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		<title>Sortir de l'&#201;tat - Gustav Landauer</title>
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		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que celui dont les convictions ne s'accordent pas avec celles de l'&#201;glise dont il est formellement membre par sa naissance, sorte de cette communaut&#233; religieuse avec laquelle il n'a rien en commun ; et que celui qui ne partage pas les principes, les dispositions, les proc&#233;dures en vigueur dans l'&#201;tat o&#249; il est n&#233;, annonce sa sortie de cette communaut&#233; &#233;tatique. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-gustav-landauer-+" rel="tag"&gt;Gustav Landauer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-acrata-bibliotheque-anarchiste-+" rel="tag"&gt;Acrata&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1227-a7cd8.jpg?1774722467' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Que celui dont les convictions ne s'accordent pas avec celles de l'&#201;glise dont il est formellement membre par sa naissance, sorte de cette communaut&#233; religieuse avec laquelle il n'a rien en commun ; et que celui qui ne partage pas les principes, les dispositions, les proc&#233;dures en vigueur dans l'&#201;tat o&#249; il est n&#233;, annonce sa sortie de cette communaut&#233; &#233;tatique. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les gens na&#239;fs, qui n'ont jamais eu besoin de s'occuper de ce &#171; droit positif &#187; qui r&#232;gne chez nous &#8211; comprenez : qui r&#232;gne sur des personnalit&#233;s humaines &#8211;, consid&#233;reront ces propositions comme logiques, raisonnables et allant de soi. Pourtant, il faudrait presque aller se r&#233;fugier dans les r&#233;gions du P&#244;le Nord si on voulait &#233;chapper &#224; un &#201;tat, sans tomber sous la domination d'un autre. Et cela n'est m&#234;me pas tout &#224; fait vrai. Car si un jour les &#234;tres humains r&#233;ussissent &#224; atteindre le P&#244;le Nord, la premi&#232;re chose que feront les explorateurs sera d'y hisser le drapeau d'un &#201;tat national et de proclamer l'annexion du P&#244;le Nord, ainsi que des territoires limitrophes, y compris les phoques et les ours blancs qui y habitent. Et le monarque de l'&#201;tat en question aura le droit, en plus de tous ses titres, de porter celui de &#171; Seigneur du P&#244;le Nord &#187; ; un petit plaisir qui n'est pas &#224; n&#233;gliger, car si jamais le m&#233;contentement de ses &#171; sujets &#187; humains venait &#224; augmenter au point de lui rendre le s&#233;jour difficile dans les &#201;tats de sa couronne, il pourrait toujours essayer de faire le bonheur de ses &#201;tats polaires en &#233;tablissant son empire au milieu des phoques et des ours blancs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai choisi &#224; dessein l'exemple du monarque pour montrer que l'&#201;tat coercitif moderne &#233;tait issu de la possession et de la conqu&#234;te de territoires. Ce n'est que si un pays appartient de droit divin &#224; un individu et &#224; sa famille qu'on peut expliquer qu'un homme puisse imposer ses conditions &#224; tous ceux qu'il autorise gracieusement &#224; vivre dans son pays et &#224; s'y nourrir, qu'il puisse en disposer &#224; son gr&#233; en tant qu'esclaves ou sujets. L'&#201;tat f&#233;odal du Moyen &#194;ge serait ce qu'il y a de plus proche de cette forme primitive d'&#201;tat. Le chemin est long pour, de l&#224;, arriver &#224; l'&#171; &#201;tat de droit &#187; moderne. Je ne m'y attarderai pas. Mon but aujourd'hui n'est pas de fournir une &#233;tude historique &#8211; aussi tentant que cela soit, car l'histoire de l'&#233;volution de l'&#201;tat n'est qu'une histoire continue de l'injustice et de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est connu que, aujourd'hui encore, les monarques, m&#234;me quand leurs pouvoirs ont &#233;t&#233; fortement r&#233;duits par leurs bons et loyaux su-jets, font remonter leur autorit&#233; au droit divin ou &#224; la gr&#226;ce divine. C'est l'un des grands m&#233;rites de la R&#233;volution fran&#231;aise que d'avoir ouvert des br&#232;ches impossibles &#224; combler dans la th&#233;orie de l'&#171; &#201;tat par la gr&#226;ce de Dieu &#187;. Si la France, ou par exemple la Belgique, la premi&#232;re par intermittence, la seconde en ce moment m&#234;me, ont le privil&#232;ge de conna&#238;tre la monarchie, ce ne sont plus des monarchies par la gr&#226;ce de Dieu mais par la gr&#226;ce de la R&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que nous soyons tous d'avis qu'il ne saurait &#234;tre question de justifier l'existence de l'&#201;tat coercitif par la volont&#233; de Dieu, pour la bonne et simple raison qu'il ne saurait &#234;tre question de Dieu, il reste la question de savoir d'o&#249; l'&#201;tat coercitif entend tirer son droit d'intervenir dans les affaires et dans l'histoire d'individus qui ne lui demandent rien. Rousseau a d&#233;j&#224; r&#233;pondu : du &#171; Contrat social &#187;. Seulement, un tel contrat n'a jamais &#233;t&#233; conclu et m&#234;me si cela avait &#233;t&#233; le cas, les anc&#234;tres n'auraient aucunement le droit d'entraver la libert&#233; de d&#233;cision des g&#233;n&#233;rations suivantes, ni m&#234;me d'un seul descendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse habituelle, en notre &#233;poque de l&#226;chet&#233;, alexandrine et byzantine, est la suivante, pour autant qu'on pose la question, g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;e comme sans int&#233;r&#234;t : il n'existe pas de droit naturel, comme chacun sait, mais seulement un ordre juridique positif qui nous a &#233;t&#233; transmis historiquement, et auquel l'individu doit se r&#233;signer puisqu'il ne peut &#233;chapper au moment historique dans lequel il vit. Bien qu'on ait pu, au si&#232;cle dernier, faire passer beaucoup de verbiage insupportable et non scientifique, mais surtout beaucoup de demi-connaissances, sous la banni&#232;re du droit naturel et des droits de l'homme, c'est un mensonge honteux de dire qu'on ne peut absolument pas d&#233;finir le droit de mani&#232;re abstraite, mais seulement le d&#233;duire du point de vue historique concret. Mon droit, ce sont mes relations, c'est-&#224;-dire les relations que j'accepte d'avoir avec le monde et mes semblables, ou c'est, pour reprendre une expression que Stirner a employ&#233;e, d'apr&#232;s mes souvenirs : mon droit est ma puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tant est qu'il veuille se constituer sur un autre fondement que celui de la violence, l'&#201;tat ne pourrait donc trouver sa l&#233;gitimit&#233; et la justification de son existence que dans l'accord volontaire de ses membres, dont chacun aurait la possibilit&#233; &#224; tout moment de r&#233;silier son libre engagement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons, au passage, une remarque : si nous, les anarchistes, combat-tons &#233;nergiquement les efforts que font les sociaux-d&#233;mocrates pour fonder un &#201;tat coercitif social, ce n'est pas en premier lieu, me semble-t-il, parce que nous voyons tout ce qu'il y a d'absurde dans le projet de chercher le rem&#232;de aux maux de notre temps ailleurs que dans la libert&#233; &#8211; apr&#232;s tout, les hommes ont bien le droit &#224; la d&#233;raison et &#224; l'avilissement ; certes, nous voulons les &#233;clairer autant que possible, mais s'ils ne se laissent convaincre d'aucune fa&#231;on, nous pouvons parfaitement les laisser dans leur obstination. En premier lieu, dans ce combat, nous ne faisons que nous d&#233;fendre car nos adversaires ne songent &#224; rien d'autre qu'&#224; une nouvelle version du vieil &#201;tat coercitif, car l'&#201;tat des sociaux-d&#233;mocrates est cens&#233; s'appuyer sur le droit positif, c'est-&#224;-dire la violence, et non pas sur la libre entente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne souhaite pas aborder ou pr&#233;ciser la question de savoir &#224; quoi pourrait ressembler la soci&#233;t&#233; socialiste si une partie des hommes du futur &#233;taient amen&#233;s &#224; fonder une forme d'&#201;tat, lors m&#234;me que certaines r&#233;gions seraient habit&#233;es par des groupes anarchistes libres &#8211; une &#233;ventualit&#233;, d'ailleurs, qui pourrait tr&#232;s bien devenir r&#233;alit&#233;. Je voudrais plut&#244;t montrer les changements consid&#233;rables que subiraient toutes les conditions de vie, si nos &#201;tats actuels, au lieu de reposer sur la violence, &#233;taient fond&#233;s sur la libre entente et la libre r&#233;siliation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons que je me l&#232;ve demain matin et que je lise dans le journal du matin qu'il s'est produit un bouleversement radical dans le pays, je commencerais par lancer un appel destin&#233; &#224; trouver des camarades pour vivre ensemble en Allemagne, mais en dehors de l'&#201;tat qui se fait appeler l'&#171; Empire allemand &#187;. Sans attendre le succ&#232;s de ma d&#233;marche, je ferais comprendre au percepteur, venu apposer son scell&#233; sur un de mes meubles, qu'il peut admirer ma porte close, &#233;tant d&#233;li&#233; de tout rapport avec lui et ses commanditaires ; je serais, &#224; compter de ce jour, sorti de l'&#201;tat. La premi&#232;re cons&#233;quence qui r&#233;sulterait de la sortie de l'&#201;tat serait donc : le refus des imp&#244;ts. Si, par ailleurs, j'avais port&#233; plainte contre quelqu'un qui me devait de l'argent, j'informerais imm&#233;diatement le tribunal comp&#233;tent que ma plainte n'a plus lieu d'&#234;tre, que je renonce d&#233;sormais &#224; importuner Messieurs les juges, car j'ai choisi d'user de la possibilit&#233; nouvellement apparue de sortir de l'&#201;tat, dont je viens d'avoir connaissance par les journaux. La deuxi&#232;me cons&#233;quence qui en r&#233;sulterait serait donc : le fait de renoncer &#224; la protection des tribunaux et de la police. Enfin, troisi&#232;mement, je serais priv&#233; de tous mes droits publics et politiques, de mon droit de vote en particulier, et quatri&#232;mement je n'aurais plus le droit ni le devoir d'accomplir des obligations militaires. Je perdrais &#233;galement le droit de faire instruire mes enfants dans les &#233;coles de l'&#201;tat. Je n'aurais plus besoin de d&#233;clarer mon domicile &#224; la police, et mes relations sexuelles, ce qui porte habituellement le nom de mariage, ne seraient plus soumises au contr&#244;le de l'&#201;tat &#8211; pour autant que je sois li&#233; &#224; une femme qui serait elle-m&#234;me sortie de l'&#201;tat (pour des raisons de simplicit&#233;, nous laisserons de c&#244;t&#233;, pour le moment, le cas de la polygamie). Bref, je serais d&#233;barrass&#233; d'un grand nombre de droits et de devoirs et j'en &#233;prouverais une joie immense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, je serais d&#233;sormais libre comme l'air, libre et sans protection comme l'oiseau dans l'air. Il est vrai que je pourrais, d'une part, comme pr&#233;caution contre d'&#233;ventuels voleurs ou meurtriers dont l'&#201;tat ne me pr&#233;serverait plus, me procurer un revolver sans que je sois oblig&#233; d'obtenir un permis au pr&#233;alable ; mais, d'autre part et surtout, les choses seraient rendues sensiblement plus faciles et plus belles par la pr&#233;sence des milliers de camarades qui m'auraient rejoint d&#232;s le premier jour. Car, si le mouvement anarchiste est encore relativement faible aujourd'hui, les gens qui ne veulent pas entendre parler d'&#201;tat, quel qu'il soit, ceux que j'appellerais volontiers les &#171; anarchistes inconscients &#187;, se comptent par millions. Tr&#232;s vite, l'&#201;tat ne serait plus constitu&#233;, grosso modo, que par les plus hauts fonctionnaires et par les propri&#233;taires des moyens de puissance &#233;conomique. Puisque plus personne, &#224; part eux, n'aurait envie de payer ses imp&#244;ts, on verrait tous ces messieurs fonctionnaires se faire entretenir par les grands propri&#233;taires, qui auraient &#224; supporter cette charge consid&#233;rable. Ces derniers, dans un moment de col&#232;re et d'imprudence, se laisseraient sans doute entra&#238;ner &#224; sortir de l'&#201;tat, en sorte que l'&#201;tat ne serait plus compos&#233; que par les hommes de gouvernement. Les messieurs propri&#233;taires de la terre et des moyens de production en viendraient &#224; regretter am&#232;rement d'&#234;tre sortis de l'&#201;tat, car les pauvres et les non-poss&#233;dants profiteraient aussit&#244;t de l'occasion pour avoir, en toute tranquillit&#233;, une s&#233;rieuse explication avec les poss&#233;dants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'emploie finalement la plaisanterie, ce qui est presque une n&#233;cessit&#233; quand on avance une proposition dont on sait qu'elle ne se r&#233;alisera jamais. Mais cela nous conduit tout de m&#234;me &#224; des consid&#233;rations s&#233;rieuses. Si l'&#201;tat se pla&#231;ait sur la base de la libre entente, il pourrait conserver une grande partie de ses lois et de ses dispositions pour tous les hommes qui ne d&#233;clareraient pas formellement qu'ils sortent de l'&#201;tat. Ainsi, il pourrait par exemple prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de ses membres et emp&#234;cher quiconque voudrait la violer. Supposons qu'un individu, qui aurait fui l'&#201;tat en en sortant, porte atteinte &#224; la propri&#233;t&#233; d'un ressortissant de l'&#201;tat, l'&#201;tat pourrait le consid&#233;rer comme un ennemi ext&#233;rieur et pourrait, en cas de capture, appliquer contre lui les dispositions particuli&#232;rement s&#233;v&#232;res d'un code p&#233;nal qui aurait &#233;t&#233; sp&#233;cialement con&#231;u &#224; cet effet. Mais ce que je voudrais surtout faire remarquer, c'est que toute une s&#233;rie de dispositions juridiques, aujourd'hui en vigueur, seraient condamn&#233;es &#224; dispara&#238;tre, m&#234;me en ce qui concerne les ressortissants de l'&#201;tat, si l'&#201;tat se pla&#231;ait sur le terrain du libre contrat. Il n'aurait plus que le droit de s'immiscer dans les affaires concernant l'ensemble de ses membres volontaires. Il devrait renoncer &#224; s'occuper des rapports et des relations que les individus d&#233;cideraient d'avoir entre eux, sans qu'ils g&#234;nent les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple &#8211; par ces quelques remarques je crains &#233;videmment de scandaliser certains sociaux-d&#233;mocrates au plus haut point &#8211;, l'&#201;tat devrait dans l'heure cesser de vouloir punir le duel. Car le duel est certes une folie dict&#233;e par l'autorit&#233; morale des principes de respectabilit&#233;, mais c'est aussi un accord entre deux personnes qui juridiquement ne regarde personne d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, en effet, deux hommes se mettent d'accord pour se tirer dessus ou se battre l'un contre l'autre, personne n'a le droit d'intervenir arbitrairement dans leurs affaires priv&#233;es. Un &#201;tat qui reposerait sur le contrat r&#233;vocable ne serait pas davantage autoris&#233; &#224; jouer les gardiens de la vertu, et si par exemple deux hommes adultes se sentent attir&#233;s l'un par l'autre en raison de leurs besoins sexuels anormaux, je ne vois pas du tout quel int&#233;r&#234;t l&#233;gitime peut avoir la communaut&#233; des autres membres de l'&#201;tat &#224; punir cette forme de p&#233;d&#233;rastie. Naturellement, cela est d'autant plus choquant quand on voit par exemple que, en Angleterre, aujourd'hui encore, la tentative de suicide est passible d'une peine, quand l'&#201;tat, donc, intervient brutalement dans la sph&#232;re juridique s&#233;par&#233;e d'un individu. Car la mani&#232;re dont je fais face &#224; la vie et &#224; la mort est une affaire qui ne regarde que moi, dont je suis seul juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque nous en sommes arriv&#233;s au suicide, c'est l'occasion de conclure pour aujourd'hui. Chez nous, sur le continent, chacun sait que le suicide n'est pas puni par l'&#201;tat ; de fait, il existe pour nous un moyen l&#233;gal de sortir d&#232;s aujourd'hui de l'&#201;tat, et ce moyen c'est le suicide. Pour ceux qui aiment la vie et qui veulent la rendre plus libre et plus heureuse, je ne puis malheureusement en indiquer un autre, car l'&#201;tat est comme une sourici&#232;re : le gras fromage de la vie nous y attire &#224; la naissance, mais la suite c'est : &#171; tu es dedans, tu y restes &#187;, et qui ne veut pas s'y r&#233;signer, celui-l&#224; s'enfoncera profond&#233;ment les pointes ac&#233;r&#233;es des lois dans ses propres chairs. C'est pour cette raison qu'il est n&#233;cessaire d'apporter un &#233;claircissement total de la cruelle absurdit&#233; que constitue l'&#201;tat, afin que les hommes se d&#233;cident enfin &#224; transformer les choses de fond en comble et qu'ils puissent s'associer dans des groupes affinitaires libres sans la coercition de l'autorit&#233; et sans l'autorit&#233; de la coercition.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Publi&#233; dans &lt;i&gt;Der Sozialist&lt;/i&gt;, 31 ao&#251;t 1895, Berlin&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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