<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://partage-noir.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>PARTAGE NOIR</title>
	<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://partage-noir.fr/spip.php?id_auteur=101&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>PARTAGE NOIR</title>
		<url>http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L144xH144/siteon0_copie-9a1a7.jpg?1774693359</url>
		<link>https://www.partage-noir.fr/</link>
		<height>144</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Ludovic Mass&#233; </title>
		<link>http://partage-noir.fr/ludovic-masse</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/ludovic-masse</guid>
		<dc:date>2025-09-03T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henry Poulaille</dc:creator>


		<dc:subject>Henry Poulaille</dc:subject>
		<dc:subject>Ludovic Mass&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ludovic Mass&#233;, dernier d'une famille de cinq enfants, est n&#233; en m&#234;me temps que notre si&#232;cle, en janvier 1900. Son p&#232;re &#233;tait instituteur dans la vall&#233;e du Tech, et c'est l&#224; que l'enfant v&#233;cut jusqu'&#224; son entr&#233;e &#224; l'&#201;cole normale de Perpignan. Il &#233;tait un &#233;l&#232;ve fantasque, qu'on dut traduire plusieurs fois devant le conseil de discipline, mais lors des examens il gagnait les suffrages des plus difficiles. Au r&#233;giment, le bleu (c'&#233;tait un bleu rouge !) montra les m&#234;mes dispositions de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no12-henry-poulaille-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;12 : &#171; Henry Poulaille &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-218-+" rel="tag"&gt;Henry Poulaille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-ludovic-masse-433-+" rel="tag"&gt;Ludovic Mass&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-1-34-cda58.jpg?1774717472' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ludovic Mass&#233;, dernier d'une famille de cinq enfants, est n&#233; en m&#234;me temps que notre si&#232;cle, en janvier 1900. Son p&#232;re &#233;tait instituteur dans la vall&#233;e du Tech, et c'est l&#224; que l'enfant v&#233;cut jusqu'&#224; son entr&#233;e &#224; l'&#201;cole normale de Perpignan. Il &#233;tait un &#233;l&#232;ve fantasque, qu'on dut traduire plusieurs fois devant le conseil de discipline, mais lors des examens il gagnait les suffrages des plus difficiles. Au r&#233;giment, le bleu (c'&#233;tait un bleu rouge !) montra les m&#234;mes dispositions de caract&#232;re, ce qui lui valut une surveillance que doivent prendre pour de la sollicitude les braves gens qui consid&#232;rent que l'arm&#233;e est une grande famille. De retour &#224; la vie civile, il fut nomm&#233; instituteur &#224; C&#233;ret. C'est de l&#224; que, de 1930 &#224; 1933, il envoya ses manuscrits aux &#233;diteurs et aux revues de la capitale, o&#249; ils furent refus&#233;s tour &#224; tour : &lt;i&gt;Le Livre des b&#234;tes famili&#232;res&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Fi&#232;vre au village&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Lliam la truite&lt;/i&gt; (en collaboration avec son fr&#232;re) et &lt;i&gt;Versant de la douleur&lt;/i&gt;, devenu&lt;i&gt; Le Mas des Oubells&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;La Grande Revue&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Nouvel Age&lt;/i&gt;, il y a trois ans, furent les seules revues qui l'h&#233;berg&#232;rent. Depuis, deux ou trois autres &#8212; c'est assez peu ! &#8212; tinrent &#224; publier quelque chose de lui. On doit &#224; &#231;a que Mass&#233; soit rest&#233; un type neuf pour le public, ce qui est peut-&#234;tre une chance. En tout cas, il n'est pas du type habituel du jeune auteur de province, et il vient dans le monde de la chose litt&#233;raire avec le m&#234;me esprit d'ind&#233;pendance, la m&#234;me intransigeance qui le faisait &#171; mettre dehors &#187; &#224; l'&#233;cole et &#171; dedans &#187; &#224; l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mass&#233; s'est fait lui-m&#234;me et, comme la plupart des autodidactes, en tire quelque satisfaction, mais il n'en est pas vaniteux et d&#233;clare qu'il est un peu comme ces b&#226;tards de chiens qui, d'avoir emprunt&#233; &#224; mille rencontres, en acqui&#232;rent avec l'&#226;ge une esp&#232;ce de race &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autodidacte veut dire pour beaucoup de gens : &#171; qui a bouff&#233; de tout &#187;, et de fait l'on voit tr&#232;s bien notre jeune &#233;l&#232;ve instituteur d&#233;vorer Hugo, Flaubert, Stendhal, Huysmans, Vall&#232;s et Barr&#232;s, etc. C'est plus qu'exact pour notre auteur ; non seulement il les lisait, mais il les pastichait. Il savait Jules Renard par c&#339;ur. Il &#233;tait si enthousiaste d'Alphonse Daudet qu'il &#233;crivait une r&#233;habilitation de Delobelle dans &lt;i&gt;Fromont jeune et Risler a&#238;n&#233;&lt;/i&gt; ; il terminait le &lt;i&gt;Bouvard et P&#233;cuchet&lt;/i&gt; de Flaubert. Et nous ne mentionnerons que pour m&#233;moire les involontaires &#171; &#224; la mani&#232;re &#187; de Bloy et Mirbeau, Jules Renard, dont, fort heureuse-ment pour eux, pour nous et l'&#233;crivain, il ne reste plus que quelques pages publi&#233;es dans &lt;i&gt;la Grande Revue&lt;/i&gt;, o&#249; Mass&#233;-Jules Renard, justement, signait des petits craquetons en prose.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Ludovic Mass&#233;, &#233;crivain catalan &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tout cela, c'&#233;tait de la jeunesse. Notre chien b&#226;tard faisait peu &#224; peu peau neuve. Les notations litt&#233;raires firent place &#224; l'observation de la vie de tous les jours. Il notait ce qu'il voyait, ce qu'il entendait, ce qu'il devinait, des travers des voisins, des amis, des siens. Il consignait les drames, les menus faits qui constituent la vie paysanne, tout cela un peu pour se d&#233;barrasser de toutes les influences litt&#233;raires recherch&#233;es ou subies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que tout &#224; coup, de ces petits papiers qui avaient remplac&#233; les grandes feuilles lyriques, sourdaient les multiples voix de la geste terrienne. Cela ordonn&#233;, c'&#233;tait la nature, le village, ses hommes frustes qui revivaient. La premi&#232;re cristallisation fut&lt;i&gt; Fi&#232;vre au village&lt;/i&gt;, o&#249; l'atmosph&#232;re &#233;tait recr&#233;&#233;e encore litt&#233;rairement, mais qui annon&#231;ait un temp&#233;rament puissant que &lt;i&gt;Le Mas des Oubells &lt;/i&gt; montre mieux encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A propos de la fin tolsto&#239;enne du &lt;i&gt;Mas des Oubells&lt;/i&gt;, que des lecteurs regretteront peut-&#234;tre, je rappellerai une discussion que nous avions eue entre lui, son fr&#232;re et moi. D&#233;j&#224;, il y a trois ans, quand il parlait de son livre, il disait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je ne sais si le tueur sera ch&#226;ti&#233; ; je ne le crois pas n&#233;cessaire. Cela ne r&#233;pond pas, en tout cas, chez moi, &#224; un besoin.&lt;/q&gt; Comme je lui &#233;crivais : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il faut que votre Chouline soit vaincu et avec lui tout le village, car on pourrait craindre de le voir revenir&lt;/q&gt;, Mass&#233; me r&#233;pondait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Oui, demain, le Chouline peut revenir, quoique je lui aie pr&#234;t&#233; assez de l&#226;chet&#233; et quelque peu la peur du gendarme.&lt;/q&gt; Le fr&#232;re du romancier lui &#233;crivait : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Fais crever le bonhomme d'une fa&#231;on ou d'une autre.&lt;/q&gt; On peut voir dans le livre que notre auteur, t&#234;tu comme les mulets de la Catalogne, son pays, ne tint point compte de ces remarques. A-t-il raison, a-t-il tort ? Cela n'a point d'importance, puisque le livre est tr&#232;s beau et qu'il est, para&#238;t-il, l'un de ceux que retiennent les Goncourt. Quant au Prix... nous ne croyons pas que Ludovic Mass&#233; soit une b&#234;te &#224; concours.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article paru dans le Peuple, 6 novembre 1933.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Henry Poulaille &lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/sans_titre-2-30.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH264/sans_titre-2-30-0f833-756c0.jpg?1774720490' width='200' height='264' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Un visage clair, un regard qui se pose sur les choses, comme pour les animer d'une vie placide et harmonieuse. Le sens du merveilleux, o&#249; baignent ces montagnes du Vallespir, ces for&#234;ts de ch&#234;nes-li&#232;ges, ces villages d&#233;daigneux et dignes. Une connaissance nuanc&#233;e et directe du temp&#233;rament paysan, de ses go&#251;ts, de ses superstitions. Une interpr&#233;tation myst&#233;rieuse qui ne trouve en d&#233;finitive sa source que dans de prosa&#239;ques motifs. Certains d&#233;butent dans la litt&#233;rature avec des id&#233;es personnelles, des directives, des conceptions politiques et sociales d&#233;finies et syst&#233;matis&#233;es. Ils apportent &#171; quelque chose &#187;. Ludovic Mass&#233; s'avance modestement, un livre &#224; la main, &#339;uvre toute chaude encore d'avoir &#233;t&#233; longuement m&#251;rie. Il s'appuie sur le fragile &#233;tai des conceptions individualistes. Il affirme &#171; quelqu'un &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#338;uvre du terroir, c'est sa premi&#232;re marque significative, encore qu'elle se d&#233;fende avec bonheur du vernis quelque peu craquel&#233; d'un r&#233;gionalisme &#224; lunettes et &#224; pellicules. On n'y retrouve qu'avec plus de s&#251;ret&#233; la fine et malicieuse bonhomie, le sens aigu du sym&#233;trique, la passion fougueuse de nettet&#233; qui semblent constituer l'essentiel du g&#233;nie catalan. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mass&#233; construit seul un monde qu'il voudrait unifier d'un souffle humanitaire, comme un enfant superpose les cubes de son jeu. Il s'est fait riche d'une connaissance parfaite de l'atmosph&#232;re et du milieu, de tout ce qui touche &#224; la vie des champs et du village, aux travaux et m&#233;tiers de leurs habitants, aux habitudes et sentiments qui leur sont propres, aux inqui&#233;tudes de leur &#233;tat, aux passions qui les agitent, aux plaisirs qu'il leur arrive de prendre. Ils sont propri&#233;taires, m&#233;tayers ou travailleurs &#224; la journ&#233;e, artisans de l'espadrille ou du bouchon, b&#251;cherons ou charbonniers, &#233;corceurs de li&#232;ge, vendangeurs, marchands ambulants, contrebandiers ou, simplement, vagabonds ; tous fiers &#233;pris de libert&#233;, aimant la chasse, le jeu, le sport, les f&#234;tes populaires, la course de taureaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous les r&#233;v&#232;le en toute v&#233;rit&#233; et humanit&#233; et un peu comme en un portrait de lui-m&#234;me avec &lt;i&gt;Terre du li&#232;ge&lt;/i&gt;, son chef-d'&#339;uvre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ludovic Mass&#233;, anarchiste de temp&#233;rament, &#233;corch&#233; vif, a gard&#233; de ce fait m&#234;me, toute la puret&#233; de son &#226;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Claude Mass&#233; &lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article paru dans &lt;i&gt;le Peuple&lt;/i&gt;, 6 novembre 1933.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://partage-noir.fr/IMG/pdf/itineraire_poulaille2.pdf" length="22942925" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aristide Delannoy (1874 - 1911)</title>
		<link>http://partage-noir.fr/aristide-delannoy-1874-1911</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/aristide-delannoy-1874-1911</guid>
		<dc:date>2025-07-30T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henry Poulaille</dc:creator>


		<dc:subject>Paul Delesalle</dc:subject>
		<dc:subject>Aristide Delannoy</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous reproduisons ici l'introduction d'Henry Poulaille pour &lt;i&gt;Un crayon de combat - Aristide Delannoy&lt;/i&gt;, publi&#233; par &#171; Le Vent du Ch'min &#187; en 1982&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-paul-delesalle-+" rel="tag"&gt;Paul Delesalle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-131-+" rel="tag"&gt;Aristide Delannoy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH101/arton1042-e32f0.jpg?1774700089' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reproduisons ici l'introduction &#233;crite par Henry Poulaille au recueil de dessins &lt;i&gt;Un crayon de combat - Aristide Delannoy&lt;/i&gt;, publi&#233; par &#171; Le Vent du Ch'min &#187; en 1982.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;36&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L198xH258/poulaillelebedef-6ae62-edb9a.jpg?1774701625' width='198' height='258' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Henry Poulaille par Jean L&#233;b&#233;deff.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Dictionnaire critique et documentaire des peintres, dessinateurs et graveurs&lt;/i&gt; de B&#233;n&#233;zit, le plus complet de ces dictionnaires (il a 5 000 pages double colonne) consacre trois lignes &#224; Delannoy : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Delannoy (Aristide), peintre n&#233; &#224; B&#233;thune (Pas-de-Calais) en 1874, mort &#224; Paris en 1911. Il exposa au Salon des Ind&#233;pendants. Il collabora comme illustrateur &#224; plusieurs journaux&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout. C'est peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatons simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy fut une de mes premi&#232;res admirations. Au cours de mes explorations dans les tiroirs de la commode o&#249; mon p&#232;re rangeait ses livres, explorations effectu&#233;es &#224; son insu, j'avisai quelques dessins, couvertures d'hebdomadaires, coupures de journaux, quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; ; il y avait une bonne trentaine de ceux-ci, ils &#233;taient sign&#233;s Delannoy. J'avais d&#233;j&#224; l'habitude de regarder les signatures. Une page m'impressionna particuli&#232;rement. C'&#233;tait la caricature du G&#233;n&#233;ral d'Amade, l'un des &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;pacificateurs&lt;/q&gt; du Maroc. Elle le montrait tout ensanglant&#233;, un vrai saigneur et le coloriage du dessin accusait en rouge vif l'intention de l'artiste, constituant un t&#233;moignage irr&#233;cusable contre l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais environ douze ans. Je n'&#233;tais plus le gosse bien sage de mes d&#233;buts &#224; l'&#233;cole communale, alors que j'&#233;tais glorieux d'&#234;tre Fran&#231;ais, du m&#234;me pays que le grand savant Pasteur qu'on portait au pinacle et dont nos cahiers de classe imposaient le portrait. 1906-1907. J'&#233;tais particuli&#232;rement fier que mes nom et pr&#233;nom aient les m&#234;mes initiales que celles de la devise de la France que nous rappelait la &#171; La&#239;que &#187; : &#171; HONNEUR - PATRIE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sotte vanit&#233; ne m'avait pas dur&#233; longtemps. Un oncle que j'aimais beaucoup, revenant de Biribi, avait refroidi mon go&#251;t pour les choses militaires et la d&#233;couverte du dessin de Delannoy campant le g&#233;n&#233;ral aux bras sanglants m'en avait d&#233;tourn&#233; tout &#224; fait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH310/310px-andre_gill_by_nadar-fc520-f1d84.jpg?1774701625' width='200' height='310' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Andr&#233; Gill, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Comme tous les gosses, j'&#233;tais curieux et, m'&#233;tant aper&#231;u que deux tiroirs de la commode servaient de biblioth&#232;que &#224; mon p&#232;re, j'y avais bient&#244;t fait des emprunts. Il fallait des ruses de Sioux pour consulter les tr&#233;sors qui &#233;taient renferm&#233;s l&#224;. Mon p&#232;re n'eut pas admis ces investigations et, ma m&#232;re travaillant &#224; ses chassis dans cette pi&#232;ce qui &#233;tait la seule habitable, je devais me garder d'attirer l'attention. Il y avait quelques bouquins de Zola et Zevaco, des fascicules d&#233;pareill&#233;s de &lt;i&gt;l'Homme et la Terre&lt;/i&gt; de Reclus et tout un tas de brochures anarchistes enfouies sous des fascicules de romans populaires d'Eug&#232;ne Sue et d'Erckman-Chatrian, de num&#233;ros des &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et les dessins dont j'ai parl&#233;. En une dizaine de mois, j'&#233;tais parvenu &#224; tout regarder. Lorsque mon p&#232;re s'aper&#231;ut que je butinais dans, ses &#171; caches &#187;, il m'engueula. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce n'est pas de ton &#226;ge !&lt;/q&gt;, mais j'avais &#224; peu pr&#232;s tout vu et lu. C'est ainsi que naquit en moi le go&#251;t pour le dessin satirique. Il y avait dans ces paperasses entrem&#234;l&#233;es &lt;i&gt;le Gil Blas illustr&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l'&#201;clipse&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;le P&#232;re Peinard&lt;/i&gt;, etc., des points de rep&#232;re qui me furent d'utilit&#233; quand je devins plus &#171; grand &#187;. Des noms s'&#233;taient fix&#233;s dans mon esprit : Steinlen, Andr&#233; Gill, Ibels, Luce, Grandjouan, Jossot, Camara, Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien de fois son g&#233;n&#233;ral aux bras sanglants qui m'avait &#233;berlu&#233; me revint &#224; l'esprit. Ce coloriage &#233;tait une r&#233;ussite. C'est le cas de le dire : &#171; le sang parlait &#187;. &#199;'avait &#233;t&#233;, je le sus plus tard, tir&#233; &#224; pas mal de milliers d'exemplaires. Le num&#233;ro s'enleva ; ce fut une mani&#232;re de triomphe pour le jeune hebdomadaire, mais il devait faire poursuivre et condamner l'auteur du texte, Victor M&#233;ric, et l'artiste &#224; un an de prison. Malade, Delannoy vit son mal s'aggraver. Des protestations le firent sortir de ge&#244;le, mais il devait en mourir quelques mois plus tard. Je ne devais jamais oublier le nom de Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je fus seul, &#224; l'entr&#233;e de mes treize ans, mon p&#232;re &#233;tant d&#233;c&#233;d&#233; au d&#233;but de 1910 et ma m&#232;re dans la m&#234;me ann&#233;e, je n'eus plus les tiroirs de la commode paternelle &#224; ma port&#233;e. J'&#233;tais d&#233;j&#224; un jeune salari&#233;, d&#232;s mes treize ans r&#233;volus. J'avais pu ainsi apporter quelques payes &#224; maman qui, malade, se d&#233;battait avec trois gosses dont j'&#233;tais l'a&#238;n&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre grand-m&#232;re ne pouvait pas assumer la charge de nous garder. Un oncle s'&#233;tait bien propos&#233; pour nous prendre, mais il avait d&#233;j&#224; six enfants dont deux jeunes et sa femme &#233;tait impotente.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/arton3270.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH316/arton3270-cccaf-2d893.jpg?1774701625' width='200' height='316' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Georges Yvetot.&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Au cours d'une discussion, il avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; que ma s&#339;ur irait chez un oncle boutiquier o&#249; elle fit la boniche et notre jeune fr&#232;re serait plac&#233; dans un orphelinat de Bretagne, une p&#233;taudi&#232;re calotine o&#249;, nourri de patates et d'or&#233;mus, il devait rester jusqu'&#224; seize ans. Ce pensionnat qui s'honorait du patronage d'Albert de Mun, avait eu parmi ses involontaires prisonniers, Georges Yvetot qui, &#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; rebelle l&#224;-bas, devint, d&#232;s que lib&#233;r&#233;, un des plus actifs animateurs de la propagande r&#233;volutionnaire, syndicaliste, anarchiste et antimilitariste. Mon fr&#232;re devait, un peu comme lui, mal tourner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Furieux du r&#233;sultat de cette d&#233;cision de la famille, je les engueulai. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Foutez-vous tout &#231;a au cul. Moi, je me d&#233;merderai tout seul&lt;/q&gt;. J'allai voir mon instituteur qui m'avait fait prendre par un pharmacien et il l'alla retrouver pour lui demander de me garder &#171; couch&#233;, nourrit, blanchi &#187; : c'&#233;tait une formule assez courante au temps qu'on a appel&#233; la &#171; belle &#233;poque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre nous, comparativement &#224; la n&#244;tre, c'&#233;tait plut&#244;t une belle &#233;poque. Enfin, je sais tout le monde a l'air content : t&#233;l&#233;, voitures, alcool, drogues etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon patron ayant accept&#233;, je fus donc couch&#233;. J'eus une chambre &#224; moi. J'&#233;tais libre au lendemain de mes treize ans. &#202;tre son ma&#238;tre &#224; cet &#226;ge ! J'&#233;tais content. Je pourrais disposer de mes loisirs &#224; ma guise... &#201;videmment, ces loisirs, il fallait voir &#224; les prendre. La pharmacie ouvrait &#224; huit heures et fermait &#224; neuf heures du soir. C'est-&#224;-dire que j'&#233;tais libre apr&#232;s le d&#238;ner, &#224; environ neuf heures un quart. Ma chambre &#233;tait &#224; cinq minutes de mon travail. Donc je ne perdais pas trop de temps. Voulant profiter de ma libert&#233; pour lire, &#233;crire, dessiner, il me fallait organiser le temps dont j'avais droit &#224; disposer. Le mieux, pensais-je, c'&#233;tait de prendre sur mon sommeil. J'arrivai en un mois au r&#233;sultat esp&#233;r&#233;. Quatre heures pour dormir, cinq au maximum, me suffirent et j'ai pu garder ce rythme sans g&#234;ne jusqu'aux environs de la septantaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant coup&#233; avec ma famille, rien ne me revint des livres, brochures et dessins. Cela n'avait pas &#233;t&#233; sans me causer de la peine, mais je me consolais. Ma libert&#233; me laissait les joies de la rue. Il y avait les affiches sur les murs et, dans les kiosques &#224; journaux et les vitrines des librairies, les couvertures de &lt;i&gt;Fantasio &lt;/i&gt; aux amusants dessins de Roubille o&#249; l'artiste jouait avec deux personnages typiques, les couvertures de Ra&#239;eter, l'ami de Delannoy, pour &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt;, les grands dessins de &lt;i&gt;la Bataille Syndicaliste&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;la Guerre Sociale&lt;/i&gt;, ceux de&lt;i&gt; la Calotte&lt;/i&gt; en noir et vert sign&#233;s Mac : A. F. Mac, dont je suis h&#233;las, seul &#224; me rappeler&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'ai tent&#233; plusieurs fois d'attirer l'attention sur cet artiste et ses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; Delannoy dont les quelques num&#233;ros de &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; qu'avait gard&#233;s mon p&#232;re et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; des premi&#232;res ann&#233;es n'&#233;taient plus pour moi qu'&#224; l'&#233;tat de souvenirs. J'eus la chance de pouvoir bient&#244;t les retrouver peu &#224; peu au cours des promenades qui faisaient la moiti&#233; de mon m&#233;tier de saute-ruisseau chez mon patron potard.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/ob_35ea72_paul-delesalle-dd53b-6f3d2.jpg?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Paul Delesalle.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En 1911 je connus Paul Delesalle que son activit&#233; militante de deux d&#233;cades charg&#233;es, avait condamn&#233; &#224; ne plus pouvoir travailler dans son m&#233;tier d'ouvrier. &#202;tre militant &#224; la fin du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, n'&#233;tait pas une garantie de facilit&#233; d'existence. C'est maintenant devenu &#171; un m&#233;tier &#187; ai-je lu. Cela risque de se payer cher demain. Mais nous parlons d'un militant d'hier, un vrai. Delesalle qui avait &#233;t&#233; le bras droit de Fernand Pelloutier (les Bourses du Travail, l'impulsion donn&#233;e &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale comme moyen d'action) avait &#233;t&#233; &#233;cart&#233; de son m&#233;tier de m&#233;canicien. Il &#233;tait cependant un ouvrier de tout premier plan dans son travail qu'il aimait. Rappelons seulement que c'est lui qui avait construit et mis au point le premier appareil de projection cin&#233;matographique, le tout premier : celui de Lumi&#232;re en 1895.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme une brebis galeuse. Il eut la chance d'avoir un ami qui lui pr&#234;ta un peu d'argent et je pense que sa s&#339;ur, l'actrice de th&#233;&#226;tre Mona Delza (qui fut la &lt;i&gt;Vierge Folle&lt;/i&gt; de la pi&#232;ce d'Henry Bataille, entre autres succ&#232;s) l'aida &#233;galement. Delesalle put prendre une petite boutique rue Monsieur-se-Prince o&#249; il fit de la librairie d'occasion et de l'&#233;dition syndicaliste et anarchiste : la &lt;i&gt;Publication Sociale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un des premiers libraires o&#249; je me fournis d&#232;s la fin de 1911. Il m'avait &#171; &#224; la bonne &#187; et m'aida &#224; me d&#233;brouiller litt&#233;rairement, me conseillant et me donnant des choses en plus de ce que je lui achetais. Il s'amusait &#224; me voir si attentif et passionn&#233; et, bient&#244;t, j'eus un tas de &lt;i&gt;Gil Blas Illustr&#233;&lt;/i&gt;, d'&lt;i&gt;&#201;clipse&lt;/i&gt;, de &lt;i&gt;P&#232;re Peinard&lt;/i&gt; et des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; dont le num&#233;ro sur le g&#233;n&#233;ral aux mains sanglantes. En 1914, gr&#226;ce &#224; Delesalle pour beaucoup et &#224; jean Grave &#224; qui il avait parl&#233; de moi, j'avais collectionn&#233; de nombreuses pages de Steinlen, Delannoy, Grandjouan, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/359px-honore_daumier-nadar-d0b1b-897e1.jpg?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Daumier, par Nadar.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'attarderai pas sur les collaborations de Delannoy dans &lt;i&gt;Le Bon Vivant&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Le Petit Illustr&#233; amusant&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Vie pour rire&lt;/i&gt;, etc. Ses dessins devaient &#234;tre strictement pour amuser et il n'y a pas un grand dommage de les ignorer. Le Delannoy qui compte, c'est le peintre dont on n'a que tr&#232;s peu de choses et le dessinateur de combat qui d'embl&#233;e, s'&#233;tait inscrit et impos&#233; dans la lign&#233;e de Daumier et d'Andr&#233; Gill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m'&#233;tait une joie de reprendre les dossiers que j'avais constitu&#233;s sur ces artistes, car &#231;'avait &#233;t&#233; vite une manie, cette constante mise &#224; jour de mes acquisitions dans les domaines litt&#233;raires et artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ma table, devant mes cahiers que j'emplissais de documents d&#233;coup&#233;s et coll&#233;s et de copies d'articles, j'entassais bient&#244;t une quantit&#233; de ces cahiers de 32 &#224; 120 pages sur les peintres, les as du dessin, et sur la po&#233;sie, le th&#233;&#226;tre, la chanson sociale, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y eut plusieurs mois de g&#226;ch&#233;s, ceux o&#249; m'&#233;tant emm&#234;l&#233; dans l'histoire Bonnot par mes &#171; relations &#187;, j'avais suivi le d&#233;roulement du drame en notant ce qui m'avait frapp&#233;, &#233;mu, &#233;c&#339;ur&#233; et meurtri, mon meilleur camarade d'alors ayant &#233;t&#233; tu&#233; par un de ceux qu'il avait h&#233;berg&#233;s parmi d'autres, au nom du Droit d'Asile. Entre le second semestre de 1912 et le d&#233;but de 1913, le contr&#244;le du jugement de l'affaire m'avait mang&#233; le temps que je d&#233;sirais consacrer &#224; mes lectures. Ce furent des heures perdues et p&#233;nibles, mais ceci est une autre histoire...&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende vignette' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH273/steinlengat-1a5c3-22610.jpg?1774701625' width='200' height='273' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Th&#233;ophile Alexandre Steinlen.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;En reprenant mes &lt;i&gt;Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, mes groupages Delannoy, Steinlen et autres, je parvins &#224; reprendre mes esprits et je me d&#233;gageai du marasme o&#249; j'&#233;tais plong&#233; &#224; l'insu de tous puisque j'&#233;tais un gosse seul. A qui me serais-je confi&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai peut-&#234;tre tort de rappeler ces choses ici ; elles peuvent para&#238;tre en dehors du sujet, mais si j'ai propos&#233; aux camarades du &lt;i&gt;Vent du Ch'min&lt;/i&gt; de faire la pr&#233;face &#224; leur ouvrage sur Delannoy, c'est parce que, lorsqu'ils me parl&#232;rent de leur projet, mon emballement de gosse s'imposa &#224; moi et parce qu'effectivement Delannoy avait &#233;t&#233; le premier point d'o&#249; j'&#233;tais parti dans ma recherche d'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mains sanglantes du bandit galonn&#233; d'Almade m'indiquaient la voie que je devais suivre. J'ai toujours eu ce dessin dans ma pens&#233;e ; il fut l'un de ceux qui me marqu&#232;rent le plus profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy est mort &#224; 37 ans. Il &#233;tait costaud d'apparence, mais d'apparence seulement. Il avait eu une enfance maladive dont il tra&#238;nait les s&#233;quelles, nous dit Gaston Ra&#239;eter, son meilleur ami. Son p&#232;re &#233;tait mort &#224; moins de 30 ans ; le fils devait s'en aller de la m&#234;me maladie. Il avait &#233;t&#233; ajourn&#233; puis r&#233;form&#233; au corps, Mari&#233;, il avait eu deux gar&#231;ons morts tout deux jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#234;vant d'&#234;tre peintre, il avait eu &#224; Lille comme ma&#238;tre un brave type Pharaon de Winter qui lui avait bien mis son m&#233;tier en mains. Il avait fait ensuite un rapide passage &#224; Paris, en 1891, chez Bonnat qu'il avait vite quitt&#233;, retournant au pays. Mais il fallait vivre. Il &#233;tait attir&#233; par la capitale et, profitant de l'Exposition Universelle de 1900, y &#233;tait revenu s'y fixer. Il pensa &#224; proposer des dessins dans les journaux. C'&#233;tait un pis-aller, il verrait plus tard pour la peinture, sa famille n'encourageant pas sa vocation.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH255/51_qf4nwh7l__sx298_bo1_204_203_200_-9ded3-88f5a.jpg?1774701625' width='200' height='255' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il s'acharna &#224; crayonner, allant d'un p&#233;riodique &#224; l'autre : &lt;i&gt;Le Frou-Frou, Le P&#234;le-M&#234;le, le Petit Illustr&#233; Amusant, le Rire, Le Sourire, Le Journal pour tous&lt;/i&gt;, etc. Accept&#233; assez vite comme collaborateur r&#233;gulier, il prit confiance en la carri&#232;re d'illustrateur qui semblait s'ouvrir largement. Il aborda les p&#233;riodiques politiques. En juillet 1901, deux dessins de lui passaient dans &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, dans les pages du suppl&#233;ment qui, dans la premi&#232;re ann&#233;e, publiait des jeunes et des inconnus. Ces deux croquis &#233;taient sur les &lt;i&gt;Gueules Noires&lt;/i&gt;, ce qui &#233;tait une curieuse carte de visite. D&#232;s 1902, il &#233;tait parmi les artistes qui compos&#232;rent l'un des plus importants num&#233;ros de la publication : &lt;i&gt;Les Falsificateurs du Lait&lt;/i&gt;. Delannoy, d&#232;s lors. fut de la maison. Sa signature se trouve dans plus de soixante fascicules et elle &#233;tait encore en novembre 1910 dans &lt;i&gt;le Pain Cher&lt;/i&gt; avec Ra&#239;eter et Camara et dans &lt;i&gt;Messes de Minuit et R&#233;veillons &lt;/i&gt; qu'il composa avec Grandjouan pour No&#235;l 1910. Ce sont ses derniers dessins, avec son &lt;i&gt;Christ chez les Prostitu&#233;es&lt;/i&gt;, paru dans le num&#233;ro hors-s&#233;rie sur No&#235;l des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; conquit la premi&#232;re place dans le domaine de l'art satirique gr&#226;ce &#224; une douzaine d'artistes d'esprit r&#233;volutionnaire contents d'avoir la possibilit&#233; d'affirmer leurs convictions. Delannoy fut avec Grandjouan le plus actif de cette pl&#233;iade d'hommes d&#233;cid&#233;s, les Steinlen, Jossot, Naudin, Canera. Je renvoie le lecteur &#224; l'ouvrage publi&#233; r&#233;cemment par Michel et Elisabeth Dixmier chez Masp&#233;ro : &lt;i&gt;L'Assiette au Beurre, revue satirique illustr&#233;e &lt;/i&gt; (400 pages et 42 hors-texte).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1130 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH260/aristide_delannoy_-_cover_of_lplate_au_beurre_number_348_satirique_en_couleurs_-__meisterdrucke-1077699_copie-9a371-33685.jpg?1774701625' width='200' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Je me bornerai &#224; parler de Delannoy qui en fut un des principaux collaborateurs. De 1902 &#224; 1910, on compte plus de trois cents dessins de lui. Une douzaine de num&#233;ros sous sa seule signature : &lt;i&gt;Notre Darne de l'Usine&lt;/i&gt;, 1902 &#8212; &lt;i&gt;La Petite Ville&lt;/i&gt;, 1903 &#8212; &lt;i&gt;Asiles et Fous&lt;/i&gt;, 1904 &#8212; &lt;i&gt;La Traite des Gosses&lt;/i&gt; (texte de L. Frapi&#233;), &lt;i&gt;La F&#234;te &#224; Marianne, Faisons des Enfants, La Petite Roquette&lt;/i&gt; (texte d'Almereyda), 1907. Soulignons cette date de 1907. Elle apportait un peu de joie au foyer qui n'en avait gu&#232;re connu. C'&#233;tait l'an de la naissance de sa fille Madeleine. En 1908 paraissaient &lt;i&gt;Les Conseillers Municipaux, Les belles phrases de Clemenceau&lt;/i&gt;. En 1909, Les &lt;i&gt;Bonnes Paroles de Briand&lt;/i&gt; et en 1910 &lt;i&gt;Les M&#233;tiers des Cur&#233;s&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy &#233;tait en outre co-auteur avec Grandjouan et Flor&#232;s du num&#233;ro sur la catastrophe de &lt;i&gt;Courri&#232;res &lt;/i&gt; (1906), avec Grancljouan aussi pour &lt;i&gt;Messes de Minuit et R&#233;veillons&lt;/i&gt; (1910), avec Naudin et Grandjouan dans &lt;i&gt;Les M&#233;tiers qui tuent &lt;/i&gt; avec textes des fr&#232;res Bonneff (1907).&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH259/aristide_delannoy_-_cover_of_lplate_au_beurre_number_363_satirique_en_couleurs_-__meisterdrucke-1077467_copie-b0a7e-64f25.jpg?1774701625' width='200' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons quelques titres des num&#233;ros sp&#233;ciaux parmi la soixantaine o&#249; il donna 2, 4, 6 et 8 dessins. On se rendra compte de la largeur de son horizon politique. Depuis &lt;i&gt;Les Falsificateurs du Lait&lt;/i&gt; (1902), &lt;i&gt;Les Apaches du Pr&#233;fet &lt;/i&gt; (1903), &lt;i&gt;La Question d'Alsace-Lorraine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les PTT, Les &#201;corcheurs, Le Sauvetage de l'Enfance &lt;/i&gt; (1904), &lt;i&gt;Les Bourreaux des Noirs, La Mutualit&#233;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Les &#201;teignoirs de la Pens&#233;e &lt;/i&gt; (1905), &lt;i&gt;Les Retraites ouvri&#232;res, Conseils de R&#233;vision, Les Inventaires, La Libert&#233;, Les Conseils de Guerre, Les Tournants de l'Histoire &lt;/i&gt; (1906), &lt;i&gt;La Peine de Mort, La Question Sociale, La R&#233;volte des Vignerons&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Europa, Civilisons le Maroc, Les Quinze Mille, Antimilitaristes, L&#233;opold en M&#233;nage&lt;/i&gt; (1907), &lt;i&gt;Les Grandes Entreprises, Les Mouchards, Terre &#224; Galons&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La V&#233;rit&#233; sur la Crise de l'Amour, Falli&#232;res &#224; Londres, Rebelles, Les Slaves, Bruits de guerre, bruits de paix, La Libert&#233; d'Opinion&lt;/i&gt; (1908), &lt;i&gt;Les Camelots du Roy, Protecteurs et Prot&#233;g&#233;s, L'Affaire Bassot, Les Coulisses des Courses&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Boucherie &#171; Aux Armes de Castille &#187;&lt;/i&gt; (&#224; propos de l'affaire Ferrer) (1909), &lt;i&gt;La Congr&#233;gation des Liquidateurs, Le Pain cher&lt;/i&gt; (1910). En 1909. sous le pseudonyme de Pierre Sec, Delannoy, &#224; la Sant&#233;, collaborait aux num&#233;ros &lt;i&gt;L'Octroi &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le G&#226;chis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy avait de l'&#233;toffe et nul mieux que lui sans doute ne pouvait entreprendre la bagarre qui s'offrirait hebdomadairement avec &lt;i&gt;Les Hommes du Jour &lt;/i&gt; qu'envisageaient de lancer Henri Fabre et Victor M&#233;ric. Il s'agissait d'un br&#251;lot violent de quatre pages donnant le portrait dessin&#233; et la biographie de l'homme qu'on pr&#233;sentait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/victor_meric-1921-portrait_meurisse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH273/victor_meric-1921-portrait_meurisse-3d430-0e376.jpg?1774701625' width='200' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (1921).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Flax (Victor M&#233;ric) avait, dans ses articles de &lt;i&gt;La Guerre Sociale&lt;/i&gt;, montr&#233; un aper&#231;u de ce qu'il donnerait ; Delannoy, dans&lt;i&gt; l'Assiette au Beurre, Les Temps Nouveaux, La Caricature, La Guerre Sociale, Le Cri de Paris,&lt;/i&gt; faisait &#233;galement le poids. La r&#233;ussite de cette publication pouvait &#234;tre douteuse, devant se cantonner &#224; des portraits. Il y avait eu Andr&#233; Gill, &lt;i&gt;La Lune, L'&#201;clipse. Le Charivari, Le Tintamarre, Le Panth&#233;on De Nadar&lt;/i&gt;. Et certains noms dominaient : ceux de Daumier avec &lt;i&gt;Robert Macaire&lt;/i&gt;, Henry Monnier et son&lt;i&gt; Joseph Prudhomme&lt;/i&gt;, Travi&#232;s avec &lt;i&gt;Mayeux&lt;/i&gt;. L'&#233;ventail s'ouvrait avec Gill dont les caricatures de Thiers sont rest&#233;es inoubliables et le d&#233;roulement aboutissait &#224; Toulouse-Lautrec. Vouloir les &#233;galer n'&#233;tait peut-&#234;tre pas dans la pens&#233;e de Delannoy qui &#233;tait sans pr&#233;tention. Il avait confiance en lui, il acceptait d'aller sur le ring. Ce serait, pensait-il, passionnant. En 1908, on avait souvenir des portraits par Valloton dans &lt;i&gt;La Revue Blanche, Le Cri de Paris, La Grande Revue&lt;/i&gt;, des couvertures du &lt;i&gt;Rire &lt;/i&gt; par Jean Veber, L&#233;andre, Gyp, des portraits de Barr&#232;re dans &lt;i&gt;Fantasio&lt;/i&gt;. Et l'on ne comptait plus les charges de Cappiello, de De Losques, Sem, dans les feuilles les plus distingu&#233;es. Il y avait les dessins de Rouveyre au &lt;i&gt;Mercure de France&lt;/i&gt;, les portraits d'artistes d'Ibels (ceux du th&#233;&#226;tre), les caricatures de Camara dans&lt;i&gt; Frou-Frou&lt;/i&gt;, les croquis de Cazals et d'Ernest La Jeunesse sur les litt&#233;rateurs et Henry Bataille venait de publier une s&#233;rie o&#249; l'on voyait Jules Renard, P. Louys, Mirbeau, Jean Lorrain. A &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, Cabrol, H. P. Gassier &#224; qui l'on doit sans doute le meilleur portrait de Briand, celui o&#249; il nous le campe en Arlequin. Les portraits de Bruant, Rodolphe Salis, de Rictus par Steinlen sont &#224; citer &#233;galement. Aucun de ces artistes n'avait atteint les r&#233;alisations de Daumier, de Gill et de Lautrec, mais il n'y avait pas l&#224; une raison de ne pas accepter la partie, m&#234;me si elle &#233;tait difficile. Delannoy devait la gagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail d'&#233;quipe &#224; deux est b&#233;n&#233;fique s'il y a entente parfaite. Ce fut le cas pour M&#233;ric et Delannoy, duettistes du portrait, Il y a peu d'exemples de collaborations de ce genre ayant dur&#233; trois ann&#233;es pleines. Elle cessa par le d&#233;c&#232;s de Delannoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 150 semaines, les deux hommes, quoique l'un et l'autre de caract&#232;re difficile, men&#232;rent en complet accord leur t&#226;che, se ruant litt&#233;ralement sur le patient qu'ils avaient choisi et animaient. C'&#233;tait en g&#233;n&#233;ral un &#171; ennemi &#187; : Clemenceau, Viviani, Briand, etc. Cela facilitait tes choses sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'unit&#233; de l'ensemble. Quand Henri Fabre eut l'id&#233;e de cr&#233;er &lt;i&gt;Les Hommes du Jour&lt;/i&gt;. il envisageait la r&#233;ussite sur le plan de l'actualit&#233;. C'&#233;tait un organe de combat, une sorte de boutique de jeu de massacre, comme dans les baraques de f&#234;tes foraines, mais on veillerait &#224; n'y pas donner de coups pour rien. On partait avec un programme bien &#233;tudi&#233; et l'on &#233;tait d&#233;cid&#233; &#224; le suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor M&#233;ric a cont&#233; dans le num&#233;ro consacr&#233; &#224; Delannoy &#224; sa mort que l'artiste les avait quelque peu laiss&#233;s soucieux : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Quand nous e&#251;mes, Fabre et moi, soumis notre projet &#224; Delannoy, l'artiste approuva et promit son concours&lt;/q&gt; dit M&#233;ric. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais Delannoy &#233;tait un homme du Nord, peu enclin &#224; l'exub&#233;rance de l'enthousiasme. Il r&#233;fl&#233;chissait &lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/578635504_3_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH280/578635504_3_copie-dc40f-45631.jpg?1774701625' width='200' height='280' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Nous &#233;tions, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;avoue M&#233;ric&lt;/span&gt;, assez inquiets. Il nous fallait, pour le premier num&#233;ro destin&#233; au &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Grand Flic&lt;/q&gt; Clemenceau, un dessin vigoureux, acerbe, mordant. J'avais fait le possible pour texte. Quand Delannoy, quelques jours apr&#232;s, revint avec son carton et exhiba la fameuse t&#234;te de mort, nous tr&#233;pign&#226;rnes de joie. Avec un dessin semblable, c'&#233;tait le succ&#232;s assur&#233;. Ce fut le triomphe. La gueule de Clemenceau tir&#233;e &#224; 25 000 s'enleva comme du petit pain&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau furieux, se jura d'avoir l'artiste au premier tournant qui se pr&#233;senterait. Il devait &#234;tre parmi les plus attentifs des lecteurs &#224; suivre la publication dont il avait &#233;t&#233; la premi&#232;re victime. Dans les num&#233;ros 2 et 3 : &lt;i&gt;Herv&#233; &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, le dessinateur et le biographe se montraient d'un aimable abord. Ils se remettaient au franc jeu de massacre d&#232;s le n&#176;4. C'&#233;tait &lt;i&gt;&#201;douard Drumont &lt;/i&gt; ; il &#233;tait de bonne prise. Les biographies de &lt;i&gt;G. Herv&#233;&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Jaur&#232;s &lt;/i&gt; laiss&#232;rent indiff&#233;rent le &#171; Grand Flic &#187;. Il comprenait le &#171; jeu &#187; du trio : il l'avait jou&#233; avant eux, quand il &#233;tait de gauche... Apr&#232;s &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, la gueule de &lt;i&gt;Drumont&lt;/i&gt;, le bouffeur de Juifs au sourire roublard, puis celle du G&#233;n&#233;ral &lt;i&gt;Picquart&lt;/i&gt;, autre roublard, sans sourire celui-l&#224;. Ex-Dreyfusard comme son ami Georges qui l'avait appel&#233; &#224; son c&#244;t&#233;, au minist&#232;re, ce Picquart qu'on avait vant&#233; comme un h&#233;ros s'appliquait &#224; d&#233;montrer qu'on s'&#233;tait tromp&#233; sur son courage. Ensuite, c'&#233;tait &lt;i&gt;Fali&#232;res&lt;/i&gt;. Pr&#233;sident de la R&#233;publique, un poussah poussif ventru comme le b&#339;uf gras des chars de f&#234;te. Puis &lt;i&gt;Rochefort&lt;/i&gt;, encore un homme qui avait bern&#233; le populo et &lt;i&gt;D&#233;roul&#232;de&lt;/i&gt;, le bon patriote. Il ne voulait tromper personne, lui, aimable et portant beau ; il n'&#233;tait pas avare de ses saluts, il se d&#233;couvrait devant les drapeaux des lavoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s lui, &lt;i&gt;M. Combes&lt;/i&gt;, puis &lt;i&gt;Rochette&lt;/i&gt;., le fameux Rochette. Qui &#233;tait-il ? Le finassier ou le financier Rochette ? On n'en sait gu&#232;re plus aujourd'hui sur lui qu'on en savait il y a trois quarts de si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende descriptif' data-legende-len=&#034;86&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH263/365px-hommes_amade-4bdb1-72b92.jpg?1774701625' width='200' height='263' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Carricature du G&#233;n&#233;ral d'Amade par Aristide Delannoy pour &lt;i&gt;Les Hommes du jour&lt;/i&gt; (1908).&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;M. Clemenceau haussait les &#233;paules mais restait aux aguets. Il a toujours su attendre. H&#233; h&#233; ! le prochain num&#233;ro sera le bon... Ce num&#233;ro annonce la biographie du &lt;i&gt;G&#233;n&#233;ral d'Amade&lt;/i&gt;. Il jubile : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;On va rire. Ce sera &#224; nous de jouer..&lt;/q&gt;. Et l'imparfaitement nomm&#233; Clemenceau (il n'est ni cl&#233;ment ni sot) grimace, tout &#224; sa haine. Quatre mois se sont &#233;coul&#233;s depuis qu'il a re&#231;u son camouflet de bonne ann&#233;e. Voil&#224; l'heure de la monnaie &#224; rendre. Le num&#233;ro a paru. Magnifique, plus beau encore que celui qui lui &#233;tait consacr&#233;. Le G&#233;n&#233;ral &#171; pacificateur du Maroc &#187; est repr&#233;sent&#233; en boucher sanglant et le sang d&#233;gouline de lui, d'un beau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! fait Clemenceau, on attaque l'arm&#233;e ! Les apaches de l'arm&#233;e... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sieurs Delannoy et M&#233;ric furent appel&#233;s pour r&#233;pondre devant la justice du crime de l&#232;se-Patrie. Ils eurent chacun un an de prison et 3 000 F d'amende.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clemenceau avait pens&#233; et esp&#233;r&#233; que leur incarc&#233;ration g&#234;nerait les deux prisonniers dans la marche de leur travail, mais l'un et l'autre avaient pris la pr&#233;caution de pr&#233;parer des articles et des dessins pour parer aux accidents possibles et il n'y eut pas de surprise au cours de la publication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Delannoy tomba malade au point que ses camarades de ge&#244;le d&#233;march&#232;rent aupr&#232;s du directeur de la prison, M&#233;ric et un prisonnier d'Action Fran&#231;aise lui expos&#232;rent le s&#233;rieux du cas, si bien que Delannoy fut lib&#233;r&#233; aussit&#244;t. Le malade n'en devait pas moins d&#233;c&#233;der de son mal qu'avait aggrav&#233; le s&#233;jour de quatre mois qu'il fit &#224; la Sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_the_butter_plate_satirical_in_colours_-__meisterdrucke-1078898_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L500xH329/aristide_delannoy_-_the_butter_plate_satirical_in_colours_-__meisterdrucke-1078898_-33c0b.jpg?1774836496' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'il put, Delannoy garda ses collaborations. En octobre 1910, la Justice se rappelait de nouveau &#224; lui pour un dessin paru dans le &lt;i&gt;Pioupiou de l'Yonne&lt;/i&gt;. Ce journal publiait tous les ans un num&#233;ro unique. C'&#233;tait une feuille antimilitariste qui &#233;tait destin&#233;e aux recrues lors du d&#233;part de la classe. C'&#233;tait rituel depuis plusieurs ann&#233;es. Ce dessin le fit inculper pour &#171; injures &#224; 'arm&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce que pensent les m&#232;res&lt;/q&gt; disait le dessin qui avait une l&#233;gende plus tolsto&#239;enne que provocatrice. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mon petit, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;disait la m&#232;re&lt;/span&gt;, vaut mieux nous revenir assassin&#233; par les morticoles galonn&#233;s qu'assassin de ses fr&#232;res dans une gr&#232;ve&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On avait l'&#339;il sur l'anarchiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il &#233;tait tr&#232;s malade et allait sur sa fin. En d&#233;cembre, il entrait a l'h&#244;pital, &#224; Saint-Rapha&#235;l. Le 9 avril, il en repartait pour Paris, dans un &#233;tat qui &#233;tait si grave que le m&#233;decin appr&#233;hendait une issue fatale en cours de route. Il put rentrer chez lui, avenue du Maine, mais le 5 mai, il mourrait.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/png/18-figure10-1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH267/18-figure10-1-a625e-93cf5.png?1774701625' width='200' height='267' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Sans contester l'importance de la collaboration de Delannoy &#224; &lt;i&gt;l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt;, on est amen&#233;, si on la confronte avec celle des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;, &#224; se demander si ce n'est point dans cet hebdomadaire que l'artiste s'est manifest&#233; le plus personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, on n'a pas envisag&#233; le cas Delannoy sous cet angle, et cet angle est sans doute celui qui conviendrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il donnerait &#224; l'artiste sa place, une place de premier plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delannoy donna aux &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; environ deux cents grands dessins, les portraits compris et une bonne trentaine de croquis et croquetons &#233;gayant les textes (comme en-t&#234;te ou cul de lampe) dont aucun n'&#233;tait b&#226;cl&#233; (sc&#232;nes de rue, de cirque, notations paysannes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les pages ins&#233;r&#233;es dans les num&#233;ros du 16 octobre 1909 au 28 f&#233;vrier 1910, bon nombre d'entre elles peuvent compter parmi les meilleures de son crayon : je n'en note que quelques-unes : &lt;i&gt;Qui sera le p&#232;re ?&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Nos Magistrats&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; A Ivry...&lt;/i&gt;... &lt;i&gt;Coucou...&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Civilisation, syphilisation&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1136 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;38&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/meric.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH221/meric-113bd-1ad6d.jpg?1774701625' width='200' height='221' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Victor M&#233;ric (Flax) par A. Delannoy.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la s&#233;rie &lt;i&gt;Une Saison &#224; la Sant&#233;&lt;/i&gt;, publi&#233;e du 14 janvier 1911 au 11 mars, plus de trente portraits des h&#244;tes de la prison quand l'artiste y &#233;tait h&#233;berg&#233;. A c&#244;t&#233; des caricatures d'Herv&#233;, de Victor M&#233;ric, d'Ernest Reynaud, le g&#233;rant des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt;, d'Eug&#232;ne Merle, d'Almereyda, Delannoy campait les coll&#232;gues d'extr&#234;me-droite qui partageaient l'h&#244;tellerie avec eux, mais l&#224; aussi pour raisons politiques : Maurice Pujo, Marius Plateau, Real Del Sarte, Andr&#233; Gaucher, etc. Quelques t&#234;tes de gardiens, celle du coiffeur et de M. le Directeur, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mentionnons aussi les huit couvertures qui ne sont pas des portraits&lt;i&gt; L'Avarie et le 606&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Les Sabotages, Les Liquidateurs, Mouches et Mouchards, Les Mastroquets, La Bande Rothschild, Les Ventres dor&#233;s, Le citoyen Chonoc&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce sont les cent cinquante portraits qui vous requi&#232;rent et retiennent. Il convient de nous arr&#234;ter sur cette collection unique de dessins-charges, paraissant en une suite ininterrompue durant cent cinquante semaines et que seule la mort arr&#234;ta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes oblig&#233;s de convenir que nous nous trouvons devant une &#339;uvre admirable. Ces cent cinquante couvertures des &lt;i&gt;Hommes du Jour&lt;/i&gt; du d&#233;but de 1908 &#224; la fin de 1910, constituent en quelque sorte &lt;i&gt;Panth&#233;on de la Belle &#201;poque&lt;/i&gt;, celle du septennat de M. Falli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de la t&#234;te de mort de Clemenceau qui ouvrait cette boutique, Delannoy r&#233;novait une vieille id&#233;e du dessinateur Nadar avant qu'il ne se fix&#226;t photographe et qu'il avait baptis&#233;e &lt;i&gt;le Panth&#233;on Nadar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1079129_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH256/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1079129_-e9c86-e6d49.jpg?1774701625' width='200' height='256' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, dans ce nouveau Panth&#233;on, vont d&#233;filer les vedettes de toutes sortes que fournissait l'actualit&#233; qui &#233;tait extr&#234;mement riche... l'actualit&#233; politique, litt&#233;raire, artistique, judiciaire, religieuse, scientifique, etc. toutes les activit&#233;s ! On verra aussi bien &lt;i&gt;L'aviateur Bl&#233;riot&lt;/i&gt; que le &lt;i&gt;chirurgien Doyen&lt;/i&gt; et l'autre chirurgien l&#233;gal &lt;i&gt;M. Deibler&lt;/i&gt;. L'&#233;tranger y d&#233;l&#233;guera ses plus remarquables repr&#233;sentants &lt;i&gt;M. Roosevelt, L&#233;opold II, Nicolas II, Alphonse XIII&lt;/i&gt;, m&#234;me&lt;i&gt; Le Pape&lt;/i&gt;. La politique domine, on s'en doute. Il y a les arrivistes et les arriv&#233;s. C'est &#224; la fois le &#171; pour tous les go&#251;ts &#187; et le &#171; tout &#224; l'&#233;gout &#187;. C'est un riche &#233;ventaire. Voici &lt;i&gt;Briand, Viviani, Lafargue, G&#233;rault-Richard, Barthou, Laffere, Rochefort, le G&#233;n&#233;ral Picquart, Pelletan, Combes, le s&#233;nateur B&#233;renger, Pichon, Lockroy, Z&#233;va&#232;s, &#201;douard Drumont, Jules Guesde, Marc Sangnier, Naquet, Ribot, Pressens&#233;, Georges Leygues, Labori, M&#233;line, Augagneur, Paul D&#233;roul&#232;de, Deschanel, Coutant d'Ivry, P. Bi&#233;try&lt;/i&gt; l'homme des &#171; jaunes &#187;, &lt;i&gt;Millerand, Cambon, Cochery, d'Amade. Ch. Benoist, l'Abb&#233; Lemire, Dujardin-Baumetz&lt;/i&gt;, etc., etc. Et les &#233;crivains, les meilleurs et les pires : &lt;i&gt;Tolsto&#239;, Gorky, Maeterlinck, Descaves, H. de R&#233;gnier, Rictus, Urbain Gohier, Brieux, S&#233;verine, Bloy, Porto-Riche, Verhaeren, Mirbeau, H. Bataille, Jules Renard, Courteline, Donnay, Claretie Barr&#233;s, Bourget, Rostand.&lt;/i&gt; Et les artistes : &lt;i&gt;Guitry&lt;/i&gt;, le sculpteur &lt;i&gt;Rodin, Antoine, Sarah Bernhardt, G&#233;mier, Saint-Sa&#235;ns, Forain&lt;/i&gt;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1139 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH275/jean-grave-hommes-du-jour-290x400-74cef-2fcb6.jpg?1774701625' width='200' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Il y a dans cette galerie une vingtaine de privil&#233;gi&#233;s : militants syndicalistes et anarchistes amis des deux montreurs de ph&#233;nom&#232;nes. Le peintre &lt;i&gt;Luce, G. Yvetot, Jaur&#232;s, Cipriani, Ferrer, Kropotkine, Pataud, Griffuelhes, Pouget, Malato, Jean Grave, Allemane, Edouard Vaillant, Charles Albert, S&#233;bastien Faure, Paul Robin&lt;/i&gt;. Ajoutons le &lt;i&gt;Pelloutier &lt;/i&gt; des &lt;i&gt;Portraits d'hier.&lt;/i&gt; Ceux l&#224; sont dessin&#233;s, non caricatur&#233;s. Les portraits sont bons. Certains sont des r&#233;ussites absolues, inattendues, comme le &lt;i&gt;Jaur&#232;s&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Cipriani&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Griffuelhes&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Allemane&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Grave &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Vaillant&lt;/i&gt;. Certes dans cet ordre de dessin satirique, il n'est pas demand&#233; &#224; l'artiste d'&#234;tre bon pour les sujets qu'il a &#224; nous pr&#233;senter. Au contraire, plus il sera m&#233;chant, rosse et f&#233;roce, plus il satisfera le client, car contrairement &#224; ce que croyait et tenta de nous faire admettre J.J. Rousseau, l'homme n'est pas n&#233; bon et rien ne fait supposer qu'il puisse &#234;tre apte &#224; le devenir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc si Delannoy a eu le succ&#232;s qu'on est oblig&#233; de lui reconna&#238;tre, c'est parce que son crayon avait des envol&#233;es critiques s&#233;v&#232;res et cruelles parfois. On pourrait appeler critiques certaines de ses charges, une belle quantit&#233; de ses charges devrait-on dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, l'esp&#232;ce de rosserie qu'il d&#233;ploie saute aux yeux au premier regard. C'est le cas pour les dessins suivants &#8212; je n'en cite que quelques-uns : &lt;i&gt;Drumont, Barr&#233;s, Pichon, Claretio, Arthur Meyer, Pierre Merlou, Labori, Leygues, Combes, L&#233;pine, Millerand, Viviani, Briand, Ribot, Simyan, Barthou. Doumer, Bi&#233;try...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres se lisent moins vite : J. Reinach, Augagneur, Bunau-Varilia, Dujardin-Baumetz... Contrairement &#224; la plupart des collections similaires, il n'y a pas de d&#233;chet dans ce vaste ensemble. Cela tient du tour de force, car Delannoy est sans doute le seul avec Andr&#233; Gill &#224; avoir r&#233;alis&#233; cette performance de toujours r&#233;ussir le portrait vivant. Certes, il y a de tr&#232;s bonnes caricatures sign&#233;es Cham, Uz&#232;s, Moloch, Le Petit, Nadar... C'est une vraie joie que feuilleter les amusants croquis de Sem, de De Losques, de Cappiello. Ils avaient le sens du d&#233;tail, ils savaient deviner ce que voulait cacher le d&#233;faut de la cuirasse, mais, comme Forain, ils se montraient pus m&#233;chants qu'ils n'&#233;taient. Leur dessin satirique &#233;tait du jeu d'escrime et non du combat et l'acceptation de faire du portrait d'actualit&#233; soumettait l'artiste &#224; suivre cette actualit&#233; et non &#224; l'&#233;tudier en la regardant en face. C'est ce qui explique le choix presque automatique que les dessinateurs ont fait des &#233;v&#233;nements de la vie. C'est de l'art mondain. Quand le crayonneur rompt des lances, c'est &#224; la remorque d'une toquade politique et les campagnes se d&#233;samor&#231;aient avec la m&#234;me facilit&#233; qu'on se jetait dans l'ar&#232;ne. L'affaire Dreyfus fit illusion un certain temps. Il n'en reste que l'esp&#232;ce de dialogue entre le &lt;i&gt;Psst...&lt;/i&gt; ! de Forain et Caran d'Ache et leur adversaire H.-G. lbels et le &lt;i&gt;Sifflet&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1140 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende titre' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH313/aze_carqb4907_001-847a0-511dd.jpg?1774701625' width='200' height='313' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&lt;small&gt;Madame Anastasie, par Gill.&lt;/small&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Vingt p&#233;riodiques se succ&#233;d&#232;rent dans le combat politique, mais il n'y a qu'avec &lt;i&gt;les&lt;/i&gt;&lt;i&gt; Hommes du Jour &lt;/i&gt; que la formule d'Andr&#233; Gill fut reprise. Elle r&#233;ussit et elle tint si bien que Fabre, au bout de huit mois, augmentait le nombre des pages : une esp&#232;ce de suppl&#233;ment litt&#233;raire cherchait &#224; s'imposer, profitant de la bonne marche du brulot initial. Succ&#232;s l&#224; encore et &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt; devenait une vraie revue, tout en gardant la m&#234;me pr&#233;sentation. M&#233;ric y gagnait quelquefois d'avoir une page en plus. Cela restait la revue de Delannoy. C'&#233;tait le dessinateur qu'on suivait, comme autrefois on achetait &lt;i&gt;La Lune&lt;/i&gt; et&lt;i&gt; L'&#201;clipse&lt;/i&gt; pour Andr&#233; Gill.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin satirique pourtant n'&#233;tait qu'un pis-aller pour Delannoy qui avait r&#234;v&#233; &#234;tre peintre. On a quelques toiles et aquarelles de lui. Il en a dit souvent son regret, mais la vie &#233;tait l&#224;, imp&#233;rieuse. Il la fallait gagner au jour le jour. Quelques paysages t&#233;moignent d'une ferveur qui e&#251;t voulu se d&#233;penser. Plusieurs lithos des &lt;i&gt;Temps Nouveaux &lt;/i&gt; et certaine double page de &lt;i&gt;La Petite Ville&lt;/i&gt;. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Le chemin de Halage&lt;/q&gt; dans&lt;i&gt; l'Assiette au Beurre&lt;/i&gt; eurent &#233;t&#233; des absolus chefs-d'&#339;uvre peints &#224; l'huile. Comme peintre, il se fut situ&#233; aux c&#244;t&#233;s de Pissaro et de Maximilien Luce, ce Luce si affectueusement camp&#233; dans &lt;i&gt;les Hommes du Jour&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_1141 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left titre'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1077362_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L200xH270/aristide_delannoy_-_cover_of_les_hommes_du_jour_satirique_en_n_b_-__meisterdrucke-1077362_-38aa4-11978.jpg?1774701625' width='200' height='270' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Henri Guilbeaux qui &#233;tait un des intimes de Delannoy, rappelait les derni&#232;res visites qu'il lui fit et &#233;voquait les projets qu'il continuait de nourrir. Il lui parlait de ce qu'il envisageait de faire. Il voulait illustrer les deux &#339;uvres les plus belles du po&#232;te belge Verhaeren : &lt;i&gt;Les Campagnes Hallucin&#233;es&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Villes Tentaculaires.&lt;/i&gt; C'&#233;tait alors qu'on l'emmenait dans le Var. De retour, peu apr&#232;s, toujours alit&#233;, il parlait de travaux &#224; entreprendre quand il irait mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix jours avant de mourir, il &#233;tait encore dans ses projets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il regardait sa puissante affiche inachev&#233;e pour la &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;Guerre Sociale&lt;/span&gt; et, avec la confiance d'un enfant, il disait &#224; Guilbeaux dans quelques jours, je serai &#224; B&#233;thune et apr&#232;s quelques mois je la finirai. Il ponctuait cette phrase d'ironie, mais il croyait bien qu'il se rel&#232;verait. Et nous quittait le 5 mai 1911&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il s'&#233;teignit, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;&#233;crit Gaston Ra&#239;eter&lt;/span&gt;, &#224; fa tomb&#233;e de la nuit, comme pour profiter encore d'une journ&#233;e de clart&#233;. Sa ch&#232;re femme, seule &#224; son chevet, lui ferma les yeux... car on avait &#233;loign&#233; sa petite Madeleine&lt;/q&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse la plume &#224; Ra&#239;eter et recopie quelques lignes de l'&#233;tude que je lui avais demand&#233;e en 1946 pour ma revue &lt;i&gt;Maintenant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La mort de Delannoy eut un &#233;cho douloureux. Une foule d'amis, de militants et d'inconnus se retrouv&#232;rent constern&#233;s, comme d'une catastrophe impr&#233;vue. &lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Les humoristes Hansi et Zislin qui avaient &#233;t&#233; emprisonn&#233;s en Alsace, les artistes ind&#233;pendants, vinrent fleurir son cercueil, apporter leurs condol&#233;ances.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;(...) Il fut inhum&#233; &#224; B&#233;thune, sa ville natale. Suivant une tradition vieille de plusieurs si&#232;cles. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;La Confr&#233;rie des Charitables&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Confr&#233;rie des Charitables existe encore. Elle date de la peste de 1188 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; le porta jusqu'au cimeti&#232;re. l&#224;-bas, en bordure du canai o&#249; il se promenait dans sa jeunesse en qu&#234;te de croquis&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ra&#239;eter rappelait que &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;si Delannoy &#233;tait devenu le grand caricaturiste que l'on sait, ce fut un peu par hasard. S'il le resta, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;pr&#233;cisait-il et la remarque est importante&lt;/span&gt;, ce fut par la n&#233;cessit&#233; d'apporter aux siens la nourriture quotidienne.&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Mais ce qu'il pr&#233;f&#233;rait, ce qu'il aimait plus que tout, c'&#233;tait peindre. Nul doute qu'il y eut acquis un joli talent, le peu de toiles que l'on connaisse en sont la preuve &#233;clatante. H&#233;las, sa production picturale est rare, il exposa peu et seulement au Salon des Ind&#233;pendants o&#249; le port&#232;rent ses sympathies. On y remarqua &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Portrait d'Enfant&lt;/q&gt; (1903), &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Pierre Maquaire Mineur&lt;/q&gt; (1904), &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;L'Homme au Foulard bleu&lt;/q&gt; (1904), des vues d'&#201;tampes (l'&#233;glise) et des paysages des Flandres, de Bruges, de Boulogne...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Ce sont des &#339;uvres d'une large facture, lumineuses, aux bleus personnels, rudes parfois, dans un d&#233;tail de composition, aux roses nacr&#233;s, d&#233;licats. C'est aussi une tache chrom&#233;e jetant son &#233;clat de soleil dans un paysage embrum&#233; des campagnes du Nord, c'est encore la vaporeuse atmosph&#232;re des canaux flamands. Elles sont la possession de quelques collectionneurs qui ont su et distinguer la beaut&#233; et sa valeur. Mais comme on voudrait, en souvenir de ce camarade si sensible et ayant tant souffert, les retrouver un jour, ces toiles face &#224; quelques-uns de ses admirables dessins.&lt;/q&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Ra&#239;eter, dans Maintenant n&#176;3, juillet 1946.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu ce qu'ont tent&#233; ici les camarades du &lt;i&gt;Vent du Ch'min&lt;/i&gt; avec la pr&#233;sente initiative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://anarlivres.free.fr/pages/documents/Itineraire_Poulaille2.pdf" class="spip_out"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e - n&#176; 12 - 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; semestre 1994 - Henry Poulaille [PDF]&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'ai tent&#233; plusieurs fois d'attirer l'attention sur cet artiste et ses dessins de &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt;, revue anticl&#233;ricale tr&#232;s vivante en 1912-1913, qui n'a rien de commun avec &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt; que sortit une vingtaine d'ann&#233;es apr&#232;s l'ex-ill&#233;galiste Lorulot. &lt;br class='autobr' /&gt;
A. F. Mac Delmarle donna pendant la guerre-de 14-18 quelques dessins dans &lt;i&gt;le Rire Rouge&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la Ba&#239;onnette&lt;/i&gt;, quelques-uns des rares dessins valables de ces ann&#233;es. Il donna aussi un num&#233;ro sp&#233;cial de la revue de Paul Reboux : &lt;i&gt;la Charrette&lt;/i&gt;, sur les profiteurs de la reconstruction dans le Nord. Depuis, Delmarle, ami de Kupka, suivit ce peintre dans l'abstrait. Il y avait sans doute des possibilit&#233;s que ne donnait pas le dessin de combat et il ne fit rien pour rappeler les &#339;uvres r&#233;volutionnaires de ses d&#233;buts. Je signale quand m&#234;me l'existence du collaborateur de &lt;i&gt;la Calotte&lt;/i&gt; d'avant 1914. Ses dessins de couverture &#233;taient splendides et, quoique gosse, je savais appr&#233;cier ce que je voyais.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La Confr&#233;rie des Charitables existe encore. Elle date de la peste de 1188 (Note de H.P.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gaston Ra&#239;eter, dans &lt;i&gt;Maintenant &lt;/i&gt; n&#176;3, juillet 1946.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;mile Guillaumin </title>
		<link>http://partage-noir.fr/emile-guillaumin</link>
		<guid isPermaLink="true">http://partage-noir.fr/emile-guillaumin</guid>
		<dc:date>2024-08-07T22:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henry Poulaille</dc:creator>


		<dc:subject>&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;</dc:subject>
		<dc:subject>@narlivres</dc:subject>
		<dc:subject>Henry Poulaille</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;mile Guillaumin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emile Guillaumin, l'&#233;crivain paysan, l'auteur de La Vie d'un simple, vient de mourir &#224; Ygrande o&#249; il &#233;tait n&#233;. Il s'est &#233;teint dans sa soixante-dix-huiti&#232;me ann&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la presse s'est born&#233;e &#224; l'&#233;nonc&#233; de cette nouvelle, l'&#233;tirant en dix ou quinze lignes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous le constatons simplement. Guillaumin restera comme une des figures les plus attachantes de notre litt&#233;rature. Po&#232;te, essayiste, romancier f&#233;cond, il &#233;tait rest&#233; un homme de la gl&#232;be, et son &#339;uvre est, dans la litt&#233;rature (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://partage-noir.fr/-itineraire-une-vie-une-pensee-no12-henry-poulaille-" rel="directory"&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e n&#176;12 : &#171; Henry Poulaille &#187;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-itineraire-une-vie-une-pensee-+" rel="tag"&gt;&lt;i&gt;Itin&#233;raire - Une vie, une pens&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-source-narlivres-+" rel="tag"&gt;@narlivres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-henry-poulaille-218-+" rel="tag"&gt;Henry Poulaille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-emile-guillaumin-399-+" rel="tag"&gt;&#201;mile Guillaumin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-6-4-f5e03.jpg?1774714941' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Emile Guillaumin, l'&#233;crivain paysan, l'auteur de &lt;i&gt;La Vie d'un simple&lt;/i&gt;, vient de mourir &#224; Ygrande o&#249; il &#233;tait n&#233;. Il s'est &#233;teint dans sa soixante-dix-huiti&#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la presse s'est born&#233;e &#224; l'&#233;nonc&#233; de cette nouvelle, l'&#233;tirant en dix ou quinze lignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le constatons simplement. Guillaumin restera comme une des figures les plus attachantes de notre litt&#233;rature. Po&#232;te, essayiste, romancier f&#233;cond, il &#233;tait rest&#233; un homme de la gl&#232;be, et son &#339;uvre est, dans la litt&#233;rature paysanne, la plus caract&#233;ristique par son authenticit&#233; parce que c'&#233;tait de la m&#234;me main qui s'appuyait sur la b&#234;che ou tenait le mancheron de la charrue qu'il l'&#233;crivit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Vie d'un simple&lt;/i&gt;, en 1904, ayant connu un grand succ&#232;s, nationalement et internationalement, et les livres qui suivirent n'ayant pas obtenu une si large audience, on a tendance &#224; vouloir voir en leur auteur l'homme d'un seul livre. C'est une grossi&#232;re erreur, contre laquelle il faut s'&#233;lever. Dans un des rares articles (car ils ont &#233;t&#233; rares) qui viennent d'&#234;tre donn&#233;s, celui du &lt;i&gt;Peuple&lt;/i&gt; de Bruxelles, Louis Pi&#233;rard d&#233;clara : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &#233;tait l'auteur d'un seul livre, mais quel livre !&lt;/q&gt;. Pi&#233;rard n'aurait-il pas lu &lt;i&gt;Le Syndicat de Baugignoux&lt;/i&gt;, c'est &#224; croire et c'est bien dommage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible que tels de ses ouvrages ne soient pas de la m&#234;me puissance, de l'ampleur des &lt;i&gt;M&#233;moires d'un m&#233;tayer&lt;/i&gt;, mais tous sont gonfl&#233;s de la m&#234;me &#233;motion saine et d'une &#233;gale v&#233;ridicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5196 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/guillaumin4_copie.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH180/guillaumin4_copie-442c7-f9a9e.jpg?1774765808' width='150' height='180' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Emile Guillaumin&lt;br&gt; dans la cour de sa ferme&lt;br&gt; en 1942 &lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Devant un &#233;crivain comme Guillaumin, autodidacte, il ne peut &#234;tre question de juger seulement un artiste. Il avait &#233;t&#233; &#224; l'&#233;cole jusqu'&#224; douze ans, rappel&#233; aux r&#233;alit&#233;s des exigences de sa vie de pauvre, ses humanit&#233;s se poursuivirent dans le travail quotidien de la petite ferme que faisaient valoir ses parents. Rien ne le pr&#233;disposait &#224; &#234;tre un homme de lettres si ce n'est qu'il aimait lire. Il lisait tout ce qui lui tombait sous la main, mais ses lectures furent moins l'enseignement de la technique de l'&#233;criture qu'une confrontation avec la vie qu'il vivait ; ces livres ne faisaient que rarement une part &#224; l'existence rurale et ceux qui en parlaient montraient plus d'application et de bonnes intentions que des dons d'observation. Il essaya alors de prendre la plume. Tr&#232;s vite, il tenta d'exprimer ce qu'il voyait au milieu des siens. &lt;i&gt;Dialogues bourbonnais &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Tableaux champ&#234;tres&lt;/i&gt;, &#233;crits vers la vingt-cinqui&#232;me ann&#233;e, n'&#233;taient certes pas des livres propres &#224; imposer leur auteur, mais ils avaient d&#233;j&#224; un ton. Et c'est le ton que l'on retrouvait trois ans plus tard dans &lt;i&gt;La Vie d'un simple&lt;/i&gt;. Guillaumin y montrait le paysan plong&#233; dans la r&#233;alit&#233;, aimant la nature comme l'enfant aime sa m&#232;re ; et peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois dans le roman fran&#231;ais, un auteur avait su dire combien la vie paysanne &#233;tait la communion au jour le jour de l'homme avec la nature.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; L'homme d'un seul livre &#187; ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une sorte de fresque que retra&#231;aient ces M&#233;moires d'un m&#233;tayer, mais le peintre s'y r&#233;v&#233;lait plus un psychologue et un historien qu'un dessinateur. Par-del&#224; la couleur et le trait, c'&#233;tait, au-del&#224; des mots, l'expression m&#234;me de l'&#226;me paysanne. Dans une langue simple, sans &#233;clat, mais vibrante, l'&#339;uvre donnait l'impression d'apporter un sujet neuf. Mirbeau le comprit qui lan&#231;a le livre... et des esprits aussi diff&#233;rents que Daniel Hal&#233;vy, Pourrat, Jean-Richard Bloch, le po&#232;te auvergnat Vermenouze, en dirent alors les m&#233;rites. Cependant, nul mieux que Lucien Jean, qui r&#233;v&#233;la Charles-Louis Philippe &#224; lui-m&#234;me, ne sut d&#233;gager la le&#231;on de cette publication. &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Je tiens &#224; le signaler, &lt;span style=&#034;font-style:normal;&#034;&gt;notait Lucien Jean&lt;/span&gt;, comme un &#233;v&#233;nement en dehors de la litt&#233;rature, comme l'expression spontan&#233;e de la vie d'une classe, d'une &#233;poque&lt;/q&gt;. Devenu &#233;crivain par vocation, M. Guillaumin, disait-il, a mis dans ce livre l'essentiel, la vie profonde, sans souci de l'&#233;motion qui se d&#233;gage puissamment, d'ailleurs. Lucien Jean d&#233;finissait d'une formule que je veux reprendre l'originalit&#233; de cette &#339;uvre : celle d'art spontan&#233;. Toute l'&#339;uvre de Guillaumin est sous ce signe. Qu'on prenne &lt;i&gt;Le Syndicat de Baugignoux&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; Pr&#232;s du sol&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; A tous vents sur la gl&#232;be&lt;/i&gt;, et m&#234;me les &#339;uvres secondaires, comme &lt;i&gt;Rose et sa Parisienne&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Baptiste et sa femme&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; La Peine aux chaumi&#232;res&lt;/i&gt;, on retrouve cette spontan&#233;it&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essayiste, Guillaumin avait donn&#233; deux remarquables &#233;tudes,&lt;i&gt; Panorama de l'&#233;volution paysanne, de 1870 &#224; 1935&lt;/i&gt;, et &lt;i&gt;Fran&#231;ois P&#233;ron, enfant du peuple, voyageur et g&#233;ographe&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Militant socialiste, il resta toujours d&#233;vou&#233; &#224; sa classe, et l'explication de l'insucc&#232;s du &lt;i&gt;Syndicat de Baugignoux&lt;/i&gt;, livre magnifique, c'est que son auteur, au lieu de hanter les salons, profitant du succ&#232;s de &lt;i&gt;La Vie d'un simple&lt;/i&gt;, faisait de l'action syndicaliste et coop&#233;rative. &lt;i&gt;Le Syndicat de Baugignoux&lt;/i&gt; retra&#231;ait les luttes, les espoirs et les premi&#232;res victoires acquises du prol&#233;tariat paysan. Il est curieux de constater que c'est &#224; partir de ce livre que la critique se d&#233;sint&#233;ressa de lui. C'est &#224; partir de ce moment qu'on d&#233;clara qu'il &#233;tait l'homme d'un seul livre. Au bout de quelques ann&#233;es il &#233;tait devenu quasi inconnu. Au point que Th&#233;rive, en 1925, le croyait d&#233;funt, ce qui lui valut une lettre du pseudo-mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaumin venait de temps en temps &#224; Paris mais on le connaissait si mal dans les milieux litt&#233;raires &lt;br class='autobr' /&gt;
qu'un jour un homme de lettres ayant l'id&#233;e de composer une anthologie de la litt&#233;rature paysanne, me posant quelques questions, en arriva &#224; Guillaumin :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;&#8212; Pour Emile Guillaumin, je ne sais si je l'irai voir... ce doit &#234;tre un paysan honoraire... &lt;br /&gt;&#8212; Ah ! lui r&#233;pondis-je, si vous avez l'honneur de serrer la main de Guillaumin un jour, vous pourrez com-parer avec la v&#244;tre. Vous verrez si on a ces mains-l&#224; en maniant le porte-plume...&lt;/q&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs fois couronn&#233; par l'Acad&#233;mie fran&#231;aise, Guillaumin avait obtenu le prix Olivier de Serres en 1942 pour l'ensemble de son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il avait connu la gloire, mais sans la richesse, et jusqu'&#224; la fin mena de pair sa petite exploitation agricole et l'&#233;dition de ses derniers manuscrits. Le dernier paru,&lt;i&gt; Sur l'appui du manche&lt;/i&gt;, tra&#238;na d'&#233;diteur en &#233;diteur avant de pouvoir sortir.&lt;/p&gt;
&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class='spip_document_5197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://partage-noir.fr/IMG/jpg/ygrande-fr-03-stele_guillaumin-02.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH200/ygrande-fr-03-stele_guillaumin-02-5c6ec-9f055.jpg?1774765808' width='150' height='200' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&lt;small&gt;Buste d'&#201;mile Guillaumin&lt;br&gt; &#224; Ygrande&lt;/small&gt;
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;p&gt;Mais Guillaumin &#233;tait un sage, et il savait que son &#339;uvre lui survivrait. Pour le reste, il demandait au travail de la terre de le nourrir, lui et les siens. Dure peut-&#234;tre, du moins elle n'est pas ingrate. Qu'importait la vente de ses livres et les satisfactions de vanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mort le rappelle au souvenir des vivants. On r&#233;p&#233;tera sans doute encore : &lt;q style=&#034;font-style: italic;&#034;&gt;Il &#233;tait l'homme d'un seul livre&lt;/q&gt;. La critique litt&#233;raire vit sur des clich&#233;s. Mais m&#234;me en serait-il ainsi qu'il y aurait une diff&#233;rence entre Guillaumin et les auteurs qu'on d&#233;clare hommes d'un seul livre... &lt;i&gt;La Vie d'un simple&lt;/i&gt;, c'&#233;tait aussi une date. Une des rares dates inoubliables dans l'histoire des lettres, celle de l'entr&#233;e d'un accent nouveau dans le domaine de l'art.&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article paru dans la R&#233;volution prol&#233;tarienne, n&#176; 357, d&#233;c. 1951.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Article paru dans la &lt;i&gt;R&#233;volution prol&#233;tarienne&lt;/i&gt;, n&#176; 357, d&#233;c. 1951.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;L'intertitre est de la r&#233;daction (N.d.R.).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		
		

	</item>



</channel>

</rss>
