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	<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Andr&#233; Prudhommeaux (15 octobre 1902 -13 novembre 1968)</title>
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		<dc:date>2024-10-15T11:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier </dc:creator>


		<dc:subject>Andr&#233; Prudhommeaux</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les destin&#233;es posthumes sont parfois &#233;tranges. Si chacun conna&#238;t, dans le mouvement anarchiste et au-del&#224;, le nom de Voline (1882-1945), il n'en est pas de m&#234;me pour Andr&#233; Prudhommeaux (1902-1968). Pourtant, dans l'entre-deux-guerres, ils furent tr&#232;s certainement parmi la poign&#233;e de militants anarchistes dont les id&#233;es furent le plus en prise directe avec les grands probl&#232;mes de leur temps. Dans ces quelques ann&#233;es qui virent se succ&#233;der les &#233;checs des mouvements prol&#233;tariens et des r&#233;volutions sociales en Russie, en Allemagne et en Espagne, ils furent des observateurs lucides aussi bien que des militants passionn&#233;s, toujours &#224; contre-courant.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no13-voline-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;13 : &#171; Voline &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-andre-prudhommeaux-+" rel="tag"&gt;Andr&#233; Prudhommeaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton996-a894c.jpg?1774699762' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les destin&#233;es posthumes sont parfois &#233;tranges. Si chacun conna&#238;t, dans le mouvement anarchiste et au-del&#224;, le nom de Voline (1882-1945), il n'en est pas de m&#234;me pour Andr&#233; Prudhommeaux (1902-1968)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de pr&#233;cisions, le lecteur se reportera &#224; la notice &#171; Prudhommeaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pourtant, dans l'entre-deux-guerres, ils furent tr&#232;s certainement parmi la poign&#233;e de militants anarchistes dont les id&#233;es furent le plus en prise directe avec les grands probl&#232;mes de leur temps. Dans ces quelques ann&#233;es qui virent se succ&#233;der les &#233;checs des mouvements prol&#233;tariens et des r&#233;volutions sociales en Russie, en Allemagne et en Espagne, ils furent des observateurs lucides aussi bien que des militants passionn&#233;s, toujours &#224; contre-courant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, rien ne pr&#233;disposait Vsevolod Mikha&#239;lovitch Eichenbaum (dit Voline) &#224; croiser la route d'Andr&#233; Prudhommeaux, n&#233; le 15 octobre 1902 au Familist&#232;re de Guise (Aisne). Au moment o&#249; le jeune Voline commen&#231;ait &#224; militer, Andr&#233; Prudhommeaux voyait &#224; peine le jour. Sa m&#232;re, n&#233;e Marie Dollet, &#233;tait la ni&#232;ce de la seconde &#233;pouse de Jean-Baptiste Godin, disciple tardif et pragmatique du fouri&#233;risme et fondateur du familist&#232;re. Son p&#232;re, Jules, auteur d'une th&#232;se remarqu&#233;e sur &#171; Icarie et son fondateur &#201;tienne Cabet &#187;, &#233;tait non seulement un historien du mouvement social, mais aussi un pacifiste convaincu et un coop&#233;rateur actif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Prudhommeaux commen&#231;a &#224; militer tr&#232;s jeune, mais, contrairement &#224; Voline, ses choix ne l'amen&#232;rent pas aussi vite &#224; l'anarchisme, puisqu'il fr&#233;quenta d'abord les milieux communistes oppositionnels. Ainsi, il collabora au mensuel &lt;i&gt;Clart&#233;&lt;/i&gt;, sous le pseudonyme de Jean Cello, et milita dans le groupe d'Albert Treint, le Redressement communiste, avec lequel il rompit &#224; la fin 1928. Il participa ensuite &#224; un &#233;ph&#233;m&#232;re Groupe d'avant-garde communiste qui publiait &lt;i&gt;le R&#233;veil communiste&lt;/i&gt;, transform&#233; &#224; partir d'ao&#251;t 1929 en &lt;i&gt;l'Ouvrier communiste&lt;/i&gt;, organe des Groupes ouvriers communistes, proche des courants allemands et hollandais se r&#233;clamant du communisme de conseils. Ainsi, Andr&#233; Prudhommeaux fit la traduction de la &lt;i&gt;R&#233;ponse &#224; L&#233;nine &lt;/i&gt; d'Hermann Gorter (Librairie ouvri&#232;re, 1930), dont Voline rendit compte dans &lt;i&gt;la Revue anarchiste&lt;/i&gt; (n&#176; 17, f&#233;vrier 1932) anim&#233;e par Ferdinand Fortin. Selon Voline, ce document &#233;tait int&#233;ressant, mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L&#233;nine &#233;tait devenu contre-r&#233;volutionnaire longtemps avant 1920&lt;/q&gt; car, d&#232;s f&#233;vrier 1918, il avait conclu la paix avec l'imp&#233;rialisme allemand contre l'avis de la majorit&#233; des organisations ouvri&#232;res. Prudhommeaux r&#233;agit &#224; ce compte rendu dans une lettre de mars 1932, publi&#233;e &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; dans la m&#234;me revue (n&#176; 20, ao&#251;t-septembre 1934), o&#249; il indiquait que les disciples de Gorter, critiquant &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les p&#233;ch&#233;s originels du l&#233;ninisme comme pratique russe&lt;/q&gt;, avaient cess&#233; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;de m&#234;ler les formules creuses l'&#201;tat et de la dictature politique &#224; leur conception prol&#233;tarienne de la r&#233;volution sociale&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du communisme de conseils &#224; l'anarchisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, dans le dernier num&#233;ro de &lt;i&gt;l'Ouvrier communiste&lt;/i&gt; (n&#176;11, ao&#251;t 1930) un r&#233;dacteur, tr&#232;s certainement Prudhommeaux lui-m&#234;me, s'&#233;tait interrog&#233; sur &#171; les anarchistes et nous &#187;, &#224; l'occasion de la parution d'un article de &lt;i&gt;Lotta anarchica&lt;/i&gt;, l'organe des Groupes communistes anarchistes adh&#233;rents &#224; l'Union anarchiste italienne, se proposant d'&#233;tablir une discussion suivie avec le mensuel des Groupes ouvriers communistes. Il remarquait que, les &#233;v&#233;nements se pr&#233;cipitant, une &#171; clarification g&#233;n&#233;rale &#187; s'imposait pour que la r&#233;volution reconnaisse les siens parmi les militants de diff&#233;rentes tendances, quelles que soient leurs &#233;tiquettes pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De septembre 1932 &#224; mai 1933, Prudhommeaux publia, avec Jean Dautry, un bulletin bimensuel, la &lt;i&gt;Correspondance internationale ouvri&#232;re&lt;/i&gt;, dans le but de donner &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une vue non syst&#233;matique, non doctrinaire du mouvement prol&#233;tarien et de la r&#233;volte sociale sous toutes ses formes&lt;/q&gt;. L'arriv&#233;e d'Hitler au pouvoir et l'incendie du Reichstag l'amen&#232;rent d&#233;finitivement &#224; l'anarchisme, par la d&#233;monstration de l'impuissance manifeste de l'ancien mouvement ouvrier. Dans la d&#233;fense de l'incendiaire pr&#233;sum&#233;, Marinus Van der Lubbe, se retrouvaient communistes de conseils hollandais et certains anarchistes, notamment individualistes, contre les calomnies des staliniens. Apr&#232;s avoir tir&#233; le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;bilan de douze ans de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;bolchevisation&lt;/q&gt; du prol&#233;tariat allemand&lt;/q&gt; dans une s&#233;rie d'articles du Libertaire (n&#176;390 &#224; 392, 17-31 mars 1933), il cessa d'y &#233;crire, l'hebdomadaire ayant trait&#233; Lubbe d'&#171; agent d'Hitler &#187;. Il r&#233;serva sa collaboration &#224; d'autres publications engag&#233;es dans la d&#233;fense de Van der Lubbe (l&lt;i&gt;a Revue anarchiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Semeur &lt;/i&gt; d'Alphonse Barb&#233;) et fut une des chevilles ouvri&#232;res de la section fran&#231;aise du Comit&#233; international Van der Lubbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de l&#224;, Prudhommeaux et Voline allaient collaborer aux m&#234;mes journaux, en particulier, outre &lt;i&gt;la Revue anarchiste&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;la Voix libertaire&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Terre libre&lt;/i&gt;, et participer &#224; la cr&#233;ation de la F&#233;d&#233;ration anarchiste de langue fran&#231;aise au congr&#232;s des 15-16 ao&#251;t 1936, &#224; Toulouse. Pour Henri Bouy&#233;, qui devait rejoindre cette organisation, la FAF regroupa ceux d'entre les anarchistes &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui, dans leurs conceptions de l'action militante, dans leurs analyses d'une &#233;ventuelle r&#233;volution sociale, de la transformation de la soci&#233;t&#233; et des nouveaux rapports humains que celles-ci doivent rendre possibles, mettaient l'accent sur la primaut&#233; d'une libert&#233; individuelle ne devant jamais &#234;tre sacrifi&#233;e, sans pour autant rejoindre les tenants d'un humanisme douillet et trop complaisant avec les in&#233;galit&#233;s, les injustices et les cruaut&#233;s de ce monde&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Bulletin du CIRA (annexe de Marseille), n&#176; 26/27, 1986, p. 60.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les &#233;v&#233;nements espagnols, avec la participation de ministres anarchistes au gouvernement de la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne, puis la suppression du Comit&#233; central des milices antifascistes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Andr&#233; Prudhommeaux fut, avec Voline, un de ceux qui exprim&#232;rent avec le plus de force le courant contestataire au sein du mouvement anarchiste fran&#231;ais&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jean Maitron, Le Mouvement anarchiste en France, II. De 1914 &#224; nos jours, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la Seconde Guerre mondiale, les deux hommes seront, chacun de leur c&#244;t&#233;, emport&#233;s dans la tourmente. Voline, juif et franc-ma&#231;on, r&#233;sida &#224; Marseille jusqu'en 1944. Il y v&#233;cut dans des conditions mat&#233;rielles difficiles, mais n'en continua pas moins de militer dans un groupe clandestin compos&#233; d'anarchistes de plusieurs nationalit&#233;s. &#201;puis&#233; et atteint par la tuberculose, Voline s'&#233;teignit le 18 septembre 1945 &#224; l'h&#244;pital Laennec, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Prudhommeaux se r&#233;fugia en Suisse, d&#232;s la d&#233;claration de guerre, dans la famille de sa compagne. Dans l'impossibilit&#233; d'avoir une activit&#233; politique publique, il se consacra plus particuli&#232;rement &#224; des travaux de traduction litt&#233;raire, mais entretint des contacts avec des personnalit&#233;s comme Louis Bertoni, l'&#233;diteur de l'hebdomadaire &lt;i&gt;le R&#233;veil anarchiste&lt;/i&gt;, ou le r&#233;fractaire fran&#231;ais de la Premi&#232;re Guerre mondiale, Jean-Paul Samson.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la sortie de &lt;i&gt;La R&#233;volution inconnue&lt;/i&gt;, &#233;dit&#233;e par Jacques Doubinsky et un groupe d'amis de Voline, le mouvement anarchiste organisa une &#171; Comm&#233;moration Valine &#187; le 2 novembre 1947 &#224; la Salle des soci&#233;t&#233;s savantes, &#224; Paris. Andr&#233; Prudhommeaux y intervint aux c&#244;t&#233;s de Fontenis, Franssen et F. Granier, tandis que &lt;i&gt;le Libertaire&lt;/i&gt; de la semaine suivante publiait son article d'hommage &#224; Voline o&#249; il insistait sur l'importance de sa contribution &#224; &lt;i&gt;L'Encyclop&#233;die anarchiste&lt;/i&gt; et &#224; la presse libertaire de langue fran&#231;aise, certaines de ces &#233;tudes, comme &lt;i&gt;La V&#233;ritable R&#233;volution sociale&lt;/i&gt;, figurant pour le courant libertaire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;parmi les &#233;crits les plus importants de l'entre-deux-guerres&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dacteur au Libertaire, Prudhommeaux refusa la transformation de la F&#233;d&#233;ration anarchiste en F&#233;d&#233;ration communiste libertaire et fit partie du noyau de militants qui reprit le sigle FA &#224; partir du congr&#232;s constitutif des 25-27 d&#233;cembre 1953 et publia le &lt;i&gt;Monde libertaire&lt;/i&gt; &#224; partir d'octobre 1954. Prudhommeaux collabora &#233;galement &#224; de nombreux p&#233;riodiques, fran&#231;ais ou de langue fran&#231;aise (&lt;i&gt;Cahiers de Pens&#233;e et action&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Contre-courant&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;D&#233;fense de l'homme&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'Unique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le Contrat social&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Preuves&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;moins&lt;/i&gt;), et &#233;trangers (&lt;i&gt;Freedom&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Adunata dei refratteri&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Volont&#224;&lt;/i&gt;). Parmi ses travaux de traduction, il faut retenir &lt;i&gt;La Pens&#233;e captive de Czeslaw Milosz&lt;/i&gt; (Gallimard, 1954) et &lt;i&gt;La Nouvelle Classe dirigeante&lt;/i&gt; de Milovan Djilas (Plon, 1957). Il suffit de lire les brochures qu'il publia gr&#226;ce &#224; Ren&#233; Lefeuvre pour se convaincre de l'importance d'un anarchiste au parcours aussi original que m&#233;connu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les Cahiers Spartacus ont publi&#233;, ou republi&#233; : Catalogne libertaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Voline2.pdf" class="spip_out"&gt;Article extrait de &#171; Voline &#187;, revue &#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176;13 [PDF] &lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour plus de pr&#233;cisions, le lecteur se reportera &#224; la notice &#171; Prudhommeaux &#187; du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais (Paris, &#201;ditions ouvri&#232;res, 1991), t. 39, pp. 250-252.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Bulletin du CIRA&lt;/i&gt; (annexe de Marseille), n&#176; 26/27, 1986, p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Jean Maitron, &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, II&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;De 1914 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, Paris, Fran&#231;ois-Masp&#233;ro, 1982, p. 33. . Selon eux, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il aurait convenu, au lieu de pratiquer une politique de compromission, de restituer au conflit espagnol sa signification sociale, de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;marcher vers la liquidation totale de la politique, vers l'administration des choses par les producteurs-consommateurs&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Mais les libertaires espagnols refus&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;de vaincre comme anarchistes&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; et accept&#232;rent &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;de mourir comme gouvernementaux, comme d&#233;fenseurs de la l&#233;gitimit&#233; de l'&#201;tat&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. (...) L'ach&#232;vement de la d&#233;faite espagnole en mars 1939 ne consacrait pas pour Prudhommeaux la faillite de l'id&#233;e anarchiste ; bien au contraire, cette d&#233;faite portait confirmation des th&#232;ses libertaires sur la n&#233;cessit&#233; de d&#233;truire l'&#201;tat si l'on veut que triomphe la r&#233;volution sociale.&lt;/q&gt; [[Id., ibid., p. 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Les Cahiers Spartacus &lt;/i&gt; ont publi&#233;, ou republi&#233; : &lt;i&gt;Catalogne libertaire 1936-1937&lt;/i&gt;, n&#176;11, novembre 1946 ; &lt;i&gt;Spartacus et la Commune de Berlin 1918-1919&lt;/i&gt;, n&#176;83, ao&#251;t-septembre 1977 (les deux en collaboration avec Dori Prudhommeaux) ;&lt;i&gt; L'Effort libertaire, I. Le Principe d'autonomie&lt;/i&gt; (introduction de Robert Pages), n&#176;99, oct.-nov. 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Zo d'Axa, &#233;crivain pamphl&#233;taire et journaliste libertaire </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier </dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Zo d'Axa</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;N&#233; Alphonse Gallaud, le 24 mai 1864 &#224; Paris, dans une famille ais&#233;e &#8212; son p&#232;re est ing&#233;nieur de la ville de Paris &#8212;, le futur Zo d'Axa, apr&#232;s des &#233;tudes au coll&#232;ge Chaptal, pr&#233;pare Saint-Cyr. Engag&#233; dans un r&#233;giment de cuirass&#233;s, il part ensuite dans les chasseurs d'Afrique. Mais l'aventure n'a pas les couleurs escompt&#233;es. Le jeune homme s'y ennuie fort et, premier coup d'&#233;clat, il d&#233;serte en emmenant la femme de son sup&#233;rieur. Sa vie durant, il sera constamment et violemment antimilitariste et manifestera &#224; chaque occasion sa solidarit&#233; avec les victimes de l'institution militaire. R&#233;fugi&#233; &#224; Bruxelles, il devient journaliste aux &lt;i&gt;Nouvelles du Jour&lt;/i&gt;. Mais la vie s&#233;dentaire ne lui sied gu&#232;re, et il part en Suisse, puis en Italie. Amnisti&#233; en 1889, il rentre &#224; Paris.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-gavroche-no87-88-mai-aout-1996-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;87/88 - Mai-Ao&#251;t 1996&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-zo-d-axa-+" rel="tag"&gt;Zo d'Axa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1073-c8a16.png?1774707778' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; Alphonse Gallaud, le 24 mai 1864 &#224; Paris, dans une famille ais&#233;e &#8212; son p&#232;re est ing&#233;nieur de la ville de Paris &#8212;, le futur Zo d'Axa, apr&#232;s des &#233;tudes au coll&#232;ge Chaptal, pr&#233;pare Saint-Cyr. Engag&#233; dans un r&#233;giment de cuirass&#233;s, il part ensuite dans les chasseurs d'Afrique. Mais l'aventure n'a pas les couleurs escompt&#233;es. Le jeune homme s'y ennuie fort et, premier coup d'&#233;clat, il d&#233;serte en emmenant la femme de son sup&#233;rieur. Sa vie durant, il sera constamment et violemment antimilitariste et manifestera &#224; chaque occasion sa solidarit&#233; avec les victimes de l'institution militaire. R&#233;fugi&#233; &#224; Bruxelles, il devient journaliste aux &lt;i&gt;Nouvelles du Jour&lt;/i&gt;. Mais la vie s&#233;dentaire ne lui sied gu&#232;re, et il part en Suisse, puis en Italie. Amnisti&#233; en 1889, il rentre &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH238/sans_titre-3-7-cc09a-63639.png?1774696388' width='150' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Zo d'Axa a un peu plus de vingt ans.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Selon Jean Grave, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce fut dans les milieux litt&#233;raires de Montmartre qu'il fit son apparition, et commen&#231;a &#224; se faire remarquer dans quelques petits c&#233;nacles o&#249; il annon&#231;a son intention de publier un journal&lt;/q&gt;. H&#233;sita-t-il entre le royalisme ou l'anarchisme, comme l'indique Grave, qui le range parmi &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les originaux qui vinrent t&#226;ter de l'anarchie&lt;/q&gt;. Manifestement, il n'y avait gu&#232;re de points communs entre Zo d'Axa et le &#171; Pape de la rue Mouffetard &#187; ! Malgr&#233; leurs personnalit&#233;s oppos&#233;es &#8212; Lucien Descaves parle de &#171; chevalerie errante &#187; pour l'un, et de &#171; roture s&#233;dentaire &#187; pour l'autre &#8212; Grave reconna&#238;t cependant &#224; Zo d'Axa un temp&#233;rament d'aristocrate et le m&#233;rite de publier de tr&#232;s bons articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 1891, Zo d'Axa publie le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;L'Endehors&lt;/i&gt;, &#171; organe essentiellement litt&#233;raire de l'anarchie &#187; (Flor O'Squarr) qui tire &#224; six mille exemplaires. Lucien Descaves, jeune &#233;crivain et futur membre de l'Acad&#233;mie Goncourt, connut Zo d'Axa &#224; cette &#233;poque et, dans ses souvenirs, en brosse un portrait admiratif : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Avec sa barbe rousse taill&#233;e en pointe, Zo d'Axa ressemblait &#224; un mousquetaire travesti en civil. Il &#233;tait beau, il &#233;tait brave, il &#233;tait sarcastique et d'une ind&#233;pendance &#224; nulle autre pareille. Il ne m&#226;chait pas plus &#224; ses amis qu'&#224; ses adversaires ce qu'il croyait &#234;tre la v&#233;rit&#233;... la sienne. Il &#233;tait de toute sa personne en dehors. Il n'attendait pas la provocation pour tomber en garde. Aussi ind&#233;pendant qu'incapable de calcul, il ob&#233;issait &#224; ses impulsions, sans en devoir compte &#224; personne. Sous le pavillon parlant &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Endehors&lt;/span&gt;, il avait fr&#233;t&#233; &#224; ses risques et p&#233;rils ce bateau de petit tonnage charg&#233; de torpiller une soci&#233;t&#233; corrompue.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gravure d'&#233;poque repr&#233;sente la salle de r&#233;daction du journal, install&#233;e dans un sous-sol de la rue Bochard-de-Saron, pr&#232;s du Boulevard Rochechouart : aux c&#244;t&#233;s de Zo d'Axa se tiennent notamment Jean Grave, Augustin Hamon, Bernard Lazare, Charles Malato, Octave Mirbeau. Des hommes aussi divers que Tristan Bernard, Georges Darien, Lucien Descaves, S&#233;bastien Faure, F&#233;lix F&#233;n&#233;on, Emile Henry, Camille Mauclair, Pierre Quillard, Emile Verhaeren y &#233;crivent &#233;galement. A tous, Zo d'Axa offre une tribune o&#249; l'on peut &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;s'exprimer sans euph&#233;mismes discrets ni peureuses r&#233;ticences&lt;/q&gt;. Dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, Jules Huret &#233;crit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Endehors&lt;/span&gt; est un journal hebdomadaire qui publie, toutes violences d&#233;cha&#238;n&#233;es, des &#233;crits anarchistes, des critiques litt&#233;raires ultra-modernes ; c'est l'asile de r&#233;fractaires comme Georges Darien, et de purs po&#232;tes comme Henri de R&#233;gnier et Saint-Pol Roux. Le directeur, Zo d'Axa, est un vaillant.&lt;/q&gt; Selon Paul Adam, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Zo d'Axa est un journaliste de valeur&lt;/q&gt; et ses articles &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;offrent d'excellentes et justes diatribes contre l'iniquit&#233; du temps&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Entretiens politiques et litt&#233;raires&lt;/i&gt;, tome VI, n&#176;37, 25 f&#233;vrier 1893).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH157/53386510_copie-5f6eb-a48b9.jpg?1774696388' width='150' height='157' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Zo d'Axa, par Steinlein.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Logiquement, &lt;i&gt;L'Endehors&lt;/i&gt; est bient&#244;t poursuivi. L'auteur d'un article, Louis Matha le g&#233;rant, et Zo d'Axa sont condamn&#233;s chacun &#224; mille francs d'amende. Dans le num&#233;ro suivant, Zo d'Axa commente : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Trois mille francs c'est pour rien.&lt;/q&gt; Et il administre une nouvelle vol&#233;e de bois vert &#224; la magistrature ! Apr&#232;s l'arrestation de Ravachol et de ses compagnons, en mars 1892, &lt;i&gt;L'Endehors &lt;/i&gt; ouvre une souscription &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pour ne pas laisser mourir de faim les mioches dont la Soci&#233;t&#233; frappe implacablement les p&#232;res parce qu'ils sont des r&#233;volt&#233;s&lt;/q&gt;. Zo d'Axa est arr&#234;t&#233; sous l'inculpation d'association de malfaiteurs et emprisonn&#233; pendant un mois &#224; Mazas. &lt;i&gt;L'Endehors&lt;/i&gt; continue de para&#238;tre pendant sa d&#233;tention gr&#226;ce, notamment, &#224; F&#233;lix F&#233;n&#233;on. Peu apr&#232;s, un autre article entra&#238;ne de nouvelles poursuites. Sans attendre une nouvelle arrestation, Zo d'Axa traverse la Manche. Les 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin et 5 juillet 1892, il est condamn&#233; successivement &#224; dix-huit mois de prison pour provocation au meurtre et au pillage, puis &#224; deux ans de prison et deux mille francs d'amende pour le m&#234;me motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exil&#233; avec Matha, il trouve un refuge temporaire chez Charles Malato, parmi la nombreuse &#233;migration r&#233;volutionnaire du quartier fran&#231;ais de Londres. Son h&#244;te en brosse le portrait d'un &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;crivain et cavalier errant&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;drap&#233; dans une cape de couleur sombre et coiff&#233; d'une fa&#231;on de Sombrero, sous les larges bords desquels on ne distinguait que des flots de barbe rutilante&lt;/q&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Zo d'Axa e&#251;t pu revendiquer pour armes la plume, l'&#233;p&#233;e et la guitare, car il &#233;tait aussi redoutable pol&#233;miste que vaillant escrimeur et Don Juan irr&#233;sistible&lt;/q&gt;. Au bout de trois mois, fatigu&#233; d'une vie morne sur les bords de la Tamise, il d&#233;cide de partir pour un long p&#233;riple qui allait l'amener &#224; traverser l'Europe, puis &#224; poursuivre vers le Proche-Orient. Au milieu de cet &#233;trange voyage, il se demande si &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;profitant des suspicions gouvernementales et b&#233;n&#233;ficiant d'expulsions successives &#8212; forces locomotrices qui vous entra&#238;nent d'un bout &#224; l'autre des pays, on ne pourrait avec un peu de bonne volont&#233; r&#233;ussir le tour du monde ?&lt;/q&gt; Mais, en d&#233;cembre 1892, il est arr&#234;t&#233; &#224; Jaffa par le consul de France qui, &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;, le rapatrie sur un bateau des Messageries maritimes en partance pour Marseille. Arr&#234;t&#233; &#224; son arriv&#233;e, il passe quelques jours dans une prison marseillaise avant d'&#234;tre transf&#233;r&#233; &#224; Paris, o&#249; il est incarc&#233;r&#233; &#224; Sainte-P&#233;lagie, refusant de signer une demande en gr&#226;ce. Lib&#233;r&#233; le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1894, jour des fun&#233;railles du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, Sadi-Carnot, ex&#233;cut&#233; le 24 juin &#224; Lyon par l'anarchiste italien Santo Caserio, il est aussit&#244;t mis au D&#233;p&#244;t, le temps de l'enterrement.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1222 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/de_mazas_a_jerusalem_______steinlen_theophile_btv1b53188787t_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH320/de_mazas_a_jerusalem_______steinlen_theophile_btv1b53188787t_copie-a4d3b.jpg?1774803608' width='500' height='320' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En prison, il a &#233;crit le r&#233;cit de son voyage et de ses p&#233;r&#233;grinations, &lt;i&gt;De Mazas &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;. L'ouvrage est tr&#232;s bien accueilli par la critique, de Jules Renard &#224; Octave Mirbeau en passant par Laurent Tailhade et Georges Clemenceau. Jules Renard &#233;crira, par exemple, que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;son livre fait aimer son caract&#232;re&lt;/q&gt;. Insouciant d'une carri&#232;re litt&#233;raire, Zo d'Axa dirige l'&#233;ph&#233;m&#232;re quotidien anarchisant &lt;i&gt;La Renaissance &lt;/i&gt; (d&#233;cembre 1895-janvier 1896), o&#249; il &#233;crit aux c&#244;t&#233;s de F&#233;lix F&#233;n&#233;on, M&#233;cislas Golberg, Bernard Lazare, Laurent Tailhade, Michel Z&#233;vaco, puis il reprend sa vie de voyageur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En octobre 1897, au milieu des tumultes de l'affaire Dreyfus, Zo d'Axa tente une nouvelle exp&#233;rience. Il publie &#171; &#224; chaque occasion &#187; &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt;, et s'explique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous aussi, nous parlerons au peuple ; et pas pour le flagorner, lui promettre merveilles et monts, fleuves, fronti&#232;res naturelles, ni m&#234;me une r&#233;publique propre ou des candidats loyaux ; ni m&#234;me une r&#233;volution pr&#233;fa&#231;ant le paradis terrestre...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Toutes ces antiennes &#233;quivalentes se psalmodient cauteleusement &#8212; ici nous parlerons clair. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pas de promesses. Pas de tromperie. Nous causerons des faits divers, nous montrerons les causes latentes, nous indiquerons des pourquoi. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Et nous d&#233;binerons les trucs et nous nommerons les truqueurs, gens de politique et de sac, gens de lettres &#8212; tous les jean fichtre. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous dirons des choses tr&#232;s simples et nous les dirons simplement.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1223 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/sans_titre-4-4.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/sans_titre-4-4-a83bf-8bae9.png?1774696388' width='150' height='212' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sur une simple page figure, au recto, un dessin de Maximilien Luce, Steinlein, Wilette, etc., et, au verso, un article de Zo d'Axa. Qu'on juge du ton &#224; propos de l'affaire qui enflamme les passions des dreyfusards et des antidreyfusards : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si ce monsieur ne fut pas tra&#238;tre &#8212; il fut capitaine. Passons.&lt;/q&gt; Cela ne l'emp&#234;che pas, bien au contraire, de fustiger les faussaires de l'&#233;tat-major (&#171; En joue... faux ! &#187;) et les glapissements antis&#233;mites de &lt;i&gt;La Libre parole&lt;/i&gt; (&#171; Drumont et Vacher &#187;). Mais son coup de ma&#238;tre reste l'&#233;lection du candidat de &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt; : un &#226;ne baptis&#233; Nul, hiss&#233; le jour de l'&#233;lection sur un char et promen&#233; dans Paris sous les acclamations des badauds. Quand les forces de l'ordre interviennent, Zo d'Axa d&#233;clare : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;N'insistons pas, c'est maintenant un candidat officiel.&lt;/q&gt; N'avait-il pas pr&#233;sent&#233; le bourricot comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un &#226;ne pas trop savant, un sage qui ne boit que de l'eau et reculerait devant un pot-de-vin. A cela pr&#232;s le type accompli du d&#233;put&#233; majoritard.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'aube d'un si&#232;cle nouveau, Zo d'Axa, fatigu&#233; de tant de combats, arr&#234;te&lt;i&gt; La Feuille &lt;/i&gt; et reprend sa vie errante sur les trois continents. Il envoie simplement ses impressions de voyage &#224; diff&#233;rents journaux et &#233;crit dans &lt;i&gt;L'Ennemi du peuple&lt;/i&gt;, dirig&#233; par Emile Janvion, qui para&#238;t du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; ao&#251;t 1903 au 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; octobre 1904. Aux &#201;tats-Unis, il se rend &#224; Paterson o&#249;, selon ses propres termes, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des &#233;vad&#233;s du Vieux Monde s'en vont aff&#251;ter des couteaux et m&#226;chonner des balles de plomb contre la qui&#233;tude des rois&lt;/q&gt;. Dans un faubourg de Jersey City, il rencontre la veuve de l'anarchiste italien Bresci qui abattit le roi d'Italie, Umberto 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;, le 30 juillet 1900. &lt;i&gt;La Revue blanche&lt;/i&gt; des fr&#232;res Natanson publie son r&#233;cit en septembre 1902.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son retour en France, il s'installe &#224; Marseille o&#249; on le rencontre &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fl&#226;nant sur la Canebi&#232;re ou parcourant en bicyclette la Corniche ensoleill&#233;e&lt;/q&gt; (L. Campion). Sollicit&#233; en 1917 par le r&#233;dacteur en chef de &lt;i&gt;L'Ordre&lt;/i&gt;, Emile Bur&#233; &#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ren&#233;gat notoire mais journaliste de talent&lt;/q&gt; selon Mualdes &#8212;, pour &#233;crire ses m&#233;moires, Zo d'Axa lui r&#233;pond : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est pas par hasard que je n'&#233;cris jamais et si d'ailleurs il me prenait quelque vain plaisir &#224; penser tout haut, je ne serais pas r&#233;trospectif. C'est au pr&#233;sent que je parlerais et trop en dehors, croyez-le, des ronrons de l'Union Sacr&#233;e, car je suis le m&#234;me, malgr&#233; le poil blanc et le silence...&lt;/q&gt; Toujours r&#233;fractaire, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ni la guerre de 1914-1918, ni la dictature bolch&#233;vique n'obtiennent ses suffrages&lt;/q&gt; (L. Campion). En 1921, de passage &#224; Paris, il publie son dernier article dans &lt;i&gt;Le Journal du Peuple &lt;/i&gt; pour r&#233;pondre &#224; une insanit&#233; journalistique. L'homme a vieilli, mais la plume est toujours aussi alerte, superbe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;... me taire ne suffirait peut-&#234;tre pas &#224; me pr&#233;server de l'honneur de figurer comme repenti (...) Les derniers amis de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;L'Endehors&lt;/span&gt; et de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La Feuille&lt;/span&gt; connaissent le sens d'un pass&#233; que le pr&#233;sent n'entend pas renier. Pendant un bon bout de chemin, contre les laideurs du temps, nous avons r&#233;agi ensemble. On nous traitait d'anarchistes, l'&#233;tiquette importait peu. (...) Qu'est-ce donc vivre si ce n'est passer, selon sa nature, un moment ? J'aime le matin sur les routes proches ou lointaines, et sans stylo, sans autre ambition ni but que de comprendre la journ&#233;e claire en dehors des mirages flottants, en dehors ainsi que toujours, &#224; des feuilles d'&#233;criture pr&#232;s...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH196/sans_titre-2-6-b7502-621b1.png?1774696388' width='150' height='196' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une tentative rat&#233;e de suicide en 1927, Zo d'Axa, qui demeurait 71 Promenade de la Corniche, met fin &#224; ses jours le 30 ao&#251;t 1930 &#224; Marseille. La veille de sa mort, il avait br&#251;l&#233; presque tous ses papiers...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la pr&#233;vision de Victor M&#233;ric, le nom de Zo d'Axa ne s'est pas encore inscrit &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en lettres flamboyantes&lt;/q&gt; dans les anthologies de nos grands &#233;crivains et pamphl&#233;taires. Raison de plus pour, modestement, rappeler sa m&#233;moire en attendant une possible, mais tardive, reconnaissance de ses qualit&#233;s d'&#233;crivain et de la rectitude morale d'une des figures les plus originales et les plus attachantes de l'anarchisme &#171; fin de si&#232;cle &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CEuvres :&lt;/strong&gt; Zo d'Axa, &lt;i&gt;De Mazas &#224; J&#233;rusalem&lt;/i&gt;, Paris, Chamuel &#233;diteur, 1895 (le m&#234;me livre a &#233;t&#233; &#233;dit&#233; &#224; Bruxelles sous le titre de&lt;i&gt; Le grand trimard&lt;/i&gt;) ; &lt;i&gt;Endehors&lt;/i&gt;, Paris, Chamuel &#233;diteur, 1896 ; &lt;i&gt;Les Feuilles&lt;/i&gt;, Paris, La Soci&#233;t&#233; libre d'&#233;dition des gens de lettres, 1900 ; &lt;i&gt;Endehors&lt;/i&gt;, textes rassembl&#233;s et pr&#233;sent&#233;s par J.-P. Courty, Paris, Champ libre, 1974 ; &lt;i&gt;La Feuille&lt;/i&gt; (r&#233;impression dans son format original de la collection compl&#232;te des 25 num&#233;ros. 1897-1899), Saint-Denis, Le Vent du Ch'min, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt; Journaux cit&#233;s ; &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais 1871-1914&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions ouvri&#232;res ; Lucien Descaves, &lt;i&gt;Souvenirs d'un ours&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions de Paris, 1946 ; Georges Darien, &lt;i&gt;L'Ennemi du peuple&lt;/i&gt;, pr&#233;c&#233;d&#233; de &lt;i&gt;Cr&#232;ve la d&#233;mocratie !&lt;/i&gt;, Paris, Champ libre, 1972 ; Jean Grave, &lt;i&gt;Quarante ans de propagande anarchiste&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1973 ; Jean Maitron, &lt;i&gt;Le Mouvement anarchiste en France&lt;/i&gt;, vol. I, Pans, Fran&#231;ois Masp&#233;ro, 1975 ; Charles Malato, &lt;i&gt;Les Joyeuset&#233;s de l'exil&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;d., Maul&#233;on, Acratie, 1985 : Flor O'Squarr, &lt;i&gt;Les Coulisses de l'Anarchie&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;d.. Paris, L'lmsomniaque, 1990 ; Joan U. Halperin, F&#233;lix F&#233;n&#233;on, Paris, Gallimard, 1991 ; Olivier Barrot/Pascal Ory, &lt;i&gt;La Revue blanche&lt;/i&gt;, Paris, UGE 10/18, 1993 ; Jules Renard, &lt;i&gt;Journal 1887-1910&lt;/i&gt;, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1993 ; &lt;i&gt;Pens&#233;e et Action&lt;/i&gt;, n&#176;35-36, janv.-juin 1968, &#171; Zo d'Axa, mousquetaire-patricien de l'Anarchie &#187; (articles de A. Barcelone, L&#233;o Campion, Hem Day, Victor M&#233;ric, Pierre Muald&#232;s, etc.) ; Renseignements de Marianne Enckell (CIRA-Lausanne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Cet article est la version revue et compl&#233;t&#233;e d'une notice pr&#233;c&#233;demment parue dans la partie &#171; Auteurs &#187; de l'ouvrage collectif, &lt;i&gt;Marseille XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : un destin culturel&lt;/i&gt;, Marseille, &#201;ditions Via Valeriano, 1995, 304 p. Je remercie M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; B&#233;atrice Arnac pour les renseignements et illustrations fournis. Durant les mois de juillet et ao&#251;t 1996 se d&#233;roulera une exposition consacr&#233;e &#224; Zo d'Axa au Centre national et Mus&#233;e Jean Jaur&#232;s, 2 place Pelisson 81100 Castres. T&#233;l. 63. 72. 01. 01.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://archivesautonomies.org/spip.php?article299" class="spip_out"&gt; Tous les num&#233;ros de la revue &lt;i&gt;Gavroche&lt;/i&gt; (1981-2011) sont sur le site Fragments d'Histoire de la gauche radicale.&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>URSS - Le fascisme rouge </title>
		<link>http://partage-noir.fr/urss-le-fascisme-rouge</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/urss-le-fascisme-rouge</guid>
		<dc:date>2024-08-16T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier </dc:creator>


		<dc:subject>Voline</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe (1917-1921)</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Existe-t-il une diff&#233;rence entre Staline et Mussolini ? En posant cette question, aujourd'hui bien anodine, et en y r&#233;pondant n&#233;gativement, Voline est parmi les premiers &#224; analyser le communisme russe comme un capitalisme d'Etat, un fascisme rouge... En effet, &lt;q&gt;la r&#233;volution triomphante (...) aboutit (...) &#224; l'esclavage et &#224; l'exploitation les plus complets, les plus terribles, de la classe ouvri&#232;re par une classe dirigeante privil&#233;gi&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no13-voline-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;13 : &#171; Voline &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-voline-+" rel="tag"&gt;Voline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-revolution-russe-1917-1921-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe (1917-1921)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/stmus_copie-c77e6.jpg?1774714124' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Existe-t-il une diff&#233;rence entre Staline et Mussolini ? En posant cette question, aujourd'hui bien anodine, et en y r&#233;pondant n&#233;gativement, Voline est parmi les premiers &#224; analyser le communisme russe comme un capitalisme d'&#201;tat, un fascisme rouge... En effet, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;volution triomphante (...) aboutit (...) &#224; l'esclavage et &#224; l'exploitation les plus complets, les plus terribles, de la classe ouvri&#232;re par une classe dirigeante privil&#233;gi&#233;e.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'article de Voline &#171; Le fascisme rouge &#187; parut en juillet 1934 dans le n&#176;2 de &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, publi&#233; par Hem Day (1902-1969 ) &#224; Bruxelles sur quatre pages grand format, sous l'&#233;gide du Comit&#233; international de d&#233;fense anarchiste (CIDA)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hem Day (Marcel Dieu, dit) tenait boutique de bouquiniste, rue de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce p&#233;riodique n'eut, &#224; notre connaissance, que quatre num&#233;ros de 1934 &#224; 1936, chacun de ceux-ci &#233;tant consacr&#233;, selon des sous-titres diff&#233;rents, &#224; un th&#232;me principal. C'est probablement &#224; la suite de sa publication dans &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;, que l'article &#171; Le fascisme rouge &#187; fut repris, avec quelques modifications minimes, dans une brochure sans date d'impression aux &#233;ditions Pens&#233;e et action du m&#234;me Hem Day.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/portrait-f65ec-1deaf-ce1b0.jpg?1774716464' width='150' height='223' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Hem Day (portrait par L&#233;o Campion)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Ce num&#233;ro, sous-titr&#233; &#171; Pour la d&#233;fense des r&#233;volutionnaires pers&#233;cut&#233;s en URSS &#187;, pr&#233;sentait en premi&#232;re page un &#233;ditorial d'Ernestan qui rappelait les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;souffrances physiques et morales de la prison et de l'exil&lt;/q&gt; endur&#233;es par les anarchistes russes, et ajoutait que cet indispensable devoir de solidarit&#233; s'&#233;tendait aux &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nombreux r&#233;volutionnaires d'autres tendances victimes de la r&#233;action bolcheviste&lt;/q&gt;. La protestation contre ces iniquit&#233;s se devait d'&#234;tre d'autant plus v&#233;h&#233;mente que ces crimes &#233;taient justifi&#233;s &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;au nom du socialisme et du prol&#233;tariat&lt;/q&gt;. Aux c&#244;t&#233;s de cet &#233;ditorial, Hem Day, au nom du CIDA, lan&#231;ait un appel au monde ouvrier &#8212; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Contre un gouvernement d'assassins&lt;/q&gt; &#8212;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ce pr&#233;tendu gouvernement prol&#233;tarien (...) descendu plus bas encore que le pire des &#201;tats capitalistes.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal pr&#233;sentait ensuite sur une page enti&#232;re &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;quelques-uns de ceux qui actuellement souffrent dans les prisons et les lieux d'exil de la Russie bolchevique&lt;/q&gt;, en pr&#233;cisant en pr&#233;ambule qu'ils &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;repr&#233;sentent une partie infime de la totalit&#233; des libertaires victimes des nouveaux bourreaux russes&lt;/q&gt;. De Andr&#233; Andreieff, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;exil&#233; &#224; Novossibirsk&lt;/q&gt;, &#224; Andr&#233; Zolotareff, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;actuellement en exil &#224; Poltava&lt;/q&gt;, &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; pr&#233;sentait 98 noms de militants anarchistes pers&#233;cut&#233;s, &#224; partir des informations recueillies par le Fonds de secours de l'Association internationale des travailleurs (AIT) aux anarchistes et anarcho-syndicalistes emprisonn&#233;s et exil&#233;s en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-4hhhhhhh.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH236/sans_titre-4hhhhhhh-2beda-77a79.jpg?1774768528' width='150' height='236' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le p&#233;riodique libertaire consacrait plusieurs colonnes aux cas de Nicolas Rogda&#239;eff&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce militant, on se reportera au livre de Paul Avrich, Les anarchistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, un militant libertaire russe d&#233;c&#233;d&#233; pendant son exil &#224; Tachkent, au Turkestan, et, surtout, Alfonso Petrini, un militant anarchiste italien originaire d'Anc&#244;ne, condamn&#233; par contumace &#224; dix-sept ans de r&#233;clusion, sous l'inculpation d'avoir particip&#233; au meurtre du mar&#233;chal de gendarmerie Antei, pendant les &#233;meutes r&#233;volutionnaires de 1920 dans sa ville natale. Le cas de Petrini r&#233;v&#233;lait deux aspects de la dictature du Parti sur l'ensemble du peuple :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;1. Il est acquis qu'en URSS le pouvoir ex&#233;cutif ne s'exerce pas seulement avec les moyens ordinaires de r&#233;pression en usage dans tous les pays &#8220;bourgeois&#8221;. Ceux-ci, quoique formidables, s'augmentent en URSS du pr&#233;texte de &lt;strong&gt;d&#233;fendre &lt;/strong&gt; la r&#233;volution. Pour veiller &#224; la sauvegarde de l'appareil dictatorial, un organisme tout-puissant, qui a nom GPU &#8212; police politique d'&#201;tat &#8212; exerce son autorit&#233; et son arbitraire. Son pouvoir est &lt;strong&gt;administratif&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire sans recours. Elle &lt;strong&gt;peut &lt;/strong&gt; (...) faire emprisonner ; voire fusiller, priver de moyens d'existence, d&#233;porter en Sib&#233;rie, quiconque fait montre d'ind&#233;pendance d'esprit ou est suppos&#233; propagateur de conceptions politiques discordantes&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les mots en gras sont soulign&#233;s par l'auteur. De m&#234;me pour l'article de Voline.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette pers&#233;cution ne s'acharne g&#233;n&#233;ralement pas contre des &#233;l&#233;ments monarchistes (...), mais contre des r&#233;volutionnaires, ayant lutt&#233; et souffert pour que la R&#233;volution marqu&#226;t vraiment la d&#233;livrance &#233;conomique et politique du peuple : les anarchistes, les anciennes formations socialistes r&#233;volutionnaires, jusqu'aux dissidents m&#234;mes du parti communiste. (...) &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Contre toute r&#232;gle de droit international et d&#233;passant en cela la f&#233;rocit&#233; des pays &#224; r&#233;gime fasciste, un citoyen &#233;tranger peut &#234;tre s&#233;questr&#233; en URSS lorsqu'il ne jouit pas de la protection diplomatique. C'est le cas de Petrini, de Ghezzi&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. C. Jacquier, ,&#171; L'affaire Francesco Ghezzi, la vie et la mort d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, du communiste dissident Calligaris, de Rocco D'Alessandris et de tant d'autres, tous r&#233;fugi&#233;s politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'article de Voline pouvait donc &#224; bon droit &#233;voquer l'exp&#233;rience de Petrini, condamn&#233; par le fascisme dans son pays et pers&#233;cut&#233; dans celui o&#249; il avait cru trouver refuge, pour &#233;tablir la pertinence de la notion de fascisme rouge. D&#233;j&#224;, dans le livre du Groupe des anarchistes russes exil&#233;s en Allemagne sur la&lt;i&gt; R&#233;pression de l'anarchisme en Russie sovi&#233;tique&lt;/i&gt; (Paris, &#233;d. de la Librairie sociale, 1923), les auteurs, dont Voline, appelaient &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'&#339;uvre d'organisation du prol&#233;tariat international contre les horreurs perp&#233;tr&#233;es en Russie &lt;/q&gt;, car, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;si la classe ouvri&#232;re internationale d&#233;sire vaincre dans la lutte d&#233;cisive entam&#233;e contre la bourgeoisie, elle doit tenir son front unique contre les bolcheviks.&lt;/q&gt; Dans le prolongement de cette d&#233;nonciation pratique de la strat&#233;gie de &#171; front unique &#187; (devenu plus tard &#171; front populaire &#187; &#224; partir du VII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Congr&#232;s de l'Internationale communiste, 25 juillet-30 ao&#251;t 1935), Voline posa la v&#233;ritable alternative r&#233;volutionnaire &#224; laquelle &#233;tait confront&#233;e l'humanit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le vrai sens de notre &#233;poque n'est pas la lutte entre le capitalisme, d'une part, et le bolchevisme, d'autre part, mais la lutte entre le capitalisme sous toutes ses formes (le &#171; socialisme &#187; autoritaire ou bolchevisme en est une) et le socialisme libre, antiautoritaire. Le v&#233;ritable probl&#232;me de notre &#233;poque n'est pas celui d'un choix entre la dictature blanche et la dictature rouge, mais celui d'un choix entre la dictature et la libert&#233;. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si l'histoire se construit et s'&#233;labore &#224; partir des pr&#233;occupations du pr&#233;sent, il faut alors accorder &#224; l'article de Voline une singuli&#232;re r&#233;sonance alors qu'il est tant question d'&#233;tranges accointances entre communistes et nationalistes, de Moscou &#224; Belgrade, donnant naissance &#224; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une nouvelle mouture d'un totalitarisme fin de si&#232;cle.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Vukovar-Sarajevo... La guerre en ex-Yougoslavie, sous la direction de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. Jacquier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_986 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH217/sans_titre-2-4-1c936-20e1b.jpg?1774768528' width='150' height='217' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Voline.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je viens de lire un extrait de lettre de notre vaillant camarade A. Petrini, qui se trouve en URSS, dans une situation de proscrit. J'y trouve les lignes suivantes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) Un par un, on nous emprisonne tous. Les vrais r&#233;volutionnaires ne peuvent pas jouir de la libert&#233; en Russie. La libert&#233; de la presse et celle de la parole sont supprim&#233;es, &lt;strong&gt;aucune diff&#233;rence donc entre Staline et Mussolini&lt;/strong&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai soulign&#233; expr&#232;s la derni&#232;re phrase, car elle est parfaitement juste. Cependant, pour bien comprendre toute la justesse de cette br&#232;ve formule, pour bien saisir tout son terrible r&#233;alisme, il est indispensable d'avoir du fascisme&lt;strong&gt; une notion profonde et nette &lt;/strong&gt; : plus profonde et plus nette que celle qui est g&#233;n&#233;ralement admise dans les milieux de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant cette notion, le lecteur comprendra la phrase de Petrini non pas comme une sorte de boutade, mais comme l'expression exacte d'une tr&#232;s triste r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les bases du fascisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il y a douze ans, le mouvement de Mussolini &#8212; le &lt;strong&gt;fascisme &lt;/strong&gt; italien remporta sa victoire, on croyait g&#233;n&#233;ralement que celle-ci n'&#233;tait qu'un &#233;pisode local, passager, sans lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, non seulement le &#171; fascisme &#187; s'est consolid&#233; en Italie, mais des mouvements analogues se d&#233;clench&#232;rent et l'emport&#232;rent dans plusieurs pays. Dans d'autres, le &#171; fascisme &#187;, sous tel ou tel aspect, forme un courant d'id&#233;es mena&#231;ant. Le terme lui-m&#234;me, d'abord purement national, est devenu g&#233;n&#233;ral, international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;tat de choses nous impose la conclusion que voici : le mouvement dit &#171; fasciste &#187; doit avoir des bases historiques concr&#232;tes, profondes et vastes. Dans le cas contraire, il ne serait pas ce qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles seraient donc ses bases ? Quelles seraient les raisons principales de la naissance et, surtout, des succ&#232;s du fascisme ? Pour ma part, j'en con&#231;ois trois, que je consid&#232;re, dans leur ensemble, comme raisons fondamentales de son triomphe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Raison &#233;conomique.&lt;/strong&gt; Elle est assez nette et g&#233;n&#233;ralement bien comprise. En quelques mots la voici : le capitalisme priv&#233; (dont la base &#233;conomique est la libre concurrence des app&#233;tits pour le maximum de profits, et dont l'expression politique est la d&#233;mocratie bourgeoise) est en pleine d&#233;composition, en pleine faillite. Violemment attaqu&#233; par tous ses ennemis, de plus en plus nombreux, il s'&#233;croule dans la boue, dans le crime, dans l'impuissance. Les guerres, la crise, les arm&#233;es de ch&#244;meurs, la mis&#232;re des masses, face &#224; l'abondance des richesses mat&#233;rielles et &#224; la possibilit&#233; illimit&#233;e de les augmenter encore, d&#233;montrent cette impuissance du capitalisme priv&#233; &#224; r&#233;soudre les probl&#232;mes &#233;conomiques de l'&#233;poque. D'une fa&#231;on de plus en plus g&#233;n&#233;rale, on est, aujourd'hui, conscient de son agonie, de sa mort imminente. Alors instinctivement ou sciemment, on pense &#224; lui substituer un capitalisme nouveau mod&#232;le, dans l'espoir que ce dernier pourra &#171; sauver le monde &#187;. On pense &#8212; une fois de plus dans l'histoire humaine &#8212; &#224; la haute mission d'un &#201;tat fort, tout-puissant, &#224; base dictatoriale. On pense &#224; un &lt;strong&gt;capitalisme &lt;/strong&gt; d'&#201;tat, dirig&#233; par une dictature &#171; au-dessus des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s &#187;. Telle est la nouvelle orientation du capitalisme qui alimente le mouvement fasciste &lt;strong&gt;&#233;conomiquement&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Raison sociale. &lt;/strong&gt; Elle est aussi tr&#232;s nette et, g&#233;n&#233;ralement, bien comprise. La faillite du capitalisme priv&#233;, avec toutes ses cons&#233;quences effroyables, cr&#233;e une situation nettement r&#233;volutionnaire. Les masses, de plus en plus malheureuses, s'agitent. Les courants r&#233;volutionnaires gagnent du terrain. Les travailleurs organis&#233;s se pr&#233;parent, de plus en plus activement, &#224; combattre le syst&#232;me qui les &#233;crase au profit de bandes de malfaiteurs. La classe ouvri&#232;re, librement et combativement organis&#233;e (politiquement, syndicalement, id&#233;ologiquement) devient de plus en plus g&#234;nante, de plus en plus mena&#231;ante pour les classes poss&#233;dantes. Ces derni&#232;res se rendent compte de leur situation pr&#233;caire. Elles ont peur. Alors, instinctivement ou sciemment, elles cherchent le salut. Elles s'efforcent de maintenir, &#224; tout prix, leur situation privil&#233;gi&#233;e, bas&#233;e sur l'exploitation des masses laborieuses. Il importe surtout que ces derni&#232;res restent un troupeau exploit&#233;, salari&#233;, tondu par les ma&#238;tres. S'il est impossible de maintenir le mode d'exploitation actuel, il faudra changer le mode (ce qui n'est pas grave), pourvu que le fond reste. Les ma&#238;tres d'aujourd'hui pourront rester tels s'ils acceptent de devenir membres d'un vaste appareil dirigeant, &#233;conomique, social et politique, essentiellement &#233;tatiste. Or, pour r&#233;aliser cette nouvelle structure sociale, il faut disposer, avant tout, d'un &#201;tat omnipotent, men&#233; par un homme fort, un homme &#224; poigne, un dictateur, un Mussolini, un Hitler ! Telle est la nouvelle orientation du capitalisme qui alimente le fascisme socialement. L'id&#233;ologie de la dictature Si le fascisme n'avait que ces deux bases : base &#233;conomique et base sociale, il n'aurait jamais acquis la puissance que nous lui connaissons. Sans aucun doute, les masses travailleuses organis&#233;es lui auraient, rapidement et d&#233;finitivement, barr&#233; la route. En effet, les moyens avec lesquels la classe laborieuse lutte g&#233;n&#233;ralement contre le capitalisme resteraient valables sauf quelques remaniements de d&#233;tails, pour lutter efficacement contre la r&#233;action et le fascisme. Ce ne serait que la continuation de la grande lutte historique des travailleurs contre leurs exploiteurs. Combien de fois, d&#233;j&#224;, au cours de l'histoire, l'ennemi changea de m&#233;thode, de fa&#231;ade ou d'armes ! Ceci n'emp&#234;chait nullement les travailleurs de continuer leur lutte, sans perdre l'&#233;quilibre ou l'assurance, sans se laisser d&#233;monter par les man&#339;uvres et les volte-face de l'adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, voici ce qui est important. Le fascisme, tout en &#233;tant consid&#233;r&#233; comme une nouvelle man&#339;uvre (d&#233;fensive et offensive) du capitalisme, remporta partout o&#249; il s'est mis s&#233;rieusement &#224; l'&#339;uvre, un tel succ&#232;s &#8212; &#233;blouissant, extraordinaire, fantastique &#8212; que la lutte de la classe laborieuse s'av&#233;ra du coup et partout &#8212; en Italie comme en Allemagne, en Allemagne comme en Autriche, en Autriche comme en d'autres pays &#8212; non seulement difficile, mais absolument inefficace et impuissante. Non seulement la d&#233;mocratie lib&#233;rale bourgeoise ne sut se d&#233;fendre, mais aussi le socialisme, le communisme (bolcheviste) ; le mouvement syndical, etc., furent absolument impuissants &#224; combattre le capitalisme aux abois man&#339;uvrant pour se sauver. Et non seulement toutes ces forces ne purent livrer une r&#233;sistance victorieuse au capitalisme r&#233;organisant ses rangs boulevers&#233;s, mais ce fut ce dernier qui, rapidement, se regroupa et &#233;crasa tous ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impuissance du socialisme, qui &#233;tait si fort en Allemagne, en Autriche, en Italie. Impuissance du &#171; communisme &#187;, tr&#232;s fort, lui aussi, surtout en Allemagne. Impuissance des organismes syndicaux. Comment expliquer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, d&#233;j&#224; assez compliqu&#233;, le devient davantage si l'on songe &#224; la situation actuelle en URSS. Comme on sait, ce fut le communisme autoritaire et &#233;tatiste (le bolchevisme) qui y remporta une victoire compl&#232;te et assez facile lors des &#233;v&#233;nements de 1917. Or, de nos jours, presque dix-sept ans apr&#232;s cette victoire, non seulement ce communisme s'av&#232;re impuissant &#224; r&#233;sister au fascisme dans d'autres pays, mais m&#234;me en ce qui concerne le r&#233;gime de l'URSS, on qualifie ce dernier, de plus en plus fr&#233;quemment, de plus en plus sciemment, de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fascisme rouge&lt;/q&gt;. On compare Staline &#224; Mussolini. On constate dans ce pays l'exploitation f&#233;roce des masses travailleuses par l'appareil dirigeant, comprenant un million de privil&#233;gi&#233;s qui s'appuient, comme partout ailleurs, sur une force militaire et polici&#232;re. On y constate l'absence de toute libert&#233;. On y constate des pers&#233;cutions arbitraires et impitoyables. Et ce qui importe, c'est que de pareilles constatations ou appr&#233;ciations &#233;manent non pas des milieux bourgeois, mais surtout des rangs r&#233;volutionnaires : socialistes, syndicalistes, anarchistes, et m&#234;me des rangs de l'opposition communiste (trotskiste) qui, pour cette raison, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;reprend la lutte &#233;mancipatrice&lt;/q&gt; et forme la IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces faits sont extr&#234;mement troublants. Ils nous m&#232;nent fatalement &#224; cette conclusion, paraissant paradoxale, que m&#234;me en URSS, quoique sous des apparences diff&#233;rentes, c'est le fascisme qui l'emporte ; que c'est un nouveau capitalisme (capitalisme d'&#201;tat dirig&#233; par un homme &#224; poigne, un dictateur, un Staline !) qui s'installe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer tout cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y aurait-il donc encore un &#233;l&#233;ment, encore une base, encore une raison d'&#234;tre qui donnerait au fascisme une force tout &#224; fait particuli&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;ponds : oui. C'est la troisi&#232;me raison : celle, pr&#233;cis&#233;ment, qu'il me reste &#224; examiner. Je la consid&#232;re comme la plus importante, en m&#234;me temps que la plus compliqu&#233;e et la moins comprise. C'est elle, cependant, qui nous explique tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Raison psychologique (ou id&#233;ologique).&lt;/strong&gt; La raison fondamentale des succ&#232;s fascistes et de l'impuissance des forces &#233;mancipatrices est, &#224; mon avis, l'id&#233;e n&#233;faste de la dictature. Je dirai m&#234;me plus. Il existe une id&#233;e r&#233;pandue &#224; un tel point qu'elle est devenue presque un axiome. Des millions et des millions d'hommes s'&#233;tonneraient, aujourd'hui encore, si on la mettait en doute. Mieux encore : bon nombre d'anarchistes et de syndicalistes ne la tiendraient pas, eux non plus, pour suspecte. Pour ma part, je la consid&#232;re comme fonci&#232;rement fausse. Or, toute id&#233;e fausse accept&#233;e comme juste est un grand danger pour la cause qu'elle touche. L'id&#233;e en question est celle-ci : &lt;strong&gt;pour gagner dans la lutte et conqu&#233;rir leur &#233;mancipation, les masses travailleuses doivent &#234;tre guid&#233;es, conduites par une &#171; &#233;lite &#187;, par une &#171; minorit&#233; &#233;clair&#233;e &#187;, par des hommes &#171; conscients &#187; et sup&#233;rieurs au niveau de cette masse. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'une pareille th&#233;orie &#8212; qui, pour moi, n'est qu'une expression adoucie de l'id&#233;e de dictature car, en fait, elle enl&#232;ve aux masses toute libert&#233; d'action et d'initiative &#8212;, qu'une pareille th&#233;orie soit pr&#233;conis&#233;e par des &lt;strong&gt;exploiteurs&lt;/strong&gt;, rien d'&#233;tonnant. Pour &#234;tre exploit&#233;es, les masses doivent &#234;tre men&#233;es et soumises comme un troupeau. Mais qu'une telle id&#233;e soit ancr&#233;e dans l'esprit de ceux qui se pr&#233;tendent &lt;strong&gt;&#233;mancipateurs &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;r&#233;volutionnaires&lt;/strong&gt;, c'est un des ph&#233;nom&#232;nes les plus &#233;tranges de l'histoire. Car &#8212; ceci me para&#238;t &#233;vident &#8212; pour ne plus &#234;tre exploit&#233;es, les masses ne doivent plus &#234;tre men&#233;es. Tout au contraire : les masses travailleuses arriveront &#224; se d&#233;barrasser de toute exploitation seulement lorsqu'elles auront trouver le moyen de se d&#233;barrasser de toute tutelle, d'agir par elles-m&#234;mes, de leur propre initiative, pour leurs propres int&#233;r&#234;ts, &#224; l'aide et au sein de leurs propres et v&#233;ritables organismes de classe : syndicats, coop&#233;ratives, etc., f&#233;d&#233;r&#233;s entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la dictature &#8212; brutale ou adoucie &#8212; &#233;tant universellement r&#233;pandue et adopt&#233;e, la route est toute pr&#234;te pour la psychologie, l'id&#233;ologie et l'action fascistes. &lt;strong&gt;Cette psychologie p&#233;n&#232;tre, empoisonne et d&#233;compose tout le mouvement ouvrier et l'engage dans une voie p&#233;rilleuse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la dictature est jug&#233;e n&#233;cessaire pour mener la lutte &#233;mancipatrice de la classe ouvri&#232;re, la lutte des classes devient, en r&#233;alit&#233;,&lt;strong&gt; lutte des dictateurs entre eux.&lt;/strong&gt; Au fond, il s'agit, dans cette lutte, de savoir qui conservera ou gagnera l'emprise d&#233;cisive sur les masses. L'issue de la lutte d&#233;pend alors de toutes sortes de circonstances, d'un caract&#232;re plut&#244;t accessoire. Ici, c'est le dictateur X, l&#224; le dictateur Y ou Z qui l'emporte. L'un ou l'autre peuvent afficher des id&#233;aux tr&#232;s diff&#233;rents, m&#234;me oppos&#233;s. Il n'en reste pas moins qu'au lieu d'une libre et vaste activit&#233; des masses elles-m&#234;mes, c'est le vainqueur qui va mener les masses, forc&#233;es de le suivre, sous peine de r&#233;pression terrible. Il est &#233;vident qu'une telle perspective ne peut avoir rien de commun avec l'&#233;mancipation r&#233;elle des masses travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la dictature, de l'&#233;lite dirigeante, m&#232;ne fatalement &#224; la formation de partis politiques : organismes qui enfantent et soutiennent le futur dictateur. Enfin, tel ou tel parti l'emporte sur les autres. C'est alors sa dictature install&#233;e. Quelle qu'elle soit, elle cr&#233;e rapidement des situations et, finalement, des couches privil&#233;gi&#233;es. Elle soumet les masses &#224; sa volont&#233;. Elle les opprime, les exploite et, au fond, devient fatalement fasciste.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ni Staline ni Mussolini &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, je con&#231;ois le fascisme d'une fa&#231;on vaste. Pour moi, &lt;strong&gt;tout courant d'id&#233;e qui admet la dictature&lt;/strong&gt; &#8212; franche ou estomp&#233;e, &#171; droite &#187; ou &#171; gauche &#187; &#8212; &lt;strong&gt;est au fond, objectivement et essentiellement, fasciste&lt;/strong&gt;. Pour moi, le fascisme est surtout &lt;strong&gt;l'id&#233;e de mener les masses par une &#171; minorit&#233; &#187;, par un parti politique, par un dictateur.&lt;/strong&gt; Le fascisme, au point de vue psychologique et id&#233;ologique, est l'id&#233;e de la dictature. Tant que cette id&#233;e est &#233;mise, propag&#233;e, appliqu&#233;e par les classes poss&#233;dantes, on la comprend. Mais quand la m&#234;me id&#233;e est saisie et mise en pratique par des id&#233;ologues de la classe laborieuse &lt;strong&gt;comme le moyen de son &#233;mancipation&lt;/strong&gt;, on doit consid&#233;rer ce fait comme une aberration funeste, comme une singerie aveugle et stupide, comme un &#233;garement p&#233;rilleux. Car &#233;tant essentiellement fasciste,&lt;strong&gt; cette id&#233;e, appliqu&#233;e, m&#232;ne fatalement &#224; une organisation sociale fonci&#232;rement fasciste.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette v&#233;rit&#233; a &#233;t&#233; justement d&#233;montr&#233;e &#8212; sans contestation possible &#8212; par &#171; l'exp&#233;rience russe &#187;. L'id&#233;e de la dictature comme moyen d'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re y a &#233;t&#233; pratiquement appliqu&#233;e. Eh bien ! son application produisit fatalement l'effet qui devient aujourd'hui de plus en plus net et que, bient&#244;t, les plus ignorants, les plus aveugles, les plus obstin&#233;s, seront oblig&#233;s de constater : &lt;strong&gt;la r&#233;volution triomphante, au lieu de mener &#224; l'&#233;mancipation de la classe ouvri&#232;re, aboutit en fait, et en d&#233;pit de toutes les th&#233;ories des &#233;mancipateurs-dictateurs, &#224; l'esclavage et &#224; l'exploitation les plus complets, les plus terribles, de cette classe ouvri&#232;re par une classe dirigeante privil&#233;gi&#233;e. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la troisi&#232;me et principale raison de la puissance particuli&#232;re du fascisme. Il est aliment&#233; surtout par &lt;strong&gt;l'id&#233;ologie fonci&#232;rement fasciste &#8212; inconsciemment fasciste &#8212;&lt;/strong&gt; d'une multitudes de gens qui seraient les premiers &#233;tonn&#233;s et indign&#233;s si on les accusait de fascisme. Cette id&#233;ologie, r&#233;pandue partout, voire parmi les &#171; &#233;mancipateurs &#187; et les travailleurs eux-m&#234;mes, empoisonne le mouvement ouvrier, le ramollit, le d&#233;compose. Elle tue la vraie activit&#233; des masses et r&#233;duit &#224; n&#233;ant &#8212; ou plut&#244;t au r&#233;sultat fasciste &#8212; leurs luttes et m&#234;me leurs victoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi &#8212; h&#233;las ! &#8212; Petrini a raison. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Aucune diff&#233;rence n'existe entre Staline et Mussolini.&lt;/q&gt; Et voil&#224; pourquoi le &lt;strong&gt;&#171; fascisme rouge &#187;&lt;/strong&gt; n'est nullement une boutade, mais l'expression exacte d'une bien triste r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une consolation existe cependant. Les masses s'instruisent surtout par l'exp&#233;rience v&#233;cue, bien palpable. Cette exp&#233;rience est l&#224;. Elle est l&#224; tous les jours, sur une sixi&#232;me partie du globe. Ses v&#233;ritables r&#233;sultats commencent &#224; &#234;tre connus de plus en plus amplement, avec de plus en plus de pr&#233;cisions. Il faut esp&#233;rer que les masses travailleuses de tous les pays sauront en d&#233;gager, en temps opportun, la le&#231;on indispensable pour le succ&#232;s de leurs luttes futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation de cet espoir d&#233;pend beaucoup de la conduite de tous ceux &lt;strong&gt;qui ont d&#233;j&#224; compris.&lt;/strong&gt; Il est de leur devoir de s'employer, avec la plus grande &#233;nergie, &#224; faire comprendre aux vastes masses travailleuses le v&#233;ritable sens n&#233;gatif de l'exp&#233;rience russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les anarchistes, nous qui avons compris, nous devons amplifier, intensifier notre propagande, en tenant compte surtout de cette exp&#233;rience. Si nous remplissons notre devoir, si nous aidons les masses &#224; la comprendre &lt;strong&gt;en temps opportun&lt;/strong&gt;, alors le &#171; fascisme rouge &#187; de l'URSS aura rempli, historiquement parlant, un r&#244;le utile : celui d'avoir tu&#233;, en l'appliquant, l'id&#233;e de la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Voline&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hem Day (Marcel Dieu, dit) tenait boutique de bouquiniste, rue de la Montagne-de-la-Cour, &#224; Bruxelles, son arri&#232;re-boutique &#233;tant le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;centre de ralliement de r&#233;fugi&#233;s politiques de tous acabits&lt;/q&gt; (Cf. &lt;i&gt;Bulletin du CIRA Marseille&lt;/i&gt;, n&#176; 26-27, 1986, p. 41).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur ce militant, on se reportera au livre de Paul Avrich,&lt;i&gt; Les anarchistes russes&lt;/i&gt;, Paris, Fran&#231;ois Maspero, 1979.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les mots en gras sont soulign&#233;s par l'auteur. De m&#234;me pour l'article de Voline.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. C. Jacquier, ,&#171; L'affaire Francesco Ghezzi, la vie et la mort d'un anarcho-syndicaliste italien en URSS &#187;, &lt;i&gt;Annali 2&lt;/i&gt;, Instituto milanese per la storia della resistenza e del movimento operaio, Milan, Franco Angeli, 1993, pp. 349-375 ; &lt;i&gt;Nouvelle Alternative&lt;/i&gt; n&#176;34.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Vukovar-Sarajevo... &lt;i&gt;La guerre en ex-Yougoslavie&lt;/i&gt;, sous la direction de V&#233;ronique Nahoum-Grappe, Paris, &#233;d. Esprit, 1993, et Annie Le Brun, &lt;i&gt;Les Assassins et leurs miroirs, r&#233;flexion &#224; propos de la catastrophe yougoslave&lt;/i&gt;, Paris, Jean-Jacques Pauvert au Terrain vague, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les intertitres sont de la r&#233;daction (NdR).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nicolas Lazar&#233;vitch et la r&#233;pression contre les r&#233;volutionnaires en URSS</title>
		<link>http://partage-noir.fr/nicolas-lazarevitch-et-la-repression-contre-les-revolutionnaires</link>
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		<dc:date>2022-05-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charles Jacquier </dc:creator>


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		<dc:subject>Camillo Berneri</dc:subject>
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		<dc:subject>CNT</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Durant l'entre-deux-guerres, Nicolas Lazar&#233;vitch s'efforce de d&#233;noncer la r&#233;pression men&#233;e par l'&#201;tat sovi&#233;tique contre les partisans de la r&#233;volution. Son combat prend la forme de multiples actions de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-gavroche-no161-janvier-mars-2010-" rel="directory"&gt;Gavroche n&#176;161 - Janvier-Mars 2010&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-nicolas-lazarevitch-+" rel="tag"&gt;Nicolas Lazar&#233;vitch&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-gavroche-revue-d-histoire-populaire-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Gavroche - Revue d'histoire populaire&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-voline-+" rel="tag"&gt;Voline&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-ida-mett-+" rel="tag"&gt;Ida Mett&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-hem-day-+" rel="tag"&gt;Hem Day&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-albert-camus-167-+" rel="tag"&gt;Albert Camus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-francesco-ghezzi-+" rel="tag"&gt;Francesco Ghezzi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-camillo-berneri-+" rel="tag"&gt;Camillo Berneri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-martin-gudell-+" rel="tag"&gt;Martin Gudell&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-cnt-espagne-+" rel="tag"&gt;CNT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1102-8d7a1.jpg?1774702687' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Durant l'entre-deux-guerres, Nicolas Lazar&#233;vitch s'efforce de d&#233;noncer la r&#233;pression men&#233;e par l'&#201;tat sovi&#233;tique contre les partisans de la r&#233;volution. Son combat prend la forme de multiples actions de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH162/pages_de_gavroche-n161_1-f21e4-76c0d.jpg?1774716464' width='150' height='162' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Portrait de Nicolas Lazar&#233;vitch (dessin de Phil Casoar). &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Quand le jeune ouvrier Nicolas Ivanovitch Lazar&#233;vitch&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la notice qui lui est consacr&#233;e in Jean Maitron - Claude Pennetier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#8212;n&#233; le 17 ao&#251;t 1895 en Belgique dans une famille de &lt;i&gt;narodniki &lt;/i&gt; exil&#233;s&#8212; traversa l'Europe pour aller combattre en faveur de la r&#233;volution, il se rendit en Russie avec un immense espoir, pour enfin sortir du cauchemar d'une guerre mondiale atroce qui avait vu la faillite du mouvement ouvrier en ao&#251;t 1914. De sensibilit&#233; anarchiste, il ne s'engagea pas moins dans l'Arm&#233;e rouge en 1919. Au printemps 1921, il trouva un emploi d'ouvrier dans la banlieue de Moscou, mais, consid&#233;rant la NEP avec m&#233;fiance, il prit ses distances avec le r&#233;gime. &#192; l'usine Dynamo de Moscou o&#249; il travaillait, il tenta de constituer un groupe ouvrier clandestin. Dans des tracts diffus&#233;s sous le manteau, il appelait les travailleurs &#224; s'organiser par eux-m&#234;mes, les syndicats officiels ayant abandonn&#233; la lutte de classe pour se faire les auxiliaires de l'&#201;tat-Parti. Cette activit&#233; lui valut d'&#234;tre arr&#234;t&#233; par le Gu&#233;p&#233;ou le 7 octobre 1924 et condamn&#233; &#224; trois ans de d&#233;tention&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Pascal, Mon &#201;tat d'&#226;me. Mon journal de Russie t. III (1922-1926), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. D'abord incarc&#233;r&#233; &#224; la Loubianka, il fut transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Boutyrki, toujours &#224; Moscou, puis au camp de Souzdal et, enfin, &#224; la prison centrale de Vladimir. Gr&#226;ce &#224; son fr&#232;re cadet, Pierre, et &#224; son ami Pierre Pascal, la protestation s'organisa dans les milieux proches de la revue syndicaliste fran&#231;aise &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;RP&lt;/i&gt;) pour obtenir sa lib&#233;ration. Finalement, Lazar&#233;vitch fut expuls&#233; d'URSS &#224; la fin de septembre 1926.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de sa vie, Lazar&#233;vitch connut encore la prison &#8212; il fut notamment intern&#233; au camp du Vernet d'Ari&#232;ge en 1939-1940 &#8212;, mais ces condamnations &#233;taient, si l'on peut dire, dans l'ordre des choses pour un militant tel que lui. D'abord sympathisant du r&#233;gime sovi&#233;tique, il en avait vite per&#231;u les limites et les dangers. Ouvrier, syndicaliste clandestin et prisonnier politique, Lazar&#233;vitch avait acquis une exp&#233;rience exceptionnelle de ce qu'&#233;tait le pouvoir des travailleurs dans la Russie des Soviets : non pas la dictature du prol&#233;tariat des slogans fallacieux de la propagande, mais une f&#233;roce dictature sur le prol&#233;tariat lui retirant aussi bien les armes que les symboles de son &#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/francesco_ghezzi.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH214/francesco_ghezzi-23cbf-a2f61.jpg?1774716464' width='150' height='214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Francesco Ghezzi.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lazar&#233;vitch s'effor&#231;a donc sa vie durant de combattre le mythe de l'URSS socialiste en informant les ouvriers d'Europe occidentale de la condition mis&#233;rable des travailleurs sovi&#233;tiques et en luttant pour tirer des griffes du Gu&#233;p&#233;ou les r&#233;volutionnaires pers&#233;cut&#233;s en URSS. Ces prisonniers politiques n'&#233;taient que la partie la plus visible de l'exploitation et de la r&#233;pression quotidiennes subies par les classes laborieuses. C'est de ces actions de solidarit&#233; dont il va &#234;tre question ici, principalement avant la Seconde Guerre mondiale. Lazar&#233;vitch se donna, d'embl&#233;e, des moyens d'action vari&#233;s dans ce domaine ; participa &#224; des comit&#233;s ad hoc ; souleva des cas de r&#233;pression &#8212; parmi lesquels le plus embl&#233;matique fut celui de l'anarchiste italien Francesco Ghezzi ; &#233;voqua aussi la r&#233;pression stalinienne au-del&#224; des fronti&#232;res de l'URSS.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES MOYENS D'ACTION PUBLICS ; BROCHURES, R&#201;UNIONS D'INFORMATION &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1923, Voline et un groupe d'anarchistes russes exil&#233;s avaient tent&#233; d'alerter l'opinion en publiant la brochure &lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Russie sovi&#233;tique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;pression de l'anarchisme en Russie sovi&#233;tique, &#201;ditions de la Librairie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ce volume collectif entendait donner &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;une impulsion s&#233;rieuse &#224; l'&#339;uvre d'organisation d'une lutte du prol&#233;tariat international contre les horreurs perp&#233;tr&#233;es en Russie&lt;/q&gt;. Soulignant que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les anarchistes sont extermin&#233;s en Russie parce qu'ils y d&#233;fendent les principes m&#234;mes de la grande r&#233;volution russe&lt;/q&gt;, il donnait sur plus de soixante-dix pages la biographie de plusieurs dizaines de r&#233;volutionnaires arr&#234;t&#233;s, emprisonn&#233;s, d&#233;port&#233;s ou fusill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, n&#176;36, 15 juin 1927. Ce texte fut r&#233;&#233;dit&#233; deux ans plus tard sous le titre de &#171; Ceux qui restent au secret dans les ge&#244;les de Staline &#187; dans &lt;i&gt;L'Ouvrier communiste&lt;/i&gt;, n&#176;4-5, 25 novembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lazar&#233;vitch, quant &#224; lui, r&#233;digea sa brochure &lt;i&gt;Ce que j'ai v&#233;cu en Russie&lt;/i&gt; en t&#233;moignage de son exp&#233;rience dans les prisons sovi&#233;tiques, mais aussi comme un acte de solidarit&#233; avec ses cod&#233;tenus politiques, donnant leurs noms, rappelant leurs souffrances et leurs combats communs. M&#234;me si son impact sur l'opinion ouvri&#232;re fut faible, elle n'en &#233;tait pas moins, selon Pierre Pascal, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un document comme il n'y en a jamais eu, sur la r&#233;pression en Russie, par son exactitude, sa sobri&#233;t&#233;, et donc par son &#233;loquence [...] Car l'histoire de Lazar&#233;vitch est celle qui se reproduit chaque jour : il y a une semaine environ, on arr&#234;tait un anarchiste italien, Petrini, condamn&#233; &#224; vingt-quatre ans de prison en Italie, qui s'&#233;tait laiss&#233; provoquer &#224; prononcer des paroles peut-&#234;tre malsonnantes &#224; la Maison des &#233;migrants et uniquement pour cela. Ce n'&#233;tait qu'un ouvrier tailleur, donc pas besoin de se g&#234;ner avec lui&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Pascal, Russie 1927. Mon journal de Russie, t. IV, Lausanne, &#201;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lazar&#233;vitch collabora ensuite avec Voline &#224; la brochure du Comit&#233; international de d&#233;fense anarchiste (CIDA) de Paris, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Comme au temps des Tsars. L'exil et la prison, parfois la mort contre les meilleurs r&#233;volutionnaires&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Pascal, Pages d'amiti&#233; 1921-1928, &#201;ditions Allia, 1987, p. 137.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le but de ce texte &#233;tait de r&#233;unir &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;en un seul faisceau une documentation importante, pr&#233;cise, irr&#233;futable&lt;/q&gt; sur &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;pression f&#233;roce qui s'abat sur les r&#233;volutionnaires : les anarchistes, les syndicalistes r&#233;volutionnaires, les ouvriers et les paysans r&#233;volutionnaires hors parti, etc.&lt;/q&gt; gr&#226;ce &#224; une &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;documentation [...] puis&#233;e &#224; la meilleure source : l&#233;gislation bolcheviste, pi&#232;ces officielles, lettres des camarades emprisonn&#233;s ou d&#233;port&#233;s, t&#233;moignage s&#251;r des exil&#233;s ou des fugitifs, etc.&lt;/q&gt;. Les auteurs souhaitaient que cette brochure puisse &#171; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;contribuer &#224; ouvrir, enfin, les yeux aux milliers de travailleurs occidentaux dup&#233;s et pouss&#233;s sur une fausse route par les fanatiques de l'abominable id&#233;e &#233;tatiste-r&#233;volutionnaire&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La brochure proposait la cr&#233;ation d'une commission d'enqu&#234;te sur les pers&#233;cutions en Russie, suivant une id&#233;e que Lazar&#233;vitch allait s'efforcer de populariser. Cette commission serait compos&#233;e de deux anarchistes, de deux membres du PCF, de deux autres &#233;l&#233;ments, ni anarchistes ni communistes, choisis par le CIDA ; elle serait guid&#233;e par deux r&#233;volutionnaires russes exil&#233;s &#224; l'&#233;tranger, le gouvernement russe y &#233;tant &#233;galement admis avec deux d&#233;l&#233;gu&#233;s. On peut juger la proposition peu r&#233;aliste, mais elle &#233;tait n&#233;cessaire au d&#233;veloppement d'une campagne d'opinion parmi les travailleurs dont beaucoup avaient plac&#233; leurs espoirs dans le r&#233;gime sovi&#233;tique. Il &#233;tait, en effet, indispensable de les informer sans tomber dans le travers des campagnes anticommunistes de la droite et des sociaux-d&#233;mocrates.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1386 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH217/lazarevitch_nico-6f2d9-2ee48.jpg?1774716464' width='150' height='217' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Nicolas Lazar&#233;vitch.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de janvier 1928, Nicolas Lazar&#233;vitch tint plusieurs r&#233;unions publiques, notamment &#224; Saint-&#201;tienne, Lyon, Marseille, Toulon, La Ciotat, Le Havre, sur le th&#232;me &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dix ans de pouvoir&lt;/q&gt;. Il y d&#233;crivait la situation des classes laborieuses tout en soulignant de nombreux cas de r&#233;pression&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avant cette tourn&#233;e, Lazar&#233;vitch avait d&#233;j&#224; anim&#233; des r&#233;unions publiques sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#192; la fin du meeting, il mettait aux voix une r&#233;solution &#224; pr&#233;senter &#224; l'ambassade d'URSS, demandant : l'admission d'une commission ind&#233;pendante d'enqu&#234;te ouvri&#232;re ; l'abolition de la justice secr&#232;te du Gu&#233;p&#233;ou ; l'amnistie pour tous les prisonniers politiques. Cette r&#233;solution fut adopt&#233;e partout, sauf &#224; Toulon et &#224; Marseille, o&#249; Lazar&#233;vitch se heurta &#224; une vive opposition des militants du PCF&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Pascal, Pages..., op. cit., p. 139-140.&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES D&#201;L&#201;GATIONS OUVRI&#200;RES EN URSS &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion des festivit&#233;s du X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire d'octobre 1917, de nombreuses d&#233;l&#233;gations ouvri&#232;res furent invit&#233;es &#224; se rendre en URSS. Les communistes dissidents et les libertaires souhaitaient profiter de cette occasion pour faire conna&#238;tre aux travailleurs europ&#233;ens le sort des r&#233;volutionnaires pers&#233;cut&#233;s en URSS. Ainsi, le groupe allemand Kommunistisch Politik de Karl Korsch publia une &#171; Lettre ouverte aux d&#233;l&#233;gations ouvri&#232;res qui partent en Russie &#187; leur demandant de faire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la preuve [...] de l'oppression dont sont victimes les camarades du &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Groupe ouvrier&lt;/q&gt; de Russie&lt;/q&gt; et de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;revendiquer la lib&#233;ration des camarades emprisonn&#233;s et la cessation des repr&#233;sailles qui frappent les communistes de gauche&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La R&#233;volution prol&#233;tarienne, n&#176;36, 15 juin 1927. Ce texte fut r&#233;&#233;dit&#233; deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les anarchistes souhaitaient trouver un moyen d'influencer ces d&#233;l&#233;gations &#8212; ou du moins certains de leurs membres &#8212; en leur donnant le moyen de d&#233;chirer le voile des faux-semblants des visites encadr&#233;es dans les villages et les usines Potemkine. Lazar&#233;vitch r&#233;digea &#224; leur intention un &#171; questionnaire en 83 points &#187; concernant la vie ouvri&#232;re et reprenant des faits tir&#233;s de la presse sovi&#233;tique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Pascal, Russie 1927..., op. cit., p. 243.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il demandait aux membres des d&#233;l&#233;gations qui acceptaient le principe de l'enqu&#234;te de v&#233;rifier ces faits par eux-m&#234;mes. Ainsi il put confier son questionnaire &#224; la d&#233;l&#233;gation dont faisait partie l'imprimeur Louis Schumacher, secr&#233;taire de la F&#233;d&#233;ration unitaire du Livre de 1925 &#224; 1929 et membre de la commission ex&#233;cutive de la CGT-U. Pierre Pascal le rencontra &#224; son arriv&#233;e &#224; Moscou. Selon lui, il n'&#233;tait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pas communiste parce que la direction actuelle ne lui pla&#238;t pas, mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;plus royaliste que le roi&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;. Quelques jours plus tard, Pascal nota dans son journal que des d&#233;l&#233;gu&#233;s avaient rencontr&#233; Staline. &#192; la question de l'amnistie des anarchistes, ce dernier avait r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;C'est l&#224; une question int&#233;rieure de la Russie.&lt;/q&gt; Et, impressionn&#233;s par la visite, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;aucun n'a trouv&#233; de r&#233;plique&lt;/q&gt;. Malgr&#233; la timidit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s, il &#233;tait encore possible &#224; cette date de poser la question des prisonniers anarchistes &#224; Staline lui-m&#234;me, et l'action de Lazar&#233;vitch n'y &#233;tait pas pour rien... &#192; son retour, Schumacher, confirmant l'opinion de Pascal, publia une brochure favorable &#224; l'URSS, Un monde nouveau. Deux mois en Russie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions de la CGTU. 1928.&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Dans un article de&lt;i&gt; La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt; (n&#176;61, juillet 1928), Lazar&#233;vitch la critiqua s&#233;v&#232;rement, opposant &#224; ses affirmations p&#233;remptoires les r&#233;futations de la presse sovi&#233;tique elle-m&#234;me. Qualifiant ce pensum de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nouvelle forme de bourrage de cr&#226;nes&lt;/q&gt;, l'article concluait sur la question des anarchistes emprisonn&#233;s : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'auteur s'accroche &#224; un seul cas, qu'il appr&#233;cie d'apr&#232;s le dossier officiel, mais il se tait sur les 149 autres que contenait la liste qui lui fut remise ; liste obtenue dans les conditions de v&#233;rification des plus difficiles, &#233;tant donn&#233; que de l'aveu de Staline lui-m&#234;me, la proc&#233;dure de la Gu&#233;p&#233;ou &#233;tait secr&#232;te.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es plus tard, Lazar&#233;vitch eut plus de chance avec un autre d&#233;l&#233;gu&#233; ouvrier, Paul Dhermy, membre du groupe anarchiste de Saint-Denis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Faucier, Dans la m&#234;l&#233;e sociale. Itin&#233;raire d'un anarcho-syndicaliste,&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il avait &#233;t&#233; choisi par ses camarades de travail comme d&#233;l&#233;gu&#233; de l'usine Hotchkiss pour un voyage en URSS afin de le convaincre des bienfaits du &#171; socialisme &#187; sovi&#233;tique. Apr&#232;s en avoir parl&#233; avec Lazar&#233;vitch, et muni des conseils de ce dernier, Dhermy accepta de participer &#224; ce voyage. &#192; son retour, il en fit de nombreux comptes rendus publics et &#233;crivit &#171; Soviets 1933 &#187;, une s&#233;rie d'articles pour &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; (janvier &#224; novembre 1934) et &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;/i&gt; (25 d&#233;cembre 1933 au 10 avril 1934) dans lesquels il recensait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; les m&#233;thodes employ&#233;es pour manipuler les membres des d&#233;l&#233;gations officielles dans un sens favorable aux staliniens&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Serge Quadruppani, Les Infortunes de la V&#233;rit&#233;, Olivier Orhan. 1981. p. 87.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Quant aux questions pos&#233;es par Dhermy sur la r&#233;pression des dissidents politiques, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;elles re&#231;urent un accueil dilatoire o&#249; ils &#233;taient accus&#233;s de sabotage de la r&#233;volution&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas Faucier. Dans la m&#234;l&#233;e sociale, op. cit., p. 93-94.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;LES COMIT&#201;S DE SOLIDARIT&#201; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En dehors de l'affaire Victor Serge, ce fut sans nul doute le sort de l'anarchiste italien Francesco Ghezzi qui mobilisa le plus les anarchistes et les syndicalistes r&#233;volutionnaires durant l'entre-deux-guerres. D&#232;s l'annonce de son arrestation, en mai 1929, un Comit&#233; pour la lib&#233;ration de Ghezzi fut cr&#233;&#233; &#224; Bruxelles, dans lequel Lazar&#233;vitch joua un r&#244;le de premier plan. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en Belgique, cette action de solidarit&#233; avec les victimes de toutes les r&#233;pressions dans le monde se poursuivait aussi dans le cadre du Comit&#233; international de d&#233;fense anarchiste (CIDA), transf&#233;r&#233; de Paris &#224; Bruxelles, tr&#232;s probablement &#224; la suite de l'expulsion de Lazar&#233;vitch vers la Belgique en 1928. Abrit&#233; dans l'arri&#232;re-boutique de la librairie de Hem Day, le comit&#233; publia un &#233;ph&#233;m&#232;re journal, &lt;i&gt;Ce qu'il faut dire&lt;/i&gt;. Le second num&#233;ro &#233;tait enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la r&#233;pression contre les anarchistes en URSS. Voline y publia son c&#233;l&#232;bre article sur le &#171; fascisme rouge &#187;, qui posait magistralement le probl&#232;me de la signification politique de la r&#233;pression des r&#233;volutionnaires en URSS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; par mes soins dans la revue Itin&#233;raire (n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH205/ida_mett._metgessa_anarquista-cfc26-3607e-1f878.jpg?1774716464' width='150' height='205' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ida Mett.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'assassinat de Kirov et la r&#233;pression qui s'ensuivit, un appel &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#224; l'opinion r&#233;volutionnaire mondiale&lt;/q&gt; fut lanc&#233; par le Comit&#233; international contre la r&#233;pression antiprol&#233;tarienne en Russie dont le si&#232;ge se trouvait &#233;galement &#224; Bruxelles. Cet appel, sign&#233; par Nicolas Lazar&#233;vitch et Ida Mett, sa compagne, constatait que si &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la r&#233;pression contre les &#233;l&#233;ments r&#233;volutionnaires, dans les pays capitalistes et fascistes, provoquait de l&#233;gitimes protestations, on paraissait ignorer le sort mis&#233;rable, sinon le calvaire, de beaucoup de r&#233;volutionnaires en Russie&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appel publi&#233;, notamment, dans Le Libertaire, n&#176;448, 10 mai 1935 &amp; Terre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;. Il rappelait quelques noms parmi les nombreux militants russes arr&#234;t&#233;s (les anarchistes Sandomirski et Vladimir Barmach), et poursuivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Fait plus grave encore au pays o&#249; soi-disant s'&#233;difie le socialisme, au pays si souvent pr&#233;sent&#233; comme la patrie des travailleurs du monde, les gouvernants n'h&#233;sitent pas &#224; &#233;tendre leurs pers&#233;cutions aux r&#233;fugi&#233;s politiques &#233;trangers ayant eu le malheur de croire au droit d'asile qui leur &#233;tait offert.&lt;/q&gt; Outre Victor Serge, l'appel citait les noms des anarchistes et des communistes italiens Otello Gaggi, Luigi Calligaris, un ex-repr&#233;sentant des Jeunesses communistes au Komintern, etc.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ces militants, lire Romolo Caccavale, Comunisti italiani in Unione (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. L'appel demandait enfin : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;I) L'abolition des condamnations administratives (c'est-&#224;-dire sans aucune garantie de d&#233;fense) ; 2) L'amnistie g&#233;n&#233;rale pour tous les r&#233;volutionnaires emprisonn&#233;s ; 3) La libert&#233; pour ceux-ci, nationaux ou &#233;trangers, de quitter le territoire russe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appel cit&#233; note 15&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 1936, la question des prisonniers politiques fut occult&#233;e par celle des proc&#232;s de Moscou, dans la mesure o&#249; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la destruction par un nouveau r&#233;gime de ceux qui en furent les artisans et les chefs redout&#233;s contribue &#224; r&#233;pandre dans l'esprit des foules une fausse id&#233;e de la R&#233;volution sociale&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, 10 mars 1938.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'AFFAIRE FRANCESCO GHEZZI &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton6438.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/arton6438-294b5-e909f.jpg?1774716464' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 20, de nombreux antifascistes italiens, communistes, mais aussi anarchistes, vinrent se r&#233;fugier en URSS pour &#233;chapper au fascisme. Le nom de Francesco Ghezzi, qui revient comme un leitmotiv dans la presse libertaire de l'entre-deux-guerres, symbolise les pers&#233;cutions dont ils furent victimes. N&#233; le 4 octobre 1893 pr&#232;s de Milan, Ghezzi apprit le m&#233;tier d'ouvrier-tourneur et s'engagea tr&#232;s jeune dans le mouvement anarchiste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. Jacquier, &#171; L'Affaire Francesco Ghezzi. La vie et la mort d'un ouvrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Insoumis pendant la Premi&#232;re Guerre mondiale, il se r&#233;fugia en Suisse en 1917, puis revint en Italie en 1920 o&#249; il milita &#224; l'Unione Sindacale Italiana. L'ann&#233;e suivante, il fut condamn&#233; comme l'un des auteurs de l'attentat du th&#233;&#226;tre de Diana &#224; Milan. R&#233;fugi&#233; en Allemagne, il fut arr&#234;t&#233;, emprisonn&#233; et menac&#233; d'extradition, mais une campagne internationale en sa faveur, dans laquelle le mouvement communiste prit une large part, permit sa remise en libert&#233; &#224; condition qu'il quitte le pays. Il se r&#233;fugia alors en URSS o&#249; il s'&#233;tait d&#233;j&#224; rendu en 1921. Il s'installa d'abord dans la petite commune de Yalta avec Pierre Pascal, puis revint &#224; Moscou o&#249; il occupa diff&#233;rents emplois d'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle de son arrestation, le 11 mai 1929, parvint aussit&#244;t en France. Boris Souvarine l'annon&#231;a dans &lt;i&gt;La Lutte de classe&lt;/i&gt;, tandis que Lazar&#233;vitch rappelait son itin&#233;raire dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; en stigmatisant ce &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;nouveau crime du gouvernement russe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Libertaire, n&#176;206, 1er juin 1929.&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH223/portrait-f65ec-1deaf-ce1b0.jpg?1774716464' width='150' height='223' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Hem Day (portrait par L&#233;o Campion)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, Lazar&#233;vitch et Ida Mett sign&#232;rent l'appel &#224; la constitution d'un Comit&#233; pour la lib&#233;ration de Francesco Ghezzi, domicili&#233; &#224; Bruxelles. Il &#233;tait soutenu par Jacques Mesnil, Luigi Fabbri, Pana&#239;t Istrati, Luigi Bertoni, Ugo Treni, Magdeleine Paz, Nicolas Faucier, Pierre Monatte, Ernestan, Hem Day, etc. Quelque temps plus tard, le comit&#233; publia une brochure qui retra&#231;ait la vie militante de Ghezzi avec le t&#233;moignage de ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1929 &#224; 1931, la campagne en faveur de Ghezzi mobilisa les milieux anarchistes et syndicalistes r&#233;volutionnaires d'Europe et d'Am&#233;rique. En France, elle se d&#233;veloppa autour de Jacques Mesnil, collaborateur de &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, et des milieux anarchistes du &lt;i&gt;Libertaire&lt;/i&gt;. En Belgique, Nicolas Lazar&#233;vitch en &#233;tait une des chevilles ouvri&#232;res, tenant des meetings en faveur de Ghezzi &#224; Bruxelles aux c&#244;t&#233;s d'Ernestan et de Hem Day&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marianne Enckell, &#171; L'amer orgueil de la lucidit&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#187;. in Pr&#233;sence (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, Ghezzi fut lib&#233;r&#233; en 1931, mais ne put quitter l'URSS. Il fut &#224; nouveau arr&#234;t&#233; &#224; la fin de 1937. Dans&lt;i&gt; La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, &#171; un groupe d'amis de Francesco Ghezzi &#187; demanda solennellement sa lib&#233;ration&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La R&#233;volution prol&#233;tarienne, n&#176;263, 25 janvier 1938.&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le 25 f&#233;vrier, Lazar&#233;vitch revint longuement sur l'affaire, comparant le sort de Ghezzi, emprisonn&#233; &#224; Moscou, avec celui d'un certain Boutenko, ancien officier de l'arm&#233;e blanche de Wrangel devenu haut fonctionnaire stalinien, repr&#233;sentant de l'URSS &#224; l'Exposition universelle de Paris et r&#233;fugi&#233; &#224; Rome o&#249; il fut accueilli avec tous les honneurs par le r&#233;gime de Mussolini. Les destins contraires de l'int&#232;gre r&#233;volutionnaire pers&#233;cut&#233; par tous les r&#233;gimes politiques et de l'officier r&#233;actionnaire, successivement stalinien, puis fasciste et couvert d'honneurs r&#233;sumaient bien toute la trag&#233;die de ces sombres temps. En m&#234;me temps, Lazar&#233;vitch signalait qu'une d&#233;l&#233;gation de syndicalistes parisiens avait rencontr&#233; L&#233;on Jouhaux pour l'informer du sort du militant italien. Le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la CGT promit d'intervenir, mais n'en fit rien...&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;DE L'URSS &#192; L'ESPAGNE &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/gudell01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/gudell01-67461-422ec.jpg?1774716464' width='150' height='206' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Martin Gudell.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Lazar&#233;vitch suivait de pr&#232;s la situation espagnole, en particulier avec l'av&#232;nement de la R&#233;publique, en 1931, qui vit une mont&#233;e des luttes sociales et la r&#233;pression des anarchistes par les gouvernements &#224; participation socialiste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un recueil des principaux articles de Nicolas Lazar&#233;vitch sur l'Espagne, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#192; partir de juillet 1936, il reprit ses analyses, pr&#233;voyant et d&#233;non&#231;ant les man&#339;uvres contre-r&#233;volutionnaires des staliniens et les erreurs des anarchistes. Ainsi, Lazar&#233;vitch fut l'un des seuls libertaires &#224; d&#233;noncer l'attitude de la CNT lors d'un voyage &#224; Moscou : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La CNT courbe la t&#234;te devant l'influence russe, dans la crainte de se voir retirer l'aide en armements. Dans la d&#233;l&#233;gation qui vient d'assister &#224; Moscou aux f&#234;tes d'Octobre, il y avait trois militants en vue de la FAI-CNT, dont Martin Gudell, particuli&#232;rement inform&#233; des relations internationales. Ces camarades &#233;taient parfaitement au courant des emprisonnements et d&#233;portations de r&#233;volutionnaires en Russie. Ils poss&#233;daient des listes de pers&#233;cut&#233;s. Mais ils n'ont &#233;lev&#233; aucune protestation publique en leur faveur ; &#224; leur retour, ils ont assist&#233; au banquet donn&#233; en l'honneur de la d&#233;l&#233;gation par le consul russe de Barcelone. Ils se consid&#233;raient li&#233;s par la n&#233;cessit&#233; de conserver des relations amicales avec l'&#201;tat russe. Que doivent &#233;prouver les r&#233;volutionnaires italiens, r&#233;fugi&#233;s politiques en Russie, plus tard d&#233;port&#233;s en Sib&#233;rie et qui avaient fait conna&#238;tre leur d&#233;sir d'aller combattre en Espagne ? Des hommes comme Otello Gaggi, qui attendaient la venue de cette d&#233;l&#233;gation comme la lib&#233;ration, et qui apprennent que la puissante CNT, groupant plus d'un million de membres, occupant une &#233;norme partie des fronts, ayant trois ministres en Catalogne et trois ministres en Espagne, ne daigne m&#234;me pas, lors d'un voyage &#224; Moscou, protester verbalement contre le maintien en Russie, en prison et en exil de ses fr&#232;res d'id&#233;es&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; travers les r&#233;volutions..., op. cil., p. 120 (RP n&#176;237, d&#233;cembre 1936).&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; ?&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, Lazar&#233;vitch revint &#224; plusieurs reprises sur les crimes du Gu&#233;p&#233;ou en Espagne : journ&#233;es de Barcelone, assassinats de personnalit&#233;s comme Andr&#232;s Nin, Camillo Berneri, Marc Rein ; massacre de militants des Jeunesses libertaires, etc.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 141-168.&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'APR&#200;S-GUERRE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la guerre, Lazar&#233;vitch participa activement aux Groupes de liaison internationale (GLI) qui trouvaient leur origine dans un appel &#171; Europe-America &#187; sign&#233; par des intellectuels am&#233;ricains proches des revues radicales new-yorkaises &lt;i&gt;Politics &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Partisan Review&lt;/i&gt;. En France, il fut relay&#233; par Albert Camus&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire la notice Albert Camus du DBMOF, op. cit., 1997. t. 44, p. 116-117.&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; le syndicaliste Roger Lapeyre (CGT-FO). L'appel, qui consid&#233;rait &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le stalinisme comme le principal ennemi en Europe&lt;/q&gt; affirmait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons aider toutes les tendances visant &#224; la formation d'une nouvelle &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gauche&lt;/q&gt; qui soit ind&#233;pendante &#224; la fois des gouvernements sovi&#233;tique et am&#233;ricain.&lt;/q&gt; Roger Lapeyre et Gilbert Walusinski demand&#232;rent &#224; Lazar&#233;vitch de s'associer au manifeste du groupe. D&#232;s lors, Lazar&#233;vitch y milita assid&#251;ment. Ainsi, il invita Elinor Lipper &#224; pr&#233;senter son t&#233;moignage sur les camps sovi&#233;tiques. Cette jeune communiste suisse avait &#233;t&#233; prise dans la tourmente des purges et des d&#233;portations de 1937-1939 et publiera son t&#233;moignage sur son exp&#233;rience en URSS&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elinor Lipper. Onze ans dans les bagnes sovi&#233;tiques, Nagel, 1950.&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. &#192; la suite de cette r&#233;union, les GLI d&#233;cid&#232;rent de publier un num&#233;ro de leur bulletin sur le syst&#232;me concentrationnaire &#224; partir de textes traduits du russe par Lazar&#233;vitch. En novembre 1955, avec d'autres &#233;migr&#233;s russes de diverses tendances politiques, Lazar&#233;vitch tenta d'alerter l'opinion publique, par l'interm&#233;diaire d'Albert Camus, sur le cas d'un nomm&#233; Vlassov, architecte en chef de la ville de Moscou, d&#233;sireux de passer &#224; l'Ouest lors d'un s&#233;jour en France, mais rattrap&#233; par la police politique russe et contraint de faire son autocritique depuis l'ambassade sovi&#233;tique &#224; Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Archives Albert Camus, lettre de Lazar&#233;vitch du 17 novembre 1955 (IMEC. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH164/lefeuvre_rene-84e90-6a206-5c121.jpg?1774716464' width='150' height='164' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ren&#233; Lefeuvre.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Lazar&#233;vitch entretenait aussi des contacts avec des exil&#233;s d'Europe de l'Est. Parmi eux, il faut noter le syndicaliste tch&#232;que Paul Barton (Jiri Veltrusky, dit), r&#233;fugi&#233; en France apr&#232;s le coup de Prague. Sous l'occupation nazie, Paul Barton avait &#233;t&#233; l'un des principaux organisateurs du mouvement syndical clandestin et l'un des dirigeants de l'insurrection de Prague (5-9 mai 1945). En France, il collabora &#224; la &lt;i&gt;RP&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;Preuves&lt;/i&gt;, la revue du Congr&#232;s pour la libert&#233; de la culture, et travailla avec David Rousset &#224; la revue &lt;i&gt;Saturne &lt;/i&gt; et &#224; la Commission internationale contre le r&#233;gime concentrationnaire. Il animait &#233;galement un bulletin en fran&#231;ais, &lt;i&gt;Masse-Informations Tch&#233;coslovaquie&lt;/i&gt;, qu'il serait int&#233;ressant de comparer &#224; &lt;i&gt;La R&#233;alit&#233; russe &lt;/i&gt; de Lazar&#233;vitch. Barton le publiait avec l'aide de quelques amis tch&#232;ques et des Fran&#231;ais comme Ren&#233; Lefeuvre, l'&#233;diteur des Cahiers Spartacus, et Henriette Pion, une institutrice socialiste qui avait sign&#233; l'appel &#224; la constitution des GLI. Il serait aussi int&#233;ressant d'&#233;valuer la participation de Lazar&#233;vitch au bulletin de Ren&#233; Lefeuvre, &lt;i&gt;Informations et Riposte&lt;/i&gt;, qui d&#233;non&#231;ait la situation en URSS et dans les d&#233;mocraties populaires afin de combattre le stalinisme. Enfin, avec Jean Bernier et Jean Rounault (Rainer Biemel, dit), Lazar&#233;vitch fut l'initiateur et le principal animateur de &lt;i&gt;La R&#233;alit&#233; russe&lt;/i&gt; qui, dans le contexte de l'apr&#232;s-guerre, poursuivait la confrontation du mythe sovi&#233;tique avec les r&#233;a-lit&#233;s de la vie sociale russe&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Laurent Coumel, &#171; Entre propagande et information : Les journaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;POUR CONCLURE &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH221/th-7-8743b-d6fe3.jpg?1774696066' width='150' height='221' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Albert Camus.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin de l'exp&#233;rience des GLI, Camus avait not&#233; cette r&#233;flexion de Lazar&#233;vitch : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous nous aimons, voil&#224; la v&#233;rit&#233;. Incapables de lever le petit doigt pour ce que nous aimons. Non, nous ne sommes pas impuissants. Mais nous refusons de faire le peu de ce que nous pourrions faire. Une r&#233;union est de trop, s'il pleut, si nous avons eu une sc&#232;ne &#224; la maison, etc., etc..&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, Carnets (janvier 1942-mars 1951), Gallimard, 1964, p. 338.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/q&gt; Pourtant, &#224; l'encontre de cette remarque d&#233;sabus&#233;e, tous les commentateurs ont soulign&#233; lors du d&#233;c&#232;s de Lazar&#233;vitch l'exemplarit&#233; de son itin&#233;raire militant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un militant hors s&#233;rie&lt;/q&gt; pour Nicolas Faucier (&lt;i&gt;Bulletin des correcteurs&lt;/i&gt;, f&#233;vrier 1976) ; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Un militant exemplaire&lt;/q&gt; (&lt;i&gt;Pr&#233;sence socialiste&lt;/i&gt;, mai 1976) ; &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Lazar&#233;vitch, agitateur ouvrier&lt;/q&gt; (L'Itin&#233;rant, c'est-&#224;-dire Louis Mercier, &lt;i&gt;Bulletin du CIRA&lt;/i&gt;, n&#176;31). &lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne &lt;/i&gt; de janvier 1976 parle de son ancien collaborateur comme d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;un militant d'une grande conscience&lt;/q&gt;. Boris Souvarine, enfin, &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les travailleurs ont perdu en Nicolas Lazar&#233;vitch un de leurs d&#233;fenseurs les plus ardents et d&#233;vou&#233;s, un fr&#232;re d'&#233;lection qui avait d&#233;di&#233; sa vie &#224; leur cause et dont il est malais&#233; de louer le d&#233;sint&#233;ressement incomparable&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Est et Ouest, n&#176;584, 16-31 d&#233;cembre I976.&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt; Comment peut-on expliquer ce d&#233;calage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; sans doute l'effet d'un moment de d&#233;couragement compr&#233;hensible dans une p&#233;riode domin&#233;e par le triomphe du stalinisme et une logique de confrontation entre les blocs qui ne laissaient quasiment plus d'espace &#224; l'affirmation d'une politique ouvri&#232;re autonome. C'est probablement ce sentiment de solitude et la n&#233;cessit&#233; de trouver des alli&#233;s potentiels ou, du moins, des aides ponctuelles, qui amen&#232;rent Lazar&#233;vitch &#224; se ranger aux c&#244;t&#233;s des libertaires qui prirent des positions que certains ont pu juger pro-am&#233;ricaines au moment de la guerre froide&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Georges Fontenis, L'autre communisme. Histoire subversive du mouvement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est aussi sans doute ce m&#234;me sentiment qui le conduisit &#224; participer &#224; la fondation des Cercles libres d'&#233;tudes russes en juin 1954 avec Michel Slavinsky, repr&#233;sentant en France des solidaristes russes. Mais son itin&#233;raire ne peut l'assimiler &#224; ceux qui, partis d'un anticommunisme de guerre froide, en arriv&#232;rent &#224; devenir les compagnons de route de l'extr&#234;me droite. Au contraire, Lazar&#233;vitch accueillit les &#233;v&#233;nements de mai 1968 avec ferveur, pronon&#231;ant une conf&#233;rence sur l'autogestion dans la Sorbonne occup&#233;e, puis fr&#233;quentant les r&#233;unions du groupe Informations correspondance ouvri&#232;res&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s le t&#233;moignage d'Henri Simon (Paris. novembre 1999).&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, que reste-t-il de ces actions de solidarit&#233; avec les travailleurs russes et les r&#233;volutionnaires pers&#233;cut&#233;s de toutes nationalit&#233;s qui se trouvaient en URSS ? Peu de chose, diront sans doute la plupart des commentateurs ! Vraiment ? Depuis la chute du mur de Berlin, nous sommes pass&#233;s d'un mensonge d&#233;concertant &#224; un autre et le principe m&#234;me d'un v&#233;ritable changement social est assimil&#233; &#224; un &#171; r&#233;volutionnarisme &#187; de mauvais aloi, sinon &#224; une complaisance coupable pour les tyrannies totalitaires&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Barrillion, D'un mensonge &#171; d&#233;concertant &#187; &#224; l'autre. Rappels (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Albert Camus, proche de Lazar&#233;vitch, avait d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; le lien essentiel qui le rattachait aux militants d'hier en &#233;voquant l'itin&#233;raire d'Alfred Rosmer : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Parmi tant de guides qui s'offrent g&#233;n&#233;reusement, je pr&#233;f&#232;re choisir ceux qui [...] ne songent pas &#224; s'offrir, qui ne volent pas au secours du succ&#232;s, et qui, refusant &#224; la fois le d&#233;shonneur ou la d&#233;sertion, ont pr&#233;serv&#233; pendant des ann&#233;es, dans la lutte de tous les jours, la chance fragile d'une renaissance. [...] Ce que ceux-l&#224; au contraire ont maintenu, nous en vivons encore aujourd'hui. S'ils ne l'avaient pas maintenu, nous ne vivrions de rien&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Camus, Essais, Paris, Gallimard/La Pl&#233;iade, 1981,p. 791.&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il ? L'essentiel, sans doute !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Un grand merci &#224; Marianne Enckell et au CIRA-Lausanne, ainsi qu'&#224; Phil Casoar pour les illustrations de cet article. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire la notice qui lui est consacr&#233;e in Jean Maitron - Claude Pennetier (dir.), &lt;i&gt;Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais 1914-1939&lt;/i&gt;, t. 33, &#201;ditions ouvri&#232;res, 1988, p 393-395 (d&#233;sormais DBMOF).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Pascal, &lt;i&gt;Mon &#201;tat d'&#226;me. Mon journal de Russie &lt;/i&gt; t. III (1922-1926), Lausanne. L'&#194;ge d'Homme, 1982, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;R&#233;pression de l'anarchisme en Russie sovi&#233;tique&lt;/i&gt;, &#201;ditions de la Librairie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Pascal, &lt;i&gt;Russie 1927. Mon journal de Russie&lt;/i&gt;, t. IV, Lausanne, &#201;ditions L'&#194;ge d'Homme, 1982, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Pascal, &lt;i&gt;Pages d'amiti&#233; 1921-1928&lt;/i&gt;, &#201;ditions Allia, 1987, p. 137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Avant cette tourn&#233;e, Lazar&#233;vitch avait d&#233;j&#224; anim&#233; des r&#233;unions publiques sur la situation des classes laborieuses en URSS, comme celle du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1927 sur les syndicats en Russie, organis&#233;e par le syndicat autonome des m&#233;tallurgistes de la Seine &#224; la Bourse du Travail (&lt;i&gt;RP&lt;/i&gt;, n&#176; 36, 15 juin 1927).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Pascal, &lt;i&gt;Pages...&lt;/i&gt;, op. cit., p. 139-140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, n&#176;36, 15 juin 1927. Ce texte fut r&#233;&#233;dit&#233; deux ans plus tard sous le titre de &#171; Ceux qui restent au secret dans les ge&#244;les de Staline &#187; dans &lt;i&gt;L'Ouvrier communiste&lt;/i&gt;, n&#176;4-5, 25 novembre 1929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Pascal, &lt;i&gt;Russie 1927...&lt;/i&gt;, op. cit., p. 243.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;ditions de la CGTU. 1928.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicolas Faucier, &lt;i&gt;Dans la m&#234;l&#233;e sociale. Itin&#233;raire d'un anarcho-syndicaliste&lt;/i&gt;, Quimperl&#233;, La Digitale, 1988, p. 89 et sq.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Serge Quadruppani,&lt;i&gt; Les Infortunes de la V&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;, Olivier Orhan. 1981. p. 87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicolas Faucier. &lt;i&gt;Dans la m&#234;l&#233;e sociale&lt;/i&gt;, op. cit., p. 93-94.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cet article a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; par mes soins dans la revue &lt;i&gt;Itin&#233;raire &lt;/i&gt; (n&#176; 13,1995) consacr&#233;e &#224; Voline.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Appel publi&#233;, notamment, dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, n&#176;448, 10 mai 1935 &amp; &lt;i&gt;Terre libre&lt;/i&gt;, n&#176;14, juin 1935.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur ces militants, lire Romolo Caccavale, &lt;i&gt;Comunisti italiani in Unione Sovietica. Proscritti da Mussolini, soppressi da Statin&lt;/i&gt;, Milan, Ugo Mursia Editore. 1995.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Appel cit&#233; note 15&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, 10 mars 1938.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. Jacquier, &#171; L'Affaire Francesco Ghezzi. La vie et la mort d'un ouvrier anarcho-syndicaliste en URSS &#187;, &lt;i&gt;Annali 2. Studi e strumenti di storia metropolitana milanese&lt;/i&gt;, Milano, Franco Angeli. 1993, p. 349-375. Cet article a &#233;t&#233; r&#233;&#233;dit&#233; dans &lt;i&gt;A contretemps&lt;/i&gt;, n&#176; 26. avril 2007. Il est aujourd'hui disponible en ligne sur le site de la revue &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;http://acontretemps.org/spip.php?article151&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://acontretemps.org/spip.php?article151&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt;, n&#176;206, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juin 1929.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Marianne Enckell, &#171; L'amer orgueil de la lucidit&#233; d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#187;. in &lt;i&gt;Pr&#233;sence de Louis Mercier&lt;/i&gt;, Lyon. Atelier de Cr&#233;ation Libertaire, 1999, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, n&#176;263, 25 janvier 1938.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un recueil des principaux articles de Nicolas Lazar&#233;vitch sur l'Espagne, de 1931 &#224; 1938, a &#233;t&#233; publi&#233; en 1972, &lt;i&gt;&#192; travers les r&#233;volutions espagnoles&lt;/i&gt;, par les &#201;ditions Belfond (r&#233;&#233;d. Cahiers Spartacus. 1986).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#192; travers les r&#233;volutions...&lt;/i&gt;, op. cil., p. 120 (&lt;i&gt;RP &lt;/i&gt; n&#176;237, d&#233;cembre 1936).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ibid., p. 141-168.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire la notice Albert Camus du &lt;i&gt;DBMOF&lt;/i&gt;, op. cit., 1997. t. 44, p. 116-117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elinor Lipper. &lt;i&gt;Onze ans dans les bagnes sovi&#233;tiques&lt;/i&gt;, Nagel, 1950.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Archives Albert Camus, lettre de Lazar&#233;vitch du 17 novembre 1955 (IMEC. Paris). Merci &#224; Catherine Camus et &#224; Marc Lazar&#233;vitch de m'avoir autoris&#233; la consultation de la correspondance entre les deux hommes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lire Laurent Coumel, &#171; Entre propagande et information : Les journaux sovi&#233;tiques au crible de &lt;i&gt;La R&#233;alit&#233; russe&lt;/i&gt; (1950- 1958) &#187;, M&#233;moire de ma&#238;trise d'histoire, Universit&#233; Paris I Panth&#233;on-Sorbonne, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Albert Camus, &lt;i&gt;Carnets &lt;/i&gt; (janvier 1942-mars 1951), Gallimard, 1964, p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Est et Ouest&lt;/i&gt;, n&#176;584, 16-31 d&#233;cembre I976.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Georges Fontenis, &lt;i&gt;L'autre communisme. Histoire subversive du mouvement libertaire&lt;/i&gt;, Maul&#233;on, Acratie, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s le t&#233;moignage d'Henri Simon (Paris. novembre 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Barrillion, &lt;i&gt;D'un mensonge &#171; d&#233;concertant &#187; &#224; l'autre. Rappels &#233;l&#233;mentaires pour les bonnes &#226;mes qui voudraient s'accommoder du capitalisme&lt;/i&gt;, Marseille, Agone &#233;diteur, coll. Contre-Feux, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Albert Camus, &lt;i&gt;Essais&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard/La Pl&#233;iade, 1981,p. 791.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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