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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Marie Goldsmith</title>
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		<dc:creator>Marc Pierrot</dc:creator>


		<dc:subject>Marie Goldsmith</dc:subject>
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		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>ESRI</dc:subject>
		<dc:subject>Pierre Kropotkine</dc:subject>
		<dc:subject>Jean Grave</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Temps nouveaux&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-plus-loin-no95-mars-1933-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;95 - Mars 1933&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-4fffffffffffffffff-e7b23.jpg?1774697731' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En novembre 1891, un &#233;tudiant, blanquiste et tr&#232;s r&#233;volutionnaire, Jules-Louis Breton, qui plus tard entra au Parlement, fit distribuer un manifeste pour appeler la jeunesse des &#233;coles &#224; fonder un groupe socialiste. On se r&#233;unit d'abord chez Breton, puis dans une biblioth&#232;que fouri&#233;riste de la rue Mouffetard. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;nergie du roumain, Georges Diamandy, le groupe se d&#233;clara internationaliste, ce qui &#233;carta de lui un tas de jeunes radicaillons, vaguement socialisants et trop f&#233;rus de politicaillerie. Gr&#226;ce &#224; la t&#233;nacit&#233; de Breton on ajouta au titre l'&#233;tiquette r&#233;volutionnaire. Et ainsi fut cr&#233;&#233;, en d&#233;cembre 1891, le premier groupe socialiste d'&#233;tudiants, celui des &#233;tudiants socialistes r&#233;volutionnaires internationalistes de Paris (ESRI).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;union de jeunes gens, ayant chacun leurs habitudes, leurs traditions, les pr&#233;jug&#233;s impos&#233;s par l'&#233;ducation, par l'instruction officielle, par le milieu familial et social, mais ayant un id&#233;alisme, mais avides de conna&#238;tre, ne redoutant pas les hypoth&#232;ses les plus audacieuses, se lan&#231;ant dans des discussions passionn&#233;es qui peu &#224; peu aboutissaient &#224; d&#233;molir les traditions, &#224; saper les pr&#233;jug&#233;s, &#224; changer les habitudes. Mais les membres du groupe n'avaient pas pour but de passer leur temps &#224; faire de l'esprit et &#224; cultiver le paradoxe. Ils avaient un id&#233;alisme et ils cherchaient &#224; le confirmer. On se mit imm&#233;diatement au travail sous la direction intellectuelle et morale des camarades plus &#226;g&#233;s, Alfred Bonnet, Suffren Raymond, Georges Diamandy, qui avaient quatre ou cinq ans de plus que les autres et qui avaient d&#233;j&#224; &#233;tudi&#233; les th&#233;ories socialistes. La premi&#232;re ann&#233;e fut consacr&#233;e &#224; la revue rapide des syst&#232;mes socialistes ant&#233;rieurs et &#224; une &#233;tude longue et pr&#233;cise du &lt;i&gt;Capital &lt;/i&gt; de Karl Marx&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Les discussions furent toujours s&#233;rieuses. On prit le go&#251;t et l'habitude de la m&#233;thode, de la critique rationnelle, de la recherche de la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/jules-louis_breton_1913.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH667/jules-louis_breton_1913-ee448.jpg?1774708417' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Jules-Louis Breton &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au noyau du d&#233;but, Bonnet, Breton, Chapoutot, Diamandy, Lorcin, Mouchette, Neuville, Pierrot, Suffren Raymond, R&#233;my, Thiercelin, L&#233;on Thivier, Ygouf, Z&#233;va&#232;s, Zimmer et d'autres dont j'ai oubli&#233; le nom, s'adjoignirent rapidement Attal, Ameline, Ducroquet, Julien, Lapie qui ne fit que passer, M&#233;tin, d'autres encore, des &#233;tudiants roumains, des &#233;tudiants russes (dont la colonie &#233;tait alors vivante et nombreuse &#224; cause des pers&#233;cutions tsaristes) et des &#233;tudiantes de m&#234;me nationalit&#233;. La presque unanimit&#233; des &#233;tudiantes &#224; cette &#233;poque &#233;taient &#233;trang&#232;res. Les pr&#233;jug&#233;s de la bourgeoisie fran&#231;aise s'opposaient &#224; ce que les jeunes filles entrassent &#224; l'Universit&#233; ; c'e&#251;t &#233;t&#233; pour elles la d&#233;ch&#233;ance. Parmi les cinq ou six &#233;tudiantes qui entr&#232;rent au groupe, il y eut Marie Goldsmith et son amie Roubanovitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre effort &#233;tait de nous instruire nous-m&#234;mes et d'aider &#224; l'&#233;mancipation des travailleurs. Il nous paraissait qu'il &#233;tait de la discr&#233;tion la plus &#233;l&#233;mentaire de laisser ceux-ci discuter eux-m&#234;mes leurs int&#233;r&#234;ts et choisir parmi eux leurs repr&#233;sentants. Nous pensions que nous devions rester en dehors des luttes politiques et surtout ne pas nous offrir comme candidats dans les luttes &#233;lectorales. Cette d&#233;cision ne fut pas du go&#251;t de tous, et &#224; la fin de 1892, Z&#233;va&#232;s et Thiercelin quittaient le groupe pour fonder relui des &#233;tudiants collectivistes, adh&#232;rent an parti guesdiste, dans le dessein de prendre part aux campagnes politiciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avions plus de sympathie pour l'action ouvri&#232;re proprement dite. A ce moment, il n'y avait que les syndicats allemanistes qui menassent une action autonome et v&#233;ritablement prol&#233;tarienne. Plusieurs d'entre nous avaient des relations d'amiti&#233; avec Jean Allemane ; un peu plus tard, gr&#226;ce &#224; l'interm&#233;diaire d'Hamon, nous nous li&#226;mes avec Fernand Pelloutier, aussit&#244;t que celui-ci vint &#224; Paris. D'autre part M&#233;tin et Remy, au retour de leur ann&#233;e de service militaire, mettaient leur influence &#224; pousser le groupe vers l'anarchie. Nous entrions en rapport avec Grave, et nous retrouvions aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux,&lt;/i&gt; Paul Delesalle que nous connaissions depuis 1892.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant le groupe ne s'&#233;tait inf&#233;od&#233; &#224; aucun parti, &#224; aucune secte. I1 continuait &#224; recruter des membres aux tendances diverses, des marxistes lib&#233;raux comme Schumacher (russe), Arndt (allemand), ou des anti-social-d&#233;mocrates comme Cornelissen. Il s'&#233;largissait en englobant une partie des membres de la Ligue d&#233;mocratique des &#233;coles (Marchand, E. Milhaud, Bon, etc.) et m&#234;me en recevant l'adh&#233;sion des &#233;tudiants collectivistes qui vinrent &#224; ses s&#233;ances pendant quelques mois.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L419xH600/31411312644-0a283.jpg?1774708321' width='419' height='600' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les opinions des ESRI apparaissent dans les brochures que le groupe publia successivement de 1894 &#224; 1901 : &lt;i&gt;Le Socialisme et les &#233;tudiants&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pourquoi nous sommes internationalistes&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k817808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les r&#233;volutionnaires au congr&#232;s de Londres&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;R&#233;formes et r&#233;volution&lt;/i&gt;, &lt;a href=&#034;https://archive.org/details/lindividuetlecom00grou/page/n1/mode/2up&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'individu et le communisme&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Mis&#232;re et mortalit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Comment l'&#201;tat enseigne la morale&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les anarchistes et les syndicats&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La scission socialiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le tolsto&#239;sme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Coop&#233;ratisme et n&#233;o-coop&#233;ratisme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le communisme et l'anarchie&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;. Elles &#233;taient l'&#339;uvre d'une commission et discut&#233;es chapitre par chapitre au cours des s&#233;ances publiques. Cette commission comprenait de 6 &#224; 12 membres. Leur collaboration fut tellement enchev&#234;tr&#233;e dans certaines brochures qu'il me serait impossible de dire aujourd'hui quelle fut la part de chacun. La vie du groupe se r&#233;duisit peu &#224; peu &#224; l'activit&#233; de la commission, dont les membres, sauf un noyau permanent, ne furent pas toujours exactement les m&#234;mes outre un camarade devenu professeur de facult&#233;, que je ne puis nommer ici, les plus jeunes associ&#233;s furent Cr&#233;mieu et Jacoubet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite du groupe fut d'avoir aid&#233; &#224; d&#233;gager les principes du syndicalisme r&#233;volutionnaire, au moment m&#234;me o&#249; celui-ci naissait et se d&#233;veloppait, et d'avoir devanc&#233; les th&#233;oriciens purs qui foisonn&#232;rent par la suite. Au lieu de la diplomatie des r&#233;formistes, nous pensions que l'action avait sinon plus de r&#233;sultats imm&#233;diats, du moins une vertu &#233;ducative. L'&#233;tude du mouvement ouvrier avait d&#233;tourn&#233; le groupe, &#224; partir de 1896, de la jeunesse des &#233;coles. Il appelait les travailleurs &#224; ses discussions, et c'est ainsi que Delesalle et d'autres nous apport&#232;rent leur collaboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de Marie Goldsmith, la seule de nos camarades femmes qui &#233;tait demeur&#233;e au groupe, fut peu consid&#233;rable dans les premi&#232;res brochures. Elle devint de plus en plus grande au fur et &#224; mesure que le groupe se resserra, surtout &#224; partir de la septi&#232;me brochure. Le comit&#233; de r&#233;daction prit l'habitude de se r&#233;unir chez elle. Elle intervenait pour remettre ordre et clart&#233; dans la discussion lorsque celle-ci devenait confuse et commen&#231;ait &#224; s'embrouiller. Ce furent son influence et celle de Remy qui orient&#232;rent d&#233;finitivement l'activit&#233; du groupe vers l'anarchisme. D'ailleurs le groupe d&#233;clinait. Les camarades peu &#224; peu s'en allaient pour prendre un poste ou pour s'&#233;tablir soit en province, soit aux colonies ; d'autres &#233;taient retourn&#233;s &#224; l'&#233;tranger. Beaucoup se mariaient. Tous &#233;taient pris par la n&#233;cessit&#233; de gagner leur existence. Le groupe disparut en 1901.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai racont&#233; la vie du groupe parce que la vie de Goldsmith se confondit en grande partie avec elle. J'ai &#233;prouv&#233; par exp&#233;rience que la vie collective donne d'aussi belles &#233;motions, d'aussi fortes satisfactions et qu'elle offre plus d'ampleur et plus de s&#233;curit&#233; que la vie individuelle trop souvent confin&#233;e &#224; un &#233;go&#239;sme mesquin et fauss&#233;e par une vanit&#233; ridicule. En tout cas notre vie collective nous a servi &#224; fonder notre psychologie morale et notre philosophie sociale sur des donn&#233;es r&#233;fl&#233;chies ; elle ne nous a pas emp&#234;ch&#233;s de conserver notre personnalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie collective aide au d&#233;veloppement des individus &#224; condition que ceux-ci ne s'enferment pas dans un seul groupe et qu'ils aient en dehors de lui d'autres activit&#233;s, &#224; condition par exemple qu'ils participent &#224; une activit&#233; professionnelle, &#224; d'autres groupes encore (artistiques, etc.), qu'ils aient une vie familiale. A ce point de vue la famille, la famille vivante avec les pr&#233;occupations que donne l'&#233;ducation des enfants, a son utilit&#233; contre la tendance &#224; ne voir les faits sociaux que d'apr&#232;s des formules th&#233;oriques. Par contre, l'&#233;go&#239;sme familial fait perdre de vue la vie sociale et m&#233;conna&#238;tre la solidarit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L362xH550/goldsmith_aen_petit-ab074-2-4e121.jpg?1774708321' width='362' height='550' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En dehors du groupe des ESRI, Goldsmith fr&#233;quentait les milieux r&#233;volutionnaires russes, multiples et divers &#224; cette &#233;poque. Le vieux Lavrof, par sa pr&#233;sence m&#234;me &#224; Paris (il habitait rue Saint-Jacques), avait sur eux la plus grande influence. Les tendances du socialisme r&#233;volutionnaire pr&#233;dominaient. Dans un pays essentiellement agricole et pour ainsi dire sans industrie, la r&#233;volution agraire paraissait la premi&#232;re chose &#224; organiser. Quelques &#233;tudiants russes se r&#233;clamaient de Plekhanof, la b&#234;te noire des anarchistes, et faisaient bande &#224; part. Pour eux, la r&#233;volution, la vraie r&#233;volution, c'&#233;tait la r&#233;volution marxiste, paradoxale dans un pays o&#249; les ouvriers industriels et prol&#233;taris&#233;s &#233;taient en infime minorit&#233;. Le fatalisme du mat&#233;rialisme &#233;conomique aboutissait, tout au moins dans l'esprit de quelques-uns, &#224; attendre le d&#233;veloppement du stade capitaliste. Chez les autres on voyait poindre la th&#233;orie de la dictature du prol&#233;tariat. Pour ces fanatiques, ignorants de la vie sociale, la dialectique h&#233;g&#233;lienne servait &#224; conna&#238;tre et &#224; explique tous les faits &#233;conomiques et sociaux, comme si ces ph&#233;nom&#232;nes devaient ob&#233;ir &#224; une r&#232;gle scolastique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Goldsmith, fr&#233;quentait chez Lavrof. Elle y fit connaissance de Simon Rappoport, que nous e&#251;mes comme ami commun, Simon Rappoport, le noir, un original et le meilleur des hommes. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme, Charles Rappoport, le blond, que nous conn&#251;mes, lui, au groupe des ESRI, o&#249; il vint vers 1896 bavarder inlassablement. Simon, qui v&#233;cut toujours en boh&#232;me charitable, &#233;tait sous le pseudonyme d'Ansky, un &#233;crivain de talent et faisait revivre en langue yiddish le folklore juif. Il mourut extr&#234;mement pauvre, sans avoir la joie de voir repr&#233;senter son &#339;uvre, le Dybbouk, qui fit au th&#233;&#226;tre une carri&#232;re triomphale. Des nationalistes juifs ont pr&#233;tendu s'emparer d'Ansky et sans scrupules faire un des leurs de ce r&#233;volutionnaire imp&#233;nitent. Les morts ont toujours bon dos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut probablement au Congr&#232;s international socialiste de Londres en 1896 que Goldsmith fit la connaissance de Kropotkine, comme c'est l&#224; aussi qu'elle se lia avec Cornelissen, Hamon, Tcherkesoff et quelques autres. A partie de ce moment Kropotkine eut la plus grande influence sur ses id&#233;es et dirigea ses tendances r&#233;volutionnaires. En correspondance constante avec lui, elle fut son disciple le plus fid&#232;le et le plus cher. Toute son activit&#233; sociale fut d&#232;s lors dirig&#233;e vers la propagande anarchiste. Elle fut en rapports d'amiti&#233; avec Nettlau, avec Brupbacher, avec Paul Reclus, avec Dave, avec le docteur et Madame Zielinski, avec tant d'autres, dont je ne puis ici publier les noms, et qui ont eu pour elle les sentiments les plus affectueux.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-study.webp?1689069894' width='500' height='365' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith. Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Elle collabora aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, d'une fa&#231;on suivie, donnant des traductions, des correspondances de journaux &#233;trangers et aussi des articles originaux sous les pseudonymes de M. Corn et d'Isidine. Si je me souviens bien, notre collaboration au journal commen&#231;a en m&#234;me temps et d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re. C'&#233;tait au temps des &#233;v&#233;nements de Cr&#232;te, alors que la population chr&#233;tienne s'&#233;tait soulev&#233;e contre la domination turque. Kropotkine ou Tcherkesoff avait pris parti pour la lib&#233;ration des Cr&#233;tois. Apr&#232;s une conversation avec Goldsmith et Remy, j'&#233;crivis un article pour d&#233;clarer que ce soul&#232;vement devait nous laisser &#224; peu pr&#232;s indiff&#233;rent, puisque d'apr&#232;s les nouvelles, la population chr&#233;tienne s'&#233;tait mise &#224; massacrer la population musulmane et &#224; la d&#233;pouiller de ses biens, que les habitants musulmans, en forte minorit&#233;, avaient bien, eux aussi, le droit de vivre, et que la solution de la question cr&#233;toise n'&#233;tait pas dans un changement de gouvernement et dans l'instauration d'une nouvelle tyrannie s'exer&#231;ant sur l'autre partie de la population. A quoi Kropotkine r&#233;pondit que sans prendre le point de vue patriotique des nationalismes, il fallait envisager l'&#233;volution de l'humanit&#233; et que la civilisation occidentale avec ses d&#233;fauts &#233;tait infiniment pr&#233;f&#233;rable &#224; la routine et &#224; la stagnation sous une tyrannie turque dont il &#233;tait impossible d'esp&#233;rer le changement. En somme donner leurs chances au progr&#232;s et &#224; la libert&#233;. Je suis bien s&#251;r de d&#233;former l'argumentation de Kropotkine, je n'ai pas sa r&#233;ponse sous les yeux. Mais telle est l'interpr&#233;tation qui m'est rest&#233;e dans l'esprit. Et c'est le m&#234;me point de vue auquel Kropotkine devait se placer en 1914 et en 1916, non pas celui du patriotisme et du nationalisme, mais celui de la civilisation : f&#233;odale et militariste ou d&#233;mocratique et lib&#233;rale. Il disait que la victoire des empires centraux serait l'affermissement de la f&#233;odalit&#233; militaire et la persistance ou la restauration du principe monarchique. J'avais compl&#232;tement oubli&#233; la pol&#233;mique cr&#233;toise ; c'est Goldsmith qui m'en a fait souvenir et qui proposait derni&#232;rement d'en publier des extraits pour &#233;clairer le point de vue du manifeste des Seize. A ce propos elle-m&#234;me a donn&#233; dans, le n&#176; 44 de &lt;i&gt;Plus Loin&lt;/i&gt; (novembre 1918) sous la signature d'Isidine un article qui &#224; mon avis cl&#244;t d&#233;finitivement le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; nous continu&#226;mes un travail d'&#233;dition de brochures avec Paul Delesalle. Puis, apr&#232;s le passage d'Am&#233;d&#233;e Dunois, ou peut-&#234;tre pendant son secr&#233;tariat, fut cr&#233;&#233; un groupe d'amis des &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; avec Desplanques (qui succ&#233;da &#224; Dunois comme secr&#233;taire de r&#233;daction), James Guillaume, Manette, Andr&#233; Girard, Ch. Beno&#238;t (qui. s'occupa sp&#233;cialement de l'&#233;dition des brochures), etc. Monatte, pris par son journal, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, ne resta pas tr&#232;s longtemps. Mais sous l'impulsion de Gu&#233;rin, il y eut des r&#233;unions assez suivies qui se tinrent jusqu'&#224; la guerre, &#224; peu pr&#232;s tous les quinze jours, et ou Goldsmith assista assez r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1910, Gu&#233;rin ressuscita les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; (&#233;dition d'apr&#232;s guerre) avec Goldsmith au comit&#233; de r&#233;daction. Puis, apr&#232;s la scission avec Jean Grave, Plus Loin apparaissait en mars 1925. Goldsmith faisait partie du groupe fondateur avec Desplanques, Cornelissen, David, Dooghe, Kermabon, Bertrand, Jacques et Paul Reclus, Tcherkesoff, etc. Elle prit part aux r&#233;unions du comit&#233; de r&#233;daction jusqu'au jour o&#249; l'affaiblissement progressif de sa m&#232;re ne lui permit pas de la laisser seule et de s'absenter le soir. Mais elle envoyait de la copie, et son dernier article &#171; A travers notre presse &#187; a paru dans le n&#176; 93 (janvier 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps son logis &#233;tait le centre de r&#233;unions amicales et vivantes avec tant et tant de r&#233;volutionnaires russes, dont je ne peux donner ici les noms. Et elle faisait un travail consid&#233;rable de collaboration et de correspondances au profit des publications &#233;trang&#232;res d'avant-garde. C'est &#224; elle que Kropotkine confia la traduction fran&#231;aise de l'&lt;i&gt;&#201;thique&lt;/i&gt;. Elle avait m&#234;me esp&#233;r&#233; pouvoir en donner la deuxi&#232;me partie avec les notes &#233;parses qu'il avait laiss&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin elle avait une activit&#233; scientifique. Docteur &#232;s-sciences, elle &#233;tait devenue la secr&#233;taire et la collaboratrice d'Yves Delage avec qui elle &#233;crivit deux ouvrages : &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Parth&#233;nog&#233;n&#232;se naturelle et exp&#233;rimentale&lt;/i&gt;. Surtout elle faisait avec lui l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, dont elle fut l'un des deux secr&#233;taires depuis 1902, le seul secr&#233;taire depuis 1919 et en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable cheville ouvri&#232;re. Ce fut l'&#233;poque la plus heureuse de sa vie, une &#233;poque de travail f&#233;cond dans la s&#233;curit&#233;. Delage, devenu aveugle, se confiait enti&#232;rement &#224; elle. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si modeste qu'elle f&#251;t, il en r&#233;sulta contre elle de terribles jalousies, &#224; la fois des adversaires de l'&#233;cole de Delage et de beaucoup d'&#233;l&#232;ves m&#234;me de celui-ci, ces derniers &#233;tant furieux de la confiance &#224; peu pr&#232;s exclusive que lui accordait Delage. Elle la m&#233;ritait et ne pouvait certes porter ombrage &#224; personne. Ce n'en fut pas moins sur son dos que s'&#233;tablit la r&#233;conciliation apparente des adversaires et des amis de Delage, &#224; la mort de celui-ci. Elle lui avait servi, intellectuellement et un peu mat&#233;riellement de chien d'aveugle. Il ne la r&#233;compensa m&#234;me pas en la dirigeant, comme il e&#251;t d&#251; le faire, vers une situation officielle, et, pauvre et charg&#233; de famille, il ne la r&#233;compensa pas non plus autrement de fa&#231;on sensible. C'&#233;tait un illumin&#233;. Mais la pauvre Goldsmith fut par trop d&#233;pourvue de sens pratique. Elle &#233;tait r&#233;fractaire &#224; la naturalisation, sans laquelle elle &#233;tait condamn&#233;e, dans le milieu o&#249; elle vivait, &#224; la mis&#232;re, puisqu'elle n'y pouvait avoir de situation officielle sans &#234;tre fran&#231;aise. Delage aurait p&#251;t le lui dire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3977 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;88&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/IMG/webp/goldsmith-lab.webp?1689069308' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie Goldsmith dans son laboratoire (vers 1910). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En tout cas elle fut &#233;vinc&#233;e de l'&lt;i&gt;Ann&#233;e biologique&lt;/i&gt;, o&#249; la fonction de secr&#233;taire n'&#233;tait pourtant pas une situation officielle. Elle continue ses travaux dans des laboratoires successifs et dans des conditions assez pr&#233;caires. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Partout o&#249; elle passa, elle s'effa&#231;a trop ; elle y vivait trop isol&#233;e et trop &#224; l'&#233;cart des travaux qui s'y faisaient ; cette r&#233;serve &#233;tait m&#233;chamment jug&#233;e et elle acheva de lui faire tort&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1927, elle publiait n&#233;anmoins chez Costes,&lt;i&gt; La psychologie compar&#233;e&lt;/i&gt; (in-12&#176;, p. 344) o&#249; elle passe en revue dans la s&#233;rie animale, les tropismes, les r&#233;flexes, les instincts, l'&#233;tablissement des associations qui sont la source de la m&#233;moire et de tous les processus intellectuels sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet ouvrage et dans &lt;i&gt;Les th&#233;ories de l'&#233;volution&lt;/i&gt;, Goldsmith fait une sorte de synth&#232;se philosophique, faisant la revue et la critique des th&#233;ories &#233;mises sur l'un et l'autre sujet. Comme ouvrages de recherches personnelles, j'ai d&#233;j&#224; cit&#233; &lt;i&gt;La Parth&#233;nogen&#232;se&lt;/i&gt;, en collaboration, il est vrai, avec Delage, mais o&#249; sa contribution est &#233;norme. Enfin sa th&#232;se de doctorat &#233;tudie les &lt;i&gt;R&#233;actions physiologiques et psychiques des poissons&lt;/i&gt;. Je crois int&#233;ressant de reproduire ce passage de la premi&#232;re page :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ll y a peu de temps encore, la psychologie, sp&#233;culative comme la philosophie elle-m&#234;me, appartenait &#224; ce titre au domaine des lettres et non &#224; celui des sciences de la nature. Cependant la th&#233;orie de l'&#233;volution, et aussi le mat&#233;rialisme philosophique du milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, lui indiquaient d&#233;j&#224; une autre voie ; la pens&#233;e d'Auguste Comte, qui dans la Politique positive pr&#233;voit la cr&#233;ation d'une psychologie compar&#233;e, bas&#233;e sur l'&#233;tude du syst&#232;me nerveux, avait m&#234;me pr&#233;c&#233;d&#233; ces doctrines, mais sans avoir trouv&#233; l'&#233;cho &#224; son &#233;poque. La psychologie fermement attach&#233;e aux anciennes traditions de la pens&#233;e, n'a pris la nouvelle orientation que lentement, et jusqu'&#224; l'heure actuelle encore elle n'est pas enti&#232;rement devenue une science bas&#233;e sur l'observation et l'exp&#233;rimentation&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de M. Goldsmith est de contribuer de faire progresser la psychologie en tant que science exp&#233;rimentale, et pour cela elle a poursuivi des recherches sur le psychisme des animaux ; ce sont des observations sur les poissons, faites &#224; la station biologique de Roscoff, qui lui en ont fourni les mat&#233;riaux. Les associations que peut fournir un cerveau de poisson sont tr&#232;s &#233;loign&#233;es des n&#244;tres, mais c'est &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelque chose d'o&#249; les v&#233;ritables associations sont n&#233;es plus tard au cours de l'&#233;volution&lt;/q&gt; (p. 128). Telle est l'une des conclusions du travail de Goldsmith. Elle est fort importante. Mais Goldsmith, qui avait &#233;t&#233; accapar&#233;e par Delage, n'avait plus &#224; sa disposition de laboratoire o&#249; elle e&#251;t ses coud&#233;es franches ; les travaux originaux lui &#233;taient fort difficiles. D'autre part sa sp&#233;cialit&#233;, la Psychologie exp&#233;rimentale, &#233;tait le fief d'une camarilla, celle-l&#224; m&#234;me qui l'a d&#233;barqu&#233;e de l'ann&#233;e biologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la mort de Kropotkine et de Delage, qui disparurent &#224; peu de distance l'un de l'autre, Goldsmith se trouva d&#233;pourvue des soutiens moraux sur lesquels elle avait pris l'habitude de s'appuyer. La vieillesse arrivait, une vieillesse sans aucune s&#233;curit&#233;, avec un seul refuge affectif, celui d'une m&#232;re qui s'&#233;teignait lentement. Depuis deux mois, Goldsmith n'osait plus prendre la moindre libert&#233;, m&#234;me dans la journ&#233;e, elle ne sortait plus du tout, elle avait abandonn&#233; ses travaux de laboratoire. Lorsque sa m&#232;re mourut &#224; 83 ans dans la nuit du 8 au 9 janvier, elle s'empoisonna pour ne pas lui survivre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_3978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH476/img044-marie-and-sophie-e1668822651847-edited-a4b45.png?1774708417' width='500' height='476' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Marie (&#224; gauche) et sa m&#232;re Sophie (&#224; droite). Source : &lt;a href=&#034;https://mariegoldsmith.uk/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;THE MARIE GOLDSMITH PROJECT&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article2785" class="spip_out"&gt;Liste des brochures des ESRI disponibles sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous f&#251;mes souvent oblig&#233;s de changer de local au cours de cette premi&#232;re ann&#233;e. Et je note qu'ayant trouv&#233; &#224; nous r&#233;unir dans la salle annexe d'un caf&#233; au-dessous de l'Association g&#233;n&#233;rale des &#233;tudiants, nous en f&#251;mes &#233;vinc&#233;s sous la pression du comit&#233; de cette association o&#249; dominait alors, sans qu'il en fit partie officiellement, l'influence de L&#233;on Blum ; il n'avait pas encore trouv&#233; son chemin de Damas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Tcherkesov (Suite et fin)</title>
		<link>http://partage-noir.fr/tcherkesov-suite-et-fin</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Max Nettlau </dc:creator>


		<dc:subject>Tcherkesov</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Durant neuf ou dix ann&#233;es, jusqu'en 1892, Tcherkesov passa quelques temps dans son pays, en G&#233;orgie m&#234;me ; il resta aussi en Asie Mineure, &#224; Tr&#233;bizonde, &#224; Constantinople, en Bulgarie et se trouva en dernier lieu &#224; Pl&#339;shti, en Roumanie, o&#249; demeurait un de ses amis, le socialiste roumain, C. Dobroglanu-Gherea, auteur tr&#232;s estim&#233;, &#233;chapp&#233;, lui aussi, de la Russie. Je ne sais si ce furent les exigences de la vie (qu'il gagnait toujours par quelque travail d'occasion, restant tr&#232;s pauvre toute sa (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-plus-loin-no9-15-novembre-1925-" rel="directory"&gt;Plus Loin n&#176;9 - 15 novembre 1925&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-tcherkesov-384-+" rel="tag"&gt;Tcherkesov&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-plus-loin-274-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Plus loin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida_copie-2a9a8.jpg?1774708417' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Durant neuf ou dix ann&#233;es, jusqu'en 1892, Tcherkesov passa quelques temps dans son pays, en G&#233;orgie m&#234;me ; il resta aussi en Asie Mineure, &#224; Tr&#233;bizonde, &#224; Constantinople, en Bulgarie et se trouva en dernier lieu &#224; Pl&#339;shti, en Roumanie, o&#249; demeurait un de ses amis, le socialiste roumain, C. Dobroglanu-Gherea, auteur tr&#232;s estim&#233;, &#233;chapp&#233;, lui aussi, de la Russie. Je ne sais si ce furent les exigences de la vie (qu'il gagnait toujours par quelque travail d'occasion, restant tr&#232;s pauvre toute sa vie), ou les pers&#233;cutions des mouchards russes qui le d&#233;nichaient partout, qui le refoul&#232;rent ainsi de pays en pays. En tout cas, c'est alors qu'il acquit une large exp&#233;rience des probl&#232;mes nationaux du Caucase, de l'Asie-Mineure et des Balkans et il vit la &#171; p&#233;n&#233;tration &#187; russe de ces pays &#224; l'&#339;uvre. Durant ce temps, par exemple en Bulgarie, le prince Alexandre et le ministre Stambouloff, qui avait le malheur de d&#233;plaire &#224; la Russie, furent, l'un chass&#233;, l'autre coup&#233; en morceaux ; et bien d'autres am&#233;nit&#233;s analogues avaient lieu. Tcherkesov ne parlait pas inutilement de ces choses, mais son coup d'&#339;il fut vite aiguis&#233; et les all&#232;chements lib&#233;rateurs panrusses n'eurent pas d'attrait pour lui quel que f&#251;t leur d&#233;guisement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant l'&#233;t&#233; de 1892, il arrive &#224; Londres o&#249; son ancienne amiti&#233; avec Kropotkine et Malatesta, Stepnick et d'autres Russes, lui donne imm&#233;diatement une place reconnue dans les milieux avanc&#233;s russes, fran&#231;ais, italiens et, d&#232;s que la langue le permet, dans le milieu anglais de &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;. J'ai oubli&#233; si ce d&#233;placement avait pour but direct de s'appliquer &#224; int&#233;resser l'opinion publique anglaise en faveur de la G&#233;orgie. En tout cas, ce fut l&#224; un but qu'il poursuivit avec la m&#234;me ardeur que la propagande anarchiste et le mouvement r&#233;volutionnaire russe.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour la libert&#233; de la G&#233;orgie&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5092 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/paulreclus09.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH246/paulreclus09-91b2a-4bfc4.jpg?1774708418' width='150' height='246' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Paul Reclus&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait pour ainsi dire l'ambassadeur des patriotes g&#233;orgiens qui, &#224; d&#233;faut d'autres moyens, voulaient que l'Europe rappel&#226;t &#224; la Russie son obligation de se conformer au trait&#233; de 1801, qui garantissait l'autonomie permanente de la G&#233;orgie dont les Russes avaient fait, depuis longtemps, une province russe. Il exposa la cause georgienne dans le &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt;, en 1886, puis dans un long article &lt;i&gt;Georgian Treaties with Russia&lt;/i&gt;, paru dans la revue&lt;i&gt; Nineteenth Century&lt;/i&gt;, de mai 1895, pp 832 &#224; 847. Il en parla successivement avec des hommes politiques anglais, sir Charles Dilke et d'autres, il gagna l'amiti&#233; d'un ancien consul anglais, Mr. W. qui, lui et sa s&#339;ur, aimaient vraiment la G&#233;orgie et en avaient, appris m&#234;me la langue si difficile. Lorsque &#201;lis&#233;e Reclus vint &#224; Bruxelles, Tcherkesov fit, par son interm&#233;diaire, la connaissance d'experts en droit international et leur pr&#233;senta le cas de son pays. Il se lia de vraie amiti&#233; avec le professeur et juge Ernest Nys et aussi avec le vieux sociologue Guillaume De Greef. En 1900, para&#238;t une brochure russe sans nom d'auteur, due &#224; Hambachidz&#233; p&#232;re ; elle raconte une nouvelle offensive russificatrice ; cette fois dirig&#233;e contre l'&#201;glise nationale g&#233;orgienne, dernier vestige de l'ancienne ind&#233;pendance. Un peu plus tard, d'autres amis de Tcherkesov arrivent &#224; l'&#233;tranger et publient, en fran&#231;ais, &lt;i&gt;La G&#233;orgie&lt;/i&gt; (en g&#233;orgien &lt;i&gt;Saghartveto&lt;/i&gt;), &#224; Paris, leur groupement s'appelle &#171; Parti socialiste-f&#233;d&#233;raliste-r&#233;volutionnaire g&#233;orgien &#187; (1903 1905), et une de leurs brochures donne le compte rendu &#233;tendu de leur premi&#232;re conf&#233;rence (1904). Enfin, d&#232;s le mois d'octobre 1905, la presse g&#233;orgienne du pays m&#234;me, d&#233;sormais libre pour quelque temps, discute ouvertement ces revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov, nous l'avons dit, aimait passionn&#233;ment son pays et ne se lasse pas d'en d&#233;peindre les beaut&#233;s naturelles et son caract&#232;re cultiv&#233; et antique. Le feu sacr&#233; enlev&#233; par Prom&#233;th&#233;e, encha&#238;n&#233; au Caucase, la Toison d'Or des Argonautes, d'autres mythes furent expliqu&#233;s par le naphte de la montagne enflamm&#233; par un &#233;clair, par les peaux d'animaux dont la laine cueillait l'or dans l'eau des torrents rapides, etc. Et les cottes de mailles qui, encore au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, rappelaient l'&#226;ge de la chevalerie, les belles femmes, les ruines pittoresques et les gorges de montagnes, la vigne des coteaux, les po&#233;sies et traditions, ce po&#232;te fameux dont la &lt;i&gt;Kelmscott Press&lt;/i&gt; de William Morris publia une si belle &#233;dition &#8212; comme Tcherkesov fut heureux de nous en parler et nous en montrer des illustrations. Ainsi, la cause de la G&#233;orgie fut gagn&#233;e aupr&#232;s de tous ceux qui l'ont connu et il s'agissait d'une ind&#233;pendance ou d'une autonomie douce et inoffensive, sans haines, sans monopole, revanche et repr&#233;sailles &#233;conomiques ou guerre fiscale odieuse, continuelle. Il n'a pas un mot contre le peuple russe pour lequel il luttait lui-m&#234;me, ni contre le peuple turc qu'il connaissait de pr&#232;s et qu'il aimait, ni contre les Tartares qui s'entendent toujours bien avec les G&#233;orgiens. Bref, ce fut un nationalisme non agressif, mais de pure d&#233;fensive et sans ambitions &#233;conomiques auxquelles on ne pensait m&#234;me pas alors.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH207/domela_nieuwenhuis_copie-c4088-64238.jpg?1774695982' width='150' height='207' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Domela Nieuwenhuis&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Cette question qui lui &#233;tait si ch&#232;re, n'entrait du reste aucunement dans sa propagande anarchiste, qui fut identique aux grands courants anarchistes, une voie moyenne entre Kropotkine et Malatesta peut-&#234;tre, entre lesquels, eux que la distance s&#233;parait, il f&#251;t un lien commun, aussi par les relations personnelles. Il se lia d'amiti&#233; avec B. Kampffmeyer, avec le myst&#233;rieux George Guyon (Paul Reclus) de cette &#233;poque (1894-95-96), avec &#201;lis&#233;e Reclus et Domela Nieuwenhuis ; il fr&#233;quentait V. Richard, Gu&#233;rineau, Alfred Marsh, Mrs. Dryhurst, H. W. Nevinson, Hermann Jung, le docteur G. B. Clark, plus tard miss G. Davis et bien d'autres. &#192; un moment, je me rappelle, sa sant&#233; parut s&#233;rieusement &#233;branl&#233;e ; il alla alors se refaire en Suisse, chez des Russes du c&#244;t&#233; de Clarens, et, en voie de gu&#233;rison, il entra en lice dans une r&#233;union russe, &#224; Gen&#232;ve, contre le grand Plekhanov qui ne s'y attendait pas. Il revint rajeuni ; c'est &#224; cette &#233;poque, vers 1897, qu'il fit un long voyage secret en G&#233;orgie o&#249; il rencontra beaucoup de ses amis de jeunesse. Il y avait un grand nombre de G&#233;orgiens parmi les accus&#233;s du grand proc&#232;s de Moscou (1875), appel&#233; le proc&#232;s des 50, celui de Sophie Bardina. Ce fut par excellence le proc&#232;s des plus d&#233;vou&#233;s propagandistes et leur traitement f&#233;roce, contribua &#224; donner au mouvement russe une direction terroriste. Vingt ans plus tard, une partie de ces victimes &#233;tait rentr&#233;e en G&#233;orgie et inspiraient alors les nouveaux mouvements et celui de la renaissance nationale. Tcherkesov nous revint retremp&#233; et il fit, alors, quelques voyages moins &#233;tendus en Hollande, dont l'un aboutit &#224; sa rentr&#233;e &#224; Londres, en octobre 1899, avec une vaillante jeune compagne, qui depuis a partag&#233; son sort, en Angleterre, en France, en Russie et au Caucase. Ils trouvent, en plein Kentish Town, un quartier populaire de Londres, &#224; c&#244;t&#233; de la grande rue, une petite oasis de rues propres et tranquilles et leur grande chambre hospitali&#232;re fut un des rares endroits de Londres o&#249; on sentait un souffle de la vie libre et fraternelle de l'avenir que nous ne verrons plus.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#233;crits de Tcherkesov&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov &#233;tait indign&#233; comme nous tous, des pr&#233;tentions de la social-d&#233;mocratie qui, tout en proclamant un socialisme toujours plus &#233;mascul&#233; et r&#233;formiste, repr&#233;sentait cet avortement comme le produit d'une essence scientifique absolument unique, d'une science d&#233;volue sur Marx et Engels et &#224; la rigueur, et &#224; distance propre, sur Karl Kautsky et un petit nombre d'autres. C'&#233;tait inepte, mais les ouvriers n'avaient pas les moyens de v&#233;rifier ces assertions et Tcherkesov fil une besogne excellente, en montrant l'origine et la filiation du socialisme qui ne fut jamais l'&#339;uvre de quelque penseur unique, mais fut &#233;labor&#233; collectivement par des hommes qui puisaient aux sources vivantes de la pens&#233;e libre de tous les si&#232;cles et qui furent fiers d'admettre cette solidarit&#233; avec la pens&#233;e commune de l'humanit&#233; et ne r&#234;vaient pas &#224; se cr&#233;er un monopole d'id&#233;es. Ces &#233;tudes parues dans les &lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Freedom &lt;/i&gt; forment les petits bouquins : &lt;i&gt;Pages d'Histoire socialiste&lt;/i&gt; (au &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; 1896, 64 p.) et &lt;i&gt;Pr&#233;curseurs de l'Internationale&lt;/i&gt; (&#224; la &lt;i&gt;Biblioth&#232;que des Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, de Bruxelles, 1899, 144 p.) ; mentionnons encore quelques paroles adress&#233;es &#224; Liebknecht, lors du congr&#232;s international de Londres, &lt;i&gt;Let us be just &lt;/i&gt; (Soyons justes, dans &lt;i&gt;Freedom &lt;/i&gt; et en brochure, 1896, 10 p.), un rapport adress&#233; au Congr&#232;s anarchiste de Paris (1900), &lt;i&gt;L'Action &#233;conomique et r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (en italien, Londres, 1903, 16 p.), &lt;i&gt;Concentration of Capital, a Marxian Fallacy &lt;/i&gt; (Londres, &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;, 25 p.). etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH233/max_nettlau-44127-49d49.jpg?1774708418' width='150' height='233' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Max Nettlau&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un jour, en 1899, je pense, Tcherkesov parcourait par hasard, chez Domela Nieuwenhuis, la brochure de Victor Consid&#233;rant :&lt;i&gt; Principe du Socialisme, Manifeste de la D&#233;mocratie au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt; (Paris, librairie phalanst&#233;rienne, 1847, 157 p. in-16) ; il en existe une &#233;dition de 1841 (&lt;i&gt;Bases de la Politique positive&lt;/i&gt;, Paris, &#171; La Phalange &#187;, IV, 119 p. in-8&#176;). C'est une des brochures fouri&#233;ristes les moins rares. Il fut frapp&#233; par des ressemblances avec le &lt;i&gt;Manifeste du parti communiste &lt;/i&gt; de Marx et Engels (1848, f&#233;vrier) qu'il avait gard&#233; en m&#233;moire d'apr&#232;s sa traduction russe imprim&#233;e &#224; Londres dans les ann&#233;es soixante et attribu&#233;e &#224; Bakounine. Il v&#233;rifia du reste d'apr&#232;s une autre &#233;dition, et revint &#224; Londres fermement convaincu que Marx et Engels &#233;taient de vulgaires plagiaires qui avaient vol&#233; le travail de Consid&#233;rant. Il se mit &#224; comparer les deux textes et ses articles &lt;i&gt;Un Plagiat tr&#232;s scientifique, &#192; propos de deux Manifestes &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Temps Nouveaux&lt;/i&gt;, 14 avril au 26 mai 1900) sont le r&#233;sultat de son travail. Il en a parl&#233; plus tard, dans une r&#233;ponse &#224; Kautsky et il m'a montr&#233; en 1903, de quelle mani&#232;re peu consciencieuse F. Engels se servit, pour un livre paru en 1845, d'un livre de Buret (1840) ; tout cela se trouve aussi dans les &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et dans &lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il n'est personne ayant vu mes travaux sur Bakounine, ou connaissant l'esprit de ce que j'ai pu &#233;crire en observations g&#233;n&#233;rales, qui m'accusera d'une tendresse quelconque envers Marx et Engels et leurs adh&#233;rents. Et pourtant, je dois dire que les arguments de Tcherkesov ne m'ont jamais donn&#233; compl&#232;te satisfaction et il a, du reste, toujours connu mon scepticisme &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1905. &#8213; L'Universit&#233; Populaire de Tiflis&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH202/warlaam_tcherkesoff_et_son_epouse_frida-9bf11-134ed.jpg?1774708418' width='150' height='202' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Warlaam Tcherkesoff (Cherkezishvili) et son &#233;pouse Frida&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e m&#233;morable de 1905 s'approche et la premi&#232;re r&#233;volution russe s'annonce. Tous les Russes sont amnisti&#233;s et Tcherkesov, lav&#233; ainsi de son pass&#233; noir, proc&#232;de bient&#244;t en Russie, avec sa femme, &#224; un voyage prolong&#233;, duquel un journal am&#233;ricain le &lt;i&gt;Chicago Daily News&lt;/i&gt;, o&#249; il a beaucoup &#233;crit, conservera un r&#233;cit int&#233;ressant. Il se fixa &#224; Tiflis, o&#249; la r&#233;action se fait bient&#244;t jour comme partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pendant ces mois d'une libert&#233; relative, apr&#232;s la premi&#232;re r&#233;volution russe, Tcherkesov organisa, &#224; Tiflis, l'Universit&#233; populaire avec des conf&#233;rences et des classes en russe, g&#233;orgien, arm&#233;nien et tartare. L'administration de cette universit&#233; &#233;tait enti&#232;rement entre les mains des ouvriers et chaque nationalit&#233; organisa sa section autonome, invita des conf&#233;renciers, etc., mais chaque mois les sections se r&#233;unissaient pour discuter les questions g&#233;n&#233;rales. L'id&#233;e de Tcherkesov &#233;tait de r&#233;tablir, en pratique, la solidarit&#233; parmi les nationalit&#233;s qui, quelques mois auparavant, gr&#226;ce aux instigations du gouvernement russe, &#233;tait rudement &#233;branl&#233;e par les massacres arm&#233;niens-tartares. L'Universit&#233; Populaire ne tarda &#224; jouir d'une grande faveur ; elle se d&#233;veloppa et organisa des filiales dans toutes les villes. Par la suite, cette institution prit un grand &#233;lan, sous le r&#233;gime de la r&#233;publique g&#233;orgienne ind&#233;pendante (1918-21), quand elle re&#231;ut des subsides du gouvernement ; on se pr&#233;parait alors &#224; &#233;largir le mouvement, lorsque l'invasion bolcheviste mit fin &#224; tout. Le pr&#233;sident de l'Universit&#233; Populaire, Natadze, fut arr&#234;t&#233; et mourut de faim en prison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le mois d'avril 1907, les G&#233;orgiens r&#233;dig&#232;rent une &#171; P&#233;tition du Peuple g&#233;orgien &#224; la Conf&#233;rence internationale de la Paix &#224; La Haye, 1907. &#187; (4 pp. Fol. 18, juin 1907), dont Tcherkesov fut porteur et qui lui valut un nouvel exil, ce qui montre qu'il fut toujours le porte-parole de son pays devant l'opinion europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1907, il vit dans le m&#234;me milieu anglais qu'auparavant. Ses voyages &#224; Paris, ville o&#249; il se sent mieux, eut chaque fois pour effet de le rajeunir, en pr&#233;sence de son optimisme, de sa joie na&#239;ve &#224; chaque succ&#232;s ouvrier, &#224; chaque manifestation de l'esprit de r&#233;volte, on ne pense pas &#224; son &#226;ge. La guerre arrive, et &#224; sa mani&#232;re de voir, pareille en ce moment &#224; celle de Kropotkine, le s&#233;pare de beaucoup de camarades, entre autres, de Malatesta.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1917. &#8213; L'ind&#233;pendance g&#233;orgienne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'en 1917, la seconde r&#233;volution &#233;clata et que la r&#233;publique y fut proclam&#233;e, tous les proscrits rentr&#232;rent en Russie. En mai 1917, deux semaines avant Kropotkine, Tcherkesov arrive &#224; Petrograd. Voyant que les partis socialistes &#233;taient aussi centralistes que les r&#233;actionnaires russes, Tcherkesov, apr&#232;s avoir pass&#233; quelques semaines avec Kropotkine, et envisag&#233; la situation avec celui-ci, partit pour la G&#233;orgie en vue d'y travailler contre la tendance marxiste et &#233;tatiste qui se faisait jour en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup d'&#201;tat bolch&#233;viste &#224; Petrograd et Moscou, les social-d&#233;mocrates (mench&#233;vistes), g&#233;orgiens, arm&#233;niens et tartares, proclam&#232;rent la r&#233;publique f&#233;d&#233;rative de Transcaucasie. Les bolchevistes russes c&#233;d&#232;rent, par le trait&#233; de Brest-Litowsk, quelques provinces g&#233;orgiennes et arm&#233;niennes aux Turcs qui s'empress&#232;rent de s'emparer de ce territoire. Les G&#233;orgiens et Arm&#233;niens essay&#232;rent de s'y opposer, mais les Tartares ne voulaient pas se battre contre leurs coreligionnaires et la f&#233;d&#233;ration transcaucasienne fut dissoute. Aussit&#244;t, la G&#233;orgie reprenait, en mai 1918, son existence nationale ind&#233;pendante, interrompue par un si&#232;cle d'oppression russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les G&#233;orgiens se mirent &#224; l'&#339;uvre en vue d'organiser leur vie sur une base vraiment d&#233;mocratique et m&#234;me socialiste. Des r&#233;formes agraires tr&#232;s radicales, le suffrage universel pour hommes et femmes, furent introduits. La G&#233;orgie se d&#233;clara neutre, et de m&#234;me qu'elle avait refus&#233; de prendre part, avec les Bolchevistes, au trait&#233; de Brest-Litowsk, de m&#234;me elle refusait de se joindre aux interventions arm&#233;es de Denikine et de Wrangel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vie &#233;conomique commen&#231;ait &#224; reprendre, et l'ordre et la tranquillit&#233; relative faisaient dire aux r&#233;fugi&#233;s russes que la G&#233;orgie &#233;tait le seul coin de l'ancien empire o&#249; r&#233;gnaient la paix et la libert&#233;. De son c&#244;t&#233;, la d&#233;l&#233;gation socialiste internationale qui se rendit en G&#233;orgie, en septembre 1920, se d&#233;clara enchant&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'invasion bolcheviste&lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/22_2_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH346/22_2_-62825.jpg?1774708419' width='500' height='346' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;L'entr&#233;e de la 11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Arm&#233;e rouge de Russie sovi&#233;tique &#224; Tbilissi le 25 f&#233;vrier 1921.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le peuple g&#233;orgien ne devait pas continuer &#224; jouir de son droit de vivre sa vie nationale. Trotsky, le chef du militarisme bolcheviste, sut imposer son plan de conqu&#234;te imp&#233;rialiste aux autres Bolchevistes, et en f&#233;vrier 1921, sans d&#233;claration de guerre, les arm&#233;es rouges command&#233;es par des g&#233;n&#233;raux tsaristes, envahirent la G&#233;orgie. Malgr&#233; une r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que de toute la nation, le triomphe resta au nombre &#233;crasant des Russes, et la G&#233;orgie fut sovi&#233;tis&#233;e. Les r&#233;quisitions poursuivies m&#233;thodiquement, en vue de transporter en Russie toutes les richesses, toutes les denr&#233;es, caus&#232;rent en peu de temps la famine. Toute libert&#233; politique et civile fut supprim&#233;e, la Tch&#233;ka et l'arm&#233;e russe r&#233;gnant en ma&#238;tres tout puissants. Les &#233;l&#233;ments avanc&#233;s, socialistes et intellectuels furent arr&#234;t&#233;s comme otages. Jamais le r&#233;gime tsariste n'a caus&#233; autant de mis&#232;re, de d&#233;sespoir que le r&#232;gne sanguinaire des bolchevistes s'abritant. sons les plis du drapeau ronge, soi-disant socialiste. Toujours ami du peuple russe, le peuple g&#233;orgien est absolument uni dans sa demande d'&#234;tre lib&#233;r&#233; des arm&#233;es russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant qu'aucune propagande contre le pr&#233;tendu socialisme-marxisme bolcheviste n'&#233;tait possible en G&#233;orgie et que tout autre travail d'organisation sociale lui &#233;tait interdit sous le r&#233;gime de terreur en vigueur, Tcherkesov se d&#233;cida &#224; revenir en Europe pour d&#233;fendre les droits de son pays devant ceux qui sont convaincus que la libert&#233; et la justice doivent faire les bases de l'existence nationale et individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tcherkesov a &#233;t&#233; actif jusqu'au moment o&#249; la maladie l'a terrass&#233;. Il a pris la parole en public, pour la derni&#232;re fois, le 30 mai 1921, au cours d'un meeting organis&#233; sur son initiative, en faveur des r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s en Russie. C'est un sujet qui ne laissait son esprit en repos, ni jour, ni nuit. Le meeting, pr&#233;sid&#233; par le syndicaliste Turner, fut un succ&#232;s. Quelques semaines avant sa mort, il s'occupait encore &#224; traduire une brochure publi&#233;e par des G&#233;orgiens en protestation contre le r&#233;gime bolcheviste et sa d&#233;fense plus ou moins avou&#233;e, par la d&#233;l&#233;gation des &lt;i&gt;Trade Unions&lt;/i&gt;, en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;i class=&#034;fa-asterisk fas&#034;&gt;&lt;/i&gt;&lt;/small&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc quelques pages de la vie d'un homme qui a toujours travaill&#233; &#224; nous rapprocher de l'&#226;ge de la libert&#233; et de la solidarit&#233;, et qui a fait cela en cr&#233;ant autour de lui une atmosph&#232;re d'optimisme courageux, de camaraderie et de bons proc&#233;d&#233;s r&#233;ciproques, qui a enseign&#233; &#224; ceux que la propagande avait touch&#233;s, &#224; se sentir &lt;i&gt;at home &lt;/i&gt; dans l'anarchie. La G&#233;orgie telle qu'il la r&#234;vait nous, a toujours paru extraite d'une utopie libertaire. Puisse, en souvenir de Tcherkesov, ce r&#234;ve devenir une r&#233;alit&#233;, pour la G&#233;orgie et pour nous tous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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