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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - VI. Communisme et Anarchie </title>
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		<dc:date>2024-11-18T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;a) LA R&#201;VOLUTION &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier pas vers la soci&#233;t&#233; future sera la r&#233;volution, qui est in&#233;vitable. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les classes dirigeantes ne c&#232;dent qu'&#224; la force. Les gouvernements feignent de vouloir rem&#233;dier aux maux les plus violents des ouvriers ; mais comment pourraient-ils le faire, puisqu'ils sont la cause principale de ces m&#234;mes maux ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour se maintenir, un gouvernement a besoin de percevoir des imp&#244;ts, de r&#233;partir des emplois et des adjudications, de d&#233;pouiller le peuple pour enrichir une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-reveil-socialiste-anarchiste-no112-du-22-octobre-1904-" rel="directory"&gt;Le R&#233;veil socialiste-anarchiste n&#176;112 du 22 octobre 1904&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli-recupere_06-38dd1.jpg?1774693491' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;a) LA R&#201;VOLUTION &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le premier pas vers la soci&#233;t&#233; future sera la r&#233;volution, qui est in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les classes dirigeantes ne c&#232;dent qu'&#224; la force. Les gouvernements feignent de vouloir rem&#233;dier aux maux les plus violents des ouvriers ; mais comment pourraient-ils le faire, puisqu'ils sont la cause principale de ces m&#234;mes maux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour se maintenir, un gouvernement a besoin de percevoir des imp&#244;ts, de r&#233;partir des emplois et des adjudications, de d&#233;pouiller le peuple pour enrichir une minorit&#233;. Toutes ses lois et tous ses actes ont ce m&#234;me but. Et, nous le r&#233;p&#233;tons, si parfois les Parlements, pour jeter de la poudre aux yeux des na&#239;fs, font quelques lois favorables aux ouvriers, elles ne sont pas appliqu&#233;es. D'ailleurs, pour une loi au profit de la classe pauvre, il y en a un millier contre les ouvriers et &#224; l'avantage exclusif de la bourgeoisie, en sorte, que c'est toujours le travailleur qui est opprim&#233; et vol&#233;. Le seul rem&#232;de &#224; ses maux, son unique salut est dans la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrier que doit-il faire apr&#232;s s'&#234;tre r&#233;volt&#233; contre le gouvernement et l'avoir d&#233;truit ? Doit-il en nommer un autre &#8212; et attendre son bonheur de ce nouveau gouvernement &#8212; ou ne doit-il pas, plut&#244;t, se rendre justice de lui-m&#234;me et profiter de l'occasion pour arracher &#224; la bourgeoisie les moyens dont elle se sert pour l'affamer et l'asservir ? Nous pensons que l'ouvrier ne doit constituer aucun gouvernement nouveau, ni &#233;lire un Parlement quelconque, pour en attendre les concessions et les bonnes gr&#226;ces. L'ouvrier &#8212; le peuple en masse &#8212; doit accomplir lui-m&#234;me sa propre r&#233;volution en reprenant tout ce dont-il a &#233;t&#233; priv&#233;, en rentrant en possession de tous ces produits usurp&#233;s par d'autres ; &#8212; il doit, en un mot, exproprier les propri&#233;taires et les capitalistes, chasser les patrons des usines, ne reconna&#238;tre plus aucun maitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les ouvriers de chaque fabrique, une fois le patron chass&#233;, en disposent &#224; leur gr&#233;. Que les locataires ne reconnaissent plus de propri&#233;taires et que ceux qui manquent d'un logement aillent habiter les maisons abandonn&#233;es par les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple doit jouir, doit go&#251;ter aussi &#224; tous les biens de la vie. La vraie, la grande r&#233;volution consistera dans le fait que le peuple acquerra des besoins qu'il n'a pas encore aujourd'hui. Il ne pourra plus vivre dans le d&#233;nuement, ni servir de ma&#238;tres et demander sa part des bienfaits de la civilisation. L'&#233;tat de choses actuel lui appara&#238;tra comme une barbarie et il ne se laissera plus dominer, ni r&#233;duire &#224; la mis&#232;re et &#224; l'ignorance par personne, car l'aisance et le travail pour son propre compte feront partie d&#233;sormais de la nature humaine et une nouvelle compr&#233;hension de la vie na&#238;tra de ce nouvel ordre de choses.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;b) ORGANISATION DE LA SOCI&#201;T&#201; FUTURE &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; future sera organis&#233;e comme une vaste f&#233;d&#233;ration de soci&#233;t&#233;s ouvri&#232;res, ind&#233;pendantes les unes des autres, mais li&#233;es ensemble par la libre entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terre sera cultiv&#233;e par des associations de paysans, Les mines d'o&#249; l'on tire les mati&#232;res premi&#232;res pour les industries, et les moyens de transport seront propri&#233;t&#233; commune de toutes les associations et aucun groupement ne pourra s'en servir de fa&#231;on &#224; sp&#233;culer sur les besoins des autres. Il y aura des associations pour tous les travaux et pour tous les buts, et ces associations seront ouvertes &#224; tous ceux qui voudront travailler. Un individu pourra faire partie en m&#234;me temps de plusieurs associations ; l'ouvrier de la fabrique pourra aussi travailler aux champs. Le paysan pourra s'occuper aussi de chimie et d'autres &#233;tudes. Toute distinction entre ouvriers manuels et intellectuels est appel&#233;e &#224; dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme en alternant ses occupations produit davantage et d&#233;veloppe mieux ses facult&#233;s. Le travail sera fait librement ; il n'y aura plus de r&#232;glements vexatoires comme ceux que le patron impose aujourd'hui aux ouvriers. Chaque association &#233;tablira d'elle m&#234;me les conditions de son propre travail, laissant &#224; ses membres la plus grande libert&#233; compatible avec l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Les membres des associations seront &#233;gaux entre eux et il n'y aura pas in&#233;galit&#233; de traitement. L'ing&#233;nieur et le man&#339;uvre seront &#233;galement consid&#233;r&#233;s, l'&#339;uvre de l'un &#233;tant aussi n&#233;cessaire que celle de l'autre &#224; la soci&#233;t&#233;, et plus le travail sera p&#233;nible, plus il sera appr&#233;ci&#233; et de courte dur&#233;e. Nombreux sont ceux qui, aujourd'hui, pr&#233;tendent se sacrifier au bien public, en se faisant politiciens, en devenant d&#233;put&#233;s ; dans la soci&#233;t&#233; &#224; venir ceux qui voudront se rendre plus utiles et gagner l'estime publique s'adonneront aux travaux les plus p&#233;nibles. Tous, plus ou moins, d'une mani&#232;re ou d'une autre, travailleront, l'oisivet&#233; &#233;tant insupportable, et tandis qu'actuellement beaucoup sont habitu&#233;s depuis l'enfance &#224; ne lien faire tout en satisfaisant leurs vices, l'&#233;ducation, l'exemple et l'opinion publique de la soci&#233;t&#233; future pousseront tout le monde au travail. Pour appartenir &#224; une association, il faudra travailler, et personne n'est assez insens&#233; pour vouloir vivre en dehors de toute soci&#233;t&#233;. Et m&#234;me s'il se trouvait quelqu'un, le mal serait bien moins grand que d'avoir comme aujourd'hui des classes enti&#232;res qui vivent dans l'oisivet&#233; employant leurs journ&#233;es &#224; nuire aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oisifs, s'ils devenaient nombreux, s'apercevraient bient&#244;t de leur erreur, car en ne travaillant pas, on ne produit pas, et en ne produisant pas, on ne mange pas non plus. D'ailleurs, le travail ne sera pas p&#233;nible, long et mal r&#233;mun&#233;r&#233; comme aujourd'hui. Quelques heures de travail manuel suffiront et le reste du temps servira &#224; des occupations et des &#233;tudes agr&#233;ables, sans compter que toutes les conditions de travail auront &#233;t&#233; transform&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fabrique de l'avenir ne ressemblera pas &#224; celle d'aujourd'hui. L'air, l'espace et la lumi&#232;re n'y manqueront pas plus qu'ils ne manquent actuellement dans les maisons des riches. L'ouvrier ne sera pas condamn&#233; &#224; mourir de faim, de chaleur ou de froid pendant qu'il travaille ; &#224; rester debout, &#224; continuer sa besogne lorsqu'il est fatigu&#233;. Toutes les commodit&#233;s, dont jouissent aujourd'hui ceux qui ne font rien, seront devenues l'apanage des travailleurs. Pourquoi dans la fabrique &#8212; qui est la maison de l'ouvrier &#8212; n'y aurait-il pas d'ameublement ? pourquoi &#224; c&#244;t&#233; de la salle de travail, n'am&#233;nagerait-on pas une salle de r&#233;cr&#233;ation, de lecture, etc ? Pourquoi ne chercherait-on pas &#224; rendre le travail plus agr&#233;able et moins p&#233;nible, par tous les moyens que les progr&#232;s de la civilisation mettent &#224; notre disposition ? Nous ne savons pas encore tous les changements que pourront apporter au mode de production les perfectionnements de la m&#233;canique et des sciences techniques ; mais il est certain que m&#234;me &#224; l'&#233;tat actuel de nos connaissances la vie de l'ouvrier peut-&#234;tre entour&#233;e de toute l'aisance r&#233;serv&#233;e aujourd'hui uniquement aux riches. Dans les pays o&#249; l'agriculture est en d&#233;cadence elle peut &#234;tre renouvel&#233;e et d&#233;velopp&#233;e ; les produits des industries peuvent se multiplier &#224; notre gr&#233; ; &#8212; en sorte qu'il y ait du travail pour tout le monde, du pain pour tous les affam&#233;s, des habits pour tous les d&#233;guenill&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens actuels de communications permettraient de ne plus vivre entass&#233;s dans les taudis des villes ; il serait facile de construire le long de la voie ferr&#233;e, en pleine campagne, des maisons, o&#249; les ouvriers iraient loger, sans manquer de tous les moyens de distraction et d'instruction qui les retiennent aujourd'hui dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, en un mot, transformer la face du monde, si les hommes se d&#233;cidaient une bonne fois &#224; se d&#233;fendre et &#224; s'aider r&#233;ciproquement, au lieu de vivre les uns aux d&#233;pens des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les commer&#231;ants, les banquiers, les sp&#233;culateurs seront-ils encore n&#233;cessaires ? &#8212; Non, car les associations &#233;changeront directement leurs produits &#8212; sans m&#234;me besoin d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les relations &#233;tablies aujourd'hui entre les diff&#233;rents pays par l'entremise des capitalistes, les nombreuses associations les &#233;tabliront entr'elles. Une association promettra &#224; l'autre, sauf cas de force majeure, une certaine quantit&#233; de produits et elle recevra une promesse semblable pour d'autres denr&#233;es. Mais ces &#233;changes seront faits sans avarice ni rapacit&#233; ; aucune association ne voudra gagner, comme le font nos capitalistes, sur le travail des autres ; personne ne voudra s'enrichir ou accumuler, d'autant plus que l'accumulation ne servirait &#224; rien, du jour ou l'on ne trouverait plus d'ouvriers voulant vendre leurs bras pour faire fructifier les richesses accumul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations au besoin s'aideraient entr'elles. Si dans une contr&#233;e la r&#233;colte &#233;tait insuffisante, les associations de paysans d'autres pays suppl&#233;eraient au manque avec leur superflu. Si une r&#233;gion &#233;tait frapp&#233;e par un malheur, d'autres viendraient &#224; son secours. Cela se pratique d&#233;j&#224; aujourd'hui, en cas d'inondation, de famine, etc. Malheureusement les secours passent par les mains des gouvernements et des capitalistes &#8212; et il ne reste pas grand'chose pour ceux qui en auraient vraiment besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous touchons ici &#224; une derni&#232;re question. Un gouvernement, un parlement, un minist&#232;re, une police, une magistrature seraient-ils encore n&#233;cessaires ? Dans notre syst&#232;me, toutes ces institutions ne serviraient plus &#224; rien, les associations administrant chacune ses propres int&#233;r&#234;ts et les relations qui surgiraient entr'elles devant &#234;tre volontaires et diff&#233;rentes selon la nature sp&#233;ciale des multiples int&#233;r&#234;ts. Un gouvernement n'a sa raison d'&#234;tre que dans la centralisation des int&#233;r&#234;ts de tous aux mains d'un petit nombre de personnes, agissant au nom de toute la nation et pensant pour tout un peuple. Ces gouvernants ne laissent plus la libert&#233; de penser &#224; l'individu et l'obligent &#224; se soumettre &#224; leur volont&#233; ; ils ont le pouvoir de taxer les produits du travail de la foule et d'employer la force pour faire ex&#233;cuter leur volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, tout cela est incompatible avec la soci&#233;t&#233; libre et &#233;galitaire dont nous parlons. Le gouvernement est la n&#233;gation de la libre association et les fonctionnaires gouvernementaux sont les parasites du travail national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour trancher les diff&#233;rends, pour emp&#234;cher quelques rares crimes, il n'est nullement besoin d'un gouvernement, d'une police et d'une magistrature &#8212; qui sont la cause de luttes et de crimes sans fin dans la soci&#233;t&#233;. Les associations suffisent : elles peuvent recourir &#224; un arbitrage, prendre quelques mesures de d&#233;fense. Chaque membres de la soci&#233;t&#233; future se l&#232;vera pour d&#233;fendre l'opprim&#233; et le faible, tandis qu'aujourd'hui le gouvernement, la loi et la police ne font que prot&#233;ger le riche contre le pauvre, le patron contre l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'ouvrier &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#8212; nous dit-on &#8212;&lt;/span&gt; est ignorant et souvent m&#234;me &#233;go&#239;ste. Le patron ne peut que l'exploiter et le pressurer. Il est malheureusement impossible de se passer de patrons, aussi longtemps que l'ignorance et l'&#233;go&#239;sme r&#233;gneront, c'est-&#224;-dire, aussi longtemps que l'homme ne changera pas sa nature.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nous r&#233;pondons que l'ignorance est l'un des effets de la soci&#233;t&#233; actuelle et elle ne peut dispara&#238;tre qu'avec la ruine de celle-ci. La mis&#232;re d'une grande partie des ouvriers, l'abrutissement d'un travail trop fatiguant et trop prolong&#233;, la d&#233;moralisation du ch&#244;mage, ne peuvent qu'augmenter non seulement l'ignorance, mais l'ivrognerie, la prostitution, les suicides, et tous les maux les plus terribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;go&#239;sme aussi na&#238;t de la mis&#232;re, qui produit encore les haines entre ouvriers et la concurrence qu'ils se font r&#233;ciproquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au jour d'aujourd'hui un homme ne saurait trouver son bien que dans le mal des autres : pour faire son chemin, il doit passer sur le corps des camarades, et pour ne pas &#234;tre exploit&#233;, il faut qu'il avise aux moyens d'exploiter les autres, de devenir patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ignorance et l'&#233;go&#239;sme ne peuvent &#234;tre efficacement combattus clans la soci&#233;t&#233; actuelle et encore moins d&#233;truits. La destruction seule de notre soci&#233;t&#233; fera dispara&#238;tre du monde l'ignorance et l'&#233;go&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ils dispara&#238;tront certainement le jour o&#249; l'humanit&#233;, par un effort supr&#234;me, aura an&#233;anti les privil&#232;ges et les in&#233;galit&#233;s actuels pour vivre selon les principes du communisme anarchique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ouvriers ! Nous vous avons expliqu&#233; les raisons pour lesquelles nous combattons la propri&#233;t&#233;, le gouvernement, la famille et la religion &#8212; institutions fond&#233;es sur l'ignorance, l'esclavage, la mis&#232;re de l'ouvrier et qui ont pour but de maintenir et accro&#238;tre ces maux, tout en perp&#233;tuant et en augmentant les privil&#232;ges, les richesses, la tyrannie et les vices de la classe dominante. Nous vous avons expliqu&#233; com ment la soci&#233;t&#233; devrait et pourrait &#234;tre r&#233;form&#233;e, en substituant le communisme &#224; la propri&#233;t&#233; individuelle, la libre association au gouvernement, l'union libre &#224; la famille l&#233;gale, la science et l'instruction &#224; la religion. Nous vous avons d&#233;montr&#233; que ce changement ne peut s'op&#233;rer au moyen de petites r&#233;formes, de lois dict&#233;es par les parlements pr&#233;sents ou futurs, de gracieuses concessions de gouvernants et de capitalistes ; mais il doit se produire n&#233;cessairement, comme tout progr&#232;s r&#233;el accompli dans le pass&#233;, par une r&#233;volution. Nous ne sommes pas r&#233;volutionnaires pour le plaisir de voir couler le sang, niais par n&#233;cessit&#233;, car nous sommes convaincus que les bourgeois ne renonceront pas pacifiquement &#224; leurs privil&#232;ges. Chaque jour des milliers de vies d'ouvriers sont sacrifi&#233;es et nous pr&#233;f&#233;rons tomber en luttant que succomber &#224; force de privations et de mis&#232;res. Les ouvriers, qu'ils le veuillent ou non, sont oblig&#233;s de lutter contre les patrons, de se mettre en gr&#232;ve, de se r&#233;volter. Avec un peu plus d'&#233;nergie et d'audace, ils pourraient se lib&#233;rer pour toujours de leurs patrons et s'as-surer le bien-&#234;tre et l'ind&#233;pendance pour eux-m&#234;mes et leurs enfants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - V. Elections ou R&#233;volution</title>
		<link>http://partage-noir.fr/pourquoi-nous-sommes-anarchistes-v-elections-ou-revolution</link>
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		<dc:date>2024-11-16T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous aurions peut-&#234;tre d&#251; intituler cet article : R&#233;formes ou R&#233;volution, car deux routes s'ouvrent devant nous, celle des r&#233;formes pacifiques et graduelles, des am&#233;liorations successives, des petits pas, du progr&#232;s lent et ordonn&#233;, fait avec le consentement et l'aide g&#233;n&#233;reux de la bourgeoisie, et celle de la r&#233;volte. C'est pr&#233;cis&#233;ment ici que les deux &#233;coles, les deux partis (socialiste l&#233;galitaire et socialiste anarchiste) se divisent. Nous ne cesserons jamais de le r&#233;p&#233;ter, nous sommes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli-recupere_05-08609.jpg?1774716524' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous aurions peut-&#234;tre d&#251; intituler cet article : &lt;i&gt;R&#233;formes ou R&#233;volution&lt;/i&gt;, car deux routes s'ouvrent devant nous, celle des r&#233;formes pacifiques et graduelles, des am&#233;liorations successives, des petits pas, du progr&#232;s lent et ordonn&#233;, fait avec le consentement et l'aide g&#233;n&#233;reux de la bourgeoisie, et celle de la r&#233;volte. C'est pr&#233;cis&#233;ment ici que les deux &#233;coles, les deux partis (socialiste l&#233;galitaire et socialiste anarchiste) se divisent. Nous ne cesserons jamais de le r&#233;p&#233;ter, nous sommes anti-l&#233;galitaires et r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas croire, pourtant, que nous repoussons toute am&#233;lioration que l'ouvrier puisse obtenir. Vouloir le tout signifie vouloir aussi la partie, et nous qui luttons pour l'&#233;mancipation int&#233;grale de l'ouvrier, nous saluerions avec joie toute conqu&#234;te, si petite soit-elle, dans la certitude que les ouvriers ne se d&#233;clareraient pas satisfaits, mais exigeraient toujours davantage ; une fois sur le chemin des revendications, ils iraient jusqu'au bout. C'est pour cela que lorsqu'une gr&#232;ve ou une agitation &#233;clate parmi les ouvriers ou les paysans, nous ne nous en d&#233;sint&#233;ressons pas ni ne cherchons &#224; d&#233;tourner les ouvriers de la lutte, comme le font trop souvent les &lt;i&gt;chefs&lt;/i&gt;, les socialistes compris ; mais nous t&#226;chons au contraire d'&#233;tendre la gr&#232;ve ou l'agitation, afin de lui donner de la vigueur et de la force, un mouvement d'individus peu nombreux et faibles devant certainement &#233;chouer. L'unique espoir pour les ouvriers est dans l'union et le plus ou moins de d&#233;cision d&#233;ploy&#233;e dans l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si au lieu d'une agitation ou d'une gr&#232;ve, il nous est propos&#233; de participer aux &#233;lections, nous nous y opposons formellement, sachant tr&#232;s bien que dans les luttes &#233;lectorales les ouvriers seront toujours jou&#233;s ou tromp&#233;s, car, d'abord, ils r&#233;unissent tr&#232;s rarement &#224; envoyer des leurs au parlement, et, ensuite, par l'&#233;lection m&#234;me de cinq, dix ou cent candidats ouvriers, nous ne faisons que les g&#226;ter ou les rendre impuissants. La majorit&#233; du Parlement f&#251;t-elle compos&#233;e d'ouvriers, qu'elle ne saurait r&#233;soudre le probl&#232;me du pain et du travail. Non seulement la Chambre haute, le pouvoir ex&#233;cutif, les chefs de l'arm&#233;e, de la magistrature et de la police s'opposeraient aux projets de loi de la Chambre des d&#233;put&#233;s et se refuseraient &#224; ex&#233;cuter les lois faites pour les ouvriers (comme nous pouvons d&#233;j&#224; le constater) ; mais toute loi para&#238;t bien inutile. En effet, il n'y en a aucune qui puisse emp&#234;cher les patrons d'exploiter les ouvriers, imposer aux capitalistes de tenir les fabriques ouvertes et d'employer les travailleurs &#224; des conditions donn&#233;es, obliger les commer&#231;ants &#224; vendre &#224; tel ou tel prix, et ainsi de suite. Actuellement le syst&#232;me commercial et industriel, est fait de telle sorte que tout d&#233;pend du capitaliste, et celui-ci a toutes esp&#232;ces de ressources pour s'asseoir sur la loi et se moquer m&#234;me du Parlement. Tout le monde sait que souvent l'ouvrier est oblig&#233;, pour ne pas mourir de faim, d'aider le capitaliste &#224; violer la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons qu'un Parlement d&#233;cide que le travail journalier de l'ouvrier doit-&#234;tre de dix, neuf ou huit heures. D'abord il ne saurait imposer une r&#232;gle uniforme pour tous les travaux, ensuite, il lui est impossible d'envoyer un gendarme chez chaque ouvrier voir combien il travaille ou chez chaque patron voir combien et comment travaillent ses domestiques et ainsi de suite. La loi faite par le Parlement, le gouvernement ne se soucie gu&#232;re de l'appliquer, ou ses inspecteurs s'entendent avec les capitalistes, et alors malheur &#224; l'ouvrier qui d&#233;nonce les abus du patronat, d'autant plus que les magistrats se gardent bien de s&#233;vir. La loi n'est jamais qu'une tromperie pour les ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons m&#234;me que la loi soit appliqu&#233;e et que les capitalistes ne fassent plus travailler leurs ouvriers que huit heures par jour. Qui pourra les obliger &#224; payer pour huit heures de travail le m&#234;me salaire pay&#233; auparavant pour dix ou douze ? Et en supposant m&#234;me l'absurde, c'est-&#224;-dire que la loi fixe aussi les salaires pour tous les travaux et pour tous les cas, qui pourrait emp&#234;cher, d'ailleurs, le capitaliste de changer la qualit&#233; des marchandises ? Que de lois, d'inspecteurs et d'autres employ&#233;s, que de proc&#232;s et de condamnations ne faudrait-il pas pour r&#233;gler toutes ces choses dans l'int&#233;r&#234;t de l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois de ce genre ne seront jamais faites ; aucun Parlement n'en voudra ; aucun d&#233;put&#233;, m&#234;me socialiste, n'a jamais r&#234;ver de les &#233;dicter. Il n'y a pas non plus de socialistes ou d'ouvriers s'imaginant de pouvoir envoyer &#224; la Chambre une majorit&#233; de prol&#233;taires. Les &#233;lections se font avec trois choses : l'argent, la tromperie et la force. Le gouvernement envoie aux urnes ses employ&#233;s et ses policiers, les patrons leurs ouvriers ; les politiciens forment des complots ou des partis, et au moyen de la presse et d'orateurs pay&#233;s recommandent au peuple leurs cr&#233;atures. Les &#233;lecteurs doivent voter pour les candidats des partis. Les rivalit&#233;s, les jalousies, les comp&#233;titions et les ambitions se produisent au milieu des ouvriers. Et c'est ainsi que les &#233;lections, au lieu de profiter, nuisent &#224; la cause de l'ouvrier. Les camarades actifs et intelligents, une fois d&#233;put&#233;s, deviennent des paresseux ou des ren&#233;gats. Le peuple s'habitue &#224; croire que son salut doit venir d'en haut, du gouvernement, du Parlement et ne combat plus ces institutions qui nuisent &#224; son d&#233;veloppement et &#224; son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s socialistes en Allemagne sont une centaine presque ; les d&#233;put&#233;s ouvriers en Australie d&#233;cident du r&#233;sultat de chaque votation au Parlement ; mais dans un pays comme dans l'autre rien d'important n'a &#233;t&#233; fait pour la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes toujours au m&#234;me point. Celui qui poss&#232;de est celui qui commande. La richesse donne le pouvoir et rend plus riche la classe qui le d&#233;tient. Un Parlement ne s'occupera jamais s&#233;rieusement des pauvres, c'est-&#224;-dire des travailleurs. Lors m&#234;me qu'il ferait, par politique, quelques petites lois favorables aux ouvriers, le gouvernement donnerait des concessions, des adjudications, des emplois et des subsides aux capitalistes tout en leur fournissant des sp&#233;culations et des affaires de fa&#231;on &#224; doubler leurs richesses. Et tandis que les ouvriers croient avoir obtenu beaucoup moyennant une petite loi insignifiante, les capitalistes accroissent, par tous les moyens, leurs fortunes, changeant les millions en mil-lards et se moquant de la na&#239;vet&#233; des exploit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves m&#234;mes ne peuvent changer le syst&#232;me &#233;conomique actuel, bas&#233; sur l'esclavage et la mis&#232;re des ouvriers. Les coop&#233;ratives pour la plupart lie r&#233;ussissent pas ou deviennent des petites sp&#233;culations ne diff&#233;rant gu&#232;re de celles des capitalistes. D'autres r&#233;formes profitent &#224; une classe d'ouvriers et nuisent &#224; une autre. La r&#233;volution seule peut embrasser les int&#233;r&#234;ts de tous les ouvriers et les &#233;manciper tous ensemble, en transformant compl&#232;tement l'organisation sociale actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(&#192; suivre.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - IV. La Religion</title>
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		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la religion ? C'est un ensemble de croyances et de doctrines enseign&#233;es au peuple par les pr&#234;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'aucuns pourraient nous r&#233;pondre que ce ne sont pas les pr&#234;tres qui les enseignent, mais Dieu lui-m&#234;me qui les a r&#233;v&#233;l&#233;es. En tout cas, les r&#233;v&#233;lations de Dieu datent de plusieurs si&#232;cles, tandis que l'enseignement des pr&#234;tres est bien d'aujourd'hui, et il s'agit de savoir si ces derniers disent oui ou non la v&#233;rit&#233;, s'ils sont dignes de foi et incapables de mentir, ou s'ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-reveil-socialiste-anarchiste-no110-du-24-septembre-1904-" rel="directory"&gt;Le R&#233;veil socialiste-anarchiste n&#176;110 du 24 septembre 1904&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli-recupere_04-0f6db.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que la religion ? C'est un ensemble de croyances et de doctrines enseign&#233;es au peuple par les pr&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'aucuns pourraient nous r&#233;pondre que ce ne sont pas les pr&#234;tres qui les enseignent, mais Dieu lui-m&#234;me qui les a r&#233;v&#233;l&#233;es. En tout cas, les r&#233;v&#233;lations de Dieu datent de plusieurs si&#232;cles, tandis que l'enseignement des pr&#234;tres est bien d'aujourd'hui, et il s'agit de savoir si ces derniers disent oui ou non la v&#233;rit&#233;, s'ils sont dignes de foi et incapables de mentir, ou s'ils n'ont pas int&#233;r&#234;t, par hasard, &#224; nous tromper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la pr&#234;trise est un m&#233;tier comme un autre, les pr&#234;tres vivent en pr&#234;chant, en accomplissant certaines parades et c&#233;r&#233;monies, de m&#234;me que le roi vit en opprimant ses sujets, le patron en exploitant ses ouvriers et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi donc devrions-nous croire aux pr&#234;tres ? N'est-il pas possible qu'ils nous trompent ? Ce n'est pas seulement possible, mais certain m&#234;me. Il y a cent religions, quatre-vingt dix-neuf sont donc fausses, &#224; n'en pas douter. Bien malin celui qui choisit la vraie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laissons de c&#244;t&#233; les pr&#234;tres et discutons sur l'enseignement religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La religion &#8212; toute religion &#8212; enseigne deux choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la religion nous dit comment le monde a &#233;t&#233; fait, qui l'a cr&#233;&#233;, le nombre de jours qu'a dur&#233; la cr&#233;ation, ce qui &#233;tait avant le monde (le chaos), et comment de ce chaos a jailli la lumi&#232;re, avant m&#234;me que Dieu e&#251;t cr&#233;&#233; le soleil, la lune, etc., etc. Mais toutes ces choses sont du domaine scientifique et nullement religieux. La science nous apprend que le monde existe depuis des millions d'ann&#233;es et non seulement depuis six mille ans, ainsi que le veut la Bible. La science nous a prouv&#233; que la terre tourne autour du soleil et non pas le soleil autour de la terre comme le croyait Josu&#233;. La science nous explique en quoi consiste et d'o&#249; d&#233;rive la vie des arbres, des animaux et de l'homme. Elle nous dit aussi comment le corps de l'homme et des autres animaux peut se mouvoir, parler, jouir ou souffrir, et comment la plante peut sentir et cro&#238;tre sans avoir recours &#224; la supposition d'une &#226;me. Selon l'Eglise, celle-ci ne serait pas la m&#234;me pour l'homme et pour les animaux et n'existerait que pour les blancs seulement, les n&#232;gres esclaves n'en ayant pas. C'est du moins ce que l'Eglise a affirm&#233; autrefois en ajoutant aussi que l'&#226;me entrait dans le corps d'un homme sept jours apr&#232;s sa naissance et dans celui d'une femme seulement quarante jours apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise a enseign&#233; toutes ces &#226;neries et la science l'a ridiculis&#233;e. La science dit &#224; la religion, aux pr&#234;tres : ces questions sont de mon domaine, vous &#234;tes impuissants &#224; les juger. Votre Dieu est un mot qui ne signifie rien et ne s'explique pas, car vous ne savez pas comment il est fait, ni par qui il a &#233;t&#233; fait, ni s'il est une personne ou une chose, et lorsque vous dites Dieu, vous-m&#234;me vous ne savez pas ce que vous dites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde partie des doctrines de l'Eglise concerne les relations entre les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise dit que les hommes doivent &#234;tre bons, humains et charitables ; mais s'il en est autrement, il suffit de s'en repentir au moment de la mort, ou, dans le pire cas, ils seront condamn&#233;s aux flammes de l'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons que personne n'aille en enfer et afin que les riches n'y aillent pas, nous voulons les soustraire aux tentations provenant des richesses et les emp&#234;cher de nous voler chaque jour. Lorsque la soci&#233;t&#233; sera bien constitu&#233;e et que tous les hommes pourront travailler dans le bien-&#234;tre, sans qu'il y ait ni patrons, ni millionnaires, tous les hommes deviendront bons et iront en paradis si toutefois il y en a un &#8212; ce dont nous doutons fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise imite apr&#232;s tout les gouvernants : beaucoup de promesses pour l'avenir, apr&#232;s notre mort, quant au pr&#233;sent, rien du tout. L'Eglise feint de d&#233;plorer les injustices du monde et les abus des riches contre les pauvres, mais elle pr&#234;che &#224; ces derniers la r&#233;signation, la soumission, l'esclavage. L'Eglise elle-m&#234;me, d'ailleurs, est toujours riche : la plupart des eccl&#233;siastiques ont une fortune ou vivent une vie qui ne ressemble en rien &#224; celle de l'ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise est souvent salari&#233;e par l'&#201;tat. Ses titulaires sont nomm&#233;s avec l'approbation du gouvernement, qui, on le comprendra ais&#233;ment, choisit des hommes fid&#232;les &#224; ses int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;tres peuvent &#234;tre, et plusieurs le sont, propri&#233;taires et capitalistes. Les uns ont des titres de rente, d'autres des maisons et des domaines, d'autres encore des actions de banques ou d'entreprises industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour devenir pr&#234;tre, il faut une certaine instruction et de l'argent. Les fils des travailleurs ne deviennent pas pr&#234;tres, ou s'ils le deviennent, ils renient leur classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le clerg&#233; est l'alli&#233; de la bourgeoisie, de la bureaucratie et du gouvernement. Les pr&#234;tres font aussi de la propagande &#233;lectorale ; mais ils se servent surtout de leur minist&#232;re pour p&#233;n&#233;trer dans les familles, capter la confiance des femmes et obtenir des h&#233;ritages. Il n'y a pas de plus grave danger que celui de laisser un pr&#234;tre s'introduire dans une maison, pour qu'il en connaisse les choses les plus intimes et les plus d&#233;licates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sert-il d'aller tous les dimanches, toutes les ann&#233;es et pour toute sa vie &#224; l'&#233;glise ? C'est une habitude idiote et abrutissante, de m&#234;me que celle de murmurer des pri&#232;res, toujours les m&#234;mes apprises par c&#339;ur, et s'adaptant &#224; tous les individus et &#224; tous les cas. Pour les enfants surtout, de telles habitudes sont mauvaises et ont une influence pernicieuse sur leur intelligence et sur leur caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ouvriers, d&#233;barrassez-vous de toutes les superstitions, apprenez &#224; penser, n'acceptez ni Dieu ni ma&#238;tre si vous voulez devenir libres.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(A suivre.) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - III. La Famille</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle, la femme est la victime pr&#233;destin&#233;e aux caprices, aux passions et parfois &#224; la tyrannie de l'homme : ce qui ne l'emp&#234;che pas de se pr&#233;valoir de ces m&#234;mes passions et caprices pour devenir tyrannique &#224; son tour, par une r&#233;action naturelle. L'injustice se paye, et ceux qui croient trouver leur int&#233;r&#234;t dans l'oppression et l'exploitation des autres se trompent souvent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rien de plus injuste que l'in&#233;galit&#233; &#233;tablie et maintenue artificiellement entre l'homme et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli_copie_03-c9869.jpg?1774693551' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle, la femme est la victime pr&#233;destin&#233;e aux caprices, aux passions et parfois &#224; la tyrannie de l'homme : ce qui ne l'emp&#234;che pas de se pr&#233;valoir de ces m&#234;mes passions et caprices pour devenir tyrannique &#224; son tour, par une r&#233;action naturelle. L'injustice se paye, et ceux qui croient trouver leur int&#233;r&#234;t dans l'oppression et l'exploitation des autres se trompent souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de plus injuste que l'in&#233;galit&#233; &#233;tablie et maintenue artificiellement entre l'homme et la femme. Elle commence par l'&#233;ducation incompl&#232;te de la femme, et se prolonge dans la vie domestique, o&#249; la femme est destin&#233;e au service de l'homme, puis, dans les rapports sociaux, la femme &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme inf&#233;rieure &#224; l'homme et indigne de certaines charges et fonctions. Tout concourt &#224; maintenir la femme dans un &#233;tat de d&#233;pendance &#233;conomique et morale vis-&#224;-vis de l'homme : l'&#233;ducation imparfaite et mauvaise, le genre de travail plus ou moins d&#233;gradant auquel elle doit se livrer, les salaires moins &#233;lev&#233;s, la prostitution qui la guette, si elle ne trouve personne pour pourvoir &#224; son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de situation plus tragique que celle d'une fille pauvre. Les occupations qui lui sont offertes sont peu nombreuses et mal r&#233;tribu&#233;es ; parfois, m&#234;me, elles cachent et pr&#233;parent un pi&#232;ge &#224; son honneur. A un moment de l'existence, o&#249; m&#234;me le fils du bourgeois doute de son avenir, la fille pauvre, qui doit se suffire et nourrir m&#234;me une vieille m&#232;re, se trouve dans une situation des plus douloureuses. Aux n&#233;cessit&#233;s de l'existence physique vient s'ajouter pour elle le besoin d'aimer et d'&#234;tre aim&#233;e, de trouver quelqu'un pour se confier, d'&#233;prouver la joie de vivre. Simple, confiante, d&#233;sint&#233;ress&#233;e, elle se jettera dans les bras du premier venu et se consacrerait enti&#232;rement &#224; lui et &#224; son bonheur ; mais elle ne rencontre la plupart du temps que la duplicit&#233;, la tromperie, l'&#233;go&#239;sme et le calcul. L'homme, pr&#234;t &#224; abuser de sa moindre faiblesse, n'aurait pour elle que l'ironie et le m&#233;pris. Et la femme, en lutte avec le besoin d'aimer et sa dignit&#233;, par l'instinct m&#234;me de conversation, devient m&#233;chante, trompeuse, Le charme est rompu ; au lieu de la cr&#233;ature douce et affectueuse, il ne reste plus qu'un monstre. Qui l'a pervertie ainsi ?... L'homme ennemi de son bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de filles se sont d&#233;shonor&#233;es pour quelques sous ; combien d'autres sont tomb&#233;es, victimes de leur simplicit&#233; ou de la tromperie d'un fourbe ! D'autres encore ont lutt&#233; pendant des ann&#233;es pour se laisser enfin choir ou bien elles sont mortes de douleur impuissantes &#224; se faire aimer. Il n'y a pas de spectacle plus r&#233;voltant que celui de la fille-m&#232;re, trahie et abandonn&#233;e par un mis&#233;rable qui rit de sa l&#226;chet&#233; et des souffrances dont il est la cause&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on parle de la prostitution, on l'attribue g&#233;n&#233;ralement au vice et &#224; la corruption d'un certain nombre d'individus des deux sexes, pour en conclure que si ces m&#234;mes individus n'&#233;taient pas n&#233;s ou pouvaient &#234;tre amend&#233;s, elle dispara&#238;trait du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le vice et la corruption ne sont pas les causes de la prostitution, puisque les hommes, morig&#233;n&#233;s pour le reste, sont des d&#233;bauch&#233;s, et des filles aptes &#224; devenir de bonnes m&#232;res, sont pouss&#233;es dans l'ab&#238;me de la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prostitution est impos&#233;e &#224; la fille pauvre comme le travail aux champs est impos&#233; au paysan. D'ailleurs, il y a les capitalistes et les marchands de la prostitution, qui n'est qu'une industrie au m&#234;me titre que celles du fer, du drap, etc. Elle ne consiste pas &#224; se prostituer, mais &#224; faire prostituer, en recrutant d'une part les victimes, de l'autre les consommateurs, en se chargeant des frais d'installation, d'am&#233;nagement, de r&#233;clame, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toutes les industries, la prostitution est la plus florissante et productive. Que de maisons, de caf&#233;s, de magasins, d'&#233;tablissements vou&#233;s &#224; la prostitution, depuis le vulgaire lupanar jusqu'&#224; la maison priv&#233;e, o&#249; la fille et la femme honteuse laissent leurs photographies et adresses, pr&#234;tes &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel des &#233;trangers et des agences de placement. Toute une arm&#233;e de courtiers, de gar&#231;ons, d'entremetteuses de toutes les conditions est employ&#233;e dans ce commerce. Propri&#233;taires de caf&#233;s, journalistes, le gouvernement m&#234;me pr&#233;l&#232;vent leur part sur les recettes de la prostitution. Dans les grandes villes, la prostitution est li&#233;e avec d'autres industries, et elle se pratique dans les caf&#233;s, dans les restaurants, dans les d&#233;bits de tabacs ou d'autres articles. La concurrence que ces magasins louches font aux autres est la cause de faillites, de la ruine de familles et de la prostitution d'autres filles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La famille, l&#233;gitime ou ill&#233;gitime, suppose aujourd'hui une certaine aisance. Les plus pauvres ne peuvent penser &#224; un m&#233;nage : savoir o&#249; dormir tous les soirs, c'est d&#233;j&#224; une sorte de privil&#232;ge dans notre soci&#233;t&#233; soi-disant civilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle famille, d'ailleurs, que celle de l'ouvrier, log&#233;e dans un taudis ! Le mari ne vit pas chez lui, il travaille dehors et ne rentre que pour avaler un morceau et se coucher. La femme aussi doit laisser la maison pour la fabrique ou le magasin, et les enfants, ont &#224; choisir entre l'&#233;cole, la rue ou un bagne industriel. On ne fait plus rien &#224; la maison ; tout s'ach&#232;te au march&#233;, souvent m&#234;me on est oblig&#233; de manger dans une gargotte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la famille de l'ouvrier est d&#233;truite, la famille bourgeoise est aussi expos&#233;e &#224; tous les malheurs provenant des changements de fortune. Les richesses aujourd'hui s'acqui&#232;rent et se perdent avec la m&#234;me rapidit&#233;. Une faillite et la famille est d&#233;truite ; la femme passe &#224; d'autres, les enfants sont recueillis par la parent&#233; ou s'en vont au quatre coins du monde. La famille bourgeoise, m&#234;me en n'&#233;tant pas dissoute, n'est qu'un simulacre. Sans enfants, elle ne saurait-&#234;tre appel&#233;e une famille, et lorsqu'il y en a plusieurs on pense de suite &#224; leur trouver une situation, on les surcharge de besogne et &#224; peine ont-ils grandi un peu qu'on les envoie au loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'int&#233;r&#234;t, et non l'amour, qui est la base de la famille. La femme se marie pour assurer son existence ; elle se vend &#224; l'homme, se d&#233;charge sur lui de tout soin et lui reste attach&#233;e comme un boulet au pied d'un for&#231;at. L'homme est la b&#234;te de somme ; il doit travailler &#224; tout prix pour apporter le pain &#224; la maison. Si l'ouvrage manque, la famille devient pour lui un v&#233;ritable supplice !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme &#224; son tour, ayant achet&#233; sur le march&#233; la marchandise et se chargeant de son entretien, se croit en droit d'exiger de la femme l'ob&#233;issance passive m&#234;me &#224; ses caprices. La loi et la coutume sanctionnent sa tyrannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on a de c&#339;ur et plus l'on souffre. L'homme de cour n'abandonnera pas la femme &#224; la mis&#232;re, &#224; la prostitution, d&#251;t-il en souffrir lui-m&#234;me. La femme de c&#339;ur est la proie du premier d&#233;bauch&#233; venu. Il n'y a pas de vexation ou de martyre qu'une m&#232;re ne soit pas pr&#234;te &#224; endurer pour ne pas se s&#233;parer de ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les riches, en attendant, ne manquent pas de distractions : en cas de d&#233;saccord, le mari passe son temps au club, la femme lit ou fait des romans. D'ailleurs, les deux ont chacun leur appartement, et la saison des bains et de la vill&#233;giature leur r&#233;serve toutes sortes de plaisirs. lorsqu'on est pauvres et oblig&#233;s de vivre dans une m&#234;me chambre et &#224; coucher dans un m&#234;me lit, la plus petite divergence ou le moindre mot &#233;chapp&#233; dans un moment de mauvaise humeur, peut avoir les plus f&#226;cheuses cons&#233;quences. Les deux &#234;tres se rencontrent &#224; tout instant et, se sachant enchain&#233;s par la mis&#232;re, s'aigrissent. Une id&#233;e funeste traverse le cerveau de l'un ou de l'autre. Un crime, plusieurs crimes, &#224; la fois, sont commis, et le drame s'ach&#232;ve dans un suicide.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(A suivre.)&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - II. Le Gouvernement</title>
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		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>
		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Passons &#224; une autre institution : le Gouvernement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements pr&#233;tendent faire le &#171; bien du peuple &#187;, pr&#233;tendent m&#234;me n'&#234;tre constitu&#233;s que par la &#171; volont&#233; exprim&#233;e &#187; du peuple. Mais s'il arrive un jour, que ce m&#234;me peuple manifeste le d&#233;sir d'&#234;tre d&#233;barrass&#233;s de ses gouvernants, ceux-ci s'obstinent &#224; rester et emploient m&#234;me, s'il le faut, les ba&#239;onnettes et les canons contre le peuple souverain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quant au bien qu'ils pr&#233;tendent faire, voici de quoi il s'agit : Un gouvernement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-reveil-socialiste-anarchiste-no108-du-27-aout-1904-" rel="directory"&gt;Le R&#233;veil socialiste-anarchiste n&#176;108 du 27 ao&#251;t 1904&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-fragments-d-histoire-de-la-gauche-radicale-+" rel="tag"&gt;Archives Autonomies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli_copie_02_-c5c75.jpg?1774716524' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Passons &#224; une autre institution : le Gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements pr&#233;tendent faire le &#171; bien du peuple &#187;, pr&#233;tendent m&#234;me n'&#234;tre constitu&#233;s que par la &#171; volont&#233; exprim&#233;e &#187; du peuple. Mais s'il arrive un jour, que ce m&#234;me peuple manifeste le d&#233;sir d'&#234;tre d&#233;barrass&#233;s de ses gouvernants, ceux-ci s'obstinent &#224; rester et emploient m&#234;me, s'il le faut, les ba&#239;onnettes et les canons contre le peuple souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au bien qu'ils pr&#233;tendent faire, voici de quoi il s'agit : Un gouvernement n'a rien &#224; lui : tout ce qu'il a, il le doit aux citoyens, auxquels il prend dix, pour n'encaisser qu'un : la diff&#233;rence de neuf est absorb&#233;e par les percepteurs, les huissiers, les gendarmes, les usuriers, les avocats, les juges, les journalistes, par toutes les personnes, en un mot, qui s'emploient &#224; faire rentrer dans les caisses du Gouvernement l'argent pris aux contribuables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un gouvernement a tout int&#233;r&#234;t &#224; percevoir beaucoup, &#224; encaisser tout ce qu'il peut ; plus il dispose d'argent et plus nombreux seront ceux qui, mangeant &#224; sa cr&#232;che, le soutiendront. C'est ainsi que chaque ann&#233;e le gouvernement augmente ses d&#233;penses et invente de nouveaux pr&#233;textes pour &#233;corcher les contribuables. Dans les d&#233;penses, le gouvernement emploie la m&#234;me m&#233;thode que pour les rentr&#233;es. Pour un travail qui co&#251;terait 10 &#224; un particulier, le gouvernement d&#233;pense 100. Depuis les ministres et les d&#233;put&#233;s, touchant des pots-de-vin pour proposer ou voter une loi sur les chemins de fer ou autre, jusqu'au dernier des employ&#233;s, tous ceux qui appartiennent &#224; l'administration per&#231;oivent quelque chose, et le peuple paie. Mais cela ne suffit pas : lorsque le gouvernement pour faire face &#224; ses engagements ou &#224; ses gaspillages, impose les terrains, ou les maisons, ou les marchandises, ou les industries, ou les baux, ou les loyers, et que les prix des objets augmentent, l'ouvrier est celui qui en souffre le plus, il paie m&#234;me pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des imp&#244;ts diminue la consommation, la production se restreint, et les percepteurs, les financiers, les entrepreneurs, les avocats et les juges engraissent, tandis que les paysans, qui vivaient de leurs lopins de terre, se voient expropri&#233;s et r&#233;duits avec leurs familles &#224; la mendicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, &#224; part quelques travaux publics, quelques chemins de fer, quelques &#233;coles, les postes et les t&#233;l&#233;graphes, n'a pas de raison d'&#234;tre. Mais toutes ces entreprises et ces services d'utilit&#233; publique peuvent &#234;tre organis&#233;s par la libre initiative priv&#233;e ou par voie d'entente entre les int&#233;ress&#233;s. Les &#201;tats-Unis, l'Angleterre, la Suisse et d'autres pays encore nous donnent d&#233;j&#224; des exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le gouvernement pr&#233;tend avoir une plus haute mission, une plus grave raison d'&#234;tre. Il est devenu le gardien de l'Ordre, le d&#233;fenseur de la Justice dans la Soci&#233;t&#233;. Il a la pr&#233;tention d'emp&#234;cher les crimes et de r&#233;primer les d&#233;sordres qui pourraient surgir entre citoyens. En un mot, il se donne comme arbitre supr&#234;me entre les citoyens et se porte garant de la paix sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ce rapport aussi, le gouvernement en lui-m&#234;me n'est rien. La force dont il dispose se compose de citoyens, pour la plupart ouvriers. Ce sont eux qui maintiennent &#171; l'Ordre &#187;, d&#233;fendent la propri&#233;t&#233;, ex&#233;cutent les sentences des juges et les ordres des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour emp&#234;cher les crimes et r&#233;soudre les conflits entre citoyens, les ouvriers n'ont nullement besoin d'un gouvernement, ni de codes remplis de subtilit&#233;s, ni d'avocats experts en finasseries et duplicit&#233;s. Les exemples ne manquent pas de soci&#233;t&#233;s o&#249; les hommes ont v&#233;cu en paix et en bonne harmonie, sans l&#233;gislateurs et sans policiers. Les gouvernements ne savent que venger les d&#233;lits une fois commis, tout en vendant cher la justice aux plaignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et encore, est-il vraiment permis de parler de justice, d'ordre et de paix ? Les gouvernements commettent plus de crimes qu'il n'en pr&#233;viennent. Ils prot&#232;gent les grand criminels, tout en emp&#234;chant les victimes de se d&#233;fendre. Les capitalistes peuvent massacrer impun&#233;ment les ouvriers ou les affamer ; les commer&#231;ants peuvent empoisonner leur client&#232;le ; les financiers peuvent voler en grand ; les libertins bourgeois peuvent tromper et ruiner les filles pauvres ; les politiciens peuvent mentir aux &#233;lecteurs de mille mani&#232;res &#8212; et le gouvernement laissera faire. Mais au moindre signe de m&#233;contentement des ouvriers, au moindre geste de la justice populaire, ce m&#234;me gouvernement interviendra avec ses soldats, ses policiers, ses juges pay&#233;s, ses tortionnaires, et frappera les ouvriers pour les maintenir encha&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, toujours au service de la bourgeoisie, est l'ennemi des ouvriers, l'affameur du peuple, la peste de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; (A suivre.) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi nous sommes anarchistes - I. La Propri&#233;t&#233;</title>
		<link>http://partage-noir.fr/pourquoi-nous-sommes-anarchistes-i-la-propriete</link>
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		<dc:date>2024-11-12T23:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francesco Saverio Merlino</dc:creator>


		<dc:subject>Archives Autonomies</dc:subject>
		<dc:subject>Le R&#233;veil/Il Risveglio </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque nous attaquons la l&#233;gitimit&#233; du &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187;, nous sommes trait&#233;s de malfaiteurs, et emprisonn&#233;s, ce qui est plus facile que de r&#233;futer nos arguments. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous demandons : Qu'est-ce qui vaut le plus : la vie d'un homme ou une parcelle de terrain ? Et la vie de millions d'hommes ne vaut-elle pas davantage que toute la propri&#233;t&#233; d'un pays appartenant &#224; quelques milliers de privil&#233;gi&#233;s ? L'existence d'innombrables familles d'ouvriers et de paysans n'est-elle pas plus sacr&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-le-reveil-socialiste-anarchiste-no106-du-30-juillet-1904-" rel="directory"&gt;Le R&#233;veil socialiste-anarchiste n&#176;106 du 30 juillet 1904&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-le-reveil-il-risveglio-+" rel="tag"&gt;Le R&#233;veil/Il Risveglio &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/merli_copie_01-f3e8f.jpg?1774699413' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque nous attaquons la l&#233;gitimit&#233; du &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187;, nous sommes trait&#233;s de malfaiteurs, et emprisonn&#233;s, ce qui est plus facile que de r&#233;futer nos arguments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous demandons : Qu'est-ce qui vaut le plus : la vie d'un homme ou une parcelle de terrain ? Et la vie de millions d'hommes ne vaut-elle pas davantage que toute la propri&#233;t&#233; d'un pays appartenant &#224; quelques milliers de privil&#233;gi&#233;s ? L'existence d'innombrables familles d'ouvriers et de paysans n'est-elle pas plus sacr&#233;e que le luxe, les caprices, les vices, la vanit&#233;, l'ambition et l'avidit&#233; de quelques oisifs, brasseurs d'affaires. usuriers, sp&#233;culateurs, ou marchands de chair humaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous affirmons que l'int&#233;r&#234;t du grand nombre doit pr&#233;valoir sur la rapacit&#233; du petit nombre ; et nous combattons le soi-disant &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187; au nom du droit des ouvriers &#224; la vie, au travail, &#224; la jouissance du fruit de ce travail, du droit &#224; l'instruction et &#224; l'&#233;ducation pour leurs enfants, du droit au pain pour leur vieillesse, de leur droit enfin &#224; ne plus &#234;tre les esclaves de personne. L'effet de ce droit de propri&#233;t&#233; (qui n'est au fond qu'un monstrueux privil&#232;ge), est de rendre esclave celui qui na&#238;t pauvre ; c'est de condamner les fils du pauvre &#224; l'ignorance, les obligeant ensuite, pr&#233;cis&#233;ment parce que pauvres et ignorants, &#224; s'adonner aux travaux les plus lourds ; c'est l'ouvrier qui souvent ne trouve pas &#224; vendre ses bras et dont le propri&#233;taire ou le capitaliste profite d'autant plus qu'il est plus besogneux pour lui usurper les fruits de son travail ; c'est le salari&#233; qui, apr&#232;s avoir us&#233; sa vie dans une fabrique meurt sur un grabat ou &#224; l'h&#244;pital, tandis que l'employeur prosp&#232;re toujours et augmente ses richesses. Et l'on voit tous les spectacles les plus monstrueux et les plus r&#233;voltants dans la soci&#233;t&#233; : le financier, enrichi par les vols et d&#233;cor&#233;, se livrant &#224; la d&#233;bauche et &#224; la crapulerie, alors que l'honn&#234;te ouvrier, chass&#233; de l'usine &#224; la suite de l'invention d'une nouvelle machine, mendie un morceau de pain ou se fait enfermer comme vagabond ou voleur au fond d'une prison ; la riche bourgeoise passant sa journ&#233;e &#224; faire sa toilette pour se rendre le soir &#224; un bal, tandis que la femme du peuple git en un coin de la rue, affam&#233;e et en haillons, ses enfants dans les bras ; le fils du riche servi d&#232;s le berceau par une foule de domestiques, contraste frappant avec celui de l'ouvrier qui ne trouve pas m&#234;me un peu de lait au sein de sa m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la soci&#233;t&#233; n'existe plus que de nom : les hommes deviennent des ennemis ; pour vivre, on tue ou l'on vole ; la femme se prostitue, l'ouvrier se vend, et tous ensemble, les humains se corrompent ou s'abrutissent : les uns pour vouloir trop poss&#233;der ou trop dominer, les autres pour l'habitude qu'ils prennent de souffrir et de servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la terre ne produit pas d'elle-m&#234;me, automatiquement ; il faut les bras de l'homme pour la cultiver. Les produits ne vont pas d'eux-m&#234;mes d'un endroit &#224; l'autre : il faut ceux qui les transportent. Et pour les adapter &#224; nos besoins, beaucoup de produits de la terre doivent &#234;tre transform&#233;s, travaill&#233;s, soumis &#224; l'&#339;uvre de l'homme. Les machines m&#234;mes sont construites par les ouvriers ; les id&#233;es, enfin, dont l'Humanit&#233; s'enrichit sont l'h&#233;ritage de l'exp&#233;rience et du travail de nombreuses g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propri&#233;taire de terrains ou de machines ne poss&#232;de rien, s'il ne poss&#232;de pas les bras des autres. Toute son industrie consiste donc &#224; travailler avec les bras des autres. Et le marchandeur, le sp&#233;culateur, le banquier, l'avocat emploient leurs talents pour tirer des richesses des ouvriers, en accaparant les produits, en les achetant &#224; un prix pour les revendre &#224; un autre, en alt&#233;rant leur qualit&#233; pour tromper les acheteurs, en s'attribuant l'&#339;uvre d'autrui et en sachant aussi profiter des malheurs d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la propri&#233;t&#233; s'acquiert g&#233;n&#233;&#173;ralement par le vol, l'usure ou la tromperie, mais, une fois acquise, on la fait fructifier gr&#226;ce &#224; l'oppression et &#224; l'exploitation des ouvriers. Les propri&#233;taires et les capitalistes boivent le sang des ouvriers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier r&#233;sultat du &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187;, c'est la mis&#232;re in&#233;vitable des travailleurs. Le progr&#232;s ne sert pas &#224; grand chose. Plus l'ouvrier produit, plus il se ruine. L'augmentation des richesses augmente les int&#233;r&#234;ts, les rentes, les profits, les imp&#244;ts, qui sont autant de pr&#233;l&#232;vements faits sur le travail des pauvres. Les merveilleuses inventions du dernier si&#232;cle ont-elles diminu&#233; la fatigue ou augment&#233; le bien-&#234;tre des travailleurs ? Malgr&#233; notre soi-disant civilisation, nous voyons trop de ch&#244;meurs, trop d'enfants qui travaillent dans les fabriques ou dans les mines, trop de femmes qui pourrissent dans les rizi&#232;res ou s'&#233;tiolent dans les usines ; nous voyons aussi trop de suicides, trop de crimes dus &#224; la mis&#232;re. Nous ne sommes pas dans un &#233;tat normal. Le progr&#232;s m&#234;me en souffre. Beaucoup de terrains restent en friche, beaucoup d'industries sont entrav&#233;es clans leur d&#233;veloppement, beaucoup de machines et d'inventions ne sont pas appliqu&#233;es, On pourrait et on devrait produire cent fois plus que l'on ne produit, tandis qu'au contraire les produits pourrissent dans les magasins ou dans les champs, car l'abondance ne sert pas l'int&#233;r&#234;t du capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; droit de propri&#233;t&#233; &#187; est un obstacle au progr&#232;s, un ennemi du bien-&#234;tre de l'ouvrier, une source de vices, de luttes, de crimes, d'usures, &#8212; une institution, enfin devenue incompatible avec les besoins, les id&#233;es et les sentiments de notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en vertu de ce droit que quelques individus ont s&#233;questr&#233; et usurp&#233; tous les bienfaits de la civilisation. Un petit nombre d'actionnaires de banques, de chemins de fer, de grands &#233;tablissements estiment le travail &#224; leur gr&#233;. A mesure que la population et les besoins de l'ouvrier augmentent, ils augmentent aussi leurs pr&#233;tentions, en majorant le chiffre de leurs rentes et de leurs profits et en accroissant la valeur de leurs propri&#233;t&#233;s et de leurs capitaux. Cette valeur d&#233;pend enti&#232;rement de faits et de conditions externes, dans lesquels propri&#233;taires et capitalistes n'ont aucun m&#233;rite ; elle est l'&#339;uvre et la cr&#233;ation de la soci&#233;t&#233;. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que la terre et les capitaux devraient appartenir &#224; la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re au lieu qu'&#224; une poign&#233;e de monopolisateurs. Les instruments de travail reviennent aux travailleurs associ&#233;s. La propri&#233;t&#233; individuelle doit &#234;tre abolie et remplac&#233;e par la propri&#233;t&#233; commune ou sociale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;(A suivre.) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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