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		<title>Cuba, les anarchistes et la libert&#233; </title>
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		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le texte, que nous publions ci -dessous en traduction et sous une forme un peu remani&#233;e, est une synth&#232;se historique qui couvre le premier si&#232;cle d'anarchisme &#224; Cuba. Il nous a &#233;t&#233; transmis par la revue Guangara Libertaria. Les camarades cubains estiment qu'il est n&#233;cessaire de faire la lumi&#232;re sur leur pass&#233; historique. C'est, du reste, la premi&#232;re fois que ce th&#232;me est trait&#233; par les libertaires cubains et ils en &#233;voquent les figures les plus importantes. De forme condens&#233;e, c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-nouvelle-rubrique-no-427-" rel="directory"&gt;Iztok n&#176;13 - Septembre 1986&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-cuba-+" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-iztok-375-+" rel="tag"&gt;Iztok&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-37-dd403.jpg?1774739428' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le texte, que nous publions ci -dessous en traduction et sous une forme un peu remani&#233;e, est une synth&#232;se historique qui couvre le premier si&#232;cle d'anarchisme &#224; Cuba. Il nous a &#233;t&#233; transmis par la revue&lt;i&gt; Guangara Libertaria&lt;/i&gt;. Les camarades cubains estiment qu'il est n&#233;cessaire de faire la lumi&#232;re sur leur pass&#233; historique. C'est, du reste, la premi&#232;re fois que ce th&#232;me est trait&#233; par les libertaires cubains et ils en &#233;voquent les figures les plus importantes. De forme condens&#233;e, c'est l'extrait d'un livre en pr&#233;paration. Rappelons que tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; Cuba et au mouvement libertaire cubain d'un point de vue historique, politique, culturel ou social trouveront dans la revue&lt;i&gt; Guanguara Libertaria&lt;/i&gt; renseignements, informations et articles de fond. (G.L., PO Box 1514, Riverside st, Miami, F1orida 33135, USA).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les lignes qui suivent d&#233;crivent bri&#232;vement l'influence que les id&#233;es libertaires ont exerc&#233; sur le peuple cubain. Il nous apparaissait de notre devoir de restituer le plus fid&#232;lement possible la m&#233;moire des anarchistes &#224; Cuba, soit plus d'un si&#232;cle de lutte aux c&#244;t&#233;s des classes les plus pauvres et en d&#233;fense de la libert&#233; et de la justice sociale. Ce qu'ont accompli les acrates eut une port&#233;e d&#233;cisive sur le terrain social et syndical. Nous allons r&#233;sumer les actions d'un groupe d'hommes et de femmes qui, d&#233;pourvus de toute ressource, de fa&#231;on autonome, pers&#233;cut&#233;s hier et aujourd'hui oubli&#233;s, appartiennent &#224; l'histoire des classes ouvri&#232;re et paysanne, c'est-&#224;-dire &#224; celle du peuple de Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;riode coloniale et s&#233;paratisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au milieu du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent, Pierre-Joseph Proudhon, dont les th&#233;ories &#233;conomiques eurent un grand impact dans l'Europe du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, influen&#231;a de fa&#231;on d&#233;cisive les origines de l'anarchisme cubain. Proudhon, sans doute l'un des premiers penseurs de l'anarchie, trouva dans l'&#238;le des disciples et des continuateurs parmi les artisans et les ouvriers progressistes. Si, en 1857, fut fond&#233;e &#224; Cuba la premi&#232;re soci&#233;t&#233; mutualiste, ce n'est que lorsque Saturnino Martinez cr&#233;a en 1865 l'hebdomadaire &lt;i&gt;La Aurora&lt;/i&gt; (L'Aurore) que les id&#233;es de Proudhon s'enracin&#232;rent v&#233;ritablement. Ces ann&#233;es-l&#224;, se cr&#233;&#232;rent les premi&#232;res associations libres d'ouvriers du tabac, de compositeurs d'imprimerie, de journaliers et d'artisans &#8211; ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme l'origine du prol&#233;tariat organis&#233; cubain. Cuba doit encore &#224; Proudhon la cr&#233;ation de &#171; centres r&#233;gionaux &#187;, d'&#233;coles, de sanatoriums et d'associations d'entraide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de Dix ans (1868-1878)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce soul&#232;vement ind&#233;pendantiste a surtout touch&#233; les provinces de Camag&#252;ey et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; fut la premi&#232;re tentative violente pour se s&#233;parer de l'Espagne. Quelques anarchistes de l'industrie du tabac y avaient pris part &#8211; et m&#234;me &#224; sa direction &#8211; comme Vicente Garcia et Salvador Cisneros Betencourt, tous deux f&#233;d&#233;ralistes et acquis &#224; Proudhon. La tentative &#233;choua. Plus tard, les ouvriers cubains furent renforc&#233;s par des camarades espagnols courageux et solidaires, poursuivis en Europe pour leurs id&#233;es r&#233;volutionnaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un article du Mouvement social n&#176;128, juillet-septembre 1984, Carlos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5906 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L170xH237/san-martin-1-8f582.jpg?1774711046' width='170' height='237' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Enrique Roig de San Martin &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, la pens&#233;e anarchiste s'&#233;tait implant&#233;e parmi les ouvriers et les paysans en France, en Italie, en Espagne et en Russie. L'&#233;l&#233;ment moteur et organisateur de cet essor fut une autre figure importante de l'&#233;poque, Michel Bakounine, r&#233;volutionnaire et th&#233;oricien anarchiste. Malgr&#233; la mort de Bakounine en 1876, ses id&#233;es diffus&#232;rent en Europe avec une force inhabituelle. L'Alliance des r&#233;volutionnaires socialistes (1864) et l'Alliance Internationale de la d&#233;mocratie socialiste (1868), fond&#233;es par Bakounine, et leur programme trouv&#232;rent un &#233;cho favorable aupr&#232;s des &#233;l&#233;ments les plus r&#233;volutionnaires &#224; Cuba, les id&#233;es de Bakounine se substituant ainsi progressivement &#224; celles de Proudhon chez les ouvriers. Le prol&#233;tariat cubain commen&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; se forger une conscience de classe. C'est &#224; la fin de 1885 que surgit la figure la plus prestigieuse de l'anarchisme cubain en la personne d'Enrique Roig de San Martin (1843-1889), fondateur de l'hebdomadaire &lt;i&gt;El Productor&lt;/i&gt; (Le Produc&#173;teur) et nouveau th&#233;oricien et organisateur libertaire. Les gr&#232;ves qui se produisirent &#224; la fin des ann&#233;es quatre-vingt furent toutes d'inspiration anarchiste et orient&#233;es par &lt;i&gt;El Productor &lt;/i&gt; &#224; l'aide d'une organisation, l'Alliance Ouvri&#232;re, d'inspiration bakouniniste. L'Alliance Ouvri&#232;re s'implanta &#233;galement dans deux centres de travail de l 'industrie du tabac aux &#201;tats-Unis, Tampa et Cayo Hueso, o&#249; s'organisa, en 1887, la premi&#232;re F&#233;d&#233;ration locale des Ouvriers du tabac et qui rassemblait presque tous les ouvriers de cette industrie. Les responsables en &#233;taient Enrique Messonier et Enrique Creci, ainsi que quelques activistes acrates comme Leal, Segura et Palomino. En 1889, une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;clench&#233;e &#224; Cayo Hueso, se termina par la victoire des ouvriers dans les premiers jours de 1890. A la Havane, l'Alliance et les ouvriers cubains s'&#233;taient solidaris&#233;s avec cette gr&#232;ve et la mort de Roig san Martin n'emp&#234;cha pas &lt;i&gt;El Productor&lt;/i&gt; de soutenir les travailleurs en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s&#233;paratiste cubain, continuant &#224; pr&#233;parer la lutte pour l'ind&#233;pendance, op&#233;rait depuis les c&#244;tes de Floride, &#224; partir des villes des &#201;tats-Unis mentionn&#233;es ci-dessus, p&#233;pini&#232;re de patriotes, d'anarchistes et d'ennemis de l'Espagne en g&#233;n&#233;ral. Durant ces ann&#233;es, Jos&#233; Marti, l'ap&#244;tre de la lutte contre la m&#233;tropole espagnole, chercha des partisans parmi les groupes les mieux organis&#233;s de l'&#233;migration cubaine, tandis que, pour leur part, les ouvriers concentr&#233;s dans l'industrie du tabac regardaient le probl&#232;me cubain d'un point de vue social et internationaliste. S'adressant aux travailleurs, Marti fit des concessions sociales, de fa&#231;on &#224; les attirer dans le camp s&#233;paratiste, et leur promit une r&#233;publique de libert&#233; et de justice. Les anarchistes influenc&#233;s par Marti entreprirent de se regrouper dans les clubs r&#233;volutionnaires, et quelques-uns des acrates de premier plan &#8211; Creci, Messonier, Rivero y Rivera, Sorondo, Rivera Monteressi, Palomino, Balino, Segura &#8211; se joignirent &#224; la cause de l'ind&#233;pendance, sans renoncer, pour autant, &#224; leurs id&#233;aux de libert&#233; et de justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui que les anarchistes pr&#234;t&#232;rent &#224; Marti fut immense, tant moralement que politiquement et financi&#232;rement. Marti d&#233;cida alors de fonder un parti r&#233;volutionnaire qui comprit en majorit&#233; des ouvriers du tabac de l'exil, ceux-ci se situant sur le plan syndical dans ce qu'il &#233;tait convenu d'appeler le &#171; socialisme-r&#233;volutionnaire &#187; chez les anarchistes d'alors depuis les tragiques &#233;v&#233;nements de Chicago en 1886.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Havane, l'Alliance Ouvri&#232;re c&#233;l&#233;bra le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai 1890 par une manifestation &#224; la m&#233;moire des anarchistes ex&#233;cut&#233;s &#224; Chicago. En 1891, un congr&#232;s fut convoqu&#233; pour l'ann&#233;e suivante et les anarchistes tinrent le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de la r&#233;gion cubaine en janvier 1892. A cette occasion, l'on d&#233;cida, entre autres, de recommander &#224; la classe ouvri&#232;re cubaine d'embrasser les id&#233;es du socialisme-r&#233;volutionnaire et le s&#233;paratisme proclam&#233; par Marti, car, selon une phrase devenue historique : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il serait absurde que l'homme qui aspire &#224; la libert&#233; individuelle s'oppose &#224; la libert&#233; collective d'un peuple&lt;/q&gt;. Mais les autorit&#233;s espagnoles interrompirent le congr&#232;s, interdirent les moyens d'expression anarchistes et d&#233;port&#232;rent ou empri&#173;sonn&#232;rent les responsables les plus connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1895, la guerre de lib&#233;ration nationale pr&#244;n&#233;e par Marti &#233;clata &#224; Cuba. Les anarchistes les plus engag&#233;s se lanc&#232;rent dans la lutte comme, par exemple, Enrique Creci, qui mourut au combat en 1896. Quant aux promesses de changements sociaux, elles disparurent avec l'ap&#244;tre de l'ind&#233;pendance cubaine, qui tomba en combattant les troupes espagnoles en 1865. La guerre se termina avec l'intervention nord-am&#233;ricaine en 1898, par la d&#233;route de l'Espagne&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1898, les &#201;tats-Unis lanc&#232;rent leur deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste (la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Durant toute cette p&#233;riode, les anarchistes de l'&#233;migration comme de l'int&#233;rieur ne cess&#232;rent de recueillir des fonds ou de se joindre &#224; la lutte et orchestr&#232;rent une importante campagne politique dans les milieux acrates d'Am&#233;rique et d'Europe. L'internationalisme se mani&#173;festa concr&#232;tement : deux jeunes anarchistes, Oreste Ferrara et Federico Falco, s'engag&#232;rent depuis l'Italie ; l'ex&#233;cution de Canovas del Castillo par l'anarchiste italien Angiolillo en 1897, avec la participation directe d'Emeterio Betances, portoricain qui repr&#233;sentait l'&#233;migration cubaine &#224; Paris, fut l'un des facteurs les plus d&#233;cisifs de la d&#233;faite de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5908 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/saavedra_toro_abelardo-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH744/saavedra_toro_abelardo-2-cb454.jpg?1774800634' width='500' height='744' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Abelardo Saavedra&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Durant l'intervention nord-am&#233;ricaine en 1898, la premi&#232;re gr&#232;ve qui &#233;clata &#224; Cuba fut lanc&#233;e par les anarchistes dans la corporation des ma&#231;ons. La gr&#232;ve fut r&#233;prim&#233;e violemment, bien que, en fin de compte , les gr&#233;vistes eussent obtenu des augmentations salariales. Cette gr&#232;ve re&#231;ut le soutien total de l'hebdomadaire &lt;i&gt;Tierra !&lt;/i&gt; (Terre !) dirig&#233; par Abelardo Saavedra et Adrian del Valle.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re R&#233;publique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous les premiers gouvernements cubains, plusieurs gr&#232;ves importantes &#233;clat&#232;rent chez les ouvriers du tabac, les ouvriers boulangers, les ma&#231;ons et les menuisiers. Presque toutes furent r&#233;prim&#233;es f&#233;rocement comme aux plus sombres temps coloniaux. La r&#233;publique des lib&#233;raux comme celle des conservateurs ne comprenait ni m&#234;me ne reconnaissait le probl&#232;me social et on avait oubli&#233; la promesse de Marti : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec tous et pour le bien de tous.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution mexicaine de 1910 retentit vivement sur les ouvriers et les paysans cubains, les discours de Flores Mag&#243;n&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. la R&#233;volution mexcaine de R.F. Mag&#243;n, Spartacus, 1978.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et les fusils de Zapata aiguillonnant la conscience des ouvriers oubli&#233;s de la canne &#224; sucre, premi&#232;re industrie du pays. En 1915, parut le manifeste de Cruces. C'&#233;tait, par sa forme litt&#233;raire, un po&#232;me de lutte. &#171; Soutenons notre cri &#224; la force de nos bras &#187; et &#171; Se taire c'est transiger &#187; sont l'expression de la r&#233;volte de travailleurs r&#233;duits &#224; la famine, conscients d'&#234;tre la force productive la plus importante de l'&#238;le. Cette m&#234;me ann&#233;e, fut fond&#233;e la premi&#232;re F&#233;d&#233;ration Paysanne de la province de Las Villas, avec, pour principaux organisateurs, Fernando lgl&#233;sias, Laureano Otera, Manuel Lopez, Jos&#233; Lage, Benjamin Janeiros, Luis Meneses, Santos Garos, Miguel Ripoll, Francisco Baragoitia, Andres Fuentes, Tomas Rayon et Francisco Ramas. Devant les abus commis par les soci&#233;t&#233;s sucri&#232;res nord-am&#233;ricaines et espagnoles, qui contr&#244;laient la majeure partie de la production nationale, les anarchistes tent&#232;rent de lancer quelques gr&#232;ves ; mais ils &#233;chou&#232;rent du fait de la r&#233;pression que le gouvernement d&#233;cha&#238;na depuis la Havane sous le commandement de Garcia Menocal, utilisant l'arm&#233;e pr&#233;torienne et la Garde Rurale pour assassiner et poursuivre les gr&#233;vistes. Cette p&#233;riode, la plus active de l'histoire des libertaires cubains, se termina douze ans plus tard par la liquidation physique des personnalit&#233;s qui avaient le plus d'abn&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5910 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L385xH561/adriandelvalle-6b7dc.jpg?1774711046' width='385' height='561' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Adrian del Valle&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;poque plusieurs journaux d'orientation libertaire &#233;taient publi&#233;s r&#233;guli&#232;rement, malgr&#233; la d&#233;portation de certains de leurs responsables th&#233;oriques : &lt;i&gt;La Batalla&lt;/i&gt; (La Bataille), &lt;i&gt;Nuevos Rumbos&lt;/i&gt; (Nouveaux Chemins), &lt;i&gt;Via libre&lt;/i&gt; (Voie Libre) et naturellement&lt;i&gt; Tierra !&lt;/i&gt; Les grands noms de la litt&#233;rature libertaire et anarcho-syndicaliste collaboraient intens&#233;ment, tels, parmi bien d'autres, Marcelo Salinas, Antonio Penichet, Manuel Ferro, Jesus Iglesias et Adrian del Valle. Les uns soutenaient les id&#233;es de Kropotkine, de Reclus, de Malatesta ; d'autres d&#233;fendaient la tradition bakouniniste ; la majorit&#233;, enfin, &#233;tait proche de l'anarcho-syndicalisme naissant, qui, incarn&#233; dans la Conf&#233;d&#233;ration Nationale du Travail (CNT), venait d'Espagne. Alfredo Lapez, qui s'inscrivait dans cette derni&#232;re tendance d&#232;s 1922 et appartenait au syndicat des typographes, organisa la F&#233;d&#233;ration Ouvri&#232;re de la Havane (FOH), o&#249; se regroup&#232;rent les corporations et les associations ouvri&#232;res les plus combatives de la capitale. Avec Alfredo Lopez d&#233;buta l'&#233;tape la plus dynamique d'un vaste mouve&#173;ment social : on cr&#233;a des ath&#233;n&#233;es libertaires, des centres ouvriers, des clubs naturistes, on organisa des syndicats. Ce furent les anarchistes qui, en ces ann&#233;es troubl&#233;es, les premiers et les seuls, sans moyens financiers ni aide de quiconque, unirent et orient&#232;rent la majorit&#233; des travailleurs de la campagne et de la ville sur l'ensemble de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1925, s'appuyant sur trois congr&#232;s ouvriers qui se d&#233;roul&#232;rent successivement &#224; la Havane, &#224; Cienfuegos et &#224; Camag&#252;ey, les anarchistes cr&#233;&#232;rent dans cette derni&#232;re ville la Conf&#233;d&#233;ration Nationale Ouvri&#232;re de Cuba (CNOC), qui r&#233;unit tous les syndicats, les confr&#233;ries, les unions, les corporations et associations de Cuba, soit 128 collectivit&#233;s et plus de 200 000 ouvriers repr&#233;sent&#233;s par 160 d&#233;l&#233;gu&#233;s. Ses personnalit&#233;s les plus connues, outre Alfredo Lopez, s'appelaient Pascual Nunez, Bienvenido Rego, Nicanor Tomas, Jos&#233; M. Govin, Domingo Rosado Rojas, Florentino Pascual, Luis Trujeda, Paulino Diez, Venancio Rodriguez, Rafael Serra, Antonio Penichet, Margarito Iglesias et Enrique Varona. La d&#233;cision la plus marquante introduite dans les statuts de la CNOC fut le &#171; rejet total et collectif de l'action &#233;lectorale &#187; &#8211; sans parler d'autres r&#233;solutions &#224; caract&#232;re syndical et social comme la revendication classique des huit heures de travail journalier, le droit de gr&#232;ve et le refus unanime de bureaucratiser l'organisme nouvellement cr&#233;&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5911 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH500/alfredo-lopez-d545d.jpg?1774711046' width='362' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Alfredo Lopez&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident de Cuba, Gerardo Machado, dictateur et manipulateur &#233;lectoral, consid&#233;rait l'attitude politique des ouvriers &#171; peu patriotique &#187; et d&#233;cha&#238;na des poursuites incessantes contre la CNOC et ses responsables. Machado ordonna les l&#226;ches assassinats d'Enrique Varona, organisateur des cheminots, de Margarito Iglesias du Syndicat manufacturier et d'Alfredo Lopez, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CNOC. Il fit emprisonner et d&#233;porter nombre d'activistes et de militants de l'anarcho-syndicalisme cubain et d&#233;clara hors-la-loi tous les syndicats ou corporations qui le combattaient r&#233;ellement. Durant plus de huit ans, Machado s'occupa de d&#233;truire l'&#339;uvre accomplie par les libertaires, donnant l'occasion au Parti communiste r&#233;cemment cr&#233;&#233; de se placer en position de force &#224; l'int&#233;rieur de la CNOC. Plus tard, le PC utilisera cet organisme pour pactiser avec Machado, &#224; la fin de son r&#233;gime... Ce harc&#232;lement ne put emp&#234;cher les anarchistes, regroup&#233;s dans une organisation cr&#233;&#233;e en 1924 et nomm&#233;e F&#233;d&#233;ration des Groupes Anarchistes de Cuba (FGAC), de lancer des gr&#232;ves, de faire de la propagande et de contribuer aux d&#233;sordres et aux violences de la p&#233;riode la plus sanglante de notre histoire : celle qui va de 1930 &#224; 1933. La tyrannie de Machado, qui dura jusqu'au mois d'ao&#251;t de cette ann&#233;e-l&#224;, fut abattue par une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, lanc&#233;e et maintenue par des libertaires dans le Syndicat des tramways&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Machado avait &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 1925 avec l'appui des Am&#233;ricains. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la victoire, les libertaires sortirent mal en point de la dictature de Machado. Les animateurs et les activistes les plus d&#233;termin&#233;s avaient &#233;t&#233; victimes de la r&#233;pression gouvernementale ou d&#233;port&#233;s. Les communistes, eux, man&#339;uvr&#232;rent apr&#232;s la chute de Machado pour r&#233;cup&#233;rer l'influence perdue et entreprirent d'attaquer violemment les anarchistes, dans le but de manipuler plus facilement la classe ouvri&#232;re. Ayant totalement &#233;chou&#233;, ils essay&#232;rent la tactique qui sera connu plus tard sous le nom de Front Populaire, cherchant l'appui officiel de Batista, alors colonel, nouvel figure sortie des casernes lors du coup d'&#201;tat du 4 septembre 1936.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin de se regrouper et de se r&#233;organiser, les anarchistes cherch&#232;rent des alli&#233;s dans l'opposition r&#233;volutionnaire &#224; Batista. Certains des militants les plus aguerris s'affili&#232;rent &#224; l'organisation socialiste &#171; Jeune Cuba &#187;, dirig&#233;e par un ennemi acharn&#233; des communistes, Antonio Guiteras. Cette fois-ci, c'est avec l'aide du PC que la r&#233;pression organis&#233;e par le colonel Batista fit &#233;chouer la gr&#232;ve de mars 1935. Un nouveau coup contre les anarchistes dans cette p&#233;riode de r&#233;action sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la r&#233;volution et la guerre civile espagnoles &#233;clat&#232;rent en juillet 1936, les anarchistes de Cuba rejoignirent la d&#233;fense de la R&#233;publique espagnole et, &#224; leur initiative, fut fond&#233;e &#224; La Havane la Solidarit&#233; Internationale Antifasciste (SIA), qui &#339;uvra avec acharnement pour recueillir et envoyer des fonds et des armes aux camarades espagnols de la CNT-FAI. Les libertaires cubains furent nombreux &#224; participer directement &#224; ce conflit en s'engageant dans les colonnes anarchistes ; certains moururent en Espagne en d&#233;fendant leurs id&#233;aux. Apr&#232;s la victoire franquiste, plusieurs d'entre eux furent rapatri&#233;s &#224; Cuba, de m&#234;me qu'un nombre important d'Espagnols, qui sortirent de France et d'Espagne avec des passeports cubains. De nouveau, on recueillit des fonds pour aider les combattants d&#233;munis, et ceux qui arriv&#232;rent &#224; Cuba b&#233;n&#233;fici&#232;rent d'une solidarit&#233; totale.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH612/sans_titre-2-31-8863e.jpg?1774800634' width='500' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;1948. Deuxi&#232;me congr&#232;s de l'Association libertaire de Cuba&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1939, suivant les ordres re&#231;us de Moscou, le Parti communiste pac&#173;tisa officiellement avec Batista&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Batista renversa Grau San Martin en 1934, brisa le mouvement populaire issu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, dirigeant sans base populaire, et celui-ci,en paiement de leurs services et de leur appui politique, leur remit la direction d'une nouvelle centrale syndicale, cr&#233;&#233;e dans ce but, la Conf&#233;d&#233;ration des Travailleurs de Cuba (CTC), organisme professionnel le plus important de l'&#238;le, puisqu'il regroupait toutes les tendances politiques et syndicales du moment &#8211; y compris une minorit&#233; anarchiste. D&#232;s lors, le mouvement ouvrier cubain, organis&#233; et l&#233;galis&#233; sur ordre de Batista, passa sous le contr&#244;le des communistes. Les anarchistes, eux, cr&#233;&#232;rent une organisation, l'Association Libertaire de Cuba (ALC), pour rassembler les anarchistes et les anarcho-syndicalistes ayant surv&#233;cu aux ann&#233;es trente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La seconde R&#233;publique &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La constitution de 1940 marqua le d&#233;but d'une nouvelle situation politique. Pour la premi&#232;re fois dans notre histoire, on y traitait du probl&#232;me social et on tentait de r&#233;parer les erreurs et les oublis de la I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; R&#233;publique. D'orientation moderne et progressiste, la &lt;i&gt;Carra Magna &lt;/i&gt; (Grande Charte) cubaine &#233;tait l'&#339;uvre de deux g&#233;n&#233;rations de Cubains o&#249; se retrouvaient des individus de toutes les classes sociales et de toutes les sph&#232;res de la vie nationale. Tous les probl&#232;mes pass&#233;s et &#224; venir, tant poli&#173;tiques que sociaux, tant agraires ou urbains qu'ouvriers, d'une p&#233;riode convulsive, s'y refl&#233;taient avec une pr&#233;cision incroyable. La Constitution &#233;tait, sans aucun doute, un document bien r&#233;ussi : restait &#224; la mettre en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es quarante, les libertaires se consacr&#232;rent &#224; partir de l'ALC &#224; un travail d'organisation. Ce qui demeurait du mouvement qui avait &#233;t&#233; le plus actif dans le prol&#233;tariat cubain jusqu'au milieu des ann&#233;es vingt, b&#233;n&#233;ficiait encore d'un appui populaire solide et d'une r&#233;putation de combativit&#233;, fond&#233;es sur une trajectoire r&#233;volutionnaire et sociale claire et sur un d&#233;sint&#233;ressement l&#233;gendaire. D'une part, on commen&#231;a par pr&#233;parer des cadres pour la Jeunesse Libertaire r&#233;cemment fond&#233;e, dans l'espoir de r&#233;cup&#233;rer le terrain perdu devant les communistes, en cr&#233;ant &#224; l'aide de cet organisme des groupes d'action libertaire. D'autre part, devant la situation cr&#233;&#233;e par la Constitution de 1940, qui avait l&#233;galis&#233; la journ&#233;e de huit heures de travail et qui, tout en reconnaissant le droit de gr&#232;ve, en avait r&#233;glement&#233; l'exercice, les anarcho-syndicalistes furent oblig&#233;s de cr&#233;er, &#224; l'int&#233;rieur de la CTC, des groupes de pression, v&#233;ritables v&#233;hicules de la pens&#233;e anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Batista, &#233;lu pr&#233;sident, perp&#233;tua son alliance avec les communistes qui, en retour, ayant re&#231;u des charges minist&#233;rielles, de l'argent et des moyens de propagande, l'encens&#232;rent du titre pompeux de &#171; Messager de la Pros&#173;p&#233;rit&#233; &#187; et mirent &#224; son service non seulement le Parti communiste, mais aussi la CTC, contr&#244;l&#233;e d'en haut, trahissant une fois de plus le syndi&#173;calisme r&#233;volutionnaire et libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1944, Ramon Grau San Martin remporta les &#233;lections&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son candidat battu aux &#233;lections, Batista s'exila en Floride.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le peuple attendit des changements substantiels du nouveau gouvernement social-d&#233;mocrate. En fait, Grau maintint les communistes &#224; leurs postes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Parti communiste cubain explique ainsi sa position par la plume d'un de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il n'y eut de changements importants dans le mouvement ouvrier qu'en 1947, lorsque Grau, contraint par la guerre froide, d&#233;cida d'expulser les marxistes de leurs postes hi&#233;rarchiques au sein de la CTC, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai de cette ann&#233;e&#173;-l&#224;. (Grau, malgr&#233; la pression nord-am&#233;ricaine, respecta le Parti commu&#173;niste.) Les anarchistes, profitant de l'occasion, obtinrent, apr&#232;s la tenue d'&#233;lections syndicales libres dans presque tous les syndicats, la d&#233;signation de plusieurs camarades dans la plus grande organisation syndicale. Le prestige et l'engagement des anarcho-syndicalistes les amena &#224; diriger de mani&#232;re effective quelques syndicats : transport, alimentation, etc. et &#224; maintenir une pression r&#233;elle dans la quasi-totalit&#233; des autres syndicats de la CTC. A la m&#234;me &#233;poque, des Associations paysannes furent cr&#233;&#233;es par des anarchistes pour tenter d'organiser les paysans sans terre. Ces efforts rempor&#173;t&#232;rent le plus de succ&#232;s sur la c&#244;te nord de la province de Camag&#252;ey, vieux bastion libertaire, et chez les cultivateurs de caf&#233; de la province d'Oriente, o&#249;, depuis longtemps d&#233;j&#224;, les anarchistes avaient fond&#233; et soutenu des collectivit&#233;s agricoles libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carlo Prio Socarras conquit la pr&#233;sidence en 1948 et suivit la m&#234;me politique tol&#233;rante dans le domaine social que Grau. En 1949, les anarchistes &#224; l'int&#233;rieur de la CTC agirent avec quelques &#233;l&#233;ments proches pour tenter de cr&#233;er une nouvelle centrale syndicale, la Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale des Travailleurs (CGT). L'id&#233;e &#233;tait de cr&#233;er une organisation ouvri&#232;re ind&#233;pendante de la CTC &#8211; inf&#233;od&#233;e au gouvernement &#8211;, dans la tradition anarcho-syndicaliste ; mais cette d&#233;marche &#233;choua devant les pressions exerc&#233;es par le ministre du Travail, qui redoutait l'influence crois&#173;sante des libertaires dans le monde du travail et s'y opposait cat&#233;gori&#173;quement. Pria d&#233;cidant en 1950 de d&#233;clarer ill&#233;gal le Parti Socialiste Populaire (communiste), ceux-ci cherch&#232;rent &#224; nouveau une alliance avec Batista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 1952, Batista fit un coup d'&#201;tat Les communistes ne r&#233;pu&#173;gn&#232;rent pas d'utiliser cette occasion pour p&#233;n&#233;trer la bureaucratie officielle, mais ils ne purent retrouver leur influence dans la CTC. On &#233;tait alors en pleine guerre froide et, cette fois, Batista devait rester mod&#233;r&#233; dans son alliance avec les marxistes. Profitant de l'absence de r&#233;action au coup d'&#201;tat, Fidel Castro &#8211; obscur politicien d'origine bourgeoise &#8211; et un groupe de jeunes r&#233;volutionnaires men&#232;rent une attaque contre la caserne Moncada &#224; Santiago de Cuba, qui &#233;choua d'une mani&#232;re sanglante&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 26 juillet 1953, cent vingt hommes group&#233;s autour de Fidel Castro (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Leur programme &#171; r&#233;volutionnaire &#187; n'&#233;tait qu'un programme social-d&#233;mocrate, r&#233;formiste et petit-bourgeois. Castro fut emprisonn&#233; avec certains de ses compagnons quelques mois seulement, puis partit pour le Mexique. L'opposition devint violente et Batista r&#233;pondit &#224; l'agitation de mani&#232;re brutale, comme on pouvait s'y attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin de 1956, une polarisation d&#233;finitive se produisit entre Batista et l'opposition, aussi l'ALC d&#233;cida-t-elle de prendre parti pour les forces d&#233;mocratiques oppos&#233;es &#224; un gouvernement dictatorial&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ALC en tant que telle resta toujours l&#233;gale. Les anarchistes particip&#232;rent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est cette ann&#233;e-&#173;l&#224; que Castro d&#233;barqua dans la province d'Oriente ; il entama l'ann&#233;e suivante une guerre de gu&#233;rilla dans les montagnes locales. Le Mouvement du 26 juillet gagna des partisans et mena des actions violentes dans les&#183; villes les plus importantes de l'&#238;le, entra&#238;nant la r&#233;pression que l'on sait de la part du gouvernement Cependant, &#224; la fin de 1958, Batista avait perdu la bataille politique et ne. pouvait plus contenir militairement les rebelles. Castro se renfor&#231;a sur le plan politique et l'opposition s'unit &#224; lui. Son programme social et politique &#233;tait toujours le m&#234;me : la justice sociale, des r&#233;formes et le retour &#224; la Constitution de 1940. Les communistes qui n'avaient pas particip&#233; &#224; la dictature de Batista se group&#232;rent autour de lui. Batista s'enfuit de Cuba le 31 d&#233;cembre 1958. Un autre cycle historique commen&#231;ait pour le peuple cubain...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Castrisme et exil &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes ont particip&#233; &#224; la lutte contre Batista, les uns dans les gu&#233;rillas orientales ou de l'Escambray au centre le l'&#238;le, les autres dans la lutte urbaine. Leur but, comme celui de tout le peuple cubain, &#233;tait d'abattre la tyrannie de Batista, quoique, d'apr&#232;s leur exp&#233;rience historique, ils n'aient jamais fait confiance &#224; Castro, qu'ils avaient d&#233;fini d&#232;s 1956 comme un dictateur potentiel, s'appuyant sur une organisation verticale de type totalitaire. Mais Castro s'&#233;tait transform&#233;, &#224; cause d'une &#233;valuation incor&#173;recte de l'opposition d&#233;mocratique, en un mal n&#233;cessaire et provisoire. Cette illusion &#233;tait le produit de la confusion, de la division et aussi de la l&#226;chet&#233; qui r&#233;gnaient chez les opposants &#224; Batista. Comme on le voit, les liber&#173;taires observaient Castro et sa r&#233;volution dans une perspective oppos&#233;e &#224; celle des dirigeants politiques du moment, qui esp&#233;raient pouvoir manipuler le vainqueur. En fait, au d&#233;but de 1959, c'est le nouveau gouvernement r&#233;volutionnaire qui, sous pr&#233;texte de purger la CTC des &#233;l&#233;ments ayant collabor&#233; avec Batista, releva arbitrairement de leurs postes tous les responsables anarcho-syndicalistes et presque tous les dirigeants sociaux-d&#233;mocrates, bien que nombre d'entre eux aient souffert de pers&#233;cutions et connu la prison sous le r&#233;gime pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les libertaires, expuls&#233;s de la CTC maintenant dite &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, conservaient n&#233;anmoins tout leur prestige dans la classe ouvri&#232;re. Lors d'un congr&#232;s convoqu&#233; par le gouvernement r&#233;volutionnaire &#224; la fin de 1959, les &#233;l&#233;ments du Mouvement du 26 juillet engag&#233;s dans le syndicalisme sous la houlette du secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CTC, David Salvador, et alli&#233;s au Parti communiste et &#224; ses cadres dans la centrale syndicale, livr&#232;rent &#224; nouveau le syndicat, en &#171; bonne tradition d&#233;mocratique &#187;, au gouvernement repr&#233;sent&#233;, cette fois, par le&lt;i&gt; lider maximo&lt;/i&gt;, Fidel Castro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castro, pour se maintenir au pouvoir &#224; tout prix, fit rapidement alliance avec l'Union sovi&#233;tique, dans le but de transformer Cuba en une grande colonie sucri&#232;re au service des Russes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1929, les &#201;tats-Unis absorbaient 78,8% des exportations cubaines et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les avantages et les droits que les ouvriers cubains avaient obtenus au prix de leur sang sur plus d'un si&#232;cle furent jet&#233;s aux &#171; poubelles de l'histoire &#187;, l'&#201;tat totalitaire devenant alors le patron unique. L'ancien syst&#232;me politique, social et &#233;conomique s'&#233;crou&#173;la et Cuba se convertit en 1961 en un &#201;tat l&#233;niniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de 1960, les libertaires avaient rejet&#233; Castro et repris la lutte [Annexe II]. Finalement, leurs publications, &lt;i&gt;El Libertario&lt;/i&gt; (Le Libertaire) et &lt;i&gt;Solidaridad Gastronomica &lt;/i&gt; (Solidarit&#233; dans l'alimentation), furent condam&#173;n&#233;es &#224; dispara&#238;tre et il ne resta plus aux libertaires qu'&#224; passer dans la clandestinit&#233; puis &#224; s'exiler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus se fit en deux temps. En premier lieu, ce fut l'exp&#233;rience de la lutte r&#233;duite &#224; la clandestinit&#233; : publication du journal clandestin &lt;i&gt;Nuestra Palabra Semanal &lt;/i&gt; (Notre Parole Hebdomadaire), organe du Mouvement d'Action Syndicale, s'adressant &#224; tous les travailleurs, lutte plus acharn&#233;e encore qu'au temps de Batista, plus durement r&#233;prim&#233;e aussi et dont malheureusement la direction &#233;tait aux mains de Nord-Am&#233;ricains et de bourgeois n'ayant rien &#224; faire d'id&#233;aux libertaires. Les premiers n'&#233;taient pas vraiment int&#233;ress&#233;s &#224; liquider le syst&#232;me et h&#233;sitaient constamment ; les seconds manquaient de pr&#233;paration et de volont&#233; r&#233;volutionnaire pour une entreprise de cette sorte, bien que les deux groupes fussent puissants et disposassent de moyens importants. Les travailleurs de Cuba, eux, n'accep&#173;taient pas le communisme et une grande partie d'entre eux d&#233;cida de lutter contre le r&#233;gime. Les anarchistes &#233;chou&#232;rent sur tous les fronts, malgr&#233; le travail entrepris dans la classe ouvri&#232;re et paysanne, avec plus de sacrifices personnels que de moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, il y eut l'exil, ill&#233;gal ou favoris&#233; par quelque ambassade plus ou moins complaisante. En 1961, fut fond&#233;e aux &#201;tats-Unis le Mouvement Libertaire Cubain (MLC), en relation avec l'ALC &#224; l'int&#233;rieur de Cuba, o&#249; se regroup&#232;rent les naufrag&#233;s de l'ouragan castriste. Ils &#233;taient peu nombreux, mais leur activit&#233; devint rapidement tr&#232;s pr&#233;cieuse pour la cause de la libert&#233; &#224; Cuba. On se consacrait &#224; la propagande ; on collectait des fonds pour faire sortir de l'&#238;le des camarades menac&#233;s ; on menait &#224; bien des actions contre la dictature. Les ann&#233;es soixante furent employ&#233;es &#224; cette lutte. Des sacrifices personnels de toutes sortes furent consentis ; on com&#173;men&#231;a l'&#233;dition de &lt;i&gt;El Gastronomico&lt;/i&gt; (L'ouvrier de l'alimentation) &#224; Miami, et on tenta, mais sans succ&#232;s, de convaincre le mouvement anarchiste international que Castro n'&#233;tait pas un r&#233;volutionnaire, comme il voulait le voir, mais un liberticide. Les anarchistes cubains r&#233;alis&#232;rent un travail patient de r&#233;daction de manifestes, d'articles, d'essais, de brochures et de lettres. On en appelait aux vieilles amiti&#233;s, aux camarades fraternels de toujours avec lesquels on avait partag&#233; les moments difficiles ; on protestait en Espagne, en Italie, en France, au Mexique, en Argentine, au Venezuela, &#224; Panama, au Chili, en Angleterre, aux &#201;tats-Unis, enfin dans le monde entier. En vain. Peu nombreux furent ceux qui r&#233;pondirent et furent solidaires. Les anarchistes, au niveau mondial, ou bien ne comprirent pas le drame, ou bien ne voulurent pas le comprendre. Notre effort n'aboutit qu'&#224; un dialogue de sourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es soixante-dix, on commen&#231;a &#224; noter un certain chan&#173;gement dans le paysage acrate international, non &#224; cause des libertaires cubains, mais &#224; cause d'un d&#233;senchantement vis-&#224;-vis de la &#171; r&#233;volution &#187; castriste. Soudain, Castro apparut comme un dictateur. Mais on avait perdu un temps pr&#233;cieux pour notre histoire. Certains s'&#233;taient exil&#233;s ; des camarades de valeur &#233;taient tomb&#233;s ; d'autres n'avaient pas voulu partir et le reste pourrit en prison [Annexe III]. L'absence de solidarit&#233; envers les anar&#173;chistes cubains fut notoire, resta la mauvaise conscience, comme on a dit plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne, uniquement comparable &#224; l'attitude favorable aux bolche&#173;viks de certains anarchistes en 1917 &#8211; pr&#233;c&#233;dent historique dont personne n'a d'ailleurs tenu compte &#8211; fit un mal irr&#233;parable. Cependant, cette incom&#173;pr&#233;hension et ce manque de solidarit&#233; n'arr&#234;t&#232;rent pas la marche des libertaires cubains sur le chemin de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anarchisme &#224; Cuba, dans toute sa longue histoire, malgr&#233; plus d'un demi-si&#232;cle de pers&#233;cutions, d'assassinats, de d&#233;portations et d'emprison&#173;nements, n'a jamais connu, avant le castrisme, une d&#233;faite d'une telle ampleur et une r&#233;pression d'une telle sauvagerie. Le communisme, apparem&#173;ment, a gagn&#233; la partie. Mais les anarchistes cubains ne s'y r&#233;signent pas et c'est pourquoi ils ont maintenu ces vingt-six derni&#232;res ann&#233;es bien haut leur drapeau et in&#233;branlables leurs id&#233;aux, ne renon&#231;ant jamais &#224; voir le peuple lib&#233;r&#233; de l'oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes cubains ont une longue tradition de lutte en faveur de la libert&#233; : depuis les premi&#232;res luttes syndicales et corporatives en 1865, leur participation &#224; la guerre d'ind&#233;pendance contre l'Espagne, leur opposition &#224; la politique &#171; sociale &#187; des deux R&#233;publiques, leur combat contre les dictatures de Machado, de Batista et de Castro, jusqu'&#224; la lutte finale qu'ils sont bien d&#233;cid&#233;s &#224; mener, aiguillonn&#233;s puissamment en cela par leur foi in&#233;branlable en la libert&#233; qui les regroupe en ce moment sinistre de leur histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Frank Fernandez Miami, octobre 1985&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h2&gt;ANNEXE I&lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;L' amendement Platt ou le philantropisme int&#233;ress&#233; des &#201;tats-Unis &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet amendement de 1901 disposait en substance : &lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; Le gouvernement de Cuba ne conclura jamais avec aucun pouvoir &#233;tranger aucun trait&#233; ou pacte qui amoindrisse ou tende &#224; amoindrir l'ind&#233;pendance de Cuba. &lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; Le dit gouvernement ne contractera aucune dette publique dont l'int&#233;r&#234;t et l'amortissement ne puissent &#234;tre pay&#233;s par des recettes officielles une fois couverts les frais courants du gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; Le gouvernement de Cuba consent &#224; ce que les &#201;tats-Unis exercent le droit d'intervenir pour pr&#233;server l'ind&#233;pendance et l'existence d'un gouvernement ad&#233;quat &#224; la protection de la vie, de la propri&#233;t&#233; et de la libert&#233; individuelle des citoyens. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
7&#176; Pour permettre aux USA de maintenir l'ind&#233;pendance de Cuba et de prot&#233;ger le peuple cubain, de m&#234;me que pour assurer sa propre d&#233;fense, le gouvernement de Cuba vendra ou louera aux USA les terrains n&#233;cessaires pour &#233;tablir des stations de charbon ou des bases navales en certains points d&#233;termin&#233;s dont il sera convenu avec le Pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
8&#176; Le gouvernement de Cuba ins&#233;rera les dispositions ant&#233;rieures dans un Trait&#233; Permanent avec les USA. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'amendement Plan (accept&#233; par la Constituante cubaine) donnait donc aux &#201;tats-Unis les droits suivants : &lt;br class='autobr' /&gt;
I. Se r&#233;server la proie cubaine pour eux seuls (art. 1). &lt;br class='autobr' /&gt;
II. S'installer militairement dans l'&#238;le m&#234;me (art. 7). &lt;br class='autobr' /&gt;
III. Y intervenir &#224; la faveur de n'importe quelle difficult&#233; politique ou financi&#232;re (art. 2 et 3).&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt;(Source et commentaire : Masses, avril 1933.) &lt;/i&gt; &lt;/div&gt;&lt;h1&gt;La bourgeoisie cubaine et ses contradictions internes &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Le pays se transformant de colonie en nation autonome, par suite des efforts de sa bourgeoisie naissante, cette bourgeoisie devait tendre &#224; exploiter le pays et ses travailleurs au degr&#233; maximum &#8211;&lt;i&gt; en se servant de l'aide &#233;conomique ou militaire des &#201;tats-Unis&lt;/i&gt; pour fomenter ses entreprises ou pour ralentir l'&#233;volution de son prol&#233;tariat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie cubaine et de la bourgeoisie des USA momentan&#233;ment (et d'une fa&#231;on assez trompeuse) alli&#233;s ne pouvaient co&#239;ncider constamment dans la suite. On voit alors la bourgeoisie cubaine &lt;i&gt;prendre conscience de sa nationalit&#233;&lt;/i&gt; non seulement contre son ancienne m&#233;tropole l'Espagne, mais &lt;i&gt;contre les USA&lt;/i&gt; (ce qui n'avait pas lieu au moment de l'amendement Plan). D'o&#249; la naissance d'un &#171; nationalisme r&#233;volutionnaire &#187; aussi oppos&#233; aux USA que ses propres partisans, peu d'ann&#233;es avant, tendaient &#224; la &#171; coop&#233;ration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(Extrait de Masses, avril 1933) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;ANNEXE II &lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;D&#201;CLARATION DE PRINCIPE DE LA &lt;i&gt;AGRUPACION SINDICALISTA UBERTARIA DE CUBA&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association Syndicaliste Libertaire de Cuba&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; (EXTRAITS) &lt;/h1&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Contre l'&#201;tat sous toutes ses formes &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la &lt;i&gt;Agrupacion sindicalista libertaria&lt;/i&gt; consid&#232;rent comme un devoir, avec lequel on ne peut ruser, d'affirmer en cette &#233;tape de r&#233;alisations r&#233;volutionnaires de notre peuple, qu'ils se dressent non seulement contre certaines formes accessoires de l'&#201;tat, mais contre l'existence m&#234;me de l'&#201;tat en tant qu' organisme dirigeant de la soci&#233;t&#233;, et de ce fait contre toute politique tendant &#224; provoquer l'hypertrophie &#233;tatique, &#224; d&#233;velopper les recours de l'&#201;tat et &#224; lui conf&#233;rer un caract&#232;re totalitaire ou dictatorial. Les militants syndicalistes libertaires cubains, de la m&#234;me fa&#231;on que les camarades des autres pays, estiment qu'on ne peut effectivement r&#233;aliser une r&#233;volution sociale authentique, s'il n'est pas proc&#233;d&#233;, en m&#234;me temps qu'&#224; la transformation &#233;conomique, &#224; l'&#233;limination de l'&#201;tat comme entit&#233; politique et administrative, en le rempla&#231;ant dans ses fonctions par des organismes de base r&#233;volutionnaires tels que les syndicats ouvriers, les communes libres, les coop&#233;ratives agricoles et industrielles autonomes, les collectivit&#233;s paysannes ou de production, libres d'ing&#233;rences autoritaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les superstitieux de la politique croient que la soci&#233;t&#233; humaine est une cons&#233;quence de l'&#201;tat, alors qu'en r&#233;alit&#233; l'&#201;tat surgit comme l'expression la plus terrible de la d&#233;g&#233;n&#233;rescence soci&#233;taire, c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233; divis&#233;e en classes, qui aboutit aux diff&#233;rences, aux injustices et aux antagonismes brutaux des r&#233;gimes capitalistes. L'&#201;tat, en d&#233;finitive, n'est autre chose qu'une excroissance parasitaire produite par le syst&#232;me des classes, fond&#233; sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production, et doit commencer &#224; dispara&#238;tre avec l'&#233;tape de la transformation r&#233;volutionnaire de la soci&#233;t&#233; bourgeoise en soci&#233;t&#233; socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La terre &#224; celui qui la travaille &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les hommes et les femmes qui forment la &lt;i&gt;Agrupacion sindicalista libertaria&lt;/i&gt; d&#233;fendent aujourd'hui plus que jamais la vieille consigne r&#233;volutionnaire : &#171; La terre &#224; celui qui la travaille. &#187; Nous croyons que le cri classique des paysans du monde entier : &#171; Terre et libert&#233; &#187; est l'expres&#173;sion la plus juste des aspirations imm&#233;diates des paysans cubains. La terre pour la labourer et la faire produire, la libert&#233; pour organiser et g&#233;rer les fruits de leurs efforts et selon leur volont&#233; : culture individuelle familiale en certains cas ; cr&#233;ation de libres coop&#233;ratives de production en d'autres cas ; organisation de fermes collectives l&#224; o&#249; c'est possible ; mais toujours suivant la volont&#233; la plus libre des paysans, sans jamais qu'une forme ou une autre soit impos&#233;e par des repr&#233;sentants de l'&#201;tat, lesquels peuvent &#234;tre des hommes tr&#232;s capables du point de vue technique, mais peuvent aussi ignorer dans la plupart des cas ce que sont les r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles de la culture et ne rien conna&#238;tre des sentiments, des inqui&#233;tudes et des aspirations des hommes de la terre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes convaincus, par une longue exp&#233;rience des luttes r&#233;volutionnaires paysannes, que la planification de l'exploitation de la terre, probl&#232;me vital pour notre peuple, ne peut &#234;tre envisag&#233;e comme un simple proc&#233;d&#233; technique, du fait que, &#224; c&#244;t&#233; des facteurs inertes d'intervention &#8211; terre et outillage &#8211; le facteur d&#233;cisif est le facteur humain, c'est-&#224;-dire les paysans. C'est pourquoi nous nous pronon&#231;ons en faveur d'une organisation de travail collectif et coop&#233;ratif sur des bases absolument volontaires, en fournissant au paysan toute l'aide technique et culturelle n&#233;cessaire, comme le moyen sans doute le meilleur de le persuader des &#233;normes avantages que pr&#233;sente l'exploitation collective de la terre sur le syst&#232;me de culture individuelle et familiale. Agir autrement, user de l'autorit&#233; et de la force conduirait en d&#233;finitive &#224; briser les bases m&#234;mes de la r&#233;volution agraire, c'est-&#224;-dire &#224; faire &#233;chouer la r&#233;volution elle-m&#234;me sous son aspect le plus important.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La lutte contre le nationalisme, le militarisme et l'imp&#233;rialisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En tant que travailleurs r&#233;volutionnaires, nous sommes interna&#173;tionalistes, c'est-&#224;-dire partisans fervents de l'entente pacifique entre tous les peuples, par-dessus toutes les fronti&#232;res, g&#233;ographiques, linguistiques, raciales, politiques et religieuses. Nous ressentons un immense amour pour notre terre, le m&#234;me amour que les hommes des autres pays &#233;prouvent pour la leur. En cons&#233;quence, nous sommes ennemis du nationalisme quel que soit le v&#234;tement qu'il porte ; nous sommes adversaires r&#233;solus du mili&#173;tarisme et de l'esprit belliqueux ; oppos&#233;s &#224; toutes les guerres ; d&#233;sireux de voir les &#233;normes ressources &#233;conomiques, aujourd'hui employ&#233;es aux armements, servir &#224; r&#233;duire la faim et les besoins des peuples appauvris ; les instruments de mort, fabriqu&#233;s en quantit&#233;s effrayantes par les grandes puissances, convertis en outils de travail, producteurs de bien-&#234;tre et de bonheur pour tous les hommes de la terre. Nous nous opposons r&#233;solument &#224; l'&#233;ducation militariste de la jeunesse, &#224; la cr&#233;ation d'ann&#233;es profes&#173;sionnelles, et &#224; l'organisation de formations militaires d'adolescents et d'enfants [ ... ] &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; toutes les m&#233;thodes imp&#233;rialistes, nous nous pronon&#231;ons en faveur de l'internationalisme r&#233;volutionnaire, par la cr&#233;ation de grandes conf&#233;d&#233;rations de peuples libres unis entre eux par des int&#233;r&#234;ts communs, par des aspirations semblables, par la solidarit&#233; et l'entraide. Nous sommes partisans d'un pacifisme actif et militant qui rejette les subtilit&#233;s dialectiques concernant la &#171; guerre juste &#187; et la &#171; guerre injuste &#187; , un pacifisme qui impose l'arr&#234;t de la course aux armements et le rejet de tout type d'armes et notamment des engins nucl&#233;aires d&#233;vastateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au centralisme bureaucratique nous opposons le f&#233;d&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes, par nature, ennemis de tout type d'organisation poli&#173;tique, sociale ou &#233;conomique de caract&#232;re centralisateur. Nous estimons que l'organisation de la soci&#233;t&#233; doit aller du simple au compos&#233;, de bas en haut, c'est-&#224;-dire en commen&#231;ant par les organismes de base &#8211; municipalit&#233;s, syndicats, coop&#233;ratives, centres d'enseignement, associations paysannes, etc. &#8211; pour les int&#233;grer dans les grandes organisations nationales et internationales, sur la base du pacte f&#233;d&#233;ral entre &#233;gaux qui s'organisent librement pour poursuivre des objectifs communs, sans dommage pour aucune des parties contractantes, celles-ci ayant toujours la libert&#233; de se s&#233;parer de l'ensemble quand elles l'estiment utile &#224; leurs int&#233;r&#234;ts. Nous voyons l'organisation, tant sur le plan national qu'international, dans le sens et la forme de grandes conf&#233;d&#233;rations syndicales, paysannes, municipales et culturelles, qui auront pour mission de repr&#233;senter les ensembles sans avoir d'autres droits que ceux qui leur sont confi&#233;s pour chaque cas par les organismes de base f&#233;d&#233;r&#233;s. [ ... ]&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sans libert&#233; individuelle il n'est point de libert&#233; collective &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous syndicalistes libertaires, sommes des partisans d&#233;cid&#233;s des droits individuels. Il n'y a pas de libert&#233; pour l'ensemble si la partie est esclave ; il ne peut exister de libert&#233; collective l&#224; o&#249; l'homme, individuellement, est victime de l'oppression. Nous consid&#233;rons qu'il est urgent de garantir les droits humains, c'est-&#224;-dire la libert&#233; d'expression, le droit au travail, &#224; une vie digne, la libert&#233; de religion, l'inviolabilit&#233; du domicile, le droit d'&#234;tre jug&#233; par des personnes impartiales et justes, le droit &#224; la culture et &#224; la sant&#233;, etc., sans quoi il n'est pas de normes civilis&#233;es pour la coexistence entre hommes. Nous sommes contre la discrimination raciale, contre les pers&#233;cutions politiques et l'injustice &#233;conomique et sociale. Nous sommes partisans de la libert&#233; et de la justice pour tous les hommes, y compris pour les ennemis de la libert&#233; et de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution appartient &#224; tous &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;Agrupacion siruiicalista libertaria &lt;/i&gt; r&#233;affirme sa volont&#233; d'appuyer la lutte pour la lib&#233;ration int&#233;grale de notre peuple, et rappelle que la r&#233;volution n'appartient &#224; personne en particulier mais au peuple dans sa totalit&#233;. Nous soutiendrons, comme nous l'avons fait jusqu'&#224; pr&#233;sent, toutes les mesures r&#233;volutionnaires qui visent &#224; gu&#233;rir les vieux maux qui nous affligent, mais nous lutterons aussi, sans tr&#234;ve, contre les tendances autoritaires qui surgissent au sein m&#234;me de la r&#233;volution. Nous f&#251;mes contre la barbarie et la corruption du pass&#233; ; nous lutterons contre toutes les d&#233;viations qui pr&#233;tendent mouler notre r&#233;volution suivant les mod&#232;les totalitaires, avilissant la dignit&#233; humaine, qui existent dans d'autres pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#201;tat, en d&#233;pit de ce que disent ses adorateurs de droite ou de gauche, est quelque chose de plus qu'une excroissance parasitaire de la soci&#233;t&#233; des classes : c'est la source g&#233;n&#233;ratrice de privil&#232;ges politiques et &#233;conomiques et, par cons&#233;quent, cr&#233;atrice de nouvelles classes privil&#233;gi&#233;es. Les vieilles classes r&#233;actionnaires qui luttent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment pour reconqu&#233;rir leurs privil&#232;ges abolis nous trouvent face &#224; elles ; les nouvelles classes oppressives et exploiteuses qui d&#233;j&#224; surgissent &#224; l'horizon r&#233;volutionnaire nous trouveront aussi face &#224; elle. Nous sommes pour la justice, pour le socialisme et pour la libert&#233; ; nous luttons pour le bien-&#234;tre de tous les hommes, quelles que soient leur origine, leur religion ou leur race. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur cette ligne r&#233;volutionnaire, travailleurs, paysans, &#233;tudiants, hommes et femmes de Cuba, nous tiendrons jusqu'au bout. Pour ces principes nous risquerons la libert&#233; et, si n&#233;cessaire, la vie.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Havane, juin 1960 &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h2&gt;ANNEXE III &lt;/h2&gt;
&lt;h1&gt;LA R&#201;PRESSION &lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression qui a frapp&#233; le mouvement libertaire cubain, comme toute opposition &#224; Castro, lorsque le nouveau r&#233;gime s'est affermi, est semblable dans ses grandes lignes &#224; celles qui ont d&#233;cim&#233; les anarchistes russes apr&#232;s 1917, ou est-europ&#233;ens apr&#232;s 1945. Nous n'avons ni la place, ni le mat&#233;riel pour en faire une &#233;tude approfondie, aussi nous contenterons-nous de citer quelques exemples qui se passent de commentaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Ventura Suarez&lt;/strong&gt;, vieux militant libertaire, et Augusto Sanchez (17 ans) : fusill&#233;s avec 62 autres camarades (information parue dans &lt;i&gt;La r&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;/i&gt; en juin 1963). &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Sandalio Torres&lt;/strong&gt; : paysan d'origine, ouvrier du b&#226;timent, avait lutt&#233; contre Batista et s'&#233;tait d&#233;solidaris&#233; de la r&#233;volution lorsqu'elle prit un caract&#232;re communiste totalitaire. Ayant exprim&#233; ses opinions sur son lieu de travail, il est arr&#234;t&#233; en 1962 et emprisonn&#233;. Soumis quatre fois de suite &#224; une ex&#233;cution simul&#233;e pour qu'il reconnaisse militer dans des mouvements contre-r&#233;volutionnaires et qu'il d&#233;nonce ses camarades &#8211; en vain. Il est condamn&#233; alors &#224; 30 ans de prison. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Aquiles Iglesias&lt;/strong&gt; : pers&#233;cut&#233; pour ses activit&#233;s r&#233;volutionnaires sous la dictature de Batista, il s'exila au Mexique, o&#249; il fut arr&#234;t&#233; pour avoir particip&#233; &#224; l'organisation de plusieurs exp&#233;ditions vers Cuba. Ing&#233;nieur agronome, il devint fonctionnaire au minist&#232;re de l' Agriculture du gouvernement r&#233;volutionnaire. Tr&#232;s vite, il exprima son d&#233;saccord avec les m&#233;thodes totalitaires adopt&#233;es et la p&#233;n&#233;tration communiste, ce qui lui valut d'&#234;tre arr&#234;t&#233; et condamn&#233; aux travaux forc&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Jos&#233; Acena &lt;/strong&gt; : vieux militant libertaire, il s'opposa fermement &#224; la dictature de Batista et fut un cadre actif du &#171; Mouvement du 26 juillet &#187;, ce qui lui valut arrestations et tortures. Il participa activement, notamment au niveau syndical, au nouveau r&#233;gime. Lors de son virage totalitaire et communiste, il rompt avec le &#171; M.26.7 &#187; et fait part personnellement de son d&#233;saccord &#224; Castro. A pr&#233;s une p&#233;riode de surveillance par la police politique, il est arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233; fin 1962. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Luis Miguel Linsuain&lt;/strong&gt; : actif tr&#232;s t&#244;t dans le mouvement libertaire, il rejoint dans la montagne les gu&#233;rilleros anti-Batista. A la victoire de la r&#233;volution, il avait le grade de lieutenant. Ses convictions anarchistes l'oppos&#232;rent tr&#232;s vite aux &#233;l&#233;ments marxistes. Ses positions anti&#173;communistes et anti-dictatoriales le firent licencier de l'arm&#233;e rebelle. Devenu secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration de l'H&#244;tellerie de la province d'Oriente, il est emprisonn&#233; et condamn&#233; &#224; 7 ans de prison au d&#233;but des ann&#233;es soixante au moment de la purge et de la reprise en main des syndicats par le nouveau r&#233;gime. Accus&#233; ensuite d'avoir pr&#233;par&#233; un attentat contre le fr&#232;re de Fidel Castro, il est condamn&#233; &#224; 30 ans de prison. Les conditions de d&#233;tention ruin&#232;rent sa sant&#233;. Lib&#233;r&#233; en 1980 et expuls&#233; vers la Floride au moment de l'affaire de l'ambassade du P&#233;rou dont Castro profita pour vider ses prisons, il est mort en novembre de la m&#234;me ann&#233;e, peu apr&#232;s son arriv&#233;e &#224; Miami.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce soul&#232;vement ind&#233;pendantiste a surtout touch&#233; les provinces de Camag&#252;ey et Oriente ; on n'y trouve gu&#232;re d'influence de la pens&#233;e r&#233;volutionnaire. En 1878, la paix fut r&#233;tablie par l'octroi d'une certaine autonomie &#224; Cuba et sa repr&#233;sentation aux Cort&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dans un article du &lt;i&gt;Mouvement social&lt;/i&gt; n&#176;128, juillet-septembre 1984, Carlos Serrano remarque que les anarchistes espagnols furent beaucoup plus sensibles au probl&#232;me que les socialistes, et cite l'ouvrage de l'anarchiste Tarrida del Marmol, &lt;i&gt;les lnquisiteurs d'Epagne&lt;/i&gt;&lt;i&gt; (Monjuich, Cuba, Philippines)&lt;/i&gt;, Paris, 1897.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1898, les &#201;tats-Unis lanc&#232;rent leur deuxi&#232;me guerre imp&#233;rialiste (la premi&#232;re &#233;tait contre le Mexique en 1848) contre l'Espagne pour s'emparer de ses trois derni&#232;res colonies &#8211; Porto-Rico, Cuba, les Philippines &#8211; et en faire leurs satellites. Les Espagnols capitul&#232;rent &#224; Cuba le 12 ao&#251;t 1898 et, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1899, le pouvoir fut rendu &#224; un gouverneur am&#233;ricain. En 1901, les &#201;tats-Unis impos&#232;rent &#224; l'assembl&#233;e constituante l'amendement Platt [Annexe 1] leur dormant le droit d'intervenir &#224; Cuba, puis le trait&#233; de 1903, qui allait dans le m&#234;me sens avec, notamment, la concession &#224; perp&#233;tuit&#233; de la base de Guantanamo. Les Am&#233;ricains intervinrent directement &#224; Cuba en 1907, 1912 et 1917.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;la R&#233;volution mexcaine&lt;/i&gt; de R.F. Mag&#243;n, Spartacus, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Machado avait &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 1925 avec l'appui des Am&#233;ricains. La grande crise &#233;conomique de 1929 et les m&#233;thodes dictatoriales de Machado amen&#232;rent sa chute en ao&#251;t 1933. Il fut remplac&#233; par Cespedes, soutenu lui aussi par les &#201;tats-Unis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;gime de Cespedes ne dura qu'un mois. Le 4 septembre 1933, la r&#233;volte d'une partie des cadres de l'ann&#233;e, dont Batista, le renversa et Grau San Martin devint pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Batista renversa Grau San Martin en 1934, brisa le mouvement populaire issu de 1933 et abolit l'amendement Platt, le tout avec l'accord des &#201;tats-Unis bien entendu. En 1939, le PC se rallia &#224; lui, car c'&#233;tait l'&#233;poque de la tactique des &#171; Fronts Populaires &#187;, et en 1940 appela &#224; voter en sa faveur. En 1942, deux communistes entr&#232;rent au gouvernement. Cette alliance co&#251;ta cher au PC : de 87 000 membres en 1942, il d&#233;gringola &#224; 7 000 en 1959.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Son candidat battu aux &#233;lections, Batista s'exila en Floride.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Parti communiste cubain explique ainsi sa position par la plume d'un de ses leaders : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous avons &#233;t&#233; d'accord avec Batista tant qu'il joua un r&#244;le positif dans une situation d&#233;termin&#233;e ; nous l'avons combattu ensuite, avec une grande vigueur, fermement, implacablement, d&#232;s le coup d'&#201;tat r&#233;actionnaire et imp&#233;rialiste antinational, antipopulaire et anti-ouvrier&lt;/q&gt; (Blas Roca, &lt;i&gt;Los Fundamenloa del socialismo m Cuba, La Habana&lt;/i&gt;, 1960)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le 26 juillet 1953, cent vingt hommes group&#233;s autour de Fidel Castro attaqu&#232;rent la caserne Moncada : il y avait l&#224; des jeunes des tendances les plus diverses, dont le libertaire Boris Luis Santa-Coloma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'ALC en tant que telle resta toujours l&#233;gale. Les anarchistes particip&#232;rent &#224; la lutte contre Batista : Mouvement du 26 juillet (M.26.7), Organisacion Autentica (OA), Directorio Revolucionario (DR), Movimiento de Resistencia Civica (MRC), Directorio Obrero Revolucionario (DOR), Federacion Esmdiantil Universitaria (FEU). Les deux derni&#232;res ann&#233;es, le travail au grand jour de l'ALC devint impossible et l'organisation passa dans la clandestinit&#233; sous le nom de Union Revolucionaria Obrera (URO).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1929, les &#201;tats-Unis absorbaient 78,8% des exportations cubaines et fournissaient &#224; Cuba 64,4% de ses importations. En 1976, l'ensemble des pays du bloc de l'Est absorbait 73% des exportations cubains dont 60,8% pour la seule URSS (&lt;i&gt;Courrier des pays de l'Est&lt;/i&gt;, janvier 1980). Deux ans plus tard, ces chiffres accusent une notable augmentation : ils passent en ce qui concerne les exportations &#224; 84,8% dont 73% pour l'URSS, et en ce qui concerne les importations &#224; 79,6% dont 65,2% pour l'URSS (&lt;i&gt;Probl&#232;mes de l'Am&#233;rique latine&lt;/i&gt; n&#176;64, 1982).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Association Syndicaliste Libertaire de Cuba&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'anarchisme en Allemagne de l'Est &#8212; 1945-1955 </title>
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		<dc:date>2024-07-06T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Barru&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Gustav Landauer</dc:subject>
		<dc:subject>Erich M&#252;hsam</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution allemande (1918-1919]</dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Iztok</dc:subject>
		<dc:subject>Otto Reimers</dc:subject>
		<dc:subject>Willi Jelinek</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on parle du mouvement anarchiste en Allemagne de l'Ouest (RFA) ou de l'Est (RDA) durant la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre il ne faut pas oublier que de 33 &#224; 45 l'anarchisme fut mis hors la loi : les adh&#233;rents des groupes furent arr&#234;t&#233;s, assassin&#233;s ou condamn&#233;s &#224; la mort lente dans les camps de concentration, la presse anarchiste disparut, les livres et les brochures furent br&#251;l&#233;s. Il fallait donc en 45 &#8212; pour les rares survivants &#8212; repartir de z&#233;ro, et tr&#232;s vite en Allemagne de l'Est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-iztok-no2-septembre-1980-" rel="directory"&gt;Iztok n&#176;2 - Septembre 1980&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-14-9a2e8.jpg?1774699337' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand on parle du mouvement anarchiste en Allemagne de l'Ouest (RFA) ou de l'Est (RDA) durant la p&#233;riode d'apr&#232;s-guerre il ne faut pas oublier que de 33 &#224; 45 l'anarchisme fut mis hors la loi : les adh&#233;rents des groupes furent arr&#234;t&#233;s, assassin&#233;s ou condamn&#233;s &#224; la mort lente dans les camps de concentration, la presse anarchiste disparut, les livres et les brochures furent br&#251;l&#233;s. Il fallait donc en 45 &#8212; pour les rares survivants &#8212; repartir de z&#233;ro, et tr&#232;s vite en Allemagne de l'Est s'implanta un r&#233;gime totalitaire qui usa &#224; l'&#233;gard des anarchistes des m&#234;mes m&#233;thodes que le r&#233;gime hitl&#233;rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 90 du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent jusqu'en 1933, l'anarchisme allemand a &#233;t&#233; divis&#233; en plusieurs courants qui, sauf en de rares circonstances, n'ont jamais pu se f&#233;d&#233;rer en une organisation fond&#233;e sur quelques principes essentiels communs &#224; tous les anarchistes. Indiquons bri&#232;vement la nature de ces courants :&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH159/sans_titre-2-26-df177-3cf28.jpg?1774696972' width='150' height='159' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;John-Henry MacKay&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;I. ANARCHISME INDIVIDUALISTE :&lt;/strong&gt; Inspir&#233; par Stirner, il se d&#233;veloppa gr&#226;ce aux &#233;crits de John-Henry MacKay (le po&#232;te-philosophe qui &#171; red&#233;couvrit &#187; Stirner et son &#339;uvre) et de Tucker. Des associations anarchistes individualistes, des Amis de Stirner, des associations pour la culture individualiste exist&#232;rent dans les ann&#233;es 20, surtout &#224; Berlin et &#224; Hambourg. Actuellement la Soci&#233;t&#233; John MacKay &#233;dite les &#339;uvres de Mackay, Tucker, etc. ainsi qu'une s&#233;rie d'&#233;tudes anarchistes qui d&#233;passent le cadre de l'individualisme strict.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/ob_b4e886_gustav-landauer-7daf3-e07df.jpg?1774696972' width='150' height='204' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Gustav Landauer&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;II. LE SOCIALISME LIBERTAIRE :&lt;/strong&gt; Son porte-parole fut Landauer : anti-marxiste, continuateur de Proudhon, il inspira l'action des groupes de l'Union Socialiste pour cr&#233;er, en dehors du cadre du capitalisme et de l'&#201;tat, des communaut&#233;s libres de producteurs : les premi&#232;res cellules d'une soci&#233;t&#233; libertaire. L'influence de Landauer avant 1914 se fit sentir en Autriche, en Suisse et m&#234;me en France. En Isra&#235;l, la construction des kibboutz s'inspira des id&#233;es de Landauer.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/show-photo.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH215/show-photo-53289-86f6b.jpg?1774696972' width='150' height='215' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Erich M&#252;hsam &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. L'ANARCHISME COMMUNISTE (ou encore communisme libertaire) :&lt;/strong&gt; il est li&#233; au nom de Johann Most (mort en 1906) et s'inspire un peu de Bakounine et beaucoup de Kropotkine. M&#252;hsam devait reprendre l'&#339;uvre de Most et fonda &#224; Munich, lors de la r&#233;volution de 1918, l'Union des Internationalistes R&#233;volutionnaires et dix ans plus tard l'Union Anarchiste qui entra en concurrence avec la F&#233;d&#233;ration des Anarchistes Communistes cr&#233;&#233;e par Oestreich. Ces deux organisations lutt&#232;rent durant la R&#233;publique de Weimar contre la mont&#233;e du national-socialisme, avec des tactiques diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/souchyphoto_copie-cce38-1f190.jpg?1774696972' width='150' height='188' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;IV. L' ANARCHO-SYNDICALISME :&lt;/strong&gt; En r&#233;action contre le syndicalisme de collaboration de classe et de soumission &#224; l'&#201;tat, les anarcho-syndicalistes fond&#232;rent en 1919 l'association des Travailleurs Libres d'Allemagne (FAUD) qui sous l'impulsion de Rocker, Souchy et Lehning devint une organisation de masse comptant en 1923 environ 125 000 adh&#233;rents. La FAUD perdit assez vite son influence et vers 1933 elle ne comptait plus que 25 000 &#224; 30 000 membres.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH190/silvio_gesell__1895_-2-eaccd-5fe20.jpg?1774696972' width='150' height='190' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jean Silvio Gesell&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;V. LE LIBERALISME &#171; ANARCHISTE &#187; :&lt;/strong&gt; Au d&#233;but du si&#232;cle, Gesell avait tent&#233; une fusion des id&#233;es du lib&#233;ralisme &#233;conomique et de l'anarchisme. Ce mouvement devait se d&#233;velopper apr&#232;s 1919 sous l'influence de Zimmermann : il s'opposait au socialisme autoritaire et &#224; l'anarchisme violent et s'effor&#231;ait &#8212; sous le nom d'acratie &#8212; d'op&#233;rer une synth&#232;se entre le lib&#233;ralisme &#233;conomique et l'anarchisme individualiste. Ce courant de pens&#233;e devait &#234;tre victime &#8212; comme on le verra plus loin &#8212; du r&#233;gime totalitaire de l'Allemagne de l'Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mettant l'accent sur ce qui les divisait plut&#244;t que sur ce qui les unissait, les anarchistes ne pouvaient arriver &#224; une coordination fraternelle des divers courants de la pens&#233;e anarchiste. Il y eut cependant un court moment o&#249; tous ces courants collabor&#232;rent : dans la premi&#232;re et courte phase de la R&#233;publique des conseils de Bavi&#232;re en 1919, avant la prise du pouvoir par les communistes, suivie peu apr&#232;s par la dictature de la soldatesque. Gesell, Landauer, M&#252;hsam et les anarcho-syndicalistes figur&#232;rent c&#244;te &#224; c&#244;te dans le conseil de la R&#233;publique Bavaroise. La preuve &#233;tait faite que la n&#233;cessit&#233; l'emportait sur les querelles de tendance, mais cette union des anarchistes fut sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH177/sans_titre-1-28-b96d2-b6ba0.jpg?1774696972' width='150' height='177' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Otto Reimers&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Hambourg avait &#233;t&#233;, jusqu'en 1933, un centre d'activit&#233;s anarchistes : une forte section de la FAUD, plusieurs journaux anarchistes ou semi-anarchistes et parmi ces derniers l'&lt;i&gt;Unionist&lt;/i&gt;, organe de l'organisation unitaire &#171; Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs &#187;. Un autre hebdomadaire, le &lt;i&gt;Proletarischer Zeitgeist&lt;/i&gt; (l'esprit prol&#233;tarien) &#8212; &#233;dit&#233; &#224; Zwickau (Saxe) de 22 &#224; mars 1933 &#8212; &#233;tait anti-autoritaire et proche des anarchistes. Il &#233;tait diffus&#233; par Otto Reimers, puis soutenu par Otto R&#252;hle qui arriv&#232;rent &#224; constituer le &#171; Bloc des R&#233;volutionnaires anti-autoritaires &#187; qui organisa &#224; Hambourg des cycles de conf&#233;rences suivies par un public nombreux (Rocker y exposa les id&#233;es ma&#238;tresses de son ouvrage &lt;i&gt;Nationalisme et Culture&lt;/i&gt;). Ce sont les survivants de ce noyau qui furent en 1945 les premiers artisans de la renaissance de l'anarchisme : quatre seulement dont Otto Reimers. Avant m&#234;me l'annonce de la mort d'Hitler, Reimers diffusa des tracts d&#233;non&#231;ant les atrocit&#233;s des camps de Buchenwald et Belsen et appelait &#224; la vengeance. D&#232;s le 4 mai 1945, Reimers s'adressa aux communistes de Hambourg, rescap&#233;s de la dictature nazie : devant la situation tragique du mouvement ouvrier, il pr&#233;conisait la cr&#233;ation d'un mouvement r&#233;volutionnaire unitaire englobant les social-d&#233;mocrates, les communistes et les anarchistes, mouvement &#224; la fois antifasciste et anticapitaliste. Ce rapprochement, auquel les dirigeants communistes &#233;taient hostiles, ne put &#234;tre r&#233;alis&#233; en d&#233;pit des efforts de Reimers. Ce fut seulement en mars 1947 que les autorit&#233;s anglaises d'occupation autoris&#232;rent la constitution d'une &#171; F&#233;d&#233;ration Culturelle &#187;, r&#233;clam&#233;e par Reimers et par Langer, un autre militant de l'anarchisme d'avant-guerre. L'organisation prit le titre de &#171; F&#233;d&#233;ration Culturelle des Socialistes Libres et Antimilitaristes &#187;. La f&#233;d&#233;ration disposa d'un local, diffusa onze circulaires imprim&#233;es au cours de l'ann&#233;e 47, cr&#233;a des liaisons dans cinq villes et entretint des correspondances avec des camarades de 17 pays. Mais que se passait-il durant ces deux si dures ann&#233;es dans la zone d'occupation russe ? Le mouvement anarchiste pouvait-il rena&#238;tre dans cette partie de l'Allemagne soumise &#224; l'autorit&#233; militaire russe et &#224; la police stalinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/jelinek_wilhelm_1889_foto.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH192/jelinek_wilhelm_1889_foto-a9446-b7a67.jpg?1774696972' width='150' height='192' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Willi Jelinek&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Zwickau est une ville industrielle de Saxe, non loin de Chemnitz et de la fronti&#232;re tch&#233;coslovaque : usines m&#233;tallurgiques, filatures et mines de houille dans le voisinage. C'est &#224; Zwickau qu'&#233;tait &#233;dit&#233; le &lt;i&gt;Proletarischer Zeitgeist&lt;/i&gt; qui &#233;tait en m&#234;me temps l'organe de l'Union G&#233;n&#233;rale des Travailleurs. En mai 1945 l'Union ne comptait &#224; Zwickau que six survivants : 27 membres avaient &#233;t&#233; victimes de la Gestapo. Un des rescap&#233;s, Willi Jelinek, avait pu conserver la liste des abonn&#233;s du &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; et adressa aux plus surs d'entre eux des lettres d&#233;taill&#233;es en vue de faire revivre l'organisation. Comme les autorit&#233;s russes s'employaient &#224; r&#233;aliser une fusion des &#233;l&#233;ments du SPD et du KPD pour cr&#233;er le Parti Socialiste Unifi&#233; (SED) qui n'&#233;tait que le camouflage du parti communiste, Jelinek d&#233;non&#231;ait cette man&#339;uvre : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le parti communiste joue le r&#244;le du renard qui veut vaincre la peur du li&#232;vre en faisant semblant d'&#234;tre devenu v&#233;g&#233;tarien&lt;/q&gt;. Dans une autre lettre aux anarchistes (f&#233;vrier 46), Jelinek combat toute participation des anarchistes &#224; un bloc social-communiste et sur ce point il se distingue de la position de Reimers &#224; Hambourg. Il pensait &#8212; et l&#224; il se trompait &#8212; que l'union SPD-KPD serait de courte dur&#233;e et qu'alors sonnerait l'heure des anarchistes. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; pour ces derniers de s'organiser. En juin 46, le cercle de Zwickau reform&#233; des anciens lecteurs du &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; et de syndicalistes, &#233;tait constitu&#233; et adressa des circulaires d'information &#224; des anarchistes de la zone russe (la SBZ) et de l'Allemagne de l'Ouest. En Saxe, 5 ou 6 groupes furent cr&#233;&#233;s, de m&#234;me en Thuringe. Jelinek entretenait des relations avec les anarchistes d'Hambourg, Mulheim (dans la Ruhr), Kiel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'usine o&#249; il travaillait, Jelinek avait &#233;t&#233; &#233;lu par 95% des ouvriers comme pr&#233;sident du conseil d'entreprise et il adh&#233;ra &#224; la centrale syndicale FDGB de la zone russe afin d'&#233;tendre son action. Les communistes, qui connaissaient Jelinek depuis longtemps, avaient pens&#233; que ses opinions s'&#233;taient modifi&#233;es. D&#232;s les premi&#232;res r&#233;unions du conseil d'entreprise ils furent d&#233;tromp&#233;s et engag&#232;rent la lutte contre Jelinek. Lorsque le parti unifi&#233; SED fut fond&#233;, les communistes somm&#232;rent Jelinek de quitter la pr&#233;sidence : il refusa et devint d&#232;s lors l'homme &#224; abattre. Le Cercle de Zwickau fonda un &#171; Bureau d'Information &#187; et adressa des circulaires qui exposaient les probl&#232;mes pratiques insurmontables en zone russe : cr&#233;ation l&#233;gale d'une organisation anarchiste, &#233;dition d'un journal, utilisation d'une ron&#233;o. Il d&#233;cida de poursuivre ses activit&#233;s malgr&#233; les difficult&#233;s mat&#233;rielles toujours croissantes. Il renon&#231;a &#224; l'id&#233;e de &#171; r&#233;cup&#233;rer &#187; les anciens anarchistes qui avaient rejoint le SED : ce qui importait, c'&#233;tait de gagner de nouveaux camarades aux id&#233;es anti-autoritaires. En septembre 47 le cercle fut oblig&#233; de reconna&#238;tre le peu d'empressement des jeunes g&#233;n&#233;rations &#224; venir grossir ses rangs et aussi le manque de publications &#224; diffuser. Il fallait avant tout s'adresser aux ouvriers et leurs montrer les falsifications que les communistes du SED avaient fait subir au marxisme (Jelinek &#233;tait parfaitement au courant de la litt&#233;rature marxiste). Fin 1947, Jelinek travailla &#224; une brochure qui ne put jamais &#234;tre publi&#233;e : il d&#233;non&#231;ait la dictature du prol&#233;tariat &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui signifiait l'autorit&#233; de chefs. L&#224; o&#249; on ob&#233;it, il y a des chefs qui commandent&lt;/q&gt;. Toute dictature signifie le gouvernement d'une minorit&#233;. On devine que la diffusion des circulaires et des lettres devenait de plus en plus difficile. Policiers et mouchards surveillaient Jelinek qui, en cas d'arrestation, prit la pr&#233;caution de transmettre la liste des anciens abonn&#233;s au &lt;i&gt;Zeitgeist&lt;/i&gt; au compagnon Willy Huppertz (de Mulheim). Ce vieil anarchiste des ann&#233;es 20. ce franc-tireur des luttes ouvri&#232;res qui n'appartint &#224; aucun groupe, ni m&#234;me &#224; la FAUD, ce rescap&#233; du camp de concentration d'Oranenburg assura pendant 25 ans &#224; partir de mars 48 la r&#233;daction, l'impression et la diffusion de la revue mensuelle &lt;i&gt;Befreiung&lt;/i&gt;. Dans cette revue, Huppertz se chargeait de l'&#233;dition des circulaires et de leur transmission aux camarades de la zone russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jelinek nourrissait encore quelques illusions : il esp&#233;rait un adoucissement du r&#233;gime de dictature en zone russe, qui permettrait d'imprimer un journal et il &#233;crivait m&#234;me que sous Hitler les anarchistes n'auraient pas pu discuter comme sous Ulbricht ! Mais d&#233;j&#224; le filet de la police se refermait sur Jelinek. Une lettre adress&#233;e &#224; Reimers tomba aux mains de la censure Le 10 novembre 48, Jelinek fut arr&#234;t&#233; par deux officiers russes accompagn&#233;s d'un interpr&#232;te et d'un fonctionnaire allemand de la police criminelle. Perquisition et arrestation de la femme de Jelinek et de son gendre qui disparut sans laisser de traces. La femme de Jelinek fut longuement interrog&#233;e au sujet de Reimers et d'Huppertz : rel&#226;ch&#233;e, elle trouva son logement vide de tout mobilier et r&#233;quisitionn&#233;. D'autre part un mouchard, se faisant passer pour un anarchiste mandat&#233;, se fit remettre par Huppertz la liste des abonn&#233;s confi&#233;e par Jelinek : ceux-ci furent convoqu&#233;s &#224; une pr&#233;tendue r&#233;union &#224; Leipzig et arr&#234;t&#233;s. Quant &#224; Jelinek il fut transf&#233;r&#233; &#224; Dresde et de l&#224; &#224; l'ancien camp de concentration nazi de Sachsenhausen o&#249; &#233;taient parqu&#233;s les opposants au r&#233;gime communiste. Jelinek &#233;tait inculp&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;d'activit&#233;s fascistes et militaristes&lt;/q&gt; ! La vague d'arrestations de novembre 48 fit 45 victimes (au total 25 ann&#233;es de prison). Seconde vague au printemps 49 avec l'arrestation de nombreux anarchistes (100, seulement &#224; Dresde !). Ce qui n'emp&#234;cha pas la diffusion d'un tract en &#171; R&#233;publique D&#233;mocratique Allemande &#187; (le 7 octobre 1949 cette &#171; r&#233;publique &#187; prenait la succession de la zone d'occupation russe) au d&#233;but de 1950.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/jelinek_wilhelm_1889_vorderseite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH352/jelinek_wilhelm_1889_vorderseite-b0c7f.jpg?1774703962' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; Sachsenhausen, Jelinek retrouva plusieurs de ses camarades et les groupa en un petit cercle clandestin. Il essaya de renouer des relations avec Reimers. Le travail lui ayant &#233;t&#233; refus&#233;, sa ration alimentaire &#233;tait tr&#232;s r&#233;duite. En raison de ses relations avec ses camarades d&#233;tenus il fut transf&#233;r&#233; dans le camp de Bautzen. L&#224;, on eut l'illusion d'une am&#233;lioration des conditions d'internement en raison de la fondation de la RDA. Il y eut simplement le remplacement des surveillants russes par des allemands, tous membres du SED. Les d&#233;tenus souffraient de la faim, beaucoup mouraient de tuberculose. Le 13 mars 50, une r&#233;volte d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#233;clata et une commission compos&#233;e d'officiers russes et d'officiers de la &#171; police populaire &#187; allemande promit des am&#233;liorations. Au lieu de cela, les conditions de d&#233;tention furent encore aggrav&#233;es. D'o&#249; une nouvelle r&#233;volte le 30 mars qui fut f&#233;rocement r&#233;prim&#233;e. Jelinek parvint &#224; informer l' Allemagne de l'Ouest de la situation mis&#233;rable des milliers de d&#233;tenus de Bautzen, Torgau etc. Le 15 mai 1950, l' &lt;i&gt;Hamburger Echo&lt;/i&gt; publiait cet appel d&#233;sesp&#233;r&#233; adress&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; la Croix Rouge, &#224; la Ligue des Droits de l'Homme, &#224; tous les d&#233;mocrates, &#224; tous les hommes du monde libre&lt;/q&gt;. On peut supposer que la publication d'un tel appel valut &#224; Jelinek un r&#233;gime plus dur. Le temps passa... Au d&#233;but de 1952, deux anarchistes de Bautzen moururent de la tuberculose. Jelinek , le 20 mars 52, &#233;tait en bonne sant&#233;, lors d'une visite de sa fille. Et le 24 mars il mourait, dans des conditions qui sont toujours rest&#233;es inconnues. Peut-&#234;tre assassin&#233; comme l'avait &#233;t&#233; M&#252;hsam dans les camps nazis. La petite revue de Huppertz, &lt;i&gt;Befreiung&lt;/i&gt; (mai 52) publia un article annon&#231;ant la mort de Jelinek et rapportant son action exemplaire pour l'anarchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut dire qu'&#224; la fin de 1949, la vague d'arrestation avait bris&#233; les groupes anarchistes dans la zone russe et d&#233;cim&#233; les meilleurs militants. Toute action politique ou collective &#233;tait impossible : seuls, dans l'ombre, quelques individus isol&#233;s ne d&#233;sesp&#233;raient pas de l'anarchisme. Ils furent pr&#233;sent lorsque les ouvriers de Berlin-Est et des principaux centres industriels de la RDA se soulev&#232;rent, les 16 et 17 juin 1953, contre la dictature du parti SED et contre le r&#233;gime d'oppression polici&#232;re qui les exploitaient au nom du &#171; socialisme &#187;. On sait comment les troupes et les blind&#233;s russes &#233;cras&#232;rent l'insurrection et quelle fut ensuite la r&#233;pression. Peu apr&#232;s les anarchistes de Darmstadt firent para&#238;tre aux &#233;ditions &#171; Die Freie Gesellschaft &#187; (La Soci&#233;t&#233; Libre) une brochure destin&#233;e &#224; &#234;tre diffus&#233;e en Allemagne de l'Est : &lt;i&gt;Tagebach eines Namenlosen&lt;/i&gt; (Journal d'un Anonyme). Les anarchistes avaient le choix entre trois solutions en RDA : la lutte, la capitulation, la fuite. Il fallait choisir la lutte. Il faut conqu&#233;rir le soutien actif de l'&#233;lite des ouvriers : l'appui passif ne suffit pas. Chaque individu isol&#233; doit agir : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le probl&#232;me de la r&#233;sistance n'est pas essentiellement un probl&#232;me d'organisation, mais un probl&#232;me de moral et de courage personnel&lt;/q&gt;. La lutte &#224; mener n&#233;cessite la collaboration avec les ouvriers russes, ukrainiens, polonais : se limiter &#224; changer la structure de la RDA conduirait &#224; l'&#233;chec Aux actions violentes doit succ&#233;der une r&#233;sistance passive en tenant compte des courants d'opposition qui pourraient se manifester &#224; l'int&#233;rieur des partis communistes. L'avenir devait montrer que le SED, s'appuyant sur la police populaire et l'arm&#233;e, instituant une l&#233;gislation de plus en plus r&#233;pressive, gardait son caract&#232;re stalinien et &#233;touffait les oppositions en emprisonnant ou expulsant les &#233;l&#233;ments non-conformistes. En 1980 la RDA militariste, nationaliste, totalitaire, reste le bastion du stalinisme.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH355/bundesarchiv_bild_175-14676__leipzig__reichsgericht__russischer_panzer-8afac.jpg?1774703962' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Char sovi&#233;tique &#224; Leipzig le 17 juin 1953.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes &#171; lib&#233;raux &#187;, bien qu'oppos&#233;s &#224; toute action violente, allaient tomber sous les coups des occupants russes. N'&#233;taient-ils-pas, en effet, oppos&#233;s au marxisme autoritaire et &#233;tatique ? Un congr&#232;s international devait r&#233;unir en 1948, &#224; B&#226;le, les &#233;conomistes lib&#233;raux. Une jeune fille de 19 ans, Hannelore Klein, secr&#233;taire du groupe de la jeunesse communiste (FDJ) de son entreprise, avait re&#231;u une invitation et s'&#233;tait rendue &#224; Karlshorst pour obtenir des autorit&#233;s son permis de voyage. On la pria d'attendre quelques minutes et on l'arr&#234;ta. Devant le tribunal militaire russe, elle fut accus&#233;e d'actes hostiles aux institutions socialistes ; elle affirma sa conviction que ce r&#233;gime &#171; socialiste &#187; n'&#233;tait qu'un r&#233;gime de contrainte et d'oppression. Son attitude sans faiblesse lui valut &#8212; pour elle et pour deux autres camarades &#233;galement arr&#234;t&#233;s &#8212; une condamnation &#224; huit ans de d&#233;tention. Hannelore, dans le camp de Bautzen, continua sa propagande parmi ses co-d&#233;tenus.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/kreszentia_muhsam__cropped_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH195/kreszentia_muhsam__cropped_-b9952-b14db.jpg?1774696973' width='150' height='195' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Zensl M&#252;hsam&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les communistes &#8212; qu'ils appartiennent &#224; l'URSS, &#224; la RDA ou &#224; tout autre pays &#8212; ont toujours consid&#233;r&#233; les anarchistes, ou les individus suspect&#233;s d'anarchisme, comme leurs pires ennemis. Contre eux, tout est licite : la duplicit&#233; comme l'arbitraire policier. Le cas de Zensl M&#252;hsam, femme d'Erich M&#252;hsam, est particuli&#232;rement &#233;difiant. Erich mourut le 10 juillet 1934, assassin&#233; dans le camp de concentration de Sachsenhausen. Sa veuve se r&#233;fugia aussit&#244;t le 16 juillet en Tch&#233;coslovaquie. Elle n'avait appartenu &#224; aucune organisation anarchiste, mais jugeait de son devoir de faire conna&#238;tre au monde le sort tragique de son mari et, si possible, de faire &#233;diter ses &#339;uvres, et les nombreux manuscrits encore in&#233;dits. Elle &#233;crivit une brochure &lt;i&gt;Le calvaire d'Erich M&#252;hsam&lt;/i&gt;, voulut en confier la publication aux syndicalistes hollandais, mais &#8212; n'ayant pas eu de r&#233;ponse rapide &#8212; elle eut le tort d'accepter la proposition de la vieille militante bolchevique Helena Stassova : &#233;diter la brochure &#224; Moscou. Comme Zensl l'&#233;crivit &#224; Rocker, ce fut avec r&#233;pugnance, car elle n'avait en aucun cas l'intention d'entrer dans le parti communiste ! Stassova l'invita ensuite &#224; venir se reposer quelques mois en URSS. Zensl pensa na&#239;vement que l&#224;-bas elle serait ind&#233;pendante, trouverait quelques ressources de l'&#233;dition des &#339;uvres d'Erich et n'aurait aucune obligation &#224; l'&#233;gard des autorit&#233;s de l'URSS. Cependant on lui fit exposer dans quelques r&#233;unions les conditions atroces des camps de concentration nazis. Et brusquement, le 13 avril 1936, elle fut arr&#234;t&#233;e. Rocker alerta diff&#233;rents organismes qui s'occupaient des prisonniers politiques. Andr&#233; Gide obtint sa mise en libert&#233; vers ao&#251;t 1937. Elle demanda l'autorisation de partir pour les &#201;tats-Unis... et fut arr&#234;t&#233;e en pleine nuit (1939) et condamn&#233;e &#224; huit ans de travaux forc&#233;s. Apr&#232;s la prison de Butirki (Moscou), on la d&#233;porta au camp de Karaganda. Elle en revint en 1947 couverte d'ulc&#232;res. Les anarchistes allemands essay&#232;rent d'obtenir des renseignements sur son sort pass&#233; et pr&#233;sent. On ne tira du SED et de Wilhelm Pieck que des r&#233;ponses dilatoires ou des t&#233;moignages fabriqu&#233;s de toute pi&#232;ce. Seulement en 1955, Zensl fut autoris&#233;e &#224; se fixer dans Berlin-Est et ne put entrer en relation avec Rocker, ni avec les syndicalistes su&#233;dois. Coup&#233;e du reste du monde, elle mourut en RDA dans le courant de 1962. De 1934 &#224; 1962 ! Un calvaire de 28 ans pour avoir eu la faiblesse de faire un jour confiance aux bolcheviks !&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH188/sans_titre-3-18-2a88e-0d7a9.jpg?1774696973' width='150' height='188' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Alfred Weiland&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes anti-autoritaires, proches des anarchistes, furent aussi les victimes de la police et de la justice &#171; populaires &#187; de la RDA. A cet &#233;gard, le cas d'Alfred Weiland est exemplaire. Weiland avait combattu les nazis avant 33 et d'ao&#251;t 33 &#224; l'automne 35 il fut d&#233;tenu dans un camp de concentration. Lib&#233;r&#233;, il continua la lutte ill&#233;gale et pendant la guerre s'engagea dans l'arm&#233;e : au front il &#233;tait plus &#224; l'abri de la Gestapo qu'&#224; l'arri&#232;re ! Apr&#232;s la guerre, il reprit son activit&#233; militante et se qualifia &#171; socialiste libertaire &#187;. Il pr&#233;conisa l'union de toutes les branches du socialisme anti-autoritaire : anarchistes et communistes-conseillistes. Il appartenait &#224; l'aile des communistes de conseil, dont les th&#233;oriciens &#233;taient, en plus de R&#252;hle, les hollandais Pannekoek, Henriette Roland-Holst et Gorter. En mars 1947 il fonda la revue &lt;i&gt;Neues Beginnen&lt;/i&gt; (Nouveau Commencement), organe th&#233;orique des anti-autoritaires o&#249; le r&#233;gime russe &#233;tait s&#233;v&#232;rement critiqu&#233; et qui d&#233;fendit la conception de la gestion de l'&#233;conomie par les conseils ouvriers conception oppos&#233;e &#224; la fois au capitalisme des pays occidentaux et au capitalisme d'&#201;tat camoufl&#233; sous le nom de dictature du prol&#233;tariat. Les conseils ouvriers se substitueraient aux partis traditionnels et l'arme des ouvriers devait &#234;tre la gr&#232;ve sauvage. Au printemps 1950 &lt;i&gt;Der Funke&lt;/i&gt; (L'Etincelle) succ&#233;da &#224; &lt;i&gt;Neues Beginnen&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berlin &#233;tait le centre des activit&#233;s de Weiland. Dans les premi&#232;res ann&#233;es de l'apr&#232;s-guerre, il travaillait &#224; la Direction Centrale d'&#201;ducation Populaire de Berlin-Est, puis &#224; l'Institut de Journalisme. Membre du conseil d'entreprise de cet institut, il devint vite suspect &#224; ses coll&#232;gues membres du SED et fut brutalement licenci&#233; : il eut six minutes pour quitter son emploi ! Devenu professeur dans une &#171; Volkshochschule &#187; (&#201;cole Sup&#233;rieure Populaire) de Berlin-Ouest, il fit une propagande active contre le KPD et la dictature du SED. En raison des nombreux amis qu'il avait &#224; Berlin-Est et en RDA, il &#233;tait un individu dangereux pour le r&#233;gime de dictature communiste. Il fut &#224; deux reprises victime d'agressions dont il se tira heureusement. Mais le 11 novembre 1950, par une matin&#233;e de pluie et de brouillard, tandis qu'il achetait le journal dans un kiosque &#224; 8h, il fut enlev&#233; dans le meilleur style gangster. On le fit monter dans une auto apr&#232;s l'avoir matraqu&#233; et, malgr&#233; sa r&#233;sistance et ses cris, il fut tra&#238;n&#233; au Minist&#232;re de la S&#233;curit&#233; d'&#201;tat, livr&#233; aux russes et traduit devant un tribunal militaire sous l'inculpation de haute trahison, d'espionnage et de sabotage. Devant le n&#233;ant de l'accusation, ce tribunal le relaxa... mais le remit &#224; ceux qui l'avaient enlev&#233; ! Un tribunal &#171; populaire &#187; de la RDA reprit les m&#234;mes accusations et condamna Weiland &#224; 15 ans de d&#233;tention. Il refusa de faire &#171; amende honorable &#187;, fit 7 fois la gr&#232;ve de la faim, ne put donner des nouvelles &#224; sa famille qu'apr&#232;s deux ans. Une campagne en sa faveur fut men&#233;e par diverses organisations de l'Allemagne de l'Ouest, dont la &#171; Ligue des Victimes du R&#233;gime Nazi &#187;. Au bout de huit ans, il fut rendu &#224; la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5119 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;68&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/olday-war-commentary.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH383/olday-war-commentary-9c174.jpg?1774703962' width='500' height='383' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Dessins d'Olday en couverture du journal anarchiste &lt;i&gt;War Commentary&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH182/young-john-olday-1-abf07-32b7c.jpg?1774696973' width='150' height='182' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;John Olday&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 1946 &#224; Londres, sept anarchistes anglais, militants antimilitaristes, d&#233;cidaient de fonder le &#171; Groupe International Bakounine &#187; qui se proposait d'&#233;tendre sa future propagande &#224; divers pays, et tout particuli&#232;rement &#224; l'Allemagne et l'Italie. Il y avait encore en Angleterre de nombreux prisonniers de guerre allemands et italiens et il fut possible, &#224; l'int&#233;rieur des camps, d'introduire des journaux et brochures anarchistes et de cr&#233;er des &#171; noyaux &#187;. En septembre 1946, se tint dans le Shropshire une conf&#233;rence &#224; laquelle particip&#232;rent des prisonniers de guerre. La r&#233;&#233;ducation morale et d&#233;mocratique, pr&#233;conis&#233;e par les Alli&#233;s, permit la venue de conf&#233;renciers dans les camps, anarchistes pour la plupart. Une conf&#233;rence tenue en juin 1947 permit de constater la multiplication de ces noyaux anarchistes. La lib&#233;ration des prisonniers &#233;tant imminente, il fallait songer &#224; perp&#233;tuer l'action de ces noyaux dans les quatre zones d'occupation en Allemagne et en particulier dans la zone russe, d'o&#249; &#233;taient originaires la majorit&#233; des prisonniers. On adopta la constitution de groupes de trois camarades, chacun d'eux pouvant &#224; son tour recruter les &#233;l&#233;ments d'un nouveau groupe et une section allemande du Groupe International Bakounine fut cr&#233;&#233;e. Le responsable de cette section fut le prisonnier John Olday : inconnu des vieux anarchistes et d'identit&#233; incertaine, sans doute n&#233; &#224; Londres de p&#232;re allemand et de m&#232;re anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/olday-revolution.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH247/olday-revolution-4a735.jpg?1774703962' width='500' height='247' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt; Dessin de John Olday&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il existait en d&#233;cembre 1947 environ 30 groupes en Allemagne et 6 groupes de prisonniers de guerre en Angleterre. Le groupe Bakounine et le journal anarchiste anglais &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt; soutenaient la publication des &lt;i&gt;Mitteilungen Deutscher Anarchisten&lt;/i&gt; que Olday diffusait en Allemagne. Une vive pol&#233;mique devait opposer &#224; Rocker Olday qui s'inspirait des &#233;crits de M&#252;hsam pour combattre Rocker et le su&#233;dois R&#252;diger. Olday se pronon&#231;ait de plus en plus pour une lutte violente tendant &#224; la destruction de l'&#201;tat (avec une influence certaine de Bakounine). Il entra en d&#233;saccord avec le groupe International Bakounine et fonda des groupes &#171; Spartacus &#187; qui devaient r&#233;unir anarchistes et communistes-conseillistes (1948), mais les anarchistes y furent en minorit&#233;, &#224; la suite d'une scission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps les noyaux anarchistes en Allemagne de l'Est avaient disparu et Olday s'orienta de plus en plus dans la voie qu'il qualifia &#171; anarchisme de conseil &#187;. Ce fut la rupture avec le &#171; Groupe International &#187; et Olday ne se consacra plus qu'aux groupes Spartacus. Les &lt;i&gt;Mitteilungen &lt;/i&gt; devinrent le &lt;i&gt;R&#228;te-Anarchist&lt;/i&gt; qui cessa de para&#238;tre en automne 48. Et Olday disparut de la sc&#232;ne politique : il avait lanc&#233; pas mal d'id&#233;es, renouvel&#233; le mot d'ordre &#171; tout le pouvoir aux conseils &#187;, mais, &#224; part quelques agitations en Rh&#233;nanie, les noyaux de trois camarades avaient &#233;chou&#233; et leur action dans la zone russe fut insignifiante.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;tt&gt;&lt;picto|nom=asterisk&gt;&lt;/tt&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1945-1955 : Durant ces dix ann&#233;es, on peut dire que le r&#233;gime communiste (URSS ou RDA) a achev&#233; de liquider les anarchistes qui avaient surv&#233;cus au nazisme. Non seulement les anarchistes, mais encore les socialistes anti-autoritaires ou les communistes opposants qui pr&#233;tendaient d&#233;fendre le &#171; vrai &#187; marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note de l'auteur : Cette &#233;tude rapide et certainement incompl&#232;te a pu &#234;tre r&#233;dig&#233;e gr&#226;ce au tome l de l'ouvrage de G&#252;nter Bartsch : &lt;i&gt;Anarchismus in Deutschland&lt;/i&gt; (Hannover, Fackelhager &#8212; verlag &#8212; 1972)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Source : publi&#233; pour la premi&#232;re fois sur le site : &lt;a href=&#034;https://la-presse-anarchiste.net/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://la-presse-anarchiste.net/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Nicolas Trifon (1949-2023) : un &#171; en-dehors balkanique &#187;</title>
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		<dc:date>2024-05-15T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>A. R&#259;v&#259;&#537;el</dc:creator>


		<dc:subject>CIRA Lausanne</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas Trifon</dc:subject>
		<dc:subject>Iztok</dc:subject>
		<dc:subject>Interrogations</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 18 ao&#251;t 2023, Nicolas Trifon nous a quitt&#233;s. Pendant longtemps, j'ai eu du mal &#224; parler ou &#224; &#233;crire sur Nicolas au pass&#233;, m&#234;me si, pour moi, la nouvelle de son d&#233;part ne f&#251;t pas une surprise. Je savais que les choses n'allaient pas tr&#232;s bien depuis &#171; l'&#233;t&#233; inoubliable &#187; de 2022, quand, pour des raisons de sant&#233;, il avait d&#251; annuler sa venue &#224; Cluj/Koloszv&#225;r. Il y avait &#233;t&#233; invit&#233; pour participer au Salon du Livre Anarchiste des Balkans, organis&#233; pour la premi&#232;re fois de ses 20 ans d'existence par les collectifs anarchistes de Roumanie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-bulletin-du-cira-80-printemps-2024-" rel="directory"&gt;Bulletin du CIRA 80 - Printemps 2024&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-centre-international-de-recherches-sur-l-anarchisme-cira-de-202-+" rel="tag"&gt;CIRA Lausanne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-nicolas-trifon-+" rel="tag"&gt;Nicolas Trifon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-iztok-375-+" rel="tag"&gt;Iztok&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-interrogations-228-+" rel="tag"&gt;Interrogations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-monde-libertaire-173-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/clujciao-98283.jpg?1774715223' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 18 ao&#251;t 2023, Nicolas Trifon nous a quitt&#233;s. Pendant longtemps, j'ai eu du mal &#224; parler ou &#224; &#233;crire sur Nicolas au pass&#233;, m&#234;me si, pour moi, la nouvelle de son d&#233;part ne f&#251;t pas une surprise. Je savais que les choses n'allaient pas tr&#232;s bien depuis &#171; l'&#233;t&#233; inoubliable &#187; de 2022, quand, pour des raisons de sant&#233;, il avait d&#251; annuler sa venue &#224; Cluj/Koloszv&#225;r. Il y avait &#233;t&#233; invit&#233; pour participer au Salon du Livre Anarchiste des Balkans, organis&#233; pour la premi&#232;re fois de ses 20 ans d'existence par les collectifs anarchistes de Roumanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai entendu sa d&#233;ception, d'autant plus que Cluj, ancienne ville de Transylvanie, occupait une place importante dans l'histoire de sa famille&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il mentionnait souvent sa grand-m&#232;re maternelle, Eleonora Lemeny, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Du c&#244;t&#233; paternel, Nicolas avait des profondes racines balkaniques, plus pr&#233;cis&#233;ment aroumaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de cette communaut&#233; transbalkanique l'int&#233;ressait &#224; titre particulier, notamment parce que, contrairement &#224; d'autres peuples de la r&#233;gion, les Aroumains n'avaient jamais eu d'&#201;tat propre, ni formul&#233; un projet national &#224; part. Un peuple, un archipel de communaut&#233;s unies par la langue et les traditions, avec plusieurs pays, mais sans &#201;tat. Paraphrasant Pierre Clastres qui parlait de &#171; la soci&#233;t&#233; contre l'&#201;tat &#187;, Nicolas Trifon avait parl&#233; de &#171; la communaut&#233; contre la nation &#187;. On peut deviner pourquoi, au-del&#224; du lien personnel et familial, l'histoire des Aroumains avait passionn&#233; Nicolas Trifon, l'anarchiste. Il a d'ailleurs &#233;crit et publi&#233; au fil des ann&#233;es de nombreux textes &#224; ce sujet&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, par exemple, Nicolas Trifon, Les Aroumains, Un peuple qui s'en va, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Et il serait difficile de ne pas voir dans la perspective qu'il a d&#233;velopp&#233;e sur la question aroumaine les traces d'une &#233;vidente sensibilit&#233; libertaire.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/iztok-ro1-2128b-d2376.jpg?1774707683' width='150' height='205' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;La partie la plus connue de l'activit&#233; de Nicolas Trifon reste celle li&#233;e &#224; la France, pays o&#249; il a v&#233;cu &#224; partir des ann&#233;es 1970 et o&#249; il a achev&#233; sa formation politique. Son apprentissage anarchiste, pour ainsi dire, commen&#231;a dans les rues parisiennes, dans les communaut&#233;s alternatives et les collectifs militants de l'&#233;poque. Il s'est ensuite engag&#233; dans l'OCA (Organisation Combat Anarchiste) et a collabor&#233; &#224; la presse anarchiste (&lt;i&gt;Lutter&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Iztok&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Monde Libertaire&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Interrogations&lt;/i&gt;, etc.), au d&#233;but dans la quasi-clandestinit&#233; par crainte d'une &#233;ventuelle expulsion en tant qu'&#171; &#233;tranger &#187;. Pendant les ann&#233;es 1980, il a tenu une chronique sur l'Europe de l'Est &#224; Radio Libertaire. De temps en temps il y revenait en tant qu'invit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Iztok &lt;/i&gt; reste le plus important projet &#233;ditorial auquel Trifon aura contribu&#233;. La revue, initialement publi&#233;e par des anarchistes bulgares exil&#233;s en France, est devenue, par la suite, une importante tribune pour les voix antiautoritaires du &#171; bloc de l'Est &#187;, g&#233;n&#233;ralement r&#233;duites au silence par les r&#233;gimes du &#171; socialisme r&#233;ellement inexistant &#187; (pour reprendre une des expressions souvent utilis&#233;es dans les pages de la revue). En m&#234;me temps, &lt;i&gt;Iztok &lt;/i&gt; &#233;tait un pont (&#224; double sens) entre la France et les pays de l'Est, &#224; une &#233;poque o&#249;, de la Pologne &#224; la Roumanie, les r&#233;voltes des ouvriers et leurs tentatives de s'organiser en dehors (et contre) les tutelles du parti et de l'&#233;tat &#233;taient brutalement r&#233;prim&#233;es par les autorit&#233;s dites &#171; communistes &#187;. La question des syndicats libres se trouvait au c&#339;ur des pr&#233;occupations de Nicolas &#224; cette &#233;poque. Il s'est activement impliqu&#233; dans le soutien de Solidarno&#347;&#263; et dans la campagne pour la lib&#233;ration de Vasile Paraschiv, un ouvrier qui avait &#233;t&#233; harcel&#233; et arr&#234;t&#233; &#224; plusieurs reprises par les autorit&#233;s roumaines pour avoir milit&#233; en faveur de la cr&#233;ation d'un syndicat libre des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Iztok &lt;/i&gt; (et Nicolas Trifon) est &#233;galement &#224; l'origine de la publication du seul manifeste anarchiste en roumain de l'&#233;poque, paru en 1981 en suppl&#233;ment de la revue. Destin&#233; principalement aux travailleurs roumains et intitul&#233; &#171; Que veulent les anarchistes ? &#187;, le texte critiquait le r&#233;gime bureaucratique du capitalisme d'&#201;tat (autoproclam&#233; &#171; socialiste &#187;) et avan&#231;ait l'id&#233;e d'un changement radical de syst&#232;me vers la d&#233;mocratie ouvri&#232;re directe et le socialisme libertaire, ayant, en plus des revendications &#233;conomiques et politiques, une forte dimension antimilitariste, f&#233;ministe, &#233;cologiste et antiraciste. L'id&#233;e, m'a avou&#233; Nicolas, &#233;tait d'envoyer un grand nombre de brochures en Roumanie, pour les distribuer clandestinement, dans l'espoir qu'elles soient ensuite copi&#233;es et diffus&#233;es en &#171; samizdat &#187;. Malheureusement, tr&#232;s peu d'exemplaires ont &#233;t&#233; introduits dans le pays, et les &#233;chos du manifeste sont ainsi rest&#233;s modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne souhaiterais pas m'attarder davantage sur ces aspects, d'ailleurs &#233;voqu&#233;s en d&#233;tail dans toutes les notices biographiques consacr&#233;es &#224; Nicolas Trifon. En revanche, les r&#233;f&#233;rences &#224; ses liens avec les libertaires de Roumanie, qu'il a cultiv&#233;s surtout pendant ses derni&#232;res ann&#233;es, y manquent presque compl&#232;tement. La question ne me semble pas compl&#233;tement d&#233;nu&#233;e d'int&#233;r&#234;t, du moins d'un point de vue documentaire. De plus, elle pourrait &#233;claircir d'autres aspects, peut-&#234;tre moins &#233;vidents, de son parcours personnel et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2010, lorsque Nicolas entra en contact avec les anarchistes roumains, le petit mouvement local se remettait apr&#232;s les ann&#233;es de d&#233;moralisation qui avaient suivi les &#171; journ&#233;es anti-OTAN &#187; organis&#233;es en 2008 par les anarchistes, lors de la rencontre au sommet de Bucarest. La r&#233;union antimilitariste avait &#233;t&#233; violemment r&#233;prim&#233;e par les autorit&#233;s et pr&#233;c&#233;d&#233;e de nombreuses tentatives d'intimidation des participants et d'une campagne m&#233;diatique persistante contre les anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/vp-anii-80_1_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH204/vp-anii-80_1_-e75cb-0e472.jpg?1774707683' width='150' height='204' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Vasile Paraschiv&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quatre ans plus tard, en 2012, &lt;i&gt;Anarhia&lt;/i&gt;, revue qui paraissait &#224; Bucarest, publiait un excellent &#171; dossier &lt;i&gt;Iztok&lt;/i&gt; &#187;. Le num&#233;ro contenait des entretiens avec Frank Mintz et Nicolas Trifon, divers documents sur Vasile Paraschiv, mais aussi le texte du manifeste de 1981, republi&#233; pour la premi&#232;re fois, &#224; ma connaissance, en roumain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte, en 2012, par Nicolas de la sc&#232;ne activiste et alternative locale, des publications et initiatives libertaires, l'a &#233;tonn&#233; et enthousiasm&#233; en m&#234;me temps. Il se souvenait avec &#233;motion, une d&#233;cennie apr&#232;s, des discussions auxquelles il avait &#233;t&#233; invit&#233; &#224; Bucarest, de la Biblioth&#232;que Alternative, qu'il avait visit&#233;e, de la red&#233;couverte, presque invraisemblable, sous les auspices de l'anarchisme, de sa ville natale. Tout cela, disait-il, l'avait fait, pour un instant, se sentir &#171; moins seul &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai toujours associ&#233; cette remarque de Nicolas aux ann&#233;es qu'il avait pass&#233;s &#224; &lt;i&gt;Iztok &lt;/i&gt; et &#224; ses relations avec l'exil roumain, plut&#244;t sporadiques et, de ce que j'ai pu me rendre compte, peu cordiales en g&#233;n&#233;ral. Aux yeux de certains de ses compatriotes, Nicolas a d&#251; passer pour un excentrique. Se dire de gauche (et encore, &lt;i&gt;horribile dictu&lt;/i&gt;, se revendiquer de la gauche radicale) dans un pays o&#249; la gauche &#233;tait confondue presque enti&#232;rement avec le pouvoir discr&#233;tionnaire de la &lt;i&gt;nomenklatura&lt;/i&gt;, pouvait pr&#234;ter &#224; confusion. D'autant plus que Nicolas avait &#233;t&#233; un critique virulent des r&#233;gimes dits socialistes, mais d'un point de vue anticapitaliste et antiautoritaire, attitude difficile &#224; accepter, &#224; l'&#233;poque, dans une culture politique et intellectuelle domin&#233;e par les jugements binaires et l'absence de certains rep&#232;res de la pens&#233;e politique ou sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;trospectivement, l'ann&#233;e 2012 me semble charg&#233;e d'une signification particuli&#232;re, au-del&#224; de sa signification personnelle pour Nicolas et ses jeunes compagnons. Elle marque, pour la premi&#232;re fois en Roumanie, une convergence des g&#233;n&#233;rations libertaires. En m&#234;me temps, cette convergence se r&#233;alise dans le contexte particulier de l'&#233;mergence d'une conscience historique au sein du petit mouvement anarchiste roumain.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_4971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH213/panait_musoiu-458ca-86f1a.jpg?1774707683' width='150' height='213' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Pana&#239;t Mu&#351;oiu&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'une des particularit&#233;s de la renaissance de l'anarchisme en Roumanie apr&#232;s 1989, du moins dans ses premi&#232;res ann&#233;es, est pr&#233;cis&#233;ment l'absence de rep&#232;res historiques ou d'une exp&#233;rience collective h&#233;rit&#233;e du pass&#233;e. Ainsi, le moment o&#249; Nicolas trouve (et est trouv&#233; par) les anarchistes roumains co&#239;ncide (heureusement) avec un tournant historique au sein du mouvement. Au-del&#224; des tentatives m&#233;ritoires mais sporadiques du pass&#233;, des groupes comme &lt;i&gt;Anarhia&lt;/i&gt;, ou m&#234;me &lt;i&gt;R&#226;vna&lt;/i&gt;, commencent le travail de r&#233;cup&#233;ration historique. Parall&#232;lement, les recherches historiques se multiplient. C'est l'exemple de Martin Veith, ouvrier et historien allemand, qui publie un livre sur Panait Mu&#537;oiu et &lt;i&gt;Revista Ideei&lt;/i&gt; (1900-1916)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin Veith, Unbeugsam &#8211; Ein Pionier des rum&#228;nischen Anarchismus : Panait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, la plus importante publication anarchiste d'avant la guerre en Roumanie, suivi d'autres &#233;tudes importantes sur le mouvement syndicaliste, sur la r&#233;sistance antimilitariste des anarchistes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la revue &lt;i&gt;Anarhia &lt;/i&gt; ait cess&#233; de para&#238;tre apr&#232;s seulement trois num&#233;ros, les premiers pas avaient &#233;t&#233; faits. Cet &#233;pisode inaugural fut de courte dur&#233;e, mais avait rendu Nicolas plus attentif &#224; ce qui se passait en Roumanie sur le &#171; front libertaire &#187;, question &#224; laquelle il n'avait pas pr&#234;t&#233; trop d'attention auparavant. Il commen&#231;ait &#224; se rendre compte, je pense, que les racines et les ramifications de ces histoires, jusqu'alors insoup&#231;onn&#233;es, &#233;taient beaucoup plus profondes qu'il ne l'avait pens&#233; au d&#233;part. Et cette prise de conscience lui a fait porter un nouveau regard sur son propre parcours (d'anarchiste) et sur sa propre situation par rapport &#224; cette histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es qui suivirent, Nicolas continua de rester en contact avec quelques compagnons de Roumanie et aussi de suivre de loin ce qui se passait dans les milieux de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il renoua les liens avec les libertaires roumains, cette fois d'une mani&#232;re plus durable, seulement en 2020. Gr&#226;ce &#224; un ami commun qui avait auparavant fait partie de la r&#233;daction d'&lt;i&gt;Anarhia&lt;/i&gt;, Nicolas a d&#233;couvert Pagini Libere, un petit projet &#233;ditorial libertaire dans lequel j'&#233;tais &#233;galement impliqu&#233;. Je me souviens encore du message qu'il nous avait envoy&#233; &#224; l'&#233;poque, dans lequel il nous faisait part de sa joie d'avoir d&#233;couvert nos livres, en ajoutant &#224; la fin : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'aurais &#233;t&#233; tr&#232;s heureux de participer &#224; une telle initiative &#233;ditoriale lorsque je vivais en Roumanie.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis toujours quelque peu surpris de la rapidit&#233; avec laquelle les choses se sont d&#233;roul&#233;es &#224; l'&#233;poque. Nous avons presque imm&#233;diatement commenc&#233; &#224; travailler ensemble sur un petit volume d'entretiens en roumain documentant son parcours d'anarchiste, ses ann&#233;es dans la Roumanie de Ceau&#537;escu, ses premiers contacts avec les milieux anarchistes fran&#231;ais et les projets auxquels il avait particip&#233; en France.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Nicolas Trifon : un parcurs libertar interna&#539;ionalist, Pagini (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons vite r&#233;alis&#233; que pour Nicolas, comme pour nous, la connaissance de quelqu'un ne passait pas en premier lieu par les &#233;changes d'id&#233;es (qui ont &#233;videmment leur place qui ne doit pas &#234;tre n&#233;glig&#233;e), mais par ce que nous parvenions &#224; r&#233;aliser ensemble, ici et maintenant ; et surtout par la mani&#232;re dont nous le faisions. En travaillant sur ce petit volume, il m'est apparu assez rapidement que ce ne sont pas les id&#233;es qui ont &#233;t&#233; (principalement) au c&#339;ur de notre rencontre, mais la g&#233;n&#233;rosit&#233; et la compr&#233;hension de l'amiti&#233;, que j'ai ressenties, vivantes et pr&#233;sentes, d&#232;s le premier instant o&#249; j'ai rencontr&#233; Nicolas. Petit &#224; petit, il est devenu un contributeur constant et enthousiaste du &lt;a href=&#034;https://pagini-libere.ro/en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blog de Pagini Libere&lt;/a&gt;, y publiant de nombreuses traductions, articles, revues de livres, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des aspects qui l'a attir&#233; vers Pagini Libere a pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; la t&#226;che de r&#233;cup&#233;ration historique que l'on s'&#233;tait donn&#233; pour but d&#232;s le d&#233;but. Pendant un certain temps, nos discussions ont tourn&#233; autour des diff&#233;rentes figures de l'histoire anarchiste locale, sur les traces desquelles il s'&#233;tait lanc&#233;, non sans un certain enthousiasme. Imaginez notre surprise quand il nous a appris que l'un de ses meilleurs amis en France &#233;tait le neveu de Iuliu Neagu-Negulescu, dont l'utopie, intitul&#233; &lt;i&gt;Arimania &lt;/i&gt; et &#233;crite en 1921, avait &#233;t&#233; notre premier projet en tant que collectif &#233;ditorial. Ou quand, un an plus tard, il nous a fait d&#233;couvrir, par l'interm&#233;diaire d'un autre ami, la figure fascinante de V.G. Paleolog, biographe de Br&#226;ncu&#537;i et l'un des proches de l'anarchiste Panait Mu&#537;oiu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fil du temps, Nicolas avait pris l'habitude d'envoyer r&#233;guli&#232;rement des petits colis de revues, de livres et de brochures en Roumanie. La plupart &#233;taient donn&#233;s &#224; une petite archive libertaire de Cluj, n&#233;e de la volont&#233; de cr&#233;er une plateforme de documentation et de popularisation de l'histoire anarchiste locale, une d&#233;marche qu'il &#233;tait heureux de soutenir. Gr&#226;ce &#224; sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, le petit fonds d'archives comprend aujourd'hui plusieurs num&#233;ros et suppl&#233;ments d'&lt;i&gt;Iztok&lt;/i&gt;, livres, collections de journaux anarchistes fran&#231;ais et m&#234;me quelques ouvrages anarchistes classiques. Ce ne sont l&#224; que quelques-unes des fa&#231;ons dont Nicolas a soutenu, discr&#232;tement, mais g&#233;n&#233;reusement, les noyaux libertaires dont il suivait les initiatives : un collectif &#233;ditorial, l'archive, une biblioth&#232;que, mais aussi quelques amis et compagnons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre avec Nicolas ne s'&#233;tait pas limit&#233;e au travail &#233;ditorial, aux collaborations ponctuelles ou aux &#233;changes d'id&#233;es. Elle a &#233;t&#233; transformatrice pour beaucoup d'entre nous, tant sur le plan politique que personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Nicolas, j'ai d'abord d&#233;couvert un esprit g&#233;n&#233;reux et sinc&#232;re. S'il n'&#233;tait pas homme &#224; m&#226;cher ses mots quand il avait quelque chose &#224; dire, il d&#233;testait, en revanche, profond&#233;ment les attitudes d&#233;molissantes, les critiques paralysantes et corrosives, les attitudes inquisitoriales, qu'il consid&#233;rait comme intellectuellement et politiquement st&#233;riles. Il &#233;tait plut&#244;t l'homme des discussions &#233;difiantes, quand il y avait quelque chose &#224; dire, bien s&#251;r. Avec Nicolas, on ne se sentait jamais seul. Mais sa pr&#233;sence n'&#233;tait ni &#233;crasante, ni &#233;touffante, mais vivante ; une pr&#233;sence qui, paradoxalement, cr&#233;ait de l'espace plut&#244;t qu'elle n'en prenait. Peut-&#234;tre plus que tout autre chose, Nicolas avait (et donnait) du courage, en particulier dans les questions &#233;pineuses qui semblaient sans issue. Par exemple, la question de la guerre, qui l'avait particuli&#232;rement pr&#233;occup&#233; (et pour cause). Il n'&#233;vitait pas les contradictions, il ne cherchait pas &#224; tout concilier dialectiquement, comprenant peut-&#234;tre mieux que moi que chercher le &#171; bon positionnement &#187; pouvait &#234;tre, dans certaines situations, un faux enjeu. La h&#226;te qu'il avait remarqu&#233;e, surtout dans une partie de la gauche radicale, d'&#233;mettre la &#171; bonne prise de position &#187;, de produire le discours le plus id&#233;ologiquement appropri&#233;, r&#233;p&#233;tant souvent en vain une s&#233;rie de slogans, lui paraissait ridiculement p&#233;dante. Sa priorit&#233; n'&#233;tait pas de sauver la puret&#233; de sa conscience (ou de son &#171; &#226;me &#187;), mais d'agir, lorsqu'il le pouvait, pour r&#233;pondre &#224; une souffrance r&#233;elle, pour r&#233;parer ou att&#233;nuer une injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre formel ou protocolaire, Nicolas respectait toujours certains rythmes et rituels de l'amiti&#233;. Nous nous parlions r&#233;guli&#232;rement au t&#233;l&#233;phone (&#171; All&#244;, all&#244;, ici Nicolas ! &#187;), une habitude qu'il a gard&#233;e jusqu'&#224; la fin. Il &#233;tait rest&#233; tout aussi volubile, attentif, causeur, branch&#233; sur l'actualit&#233;, qu'il commentait avec astuce et acuit&#233;. Il parlait rarement de sa sant&#233;, et je n'osais pas aborder le sujet, soucieux de ne pas commettre une indiscr&#233;tion. Il &#233;tait beaucoup plus int&#233;ress&#233; que je lui raconte &#171; comment vont les choses &#187; et que je le tienne au courant de l'avancement du dernier livre de Pagini Libere, une traduction de Bakounine faite par un ami commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que nous nous sommes parl&#233;s, c'&#233;tait un soir d'ao&#251;t. Il m'a rappel&#233; la photo que nous avions prise ensemble lors d'un autre &#171; &#233;t&#233; inoubliable &#187;, &#224; Bucarest, sur la terrasse d'un restaurant aroumain o&#249; il aimait se rendre lorsqu'il &#233;tait en Roumanie. J'ai alors su que Nicolas me disait au re-voir. G&#233;n&#233;reux et d&#233;licat comme toujours, il me rappelait, au moment m&#234;me de la s&#233;paration, la vie, l'amiti&#233;, la joie des retrouvailles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il mentionnait souvent sa grand-m&#232;re maternelle, Eleonora Lemeny, sociale-d&#233;mocrate et f&#233;ministe, qui avait &#233;t&#233; la premi&#232;re femme docteure en lettres de l'universit&#233; de Cluj. Son grand-p&#232;re, Eugen Rozvan, avait &#233;t&#233; un des co-fondateurs du Parti Communiste Roumain, ex&#233;cut&#233; en URSS en 1938, lors des grandes purges staliniennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir, par exemple, Nicolas Trifon, &lt;i&gt;Les Aroumains, Un peuple qui s'en va&lt;/i&gt;, Acratie, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Martin Veith,&lt;i&gt; Unbeugsam &#8211; Ein Pionier des rum&#228;nischen Anarchismus : Panait Musoiu&lt;/i&gt;, Edition AV, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Nicolas Trifon : un parcurs libertar interna&#539;ionalist&lt;/i&gt;, Pagini Libere/Anarhiva, Cluj, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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