui pr&#233;conisent la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/q&gt;. Alors &#231;a voulait dire une chose : que cette question soulev&#233;e &#224; la C.G.T. Creusot-Loire avait &#233;t&#233; pos&#233;e ailleurs... par beaucoup d'autres, et parfois bien avant 1968. Elle &#233;tait d&#233;j&#224; dans les t&#234;tes des mineurs pendant la gr&#232;ve en 1963. Les mecs disaient &#224; l'&#233;poque : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faudrait qu'on s'y mette tous ensemble&lt;/q&gt;. En 1963, avant comme apr&#232;s, tout a &#233;t&#233; fait pour qu'il n'y ait pas de mouvement d'ensemble de la classe ouvri&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/eeeeeeeeeeeeee.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/eeeeeeeeeeeeee-b2a6b-109d7.jpg?1774713490' width='150' height='200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Pour toi, les pr&#233;mices de Mai 68 s'annoncent d&#233;j&#224; dans les ann&#233;es 60 ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Oui, agir tous ensemble sans savoir comment &#231;a pouvait se faire... La grande le&#231;on de Mai 68, c'est que ce type de mouvement &#233;clate de fa&#231;on totalement impr&#233;visible. En 1947, c'&#233;tait les manifestations pour les transports &#224; Marseille ; en 1953, la gr&#232;ve des postiers de Bordeaux, &#224; l'initiative des anars, d'ailleurs. En 1968, c'&#233;tait l'&#233;tincelle du mouvement &#233;tudiant. &#199;a veut dire que personne ne peut le pr&#233;voir. Pour obtenir des petites revendications, on peut faire de petits d&#233;brayages, mais pour obtenir de grosses revendications il faut qu'il y ait un mouvement d'ensemble...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Comment, apr&#232;s les premi&#232;res manifestations &#233;tudiantes parisiennes, les occupations et les gr&#232;ves d&#233;marrent sur Saint-Etienne ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. : &lt;/strong&gt; La premi&#232;re grande manifestation &#224; Saint-Etienne, c'&#233;tait &#224; l'occasion de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 13 mai qui a eu un succ&#232;s consid&#233;rable, une manifestation tr&#232;s importante devant la Bourse du travail suivie d'un d&#233;fil&#233; en ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la premi&#232;re fois au &#171; Marais &#187;, on a mis en place des piquets de gr&#232;ve d&#232;s le matin. Et la gr&#232;ve a &#233;t&#233; totale &#224; l'usine. Moi, j'&#233;tais partisan du fait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous sommes en gr&#232;ve, restons-y !&lt;/q&gt; Mais on a repris le travail le 14 mai. On &#233;tait quelques-uns, alors, &#224; observer la situation ; si bien qu'on a vu partir les mouvements &#224; Sud-Aviation et ailleurs. De par mon travail, le 17 au matin, j'apprends que Gaz-de-Lacq est en gr&#232;ve, c'&#233;tait le moment d'y aller, on risquait d'&#234;tre lock-outer ! Cela n'a pas &#233;t&#233; facile, deux heures de discussion, il a fallu expliquer aux copains que ce n'&#233;tait pas une gr&#232;ve comme les autres, &#231;a ressemblait un peu &#224; une aventure. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'information a circul&#233;... Le 17 mai au soir, toute la m&#233;tallurgie de la Loire se mettait en gr&#232;ve. On ne peut pas dire que c'&#233;tait un mouvement spontan&#233; ni d'ailleurs t&#233;l&#233;command&#233;, cela a montr&#233; plut&#244;t le r&#244;le d&#233;terminant des syndicalistes de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Qui sont ces syndicalistes ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Des &#171; mensuels &#187;, des ouvriers d'&#226;ges moyens ; moi j'avais 43 ans, d'autres &#233;taient plus jeunes, mais c'&#233;taient des camarades qui travaillaient dans la bo&#238;te depuis pas mal de temps. Nous pratiquions un syndicalisme assez ouvert. On se sentait assez proche id&#233;ologiquement : libertaires, militants du P.S.U... On aurait pu &#234;tre qualifi&#233;s de &#171; gauchistes &#187;, bien qu'&#224; l'&#233;poque ce terme &#233;tait peu connu ! Il y avait aussi des militants C.G.T. traditionnels mais combatifs...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt;&lt;i&gt; Vous avez occup&#233; l'usine. Comment &#233;tiez-vous organis&#233;s ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; La premi&#232;re d&#233;cision qui a &#233;t&#233; prise, d&#232;s le tout d&#233;but, a &#233;t&#233; la constitution d'un comit&#233; de gr&#232;ve. Il a connu de suite un certain succ&#232;s, chaque secteur d&#233;signait ses d&#233;l&#233;gu&#233;s au comit&#233;. Il y avait des jeunes, des vieux et des gens auxquels on n'aurait jamais pens&#233;, jamais imagin&#233; voir participer &#224; une action militante. &lt;br class='autobr' /&gt;
On s'est organis&#233; en commissions : information, s&#233;curit&#233;, ravitaillement, propagande, loisirs &#233;galement (on a fait venir la Com&#233;die de Saint-Etienne). On organisait des excursions dans les petites usines des environs, qui n'attendaient que notre visite pour se mettre en gr&#232;ve, n'osant pas seules s'opposer aux patrons. Le comit&#233; de gr&#232;ve se r&#233;unissait tous les jours. C'&#233;tait vraiment une organisation de la gr&#232;ve par les salari&#233;s eux-m&#234;mes. Bien s&#251;r, dans le comit&#233; se retrouvaient tous les militants C.G.T., C.F.D.T., F.O., mais aussi de nombreux non-syndiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Quels &#233;taient vos rapports avec les autres, y avait-il des coordinations ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. : &lt;/strong&gt; Il y avait une coordination permanente &#224; la Bourse du travail, une coordination interprofessionnelle mais exclusivement du fait des appareils syndicaux, et non une coordination des d&#233;l&#233;gu&#233;s de base. Si les syndicats ont manqu&#233; le d&#233;but du conflit, la C.G.T., par exemple, a tr&#232;s vite repris le contr&#244;le du mouvement. Tr&#232;s habilement, ils ont man&#339;uvr&#233;. Il fallait que tout rentre rapidement dans l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Quelles &#233;taient vos revendications ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; En premier lieu, les salaires, nous revendiquions 160 F par mois pour tous, une augmentation non hi&#233;rarchis&#233;e, le salaire mensuel garanti &#224; 800 F, le paiement des jours de gr&#232;ve, la r&#233;duction du temps de travail de 4 heures (on travaillait 48 heures par semaine), la retraite &#224; 60 ans, la suppression des licenciements pour maladies et accidents parce que &#231;a existait &#224; ce moment-l&#224;, le 13&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; mois, le droit syndical. Mais aussi on revendiquait la suppression des contrats temporaires, la mensualisation des personnels horaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Parliez-vous d'autogestion ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Un militant C.F.D.T. a lanc&#233; le d&#233;bat, mais &#231;a n'a pas eu grand retentissement. Dans notre secteur professionnel, l'autogestion dans le cadre d'une entreprise cela nous paraissait irr&#233;alisable, produire pour qui ? Comment ? L'autogestion de toute l'&#233;conomie oui, mais sur une entreprise cela paraissait un peu farfelu...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Mais vous aviez quand m&#234;me soin de pr&#233;server l'appareil de production ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. : &lt;/strong&gt; Pour une raison de s&#233;curit&#233; pure et simple. En sid&#233;rurgie, un outil qui se d&#233;t&#233;riore peut &#234;tre dangereux, notamment au moment de la reprise du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Quelle a &#233;t&#233; l'attitude des diff&#233;rentes cat&#233;gories professionnelles ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait une gr&#232;ve ouvri&#232;re avant tout, mais la majorit&#233; des employ&#233;s, c'est-&#224;-dire les cols blancs de l'entreprise, se sont joints au mouvement. Par contre, les agents de ma&#238;trise, syndiqu&#233;s &#224; la C.G.C., &#233;taient violemment contre la gr&#232;ve. Cela faisait bien rire les cadres, qui eux aussi syndiqu&#233;s &#224; la C.G.C. soutenaient la gr&#232;ve. Il faut dire que ces gens-l&#224; ne se m&#233;langent pas, il y avait la petite C.G.C. des agents de ma&#238;trise et la grande C.G.C. des ing&#233;nieurs qui eux avaient d'excellents contacts avec nous. On n'a jamais eu d'aussi bon rapports avec les cadres que pendant Mai 68. Ils trouvaient les agents de ma&#238;trise &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;b&#234;tes et r&#233;actionnaires&lt;/q&gt;, on leur faisait gentiment remarquer que c'&#233;tait eux qui les avaient nomm&#233;s ! Alors &#231;a les refroidissait un petit peu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. : &lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Pourquoi les agents de ma&#238;trise refusaient-ils de faire la gr&#232;ve ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; C'&#233;tait un r&#233;flexe conditionn&#233; chez eux. La gr&#232;ve, ils en avaient horreur, ils ne pouvaient pas admettre de perdre de l'argent, ils &#233;taient du c&#244;t&#233; du patron, c'&#233;tait un r&#233;flexe primitif. Ne pouvant travailler, l'usine &#233;taient occup&#233;e, ils allaient se faire inscrire au si&#232;ge social de l'usine comme d&#233;sireux de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Pourquoi vos rapports avec les cadres se sont-ils am&#233;lior&#233;s ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; Ce sont des gens intelligents. Comme nous, ils ont &#233;t&#233; surpris de l'ampleur du mouvement, non seulement &#224; Creusot-Loire mais dans toute la France. Et eux aussi pensaient qu'apr&#232;s ce ne serait plus comme avant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Quelles ont &#233;t&#233; vos relations avec les milieux &#233;tudiants ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. : &lt;/strong&gt; Il y a eu quelques contacts, quelques discussions &#224; la porte de l'usine, une d&#233;l&#233;gation de gr&#233;vistes du Marais a particip&#233; &#224; un meeting organis&#233; par les &#233;tudiants &#224; la Bourse du travail. Mais cela a pos&#233; quelques probl&#232;mes. Au syndicat C.G.T., il y avait une tendance assez sectaire qui s'opposait &#224; tout contact avec les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Comment tu expliques ce refus ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. : &lt;/strong&gt; C'&#233;tait tout, simplement le r&#233;sultat de ce que disaient le parti communiste, &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; &#224; propos des &#233;tudiants (des &#171; gauchistes &#187;, des &#171; provocateurs &#187;, des &#171; aventuristes &#187;). On se souvient de ce qui a &#233;t&#233; dit sur Cohn-Bendit...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Comment s'est d&#233;roul&#233;e la reprise du travail ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt; S.B. :&lt;/strong&gt; Cela n'a pas &#233;t&#233; facile. Apr&#232;s 4 semaines de gr&#232;ve, &#224; la mi-juin la reprise a &#233;t&#233; possible &#224; partir du moment o&#249; les revendications ont &#233;t&#233; satisfaites, pas int&#233;gralement, mais c'&#233;tait d&#233;j&#224; consid&#233;rable pour l'&#233;poque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons obtenu 105 F d'augmentation par mois, 640 F pour le salaire mensuel garanti, le paiement des jours de gr&#232;ve, une r&#233;duction du temps de travail. Tout cela n'&#233;tait pas n&#233;gligeable quand on voit alors les gains des gr&#232;ves pr&#233;c&#233;dentes. Il est s&#251;r que le &#171; tous ensemble &#187; plus longtemps, plus fort aurait pu nous mener beaucoup plus loin. Les appareils syndicaux ont favoris&#233; la reprise du travail. On peut d'ailleurs remarquer qu'ils invitent souvent les travailleurs &#224; l'action mais d&#232;s qu'il y a une lutte importante ils n'ont rien de plus press&#233; que de faire reprendre le travail pour r&#233;tablir la &#171; paix sociale &#187; comme ils disent... &lt;br class='autobr' /&gt;
La reprise du travail n'a donc pu se faire que gr&#226;ce &#224; des magouilles, des man&#339;uvres, par exemple en diffusant des fausses nouvelles : telle entreprise a repris le boulot, alors que c'&#233;tait faux. Les gens ne voulaient pas reprendre le travail. La gr&#232;ve, c'&#233;tait la f&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Les rapports sociaux dans et hors l'entreprise ont-ils chang&#233; apr&#232;s la gr&#232;ve ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;S.B. :&lt;/strong&gt; II y a eu un changement dans le travail, les rapports hi&#233;rarchiques se sont am&#233;lior&#233;s. Mais cela n'a pas dur&#233; longtemps. Les patrons devaient quand m&#234;me l&#226;cher du lest. Ils ont tir&#233; les le&#231;ons de Mai 68 en diminuant le r&#244;le de la ma&#238;trise, en instaurant la participation, l'int&#233;ressement aux b&#233;n&#233;fices. La vie syndicale a repris son train-train comme avant. Mais apr&#232;s 1974, c'est le d&#233;clin, non pas en influence mais en adh&#233;sions. C'est de cette &#233;poque-l&#224; que date le d&#233;clin de l'organisation syndicale dans une usine comme le Marais.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/_mai_1968__le_vote_ne__.__btv1b90183307_1_-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/_mai_1968__le_vote_ne__.__btv1b90183307_1_-3-7908d-cc69c.jpg?1774713490' width='150' height='188' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&#8212; &lt;strong&gt;M.L. :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Tu as une explication ? &lt;/i&gt; &lt;br /&gt;&#8212; S.B. : Il n'y en a pas qu'une : l'illusion du &#171; programme commun &#187; (revendiquer c'est bien, la gauche au pouvoir c'est mieux) a sans doute &#233;t&#233; marquante. Moi, je situe le d&#233;clin &#224; ce moment-l&#224;, sans peut-&#234;tre pouvoir tout expliquer, c'est une constatation. Pour les changements hors de l'entreprise, la question est difficile, il faudrait observer les choses de plus haut, de plus loin, peut-&#234;tre, pour se rendre compte. Pour r&#233;sumer, je dirais gr&#226;ce aux luttes des femmes : l'extension des libert&#233;s individuelles. Je pense que &#231;a c'est le r&#233;sultat de Mai 68.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &lt;strong&gt;Propos recueillis par &#171; Chronique syndicale &#187; &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://partage-noir.fr/IMG/pdf/ml0712_1988-16-juin.pdf" length="30823189" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;bastien Basson - Une part de la m&#233;moire ouvri&#232;re st&#233;phanoise (1925-2007) </title>
		<link>http://partage-noir.fr/sebastien-basson-une-part-de-la-memoire-ouvriere-stephanoise</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/sebastien-basson-une-part-de-la-memoire-ouvriere-stephanoise</guid>
		<dc:date>2024-05-28T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Philippe Pelletier </dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;bastien Basson</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis un anarchiste qui aime bien traver&#173;ser dans les passages clout&#233;s pour &#233;viter d'avoir affaire avec les flics, disait souvent S&#233;bastien Basson en souriant malicieusement &#224; ceux qui d&#233;barquaient tout feu tout flamme dans le mouvement libertaire. C'&#233;tait une fa&#231;on de rappeler que l'action militante devait &#234;tre intelligemment men&#233;e, et que les coups de main spectaculaires pouvaient parfois apporter plus d'emb&#234;tements que d'avantages si la r&#233;pression d&#233;cimait les forces. Bien s&#251;r, cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-monde-libertaire-hors-serie-no35-du-10-juillet-au-3-septembre-" rel="directory"&gt;Le Monde libertaire hors-s&#233;rie n&#176;35 du 10 juillet au 3 septembre 2008&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-sebastien-basson-376-+" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Basson&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/_mai_1968__soutien_aux_usines__-d6d4a.jpg?1774714595' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je suis un anarchiste qui aime bien traver&#173;ser dans les passages clout&#233;s pour &#233;viter d'avoir affaire avec les flics&lt;/q&gt;, disait souvent S&#233;bastien Basson en souriant malicieusement &#224; ceux qui d&#233;barquaient tout feu tout flamme dans le mouvement libertaire. C'&#233;tait une fa&#231;on de rappeler que l'action militante devait &#234;tre intelligemment men&#233;e, et que les coups de main spectaculaires pouvaient parfois apporter plus d'emb&#234;tements que d'avantages si la r&#233;pression d&#233;cimait les forces. Bien s&#251;r, cette position en &#233;chaudait quelques-uns mais, pour S&#233;bastien, l'action ouvri&#232;re et col&#173;lective devait &#234;tre l'axe du combat &#233;mancipa&#173;teur. Il savait de quoi il parlait puisqu'il a suivi, de pr&#232;s ou de loin, toutes les luttes sociales de la r&#233;gion st&#233;phanoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son lieu d'enfance en est d'ailleurs le sym&#173;bole : la B&#233;raudi&#232;re, une ferme sur un plateau venteux &#224; &#233;quidistance des mines de charbon de l'Ondaine, de Saint-&#201;tienne et de Roche-la&#173;Moli&#232;re, juste au-dessus du Br&#251;l&#233;, l&#224; o&#249; se d&#233;roula en 1869 la fameuse fusillade contre des mineurs gr&#233;vistes romanc&#233;e par Zola. Ce triangle improbable de campagne en pleine agglom&#233;ration industrielle rappelle les ori&#173;gines paysannes d'une grande partie du prol&#233;&#173;tariat st&#233;phanois, et les contradictions entre plusieurs mondes sociaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour la p&#233;riode ant&#233;rieure, cf : Colson Daniel (1986) : Anarcho-syndicalisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/ouvriers-mineurs-1869-fusillade-du-brule-la-ricamarie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH343/ouvriers-mineurs-1869-fusillade-du-brule-la-ricamarie-b73e5.jpg?1774869563' width='500' height='343' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une enfance au sein du militantisme ouvrier &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien y na&#238;t en ao&#251;t 1925, car ses grands-&#173;parents y tiennent une ferme. Sa m&#232;re est modiste. Son p&#232;re, Jean Basson, est mineur, militant c&#233;g&#233;tiste et communiste actif, au grand dam de sa famille paysanne, conserva&#173;trice et religieuse. Membre de la CGT-U puis de la CGT-SR, il adh&#232;re en 1936 &#224; la CGT r&#233;unifi&#233;e, militant dans la tendance de &lt;i&gt;La Voix syndicaliste&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le journal &#233;ponyme de cette tendance tire &#224; 8 000 exemplaires avant la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans la r&#233;gion st&#233;phanoise, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'influence de cette tendance est assez importante chez les mineurs, dans le syndicat des instituteurs, dans le b&#226;timent, chez les m&#233;tallos du Chambon-Feugerolles (pays d'un m&#233;tallo anarchiste nomm&#233;... Beno&#238;t Frachon !). Ces militants [...] &#233;taient en rela&#173;tion avec Simone Weil, alors professeur de phi&#173;losophie au lyc&#233;e du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, et qui venait passer ses week-ends &#224; Saint-&#201;tienne, participant parfois &#224; des manifestations ouvri&#232;res&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre de S&#233;bastien Basson du 19 janvier 1994. Beno&#238;t Frachon (1893-1975) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Basson est licenci&#233; &#224; l'issue des grandes gr&#232;ves de 1948. C'est dans son sillage que S&#233;bastien fr&#233;quente les milieux syndica&#173;listes et communistes. Son p&#232;re l'emm&#232;ne souvent, adolescent, &#224; la Bourse du Travail. Juste avant la guerre et juste apr&#232;s, S&#233;bastien travaille dans les journaux st&#233;phanois du parti communiste, l'hebdomadaire le &lt;i&gt;Cri du Peuple&lt;/i&gt; puis &lt;i&gt;Le Patriote&lt;/i&gt;, fond&#233; en 1944 par des r&#233;sistants communistes. La rupture avec les commu&#173;nistes intervient en 1956, lors des &#233;v&#233;nements de Hongrie. Elle est forte, S&#233;bastien est ulc&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est probable qu'il se soit d&#233;j&#224; interrog&#233; auparavant sur le PCF car, du c&#244;t&#233; maternel, deux de ses oncles, les Garnier, &#233;taient des militants anarchistes et des lecteurs du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Souvent pr&#233;sent dans les salles de la F&#233;d&#233;ration des mineurs, &#224; la Bourse du Travail &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;[de Saint-&#201;tienne]&lt;/span&gt;, j'ai pu me rendre compte de la haine qui dressait, parfois avec violence, les r&#233;formistes et les anarcho-syndicalistes et syndicalistes r&#233;volutionnaires contre les stali&#173;niens. Cette animosit&#233;, cette tension perma&#173;nente pourrait peut-&#234;tre expliquer, au moins en partie, l'attitude de certains militants dans les ann&#233;es qui suivirent&lt;/q&gt;, &#233;crira-t-il plus tard&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#233;bastien Basson, texte manuscrit du 10 octobre 1992.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4976 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;49&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/renoulet-marcel-1962b-202ab-6edfc.jpg?1774726219' width='150' height='200' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marcel Renoulet (1962). &lt;br&gt;Coll. Marcel Renoulet&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais S&#233;bastien ne va pas plus loin &#224; l'&#233;poque. C'est, semble-t-il, en r&#233;action vis-&#224;&#173;-vis des militants ouvriers ami-staliniens, notamment du c&#244;t&#233; de &lt;i&gt;La Voix syndicaliste &lt;/i&gt; ou de &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, qui, au nom de l'anti-stalinisme, s'&#233;taient plus ou moins ralli&#233;s &#224; Ren&#233; Belin (1898-1977), le num&#233;ro deux de la CGT dans les ann&#233;es 1930 qui finit ministre du Travail sous P&#233;tain&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s la guerre, la r&#233;gion st&#233;phanoise est le troisi&#232;me lieu important (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le Parti communiste appara&#238;t comme moins compromis &#224; l'issue de Vichy et de la guerre. Et parce que certains anarchistes du coin ne plaisent gu&#232;re &#224; S&#233;bastien, comme Marcel Renoulet (n&#233; en 1920). Cet individualiste, ami du Paul Rassinier &#171; r&#233;visionniste &#187;), est membre de l'Alliance ouvri&#232;re anarchiste, une scission de la FA en 1956 consid&#233;rant que la lutte des classes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;est &#224; pr&#233;sent d&#233;pass&#233;e&lt;/q&gt;, et animateur de la revue &lt;i&gt;L'Homme libre&lt;/i&gt; (1960-2007) qui m&#233;lange r&#233;f&#233;rences anarchistes et p&#233;tainistes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Ariane (1995) : &#171; L'anarchisme est-il soluble dans l'extr&#234;me-droite ? &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Plus tard, S&#233;bastien rappellera &#224; de jeunes militants hexagonaux un peu amn&#233;siques ou superficiels que Renoulet appartenait pendant la guerre &#224; une organisation p&#233;tainiste et que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;introduit dans le milieu libertaire local, il a contribu&#233; &#224; d&#233;molir la FA &#224; Saint-&#201;tienne. Sous son influence, l'ex-groupe S&#233;bastien-Faure a quitt&#233; la F&#233;d&#233;ration dans le courant des ann&#233;es 1950&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte du 27 janvier 1994 paru dans le bulletin int&#233;rieur de la FA. Rappelons (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien n'avait pas de bons souvenirs de cette p&#233;riode de la guerre et de Vichy qui d&#233;cr&#233;dibilisait en lui l'id&#233;al qu'il avait de la classe ouvri&#232;re, objectivement porteuse d'&#233;mancipation mais subjectivement fail&#173;lible... Et il s'opposait farouchement &#224; ceux qui comparaient les deux &#233;normes foules ras&#173;sembl&#233;es place de l'H&#244;tel-de-Ville &#224; Saint&#173;-&#201;tienne, pour accueillir d'abord P&#233;tain, venu pr&#233;senter la &#171; Charte du Travail &#187; pilot&#233;e par Belin, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; mars 1941, puis De Gaulle apr&#232;s la Lib&#233;ration, et qui se demandaient si elles n'&#233;taient pas compos&#233;es des m&#234;mes per&#173;sonnes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apr&#232;s-guerre et le tournant des &#233;v&#233;nements de Hongrie &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/eeeeeeeeeeeeee.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/eeeeeeeeeeeeee-b2a6b-109d7.jpg?1774713490' width='150' height='200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s sa d&#233;fection du &lt;i&gt;Patriote &lt;/i&gt; et gr&#226;ce &#224; son bagage obtenu dans un lyc&#233;e professionnel de m&#233;canique et d'&#233;lectricit&#233;, S&#233;bastien trouve du travail aux Bennes Marrel, d'o&#249; il est rapide&#173;ment licenci&#233; quand son parcours militant est connu. Puis il entre &#224; Creusot-Loire o&#249; il s'oc&#173;cupe des fours, dans l'usine du Marais, celle dont on voyait les fum&#233;es les jours de match juste derri&#232;re le stade Geoffroy-Guichard. C'est l&#224; qu'il traverse Mai 68, avec occupation de l'usine, &#233;pisode qu'il raconte non sans humour, l'un des rares &#233;crits o&#249; il consent &#224; &#173;parler de lui, &#244; combien modestement, comme l'&#233;taient non seulement son caract&#232;re mais aussi son &#233;thique militante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Basson S&#233;bastien (1989) : &#171; Creusot-Loire en lutte &#187;, Le mouvement de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de cette p&#233;riode, il rejoint Lutte ouvri&#232;re, mais un d&#233;saccord survient avec cette organisation sur la question de la R&#233;volution espagnole. Il fr&#233;quente alors les anarchistes, &#224; une p&#233;riode o&#249; le mouvement libertaire traverse une crise sur la r&#233;gion st&#233;&#173;phanoise. il participe &#224; la cr&#233;ation du groupe Nestor-Makhno &#224; la fin des ann&#233;es 1970, groupe qui existe toujours. C'est ainsi qu'est r&#233;cup&#233;r&#233;e,et sauv&#233;e, la salle 15 bis de la Bourse du Travail de Saint-&#201;tienne, lieu de r&#233;union des anarchistes et des anarcho-syndi&#173;calistes de la r&#233;gion, dont S&#233;bastien aimait rap&#173;peler que c'&#233;tait la derni&#232;re salle rescap&#233;e des nombreuses pi&#232;ces que la CGT-SR avait d&#233;te&#173;nues &#224; la Bourse du Travail avant de se les faire ravir par Force Ouvri&#232;re&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; Saint-&#201;tienne. Force Ouvri&#232;re a largment &#233;t&#233; fond&#233; par des rescap&#233;s du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Outre le groupe Nestor-Makhno de la F&#233;d&#233;ration anarchiste, elle abrite actuellement la CNT st&#233;phanoise reconstitu&#233;e au milieu des ann&#233;es 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le groupe Makhno et les contacts qu'il garde au sein de la CGT, S&#233;bastien pour&#173;suit son combat militant, car, disait-il, comme le rappelle sa compagne Odette, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;si on peut faire changer quelque chose...&lt;/q&gt; Tr&#232;s hostile au nationalisme et au cl&#233;ricalisme, il se m&#233;fie des modes qui traversent le monde militant, comme l'autogestion &#224; la sauce Edmond Maire, le syndicalisme &#224; la Lech Walesa ou les luttes de lib&#233;ration nationale... La pr&#233;tention des politiciens le faisait ricaner. Il participe &#224; l'&#233;mission de radio &#171; Rouge &amp; Noir, tribune libertaire &#187; sur les ondes associatives de Radio-&#173;Dio (89,5 MHz).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son terrain d'action privil&#233;gi&#233; est celui du monde du travail. &#192; ceux qui pouvaient le qualifier d'&#171; ouvri&#233;risme &#187;, ou qui pr&#233;ten&#173;daient que la &#171; classe ouvri&#232;re avait disparu &#187;, S&#233;bastien haussait gentiment les &#233;paules, comme si lui, ses proches, sa famille, ses amis, son quartier &#8211; Solaure, l'un des principaux bastions ouvrier et militant d la r&#233;gion st&#233;&#173;phanoise, bref comme si tous &#171; ceux qui ne mangeaient pas de la viande tous les jours &#187;, ainsi qu'il le r&#233;p&#233;tait, n'existaient pas. Il d&#233;fen&#173;dait le mat&#233;rialisme au sens strictement philo&#173;sophique du terme, en rappelant de fa&#231;on salutaire qu'il ne fallait pas le confondre avec l'attrait pour les biens mat&#233;riels. Il avait aussi de la r&#233;ticence pour l'humanisme, une notion trop impr&#233;gn&#233;e de bourgeoisie selon lui, et, pour cela, il ne go&#251;tait gu&#232;re l'humanisme libertaire d'un Gaston Leval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que cet &#171; ouvri&#233;risme &#187; le mettait en d&#233;calage avec des militants plus jeunes ou avec des personnes aux p&#244;les d'int&#233;r&#234;t autres (le f&#233;minisme, l'&#233;cologie, les exp&#233;ri&#173;mentations alternatives...). Mais S&#233;bastien avait cette qualit&#233; &#233;norme, rare malheureuse&#173;ment, il n'&#233;tait pas intol&#233;rant ou, plus exacte&#173;ment, il &#233;tait bienveillant : non qu'il accept&#226;t tout et n'importe quoi, surtout pas l'injustice ou la mis&#232;re, mais parce qu'il respectait les choix diff&#233;rents des camarades et compa&#173;gnons. Il n'entravait pas leur action. Il respec&#173;tait la libert&#233; individuelle et collective. De ce point de vue, les d&#233;clamations ou les motions enflamm&#233;es pour lesquelles certains bataillaient ferme dans les congr&#232;s anarchistes le laissaient de marbre car derri&#232;re leur inanit&#233; r&#233;currente, souvent, se cachaient des enjeux de pouvoir qu'il d&#233;testait par-dessus tout : on peut m&#234;me dire que, en anarchiste profond, il ne les comprenait pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Son action dans la F&#233;d&#233;ration anarchiste &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est comme cela qu'il se positionne dans le mouvement libertaire et la F&#233;d&#233;ration anar&#173;chiste, &#224; laquelle il adh&#232;re d&#232;s que l'un de ses congr&#232;s reconna&#238;t le principe de la lutte des classes, &#224; la fin des ann&#233;es 1970. En dyna&#173;mique de groupe organisationnelle, ce n'&#233;tait pas forc&#233;ment tr&#232;s porteur, d'autant qu'il &#233;tait d'une lucidit&#233; &#224; la limite du pessimisme, mais &#224; la limite seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il &#233;crivait en juin 1985 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comme nous ne pouvons nous livrer &#224; une agitation tous azimuts il nous faut choisir, ou plut&#244;t sai&#173;sir les occasions qui sont le plus favorables &#224; notre intervention. L'autre &#233;cueil &#224; notre d&#233;ve&#173;loppement, c'est que nous avons parfois affaire &#224; des gens pour qui l'anarchisme est plus une attitude qu'une ferme conviction id&#233;ologique. Nous avons &#224; accomplir un tra&#173;vail d'explication, de formation. Mais il est d'une grande importance qu'en dehors de l'activit&#233; du groupe lui-m&#234;me, chaque mili&#173;tant s'investisse dans les organisations de masse, en premier lieu dans les syndicats, les organisations de quartier.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 12 juin 1985.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Ou encore : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le communisme libertaire deviendra-t-il un jour une r&#233;alit&#233; ? Pour les anarchistes, il n'existe aucune &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;mission&lt;/q&gt;, aucune &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n&#233;cessit&#233;&lt;/q&gt; histo&#173;rique et la construction d'un monde nouveau sera une &#339;uvre volontaire. Nous n'avons donc pas l'absolue certitude de voir notre projet aboutir, ce qui n'emp&#234;che pas de lutter.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Basson S&#233;bastien ( 1987) : &#171; Travail au noir &#187;. La Cannibale, revue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien pr&#233;f&#233;rait apporter ses petites touches au sein de la FA et, surtout, ses textes. Car il avait la passion de la lecture et de l'&#233;cri&#173;ture, comme en t&#233;moignent ses nombreux articles parus dans le&lt;i&gt; Monde libertaire&lt;/i&gt;. L'une de ses grandes tristesses fut de ne plus pouvoir &#233;crire &#224; cause des maladies qui le frapp&#232;rent durement il y a une demi-douzaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses &#233;crits sont essentiellement consacr&#233;s &#224; des probl&#233;matiques sociales ou politiques concernant la vie quotidienne des travailleurs : les conditions de labeur, de vie, de salaire, la d&#233;fense de la S&#233;curit&#233; sociale, l'histoire ouvri&#232;re. Il avait bien s&#251;r lu les principaux textes du socialisme et de l'anarchisme, avec une pr&#233;f&#233;rence pour Malatesta, Bakounine et S&#233;bastien Faure, mais il se m&#233;fiait des th&#233;ories trop &#233;labor&#233;es, trop loin de la vie du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa silhouette un peu trapue, vo&#251;t&#233;e par des ann&#233;es de labeur, avec la casquette viss&#233;e sur ses cheveux blancs comme neige, et son par&#173;dessus gris sont familiers aux anarchistes de l'Hexagone et &#224; tous les militants de la r&#233;gion st&#233;phanoise. Il &#233;tait &#171; cool &#187;, le compagnon S&#233;bastien, comme le disait une militante connue de la FA et de Bonaventure. Nous ne le verrons plus dans les luttes et les manifs depuis le 30 juin 2007, mais sa bonhomie, qui s'accordait si bien &#224; la gentillesse extr&#234;me de sa compagne Odette, vers qui vont nos pen&#173;s&#233;es, et qui lui attirait le respect sinon la sympathie d'un tr&#232;s grand nombre, sera tou&#173;jours l&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour la p&#233;riode ant&#233;rieure, cf : Colson Daniel (1986) : Anarcho-syndicalisme et communisme, Saint&#173;-&#201;tienne 1920-1925. Saint-&#201;tienne/Lyon, Centre d'&#201;tudes for&#233;ziennes, Atelier de cr&#233;ation libertaire, 226 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le journal &#233;ponyme de cette tendance tire &#224; 8 000 exemplaires avant la guerre. Quant &#224; la CGT-U. elle tient son premier congr&#232;s &#224; Saint-&#201;tienne en 1922, preuve de l'importance des courants communistes, syndicalistes-r&#233;volutionnaires et anarchistes dans la r&#233;gion st&#233;phanoise face aux r&#233;formistes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre de S&#233;bastien Basson du 19 janvier 1994. Beno&#238;t Frachon (1893-1975) adh&#232;re au PCF d&#232;s la cr&#233;ation de celui-ci en 1920, puis devient un haut dirigeant tant communiste que c&#233;g&#233;tiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S&#233;bastien Basson, texte manuscrit du 10 octobre 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Apr&#232;s la guerre, la r&#233;gion st&#233;phanoise est le troisi&#232;me lieu important d'implantation en France de &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; apr&#232;s Paris et la r&#233;gion pari&#173;sienne. C'est Pierre Arnaud, proche des anarcho-syn&#173;dicalistes, animateur au sein de la CGT-R de &lt;i&gt;La Voix syndicaliste&lt;/i&gt; et secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration r&#233;gionale des mineurs, qui, conservant son poste sous Vichy et appliquant les ordres du pr&#233;fet, oblige en 1942-1943 Jean Basson &#224; quitter le secr&#233;tariat des mineurs de Saint-&#201;tienne. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon p&#232;re fut ensuite arr&#234;t&#233; &#224; plu&#173;sieurs reprises (dont une fois pour &#234;tre livr&#233; comme otage aux Allemands). Il s'&#233;tonnait que des militants connus comme Arnaud, Seigne, M&#233;allier, Th&#233;venon, puissent poursuivre tranquillement leurs activit&#233;s&lt;/q&gt;. S&#233;bastien Basson, texte manuscrit du 10 octobre 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Ariane (1995) : &#171; L'anarchisme est-il soluble dans l'extr&#234;me-droite ? &#187; &lt;i&gt;L'Affranchi&lt;/i&gt;, n&#176; 10 printemps. &lt;a href=&#034;http://direct.perso.ch/aff1002.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;direct.perso.ch/aff1002.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Texte du 27 janvier 1994 paru dans le bulletin int&#233;rieur de la FA. Rappelons que S&#233;bastien Faure (1858-1942), orateur et propagandiste anarchiste c&#233;l&#232;bre, est n&#233; et a v&#233;cu &#224; Saint-&#201;tienne. Il est pro&#173;bable que S&#233;bastien Basson en a h&#233;rit&#233; du pr&#233;nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Basson S&#233;bastien (1989) : &#171; Creusot-Loire en lutte &#187;,&lt;i&gt; Le mouvement de Flor&#233;al, An 176, Mai 68 par eux-m&#234;mes&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions du Monde libertaire, 242 p. , p. 73-83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; Saint-&#201;tienne. Force Ouvri&#232;re a largment &#233;t&#233; fond&#233; par des rescap&#233;s du syndicalisme tol&#233;r&#233; par Vichy, dont des membres de &lt;i&gt;La Voix ouvri&#232;re&lt;/i&gt; ou de la RP Ambiance, ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre du 12 juin 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Basson S&#233;bastien ( 1987) : &#171; Travail au noir &#187;. &lt;i&gt;La Cannibale&lt;/i&gt;, revue anarchiste, culturelle, mordante, 1, p. 74-79, p. 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://partage-noir.fr/IMG/pdf/ml-hs-n35_2008-10-juil-3-sept.pdf" length="34404830" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
