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		<title>PARTAGE NOIR</title>
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		<title>Les &#233;lections - Le syst&#232;me parlementaire est il meilleur en Suisse ?</title>
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		<dc:date>2024-03-21T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mikha&#239;l Bakounine</dc:creator>


		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; Anarchiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; moderne est tellement convaincue de cette v&#233;rit&#233; : que tout pouvoir politique, quelles que soient son origine et sa forme, tend n&#233;cessairement au despotisme, que, dans tous les pays o&#249; elle a p&#251; s'&#233;manciper quelque peu, elle s'est empress&#233;e de soumettre les gouvernants, lors m&#234;me qu'ils sont issus de la R&#233;volution et de l'&#233;lection populaire, &#224; un contr&#244;le aussi s&#233;v&#232;re que possible. Elle a mis tout le salut de la libert&#233; dans l'organisation r&#233;elle et s&#233;rieuse du contr&#244;le exerc&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-03-les-anarchistes-et-les-elections-" rel="directory"&gt;03 - Les Anarchistes et les &#233;lections&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-volonte-anarchiste-302-+" rel="tag"&gt;Volont&#233; Anarchiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://partage-noir.fr/local/cache-vignettes/L150xH84/sans_titre-2-11-454de.jpg?1774726749' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; moderne est tellement convaincue de cette v&#233;rit&#233; : que tout pouvoir politique, quelles que soient son origine et sa forme, tend n&#233;cessairement au despotisme, que, dans tous les pays o&#249; elle a p&#251; s'&#233;manciper quelque peu, elle s'est empress&#233;e de soumettre les gouvernants, lors m&#234;me qu'ils sont issus de la R&#233;volution et de l'&#233;lection populaire, &#224; un contr&#244;le aussi s&#233;v&#232;re que possible. Elle a mis tout le salut de la libert&#233; dans l'organisation r&#233;elle et s&#233;rieuse du contr&#244;le exerc&#233; par l'opinion et la volont&#233; populaires sur tous les hommes investis de la force publique. Dans tous les pays jouissant du gouvernement repr&#233;sentatif, et la Suisse en est un, la libert&#233; ne peut donc &#234;tre r&#233;elle que lorsque ce contr&#244;le est r&#233;el. Par contre, si le contr&#244;le est fictif, la libert&#233; populaire devient n&#233;cessairement aussi une pure fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait facile de d&#233;montrer que nulle part en Europe le contr&#244;le populaire n'est r&#233;el. Nous nous bornerons pour cette fois &#224; en examiner l'application en Suisse. D'abord parce qu'elle nous tient de plus pr&#232;s, et ensuite, parce qu'&#233;tant aujourd'hui, seule en Europe, une R&#233;publique d&#233;mocratique&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Texte publi&#233; en 1870 - NDLR.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;, elle a r&#233;alis&#233; en quelque sorte l'id&#233;al de la souverainet&#233; populaire, de sorte que ce qui est vrai pour elle doit l'&#234;tre &#224; bien plus forte raison pour tous les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cantons les plus avanc&#233;s de la Suisse ont cherch&#233; vers l'&#233;poque de 1830, la garantie de la libert&#233; dans le suffrage universel. C'&#233;tait un mouvement tout &#224; fait l&#233;gitime. Tant que nos conseils l&#233;gislatifs &#233;taient nomm&#233;s par une classe de citoyens privil&#233;gi&#233;s, tant qu'il existait des diff&#233;rences sous le rapport de droit &#233;lectoral, entre les villes et les campagnes, entre les patriciens et le peuple, le pouvoir ex&#233;cutif choisi par ces conseils, aussi bien que les lois &#233;labor&#233;es dans leur sein, ne pouvaient avoir d'autre objet que d'assurer et de r&#233;glementer la domination d'une aristocratie sur la nation. Il fallait donc, dans l'int&#233;r&#234;t de la libert&#233; populaire, renverser ce r&#233;gime, et le remplacer par la souverainet&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le suffrage universel &#233;tabli, on crut avoir assur&#233; la libert&#233; des populations. Eh bien, ce fut une grande illusion, et on peut dire que la conscience de cette illusion a amen&#233; dans plusieurs cantons la chute, et dans tous, la d&#233;moralisation aujourd'hui si flagrante du parti radical. Les radicaux n'ont pas voulu tromper le peuple, comme l'assure notre presse soi-disant lib&#233;rale, mais ils se sont tromp&#233;s eux-m&#234;mes. Ils &#233;taient r&#233;ellement convaincus lorsqu'ils promirent au peuple, par le moyen du suffrage universel, la libert&#233;, et, pleins de cette conviction ils eurent la puissance de soulever les masses et de renverser les gouvernements aristocratiques &#233;tablis. Aujourd'hui, instruits par l'exp&#233;rience et par la pratique du pouvoir, ils ont perdu cette foi en eux-m&#234;mes et dans leur propre principe, et c'est pour cela qu'ils sont abattus et si profond&#233;ment corrompus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en effet, la chose paraissait si naturelle et si simple : une fois que le pouvoir l&#233;gislatif et le pouvoir ex&#233;cutif &#233;maneraient directement de l'&#233;lection populaire, ne devraient-ils pas devenir l'expression pure de la volont&#233; du peuple, et cette volont&#233; pourrait- elle produire autre chose que la libert&#233; et la prosp&#233;rit&#233; populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le mensonge du syst&#232;me repr&#233;sentatif repose sur cette fiction, qu'un pouvoir et une chambre l&#233;gislative sortis de l'&#233;lection populaire doivent absolument ou m&#234;me peuvent repr&#233;senter la volont&#233; r&#233;elle du peuple. Le peuple, en Suisse comme partout, veut instinctivement, veut n&#233;cessairement deux choses : la plus grande prosp&#233;rit&#233; possible, avec la plus grande libert&#233; d'existence, de mouvement et d'action pour lui-m&#234;me ; c'est-&#224;-dire la meilleure organisation de ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et l'absence compl&#232;te de tout pouvoir, de toute organisation politique, aboutit fatalement &#224; la n&#233;gation de sa libert&#233;. Tel est le fond de tous les instincts populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les instincts de ceux qui gouvernent, aussi bien de ceux qui font les lois que de ceux qui exercent le pouvoir ex&#233;cutif, sont, &#224; cause m&#234;me de leur position exceptionnelle, diam&#233;tralement oppos&#233;s. Quels que soient leurs sentiments et leurs intentions d&#233;mocratiques, de la hauteur o&#249; ils se trouvent plac&#233;s ils ne peuvent consid&#233;rer la soci&#233;t&#233; autrement que comme un tuteur consid&#232;re son pupille. Mais, entre le tuteur et le pupille l'&#233;galit&#233; ne peut exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, il y a le sentiment de la sup&#233;riorit&#233;, inspir&#233; n&#233;cessairement par une position sup&#233;rieure ; de l'autre, celui d'une inf&#233;riorit&#233; qui r&#233;sulte de la sup&#233;riorit&#233; du tuteur, exer&#231;ant soit le pouvoir ex&#233;cutif, soit le pouvoir l&#233;gislatif. Qui dit pouvoir politique, dit domination ; mais l&#224; o&#249; la domination existe, il doit y avoir n&#233;cessairement une partie plus ou moins grande de la soci&#233;t&#233; qui est domin&#233;e, et ceux qui sont domin&#233;s d&#233;testent naturellement ceux qui les dominent, tandis que ceux qui dominent doivent n&#233;cessairement r&#233;primer, et par cons&#233;quent opprimer, ceux qui sont soumis &#224; leur domination. Telle est l'histoire du pouvoir politique, depuis que ce pouvoir a &#233;t&#233; &#233;tabli dans le monde. C'est ce qui explique aussi pourquoi et comment des hommes qui ont &#233;t&#233; les d&#233;mocrates les plus rouges, les r&#233;volt&#233;s les plus furibonds lorsqu'ils se sont trouv&#233;s dans la masse des gouvern&#233;s, deviennent des conservateurs excessivement mod&#233;r&#233;s d&#232;s qu'ils sont mont&#233;s au pouvoir. On attribue ordinairement des palinodies &#224; la trahison. C'est une erreur ; elles ont pour cause principale le changement de perspective et de position ; et n'oublions jamais que les positions et les n&#233;cessit&#233;s qu'elles imposent sont toujours plus puissantes que la haine ou la mauvaise volont&#233; des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;n&#233;tr&#233; de cette v&#233;rit&#233;, je ne craindrai pas d'exprimer cette conviction, que si demain on &#233;tablissait un gouvernement et un conseil l&#233;gislatif, un parlement, exclusivement compos&#233; d'ouvriers, ces ouvriers qui sont aujourd'hui de fermes d&#233;mocrates socialistes, deviendraient demain des aristocrates d&#233;termin&#233;s, des adorateurs hardis ou timides du principe d'autorit&#233;, des oppresseurs et des exploiteurs. Ma conclusion est celle-ci : il faut abolir compl&#232;tement, dans le principe et dans les faits, tout ce qui s'appelle pouvoir politique ; parce que tant que le pouvoir politique existera, il y aura des dominateurs et des domin&#233;s, des ma&#238;tres et des esclaves, des exploiteurs et des exploit&#233;s. Le pouvoir politique une fois aboli, il faut le remplacer par l'organisation des forces productives et des services &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons &#224; la Suisse. Chez nous, comme partout ailleurs, la classe des gouvernants est toute diff&#233;rente et compl&#232;tement s&#233;par&#233;e de la masse des gouvern&#233;s. En Suisse, comme partout, quelque &#233;galitaires que soient nos institutions politiques, c'est la bourgeoisie qui gouverne, et c'est le peuple des travailleurs, y compris les paysans, qui ob&#233;it &#224; ses lois. Le peuple n'a ni le loisir ni l'instruction n&#233;cessaire pour s'occuper de gouvernement. La bourgeoisie poss&#233;dant l'un et l'autre, en a non le droit mais, de fait, le privil&#232;ge exclusif. Donc l'&#233;galit&#233; politique n'est, en Suisse, comme partout, qu'une fiction pu&#233;rile, mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#233;tant s&#233;par&#233;e du peuple par toutes les conditions de son existence &#233;conomique et sociale, comment la bourgeoisie peut-elle r&#233;aliser, dans le gouvernement et dans nos lois, les sentiments, les id&#233;es, la volont&#233; du peuple ? C'est impossible, et l'exp&#233;rience quotidienne nous prouve, en effet, que, dans la l&#233;gislation aussi bien que dans le gouvernement, la bourgeoisie se laisse principalement diriger par ses propres int&#233;r&#234;ts et par ses propres instincts, sans se soucier beaucoup de ceux du peuple. Il est vrai que tous nos l&#233;gislateurs, aussi bien que tous les membres de nos gouvernements cantonaux, sont &#233;lus, soit directement, soit indirectement par le peuple. Il est vrai qu'au jour des &#233;lections, les bourgeois les plus fiers, pour peu qu'ils soient ambitieux, sont forc&#233;s de faire leur cour &#224; Sa Majest&#233; le peuple souverain. Ils viennent &#224; lui chapeau bas et semblent avoir d'autre volont&#233; que la sienne. Mais ce n'est qu'un mauvais quart d'heure &#224; passer. Une fois les &#233;lections termin&#233;es, chacun revient &#224; ses occupations quotidiennes : le peuple &#224; son travail et la bourgeoisie &#224; ses affaires et &#224; ses intrigues politiques. Ils ne se rencontrent, ils ne se connaissent presque plus. Comment le peuple, &#233;cras&#233; par son travail et ignorant de la plupart des questions qui s'agitent, contr&#244;lera-t-il les actes politiques de ses &#233;lus ? Et n'est-il pas &#233;vident que le contr&#244;le exerc&#233; par les &#233;lecteurs sur leurs repr&#233;sentants n'est qu'une pure fiction ? Mais comme le contr&#244;le populaire dans le syst&#232;me repr&#233;sentatif est l'unique garantie de la libert&#233; populaire, il est &#233;vident que cette libert&#233; aussi n'est rien qu'une fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obvier &#224; cet inconv&#233;nient, les d&#233;mocrates radicaux du canton de Zurich ont fait triompher un nouveau syst&#232;me politique, celui du &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, ou de la l&#233;gislation directe par le peuple. Mais le r&#233;f&#233;rendum lui-m&#234;me n'est qu'un moyen palliatif, une nouvelle illusion, un mensonge. Pour voter avec pleine connaissance de cause et avec une enti&#232;re libert&#233; les lois qu'on lui propose ou qu'on le pousse &#224; proposer lui-m&#234;me, il faudrait que le peuple e&#251;t le temps et l'instruction n&#233;cessaire pour les &#233;tudier, les m&#251;rir, les discuter ; il devrait se transformer en un immense parlement en plein champs. Ce n'est que rarement possible et seulement dans les grandes occasions, alors que la loi propos&#233;e excite l'attention et touche aux int&#233;r&#234;ts de tout le monde. Ces cas sont excessivement rares. La plupart du temps, les lois propos&#233;es ont un caract&#232;re tellement sp&#233;cial qu'il faut avoir l'habitude des abstractions politiques et juridiques pour en saisir la v&#233;ritable port&#233;e. Elles &#233;chappent naturellement &#224; l'attention et &#224; la compr&#233;hension du peuple, qui les vote en aveugle, sur la foi de ses orateurs favoris. Prise s&#233;par&#233;ment, chacune de ces lois para&#238;t trop insignifiante pour int&#233;resser beaucoup le peuple, mais ensemble elles forment un r&#233;seau qui l'encha&#238;ne. Et c'est ainsi qu'avec et malgr&#233; le r&#233;f&#233;rendum, il reste, sous le nom de peuple souverain, l'instrument et le serviteur tr&#232;s humble de la bourgeoisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit bien, dans le syst&#232;me repr&#233;sentatif, m&#234;me corrig&#233; par le r&#233;f&#233;rendum, le contr&#244;le populaire n'existe pas ; et, comme il ne peut y avoir de libert&#233; s&#233;rieuse pour le peuple sans ce contr&#244;le, nous en concluons que notre libert&#233; populaire, notre gouvernement par nous-m&#234;mes, est un mensonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se passe chaque jour dans les cantons de la Suisse nous confirme dans cette triste conviction. Quel est le canton o&#249; le peuple exerce une action r&#233;elle et directe sur les lois fabriqu&#233;es dans son Grand Conseil et sur les mesures ordonn&#233;es dans son Petit Conseil ? o&#249; ce souverain fictif ne soit trait&#233; par ses propres &#233;lus comme un mineur &#233;ternel, et o&#249; il ne soit forc&#233; d'ob&#233;ir &#224; des commandements partis d'en haut, et dont pour la plupart du temps il ne sait ni la raison, ni l'objet ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des affaires et des lois, et beaucoup d'affaires et de lois importantes, qui ont un rapport direct avec le bien-&#234;tre, avec les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels des communes, se font par-dessus la t&#234;te du peuple, sans que le peuple s'en aper&#231;oive, soucie et s'en m&#234;le. On le compromet, on le lie, on le ruine quelquefois, sans qu'il en ait la conscience. Il n'a ni l'habitude, ni le temps n&#233;cessaire pour &#233;tudier tout cela et il laisse faire ses &#233;lus, qui naturellement servent les int&#233;r&#234;ts de leur classe, de leur monde &#224; eux, non les siens, et dont le plus grand art consiste &#224; lui pr&#233;senter leurs mesures et leurs lois sous l'aspect le plus anodin et le plus populaire. Le syst&#232;me de la repr&#233;sentation d&#233;mocratique est celui de l'hypocrisie et du mensonge perp&#233;tuels. Il a besoin de la sottise du peuple, et il fonde tous ses triomphes sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes indiff&#233;rentes et toutes patientes que se montrent les populations de nos cantons, elles ont pourtant certaines id&#233;es, certains instincts de libert&#233;, d'ind&#233;pendance et de justice auxquels il n'est pas bon de toucher, et qu'un gouvernement habile se gardera bien de froisser. Lorsque le sentiment populaire se sent attaqu&#233; sur ces points qui constituent pour ainsi dire le &#171; sanctum sanctorum &#187; et toute la conscience politique de la nation suisse, alors il se r&#233;veille de son habituelle torpeur et il se r&#233;volte, et, lorsqu'il se r&#233;volte, il balaie tout : constitution et gouvernement, Petit et Grand Conseils. Tout le mouvement progressif de la Suisse, jusqu'en 1848, a proc&#233;d&#233; par une s&#233;rie de r&#233;volutions cantonales. Ces r&#233;volutions, la possibilit&#233; toujours pr&#233;sente de ces soul&#232;vements populaires, la crainte salutaire qu'ils inspirent, telle est encore aujourd'hui l'unique forme de contr&#244;le qui existe r&#233;ellement en Suisse, l'unique borne qui arr&#234;te le d&#233;bordement des passions ambitieuses et int&#233;ress&#233;es de nos gouvernants...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Michel Bakounine&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;i&gt;Les Ours de Berne et l'Ours de Saint-P&#233;tersbourg&lt;/i&gt;) 1870 - Neuch&#226;tel - Imprimerie G. Guillaume et fils&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Texte publi&#233; en 1870 - NDLR.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Tout ce qui, en langage politique, s'appelle droit n'est rien d'autre que l'illustration du fait cr&#233;&#233; par la force. &#187;</title>
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		<dc:date>2022-03-09T23:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mikha&#239;l Bakounine</dc:creator>


		<dc:subject>Michel-Alexandrovitch Bakounine</dc:subject>

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/-partages-noirs-" rel="directory"&gt;Partages &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://partage-noir.fr/+-michel-alexandrovitch-bakounine-+" rel="tag"&gt;Michel-Alexandrovitch Bakounine&lt;/a&gt;

		</description>


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