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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre VI</title>
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		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La R&#233;volution ne peut pas &#234;tre restreinte &#224; un seul pays : elle est oblig&#233;e, sous peine de mort, d'entra&#238;ner dans son mouvement, sinon l'univers tout entier, du moins une partie consid&#233;rable des pays civilis&#233;s. En effet, aucun pays ne peut, aujourd'hui, se suffire &#224; lui-m&#234;me ; les relations internationales sont une n&#233;cessit&#233; de la production et de la consommation, et elles ne sauraient &#234;tre interrompues. Si, autour d'un pays r&#233;volutionn&#233;, les &#201;tats voisins parvenaient &#224; &#233;tablir un blocus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_6-1fe0f.jpg?1774711560' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La R&#233;volution ne peut pas &#234;tre restreinte &#224; un seul pays : elle est oblig&#233;e, sous peine de mort, d'entra&#238;ner dans son mouvement, sinon l'univers tout entier, du moins une partie consid&#233;rable des pays civilis&#233;s. En effet, aucun pays ne peut, aujourd'hui, se suffire &#224; lui-m&#234;me ; les relations internationales sont une n&#233;cessit&#233; de la production et de la consommation, et elles ne sauraient &#234;tre interrompues. Si, autour d'un pays r&#233;volutionn&#233;, les &#201;tats voisins parvenaient &#224; &#233;tablir un blocus herm&#233;tique, la R&#233;volution, restant isol&#233;e, serait condamn&#233;e &#224; s'&#233;teindre. Ainsi, comme nous raisonnons dans l'hypoth&#232;se du triomphe de la R&#233;volution dans un pays donn&#233;, nous devons supposer que la plupart des autres pays de l'Europe auront fait leur R&#233;volution en m&#234;me temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas indispensable que, dans tous les pays o&#249; le prol&#233;tariat aura renvers&#233; la domination de la bourgeoisie, la nouvelle organisation sociale install&#233;e par la R&#233;volution soit la m&#234;me dans tous ses d&#233;tails. &#201;tant donn&#233;es les divergences d'opinion qui se sont manifest&#233;es jusqu'&#224; ce jour entre les socialistes des pays germaniques (Allemagne, Angleterre), et ceux des pays latins et slaves (Italie, Espagne, France, Russie), il est probable que l'organisation sociale adopt&#233;e par les r&#233;volutionnaires allemands, par exemple, diff&#233;rera sur plus d'un point de celle que se seront donn&#233;e les r&#233;volutionnaires italiens ou fran&#231;ais. Mais ces diff&#233;rences n'ont pas d'importance pour les relations internationales : les principes fondamentaux &#233;tant les m&#234;mes de part et d'autre, des rapports d'amiti&#233; et de solidarit&#233; ne peuvent manquer de s'&#233;tablir entre les peuples &#233;mancip&#233;s des divers pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que les fronti&#232;res artificielles cr&#233;&#233;es par les gouvernements actuels tomberont devant la R&#233;volution. Les Communes se grouperont librement entre elles suivant leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, leurs affinit&#233;s de langue, leur situation g&#233;ographique. Et dans certains pays, comme l'Italie ou l'Espagne, trop vastes pour ne former qu'une seule agglom&#233;ration de Communes, et que la nature elle-m&#234;me a divis&#233;s en plusieurs r&#233;gions distinctes, il se constituera sans doute, non pas une F&#233;d&#233;ration unique, mais plusieurs F&#233;d&#233;rations de Communes. Ce ne sera pas l&#224; une rupture de l'unit&#233;, un retour &#224; l'ancien morcellement en petits &#201;tats politiques isol&#233;s et ennemis ; ces diverses F&#233;d&#233;rations de Communes, bien que distinctes les unes des autres, ne seront pas isol&#233;es : leurs int&#233;r&#234;ts seront solidaires, elles concluront entr'elles un pacte d'union : et cette union volontaire, fond&#233;e sur une utilit&#233; r&#233;elle, sur une communaut&#233; de but et de besoins, sur un &#233;change constant de bons offices, sera bien autrement &#233;troite et solide que l'unit&#233; factice de la centralisation politique, &#233;tablie par la violence et n'ayant d'autre raison d'&#234;tre que l'exploitation du pays au profit d'une classe privil&#233;gi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pacte d'union ne s'&#233;tablira pas seulement entre les F&#233;d&#233;rations de Communes appartenant &#224; un m&#234;me pays ; les anciennes fronti&#232;res politiques &#233;tant effac&#233;es, toutes les F&#233;d&#233;rations de Communes, de proche en proche, entreront dans cette fraternelle alliance, et ainsi se trouvera r&#233;alis&#233;, apr&#232;s que les principes de la R&#233;volution auront triomph&#233; dans l'Europe enti&#232;re, ce grand r&#234;ve de la fraternit&#233; des peuples qui ne peut s'accomplir que par la R&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre V</title>
		<link>http://partage-noir.fr/james-guillaume-idees-sur-l-organisation-sociale-iv-587</link>
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		<dc:date>2023-11-19T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quittant maintenant le terrain restreint de la Commune, ou de la f&#233;d&#233;ration locale des groupes de producteurs, nous allons voir l'organisation sociale se compl&#233;ter, d'une part par la constitution de f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales corporatives, embrassant tous les groupes de travailleurs qui appartiennent &#224; une m&#234;me branche de la production ; d'autre part, par la constitution d'une F&#233;d&#233;ration des Communes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons d&#233;j&#224; indiqu&#233; sommairement, au chapitre IV, ce que c'est qu'une f&#233;d&#233;ration (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_copie-231f2.jpg?1774711560' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quittant maintenant le terrain restreint de la Commune, ou de la f&#233;d&#233;ration locale des groupes de producteurs, nous allons voir l'organisation sociale se compl&#233;ter, d'une part par la constitution de &lt;i&gt;f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales corporatives&lt;/i&gt;, embrassant tous les groupes de travailleurs qui appartiennent &#224; une m&#234;me branche de la production ; d'autre part, par la constitution d'une &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration des Communes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#233;j&#224; indiqu&#233; sommairement, au chapitre IV, ce que c'est qu'une f&#233;d&#233;ration corporative. Il existe, au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; actuelle, des organisations embrassant dans une m&#234;me association tous les ouvriers d'un m&#233;tier : telle est, par exemple, la f&#233;d&#233;ration des ouvriers typographes. Mais ces organisations-la ne sont qu'une &#233;bauche tr&#232;s-imparfaite de ce que doit &#234;tre, dans la soci&#233;t&#233; &#224; venir, la f&#233;d&#233;ration corporative. Celle-ci sera form&#233;e de tous les groupes producteurs appartenant &#224; la m&#234;me branche de travail ; ils s'unissent, non plus pour prot&#233;ger leur salaire contre la rapacit&#233; des patrons, mais en premi&#232;re ligne pour se garantir mutuellement l'usage des instruments de travail qui sont en possession de chacun des groupes, et qui deviendront, par un contrat r&#233;ciproque, la propri&#233;t&#233; collective de la f&#233;d&#233;ration corporative tout enti&#232;re ; en outre, la f&#233;d&#233;ration des groupes entre eux permet &#224; ceux-ci d'exercer un contr&#244;le constant sur la production, et par cons&#233;quent de r&#233;gler le plus ou moins d'intensit&#233; de celle-ci, dans la proportion des besoins qui sont manifest&#233;s par la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution de la &lt;i&gt;f&#233;d&#233;ration corporative&lt;/i&gt; s'op&#233;rera d'une fa&#231;on extr&#234;mement simple. D&#232;s le lendemain de la R&#233;volution, les groupes producteurs appartenant &#224; la m&#234;me industrie sentiront le besoin de s'envoyer mutuellement des d&#233;l&#233;gu&#233;s, d'une ville &#224; une autre pour se renseigner et s'entendre. De ces conf&#233;rences partielles sortira la convocation d'un Congr&#232;s g&#233;n&#233;ral de d&#233;l&#233;gu&#233;s de la corporation dans quelque point central. Ce Congr&#232;s posera les bases du contrat f&#233;d&#233;ratif, qui sera soumis ensuite &#224; l'approbation de tous les groupes de la corporation. Un bureau permanent, &#233;lu par le Congr&#232;s corporatif et responsable devant celui-ci, sera destin&#233; &#224; servir d'interm&#233;diaire entre les groupes formant la f&#233;d&#233;ration, de m&#234;me qu'entre la f&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me et les autres f&#233;d&#233;rations corporatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que toutes les branches de la production, y compris celles de la production agricole, se seront organis&#233;es de la sorte, un immense r&#233;seau f&#233;d&#233;ratif, embrassant tous les producteurs et par cons&#233;quent aussi tous les consommateurs, couvrira le pays, et la statistique de la production et de la consommation, centralis&#233;e par les bureaux des diverses f&#233;d&#233;rations corporatives, permettra de d&#233;terminer d'une mani&#232;re rationnelle le nombre des heures de la journ&#233;e normale de travail, le prix de revient des produits et leur valeur d'&#233;change, ainsi que la quantit&#233; en laquelle ces produits doivent &#234;tre cr&#233;&#233;s pour suffire aux besoins de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gens habitu&#233;s aux d&#233;clamations creuses de certains pr&#233;tendus d&#233;mocrates, demanderont peut-&#234;tre si les groupes de travailleurs ne devront pas &#234;tre appel&#233;s &#224; intervenir directement, par le vote de tous ceux qui composent la f&#233;d&#233;ration corporative, dans la fixation de ces divers d&#233;tails ; et quand nous aurons r&#233;pondu n&#233;gativement, ils s'&#233;crieront sans doute que c'est l&#224; du despotisme ; ils protesteront contre ce qu'ils appelleront l'&lt;i&gt;autorit&#233;&lt;/i&gt; des bureaux, investis du pouvoir de trancher seuls des questions si graves et de prendre des d&#233;cisions de la plus haute importance. Nous r&#233;pondrons que la besogne dont les bureaux permanents de chaque f&#233;d&#233;ration seront charg&#233;s, n'a rien de commun avec l'exercice d'une autorit&#233; quelconque : il s'agit en effet tout simplement de recueillir et de mettre en ordre les renseignements fournis par les groupes producteurs ; et une fois ces renseignements r&#233;unis et &lt;i&gt;rendus publics&lt;/i&gt;, d'en tirer les cons&#233;quences qui en d&#233;coulent n&#233;cessairement concernant les heures de travail, le prix de revient des produits, etc. C'est l&#224; un simple calcul d'arithm&#233;tique, qui ne peut pas se faire de deux mani&#232;res diff&#233;rentes, et qui ne peut pas donner deux r&#233;sultats : il n'en peut sortir qu'un r&#233;sultat unique ; ce r&#233;sultat, chacun pourra le contr&#244;ler pour son propre compte, parce que chacun aura les &#233;l&#233;ments de l'op&#233;ration sous les yeux, et le bureau permanent est simplement charg&#233; de le constater et de le porter &#224; la connaissance de tous&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous avons dit ailleurs que les associations de producteurs agricoles et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; . Aujourd'hui d&#233;j&#224;, l'administration des postes, par exemple, remplit un service assez semblable &#224; celui qui sera confi&#233; aux bureaux des f&#233;d&#233;rations corporatives ; et personne ne s'avise de se plaindre d'un abus d'autorit&#233; parce que la poste d&#233;termine, sans consulter le suffrage universel, la classification et le groupement des lettres en paquets, pour les faire parvenir &#224; destination de la mani&#232;re la plus exp&#233;ditive et la plus &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que les groupes producteurs formant une f&#233;d&#233;ration interviendront dans les actes du bureau d'une mani&#232;re bien autrement efficace et directe que par un simple vote : ce sont eux, en effet, qui fourniront les renseignements, toutes les donn&#233;es statistiques que le bureau ne fait que coordonner : en sorte que le bureau n'est que l'interm&#233;diaire passif au moyen duquel les groupes communiquent entre eux et constatent publiquement les r&#233;sultats de leur propre activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote est un proc&#233;d&#233; propre &#224; trancher des questions qui ne peuvent &#234;tre r&#233;solues au moyen de donn&#233;es scientifiques, et qui doivent &#234;tre laiss&#233;es &#224; l'appr&#233;ciation arbitraire du nombre ; mais dans des questions susceptibles d'une solution scientifique et pr&#233;cise, il n'y a pas lieu &#224; voter ; la v&#233;rit&#233; ne se vote pas, elle se constate et s'impose ensuite &#224; tous par sa propre &#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'avons montr&#233; encore qu'une des moiti&#233;s de l'organisation extra-communale : &#224; c&#244;t&#233; des f&#233;d&#233;rations corporatives doit se constituer la &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration des communes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune &#233;tant form&#233;e par l'ensemble des travailleurs habitant une m&#234;me localit&#233;, chacun de ces travailleurs se trouve d&#233;j&#224; faire partie de l'une ou de l'autre de ces grandes organisations que nous appel&#233;es f&#233;d&#233;rations corporatives, au moyen desquelles il est en relation de solidarit&#233; avec tous les travailleurs de la branche de production &#224; laquelle il appartient lui-m&#234;me, dans toute l'&#233;tendue de la r&#233;gion que la f&#233;d&#233;ration corporative embrasse. Mais ce travailleur, qui se rattache, dans sa sp&#233;cialit&#233; comme producteur, &#224; telle ou telle corporation, est en m&#234;me temps membre de sa Commune ; et il reste &#224; &#233;tablir, entre les diverses Communes d'une r&#233;gion, un lien de solidarit&#233; du m&#234;me genre que celui que nous avons vu se nouer entre les groupes corporatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La F&#233;d&#233;ration des Communes se constituera naturellement, comme les f&#233;d&#233;rations corporatives, au moyen d'une r&#233;union de d&#233;l&#233;gu&#233;s, d'un Congr&#232;s, o&#249; sera discut&#233; et adopt&#233; le pacte f&#233;d&#233;ratif. Les Communes se f&#233;d&#232;rent entr'elles dons le but de s'entr'aider pour l'institution de certains services publics d'un caract&#232;re g&#233;n&#233;ral, et par cons&#233;quent le pacte f&#233;d&#233;ral aura &#224; d&#233;terminer le nombre et la nature de ces services publics, et &#224; fixer les moyens d'ex&#233;cution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premi&#232;re ligne, faisons figurer, parmi ces services publics f&#233;d&#233;raux, ceux qui ne sont que le compl&#233;ment des services publics communaux. Ainsi, les comptoirs d'&#233;change des Communes, outre les relations directes qu'ils soutiendront entre eux, auront besoin, pour faciliter leurs op&#233;rations, d'un ou de plusieurs comptoirs centraux, charg&#233;s plus sp&#233;cialement des relations internationales ; l'organisation de ces comptoirs centraux d'&#233;change sera l'&#339;uvre de la F&#233;d&#233;ration des Communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les comptoirs communaux &#233;tant mis en relation les uns avec les autres par l'interm&#233;diaire de ces comptoirs f&#233;d&#233;raux, rien ne sera plus facile que d'organiser la circulation et l'acceptation, sur toute l'&#233;tendue de la F&#233;d&#233;ration, et m&#234;me au dehors, des bons d'&#233;change &#233;mis par les comptoirs des diverses Communes. En outre, les comptoirs f&#233;d&#233;raux, centralisant tous les renseignements relatifs &#224; la consommation et &#224; la production, fourniront &#224; chaque Commune les indications n&#233;cessaires pour r&#233;gulariser la cr&#233;ation des produits et leur &#233;coulement. On ne produira plus, comme aujourd'hui, &#224; l'aventure et par esprit de sp&#233;culation ; les produits seront cr&#233;&#233;s &#224; proportion des besoins ; et de la sorte, l'&#233;coulement de tous ces produits &#233;tant assur&#233; d'avance, les comptoirs communaux pourront, sans courir aucun risque de perte, remettre imm&#233;diatement aux producteurs, sous forme de bons d'&#233;change, la contre-valeur des produits livr&#233;s par eux. &#8212; Plus tard ce m&#233;canisme se simplifiera encore, lorsque, comme nous l'avons dit, la production &#233;tant devenue plus abondante, la distribution pure et simple se sera graduellement substitu&#233;e &#224; l'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La statistique locale, qui fournira aux bureaux des f&#233;d&#233;rations corporatives les &#233;l&#233;ments de leur travail, transmettra aussi &#224; une commission f&#233;d&#233;rale de statistique, pour &#234;tre coordonn&#233;s et publi&#233;s, les renseignements d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral qu'elle aura recueillis. &#8212; Les &#233;tablissements communaux d'instruction publique seront compl&#233;t&#233;s par des &#233;coles sp&#233;ciales institu&#233;es par la F&#233;d&#233;ration, o&#249; les &#233;l&#232;ves trouveront, pour continuer leurs &#233;tudes, des ressources que ne leur offriraient pas la plupart des &#233;coles communales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite d'autres services, dont nous n'avons pas eu encore l'occasion de parler, et qui sont, par leur nature m&#234;me, de la comp&#233;tence de la F&#233;d&#233;ration des Communes et non d'une Commune isol&#233;e : tels sont la construction, l'entretien et l'administration des chemins de fer et autres voies de communication ; le service des postes et des t&#233;l&#233;graphes ; tout ce qui concerne la marine ; l'organisation d'un syst&#232;me d'assurance entre les Communes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ces services exigera un personnel sp&#233;cial ; mais ce personnel ne pourra pas former, comme aujourd'hui, une bureaucratie : il se recrutera librement parmi les travailleurs que leurs go&#251;ts et leurs aptitudes porteront vers ce genre d'activit&#233;. Le travail accompli par les employ&#233;s des divers services publics sera consid&#233;r&#233; comme l'&#233;quivalent de celui auquel sont occup&#233;s les autres travailleurs ; ils choisiront eux-m&#234;mes, par voie d'&#233;lection, ceux d'entr'eux qui auront &#224; diriger et &#224; contr&#244;ler ce travail, comme cela se fera dans les ateliers ; en sorte que ceux des travailleurs que le choix de leurs coll&#232;gues aura appel&#233;s &#224; diriger tel ou tel service public de la F&#233;d&#233;ration, ne seront point des magistrats, des membres d'un gouvernement ou d'une autorit&#233; quelconque, mais seront choisis de la m&#234;me fa&#231;on et plac&#233;s exactement sur la m&#234;me ligne que les g&#233;rants ou les administrateurs de n'importe quelle association de producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, comme les services publics f&#233;d&#233;raux auront &#233;t&#233; institu&#233;s dans l'int&#233;r&#234;t de la F&#233;d&#233;ration enti&#232;re, il y aura lieu pour celle-ci d'&#233;lire des commissions de surveillance, charg&#233;es de s'assurer que les choses se passent conform&#233;ment aux d&#233;cisions prises, et de faire rapport &#224; ce sujet au Congr&#232;s des d&#233;l&#233;gu&#233;s des Communes, qui se r&#233;unira &#224; des &#233;poques fixes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, dans leur extr&#234;me simplicit&#233;, les seuls rouages administratifs qu'exigera le fonctionnement r&#233;gulier d'une vaste F&#233;d&#233;ration de Communes. Point de gouvernement, de pr&#233;sident de la r&#233;publique, de ministres, de pr&#233;fets, de juges, de magistrats et de fonctionnaires grands et petits. Rien que le m&#233;canisme harmonieux et facile d'une association de producteurs, op&#233;rant toujours par les m&#234;mes moyens et en vertu des m&#234;mes principes, qu'il s'agisse de l'organisation d'un atelier, d'une Commune, ou d'une F&#233;d&#233;ration embrassant des milliers de Communes et des millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces courtes indications doivent suffire pour qu'on se forme une id&#233;e g&#233;n&#233;rale du r&#233;gime que la R&#233;volution substituera &#224; l'&#201;tat politique actuel. &#192; la base, le groupe de producteurs associ&#233;s, et la f&#233;d&#233;ration locale des divers groupes, la Commune ; puis d'une part, l'union r&#233;gionale de tous les groupes appartenant &#224; la m&#234;me branche de production &#8212; la &lt;i&gt;f&#233;d&#233;ration corporative&lt;/i&gt; &#8212; et le rapprochement de ces f&#233;d&#233;rations de producteurs, de mani&#232;re &#224; former un faisceau embrassant l'ensemble des travailleurs d'une r&#233;gion, group&#233;s par corporations ; et d'autre part, l'union r&#233;gionale de toutes les Communes &#8212; la &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration des Communes &lt;/i&gt; &#8212; de mani&#232;re que les travailleurs, qui se sont d&#233;j&#224; solidaris&#233;s entre eux par cat&#233;gories de production, se trouvent li&#233;s par un nouveau pacte de solidarit&#233; plus large et compl&#233;tant le premier. Voil&#224; ce que doit &#234;tre la nouvelle organisation sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous avons dit ailleurs que les associations de producteurs agricoles et industriels conserveront la facult&#233; de fixer elles m&#234;mes la dur&#233;e de la journ&#233;e de travail : il n'y a rien l&#224; de contradictoire. Les bureaux ces f&#233;d&#233;rations corporatives font conna&#238;tre les r&#233;sultats fournis par la statistique quant &#224; la moyenne normale des heures de travail ; et sur cette base, les associations prennent les arrangements ult&#233;rieurs qui leur conviennent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre IV</title>
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		<dc:date>2023-11-18T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



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&lt;p&gt;La Commune est form&#233;e de l'ensemble des travailleurs habitant une m&#234;me localit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelquefois les travailleurs d'une Commune peuvent &#234;tre tous occup&#233;s au m&#234;me genre de travail : on trouvera quelques communes habit&#233;es exclusivement par des agriculteurs, sans aucun m&#233;lange d'industriels, ou bien par des industriels appartenant tous &#224; la m&#234;me branche. Mais ce sont l&#224; des exceptions, et en g&#233;n&#233;ral la Commune comprend une population de travailleurs appartenant a un nombre plus ou moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_4-0765c.jpg?1774711560' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Commune est form&#233;e de l'ensemble des travailleurs habitant une m&#234;me localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelquefois les travailleurs d'une Commune peuvent &#234;tre tous occup&#233;s au m&#234;me genre de travail : on trouvera quelques communes habit&#233;es exclusivement par des agriculteurs, sans aucun m&#233;lange d'industriels, ou bien par des industriels appartenant tous &#224; la m&#234;me branche. Mais ce sont l&#224; des exceptions, et en g&#233;n&#233;ral la Commune comprend une population de travailleurs appartenant a un nombre plus ou moins consid&#233;rable de branches diverses. Prenant pour type la Commune telle qu'elle se pr&#233;sente dans la tr&#232;s-grande majorit&#233; des cas, et n&#233;gligeant les exceptions, nous d&#233;finirons la Commune : la f&#233;d&#233;ration locale des groupes de producteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette f&#233;d&#233;ration locale ou Commune est constitu&#233;e dans le but de pourvoir &#224; certains services qui ne sont pas du domaine exclusif de telle ou telle corporation, mais qui les int&#233;ressent toutes, et que pour cette raison on appelle &lt;i&gt;services publics&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons ajouter d&#233;s &#224; pr&#233;sent que, parmi les services publics, il en est qui, par leur nature m&#234;me, ne sont pas du domaine de la Commune prise isol&#233;ment, et qui r&#233;clament, pour leur r&#233;alisation, le concours de plusieurs communes ou m&#234;me de toutes les communes d'une r&#233;gion. Nous traiterons dans un chapitre sp&#233;cial de ces services publics &lt;i&gt;g&#233;n&#233;raux &lt;/i&gt; dans ce chapitre-ci, nous nous bornerons &#224; l'examen des services publics &lt;i&gt;communaux&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire n'int&#233;ressant qu'une seule Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics communaux peuvent &#234;tre r&#233;sum&#233;s dans l'&#233;num&#233;ration suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176; &lt;i&gt;Travaux publics.&lt;/i&gt; &#8212; Construction et entretien des maisons et de tous les &#233;difices ; construction des chemins, entretien des rues, &#233;clairage des rues et des maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;&lt;i&gt; &#201;change.&lt;/i&gt; &#8212; Institution d'un comptoir d'&#233;change, charg&#233; de recevoir les produits du travail des divers groupes producteurs de la Commune, et de les &#233;couler au dehors ; et de recevoir du dehors d'autres produits destin&#233;s &#224; &#234;tre distribu&#233;s aux consommateurs de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176; &lt;i&gt;Alimentation.&lt;/i&gt; &#8212; Organisation en service public de la fabrication et de la distribution des objets d'alimentation de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, c'est-&#224;-dire de la boulangerie, de la boucherie et de quelques autres branches du travail alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176; &lt;i&gt;Statistique.&lt;/i&gt; &#8212; Bureau charg&#233; de la statistique de la production et le la consommation locale, de celle des habitants, de la tenue du registre des naissances et des d&#233;c&#232;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176; &lt;i&gt;Hygi&#232;ne.&lt;/i&gt; &#8212; Ce service comprendrait l'approvisionnement d'eau ; les &#233;gouts, le balayage des rues ; les abattoirs, les lavoirs publics, les bains publics ; le service m&#233;dical ; la s&#233;pulture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176; &lt;i&gt;S&#233;curit&#233;.&lt;/i&gt; &#8212; S&#233;curit&#233; des personnes, s&#233;curit&#233; des &#233;difices (organisation contre les incendies, les inondations, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176; &lt;i&gt;&#201;ducation.&lt;/i&gt; &#8212; Entretien, &#233;ducation et instruction int&#233;grale de la jeunesse des deux sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176; &lt;i&gt;Assistance.&lt;/i&gt; &#8212; Entretien des invalides, des infirmes, des vieillards, des malades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons examiner avec quelque d&#233;tail ce qui se rapporte &#224; chacune des rubriques ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;I. &#8212; Travaux publics&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Toutes les maisons sont la propri&#233;t&#233; de la commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution faite, chacun continue &#224; habiter provisoirement le logement qu'il occupait, &#224; l'exception des familles qui &#233;taient r&#233;duites &#224; des habitations malsaines ou trop insuffisantes, et qui seront imm&#233;diatement log&#233;es, par les soins de la commune, dans les appartements vacants des maisons appartenant pr&#233;c&#233;demment aux riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction des maisons nouvelles, contenant des logements sains, spacieux et commodes, pour remplacer les mis&#233;rables taudis des anciens quartiers populaires, sera un des premiers besoins de la soci&#233;t&#233; affranchie. La Commune s'en occupera imm&#233;diatement ; et de la sorte elle pourra non seulement fournir du travail aux corporations des ma&#231;ons, charpentiers, serruriers, couvreurs, etc., mais encore il lui sera facile d'occuper d'une mani&#232;re utile cette foule de gens qui, vivant dans l'oisivet&#233; avant la R&#233;volution, ne savent aucun m&#233;tier ; ils pourront &#234;tre employ&#233;s comme man&#339;uvres dans les immenses travaux de construction et de terrassement qui seront alors entrepris sur tous les points de la r&#233;gion affranchie, et sp&#233;cialement dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logements nouveaux seront construits aux frais de tous &#8212; ce qui signifie qu'en &#233;change du travail fourni par les diverses corporations du b&#226;timent, celles-ci recevront de la commune les bons d'&#233;change n&#233;cessaires pour qu'elles puissent subvenir largement &#224; l'entretien de tous leurs membres. Et puisque les logements auront &#233;t&#233; construits aux frais de tous, ils devront &#234;tre &#224; la disposition de tous &#8212; c'est-&#224;-dire que la jouissance en sera gratuite, et que personne n'aura &#224; payer &#224; la Commune une redevance, un loyer, en &#233;change de l'appartement qu'il occupera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logements &#233;tant gratuits, il semble qu'il en pourra r&#233;sulter de graves discordes, parce que personne ne voudra garder un mauvais logement, et que chacun se disputera les meilleurs. Mais nous pensons qu'on aurait tort de craindre qu'il se produise, de ce chef des inconv&#233;nients graves, et voici nos raisons. D'abord, nous devons dire que ne pas vouloir habiter un mauvais logement et en d&#233;sirer un meilleur est un d&#233;sir assur&#233;ment fort l&#233;gitime ; et c'est justement ce d&#233;sir, qu'on verra se produire avec beaucoup de force, qui nous donne l'assurance que partout on travaillera avec &#233;nergie et activit&#233; &#224; le satisfaire, en b&#226;tissant des maisons nouvelles. Mais en attendant qu'elles soient b&#226;ties, il faudra bien prendre patience et se contenter de ce qui existe ; la Commune aura eu soin, comme nous l'avons dit, de rem&#233;dier aux besoins les plus pressants en logeant les familles les plus pauvres dans les vastes palais des riches ; et quant au reste de la population, nous croyons qu'il se sera d&#233;velopp&#233; en elle, par l'enthousiasme r&#233;volutionnaire, un sentiment de g&#233;n&#233;rosit&#233; et d'abn&#233;gation, qui fera que chacun sera heureux de supporter, pendant quelque temps encore, les inconv&#233;nients d'une habitation incommode, et qu'il viendra &#224; l'id&#233;e de personne de chercher querelle &#224; un voisin qui, plus favoris&#233;, aura provisoirement un appartement plus agr&#233;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout de peu de temps, gr&#226;ce &#224; l'activit&#233; avec laquelle travailleront les constructeurs, puissamment stimul&#233;s par la demande g&#233;n&#233;rale, les logements seront devenus si abondants, que toutes les demandes pourront &#234;tre satisfaites : chacun n'aura plus qu'&#224; choisir, avec la certitude de trouver une habitation &#224; sa convenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous disons l&#224; n'a rien de chim&#233;rique, quelque merveilleux que cela puisse para&#238;tre &#224; ceux dont le regard n'a jamais d&#233;pass&#233; l'horizon de la soci&#233;t&#233; bourgeoise : c'est au contraire ce qu'il y a de plus simple et de plus naturel, si naturel qu'il serait impossible que les choses se passassent autrement. En effet, &#224; quoi veut-on que s'occupent les l&#233;gions de ma&#231;ons et d'autres travailleurs du b&#226;timent, sinon &#224; construire incessamment des logements commodes et vraiment dignes d'&#234;tre habit&#233;s par les membres d'une soci&#233;t&#233; civilis&#233;e ? Leur faudra-t-il en construire pendant beaucoup d'ann&#233;es, pour que chaque famille ait le sien ? Non, ce sera l'&#339;uvre de peu de temps. Et quand ils auront fini, se croiseront-ils les bras ? Non, sans doute ; ils continueront &#224; travailler ; ils am&#233;lioreront, ils perfectionneront ce qui existe, et peu &#224; peu on verra dispara&#238;tre enti&#232;rement les quartiers sombres, les rues &#233;troites, les maisons incommodes de nos villes actuelles : &#224; leur place s'&#233;l&#232;veront des palais, o&#249; habiteront les travailleurs redevenus hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous venons de dire s'applique plus sp&#233;cialement aux villes ; et nous devons, &#224; l'&#233;gard des villages de paysans, pr&#233;senter une observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que nous avons d&#233;j&#224; pr&#233;vu le cas ou des paysans, encore &#233;trangers aux proc&#233;d&#233;s modernes de la grande culture, pr&#233;f&#233;reront garder la propri&#233;t&#233; individuelle du sol et donner &#224; chaque travailleur son morceau de terrain, il faut pr&#233;voir celui o&#249;, dans de petits villages agricoles, les paysans, habitant chacun avec leur famille une maison s&#233;par&#233;e, voudront conserver cette maison en propri&#233;t&#233; particuli&#232;re, au lieu de remettre tous les immeubles entre les mains de la Commune comme propri&#233;t&#233; collective. Nous ne voyons &#224; cela aucun inconv&#233;nient, pourvu qu'il ne se trouve pas de travailleurs frustr&#233;s par cet &#233;tat de choses ; si chacun a sa maison et en est content, si en outre la Commune fait b&#226;tir des maisons pour celles des familles qui peut-&#234;tre n'en auraient pas, tout sera bien. Par la suite, il est probable que les id&#233;es se modifieront, et que m&#234;me dans ces Communes o&#249; d'abord la propri&#233;t&#233; individuelle aura &#233;t&#233; conserv&#233;e, les maisons deviendront propri&#233;t&#233; communale : ce sera au temps et &#224; l'exp&#233;rience &#224; faire sentir les avantages de cette organisation sur l'organisation ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;II. &#8212; &#201;change.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; nouvelle, il n'y aura plus de &lt;i&gt;commerce&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, dans le sens qui est attach&#233; aujourd'hui &#224; ce mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque commune &#233;tablira un &lt;i&gt;comptoir d'&#233;change&lt;/i&gt;, dont nous allons expliquer le plus clairement possible le m&#233;canisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations de travailleurs, ainsi que les producteurs individuels (dans les branches o&#249; la production individuelle pourra continuer), d&#233;poseront leurs produits au &lt;i&gt;comptoir d'&#233;change&lt;/i&gt;. La valeur de ces divers produits aura &#233;t&#233; fix&#233;e d'avance par une convention entre les f&#233;d&#233;rations corporatives r&#233;gionales et les diff&#233;rentes Communes, au moyen des donn&#233;es que fournira la statistique. Le comptoir d'&#233;change remettra aux producteurs des bons d'&#233;change repr&#233;sentant la valeur de leurs produits ; ces &lt;i&gt;bons d'&#233;change&lt;/i&gt; seront admis &#224; circuler dans toute l'&#233;tendue du territoire de la F&#233;d&#233;ration des communes (on trouvera des d&#233;tails &#224; ce sujet dans un autre chapitre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les produits ainsi d&#233;pos&#233;s au comptoir d'&#233;change, les uns sont destin&#233;s &#224; &#234;tre consomm&#233;s dans la Commune m&#234;me, et les autres &#224; &#234;tre export&#233;s dans d'autres Communes, et par cons&#233;quent &#233;chang&#233;s contre d'autres produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers de ces produits seront transport&#233;s dans les diff&#233;rents bazars communaux, pour l'&#233;tablissement desquels on aura pu utiliser provisoirement les locaux les plus commodes parmi les boutiques et magasins des anciens marchands. De ces bazars, les uns seront consacr&#233;s aux produits alimentaires, d'autres aux v&#234;tements, d'autres aux ustensiles de m&#233;nage, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits destin&#233;s &#224; l'exportation resteront dans des magasins g&#233;n&#233;raux, jusqu'&#224; ce que le moment soit venu de les diriger sur les Communes qui en auront besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;venons ici une objection. On nous dira peut-&#234;tre : le comptoir d'&#233;change de chaque Commune remet aux producteurs, au moyen de bons d'&#233;change, un signe repr&#233;sentatif de la valeur de leurs produits, et cela avant d'&#234;tre assur&#233; de l'&#233;coulement de ces m&#234;mes produits. Si les produits venaient &#224; ne pas s'&#233;couler, dans quelle position se trouverait le comptoir d'&#233;change ? ne risque-t-il pas de faire des pertes, et le genre d'op&#233;ration dont on le charge n'est-il pas tr&#232;s al&#233;atoire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela, nous r&#233;pondrons que chaque comptoir d'&#233;change est s&#251;r d'avance de l'&#233;coulement des produits qu'il re&#231;oit, en sorte qu'il ne peut y avoir aucun inconv&#233;nient &#224; ce qu'il en remette aussit&#244;t la valeur aux producteurs par des bons d'&#233;change. Nous expliquerons plus loin de quelle mani&#232;re ce r&#233;sultat sera obtenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aura certaines cat&#233;gories de travailleurs auxquels il sera mat&#233;riellement impossible d'apporter leurs produits au comptoir d'&#233;change : tels sont, par exemple, les constructeurs de b&#226;timents. Mais le comptoir d'&#233;change ne leur servira pas moins d'interm&#233;diaire : ils y feront enregistrer les divers travaux qu'ils auront ex&#233;cut&#233;s, et dont la valeur aura toujours &#233;t&#233; convenue d'avance ; et le comptoir leur d&#233;livrera cette valeur en bons d'&#233;change. Il en sera de m&#234;me des divers travailleurs employ&#233;s pour les services administratifs de la Commune ; leur travail consiste, non en produits fabriqu&#233;s, mais en services rendus ; ces services auront &#233;t&#233; tarif&#233;s d'avance, et le comptoir d'&#233;change leur en paiera la valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comptoir d'&#233;change n'a pas seulement pour fonction de recevoir les produits que lui apportent les travailleurs de la Commune ; il correspond avec les autres Communes, et il fait venir les produits que la commune est oblig&#233;e de tirer du dehors, soit pour contribuer &#224; son alimentation, soir comme mati&#232;res premi&#232;res, combustibles, produits manufactur&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces produits tir&#233;s du dehors figurent dans les bazars communaux, &#224; c&#244;t&#233; des produits de la localit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les consommateurs se pr&#233;sentent dans ces divers bazars, munis de leurs bons d'&#233;change, qui peuvent &#234;tre divis&#233;s en coupures de diff&#233;rentes valeurs ; et ils se procurent l&#224;, sur les bases d'un tarif uniforme, tous les objets de consommation dont ils auront besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'expos&#233; que nous avons fait des op&#233;rations du comptoir d'&#233;change n'a rien qui diff&#232;re d'une mani&#232;re essentielle des usages du commerce actuel : ces op&#233;rations, en effet, ne sont autres que celles de la vente et de l'achat ; le comptoir ach&#232;te aux producteurs leurs produits, et vend aux consommateurs les objets de consommation. Mais nous pensons qu'au bout d'un certain temps, la pratique des comptoirs d'&#233;change pourra sans inconv&#233;nient &#234;tre modifi&#233;e, et qu'un syst&#232;me nouveau se substituera peu &#224; peu au syst&#232;me ancien : l'&lt;i&gt;&#233;change&lt;/i&gt; proprement dit dispara&#238;tra, et fera place &#224; la &lt;i&gt;distribution &lt;/i&gt; pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; ce que nous entendons par l&#224; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi longtemps qu'un produit est peu abondant, et ne se trouve dans les magasins communaux qu'en quantit&#233;s plus petites que celles que la population pourrait consommer, on est oblig&#233; d'apporter dans la r&#233;partition de ce produit une certaine mesure ; et la mani&#232;re la plus facile d'op&#233;rer ce rationnement des consommateurs, c'est de leur &lt;i&gt;vendre &lt;/i&gt; le produit, c'est-&#224;-dire de n'en livrer qu'&#224; ceux qui donneront en &#233;change une certaine valeur. Mais une fois que, gr&#226;ce au d&#233;veloppement prodigieux de la production qui ne manquera pas d'avoir lieu d&#232;s que le travail sera organis&#233; sur des bases rationnelles &#8212; une fois, disons-nous, que gr&#226;ce &#224; ce d&#233;veloppement, telle ou telle cat&#233;gorie de produits en d&#233;passera de beaucoup tout ce que pourrait consommer la population, alors il ne sera plus n&#233;cessaire de rationner les consommateurs ; on pourra supprimer l'op&#233;ration de la vente, qui &#233;tait une sorte de frein oppos&#233; &#224; une consommation immod&#233;r&#233;e ; les comptoirs communaux ne &lt;i&gt;vendront &lt;/i&gt; plus les produits aux consommateurs, ils les leur distribueront &#224; proportion des besoins que ceux-ci d&#233;clareront &#233;prouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette substitution de la distribution &#224; l'&#233;change pourra avoir lieu au bout de peu de temps pour tous les objets de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; ; car ce sera surtout vers une production abondante de ces objets que seront dirig&#233;s les premiers efforts des associations de producteurs. Bient&#244;t d'autres objets, qui aujourd'hui encore sont rares et co&#251;teux, et sont par cons&#233;quent regard&#233;s comme des objets de luxe, pourront &#224; leur tour &#234;tre produits sur une grande &#233;chelle, et entrer ainsi dans le domaine de la distribution, c'est-&#224;-dire de la consommation universelle. Par contre d'autres objets, mais en petit nombre et de peu d'importance (par exemple les perles, diamants, certains m&#233;taux), ne pourront jamais devenir abondants, parce que la nature elle-m&#234;me en a limit&#233; la quantit&#233; ; mais comme on aura cess&#233; d'y attacher le prix que l'opinion leur attribue aujourd'hui, ils ne seront plus gu&#232;re recherch&#233;s que par les associations scientifiques qui voudront les placer dans des mus&#233;es d'histoire naturelle ou les utiliser pour la confection de certains instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tenu &#224; indiquer ici notre opinion sur la mani&#232;re en laquelle pourra s'op&#233;rer, dans un avenir peu distant de la R&#233;volution, la r&#233;partition des produits mais qu'on s'en souvienne, la premi&#232;re condition pour arriver &#224; cette organisation simplement distributive, c'est de tripler l'&#233;nergie de la production ; et tant qu'on n'aura pas obtenu ce r&#233;sultat pr&#233;alable, il faudra s'en tenir au mode que nous avons expliqu&#233; en premier lieu, &#224; la vente et a l'achat au moyen de bons d'&#233;change et par l'interm&#233;diaire des comptoirs communaux.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;III. &#8212; Alimentation&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le service de l'alimentation ne forme en quelque sorte qu'une annexe de celui de l'&#233;change. En effet, ce que nous venons de dire de l'organisation du comptoir d'&#233;change s'applique &#224; tous les produits, y compris les produits sp&#233;cialement destin&#233;s &#224; l'alimentation. Cependant, nous croyons utile d'ajouter, dans un paragraphe sp&#233;cial, quelques explications plus d&#233;taill&#233;es sur les dispositions &#224; prendre pour la r&#233;partition des principaux produits alimentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la boulangerie, la boucherie, le commerce des vins, des denr&#233;es coloniales sont abandonn&#233;s &#224; l'industrie priv&#233;e, et &#224; la sp&#233;culation, qui, par des fraudes de tout genre, cherchent &#224; s'enrichir aux d&#233;pens du consommateur. La soci&#233;t&#233; nouvelle devra imm&#233;diatement porter rem&#232;de &#224; un pareil &#233;tat de choses : ce rem&#232;de consistera &#224; &#233;riger en service public communal tout ce qui concerne la distribution des produits alimentaires de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on le remarque bien : ceci ne veut pas dire que la Commune s'empare de certaines branches de la &lt;i&gt;production&lt;/i&gt;. Non : la production proprement dite reste entre les mains des associations de producteurs. Mais pour le pain, par exemple, en quoi consiste la production ? uniquement dans la culture du bl&#233;. Le laboureur s&#232;me et et r&#233;colte le grain, et t'apporte au comptoir d'&#233;change l&#224; s'arr&#234;te la fonction du producteur. R&#233;duire ce grain en farine, transformer cette farine en pain, ce n'est plus de la production : c'est un travail analogue &#224; celui que remplissent les divers employ&#233;s des bazars communaux, un travail destin&#233; &#224; mettre un produit alimentaire, le bl&#233;, &#224; la port&#233;e des consommateurs. De m&#234;me pour la viande. Le paysan &#233;l&#232;ve et nourrit le b&#233;tail ; puis quand il l'a suffisamment engraiss&#233;, il l'am&#232;ne au comptoir d'&#233;change. L'op&#233;ration d'abattre et de d&#233;couper le b&#233;tail n'est plus l'acte d'un producteur proprement dit : la fonction du boucher est analogue &#224; celle de tout autre tout employ&#233; d'un bazar communal, interm&#233;diaire entre le producteur et le consommateur. De m&#234;me encore pour le vin. Le producteur est celui qui cultive la vigne, qui pressure le vin et l'apporte au comptoir d'&#233;change ; mais celui qui donne ensuite au vin les soins n&#233;cessaires &#224; sa conservation, qui le distribue aux consommateurs, n'est plus lui-m&#234;me un producteur, c'est un simple interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc : au point de vue du principe, rien de plus logique que de faire rentrer la boulangerie, la boucherie, la distribution des vins, etc, dans les attributions de la Commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, le bl&#233;, une fois entr&#233; dans les magasins de la Commune, sera r&#233;duit en farine dans un moulin communal (il va sans dire que plusieurs communes pourront avoir le m&#234;me moulin) ; la farine sera transform&#233;e en pain dans les boulangeries communales, et le pain sera livr&#233; par la Commune aux consommateurs. Il en sera de m&#234;me de la viande : les bestiaux seront abattus dans les abattoirs communaux, et d&#233;pec&#233;s dans les boucheries communales. Les vins seront conserv&#233;s dans les caves communales, et distribu&#233;s aux consommateurs par des employ&#233;s sp&#233;ciaux. Enfin, les autres denr&#233;es alimentaires seront, suivant la consommation plus ou moins imm&#233;diate qui doit en &#234;tre faite, conserv&#233;es dans les magasins de la commune, ou bien expos&#233;es aux halles, o&#249; les consommateurs viendront les chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout pour cette cat&#233;gorie de produits, pain, viande, vin, etc., que les efforts devront tendre &#224; substituer au plus vite au r&#233;gime de l'&#233;change celui de la distribution. Une fois qu'une alimentation abondante sera assur&#233;e &#224; tous, les progr&#232;s des sciences, des arts industriels, et de la civilisation en g&#233;n&#233;ral, marcheront &#224; pas de g&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;IV. &#8212; Statistique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La commission communale de statistique aura pour t&#226;che de r&#233;unir tous les renseignements statistiques de la commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diverses corporations ou associations de production la tiendront constamment au courant du nombre de leurs membres et des changements qui s'op&#232;rent dans leur personnel, en sorte qu'il sera possible de conna&#238;tre &#224; tous les instants le nombre de bras employ&#233;s dans les diverses branches de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par l'interm&#233;diaire du comptoir d'&#233;change, la commission de statistique obtiendra les donn&#233;es les plus compl&#232;tes sur le chiffre de la production et sur celui de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sera au moyen des faits statistiques recueillis de la sorte dans toutes les communes d'une r&#233;gion, qu'il sera possible d'&#233;quilibrer scientifiquement la production et la consommation ; en ob&#233;issant &#224; ces indications, on pourra accro&#238;tre le nombre de bras dans les branches o&#249; la production est insuffisante, et le diminuer dans celles o&#249; la production est surabondante. La statistique permettra aussi de fixer la dur&#233;e moyenne de la journ&#233;e de travail, n&#233;cessaire pour obtenir la somme de produits que r&#233;clament les besoins de la soci&#233;t&#233;. Ce sera par elle &#233;galement qu'on arrivera &#224; pouvoir d&#233;terminer, non certes d'une mani&#232;re absolue, mais avec une exactitude suffisante pour la pratique, la valeur relative des divers produits, qui servira de base aux tarifs des comptoirs d'&#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout ; la commission de statistique aura encore &#224; remplir les fonctions attribu&#233;es aujourd'hui &#224; l'&#233;tat civil : elle enregistrera les naissances et les d&#233;c&#232;s. Nous n'ajoutons pas : les mariages, parce que, dans une soci&#233;t&#233; libre, l'union volontaire de l'homme et de la femme ne sera plus un acte officiel, mais un acte purement priv&#233;, qui n'aura besoin d'aucune sanction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres choses encore sont du ressort de la statistique : les maladies, les observations m&#233;t&#233;orologiques, tous les faits enfin qui, se produisant d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re, peuvent &#234;tre enregistr&#233;s et compt&#233;s, et du groupement num&#233;rique desquels peut sortir quelque enseignement, parfois m&#234;me quelque loi scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;V. &#8212; Hygi&#232;ne.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sous le nom g&#233;n&#233;ral d'hygi&#232;ne nous avons rassembl&#233; divers services publics dont le bon fonctionnement est indispensable au maintien de la sant&#233; commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier rang il faut placer naturellement le service m&#233;dical, qui sera mis gratuitement par la Commune &#224; la port&#233;e de tous ses ressortissants. Les m&#233;decins ne seront plus des industriels cherchant &#224; tirer le plus gros profit possible de leurs malades ; ce seront des employ&#233;s de la Commune, r&#233;tribu&#233;s par elle, et qui doivent accorder leurs soins &#224; tous ceux qui les r&#233;clament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le service m&#233;dical ne nous pr&#233;sente que le c&#244;t&#233; &lt;i&gt;curatif &lt;/i&gt; de cette branche de l'activit&#233; et du savoir humain qui s'occupe de la sant&#233; ; et ce n'est pas assez que de gu&#233;rir les maladies, il faut encore les pr&#233;venir. C'est l&#224; la fonction de l'hygi&#232;ne proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une quantit&#233; d'objets qui, par un de leurs c&#244;t&#233;s, d&#233;pendent d'autres domaines, comme par exemple de celui des travaux publics ou du comptoir d'&#233;change, se rattachent pourtant &#224; l'hygi&#232;ne par l'influence qu'ils peuvent exercer sur la sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que la commission d'hygi&#232;ne aura &#224; s'occuper, de concert avec celle des travaux publics, de la distribution de l'eau potable, et a veiller a ce que cette eau soit livr&#233;e aux consommateurs dans les conditions de la plus grande puret&#233; possible ; elle surveillera aussi la construction et le service des &#233;gouts ; elle veillera &#224; la propret&#233; des rues. Les abattoirs, les lavoirs publics o&#249; seront nettoy&#233;s les v&#234;tements, les &#233;tablissements de bains publics, sont aussi de son ressort. Elle s'occupera &#233;galement de tout ce qui regarde les derniers devoirs &#224; rendre aux morts, et des mesures n&#233;cessaires pour &#233;viter que les cadavres ne produisent, par leur accumulation dans les cimeti&#232;res, des foyers d'infection potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait citer encore plusieurs autres choses qui devront attirer l'attention et occuper les soins de la commission d'hygi&#232;ne ; mais le peu que nous venons de dire a d&#233;j&#224; d&#251; suffire pour donner une id&#233;e de la nature de ses fonctions et de leur importance.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VI. &#8212; S&#233;curit&#233;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce service comprend les mesures n&#233;cessaires pour garantir &#224; tous les habitants de la Commune, la s&#233;curit&#233; de leur personne ainsi que pour prot&#233;ger les b&#226;timents, les produits, etc., contre toute d&#233;pr&#233;dation et tout accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas probable que dans une soci&#233;t&#233; o&#249; chacun pourra vivre en pleine libert&#233; du fruit de son travail, et trouvera tous ses besoins abondamment satisfaits, des cas de vol et de brigandage puissent encore se pr&#233;senter. Le bien-&#234;tre mat&#233;riel, ainsi que le d&#233;veloppement intellectuel et moral qui r&#233;sultera de l'instruction vraiment humaine donn&#233;e &#224; tous, rendront en outre beaucoup plus rares les crimes qui sont la suite de la d&#233;bauche, de la col&#232;re, de la brutalit&#233;, ou d'autres vices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins il ne sera pas inutile de prendre des pr&#233;cautions pour la s&#233;curit&#233; des personnes. Ce service, qu'on pourrait appeler, si ce terme n'avait pas une signification trop &#233;quivoque, la police de la Commune, ne sera pas confi&#233;, comme aujourd'hui, &#224; un corps sp&#233;cial : tous les habitants seront appel&#233;s &#224; y prendre part et &#224; veiller &#224; tour de r&#244;le dans les divers postes de s&#251;ret&#233; que la Commune aura institu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se demandera sans doute, &#224; ce propos, comment sera trait&#233;, dans la soci&#233;t&#233; &#233;galitaire, celui qui se sera rendu coupable d'un meurtre ou d'autres violences. &#201;videmment on ne pourra pas, sous pr&#233;texte de respect des droits de l'individu et de n&#233;gation de l'autorit&#233;, laisser courir tranquillement un meurtrier ou attendre que quelque ami de la victime lui applique la loi du talion. Il faudra le priver de sa libert&#233;, et le garder dans une maison sp&#233;ciale, jusqu'&#224; ce qu'il puisse, sans danger, &#234;tre rendu &#224; la soci&#233;t&#233;. Comment devra-t-il &#234;tre trait&#233; durant sa captivit&#233; ? et d'apr&#232;s quels principes en d&#233;terminera-t-on la dur&#233;e ? Ce sont l&#224; des questions d&#233;licates, sur lesquelles les opinions sont encore divis&#233;es. Il faudra s'en remettre &#224; l'exp&#233;rience pour leur solution ; mais nous savons d&#232;s &#224; pr&#233;sent que, gr&#226;ce &#224; la transformation que l'&#233;ducation op&#233;rera dans les caract&#232;res, les crimes seront devenus tr&#232;s rares : les criminels n'&#233;tant plus qu'une exception, seront consid&#233;r&#233;s comme des malades et des insens&#233;s ; la question du crime, qui occupe aujourd'hui tant de juges, d'avocats et de ge&#244;liers, perdra son importance sociale, et deviendra un simple chapitre de la philosophie m&#233;dicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribunaux actuels sont charg&#233;s de deux besognes bien diff&#233;rentes : ils jugent les crimes, c'est-&#224;-dire les attentats contre les personnes ou les choses (meurtres, incendies, etc), et ils jugent aussi les contestations entre les particuliers, les proc&#232;s. Comme nous venons de le dire, les cas de la premi&#232;re cat&#233;gorie, les crimes, seront d&#233;sormais du ressort du service de la s&#233;curit&#233;, qui cherchera &#224; les pr&#233;venir, et de celui du service m&#233;dical, qui d&#233;cidera des mesures &#224; prendre a l'&#233;gard des criminels. Quant aux cas de la seconde cat&#233;gorie, aux contestations entre des personnes, entre des associations, entre des Communes, ces contestations seront jug&#233;es par des arbitres d&#233;sign&#233;s par les parties, comme cela se fait d&#233;j&#224; aujourd'hui dans un grand nombre de circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le service de la s&#233;curit&#233; publique comprendra aussi les pr&#233;cautions a prendre contre les incendies, les inondations, et autres accidents de ce genre. Tous les habitants de la Commune auront du s'entendre pour concourir &#224; l'ex&#233;cution des mesures destin&#233;es a pr&#233;venir ces accidents : ainsi, par exemple, ils auront form&#233; un corps de pompiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un vaste syst&#232;me d'assurances compl&#233;tera cette organisation. Les corporations et les Communes se garantiront un appui mutuel pour le cas ou un d&#233;sastre, incendie, gr&#234;le, &#233;pizootie, s&#233;cheresse, etc&#8230; viendrait &#224; frapper une ou plusieurs d'entr'elles. Ce pacte d'assurance et de solidarit&#233; ne formera d'ailleurs qu'un des chapitres du pacte g&#233;n&#233;ral de f&#233;d&#233;ration dont il sera parl&#233; plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VII. &#8212; Education&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur ce sujet tr&#232;s important, et qui demanderait &#224; &#234;tre trait&#233; dans un livre sp&#233;cial, nous ne pourrons donner que quelques br&#232;ves indications, suffisantes toutefois pour qu'on se forme une id&#233;e g&#233;n&#233;rale exacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point a consid&#233;rer, c'est la question de l'entretien des enfants. Aujourd'hui, ce sont les parents qui sont charg&#233;s de pourvoir &#224; la nourriture de leurs enfants, ainsi qu'&#224; leur instruction : cet usage est la cons&#233;quence d'un principe faux, qui fait consid&#233;rer l'enfant comme la propri&#233;t&#233; de ses parents. L'enfant n'est la propri&#233;t&#233; de personne, il s'appartient &#224; lui-m&#234;me ; et pendant la p&#233;riode dans laquelle il est encore incapable de se prot&#233;ger lui-m&#234;me, et o&#249; par cons&#233;quent il peut &#234;tre expos&#233; &#224; l'exploitation, c'est &#224; la soci&#233;t&#233; &#224; le prot&#233;ger et &#224; lui assurer la garantie de son libre d&#233;veloppement. C'est &#224; la soci&#233;t&#233; aussi &#224; se charger de son entretien : en subvenant &#224; sa consommation et aux diverses d&#233;penses que n&#233;cessitera son &#233;ducation, la soci&#233;t&#233; ne fait qu'une avance, que l'enfant lui remboursera par son travail lorsqu'il sera devenu un producteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, c'est la soci&#233;t&#233;, et non les parents, qui doit se charger de l'entretien de l'enfant. Ce principe g&#233;n&#233;ral pos&#233;, nous croyons devoir nous abstenir de fixer d'une mani&#232;re pr&#233;cise et d&#233;taill&#233;e la forme en laquelle il doit &#234;tre appliqu&#233; : nous risquerions de tomber dans l'utopie ; il faudra laisser agir la libert&#233;, et attendre les le&#231;ons de l'exp&#233;rience. Disons seulement que vis-&#224;-vis de l'enfant, la soci&#233;t&#233; est repr&#233;sent&#233;e par la Commune et que chaque Commune aura &#224; d&#233;terminer l'organisation qu'elle jugera la meilleure pour l'entretien de ses enfants : ici on pr&#233;f&#233;rera la vie en commun, l&#224; on laissera les enfants &#224; leur m&#232;re au moins jusqu'&#224; un certain &#226;ge, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est l&#224; qu'un c&#244;t&#233; de la question. La Commune nourrit, habille, loge les enfants : qui les instruira, qui en fera des hommes et des producteurs ? et selon quel plan leur &#233;ducation sera-t-elle dirig&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces questions, nous r&#233;pondrons : L'&#233;ducation des enfants doit &#234;tre int&#233;grale, c'est-&#224;-dire qu'elle doit d&#233;velopper &#224; la fois toutes les facult&#233;s du corps et toute les facult&#233;s de l'esprit, de mani&#232;re &#224; faire de l'enfant un homme complet. Cette &#233;ducation ne doit pas &#234;tre confi&#233;e &#224; une caste sp&#233;ciale d'instituteurs : tous ceux qui connaissent une science, un art, un m&#233;tier, peuvent et doivent &#234;tre appel&#233;s &#224; l'enseigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, dans les premi&#232;res ann&#233;es qui suivront la R&#233;volution, on ne pourra pas cr&#233;er de toutes pi&#232;ces l'organisation de l'&#233;ducation telle qu'elle devra fonctionner dans la p&#233;riode normale : il y aura &#233;videmment quelques ann&#233;es de transition, pendant lesquelles chaque Commune fera de son mieux, avec les &#233;l&#233;ments qu'elle poss&#232;de. Mais le tableau dont nous allons tracer les lignes principales, indique le but vers lequel il faut tendre, but auquel des efforts s&#233;rieux et pers&#233;v&#233;rants permettront d'arriver assez promptement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On distinguera dans l'&#233;ducation deux degr&#233;s : l'un ou l'enfant, de cinq &#224; douze ans, n'a pas encore atteint l'&#226;ge d'&#233;tudier les sciences, et ou il s'agit essentiellement de d&#233;velopper ses facult&#233;s physiques ; et un second degr&#233; ou l'enfant, de douze &#224; seize ans, doit &#234;tre initi&#233; aux diverses branches du savoir humain, en m&#234;me temps qu'il apprend la pratique d'une ou de plusieurs branches de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque Commune, des dispositions devront &#234;tre prises pour que, sans sortir de la Commune o&#249; il habite, l'enfant puisse recevoir, dans toute son &#233;tendue, l'instruction int&#233;grale &#224; l'un et l'autre degr&#233;. Il va de soi, n&#233;anmoins, que si l'enfant d&#233;sirait apprendre une branche de production qui n'existerait pas dans sa Commune d'origine, il serait oblig&#233; de changer de Commune et de chercher une localit&#233; o&#249; il p&#251;t recevoir l'enseignement pratique dont il aurait besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, apr&#232;s avoir termin&#233; son &#233;ducation jusqu'&#224; la fin du second degr&#233;, un jeune homme peut d&#233;sirer &#8212; sans abandonner le travail productif auquel il est tenu &#8212; de se vouer plus sp&#233;cialement &#224; l'&#233;tude d'une science. Il trouvera alors l'occasion de satisfaire son d&#233;sir dans des &#233;tablissements sp&#233;ciaux, qui existeront dans un certain nombre de Communes. Ces &#233;tablissements seront ouverts &#224; tous, et chacun poss&#233;dant ainsi les moyens n&#233;cessaires pour continuer des &#233;tudes s&#233;rieuses tout en remplissant ses devoirs de producteur, les hautes &#233;tudes scientifiques seront accessibles &#224; tous ceux qui le voudront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'insisterons pas davantage sur ce dernier point : ceux qui, dans les sciences, voueront leur existence &#224; une sp&#233;cialit&#233; et enrichiront le savoir humain de d&#233;couvertes nouvelles, seront probablement en petit nombre ; la majorit&#233; se contentera, au moins dans le commencement, des deux degr&#233;s d'&#233;tudes indiqu&#233;s plus haut, qui suffiront d'ailleurs pour former des hommes complets, et sur lesquels nous allons donner quelques indications plus d&#233;taill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier degr&#233;, comme nous l'avons dit, il s'agira essentiellement de d&#233;velopper les facult&#233;s physiques, de fortifier le corps, d'exercer les sens. Aujourd'hui on s'en remet au hasard du soin d'exercer la vue, de former l'oreille, de d&#233;velopper l'habilet&#233; de la main ; une &#233;ducation rationnelle s'appliquera au contraire, par des exercices sp&#233;ciaux, &#224; donner &#224; l'&#339;il et a l'oreille toute la puissance dont ils sont susceptibles ; et quant aux mains, on se gardera bien d'habituer les enfants &#224; se servir exclusivement de la droite : on cherchera &#224; les rendre aussi habiles d'une main que de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que les sens s'exerceront, et que la vigueur corporelle s'accro&#238;tra par une intelligente gymnastique, la culture de l'esprit commencera, mais d'une fa&#231;on toute spontan&#233;e : un certain nombre de faits scientifiques s'accumuleront d'eux-m&#234;mes dans le cerveau de l'enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'observation individuelle, l'exp&#233;rience, les conversations des enfants entre eux, ou avec les personnes charg&#233;es de diriger leur enseignement, seront les seules le&#231;ons qu'ils recevront dans cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'&#233;cole arbitrairement gouvern&#233;e par un p&#233;dagogue, et dans laquelle les &#233;l&#232;ves tremblants soupirent apr&#232;s la libert&#233; et les jeux du dehors. Dans leurs r&#233;unions, les enfants seront compl&#232;tement libres : ils organiseront eux-m&#234;mes leurs jeux, leurs conf&#233;rences, &#233;tabliront un bureau pour diriger leurs travaux, des arbitres pour juger leurs diff&#233;rends, etc. Ils s'habitueront ainsi &#224; la vie publique, &#224; la responsabilit&#233;, &#224; la mutualit&#233; ; le professeur qu'ils auront librement choisi pour leur donner un enseignement, ne sera plus pour eux un tyran d&#233;test&#233;, mais un ami qu'ils &#233;couteront avec plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le second degr&#233;, les enfants, parvenus &#224; l'&#226;ge de douze ou treize ans, &#233;tudieront successivement dans un ordre m&#233;thodique les principales branches des connaissances humaines. L'enseignement ne sera pas remis entre les mains d'hommes qui en feront leur occupation exclusive : les professeurs de telle ou telle science seront en m&#234;me temps des producteurs, qui occuperont une partie de leur temps au travail manuel ; et chaque branche comptera non pas un, mais un aussi grand nombre qu'il se trouvera dans la Commune d'hommes poss&#233;dant une science et dispos&#233;s &#224; l'enseigner. En outre, la lecture en commun de bons ouvrages d'enseignement, les discussions dont ces lectures seront suivies, diminueront beaucoup l'importance qu'on attache aujourd'hui &#224; la personnalit&#233; du professeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que l'enfant d&#233;veloppera son corps et s'appropriera les sciences, il fera son apprentissage comme producteur. Dans le premier degr&#233; de l'enseignement, le besoin de r&#233;parer ou de modifier le mat&#233;riel de ses jeux aura initi&#233; l'enfant au maniement des principaux outils. Pendant la seconde &#233;poque, il visitera les divers ateliers, et bient&#244;t, entra&#238;n&#233; par son go&#251;t vers l'une ou l'autre branche, il se choisira une ou plusieurs sp&#233;cialit&#233;s. Les ma&#238;tres d'apprentissage seront les producteurs eux-m&#234;mes ; dans chaque atelier, il y aura des &#233;l&#232;ves, et une partie du temps de chaque travailleur sera consacr&#233;e &#224; leur montrer &#224; travailler. &#192; cette &#233;ducation pratique seront jointes quelques le&#231;ons th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, &#224; l'&#226;ge de seize ou dix-sept ans, le jeune homme aura parcouru tout le cercle des connaissances humaines, et sera en &#233;tat de poursuivre seul ses &#233;tudes ult&#233;rieures, s'il le d&#233;sire ; il aura en outre appris un m&#233;tier, et se trouvera d&#232;s lors au rang des producteurs utiles, de fa&#231;on &#224; pouvoir rembourser &#224; la soci&#233;t&#233;, par son travail, la dette que son &#233;ducation lui aura fait contracter envers elle.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut consulter avec fruit, sur cette importante question de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste &#224; dire un mot des relations de l'enfant avec sa famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des gens qui pr&#233;tendent qu'une mesure d'organisation sociale qui met l'entretien de l'enfant &#224; la charge de la soci&#233;t&#233; n'est autre chose que &#171; la destruction de la famille &#187;. C'est l&#224; une expression vide de sens ; tant que le concours de deux individus de sexe diff&#233;rent sera n&#233;cessaire pour la procr&#233;ation d'un nouveau-n&#233;, tant qu'il y aura des p&#232;res et des m&#232;res, le lien naturel de parent&#233; entre l'enfant et ceux &#224; qui il doit la vie ne pourra pas &#234;tre effac&#233; des relations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seulement le caract&#232;re de ce lien devra n&#233;cessairement se modifier. Dans l'Antiquit&#233;, le p&#232;re &#233;tait ma&#238;tre absolu de l'enfant, il avait sur lui droit de vie et de mort ; dans les temps modernes, l'autorit&#233; paternelle a &#233;t&#233; limit&#233;e par certaines restrictions ; quoi de plus naturel, par cons&#233;quent, que dans une soci&#233;t&#233; libre et &#233;galitaire, ce qui reste encore aujourd'hui de cette autorit&#233; s'efface compl&#232;tement, pour faire face aux relations de simple affection ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pr&#233;tendons pas, sans doute, que l'enfant doive &#234;tre trait&#233; en adulte, que tous ses caprices aient droit au respect, et que lorsqu'il y a opposition entre sa volont&#233; enfantine et les r&#232;gles &#233;tablies par la science et le sens commun, il ne faille pas enseigner &#224; l'enfant &#224; c&#233;der. Au contraire, nous disons que l'enfant a besoin d'&#234;tre dirig&#233; : mais la direction de ses premi&#232;res ann&#233;e ne doit pas &#234;tre confi&#233;e exclusivement aux mains de parents souvent incapables, et qui g&#233;n&#233;ralement abusent du pouvoir qui leur est remis. Le but de l'&#233;ducation que re&#231;oit l'enfant &#233;tant de le mettre aussi vite que possible en &#233;tat de se diriger lui-m&#234;me, par le large d&#233;veloppement de toutes ses facult&#233;s, il est &#233;vident qu'aucune tendance &#233;troitement autoritaire n'est compatible avec un pareil syst&#232;me d'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais parce que les relations du p&#232;re au fils seront, non plus celles d'un ma&#238;tre &#224; un esclave, mais celles d'un instituteur &#224; un &#233;l&#232;ve, d'un ami plus &#226;g&#233; &#224; un ami plus jeune, pense-t-on que l'affection r&#233;ciproque des parents et des enfants aura &#224; en souffrir ? N'est-ce pas au contraire alors qu'on verra cesser ces inimiti&#233;s, ces discordes dont la famille offre aujourd'hui tant d'exemples, et qui presque toujours ont pour cause la tyrannie exerc&#233;e par le p&#232;re sur ses enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que personne ne vienne donc plus dire que la soci&#233;t&#233; affranchie et r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e d&#233;truira la famille. Elle apprendra au contraire au p&#232;re, &#224; la m&#232;re, &#224; l'enfant, &#224; s'aimer, &#224; s'estimer, &#224; respecter leurs droits mutuels ; et en m&#234;me temps, elle leur mettra au c&#339;ur, &#224; c&#244;t&#233; et au-dessus des affections de famille qui n'embrassent qu'un cercle restreint et qui peuvent devenir mauvaises si elles restent exclusives, un amour plus haut et plus noble, celui de la grande famille humaine.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;VIII. &#8212; Assistance&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous employons le terme d'&lt;i&gt;assistance&lt;/i&gt; pour d&#233;signer non point une &#339;uvre de charit&#233;, mais les institutions au moyen desquelles la soci&#233;t&#233; s'acquitte d'une partie de ses obligations qu'elle a contract&#233;e envers chacun de ses membres, et sp&#233;cialement de l'obligation d'assurer l'existence et l'entretien des malades, des infirmes et des vieillards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas &#224; indiquer les d&#233;tails de l'organisation des &#233;tablissements que chaque Commune devra instituer dans ce but ; nous dirons seulement qu'afin d'assurer partout le fonctionnement r&#233;gulier de ces institutions si importantes, la F&#233;d&#233;ration des Communes devra pr&#234;ter son appui &#224; celles des Communes dont les ressources seraient insuffisantes ; et nous ajouterons que les membres de la soci&#233;t&#233; que leur grand &#226;ge ou le mauvais &#233;tat de leur sant&#233; aura rendus incapables de travailler et qui par cons&#233;quent auront recours &#224; l'assistance publique, ne seront point consid&#233;r&#233;s comme des indigents auxquels la compassion jette une aum&#244;ne, mais comme des &#233;gaux envers lesquels la soci&#233;t&#233; a des engagements qu'elle est tenue de remplir. De m&#234;me que l'enfance a droit &#224; l'&#233;ducation, la vieillesse et la maladie ont droit aux soins et au repos : et c'est justement pour se garantir les uns aux autres ces droits et ces avantages, que les hommes se sont donn&#233; des institutions sociales et se sont unis par les liens d'une &#233;troite solidarit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On peut consulter avec fruit, sur cette importante question de l'enseignement un excellent travail publi&#233; il y a quelques ann&#233;es sous le titre :&lt;i&gt; De l'enseignement int&#233;gral&lt;/i&gt;, par Paul Robin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre III</title>
		<link>http://partage-noir.fr/james-guillaume-idees-sur-l-organisation-sociale-chapitre-iii</link>
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		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Chez les travailleurs de l'industrie, il faut, comme chez les paysans, distinguer plusieurs cat&#233;gories. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a d'abord les m&#233;tiers dans lesquels l'outillage est presque insignifiant, o&#249; la division du travail n'existe pas ou n'existe qu'&#224; peine, et o&#249; par cons&#233;quent le travailleur isol&#233; peut produire aussi bien que s'il travaillait en association. Telles sont, par exemple, les professions de tailleur, de cordonnier etc. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis viennent les m&#233;tiers qui n&#233;cessitent la coop&#233;ration de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_3-fca29.jpg?1774711561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Chez les travailleurs de l'industrie, il faut, comme chez les paysans, distinguer plusieurs cat&#233;gories.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord les m&#233;tiers dans lesquels l'outillage est presque insignifiant, o&#249; la division du travail n'existe pas ou n'existe qu'&#224; peine, et o&#249; par cons&#233;quent le travailleur isol&#233; peut produire aussi bien que s'il travaillait en association. Telles sont, par exemple, les professions de tailleur, de cordonnier etc.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut remarquer toutefois que, m&#234;me dans ces professions-l&#224;, le mode de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les m&#233;tiers qui n&#233;cessitent la coop&#233;ration de plusieurs travailleurs, l'emploi de ce qu'on appelle la force collective, et qui s'exercent g&#233;n&#233;ralement dans un atelier ; exemple : les typographes, les menuisiers, les ma&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il est une troisi&#232;me cat&#233;gorie d'industrie, o&#249; la division du travail est pouss&#233;e beaucoup plus loin, o&#249; la production se fait sur une &#233;chelle gigantesque et exige l'emploi de puissantes machines et la possession d'un capital consid&#233;rable. Telles sont les filatures, les usines m&#233;tallurgiques, les houill&#232;res, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les travailleurs appartenant aux industries de la premi&#232;re cat&#233;gorie, le travail collectif n'est pas une n&#233;cessit&#233; ; et il arrivera sans doute que dans un grand nombre de cas, le tailleur ou le savetier pr&#233;f&#233;rera continuer &#224; travailler seul dans sa petite &#233;choppe. C'est l&#224; une chose toute naturelle, d'autant plus que dans les petites communes, il n'y aura peut-&#234;tre qu'un seul travailleur appartenant &#224; chacun de ces m&#233;tiers. Toutefois et sans vouloir g&#234;ner en rien l'ind&#233;pendance individuelle, nous pensons que, l&#224; o&#249; la chose est praticable, le travail en commun est le meilleur : dans la soci&#233;t&#233; de ses &#233;gaux, l'&#233;mulation stimule le travailleur ; il produit davantage, et fait son ouvrage de meilleur c&#339;ur ; en outre, le travail en commun permet un contr&#244;le plus utile de chacun sur tous et de tous sur chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux travailleurs des deux autres cat&#233;gories, il est &#233;vident que l'association leur est impos&#233;e par la nature m&#234;me de leur travail ; et que leurs instruments de travail n'&#233;tant plus de simples outils d'un usage exclusivement personnel, mais des machines ou des outils dont l'emploi exige le concours de plusieurs ouvriers, la propri&#233;t&#233; de cet outillage ne peut &#234;tre que collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque atelier, chaque fabrique formera donc une association de travailleurs, qui restera libre de s'administrer de la fa&#231;on qu'il lui plaira, pourvu que les droits de chacun soient sauvegard&#233;s et que les principes d'&#233;galit&#233; et de justice soient mis en pratique. Au chapitre pr&#233;c&#233;dent, en parlant des associations ou communaut&#233;s de travailleurs agricoles, nous avons pr&#233;sent&#233;, &#224; propos de la g&#233;rance, de la dur&#233;e de la journ&#233;e de travail, et de la r&#233;partition des produits, des observations qui naturellement s'appliquent aussi aux travailleurs de l'industrie et, que par cons&#233;quent nous n'avons pas besoin de r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de dire que, partout o&#249; il s'agit d'une industrie exigeant un outillage un peu compliqu&#233; et le travail en commun, la propri&#233;t&#233; des instruments de travail devait &#234;tre commune. Mais un point reste &#224; d&#233;terminer : cette propri&#233;t&#233; commune appartiendra-t-elle exclusivement &#224; l'atelier dans lequel elle fonctionne, ou bien sera-t-elle la propri&#233;t&#233; de toute la corporation des travailleurs de telle ou telle industrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre opinion est que c'est la seconde de ces solutions qui est la bonne. Lorsque, par exemple, le jour de la R&#233;volution, les ouvriers typographes de la ville de Rome auront pris possession de toutes les imprimeries de cette cit&#233;, ils devront imm&#233;diatement se r&#233;unir en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, pour y d&#233;clarer que l'ensemble des imprimeries de Rome constitue la propri&#233;t&#233; commune de tous les typographes romains. Puis, d&#232;s que la chose sera possible, ils devront faire un pas de plus, et se solidariser avec les typographes des autres villes d'Italie ; le r&#233;sultat de ce pacte de solidarit&#233; sera la constitution de tous les &#233;tablissements typographiques d'Italie comme propri&#233;t&#233; collective de la f&#233;d&#233;ration des typographes italiens. Au moyen de cette mise en commun, les typographes de toute l'Italie pourront aller travailler dans l'une ou l'autre des villes de leur pays, et y trouver partout des instruments de travail dont ils auront le droit de se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la propri&#233;t&#233; des instruments de travail doit, selon nous, &#234;tre remise &#224; la corporation, nous ne voulons pas dire par l&#224; qu'il y aura, au-dessus des groupes de travailleurs formant les ateliers, une sorte de gouvernement industriel qui ait le pouvoir de disposer &#224; son gr&#233; des instruments de travail. Non : les travailleurs des divers ateliers ne font pas le moins du monde l'abandon de l'instrument de travail qu'ils ont conquis entre les mains d'une puissance sup&#233;rieure qui s'appellerait la corporation. Ce qu'ils font, c'est ceci : ils se garantissent r&#233;ciproquement, sous certaines conditions, la jouissance de l'instrument de travail dont ils ont acquis la possession, et, en accordant &#224; leurs coll&#232;gues des autres ateliers la co-participation &#224; cette puissance, ils obtiennent en &#233;change d'&#234;tre &#224; leur tour co-participants &#224; la propri&#233;t&#233; des instruments de travail d&#233;tenus par ces coll&#232;gues avec lesquels ils ont conclu le pacte de solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux rapports des diverses corporations entre elles, aux proc&#233;d&#233;s par lesquels sera d&#233;termin&#233;e la quantit&#233; normale de produits qui doit &#234;tre livr&#233;e &#224; la consommation par chaque branche de l'industrie, et &#224; la mani&#232;re dont pourra s'organiser l'&#233;change, nous en parlerons dans les chapitres suivants, qui seront consacr&#233;s &#224; &#233;tudier l'organisation de la commune et des divers services publics, communaux et r&#233;gionaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il faut remarquer toutefois que, m&#234;me dans ces professions-l&#224;, le mode de production de la grande industrie peut &#234;tre appliqu&#233;, et produire une &#233;conomie de temps et de travail. Ce que nous en disons ne s'applique qu'&#224; une p&#233;riode transitoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre II</title>
		<link>http://partage-noir.fr/james-guillaume-idees-sur-l-organisation-sociale-chapitre-ii</link>
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		<dc:date>2023-11-16T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous examinerons, dans ce chapitre, la mani&#232;re dont doivent s'organiser les paysans pour tirer le plus de profit possible de leur instrument de travail, la terre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au lendemain de la R&#233;volution, voici dans quelle position se trouveront les paysans : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les uns, qui &#233;taient d&#233;j&#224; petits propri&#233;taires, conservent le morceau de terrain qu'ils cultivaient et qu'ils continuent &#224; cultiver seuls avec leur famille. D'autres, et c'est le plus grand nombre, qui &#233;taient fermiers d'un grand propri&#233;taire, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_2-873b8.jpg?1774711561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous examinerons, dans ce chapitre, la mani&#232;re dont doivent s'organiser les paysans pour tirer le plus de profit possible de leur instrument de travail, la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de la R&#233;volution, voici dans quelle position se trouveront les paysans :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns, qui &#233;taient d&#233;j&#224; petits propri&#233;taires, conservent le morceau de terrain qu'ils cultivaient et qu'ils continuent &#224; cultiver seuls avec leur famille. D'autres, et c'est le plus grand nombre, qui &#233;taient fermiers d'un grand propri&#233;taire, ou simples man&#339;uvres &#224; la solde d'un fermier, se sont empar&#233;s en commun d'une vaste &#233;tendue de terrain, et doivent la cultiver en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lequel de ces deux syst&#232;mes est le meilleur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de faire de la th&#233;orie, mais de prendre pour point de d&#233;part les faits, et de rechercher ce qui est imm&#233;diatement r&#233;alisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pla&#231;ant &#224; ce point de vue, nous disons d'abord que la chose essentielle, celle pour laquelle la R&#233;volution a &#233;t&#233; faite, est accomplie : la terre est devenue la propri&#233;t&#233; de celui qui la cultive, le paysan ne travaille plus au profit d'un exploiteur qui vit de ses sueurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande conqu&#234;te obtenue, le reste est d'ordre secondaire ; les paysans peuvent, si c'est leur volont&#233;, partager le terrain en lots individuels et attribuer &#224; chaque travailleur un lot ; ou bien au contraire mettre le terrain en commun et s'associer pour le cultiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, quoique secondaire par rapport au fait essentiel, &#224; l'&#233;mancipation du paysan, cette question de la la meilleure forme &#224; adopter pour la culture et pour la possession du sol m&#233;rite aussi d'&#234;tre examin&#233;e avec attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une r&#233;gion qui aura &#233;t&#233; peupl&#233;e, avant la R&#233;volution, par des paysans petits propri&#233;taires ; o&#249; la nature du sol sera peu propice &#224; des cultures &#233;tendues ; o&#249; l'agriculture en est encore rest&#233;e aux proc&#233;d&#233;s de l'&#226;ge patriarcal, o&#249; l'emploi des machines est inconnu ou peu r&#233;pandu &#8212; dans une r&#233;gion semblable, il sera naturel que les paysans conservent la forme de propri&#233;t&#233; &#224; laquelle ils sont habitu&#233;s. Chacun d'eux continuera &#224; cultiver son terrain comme par le pass&#233;, avec cette seule diff&#233;rence, que ses valets d'autrefois (s'il en avait) seront devenus ses associ&#233;s et partageront avec lui les fruits que leur travail commun aura fait produire &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois il est probable qu'au bout de peu de temps, ces paysans rest&#233;s propri&#233;taires individuels trouveront avantageux pour eux de modifier leur syst&#232;me traditionnel de travail. Ils se seront d'abord associ&#233;s pour cr&#233;er une agence communale charg&#233;e de la vente ou de l'&#233;change de leurs produits : puis cette premi&#232;re association les conduira &#224; tenter d'autres pas dans cette m&#234;me voie. Ils feront en commun l'acquisition de diverses machines destin&#233;es &#224; faciliter leur travail ; ils se pr&#234;teront une aide r&#233;ciproque pour l'ex&#233;cution de certaines corv&#233;es qui se font mieux quand elles sont enlev&#233;es rapidement par un grand nombre de bras ; et ils finiront sans doute par imiter leurs fr&#232;res les travailleurs de l'industrie et ceux des grandes cultures, en se d&#233;cidant &#224; mettre leurs terres en commun et &#224; former une association agricole. Mais s'ils s'attardent quelques ann&#233;es dans l'ancienne routine, si m&#234;me l'espace d'une g&#233;n&#233;ration enti&#232;re devait s'&#233;couler, dans certaines communes, avant que les paysans y prissent le parti d'adopter la forme de la propri&#233;t&#233; collective, il n'y aurait pas &#224; ce retard d'inconv&#233;nient grave ; le prol&#233;tariat des campagnes n'aurait-il pas disparu, et au sein m&#234;me de ces communes rest&#233;es en arri&#232;re, y aurait-il autre chose qu'une population de travailleurs libres, vivant dans l'abondance et la paix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, l&#224; o&#249; de grands domaines, de vastes cultures occupent un nombre consid&#233;rable de travailleurs, dont les efforts r&#233;unis et combin&#233;s sont n&#233;cessaires &#224; la mise en &#339;uvre du sol, la propri&#233;t&#233; collective s'impose d'elle-m&#234;me. On verra le territoire de toute une commune, quelquefois m&#234;me celui de plusieurs communes, ne former qu'une exploitation agricole, o&#249; seront appliqu&#233;s les proc&#233;d&#233;s de la grande culture. Dans ces vastes communaut&#233;s de travailleurs des champs, on ne s'efforcera pas, comme le fait aujourd'hui le petit paysan sur son lopin de terre, d'obtenir du m&#234;me terrain une foule de produits diff&#233;rents : on ne verra pas, c&#244;te &#224; c&#244;te dans un enclos d'un hectare de superficie, un petit carr&#233; de bl&#233;, un petit carr&#233; de pommes-de-terre, un autre de vigne, un autre de fourrage, un autre d'arbres fruitiers, etc. Chaque sol est, par sa configuration ext&#233;rieure, par son exposition, par sa composition chimique, appropri&#233; plus sp&#233;cialement &#224; une esp&#232;ce de produits : on ne s&#232;mera donc pas du bl&#233; sur le terrain propre &#224; la vigne, on ne cherchera pas &#224; obtenir des pommes-de-terre sur un sol qui serait mieux utilis&#233; comme p&#226;turage. La communaut&#233; agricole, si elle ne dispose que d'une seule nature de terrain, ne se livrera qu'a la culture d'une seule esp&#232;ce de produits, sachant que la culture en grand donne, avec moins de travail, des r&#233;sultats beaucoup plus consid&#233;rables, et pr&#233;f&#233;rant se procurer par l'&#233;change les produits qui lui manquent, plut&#244;t que de ne les obtenir qu'en petite quantit&#233; et en mauvaise qualit&#233; sur un terrain qui ne leur serait pas propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est inutile d'insister sur les avantages de la grande culture et d'en exposer en d&#233;tail les proc&#233;d&#233;s. Nous nous bornerons a donner une id&#233;e de ce que sera l'agriculture de l'avenir, en citant ici une page remarquable d'un rapport pr&#233;sent&#233; dans un des congr&#232;s de l'Internationale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voyez-vous, sous ce sol fra&#238;chement d&#233;frich&#233;, chaul&#233;, nivel&#233;, ces milliers de canaux, v&#233;ritable syst&#232;me circulatoire d'un nouvel et grand organisme ? De ces canaux souterrains, les uns transportent au loin dans les campagnes le liquide nourricier de la terre, fourni par les &#233;gouts des villes, et restituant int&#233;gralement au sol ce que les populations urbaines ont re&#231;u du sol ; les autres &#233;loignent des champs la trop grande abondance d'eau. Voyez-vous cette tra&#238;n&#233;e de wagons charg&#233;s de chaux ou d'autres sels n&#233;cessaires au sol, conform&#233;ment &#224; la grande loi de la restitution ? la vapeur les entra&#238;ne au loin dans les champs pour r&#233;pandre ces sels pr&#233;cieux dans les terrains o&#249; ils font d&#233;faut. Voyez-vous cette cha&#238;ne de socs parall&#232;les qu'une gigantesque machine &#224; vapeur prom&#232;ne &#224; travers des campagnes immenses ? le m&#234;me m&#233;canisme emporte en m&#234;me temps et les hommes, et les instruments aratoires, et les semences ; et plus tard, quand la moisson sera m&#251;re, il repassera pour la faucher, la recueillir et la transporter dans la grange, ou d'autres machines, mues &#233;galement par la vapeur, remplacent l'antique fl&#233;au et le van &#224; jamais oubli&#233;s. Et tout cela se fait avec ensemble, avec ordre, au moment pr&#233;cis indiqu&#233; par les observatoires m&#233;t&#233;orologiques. Dans une agriculture pareille, que devient non-seulement le petit paysan qui cultive &#224; la b&#234;che, mais m&#234;me le laboureur avec sa charrue traditionnelle, avec tout le vieil outillage et les vieux proc&#233;d&#233;s en usage d&#233;j&#224; dans l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine et m&#234;me dans l'&#201;gypte des Pharaons ? Ils sont all&#233;s rejoindre le roulier remplac&#233; par le chemin de fer, le courrier supprim&#233; par l'&#233;lectricit&#233;, le b&#251;cheron peu &#224; peu disparu devant le charbonnage, le lampiste refoul&#233; par l'usine &#224; gaz, le porteur d'eau aboli par ces syst&#232;mes de puits art&#233;siens, d'aqueducs, de tuyaux et de robinets, qui se chargent aujourd'hui d&#233;j&#224; de distribuer l'eau aux habitants des grandes cit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation int&#233;rieure d'une communaut&#233; agricole ne sera n&#233;cessairement pas partout la m&#234;me : une assez grande vari&#233;t&#233; pourra se produire suivant les pr&#233;f&#233;rences des travailleurs associ&#233;s : ils n'auront, pourvu qu'ils se conforment aux principes d'&#233;galit&#233; et de justice, &#224; consulter sur ce point que leurs convenances et leur utilit&#233;. Nous nous bornerons &#224; donner quelques indications tr&#232;s sommaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;rance de la communaut&#233;, &#233;lue par tous les associ&#233;s, pourra &#234;tre confi&#233;e soit &#224; un seul individu, soit &#224; une commission de plusieurs membres ; il sera m&#234;me possible de s&#233;parer les diverses fonctions administratives, et de remettre chacune d'elle &#224; une commission sp&#233;ciale. La dur&#233;e de la journ&#233;e de travail sera fix&#233;e, non par une loi g&#233;n&#233;rale appliqu&#233;e &#224; tout le pays, mais par une d&#233;cision de la communaut&#233; elle-m&#234;me ; seulement, comme la communaut&#233; sera en relations avec tous les travailleurs agricoles de la r&#233;gion, il faut admettre comme probable qu'une entente se sera effectu&#233;e entre tous les travailleurs pour l'adoption d'une base uniforme sur ce point. Les produits du travail appartiennent &#224; la communaut&#233; ; et chaque associ&#233; re&#231;oit d'elle, soit en nature (subsistances, v&#234;tements, etc.), soit en monnaie d'&#233;change, la r&#233;mun&#233;ration du travail accompli par lui. Dans quelques associations, cette r&#233;mun&#233;ration sera proportionnelle &#224; la dur&#233;e du travail et de la nature des fonctions remplies ; d'autres syst&#232;mes encore pourront &#234;tre essay&#233;s et pratiqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question de la r&#233;partition devient tout &#224; fait secondaire, d&#232;s que celle de la propri&#233;t&#233; a &#233;t&#233; r&#233;solue et qu'il n'existe plus de capitalistes op&#233;rant un pr&#233;l&#232;vement sur le travail des masses. Toutefois nous pensons que le principe dont il faut chercher &#224; se rapprocher autant que possible est celui-ci : &lt;i&gt;De chacun suivant ses forces, &#224; chacun suivant ses besoins.&lt;/i&gt; Une fois que, gr&#226;ce aux proc&#233;d&#233;s m&#233;caniques et aux progr&#232;s de la science industrielle et agricole, la production se sera accrue de telle sorte qu'elle d&#233;passera de beaucoup les besoins de la soci&#233;t&#233; &#8212; et ce r&#233;sultat sera obtenu dans un espace de quelques ann&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution &#8212; une fois qu'on en sera l&#224;, disons-nous, on ne mesurera plus d'une main scrupuleuse la part qui revient &#224; chaque travailleur : chacun pourra puiser dans l'abondante r&#233;serve sociale, selon toute l'&#233;tendue de ses besoins, sans craindre de jamais l'&#233;puiser ; et le sentiment moral qui se sera d&#233;velopp&#233; chez des travailleurs libres et &#233;gaux pr&#233;viendra l'abus et le gaspillage. En attendant, c'est &#224; chaque communaut&#233; &#224; d&#233;terminer elle-m&#234;me, pendant la p&#233;riode de transition, la m&#233;thode qu'elle croit la plus convenable pour r&#233;partir le produit du travail entre ses associ&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>James Guillaume - Id&#233;es sur l'organisation sociale - Chapitre I</title>
		<link>http://partage-noir.fr/james-guillaume-idees-sur-l-organisation-sociale-chapitre-i</link>
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		<dc:date>2023-11-15T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le travail que nous pr&#233;sentons au public socialiste n'est pas le programme officiel d'un parti ! mais ce n'est pas non plus l'expression d'une simple opinion individuelle. Partant des principes g&#233;n&#233;ralement admis aujourd'hui dans l'Internationale, l'auteur a essay&#233; de les montrer fonctionnant dans la pratique d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et libre. Une fois son manuscrit achev&#233;, il l'a communiqu&#233; &#224; un certain nombre de personnes, qui toutes ont pris une part active &#224; la propagande r&#233;volutionnaire de ces derni&#232;res ann&#233;es ; et, tenant compte de leurs observations, il a r&#233;vis&#233; plusieurs points de son travail conform&#233;ment aux critiques qui lui avaient &#233;t&#233; adress&#233;es. Aujourd'hui, pensant que la publication de cet essai peut contribuer &#224; jeter quelque lumi&#232;re sur des questions qui sont actuellement l'objet de vives controverses, il soumet ces pages, &#233;crites &#224; l'origine pour un cercle restreint d'amis, &#224; l'examen impartial de tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la question sociale.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-08-idees-sur-l-organisation-sociale-james-guillaume-" rel="directory"&gt;08 - Id&#233;es sur l'organisation sociale - James Guillaume&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/va_1-8fc87.jpg?1774711561' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le travail que nous pr&#233;sentons au public socialiste n'est pas le programme officiel d'un parti ! mais ce n'est pas non plus l'expression d'une simple opinion individuelle. Partant des principes g&#233;n&#233;ralement admis aujourd'hui dans l'Internationale, l'auteur a essay&#233; de les montrer fonctionnant dans la pratique d'une soci&#233;t&#233; &#233;galitaire et libre. Une fois son manuscrit achev&#233;, il l'a communiqu&#233; &#224; un certain nombre de personnes, qui toutes ont pris une part active &#224; la propagande r&#233;volutionnaire de ces derni&#232;res ann&#233;es ; et, tenant compte de leurs observations, il a r&#233;vis&#233; plusieurs points de son travail conform&#233;ment aux critiques qui lui avaient &#233;t&#233; adress&#233;es. Aujourd'hui, pensant que la publication de cet essai peut contribuer &#224; jeter quelque lumi&#232;re sur des questions qui sont actuellement l'objet de vives controverses, il soumet ces pages, &#233;crites &#224; l'origine pour un cercle restreint d'amis, &#224; l'examen impartial de tous ceux qui s'int&#233;ressent &#224; la question sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;alisation des id&#233;es contenues dans les pages qu'on va lire, ne peut s'obtenir qu'au moyen d'un mouvement r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne manque pas de gens qui se disent socialistes, et qui pr&#233;tendent que la transformation sociale doit s'op&#233;rer par degr&#233;s, sans brusques secousses ; l'id&#233;e d'une r&#233;volution qui se donnerait pour programme de changer du jour au lendemain les bases de l'ordre &#233;tabli, est contraire &#224; la nature m&#234;me des choses, disent-ils ; le progr&#232;s lent et continu, voil&#224; la loi du d&#233;veloppement humain, loi que nous enseigne l'histoire et &#224; laquelle des impatients, avides de coups de th&#233;&#226;tre et de changements &#224; vue, se flatteraient en vain de soustraire la soci&#233;t&#233; moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui raisonnent ainsi confondent deux choses tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ce n'est pas nous, mat&#233;rialistes, qui m&#233;conna&#238;trons cette grande v&#233;rit&#233;, la base m&#234;me de notre th&#233;orie sur le d&#233;veloppement des &#234;tres anim&#233;s : &#224; savoir que les changements, dans la nature, ne s'op&#232;rent point par brusques sauts, mais par un mouvement continu et presque insensible. Nous savons que ce n'est, pas en un jour que l'homme est sorti de l'animalit&#233;, et que tout changement, tout progr&#232;s demande du temps pour s'accomplir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi s'applique aujourd'hui m&#234;me sous nos yeux : la soci&#233;t&#233; moderne subit une transformation lente ; des id&#233;es nouvelles s'infiltrent dans les masses, des besoins nouveaux r&#233;clament satisfaction, de nouveaux et puissants moyens d'action sont mis tous les jours &#224; la disposition de l'humanit&#233;. Cette transformation s'accomplit peu &#224; peu, c'est une &#233;volution insensible et graduelle, tout-&#224;-fait conforme &#224; la th&#233;orie scientifique ; mais, chose dont ceux &#224; qui nous r&#233;pondons ici ne tiennent pas compte, l'&#233;volution en question n'est pas libre ; elle rencontre une opposition souvent violente ; les int&#233;r&#234;ts anciens qui se trouvent l&#233;s&#233;s, la force de r&#233;sistance qu'oppose l'ordre &#233;tabli, mettent obstacle &#224; l'expansion normale des id&#233;es nouvelles ; celles-ci ne peuvent se produire &#224; la surface, elles sont refoul&#233;es, et leur op&#233;ration, au lieu d'&#234;tre compl&#232;te, est forc&#233;ment r&#233;duite &#224; un travail de transformation int&#233;rieure, qui peut durer de longues ann&#233;es avant de devenir apparent. Ext&#233;rieurement, rien ne semble chang&#233; ; la forme sociale est rest&#233;e la m&#234;me, les vieilles institutions sont debout ; mais il s'est produit, dans les r&#233;gions intimes de l'&#234;tre collectif, une fermentation, une d&#233;sagr&#233;gation qui a alt&#233;r&#233; profond&#233;ment les conditions m&#234;mes de l'existence sociale, en sorte que la forme ext&#233;rieure n'est plus l'expression vraie de la situation. Au bout d'un certain temps, la contradiction devenant toujours plus sensible entre les institutions sociales, qui se sont maintenues, et les besoins nouveaux, un conflit est in&#233;vitable : une r&#233;volution &#233;clate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#339;uvre de transformation a &#233;t&#233; bien r&#233;ellement graduelle et progressive ; mais, g&#234;n&#233;e dans ses allures, elle n'a pu s'accomplir d'une fa&#231;on r&#233;guli&#232;re et modifier au fur et &#224; mesure les organes sociaux ; elle reste forc&#233;ment incompl&#232;te, jusqu'au jour o&#249; les forces nouvelles se trouvant, par une accumulation successive d'accroissements constants, en &#233;tat de surmonter la r&#233;sistance des forces anciennes, une crise se produit, et les obstacles sont emport&#233;s&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Remarquons que les exp&#233;riences et les th&#233;ories de la science biolo&#173;gique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas en un jour que le flot grossit au point de rompre la digue qui le contient ; l'eau monte par degr&#233;s, lentement ; mais une fois qu'elle a atteint le niveau voulu, la d&#233;b&#226;cle est subite, et la digue s'&#233;croule en un clin d'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc deux faits successifs, dont le second est la cons&#233;quence n&#233;cessaire du premier : d'abord, la transformation lente des id&#233;es, des besoins, des moyens d'action au sein de la soci&#233;t&#233; ; puis, quand le moment est venu o&#249; cette transformation est assez avanc&#233;e pour passer dans les faits d'une mani&#232;re compl&#232;te, il y a la crise brusque et d&#233;cisive, la r&#233;volution, qui n'est que le d&#233;nouement d'une longue &#233;volution, la manifestation subite d'un changement d&#232;s longtemps pr&#233;par&#233; et devenu in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne viendra &#224; l'esprit d'aucun homme s&#233;rieux d'indiquer &#224; l'avance les voies et moyens par lesquels doit s'accomplir la r&#233;volution, prologue indispensable de la r&#233;novation sociale. Une r&#233;volution est un fait naturel, et non l'acte d'une ou de plusieurs volont&#233;s individuelles : elle ne s'op&#232;re pas en vertu d'un plan pr&#233;con&#231;u, elle se produit sous l'impulsion incontr&#244;lable de n&#233;cessit&#233;s auxquelles nul ne peut commander.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on n'attende donc pas de nous l'indication d'un plan de campagne r&#233;volutionnaire ; nous laissons cet enfantillage &#224; ceux qui croient encore &#224; la possibilit&#233; et &#224; l'efficacit&#233; d'une dictature personnelle pour accomplir l'&#339;uvre de l'&#233;mancipation humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous bornerons &#224; indiquer bri&#232;vement quel est le caract&#232;re que nous d&#233;sirons voir prendre &#224; la r&#233;volution, pour &#233;viter qu'elle ne retombe dans les errements du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce caract&#232;re doit &#234;tre avant tout n&#233;gatif, destructif. Il ne s'agit pas d'am&#233;liorer certaines institutions du pass&#233; pour les adapter &#224; une soci&#233;t&#233; nouvelle, mais de les supprimer. Ainsi, suppression radicale du gouvernement, de l'arm&#233;e, des tribunaux, de l'&#233;glise, de l'&#233;cole, de la banque, et de tout ce qui s'y rattache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, la r&#233;volution a un c&#244;t&#233; positif : c'est la prise de possession des instruments de travail et de tout le capital par les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons expliquer comment nous entendons cette prise de possession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons d'abord de la terre et des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans plusieurs pays, mais particuli&#232;rement en France, les bourgeois et les pr&#234;tres ont cherch&#233; &#224; tromper et &#224; effrayer les paysans, en leur disant que la r&#233;volution voulait leur prendre leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; un indigne mensonge des ennemis du peuple. La R&#233;volution veut faire tout le contraire : elle veut prendre les terres des bourgeois, des nobles et des pr&#234;tres, pour les donner &#224; ceux des paysans qui n'en ont pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une terre appartient &#224; un paysan, et que ce paysan la cultive lui-m&#234;me, la r&#233;volution n'y touchera pas. Au contraire, elle lui en garantira la libre possession, et l'affranchira de toutes les charges qui pesaient sur elle. Cette terre qui payait l'imp&#244;t au fisc, et qui &#233;tait grev&#233;e de lourdes hypoth&#232;ques, la r&#233;volution l'&#233;mancipera comme elle &#233;mancipe le travailleur : plus d'imp&#244;ts, plus d'hypoth&#232;ques ; la terre est redevenue libre comme l'homme !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux terres des bourgeois, des nobles, du clerg&#233;, aux terres que le pauvre peuple des campagnes a cultiv&#233;es jusqu'&#224; ce jour pour ses ma&#238;tres, celles-l&#224; la r&#233;volution les reprend &#224; ceux qui les avaient vol&#233;es, et elle les rend &#224; leurs propri&#233;taires l&#233;gitimes, &#224; ceux qui les cultivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la r&#233;volution fera-t-elle pour enlever la terre &#224; la bourgeoisie, aux exploiteurs, et pour la donner aux paysans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, quand les bourgeois faisaient une r&#233;volution politique, quand ils ex&#233;cutaient un de ces mouvements dont le r&#233;sultat &#233;tait seulement un changement de ma&#238;tres pour le peuple, ils avaient l'habitude de publier des d&#233;crets annon&#231;ant au pays la volont&#233; du nouveau gouvernement ; le d&#233;cret &#233;tait affich&#233; dans les communes, et le pr&#233;fet, les tribunaux, le maire, les gendarmes, le faisaient ex&#233;cuter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution vraiment populaire ne suivra pas cet exemple ; elle ne r&#233;digera pas de d&#233;crets, elle ne r&#233;clamera pas les services de la police et de l'administration gouvernementale. Ce n'est pas avec des &lt;i&gt;d&#233;crets&lt;/i&gt;, avec les paroles &#233;crites sur du papier, qu'elle veut &#233;manciper le peuple, mais avec des &lt;i&gt;actes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, paysans, si des gens viennent vous dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Qui vous a permis d'agir ? qui vous a donn&#233; le droit de prendre des terres ? attendez le d&#233;cret du gouvernement r&#233;volutionnaire ! &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardez ces gens-l&#224; comme des imb&#233;ciles ou comme des tra&#238;tres : car la R&#233;volution n'aura point de gouvernement, la R&#233;volution ne r&#233;digera point de d&#233;cret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que le tocsin de la R&#233;volution aura sonn&#233;, agissez, comme l'ont fait les paysans fran&#231;ais en juillet 1789, sans attendre les ordres de personne. Prenez possession de vos terres, de ces terres que depuis tant de si&#232;cles vos anc&#234;tres ont arros&#233;es de leurs sueurs, et une fois que vous les tiendrez, ne les l&#226;chez plus, et faites-vous tuer jusqu'au dernier avant de laisser reprendre par vos exploiteurs ce sol qui est &#224; vous et que la r&#233;volution vous restitue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous disons aux paysans, nous le disons &#233;galement aux ouvriers. La prise de possession imm&#233;diate des ateliers, des machines, des mati&#232;res premi&#232;res, des immeubles, de tout le capital en un mot, doit &#234;tre ex&#233;cut&#233;e directement par les travailleurs ; qu'ils n'attendent pas qu'un pouvoir quelconque vienne consacrer leurs droits par des &lt;i&gt;d&#233;crets &lt;/i&gt; ; qu'ils les affirment eux-m&#234;mes, et sur-le-champ, par des &lt;i&gt;actes&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, tandis que la R&#233;volution jacobine tient le peuple en tutelle et substitue &#224; sa volont&#233; celle d'un gouvernement, la r&#233;volution telle que nous esp&#233;rons la voir s'accomplir, n'est autre chose que l'ex&#233;cution directe des volont&#233;s des groupes de travailleurs par les int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenant pour point de d&#233;part le &lt;i&gt;fait r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, qui aura remis le capital entre les mains du travail qui l'a produit, nous allons maintenant exposer l'organisation qui, selon nous, doit spontan&#233;ment &#233;clore de la n&#233;cessit&#233; m&#234;me des choses au sein de la soci&#233;t&#233; r&#233;volutionn&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Remarquons que les exp&#233;riences et les th&#233;ories de la science biolo&#173;gique contemporaine tendent &#224; confirmer cette vue d'une double progression de la nature, par &#233;volution et r&#233;volution. (Note des Editeurs.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[08] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une fois la lutte engag&#233;e entre Versailles et Paris, l'anxi&#233;t&#233; devint intense dans toute l'Europe chez ceux dont les sympathies allaient aux r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-varlin-conspirateur-james-guillaume-" rel="directory"&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton653-bea12.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une fois la lutte engag&#233;e entre Versailles et Paris, l'anxi&#233;t&#233; devint intense dans toute l'Europe chez ceux dont les sympathies allaient aux r&#233;volutionnaires. Partout on cherchait des moyens de pr&#234;ter &#224; l'h&#233;ro&#239;que prol&#233;tariat parisien une assistance active ; et plusieurs, parmi les n&#244;tres, all&#232;rent se joindre aux d&#233;fenseurs de la cit&#233; assi&#233;g&#233;e par la r&#233;action. Il n'est pas utile de r&#233;v&#233;ler certains d&#233;tails. Qu'il suffise de reproduire ici deux passages de lettres de Bakounine, qui ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; publi&#233;s ailleurs. Le premier est extrait d'une lettre &#233;crite &#224; Ozerof, le 5 avril :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Voil&#224; la lettre &#224; Varlin, pour toi. Je te l'envoie d&#232;s maintenant pour le cas o&#249;, aiguillonn&#233; par notre impatient ami Ross, tu te d&#233;ciderais &#224; partir pour Paris avant que les circonstances et principalement l'argent m'aient permis de me rendre aupr&#232;s de vous. J'ai d&#233;j&#224; &#233;crit hier &#224; toi et Ross &#224; ce sujet. La lettre &#224; Varlin devra lui &#234;tre remise par toi en mains propres. Selon toute probabilit&#233;, les Parisiens seront vaincus, mais leur mort ne sera pas inutile, s'ils accomplissent auparavant leur besogne. Qu'en p&#233;rissant, ils br&#251;lent au moins la moiti&#233; de Paris&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bakounine est le compatriote de Rostopchine.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Malheureusement les villes de province, Lyon, Marseille, etc., se montrent aussi pitoyables qu'auparavant, du moins d'apr&#232;s les nouvelles qui me parviennent... Les hommes de talent et d'&#233;nergie se r&#233;unissent en trop grand nombre &#224; Paris, si bien que je crains m&#234;me qu'ils ne s'entravent mutuellement ; par contre, il n'y a personne en province... James est-il parti, oui ou non ? &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre passage est d'une lettre au vieil Ogaref, du 9 avril :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Notre pauvre ami Ozerof, en ce moment, ne fait plus que d&#233;lirer avec les amis des Montagnes &#224; propos de Paris et de la France. Moi aussi j'ai eu le d&#233;lire, mais je ne l'ai plus. Je vois trop clairement que l'affaire est perdue. Les Fran&#231;ais, m&#234;me les ouvriers, ne sont pas encore &#224; la hauteur. Il a sembl&#233; que la le&#231;on avait &#233;t&#233; terrible, elle a &#233;t&#233; encore trop faible. Il leur faut de plus grandes calamit&#233;s, des secousses plus fortes. Les circonstances sont telles, que cela ne manquera pas, &#8212; et alors peut-&#234;tre le diable s'&#233;veillera-t-il. Mais aussi longtemps qu'il n'est pas r&#233;ellement &#233;veill&#233;, nous n'avons rien &#224; faire l&#224;. Payer les pots cass&#233;s par d'autres serait f&#226;cheux et fort d&#233;sagr&#233;able, d'autant plus que ce serait parfaitement inutile. Notre affaire est de nous pr&#233;parer, de nous organiser, de nous &#233;tendre, pour &#234;tre pr&#234;ts le jour o&#249; le diable s'&#233;veillera. Faire avant ce temps le sacrifice de nos faibles ressources et de nos quelques hommes &#8212; notre unique tr&#233;sor &#8212; serait criminel et b&#234;te. C'est l&#224; mon avis d&#233;finitif. Je m'efforce (efforce-toi aussi de ton c&#244;t&#233;) de tout mon pouvoir de retenir nos amis Ozerof et Boss&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ross partit n&#233;anmoins pour Paris, avec Valence Lankiewiez (un typographe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, et aussi nos amis des Montagnes. J'ai &#233;crit hier &#224; Adh&#233;mar. Dis-le &#224; Ozerof ; du reste, il lira lui-m&#234;me aussi cette lettre. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'abr&#232;ge, &#8212; et je viens &#224; la catastrophe. Aux jours effroyables de la semaine sanglante et de l'&#233;gorgement des vaincus, Varlin lutta jusqu'&#224; la fin. On sut la mort de Delescluze, celle de Dombrowski, celle de Vermorel ; on parla aussi de la sienne : mais nous ne voulions pas y croire, et nous esp&#233;rions qu'il avait r&#233;ussi &#224; trouver quelque abri s&#251;r. Lorsqu'au commencement de juillet Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel se rendit &#224; Paris pour porter des passeports destin&#233;s &#224; faciliter l'&#233;vasion de quelques survivants de la Commune, il avait re&#231;u le mandat de chercher &#224; d&#233;couvrir la retraite de Varlin ; quinze jours apr&#232;s, notre ami le jeune peintre Gustave Jeanneret partit &#224; son tour pour Paris avec la m&#234;me mission. La lugubre v&#233;rit&#233; ne fut connue avec certitude qu'au mois de septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le mois de juin, dans un court &#233;crit dont il voulait faire le pr&#233;ambule de son &lt;i&gt;Empire knoulogermanique&lt;/i&gt;, Bakounine avait consacr&#233; au souvenir de Varlin des pages &#233;mues. J'en extrais ces quelques lignes, qui r&#233;sument on ne peut mieux l'impression que la belle et pure figure de notre ami avait faite sur l'esprit et sur le c&#339;ur de tous ceux qui l'avaient connu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les socialistes, &#224; la t&#234;te desquels se place naturellement notre ami Varlin, ne formaient dans la Commune qu'une tr&#232;s infime minorit&#233;... Je sais que beaucoup reprochent &#224; nos amis de Paris de ne s'&#234;tre pas montr&#233;s suffisamment socialistes dans leur pratique r&#233;volutionnaire ; [mais,] entre les th&#233;ories les plus justes et leur mise en pratique, il y a une distance immense qu'on ne franchit pas en quelques jours. Quiconque a eu le bonheur de conna&#238;tre Varlin, par exemple, pour ne nommer que celui dont la mort est certaine&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bakounine, d&#232;s le premier moment, avait cru &#224; la mort de Varlin, tandis que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, sait combien, en lui et en ses amis, les convictions socialistes ont &#233;t&#233; passionn&#233;es, r&#233;fl&#233;chies et profondes. Mais pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils &#233;taient hommes de bonne foi, ils &#233;taient pleins de d&#233;fiance d'eux-m&#234;mes en pr&#233;sence de l'&#339;uvre immense &#224; laquelle ils avaient vou&#233; leur pens&#233;e et leur vie : ils se comptaient pour si peu ! Ils avaient d'ailleurs cette conviction que, dans la R&#233;volution sociale, diam&#233;tralement oppos&#233;e, en ceci comme dans tout le reste, &#224; la R&#233;volution politique, l'action des individus &#233;tait presque nulle et l'action spontan&#233;e des masses devait &#234;tre tout.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Varlin avait &#233;t&#233; fusill&#233; le dimanche 28 mai 1871. S'il avait surv&#233;cu &#224; la d&#233;faite de la Commune, que serait-il arriv&#233; de lui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choses que je viens de raconter permettent de faire &#224; cette question cette r&#233;ponse irr&#233;fragable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congr&#232;s de la Haye, le 7 septembre 1872, Varlin aurait &#233;t&#233; expuls&#233; de l'Internationale, sur l'ordre de Karl Marx, par la m&#234;me clique qui expulsa Bakounine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;JAMES GUILLAUME. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bakounine est le compatriote de Rostopchine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ross partit n&#233;anmoins pour Paris, avec Valence Lankiewiez (un typographe polonais qui avait pris part au mouvement du 28 septembre &#224; Lyon) Lankiewiez fut tu&#233; sur une barricade.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bakounine, d&#232;s le premier moment, avait cru &#224; la mort de Varlin, tandis que nous, ses amis les plus jeunes, nous esp&#233;rions encore.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[07] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous voici arriv&#233;s &#224; l'insurrection du 18 mars et la Commune. Je n'ai pas &#224; raconter les &#233;v&#233;nements de ces deux mois : je veux seulement donner une indication qui fera toucher du doigt, une fois de plus, la mani&#232;re dont fonctionnait, internationalement, l'organisation secr&#232;te &#224; laquelle nous appartenions, Varlin et moi.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton652-80157.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous voici arriv&#233;s &#224; l'insurrection du 18 mars et la Commune. Je n'ai pas &#224; raconter les &#233;v&#233;nements de ces deux mois : je veux seulement donner une indication qui fera toucher du doigt, une fois de plus, la mani&#232;re dont fonctionnait, internationalement, l'organisation secr&#232;te &#224; laquelle nous appartenions, Varlin et moi. Et, pour cela, je reproduis un r&#233;cit que j'ai fait ailleurs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me o&#249; Bakounine partait de Locarno pour Florence (o&#249; l'appelait une affaire priv&#233;e), je lisais &#224; Neuch&#226;tel la d&#233;p&#234;che, affich&#233;e &#224; la porte du ch&#226;teau, qui annon&#231;ait le mouvement du 18 mars. Le gouvernement avait abandonn&#233; Paris, l'h&#244;tel de ville &#233;tait occup&#233; par le Comit&#233; central de la garde nationale. Qu'&#233;tait-ce que le Comit&#233; central ? Au milieu de la liste de ces inconnus, je voyais le nom d'un des n&#244;tres, &#8212; justement de celui qui, depuis le Congr&#232;s de B&#226;le, faisait partie de notre intimit&#233;, &#8212; le nom de Varlin. Qu'allions-nous faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#233;l&#233;graphiai &#224; Adh&#233;mar Schwitzgu&#233;bel et &#224; Auguste Spichiger. Ils accoururent. Nous d&#233;cid&#226;mes d'envoyer sur-le-champ quelqu'un &#224; Varlin, pour savoir de lui le vrai caract&#232;re du mouvement, et lui demander ce qu'il attendait de nous. Il fallait que notre &#233;missaire f&#251;t un homme non surveill&#233;, qui n'excit&#226;t pas les soup&#231;ons. Spichiger se chargea de trouver quelqu'un ; et le lendemain ou le sur-lendemain, il m'envoyait un jeune ouvrier guillocheur du Locle, &#201;mile Jacot. Je remis &#224; celui-ci quelques lignes pour Varlin, trac&#233;es au crayon sur les feuilles d'un cahier de papier &#224; cigarettes. Le voyage &#233;tait encore fort long ; on n'allait toujours pas directement de Neuch&#226;tel &#224; Paris : Jacot n'arriva que le samedi 25 au matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se fit indiquer l'h&#244;tel de ville, mais les sentinelles ne l'y laiss&#232;rent pas p&#233;n&#233;trer. Apr&#232;s avoir inutilement parlement&#233;, il finit par s'attabler chez un marchand de vin, dans une rue voisine ; l&#224;, son air &#233;tranger, ses propos et ses questions attir&#232;rent bient&#244;t l'attention, et &#233;veill&#232;rent les soup&#231;ons. On alla chercher la garde, et on l'arr&#234;ta comme espion. Il d&#233;clara qu'il ne parlerait que devant le Comit&#233; central ; et c'est ainsi qu'il franchit, entour&#233; de ba&#239;onnettes, la porte de cet h&#244;tel de ville dont on lui avait refus&#233; l'entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'introduisit dans une pi&#232;ce attenante &#224; la salle o&#249; d&#233;lib&#233;rait le Comit&#233; central, et on pr&#233;vint Varlin, dont notre envoy&#233; avait indiqu&#233; le nom : par la porte entr'ouverte, Jacot put voir les membres du Comit&#233; assis autour d'une grande table et discutant avec animation. Varlin sortit ; apr&#232;s avoir lu mon message, il dit &#224; Jacot que les d&#233;p&#234;ches nous avaient donn&#233; une id&#233;e inexacte de la situation ; qu'il ne s'agissait pas de r&#233;volution internationale ; que le mouvement du 18 mars n'avait eu d'autre but que la revendication des franchises municipales de Paris, et que ce but &#233;tait atteint ; que les &#233;lections &#233;taient fix&#233;es au lendemain 26, et qu'une fois le Conseil municipal &#233;lu, le Comit&#233; central r&#233;signerait ses pouvoirs et tout serait fini. Jacot quitta Paris le lundi matin, et s'en revint nous apporter cette r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Des mouvements s'&#233;taient produits en province &#224; la nouvelle de celui de Paris. On retrouve &#224; Lyon (22-23 mars) et &#224; Marseille (25 mars-1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; avril) la plupart des hommes qui avaient pris part, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, aux tentatives des 28 septembre, 31 octobre-4 novembre, etc. Ces insurrections furent promptement &#233;touff&#233;es, et Paris resta isol&#233;. L'arm&#233;e versaillaise attaqua les Parisiens le 2 avril. La confiance optimiste de Varlin, la veille des &#233;lections de la Commune, avait &#233;t&#233; cruellement tromp&#233;e : il n'avait pas devin&#233; quels plans atroces formait la r&#233;action &#224; Versailles, ni pressenti que de cette &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;tranquille et belle rivi&#232;re bleue&lt;/q&gt; dont parlait Vall&#232;s dans un article fameux, Thiers, avec la complicit&#233; de Bismarck, allait faire un fleuve de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[06] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Varlin &#233;tait rentr&#233; &#224; Paris, les membres de l'Internationale emprisonn&#233;s avaient &#233;t&#233; remis en libert&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-varlin-conspirateur-james-guillaume-" rel="directory"&gt;Varlin conspirateur - James Guillaume&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton651-f1a2f.png?1774712469' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Varlin &#233;tait rentr&#233; &#224; Paris, les membres de l'Internationale emprisonn&#233;s avaient &#233;t&#233; remis en libert&#233;. Le Conseil f&#233;d&#233;ral parisien de l'Internationale, qui avait son si&#232;ge &#224; la Corderie du Temple, fut imm&#233;diatement r&#233;organis&#233; ; &#224; c&#244;t&#233; de lui si&#233;geait, dans le m&#234;me local, la Chambre f&#233;d&#233;rale des soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, qui dans toutes les circonstances importantes, concertait son action avec celte du Comit&#233; f&#233;d&#233;ral. En outre, il se constitua dans chacun des vingt arrondissements un &#171; Comit&#233; de vigilance &#187;, form&#233; d'hommes d'action appartenant aux diverses fractions du parti le plus avanc&#233; : ces vingt Comit&#233;s furent reli&#233;s entre eux par un &#171; Comit&#233; central r&#233;publicain des vingt arrondissements &#187;, qui s'installa, lui aussi, &#224; la Corderie, devenue le foyer du mouvement &#224; Paris. Dans ce Comit&#233; central se trouvaient surtout des membres de l'internationale : au bas de l'affiche rouge qu'il publia le 19 septembre pour demander la lev&#233;e en masse, l'acc&#233;l&#233;ration de l'armement, et le rationnement, on rel&#232;ve entre autres, &#224; c&#244;t&#233; du nom de Varlin, ceux de Beslay, Combault, Cam&#233;linat, Duval, Ferr&#233;, Flourens, Jaclard, Lefran&#231;ais, Malon, Pindy, Pottier, Ramier, Tridon, Theisz, Vaillant, Vall&#232;s. La veille du jour o&#249; cette affiche parut, l'investissement complet de la capitale par l'arm&#233;e allemande &#233;tait achev&#233; : Paris allait &#234;tre s&#233;par&#233; du reste du monde jusqu'au 28 janvier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant Bakounine, voulant absolument prendre part de sa personne &#224; l'action r&#233;volutionnaire qu'il pr&#234;chait, avait quitt&#233; Locarno le 9 septembre et arrivait &#224; Lyon le 15. Pendant ce temps s'imprimait &#224; Neuch&#226;tel, &#224; l'imprimerie de la &lt;i&gt;Solidarit&#233;&lt;/i&gt;, sa brochure &lt;i&gt;Lettres &#224; un Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, o&#249; il avait expos&#233; le programme du mouvement qui se pr&#233;parait. Des &#171; Comit&#233;s du Salut de France &#187; s'&#233;taient organis&#233;s &#224; Lyon, &#224; Marseille, &#224; Saint-&#201;tienne, et dans quelques autres villes ; ces Comit&#233;s, apr&#232;s s'&#234;tre f&#233;d&#233;r&#233;s, r&#233;dig&#232;rent un programme r&#233;volutionnaire, imprim&#233; sur une affiche rouge qui fut placard&#233;e &#224; Lyon le 26 septembre, au nom de la &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration r&#233;volutionnaire des communes&lt;/i&gt;. On y lisait les r&#233;solutions suivantes, que les d&#233;l&#233;gu&#233;s des Comit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;s du Salut de la France proposaient &#224; l'adoption du peuple :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;La machine administrative et gouvernementale de l'&#201;tat, &#233;tant devenue impuissante, est abolie. Le peuple de France rentre en pleine possession de lui-m&#234;me. &#8212; Tous les tribunaux criminels et civils sont suspendus et remplac&#233;s par la justice du peuple. &#8212; Le paiement de l'imp&#244;t et des hypoth&#232;ques est suspendu. L'imp&#244;t est remplac&#233; par les contributions des communes f&#233;d&#233;r&#233;es, pr&#233;lev&#233;es sur les classes riches, proportionnellement aux besoins du salut de la France. &#8212; L'&#201;tat, &#233;tant d&#233;chu, ne pourra plus intervenir dans le paiement des dettes priv&#233;es. &#8212; Toutes les organisations municipales existantes sont cass&#233;es et remplac&#233;es dans toutes les communes f&#233;d&#233;r&#233;es par des Comit&#233;s de Salut de la France, qui exerceront tous les pouvoirs sous le contr&#244;le imm&#233;diat du peuple. &#8212; Chaque Comit&#233; de chef-lieu de d&#233;partement enverra deux d&#233;l&#233;gu&#233;s pour former la Convention r&#233;volutionnaire du Salut de la France. &#8212; Cette Convention se r&#233;unira imm&#233;diatement &#224; l'h&#244;tel de ville de Lyon, comme &#233;tant la seconde ville de France et la plus &#224; port&#233;e de pourvoir &#233;nergiquement &#224; la d&#233;fense du pays. Cette Convention, appuy&#233;e par le peuple entier, sauvera la France. &#8212; Aux armes !&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;tel de ville de Lyon fut occup&#233; le 28 septembre par les r&#233;volutionnaires. On sait comment la trahison de Cluseret et la couardise de quelques-uns des signataires de l'affiche firent &#233;chouer le mouvement : le soir m&#234;me, l'h&#244;tel de ville &#233;tait de nouveau repris par les bataillons de l'ordre bourgeois. Bakounine, un moment prisonnier, mais d&#233;livr&#233; par ses amis, put &#233;chapper au mandat d'amener lanc&#233; contre lui par le procureur Andrieux, et se rendre &#224; Marseille, o&#249; il resta cach&#233; jusqu'au 24 octobre : ce jour-l&#224;, d&#233;sesp&#233;rant de voir un nouveau mouvement &#233;clater, et &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;n'ayant plus aucune foi dans la r&#233;volution en France&lt;/q&gt; (lettre &#224; Sentinon du 23 octobre), il s'embarqua pour G&#232;nes, avec l'aide du commissaire du Port, Lombard&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui fut, en 1871, condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s pour sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, afin de retourner &#224; Locarno. Sept jours plus tard, le 31 octobre, &#224; la nouvelle de la trahison de Bazaine, une insurrection &#233;clatait &#224; Marseille, et la Commune r&#233;volutionnaire, avec Alerini, Combe, Bastelica, etc., occupait l'h&#244;tel de ville et la pr&#233;fecture : mais elle ne put se maintenir, et le 4 novembre le pr&#233;fet Gent, envoy&#233; par Gambetta, faisait rentrer Marseille dans l'ob&#233;issance. Le jour m&#234;me o&#249; la Commune de Marseille succombait, il y avait, &#224; Lyon, un nouveau mouvement (4 novembre) : mais il n'aboutit qu'&#224; faire arr&#234;ter et proscrire quelques r&#233;volutionnaires. Un dernier soubresaut eut lieu &#224; Lyon le 20 d&#233;cembre, &#224; la nouvelle de la bataille de Nuits : ce jour-l&#224; p&#233;rit le brave militant F. Charvet, assassin&#233; par un officier. Un r&#233;gime de terreur bourgeoise pesa sur Lyon et Marseille jusqu'en f&#233;vrier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Paris, d&#232;s le 8 octobre, une tentative pour substituer une Commune r&#233;volutionnaire au gouvernement dit de la D&#233;fense nationale avait &#233;t&#233; faite : mais &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;faute d'entente s&#233;rieuse des chefs de bataillon de la garde nationale avec les Comit&#233;s d'arrondissement et le Comit&#233; central, elle &#233;choua compl&#232;tement&lt;/q&gt;(Lefran&#231;ais). Le mouvement du 31 octobre &#233;choua de m&#234;me. Une derni&#232;re insurrection eut lieu le 22 janvier, six jours avant la capitulation. Au nombre des bataillons de gardes nationaux qui march&#232;rent sur l'h&#244;tel de ville ce jour-l&#224; se trouvait un bataillon des Batignolles, dans les rangs duquel &#233;tait Varlin ; les mobiles bretons, embusqu&#233;s dans l'h&#244;tel municipal et dans les annexes de l'avenue Victoria, les accueillirent en tirant, des fen&#234;tres blind&#233;es : pris entre deux feux, les manifestants furent oblig&#233;s de battre en retraite, en laissant sur le pav&#233; une centaine de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que les communications de Paris avec l'ext&#233;rieur furent r&#233;tablies, j'&#233;crivis de Neuch&#226;tel &#224; Varlin par l'interm&#233;diaire d'une personne s&#251;re (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier), pour avoir de ses nouvelles. Ma lettre, en raison des circonstances, des lignes de chemins de fer coup&#233;es, et du long circuit &#224; faire, ne lui parvint qu'au bout de vingt jours. On lira sa r&#233;ponse plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une assembl&#233;e nationale allait &#234;tre &#233;lue, et devait se r&#233;unir &#224; Bordeaux. Les &#233;lections &#233;taient fix&#233;es au 8 f&#233;vrier. Une lettre &#233;crite par moi le 24 f&#233;vrier &#224; un ami russe fera voir la fa&#231;on dont nous envisagions, en la circonstance, la participation &#224; la campagne &#233;lectorale (Tolain, Malon, Varlin et quelques autres membres de l'Internationale figuraient parmi les candidats) ; j'y disais :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;Tu as envie de savoir mon avis sur la part que doivent prendre nos amis fran&#231;ais au mouvement politique ? Mon Dieu, mon cher, tout cela est fort complexe. Il faut &#234;tre libre de choisir la meilleure tactique. Je pense que tous les moyens sont bons si on peut &#234;tre r&#233;ellement utile &#224; la cause. Ce qu'il faut combattre, &#224; mon avis, ce ne sont pas tant les candidatures ouvri&#232;res, la participation des ouvriers aux luttes politiques, etc., car tout cela, &#224; un moment donn&#233;, peut avoir son utilit&#233;. Ce qu'il faut combattre, c'est l'id&#233;al des communistes allemands, ce fameux &lt;i&gt;Volksstaat&lt;/i&gt;. Ils veulent la candidature ouvri&#232;re pour arriver au &lt;i&gt;Volksstaat&lt;/i&gt;. Pour moi, je suis pr&#234;t &#224; accepter les candidatures ouvri&#232;res, mais &#224; la condition qu'elles nous m&#232;nent &#224; l'an-archie. Or en ce moment, en France, elles ne peuvent avoir que cette derni&#232;re signification. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement important que le mouvement &#233;lectoral &#233;tait celui qui, &#224; Paris, s'accomplissait &#224; ce m&#234;me montent pour constituer une &lt;i&gt;F&#233;d&#233;ration des bataillons de la garde nationale&lt;/i&gt;. Deux r&#233;unions successives de d&#233;l&#233;gu&#233;s eurent lieu au Tivoli-Vauxhall, le 15 et le 24 f&#233;vrier : on y constitua un Comit&#233; central, qui s'adjoignit quelques membres du Conseil f&#233;d&#233;ral de l'Internationale. Dans une troisi&#232;me r&#233;union, Le 3 mars, furent vot&#233;s d&#233;finitivement tes statuts de la F&#233;d&#233;ration de la garde nationale ; sur la proposition de Varlin, la r&#233;union d&#233;cida que les chefs de tous grades seraient soumis imm&#233;diatement &#224; une nouvelle &#233;lection ; un Comit&#233; ex&#233;cutif fut nomm&#233;, dont Varlin fit partie. Enfin, de 15 mars, quatri&#232;me assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, &#224; laquelle Varlin prend part comme membre du Comit&#233; central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant la r&#233;ponse de Varlin m'&#233;tait enfin parvenue. Cette lettre et celle du 25 d&#233;cembre 1869 sont les seules qui se soient conserv&#233;es, de toutes celles qu'il m'avait &#233;crites. Je reproduis cette r&#233;ponse en entier :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 20 f&#233;vrier 1871.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Guillaume, On me communique &#224; l'instant votre lettre ; je m'empresse d'y r&#233;pondre afin de vous rassurer sur nos existences. Tous les internationaux avec lesquels vous avez pu &#234;tre en relations sont encore vivants ; ceux de nos amis qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s ou bless&#233;s, je ne crois pas que vous les connaissiez, si ce n'est P., qui d'ailleurs n'a &#233;t&#233; que bless&#233; l&#233;g&#232;rement ; il va compl&#232;tement mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malon et Tolain sont &#224; Bordeaux comme repr&#233;sentants du peuple ; ils ont une rude t&#226;che &#224; accomplir dans une aussi triste assembl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous aurions voulu que la province continu&#226;t la lutte &#224; outrance ; nos amis r&#233;volutionnaires seraient all&#233;s, par tous les moyens possibles, rejoindre Garibaldi et ses valeureux soldats. Mais nous n'osons plus esp&#233;rer cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas bien s&#251;r que nos lettres parviennent s&#251;rement et sans &#234;tre lues, aussi je crois que nous devons ajourner les renseignements d&#233;taill&#233;s que nous aurions &#224; &#233;changer entre nous. Je me contenterai pour aujourd'hui de vous dire que nous avons fait notre devoir &#224; toutes les occasions, et si les tra&#238;tres Trochu, Favre et consorts ont r&#233;ussi &#224; nous livrer apr&#232;s nous avoir vendus depuis longtemps, ce n'est certes pas notre faute, mais bien celle des Parisiens qui ont persist&#233; aveugl&#233;ment jusqu'au dernier jour &#224; croire en la parole de ces avocats qui, jusqu'au jour de la capitulation, affirmaient constamment qu'ils voulaient combattre et vaincre ou mourir, tandis que d&#232;s le premier jour ils n'avaient song&#233; qu'&#224; capituler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre lettre me fait esp&#233;rer que nos amis de Lyon, Marseille et les d&#233;partements du Midi sont sains et saufs j'en suis heureux. A bient&#244;t&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;las ! nous ne devions plus nous revoir.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Cordiales poign&#233;es de main aux amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. VARLIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S. &#8212; Votre lettre en date du 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; f&#233;vrier n'est arriv&#233;e qu'aujourd'hui 20 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Qui fut, en 1871, condamn&#233; &#224; dix ans de travaux forc&#233;s pour sa participation au second mouvement communaliste de Marseille. Outre Bakounine, d'autres Russes s'&#233;taient rendus en France pour participer aux tentatives insurrectionnelles : Ross et Ozerof, &#224; Lyon ; Joukovsky, &#224; Marseille. Sentinon &#233;tait accouru de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;las ! nous ne devions plus nous revoir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>[05] Varlin conspirateur</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>James Guillaume</dc:creator>


		<dc:subject>Eug&#232;ne Varlin</dc:subject>

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&lt;p&gt;Pour la p&#233;riode qui va de la d&#233;claration de guerre (15 juillet 1870) &#224; la fin de la Commune, je donnerai &#233;galement quelques indications. &lt;br class='autobr' /&gt;
La plupart des militants de l'Internationale, en France, &#233;taient sous les verrous ; quelques-uns avaient pu n&#233;anmoins se soustraire &#224; l'arrestation : plusieurs Lyonnais s'&#233;taient sauv&#233;s en Suisse, et, &#224; Paris, trois ou quatre des condamn&#233;s du 5 juillet se cachaient. Puisque la guerre n'avait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e, malgr&#233; les v&#233;h&#233;mentes protestations du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH75/arton650-765f3.jpg?1774698106' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour la p&#233;riode qui va de la d&#233;claration de guerre (15 juillet 1870) &#224; la fin de la Commune, je donnerai &#233;galement quelques indications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des militants de l'Internationale, en France, &#233;taient sous les verrous ; quelques-uns avaient pu n&#233;anmoins se soustraire &#224; l'arrestation : plusieurs Lyonnais s'&#233;taient sauv&#233;s en Suisse, et, &#224; Paris, trois ou quatre des condamn&#233;s du 5 juillet se cachaient. Puisque la guerre n'avait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e, malgr&#233; les v&#233;h&#233;mentes protestations du prol&#233;tariat socialiste en Allemagne et en France, il ne restait &#224; l'Internationale fran&#231;aise qu'une chose &#224; faire : renverser l'Empire, proclamer la R&#233;publique sociale, et offrir la paix &#224; l'Allemagne ; puis, si celle-ci refusait, faire, non au peuple allemand, mais au gouvernement allemand, la guerre r&#233;volutionnaire, avec l'espoir de trouver dans les socialistes allemands un puissant appui. La R&#233;publique sociale pouvait &#234;tre proclam&#233;e aussi en Allemagne, et alors la r&#233;volution socialiste internationale s'accomplissait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 ao&#251;t, tandis qu'un groupe d'internationalistes pr&#233;venus de complot, comparaissait &#224; Lyon devant un tribunal qui renvoya l'affaire &#224; trois semaines, ceux de Marseille (Alerini, Combe, etc.) faisaient une tentative insurrectionnelle et envahissaient l'h&#244;tel de ville : mais le mouvement fut imm&#233;diatement r&#233;prim&#233;, et quinze des manifestants furent traduits devant un conseil de guerre. A Paris, un comit&#233; d'action s'&#233;tait form&#233; et avait d&#233;cid&#233; qu'un mouvement aurait lieu le 9 ao&#251;t, jour de la rentr&#233;e du Corps l&#233;gislatif : le Palais-Bourbon serait envahi, et on tenterait une r&#233;volution ; l'arrestation du chef d&#233;sign&#233; du mouvement, Pindy, qui eut lieu le matin m&#234;me du jour fix&#233;, fit avorter ce projet ; mais on ne renon&#231;a pas lutte, et on attendit une nouvelle occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 14 ao&#251;t, le surlendemain de l'entr&#233;e d'une arm&#233;e allemande &#224; Nancy, une poign&#233;e de blanquistes faisaient, &#224; la Villette, une tentative qui ne pouvait r&#233;ussir, et qui n'eut aucun &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les premi&#232;res nouvelles des victoires allemandes, Bakounine, qui voyait clairement tout ce qu'aurait de n&#233;faste pour la civilisation et le socialisme le triomphe de Bismarck et de sa politique, ne songea plus qu'&#224; une chose : aux moyens de d&#233;cha&#238;ner en France la r&#233;volution sociale pour s'opposer &#224; la dictature bismarckienne mena&#231;ante. Dans un article de la &lt;i&gt;Solidarit&#233;&lt;/i&gt; (20 ao&#251;t), il critiqua les d&#233;put&#233;s radicaux, qui voulaient &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;le salut de la France, non par un soul&#232;vement g&#233;n&#233;ral du peuple, mais par le renforcement de la machine d&#233;j&#224; si monstrueuse de l'&#201;tat&lt;/q&gt; ; dans une lettre du 27 ao&#251;t, il exposait un plan, d&#233;veloppant cette id&#233;e que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;les moyens r&#233;guliers, les arm&#233;es r&#233;guli&#232;res, ne pouvaient plus sauver la France, et qu'elle ne pouvait trouver de salut que dans un soul&#232;vement populaire&lt;/q&gt; ; dans une autre lettre, il s'&#233;criait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si dans dix jours il n'y a pas en France de soul&#232;vement populaire, la France est perdue. Oh ! si j'&#233;tais jeune, je n'&#233;crirais pas de lettres, je serais parmi vous&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, de son c&#244;t&#233;, &#233;crivait de Londres &#224; ses amis d'Allemagne ces lignes inspir&#233;es par des pr&#233;occupations d'un ordre bien diff&#233;rent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q&gt;La guerre actuelle ouvre une nouvelle &#233;poque de l'histoire : elle a prouv&#233; que, m&#234;me avec l'exclusion de l'Autriche, l'Allemagne est capable de poursuivre son d&#233;veloppement. Que l'Allemagne commence par trouver son unit&#233; dans la caserne prussienne, c'est un ch&#226;timent qu'elle a pleinement m&#233;rit&#233;. Mais un but s&#233;rieux est atteint. Et si la classe ouvri&#232;re allemande ne r&#233;ussit pas &#224; jouer le r&#244;le historique qui lui est assign&#233;, ce sera de sa faute. &lt;i&gt;Cette guerre a transf&#233;r&#233; le centre de gravit&#233; du mouvement ouvrier continental de France en Allemagne. &lt;/i&gt; &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insurrection du 4 septembre, &#224; Paris, en renversant l'Empire, fit croire, un court moment, que le peuple avait le dessus, et qu'une r&#233;volution sociale allait galvaniser la France. Fid&#232;le aux engagements pris, la &lt;i&gt;Solidarit&#233;&lt;/i&gt; de Neuch&#226;tel publia, le 5 septembre, un manifeste o&#249; on lisait :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'Empire fran&#231;ais vient de crouler dans la honte et dans le sang. La R&#233;publique est proclam&#233;e ; le peuple fran&#231;ais est redevenu ma&#238;tre de ses destin&#233;es... Internationaux de l'Allemagne, votre devoir imp&#233;rieux est de tendre la main &#224; vos fr&#232;res fran&#231;ais : levez-vous donc aussi, et qu'il n'y ait, &#224; Berlin et &#224; Paris, que des fr&#232;res unis sous le m&#234;me drapeau et marchant au m&#234;me combat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Internationaux du monde entier, ceci est l'aurore du jour nouveau, du jour de la justice qui se l&#232;ve sur l'humanit&#233;. Vive la R&#233;publique sociale universelle !&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le Comit&#233; central du Parti ouvrier de la d&#233;mocratie socialiste d'Allemagne, &#224; Brunswick-Wolfenb&#252;ttel, publia le m&#234;me jour un manifeste dont voici quelques lignes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s vingt ans d'existence honteuse du second Empire, le peuple fran&#231;ais s'est relev&#233; et a repris la conduite de ses destin&#233;es. Acclamons la R&#233;publique fran&#231;aise !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est du devoir du peuple allemand d'assurer une paix honorable avec la R&#233;publique fran&#231;aise. Il appartient aux travailleurs allemands de d&#233;clarer que, dans l'int&#233;r&#234;t de la France et de l'Allemagne, ils sont d&#233;cid&#233;s &#224; ne pas tol&#233;rer une injure faite au peuple fran&#231;ais, apr&#232;s qu'il s'est d&#233;barrass&#233; &#224; jamais de l'inf&#226;me qui avait troubl&#233; la paix...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jurons de combattre loyalement et de travailler avec nos fr&#232;res ouvriers de tous les pays civilis&#233;s pour la cause commune du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro de la &lt;i&gt;Solidarit&#233;&lt;/i&gt; fut saisi, la publication ult&#233;rieure du journal fut interdite. Les membres du Comit&#233; central de Brunswick-Wolfenb&#252;ttel furent arr&#234;t&#233;s et conduits &#224; la forteresse de Boyen.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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