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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>&#201;lis&#233;e Reclus - Du protestantisme &#224; l'anarchisme </title>
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		<dc:date>2025-10-10T22:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;l&#232;ne Sarrazin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;lis&#233;e Reclus</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no14-15-elisee-reclus-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;14/15 : &#171; Elis&#233;e Reclus &#187;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-elisee-reclus-57-+" rel="tag"&gt;&#201;lis&#233;e Reclus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/9802661803_7c35ecb4be_o_copie-9ca92.jpg?1774723706' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si le protestantisme de la famille expliquait l'anarchisme d'&#201;lie et d'&#201;lis&#233;e... Insurg&#233;s face &#224; un p&#232;re fanatique, ils l'admirent pour avoir v&#233;cu sa foi pleinement. D'une m&#232;re tol&#233;rante et instruite, ils recueillent la soif de conna&#238;tre, tandis que la fr&#233;quentation des fr&#232;res moraves cultive leur esprit cosmopolite et leur don des langues.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;lis&#233;e Reclus (1830-1905) est n&#233; dans une famille protestante. Pas n'importe quelle famille, pas n'importe quels protestants. Des protestants de la vall&#233;e de la Dordogne, la Vall&#233;e, t&#244;t convertis au calvinisme. Lors de sa chevauch&#233;e de 1622, Louis XIII reconquit une &#224; une leurs petites places fortes : de Lamothe-Landerron, il ne resta ni une maison debout ni un habitant en vie, les survivants s'&#233;tant donn&#233; la mort plut&#244;t que de se rendre. A Bergerac, le roi pla&#231;a une garnison : les h&#233;r&#233;tiques &#224; la discr&#233;tion des troupes. Effray&#233;e par l'exemple, Sainte-Foy-la-Grande se soumit : on n'y trouva que cinq catholiques, l'&#233;glise d&#233;molie, r&#233;duite &#224; un m&#232;tre de ma&#231;onnerie au-dessus du sol. Partout, dans chaque village, des temples florissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pers&#233;cution larv&#233;e, puis la r&#233;vocation de l'&#233;dit de Nantes en 1685 &#244;t&#232;rent aux protestants jusqu'&#224; leur existence l&#233;gale, non leur existence r&#233;elle. Ils continu&#232;rent &#224; se marier entre eux, &#224; lire la Bible, &#224; rejoindre d&#232;s qu'ils le pouvaient les pr&#233;dicateurs ambulants dans les assembl&#233;es au &#171; D&#233;sert &#187;. Il y en eut une de fameuse pr&#232;s de Sainte-Foy en 1735.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours d'assembl&#233;es de ce genre que les pasteurs b&#233;nissaient les unions. Ainsi en fut-il de celle de Jacques Reclus et d'&#201;lisabeth Jarry &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pr&#233;tendus mari&#233;s pour avoir re&#231;u la pr&#233;tendue b&#233;n&#233;diction du pr&#233;tendu ministre P&#233;lissier (...) pr&#233;tendu mariage d&#233;clar&#233; concubinage par arr&#234;t du Parlement de Bordeaux du 21 mai 1749.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Jacques Reclus, tonnelier au Fleix, est l'arri&#232;re-grand-p&#232;re d'&#201;lis&#233;e Reclus. Grande le&#231;on. Faute d'un &#233;tat civil protestant, les enfants sont d&#233;clar&#233;s au cur&#233; de la paroisse. Le pr&#234;tre, pour ces enfants n&#233;s hors mariage, &lt;br class='autobr' /&gt;
pouvait utiliser les formules &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils (fille) naturelle) et ill&#233;gitime, fils (fille) ill&#233;gitime et b&#226;tard(e).&lt;/q&gt; Le cur&#233; du Fleix, humanis&#233; par le nombre important de parpaillots dans sa paroisse, se contente de la mention &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;fils ou fille&lt;/q&gt; sans adjectif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une tradition de r&#233;sistance familiale &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ces &#233;v&#233;nements lointains qui t&#233;moignent d'un attachement farouche &#224; la libert&#233; de conscience, comment ne pas les rapprocher du deuxi&#232;me &#171; mariage &#187; d'Elis&#233;e avec Fanny Lherminez en 1869 puis, apr&#232;s la mort de Fanny, avec Ermance Gonini en 1875 ? Ces unions furent c&#233;l&#233;br&#233;es devant les amis et parents, sans qu'aucun repr&#233;sentant de la loi ou du culte ne soit admis. Comment ne pas les relier encore au mariage des deux filles d'&#201;lis&#233;e, Jeannie et Magali, que leur p&#232;re d&#233;clara unies &#224; leurs &#233;poux par simple consentement mutuel ? L&#224;, encore, la pr&#233;sence d'une centaine d'amis et de connaissances dans le salon de l'h&#244;tel des Ambassadeurs atteste l'existence r&#233;elle de l'engagement. Ces mariages hors norme, c&#233;l&#233;br&#233;s en 1882, d&#233;clench&#232;rent un petit scandale. &#201;lis&#233;e Reclus fut r&#233;put&#233; p&#232;re indigne ayant pouss&#233; ses enfants &#224; la d&#233;bauche. Certaines personnes &#233;lev&#233;es dans des milieux conservateurs le jugeaient ainsi encore un si&#232;cle plus tard ! Certes, la d&#233;marche d'&#201;lis&#233;e est celle d'un libre-penseur et d'un anarchiste mais elle s'appuie consciemment ou non sur l'attitude de l'irr&#233;ductible anc&#234;tre. Pour l'&#233;tat civil, &#201;lis&#233;e s'appelait Jacques comme lui. Le refus de l'ob&#233;issance aux lois comme tradition familiale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons une g&#233;n&#233;ration. Un autre Jacques Reclus appara&#238;t. N&#233; en 1796, il aura toute latitude pour pratiquer la religion de ses p&#232;res. La famille s'est un peu enrichie : les fils, Jacques et Jean, feront des &#233;tudes, suivront les cours de th&#233;ologie &#224; la Facult&#233; protestante de Montauban. Jean sera enseignant, Jacques pasteur. Au sortir de ses &#233;tudes, il entre comme biblioth&#233;caire chez le duc Decazes (famille libournaise, nous restons dans la Vall&#233;e), puis il est attach&#233; &#224; la paroisse de Montcaret dont il pr&#233;sidera sous peu le consistoire. Il r&#233;side &#224; La Roche-Chalais o&#249; il se marie, s'alliant ainsi &#224; une famille plus prestigieuse mais tout aussi fid&#232;le &#224; la religion que la sienne : les Trigant. Les Trigant sont nombreux, influents, plus ou moins apparent&#233;s &#224; la noblesse, subdivis&#233;s en un grand nombre de familles : Trigant-Beaumont, Trigant-Geneste, etc. Socialement, c'est un beau saut pour le fils d'un aubergiste, le petit-fils d'un tonnelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; ensuite professeur au coll&#232;ge protestant de Sainte-Foy-la-Grande, ville o&#249; son beau-fr&#232;re Chaucherie est notaire. Puis se pr&#233;sente le tournant... A Sainte-Foy, Reclus rencontre le pasteur pr&#233;dicant Henriquet qui est suisse, qui apporte &#224; cette &#233;glise fran&#231;aise, m&#233;ritante mais un peu endormie, le souffle d'une R&#233;forme toujours renouvel&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux dires d'&#201;lis&#233;e lui-m&#234;me, voici que le pasteur ne supporte plus son &#233;tat de notable. Lui qui, dans sa foi exalt&#233;e, se veut le porteur de l'enseignement du Christ &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;qui n'avait pas m&#234;me une pierre o&#249; reposer sa t&#234;te&lt;/q&gt; vivrait dans le confort d'une petite vie m&#233;diocre ? Impossible quand on a derri&#232;re soi l'exemple des martyrs de Lamothe-Landerron, des pasteurs immol&#233;s sur le b&#251;cher, des fid&#232;les envoy&#233;s aux gal&#232;res. Si nous suivons le r&#233;cit qu'a fait son fils de ces &#233;v&#233;nements, apr&#232;s bien des d&#233;bats int&#233;rieurs et au scandale de son entourage, il d&#233;cide de r&#233;pondre &#224; l'appel d'une communaut&#233; libre de Cast&#233;tarbe, pr&#232;s d'Orthez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au scandale de son entourage car il avait d&#233;j&#224; trois enfants, sa femme en attendait un quatri&#232;me et il allait vers la pr&#233;carit&#233; : la &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt; libre autonomie&lt;/q&gt; des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#233;glises form&#233;es par le groupe des convertis, en dehors de l'&#201;tat et des consistoires&lt;/q&gt; (les termes sont d'&#201;lis&#233;e) le pla&#231;ait hors des limites du concordat, lui faisait perdre le traitement de ministre du culte qui lui revenait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi il perdait la s&#233;curit&#233; mat&#233;rielle mais il gagnait, dans un futur qu'il ne soup&#231;onnait pas, l'admiration du plus rebelle de ses fils qui &#233;crit en 1904 : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On le vit, grave, &#233;touffant ses larmes, cong&#233;dier ses fid&#232;les, ses amis, monter &#224; cheval avec son fils &#201;lie camp&#233; devant lui et partir dans la direction du Midi, en compagnie d'un beau paysan de six pieds, le superbe Bessouat, venu pour lui apporter l'invitation des chr&#233;tiens d'Orthez et de Cast&#233;tarbe.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;part, cette rupture dramatique, ce voyage de cinquante lieues vers l'inconnu, on sent qu'ils font partie de la mythologie fondatrice des Reclus, que tous, tous les onze Reclus, s'en sont nourris ; &#201;lis&#233;e peut-&#234;tre plus que les autres. N&#233;anmoins pour l'accepter, il lui aura fallu toute une vie. Le texte o&#249; il magnifie le geste du pasteur, &#201;lis&#233;e l'&#233;crit en 1904, entre la mort d'&#201;lie et la sienne. Le p&#232;re a disparu depuis longtemps, le fils peut disposer de sa m&#233;moire, l'int&#233;grer &#224; ses propres valeurs. Il n'est pas possible de d&#233;m&#234;ler ce qu'&#201;lis&#233;e doit &#224; son p&#232;re, ce que le portrait du p&#232;re doit au regard du fils, &#224; la vision libertaire du fils qui transfigure le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le quotidien de la vie, &#201;lis&#233;e s'est toujours pos&#233; en insurg&#233; face &#224; son p&#232;re. Ils se sont peu vus : au moment du grand d&#233;part, fin 1831, &#201;lis&#233;e n'a pas 2 ans. Il est confi&#233; &#224; ses grands-parents maternels &#224; La Roche-Chalais et y restera jusqu'&#224; la maladie, puis la mort du grand-p&#232;re en 1838. Des quelques ann&#233;es pass&#233;es sous le toit paternel, il retiendra le souvenir des sermons hallucinants du dimanche, des r&#233;primandes outr&#233;es pour la moindre peccadille, l'effroi non nomm&#233; mais r&#233;el devant le fanatisme du pasteur : cet homme craignait de tomber dans le p&#233;ch&#233;, voyait s'allumer les feux de l'enfer, ne cessait de se mortifier et de mortifier les siens pour pr&#233;server la vie &#233;ternelle. La famille s'accroissait tous les dix-huit mois d'une unit&#233; o&#249; le pasteur voyait une &#226;me &#224; sauver et la m&#232;re, apparemment, une bouche de plus &#224; nourrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce parce que ces enfants trop nombreux constituaient une masse difficile &#224; r&#233;duire, est-ce pour des raisons pratiques ? On ne cessait de les ventiler entre les grands-parents, la s&#339;ur de Sainte-Foy, plus tard les a&#238;n&#233;s recevant les plus jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A l'&#233;cole des fr&#232;res moraves &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rentr&#233; &#224; la maison en 1838, &#201;lis&#233;e en repart en 1842. Succ&#233;dant &#224; son fr&#232;re &#201;lie, il va passer deux ans au coll&#232;ge des fr&#232;res moraves &#224; Neuwied, pr&#232;s de Cologne, puis il pr&#233;pare le baccalaur&#233;at &#224; Sainte-Foy, suit les cours de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban, retourne chez les fr&#232;res moraves comme r&#233;p&#233;titeur, les quitte, s'inscrit &#224; l'universit&#233; de Berlin. Exil&#233; apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 1851, il vit en Angleterre, puis en Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on regarde l'&#201;lis&#233;e Reclus de cette &#233;poque, on peut penser qu'il &#233;tait un jeune homme difficile &#224; vivre. Passons sur le garnement qu'il avait &#233;t&#233;, tyrannisant ses fr&#232;res et s&#339;urs qui, par ailleurs, l'adoraient. Mais, au cours de ses vagabondages, il se lasse vite des gens qu'il fr&#233;quente ; les mesquins le d&#233;go&#251;tent, les c&#339;urs purs l'ennuient parce que leur horizon est &#233;troit. Il a dit lui-m&#234;me que dans sa jeunesse il &#233;tait facilement port&#233; au m&#233;pris : les valeurs de son p&#232;re qu'il avait int&#233;rioris&#233;es, le m&#233;pris de l'argent, des honneurs, de l'opinion commune, l'&#233;cartaient des uns ; la revendication vitale de sa personnalit&#233; encore en devenir le poussait &#224; fuir tout ce qui pouvait ressembler &#224; un pi&#232;ge : la camaraderie facile, l'intimit&#233; avec les &#234;tres. Dans sa correspondance, il ne parle jamais des femmes. On peut supposer qu'il &#233;tait sur ses gardes : la crainte du p&#233;ch&#233; pesait encore sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en Am&#233;rique qu'il s'en est d&#233;barrass&#233; : la nature g&#233;n&#233;reuse, exub&#233;rante, prodigue de beaut&#233;s l'exalte. Il ne peut y avoir rien de mal &#224; s'abandonner &#224; la vie v&#233;g&#233;tative. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On cesse de vivre par la pens&#233;e,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; &#233;crit-il&lt;/span&gt;, et ne sent plus que la volupt&#233; de voir.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant il avait d&#233;clar&#233; &#224; son fr&#232;re, dans un grand mouvement d'&#233;loquence : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Depuis que j'ai vu les vagues dor&#233;es des tropiques, depuis que j'ai vu les oiseaux-mouches voler au milieu des lataniers, j'ai fait un paquet des hardes du vieil homme et je les ai jet&#233;es dans le Mississippi.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture totale d'avec l'enfance se fera un peu plus tard, en Colombie. Le pasteur lui a &#233;crit pour lui reprocher de ne jamais s'adresser &#224; lui dans sa correspondance. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Si je garde le silence, si je pr&#233;f&#232;re l'exil au conflit, c'est que je ne pourrai jamais te dire les seuls mots que tu attends de moi ; je ne pourrai jamais te dire que je sens, que je pense, que je prie avec toi.&lt;/q&gt; Tel est le sens tr&#232;s clair de sa lettre, il refuse la religion du p&#232;re, il s'abstrait de sa pr&#233;sence, il sera lui-m&#234;me et seul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les p&#233;r&#233;grinations d'&#201;lis&#233;e, celle qui le conduit &#224; Neuwied m&#233;rite le plus d'&#233;claircissements. Le coll&#232;ge de Neuwied, pr&#232;s de Cologne, est tenu par les fr&#232;res moraves. Le pasteur Reclus appartenait &#224; l'&#233;glise m&#233;thodiste, laquelle avait des liens avec les fr&#232;res. Qui &#233;taient-ils ? En partie les h&#233;ritiers de Jean Hus, l'h&#233;r&#233;tique tch&#232;que br&#251;l&#233; &#224; Constance en 1415. N'acceptant d'autre autorit&#233; que l'&#233;criture sainte, ils formaient des communaut&#233;s d'hommes et de femmes vou&#233;es les unes &#224; l'enseignement, les autres &#224; l'&#233;vang&#233;lisation. Le qui&#233;tisme&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; impr&#233;gnait leur pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pasteur, qui ne connaissait aucun obstacle quand la foi &#233;tait en jeu, voulut que ses enfants fussent form&#233;s &#224; la pure doctrine. Il conduisit donc les deux a&#238;n&#233;s, Suzanne et &#201;lie, &#224; Neuwied. Suzanne reviendra assez vite. &#201;lie y restera deux ans. &#201;lis&#233;e lui succ&#233;dera. &#201;trange d&#233;cision qui plonge les enfants dans un milieu inconnu, &#224; mille deux cents kilom&#232;tres de chez eux, alors qu'on est encore au temps des diligences. A Neuwied, l'enseignement &#233;tait donn&#233; en allemand &#224; des &#233;l&#232;ves qui appartenaient &#224; de pieuses familles allemandes, anglaises, parfois hollandaises. Rude &#233;cole pour les enfants Reclus qui ne parlaient que le fran&#231;ais ! Il y gagn&#232;rent une bonne connaissance des langues, l'aptitude &#224; en apprendre de nouvelles et y li&#232;rent des amiti&#233;s durables, surtout &#201;lie. Enfin, ils acquirent un sens aigu du cosmopolitisme : partout chez eux, toujours curieux du dehors, pr&#234;ts &#224; fraterniser avec quiconque partageait leurs id&#233;es, sans souci de nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons sur les fr&#232;res moraves, leur id&#233;al de saintet&#233;, leur s&#233;paration du monde, leur vie communautaire et encore leurs &#233;tablissements dispers&#233;s par toute la terre. Reportons-nous au projet d&#233;velopp&#233; par &#201;lis&#233;e Reclus au congr&#232;s de la Ligue de la paix et de la libert&#233;, tenu &#224; Berne en septembre 1868. Congr&#232;s marqu&#233; par la puissante pr&#233;sence de Bakounine. On y discute du f&#233;d&#233;ralisme, en proposant les mod&#232;les de la Suisse et des &#201;tats-Unis. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pourquoi,&lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt; dit Elis&#233;e&lt;/span&gt;, nous limiter aux &#201;tats-Unis d'Europe ? Ce qu'il nous faut, c'est la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale de la terre enti&#232;re. &lt;/q&gt; Et il d&#233;veloppe le projet de fonder la soci&#233;t&#233; nouvelle sur l'association : des associations qui &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;se formeront et se d&#233;formeront par une cons&#233;quence voulue de la volont&#233; des associ&#233;s, se d&#233;pla&#231;ant avec le travail, tant&#244;t pour &#233;difier un faubourg de ville, tant&#244;t pour construire une ligne de chemin de fer, m&#234;me pour &#233;migrer comme le font certaines associations de Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans cette proposition qui recueillit 37 voix pour, 77 contre, l'horreur d'&#201;lis&#233;e Reclus pour les fronti&#232;res, son amour de l'ind&#233;pendance, m&#234;me au sein de l'union communautaire. Est-ce trop se risquer que d'y voir une r&#233;miniscence inconsciente du mode d'action des premiers fr&#232;res moraves, mobiles, unis dans leur passion pour la foi, divers dans leurs activit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes il les a plus tard rejet&#233;s, condamnant leur bigoterie, leurs niaises pr&#233;occupations des petites choses. Mais leur exemple l'avait frapp&#233; puisqu'il est revenu chez eux aux alentours de sa vingti&#232;me ann&#233;e et que n'en a-t-il dit de beau dans son juv&#233;nile enthousiasme ! Il avait trouv&#233; un mod&#232;le de vie, un cadre... pour un temps tr&#232;s court, trois mois seulement. Les fr&#232;res eux-m&#234;mes l'ont encourag&#233; &#224; reprendre ses &#233;tudes. On pourrait croire que tous cherchent &#224; se d&#233;barrasser de cet encombrant jeune homme : il avait &#233;t&#233; renvoy&#233; en 1849 de la Facult&#233; de th&#233;ologie de Montauban ; son s&#233;jour chez son oncle Chaucherie &#224; Sainte-Foy semble avoir &#233;t&#233; orageux ; quant &#224; la famille, on a vu que la dispersion &#233;tait la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voil&#224; donc &#224; Berlin, suivant les cours du fameux g&#233;ographe Ritter. Notons que la science g&#233;ographique &#233;merge &#224; peine et qu'elle est encore balbutiante en France. Il a enfin trouv&#233; sa voie ! Il est en train de r&#233;aliser ce qu'il avait en t&#234;te, son r&#233;el projet d'avenir. Pour preuve, la lettre qu'il &#233;crit &#224; sa m&#232;re pour relater son voyage de Cologne &#224; Berlin : c'est une superbe le&#231;on de g&#233;ographie, description du terrain, du relief, des cours d'eau, de la v&#233;g&#233;tation... Pas un mot de pi&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ses parents ont-ils pu s'imaginer qu'&#224; Berlin il s'inscrirait en th&#233;ologie ? Comment croire qu'on le coulerait un jour dans le moule m&#233;thodiste ? Il est tr&#232;s physique : quoique petit, il a des performances d'athl&#232;te. Il est impulsif : &#233;mu par la d&#233;couverte de la mer qu'il n'a jamais vue, il se jette dans les bras de son fr&#232;re et le mord &#224; l'&#233;paule. Quant &#224; l'humilit&#233;, il n'en a pas trace : personne ne discute avec lui, on le laisse &#224; ses raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il que la m&#232;re, toute fleurie de bonnes intentions, lui &#233;crit pour le f&#233;liciter du choix glorieux qu'il a fait. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Point du tout, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;r&#233;pond-il&lt;/span&gt;, je ne veux, ni ne peux ni ne dois &#234;tre pasteur.&lt;/q&gt; Dans un texte superbement &#233;loquent (il n'a pr&#234;ch&#233; qu'une fois &#224; Montauban mais il en fut enivr&#233;), il d&#233;veloppe sa pens&#233;e : il se refuse &#224; intervenir dans les c&#339;urs. Son p&#232;re poussait au mysticisme des jeunes filles &#224; la t&#234;te faible ; il n'en a rien dit mais on sait que ces manipulations lui r&#233;pugnaient. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Chacun, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;dit-il,&lt;/span&gt; doit &#234;tre son propre roi et son propre pasteur.&lt;/q&gt; Il se r&#233;f&#232;re aux Saintes &#201;critures : doivent &#234;tre abaiss&#233;s tous &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;ceux qui s'&#233;rigent au-dessus des autres, en ma&#238;tres et en proph&#232;tes.&lt;/q&gt; Le p&#232;re n'a rien &#224; r&#233;pondre : son propre enseignement se retrouve en son fils. Il est pris au pi&#232;ge de sa grande &#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de sugg&#233;rer que le protestantisme m&#232;ne &#224; l'anarchisme. Weber a bien montr&#233; que pour un bon protestant la fortune est per&#231;ue comme une r&#233;compense divine allant au juste et au vertueux. Mais la lecture serr&#233;e des proph&#232;tes, de l'&#201;vangile, la tradition du libre examen pr&#233;parent le terrain dans une &#226;me enti&#232;re qui va au bout de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'apprentissage de la tol&#233;rance &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On ne peut passer sous silence la relation d'&#201;lis&#233;e Reclus avec sa m&#232;re : il l'aimait, la respectait, la plaignait. Le pasteur, confiant en la Providence, avait la t&#233;m&#233;rit&#233; des &#233;lus. Non content de l'arracher &#224; son milieu, &#224; sa vie confortable, il ne craignit pas de rendre sa femme dix-sept fois m&#232;re : trois fausses couches, un b&#233;b&#233; mort au bout de quelques jours, deux filles disparues, l'une &#224; 20, l'autre &#224; 8 ans. Restent six filles et cinq gar&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#232;re &#233;tait croyante mais plus du c&#244;t&#233; de Marthe que de celui de Marie, plus active que contemplative. Pour nourrir la nich&#233;e, elle ouvrit une &#233;cole &#224; Cast&#233;tarbe, plus tard &#224; Orthez, un pensionnat o&#249; la bourgeoisie protestante pla&#231;ait ses filles afin qu'elles devinssent des &#233;pouses et des m&#232;res accomplies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte quotidienne de la m&#232;re, &#201;lis&#233;e n'a fait que l'entrevoir. Ce qui n'a pu lui &#233;chapper, c'est la diplomatie maternelle pour &#233;viter les affrontements, d&#233;vier les heurts. Elle a r&#233;ellement converti son mari &#224; la tol&#233;rance, si l'on pense que les cinq fils sont tous devenus libres-penseurs, que parmi les filles un certain nombre a suivi et que cependant la famille est rest&#233;e unie. Unie m&#234;me apr&#232;s la Commune, apr&#232;s l'exil des deux a&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce vaillant exemple maternel de fid&#233;lit&#233; dans la conciliation, on en per&#231;oit un &#233;cho dans &#201;lis&#233;e disant &#224; sa s&#339;ur : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ces missionnaires, ces pasteurs m&#233;thodistes qui enseignent la justification par la foi et d'autres sottises, nous devons les aimer et les respecter&lt;/q&gt; ; nous le retrouvons dans la correspondance suivie qu'il entretient avec Richard Heath, chr&#233;tien envers et contre tous, auquel il finit par &#233;crire : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le socialisme n'est pas, comme vous le dites, issu de l'&#201;vangile : l'un et l'autre sont issus de la philosophie occidentale.&lt;/q&gt; Quand il en est &#224; affirmer cela, Reclus est un homme &#226;g&#233; qui a pris de la hauteur par rapport au d&#233;bat. Pour en arriver &#224; ce point, il lui faudra courir le monde, rencontrer force individus, se colleter avec maintes difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprenons-le en pleine jeunesse, &#224; 25 ans. Il est en Colombie, alors appel&#233;e Nouvelle-Grenade&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;. Apr&#232;s un s&#233;jour (enchanteur) &#224; Sainte-Marthe, il s'est &#233;tabli &#224; Riohacha, un territoire mis&#233;rable, oubli&#233; de tous, o&#249; se d&#233;veloppe une minuscule soci&#233;t&#233;. Reclus approuve et admire la fa&#231;on dont ces isol&#233;s s'organisent, hors des lois, hors de la religion &#233;tablie. Ils trouvent en eux-m&#234;mes les v&#233;ritables r&#232;gles de la vie en commun : l'entraide, la tol&#233;rance mutuelle. Les couples ne se soucient ni de b&#233;n&#233;diction ni d'engagement l&#233;gal. Chacun para&#238;t suivre sa fantaisie et cependant la collectivit&#233; fonctionne. C'est une le&#231;on d'anarchisme sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est rentr&#233; pauvre et malade de Colombie mais riche d'exp&#233;rience. Engag&#233; par Hachette, il voyagera pour r&#233;diger des guides (les fameux Guides bleus) et des articles. Il continuera &#224; regarder, &#224; r&#233;fl&#233;chir. Il sera m&#251;r en 1865, &#224; Florence, pour rencontrer Bakounine...&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde, &#233;d. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh_2A&#034;&gt;*&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. les travaux de Jean Valette sur les registres paroissiaux de la Vall&#233;e (Arch. d&#233;p. de la Gironde).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Doctrine mystique qui faisait consister la perfection chr&#233;tienne dans un &#233;tat continuel de qui&#233;tude et d'union avec Dieu, o&#249; l'&#226;me devient indiff&#233;rente aux &#339;uvres et m&#234;me &#224; son propre salut (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &lt;i&gt;Voyage &#224; la Sierra Nevada de Sainte-Marthe&lt;/i&gt;, &#201;lis&#233;e Reclus, &#233;d. Zulma.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb_2A&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh_2A&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes _2A&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;*&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;l&#232;ne Sarrazin est l'auteur d'&lt;i&gt;&#201;lis&#233;e Reclus ou La Passion du monde&lt;/i&gt;, &#233;d. La D&#233;couverte, Paris, 1985 (NdR).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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