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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Neel Doff </title>
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		<dc:creator>J.-P. Canon </dc:creator>


		<dc:subject>Neel Doff </dc:subject>
		<dc:subject>Henry Poulaille</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En 1930, dans son Nouvel Age litt&#233;raire, Poulaille &#233;crivait : Neel Doff est l'&#233;crivain qui a su le mieux montrer la mis&#232;re dans son absolue nudit&#233;, dans toutes ses horreurs morales et physiques. Nulle &#339;uvre n'est plus authentique de ton que la sienne. (...) Chez Neel Doff, c'est instinct pur. Un livre comme Jours de famine et de d&#233;tresse est un document inou&#239;. (...) On n'analyse pas l'art d'une Neel Doff, on le sent et on l'admire, ou l'on ne le sent point et l'on hausse les &#233;paules. C'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-218-+" rel="tag"&gt;Henry Poulaille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1263-6bbf6.png?1774717472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1930, dans son &lt;i&gt;Nouvel Age litt&#233;raire&lt;/i&gt;, Poulaille &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Neel Doff est l'&#233;crivain qui a su le mieux montrer la mis&#232;re dans son absolue nudit&#233;, dans toutes ses horreurs morales et physiques. Nulle &#339;uvre n'est plus authentique de ton que la sienne. (...) Chez Neel Doff, c'est instinct pur. Un livre comme &lt;i&gt;Jours de famine et de d&#233;tresse &lt;/i&gt; est un document inou&#239;. (...) On n'analyse pas l'art d'une Neel Doff, on le sent et on l'admire, ou l'on ne le sent point et l'on hausse les &#233;paules. C'est une question de temp&#233;rament.&lt;/q&gt; On le sent ou l'on ne le sent point : tout est dit dans ces quelques mots. Les commentateurs qui reprochaient &#224; Neel Doff de ne pas savoir &#233;crire, qui d&#233;nigraient son style, n'avaient pas compris qu'il s'agissait moins de litt&#233;rature que d'un extraordinaire t&#233;moignage humain. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je n'ai &#233;crit que pour me d&#233;gorger, me soulager d'abc&#232;s qu'il fallait que je cr&#232;ve &#224; plein couteau&lt;/q&gt;, &#233;crira-t-elle &#224; Victor M&#233;ric en 1930.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une mis&#232;re profonde &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/neel_doff-a57d8-593ae.jpg?1774726555' width='150' height='223' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais d'o&#249; vient cette Neel Doff rest&#233;e longtemps inconnue dans les histoires de la litt&#233;rature, aujourd'hui encore ignor&#233;e du public et m&#234;me de nombreux libraires ? Elle na&#238;t le 27 janvier 1858 &#224; Buggenum, village du Limbourg hollandais. Son p&#232;re, Jan Doff, est un grand Frison dont les parents travaillaient comme ouvriers agricoles. Lui est gendarme, puis cocher de fiacre, ouvrier. La m&#232;re, Catherine Paques, n&#233;e de p&#232;re inconnu, est d'origine li&#233;geoise. Sa grand-m&#232;re &#233;tait fille de notaire, Catherine est dentelli&#232;re. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ces deux &#234;tres, de race et de nature si diff&#233;rentes, s'&#233;taient &#233;pous&#233;s pour leur beaut&#233; et par amour ; leurs &#233;pousailles furent un &#233;change de deux virginit&#233;s ; ils eurent neuf enfants. Pour le surplus, peu de leurs go&#251;ts et de leurs tendances s'accordaient, et, avec la mis&#232;re comme base, il en r&#233;sulta un g&#226;chis inextricable.&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Jours de famine et de d&#233;tresse&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neel vivra enfance et adolescence dans une mis&#232;re profonde, d&#233;m&#233;nageant de taudis en taudis, d'une ville &#224; l'autre, habitant Amsterdam pendant dix ans. En 1874, sa famille quitte la Hollande pour venir s'installer &#224; Anvers, puis &#224; Bruxelles. Neel travaille dans une fabrique de chapeaux, pose pour des peintres. Pour emp&#234;cher les siens de crever de faim, elle est oblig&#233;e de se livrer &#224; la prostitution : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La simplicit&#233; avec laquelle mes parents s'adaptaient &#224; cette situation, me les faisait prendre en une aversion qui croissait chaque jour. Ils en &#233;taient arriv&#233;s &#224; oublier que moi, la plus jolie de la nich&#233;e, je me prostituais tous les soirs aux passants. Sans doute il n'y avait d'autre moyen pour nous de ne pas mourir de faim, mais je me refusais &#224; admettre que ce moyen f&#251;t accept&#233; sans la r&#233;volte et les impr&#233;cations qui, nuit et jour, me secouaient. J'&#233;tais trop jeune pour comprendre que, chez eux, la mis&#232;re avait achev&#233; son &#339;uvre, tandis que j'avais toute ma jeunesse et toute ma vigueur pour me cabrer devant le sort&lt;/q&gt;. (&lt;i&gt;Jours de famine et de d&#233;tresse&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neel est la seule de la famille &#224; se cabrer devant le sort. La plupart de ses six fr&#232;res et s&#339;urs &#8212; deux sont morts en bas &#226;ge &#8212; dont elle devra s'occuper pendant longtemps, se laisseront engluer dans la mis&#232;re, le petit banditisme. Pourquoi les accuser ? C'est le cas de Neel Doff qui est &#233;tonnant : son refus de courber la t&#234;te, joint &#224; une sensibilit&#233; exacerb&#233;e, feront d'elle l'auteur d'une &#339;uvre quasi autobiographique, &#233;loign&#233;e de toute litt&#233;rature, une &#339;uvre au ton unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1882, ayant quitt&#233; sa famille depuis deux ans, elle rencontre Fernand Brouez&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fernand Brouez dirigera pendant douze ans la Soci&#233;t&#233; nouvelle (1884-1897), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, &#233;tudiant en m&#233;decine, fils d'un notaire disciple du socialiste rationnel Colins, qu'elle &#233;pousera en 1896. Gr&#226;ce &#224; lui, notre petite Hollandaise, qui ne connaissait pas un mot de fran&#231;ais en arrivant &#224; Bruxelles, se met &#224; suivre des cours de diction et de chant, &#224; d&#233;couvrir les classiques. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;J'ai le go&#251;t de la lecture inn&#233; en moi, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dira-t-elle au cours d'une interview&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fr&#233;d&#233;ric Lef&#232;vre, &#171; Une heure avec Neel Doff &#187; les Nouvelles litt&#233;raires, 21 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;. Depuis ma plus tendre enfance que de nuits enti&#232;res pass&#233;es &#224; lire. La lecture a &#233;t&#233; ma passion, plus m&#234;me que l'amour.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es suivantes, elle se met &#224; voyager, conna&#238;t des &#233;crivains, des peintres, des sculpteurs. Cette p&#233;riode, qui est sans doute la plus heureuse de sa vie, prend fin en 1900 avec la mort de Fernand Brouez, victime d'une grave maladie dont les sympt&#244;mes s'&#233;taient manifest&#233;s cinq ans auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/x50y15imgfotopub00048044444-d1d5b-9bab5.jpg?1774726555' width='150' height='206' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Neel se remariera avec Georges Serigiers, un avocat qui avait fr&#233;quent&#233; des milieux anarchistes et d&#233;fendu des ouvriers accus&#233;s d'insultes au roi. Elle ira vivre &#224; Anvers o&#249; elle se trouvera &#224; nouveau m&#234;l&#233;e au monde artistique et litt&#233;raire, rencontrant Verhaeren, Eekhoud, Elskamp, Tailhade, Colette... La petite Neel des taudis d'Amsterdam est devenue une grande bourgeoise. Comment vit-elle cette transformation ? Elle est aussi mal &#224; l'aise dans ce milieu qu'elle se sentait mis&#233;rable en Hollande. Toute sa vie sera ainsi en porte-&#224;-faux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mettre &#224; nu des plaies douloureuses &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un jour d'hiver, elle regarde, de sa fen&#234;tre, des enfants qui jouent dans la rue enneig&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En voyant ce gamin battu parce qu'il &#233;tait mis&#233;rable, j'eus une r&#233;miniscence tr&#232;s violente de mon enfance, je me souvins de sc&#232;nes analogues dont mes fr&#232;res avaient &#233;t&#233; les h&#233;ros, les victimes. Je pris un crayon et des petits papiers, je me mis &#224; &#233;crire, et tout sortit en une fois, sans ratures : c'&#233;tait le 28 f&#233;vrier 1909, avenue du Sud &#224; Anvers. Quand mon petit bloc-notes fut &#233;puis&#233;, le livre &#233;tait achev&#233;. J'&#233;prouvai alors une merveilleuse sensation d'apaisement et de s&#233;r&#233;nit&#233;, comme si j'avais veng&#233; mon enfance et celle de tous les grelotteux. Mais cette sensation dura peu et je fus prise ensuite d'une tristesse effroyable.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Idem.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce petit bloc-notes, c'est le manuscrit de l'inoubliable &lt;i&gt;Jours de famine et de d&#233;tresse&lt;/i&gt;. Une amie le fait lire &#224; Laurent Tailhade qui s'&#233;crie : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est admirable, mais surtout n'y changez rien.&lt;/q&gt; Lugn&#233;-Poe, cr&#233;ateur du Th&#233;&#226;tre de l'&#338;uvre, le fait &#233;diter chez Fasquelle, en 1911, et ce livre remporte trois voix au prix Goncourt : celles de Mirbeau, de Lucien Descaves et de Gustave Geffroy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1911 et 1937, neuf volumes para&#238;tront, de valeur in&#233;gale, mais tous largement autobiographiques. L'histoire de Keetje Oldema, qui est celle de Neel Doff, s'&#233;tale sur trois livres : &lt;i&gt;Jours de famine et de d&#233;tresse&lt;/i&gt; (Fasquelle, 1911), &lt;i&gt;Keetje &lt;/i&gt; (Ollendorff, 1919), et &lt;i&gt;Keetje Trottin&lt;/i&gt; (Cr&#232;s, 1921). &lt;i&gt;Contes farouches&lt;/i&gt; (Ollendorff, 1913), &lt;i&gt;Angelinette &lt;/i&gt; (Cr&#232;s, 1923), &lt;i&gt;Une fourmi ouvri&#232;re&lt;/i&gt; (Au sans pareil, 1935) comportent, partiellement, des &#233;pisodes de cette trilogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Campine &lt;/i&gt; (Rieder, 1926) nous pr&#233;sente des sc&#232;nes de la vie d'un village flamand o&#249; Neel Doff allait passer l'&#233;t&#233;. Elle s'efforce d'aider une famille de paysans et s'indigne de leur cruaut&#233;, de leurs superstitions. C'est ici que s'exprime le mieux son anticl&#233;ricalisme. &lt;i&gt;Elva &lt;/i&gt; (Rieder, 1929), histoire d'une servante, est suivi de &lt;i&gt;Dans nos bruy&#232;res&lt;/i&gt;, sorte de compl&#233;ment &#224; Campine. &lt;i&gt;Quitter tout cela &lt;/i&gt; est suivi d'&lt;i&gt;Au jour le jour&lt;/i&gt; (Entre nous, 1937), dernier livre d'une Neel Doff au terme de sa vie : elle s'enchante de son jardin, des animaux, des saisons, mais elle supporte mal la vieillesse, les maux de son &#226;ge, et reste hant&#233;e par ses souvenirs de d&#233;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/403_cornelia_doff_193x-1980x_-quality_80_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH207/403_cornelia_doff_193x-1980x_-quality_80_-46a36-8c4d9.jpg?1774726555' width='150' height='207' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 28 avril 1930, quelques jours apr&#232;s la mort de Georges Serigiers, Neel Doff r&#233;pond &#224; Poulaille qui lui avait envoy&#233; ses livres d&#233;dicac&#233;s. Ainsi commence une correspondance de huit ans&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cinquante-quatre lettres de Neel Doff &#224; Henry Poulaille (1930-1938), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; entre ces deux &#234;tres qui ont en commun les m&#234;mes origines prol&#233;tariennes, une m&#234;me enfance p&#233;nible, un m&#234;me besoin de redresser la t&#234;te, de d&#233;couvrir la vie et de d&#233;noncer l'injustice. Cette correspondance est pr&#233;cieuse, elle nous r&#233;v&#232;le une Neel Doff fort &#233;loign&#233;e du personnage qu'on l'a parfois accus&#233; d'&#234;tre. Ainsi &#233;crira-t-elle, le 17 juillet 1934 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le bien-&#234;tre que j'ai bient&#244;t depuis soixante ans n'a rien effac&#233;. La mis&#232;re m'a stigmatis&#233;e d'une mani&#232;re ind&#233;l&#233;bile.&lt;/q&gt; Violemment &#233;mue par une relecture du &lt;i&gt;Pain quotidien&lt;/i&gt;, qui lui avait rappel&#233; ses propres souvenirs, elle &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon cher Poulaille, vous &#234;tes mon enfant, le seul qui ait v&#233;cu mes jours de d&#233;tresse avec moi.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre du 3 juin 1935.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Poulaille a d&#233;fendu avec tant d'acharnement l'&#339;uvre de sa vieille amie, s'il s'est d&#233;pens&#233; sans compter pour faire publier ses textes, &#233;diter ses livres, c'est qu'il avait tout de suite senti en elle cette &#171; authenticit&#233; &#187; qu'il a toujours d&#233;fendue. Il rencontrera Neel Doff en 1933 et une seconde fois en janvier 1935, &#224; l'occasion d'une Exposition internationale de la litt&#233;rature prol&#233;tarienne, sur la grand-place de Bruxelles. Neel, pacifiste dans l'&#226;me, supportera mal la mont&#233;e de l'hitl&#233;risme, la d&#233;claration de la Seconde Guerre mondiale. Elle est devenue une vieille dame et se voit diminuer petit &#224; petit. Elle meurt le 14 juillet 1942, &#224; Ixelles, o&#249; elle est enterr&#233;e. Sa tombe est depuis longtemps disparue, les h&#233;ritiers n'ayant jamais renouvel&#233; la concession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui qu'est devenue son &#339;uvre ? Quelques traductions, quelques travaux universitaires, quelques r&#233;&#233;ditions d&#233;j&#224; &#233;puis&#233;es. Deux titres seulement sont disponibles en librairie : &lt;i&gt;Keetje&lt;/i&gt; (Bruxelles, Labor, 1987), et &lt;i&gt;Contes farouches &lt;/i&gt; (Bassac, Plein Chant, 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;dition, 1988). En 1964, Marianne Pierson-Pi&#233;rard avait publi&#233; &lt;i&gt;Neel Doff par elle-m&#234;me&lt;/i&gt; (Bruxelles, Esseo), pr&#233;fac&#233; par Poulaille. En 1975, le r&#233;alisateur hollandais Paul Verhoeven sortira son &lt;i&gt;Keetje Tippel&lt;/i&gt;, un film h&#233;las ! commercial et croustillant qui raconte l'histoire d'une jeune prostitu&#233;e, trahissant ainsi Neel Doff qui avait dit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je n'ai pas &#233;crit pour all&#233;cher le go&#251;t ordurier du public mais pour mettre &#224; nu des plaies douloureuses sous lesquelles ploient les trois quarts de l'humanit&#233;.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre &#224; Poulaille, 30 janvier 1934.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1992, Evelyne Wilwerth a fait para&#238;tre une &#233;tude fort document&#233;e : &lt;i&gt;Neel Doff &lt;/i&gt; (Bruxelles, Pr&#233; aux Sources), mais qui tient plus de la biographie romanc&#233;e que de l'&#233;tude scientifique. E. Wilwerth a voulu c&#233;l&#233;brer le cinquantenaire de la mort de Neel Doff en organisant, &#224; la Biblioth&#232;que royale de Bruxelles, une exposition consacr&#233;e &#224; l'&#233;crivain. D'autre part, l'historien Eric Defoort a sorti en 1993 &lt;i&gt;Neel Doff, leven na Keetje Tippel &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;La Vie de Neel Doff apr&#232;s Keetje Tippel&lt;/i&gt;, Anvers, Hadewijch Baarn), qui devrait &#234;tre traduit en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fernand Brouez dirigera pendant douze ans la Soci&#233;t&#233; nouvelle (1884-1897), fond&#233;e par son p&#232;re, Jules Brouez. Etonnante revue qui r&#233;unissait les grands noms des lettres : Maeterlinck, Eekhoud, Lemonnier, Verhaeren, Elskamp, Paul Fort, Saint-Pol Roux, mais aussi des militants socialistes et surtout anarchistes : Bakounine, Kropotkine, Elis&#233;e Reclus, Charles Malato, Domela Nieuwenhuis...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lef&#232;vre, &#171; Une heure avec Neel Doff &#187; &lt;i&gt;les Nouvelles litt&#233;raires&lt;/i&gt;, 21 d&#233;cembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Idem.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cinquante-quatre lettres de Neel Doff &#224; Henry Poulaille (1930-1938), conserv&#233;es au Centre d'archives Henry-Poulaille, &#224; Cachan, et dont l'essentiel a &#233;t&#233; publi&#233; par J.-P. Canon : &#171; Neel Doff et Henry Poulaille &#187; in &lt;i&gt;Cahiers Henry Poulaille&lt;/i&gt; n&#176;1, 1989. Les lettres de Poulaille &#224; Neel Doff n'ont pas &#233;t&#233; retrouv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre du 3 juin 1935.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre &#224; Poulaille, 30 janvier 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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