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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les hommes du jour - L'Affaire Durand</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Victor M&#233;ric - Flax</dc:creator>


		<dc:subject>Jules Durand</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;S'il ne s'agissait, en l'occurrence, de l'existence d'un homme, d'un des n&#244;tres, il faudrait b&#233;nir cette affaire monstrueuse. Pour la premi&#232;re fois, depuis quarante ann&#233;es de R&#233;publique bourgeoise, la bataille sociale, qui se poursuit obstin&#233;ment entre les heureux du Capital et les parias du Travail, prend un caract&#232;re d'&#233;vidence qui frappe et &#233;blouit jusqu'aux plus aveugles.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-jules-durand-+" rel="tag"&gt;Jules Durand&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-les-hommes-du-jour-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1167-d0df9.png?1774693252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;En 1908, Victor M&#233;ric lance, avec Henri Fabre, la collection &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les Hommes du jour annales politiques, sociales, litt&#233;raires et artistiques&lt;/q&gt;, une revue mi-politique, mi-satirique, &#224; la verve libertaire, appel&#233;e &#224; un succ&#232;s durable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque num&#233;ro pr&#233;sente la biographie d'un personnage contemporain r&#233;dig&#233;e non sans humour par Victor M&#233;ric, sous la signature &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Flax&lt;/q&gt;, tandis qu'une truculente caricature de Delannoy donne les traits du personnage. Les Hommes du jour paraissent sous cette forme jusqu'apr&#232;s 1918.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plusieurs num&#233;ros sont consacr&#233;s &#224; des anarchistes et des syndicalistes r&#233;volutionnaires parmi lesquels : Charles-Albert, Lucien Descaves, S&#233;bastien Faure, Francisco Ferrer, Jean Grave, Victor Griffuelhes, Pierre Kropotkine, Maximilien Luce, Charles Malato, Octave Mirbeau, Emile Pouget, Paul Robin et Georges Yvetot.&lt;/q&gt; (Wikipedia)&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est le num&#233;ro 152 du 17 d&#233;cembre 1910, consacr&#233; &#224; L'Affaire Durand, que nous mettons en ligne aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il ne s'agissait, en l'occurrence, de l'existence d'un homme, d'un des n&#244;tres, il faudrait b&#233;nir cette affaire monstrueuse. Pour la premi&#232;re fois, depuis quarante ann&#233;es de R&#233;publique bourgeoise, la bataille sociale, qui se poursuit obstin&#233;ment entre les heureux du Capital et les parias du Travail, prend un caract&#232;re d'&#233;vidence qui frappe et &#233;blouit jusqu'aux plus aveugles. Pour la premi&#232;re fois, &#233;clate au grand jour, toute la stupidit&#233; haineuse de la classe dirigeante. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la bourgeoisie au pouvoir, masqu&#233;e d'indulgence et de g&#233;n&#233;rosit&#233;, s'effor&#231;ait de dissimuler ses col&#232;res et ses frousses. Elle op&#233;rait, discr&#232;tement, dans l'ombre, &#224; chaque occasion qui lui &#233;tait fournie. Elle op&#233;rait surtout sur les petits, les anonymes, ceux qu'on peut b&#226;illonner, &#233;trangler, tuer paisiblement et sans grands risques. Voyez les poursuites et les condamnations obtenues contre les chasseurs de renards. Ils peuvent &#234;tre compt&#233;s par centaines, ceux qui, en province comme &#224; Paris, tombent obscur&#233;ment sous les coups de notre admirable justice de classe, Mais les autres, les militants connus, les meneurs, les directeurs des mouvements, les repr&#233;sentatifs, la Bourgeoisie se gardait soigneusement d'y toucher, Cela aurait fait trop de bruit, cr&#233;&#233; de la perturbation. Cela ne pouvait s'accomplir qu'en plein jour, avec la Cour d'assises offerte contre tribune &#224; l'adversaire, avec le scandale et la publicit&#233;. Et les bourgeois se souciaient fort peu de se lancer dans une aussi dangereuse aventure. Ils pr&#233;f&#233;raient attendre, laisser passer. Prudence est m&#232;re de la s&#251;ret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aujourd'hui, cette attitude n'est plus possible. La bataille est trop &#226;pre. Les revendications prol&#233;tariennes deviennent de plus en plus press&#233;es ; les gr&#232;ves se succ&#232;dent ; les violences se multiplient. Les travailleurs paraissent d&#233;cid&#233;s &#224; aller jusqu'au bout et &#224; ne n&#233;gliger aucune arme pour aboutir &#224; la victoire. Devant cette formidable menace, la Bourgeoisie affol&#233;e oublie toute prudence. La peur au ventre, les yeux troubles, elle a recours &#224; la poigne. Il faut qu'elle se sauve ; il le faut &#224; tout prix. Et, en attendant la r&#233;pression en masse, les fusillades et les d&#233;portations, les bourgeois apeur&#233;s s'efforcent, en guise d'holocauste, d'offrir &#224; l'Ordre et &#224; la Conservation sociales, la t&#234;te de l'ouvrier Durand, coupable simplement d'&#234;tre un militant syndicaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t &#224; peu pr&#232;s l'histoire. En voici, d'ailleurs, succinctement, &#8212; les d&#233;tails tels qu'on peut les trouver dans la &lt;i&gt;Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, o&#249; le secr&#233;taire de l'Union des syndicats du Havre, le camarade G&#233;eroms, les a clairement expos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remontons d'abord jusqu'&#224; l'origine de la gr&#232;ve des charbonniers et examinons-en les causes. Les charbonniers forment, au Havre, deux cat&#233;gories. Il y a, d'une part, ceux qui travaillent &#224; bord, au d&#233;chargement du charbon, et qui ne sont occup&#233;s pie lorsqu'il y a des bateaux &#224; d&#233;charger, soit trois jours environ sur sept.. Ceux-l&#224; gagnent dans les vingt-sept francs par semaine. Depuis l'installation des crapauds-, sortes de bennes automatiques se chargeant toutes seules, ces malheureux ont vu leur travail se r&#233;duire encore. Ils ch&#244;ment des semaines enti&#232;res, couchant (laps des wagons, mangeant au fourneau &#233;conomique, vivant au petit bonheur. Dans cette premi&#232;re cat&#233;gorie, l'alcoolisme s&#233;vit naturellement et dans la proportion effrayante de 90 p. 100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, ensuite, les ouvriers des chantiers qui mettent le charbon en sacs et le livrent en ville, Ceux-l&#224; gagnent 5 fr. 50 par jour et travaillent six jours par semaine. En tout, on compte, au Havre, pr&#232;s de 7 000 charbonniers.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1544 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH219/arton369-eda3e-8eed9-d3f55.jpg?1774709680' width='150' height='219' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;&lt;a href=&#034;https://cartoliste.ficedl.info/?mot71&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cartoliste&lt;/a&gt;&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ces derniers jours, les charbonniers se tenaient, ou &#224; peu pr&#232;s, en dehors des luttes syndicales. Ils poss&#233;daient &#224; peine un embryon de syndicat. Le rench&#233;rissement de denr&#233;es, de multiples gr&#232;ves dans les autres corporations, &#233;veill&#232;rent leur attention, jusqu'au jour o&#249; brusquement, l'installation d'un nouvel appareil &#224; d&#233;charger vint les menacer et aggraver leur situation. Il faut dire que cet appareil, fourni par un industriel du nom de Clarke est &#224; m&#234;me de d&#233;biter sans interruption 150 &#224; 200 tonnes de combustible &#224; l'heure et d'accomplir ainsi le travail de 150 ouvriers. Comment s'&#233;tonner, d&#232;s lors, de voir les charbonniers s'inqui&#233;ter et, sans prendre position contre le nouvel appareil, r&#233;clamer une augmentation de salaire de 1 franc par jour ? Contre le ch&#244;mage fatal occasionn&#233; par le machinisme, ils n'avaient pas d'autres garanties. Jamais gr&#232;ve ne fut mieux justifi&#233;e. Mais les charbonniers, &#224; peine arm&#233;s pour la bataille, devaient trouver devant eux (le redoutables forces, parmi lesquelles et au premier plan, la puissante Compagnie G&#233;n&#233;rale Transatlantique. Aussi la bataille mena&#231;ait-elle d'&#234;tre chaude, A la t&#234;te des charbonniers, Jules Durand, leur secr&#233;taire, multipliait ses efforts, risquait des d&#233;marches chez le d&#233;put&#233; Siegfried, chez le maire G&#233;nestal, r&#233;coltait des gros sous pour les gr&#233;vistes, C'&#233;tait lui l'&#226;me de la gr&#232;ve, l'homme dangereux, l'ennemi d&#233;sign&#233; aux coups des puissances patronales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brusquement se produisit l'incident Dong&#233;. Nous disons incident &#224; dessein. Dans cette malheureuse ville du Havre, les quais du port fourmillent de cabarets, l'alcoolisme triomphe et des rixes mortelles, dans le genre de celle o&#249; succomba Dong&#233;, sont fr&#233;quentes. Nul ne s'en &#233;tonne ni pr&#233;occupe outre mesure. Les magistrats se contentent de distribuer quelques ann&#233;es de prison et c'est tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbonnier Dong&#233; &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment une brute alcoolique. P&#232;re de trois enfants, il avait abandonn&#233; sa femme et ses gosses. Traitre, par surcroit, il travaillait pendant la gr&#232;ve, en qualit&#233; de chef de bord&#233;e &#224; la Compagnie Transatlantique. Le 9 septembre, jour du drame, cette sombre brute venait d'accomplir deux jours et deux nuits de travail sans prendre aucun repos. Tout l'apr&#232;s-midi, il avait couru de cabaret en bouge, buvant, mena&#231;ant ses camarades gr&#233;vistes et montrant &#224; tous un revolver et des cartouches achet&#233;s, ce jour m&#234;me, on n'a su dire pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malheur voulut que ce brave ouvrier, abominable ment saoul, se heurt&#226;t, vers le soir, &#224; d'autres charbonniers presque aussi ivres que lui. Comment se pass&#232;rent exactement les choses ? On l'ignore. Il y eut bataille. Dong&#233; &#233;tait arm&#233;. Les autres n'avaient que leurs poings. Bref, Dong&#233; jet&#233; &#224; terre fut assomm&#233;, pi&#233;tin&#233; ; il mourait le lendemain &#224; l'h&#244;pital et ses adversaires arr&#234;t&#233;s &#233;taient conduits au poste de police, o&#249;, vu &lt;i&gt;leur &#233;tat d'ivresse&lt;/i&gt;, on ne put proc&#233;der &#224; leur interrogatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est l'histoire. Incident banal. Rixe vulgaire d'ivrognes, telle que la ville du Havre en conna&#238;t de trop nombreuses. Mais l'occasion n'&#233;tait-elle pas excellente, unique, merveilleuse pour crier &#224; la tyrannie syndicale, pour d&#233;noncer la chasse aux renards, les violences gr&#233;vistes et surtout, ah ! surtout ! pour essayer de se d&#233;barrasser de Jules Durand et de d&#233;capiter ainsi le syndicat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le lendemain, en effet, une feuille du Havre : le&lt;i&gt; Havre-Eclair&lt;/i&gt;, partait en guerre et bient&#244;t toute la presse marchait &#224; sa suite. Puis une enqu&#234;te impartiale (!) et soign&#233;e &#233;tait confi&#233;e &#224; l'agent g&#233;n&#233;ral de la Transatlantique, le nomm&#233; Ducrot. On voit d'ici ce que cette enqu&#234;te pouvait donner. Le larbin du patronat s'arrangea pour recueillis quelques t&#233;moignages int&#233;ress&#233;s. Le dimanche matin, on arr&#234;tait Durand, secr&#233;taire du syndicat ; Gaston Boyer, tr&#233;sorier, et Henri Boyer, secr&#233;taire-adjoint, Avec eux les charbonniers Mathien, Couillandre, Bauzin, Lefran&#231;ois, tous quatre inconnus au syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le proc&#232;s &#233;tablit nettement l'innocence. de Durand. et des fr&#232;res Bayer. Les seuls t&#233;moins &#224; charge qu'on put trouver contre eux furent de pauvres diables de charbonniers, sans le sou et sans conscience, auxquels on payait le voyage et qu'on comblait d'argent&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ceux qui, comme moi, ont fait le voyage de Rouen, en m&#234;me temps que les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. On ne trouva m&#234;me pas de policiers pour d&#233;poser. M. Henry chef de la s&#251;ret&#233; du Havre, vint, en effet, d&#233;clarer devant la Cour de Rouen que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; jamais aucun rapport de police n'avait &#233;tabli aupr&#232;s de lui qu'au syndicat on avait vot&#233; la mort de Dong&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car toute l'accusation &#233;tait l&#224; : On accusait Durand d'avoir conseill&#233;, selon les uns, fait voter, selon les autres, la mort du renard Dong&#233;. Les t&#233;moins, cependant, ne purent se mettre d'accord, Georges Dumont d&#233;clare qu'on n'a pas vot&#233; la mort. Tacantin affirme qu'on l'a vot&#233;e &#224; mains lev&#233;es. Et les contradictions s'accumulent. Notons que la fameuse r&#233;union o&#249;, d'apr&#232;s les t&#233;moins, on aurait vot&#233; la mort est du 14 ao&#251;t. Le meurtre est du 9 septembre. Il y a pr&#232;s d'un mois d'intervalle entre les deux faits. On aurait donc employ&#233; tout ce temps &#224; pr&#233;parer laborieusement la mort d'une brute alcoolique et le jour venu, on aurait confi&#233; l'op&#233;ration &#224; des ivrognes d&#233;sarm&#233;s ! Tout cela ne tient pas debout, il est inutile de discuter s&#233;rieusement de semblables inepties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat du proc&#232;s est connu. Il s'est trouv&#233; douze cr&#233;tins pour ne rien comprendre aux d&#233;bats, pour d&#233;clarer, en leur &#226;me et conscience, que Durand &#233;tait coupable et, le monstrueux verdict prononc&#233;, pour s'affoler et r&#233;clamer l'indulgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! il y aurait des pages &#224; &#233;crire, &#224; ce propos sur le jury r&#233;publicain et bourgeois. Mais, ne nous &#233;garons point. Il s'agit aujourd'hui de Durand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc un travailleur condamn&#233; &#224; mort. Pr&#233;texte Durand a tenu des propos mena&#231;ants au sujet de Dong&#233; et pouss&#233; &#224; l'assassinat de ce dernier. Motif v&#233;ritable : Durand &#233;tait l'adversaire actif, dangereux des puissances patronales ; il fallait le supprimer. Et l'on cherche aujourd'hui &#224; justifier cette abominable condamnation &#224; l'aide de la complicit&#233; morale. Mais, tout de m&#234;me, la bourgeoisie sent qu'elle est all&#233;e trop loin, Elle a voulu frapper fort et elle a d&#233;pass&#233; la mesure. L'ex&#233;cution de Durand, ce serait plus qu'un monstrueux assassinat ; ce serait une de ces effarantes absurdit&#233;s qui apparaissent &#224; tous comme impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, que va-t-on faire ? s'atteler &#224; la r&#233;vision du proc&#232;s. Obtenir, non pas la simple gr&#226;ce de Durand qu'on exp&#233;dierait ainsi au bagne, mais la reconnaissance formelle de son innocence. Nous allons voir, a ce sujet, si les intr&#233;pides dreyfusards d'autrefois auront pour ce travailleur encore un peu de cette tendresse qu'ils t&#233;moignaient au capitaine. Mais qu'on n'y compte pas trop. Les travailleurs n'ont qu'&#224; se mettre eux-m&#234;mes &#224; la besogne et il semble bien qu'ils l'ont compris, puisque, d&#233;j&#224;, l'Union des Syndicats du Havre a d&#233;clar&#233; que si &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;vision du proc&#232;s n'&#233;tait pas chose acquise dans un d&#233;lai de deux mois, la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale serait d&#233;cid&#233;e&lt;/q&gt; ; puisque Dunkerque s'est d&#233;clar&#233; pr&#234;t &#224; marcher lui aussi ; puisque d'autres villes vont suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici l&#224;, attendons. Attendons tout en agissant sur l'opinion par la voie de la presse et des meetings. Il n'y a pas autre chose &#224; faire. Mais si dans deux mois au plus, Durand n'est pas rendu &#224; la libert&#233;, alors plus d'h&#233;sitation en avant le chambard. Si les travailleurs de toutes cat&#233;gories ne se levaient pas unanimes pour arracher un des leurs &#224; la mort ou au bagne ; si la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'&#233;clatait pas dans toutes les corporations, d'un bout de la France &#224; l'autre, ce serait &#224; d&#233;sesp&#233;rer &#224; jamais du courage et de la solidarit&#233; de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant aussi, retenons les noms des fripouilles responsables de la condamnation de Durand. En dehors des hauts patrons et des puissantes compagnies, il y a le nomm&#233;. Ducrot, l'agent de la Transatlantique, qui a tout fait, tout men&#233; dans cette affaire. Il y a le juge d'Instruction Vernis qui, en cinq sec, a b&#226;cl&#233; l'instruction et envoy&#233; Durand aux assises. Il y a les douze t&#233;n&#233;breux cr&#233;tins qui ont condamn&#233; sans savoir. Enfin, puisqu'on parle tant de complicit&#233; morale, il y a le ren&#233;gat qui dirige la r&#233;pression et sert la bourgeoisie contre le prol&#233;tariat. Nous retrouverons tous ces gens-l&#224; dans deux mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, attendons. Il est impossible que Durand ne soit pas arrach&#233; &#224; ses bourreaux. Le patronat s'aper&#231;oit d&#233;j&#224; qu'il s'est mis dans un mauvais cas. Il est tout pr&#234;t &#224; c&#233;der. Mais, malgr&#233; tout, ne nous endormons pas dans un optimisme trop confiant. Pr&#233;parons tout pour sauver Durand ou pour le venger. Il faut que la classe bourgeoise sache bien que l'affaire Durand ne fait que commencer. Nous en sommes &#224; la pr&#233;face, Si par aventure, la haine bourgeoise s'obstinait sur le condamn&#233; &#224; mort, l'affaire Durand pourrait bien prendre des proportions telles, qu'&#224; c&#244;t&#233;, l'autre affaire, celle du Capitaine, n'apparaitrait plus que comme un jeu de marmousets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce jour-l&#224;, on nous paierait cher la t&#234;te de Durand. Ce jour-l&#224;, gare aux renards de toute taille, de tout poil et de tout grade. Nous ne donnerions pas grand'chose de leur peau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1542 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/pdf/les_hommes_du_jour_-_affaire_durand.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 6.7 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH689/durand_bd6t5102101d-3dfsh-7aa96.png?1774777557' width='500' height='689' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les hommes du jour n&#176;152 du 17 D&#233;cembre 1910 - L'Affaire Durand
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pour ceux qui, comme moi, ont fait le voyage de Rouen, en m&#234;me temps que les t&#233;moins &#224; charge, il ne saurait y avoir de doute. Ces charbonniers mis&#233;rables, sans domicile fixe et sans garde-robe &#233;taient tous nipp&#233;s de frais. Tous portaient de superbes complets neufs. Ils firent le voyage non point seuls, mais avec leurs femmes et leurs enfants. Ces habitu&#233;s du fourneau &#233;conomique achet&#232;rent a la foire de Rouen, force jouets pour leurs enfants force cadeaux pour leurs amis.&lt;/q&gt; (C. G&#233;eroms, &lt;i&gt;La Vie Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, 5 d&#233;cembre.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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