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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Proudhon - Sociologie et r&#233;volution</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Ansart </dc:creator>


		<dc:subject>Pierre-Joseph Proudhon</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-pierre-joseph-proudhon-+" rel="tag"&gt;Pierre-Joseph Proudhon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-24-66ff0.jpg?1774715348' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par son analyse de la propri&#233;t&#233; et du travail, de l'&#201;tat, de la justice... Proudhon fait &#339;uvre de sociologue. Mais la connaissance des m&#233;canismes sociaux ne doit pas &#234;tre st&#233;rile, elle n'a de sens qu'en constituant le point de d&#233;part d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s 1840, dans son ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Qu'est-ce que la Propri&#233;t&#233; ?&lt;/i&gt;, Proudhon exprime son intention de rassembler les &#233;l&#233;ments d'une v&#233;ritable science de la soci&#233;t&#233;. Il s'agit, pour lui, de faire une d&#233;nonciation v&#233;h&#233;mente du &#171; vol &#187; que constitue l'extorsion des profits gr&#226;ce &#224; la propri&#233;t&#233; des moyens de production (&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;la propri&#233;t&#233; c'est le vol&lt;/q&gt;), mais aussi de d&#233;montrer scientifiquement l'existence de cette exploitation. Il s'agit d'associer &#224; l'indignation militante l'analyse de cette exploitation et de ses m&#233;canismes. Et, d&#232;s ses premiers travaux, il indique clairement qu'il faudrait fonder le projet r&#233;volutionnaire, non sur le r&#234;ve de la cit&#233; future comme le font alors les utopistes (Fourier, les saint-simoniens, E. Cabet), mais sur une connaissance scientifique des r&#233;alit&#233;s sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon participe ainsi, dans ces ann&#233;es 1840-1865, &#224; un mouvement de critique de l'ordre &#233;tabli, aspirant &#224; &#233;chapper aux improvisations et &#224; fonder le projet r&#233;volutionnaire sur une meilleure connaissance des faits. A ce mouvement participent Saint-Simon, Marx, mais Proudhon va y prendre une position originale, par certains c&#244;t&#233;s plus radicale et, par d'autres, plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier volet de cette science sociale est constitu&#233; historiquement par l'analyse critique du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187;. C'est l'objet des &lt;i&gt;M&#233;moires sur la Propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; (1840-1842), puis du &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Philosophie de la mis&#232;re&lt;/i&gt; (1846). Proudhon se propose de d&#233;montrer que le profit capitaliste est bien un &#171; vol &#187;, une extorsion qui d&#233;finit une situation de violence entre le capital et le travail. Sa d&#233;monstration se fonde sur le fait du travail organis&#233; : en &#233;tant r&#233;unis au sein de cette organisation, les travailleurs constituent une force &#8212; la &#171; force collective &#187; &#8212; bien sup&#233;rieure &#224; ce que serait une simple somme des efforts individuels. La division et l'organisation du travail cr&#233;ent ainsi une force collective, mais les r&#233;sultats de cette force sont pr&#233;cis&#233;ment accapar&#233;s par le capitaliste. Celui-ci ne r&#233;tribue, en effet, chaque travailleur qu'individuellement par un salaire qui correspond aux frais d'entretien de la force de travail. Quant aux valeurs qui sont issues de cette force collective, le capital se les approprie l&#233;galement, mais, en r&#233;alit&#233;, gr&#226;ce &#224; un rapport social de violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re le&#231;on de cette analyse socio-&#233;conomique est claire et Proudhon en d&#233;veloppe les cons&#233;quences dans le &lt;i&gt;Syst&#232;me des contradictions &#233;conomiques&lt;/i&gt; : le capitalisme est, n&#233;cessairement, un rapport d'ali&#233;nation, de vol, qui oppose dans un rapport de &#171; guerre &#187; le capitaliste et le travailleur. Ce rapport est, certes, voil&#233; par les lois et les l&#233;gitimations fallacieuses, mais d&#232;s lors qu'une classe sociale accapare les instruments de production et rel&#232;gue la force du travail dans le salariat, il y a n&#233;cessairement vol, violence et ali&#233;nation. C'est dire aussi que la simple &#171; possession &#187; n'est pas ici en cause. Si un paysan, par exemple, ou un artisan, poss&#232;de sa terre ou ses instruments de production, il n'est &#233;videmment pas un capitaliste vivant du travail d'autrui. Cette distinction est importante, elle devra &#234;tre retenue pour &#233;difier les projets de r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit, par cette analyse du &#171; r&#233;gime propri&#233;taire &#187; que l'opposition du capital et du travail dresse l'une contre l'autre deux classes : la classe des entrepreneurs-capitalistes, d&#233;tenteurs des moyens de production, et celle des travailleurs, contraints de subir la loi du capital pour subsister. Mais on voit aussi que ce conflit, aussi important qu'il soit, n'&#233;puise pas tous les rapports sociaux. La classe des agriculteurs &#233;chappe, dans une large mesure, &#224; ce rapport d'exploitation, de m&#234;me que l'artisanat qui emploie peu la force de travail salari&#233;e ; de m&#234;me encore, beaucoup de professions lib&#233;rales et de petits commer&#231;ants &#233;chappent aux rapports strictement capitalistes. Une large classe moyenne demeure donc, et il faudra tenir compte de ces situations pour en com-prendre les attitudes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les rapports socio-&#233;conomiques ne sont cependant pas les seuls qu'il faille consid&#233;rer. Proudhon, en effet, ne tombera jamais dans les exc&#232;s de &#171; l'&#233;conomisme &#187; et ne croira jamais que le mode de production d&#233;termine toute la soci&#233;t&#233;, m&#234;me dans la p&#233;riode de l'expansion industrielle. Parmi les fondateurs de la sociologie, il a, en effet, pour originalit&#233;, d'analyser tr&#232;s longuement les rapports politiques, les relations de pouvoir, et d'en faire une critique corrosive. C'est surtout au cours de la R&#233;volution de 1848, de f&#233;vrier 1848 &#224; 1852, qu'il a mesur&#233; toute l'importance des rapports politiques et aper&#231;u l'&#233;tendue des id&#233;ologies et des mythologies entourant les pouvoirs. D&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale, de juin 1848 &#224; mars 1849, t&#233;moin de la r&#233;pression sanglante de juin, emprisonn&#233; pendant trois ans pour ses articles publi&#233;s contre Louis Bonaparte, il eut alors de multiples occasions de m&#233;diter sur la violence politique, sur l'&#201;tat et son emprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un th&#232;me fondamental de sa r&#233;flexion concerne l'opposition essentielle entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233; civile. Il d&#233;nonce avec virulence l'illusion qui fait croire que le pouvoir d'&#201;tat aurait les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts que l'ensemble des producteurs. Tout au contraire, dit-il, le pouvoir politique est &#171; ext&#233;rieur &#187; &#224; la soci&#233;t&#233; civile ; il ne tire sa force et sa puissance qu'en vivant aux d&#233;pens des producteurs. Proudhon rapproche et compare l'ali&#233;nation politique de l'ali&#233;nation capitaliste : de m&#234;me que le capital s'approprie les valeurs produites par les travailleurs &#224; son seul profit, de m&#234;me la classe gouvernante s'approprie les volont&#233;s des citoyens dans son int&#233;r&#234;t propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon va beaucoup plus loin dans cette critique de l'&#201;tat que Saint-Simon, Marx ou Engels. Il pense que l'appareil gouvernemental et &#233;tatique s'oppose terme &#224; terme aux dynamismes et aux aspirations des travailleurs, qu'il est m&#251; par un v&#233;ritable d&#233;terminisme qui ne cesse de l'opposer aux dynamismes de la soci&#233;t&#233; civile. Alors que cette soci&#233;t&#233; ne cesse de revendiquer des libert&#233;s, de susciter des initiatives, l'&#201;tat centralisateur ne cesse de r&#233;genter les libert&#233;s qui sont autant de menaces pour son emprise. Alors que la soci&#233;t&#233; g&#233;n&#232;re des changements &#233;conomiques et sociaux, l'&#201;tat impose son ordre m&#233;canique. Alors que la soci&#233;t&#233; tend incessamment &#224; contester les hi&#233;rarchies et &#224; susciter des rapports d'&#233;galit&#233; et de r&#233;ciprocit&#233;, l'&#201;tat combat les tendances &#233;galitaires, impose sa hi&#233;rarchie et ses distinctions. L'&#201;tat centralis&#233; est donc anim&#233; d'un d&#233;terminisme qui conduit finalement &#224; la logique polici&#232;re et guerri&#232;re, d&#233;terminisme dont il faudra, l&#224; encore, prendre clairement la mesure pour fonder un projet r&#233;volutionnaire. La revendication anarchiste que Proudhon formule le plus vigoureusement dans les ann&#233;es r&#233;volutionnaires de 1848 &#224; 1852 est fond&#233;e sur cette analyse de la nocivit&#233; essentielle de l'&#201;tat centralis&#233;, source d'oppression, de violence et de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5863 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-3-22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH460/sans_titre-3-22-88ace.jpg?1774915567' width='500' height='460' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;De la Justice &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me volet de la sociologie de Proudhon doit aussi &#234;tre soulign&#233; : il concerne la nature et les fonctions des syst&#232;mes de repr&#233;sentations, des croyances, des id&#233;ologies. Proudhon, en effet, n'a jamais adh&#233;r&#233; &#224; un mat&#233;rialisme sommaire faisant de l'organisation &#233;conomique ou technologique la seule &#171; cause &#187; des structures sociales. Comme il l'&#233;crit en 1843, les rapports sociaux sont de nature &#171; id&#233;o-r&#233;aliste &#187;, c'est-&#224;-dire qu'ils sont &#224; la fois des r&#233;alit&#233;s d'ordre mat&#233;riel et des rapports de sens. Ainsi les significations que les &#234;tres humains donnent &#224; leurs actions, leurs croyances ou leurs illusions, leurs modes de connaissance ont bien une importance majeure et, l&#224; encore, faudra-t-il en tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, de 1855 &#224; 1858, il se consacre &#224; la r&#233;daction de son &#339;uvre monumentale qu'est &lt;i&gt;De la Justice dans la R&#233;volution et dans l'&#201;glise&lt;/i&gt;, qui para&#238;t en avril 1858, et est imm&#233;diatement interdite par le gouvernement du Second Empire. Le th&#232;me g&#233;n&#233;ral du livre, comme son titre l'indique, oppose radicalement deux philosophies : celle des religions monoth&#233;istes et celle de la r&#233;volution sociale. Alors que les religions ne cessent de justifier les id&#233;aux transcendants et donc la soumission des hommes &#224; des principes qui leur sont ext&#233;rieurs, la r&#233;volution sociale devra se fonder sur des principes immanents &#224; la conscience, au droit et &#224; la pratique : ceux de justice et d'&#233;galit&#233;. La critique de Proudhon va tr&#232;s au-del&#224; d'une pol&#233;mique anticl&#233;ricale : il veut d&#233;noncer toute th&#233;orie qui l&#233;gitimerait des principes &#171; absolus &#187; (l'&#201;tat, la Communaut&#233;, la Nation...) et r&#233;introduirait une &#171; cause &#187; ext&#233;rieure aux humains justifiant, &#224; nouveau, leur soumission. A travers cette d&#233;nonciation des absolus, Proudhon d&#233;finit ce que devrait &#234;tre la &#171; philosophie populaire &#187; d'une soci&#233;t&#233; post-r&#233;volutionnaire : philosophie de la justice comme principe fondamental des rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sociologie devrait &#234;tre, &#224; ses yeux, le fondement d'une th&#233;orie et d'une pratique r&#233;volutionnaires. Cependant, il ne s&#233;pare pas compl&#232;tement l'analyse des r&#233;alit&#233;s sociales, la constitution d'une science sociale, et l'&#233;laboration des conclusions pratiques. Il est, en cela, tr&#232;s &#233;loign&#233; d'une pens&#233;e purement positiviste, soucieuse seulement d'accumuler des donn&#233;es empiriques sans perspectives d'action. D&#232;s ses premiers travaux, il proclame son dessein d'&#339;uvrer pour la classe dont il est issu, la classe ouvri&#232;re, et il est rest&#233; fid&#232;le &#224; ce premier engagement : la science sociale n'a, pour lui, de sens et d'importance qu'en raison des lumi&#232;res qu'elle apporte pour l'&#233;dification de la soci&#233;t&#233; de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit imm&#233;diatement que la science sociale, telle qu'elle a &#233;t&#233; constitu&#233;e, apprend &#224; &#233;carter aussi vigoureusement le lib&#233;ralisme individualiste que &#171; l'utopie &#187; communiste. L'abandon aux seules lois du march&#233; capitaliste ne fait r&#233;gner, comme on le voit par le renouvellement des contradictions &#233;conomiques, que des rapports de force destructeurs des relations sociales. De plus, le capitalisme maintient les rapports de domination dans les entreprises et fonde ainsi les relations &#233;tatiques d'autorit&#233; et de soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science sociale condamne aussi clairement le projet communiste, En fait, ce projet d'une totale appropriation des moyens de production par l'&#201;tat nie le principe m&#234;me de la vie sociale qu'est la n&#233;cessit&#233; du pluralisme. Quelles que soient les intentions des communistes (et Proudhon pense ici aux projets des communistes de l'&#233;poque, tels &#201;tienne Cabet ou Constantin Pecqueur), l'&#201;tat communiste ne ferait que renforcer les traits de l'&#201;tat capitaliste : la police et l'arm&#233;e. Il serait n&#233;cessairement conduit &#224; lutter contre les libert&#233;s individuelles et collectives et m&#232;nerait in&#233;luctablement au &#171; despotisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Propri&#233;t&#233; collective et f&#233;d&#233;ralisme &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est bien entre ces deux &#233;cueils, entre le r&#233;gime propri&#233;taire et le communisme liberticide que doit se construire le projet de la r&#233;volution sociale. L'id&#233;e centrale de Proudhon est bien que la r&#233;volution future ne peut plus &#234;tre une r&#233;volution politique, limit&#233;e &#224; des changements de personnels, de partis ou de structures politiques, mais bien une r&#233;volution &#233;conomique, sociale, bouleversant les rapports de travail et de production, ce que ne firent ni la R&#233;volution de 1789 ni celles de 1830 et 1848. Il ne s'agit plus de transformer les pouvoirs politiques, mais bien de les subordonner au monde du travail. Pour reprendre l'expression de Saint-Simon : il faut que l'atelier se substitue au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul un syst&#232;me pluraliste, une d&#233;mocratie industrielle, permettrait de lib&#233;rer le travail, de respecter la libert&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
du petit producteur (paysan, artisan) dans un r&#233;gime de &#171; possession &#187; socialis&#233;e, et, pour les grandes entreprises, de lib&#233;rer les travailleurs dans un r&#233;gime d'autogestion et de propri&#233;t&#233; collective. L'une des parties les plus originales et les plus novatrices de l'&#339;uvre de Proudhon r&#233;side certainement dans cette th&#233;orie des &#171; conseils &#187; ouvriers et dans cette nouvelle repr&#233;sentation de la grande entreprise comme lieu social de formation, de participation et de d&#233;mocratie, lieu, non plus seulement de production, mais bien de formation, de r&#233;alisation de soi et des libert&#233;s concr&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la derni&#232;re p&#233;riode de son existence, Proudhon, face aux tensions europ&#233;ennes et internationales, a, plus nettement que dans ses &#233;crits ant&#233;rieurs, insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer ces conceptions &#233;conomiques dans une organisation f&#233;d&#233;raliste g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Dans son livre de 1863, &lt;i&gt;Du Principe f&#233;d&#233;ratif&lt;/i&gt;, il rappelle les dangers que font courir aux peuples les grands &#201;tats centralis&#233;s et d&#233;montre que, seule, une organisation f&#233;d&#233;rale internationale pourra assurer la paix au monde. Il d&#233;montre l'insuffisance d'un f&#233;d&#233;ralisme r&#233;duit aux seuls rapports politiques : le f&#233;d&#233;ralisme g&#233;n&#233;ralis&#233; devrait &#234;tre &#224; la fois territorial, &#233;conomique et social ; sa garantie de fonctionnement serait l'&#233;tablissement de relations &#233;conomiques f&#233;d&#233;rales &#224; tous les niveaux, depuis les relations mutuellistes entre les communes et les r&#233;gions jusqu'aux relations &#233;conomiques internationales entre les anciennes provinces des diff&#233;rents pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;volution, non plus politique et superficielle, mais &#233;conomique et sociale, ne sera possible que par l'action des classes ouvri&#232;res, d&#233;barrass&#233;es des illusions &#233;tatiques. Dans son livre de 1865,&lt;i&gt; De la capacit&#233; politique des classes ouvri&#232;res&lt;/i&gt;, qui est, en quelque sorte, son testament intellectuel, Proudhon r&#233;affirme sa th&#232;se centrale selon laquelle la r&#233;volution sociale doit &#234;tre men&#233;e par les classes ouvri&#232;res, c'est-&#224;-dire par l'ensemble des producteurs, conscients de leur v&#233;ritable r&#244;le social, s'emparant directement de la gestion et de l'organisation de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proudhon ne pol&#233;mique pas explicitement contre les pr&#233;tentions d'un &#233;ventuel parti ouvrier &#224; diriger autoritairement les luttes, mais son &#339;uvre condamne toutes les tentatives pour capter les luttes ouvri&#232;res au profit d'un &#201;tat, d'un parti ou de nouveaux appareils bureaucratiques pr&#233;tendument ouvriers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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