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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Eug&#232;ne Varlin : Un enfant de Seine-et-Marne </title>
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		<dc:date>2025-05-27T22:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-eugene-varlin-91-+" rel="tag"&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton1106-0e2a0.jpg?1774697012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fils d'ouvrier agricole, issu d'une famille r&#233;publicaine, le jeune Louis-Eug&#232;ne Varlin a la chance de fr&#233;quenter l'&#233;cole jusqu'&#224; 13 ans. Apprenti relieur, il se perfectionne d'atelier en atelier et, avide de savoir, suit des cours du soir apr&#232;s sa journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Seine-et-Marne aujourd'hui, c'est pour certains d'excellents fromages de Brie et pour d'autres Euro Disneyland, culture am&#233;ricaine &#224; la sauce MacDo. Mais peu de personnes savent que dans une ville non loin de Paris (&#224; 25 km) est n&#233;e une des figures les plus authentiques que le mouvement ouvrier ait compt&#233; dans ces rangs. Le 5 octobre 1839, dans le hameau de Voisins, aujourd'hui un des quartiers de la commune de Claye-Souilly (entre Paris et Meaux), naquit Louis-Eug&#232;ne Varlin (au 14, rue Berthe, devenue en 1936 rue Eug&#232;ne-Varlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Varlin ne sont pas des inconnus &#224; Voisins, c'est une vieille famille attach&#233;e &#224; cette terre, connue et estim&#233;e de tous. Les anc&#234;tres d'Eug&#232;ne ont un beau pass&#233;. En feuilletant les vieux registres municipaux&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, Maurice Foulon a pu &#233;tablir la trace de leurs activit&#233;s. Du plus ancien, Antoine Varlin, qui fut charpentier dans le village au d&#233;but du r&#232;gne de Louis XIV &#224; Eug&#232;ne, en passant par Jean-Adrien (arri&#232;re-grand-p&#232;re d'Eug&#232;ne), ils eurent tous une place dans la m&#233;moire collective de cette contr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La famille Varlin &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus important fut sans doute jou&#233; par Jean-Adrien. Plac&#233; &#224; la t&#234;te de la municipalit&#233; par ses habitants le 13 novembre 1791, il paya de sa personne pour d&#233;fendre une jeune R&#233;publique menac&#233;e de toute parts et, le 25 novembre 1792, c'est lui qui dirigea le scrutin et installa &#224; Claye la premi&#232;re municipalit&#233; r&#233;publicaine. Plus tard, il &#233;pousa en seconde noce Marie-Marguerite Thiessart dont la famille &#233;tait relativement ais&#233;e et, lorsqu'il mourut, il laissa &#224; son fils Jean-Louis quelques champs et vignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bien resta dans la famille jusqu'&#224; Aim&#233;-Alexandre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, p&#232;re d'Eug&#232;ne, mais ne lui permettait plus de subvenir aux besoins de sa famille. Alors, il loua sa force de travail comme journalier. Aim&#233;-Alexandre &#233;pousa le 29 avril 1834, &#224; 29 ans, H&#233;lo&#239;se Duru (1809[?]-1875), issue elle aussi d'une vieille famille de Voisins. Le p&#232;re d'H&#233;lo&#239;se, Fran&#231;ois-Antoine Duru travaillait dans les carri&#232;res de Voisins &#224; extraire du gypse et, apr&#232;s une longue journ&#233;e de labeur, il cultivait son lopin de terre. R&#233;publicain tr&#232;s jeune, il fut &#233;lu au conseil municipal en 1846. Il soutint la r&#233;volution de 1848 et exer&#231;a ses responsabilit&#233;s jusqu'au coup d'&#201;tat de 1851 de Louis-Napol&#233;on Bonaparte, qui devint un an plus tard empereur des Fran&#231;ais, sous le nom de Napol&#233;on III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut &#233;cart&#233;, apr&#232;s la nomination d'une nouvelle municipalit&#233;, pour ses opinions r&#233;publicaines. A cette &#233;poque, il allait souvent rendre visite &#224; sa fille H&#233;lo&#239;se et &#224; son gendre Aim&#233;-Alexandre. De cette union naquirent quatre enfants : Denise-Cl&#233;mence (1836-1865, &#233;pouse Proux), Eug&#232;ne (1839-1871), Louis-Benjamin (1844-1924), Hippolyte (1847-1930). Le soir, &#224; la grande table familiale, le grand-p&#232;re Duru aimait raconter son pass&#233; de r&#233;publicain &#233;pris de justice et de libert&#233;, &#224; la demande d'Eug&#232;ne. Les r&#233;cits du grand-p&#232;re maintenait en &#233;veil toute la famille jusqu'&#224; des heures tardives. Mais, le lendemain, la journ&#233;e d'Aim&#233; &#233;tait p&#233;nible car le m&#233;tier de manouvrier (ouvrier agricole se louant &#224; la journ&#233;e) est &#233;puisant. Pour ses enfants, il r&#234;vait d'un autre avenir. La carri&#232;re de gypse de Voisins o&#249; l'on fabriquait du pl&#226;tre &#233;tait malsaine pour la sant&#233;, et la manufacture de toile imprim&#233;e payait mal. Il d&#233;cida donc que ses enfants auraient le maximum d'instruction possible et les envoya en classe. Voisins n'ayant pas d'&#233;cole, ils allaient &#224; pied tous les jours &#224; Claye en passant par les berges du canal de l'Ourcq. A la lecture de Maurice Foulon&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Maurice Foulon, Eug&#232;ne Varlin, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, on apprend que l'&#233;cole d'Eug&#232;ne &#233;tait un ancien pigeonnier vendu &#224; la ville par la duchesse de Polignac en 1825 (et dont il ne reste, aujourd'hui, aucune trace). Au rez-de-chauss&#233;e, une pi&#232;ce servait de classe, coup&#233;e en deux par une cloison : d'un c&#244;t&#233;, les filles ; de l'autre, les gar&#231;ons. Au-dessus se trouvait la prison de la ville. C'est l&#224; qu'il apprit &#224; lire, &#224; &#233;crire et &#224; compter sous la direction de deux ma&#238;tres : M. Paturance, un ancien sous-officier, et M. Viron. Il y resta jusqu'&#224; l'&#226;ge de 13 ans, chose rare &#224; une &#233;poque o&#249; les enfants de 6 &#224; 8 ans travaillaient de seize &#224; dix-sept heures par jour dans les ateliers, les fabriques ou les usines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses parents, voulant lui &#233;viter les servitudes de la terre et du travail abrutissant de la manufacture, souhait&#232;rent qu'il apprenne un m&#233;tier lui permettant d'allier le travail manuel et intellectuel au contact des livres. Ils le plac&#232;rent en 1852 chez un relieur, confr&#232;re de son oncle Hippolyte Duru, &#224; Paris, rue du Pont-de-Lodi (6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.). Mais l'homme &#233;tait dur avec ses ouvriers et les nourrissait mal. Ainsi, l'oncle Duru prit son neveu chez lui pour le former. Lui-m&#234;me &#233;tait violent et sans indulgence pour le jeune Varlin qui avait soif d'apprendre et mettait trop souvent le nez dans les livres, ne se contentant pas seulement de les relier. L'oncle ne supporta plus son neveu et le cong&#233;dia avec l'attestation suivante : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je, soussign&#233;, certifie que le sieur Louis-Eug&#232;ne Varlin a fait son apprentissage et est sorti de chez moi le 10 d&#233;cembre 1854. M. H. Duru, relieur, 16, rue des Prouvaires.&lt;/q&gt; Ayant pris cong&#233; de son oncle, il lui fallut chercher un toit et il trouva une chambre au 22, rue de la Fontaine-au-Roi (11&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Formation professionnelle et intellectuelle &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La loi du 22 juin 1854, relative au port du livret obligatoire pour les ouvriers, indiquait dans son article premier que tous les ouvriers de l'un et de l'autre sexe, attach&#233;s aux manufactures, usines, fabriques, ateliers etc., ou m&#234;me travaillant chez eux pour un patron, &#233;taient tenus de poss&#233;der un livret, contresign&#233; par le commissaire de police de leur quartier&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la Vie ouvri&#232;re n'137, du 5 mai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. A la lecture de celui de Varlin, on peut retracer son parcours professionnel depuis le d&#233;part de chez son oncle jusqu'en 1858 : du 25 avril 1855 au 26 juillet 1856, chez Boutigny (5, rue Migon, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 30 juillet au 30 ao&#251;t 1856, chez Sauvage (15, rue Rochechouart, 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 2 septembre 1856 au 28 f&#233;vrier 1857, chez Krantz (rue des Poissonniers, &#224; la Chapelle Saint-Denis, 18&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 8 au 23 mai 1857, chez Gr&#233;goire (27, rue Saint-Sulpice, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.) ; du 25 octobre au 20 novembre 1857, chez Thompson (rue Cassette, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.), du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; d&#233;cembre 1857 au 26 juin 1858, chez Ni&#233;dr&#233;e (passage Dauphine, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arr.)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il fit ainsi six ateliers autour de Montmartre et dans le quartier Saint-Sulpice, dans un Paris en pleine transformation, livr&#233; aux pelles et aux pioches des ouvriers du baron Haussmann. L&#224;, s'arr&#234;tent les inscriptions sur son livret, mais l'on peut penser qu'il continua sa formation d'atelier en atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1859 est pour lui celle du service militaire. Il avait tir&#233; au sort le num&#233;ro 51, mais fut exempt&#233; pour varicoc&#232;le au c&#244;t&#233; gauche (une affection pouvant dans les cas extr&#234;mes &#234;tre cause de st&#233;rilit&#233;). En 1864, il rentre comme contrema&#238;tre chez madame veuve Despierres, maison fort appr&#233;ci&#233;e, qui n'employait que quelques ouvriers. Apr&#232;s les gr&#232;ves de 1864 et 1865, il travaille en chambre, pour des travaux de sous-traitance qui lui permettent de g&#233;rer son temps comme il le souhaite. Avide de connaissances, apr&#232;s sa journ&#233;e de travail, il consacre tout son temps &#224; l'&#233;tude. C'est ainsi qu'en 1860, avec son fr&#232;re Louis, il s'inscrit aux cours gratuits organis&#233;s en faveur des ouvriers, rue des Poiriers, par l'Association philotechnique que pr&#233;sidait le comte de Lariboisi&#232;re. Gr&#226;ce &#224; ces cours du soir, il apprend le fran&#231;ais, la g&#233;om&#233;trie, la m&#233;canique, le droit, la comptabilit&#233; (qui lui servira plus tard pour cr&#233;er des coop&#233;ratives, comme la Marmite, ou pendant la Commune de Paris) et la st&#233;nographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant depuis son plus jeune &#226;ge, aim&#233; la musique, il s'initia au chant gr&#226;ce &#224; la m&#233;thode Galin-Paris-Chev&#233;, rue de l'Arbal&#232;te. Selon Lucien Descaves, qui interrogea la famille et les proches de Varlin, il avait une voix basse agr&#233;able et chantait juste. Il chantait, entre autres, en famille, la chanson du relieur de livres &lt;i&gt;Mon f&#251;t&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Va, mon f&#251;t, la science humaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut &#224; tout feuillet te b&#233;nir ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Glisse, glisse : ouvre ton domaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Aux travailleurs fiers de s'unir.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; C'&#233;tait un &#233;l&#232;ve appliqu&#233;, pers&#233;v&#233;rant, plein d'obstination pour s'am&#233;liorer. A la fin de l'ann&#233;e scolaire 1860-1861, cet &#171; &#233;tudiant &#187; de 22 ans obtint un second prix de comptabilit&#233;, un second prix de fran&#231;ais et une mention de g&#233;om&#233;trie qui lui furent d&#233;cern&#233;s au cirque de l'Imp&#233;ratrice&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. La premi&#232;re de ces r&#233;compenses lui valut le livre &lt;i&gt;Les Chefs-d'&#339;uvre de Shakespeare&lt;/i&gt;, comprenant le texte anglais et une traduction fran&#231;aise. La seconde &#233;tait constitu&#233;e par un manuel de morale et d'&#233;conomie politique de Leymarie, intitul&#233; &lt;i&gt;Tout pour le travail.&lt;/i&gt; Puis un livret de caisse d'&#233;pargne lui fut offert par le prince imp&#233;rial. Dans le palmar&#232;s des ann&#233;es suivantes, Eug&#232;ne n'y figure plus, mais son fr&#232;re Louis est cit&#233; trois fois en 1862-1863, une fois en 1863-1864 et une derni&#232;re fois en 1864-1865. Autres personnages &#233;voqu&#233;s : le bronzier Albert Theisz, futur membre de l'Internationale et directeur des Postes sous la Commune ; Gustave Drouchon, m&#233;canicien, directeur de l'artillerie f&#233;d&#233;r&#233;e ; Auguste Rodin, jeune sculpteur alors inconnu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Cordillot, Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;, Editions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juillet 1862, il change de logement et s'installe au 33, rue Dauphine, dans une chambre de l'h&#244;tel d'Aubusson. Il acheta pour 90 F, au roi Clovis, brocanteur &#224; la montagne Sainte-Genevi&#232;ve, un lit, un sommier, une commode, une table et deux chaises apr&#232;s avoir vers&#233; 20 F d'arrhes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son fr&#232;re Louis&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &#233;tait demeur&#233;, &#224; l'&#226;ge de 13 ans, partiellement paralys&#233; &#224; la suite d'un coup de fourche re&#231;u accidentellement pendant la fenaison. Il avait pass&#233; deux ann&#233;es au coll&#232;ge de Meaux gr&#226;ce &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'oncle Duru. II vint s'installer avec Eug&#232;ne et y restera jusqu'en 1871. Les deux fr&#232;res continu&#232;rent &#224; s'instruire en apprenant le latin chez un professeur libre, Jules Andrieu, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;gros homme borgne &#224; l'allure d&#233;bonnaire&lt;/q&gt;, d'apr&#232;s Maurice Foulon. Eug&#232;ne fut vivement impressionn&#233; par les opinions g&#233;n&#233;reuses de ce r&#233;publicain &#233;rudit. Parmi ces condisciples, figuraient Henri Tolain et Charles Limousin, deux des fondateurs de l'Association internationale des travailleurs en France, ainsi que Louis Debock, principal accus&#233; du proc&#232;s des typographes de l'imprimerie Dupont en 1862 et futur directeur de l'Imprimerie nationale sous la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, avec de bonnes bases intellectuelles, Varlin va s'employer dans les ann&#233;es &#224; venir &#224; faire concorder la pens&#233;e et l'action en s'impliquant de mani&#232;re tr&#232;s active dans la Soci&#233;t&#233; des relieurs, l'Association internationale des travailleurs et dans l'exp&#233;rience des restaurants coop&#233;ratifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Depuis, h&#233;las !, tous les registres de l'&#233;tat civil concernant la p&#233;riode de 1749 &#224; 1845 ont disparu des archives d&#233;partementales de Seine-et-Marne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aim&#233;-Alexandre Varlin et non pas Aim&#233;-Alexis, comme ont pu l'&#233;crire certains. Cf. l'extrait de l'acte de naissance d'Eug&#232;ne Varlin o&#249; il est signal&#233; que son p&#232;re se nommait Aim&#233;-Alexandre (1805-1870).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Maurice Foulon, &lt;i&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/i&gt;, &#233;d. Mont-Louis, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187; par Lucien Descaves, in la &lt;i&gt;Vie ouvri&#232;re &lt;/i&gt; n'137, du 5 mai 1913.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Varlin ouvrier &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est l'outil avec lequel on rogne les livres sur la tranche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le cirque de l'Imp&#233;ratrice, appel&#233; avant 1853 Cirque national, &#233;tait situ&#233; sur le c&#244;t&#233; nord du jardin des Champs-Elys&#233;es entre les d&#233;bouch&#233;s actuels de la rue du Cirque et de l'avenue Matignon. Construit en 1841 par Hittorf, en meuli&#232;re, il avait &#233;t&#233; d&#233;cor&#233; par Pradier, Bosio et Durer, et pouvait contenir 6 000 spectateurs. Il fut d&#233;moli en 1899, Cf.&lt;i&gt; Paris et les Parisiens sous le Second Empire&lt;/i&gt;, Michel Cabaud, &#233;d. Belfond.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michel Cordillot,&lt;i&gt; Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;&lt;/i&gt;, Editions ouvri&#232;res, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il fit partie du comit&#233; d'initiative du restaurant coop&#233;ratif la Marmite ; puis, fonctionnaire de la Commune, il fut emprisonn&#233; apr&#232;s la Semaine sanglante et demeurera pr&#232;s de trois ans sur les pontons de Brest avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pr&#225;xedis G. Guerrero (28 ao&#251;t 1882 - 30 d&#233;cembre 1910) </title>
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		<dc:date>2024-08-28T04:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Pr&#225;xedis Gilberto Guerrero </dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution mexicaine (1910)</dc:subject>
		<dc:subject>Ricardo Flores Mag&#243;n</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cet article est extrait de &#171; Ricardo Flores Mag&#243;n &#187;, revue &#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176; 9-10 (1992).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no9-10-ricardo-flores-magon-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;9/10 : &#171; Ricardo Flores Mag&#243;n &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-praxedis-gilberto-guerrero-+" rel="tag"&gt;Pr&#225;xedis Gilberto Guerrero &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-revolution-mexicaine-1910-+" rel="tag"&gt;R&#233;volution mexicaine (1910)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-ricardo-flores-magon-11-+" rel="tag"&gt;Ricardo Flores Mag&#243;n&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH81/arton991-789c1.jpg?1774739437' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article est extrait de &#171; Ricardo Flores Mag&#243;n &#187;, revue &lt;a href=&#034;http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Magon2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e &#187; n&#176; 9-10&lt;/a&gt; (1992) [PDF].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&#034;font-size:1.2em&#034;&gt;Organisateur, propagandiste et agitateur sans pareil, ce &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; anarchiste est l'un des martyrs de la R&#233;volution mexicaine. Courage, t&#233;m&#233;rit&#233;, flamboiement... rien ne manque pour en faire un h&#233;ros. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Du 4 au 19 novembre 1935 une s&#233;rie de manifestations comm&#233;moratives eurent lieu dans l'&#201;tat mexicain de Chihuahua. Pendant seize jours un ex-capitaine et un ex-lieutenant racont&#232;rent la vie d'un g&#233;n&#233;ral mort environ vingt-cinq ans auparavant dans le village de Janos. Qui &#233;tait cet illustre disparu, g&#233;n&#233;ral &#224; titre pos&#173;thume, h&#233;ros national ? Il s'agissait de l'anarchiste Pr&#225;xedis G. Guerrero mort durant la prise de Janos, un des &#233;pisodes de la r&#233;volution que le Mexique connut vers la fin de 1910. De cette r&#233;volution, d&#233;sormais institu&#173;tionalis&#233;e en 1935 (et m&#234;me avant &#224; vrai dire !), l'&#201;tat mexicain en avait r&#233;cup&#233;r&#233; les r&#233;volutionnaires authen&#173;tiques. Ainsi Pr&#225;xedis Guerrero, comme Ricardo Flores Mag&#243;n et tant d'autres qui lutt&#232;rent non seulement contre la tyrannie et l'injustice, mais aussi contre l'essence m&#234;me de l'&#201;tat, sont aujourd'hui consid&#233;r&#233;s au Mexique comme des h&#233;ros nationaux. Les d&#233;pouilles de certains d'entre eux reposent dans le Mausol&#233;e des patriotes illustres situ&#233; dans la ville de Mexico. Pr&#225;xedis Guerrero aurait &#233;t&#233; le premier &#224; se r&#233;volter contre de tels honneurs et titres, lui qui v&#233;cut et mourut en anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#225;xedis Guerrero est n&#233; en 1882 dans une famille fortun&#233;e de Los Altos de Ibarra. Il a abandonn&#233; sa position privil&#233;gi&#233;e tr&#232;s t&#244;t et choisi une vie d'exil aux &#201;tats-Unis, travaillant comme ma&#173;n&#339;uvre avec son ami d'en&#173;fance et compagnon d'id&#233;al, Francisco Manrique (ils avaient fr&#233;quent&#233; la m&#234;me &#233;cole primaire), qu'il vit mourir dans une ten&#173;tative insurrectionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adh&#233;sion de Guerrero &#224; l'anar&#173;chisme est ant&#233;rieure &#224; sa ren&#173;contre&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La premi&#232;re rencontre entre Pr&#225;xedis Guerrero et Ricardo Flores Mag&#243;n eut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; avec les fr&#232;res Mag&#243;n. Il est exclu donc, comme certains l'ont sou&#173;tenu&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicol&#225;s T. Bernal l'affirme dans une lettre du 3 septembre 1924 adress&#233;e &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, qu'il d&#233;couvre les id&#233;es anar&#173;chistes au contact de Ricardo. D'autres ont affirm&#233; que Pr&#225;xedis &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n'a jamais eu le temps d'approfondir les doctrines anarchistes, ni au Mexique ni aux &#201;tats-Unis&lt;/q&gt;. Nous allons voir que de telles affirmations sont exag&#233;r&#233;es. D&#233;j&#224;, lors de son ado&#173;lescence, Pr&#225;xedis se r&#233;volte contre l'&#233;ducation catholique qui lui est impos&#233;e par sa famille. Il s'int&#233;resse au protestantisme et m&#234;me au spiri&#173;tisme. Sans jamais y adh&#233;rer, mais par int&#233;r&#234;t culturel, entretenant ainsi des contacts avec des personnes de religions diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH251/bd-regeneracion-pn-2-14-d49e9.jpg?1774724243' width='200' height='251' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1903, il lit les journaux mago&#173;nistes (&lt;i&gt;Regeneraci&#243;n &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;El Hijo del Ahuizote&lt;/i&gt;) et d&#233;couvre l'anarchisme en &#233;tudiant les &#339;uvres de Tolsto&#239;, Bakou&#173;nine et Kropotkine. L'influence de ces lectures est imm&#233;diate puisqu'en avril 1903 il renonce &#224; une brillante car&#173;ri&#232;re militaire entam&#233;e en novembre 1901, &#224; l'&#226;ge de 19 ans, avec le grade de sous-lieutenant de cavalerie. Il abandonne &#233;galement tous ses privi&#173;l&#232;ges de classe. Le 25 septembre 1904, il &#233;migre aux &#201;tats-Unis avec Francisco Manrique. Les activit&#233;s de propagande de Guerrero entre sep&#173;tembre 1904 et juin 1907, date &#224; laquelle commence sa collaboration &#224; l'hebdomadaire &lt;i&gt;Revoluci&#243;n &lt;/i&gt; de Los Angeles, n'ont pas encore &#233;t&#233; bien &#233;claircies. Il semble qu'il ait collabor&#233; &#224; &lt;i&gt;Alba Roja&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s Alberto Morales Jim&#233;nez, &#171; Pr&#225;xedis G. Guerrero &#187;, in Hombres de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de San Francisco en 1905 et fond&#233; un journal r&#233;volutionnaire en Arizona&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toujours d'apr&#232;s Alberto Morales Jim&#233;nez.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il adh&#232;re &#224; la Junte organi&#173;sationnelle du Parti lib&#233;ral mexicain en mai 1906, il a d&#233;j&#224; &#224; son actif une exp&#233;rience de propagandiste. Pour cela, et aussi du point de vue id&#233;olo&#173;gique, il acquiert imm&#233;diatement la confiance de Mag&#243;n. Par ses articles &lt;br class='autobr' /&gt;
post&#233;rieurs &#224; cette &#233;poque, on s'aper&#173;&#231;oit tr&#232;s bien qu'il conna&#238;t parfaitement les th&#233;ories de Bakounine, Kropotkine, Reclus et Tolsto&#239;, sans oublier son adh&#233;sion aux principes de l'Ecole moderne de Francisco Ferrer. C'est sans doute sous l'influence de Tolsto&#239; qu'il devient v&#233;g&#233;tarien. Durant une visite en 1909 (il est charg&#233; d'une mission clandestine au Mexique), il distribue des livres anar&#173;chistes aux membres de sa famille afin qu'ils comprennent ses id&#233;es et motivations. Au Mexique, il collabore &#224; &lt;i&gt;Evoluci&#243;n Social&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'un hebdomadaire lib&#233;ral dirig&#233; par Le&#243;n C&#225;rdenas Mart&#237;nez et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, puis fonde &lt;i&gt;Punta Rojo&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le n&#176;1 de l'an 1 porte la date du 9 ao&#251;t 1909. C'est un hebdomadaire qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et, le 3 septembre 1910, devient cor&#233;dacteur de &lt;i&gt;Regeneraci&#243;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Organisateur, propagandiste et agitateur &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De 1906 &#224; 1910, liant la pratique &#224; la th&#233;orie, de nombreuses insurrec&#173;tions arm&#233;es foment&#233;es par le Parti lib&#233;ral mexicain eurent lieu. Suite &#224; la cruelle r&#233;pression de la gr&#232;ve de Cananea de juillet 1906, la Junte estima que la situation &#233;tait propice pour d&#233;buter une s&#233;rie de mouve&#173;ments insurrectionnels &#224; partir de la mi-septembre. Les groupes lib&#233;raux de r&#233;sistance re&#231;oivent des &#201;tats-Unis le texte d'une proclamation et l'ins&#173;truction de la rendre publique au d&#233;but de l'insurrection. En voici un extrait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous nous r&#233;voltons contre la dictature de Porfirio D&#237;az et nous ne d&#233;poserons les armes que nous avons prises pour des motifs valables, en accord avec le Parti lib&#233;ral mexi&#173;cain, que lorsque nous aurons fait triompher le manifeste promulgu&#233; le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet de cette ann&#233;e par la Junte organisationnelle du PLM. [...]&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces mouvements, qui eurent lieu &#224; Jim&#233;nez dans l'&#201;tat de Coahuila, &#224; Acayucan, Veracruz, &#224; Camargo dans l'&#201;tat de Tamaulipas, furent mis en &#233;chec par le gouverneur Enrique Creel. Celui-ci organisa des arrestations pr&#233;ventives, des intimidations, la censure de la correspon&#173;dance, etc. Suite aux informations d'un indicateur, de nombreux conspi&#173;rateurs furent arr&#234;t&#233;s et la sur&#173;veillance aux fronti&#232;res renforc&#233;e. Les arrestations se firent m&#234;me au Texas o&#249; certains membres de la Junte seront captur&#233;s. Parmi eux son secr&#233;&#173;taire, Antonio I. Villareal, tandis que le vice-pr&#233;sident Juan Sarabia est arr&#234;t&#233; et incarc&#233;r&#233; &#224; Ciudad Juarez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de membres importants de la Junte est signal&#233;e soit &#224; El Paso, soit &#224; Ciudad Juarez, mais quant est-&#173;il de Pr&#225;xedis Guerrero ? Il n'y a pas eu jusqu'&#224; ce jour de t&#233;moignage prou&#173;vant sa participation aux &#233;v&#233;nements. Du c&#244;t&#233; mexicain, pourtant, son nom est mentionn&#233; dans un rapport de Arturo M. Elias au consul du Mexique &#224; El Paso en date du 12 juillet 1908, qui signale son active conspiration. De toute fa&#231;on, il est probable que de sep&#173;tembre 1906 &#224; juin 1907 Pr&#225;xedis Guerrero a accompli des missions d&#233;licates &#224; l'int&#233;rieur du pays. Les mouvements de 1908 sont, en partie, organis&#233;s par lui et sa pr&#233;sence sur le champ de bataille est reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La date du d&#233;clenchement de l'insurrection est fix&#233;e au 25 juin 1908, mais des arrestations ont lieu d&#232;s le 19 au Texas et &#224; l'int&#233;rieur du Mexique. La police mexicaine, ayant intercept&#233; certains communiqu&#233;s clandestins, envoya un sosie de Antonio I. Villareal inspecter les groupes r&#233;volutionnaires, ceux-ci lui confi&#232;rent leurs plans d'attaque. Les arrestations furent donc effectu&#233;es avant l'insurrection. Le 24 juin, une importante quantit&#233; d'armes est sai&#173;sie dans tout le pays, des r&#233;volutionnaires sont fusill&#233;s et plusieurs cen&#173;taines arr&#234;t&#233;s. C'est &#224; ce moment qu'intervient Guerrero pour tenter de sauver la situation ; bien que dispo&#173;sant de forces minimes et d'un arme&#173;ment r&#233;duit, il se lance en campagne pour &#233;craser l'ennemi tout en sachant qu'il ne pourra mener qu'une lutte symbolique. Les groupes organis&#233;s par Pr&#225;xedis Guerrero en territoire am&#233;ricain attaquent presque simultan&#233;ment &#224; Viesca (&#201;tat de Coahuila) le 25 juin, &#224; Las Vacas (&#201;tat de Chihuahua) le 26 juin et &#224; Palomas (&#201;tat de Chihuahua) le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne respectant pas les conseils de la Junte, il semble que Guerrero ait abandonn&#233; sans autorisation le quar&#173;tier g&#233;n&#233;ral r&#233;volution&#173;naire de Los Angeles pour se rendre sur le champ de bataille. Qu'il eut le pressen&#173;timent de sa mort ou tout simplement par pr&#233;caution, juste avant de partir il distri&#173;bue les livres qui lui &#233;taient si chers aux enfants de Librado Rivera et confie ses manuscrits &#224; Ethel Duffy Turner. Quoi qu'il en soit, Guerrero traverse la fronti&#232;re le 19 d&#233;cembre 1910, apr&#232;s avoir annonc&#233; ses inten&#173;tions et ses plans aux r&#233;volution&#173;naires du sud. Dans une lettre au d&#233;l&#233;gu&#233; sp&#233;cial des groupes lib&#233;raux de l'&#201;tat de Veracruz, dat&#233;e du 13 d&#233;cembre, il l'avertissait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Bient&#244;t je commencerai la campagne dans le nord ; peut-&#234;tre, lorsque vous recevrez cette lettre, je serai d&#233;j&#224; sur le champ de bataille. Faites ce que vous pouvez dans le sud, tandis que j'incendierai la fronti&#232;re pour donner l'occasion et les moyens aux groupes de l'int&#233;rieur de se lancer dans la lutte. Faisons savoir, par tous les moyens possibles, que nous nous soulevons pour soutenir le manifeste du Parti lib&#233;ral, et cher&#173;chons &#224; attirer tous les mad&#233;ristes de bonne foi, en les convainquant de l'absurdit&#233; de lutter pour des person&#173;nalit&#233;s, alors qu'ils pourraient se manifester comme de vrais liber&#173;taires&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Son ultime exp&#233;dition r&#233;volutionnaire &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; El Paso, Guerrero orga&#173;nise un groupe de vingt-deux parti&#173;sans ayant tous particip&#233; aux mouvements des ann&#233;es pass&#233;es et, ensemble, ils p&#233;n&#232;trent en territoire mexicain. Leurs plans &#233;taient de conqu&#233;rir les villages de la r&#233;gion frontali&#232;re, de d&#233;sarmer la police f&#233;d&#233;&#173;rale, de d&#233;truire des objectifs strat&#233;&#173;giques, de faire des conf&#233;rences sur la r&#233;volution et de pr&#233;parer une attaque sur Chihuahua. A Sapey&#243; (&#224; 40 km au sud de Ciudad Juarez), ils s'emparent de la station de chemin de fer le 23 d&#233;cembre, et r&#233;quisitionnent un train en d&#233;sarmant l'escorte militaire. Ils se dirigent ensuite vers le sud en dyna&#173;mitant les ponts pour &#233;viter d'&#234;tre poursuivis par les forces gouverne&#173;mentales. Avant d'interrompre les lignes de communications, Guerrero t&#233;l&#233;graphiait aux compagnons de la Junte &#224; Los Angeles. Le traitement r&#233;serv&#233; aux voyageurs du train et aux gens rencontr&#233;s en chemin fut d'une &lt;br class='autobr' /&gt;
grande courtoisie et les journaux de l'&#233;poque l'atteste. Ce comportement n'&#233;tait pas surprenant puisque les lib&#233;raux en avaient re&#231;u consigne dans un document pr&#233;cis envoy&#233; &#224; tous les groupes de partisans. Ce document, &#171; Instructions g&#233;n&#233;rales aux r&#233;volutionnaires &#187;, en douze points, &#233;tait sign&#233; par Pr&#225;xedis Guerrero et fut publi&#233; int&#233;gralement dans &lt;i&gt;Rege&#173;neraci&#243;n &lt;/i&gt; du 3 janvier 1911.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH238/sans_titre-2-3-625cf.jpg?1774724243' width='200' height='238' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Prisciliano Silva.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Partis de Sapey&#243;, ils arriv&#232;rent &#224; Guzman o&#249; des vivres et une cinquan&#173;taine de chevaux les attendaient. Le 24 d&#233;cembre, ils all&#232;rent jusqu'&#224; El Sabinal o&#249; les rejoignirent vingt-cinq autres partisans lib&#233;raux. La journ&#233;e fut consacr&#233;e &#224; mettre au point les plans d'attaque et la ville de Guzman fut choisie pour quartier g&#233;n&#233;ral. D'autres ponts furent dynamit&#233;s afin d'isoler la ville. Les volontaires se divis&#232;rent en deux colonnes : une trentaine sous le commandement de Guerrero et les autres sous celui de Prisciliano Silva. Avant de se s&#233;parer, ils choisirent collectivement le dra&#173;peau rouge comme embl&#232;me et le mot d'ordre : &#171; Tierra y Libertad &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27, Guerrero et ses partisans occupent Corralitos, ils commencent par d&#233;truire les lignes t&#233;l&#233;phoniques, t&#233;l&#233;graphiques et ferroviaires pour isoler la ville de Casas Grandes avant l'attaque d&#233;cisive. Le 28, Guerrero demande aux autorit&#233;s de Casas Grandes de se rendre, mais celles-ci &#8212;disposant de troupes nombreuses et bien arm&#233;es&#8212; refusent. Elles demandent cependant par une esta&#173;fette des renforts au gouverneur. Les partisans distribuent des tracts &#224; la population les informant que, d'un moment &#224; l'autre, l'assaut sera donn&#233; &#224; la ville et par cons&#233;quent de ne pas laisser les enfants dans les rues. Puis, dans un acte d'audace, Guerrero intima aux autorit&#233;s de se rendre (malgr&#233; que les forces gouvernemen&#173;tales &#233;taient vingt fois sup&#233;rieures). Ce qui arriva apr&#232;s ne fut jamais correctement mis en lumi&#232;re. Le biographe de Guerrero (Eugenio Martinez Nu&#241;ez) soutient que les partisans renonc&#232;rent &#224; l'attaque et se repli&#232;rent sur d'autres objectifs. D'autres sources pr&#233;cisent, au contraire, que la ville fut conquise : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les rebelles ont pris la ville de Casas Grandes, apr&#232;s l'avoir coup&#233;e de toutes communications t&#233;l&#233;graphiques et ferroviaires&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;El Pais (Mexico), le 1er janvier 1911.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'en 1935 de grandioses comm&#233;morations posthumes se d&#233;roul&#232;rent au nom du &#171; g&#233;n&#233;ral &#187; Guerrero dans diverses localit&#233;s du district de Galeana et de Casas Grandes d&#233;montre peut-&#234;tre que le bluff de ce dernier avait r&#233;ussi &#224; faire partir les militaires, laissant ainsi la ville sans contr&#244;le. Quoi qu'il en soit, Pr&#225;xedis Guerrero et ses partisans entr&#232;rent &#224; Janos le 29 d&#233;cembre au petit matin. Leonides V&#225;zquez fut invit&#233; &#224; n&#233;gocier avec le maire qui signa la capitulation de la ville, mais demanda &#224; pouvoir parler au chef des rebelles. Avec Pr&#225;xedis Guerrero, le maire &#233;tablit que la transmission des pouvoirs serait officielle le lendemain matin. Les partisans, satisfaits, igno&#173;raient qu'en m&#234;me temps les autorit&#233;s municipales avaient r&#233;clam&#233; et obtenu du renfort, tandis que les troupes de lib&#233;ration campaient aux abords de la ville. Les partisans, s'apercevant de la man&#339;uvre, atta&#173;qu&#232;rent &#224; 22 h. A l'aube du 30 d&#233;cembre, la ville &#233;taient entre leurs mains, mais l'irr&#233;parable &#233;tait arriv&#233; pour Pr&#225;xedis Guerrero, touch&#233; en plein cr&#226;ne par une balle. Sur la date de sa mort, les historiens ne se sont jamais mis d'accord : pour certains ce fut le 29 et pour d'autres le 30. Il est probable qu'elle eut lieu aux pre&#173;mi&#232;res heures du 30 d&#233;cembre 1910. Apr&#232;s la mort de Guerrero, la r&#233;volu&#173;tion n'&#233;tait pas termin&#233;e. Leonides V&#225;zquez prit le commandement des insurg&#233;s et continua la lutte jusqu'&#224; la lib&#233;ration de l'&#201;tat de Chihuahua. L'envoy&#233; sp&#233;cial du &lt;i&gt;New York Herald &lt;/i&gt; &#224; Chihuahua &#233;crivait en f&#233;vrier 1911 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Dans l'&#201;tat de Chihuahua, parmi les r&#233;volutionnaires, la moiti&#233; est favo&#173;rable &#224; Flores Mag&#243;n, et ceux qui ont pris les armes l'ont fait lorsque Mag&#243;n les a assur&#233;s qu'en cas de triomphe il y aurait des &#233;lections libres et hon&#173;n&#234;tes. Alors les amis de Flores Mag&#243;n auront l'occasion de voter pour lui&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la disparition de Guerrero se conclut la phase insurrectionnelle et d&#233;bute celle plus pr&#233;cis&#233;ment anar&#173;chiste de la r&#233;volution sociale, avec la conqu&#234;te de Mexicali (Basse-Califor&#173;nie) le 29 janvier 1911. L'exemple et le sacrifice de Guerrero ne fut pas vain. Le Mexique &#233;tait d&#233;sormais &#171; enflam&#173;m&#233; &#187; par le feu r&#233;volutionnaire et le dictateur pr&#233;para ses valises. Le 25 mai, D&#237;az partit pour Paris et Madero arriva. La r&#233;volution bourgeoise triomphait &#224; la place de la r&#233;volution pour laquelle les lib&#233;raux et les anar&#173;chistes avaient lutt&#233;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet article est un r&#233;sum&#233; du livre Gli anarchici nella rivoluzione messicana (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Magon2.pdf" class="spip_out"&gt; Ricardo Flores Mag&#243;n - revue &#171; Itin&#233;raire &#187; n&#176; 9-10 [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La premi&#232;re rencontre entre Pr&#225;xedis Guerrero et Ricardo Flores Mag&#243;n eut lieu le 9 novembre 1907 au parloir de la prison de Los Angeles o&#249; Mag&#243;n &#233;tait d&#233;tenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicol&#225;s T. Bernal l'affirme dans une lettre du 3 septembre 1924 adress&#233;e &#224; Diego Abad de Santill&#225;n qui fut le premier biographe de Mag&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s Alberto Morales Jim&#233;nez, &#171; Pr&#225;xedis G. Guerrero &#187;, in &lt;i&gt;Hombres de la Revoluci&#243;n Mexicana&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Toujours d'apr&#232;s Alberto Morales Jim&#233;nez.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il s'agit d'un hebdomadaire lib&#233;ral dirig&#233; par Le&#243;n C&#225;rdenas Mart&#237;nez et publi&#233; &#224; Tohay, au Texas, en 1909.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le n&#176;1 de l'an 1 porte la date du 9 ao&#251;t 1909. C'est un hebdomadaire qui dura neuf mois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt; (Mexico), le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; janvier 1911.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cet article est un r&#233;sum&#233; du livre &lt;i&gt;Gli anarchici nella rivoluzione messicana : Pr&#225;xedis G. Guerrero&lt;/i&gt;, de Pietro Ferrua, parut en juin 1976 aux &#233;ditions La Fiaccola, Ragusa, Italie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine, 6 ann&#233;es d'agitations ouvri&#232;re et anarchie </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>Nicola Sacco</dc:subject>
		<dc:subject>Bartolomeo Vanzetti</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De la prison de Dedham, en 1927, Vanzetti &#233;crit aux travailleurs argentins : Nous voulons dire aux camarades, aux amis, au peuple argentin, que nous savons combien leur solidarit&#233; &#224; notre &#233;gard est grande, sublime, h&#233;ro&#239;que. (...) La voie de la libert&#233;, qui est la voie du progr&#232;s et de la justice, est entach&#233;e de sang, sem&#233;e de fosses. Il n'y a que les forts qui peuvent la parcourir. Vous &#234;tes forts. Encore deux morts et alors ? D'autres viendront occuper nos places, plus d&#233;cid&#233;s et plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no2-sacco-et-vanzetti-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;2 : &#171; Sacco et Vanzetti &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-nicola-sacco-+" rel="tag"&gt;Nicola Sacco&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-bartolomeo-vanzetti-+" rel="tag"&gt;Bartolomeo Vanzetti&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1288-e2fbc.jpg?1774759041' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De la prison de Dedham, en 1927, Vanzetti &#233;crit aux travailleurs argentins : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous voulons dire aux camarades, aux amis, au peuple argentin, que nous savons combien leur solidarit&#233; &#224; notre &#233;gard est grande, sublime, h&#233;ro&#239;que. (...) La voie de la libert&#233;, qui est la voie du progr&#232;s et de la justice, est entach&#233;e de sang, sem&#233;e de fosses. Il n'y a que les forts qui peuvent la parcourir. Vous &#234;tes forts. Encore deux morts et alors ? D'autres viendront occuper nos places, plus d&#233;cid&#233;s et plus nombreux que jamais. Haut les c&#339;urs ! Vive l'anarchie et la r&#233;volution sociale !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'&#233;cho des voix de Sacco et Vanzetti se r&#233;pandit en Argentine. Plus de trente ans apr&#232;s leur mort sur la chaise &#233;lectrique, le &#171; Comit&#233; pro Presos y Deportados &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; d'aide aux prisonniers et d&#233;port&#233;s.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; de la Federaci&#243;n Obrera Regional Argentine ( FORA) rappelait chaque ann&#233;e le crime de la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ploutocratie yankee&lt;/q&gt; par diff&#233;rents actes publics dans plusieurs villes de la R&#233;publique. Ceci se passait apr&#232;s la clandestinit&#233;, que le gouvernement de Peron imposa &#224; la FORA, jusqu'&#224; sa chute en 1955, et avant les nouvelles dictatures militaires qui arriv&#232;rent quelques ann&#233;es plus tard. Lorsque les premi&#232;res informations sur la condamnation de Sacco et Vanzetti arriv&#232;rent, la situation en Argentine &#233;tait bien diff&#233;rente. Il existait alors un puissant mouvement anarchiste et l'un de ses p&#233;riodiques, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt;, paraissait quotidiennement depuis 1903 (sauf, &#233;videmment, lorsqu'il &#233;tait sous s&#233;questre, ferm&#233; ou r&#233;prim&#233;), et la FORA, l'organisation ouvri&#232;re la plus ancienne et influente du pays, avait adopt&#233; une d&#233;finition clairement anarchiste depuis son V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; congr&#232;s en 1905.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res r&#233;actions internationales &#224; la sentence du juge Thayer commencent &#224; se manifester vers la fin de 1921. La m&#234;me ann&#233;e, &#224; Buenos Aires, un nouveau p&#233;riodique &#8212; &lt;i&gt;La Antorcha&lt;/i&gt; &#8212; d&#233;fendra inlassablement la cause de Sacco et Vanzetti, jusqu'&#224; ses ultimes cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier de l'ann&#233;e suivante, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; commence la publication d'un suppl&#233;ment hebdomadaire &#8212; qui deviendra bi-mensuel en 1927 &#8212; dans lequel les vicissitudes des longues ann&#233;es de lutte pour sauvegarder la vie des deux anarchistes italiens seront amplement comment&#233;es. Ce suppl&#233;ment, dans son num&#233;ro du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; Mai de la m&#234;me ann&#233;e, reproduit un dessin repr&#233;sentant la chaise &#233;lectrique &#224; c&#244;t&#233; de la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ploutocratie yankee&lt;/q&gt;, dessin qui faisait la couverture de&lt;i&gt; L'Agitazione&lt;/i&gt; d'ao&#251;t 1921, organe du Comitato di Difesa pro Sacco e Vanzetti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des moments d'une intense activit&#233; id&#233;ologique, ainsi que d'agitation ouvri&#232;re. Dans les colonnes de &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; d&#233;bute une importante pol&#233;mique internationale &#224; propos de la cr&#233;ation de l'AIT (Association internationale des travailleurs) et de son Congr&#232;s constituant de Berlin (25 d&#233;cembre 1922 - 2 janvier 1923). La FORA envoya deux d&#233;l&#233;gu&#233;s et, &#224; l'&#233;poque, selon les estimations de Rocker, elle comptait 200 000 adh&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; menait une campagne contre la Charte d'Amiens et contre ce qu'elle appelait le syndicalisme &#171; pur &#187; ou &#171; neutre &#187;. Le congr&#232;s de la FORA accueillit avec une certaine froideur la proposition d'adh&#233;sion &#224; l'AIT. La FORA &#233;tait contre Moscou &#8212; l'Internationale syndicale rouge, ISR, n&#233;e &#224; Moscou en 1921, &#233;tait un appendice de la III&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; Internationale et contre Amsterdam &#8212; l'Internationale r&#233;formiste, FSI, constitu&#233;e en 1919. Mais elle faisait trois objections principales au congr&#232;s de Berlin elle critiquait : 1. L'acceptation du concept d'&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;unit&#233; du prol&#233;tariat&lt;/q&gt; qui emp&#234;cha le congr&#232;s de prendre des r&#233;solutions dans le sens d'assurer l'ind&#233;pendance de l'AIT. 2. Les concessions &#224; Moscou, dont la plus importante &#233;tait la motion des Comit&#233;s de d&#233;fense syndicale de France, dans le sens de poursuivre les d&#233;marches de &#171; rapprochement &#187; avec les chefs de l'Internationale syndicale rouge. 3. La conception du syndicalisme dans la p&#233;riode post-r&#233;volutionnaire dont le contenu id&#233;ologique &#233;tait rejet&#233; car &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;il incarne une vis&#233;e &#233;tatiste dissimul&#233;e et comprend de fait le pr&#233;misse autoritaire &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tout le pouvoir aux syndicats&lt;/q&gt;&lt;/q&gt;.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. l'article &#171; Las Internacionales &#187;, La Protesta, n&#176;4 270 du 24 f&#233;vrier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'int&#233;rieur du pays, les diff&#233;rentes positions amen&#232;rent la cr&#233;ation, en 1922, de l'Union syndicale argentine (USA) qui est en r&#233;alit&#233; le r&#233;sultat de la fusion du courant appel&#233; &#171; anarcho-dictatorial &#187; &#8212; cons&#233;quence de l'anarcho-bolchevisme apparu durant la r&#233;volution russe &#8212; avec les tendances syndicalistes et socialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat social &#233;tait lourd car la r&#233;pression patronale et la violence polici&#232;re constituaient les r&#233;ponses habituelles aux revendications prol&#233;tariennes. Les gr&#232;ves solidaires mobilisaient de grandes masses humaines. Pour ne donner qu'un exemple, rappelons qu'en m&#234;me temps que commen&#231;ait le drame de Boston, en Argentine, avait lieu &#171; le massacre de la Patagonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1763 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;40&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/arton57.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/arton57-54d08.png?1774841445' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Ouvriers prisonniers (Patagonie 1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves rurales furent d&#233;clench&#233;es dans les ann&#233;es 20 par les premi&#232;res organisations ouvri&#232;res &#8212; les soci&#233;t&#233;s de r&#233;sistance affili&#233;es &#224; la FORA &#8212; entre les petits ports et les grandes &#233;tendues d&#233;sertiques du Sud. Elles furent mat&#233;es par l'arm&#233;e, envoy&#233;e par le gouvernement, sous le commandement du colonel Varela muni des pleins pouvoirs pour r&#233;primer le mouvement. Varela fusilla les travailleurs par centaines. Quand les faits furent connus &#224; Buenos Aires, vers 1922, l'indignation des anarchistes fut &#233;norme. Un camarade d'origine allemande, Kurt Wilckens&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Kurt Wilckens &#233;migra aux &#201;tats-Unis &#224; vingt-quatre ans, il y travailla comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, pacifiste et antimilitariste, tua Varela un matin du mois de janvier 1923.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1271 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH206/kgwilckens-45ad8-4e9f7.jpg?1774711687' width='150' height='206' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Kurt Wilckens.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Wilckens fut assassin&#233; &#224; son tour dans sa cellule, pendant son sommeil, par un membre de la Ligue patriotique argentine, lequel &#8212; on n'a jamais su par quel moyen &#8212; p&#233;n&#233;tra dans la prison en tant que gardien pour r&#233;aliser ce &#171; travail &#187;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'histoire a une suite. Ce militant d'extr&#234;me droite, qui s'appelait Perez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Pour les anarchistes, Wilckens &#233;tait un h&#233;ros et, mort, devint un martyr. Lorsque la nouvelle de son assassinat fut connue, la r&#233;action fut spontan&#233;e : au petit matin, les ouvriers commenc&#232;rent &#224; abandonner le travail et le mouvement se g&#233;n&#233;ralisa &#224; tout le pays. &lt;i&gt;La Protesta &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Antorcha &lt;/i&gt; appel&#232;rent &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. A midi, la FORA d&#233;clara un arr&#234;t de travail g&#233;n&#233;ral pour un temps ind&#233;termin&#233; et invita le peuple &#224; descendre dans la rue. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Travailleurs ! Que personne ne se taise. Ne pas descendre dans la rue dans cette grave circonstance c'est se solidariser avec les barbares &#233;v&#233;nements de Patagonie et avec l'inadmissible assassinat perp&#233;tr&#233; &#224; la Prison Nationale.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une apr&#232;s l'autre, toutes les organisations ouvri&#232;res se lancent dans la gr&#232;ve : les autonomes et l'autre centrale, l'USA. Mais celle-ci demanda &#224; ses affili&#233;s de rester chez eux, de ne pas participer aux manifestations. Deux jours plus tard, toutes les grandes villes sont paralys&#233;es. La gr&#232;ve des ports et des transports est totale. Un groupe d'ouvriers boulangers est assi&#233;g&#233; par la police dans le local de la FORA, en plein centre de Buenos Aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La FORA pr&#233;pare une grande manifestation, que le gouvernement interdit le jour-m&#234;me o&#249; celle-ci devait avoir lieu. L'USA appelle &#224; la reprise du travail. Lorsque des milliers d'ouvriers commencent &#224; se concentrer pour le meeting pr&#233;vu, la police t&#226;che d'&#233;vacuer le local occup&#233; par les boulangers. Une v&#233;ritable bataille rang&#233;e &#224; coups de pistolets a lieu, qui se solde, du c&#244;t&#233; anarchiste, par deux morts, dix-sept bless&#233;s et cent soixante-trois d&#233;tenus. Du c&#244;t&#233; de la police, par un mort et trois bless&#233;s. La gr&#232;ve se poursuit, mais apr&#232;s la d&#233;fection de l'USA le mouvement s'effrite. Malgr&#233; les efforts d&#233;sesp&#233;r&#233;s du groupe irr&#233;ductible des anarchistes, tout est fini une semaine apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anarchistes n'oubli&#232;rent pas Wilckens, mais la scission dans le camp ouvrier devenait de plus en plus profonde. La FORA avec sa position r&#233;volutionnaire et anarchiste, s'isolait ; les syndicalistes purs et les communistes n'avaient pas beaucoup de succ&#232;s avec l'USA et les socialistes cr&#233;&#232;rent une nouvelle centrale en 1926 : la COA (Conf&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re argentine)&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1930, peu de temps avant le coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Uriburu qui inaugure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'on approche de l'ann&#233;e 1926, l'agitation permanente en faveur de Sacco et Vanzetti, maintenue par les anarchistes, commence &#224; porter des fruits. La presse bourgeoise informe abondamment sur le d&#233;roulement du proc&#232;s. Des meetings de protestation ont lieu sans distinction d'id&#233;ologies et des centaines de comit&#233;s &#171; pro Sacco y Vanzetti &#187; virent le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que l'action de masses pr&#233;conis&#233;e par la FORA, un autre ph&#233;nom&#232;ne se produisit : la violence individuelle, qui n'&#233;tait pas nouvelle, mais qui d&#233;boucha sur l'attentat aveugle. Et dans le camp des anarchistes surgit une division profonde. Un dimanche de mai 1926, &lt;i&gt;La Antorcha&lt;/i&gt; organise dans un th&#233;&#226;tre de la capitale une r&#233;union pour les condamn&#233;s de Dedham, auquel assiste beaucoup de monde. Le soir, une puissante bombe explose &#224; l'ambassade des &#201;tats-Unis. La r&#233;pression ne se fait pas attendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mesure est de perquisitionner le local du comit&#233; &#171; Pro Sacco y Vanzetti &#187; et d'arr&#234;ter plusieurs militants connus. Le p&#233;riodique &lt;i&gt;La Antorcha &lt;/i&gt; est mis sous s&#233;questre et, dans un autre local, sont arr&#234;t&#233;s soixante-dix militants.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1764 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/arton79.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/arton79-988df.png?1774841445' width='500' height='250' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L'agitation continue et s'intensifie dans les derniers mois de la trag&#233;die. Le 7 avril 1927, le journal &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; annonce la confirmation de la condamnation &#224; mort prononc&#233;e par le juge Thayer. La Cour supr&#234;me de justice de l'&#201;tat du Massachusets se refusait &#224; la r&#233;vision du proc&#232;s. Sous le coup de l'&#233;motion caus&#233;e par cette nouvelle, une r&#233;union de militants de la FORA d&#233;clare une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de protestation. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'arr&#234;t du travail devint effectif le lendemain m&#234;me et pour une dur&#233;e de 48 heures&lt;/q&gt;, &#233;crit Lopez Arango dans le suppl&#233;ment de &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'USA, &#224; son tour, d&#233;cr&#232;te un arr&#234;t de travail de vingt-quatre heures pour le 15 juin. Malgr&#233; les accusations de &#171; cam&#233;l&#233;onisme &#187; et de trahison avec lesquelles les anarchistes accablent les syndicalistes, la FORA appelle aussi &#224; l'arr&#234;t du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ex&#233;cution de Sacco et Vanzetti avait &#233;t&#233; repouss&#233;e au 10 ao&#251;t. Les appels de &lt;i&gt;La Antorcha &lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; &#224; une grande mobilisation populaire deviennent pressants : il faut d&#233;montrer &#224; la bourgeoisie qu'on ne peut pas tuer deux enfants du peuple impun&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 22 juillet au soir, &#224; Buenos Aires, le monument Washington vole en &#233;clats. Quelques minutes plus tard, un deuxi&#232;me engin &#233;clate &#224; l'agence de la Ford Motor Company. Imm&#233;diatement, la police recherche les membres du Comit&#233; d'agitation &#171; pro Sacco et Vanzetti &#187;, consid&#233;r&#233;s comme &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;antorchistes&lt;/q&gt; dissidents de la FORA.&lt;/q&gt; Une fois de plus, la FORA d&#233;clare la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le vendredi 5 ao&#251;t, quelques jours avant la date pr&#233;vue pour l'accomplissement de la sentence ; elle dura deux jours et fut reconduite le mercredi 10. Le 11, elle fut suspendue &#224; nouveau &#224; l'annonce du recul de la date de l'ex&#233;cution. L'&#233;tat de gr&#232;ve existait depuis le jeudi 4 ao&#251;t dans tout le pays et principalement dans les grandes villes telles que Rosario, Bahia Blanca et San Juan. Malgr&#233; le fait que la COA n'ait donn&#233; aucune consigne, plusieurs syndicats affili&#233;s &#224; cette centrale se sont mis en gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce fut le 10 ao&#251;t que l'effervescence populaire atteignit son maximum : ce jour-l&#224;, les trois centrales ouvri&#232;res et les syndicats autonomes avaient d&#233;cr&#233;t&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. La journ&#233;e commen&#231;a avec des explosions au Palais des Tribunaux et dans deux gares, sans faire de victimes. Dans l'apr&#232;s-midi, trois grandes manifestations sont pr&#233;vues sur des places centrales de la capitale : &#224; Plaza Once, les syndicats autonomes (anarchistes) et la Commission d'agitation pour Sacco et Vanzetti ; &#224; la Plaza Constituci&#243;n, la FORA ; et &#224; la Plaza del Congreso, la COA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police renforce les contr&#244;les et les arrestations ; il y a des d&#233;tenus, et parmi eux les anarchistes Alberta Bianchi et Horacio Badaracco qui commencent une gr&#232;ve de la faim. Le chef des Renseignements, Eduardo Santiago, d&#233;clare aux journalistes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous contr&#244;lons parfaitement la situation&lt;/q&gt;. La nuit suivante &#8212; le 16 ao&#251;t &#8212;, sa maison est d&#233;truite par une bombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et arrive le fatidique 22 ao&#251;t. Une fois de plus, la gr&#232;ve est g&#233;n&#233;rale et la FORA la prolonge de vingt-quatre heures. Une v&#233;ritable multitude passe la nuit dans les avenues et les caf&#233;s, attendant les journaux du matin : la rage impuissante se manifeste dans l'&#233;clat des p&#233;tards, les vitrines cass&#233;es et quelques tramways incendi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Antorcha&lt;/i&gt; s'&#233;tait &#233;cri&#233;e : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Tous ceux qui sont tomb&#233;s doivent &#234;tre veng&#233;s !&lt;/q&gt; &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; &#233;crivit : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ils ne pouvaient pas &#233;chapper &#224; la chaise &#233;lectrique les deux rebelles accus&#233;s de vol et d'assassinat. Sacco et Vanzetti ne faisaient pas partie des bandes de contrebandiers de liqueurs, organis&#233;es librement aux &#201;tats-Unis. Ils n'&#233;taient pas chefs d'une des nombreuses associations de criminels qui ont notoirement leur si&#232;ge &#224; Chicago et Boston, &#224; New York et Philadelphie. On les accusa d'un d&#233;lit commun, ils furent reconnus coupables par le juge Thayer gr&#226;ce aux proc&#233;d&#233;s tortueux de la police, les condamnant &#224; la peine de mort.&lt;/q&gt; Ils ne pouvaient pas y &#233;chapper, ils &#233;taient &#233;trangers et anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici se termine le drame des deux camarades Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, mais l'histoire ne s'arr&#234;te pas &#224; Buenos Aires et les anarchistes continu&#232;rent avec leurs esp&#233;rances, leur activisme et leurs passions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre de la m&#234;me ann&#233;e, on apprit qu'un fabricant de cigarettes populaires voulait sortir une nouvelle marque qui devait s'appeler &#171; Sacco et Vanzetti &#187;, afin de profiter de la promotion que ces deux noms pouvaient lui apporter. Les anarchistes prirent mal la chose, et la manufacture de tabac cessa d'exister.&lt;i&gt; La Antorcha&lt;/i&gt; rendit compte des faits en ces termes : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;A la protestation de Rosina Sacco s'est jointe la protestation des anarchistes de Buenos Aires. Le seul fait de savoir de quelle fa&#231;on on essayait de sp&#233;culer avec les deux victimes provoqua la juste vindicte anarchiste. Le 26 novembre, une puissante bombe de dynamite rasait la boutique du marchand.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation populaire pour Sacco et Vanzetti n'&#233;tant plus possible, l'action individuelle pr&#233;tendit la remplacer et les cons&#233;quences en seront n&#233;fastes. C'est la veille de No&#235;l 1927. Les rues du centre de la ville sont pleines de monde press&#233;. Les banques s'appr&#234;tent &#224; fermer &#224; midi. Dans le grand hall de la National City Bank explose une bombe ; quelques minutes plus tard, une autre est allum&#233;e &#224; la banque de Boston, qui n'explose pas. Il y a deux morts et vingt-trois bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explosions avaient eu lieu un samedi et quelques heures plus tard la police (Ordre Social) se lan&#231;a de fa&#231;on indiscrimin&#233;e contre les anarchistes. Plus de cent ouvriers seront d&#233;tenus dans les locaux de la FORA. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;D&#232;s le premier moment, la police perquisitionna le local de &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La Antorcha&lt;/span&gt;, arr&#234;tant ceux qui s'y trouvaient, Gonzalez Pacheco et Horacio Badaracco parmi d'autres. Lundi 26 &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;La Protesta&lt;/span&gt; est perquisitionn&#233;e et le personnel de l'atelier emprisonn&#233;, ainsi qu'une partie de celui de l'administration et de la r&#233;daction&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Protesta, suppl&#233;ment bi-mensuel, ann&#233;e VII, n&#176; 276, p. 14.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Le journal ne para&#238;tra pas pendant deux jours. La razzia continuera le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce moment-l&#224;, la division qui existait d&#233;j&#224; dans le mouvement anarchiste argentin devint de plus en plus profonde et dura de longues ann&#233;es. &lt;i&gt;La Antorcha &lt;/i&gt; essaya de justifier l'attentat, le pla&#231;ant sous le signe de la fatalit&#233;.&lt;i&gt; La Protesta &lt;/i&gt; fut absolument contre. Dans ses colonnes D.A. de Santillan et Emilio Lopez Arango fustig&#232;rent les attentats individuels et &#171; anarcho-banditisme &#187;, ce qui amena, fin 1926, &#224; l'assassinat de Lopez Arango. Mais ceci fait partie d'une autre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; Suppl&#233;ment de&lt;i&gt; La Protesta&lt;/i&gt;. (On peut le consulter &#224; la Biblioth&#232;que internationale de documentation contemporaine, Nanterre) &lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Los vengadores de la Patagonie tragica&lt;/i&gt;. Osvaldo Bayer, 4 vol. publi&#233;s &#224; Buenos Aires. &#233;d. Galerne, 1972, et &#224; Frankfort, &#233;d. Hammer, 1978. &lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Severino Di Giovanni. El idealista de la violencia&lt;/i&gt;, Osvaldo Bayer, &#233;d. Galerne, Buenos Aires. 1970. &lt;br /&gt;&lt;i class=&#034;fas fa-fw fa-caret-right&#034;&gt;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Sacco et Vanzetti, dos nombres para la protesta&lt;/i&gt;, in la revue &lt;i&gt;Todo es historia&lt;/i&gt;, n&#176;25, &#233;crit par Fernando Quesada.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comit&#233; d'aide aux prisonniers et d&#233;port&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. l'article &#171; Las Internacionales &#187;, &lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt;, n&#176;4 270 du 24 f&#233;vrier 1923, et la r&#233;ponse de R. Rocker : &#171; A propos de certaines choses de l'Association internationale des travailleurs &#187; &#171; (&lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt; n&#176;4 440, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 1923).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Kurt Wilckens &#233;migra aux &#201;tats-Unis &#224; vingt-quatre ans, il y travailla comme mineur et participa activement &#224; l'IWW. Expuls&#233; du pays, il rentre en Allemagne avant de partir pour l'Argentine en 1920. Il milite &#224; la FORA En 1922, il est correspondant de &lt;i&gt;Alarm &lt;/i&gt; d'Hambourg (organe de la F&#233;d&#233;ration anarchiste et des communaut&#233;s libertaires de travailleurs) et de &lt;i&gt;Der Syndicalist &lt;/i&gt; (organe de la FAUD).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'histoire a une suite. Ce militant d'extr&#234;me droite, qui s'appelait Perez Millau Temperley, fut tu&#233; par des anarchistes dans l'asile d'ali&#233;n&#233;s o&#249; il avait &#233;t&#233; conduit afin de lui &#233;pargner la prison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1930, peu de temps avant le coup d'&#201;tat du g&#233;n&#233;ral Uriburu qui inaugure la p&#233;riode des coups militaires en Argentine &#8212; et qui d&#233;clenche une r&#233;pression violente et g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre la FORA &#8212;, les centrales USA et COA fusionnent pour cr&#233;er l'actuelle CGT. La premi&#232;re d&#233;claration publique de cette nouvelle centrale fut un soutien au soul&#232;vement militaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Protesta&lt;/i&gt;, suppl&#233;ment bi-mensuel, ann&#233;e VII, n&#176; 276, p. 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pana&#239;t Istrati </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Pana&#239;t Istrati</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le 3 janvier 1921, dans le parc Albert-1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; &#224; Nice, un homme &#226;g&#233; de 37 ans tente de se donner la mort en se tranchant la gorge. Ce fait divers passa presque inaper&#231;u et pourtant cet individu n'&#233;tait autre que le &lt;q&gt;Gorki des Balkans&lt;/q&gt;, Pana&#239;t Istrati. Romain Rolland le pr&#233;sentera ainsi aux lecteurs fran&#231;ais, le 15 ao&#251;t 1923, &#224; l'occasion de la parution dans la revue &lt;i&gt;Europe &lt;/i&gt; de son premier conte&lt;i&gt; Kyra Kyralina&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no12-henry-poulaille-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;12 : &#171; Henry Poulaille &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-panait-istrati-+" rel="tag"&gt;Pana&#239;t Istrati&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1262-7474c.jpg?1774717472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 3 janvier 1921, dans le parc Albert-1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; &#224; Nice, un homme &#226;g&#233; de 37 ans tente de se donner la mort en se tranchant la gorge. Ce fait divers passa presque inaper&#231;u et pourtant cet individu n'&#233;tait autre que le &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Gorki des Balkans&lt;/q&gt;, Pana&#239;t Istrati. Romain Rolland le pr&#233;sentera ainsi aux lecteurs fran&#231;ais, le 15 ao&#251;t 1923, &#224; l'occasion de la parution dans la revue &lt;i&gt;Europe &lt;/i&gt; de son premier conte&lt;i&gt; Kyra Kyralina&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pana&#239;t Istrati est n&#233; le 24 ao&#251;t 1884 &#224; Bra&#239;la, en Roumanie. Sa m&#232;re, Zo&#239;tza Istrati, est blanchisseuse et son p&#232;re, Gherassim Valsamis, Grec originaire de l'&#238;le de C&#233;phalonie, vit de la contrebande du tabac dans la r&#233;gion. En 1885, il laisse femme et enfant pour retourner en Gr&#232;ce o&#249; il restera jusqu'&#224; sa mort. Le jeune Istrati est alors plac&#233; chez sa grand-m&#232;re maternelle &#224; Baldovinesti, un hameau &#224; la campagne, autrefois repaire de ha&#239;doucs&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bandits de grand chemin et personnages de l&#233;gende dans l'histoire roumaine.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Il y c&#244;toie ses oncles Dimi et Anghel. Sa m&#232;re peut ainsi se consacrer &#224; son travail, &#224; raison de trois &#224; quatre maisons par jour. Bient&#244;t, cependant, elle le reprendra et, la suivant d'un quartier &#224; l'autre, il d&#233;couvre la mis&#232;re qui l'entoure. Chez lui, il n'est gu&#232;re malheureux : brioche et &#339;ufs rouges &#224; P&#226;ques, porc &#224; No&#235;l et jouet de temps en temps. Les punitions corporelles et les injures ne lui sont connus que par ses voisins&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pana&#239;t Istrati, Le P&#232;lerin du c&#339;ur (souvenirs), &#233;d. Gallimard, 1984.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Ainsi la vie s'&#233;coule jusqu'en 1891 o&#249;, &#224; l'&#226;ge de 7 ans, il commence les quatre ann&#233;es d'enseignement primaire obligatoire &#224; l'&#233;cole n&#176;3 de Bra&#239;la. Il redouble sa premi&#232;re ann&#233;e et, selon ses propres &#233;crits, il est un &#233;colier sage et m&#233;diocre. D&#232;s ce moment, il gardera en m&#233;moire tout ce qu'il vivra pour s'en servir plus tard dans ses livres. De cette enfance mouvement&#233;e, bien qu'heureuse aupr&#232;s de sa m&#232;re, certains &#233;pisodes seront d&#233;crits, avec quelques modifications dans &lt;i&gt;Oncle Anghel &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pana&#239;t Istrati, Oncle Anghel, &#233;d. Gallimard, 1992.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 12 &#224; 17 ans (1896 &#224; 1901), il demeure &#224; Bra&#239;la ou dans les environs, occupant de multiples emplois d'apprenti : gar&#231;on de cabaret et d'&#233;picerie, p&#226;tissier, m&#233;canicien, serrurier et chaudronnier, p&#234;cheur, ouvrier dans une usine de cordage... Cette instabilit&#233;, qui le pousse d'un m&#233;tier &#224; l'autre, lui permet de constater et de comprendre le drame social qui afflige sa classe : la servilit&#233;. D&#232;s lors, il sera en r&#233;volte permanente contre l'autorit&#233; et en qu&#234;te d'une justice absolue : &#224; 14 ans, il se d&#233;clare pr&#234;t &#224; agir pour que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'heure de la justice arrive sur cette terre&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Id., Le P&#232;lerin du c&#339;ur, op. cit.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cette p&#233;riode est &#233;galement marqu&#233;e par sa passion de lire et sa rencontre avec Mikha&#239;l Mikha&#239;lovici Kazanski, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;l'ami unique destin&#233; &#224; tout &#234;tre humain&lt;/q&gt;. Amiti&#233; qui durera neuf ans, seulement interrompue par la mort de celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ha&#239;douc de Bra&#239;la &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toujours &#224; la recherche de nouveaux horizons et de rencontres, une autre p&#233;riode de sa vie tumultueuse s'ouvre avec les ann&#233;es de vagabondage. Au grand d&#233;sespoir de sa m&#232;re, il part pour Bucarest avec Mikha&#239;l. Il y sera tour &#224; tour valet d'&#233;tage, agent dans un bureau de placement, domestique. De ce moment date ses premiers contacts avec le mouvement socialiste. Il se liera &#233;galement d'amiti&#233;, et pour longtemps, avec la famine, les poux et la mis&#232;re. Des divergences de vue le s&#233;pare momentan&#233;ment de Mikha&#239;l qui d&#233;cide de partir pour la Mandchourie. Quant &#224; lui, se retrouvant seul et sans argent, il gagne Giurgiu, un port danubien &#224; la fronti&#232;re bulgare, o&#249; il esp&#232;re trouver du travail. Occasionnellement man&#339;uvre d&#233;chargeant les wagons de sel, de dures conditions de vie l'accablent, qu'il &#233;voquera dans &lt;i&gt;Sarkiss &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des Arm&#233;niens y faisaient alors commerce et l'un d'eux s'appelait Sarkiss. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Couch&#233; dans une baraque &#224; moiti&#233; couverte, par un gel de 25 degr&#233;s, sans couverture, sans matelas, sur la paille. Tous les deux ou trois jours, un peu de pain avec du th&#233; par la piti&#233; des Arm&#233;niens.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1746 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-7.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH185/sans_titre-2-7-ff17a-c7460.jpg?1774767172' width='150' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sa m&#232;re vient finalement le chercher et le ram&#232;ne &#224; la maison. Ce retour &#224; Bra&#239;la le stabilise un peu et il apprend le m&#233;tier de peintre en b&#226;timent. Pendant quelque temps, il conna&#238;t une vie heureuse. En 1905, la R&#233;volution russe l'enthousiasme et le 24 janvier il participe &#224; la grande manifestation de solidarit&#233; envers celle-ci. Cette m&#234;me ann&#233;e le voit dispens&#233; de service militaire apr&#232;s un mois de caserne. Le 12 d&#233;cembre 1906, il part en Egypte rejoindre Mikha&#239;l et, de 1906 &#224; 1912, il fera six fois le voyage aller-retour en Egypte et au Proche-Orient. En 1907, il y passe toute l'ann&#233;e. Ces ann&#233;es de vagabondage, ainsi que la mort de Mikha&#239;l, Istrati les racontera dans &lt;i&gt;M&#233;diterran&#233;e &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Lever de soleil et Coucher de soleil&lt;/i&gt;, inclus dans le volume III de ses &#339;uvres : &lt;i&gt;Vie d'Adrien Zograffi&lt;/i&gt;). De retour en Roumanie en 1912, il participe au Congr&#232;s socialiste qui le nomme secr&#233;taire du syndicat des dockers du port de Bra&#239;la. Atteint de tuberculose, il est hospitalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une ann&#233;e pass&#233;e au syndicat des dockers, Istrati d&#233;cide de partir d&#233;couvrir Paris. Le 25 d&#233;cembre 1913, il foule le pav&#233; parisien et commence un s&#233;jour de quatre ans au cours duquel il fait la connaissance de Georges Ionesco, un cordonnier roumain, activiste du mouvement socialiste roumain avant 1905. Il poss&#233;dait un magasin de chaussures au 24, rue du Colis&#233;e et Istrati y s&#233;journera un certain temps (une plaque comm&#233;more son passage). S'ennuyant &#224; Paris, notre vagabond retourne &#224; Bra&#239;la et exerce le m&#233;tier de peintre en b&#226;timent, puis se lance dans l'&#233;levage de porcs. La Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;clate et il se brouille avec le mouvement socialiste qui lui reproche d'&#234;tre trop &#224; gauche. En 1915, il &#233;pouse Jeannette Maltus, militante socialiste : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tr&#232;s bonne oratrice, mais peu apte pour l'&#233;levage des porcs&lt;/q&gt;, &#233;crira-t-il dans un texte autobiographique dat&#233; de mars 1923.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son mariage n'est pas une r&#233;ussite et, pour soigner sa tuberculose, il quitte seul la Roumanie en mars 1916 pour la Suisse. Il s&#233;journe &#224; Leysin et demeure pendant trois mois au repos complet. A 32 ans, Istrati apprend le fran&#231;ais en se servant d'un dictionnaire afin de lire les classiques. Puis de nouveaux m&#233;tiers, une d&#233;ception amoureuse, la famine et la d&#233;tresse, mais cette fois tout cela se d&#233;roulera &#224; travers divers cantons helv&#233;tiques. En janvier 1919, malade, il est hospitalis&#233; par la Croix-Rouge am&#233;ricaine au sanatorium de Sylvana-sur-Lausanne. Etant toujours anim&#233; par la passion de la lecture, un jeune journaliste&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Josu&#233; Jehouda, &#233;crivain et journaliste, avec lequel il a &#233;crit La Famille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; lui conseille &lt;i&gt;Vies des hommes illustres&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;Jean-Christophe&lt;/i&gt;, de Romain Rolland. Il d&#233;vore les &#339;uvres de cet auteur en quatre mois et, d&#232;s lors, lui vouera une admiration sans bornes, trouvant dans ses romans de quoi esp&#233;rer en une humanit&#233; meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH212/rolland_postcard-30d6b-f5278.jpg?1774767172' width='150' height='212' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 20 ao&#251;t 1919, il lui &#233;crit une lettre et l'adresse &#224; l'h&#244;tel d'Interlaken o&#249; Romain Rolland s&#233;journe. Cette lettre qui lui reviendra le plongera dans un profond d&#233;sarroi qu'il r&#233;sume ainsi : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis 1919 &#8212; quand ma lettre me fut retourn&#233;e avec la mention &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;parti sans laisser d'adresse&lt;/q&gt; &#8212; et jusqu'en 1921, j'ai v&#233;cu deux ann&#233;es en vous lisant et en me demandant sans cesse : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Est-il possible que cet homme n'ait pas voulu recevoir ma lettre ? Est-elle, vraiment, si laide l'existence ?&lt;/span&gt;. Et en un jour de triste janvier, d'autres peines y aidant, je me suis r&#233;pondu : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Oui, elle est laide, finissons-en !&lt;/span&gt;&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi arrive ce jour du 3 janvier 1921, &#224; Nice, o&#249; &#233;c&#339;ur&#233; par 25 ans de luttes avec la vie, il tente de se suicider. Parmi ses papiers, on trouve la lettre et Fernand Despr&#232;s, journaliste &#224; &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, se charge de la faire parvenir &#224; son destinataire. Romain Rolland, boulevers&#233; par ce que lui &#233;crit Pana&#239;t Istrati, lui r&#233;pond le 15 mars. C'est le d&#233;but d'une importante correspondance et d'une profonde amiti&#233;. Le 27 mars, &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt; publie le premier article d'Istrati, &#171; Nicola&#239; Tziganou &#187;, &#233;pisode de la lutte r&#233;volutionnaire de l'&#233;poque pass&#233;e &#224; Bra&#239;la o&#249;, avec Stephan Gheorgh&#239;u, il organisa la grande gr&#232;ve des ouvriers portuaires. Les ann&#233;es qui suivent nous montrent un Pana&#239;t Istrati photographe ambulant sur la C&#244;te d'Azur et en Normandie, ou peintre en b&#226;timent &#224; Paris. Encourag&#233; par Romain Rolland qu'il rencontre enfin en 1922, il va extirper du plus profond de lui son amour pour l'homme et raconter ce qu'il a v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 37 ans pass&#233;, avec seulement quatre ann&#233;es d'&#233;cole primaire et une vie de vagabond rythm&#233;e par la mis&#232;re, la faim et sa tuberculose qui l'oblige &#224; de fr&#233;quents s&#233;jours en sanatorium, il r&#233;ussit comme le souligne Michel Ragon (7) &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le prodige d'&#233;crire dans une langue qui n'est pas la sienne dix-huit livres, t&#233;moignage d'une &#233;pop&#233;e populaire balkanique passionnante et que l'on ne peut en effet comparer qu'&#224; l'&#339;uvre s&#339;ur de Gorki&lt;/q&gt;. Parmi ces livres, citons entre autres : &lt;i&gt;Kyra Kyralina&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Oncle Anghel&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pr&#233;sentation des ha&#239;doucs&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les Chardons du Baragan&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Vers l'autre flamme &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; En 1925, Henry Poulaille, voulant rompre le silence qui suit la publication d'&lt;i&gt;Oncle Anghel&lt;/i&gt; cr&#233;e un &#233;v&#233;nement litt&#233;raire, le Prix sans nom, qui est attribu&#233; &#224; Pana&#239;t Istrati. Celui qui fut pendant quelque temps son ami le d&#233;crit ainsi : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &#233;tait oriental sans s'en rendre compte &#224; quel point ! D'une exub&#233;rance sans nuances (...). Il eut au moins autant d'amis qu'il put ensuite avoir d'ennemis &#8212; parfois ce furent les m&#234;mes d'ailleurs... Il professait l'amiti&#233; mais un peu comme un proph&#232;te, tr&#232;s &#233;gocentriquement. Se prenant &#224; ses propres paroles, mais les oubliant aussit&#244;t... Istrati, s'il avait bien des d&#233;fauts, comme homme et comme auteur (...), avait aussi du g&#233;nie&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/panait-istrati-_i-nikos-kazantzakis-in-urss-in-1927-1107x1600.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH217/panait-istrati-_i-nikos-kazantzakis-in-urss-in-1927-1107x1600-9744c-3ee31.jpg?1774767172' width='150' height='217' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Le 15 octobre 1927, invit&#233; aux f&#234;tes du X&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; anniversaire de la r&#233;volution d'Octobre, il part pour Moscou en compagnie de l'ambassadeur d'URSS en France, Christian Rakovsky. De cette date au 15 f&#233;vrier 1929, il va parcourir ce pays de long en large, d'abord avec une d&#233;l&#233;gation officielle qui lui permettra de rencontrer Victor Serge et Maxime Gorki, puis en compagnie de Nikos Kazantzaki, &#233;crivain grec, qui sera son &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;compagnon de route &#224; travers l'URSS &#224; la recherche d'une humanit&#233; meilleure&lt;/q&gt;. Son enthousiasme est complet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un bref s&#233;jour en Gr&#232;ce o&#249; il est inculp&#233; pour &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;discorde sociale et agitation communiste&lt;/q&gt;, il retourne &#224; la d&#233;couverte de l'URSS avec son ami Kazantzaki, de Mourmansk au Caucase, de l'Ukraine &#224; l'Astrakan. Eloign&#233; de la d&#233;l&#233;gation officielle, il s'apercevra en cette arm&#233;e 1928 de la r&#233;alit&#233; de la terrible collectivisation des campagnes. Il conna&#238;tra sous son vrai jour la patrie du socialisme o&#249; r&#232;gnent les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;exploiteurs du peuple&lt;/q&gt;, &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ces poux qui d&#233;vorent la r&#233;volution&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;400&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/_NqF4teTRwo&#034; title=&#034;YouTube video player&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;De retour &#224; Paris, il ne peut se taire et d&#233;cide de transcrire ce qu'il a vu. Le 20 mai 1929, il annonce &#224; Romain Rolland dans une carte postale qu'il a termin&#233; le premier volume de la trilogie &lt;i&gt;Vers l'autre flamme&lt;/i&gt; : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ami, j'ai cass&#233; la vaisselle !&lt;/q&gt;. En octobre, sort le premier volume. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce sera,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, un terrible p&#233;tard dans toute l'Europe, car ces volumes sont, comme leur titre l'affirme : feu et flamme ! &lt;/q&gt; D&#232;s lors, la gauche fran&#231;aise dans son ensemble va le renier et le poursuivre de calomnies. Henri Barbusse orchestrera une violente campagne de presse qui l'accusera de trahison. En juin, il rencontre une derni&#232;re fois Romain Rolland qui d&#233;cidera d'arr&#234;ter toute correspondance en 1930, d&#233;sapprouvant ses &#233;crits de retour d'URSS (ils la reprendront en 1934).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH179/50450432282_6e8d73ed32_w-9b449-309b8.jpg?1774767172' width='150' height='179' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;descriptif
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Pana&#239;t Istrati poursuivra son &#339;uvre litt&#233;raire avec la publication du &lt;i&gt;P&#234;cheur d'&#233;ponges&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Tsatsa-Minnka&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Maison Th&#252;ringer&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Bureau de placement&lt;/i&gt;. Attaqu&#233; de toutes parts, se retrouvant seul, il retourne &#224; Bra&#239;la en 1930. Deux ans plus tard, il fera une tourn&#233;e de conf&#233;rences (&#171; Les arts et l'humanit&#233; d'aujourd'hui &#187;) &#224; Vienne, Munich, Cologne... De sanatorium en sanatorium, en 1935, apr&#232;s que les &#233;ditions Rieder aient fait faillite et e&#251;t cess&#233; le paiement de ses droits d'auteur, il gagnera son pain comme lecteur de manuscrits dans une maison d'&#233;dition populaire. Gravement malade, il d&#233;c&#233;dera le 16 avril 1935 &#224; Bucarest o&#249; il fut enterr&#233; sans service religieux au cimeti&#232;re Bellu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui son &#339;uvre litt&#233;raire est reconnu comme &#233;tant celle d'un grand &#233;crivain de langue fran&#231;aise, h&#233;las ! pratiquement inconnu en Roumanie, et il restera ainsi que l'a d&#233;crit Nikos Kazantzaki : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pana&#239;t Istrati n'est ni communiste, ni bourgeois, ni ouvrier, ni intellectuel. Il vit en de&#231;&#224; des &#233;tiquettes &#233;ph&#233;m&#232;res de la phras&#233;ologie contemporaine. Il est l'&#226;me qui, dans le corps humain, se bat pour la libert&#233;&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bandits de grand chemin et personnages de l&#233;gende dans l'histoire roumaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pana&#239;t Istrati, &lt;i&gt;Le P&#232;lerin du c&#339;ur&lt;/i&gt; (souvenirs), &#233;d. Gallimard, 1984.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pana&#239;t Istrati,&lt;i&gt; Oncle Anghel&lt;/i&gt;, &#233;d. Gallimard, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Id., &lt;i&gt;Le P&#232;lerin du c&#339;ur&lt;/i&gt;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Des Arm&#233;niens y faisaient alors commerce et l'un d'eux s'appelait Sarkiss. Ce texte autobiographique fut &#233;crit en 1932 &#224; Bilhoven (Pays-Bas) chez l'&#233;crivain hollandais A. M. de Jong.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Josu&#233; Jehouda, &#233;crivain et journaliste, avec lequel il a &#233;crit &lt;i&gt;La Famille Perimutter&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Maurice Colombo</dc:creator>


		<dc:subject>Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au mois de mars 1872, apr&#232;s un emprisonnement de onze mois et demi, Elis&#233;e Reclus arrive en Suisse. Ce second exil durera jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1890 et lui permet, entre autres, de retrouver ou de rencontrer les anarchistes les plus connus de l'&#233;poque : James Guillaume, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-adhemar-schwitzguebel-+" rel="tag"&gt;Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH85/arton1247-38ce4.jpg?1774726712' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_337 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/james_guillaume_painting.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH246/james_guillaume_painting-3ebea-eaecf.png?1774694273' width='150' height='246' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;James Guillaume&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au mois de mars 1872, apr&#232;s un emprisonnement de onze mois et demi, Elis&#233;e Reclus arrive en Suisse. Ce second exil durera jusqu'&#224; l'&#233;t&#233; 1890 et lui permet, entre autres, de retrouver ou de rencontrer les anarchistes les plus connus de l'&#233;poque : James Guillaume, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine et Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel. L'Histoire a h&#233;las quelque peu oubli&#233; ce dernier, alors qu'il se d&#233;pensa sans compter pour le mouvement ouvrier et le d&#233;veloppement des id&#233;es anarchistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel na&#238;t en 1844 &#224; Sonvillier dans le val de Saint-Imier (canton de Berne), en Suisse. Son p&#232;re, radical lib&#233;ral, participe activement aux luttes politiques de 1847-1848. Il est patron d'un petit atelier de gravure sur montres. Dans les montagnes neuch&#226;teloises et le val de Saint-Imier, toute la population des bourgades travaille alors dans l'horlogerie. Vers 1860, La Chaux-de-Fonds compte 5 500 ouvriers horlogers pour 18 000 habitants, Le Locle 3 000 ouvriers pour 8 500 habitants et le seul district de Courtelary (val de Saint-Imier) plus de 6 000 ouvriers&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres cit&#233;s par Marianne Enckell, La F&#233;d&#233;ration jurassienne, &#233;d. Canevas, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. C'est parmi tous ces ouvriers que se cr&#233;eront les sections de l'Internationale, qui deviendront ensuite celles de la F&#233;d&#233;ration jurassienne. Dans l'atelier paternel, le jeune Schwitzgu&#233;bel apprend le m&#233;tier de graveur et se forme aux id&#233;es progressistes de son p&#232;re. En 1864, il fait son service militaire et en sort avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Pendant ce temps, &#224; Londres (le 28 septembre), se cr&#233;e l'Association internationale des travailleurs. R&#233;pondant aux besoins pr&#233;cis de g&#233;n&#233;raliser et d'unifier les mouvements spontan&#233;s de la classe ouvri&#232;re, sa t&#226;che n'est pas d'imposer un sch&#233;ma politique quel qu'il soit mais d'organiser les forces du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1719 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH198/meuron-ea042-e8060.png?1774743930' width='150' height='198' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Constant Meuron (1866)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res sections de la Suisse romande datent de 1865 et 1866. Celle de La Chaux-de-Fonds, fond&#233;e par Pierre Coullery, compte entre quatre cents et cinq cents adh&#233;rents. Puis vinrent en 1866 celles de Boncourt (f&#233;vrier), de Bienne, de Sonvillier (mars), de Saint-Imier et de Porrentruy (avril), de Neuch&#226;tel (ao&#251;t), du Locle (cr&#233;&#233;e par Constant Meuron et James Guillaume). D&#232;s le mois de mars, Schwitzgu&#233;bel adh&#232;re &#224; celle de Sonvillier pour y d&#233;ployer une intense activit&#233; et continuer son &#233;volution id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du premier congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de l'International qui eut lieu &#224; Gen&#232;ve en septembre 1866, o&#249; il repr&#233;senta la section de Sonvillier, jusqu'au dernier congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration jurassienne tenu &#224; La Chaux-de-Fonds en 1880, Schwitzgu&#233;bel fut presque toujours pr&#233;sent. En janvier 1869, &#224; la constitution de la F&#233;d&#233;ration romande, il repr&#233;sente la section de Courtelary. En septembre de la m&#234;me ann&#233;e, il vote en faveur de la propri&#233;t&#233; collective au quatri&#232;me congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de l'Internationale &#224; B&#226;le. L'ann&#233;e 1870 sera marqu&#233;e par la g&#233;n&#233;ralisation des conflits au sein de la F&#233;d&#233;ration romande entre les tenants et les opposants au collectivisme. Ceux qui veulent tout et tout de suite, et ceux qui souhaitent composer avec la politique traditionnelle et la bourgeoisie. Pour sa part, d&#232;s septembre 1869, Schwitzgu&#233;bel adh&#232;re &#224; la section de Gen&#232;ve de l'Alliance&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Max Nettlau, &#171; Biographie de Bakounine &#187; cit&#233; par J. Guillaume, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et fait siennes les conceptions de Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;182&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/premier_congres_de_l_alliance_internationale_a_geneve_en_1866_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH325/premier_congres_de_l_alliance_internationale_a_geneve_en_1866_copie-1eff1.jpg?1774743931' width='500' height='325' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Participants au premier congr&#232;s de l'Alliance Internationale des Travailleurs &#224; Gen&#232;ve du 3 au 8 septembre 1866 &#224; la brasserie Treiber. La photographie est issue d'un &lt;a href=&#034;https://bge-geneve.ch/iconographie/oeuvre/icon-m-2004-090&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;photomontage&lt;/a&gt;.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour sauver des communards &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans les montagnes jurassiennes, l'&#233;cho de la Commune de Paris retentit. En mai 1871, des comit&#233;s de secours aux r&#233;fugi&#233;s de la Commune se constituent et, fin juin, Charles Perron se procure un certain nombre de passeports suisses pour les communards qui se cachent &#224; Paris, demandant &#224; James Guillaume de les faire parvenir &#224; destination. Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se chargera de cette tache et les apportera &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Pauline P.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James Guillaume relate ainsi l'exp&#233;dition : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le signalement port&#233; sur ce passeport pouvait s'appliquer &#224; peu pr&#232;s &#224; Schwitzgu&#233;bel, sauf sur un point. Il disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;barbe naissante&lt;/q&gt;, et Adh&#233;mar, qui joignait &#224; sa qualit&#233; d'ouvrier graveur celle de sous-lieutenant dans un bataillon, de la milice, avait d&#233;j&#224; une assez forte moustache. Notre ami aurait fait bien volontiers le sacrifice de cet ornement, mais cela n'e&#251;t pas fait l'affaire car le signalement n'&#233;tait pas celui d'un jeune homme ras&#233;. Le seul parti &#224; prendre &#233;tait d'essayer, par d'habiles coups de ciseaux, de ramener la moustache &#224; des dimensions telles qu'elle p&#251;t &#234;tre, &#224; la rigueur, qualifi&#233;e de &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;naissante&lt;/q&gt;. Ma femme mit toute la dext&#233;rit&#233; possible &#224; cette op&#233;ration &#224; laquelle Adh&#233;mar se pr&#234;ta avec cette gaiet&#233; bonne enfant qui &#233;tait un trait essentiel de son caract&#232;re ; et le r&#233;sultat fut, &#224; l'unanimit&#233;, d&#233;clar&#233; acceptable. Schwitzgu&#233;bel partit, nous laissant fort inquiets, et bien impatients de recevoir la nouvelle de son arriv&#233;e &#224; bon port.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s son retour, mission accomplie, il se remet &#224; l'ouvrage car cette fin d'ann&#233;e voit la naissance d'une nouvelle f&#233;d&#233;ration en r&#233;action aux r&#233;solutions de la conf&#233;rence de Londres en septembre du Conseil g&#233;n&#233;ral qui, suivant les v&#339;ux de Marx, souhaite transformer l'Internationale en parti de la classe ouvri&#232;re. Conform&#233;ment &#224; la conception marxiste de la r&#233;volution, le prol&#233;tariat doit se doter d'une organisation politique pour renverser le syst&#232;me bourgeois par la prise du pouvoir &#233;tatique. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s des sections de La Chaux-de-Fonds, du Locle, de Neuch&#226;tel, de Moutier et du district de Courtelary, r&#233;unis &#224; Sonvillier le 12 novembre 1871, d&#233;cident de constituer une nouvelle f&#233;d&#233;ration qui prend le nom de F&#233;d&#233;ration jurassienne. A toutes les f&#233;d&#233;rations de l'Internationale, les jurassiens envoient une circulaire les incitant &#224; r&#233;agir contre l'attitude dictatorial du Conseil g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au congr&#232;s de La Haye, en septembre 1872, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel et James Guillaume sont mandat&#233;s pour d&#233;fendre les principes de l'autonomie et du f&#233;d&#233;ralisme. A la demande de Marx, une commission d'enqu&#234;te sur l'Alliance voit le jour. Lors de la derni&#232;re s&#233;ance, le rapporteur de cette commission demande l'exclusion de Bakounine, de Guillaume et de Schwitzgu&#233;bel pour cr&#233;ation de soci&#233;t&#233; secr&#232;te. Le congr&#232;s accepte celles de Bakounine et de Guillaume, et refuse d'exclure Schwitzgu&#233;bel qui protesta contre cette discrimination. A ce m&#234;me congr&#232;s les partisans de Marx transf&#232;rent le si&#232;ge de l'Internationale &#224; New York, et ce jusqu'en 1876, date &#224; laquelle le Conseil g&#233;n&#233;ral prononce sa dissolution, &#224; la conf&#233;rence de Philadelphie, constatant l'&#233;chec de l'Internationale marxiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en octobre 1872, &#224; Saint-Imier, sur l'initiative de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, les f&#233;d&#233;rations antiautoritaires en opposition avec le Conseil g&#233;n&#233;ral et refusant les d&#233;cisions du congr&#232;s de La Haye fondent l'Internationale antiautoritaire, poursuivant ainsi la t&#226;che entam&#233;e mais cette fois sans autorit&#233; centrale. Schwitzgu&#233;bel, Guillaume, Spichiger seront les chevilles ouvri&#232;res de la F&#233;d&#233;ration jurassienne, avec le soutien de nouveaux membres tels qu'Elis&#233;e Reclus et, plus tard, Pierre Kropotkine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Plein de gaiet&#233;, de vivacit&#233; et de clairvoyance... &lt;/h3&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/adhemar_schwitzguebel-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH247/adhemar_schwitzguebel-2-e28cf-1edca.jpg?1774695982' width='150' height='247' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel &lt;br&gt;(1875)&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1873, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se marie avec une jeune ouvri&#232;re franc-comtoise, avec laquelle il aura pas moins de neuf enfants. Malgr&#233; d'importantes difficult&#233;s pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il continue son activit&#233; de propagandiste, alliant la parole &#224; l'&#233;crit, et publie nombre d'articles dans la presse de l'Internationale, brochures d'&#233;tudes &#233;conomiques ou sayn&#232;tes didactiques&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Textes rassembl&#233;s dans Quelques &#233;crits, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, &#233;d. P.-V. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. En 1876, &#224; l'enterrement de Bakounine, Schwitzgu&#233;bel, Joukovsky, Guillaume et Reclus prononcent tour &#224; tour un discours. De mois d'angoisse en ann&#233;e de mis&#232;re, ayant du mal &#224; se faire embaucher, il est forc&#233; de quitter Sonvillier pour Bienne avec toute sa famille en 1889.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Internationale ayant cess&#233; d'exister dans les ann&#233;es 1880, &#224; son arriv&#233;e &#224; Bienne, il reprend son activit&#233; en cr&#233;ant quelques associations ouvri&#232;res. Avec d'autres, il fonde la F&#233;d&#233;ration ouvri&#232;re horlog&#232;re qui dispara&#238;tra apr&#232;s les gr&#232;ves de 1895. En 1894, il finit par accepter un poste de permanent du mouvement syndical. Mais, us&#233; avant l'&#226;ge et atteint d'un cancer &#224; l'estomac, il meurt &#224; Bienne le 23 juillet 1895, &#226;g&#233; de 51 ans. Pierre Kropotkine, qui le rencontra en 1872, en trace dans ses M&#233;moires, le portrait suivant : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &#233;tait le type de ces horlogers de langue fran&#231;aise, pleins de gaiet&#233;, de vivacit&#233; et de clairvoyance, qu'on rencontre dans le Jura bernois. Graveur en montres de son m&#233;tier, il ne songea jamais &#224; quitter le travail manuel, et, toujours content et actif il fit vivre sa nombreuse famille pendant les plus mauvaises p&#233;riodes o&#249; le m&#233;tier allait mal et o&#249; les gains &#233;taient mis&#233;rables. Il avait une aptitude merveilleuse &#224; d&#233;m&#234;ler un probl&#232;me difficile de politique ou d'&#233;conomie, qu'il exposait, apr&#232;s y avoir longtemps r&#233;fl&#233;chi, au point de vue de l'ouvrier, sans lui rien enlever de sa profondeur et de son importance. Il &#233;tait connu au loin &#224; la ronde dans les &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;montagnes&lt;/q&gt; et il &#233;tait le favori des ouvriers de tous les pays.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiffres cit&#233;s par Marianne Enckell, &lt;i&gt;La F&#233;d&#233;ration jurassienne&lt;/i&gt;, &#233;d. Canevas, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Max Nettlau, &#171; Biographie de Bakounine &#187; cit&#233; par J. Guillaume, &lt;i&gt;L'Internationale&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, documents et souvenirs&lt;/i&gt;, &#233;d. Grounauer, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Textes rassembl&#233;s dans &lt;i&gt;Quelques &#233;crits&lt;/i&gt;, Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel, &#233;d. P.-V. Stock, 1908.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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